Prochaines conférences : financement de l’économie sans avoir besoin d’épargne préalable et radicalité du tirage au sort en politique

20/04/2011 | 4 commentaires

Bon­jour à tous.

Je vous signale, dans l’ordre chro­no­lo­gique, trois pro­chaines confé­rences-débats (où j’ai­me­rais vous ren­con­trer, si cela est possible) :

• Same­di pro­chain, 23 avril 2011, 15 h, à MARSEILLE : 

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• Ven­dre­di 29 avril 2011, 19 h, à NICE :

Je repro­duis ici le com­mu­ni­qué de l’as­so­cia­tion CNR : http://​www​.cnr​-resis​tance​.fr/

Confé­rence d’E­tienne Chouard à Nice le 29 avril 2011.

Le Comi­té pour une Nou­velle Résis­tance-CNR orga­nise une confé­rence sur le thème de la créa­tion moné­taire et de la dette publique le ven­dre­di 29 avril 2011 à 19 h, mai­son des asso­cia­tions, place Gari­bal­di à Nice. Le confé­ren­cier est Etienne Chouard, pro­fes­seur à Marseille.

Etienne Chouard est connu depuis 2005 pour avoir contri­bué à rendre acces­sible au plus grand nombre les infor­ma­tions conte­nues dans le Trai­té Consti­tu­tion­nel Euro­péen que le peuple fran­çais a reje­té mas­si­ve­ment. Citoyen sans par­ti et sans ambi­tions poli­tiques per­son­nelles, son ana­lyse cri­tique du TCE rem­porte un vif suc­cès. Depuis, il appro­fon­dit l’i­dée d’une Assem­blée consti­tuante tirée au sort et d’une créa­tion moné­taire ren­due à la puis­sance publique pour pro­té­ger dura­ble­ment toute la socié­té contre les abus du pouvoir.

Devant les atteintes à notre vivre ensemble, devant l’ap­pro­pria­tion sans ver­gogne de tous les biens publics par une caste d’hy­per riches, il est néces­saire et je dirais même plus, il est de notre devoir d’a­gir. Il faut s’in­for­mer sur les ques­tions éco­no­miques. Le méca­nisme de la dette est une arme de des­truc­tion mas­sive de nos ser­vices publics. L’é­tat doit retrou­ver le pou­voir de créer de la mon­naie. Il doit arra­cher aux banques pri­vées la créa­tion moné­taire comme c’é­tait le cas avant 1973. La sépa­ra­tion entre les banques de dépôts et les banques d’in­ves­tis­se­ment doit être une reven­di­ca­tion poli­tique de pre­mier plan. Le Conseil Natio­nal de la Résis­tance avait impo­sé cela à la Libé­ra­tion. Cette loi a per­mis à l’É­tat d’être le garant de l’in­té­rêt géné­ral. Les trente glo­rieuses ont per­mis à notre pays rui­né et pillé de rele­ver la tête et de rede­ve­nir une puis­sance indus­trielle de pre­mier plan, pour le plus grand bon­heur de la popu­la­tion. Comme par hasard les trente piteuses qui ont sui­vi l’in­ter­dic­tion faite à l’é­tat de créer de la mon­naie, ont ins­tal­lé la pré­ca­ri­té. La dés­in­dus­tria­li­sa­tion, le chô­mage de masse, les délo­ca­li­sa­tions, les pri­va­ti­sa­tions, la finance en lieu et place de l’é­co­no­mie réelle, le pillage des biens publics par les puis­sants, ne sont que les consé­quences de ce choix poli­tique majeur et désas­treux. Il faut donc ouvrir les yeux et retrou­ver le cou­rage de dire non à cette entre­prise de démo­li­tion programmée.

Cette confé­rence per­met de mieux cer­ner les enjeux actuels.

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• Same­di 28 mai 2011, 19 h, à FRÉJUS :

Ce sera à 19 h, après le Congrès d’Eu­rope-Éco­lo­gie, au Palais des Congrès. Je vous en dirai un peu plus bientôt.

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Je viens de pas­ser quelques jours avec Franck Lepage, à la mai­son pour rap­pro­cher nos pièces du puzzle résis­tant, et dans les Alpes pour voler ensemble. For­mi­dable bon­homme, vraiment.

Ami­ca­le­ment.

Étienne.

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Étienne

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4 Commentaires

  1. Étienne

    Confé­rences du père Chouard sur le tirage au sort

    Je pro­fite de l’oc­ca­sion pour publier le sché­ma que j’ai créé pour fixer les idées sur le tirage au sort, ain­si que le texte de ce que je dis ces temps-ci en confé­rence-débat. C’est un résu­mé de l’é­tat actuel de mes recherches sur le sujet : 

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​c​e​n​t​r​a​l​i​t​e​_​d​u​_​t​i​r​a​g​e​_​a​u​_​s​o​r​t​_​e​n​_​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​.​pdf

    CENTRALITÉ DU TIRAGE AU SORT EN DÉMOCRATIE

    La prin­ci­pale racine de nos pro­blèmes poli­tiques modernes est que nous appe­lons démo­cra­tie son strict contraire : l’é­lec­tion est aris­to­cra­tique (on élit le meilleur, le meilleur = aris­tos).

