Attention :
LA CONFÉRENCE DE SAINT-ANDRÉ (PRÉVUE DEMAIN) VIENT D’ÊTRE INTERDITE PAR LA MAIRIE : conférence ANNULÉE, donc (in extremis : la veille au soir…).
Je suis désolé, j’espère que personne ne se déplacera pour rien.
Les organisateurs sont tout retournés : ils m’ont raconté que la Mairie a pris peur en lisant mon programme : « comment venir à bout du capitalisme et des injustices sociales », leurs cheveux se sont dressés sur la tête, paraît-il…
Je deviens vraiment séditieux en vieillissant 🙂
Le billet qui annonçait la conférence (avec le dangereux programme) est là :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/07/04/132-conference-saint-andre

Bon, alors, je viens de parler aux ORGANISATEURS (CNR, Comité pour une Nouvelle Résistance), et ils vont monter quand même à St-André (ne serait-ce que pour accueillir ceux qui n’auront pas été prévenus) : ILS SUGGÈRENT DE NOUS RÉUNIR QUAND MÊME, MALGRÉ L’INTERDICTION D’UTILISER LA SALLE MUNICIPALE, SUR UNE PLACE OU DANS UN CHAMP…
Ce serait plus foklo, mais pas forcément contre productif : les Suisses pratiquent encore ainsi la DÉMOCRATIE DIRECTE (assemblées populaires de canton) PARFOIS DANS DES CHAMPS ENNEIGÉS, DEBOUT (j’ai vu ça de mes yeux).
Moi, je suis prêt à monter, bien sûr, si on s’obstine et qu’on essaie de se rencontrer malgré l’adversité.
Qu’en pensez-vous ?
Ce serait bien d’avoir un peu de son, quand même, si on est nombreux… Ça va pas être facile, ça…
Sur Facebook, ça discute…
http://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=163776747025880&id=600922316
On fait le point demain matin. La nuit porte conseil.
Bon, je me prépare pour monter à Saint-André : j’y serai vers 14 ou 15 h. On avisera là-bas.
Je peux publier sur Facebook avec mon téléphone : je vous dirai ici l’endroit qu’on aura choisi là-bas, dès que je le saurai.
Rappel : L’ordre du jour (très séditieux, attention, écartez les enfants) est :
ÉCHANGER entre nous sur LA (VRAIE) DÉMOCRATIE :
A – LE TIRAGE AU SORT POUR QUOI FAIRE ?
1) POUR AMÉNAGER LA « DÉMOCRATIE REPRÉSENTATIVE » (oxymore), avec une nouvelle DEUXIÈME CHAMBRE QUI NOUS RESSEMBLE enfin et qui participe au pouvoir ?
2) OU POUR ASSUMER LA « DÉMOCRATIE DIRECTE » (pléonasme), en FRAGILISANT NOS REPRÉSENTANTS de façon à nous protéger tous durablement contre les voleurs de pouvoir-voleurs de démocratie ?
B – OBJECTIONS au tirage au sort, RÉFUTATION rationnelle de ces objections, MODALITÉS pratiques du tirage au sort…
C – LIENS ENTRE LA CONSTITUTION ET LES PROBLÈMES QUOTIDIENS MATÉRIELS PERSONNELS DE CHAQUE CITOYEN.
Autrement dit, pour quelles raisons, concrètement, faudrait-il que moi, simple citoyen, j’étudie — et même que je me réapproprie — le processus constituant ?
On n’aura sûrement pas assez de deux heures 😉
Surtout si on est dans un champ ou sur les rives du Verdon, en plein air et sans électricité 🙂
Je propose qu’on continue au resto 🙂
À tout à l’heure.
COMPTE RENDU DE NOTRE ÉCHANGE À SAINT-ANDRÉ :
Bonjour à tous, nous sommes dimanche matin, le lendemain de la réunion de Saint-André-Les-Alpes ; voici quelques nouvelles ; finalement, tout s’est très bien passé :
Les premiers arrivants ont trouvé une salle close et se sont exprimés publiquement pour protester, notamment d’anciens résistants, rapprochant les (salvateurs) faits de résistance passés avec les (nécessaires) faits de résistance actuels, et appelant les autorités à revenir à la raison.
Le Maire était présent et s’est finalement rendu aux arguments des vieux patriotes : il a ouvert la salle et a fait lui-même un discours en lisant un texte remarquable, vibrant hommage à l’esprit de résistance que nous devions tous entretenir en donnant la parole —et en écoutant attentivement— les anciens ayant souffert de la guerre en s’opposant personnellement à l’oppression.
