Journaliste au Monde, spécialiste de l’écologie et animateur du site Reporterre.net, Hervé Kempf vient d’écrire à nouveau un bon livre : « L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie ! ».
C’est un bon récapitulatif des turpitudes, des malhonnêtetés, de la corruption généralisée de nos prétendues élites, sous couverture (prétendument) démocratique.
Tous les faits sont bien sourcés (c’est l’exigence d’un bon journaliste du Monde — il y en a encore quelques uns — qui veut ça) : on pourra donc puiser là de bonnes raisons de s’indigner, preuves à l’appui.

Mais si ce n’était que ça, il ne serait pas le premier et ce ne serait pas très original. J’ai à la maison quelques autres ouvrages qui décrivent en détail (depuis des siècles) les intrigues et les outils des riches d’une l’époque pour conserver et accroître leurs privilèges : tyrannie, empire, colonisation, terreur, propagande, mensonges, traîtrises, idéologie de la propriété et du travail forcé, institutionnalisation du chômage qui rend tout le monde docile, prise de contrôle de la création monétaire, puis des partis, donc des élus, financement des fascismes et des totalitarismes (de gauche comme de droite), novlangue, storytelling, fabrique du consentement, diabolisation des opposants anti-oligarchiques significatifs, focalisation de l’opinion sur de faux ennemis (appelés « barbares » puis « terroristes », ou « extrémistes » ou « antirépublicains »), attentats sous faux drapeau, lobbying, pantouflage, corruption, guerre 1) brutale quand la révolution menace trop les riches et 2) permanente pour faire tourner les usines et pour entretenir un besoin de sécurité (techniques classiques de la maffia historique : terroriser, puis se présenter en protecteur, en échange de la docilité et du travail forcé)…
Voyez cet aperçu, la meilleure moitié de ce que j’ai sur la question (cliquer pour agrandir, puis Ctrl+roulette pour agrandir encore) :

Bibliographie personnelle sur LES MÉFAITS ET MÉTHODES DES RICHES, partout sur terre.
Pour une biblio complémentaire et spécifique sur le hold-up des riches sur la création monétaire, voyez ici.
En plus de proposer un florilège personnel — dense, court et fiable, donc utile à tous — des pires corruptions et trahisons du moment, l’originalité du livre d’Hervé Kempf est surtout de mettre UN NOM — OLIGARCHIE — sur cette corruption des pouvoirs politiques publics par des puissances économiques privées, et au passage, de nettoyer, de décaper un peu — mais pas assez à mon avis, pas jusqu’au bout, j’y reviendrai — un autre nom galvaudé, déformé, inverti — DÉMOCRATIE.
Extraits :
Certains écologistes doutent de la sagesse du peuple et, plutôt que la démocratie, recommandent un pouvoir autoritaire. Mais ils commettent une erreur fondamentale : ils croient que nous sommes en démocratie. En réalité, le capitalisme finissant glisse vers une forme oubliée de système politique. Ce n’est pas la démocratie — pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple —, ce n’est pas la dictature — pouvoir d’un seul aux fins qui lui sont propres —, c’est l’oligarchie : le pouvoir de quelques-uns, qui délibèrent entre eux des solutions qu’ils vont imposer à tous.
Il est de l’intérêt des puissants de faire croire au peuple qu’il est en démocratie. Mais on ne peut pas comprendre le moment présent si l’on n’explore pas la réalité soigneusement occultée : nous sommes en oligarchie, ou sur la voie de l’oligarchie. Ce livre mène cette exploration.
(…)
Le sociologue anglais Colin Crouch, dans un essai remarquable, a décrit la situation politique sous le terme de « postdémocratie », qui correspond assez bien à la forme actuelle du régime oligarchique : « Même si les élections existent et peuvent changer les gouvernements, le débat électoral est un spectacle soigneusement contrôlé et géré par des équipes rivales de professionnels experts dans les techniques de persuasion. Le débat porte sur le petit nombre de dossiers sélectionnés par ces équipes. La masse des citoyens joue un rôle passif, voire apathique, en ne réagissant qu’aux signaux qui lui sont envoyés. Derrière le spectacle du jeu électoral, la politique réelle est définie en privé dans la négociation entre les gouvernements élus et les élites qui représentent de manière écrasante les intérêts des milieux d’affaires. »
Répétons-le : l’oligarchie, ce n’est pas la dictature, c’est le gouvernement par le petit nombre des puissants. Entre eux, ils discutent, réfléchissent, s’opposent, rivalisent. Ils font « démocratie », mais entre eux, sans le peuple. Et quand la décision est prise, elle s’impose, même si l’on y mettra les formes en habillant avec un art consommé la procédure électorale et la discussion publique.
La classe ouvrière a perdu sa conscience unitaire, le peuple ne se voit plus comme tel, la société se croit une collection indistincte d’individus segmentée en communautés ethniques, religieuses, régionales ou sexuelles. L’oligarchie, elle, a une conscience de classe aiguisée, une cohérence idéologique sans faille, un comportement sociologique parfaitement solidaire.
Elle a gagné, et il faut vraiment faire profession de politologue pour affecter de ne pas le savoir. L’un des trois hommes les plus riches du monde, Warren Buffet, le dit sans ambages. Il reçoit en 2006 un journaliste, qui raconte la scène : « Il s’avéra que M. Buffet, avec un revenu immense, payait une fraction beaucoup plus petite, mais vraiment beaucoup plus petite de son revenu en impôt que les secrétaires ou employés travaillant dans ses bureaux. Durant la discussion, il apparut que M. Buffet n’utilisait aucune ruse fiscale. Il payait juste ce que les services des impôts demandaient. « Comment est-ce possible, comment cela peut-il être juste ? », demanda-t-il. J’étais d’accord avec lui, mais je lui dis que quiconque essaierait de poser ce problème serait accusé de fomenter la lutte des classes. « Il y a une lutte des classes, tout à fait », répliqua M. Buffet, « Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène la guerre, et nous la gagnons ». »
(…)
Vingt ans plus tard, le fait que des chefs d’État à la retraite fassent commerce de leur célébrité et de leur influence ne choque plus personne. Tony Blair, ex-Premier ministre britannique, peut atteindre un cachet de 616000 dollars pour deux conférences de trente minutes, Bill Clinton, ex-Président des États-Unis, est coté jusqu’à 450000 dollars la conférence – entre 2001 et 2007, il a ainsi accumulé 40 millions de dollars -, Al Gore, ex-vice président, prend la parole pour 100000 dollars. Pour José Maria Aznar, Premier ministre d’Espagne retraité, comptez 40000 euros, pour John Major, ex-Premier ministre britannique, 60000 dollars, pour Helmut Kohi, chancelier d’Allemagne… ah, le tarif n’est pas public, mais Gerhard Schrôder, autre chancelier, animera votre soirée pour 75 000 dollars.
Beaucoup de ces hommes politiques complètent leurs honoraires de conférences par des conseils rémunérés aux entreprises, banques, fonds d’investissement et par la participation à des conseils d’administration. Notez que les figures cataloguées comme « de gauche », Tony Blair et Gerhard Schröder, comptent parmi les plus brillants affairistes du lot, sans trop s’embarrasser d’éventuels conflits d’intérêt : Schröder a ainsi été embauché comme conseiller, à 250 000 euros par an, par la firme russe Gazprom, alors que, en tant que chancelier, il avait signé deux mois auparavant, en septembre 2005, un accord gazier avec la Russie, Quant à Tony Blair, il a accumulé 17 millions d’euros en moins de trois ans, après son départ de Downing Street, en 2007 – et opérait un astucieux montage fiscal pour échapper au percepteur ». Il suivait l’exemple de l’ancien Premier ministre du Canada, Jean Chrétien, devenu homme d’affaires après qu’il eut quitté le pouvoir en 2003, scellant de nombreux contrats aux quatre coins de la planète – dernier en date : un casino de plusieurs milliards de dollars à Hô Chi Minh-Ville, au Vietnam.