    Et pour­tant les fon­da­teurs de nos régimes —dont le vrai nom est en fait « gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif »— n’a­vaient nul­le­ment l’in­ten­tion d’ins­ti­tuer une démo­cra­tie, au contraire ! Sieyès en France et Madi­son aux États-Unis, pour des rai­sons dif­fé­rentes, tenaient à écar­ter le peuple des déci­sions poli­tiques, et ne s’en cachaient nul­le­ment (il faut lire à ce pro­pos le petit livre essen­tiel de Ber­nard Manin, « prin­cipes du gou­ver­ne­ment représentatif »). 

    C’est par un curieux retour­ne­ment de voca­bu­laire (assez bien décrit par Pierre Rosan­val­lon en 1993) que le mot démo­cra­tie s’est mis, dès le début du XIXe siècle, à qua­li­fier un régime qui la mépri­sait pour­tant expli­ci­te­ment dès l’o­ri­gine. Aujourd’­hui, le fait d’ap­pe­ler démo­cra­tie son strict contraire nous empri­sonne dans une glu intel­lec­tuelle qui nous empêche de for­mu­ler une alter­na­tive sérieuse : nous n’ar­ri­vons pas à dési­gner l’en­ne­mi car l’en­ne­mi a pris le nom de l’ami, LE NOM de ce qui le détrui­rait. Tenant cette place stra­té­gique, il nous empêche de l’occuper.

    Alors, qu’est-ce qu’une véri­table démocratie ? 

    L’exemple d’A­thènes, il y a 2500 ans, est tout à fait pas­sion­nant. Pour com­prendre la logique des ins­ti­tu­tions athé­niennes et pour per­ce­voir l’es­sen­tiel de ce qui fait leur cohé­rence, je vous pro­pose un petit schéma :

    En gros, les Athé­niens avaient comme prin­ci­pal objec­tif (au centre, à ne jamais oublier) de mettre un terme à plu­sieurs siècles de tyran­nie. Ils étaient armés et ont déci­dé d’imposer une véri­table éga­li­té poli­tique, tout en sachant par­fai­te­ment qu’il était impos­sible (et inutile) d’imposer une éga­li­té géné­rale (phy­sique, éco­no­mique, sociale, men­tale, etc.) ; on parle bien d’égalité POLITIQUE.

    Le droit de parole publique et l’i­ni­tia­tive populaire

    Un pre­mier pilier, dans les ins­ti­tu­tions de la démo­cra­tie, était l’iségoria, droit de parole pour tous à tout moment et à tout pro­pos : les Athé­niens consi­dé­raient ce droit de parole comme une hygiène de base qui per­met­tait à la démo­cra­tie de se pro­té­ger elle-même en fai­sant DE CHAQUE CITOYEN UNE SENTINELLE apte à dénon­cer d’éventuelles dérives oli­gar­chiques et à pro­té­ger la démo­cra­tie, un peu comme si des mil­liers de paires d’yeux sur­veillaient en per­ma­nence que tout se passe bien, un peu comme des glo­bules blancs. Cette éga­li­té de droit de parole est à la fois une consé­quence et une condi­tion de l’é­ga­li­té poli­tique. Cette éga­li­té est indis­so­ciable de la démo­cra­tie ; les Athé­niens y tenaient plus qu’à toute autre ins­ti­tu­tion. Aujourd’hui, en pleine oli­gar­chie, d’une cer­taine façon, l’In­ter­net nous rend (un peu) l’iségoria que les élus nous ont volée depuis 200 ans.

    C’est l’i­sé­go­ria qui ren­dait pos­sible des citoyens actifs et à l’in­verse ce sont les citoyens actifs qui don­naient vie à l’i­sé­go­ria. Les deux se tiennent, vont ensemble. 

    Des citoyens armés

    Je rap­pelle, pour mémoire, que les citoyens athé­niens étaient armés ; je crois que c’est tout sauf un détail : au moment d’é­crire des ins­ti­tu­tions pro­tec­trices contre les abus de pou­voir, en 1791, au moment de bâtir des rem­parts solides contre la tyran­nie, Robes­pierre a écrit un impor­tant Dis­cours sur les gardes natio­nales, expli­quant que c’é­tait folie de désar­mer le peuple en lais­sant sub­sis­ter en son sein un corps armé : pour lui, c’é­tait le che­min garan­ti vers la tyran­nie. Appa­rem­ment, effec­ti­ve­ment, nous y sommes. On peut noter que les Suisses sont tous armés et que leur ser­vice mili­taire dure toute leur vie.