Il y avait là une centaine de personnes venues de loin : Saverne, Grasse, Cannes, Nice bien sûr, mais aussi Menton, Marseille, Nîmes même !
Le discours du vieux combattant m’a ému : j’ai senti plus que jamais le lien qui existe entre mon propre travail et la résistance à la guerre, travail pour identifier —et pour défaire— la cause des causes des abus de pouvoir en général, et des guerres en particulier.
Notre échange a duré ensuite plus de deux heures ; c’était bien, je crois : un peu fouillis, sans doute, puisque nous partions des questions des uns et des autres, mais c’était intéressant. Les gens avaient l’air contents 🙂
Il faudra que je fasse attention, à l’avenir, dans ma critique des élus à travers nos 200 ans d’expériences récentes, à penser à DISTINGUER ENTRE LES ÉLUS : en effet, l’élu local d’un petit patelin, qui ne gagne presque rien à exercer sa fonction et qui se dévoue souvent corps et âme pour le bien commun, avec comme seule récompense valable le regard reconnaissant de ses compatriotes (récompense honorifique qui était d’ailleurs la plus importante à Athènes, autrefois), cet élu local donc, qui souvent n’a besoin de l’argent de personne pour faire sa campagne et pour être élu, et qui donc n’a pas ou peu d’ »ascenseurs à renvoyer », cet élu local ne doit pas être confondu avec les élus de plus vastes territoires qui, eux, doivent leur élection à un parti ou à des sponsors qui les tiennent ensuite à la gorge, au moins sur les points stratégiques. Je peux comprendre qu’un élu local vraiment dévoué — il y en a, à l’évidence — se sente blessé d’un discours qui amalgamerait tous les élus comme des traîtres avérés…
Je remercie tous ceux qui ont fait tant de kilomètres pour cette réunion assez émouvante.
L’idée du tirage au sort en politique progresse, entre nous, à la base.
=> Pas de prospérité avec une monnaie privée.
=> Pas de monnaie publique sans démocratie.
=> Pas de démocratie sans tirage au sort.
La prochaine rencontre est à Marseille : je vous rejoindrai en fin d’après-midi début de soirée.
Étienne.
Merci pour le compte-rendu.
Pour l’élu du petit patelin, il n’y a pas que l’histoire du fric qui rentre en compte. Il y a aussi le fait, que, dans ce cas, les gens savent pour qui il votent. Ils n’agissent pas uniquement sur la foi d’un tract ou d’une prestation télé.
@beo :
Ils savent ET ils votent .
C’est bien ça la démocratie …et même un peu plus .
Merci pour ce compte rendu et félicitations pour avoir réuni une centaine de personnes dans ces conditions.
Bonsoir à tous,
Nouvelles un peu tardives de la journée du 09 juillet 2011 à Saint-André-les-Alpes, haut lieu de la Résistance dans notre région, à l’initiative de l’association Comité pour une Nouvelle Résistance (C.N.R) : http://www.cnr-resistance.fr
Alors voilà en deux mots le récit du début de l’après-midi.
Avec ma mère et une amie, nous partons en direction de Saint André les Alpes vers 10h45.
La route montagneuse est très agréable par cette belle journée.
En montant, nous dépassons une locomotive à vapeur, étonnement. A‑t-elle été mise en circulation pour l’occasion ? Je ne sais pas, peut-être ?
Bref, une journée de bonheur qui associait une belle promenade dans l’arrière pays avec les les témoignages de Résistants qui défendent mordicus le programme du conseil de la résistance « Les Jours Heureux ».
Prévue ensuite, une conférence interactive avec Étienne Chouard.
Moi, j’ai compris visio-conférence ^^. J’ai emmené mon portable. :))
Je n’avais même pas compris que tu allais participer à cette réunion, mais j’en ai été vraiment très content.
Désolé Étienne, j’aurai toujours un train de retard…
La prévision était d’arriver vers 12h45, pour pouvoir déjeuner et ne pas être en retard à 14h30, heure du rendez-vous…
Nous voilà donc un peu en retard, 14h50, devant la salle associative de Saint André les Alpes.
Là, une centaine de personnes attendent devant la salle.
M. Lucien Pons se présente, en sa qualité de président de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » et nous dévoile le combat de l’association.
Il nous présente les Résistants qui vont nous conter l’histoire…
Je souhaite ici leur rendre hommage de continuer le combat pour nous.
