« Quand on dit que les gouvernants ont de puissance, selon la justice, que par le consentement des gouvernés, je crois qu’on manque l’idée. C’est remonter au déluge. De toute façon : car, d’un côté, c’est partir à la recherche d’une race pure et non croisée ; si un Irlandais a seul droit de gouverner les Irlandais, le plus pur Irlandais aura aussi le droit le plus clair ; et, d’un autre côté, c’est vouloir construire les nations d’après le modèle patriarcal. Le fils obéit au père, il n’obéirait pas à un étranger. « Et s’il me plaît, à moi, d’être battue » ; c’est la formule la plus parfaite de l’esprit national en tous pays. Fouetté, le citoyen veut bien l’être. Mais il regarde aux baguettes ; il veut savoir dans quel bois on les a coupées.
Cette idée mystique produit bientôt ses preuves. Car un pouvoir contesté devient aussitôt tyrannique ; on ne peut plus prononcer sur ce qu’il serait, bon, médiocre ou mauvais, s’il s’exerçait simplement ; il s’établit, il se défend, il soupçonne. Dans ces luttes, le droit périt ; les révoltés ont toujours raison ; ils sont toujours tyranniquement gouvernés. À bien meilleur compte, et par la centième partie seulement de l’énergie qu’ils emploient à chasser un mauvais maître, ils le rendraient bon. Comte, homme d’avant-garde, aperçoit que les discussions sur l’origine et la légitimité des pouvoirs sont métaphysiques, et que la fonction positive du citoyen est plutôt de surveiller et limiter l’action des pouvoirs, quels qu’ils soient.
Le faible des démocraties est qu’elles déposent trop aisément leurs rois éphémères. Cette puissance purement négative ne résout rien, d’autant que comme il n’y a pas tant d’hommes qui sachent le métier de roi, tant bien que mal, nous voyons toujours revenir les mêmes rois ; et les chutes font noblesse et force, comme aux récidivistes ces innombrables condamnations, qui désarment le juge. Le citoyen n’a pas encore bien saisi cette idée que tout pouvoir est mauvais, s’il n’est surveillé, mais que tout pouvoir est bon, autant qu’il sent une résistance pacifique, clairvoyante et obstinée. La liberté n’est pas d’institution ; il faut la refaire tous les jours.
Nos prolétaires ne sont pas encore délivrés de cette idée, qui est métaphysique aussi, c’est que les patrons ayant pour règle de payer les ouvriers le moins possible, il faut supprimer les patrons. Mais pourquoi se priver de coopérateurs qui ont appris un métier difficile ; Le prolétariat organisé aurait une puissance invincible ; on verrait et l’on a vu déjà comment l’opinion commune acclamerait le cortège des travailleurs, si seulement ils jetaient toutes leurs armes. Mais la guerre est plus facile à conduire que la paix. Il est plus facile de mener les citoyens aux barricades que d’obtenir qu’ils observent et jugent à chaque instant. Bref il est plus vite fait de détruire que de construire.
Les pouvoirs sont arrogants en guerre, inquiets et flexibles en paix, comme on a vu et comme on voit. Cette loi trouve son application dans les luttes intérieures aussi. La presse, tant calomniée par les journalistes, est toujours plus juste qu’on n’attendrait, par le jeu des rivalités et par le besoin d’étonner, qui font que tout ce qui importe est bientôt connu. Que pourrait-on attendre, et que ne pourrait-on pas espérer si les journaux, au lieu de se servir des ambitions, exerçaient seulement la fonction du spectateur et du juge. Et, au lieu de dire que c’est impossible, il faut le faire, comme nous faisons en ces feuilles, menant cette bonne révolution qui vise moins à détrôner les rois qu’à les rendre sages. »
Alain (Émile Chartier), « Le citoyen contre les pouvoirs » (1926), p. 149.

Non mais sérieusement
« cette bonne révolution qui vise moins à détrôner les rois qu’à les rendre sages. »
« À bien meilleur compte, et par la centième partie seulement de l’énergie qu’ils emploient à chasser un mauvais maître, ils le rendraient bon. »
???
Non, vous êtes pas vraiment sérieux hein.
Alors en fait ca pourrait marcher si je dis a Sarko : si je t’assure ta politique est infecte au possible. T’es infect. Il faut pas faire ça.