    Ama­teu­risme poli­tique et rota­tion des charges, DONC tirage au sort

    Pour atteindre cet objec­tif cen­tral d’égalité poli­tique, consta­tant que le pou­voir cor­rompt et en dédui­sant logi­que­ment qu’il faut évi­ter de lais­ser au pou­voir le temps de cor­rompre les acteurs, les Athé­niens ont éta­bli qu’il fal­lait abso­lu­ment garan­tir, DE FAÇON TOUT À FAIT PRIORITAIRE, L’AMATEURISME POLITIQUE, et donc LA ROTATION DES CHARGES. Remarque : tout ça est très logique, on ne peut pas reti­rer une ins­ti­tu­tion sans cou­rir le risque de créer une inco­hé­rence. Le seul moyen pour dési­gner les repré­sen­tants en fai­sant tour­ner rapi­de­ment les charges (man­dats courts et non renou­ve­lables) était le tirage au sort : en effet, ce qui conduit à une élec­tion conduit méca­ni­que­ment, le plus sou­vent, à une réélec­tion (et donc une sta­bi­li­sa­tion du per­son­nel poli­tique) ; l’élection conduit donc pro­gres­si­ve­ment et imman­qua­ble­ment à la for­ma­tion d’une cor­po­ra­tion de poli­ti­ciens pro­fes­sion­nels radi­ca­le­ment contra­dic­toire avec l’ob­jec­tif cen­tral de l’é­ga­li­té poli­tique réelle. 

    NOTA : donc, si on rem­place le tirage au sort par l’é­lec­tion dans ce sché­ma, on met tout par terre, on perd la démo­cra­tie. Il faut com­prendre la cohé­rence de l’en­semble et l’as­pect déci­sif de la pro­cé­dure du tirage au sort par rap­port aux objec­tifs fon­da­men­taux de la Cité et par rap­port aux autres ins­ti­tu­tions (qui visent toutes les mêmes objectifs).

    On n’a pas le choix : PAS DE DÉMOCRATIE SANS TIRAGE AU SORT.

    Désyn­chro­ni­sa­tion de la puis­sance poli­tique de la puis­sance économique

    Ce qu’il est très impor­tant d’ob­ser­ver, vrai­ment très impor­tant, c’est un effet fon­da­men­tal du tirage au sort qui est la DÉSYNCHRONISATION ENTRE LE POUVOIR ÉCONOMIQUE ET LE POUVOIR POLITIQUE. Ceux qui étaient riches étaient sou­vent pri­vés de tout pou­voir poli­tique puis­qu’ils n’é­taient même pas citoyens (on appe­lait « métèques » les étran­gers, sou­vent riches et accueillis pour leurs richesses, pra­ti­quant leurs affaires et vivant confor­ta­ble­ment sans être trop gênés, appa­rem­ment, par leur impuis­sance poli­tique), alors que LA PLUPART DES CITOYENS (RICHES POLITIQUEMENT) ÉTAIENT PAUVRES (ÉCONOMIQUEMENT).

    Autre­ment dit, et je trouve ça fon­da­men­tal, PENDANT 200 ANS D’EXPÉRIENCE DE TIRAGE AU SORT, LES RICHES N’ONT JAMAIS GOUVERNÉ ET LES PAUVRES TOUJOURS. Il ne devrait pas être indif­fé­rent à des mili­tants de gauche, aujourd’hui, de consta­ter que, AU CONTRAIRE, 200 ANS D’EXPÉRIENCE DE L’ÉLECTION ONT PERMIS AUX RICHES DE TOUJOURS GOUVERNER, ET AUX PAUVRES JAMAIS.

    L’é­lec­tion, idéa­lisme sup­po­sant la confiance (avant d’a­ban­don­ner l’i­dée de gou­ver­ner) et le tirage au sort, réa­lisme sup­po­sant la défiance (ce qui per­met à tous de pré­voir de gouverner)

    Il faut com­prendre un para­doxe (ou un contre­sens) : contrai­re­ment aux appa­rences, l’é­lec­tion repose sur la confiance, alors que le tirage au sort repose sur la défiance. L’élection se fonde sur un idéal (à mon avis par­fai­te­ment inac­ces­sible et rele­vant de l’escroquerie) selon lequel un élu serait ver­tueux par le seul fait d’être élu et le res­te­rait dura­ble­ment grâce à la même élec­tion (cen­sée per­mettre aus­si une sanc­tion par non réélec­tion), le peuple étant sup­po­sé apte à bien choi­sir ses maîtres… ce qui est extra­va­gant, un vrai mythe, par­fai­te­ment irréa­liste. Alors que, au contraire, les Athé­niens, très prag­ma­tiques, se connais­saient bien eux-mêmes, se méfiaient les uns des autres et ont bâti des ins­ti­tu­tions pre­nant acte de la réa­li­té de leurs imper­fec­tions et fon­dées sur la défiance, sur des contrôles per­ma­nents des magis­trats qui n’étaient les maîtres de per­sonne ; des ins­ti­tu­tions comp­tant sur la mise en scène des conflits, sur l’ar­gu­men­ta­tion contra­dic­toire, à l’oc­ca­sion de débats publics, dans les­quels aucune déci­sion ne pou­vait être prise sans que tous n’aient été obli­gés d’é­cou­ter et réfu­ter publi­que­ment les argu­ments des pires adversaires. 