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En oligarchie, la réussite signifie notamment la mise en coupe réglée de l’État Le mot « réglé » est ici important : il ne s’agit pas de le ruiner, comme dans une dictature africaine où une extraction trop violente des richesses maintient le peuple dans la misère, mais de « régler » le prélèvement sans tuer la bête. Tout l’art consiste à ne pas déclencher au sein de populations chez qui subsistent des réflexes démocratiques une rébellion qui menacerait la pérennité de l’exploitation. L’adéquat niveau de prélèvement et les formes selon lesquelles il s’exerce attestent du savoir-faire de l’oligarchie. Ils varient selon les pays, les cultures nationales, les histoires. Partout, cependant, un mouvement général de privatisation du bien commun a été entrepris avec le rebond du capitalisme dans les années 1980. La hausse stupéfiante des inégalités manifeste le succès de cette entreprise.
(…)
Et comme dans la Russie post-soviétique, ce sont des hauts fonctionnaires, formés à l’Ecole nationale d’administration (ENA) qui se sont trouvés les mieux placés pour profiter des privatisations qu’ils pilotaient depuis les cabinets ministériels.
Une nouvelle carrière des honneurs s’est ainsi mise en place, que résume à merveille ce dialogue entre deux notabilités « socialistes » : « En juin 1984, Pierre Moscovici, sorti sixième de l’ENA, téléphone à celui qui fut son professeur [Dominique Strauss Kahn] pour lui demander ce qu’il pense de l’Inspection des finances [un corps d’État prestigieux qui accueille les meilleurs élèves de l’ENA] : « C’est la meilleure business-school française. Vous y restez quatre ans et vous gagnez plein de fric. » Et le Trésor ? « C’est un peu moins bien, mais, là aussi, vous faites quatre ans et vous gagnez du fric. » »
(…)
Les allers-retours entre postes de la haute administration et conseils d’administration des grandes entreprises se sont aussi multipliés. La présidence de George W. Bush (de 2001 à fin 2008) allait pousser cette osmose à un degré sans doute jamais atteint. Une enquête du Denver Post montrait par exemple en 2004 que plus de cent lobbyistes avaient été embauchés dans les services d’État chargés de contrôler les industries qui les employaient juste auparavant !
Le président Obama a desserré la longe avec les milieux d’affaires, mais pas au point de creuser un fossé infranchissable. M. Obama, qui avait collecté deux fois plus de fonds pour financer sa campagne présidentielle en 2008 que son rival McCain (745 millions de dollars contre 368), a intégré dans son équipe gouvernementale des personnalités venues du monde financier, comme Lawrence Summers, Timothy Geithner et Peter Orszag, tous trois très liés avec Robert Rubin, ex-président de Goldman Sachs et artisan, sous Bill Clinton dont il était le secrétaire au Trésor, d’une accélération de la dérégulation financière. Le ministre de la Justice, Eric Holden, a quant à lui travaillé chez Covington & Burting, un cabinet juridique défendant les intérêts des grandes entreprises, tandis que Dennis Blair, directeur jusqu’en mai 2010 des services d’espionnage, le National Intelligence, était auparavant membre du conseil d’administration d’une compagnie de matériel militaire, EDO Corp. James Jones, conseiller pour la Sécurité nationale, était pour sa part l’un des directeurs de Boeing et de Chevron. D’autres représentants des corporations ont été nommés par la nouvelle administration à des postes moins visibles, tels Isi Siddiqui, ancien vice-président de Croplife, association des entreprises de pesticides et de biotechnologies végétales, comme négociateur pour les questions agricoles, Michael Taylor, ancien vice-président de Monsanto, comme commissaire adjoint à l’Agence de l’alimentation et des médicaments (FDA), ou William Lynn, ancien lobbyiste pour la firme d’électronique militaire Raytheon, au poste de ministre adjoint à la Défense. Au total, le journaliste Timothy Carney a recensé 45 ex-lobbyistes à des positions importantes de l’administration Obama. Et moins de deux ans après l’entrée en fonction du Président, certains commençaient à quitter le gouvernement, pour rejoindre… des cabinets de lobbying. C’est le cas de Darnon Munchus, un adjoint de Timothy Geithner, reparti au printemps 2010 vers Cypress Group, qui défend les intérêts des hedge funds et autres gérants de produits dérivés.
(…)
Un ami qui veut votre bien public
Le deuxième volet de la marchandisation de la sphère publique a consisté à engager un mouvement général de privatisation des entreprises détenues par l’État. Lancé dans les années 1980, il avait un but autant pratique qu’idéologique : fournir des recettes aux États tout en faisant reculer la possibilité d’intervention de ceux-ci dans la vie économique. Mais la chrysalide idéologique s’est vite transformée en papillon cupide : comme on l’a vu à travers quelques exemples précis, la privatisation a enrichi ceux qui la mettaient en œuvre comme ceux qui s’appropriaient les biens publics, dans la mesure où les entreprises cédées l’ont souvent été à des prix amicaux. Un exemple intéressant est celui des sociétés d’auto-routes françaises privatisées en 2005 pour 11 milliards d’euros,
alors que, largement amorties, elles dégageaient plus d’un milliard d’euros de bénéfices par an. Le vol du bien public était si flagrant que le gouvernement dut l’imposer à l’Assemblée nationale par un débat sans vote.
Un si délicieux exemple – lui-même inspiré des privatisations espagnoles – ne pouvait manquer de susciter la même idée au Royaume-Uni où Margaret Thatcher et Tony Blair n’ont pas réussi à tout dénationaliser : la banque Rothschild a donc proposé en 2010 un plan massif de privatisation des autoroutes britanniques.
La France de M. Sarkozy, qui concourt pour la médaille d’or – très disputée – du régime oligarchique le plus cynique d’Occident, a renchéri en privatisant l’activité des jeux de hasard et des paris sur Internet par une loi d’urgence, votée toutes affaires cessantes en mai 2010, cassant le vieux monopole d’État sur les loteries et autres paris hippiques. C’est qu’il s’agissait d’assurer aux amis du président de la République, patrons de sites de jeux comme Stéphane Courbit et Dominique Desseigne, ou directeurs de chaînes de télévision comme Martin Bouygues et Vincent Bolloré, la part du gâteau en pleine expansion des paris sportifs sur Internet Que la loi dépouille l’État de ses recettes, affaiblisse sa capacité de régulation, et développe les comportements addictifs des joueurs – autant de gens qui ne penseront pas à être citoyens – n’est pas seulement une négligence : c’est bel et bien le but recherché. La discussion parlementaire avait donné lieu à un échange intéressant entre le député socialiste Gaétan Gorce et le ministre du Budget, Éric Woerth. « Certaines sociétés de télévision, expliquait M. Gorce, pourront faire des résultats à la fois sur leur activité de radiodiffusion, sur les paris qu’elles organisent, sur les retransmissions qu’elles présentent et sur la publicité qu’elles touchent. Telle est la conception que vous avez de la concurrence. Nous avions un monopole public, nous allons vers un oligopole privé. » Réponse d’Éric Woerth : « Nous faisons très attention aux conflits d’intérêts. Peut-être n’en avons-nous pas tout à fait la même notion. » M. Woerth parle d’or : les oligarques n’ont pas la même notion des conflits d’intérêts – le mélange entre une position publique et des intérêts privés – que les démocrates.
Après avoir d’abord rendu aux intérêts privés les entreprises industrielles, les gouvernements oligarchiques se sont attaqués aux activités de services (transports, électricité, télécommunications, jeux), encouragés par une Commission de Bruxelles poussant le principe de la concurrence jusqu’à l’absurde.
Enfin, absurde du point de vue de l’intérêt général, mais pas de celui des bénéfices privés. Comme l’écrit James Galbraith, « les membres de cette nouvelle classe ont décidé de s’emparer de l’État et de le gérer, non pour mettre en œuvre un projet idéologique, mais de la façon qui leur rapporte le plus d’argent, qui perturbe le moins leur pouvoir et qui leur offre le plus de chances d’être renfloués au cas où quelque chose tournerait mal. Bref, ils ont décidé d’agir en prédateurs vis-à-vis des institutions existantes ».