Et la il dirait : Oh oui alors, c’est bien vrai, tu as bien fait de m’ouvrir les yeux.
Mais bien sur.
Etienne, que se passe-t-il ?
Comme Toto je ne comprends pas ce que vient faire cet article sur ce site qui par ailleurs pousse à la réflexion.
Sur ce coup là on risque de perdre notre temps. A moins de subtilités non comprises.
Mais bravo tout de même pour tout le travail réalisé.
Patrick
Toto et Patrick :
On voudrait plutôt connaître vos propositions que vos critiques, IL FAUT ABSOLUMENT AGIR !!!
Et se dire que, comme tout parent sage qui discipline ses enfants, le raisonnement vient avant la fessée, et que dans ce raisonnement, les limites sont posées.
Ce n’est que dans le cas d’une entente nulle que le parent doit donner la fessée, jamais avant !!!
J’entends dans cette révolution énormément des critiques qui freinent les actions efficaces, je crois que les raisonnements d’Étienne sont fort intéressants et que nous devrions commencer par les soutenir sans nous demander si cela marche ou pas. De toutes manières, au point où on en est, c’est celui-ci le moins risqué… Sans celui ci, c’est la guerre civile …
Etienne,
C’est pour nous mettre à l’épreuve que tu as façonné ce billet ? C’est en tous cas comme ça que je l’interprète…
A titre de comparaison, on peut lire en ce moment une levée de boucliers sur le blog « La refondation du capitalisme » de Peyrelevade qui s’y défend d’être un néo-libéral. On y fait notamment référence à ton site, qui a gardé trace des commentaires signés Hadrien, Sina, etc. tous effacés sur le sien. Or, ces commentaires, bourrés de références et parfaitement raisonnés, mettaient ce « maître de la Finance », selon l’expression de Chevènement, devant ses responsabilités ! C’est dire s’il en a peu fait cas : non seulement il parle pour sa caste, mais encore il fait mine de ne pas comprendre des propos parfaitement articulés.
Le mal est précisément celui-là : l’Europe et la mondialisation sont aux mains de lobbies qui ont façonné l’ensemble à leur convenance en y mettant à profit les déplacements financiers à la vitesse de la lumière, contrairement aux travailleurs piégés. Rien ne les fera renoncer d’eux-mêmes à leur situation !
Il faut voir ce qu’on enseigne aujourd’hui dans les écoles de commerce : il y a les loosers (ceux qui sont aux ordres pour produire) et les winners (ceux qui, comme Peyrelevade, passent leur temps à expliquer que le travail des autres ne rapporte pas assez) ! Croire que ces derniers seraient dupes de leur propre idéologie, c’est leur faire un cadeau inespéré…
Je note, en tous cas, que tu cites et surligne les passages d’un texte, sans jamais te prononcer toi-même…
oh hé , c’est les vacances, il a bien le droit de se lâcher , notre Etienne : c’est fou ce que les uns manquent d’imagination quand il s’agit de se figurer ce que peut être la fatigue professionnelle des autres !
Pareil quant à nos élus, à nos administrateurs et à nous autres, « administrés » !
On veut du repos !
Il se trouve que 6,66 français sur 10 ont besoin de reposer leurs systèmes plus très nerveux, et que s’il s’agit de la « grande politique », ce taux peut sans doute s’arondir à un septième citoyen fatigué sur 10..
Alors, il nous faut des élus, et qu’on les paye assez pour qu’ils restent dignes devant les corrupteurs infatigables !
(trop fatigué, je ne trouve plus le ckin d’oeil émoti..cone)
Salut les amis,
Je découvre tardivement vos réactions car le robot de Free ne me prévient plus ces temps-ci, à cause d’une suspicion de spam
(le blog fait l’objet d’attaques spameuses depuis quelques semaines : je dois supprimer à la main des centaines de messages pour des montres de contrebande : il faut absolument que je mette à jour la technologie anti-spam du blog, de toute urgence. J’ai besoin d’idées, j’ai besoin d’aide, je suis débordé.)
Je suis surpris de la virulence de vos réactions.
(On a vraiment la gâchette facile entre nous, à gauche, pour s’accuser de trahison et pour se discréditer en bloc au moindre écart idéologique, vous le noterez.
