Honneur à Denis Robert, authentique journaliste, véritable « sentinelle du peuple »

18/02/2011 | 3 commentaires

Le citoyen don­neur d’a­lerte Denis Robert a enfin gagné contre le monstre Clearstream !

Les juges fran­çais lui ont enfin appor­té le sou­tien qu’il méri­tait tant, au plus haut niveau du droit.

Désor­mais, ses livres peuvent être à nou­veau publiés, ses lec­teurs peuvent le citer et relayer ses infor­ma­tions, c’est une vraie libération.

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Rue89, qui sou­tient Denis depuis long­temps, publie un bon article sur ce citoyen héroïque (appa­rem­ment épui­sé), en rap­pe­lant au pas­sage quelques hon­teuses dégueu­las­se­ries des chiens de garde du sys­tème, bas­sesses qu’il est bon de ne pas oublier :

Denis Robert bat Clears­tream : la fin d’une « vraie cen­sure »
http://​www​.rue89​.com/​2​0​1​1​/​0​2​/​0​8​/​d​e​n​i​s​-​r​o​b​e​r​t​-​b​a​t​-​c​l​e​a​r​s​t​r​e​a​m​-​l​a​-​f​i​n​-​d​u​n​e​-​v​r​a​i​e​-​c​e​n​s​u​r​e​-​1​8​9​458


Voir aus­si : « La domi­na­tion du monde », le blog de Denis Robert

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L’a­na­lyse de Denis ROBERT lui-même, à la suite de ce jugement :

Dix ans et toutes mes dents.

Note pour mes amis et les amis de mes amis qui ont la mémoire embrouillée et me demandent des détails sur les juge­ments de la cour de cas­sa­tion qui viennent de tom­ber. D’a­bord vous dire qu’ils mettent un terme une longue bataille judi­ciaire et qu’ils m’enchantent.

Depuis dix années que Révé­la­tion$ est sor­ti (28 février 2001), de nom­breuses plaintes ont été dépo­sées contre mon édi­teur, les chaînes qui ont dif­fu­sé mes films, de nom­breux jour­naux et contre moi. Une soixan­taine en tout, dans plu­sieurs pays, en comp­tant les pro­cé­dures pénales et les consti­tu­tions de par­tie civile.

Par­mi ces plaintes, une dizaine éma­nait de la Banque Géné­rale de Luxem­bourg et une ving­taine a été lan­cée par la Mena­tep une banque russe liée à la mafia. Je peux dire que glo­ba­le­ment j’ai gagné tous ces procès.

La Chambre de Com­pen­sa­tion luxem­bour­geoise Clears­tream a dili­gen­té une grande par­tie des autres pro­cé­dures. Leur stra­té­gie a été essen­tiel­le­ment basée sur la calom­nie, une extrême mau­vaise foi, le har­cè­le­ment, l’a­char­ne­ment et l’intimidation.

Cette stra­té­gie, loin du droit, échoue lamen­ta­ble­ment aujourd’­hui, pour lais­ser place à la jus­tice et au jour­na­lisme. Une vic­toire sans tam­bour, ni trom­pette. Une vic­toire gra­vée dans le marbre. Un sou­ve­nir de vic­toire bien­tôt. Peu importe. Cette déci­sion ouvre d’in­té­res­santes pers­pec­tives. Clears­tream ne pour­ra plus faire comme avant…

Une ving­taine de plaintes ont été dépo­sées par la mul­ti­na­tio­nale en France, en Bel­gique, au Luxem­bourg, occa­sion­nant des cen­taines de visites d’huis­siers à mes domi­ciles. Pas­sé les limites, je ne compte plus.

J’ai per­du quelques pro­cès (en par­ti­cu­lier pour des inter­views à des jour­naux, je pense à Sud Ouest ou VSD). J’en ai gagné (Nou­vel Obs, le Point, « Tout le monde en parle » sur France 2). J’au­rais pu et j’au­rais dû, si j’a­vais eu les moyens finan­ciers, aller sys­té­ma­ti­que­ment pour toutes ces pro­cé­dures jus­qu’à la Cour de Cas­sa­tion. Je ne l’ai fait que pour trois d’entre elles. Les plus impor­tantes à mes yeux, puisque ces pro­cé­dures concer­naient les deux livres ori­gi­nelles « Révé­la­tion$ », la « Boîte Noire » et « Les dis­si­mu­la­teurs », mon pre­mier docu­men­taire sur l’affaire.