Quand, faute de gibier, le plaisir de la privatisation des entreprises publiques tend à s’éteindre, on procède par d’autres voies au démantèlement de l’État : par exemple en stimulant la concurrence privée sur de grands services publics comme la santé ou l’éducation. La méthode est simple : d’une part assèchement en douceur mais régulier des budgets publics et d’autre part encouragement par diverses mesures discrètes du secteur privé. Ainsi, le secteur public se dégrade peu à peu, et ceux qui peuvent payer placent leurs enfants ou se font soigner dans le privé, ce qui justifie de nouveaux encouragements étatiques au secteur privé, en arguant de l’« inefficacité du public ».
Une autre méthode de prédation des biens publics se présente sous l’appellation de « partenariat public-privé ». L’ami qui vous serre la main droite en plongeant sa main gauche dans votre poche pour prendre votre portefeuille est un partenaire. Initiée en Grande-Bretagne, sous le nom de « private finance initiative », la démarche consiste à faire financer par le secteur privé un investissement d’intérêt public, tel que faculté, prison, palais de justice, gendarmerie, hôpital. Construction, entretien et fonctionnement du projet sont assurés par le « partenaire », dont la rémunération est assurée par un loyer que lui verse l’État pendant plusieurs dizaines d’années. L’État continue ainsi à lancer des projets jugés utiles, sans recourir directement à l’endettement. Discutable sur le fond – c’est une façon de creuser la dette publique sans que cela apparaisse dans les comptes comme tel -, le procédé assure un bénéfice appréciable à l’entrepreneur privé, sans garantie de meilleure efficacité (…)
Le partenariat public-privé présente deux autres intérêts pour les prédateurs : d’une part, le procédé accroît le pouvoir des grandes entreprises, les seules à mêmes d’emporter le marché global – alors que quand le projet est mené par une collectivité publique, ses divers lots sont accessibles à des PME (petites et moyennes entreprises). Et d’autre part, ils légitime insidieusement le fait que le secteur privé assume, au moins partiellement, des charges relevant des fonctions dites régaliennes de l’État, comme la justice.
(…)
C’est au cœur même des institutions politiques que la dégénérescence de la démocratie serait engagée, selon Arundhati Roy : « La majorité des députés sont millionnaires. Vous ne pouvez gagner que si vous êtes appuyé par les grandes compagnies. Savez-vous que la campagne électorale en Inde a coûté plus cher que la présidentielle aux États-Unis ? » Quant aux contre-pouvoirs, tels que la Cour suprême ou les médias, ils seraient pour l’essentiel passés aux mains des élites américanisées. « Toutes les institutions de la démocratie ont été vidées de leur sens et travaillent ensemble au bénéfice des élites », affirme-t-elle. « Il y a une infiltration de tous les instruments de l’État, une érosion des libertés publiques, des injustices quotidiennes mais peu spectaculaires. » Quand on lui fait valoir qu’elle est libre de s’exprimer, d’écrire et de parler, elle répond : « Ce n’est pas ça, la démocratie. La démocratie, c’est le gouvernement du peuple et pour le peuple. »
Dans ces conditions, y a‑t-il un espoir ? « Il y a une chose très positive en Inde : les gens sont exceptionnellement conscients de ce qui se passe. Les élites et les médias, non. Mais, sur le terrain, les gens savent. » (…)
La liste des dégueulasseries ploutocratiques (que je n’ai pas la place ni le temps de détailler toutes) est édifiante, révoltante : les agences de notation (totalement corrompues mais jamais inquiétées), les lobbyings très lucratifs et la pourriture profonde des élus achetés comme des truands, la propagande médiatique devenues une science exacte du mensonge et de la manipulation grâce à l’emprise inédite (et l’appropriation par les riches) de la télévision, la disparition des ouvriers des écrans prostitués, les journalistes décorés eux aussi prostitués et collabos du régime, les faux débats et la dépolitisation, la terreur infligée aux vrais journalistes (Denis Robert, par exemple) pour dissuader les autres, la passivité du corps social face aux agressions infinies des riches de plus en plus décomplexés, l’hypnose par la réclame et par les éditoriaux des éditocrates, le prêt à penser des partis politiques homogénéisés en bipartisme de façade, la relégation des rebelles à leur solitude, la lutte égoïste pour le confort matériel et la rivalité ostentatoire du haut en bas de la pyramide sociale, l’entretien et la mise en scène de l’extrême pauvreté pour inquiéter de proche en proche tous les travailleurs par la peur de régresser, les truanderies électorales et autres coup d’État comme le traité de Lisbonne et sa ratification parlementaire, l’aveuglement des politiciens face à l’urgence écologique, la nécessaire reconquête de la démocratie, la solution du vote écologiste (bof), le regain du débat sous la pression citoyenne (hum), la nécessaire vertu qui doit animer la Cité démocratique (erreur fondamentale, je pense : si on compte sur la vertu de qui que ce soit, on rêve, on va attendre longtemps… La vertu, ça s’incite et surtout, ça se contrôle).…..
Un livre très riche, donc, très intéressant.
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MAIS,
• nulle part, Hervé ne fait le lien entre ces abus de pouvoirs des riches et LE DROIT qui permet aux riches de perdurer ;
nulle part Hervé ne considère L’ÉLECTION comme LA procédure mensongère et corruptrice,
• nulle part, malgré nos conversations passées, Hervé n’analyse encore l’élection comme LA modalité incompatible avec la démocratie, la cause des causes, celle qui introduit durablement dans la Cité le ver de l’aristocratie et de la corruption,
• NULLE PART HERVÉ N’IDENTIFIE LE TIRAGE AU SORT COMME L’ÉLÉMENT FONDATEUR ET PROTECTEUR DE TOUTE DÉMOCRATIE DIGNE DE CE NOM.
Il manque donc un chapitre —et un sous-titre— au livre d’Hervé, qui seraient :
L’ÉLECTION ÇA SUFFIT, PAS DE DÉMOCRATIE SANS TIRAGE AU SORT !
Je le lui dirai bientôt (affectueusement), puisqu’il nous rend visite en Provence les jours prochains :
• mercredi 9 février 2011, à Aix en Provence, à Sciences Po (25 rue Gaston de Saporta), à 18h15,
• jeudi 10 février 2011, à Marseille, à l’Equitable Café (54 Cours julien), à 19 h 30,
• et vendredi 11 février, à Draguignan, à l’IUFM, à 18 h 30.
Merci Hervé, pour ce nouveau livre. C’est de plus en plus clair.
Étienne.

Merci pour ce rappel de l’existence de ce livre, je crois que vais l’acheter.
Sous le lien, nous pouvons écouter Hervé Kempf en téléchargeant le fichier audio d’un entretien d’Hervé Kempf avec Ruth Stégassy sur France Culture. Émission du 22 janvier 2011. Belle description de l’oligarchie qui nous gouverne actuellement…
Pour info, et ce sera très utile pour compléter l’analyse d’Hervé Kempf sur la démocratie dévoyée en oligarchie, elle-même maquillée en démocratie,
je viens de publier une analyse passionnante de Christopher Lasch (sur un billet voisin, à ne pas rater : Chavez y est un formidable populiste), intitulée
« L’art perdu de la controverse » :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/02/07/115-chavez-defend-son-peuple-contre-les-banques#c4353
Ne ratez pas ça, c’est important.
Étienne.
Bonjour Étienne, un peu d’économie sur la notion d’obsolescence programmée des produits.