Ce n’est pas si grave en l’occurrence (je l’espère), mais ça m’y fait penser. La gâchette bien trop facile, je pense : une fois qu’on est tous à moitié morts, les voleurs de pouvoir n’ont plus rien à faire, c’est idiot.)
Je trouve que cette réflexion d’Alain est pleine d’intelligence, comme d’habitude, et qu’elle pousse à réfléchir. Je ne dis pas qu’elle emporte toute ma conviction, je dis qu’elle me pousse à réfléchir, ce qui n’est pas rien.
Et je maintiens qu’elle me semble fichtrement pertinente (mais pas nouvelle, pour moi).
Car en fait, que dit ici Alain que je ne dis pas moi-même depuis le début ?
• Il dit que tous les pouvoirs sont mauvais ; je ne dis pas autre chose.
• Il dit que si vous remplacez un pouvoir par un autre, le suivant ne sera pas meilleur puisqu’ils sont tous mauvais, quasiment par construction ; je suis sur la même ligne.
• Il dit que tout pouvoir toit être tenu à la gorge pour ne pas abuser, et que seule la vigilance quotidienne des citoyens peut forcer les pouvoirs à la raison ; et qui dirait le contraire ?
• Il en conclut qu’il est bien plus malin de FORCER LES POUVOIRS À N’ÊTRE PAS TROP MAUVAIS, que de LES CHANGER SANS CESSE EN CARESSANT LE RÊVE IMPOSSIBLE QU’UN JOUR UN POUVOIR NATURELLEMENT ET DURABLEMENT BON ADVIENDRA ; je ne puis qu’acquiescer puisque je ne pense pas autre chose en la matière.
Donc, oui Toto, si Sarkozy (même lui !!!) avait PEUR DE NOUS, à chaque heure du jour, il deviendrait —PAR FORCE— UN EXCELLENT SERVITEUR DU BIEN PUBLIC.
Certes, cela vaut dans une réflexion visant à amender profondément le gouvernement représentatif (et donc pour y rester).
Laissez-moi vous rassurer : je continue à trouver plus séduisante l’idée d’une fédération de communes où le peuple exerce directement le pouvoir dans les Assemblées locales, en se protégeant durablement des voleurs de pouvoir par la technique éprouvée du tirage au sort. 🙂
Est-ce que, par hasard, une formulation différente de mon cher Alain vous aurait enfin rendu sensible un aspect qui m’est cher depuis toujours (ce n’est pas la faute — principalement —des pouvoirs s’ils abusent, c’est de la faute de ceux qui les laissent abuser en se désintéressant des institutions) et que vous auriez mal compris, faute d’explication correcte de ma part ?
Il y a peut-être un vice de raisonnement qui m’a échappé dans ce Propos, mais je vous demanderais d’être plus explicites dans votre indignation : qu’est-ce qui vous gêne dans ce propos d’Alain.
En tout cas, je vous remercie d’être toujours là.
Étienne.
______________
PS pour mon cher Hadrien :
je mets en surbrillance ce qui me fait réfléchir, en accord ou en désaccord, et que je signale à votre attention, pour faciliter une lecture rapide et ne rien rater d’important même quand on est pressé.
Aurais-tu quelques liens précis pour aller voir ce qui se passe chez Peyrelevade, s’il te plaît ?
« À bien meilleur compte, et par la centième partie seulement de l’énergie qu’ils emploient à chasser un mauvais maître, ils le rendraient bon. »
Confrontons ces dires d’Alain à la réalité d’aujourd’hui, celle du pouvoir sarkozyste :
Peu avant son élection, Sarkozy confiait tout de go, dans un interviw à l’Express, qu’il était en « mission » pour ceux qui le reconnaîtraient comme un des leurs, une fois sa tâche accomplie : l’oligarchie des riches. D’où sa fameuse expression « Aprés la présidence, j’irai faire du fric ! ».
Croit-on que la maxime d’Alain puisse s’y appliquer ?
Hadrien,
S’il avait PEUR DE NOUS DAVANTAGE que peur de ses Parrains mafieux, je pense que OUI.
Dans les institutions actuelles (qui ne méritent pas, selon moi, le nom de Constitution), il n’a RIEN à craindre de nous, absolument RIEN.