Alors que nombre de leurs compagnons ne sont pas revenus pour que les générations futures puissent avoir un monde meilleur,
Des pans entiers du programme du Conseil de la Résistance tombent tous les jours, et ça les révolte !
Moi aussi !
Les témoignages se succèdent, un homme, une femmes, tous Résistants indignés.
Bref, la salle n’ouvre qu’après plusieurs nouveaux récits et quelques tergiversations..
La salle est vide, les chaises empilées.
Tout le monde met la main à la pâte et en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, chacun prend une chaise et s’assoit.
La conférence peut enfin commencer.
Nous avons été très heureux de nous trouver dans l’assistance à écouter tous les intervenants, jeunes et vieux.
@ +++,
Valentin.
PS : Je viens de me rendre sur wikipédia pour en savoir plus sur la démocratie représentative http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mocratie_repr%C3%A9sentative
et, c’est la première fois que je vois (sur wikipédia) que l’article doit être recyclé ^^
Si ça tente quelqu’un … 🙂
» j’ai senti plus que jamais le lien qui existe entre mon propre travail et la résistance à la guerre, travail pour identifier —et pour défaire— la cause des causes des abus de pouvoir en général, et des guerres en particulier »…
Il y a un autre lien à « sentir » : celui qui existe entre une certaine lâcheté et « la résistance à la guerre » : cette lâcheté consiste à s’abriter derrière des théories fumeuses en récitant comme un bréviaire « les vertus du tirage au sort » pour dire aux pôv’cons de syndicalistes qui résistent vraiment contre « l’occupant réel » : « tant pis pour vous, fallait défendre le tirage au sort »… La Résistance , la vraie, c’était la résistance à l’occupant, par tous les moyens et donc c’était aussi la guerre !
Les « collabos » aussi « résistaient à la guerre », mais ils y résistaient en s’abritant derrière la théorie selon laquelle « les résistants étaient des terroristes »…Tout comme il y a une théorie selon laquelle « les élus sont des pourris », c’est cette théorie qui servait d’alibi aux ligues fascistes qui défilaient en 1934 contre les députés et pour « un ordre nouveau »,où le peuple serait directement confronté à ses maîtres absolus : ceux qui tiennent l’argent, et qui achètent n’importe qui, par exemple le corcuf sachant que s’il est tiré au sort, il est une proie « bien connue » du maître du jeu ! …rien moins qu’un ôtage sans légitimité électorale pour « résister » ! D’ailleurs, SI le système d’élection au suffrage universel est perverti, c’est dans la mesure où « le maître », par exemple Monsieur Dassault, est capable non seulement de corrompre l’élu mais aussi de corrompre assez massivement la poignée d’électeurs nécessaire pour gagner l’élection de son candidat corrompu : ce « coût » de corruption serait moindre avec une poignée de « tirés au sort », certainement pris en otage. En focalisant la soi-disant « résistance » sur le « tirage au sort » l’on ne résiste pas en vrai résistant contre le « maître du jeu », qui, en effet se passe bien d’élection !
« Alors quand on proteste que nos élus semblent bel et bien tous pourris (à quelques exceptions insignifiantes près), on est ipso facto d’extrême droite » ?
OUI, on fait des vers sans en avoir l’air !
l’extrème droite qui nous obsède ce n’est pas seulement untelle fille de milliardaire facho, choisie comme « figure « par le système dominant, c’est beaucoup plus le perpétuel retour de cette « bête immonde » qui sommeille en chaque humain : la tendance extrémiste qui consiste à bâtir un populisme raccoleur à partir de « ce qu’ils nous semblent bel et bien(à quelques exceptions insignifiantes près) »…Tantôt « les élus », tantôt « les patrons », tantôt « les roms », tantôt « les élites », tantôt « les croyants » et bientôt qui encore ?
Marx démontait la mécanique perverse du capital, il ne batissait pas sa réflexion sur « la perversité des patrons », mais sur celle d’un système.
Ce qui rend pervers le suffrage universel ce n’est pas la nature pourrie des élus, c’est sa perversion obtenue coûte que coûte par le capital qui n’a pas d’autre choix que d’asseoir sa toute-puissance.
Détourner l’attention de cette « puissance perverse », et tenter de faire croire qu’un artifice institutionnel antique permettra « naturellement » d’y échapper, c’est exactement s’étourdire au moment précis où la vigilance serait de mise : Nous sommes de plain-pied dans une époque où ce système pervers entre dans une nouvelle crise systémique , et comme à chaque fois, il y a des « général boulanger » pour détourner la vigilance populaire vers « ce qu’il nous semble, à part quelques exceptions insignifiantes »…Or justement, la Résistance n’aurait pas existé sans les « quelques exceptions insignifiantes » de son origine !