Milieu des années 50, les États-Unis d’Amérique entrent dans leur age d’or. L’industrie de masse, en plein essor, entrevoit les contours du marché planétaire unifié. Si le taylorisme a permis de maîtriser les processus de fabrication à la seconde près, les industriels et designers de l’époque comprennent qu’ils peuvent également contrôler la vie et surtout la mort des objets produits. Les constructeurs automobiles notamment réalisent que mettre sur le marché des voitures robustes et pérennes réduit fortement le taux de rééquipement des ménages.
Le rôle des designers industriels évolue. Il ne suffit plus de concevoir des objets innovants et attractifs, mais de garantir des revenus à long terme en augmentant le taux de remplacement du produit au moyen d’un ensemble de procédés techniques, commerciaux et psychologiques qui permettent de planifier précisément la mort du produit. L’obsolescence programmée est née.
Un demi-siècle plus tard, les mécanismes se sont complexifiés mais le principe reste le même. Les téléphones mobiles ont une espérance de vie de 2 ans, les téléviseurs ne peuvent plus être réparés, les vêtements se démodent en quelques semaines. Et très peu de secteurs échappent à ce phénomène, car ce marketing du renouvellement permanent est tout aussi rentable pour les cafetières que pour les stars de la chanson. Les signes et les références culturelles se détériorent désormais au rythme croissant des flux médiatiques. Ainsi on ferait erreur en considérant que l’obsolescence programmée se résume à la conception de « défauts à retardements ». En effet le travail des designers ne se limite pas à l’obsolescence physique ou fonctionnelle mais s’étend désormais à la dévaluation de l’image du produit. Tel Saturne dévorant ses enfants, l’industrie œuvre à la détérioration du désir qu’elle a elle-même engendré.
Décroissance.info
Première partie du reportage
Deuxième partie du reportage
Troisième partie du reportage
Quatrième partie du reportage
Etienne,
J’ai parcouru l’ouvrage de Hervé Kempf, auquel je trouve le même défaut que toi : à aucun moment il ne sort du piège éternel de l’élection et de son cortège de conséquences.
Connais-tu l’ouvrage de Yves Sintomer, que j’ai acheté récemment : Le pouvoir au peuple, jurys citoyens, tirage au sort et démocratie participative (Ed. La Découverte, 2007) ?
J’ai également découvert avec grand intérêt
l’ouvrage de François Morin : Un monde sans Wall Street ? (Seuil, février 2011)
J’en profite pour te livrer sa conclusion, tout aussi originale concernant non l’institution, mais l’entreprise. C’est en fin d’une de mes dernières interventions sur
« La refondation du capitalisme » qui trouve là sa pierre tombale ! Je te la laisse en entier, car le préambule compte :
-Avec la censure imposée à la plupart des contradicteurs, ironiquement réfugiés en « Footnote », je note avec amusement la survivance de la vulgate libérale et de tous ses poncifs.
Tout d’abord, chez habsb, le lieu commun habituel sur la fiscalité « 50% seulement des français paient l’impôt » est ici hors de propos, quand on sait qu’il s’agit de l’impôt sur le revenu qui ne représente précisément que 6% du total des prélèvements obligatoires (50 milliards sur 820 milliards!). Et les 94% restants sont payés par les plus pauvres au taux le plus fort, et par les plus riches au taux le plus faible !
Ensuite, autre rangaine des libéraux, qui en ont fait leur alpha et leur oméga : « la prise de risque par le capital ». Or, les pratiques qui ont cours de la part des grands investisseurs institutionnels dans la gestion des fonds de pension font apparaître un double mécanisme de report des risques sur autrui :
- du côté du passif, le système de fonds à prestations définies (Defined Benefit) a laissé place au système de fonds à cotisations définies (Defined Cotisation): les sommes collectées au titre de l’épargne-retraite ne comportent aucun risque , puisque celui-ci est reporté sur les futurs retraités.
- du côté de l’actif, ces grands investisseurs sont en mesure d’imposer aux direction des firmes leurs normes en matière de gouvernance d’entreprise dont la plus importante est celle d’une rentabilité financière fixée à 15%. L’exigence d’une rentabilité financière fixée a priori implique un transfert de risque massif sur l’entreprise qui se voit contrainte à une telle obligation de résultat.
Aujourd’hui, il faut avoir le cynisme d’un pape déniant le préservatif face au sida pour continuer à précher éternellement le même catéchisme, aprés les crises du système absurde et divergent qui s’est développé en occident depuis les années 80 : bulles financières de la rente d’un côté, paupérisation croissante du monde du travail de l’autre, avec panne de croissance au milieu comme résultat. Le tout alimenté par la globalisation qui donne aux plus modestes l’impression qu’ils pourront survivre en consommant chinois !
Pourtant, comme il est dit sans rire (habsb):
» Ceci est le capitalisme, et tout est très logique, même s’il faut visiblement faire encore beaucoup de pédagogie pour que tout le monde saisisse son fonctionnement »
Or, rien n’est logique, et tout est faux-semblant :
Ainsi, l’affirmation « Les deux composants de l’entreprise (salaire et capital) sont achétés par l’entrepreneur propriétaire grâce au salaire et à l’intérêt (emprunt obligataire) » est précisément la contradiction que j’attendais de habsb, car c’est là que le bas blesse :
- l’emprunt obligataire n’est qu’un emprunt et son nominal ne disparait pas, alors que le travail fourni disparait bel et bien et doit être renouvelé constamment par le travailleur. Or, le capital apporté à l’emprunt n’est que du travail d’une phase antérieure non consommé, « stocké » sous forme d’épargne. Rien ne justifie donc la différence de traitement.
- l’actionnaire pur, lui, est un rentier qui n’est ni « propriétaire-entrepreneur » ni travailleur de l’entreprise. On voit donc mal comment, en apportant en une seule fois son « stock » de travail sous forme de capital, il peut supplanter en propriété le travailleur qui aura, à la fin de sa vie, apporté plusieurs fois ce « stock » à l’entreprise sans rien de perenne en échange, sinon un salaire souvent inférieur aux seuls dividendes qu’aurait rapporté son « stock » de travail en capital. Là encore, rien ne le justifie.
On voit donc qu’on ne peut sortir de cette contradiction qu’en affectant aux deux apports de même nature , travail et capital (stock de travail non consommé), le même traitement non seulement dans l’interessement mais dans le partage du pouvoir et de la propriété.
CAPITALISME TRAVAILLISTE OU TRAVAILLISME CAPITALISTE ?
C’est précisément cette construction logique que sollicite François Morin, à la fin de son livre (« Un monde sans Wall Street ») paru ce mois-ci : « Y a‑t-il un modèle de firme possible qui ne soit ni la société de capitaux, ni la société coopérative, et qui pourrait cependant être une alternative crédible pour l’organisation et la gestion des activités économiques ? »
Bien sûr, dit-il, le résultat courant aprés impôt devrait rémunérer le passé (les apporteurs de fonds, le présent (les salariés et les dirigeants) et le futur (les investissements).
C’est dans le partage du pouvoir et de la propriété que le conseil pourrait être un véritable conseil d’administration du « temps », en ce sens qu’il devrait faire des arbitrages stratégiques entre :
- la rémunération de ceux qui, par le passé, ont apporté leurs fonds ; celle-ci doit être suffisante pour que ces apporteurs ne vendent pas leurs parts et au contraire puissent continuer d’alimenter les fonds propres de la firme.
- la rémunération de ceux qui, dans le présent, ont assuré par leur travail la réalisation de l’activité de la firme et de ses résultats, en tenant compte des compétences des uns et des autres, et notamment du travail spécifique des dirigeants.
- le financement des investissements qui préparent et conditionnent l’avenir de l’activité de la firme. Des personnalités qualifiées, notamment dans le domaine scientifique, pourraient être désignées pour anticiper l’avenir à moyen ou long terme.