Cela explique tout.
C’est la cause principale, selon moi —pas la seule mais la principale, celle qui engendre toutes les autres—, de son mauvais comportement par rapport au bien commun.
Un débat politique digne de ce nom, dans une situation d’impuissance populaire comme la nôtre, devrait se concentrer sur L’ANALYSE DES CAUSALITÉS, et repousser les causalités fortes mais secondaires pour ne retenir que les causalités premières, DÉTERMINANTES.
Car s’il existe bien une causalité déterminante (c’est-à-dire rendant possible toutes les autres), c’est pure LOGIQUE de s’en prendre plutôt à elle qu’à toute autre.
Non ?
C’est ma spécificité de prendre les choses sous cet angle, apparemment.
Peut-être que je me trompe.
Mais j’en suis là.
Étienne.
Je pense que la causalité déterminante est une vue de l’esprit, certes nécessaire dans un « moment » de la réflexion. Le moment suivant consiste à saisir les inter-relations qui dans leur « somme » deviennent ce qui concrètement assure la « sécurité de fonctionnement du système »…On peut imaginer que la perception claire de « la causalité déterminante » est primordiale, mais elle est loin de permettre « la révolution souhaitable » (pour moi…).
Il faut à la fois la conscience , l’énergie « populaire », et l’imagination créatrice, car « sans vision d’un projet (dit « crédible »), personne ne bouge plus loin qu’une gesticulation désespérée tous les 18 mois…Refaire la Commune de paris, non ! refaire l’Union soviétique, non plus ! et pourtant : l’histoire attend !
Tout le monde sait cuisiner, mais de bons cuisiniers, c’est mieux : j’en reviens à notre besoin d’employer des politiciens « à disposition du peuple »…Désolé : tout le monde sait « éduquer son enfant », mais de bons pédagogues sont aussi nécessaires !
Chacun peut apprendre le maniement d’armes, mais de bons « gardiens de la paix », c’est mieux etc…
Etienne,
Je réponds simultanément à tes deux messages :
L’ANALYSE DES CAUSALITÉS… pour ne retenir que les causalités premières, DÉTERMINANTES, c’est ce que j’ai passé mon temps à faire avec Peyrelevade. Tu as vu comment tous mes commentaires ont été effacés depuis l’origine lorsqu’ils sont, sans doute, devenus trop incontournables.
Je continue occasionnellement sous d’autres pseudos (Sur le dernier billet, c’est pas mal!). Tu verras que la démocratie à l’Athénienne et la monnaie sont toujours d’actualité, ainsi que Allais. Ça m’a été aussi l’occasion d’y signaler par quelques liens ce qui a été sauvegardé sur ton site.
Amitiés,
Hadrien (bientôt en vacances)
Voici le lien sur les commentaires du dernier billet de Peyrelevade :
http://peyrelevade.blog.lemonde.fr/2011/07/12/actualite-22/#comments
Copie d’un message que j’ai transmis à A‑J :
Relevé sur http://www.marianne2.fr/Paul-Jorion-regarde-l-economie-par-le-prisme-de-la-philosophie_a208860.html
« l’auteur affirme de manière un peu rapide que « les banques centrales – et elles seules – sont en charge de création monétaire ». Un simple cours de comptabilité, ou, par exemple, le livre de Pierre-Noël Giraud, « Le commerce des promesses » permettent de comprendre que ce sont les banques privées qui créent la monnaie aujourd’hui. En outre, si l’assertion de l’auteur était juste, le bilan de la BCE serait équivalent à la masse monétaire de la zone euro. Or, il n’en représente que 20% (2000 milliards contre 9500), et leurs évolutions sont totalement dé corrélées. »
(Laurent Pinsole)
bjr Étienne
J’ai une proposition pour désigner les personne « tirées au sort » : il suffirait de reprendre le principe de l’ancien « service national », appliqué aux hommes et aux femmes à partir de la majorité.
Chaque personne « tirée au sort » serait logée, nourrie, blanchie, avec des « perms » le w‑end.