    L’élection est un aban­don poli­tique, un renon­ce­ment, un geste de confiance avant de consen­tir à obéir pen­dant plu­sieurs années ; c’est une orga­ni­sa­tion poli­tique qui n’accorde aux hommes que le droit de choi­sir des maîtres. 
    Alors que le tirage au sort est au cœur d’une orga­ni­sa­tion poli­tique qui maté­ria­lise une volon­té de tous les hommes de conser­ver le pou­voir poli­tique et de ne nom­mer que des exé­cu­tants ser­viles pour leur représentation.

    Il ne faut pas oublier qu’en démo­cra­tie, ce ne sont pas les tirés au sort qui ont le pou­voir (on les appe­lait des « magis­trat »s), c’est l’as­sem­blée du peuple en corps qui exerce la plé­ni­tude du pou­voir poli­tique. Les tirés au sort ne servent qu’à exé­cu­ter les tâches que l’as­sem­blée ne peut pas assu­mer elle-même : par exemple, la pré­pa­ra­tion et la publi­ca­tion de l’ordre du jour, l’exé­cu­tion des déci­sions de l’assemblée, l’organisation maté­rielle du tirage au sort, de la red­di­tion des comptes, etc.

    OBJECTIONS et RÉFUTATION DES OBJECTIONS : 

    ON METTRAIT DES AFFREUX AUX MANETTES…

    Alors, bien sûr, les objec­tions au tirage au sort tiennent sou­vent à la crainte de tirer au sort des per­son­nages indé­si­rables ou même dan­ge­reux. Mais les Athé­niens, comme nous, avaient très peur de tirer au sort des inca­pables, des mal­hon­nêtes, des abru­tis, des salauds… Et pour­tant, j’attire votre atten­tion sur le fait que, mal­gré cette peur, ils ont pra­ti­qué le tirage au sort pen­dant 200 ans avec suc­cès… On peut donc pen­ser qu’ils avaient trou­vé des ins­ti­tu­tions com­plé­men­taires capables d’a­pai­ser ces craintes. 

    Effec­ti­ve­ment, on trouve dans les ins­ti­tu­tions athé­niennes toute une série d’ins­ti­tu­tions pro­tec­trices qui ser­vaient à « bor­der le sys­tème » et empê­cher les abus de pouvoir :

    Les 6 ins­ti­tu­tions com­plé­men­taires qui pro­tègent des fai­blesses du hasard

    • Avant le man­dat, le volon­ta­riat, d’a­bord, per­met­tait une forme d’au­to­cen­sure puisque ceux qui ne se consi­dé­raient pas eux-mêmes comme capables s’ex­cluaient d’eux-mêmes. Par ailleurs, la doci­ma­sie, sorte d’exa­men d’ap­ti­tude (mais pas de com­pé­tence puisque l’é­ga­li­té poli­tique était de prin­cipe), exa­men qui per­met­tait d’é­li­mi­ner les ban­dits et les fous, était un autre bar­rage contre les indé­si­rables avant tout man­dat. Enfin, l’os­tra­cisme (impor­tante ins­ti­tu­tion qui n’a­vait pas, à l’é­poque, de conno­ta­tion péjo­ra­tive, au contraire) per­met­tait de mettre au ban (tem­po­rai­re­ment) un citoyen consi­dé­ré comme effrayant (sans le tuer, sans le rui­ner, et sans même le désho­no­rer) : chaque citoyen pou­vait gra­ver le nom d’un per­son­nage jugé dan­ge­reux sur un ostra­con, frag­ment de pote­rie, et celui qui était le plus sou­vent cité était éloi­gné de la vie poli­tique pour dix ans.

    • Pen­dant le man­dat, les tirés au sort étaient révo­cables à tout moment, par un vote de l’assemblée. 