François Morin conclue :
« Une entreprise bâtie sur ce modèle n’a aucune raison d’effrayer les banquiers ou les apporteurs de capitaux. Son affectio sociatis (volonté commune à plusieurs personnes phsiques ou morales de s’associer) est par nature élevée. De la même façon, on peut penser que le travail salarié ne sera pas soumis à la pression de l’une des parties prenantes, mais sera considéré comme d’un apport essentiel à la vie de l’entreprise. Pourquoi une telle entreprise ferait-elle alors appel au marché financier ou à Wall Street ? »
Dans « Le capitalisme total », J.Peyrelevade pourfendait ce nouveau capitalisme actionnarial aveugle, fruit du marché financier et d’une épargne en quête de rendements sans limite.
Aussi fut-ce amusant de voir le même auteur, outre la présente « illusion fiscale », construire de toutes pièces une autre « illusion » pour mieux la combattre sur ce blog : « L’illusion collectiviste » (billet du 06.01.10). Son grief étant que, dans la construction collectiviste, « le marché financier n’existe pas, seuls quelques placements auprés des banques ou des caisses d’épargne publiques, en dépôts à vue ou à court terme, en tiennent lieu », il interrogeait aussitôt : « Comment l’Etat finance-t-il l’investissement de la collectivité, où trouve-t-il l’épargne nécessaire…? »
Il trouvera ci-dessus une réponse qui n’est en rien une refondation du capitalisme, puisque ce dernier a pour vice de construction d’oublier les droits d’un des deux « acteurs » de la société pour le reléguer au même rang de « facteurs » de la production que les machines ou les matières premières !
Le schéma de François Morin, qui valorise les deux acteurs en réhabilitant l’un des deux, est au choix un « capitalisme travailliste » ou un « travaillisme capitaliste » !
Il n’y a qu’un hic pour JP : François Morin, lui aussi, est un supporter de JL Mélenchon, et fut l’un des principaux orateurs du Forum organisé par le Front de Gauche : « Comment gouverner face aux banques ? »
Je crois utile de consigner ici la suite (et fin, j’espère) de mes démélées avec le sus-nommé.
Réponse à (peyrelevade | le 16 février 2011 à 18:43)
Je constate que les arguments « solidement étayés » par la logique et le raisonnement (capital = travail stocké) ont le don de vous déstabiliser et vous mettent dans l’incapacité de répondre autrement que par l’invective. Où est donc cette « vraie pensée » que vous vous targuiez de promouvoir sur ce blog ?
Car, enfin, où se situe la « religion » dont vous accusez les autres (au passage, je n’appartiens, comme beaucoup d’autres ici sans doute, à aucun parti), losqu’ils vous font remarquer qu’un capital épargné n’est autre qu’une part de rémunération du travail qui n’a pas été consommée. Vous l’avez vous même précisé entre paranthèses dans votre question citée :
« Comment l’Etat finance-t-il l’investissement de la collectivité, où trouve-t-il l’épargne nécessaire (qui, rappelons-le, est l’expression d’une renonciation à consommer) ? »
(L’illusion collectiviste, 06 janvier 2010)
Si l’épargne est bien ce fruit du travail qui n’est pas consommé mais stocké pour un usage différé (selon l’image des fourmis que vous affectionnez), cette équivalence logique convainc n’importe quel scientifique (et les économistes prétendent en être) qu’il n’y a aucune différence de nature alors que le capitalisme en fait une :
- Ce « travail stocké » offert en capital à l’entreprise comme facteur de la production trouve non seulement rémunération en dividendes, mais conserve sa valeur d’échange comme titre de propriété et la voit même fructifier à terme au-delà de l’inflation.
- En revanche, le travail présent offert en continu à l’entreprise comme facteur de la même production, trouve salaire mais rien qui témoigne de la plus-value captée par l’entreprise sur ce travail.
Or, s’il y a plus-value (hors-investissements), la différence de traitement des deux facteurs, de nature identique comme on vient de le voir, est source d’une divergence à terme de l’économie : à partir d’un certain seuil, le détenteur de capital bénéficie indéfiniment de la croissance économique sans rien faire et peut vivre d’une rente, alors que le travailleur en est exclu et voit en conséquence sa position se détériorer.
Les choses s’aggravent encore plus avec la globalisation : le travailleur d’une nation développée (entendez : nation qui a bénéficié du travail des ancêtres) se voit rétrogradé par le système libre-échangiste au même rang que les travailleurs équivalents des nations n’ayant pas cet acquis. En revanche, le capital qui a déjà fructifié sur le passé des nations développées s’attribue aujourd’hui la plus-value ainsi accrue par exploitation du dénuement. Par un curieux détournement sémantique, le capitalisme réserve ironiquement à cette course au moins disant social, le terme « compétitivité » traditionnellement dévolu au mieux disant !
La seule planche de salut du capitalisme, pour justifier ces non-sens, est d’invoquer la « prise de risque » dont on sait ce qu’il en advient : les fonds de pension reportent le risque sur les pensions versées, les « innovations financières » de la titrisation mutualisent le risque et le reportent in fine sur la collectivité, etc.
En tout état de cause, la plus-value captée à terme reste toujours positive en raison de progrés scientifiques, technologiques et méthodologiques. Elle devrait être reconnue à ce titre dans les deux cas, même si cela doit revêtir des modalités différentes.
En définitive, le capitalisme peut se targuer d’être bien nommé, par ce privilège indû accordé au capital, au détriment de son alter ego le travail dont il vole la part de plus-value. Ce n’est pas pour rien que les britanniques, première nation ayant connu le capitalisme, ont inventé le mot « travaillisme » pour légitimer la revendication qui lui fait contre-poids.
Il reste donc bien à inventer un « capitalisme travailliste » ou un « travaillisme capitaliste »
mais certainement pas une « refondation du capitalisme » !
« Laissez les économistes réfléchir au lieu de leur délivrer votre vérité révelée… », c’est précisément la recommandation de François Morin qui fut membre du Conseil général de la Banque de France et du Conseil d’analyse économique, au parti pris d’un X devenu banquier qui s’attribue le titre d’économiste pour avoir suivi en la matière des cours de rattrapage à l’Université, au début des années 60 !
si tout le monde pouvait le lire. A lire également « La Voie » d’edgar Morin.
Pour info, je serai au Repaire de Là-bas si j’y suis du 20ème arrondissement à Paris, samedi 26 février 2011 à 17 h, au café Le Lieu-Dit, 6 rue Sorbier :
Nous y parlerons des piliers fondateurs (et oubliés) d’une authentique démocratie et spécialement… du tirage au sort (surprise 🙂 ) et j’utiliserai un nouveau schéma pour montrer en quoi la vache sacrée de l’élection est un faux ami qui verrouille notre impuissance politique en livrant le pouvoir politique (et nous avec) aux riches.
Au plaisir de vous y rencontrer peut-être 🙂
Étienne.
http://www.demosphere.eu/node/22964
Pour mieux comprendre cette tendance oligarchique, il va falloir relancer de véritables analyses sociologiques des élites. Souligner une situation oligarchique est en effet une première étape, mais la suivante est de trouver les moyens de l’empêcher (comme ça a déjà été aussi dit ailleurs : http://yannickrumpala.wordpress.com/2010/08/17/eric-woerth-et-le-futur-de-la-sociologie-des-elites/ ).
Cette tendance oligarchique combine seulement l’existence de différentes stratégies individuelles de survie et la maximisation des probabilités (chacun veut survivre le mieux possible le plus longtemps possible).
Les hommes n’étaient pas assez instruits ou anticipatifs ou concernés au moment de faire certains (mauvais) choix dans le passé…
… et les erreurs commis ont donné suite à une situation actuelle très difficile parce-que la plupart de la population n’est pas au courant des finesses, et ceux qui sont au courant se trouvent pour la plupart dans une situation ou ils ne peuvent rien dire sans littéralement risquer la guillotine, ce qui est logiquement incompatible avec le mandat principal de tout être vivant, conserver la vie sauve autant de temps possible.
L’affinité de la plupart de la gauche pour les guillotines n’arrange pas du tout l’affaire, je dirais même que c’est le principal problème.