Enfin, je me dit que ça a bien fonctionné pour l’armée, pourquoi est-ce que ça ne fonctionnerait pas pour les représentants du pleuple ? Et je suis persuadé que ça coûterait moins cher que le service militaire obligatoire.
qu’en pensez vous ?
cdlt
Franck
Je relève une autre erreur de Jorion (que Pinsole n’a pas remarquée):
Il confond Michel Husson, spécialiste du partage de la valeur ajoutée (cf. http://hussonet.free.fr/textes.htm, que je cite dans mon dernier commentaire à Peyrelevade), avec Edouard Husson qui est un universitaire dont le blog ne s’occupe pas de cela !
« Jorion…note que, bien au contraire, le taux de profit ne cesse ne progresser, notamment du fait de la baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée, passée, selon Edouard Husson, de 1992 à 2007 de 66.4 à 54.8%, sans conduire à une forte hausse des investissements mais à une progression des dividendes et du cash flow. »
C’est vrai que ce texte fait réfléchir, il contient en germe une grande sagesse.
Mais je me dis qu’il y manque quelque chose :
par exemple, prenons le terrain médiatique, et en substance, c’est ce qu’exprime bien Hadrien : il a beau produire des commentaires « fouillés » sur des blogs de « personnalités », bref, il s’adresse à eux en exerçant un « contrôle citoyen » sur leurs dires, pointe leurs erreurs, etc. mais, pour quel résultat ?
par exemple, Yves Calvi, sa fonction de « modérateur de débat » est une fonction de « service public », essentielle pour la démocratie « de masse », et je trouve qu’il est plutôt bon, mais systématiquement, il va n’inviter que des gens d’accord avec le système ou disons une conception oligarchique du « sérieux », des grands éditorialistes (médiacrates) dont on se fiche, et je n’ai aucun pouvoir sur Yves Calvi pour lui « remonter les bretelles » et dire que nous en avons assez de ne pas voir de contradicteurs dont la pensée est subversive. ou bien, « nous en avons assez Yves que tu répètes X fois tes questions « orientées » en voulant faire dire à ton interlocuteur ce qu’il ne voulait pas dire au départ ».
Donc, oui, je suis tenté de suivre Alain en disant, ce présentateur-là, il faut qu’on puisse l’encadrer et faire pression et le remettre à sa place quand il le faut, je suis aussi d’accord qu’il serait bête de tirer au sort le présentateur sous prétexte que la position de pouvoir actuelle d’Yves Calvi, lui fasse exercer son métier en dehors de ce que le principe du pluralisme exige.
Donc oui, tout talentueux qu’il soit, sans contrôle citoyen, fatalement, ça dérape.
Mais le jour où on pourra dire à Yves Calvi, dis-donc coco, si tu corriges pas le tir, t’es viré, tu sais, t’es bon dans ce que tu fais, mais, si tu veux garder un temps d’occupation d’un espace public qui appartient à tous, va falloir que tu te remettes en cause, sinon on en trouvera un autre qui aura aussi du talent »… Ce jour n’arrivera pas sans une véritable révolte et sans fixer des principes que les citoyens doivent faire respecter, au moyen d’institutions respectables et légitimes…soit au-delà des « courriers des lecteurs »…et pour imposer la vox populi dans les média et dans le fonctionnement des média, quelques opérations commando et autres démonstrations de force de grande ampleur s’imposent…
Avant de repartir sur de « bonnes bases », pour lesquelles, certes, il faut s’inspirer de la sagesse d’Alain, il va quand même falloir y aller fermement,
et c’est ce que, à mon sens, Alain oublie : les bonnes vieilles habitudes sont instituées de telle façon, qu’il faut bien passer par une rupture, une brisure des carcans…ou alors je me trompe…et on attend que la démocratie participative à la PS (Je dirige, vous parlez des lampadaires) aboutisse à des révocations d’élus… peu crédibles.
Concernant Yves Calvi
Si le débat public fait l’objet d’une définition,de règles , d’une organisation , d’une méthode .…Yve Calvi pourrait y participer en tant que journaliste mais dans le respect du cahier des charges du « Débat public » .
La télévision serait bien sûr concernée par le débat public et lui fournirait un espace , voir une chaîne spécifique .