    • En fin de man­dat, les tirés au sort devaient rendre des comptes et cette red­di­tion des comptes était sui­vie de récom­penses (hono­ri­fiques) ou de puni­tions éven­tuel­le­ment sévères. Mon­tes­quieu sou­li­gnait à ce pro­pos que la com­bi­nai­son entre le risque de puni­tions et le volon­ta­riat per­met­tait de fil­trer effi­ca­ce­ment les citoyens dési­gnés et ren­dait le tirage au sort inté­res­sant pour le bien com­mun : grâce au risque de puni­tions, il y avait moins de volon­taires fan­tai­sistes ou dangereux.

    • Après le man­dat, même, deux pro­cé­dures d’ac­cu­sa­tion publique ex post per­met­taient de mettre en cause après-coup des acteurs éven­tuel­le­ment fau­tifs : le graphe para nomon et l’ésangélia : l’une pour réexa­mi­ner une déci­sion de l’as­sem­blée (et éven­tuel­le­ment punir un citoyen qui aurait induit l’as­sem­blée en erreur en défen­dant un pro­jet fina­le­ment nui­sible), l’autre pour mettre en accu­sa­tion un magis­trat.

    Tout cela est infi­ni­ment plus pro­tec­teur qu’un sys­tème d’ins­ti­tu­tions repo­sant sur l’é­lec­tion, qui fait, elle, comme si on pou­vait comp­ter sur la ver­tu de cer­tains acteurs. Le tirage au sort, lui, est au centre d’ins­ti­tu­tions qui assument les conflits et les imper­fec­tions indi­vi­duelles en se fon­dant sur la défiance et en pré­voyant des contrôles à tous les étages. 

    LE TIRAGE AU SORT ÉTAIT ADAPTÉ AUX PETITES CITÉS, MAIS NE SERAIT PAS ADAPTÉ À NOS GRANDES SOCIÉTÉS MODERNES…

    De ce point de vue, un sys­tème basé sur l’é­lec­tion ne peut fonc­tion­ner qu’à petite échelle puis­qu’il sup­pose que les gou­ver­nés CONNAISSENT à la fois les gou­ver­ne­ments et leurs actions (ce qui est lit­té­ra­le­ment impos­sible à grande échelle : qui donc peut savoir ce que font tous les jours nos élus au niveau euro­péen ?), alors qu’un sys­tème basé sur le tirage au sort est beau­coup mieux adap­té à des États de grande échelle puis­qu’il emporte avec lui DES CONTRÔLES PERMANENTS À TOUS LES ÉTAGES POLITIQUES.

    Ce qui est essen­tiel en démo­cra­tie, c’est que chaque citoyen garde l’i­ni­tia­tive. Le mot ini­tia­tive est fon­da­men­tal et cor­ré­lé à l’i­sé­go­ria. C’est un outil pus­sant contre toute dérive oligarchique.

    ON CHANGERAIT D’AVIS TOUT LE TEMPS…

    Autre objec­tion cou­rante contre le tirage au sort, la rota­tion des charges empê­che­rait de main­te­nir une ligne poli­tique cohé­rente sur la durée ; des magis­trats aux man­dats courts et non renou­ve­lables seraient inca­pables de pour­suivre des stra­té­gies cohé­rentes à long terme… Mais là encore, c’est faire comme si les tirés au sort avaient le même pou­voir que les élus modernes, ce qui n’est pas du tout le cas : dans un sys­tème orga­ni­sé autour du tirage au sort, c’est l’as­sem­blée qui a le pou­voir, et cette assem­blée, elle, est tout à fait stable. Les Athé­niens n’a­vaient aucun pro­blème de ce point de vue, au moins rien de plus grave que les inco­hé­rences liées aux élec­tions contra­dic­toires, évi­dem­ment elles aus­si possibles.

    ON DÉSIGNERAIT FORCÉMENT DES INCOMPÉTENTS…

    Autre objec­tion cou­rante : le monde devient com­plexe et les tirés au sort ne seraient pas aus­si COMPÉTENTS que les élus… Parce que vous trou­vez que les élus sont « com­pé­tents » ? C’est une blague ? Savez-vous com­bien de bombes ato­miques les élus soi-disant com­pé­tents ont fait explo­ser dans l’at­mo­sphère, en plein air ou sous l’eau !, depuis 1945 ? Plus de 2 000 ! en fait de com­pé­tence, c’est de la folie furieuse, oui. Et com­bien de guerres ?! Et com­bien de mil­lions de mil­liards de dol­lars gas­pillés avec des armées sur­équi­pées —qui se neu­tra­lisent mutuel­le­ment !!!—pen­dant que des mil­liards d’hommes crèvent de faim ? Et com­bien de scan­dales de cor­rup­tion avé­rée ? Et com­bien de cas de col­lu­sion abjecte avec les riches qui ont per­mis d’élire les élus ? Et com­bien de tra­hi­sons du bien commun ? 