Quel peut bien être l’intérêt d’un de ceux qui savent pour faire ce qui est nécessaire pour sauver la planète… si cela implique qu’il sera passé par la guillotine (ou éliminé par ses pairs) et qu’il vivra donc moins longtemps que s’il laisse faire et finit ses jours quand la déesse fortune et l´évolution imprévisible des circonstances le ciblent aléatoirement ?
Si vous tenez des théories (illustrés, ou plutôt ignorantes) capables de représenter une menace pour tout ceux qui seraient capables de vous fournir les données nécessaires pour résoudre le problème, et en plus vous n’êtes pas capables de trouver ces données vous-mêmes… ALORS vous êtes la plus grande partie du problème VOUS-MÊMES.
Bonsoir,
L’enregistrement audio de mon exposé et des échanges qui ont suivi sur
le TIRAGE AU SORT comme rouage rigourement indispensable pour toute démocratie digne de ce nom,
samedi dernier est disponible en téléchargement aux adresses suivantes :
Format mp3 (122 mo)
http://dl.free.fr/eHe6pnMHQ
Format Ogg Vorbis (62 mo)
http://dl.free.fr/dIv9HDCk6
Format FLAC non destructif (open source), qualité CD, identique à l’enregistrement (722 mo)
http://dl.free.fr/dyApdrjB2
C’est dense, je crois.
Il faut que je mette vite au propre mon schéma.
Merci à Stéphane pour son travail de journaliste : repérage, enregistrement et diffusion.
Étienne.
OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE, PANNES FORCÉES, ESCROQUERIE GÉNÉRALISÉE (suite)
Les vidéos (révoltantes) que Gilles a signalées lundi 14 février à 10h59 ne sont plus disponibles…
Pourtant le sujet est essentiel : non content de voler les humains travailleurs (en les sous-payant systématiquement), les riches volent les humains consommateurs (en s’entendant entre eux pour leur vendre de la m…) Génial, ce système… Mais puisqu’on vous dit que c’est le meilleur…
Je renvoie donc les lecteurs aux pages suivantes, intéressantes :
• http://fr.wikipedia.org/wiki/Obsolescence_programm%C3%A9e
• http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/RAPPORT_OP_BDEF_2_.pdf
Étienne.
Bonsoir,
Les riches que vous dénoncez volent les humains travailleurs mais ont, pour la plupart, eux mêmes beaucoup travaillé.
Avant d’être riches, ils dénoncaient les riches.
En fait les travailleurs jalousent les riches, et rêvent de devenir riches eux mêmes.
Le discours que vous tenez est un discours de circonstance sauf si vous avez grande âme.
Combien de révoltés ont ravalé leur discours en acceptant les fauteuils du pouvoir, du Sénat, du parlement européen ?
Regardez les acteurs et chanteurs des enfoirés qui se donnent bonne conscience mais ne s’attaquent pas aux racines des inégalités puisqu’ils bénéficient de situations privilégiées.
Le système capitaliste a permis le développement des pays occidentaux grâce aux libertés individuelles, les riches redistribuent beaucoup plus que vous ne le pensez.
Vous dressez par exemple les entrepeneurs contre les autres citoyens… c’est une position simpliste et archaïque.
Être riche n’est pas une tare ! De plus, au risque de vous choquer, certaines inégalités sont justes…
Bon courage.
Problème bien plus complexe encore , Povriche :
Quand c’est la richesse même qui handicape la compétence du riche en ce qui concerne son « expertise » , tout sens critique utile à la comunauté étant aboli par le mode de vie « exceptionnel » du povriche…
Je vous conseille amicalement cette lecture :
« Labo Planète, ou comment 2030 se prépare sans les citoyens », par Catherine Bourgain, secrétaire de la Fondation Sciences citoyennes, Jacques Testard, biologiste,et Agnès SINAI Maître de conférence à sciences Po paris, Editions Milles et une nuits.2010(10Euros…)
On y aborde l’intérêt du tirage au sort d’une manière moins « dogmatique » que vous ne l’imaginez, sans préjuger du riche ni du pauvre, mais ces chercheurs nous mettent au pied du mur soi-disant infranchissable de « la compétence populaire »…Ce qu’ils proposent n’est pas démagogique, mais ils proposent un franchissement « démocratique » de ce mur ! au cours duquel on peut deviner que le plus chargé de « richesse matérielle » est le plus privé des atouts nécessaires !
Tirer au sort des hommes politiques, plus efficace que de voter ?
C’est ce qu’affirment des mathématiciens qui ont tenté de modéliser le fonctionnement du Parlement…
http://www.20minutes.fr/article/685020/ … ace-voter-
Et si, finalement, les Grecs avaient trouvé la meilleure solution avec la Boulè et le tirage au sort des membres du Parlement ? C’est le point de vue du mathématicien Alessandro Pluchino et de ses collègues de l’université de Catane.
Selon leurs recherches, reprises par la Technology Review du MIT, un système avec un Parlement basé sur deux partis fonctionne mieux si les députés et les sénateurs sont tirés au sort avec un nombre optimal d’élus indépendants introduit.
Dans le système actuel, en caricaturant, des centaines de millions d’euros sont dépensés dans de longues campagnes, des heures sont perdues en obstruction parlementaire et les systèmes n’échappent en général pas à la corruption, avec certains élus qui font passer leur intérêt, ou celui d’un groupe avant celui de l’ensemble de la société.
S’appuyant sur des travaux de l’économiste et historien Carlo Cipolla, Pluchino et son équipe ont ont divisés la population entre quatre catégories :
• les personnes intelligentes, dont les actions produisent un gain pour eux et les autres
• les naïfs (perte pour eux, gain pour les autres)
• les bandits (gain pour eux, perte pour les autres)
• les stupides (perte pour tout le monde)
Dans leur modèle, les élus peuvent soit proposer un projet de loi et voter pour/contre. Via des formules mathématiques compliquées, ils concluent que dans un système bipartite, les hommes politiques élus ont tendance à graviter autour d’un même comportement qui n’est que rarement le point optimal pour un gain pour le reste de la société.
Selon eux, plus on introduit des parlementaires indépendants tirés au sort, et plus le nombre de lois ajoutant de la valeur pour l’ensemble des citoyens augmente. Et pendant ce temps-là, les socialistes s’apprêtent à s’entredéchirer…
Source : http://www.20minutes.fr/article/685020/ … ace-voter-
Ça germe ?
Étienne.
@ povriche
Ne vous auto-introduisez-vous pas vous-même la confusion en assimilant travailleurs à pauvres, entrepreneurs à riches ?
Je me permettrait simplement de vous faire un copié/collé d’une réflexion que j’ai soumis à Étienne sur ce Blog
Les riches et les pauvres !
Les riches : la richesse exagérée, l’ultra et ses adeptes ?
Et pourtant, mis à part eux, les auto-exclus de la démocratie, qui ne veut pas de la légalité de l’Égalité ?
Légalité de l’Égalité . N’était-ce pas le simple titre du Livre maudit de 1789, dont la thèse simple – puisqu’ensevelie – proclamait que si tu crois avoir des dons* et des qualités* qui te révéleraient comme supérieur aux autres, tu doives bien te placer tout en bas de la société et soulever à bout de bras ? Et soulever la Société à bout de bras. Sinon quel peut bien être l’utilité de se trouver au sommet ? Il semble qu’il n’y reste plus à soulever à bout de bras que les étoiles.
Être intelligent, et le rester, transparaît, très soudain, comme accepter une participation à une pauvreté généralisée.
Puisqu’il semble si aisé d’établir un « revenu minimum garanti » , il devrait paraître encore plus facile d’établir un « revenu maximum garanti ». Toute richesse exagérée serait désormais définitivement exclue de la civilisation.
Le splendide contrecoup c’est que la galopante misère nationale, puis mondiale, serait, tendanciellement, en voie de complète disparition. Il ne resterait plus que ce que nous nommons « pauvreté généralisée ». Ce mot, toutefois, se profile quelque peu trompeur puisqu’il ne l’est que par rapport au mot richesse. En fait, cette dite pauvreté généralisée serait un incroyable enrichissement collectif pour, au moins les 3⁄4 de l’humanité, soit dans chaque pays occidental pour plus de 70 %, dans les pays en développement pour plus de 80 % et dans les pays dits pauvres pour plus de 90 %.