Pas­sons sur « Clears­tream l’en­quête » qui a occa­sion­né une condam­na­tion sym­bo­lique (mais oné­reuse en frais de pro­cé­dure) à Luxem­bourg, pour nous inté­res­ser au reste…

Pour « Révé­la­tion$ » et « Les dis­si­mu­la­teurs » (mon pre­mier docu­men­taire dif­fu­sé en février 2001), j’ai été condam­né en dif­fa­ma­tion à hau­teur d’un euro sym­bo­lique de dom­mages et inté­rêts en mars 2004, puis (en appel) à 1500 euros en octobre 2008, sans comp­ter les frais de procédure.

Pour « La Boîte Noire » (sor­ti en octobre 2002), Clears­tream a été débou­tée et condam­née à me ver­ser 3 500 euros de dom­mages et inté­rêts en pre­mière ins­tance. Devant la Cour d’Ap­pel (Paris, octobre 2008), j’ai été condam­né à 1500 euros, sans comp­ter les frais de pro­cé­dures et de publi­ca­tion des décisions.

Je me suis pour­vu en cas­sa­tion. J’ai pris cette déci­sion contre l’a­vis de nom­breuses per­sonnes, dont mon édi­teur, Les Arènes et la chaîne Canal + qui ont refu­sé de pour­suivre les pro­cé­dures. Je ne les accable pas. De leur place, il leur était sans doute dif­fi­cile d’al­ler au bout de la bataille à mes côtés. Cer­tains auraient lâché avant.

Dans les jours qui ont sui­vi les déci­sions de la Cour d’ap­pel, Clears­tream a ache­té une page dans le Monde pour pro­po­ser une tran­sac­tion qui consis­tait à accep­ter ces condam­na­tions contre la non-exé­cu­tion des arrêts. En gros, le non paie­ment des sommes aux­quelles j’é­tais condamné.

Il était impen­sable d’ac­cep­ter un tel com­pro­mis, de renier mon tra­vail, mon enquête. Il était indis­pen­sable sur les prin­cipes qui fondent ce que doit être le jour­na­lisme, de me battre jus­qu’au bout pour obte­nir une déci­sion recon­nais­sant le droit. J’é­tais prêt à aller jus­qu’à la Cour Euro­péenne des Droits de L’homme s’il le fallait.

Je savais ce que j’a­vais vu et fait. J’a­vais inté­gré les enjeux de cette bataille. Un sys­tème finan­cier sain au départ a été dévoyé, ouvrant d’in­croyables pos­si­bi­li­tés de dis­si­mu­la­tion. Mon enquête était, est, res­te­ra fon­dée. Mes écrits reposent sur des docu­ments, des cour­riers, des lis­tings, des micro­fiches, des témoi­gnages fil­més. Des élé­ments suf­fi­sam­ment pro­bants qui ont per­mis de mettre à jour des comptes non publiés pro­dui­sant de l’o­pa­ci­té, un sys­tème d’ef­fa­ce­ment de traces de tran­sac­tions, la pro­ba­bi­li­té très forte d’une double comp­ta­bi­li­té, des liens pré­su­més entre Clears­tream et l’É­glise de scien­to­lo­gie, l’hé­ber­ge­ment de banques mafieuses, l’u­ti­li­sa­tion de Clears­tream pour la mise en œuvre d’o­pé­ra­tions occultes, l’ab­sence totale de trans­pa­rence et de contrôle, la com­pli­ci­té des audi­teurs, le licen­cie­ment du per­son­nel qui refu­sait de pro­cé­der à des mani­pu­la­tions comp­tables et de publier des bilans de fait maquillés… Mon enquête et la simple lec­ture de mes docu­ments mon­traient, montrent que cette firme abri­tait plus de 6000 comptes ouverts dans des para­dis fis­caux. Par­mi ces comptes, des socié­tés off shore, mais aus­si des filiales de banques res­pec­tables. J’ai révé­lé que des mul­ti­na­tio­nales pétro­lières, agroa­li­men­taires ou indus­trielles avaient éga­le­ment ouvert des comptes dis­crets à Clears­tream. J’en passe et des dizaines.