Il faudrait avoir la modestie de regarder plus respectueusement ces quelques exceptions insignifiantes, plutôt que de prétendre être « insulté » par elles !
Il est symptomatique d’arrêter son cerveau sur une soi-disant « bombe politique » que serait la question du tirage au sort : soit il y a tentative d’abus de la part d’un citoyen se prétendant « vierge politiquement » mais qui à l’occasion n’hésite pas à faire référence à ses longues années d’engagement inutiles, soit c’est plus grave, docteur !
Je trouve opportun de citer ici notre ami Di Girolamo quant à la « méthode » du tirage au sort : (…) « sans remettre en cause le bien fondé du tirage au sort comme méthode, il ne suffit pas à faire société »(…)« cette fabrication là n’est concevable que dans le cadre d’un travail d’intelligence collective ‚c’est à dire de débat ».
La question centrale de la démocratie est donc bien d’organiser au mieux le débat pour organiser au mieux une société durable .
(…)
Une société sans débat organisé, sans réflexion collective globale sur son sens, est un système à subir, à conserver ou à détruire suivant la place qu’on y occupe, mais pas une démocratie, pas une société durable.
C’est parce que les clignotants sont au rouge vif sur tous les sujets importants que la démocratie est devenue une nécessité de survie. L’intelligence collective pouvant se substituer à l’intelligence instinctive et naturelle des autres espèces.
Le fascisme nous en sommes tous capables hélas ! Nous avons envie de le dénoncer quand il interdit la pensée de l’essentiel en prétendant nous enfermer dans les impasses plus ou moins haineuses qu’il propose, culpabilisant « le professionalisme » des uns et surtout des autres… et taxant la dénonciation de cette haine d’ « amalgame » :
le « tous pourris » serait le constat obligatoire, le reste serait donc « fuite du débat » : ainsi les beaux rôles sont inversés : à celui qui ose suggérer que l’essentiel réside dans la capacité d’évolution de la société vers l’abolition de la pauvreté, on explique
« … que la composition du peuple à l’époque était ce qu’elle pouvait être à l’époque et que c’est un autre sujet, qu’il faut étudier tout ça avec du discernement, sans tout amalgamer… notre problème essentiel est ailleurs : comment les pauvres vont-ils se protéger des abus de pouvoir des riches… »
Hélas, le problème « essentiel » du fascisme est qu’il détourne exactement ainsi la vigilance populaire : L’essentiel pour le peuple, aujourd’hui, c’est de ne pas être pauvre, ce n’est pas « de se protéger contre les riches » car le lien entre liberté et bien-être est une réalité matérielle essentielle .
Le but de la démocratie est de permettre aux humains de se libérer vraiment à la fois de la « richesse » et de la « pauvreté ». C’est cette conception là qui oppose les « progressistes » aux « fascistes » !
Nous ne sommes plus dans l’immuable antiquité, mais bien dans une modernité révolutionnaire où « tout se transforme », et donc la question « essentielle » après avoir supprimé l’esclavage, est devenue : comment supprimer la pauvreté ? Alors, on voit bien que la question du « tirage au sort » n’est plus « essentielle », même si, sans dogmatisme, on peut la considérer comme intéressante à plusieurs titres, et même, pouvant faire partie des conditions nécessaires (mais certes pas suffisantes!) au dépassement des blocages systémiques actuels.
L’extrêmisme anti-démocratie représentative ne sert pas la promotion du tirage au sort !
La cohérence du fascisme est exactement dans « l’inversion des priorités » : « sortir de l’euro » se substitue à « fédérer les mouvements sociaux européens » qui s’attaquent à la sacro-sainte indépendance de la BCE… Je conseille de lire sur ce sujet Michel HUSSON (www.hussonet ») que je cite très succintement : » il n’y a à peu près aucune expérience de dévaluation qui ne se soit pas traduite par
une austérité accrue qui retombe en définitive sur les salariés. Pour que la dévaluation serve à la
mise en place d’une autre répartition des revenus et d’un autre mode de croissance, il faudrait que
les rapports de forces sociaux aient été profondément transformés. Faire de la sortie de l’euro un
préalable revient donc à inverser les priorités entre transformation sociale et taux de change. Il y a
là un glissement extrêmement dangereux ».