Bref, la loi du nombre, dite aussi démocratie, se verrait, pour la première fois, récompensée. L’acceptation de la « pauvreté généralisée » enrichit, grandement et à la seconde, les 3⁄4 de l’humanité. Mais, aussi, stabilise économiquement les autres 20 % tout en parvenant à la richesse de les mettre en cohérence avec eux mêmes. Restent 5 % : les seuls qui « profitent » de l’humanité entière, des ressources non renouvelables, de la misère générale. En démocratie, ils resteraient définitivement minoritaires. D’entêtés marginaux.
Vouloir maintenir que c’est pour le bien-être du plus grand nombre que ces riches exagérés n’arrêtent plus de se monopoliser les richesses pendant que l’inacceptable misère augmente de partout, oser poursuivre que le plaisir de 90 % de la population c’est de les voir devenir toujours plus riches et eux mêmes toujours plus pauvres, daigner asséner que c’est la responsabilité et la compétence qui, implacablement, obligent au « tout pour moi et rien pour les autres » d’Adam Smith – tout cela paraît de plus en plus fermement allié à la bêtise crasse de l’égoïste et nihiliste Religion dé-masquée de la Richesse exagérée : qui obligent au « tout pour moi et rien pour les autres » d’Adam Smith.
Or, comme nous l’a appris Marcel Mauss, dans l’essai sur le Don*, seul l’esprit qui n’attend pas obligatoirement quelque chose en retour fait fonctionner la Société.
Si tu as un DON c’est bien pour en faire Don. Et voilà pour les surdoués. Les doués d’un don, en faire don.
Don : mot substantivé comme d’un verbe impersonnel du genre il pleut. Avoir un don implique qu’il y ait donateur, soi-même ne peut se faire don, paternellement ou maternellement, à soi-même précédé de soi-même. Le donateur qui précède le don c’est la vie, par le code génétique mais qui ou quoi a précédé la vie. Le don passe par l’hérédité mais un don non exercé (l’environnement, l’acquis) ne se révèle pas. Quel que soit l’angle qui aborde le don, aucune preuve de supériorité ne peut jaillir de ce sur-don. Nul ne peut dire je pleus, nous pleuvons, seul l’impersonnel il pleut convient. Aussi bien nul ne peut dire je suis don, nous sommes don, seul l’impersonnel il m’a été donné un don convient. Et s’il vous a été donné un don ce n’est pas pour le vendre, non, juste pour le donner. Vous mettre au service de qui n’est pas doué.
Créer une structure inégalitaire pour « prouver » qu’on a un don prouve donc exactement l’inverse : ce serait les moins doués qui devraient avoir tous avantages afin que vous montriez que votre don annule ce handicap. Si vous avez tous les dons et que vous saisissiez EN PLUS tous les privilèges, vous « prouvez » juste que, sans ces privilèges, point de don. Avoir un don qui entrouvre le mystère du « donateur », ne « prouve » aucun inégalitarisme entre les humains. Au contraire. Qui ne partage pas avec les humains ses dons se montre bien inférieur à eux. “
@ Étienne
Bien à vous et merci pour ce que vous faites.
Bien à vous toutes et tous
naradamuni/Sans, ni+, ni-.
»pour un référendum révocatoire »
Pour la conquête d’un nouveau droit démocratique
lundi 25 mai 2009, par les communistes suisses
Une extension des droits démocratiques
L’instauration d’un Référendum révocatoire permettant de révoquer les mandats des Conseillers d’Etat, des conseillers administratifs, des maires, des adjoints aux maires constituerait une extension des droits démocratiques, le peuple pouvant non seulement élire ces derniers, mais aussi les destituer avant la fin de leur mandat. Le référendum révocatoire pourrait notamment être utilisé en cas de non-respect de la volonté populaire, de retournement de veste notoire, d’abus de pouvoir ou de gestion désastreuse d’une crise.
Pour plus de contrepouvoirs populaires
Le Référendum révocatoire vise à établir plus de contrepouvoirs, en donnant aux citoyens un moyen de pression permanent sur les pouvoirs exécutifs et le procureur général. Il s’agit de rapprocher les magistrats du peuple et d’empêcher qu’ils puissent jouir d’une totale liberté durant leur mandat. Car tous ces élus doivent œuvrer au service du peuple, et il est intolérable que certains, au mépris de leurs électeurs, fassent ce qu’ils veulent durant leur mandat ou alors ne fassent rien.
Un moyen de dissuasion contre l’opportunisme
Dans notre régime où tous les grands partis se partagent le pouvoir dans les exécutifs, et où ces gouvernements de coalition débouchent sur une politique centriste trahissant la plupart des engagements pris par les uns et les autres pendant les campagnes électorales, il est important que chacun assume ses positions une fois élu. La politique de concordance qui sévit dans notre république sert trop souvent d’excuse à ceux qui cherchent à dissimuler leur opportunisme sans limites. Instaurer un Référendum révocatoire, c’est dissuader les opportunistes de tout poil de gouverner.
D’autres républiques ont déjà institué pareil droit
Le droit de Référendum révocatoire a déjà été inscrit dans la constitution du canton du Tessin, permettant de demander la destitution en bloc du Conseil d’Etat (cinq membres). D’autres républiques comme la Bolivie et le Venezuela l’ont aussi instauré dans leurs constitutions. Dans ce dernier pays, il a même déjà été utilisé contre le Président de la république.
Impunité totale pour les criminels financiers de Wall Street (18 avril 2011)
Le sous-comité permanent sur les enquêtes du Sénat américain a rendu public (le 13 avril 2011) un volumineux rapport sur le krach de Wall Street de 2008 qui documente combien la fraude et la criminalité sont répandues au sein de tout le système financier et de ses relations avec le gouvernement.
Le rapport de 650 pages est le résultat d’une enquête qui s’est déroulée sur deux ans et qui comprend 150 entrevues et dépositions ainsi que l’examen de courriels et documents internes de grandes banques, d’organismes de réglementation gouvernementaux et d’agences de notation. Le rapport, intitulé « Wall Street et la crise financière : Analyse d’un effondrement financier », établit que le krach financier et la récession qui a suivi étaient le résultat de fraude et d’escroquerie systémiques de la part des prêteurs hypothécaires et des banques, de connivence avec les sociétés de notation et avec la complicité du gouvernement et de ses organismes de réglementation des banques.
…
La criminalisation de la classe dirigeante américaine est le résultat de plus de trois décennies durant lesquelles l’accumulation de richesse par l’élite financière et patronale est devenue de plus en plus séparée de toute la production. Dans sa quête du profit, la classe dirigeante a démantelé de larges sections de l’industrie et s’est tournée résolument vers la manipulation et la spéculation financière.
Une raison expliquant l’absence de poursuite judiciaire est le pouvoir des individus impliqués, qui exercent tous une immense influence sur les politiciens, les médias et le système judiciaire. Mais les causes sont plus larges que le statut de quelques individus, tout comme ce sordide état de choses n’émerge pas de la cupidité individuelle, mais plutôt d’une profonde crise de tout le système.
…
Merci Assurancetourix,
J’ai relayé (et commenté) l’article entier sur le fil de forum consacré à la monnaie : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=10607#p10607
Étienne.
Comment la banque Goldman Sachs dirige le monde ! (sur agoravox.tv)
Le problème cher ami, c’est que c’est la richesse qui crée l’emploi et la prospérité. C’est un cercle vertueux. On peut bien sûr tous être pauvres, pourquoi pas.
« la société se croit une collection indistincte d’individus segmentée en communautés ethniques, religieuses, régionales ou sexuelles. »
Non la société se croit mélangée et possiblement mixée mais c’est naturellement impossible : statistiquement 80% des gens que nous connaissons nous ressemblent.