    Un avo­cat ou un prof qui vient d’être élu est tout à fait incom­pé­tent dans le domaine nucléaire ou cli­ma­tique ou médi­cal ou autre, et c’est son tra­vail sur les dos­siers qui va le rendre com­pé­tent. On peut en dire tout autant de n’im­porte quel tiré au sort volon­taire qui va deve­nir com­pé­tent en tra­vaillant sur ses dos­siers. Les très nom­breuses expé­riences d’as­sem­blées tirées au sort sur des sujets tech­niques com­plexes montrent au contraire une extra­or­di­naire com­pé­tence col­lec­tive et un for­mi­dable dés­in­té­res­se­ment par rap­port aux lob­bys. L’hon­nê­te­té et l’ab­sence de conflit d’in­té­rêts sont des carac­té­ris­tiques bien plus impor­tantes pour le bien com­mun que la com­pé­tence, puisque aucun être humain ne peut pré­tendre être ency­clo­pé­dique a priori.

    LE MODÈLE ATHÉNIEN SERAIT ESCLAVAGISTE, PHALLOCRATE ET XÉNOPHOBE…

    Autre objec­tion fré­quente : on nous rap­pelle aima­ble­ment, comme si nous l’i­gno­rions, que les Athé­niens étaient escla­va­gistes, phal­lo­crates, et xéno­phobes. Effec­ti­ve­ment, à l’é­poque, les femmes ne fai­saient pas par­tie du peuple, les esclaves non plus, et les étran­gers non plus. Mais juger ces faits antiques avec les valeurs d’au­jourd’­hui est un ana­chro­nisme, une injus­tice, une absur­di­té ; c’est aus­si idiot que de repro­cher aux Athé­niens de ne pas voler en avion… (l’i­mage est de Jac­que­line de Romilly).

    Quand on s’in­té­resse aux ins­ti­tu­tions athé­niennes, on ne défend pas l’es­cla­va­gisme, ni la miso­gy­nie, ni la xéno­pho­bie, évi­dem­ment… Sim­ple­ment, on a le sens du dis­cer­ne­ment, on sépare le bon grain de l’i­vraie : la démo­cra­tie ne fonc­tion­nait pas grâce à l’es­cla­va­gisme, ou grâce à la phal­lo­cra­tie, ou grâce à la xénophobie. 

    Autre­ment dit, débar­ras­sées de ces carac­tères infa­mants, les ins­ti­tu­tions athé­niennes auraient pro­duit les mêmes résul­tats béné­fiques en termes d’égalité poli­tique et de pro­tec­tion contre les oli­garques.

    Autre­ment dit, cette objec­tion mal­hon­nête consiste à mon­ter en épingle (exa­gé­rer l’importance) de carac­tères sans aucun rap­port avec le sujet cen­tral de la démo­cra­tie : com­ment orga­ni­ser la Cité pour qu’aucun corps n’opprime les autres ? Il ne faut pas se lais­ser dis­traire et détour­ner de l’essentiel, et voir com­ment le peuple de l’époque, défi­ni comme il pou­vait l’être à l’époque, AVEC SES RICHES ET SES PAUVRES (CECI EST ESSENTIEL), voir com­ment ce peuple s’est pro­té­gé contre les oli­garques, contre la ten­dance des riches à tout prendre pour eux, tou­jours plus. 

    Comme dit Cas­to­ria­dis, Athènes n’est pas un modèle mais un germe. 

    Certes, on pour­rait dire, d’une cer­taine façon, que l’es­cla­va­gisme et le tra­vail des femmes à la mai­son libé­raient du temps pour les hommes, et leur per­met­taient de la sorte d’al­ler à l’as­sem­blée, ce qui est vrai, mais la situa­tion actuelle du monde moderne, avec des machines mues par le pétrole qui font à notre place beau­coup plus de tra­vail que les esclaves antiques, cette pré­sence d’esclaves de fer à la place d’es­claves de chair per­met d’i­ma­gi­ner que nous pour­rions très bien, aujourd’hui, libé­rer du temps pour que tous les humains puissent exer­cer une acti­vi­té politique. 

    C’est donc un mau­vais pro­cès, le plus sou­vent mené par des gens (élus et/ou riches) qui ont inté­rêt à dis­cré­di­ter la démo­cra­tie (puisque le tirage au sort met­trait au chô­mage les élus et ôte­rait aux riches leurs pré­cieuses cour­roies de trans­mis­sion politiques). 

    Par un amal­game calom­nieux, les élus (et leurs par­rains) essayent de nous conduire à jeter un beau bébé démo­cra­tique avec l’eau sale de son bain escla­va­giste d’une époque révolue.

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    Pour éva­luer et COMPARER élec­tion et tirage au sort, QUE DISENT LES FAITS ?

    En com­plé­ment de ces consi­dé­ra­tions théo­riques, l’é­tude des FAITS per­met de dou­ter de la per­ti­nence des mythes aujourd’­hui rabâ­chés : à l’é­vi­dence, la vache sacrée du suf­frage uni­ver­sel ne tient pas ses pro­messes. JAMAIS. 

