Prochaine conférence-débat à Saint-André-Les-Alpes, samedi 9 juillet 2011, 16 h

4/07/2011 | 3 commentaires

Il s’a­git, à Saint-André —où, pour une fois, je n’i­rai pas pour voler, ou en volant 🙂 — d’or­ga­ni­ser LE DÉBAT que nous n’a­vons pas eu le temps de mener lors de la der­nière confé­rence de NICE : donc, après un court RAPPEL DU PLAN sui­vant, je vous lais­se­rai la parole pour décou­vrir et dis­cu­ter vos ques­tions, vos objec­tions, vos suggestions…

Voi­ci le plan des sujets dont nous pour­rons par­ler (mais nous n’au­rons que 2 heures : il fau­dra donc sans doute choi­sir) :
(Quand_on_cherche_la_cause_des_causes_des_injustices_sociales.pdf)

Confé­rence-débats sur une jour­née ; pro­po­si­tion de thèmes :
Contre le capi­ta­lisme et les injus­tices sociales :
la démo­cra­tie directe, pro­té­gée par le tirage au sort
et la créa­tion moné­taire publique, sous contrôle citoyen.

Quand on cherche la cause des causes des injus­tices sociales, on tombe tou­jours sur un DROIT injuste, une règle qui per­met l’op­pres­sion des faibles par les forts, au lieu de l’in­ter­dire.
Si on cherche plus en amont encore, on trouve QUI ÉCRIT ce droit injuste. Et tout est là.

Ma thèse est radi­cale, elle prend les maux à la racine, à leur source ; et il se trouve que cette racine est sou­vent com­mune : les citoyens sou­cieux de jus­tice négligent au lieu de sur­veiller le point cru­cial de savoir QUI ÉCRIT la Consti­tu­tion et QUI SURVEILLE son appli­ca­tion. Cette négli­gence au plus haut niveau du droit rend pos­sible ensuite à la fois une infi­ni­té de règles injustes et une impuis­sance popu­laire à résister.

- Cette série d’ex­po­sés se pro­pose de com­men­cer par l’en­jeu cen­tral de la créa­tion moné­taire (pri­vée ou publique ?), puisque la sou­ve­rai­ne­té poli­tique découle de la sou­ve­rai­ne­té moné­taire, et pas l’inverse.

- À la recherche des causes de notre impuis­sance poli­tique, sera ensuite étu­dié un rap­pel fon­da­men­tal : à quoi sert une Consti­tu­tion et en quoi, concrè­te­ment, point par point, la vie quo­ti­dienne des citoyens est ren­due soit pai­sible soit dif­fi­cile selon la Consti­tu­tion en vigueur : la Consti­tu­tion d’un peuple ne sert pas à orga­ni­ser les pou­voirs, mais à les contrô­ler, à les affai­blir (Mon­tes­quieu) ; le contrat consti­tu­tion­nel n’est pas pas­sé entre les gou­ver­nés et les gou­ver­nants, pas du tout, mais entre les gou­ver­nés eux-mêmes, pour éta­blir des gou­ver­nants, qui ne pré­existent pas au pacte social, ceci est impor­tant (Rous­seau, Paine). Ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pou­voir (sinon ils trichent et se mettent natu­rel­le­ment à l’a­bri de tout contrôle réel) : c’est aux citoyens eux-mêmes d’é­ta­blir d’a­bord et de faire appli­quer ensuite la démo­cra­tie qui va les pro­té­ger, tous et tout le temps, contre les abus de pou­voir. Ce prin­cipe cen­tral sera le fil d’A­riane, la colonne ver­té­brale, l’o­ri­gi­na­li­té pro­met­teuse de tous nos débats.

- C’est ensuite l’i­dée géniale (et oubliée) du tirage au sort comme fon­de­ment indis­pen­sable de toute démo­cra­tie digne de ce nom qui sera défen­due pour être ensuite sou­mise au feu de votre (bien­veillante) critique.