Au delà du coup de pro­jec­teur sur cette firme, l’en­semble de ce tra­vail expli­ci­tait les dérives inquié­tantes du sys­tème finan­cier inter­na­tio­nal et révé­lait les contours d’une finance véri­ta­ble­ment parallèle.

J’en savais beau­coup et je ne vou­lais pas me taire. Je res­tais per­sua­dé que les juges de la Cour d’Ap­pel ne m’a­vaient pas jugé comme il le fal­lait au vu des élé­ments du dossier.

L’ap­pui de mes amis du comi­té et des mille huit cent quatre vingt six per­sonnes ayant sou­te­nu ce qui deve­nait un com­bat de longue haleine ont été déterminants.

Canal plus et mon édi­teur ont été condam­nés à mes côtés, mais Clears­tream s’est retour­née sys­té­ma­ti­que­ment vers moi. Le but n’é­tait pas tant l’argent que la volon­té de m’é­touf­fer finan­ciè­re­ment, de m’empêcher de pour­suivre mes recherches et de me défendre.

Le moment de bas­cule a été l’af­faire pénale dite « Clears­tream 2 ». Celle met­tant en cause Domi­nique de Villepin.

Clears­tream s’est consti­tuée par­tie civile dans cette pro­cé­dure concer­nant les lis­tings tru­qués. J’ai été mis en exa­men pour vol et recel en fin d’an­née 2006. Dès lors sans que je m’en rende compte, la sus­pi­cion a chan­gé de camp. Les com­mu­ni­cants de la firme et leurs avo­cats ont habi­le­ment uti­li­sé cette seconde pro­cé­dure pour influen­cer les juri­dic­tions dans les pro­cès qui m’é­taient faits.

Clears­tream me pré­sen­tait comme le pivot de cette nou­velle affaire qui n’a­vait aucun lien avec les litiges nous concer­nant. Ten­ter de ridi­cu­li­ser mon tra­vail ne suf­fi­sait plus, il fal­lait pra­ti­quer l’a­mal­game et la confusion.

Com­bien de fois ai-je enten­du les avo­cats de la firme ou des jour­na­listes mal­veillants se moquer de « mes erreurs », m’ap­pe­ler le « fal­si­fi­ca­teur » ou le « conspi­ra­tion­niste ». Tout cela a joué. Comme ont dû jouer les articles fiel­leux écrits par des pro­cu­reurs à mous­taches, des édi­to­ria­listes à deux balles, des concierges du net. Je sais, je ne devrais pas. Mais bon. Je pense aus­si à cer­tains poli­tiques qui m’a­vaient épau­lé et qui sou­dai­ne­ment ont bais­sé les yeux.

J’ai arrê­té mon blog. J’ai arrê­té le contact fron­tal. Je suis res­té zen. J’ai atten­du que ça passe. J’ai été relaxé en jan­vier 2010. Cette déci­sion pénale est définitive.

Pour le reste, j’ai atten­du que des magis­trats jugent, tran­quille­ment. Loin du tumulte. C’est ce qui vient de se passer.

La Cour de cas­sa­tion est la plus haute ins­tance judi­ciaire fran­çaise. Le der­nier recours avant la Cour euro­péenne des droits de l’homme. Je l’a­vais envisagé.

Cha­cun des trois arrêts qui me libère aujourd’­hui et accable Clears­tream est rédi­gé dans des termes clairs, pré­cis et sans ambi­guï­té. La Cour de Cas­sa­tion « auto­rise » les pro­pos et les impu­ta­tions conte­nues dans mes deux livres et mon documentaire.

La Pre­mière Chambre Civile de la Cour de Cas­sa­tion, se fon­dant sur l’ar­ticle 10 de la Cour Euro­péenne des Droits de l’Homme, a ren­du trois arrêts qui sonnent le glas à mes ennuis et ouvrent des brèches impor­tantes chez ceux qui m’attaquaient.

C’est fon­da­men­tal. Ça fera jurisprudence.