    D’ailleurs, le fait que le suf­frage uni­ver­sel ait été ins­ti­tué par Napo­léon III et Bis­marck, et soit aujourd’hui ardem­ment défen­du par les mul­ti­na­tio­nales, par exemple, devrait nous inci­ter à la plus grande méfiance. Dès 1835, Toc­que­ville avouait : « Je ne crains pas le suf­frage uni­ver­sel, les gens vote­ront comme on leur dira ».

    L’é­lec­tion donne le pou­voir aux riches, 
    le tirage au sort donne le pou­voir aux pauvres !

    Nous dis­po­sons donc de 200 ans d’ex­pé­rience et de résul­tats FACTUELS pour cha­cune des deux pro­cé­dures : le tirage au sort a été tes­té pen­dant 200 ans, au Ve et au IVe siècle avant Jésus-Christ, et l’é­lec­tion a été tes­tée pen­dant éga­le­ment 200 ans envi­ron, depuis la fin du XVIIIe siècle. 

    Quels sont les faits inté­res­sants qui res­sortent de ces deux expé­riences de longue durée ? Eh bien, pen­dant 200 ans de tirage au sort quo­ti­dien, les riches n’ont jamais gou­ver­né, trop peu nom­breux pour être majo­ri­taires, et LES PAUVRES TOUJOURS. Inté­res­sant, n’est-ce pas ? 

    Au contraire, pen­dant 200 ans d’é­lec­tion, les riches ont tou­jours gou­ver­né, mal­gré leur petit nombre, et LES PAUVRES JAMAIS. 

    Il n’est donc pas éton­nant que le suf­frage uni­ver­sel soit défen­du mor­di­cus par tous les MEDEF, GOLDMAN SACHS, UMP, PS et autres MONSANTO du monde. 

    Il est par contre très éton­nant, je trouve, que TOUS les mili­tants de gauche, huma­nistes, socia­listes, com­mu­nistes, anar­chistes, éco­lo­gistes, tous sou­cieux de pro­grès social réel, sou­tiennent eux aus­si le suf­frage uni­ver­sel comme une vache sacrée, alors que tout indique que ce mythe est men­son­ger, une véri­table entourloupe !

    Pour moi, c’est incom­pré­hen­sible. De la part des élus, je com­prends : ces gens-là haïssent natu­rel­le­ment une idée qui les met­trait au chô­mage, OK. Mais de la part des non élus, l’attachement à l’élection et le refus du tirage au sort, en déni total de faits criants sur 400 ans, est pro­pre­ment incompréhensible.

    Par défi­ni­tion, l’é­lec­tion est aris­to­cra­tique et conduit méca­ni­que­ment à l’o­li­gar­chie, et les faits confirment l’a­na­lyse théo­rique : tou­jours et par­tout, L’ÉLECTION PERMET AUX RICHES D’ACHETER LE POUVOIR POLITIQUE comme on achète une voi­ture, et L’ISSUE LOGIQUE, MÉCANIQUE, DE L’ÉLECTION, C’EST LE GOUVERNEMENT DES PLUS RICHES, C’EST-À-DIRE DES BANQUES. Voir l’in­fluence de Gold­man Sachs, Mor­gan, Rocke­fel­ler, Roth­schild et autres sur toutes les gou­ver­ne­ments du monde. D’où le lien indis­so­ciable entre le tirage au sort et la créa­tion moné­taire, qui est le moyen suprême pour les riches de deve­nir immen­sé­ment riche et de le res­ter, en asser­vis­sant tous les autres acteurs éco­no­miques, y com­pris les États, par leur dépen­dance à l’argent rare, l’argent-dette.

    C’est un autre front de la résis­tance à mener en priorité.

    Étienne Chouard
    22 avril 2011.

    —

    BIBLIOGRAPHIE sur le tirage au sort :

    LIVRES :

    • Ber­nard Manin, « Prin­cipes du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif » (Champs Flam­ma­rion, 1995) 

    • M. H. Han­sen, « La démo­cra­tie athé­nienne à l’époque de Démos­thène » (Les Belles Lettres, 2003) 

    • Moses I. Fin­ley, « Démo­cra­tie antique et démo­cra­tie moderne » (Petite biblio­thèque Payot, 2003) 

    • Yves Sin­to­mer, « Le pou­voir au peuple. Jurys citoyens, tirage au sort et démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive » (La Décou­verte, 2007)

    • Jacques Ran­cière, « La haine de la démo­cra­tie » (La Fabrique, 2005) 

    • Cor­ne­lius Cas­to­ria­dis, « Post-scrip­tum sur l’in­si­gni­fiance. Entre­tiens avec Daniel Mer­met » (Poche Essai, 1998) 

    • Simone Weil, « Note sur la sup­pres­sion géné­rale des par­tis poli­tiques » (Écrits de Londres, Gal­li­mard 1957).