- Enfin, on pour­ra étu­dier ensemble les vices cachés de l’U­nion euro­péenne, dix points inac­cep­tables et irré­pa­rables, au point qu’il faut sans doute s’en aller de ce piège poli­tique anti­dé­mo­cra­tique, et vite !

Plan pro­po­sé, pour réflé­chir ensemble à de réelles alter­na­tives, inédites et pro­met­teuses, à la pri­son poli­tique actuelle où sont enfer­més de façon non néces­saire tous les peuples du monde :


A) Créa­tion moné­taire pri­va­ti­sée et dette odieuse :

1. Fonc­tion­ne­ment et consé­quences désas­treuses de la mon­naie-dette. (Juglar, Fisher, M. Allais, Gal­braith, Giraud)

2. Chô­mage et mon­naie. (Law, Juglar, Dou­glas, Keynes, Phil­lips, Jeanneney)

3. La Fed comme exemple et comme révé­la­teur d’une escro­que­rie maf­fieuse mon­diale. (A. Sut­ton et E. Mullins)

4. Méca­nisme et enjeu poli­tique contre-révo­lu­tion­naire de la dette odieuse : après les pays du sud, tous les pays du monde passent sous la tutelle des ultra-riches. (John Per­kins, CADTM, Fran­çois-Xavier Ver­schave, Denis Robert)

5. Expé­riences alter­na­tives de mon­naies sous contrôle citoyen : résul­tats et ana­lyse des échecs : presque tou­jours le sabo­tage de la Banque cen­trale du coin.

6. Pour finan­cer l’é­co­no­mie dans épargne préa­lable (sans avoir besoin de l’argent des riches, ni des mar­chés finan­ciers) et sans inté­rêts à ver­ser : géné­ra­li­ser l’ex­pé­rience déjà réus­sie de la coti­sa­tion sociale (l’en­jeu des retraites, B. Friot ; sup­pri­mer la bourse, F. Lordon).

7. Débat.


B) Qu’est-ce qu’une Constitution ?

1. Objec­tifs d’une Consti­tu­tion : pou­voirs, abus de pou­voirs, sépa­ra­tion des pou­voirs, contrôles des pouvoirs.

2. Grands prin­cipes d’une bonne Consti­tu­tion (check-list des points à véri­fier lors de tout réfé­ren­dum consti­tuant) et liens concrets avec notre vie quotidienne.

3. Rôle majeur (et tota­le­ment mécon­nu) du pro­ces­sus consti­tuant dans la qua­li­té de la Constitution.

4. Pas de démo­cra­tie sans jeunes gens démo­crates et… actifs !

5. Débat.


C) Cen­tra­li­té du tirage au sort en démocratie :

1. Défi­ni­tions : monar­chie, aris­to­cra­tie (oli­gar­chie ?), démo­cra­tie (anar­chie ?), gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif (suf­frage uni­ver­sel ligo­té). (Aris­tote, Manin, Montesquieu)

2. Objec­tif (éga­li­té), sous-objec­tifs (ama­teu­risme et rota­tion des charges), moyens (isé­go­ria, tirage au sort et ins­ti­tu­tions pro­tec­trices), et résul­tats extra­or­di­naires (désyn­chro­ni­sa­tion entre richesse et pou­voir poli­tique). (Han­sen, Finley)

3. Objec­tions connues et réfu­ta­tion ration­nelle et dépas­sion­née : on ne cherche pas à avoir rai­son mais à bâtir un sys­tème fiable et robuste : Fédé­ra­tion de com­munes (Prou­dhon) ?

4. Domaines d’ap­pli­ca­tion : Assem­blée consti­tuante, Conseil consti­tu­tion­nel, Chambres légis­la­tives (locale, régio­nale, natio­nale), Exé­cu­tif, Juges, Poli­ciers, Hauts fonc­tion­naires, Chambres de contrôle, Chambre du réfé­ren­dum, etc.

