
Il s’agit, à Saint-André —où, pour une fois, je n’irai pas pour voler, ou en volant 🙂 — d’organiser LE DÉBAT que nous n’avons pas eu le temps de mener lors de la dernière conférence de NICE : donc, après un court RAPPEL DU PLAN suivant, je vous laisserai la parole pour découvrir et discuter vos questions, vos objections, vos suggestions…
Voici le plan des sujets dont nous pourrons parler (mais nous n’aurons que 2 heures : il faudra donc sans doute choisir) :
(Quand_on_cherche_la_cause_des_causes_des_injustices_sociales.pdf)
Conférence-débats sur une journée ; proposition de thèmes :
Contre le capitalisme et les injustices sociales :
la démocratie directe, protégée par le tirage au sort
et la création monétaire publique, sous contrôle citoyen.
Quand on cherche la cause des causes des injustices sociales, on tombe toujours sur un DROIT injuste, une règle qui permet l’oppression des faibles par les forts, au lieu de l’interdire.
Si on cherche plus en amont encore, on trouve QUI ÉCRIT ce droit injuste. Et tout est là.
Ma thèse est radicale, elle prend les maux à la racine, à leur source ; et il se trouve que cette racine est souvent commune : les citoyens soucieux de justice négligent au lieu de surveiller le point crucial de savoir QUI ÉCRIT la Constitution et QUI SURVEILLE son application. Cette négligence au plus haut niveau du droit rend possible ensuite à la fois une infinité de règles injustes et une impuissance populaire à résister.
- Cette série d’exposés se propose de commencer par l’enjeu central de la création monétaire (privée ou publique ?), puisque la souveraineté politique découle de la souveraineté monétaire, et pas l’inverse.
- À la recherche des causes de notre impuissance politique, sera ensuite étudié un rappel fondamental : à quoi sert une Constitution et en quoi, concrètement, point par point, la vie quotidienne des citoyens est rendue soit paisible soit difficile selon la Constitution en vigueur : la Constitution d’un peuple ne sert pas à organiser les pouvoirs, mais à les contrôler, à les affaiblir (Montesquieu) ; le contrat constitutionnel n’est pas passé entre les gouvernés et les gouvernants, pas du tout, mais entre les gouvernés eux-mêmes, pour établir des gouvernants, qui ne préexistent pas au pacte social, ceci est important (Rousseau, Paine). Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir (sinon ils trichent et se mettent naturellement à l’abri de tout contrôle réel) : c’est aux citoyens eux-mêmes d’établir d’abord et de faire appliquer ensuite la démocratie qui va les protéger, tous et tout le temps, contre les abus de pouvoir. Ce principe central sera le fil d’Ariane, la colonne vertébrale, l’originalité prometteuse de tous nos débats.
- C’est ensuite l’idée géniale (et oubliée) du tirage au sort comme fondement indispensable de toute démocratie digne de ce nom qui sera défendue pour être ensuite soumise au feu de votre (bienveillante) critique.
- Enfin, on pourra étudier ensemble les vices cachés de l’Union européenne, dix points inacceptables et irréparables, au point qu’il faut sans doute s’en aller de ce piège politique antidémocratique, et vite !
Plan proposé, pour réfléchir ensemble à de réelles alternatives, inédites et prometteuses, à la prison politique actuelle où sont enfermés de façon non nécessaire tous les peuples du monde :
A) Création monétaire privatisée et dette odieuse :
1. Fonctionnement et conséquences désastreuses de la monnaie-dette. (Juglar, Fisher, M. Allais, Galbraith, Giraud)
2. Chômage et monnaie. (Law, Juglar, Douglas, Keynes, Phillips, Jeanneney)
3. La Fed comme exemple et comme révélateur d’une escroquerie maffieuse mondiale. (A. Sutton et E. Mullins)
4. Mécanisme et enjeu politique contre-révolutionnaire de la dette odieuse : après les pays du sud, tous les pays du monde passent sous la tutelle des ultra-riches. (John Perkins, CADTM, François-Xavier Verschave, Denis Robert)
5. Expériences alternatives de monnaies sous contrôle citoyen : résultats et analyse des échecs : presque toujours le sabotage de la Banque centrale du coin.