Les argu­ments rete­nus par la Cour de Cas­sa­tion sont inté­gra­le­ment ceux déve­lop­pés par mes défen­seurs Michel Zaoui et Béné­dicte Litz­ler au cours de ces dix années. Pour des rai­sons de pro­cé­dure, nous nous sommes adjoint un avo­cat à la Cour de Cas­sa­tion, Denis Car­bon­nier. Il s’est aus­si bat­tu à nos côtés. Il s’a­git d’une recon­nais­sance de la qua­li­té de leur tra­vail et du mien.

La Cour de Cas­sa­tion a annu­lé mes trois condam­na­tions du 16 octobre 2008 pour dif­fa­ma­tion. Elle a expli­ci­te­ment recon­nu « l’in­té­rêt géné­ral du sujet » et le « sérieux de mon enquête ».

Tout le monde peut main­te­nant citer par­tout ce que j’a­vais écrit.

Dix ans pour mesu­rer l’a­veu­gle­ment du diri­geant de Clears­tream qui a por­té plainte à l’o­ri­gine contre moi. Ses suc­ces­seurs n’ont pas démon­tré plus de clair­voyance puis­qu’ils ont régu­liè­re­ment relayé et encou­ra­gé ces plaintes.

Je ne sais pas ce que devien­dront les infor­ma­tions conte­nus dans mes livres et mes films. Je ne sais pas ce que les Alle­mands qui ont rache­té Clears­tream en 2002 (suite à mon enquête) et qui ont for­cé­ment consta­té ces dérives ont fait. La jus­tice luxem­bour­geoise étant peu équi­pée pour trai­ter ces sujets et la jus­tice euro­péenne encore défaillante, je crains que le com­bat pour mettre un peu de ratio­na­li­té et de contrôle dans cette banque des banques soit encore long. Pour­tant ici plus qu’ailleurs, la ques­tion de la régu­la­tion du capi­ta­lisme se pose. Je rap­pel­le­rai ce chiffre : Clears­tream a annon­cé en 2010 plus de dix tril­lions d’eu­ros de valeurs enre­gis­trées dans ses comptes. Dix mille mil­liards d’euros.

Pour reve­nir aux arrêts de la Cour de Cas­sa­tion, toutes les demandes de Clears­tream à mon encontre sont défi­ni­ti­ve­ment reje­tées. Ils sont condam­nés à me ver­ser la somme de 9 000 euros au titre des frais de pro­cé­dure et à me rem­bour­ser le mon­tant de mes pré­cé­dentes condam­na­tions aujourd’­hui annulées.

En ce qui concerne le pré­ju­dice finan­cier et moral subi par moi pen­dant ces années, les trois affaires sont ren­voyées devant la Cour d’Ap­pel de Lyon. Je vais deman­der répa­ra­tion aux diri­geants de la firme.

Par leur har­cè­le­ment, leur entê­te­ment, leurs men­songes, leur achar­ne­ment judi­ciaire, Clears­tream et ses com­mu­ni­cants sont res­pon­sables de dix années à bien des égards perdues.

La crise finan­cière étant pas­sée par là, on voit bien les rai­sons poli­tiques et finan­cières qui les ont ame­nés —par tous les moyens— à me faire taire. Ils n’y sont pas parvenus.

Au final, toute mon enquête est entiè­re­ment vali­dée. Les arrêts sont défi­ni­tifs et sans recours pour Clearstream.

Mer­ci du fond du cœur à tous ceux qui m’ont sou­te­nu. Et vous êtes nom­breux. Je ne me suis jamais sen­ti seul ou angois­sé pen­dant ces années. Et ça je vous le dois.

Denis Robert. Cha­tel, le 7 février 2011.

(Source : Comi­té de sou­tien à Denis Robert)

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Autre repor­tage : Denis Robert vient d’être inter­viewé par Daniel Mer­met, dans le der­nier repaire du ser­vice-public-d’in­for­ma­tion-sociale-non-pol­luée-par-les-mar­chands qu’est l’é­mis­sion « Là-bas si j’y suis » :

• hier, LBSJS a redif­fu­sé une ancienne émis­sion (pas­sion­nante) avec Denis Robert :
Voleurs de poule, voleurs de foule,

• et aujourd’­hui Denis était là pour l’ac­tua­li­té ; très émou­vant :
À la fin, c’est nous qu’on va gagner !