5. L’en­jeu cultu­rel : ne pas comp­ter sur les oli­garques pour nous apprendre ce qu’est une vraie démo­cra­tie. Réduire la culture à l’art, en lui ôtant toute force poli­tique, fut une authen­tique catas­trophe ; enjeu majeur de l’é­du­ca­tion popu­laire, for­ma­tion poli­tique des jeunes adultes (F. Lepage).

6. Débat.


D) Cas pra­tique : les méfaits de l’U­nion européenne.

1. Dix points impar­don­nables, gra­vis­simes, irréparables.

2. La sor­tie de l’UE comme seule voie de sur­vie politique.

3. Éloge des fron­tières (R. Debray), de la nation (Robes­pierre)
et du pro­tec­tion­nisme (F. List)… trois valeurs indis­cu­ta­ble­ment DE GAUCHE !


E) Conclu­sion : fina­le­ment, l’hu­ma­ni­té semble avoir connu (DU FAIT DE NOTRE NÉGLIGENCE) une double régres­sion poli­tique : pre­mières révo­lu­tions à la fin du XVIIIe, puis contre-révo­lu­tion néo­li­bé­rale à la fin du XXe.

1. Une pre­mière régres­sion a lieu en 1794, avec Ther­mi­dor et le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif qui per­met aux riches de prendre enfin (pro­gres­si­ve­ment et grâce à l’é­lec­tion de repré­sen­tants par­mi les can­di­dats qu’ils financent tous) tout le pou­voir poli­tique contre les ordres anciens et d’é­ta­blir… le capi­ta­lisme (avec son droit injuste, qu’il est vital de maîtriser).

1. Une deuxième régres­sion, pire encore, dans les années 1980, avec la contre-révo­lu­tion ultra­li­bé­rale qui consiste à désar­mer les nations et à ôter tout pou­voir même aux ins­ti­tu­tions du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif en faveur de la gou­ver­nance directe des car­tels et des banques : après la FED en 1913 : FMI, BM, OTAN, UE, OMC, AGCS…


=> Pas de prospérité avec une monnaie privée.

=> Pas de monnaie publique sans démocratie.

=> Pas de démocratie sans tirage au sort.

4 juillet 2011
Étienne Chouard
https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​ope

Pour m'aider et m'encourager à continuer, il est désormais possible de faire un don.
Un grand merci aux donatrices et donateurs : par ce geste, vous permettez à de beaux projets de voir le jour, pour notre cause commune.
Étienne

Catégorie(s) de l'article :

3 Commentaires

  1. Hadrien

    Ce n’est sans doute pas pour rien que l’as­so­cia­tion « Resis­tants d’hier, résis­tants d’au­jourd’­hui » a publié le remar­quable petit livre « Les jours heu­reux. Le Pro­gramme du Conseil Natio­nal de la Résis­tance de 1944. Com­ment il a été écrit et mis en oeuvre, et com­ment Sar­ko­zy accé­lère sa démolition ».

    Il semble que ce soit dans les dures épreuves face à l’ad­ver­si­té que se révèlent et pré­valent les soli­da­ri­tés humaines ain­si que les carac­tères pou­vant le mieux les accom­plir. C’est vrai­sem­bla­ble­ment pour ces rai­sons que les ver­tus de la Grèce antique se sont for­gées à l’ombre des guerres, notam­ment celle contre l’en­va­his­seur Perse.
    Une fois pas­sées ces épreuves, revient le temps des petits égoismes des « copains et des coquins », ou bien celui des ambi­tions déme­su­rées qui font oublier et perdre de vue l’es­sen­tiel. Là encore, c’est vrai­sem­bla­ble­ment pour ces rai­sons que les deux siècles de démo­cra­tie sous Péricles et Démos­thènes se ter­minent avant les affres des conquêtes de l’empire d’A­lexandre et fina­le­ment son déclin.