6. Pour financer l’économie dans épargne préalable (sans avoir besoin de l’argent des riches, ni des marchés financiers) et sans intérêts à verser : généraliser l’expérience déjà réussie de la cotisation sociale (l’enjeu des retraites, B. Friot ; supprimer la bourse, F. Lordon).
7. Débat.
B) Qu’est-ce qu’une Constitution ?
1. Objectifs d’une Constitution : pouvoirs, abus de pouvoirs, séparation des pouvoirs, contrôles des pouvoirs.
2. Grands principes d’une bonne Constitution (check-list des points à vérifier lors de tout référendum constituant) et liens concrets avec notre vie quotidienne.
3. Rôle majeur (et totalement méconnu) du processus constituant dans la qualité de la Constitution.
4. Pas de démocratie sans jeunes gens démocrates et… actifs !
5. Débat.
C) Centralité du tirage au sort en démocratie :
1. Définitions : monarchie, aristocratie (oligarchie ?), démocratie (anarchie ?), gouvernement représentatif (suffrage universel ligoté). (Aristote, Manin, Montesquieu)
2. Objectif (égalité), sous-objectifs (amateurisme et rotation des charges), moyens (iségoria, tirage au sort et institutions protectrices), et résultats extraordinaires (désynchronisation entre richesse et pouvoir politique). (Hansen, Finley)
3. Objections connues et réfutation rationnelle et dépassionnée : on ne cherche pas à avoir raison mais à bâtir un système fiable et robuste : Fédération de communes (Proudhon) ?
4. Domaines d’application : Assemblée constituante, Conseil constitutionnel, Chambres législatives (locale, régionale, nationale), Exécutif, Juges, Policiers, Hauts fonctionnaires, Chambres de contrôle, Chambre du référendum, etc.
5. L’enjeu culturel : ne pas compter sur les oligarques pour nous apprendre ce qu’est une vraie démocratie. Réduire la culture à l’art, en lui ôtant toute force politique, fut une authentique catastrophe ; enjeu majeur de l’éducation populaire, formation politique des jeunes adultes (F. Lepage).
6. Débat.
D) Cas pratique : les méfaits de l’Union européenne.
1. Dix points impardonnables, gravissimes, irréparables.
2. La sortie de l’UE comme seule voie de survie politique.
3. Éloge des frontières (R. Debray), de la nation (Robespierre)
et du protectionnisme (F. List)… trois valeurs indiscutablement DE GAUCHE !
E) Conclusion : finalement, l’humanité semble avoir connu (DU FAIT DE NOTRE NÉGLIGENCE) une double régression politique : premières révolutions à la fin du XVIIIe, puis contre-révolution néolibérale à la fin du XXe.
1. Une première régression a lieu en 1794, avec Thermidor et le gouvernement représentatif qui permet aux riches de prendre enfin (progressivement et grâce à l’élection de représentants parmi les candidats qu’ils financent tous) tout le pouvoir politique contre les ordres anciens et d’établir… le capitalisme (avec son droit injuste, qu’il est vital de maîtriser).
1. Une deuxième régression, pire encore, dans les années 1980, avec la contre-révolution ultralibérale qui consiste à désarmer les nations et à ôter tout pouvoir même aux institutions du gouvernement représentatif en faveur de la gouvernance directe des cartels et des banques : après la FED en 1913 : FMI, BM, OTAN, UE, OMC, AGCS…
=> Pas de prospérité avec une monnaie privée.
=> Pas de monnaie publique sans démocratie.
=> Pas de démocratie sans tirage au sort.
4 juillet 2011
Étienne Chouard
https://old.chouard.org/Europe

Ce n’est sans doute pas pour rien que l’association « Resistants d’hier, résistants d’aujourd’hui » a publié le remarquable petit livre « Les jours heureux. Le Programme du Conseil National de la Résistance de 1944. Comment il a été écrit et mis en oeuvre, et comment Sarkozy accélère sa démolition ».