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Le com­mu­ni­qué du Syn­di­cat natio­nal des journalistes

Les jour­na­listes doivent remer­cier Denis Robert.

Après avoir mené pen­dant dix ans un com­bat juri­dique aus­si âpre que finan­ciè­re­ment rui­neux et psy­cho­lo­gi­que­ment éprou­vant contre la chambre de com­pen­sa­tion luxem­bour­geoise Clears­tream, notre confrère vient de rem­por­ter une vic­toire écla­tante. Les magis­trats de la Cour de cas­sa­tion, dans trois arrêts, ont consa­cré la liber­té d’ex­pres­sion et d’en­quête de tout jour­na­liste sérieux. Le Syn­di­cat Natio­nal des Jour­na­liste (SNJ), pre­mière orga­ni­sa­tion de la pro­fes­sion, a plai­sir à rendre grâce éga­le­ment à ces magis­trats qui viennent de confir­mer, dans le droit fil de l’ar­ticle 10 de la Conven­tion euro­péenne des Droits de l’homme et des déci­sions de la Cour euro­péennes des Droits de l’homme, le prin­cipe de tout citoyen à être com­plè­te­ment infor­mé par des jour­na­listes qui tra­vaillent sérieusement.

Ces déci­sions revêtent une signi­fi­ca­tion hau­te­ment sym­bo­lique puis­qu’elles per­mettent à Denis Robert de s’ins­crire dans la tra­di­tion des Albert Londres qui entendent « por­ter le fer dans la plaie » quoi qu’il puisse leur en coûter.

Quelle claque à celles et ceux qui se sont per­mis d’i­ro­ni­ser sans savoir et de condam­ner son tra­vail sans le moindre début de preuve fon­dant leurs motifs ! Quel bel exemple pour les jeunes jour­na­listes qui n’ont pas tou­jours la chance de croi­ser la route de « jour­na­listes dignes de ce nom ».

Le SNJ, aux côtés de Denis Robert depuis le début, se réjouit donc avec lui et se per­met de dire à la pro­fes­sion : remerciez-le !

Le 10 février 2011.

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Encore aujourd’­hui, on peut aider finan­ciè­re­ment Denis Robert, car il est fauché :

http://​lesou​tien​.blog​spot​.com/

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Toute socié­té doit pro­té­ger ses Don­neurs d’a­lerte, ses Whist­le­blo­wers, citoyens cou­ra­geux qui osent dénon­cer publi­que­ment les intrigues des puis­sants du moment.

C’é­tait à Athènes, et c’est tou­jours ici même, l’en­jeu majeur de l’i­sé­go­ria — droit de parole pour tous, à tout pro­pos et à tout moment — pilier fon­da­men­tal, avec le tirage au sort des repré­sen­tants, de toute démo­cra­tie digne de ce nom.

Une bonne Consti­tu­tion devrait pro­té­ger struc­tu­rel­le­ment les jour­na­listes indé­pen­dants (pléo­nasme) — et pas les jour­na­listes subor­don­nés (oxy­more).

Étienne.

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Étienne

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3 Commentaires

  1. Étienne

    Voleurs de foules

    J’étais assis dans le petit bureau blanc
    De l’inspecteur Meltran
    Vingt heures de garde à vue dans les dents

    Le cœur en lambeau
    Des abeilles au cerveau

    Le gars m’parlait de mon père, d’ma mère
    et de toute la smala
    J’étais le grand frère
    Et d’après lui, j’avais rien à faire là

    Là au moins
    J’étais d’accord avec l’inspecteur
    Meltran

    Rien à faire là
    J’avais rien à faire là

    On se serait cru dans un film d’Abel Ferrara
    Une sorte de bad lieutenant

    Il a fini de taper son pv
    Et de son œil torve m’a fixé

    C’est moche c’que t’as fait
    Sur­tout pour eux
    Toi c’est rapé
    T’es déjà niqué

    T’es pas­sé de l’aut ‘ côté
    T’as tra­ver­sé le grand guet
    T’es un reclus d’la société
    Un gars qui r’fuse de travailler

    Les mecs comme toi
    On en a des milliers
    On en a assez
    On sait trop bien com­ment les coincer
    Les jeter
    Les enfermer
    Les mater

    J’ai pen­sé
    Moi oui
    Mais eux non

    J’ai pen­sé
    Tu sais très bien coin­cer les bran­leurs comme moi
    Les voleurs de poules
    Mais tu fais quoi pour les vrais truands
    Les voleurs de foules ?