On peut concevoir comme méthode un classement thématique de l’info en même temps qu’une réflexion globale posant le problème de l’organisation optimum de la société : on approfondi les thématiques mais on ne s’y enferme pas , on les mets en lien en globalisant le questionnement : en prenant en compte les divers résulats en terme de constats thématiques , comment organiser la société , quel projet construire ?
Les thèmatiques et le questionnement global sont ouvert à tous, toutes expressions ; c’est ainsi que le problème des mêmes invités ne se pose pas : c’est contradictoire avec la définition et les règles du débat public.
Les thématiques sont questionnées de diverses manières : reportages , film , débats ..Le citoyen peut y participer et s’y investir au niveau qu’il souhaite : spectateur ou acteur du débat ; l’info n’est pas discontinue et délaissée , elle est classée dans son thème et on y revient ; ex Fukuschima rentre dans la thématique et la réflexion sur l’énergie ; cette thématique est indéfinniment nourrie de l’actualité et approfondie par le débat ; elle est mise en lien avec le questionnement global et les autres thématiques.
En complément de cette chaîne télé , un site et un blog
Et des lieux de débats vivants sur les territoires dans les communes , communautés de communes . On y débat des mêmes problèmes en revenant au local et à l’action de terrain .
Il n’y a donc pas un contrôle citoyen sur Yves Calvi mais la création d’un outil public de débat avec des règles, des méthodes et des moyens à lui trouver.
Il est bien évident que ce n’est pas un parti ou un groupement qui va gérer cela : il faut un service public du débat .
Il me semble que c’est tout à fait le rôle du président de la République ( à condition qu’il respecte lui même la constitution , ce qui n’est pas actuellment le cas ) d’organiser et mettre en place ce service public .
De même qu’on a réclamé des candidats de signer le pacte écologique , il me semble plus profond et au bout du compte plus efficace de lesur laire signer le pacte démocratique avec obligation de créer un outil public du débat.
suite .…..
« Le Débat public » est une structure institutionnelle obligatoire , permanente , destinée à réunir les citoyens autour d’un travail de compréhension et de construction d’une société durable ; les grands thèmes ( énergie , climat , économie , emploi , monnaie ‚habitat europe etc ) sont interrogés et approfondis pour eux-mêmes et aussi globalement en les reliant dans un effort de compréhension globale de la société
Les questionnements et les méthodes sont eux-mêmes interrogés afin de définir les bonnes questions à se poser et les bonnes méthodes de réflexion
Le caractère public c’est-à-dire ouvert à tous, à toutes les expressions diverses et contradictoires participe fortement et structurellement à l’approfondissement des problématiques et des méthodes de questionnements ainsi qu’à la compréhension des problèmes qui sont clairement posés par les accords et désaccords propres au débat .
Le débat public est une expertise de la société à un moment donné , une réflexion cherchant à dresser des constats puis à partir de ces constats à faire émerger un projet et des politiques de mise en œuvre de ce projet
Le débat public prépare ainsi des décisions politiques et se situe en amont de possibles délibérations et référendums.
Le débat public est en amont et de ce fait se situe à un niveau plus global ouvert sur la réflexion prospective et l’élaboration du projet ( ce que ne peut faire un gouvernement qui est nez sur le guidon et doit résoudre les problème au jour le jour ) ; cette hauteur est essentielle au débat public. C’est une dimension fondamentale de la vraie démocratie qui ne doit pas subir un système au fil de l’eau mais le comprendre et le maîtriser.
Di Girolano
tes principes sont très bons,
« l’espace public » entre selon moi dans le cadre de la séparation des pouvoirs,
mais il y faudra ajouter les conditions de financement et le contrôle citoyen, et surtout pas de contrôle d’un Président (d’ailleurs c’est en grande partie le cas aujourd’hui, y compris constitutionnellement_ cf nomination des membres du CSA)
ensuite, je ne dis pas que ton idée de pacte similaire au pacte de hulot est inutile, je constate simplement que sans contrôle citoyen derrière, le pacte de Hulot est un échec…m’est avis que s’adresser aux pouvoirs en place n’est pas une bonne méthode pour aboutir à ce que tu souhaites…
Le pacte de Hulot reste dans la gestion du système ; le grenelle en est l’illustration (peinture verte).
L’expertise publique, « bien définie », encadrée par la loi, dotée de moyens financiers et humains est en soi un anti-système ; le système, c’est le faux semblant du progrès pour tous avec, comme moteur, la croissance, le libre marché.