    Au pas­sage : ce n’est sans doute pas un hasard si les deux acquis de la démo­cra­tie et de la mon­naie datent des deux siècles sus­dits. La mon­naie à grande échelle est géné­ra­le­ment consi­dé­rée comme datant de cette époque, en rai­son de l’a­bon­dance des mines argen­ti­fères du Lau­rium, d’où la signi­fi­ca­tion actuelle de l’argent. (Les perses avaient beau­coup d’or mais ne sur­ent pas en faire une mon­naie). On peut lire à ce sujet le livre assez récent de Chris­tophe Pébarthe : « Mon­naie et mar­chés à Athènes à l’é­poque clas­sique », Ed. Belin. Synop­sis consul­table sur
    http://​clio​-cr​.clio​nautes​.org/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​1​976.

    On y apprend notam­ment com­ment le cré­dit fut inven­té pour les besoins du com­merce mari­time. Comme Etienne et AJ s’en sou­viennent sans doute, j’a­vais déjà four­ni ce genre de réfé­rences, avec beau­coup d’autres, sur le blog de Pey­re­le­vade qui a désor­mais tout effa­cé d’Ha­drien, pen­sant comme au temps de la ter­reur que le capi­ta­lisme « n’a pas besoin » des… « ency­clo­pé­distes de l’i­nu­tile » ! Il pré­fère conti­nuer d’as­sou­vir sa haine du social en pour­fen­dant les 35 heures par des comptes d’a­po­thi­quaire cou­pant les che­veux en quatre dans son der­nier billet, pen­dant que les ban­quiers et les mar­chés finan­ciers se gavent des inéga­li­tés du monde !

    Réponse
  2. Étienne

    Atten­tion :
    LA CONFÉRENCE DE SAINT-ANDRÉ (PRÉVUE DEMAIN) VIENT D’ÊTRE INTERDITE PAR LA MAIRIE : confé­rence ANNULÉE, donc
    (in extre­mis : la veille au soir…).

    Je suis déso­lé, j’es­père que per­sonne ne se dépla­ce­ra pour rien.

    Les orga­ni­sa­teurs sont tout retour­nés : ils m’ont racon­té que la Mai­rie a pris peur en lisant mon pro­gramme (voir ci-des­sus) : « com­ment venir à bout du capi­ta­lisme et des injus­tices sociales… », leurs che­veux se sont dres­sés sur la tête, paraît-il…

    Je deviens vrai­ment sédi­tieux en vieillissant 🙂

    Réponse
  3. Aodrenn

    Quel dom­mage pour cette confé­rence, moi qui vole éga­le­ment sur le site de saint André, j’au­rais fait d’une pierre deux coups. 

    À défaut je vais poser mes ques­tions ici : ne pen­sez-vous pas que la véri­table racine des pro­blèmes est le sys­tème de ges­tion basé sur l’é­change moné­taire com­plè­te­ment ana­chro­nique par rap­port à l’a­bon­dance effec­tive que nous pour­rions par­ta­ger tech­ni­que­ment de manière équi­table et altruiste ? 

    Plu­tôt que de nour­rir encore cette logique d’é­change égoïste qui contri­bue à l’au­to pré­ser­va­tion d’ins­ti­tu­tions périmées.

    Ne serait-il pas plus judi­cieux de détruire le pou­voir plu­tôt que de ten­ter de le prendre ?

    Une démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive ne néces­site pas de hié­rar­chie de pou­voir. Nous dis­po­sons des outils de com­mu­ni­ca­tion moderne pour cela. À choi­sir entre la vani­té ou le hasard, il y aurait une troi­sième pos­si­bi­li­té de ges­tion holis­tique qui consiste à voter non pas pour une per­sonne mais pour des idées ano­nymes, arbi­trer par des spé­cia­listes dans chaque domaine d’application.

    Tout ceci est un vaste débat qu’il est dif­fi­cile de résu­mer en quelques lignes, alors j’es­père que j’au­rais l’oc­ca­sion de pou­voir en par­ler avec vous, en public ou en privé.

    Révo­lu­tion­nai­re­ment

    Aodrenn

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Derniers articles