    Ceux qui vivent au casi­no Rule
    Avec des gros comptes tou­jours full

    Les potes des banquiers
    et des syn­dic de société

    De Gibral­tar, à Vaduz
    Du Dele­ware à Singapoure
    Jus­qu’ à la banque géné­rale de Luxembourg

    Tou­jours Full

    Les Pinault, les Mit­tal, les Bettembourg
    Les Mul­liez, les Rock­fel­ler et les Habsbourg

    Tous voleurs de foule

    Les magnats russes et les pétro­liers branlants
    Les tycoons fringants
    Les par­fu­meurs puants
    Les saou­diens chancelants

    Voleurs de foule
    Tous des voleurs de foule

    J’étais debout dans le petit bureau blanc
    De l’inspecteur Meltran
    Vingt heures de garde à vue dans les dents
    Et ses conne­ries en supplément

    Le cœur en lambeau
    Le cer­veau en fusion
    L’ampoule grésillait
    et mes yeux se fermaient

    J’avais envie de dor­mir dans mon petit lit
    A la cité
    Je man­quais certainement
    De sagacité

    J’ai deman­dé à l’inspecteur Meltran
    Mes bra­ce­lets vous les enle­vez quand ?
    Il a dit quand des dents les poules auront

    C’est là que j’l’ai trai­té de gros con
    Juste bon à faire chier les pauv’ gens
    Les pau­més d’la cité, les dro­gués, les petits pieds
    Les fai­néants du divan
    Les bran­leurs trop cools

    Tous des voleurs de poule

    Mais pas les voleurs de foules

    Jamais les voleurs de foules

    Ceux qui volent en Falcon
    Et en Fer­ra­ri à injection
    Ceux qui achètent des usines
    Comme toi des rustines
    Et des vil­la off shore
    A Jersey
    A Guernesey
    Et Bangalore
    A turc and Caïcos
    Dans les îles d’la Corne d’or

    Il m’a dit
    Répète…

    Et j’ai répété

    Juste bon à faire chier les voleurs de poules
    Jamais les voleurs de foules

    Ceux qui s’en mettent plein les fouilles
    Mais qui sont les vrais fripouilles
    Les gar­diens du pognon
    Eux ne met­tront jamais les pieds en zonzon

    Ils nous prennent pour des pions
    Et on l’aura dans l’fion

    A com­men­cer par vous
    Les faucons

    Ça a dû l’énerver
    mais il n’a pas osé
    me frapper

    Il était fatigué
    Lessivé
    Sur les flancs
    L’inspecteur Meltran

    Tu sor­ti­ras ton cou­plet au juge d’instruction
    Et tu ver­ras c’que tu pren­dras comme années
    De prison

    Voleur de poule
    Pilleur de foule

    Juste bon à toper les voleurs de poule

    Du bureau d’à côté
    Les col­lègues ont rappliqué
    Visi­ble­ment énervés

    Ils m’ont deman­dé d’arrêter
    de frimer
    et de répéter
    C’que j’venais de formuler

    Ou d’la fermer
    Sans déconner

    No pro­blem, j’ai fait
    Mais réflé­chis­sez, j’ai ajouté

    Vous êtes juste bon à gau­ler les voleurs de poule
    Jamais les voleurs de foule

    Ceux qui vous prennent pour des pions
    Des payeurs de cochons
    Des sala­riés des poltrons
    Vous qui vous croyez des champions
    De l’ordre et du baston

    Les gars l’ont eu mauvaise
    Et m’ont mis mal à l’aise

    Un petit ner­veux a sorti
    Un nerf de bœuf
    Une sorte de matraque
    Qui fou­tait le trac