Deux limites à ce progrès pour tous :
- limite humaine, sagesse et altruisme ne suivent pas le même rythme que le progrès technique,
- limite physique du monde incapable de suivre.
L’expertise, la réflexion et le débat public sur ces enjeux est de fait une distanciation et l’introduction concrète et immédiate d’un nouveau paradigme .
Le pouvoir populaire, le « contrôle citoyen » ne peut s’exprimer que dans l’exercice, la pratique concrète du débat ouvert à tous.
Concernant le président : constitutionnellement, il ne gouverne pas ; il n’est pas l’homme d’un parti appliquant un programme (je parle du texte de la constitution !); il veille à l’application de la constitution ; si le principe fondateur de notre constitution est bien celui de la souveraineté populaire, on peut en conclure que le rôle du président est essentiellement de veiller à la réalité de l’exercice de cette souveraineté ; dans un contexte de crise de civilisation, son rôle est bien de mettre en place cet exercice qui n’est pas autre chose qu’une interrogation collective organisée sur ces deux questionnements :
- comment organiser une société durable dans un monde fini qu’on épuise et détruit ?
- comment organiser une société durable dans un monde où nous sommes incapables de progresser en sagesse ?
Il m’apparaît évident que dès l’instant où une société organise cette interrogation, la réponse est dans la question et on peut (peut être) espérer ?
C’est de la réelle démocratie et ce pacte-là serait sacrément impactant ! (« Si les citoyens savaient comment est produite la monnaie. »)
http://groups.google.com/group/processusconstituantindignes
PROCESSUS CONVERGEANT ?
salut indignado,
et salut à tous,
Le groupe de Travail pour une Assemblée Constituante est en demande de contributeurs et de gens motivés,
nous avons l’intention d’aboutir, et de nous organiser pour cela,
vos interventions, suggestions,
sont les bienveues !
Il n’y a aucune solution simple à « la crise ».
Prétendre que tout se règle à partir de l’instauration d’un principe « constituant », c’est fumer un opium…Encore !
Par contre, ouvrir son esprit à l’idée qu’un « après crise » existera permet aux uns d’imaginer des « rois assagis », aux autres, de « sujets émancipés »…
le processus de sortie « viable et digne » de la crise que soudain, bizarrement, le système financier lui-même avoue comme telle, il impliquera nécessairement « ensemble » mais « pas n’importe comment » tous les aspects de « la condition humaine mondiale » :
Se réfugier dans une vision étriquée c’est se condamner à une mort dont le scénario a été écrit au XXè siècle.
Il faut donc mobiliser « large » tous les fonts de lutte, car ils ne peuvent que converger vers cette nécessité : dépasser les blocages économiques, culturels et écologiques, donc savoir « se remettre en cause », mais aussi remettre en cause « tout système verrouilleur ».
On ne doit donc pas négliger l’indispensable travail constituant, mais on doit s’assurer qu’il se fasse en lien avec la vie qui se défend déjà dans les confrontations dites « sociales », mais aussi dans les prises de conscience dites « écologiques ».
La simultaneïté de ces fronts est indispensable, s’obnubiler sur l’un d’eux seulement est mortel !(telle est ma conviction, en tous cas, …je peux moi aussi photographier les piles de livres qui y mènent…)
coucou
(eh désolée, (j’suis revenue que maintenant (j’suis pas rapide)), j’voulais pas mettre le bazar, quoi, j’ai pas fait exprès.)
(j’avais les nerfs ce jour la, sorry)
(j’ai pas lu tous les comms, mais euh, je sais bien que j’ai (y’a) pas de solutions (miracle), c’est un peu le problème.(c’est le problème de beaucoup de monde d’ailleurs, on sait tous que ce pays part en sucette, mais comment faire pour que ça s’arrête, pour changer les choses…))
(n’empêche n’empêche, Alain a déconné quand il a écrit son truc, je persiste 😉 )
et comment vaincre ou dégager un tyran, ben ca hein…
(j’demanderais bien à l’histoire de nous le dire, mais j’sais pas voyager dans l’temps)
ou alors y’a V for Vendetta.
Bon, bisous 🙂