    • Alexis de Toc­que­ville, « De la démo­cra­tie en Amérique ». 

    • Robert Michels, Les par­tis poli­tiques (1911).

    • Fabrice Wolff, Qu’est-ce que la démo­cra­tie directe ? Mani­feste pour une comé­die his­to­rique (Édi­tions anti­so­ciales, 2010).

    SITES :

    • http://​sto​cho​cra​tie​.free​.fr/

    • http://​www​.cle​ro​cra​tie​.com

    • http://​www​.mic​-fr​.org

    DIVERS :

    • André Tol­mère, « Mani­feste pour la vraie démo­cra­tie »

    • Des dépu­tés tirés au sort : pro­po­si­tion ico­no­claste pour des citoyens légis­la­teurs

    • http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​t​i​r​a​g​e​_​a​u​_​s​o​r​t​.​php

    _______

    Pour une impres­sion soi­gnée, uti­li­sez ce pdf : http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​c​e​n​t​r​a​l​i​t​e​_​d​u​_​t​i​r​a​g​e​_​a​u​_​s​o​r​t​_​e​n​_​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​.​pdf

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  2. Annie MARCINIAK

    Bon­jour
    Nous vous avions déjà contac­té pour envi­sa­ger une confé­rence sur PERPIGNAN.
    Serait-il pos­sible d’en pré­voir une au cou­rant du 4ème tri­mestre 2011 ?

    Réponse
  3. Horst Gruetzke

    Bon­jour à vous qui vous regar­dez la vie à tra­vers des lunettes fran­çaises. Cette pro­po­si­tion — peut-être valable pour votre socié­té en France — le tirage au sort a déjà vu le jour chez nous dans notre ville — capi­tale de la Prusse avec 150.000 habitants.

    Notre pre­mier Maire (socia­liste de type SPD) avait décla­ré ce tirage au sort comme sa nou­velle ligne poli­tique « amé­lio­rant la démo­cra­tie dans notre ville ». – Fina­le­ment il a réus­si à implan­ter sa propre poli­tique com­mu­nale parce que les mille citoyens « tirés au sort » avaient jus­te­ment don­né rai­son à sa poli­tique. Plus de la moi­tié de gens « tirés au sort » n’é­taient pas du tout inté­res­sés à la poli­tique et com­pé­tentes dans les ques­tions pré­vues pour être déli­bé­rées par les gens tirés au sort, et l’autre moi­tié étaient des gens qui crai­gnaient de perdre leurs petits avan­tages finan­ciers au moment où ils s’ex­pri­maient contre la poli­tique du Maire.

    Pour nous, la meilleure solu­tion pour la situa­tion dans notre com­mune est — jus­qu’à pré­sent — ce que nous appe­lons la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive. Dans tous les quar­tier de la ville existent des com­mis­sions citoyennes qui votent pour ou contre des pro­jet de lois muni­ci­pales — ou encore mieux — dis­cutent avant que les élus décident sur les pro­po­si­tions, par­fois déjà sou­mises par les citoyens. Nous insis­tons à ce que les citoyens soient d’a­bord bien infor­més sur les sujets pour qu’ils puissent éva­luer ou expri­mer leur avis. Une telle com­pé­tence de citoyens trouve une exis­tence à tra­vers des acti­vi­tés des asso­cia­tions, mais jamais à tra­vers le tirage au sort.

    OK, un tirage au sort sera uni­que­ment une méthode démo­cra­tique si, déjà avant, a eu lieu une édu­ca­tion géné­rale et spé­ciale de tous les citoyens. Je suis per­sua­dé qu’une telle situa­tion n’existe nulle part sur cette pla­nète domi­née par les inté­rêts de gens qui ne cherchent que leur pro­fit maxi­mal. Il font tout pour édu­quer une élite apte à conti­nuer leur pou­voir en lais­sant « dehors » la grande couche du peuple. – Je me demande seule­ment où est res­té l’es­prit de la révo­lu­tion fran­çaise qui ren­dait au peuple la souveraineté ?

    À notre époque, il s’a­vère impos­sible de créer une meilleure démo­cra­tie si nous ne débar­ras­sons pas d’a­bord la dic­ta­ture du monde de la finance qui gou­verne la vie sur notre pla­nète, sou­te­nue par la majo­ri­té des politiciens.

    Horst Gruetzke
    http://​indi​gnez​vous​.de

    Réponse
  4. Décrypt finance

    Sur cette ques­tion de la loi de 1973, il est frap­pant de voir le silence de la qua­si-tota­li­té de la classe poli­tique, ou bien ils sont igno­rants, ou bien ils sont complices !

    Réponse

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