Regardez autour de vous et comptez le nombre de personnes pensant différemment…
« le détenteur de capital bénéficie indéfiniment de la croissance économique sans rien faire et peut vivre d’une rente, alors que le travailleur en est exclu ».
Totalement faux, les travailleurs sont mieux payés dans des entreprises se portant bien et profitent de la prospérité de l’entreprise : hauts salaires, intéressement, participation, avantages en nature, CE etc… ils ne supportent en sus en rien le risque de l’entrepreneur au niveau financier.
Libre à eux d’épargner, d’investir et de faire fructifier leur capital pour en vivre mais attention : c’est risqué, on peut tout perdre, et il faut souvent travailler très longtemps et très dur avant de pouvoir s’arrêter.
A contrario de votre raisonnement, c’est de plus toujours des gouvernements collectivistes qui sont devenus des oligarchies. Dois-je vous rappeler que Chavez, Ben Ali, Bachar El Assad ont eu leur carte à l’internationale socialiste ?
Si vous voulez dire que les grands patrons, les énarques et les politiques ont créé un cénacle fermé et qu’ils tentent de garder le maximum de pouvoir et d’argent pour eux, c’est totalement vrai !
Mais croyez-vous que ce soit en voulant encore plus d’état que leur pouvoir va diminuer ?
La logique vous perd me semble-t-il.
De la lecture pour vous
Le tirage au sort me semble aussi intelligent que de donner le volant d’une voiture à un aveugle ou un unijambiste sans lui demander son avis…
Cordialement.
@ theatre :
Manifestement, vous n’avez pas assez étudié la question du tirage au sort en politique. Je ne peux pas reprendre ici toutes les réfutations à vos (classiques mais réfutables) objections. Je vous invite cordialement à consulter cette page : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/tirage_au_sort.php
Affirmer n’est pas prouver. Quand vous dites « c’est la richesse qui crée l’emploi et la prospérité », ça me paraît aussi idéologique (et non démontré) que la thèse qui prétendrait que « l’État est par essence protecteur » ou que « l’intérêt collectif est toujours préférable à celui des individus » (ce que je n’ai jamais dit).
Le tirage au sort ne donne pas « le volant » (comme vous dites) aux tirés au sort : précisément, il ne donne « le volant » À PERSONNE, de façon à ce que les hommes, tous les hommes, gardent tous (durablement) une chance de participer (vraiment) aux décisions collectives : le tirage au sort est imaginé (et imposé) PAR des citoyens adultes (et PAS des électeurs enfants) pour se protéger eux-mêmes des voleurs de pouvoir, 1) en ne donnant que très peu de pouvoir à la fois, 2) à des amateurs, 3) pour très peu de temps, 4) jamais deux fois de suite, et 5) sous un contrôle sourcilleux et permanent. Alors, en fait de « délégation de tous les pouvoirs à des aveugles inconscients », vous repasserez.
Vous avez peut-être raison, je n’exclus évidemment pas l’hypothèse, mais 1) il faut le démontrer, et 2) il faut travailler la thèse adverse, parce que si vous la déformez FAUTE DE L’AVOIR MÊME LUE, vous risquez de passer à côté d’une idée que vous auriez peut-être fait vôtre, tellement vous l’auriez appréciée 🙂
Étienne.
Appel à Étienne Chouard et André-Jacques Holbecq :
Une manifestation de solidarité avec le peuple grec dans la cité phocéenne devant le consulat avec Étienne Chouard, André-Jacques Holbecq, Olivier Bonnet, Charles Hoareau, Danièle Bleitrach … et pardon pour les personnes entêtées et charismatiques de la Région que je n’ai pas citées, plus des palanquées de gens un peu plus anonymes, cela aurait de la gueule, excusez-moi l’expression. Avec bien sûr de gros drapeaux grecs, une énorme banderole « Grèce, Solidarité » et éventuellement de tout petits petits drapeaux POI, LO, M’PEP, DLR, PCF, UPR, NPA, CNT, MRC, PG. Nous sommes les 99 % du peuple, mais nous sommes presque 99 fois 1 % ! Ou alors sans aucun drapeau de partis, une marche blanche avec des slogans à définir. Qu’en pensez-vous ?
http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=11840#p11840
La classe ouvrière a perdu sa conscience unitaire, le peuple ne se voit plus comme tel, la société se croit une collection indistincte d’individus segmentée en communautés ethniques, religieuses, régionales ou sexuelles. L’oligarchie, elle, a une conscience de classe aiguisée, une cohérence idéologique sans faille, un comportement sociologique parfaitement solidaire. – tiré de Extraits de cet ouvrage d’Hervé KEMPF / post initial d’ETIENNE.
ouvrière, un de ces mots qui dessert cette cause commune, ces mots, ces notions, ces particularismes qui segmentent et divisent la société… et tant d’autres termes encore, tel ‘oligarchie’, qui semble appartenir à une autre époque et paraît complètement déplacé dans la bouche de celui ou de celle qui ose aujourd’hui l’utiliser, et le plus concrètement possible, tel une incongruité linguistique et sociétale, un mot lié à l’Histoire et à d’autres moeurs… Oui, ce monde et ce pouvoir sont autrement plus subtiles qu’ils ne l’ont jamais été, et ce sont bien nos cerveaux, nos esprits qui sont prisonniers eux-mêmes de toutes ces limitations réelles ou pressenties.
Ce combat est bien une guerre psychologique, une confrontation des consciences, et c’est à nous, parmi tant d’autres, qu’il appartient d’user des bons mots et de les réabiliter au besoin, mais pas seulement ce parfait langage mais également cette intention qu’on y met, cette intention vertueuse et irréductible, cette Légitimité qui ne souffre aucun travers_sous peine de perdre sans cette exigence et cette vigilance tout cet acquis, tous ces fruits et ce travail effectué.
EFFAB
C’est à vomir ! et tout cela est si affligeant ! et je suis loin d’avoir tout lu encore !… juste ce sans ambage de Warren BUFFET en 2006, ces chefs d’Etat si nantis et si cotés dans le monde des prestations conférencières et lobbyistes – cette indécence publique et politique ! -, ces MOSCOVICI et STRAUSS KAHN indignes de la moindre considération, ce sommet de regroupements d’intérêts libéralistes au sein de la gouvernance OBAMA qui nous a tant enfumé avec cette élection soi-disant historique d’un homme de couleur et d’un self-made man aux plus hautes charges de l’Etat – non ! certains ne sont pas tant farfelus que ça d’y voir là la marque de l’Antéchrist, au propre comme au symbolique ! -, le vol du bien public et cet exemple des privatisations des autoroutes en 2005, secteur public alors largement amorti et dégageant de conséquents bénéfices…
J’enrage et je fulmine ! abruti que je suis tout pétri de cette impuissance commune… J’enrage mais n’y voyez là aucune haine, juste cette Légitimité qui nous concerne tous, juste ce Droit des droits qui est bafoué et détourné sous nos yeux et notre consentement…
Ce renouveau printanier et notre petit jardin entre fantaisie créatrice et volonté écologique, ce potager de notre autonomie – relative et projetée -, ces espaces de verdure et ces réalités vitales, ce miracle de la vie, la graine la plus minuscule capable de cette expansion foisonnante de matière et d’énergie, toute cette magie contenue là, cette beauté, cette harmonie, ce plaisir de l’oeil et cet éveil des sens, ce profond bien-être, cette plénitude… et cette musique qui démarre à l’instant où j’écris ceci, sur France Culture, du BEETHOVEN, la Symphonie Héroïque, le tout début !
Très très bonne journée à vous tous, amis virtuels et consciences en éveil, lol
http://www.youtube.com/watch?v=W‑uEjxxYtHo&feature=player_detailpage
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/02/08/116-l-oligarchie-ca-suffit-vive-la-democratie-mais-pas-de-democratie-sans-tirage-au-sort#comment-form