    Il m’a dit de m’lever
    Et d’enlever mes bracelets

    J’ai dit
    J’veux bien
    Mais j’ai pas la clé

    Juste bon à faire chier les voleurs de poule
    Et jamais les voleurs de foule

    Espèce de grosse moule

    Il a vou­lu frapper
    Mais un keuf l’en a empêché

    Y a pas qu’des cons dans la police
    Y a aus­si des gens lisses

    Dans le petit bureau blanc de l’inspecteur Meltran
    J’ai failli y passer

    Vingt heures de garde à vue dans les dents
    Le cœur en lambeau
    Le cer­veau en décoction

    Voleur de foule
    Tu lâches
    Voleur de poule
    Tu chasses
    Voleur de foule
    Tu chiasses
    Voleur de poule
    Tu schlasses

    Juste bon à coin­cer les voleurs de poules
    Jamais les voleurs de foules

    Ceux qui passent leur week-end au casi­no Rule
    Des bif­tons plein les fouilles
    Ceux qui ferment les usines comme les paquets de margarine
    Ceux qui planent dans l’espèce
    Comme You­ri Gagarine
    Ceux qui placent leur pognon
    Au nez des braves gens
    Des flics et des juges d’instruction

    Dans la came, l’acier ou le nickei
    Les mozarts d’la finance
    Les spon­sors du yacht club

    Ceux qui pillent les nations
    En dépla­çant leurs actions
    De Geor­ge­town à Lon­don Station
    De Saint Barth à Grand Cayman

    Ceux qui jouent du computer
    Comme toi d’la Sony station
    Ceux qui achètent les chaînes de télés
    Et le pré­sen­ta­teur du jité
    Comme toi une bédé ou la pute d’a coté

    Ceux qui s’payent des pépés
    Que t’arrive pas imaginer

    Qui t’en mettent plein la tête
    Pour mieux s’la payer
    Ta tête

    De gros con

    Et d’payeur de cochon

    Ce sont eux
    Les gar­diens du pognon
    Et du capi­ta­lisme finissant

    Les ultimes voleurs de foules
    Ultimes
    Voleurs de foule

    Des cham­pions d’la magouille
    Des Prou­dhon d’la débrouille
    Des darks stars aux grosses couilles

    Bien armé pour coin­cer les voleurs de poules
    Inca­pables d’approcher les voleurs de foules

    Pauv’nouilles

    Sar­ko­syste d’la brandouille
    Socia­liste d’la panouille
    Flic au rabais
    Pour pou­let de l’année

    Demain on s’lèvera
    Pour arrê­ter le pugilat
    On sor­ti­ra nos
    Gangsta
    Et pt’être nos Berretta

    On sera des caymans
    Armés jusqu’aux dents

    On met­tra ce pays
    A feu et à sang

    C’est c’que vous cherchez
    Vous les voleurs de foule

    On vous fou­tra la trouille
    Avant de mou­rir au combat

    Plu­tôt morts que plumés

    Voleur de foule
    Tu passes
    Voleur de poule
    Tu chasses
    Voleur de foule
    Tu classes
    Voleur de poule
    Tu casses

    (Source : Le Slam de Denis.)

    Réponse
  2. Étienne

    Une autre remar­quable don­neuse d’a­lerte : Marie-Monique Robin.

    Celle-ci a pré­pa­ré une troi­sième enquête :

    NOTRE POISON QUOTIDIEN

    Sur Arte, mar­di 15 mars 2011 à 20 h 40,
    http://​www​.arte​.tv/​f​r​/​C​o​m​p​r​e​n​d​r​e​-​l​e​-​m​o​n​d​e​/​N​o​t​r​e​-​p​o​i​s​o​n​-​q​u​o​t​i​d​i​e​n​/​3​6​7​3​7​4​8​.​h​tml

    Écou­tez cette femme par­ler de son enquête :

    http://​www​.arte​.tv/​f​r​/​C​o​m​p​r​e​n​d​r​e​-​l​e​-​m​o​n​d​e​/​3​6​7​7​9​1​0​.​h​tml

    Et pour gar­der le contact avec son tra­vail de (vraie) jour­na­liste, voyez le blog de Marie-Monique Robin : http://​robin​.blog​.arte​.tv/

    Étienne.

    Réponse

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