Il semble que ce soit dans les dures épreuves face à l’adversité que se révèlent et prévalent les solidarités humaines ainsi que les caractères pouvant le mieux les accomplir. C’est vraisemblablement pour ces raisons que les vertus de la Grèce antique se sont forgées à l’ombre des guerres, notamment celle contre l’envahisseur Perse.
Une fois passées ces épreuves, revient le temps des petits égoismes des « copains et des coquins », ou bien celui des ambitions démesurées qui font oublier et perdre de vue l’essentiel. Là encore, c’est vraisemblablement pour ces raisons que les deux siècles de démocratie sous Péricles et Démosthènes se terminent avant les affres des conquêtes de l’empire d’Alexandre et finalement son déclin.
Au passage : ce n’est sans doute pas un hasard si les deux acquis de la démocratie et de la monnaie datent des deux siècles susdits. La monnaie à grande échelle est généralement considérée comme datant de cette époque, en raison de l’abondance des mines argentifères du Laurium, d’où la signification actuelle de l’argent. (Les perses avaient beaucoup d’or mais ne surent pas en faire une monnaie). On peut lire à ce sujet le livre assez récent de Christophe Pébarthe : « Monnaie et marchés à Athènes à l’époque classique », Ed. Belin. Synopsis consultable sur
http://clio-cr.clionautes.org/spip.php?article1976.
On y apprend notamment comment le crédit fut inventé pour les besoins du commerce maritime. Comme Etienne et AJ s’en souviennent sans doute, j’avais déjà fourni ce genre de références, avec beaucoup d’autres, sur le blog de Peyrelevade qui a désormais tout effacé d’Hadrien, pensant comme au temps de la terreur que le capitalisme « n’a pas besoin » des… « encyclopédistes de l’inutile » ! Il préfère continuer d’assouvir sa haine du social en pourfendant les 35 heures par des comptes d’apothiquaire coupant les cheveux en quatre dans son dernier billet, pendant que les banquiers et les marchés financiers se gavent des inégalités du monde !
Attention :
LA CONFÉRENCE DE SAINT-ANDRÉ (PRÉVUE DEMAIN) VIENT D’ÊTRE INTERDITE PAR LA MAIRIE : conférence ANNULÉE, donc (in extremis : la veille au soir…).
Je suis désolé, j’espère que personne ne se déplacera pour rien.
Les organisateurs sont tout retournés : ils m’ont raconté que la Mairie a pris peur en lisant mon programme (voir ci-dessus) : « comment venir à bout du capitalisme et des injustices sociales… », leurs cheveux se sont dressés sur la tête, paraît-il…
Je deviens vraiment séditieux en vieillissant 🙂
Quel dommage pour cette conférence, moi qui vole également sur le site de saint André, j’aurais fait d’une pierre deux coups.
À défaut je vais poser mes questions ici : ne pensez-vous pas que la véritable racine des problèmes est le système de gestion basé sur l’échange monétaire complètement anachronique par rapport à l’abondance effective que nous pourrions partager techniquement de manière équitable et altruiste ?
Plutôt que de nourrir encore cette logique d’échange égoïste qui contribue à l’auto préservation d’institutions périmées.
Ne serait-il pas plus judicieux de détruire le pouvoir plutôt que de tenter de le prendre ?
Une démocratie participative ne nécessite pas de hiérarchie de pouvoir. Nous disposons des outils de communication moderne pour cela. À choisir entre la vanité ou le hasard, il y aurait une troisième possibilité de gestion holistique qui consiste à voter non pas pour une personne mais pour des idées anonymes, arbitrer par des spécialistes dans chaque domaine d’application.
Tout ceci est un vaste débat qu’il est difficile de résumer en quelques lignes, alors j’espère que j’aurais l’occasion de pouvoir en parler avec vous, en public ou en privé.
Révolutionnairement
Aodrenn