L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie ! Oui, mais pas de démocratie sans tirage au sort !

8/02/2011 | 25 commentaires

Jour­na­liste au Monde, spé­cia­liste de l’é­co­lo­gie et ani­ma­teur du site Repor​terre​.net, Her­vé Kempf vient d’é­crire à nou­veau un bon livre : « L’o­li­gar­chie ça suf­fit, vive la démo­cra­tie ! ».

C’est un bon réca­pi­tu­la­tif des tur­pi­tudes, des mal­hon­nê­te­tés, de la cor­rup­tion géné­ra­li­sée de nos pré­ten­dues élites, sous cou­ver­ture (pré­ten­du­ment) démocratique.

Tous les faits sont bien sour­cés (c’est l’exi­gence d’un bon jour­na­liste du Monde — il y en a encore quelques uns — qui veut ça) : on pour­ra donc pui­ser là de bonnes rai­sons de s’in­di­gner, preuves à l’ap­pui.

Mais si ce n’é­tait que ça, il ne serait pas le pre­mier et ce ne serait pas très ori­gi­nal. J’ai à la mai­son quelques autres ouvrages qui décrivent en détail (depuis des siècles) les intrigues et les outils des riches d’une l’é­poque pour conser­ver et accroître leurs pri­vi­lèges : tyran­nie, empire, colo­ni­sa­tion, ter­reur, pro­pa­gande, men­songes, traî­trises, idéo­lo­gie de la pro­prié­té et du tra­vail for­cé, ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion du chô­mage qui rend tout le monde docile, prise de contrôle de la créa­tion moné­taire, puis des par­tis, donc des élus, finan­ce­ment des fas­cismes et des tota­li­ta­rismes (de gauche comme de droite), nov­langue, sto­ry­tel­ling, fabrique du consen­te­ment, dia­bo­li­sa­tion des oppo­sants anti-oli­gar­chiques signi­fi­ca­tifs, foca­li­sa­tion de l’o­pi­nion sur de faux enne­mis (appe­lés « bar­bares » puis « ter­ro­ristes », ou « extré­mistes » ou « anti­ré­pu­bli­cains »), atten­tats sous faux dra­peau, lob­bying, pan­tou­flage, cor­rup­tion, guerre 1) bru­tale quand la révo­lu­tion menace trop les riches et 2) per­ma­nente pour faire tour­ner les usines et pour entre­te­nir un besoin de sécu­ri­té (tech­niques clas­siques de la maf­fia his­to­rique : ter­ro­ri­ser, puis se pré­sen­ter en pro­tec­teur, en échange de la doci­li­té et du tra­vail forcé)…

Voyez cet aper­çu, la meilleure moi­tié de ce que j’ai sur la ques­tion (cli­quer pour agran­dir, puis Ctrl+roulette pour agran­dir encore) :


Biblio­gra­phie per­son­nelle sur LES MÉFAITS ET MÉTHODES DES RICHES, par­tout sur terre.

Pour une biblio com­plé­men­taire et spé­ci­fique sur le hold-up des riches sur la créa­tion moné­taire, voyez ici.

En plus de pro­po­ser un flo­ri­lège per­son­nel — dense, court et fiable, donc utile à tous — des pires cor­rup­tions et tra­hi­sons du moment, l’o­ri­gi­na­li­té du livre d’Her­vé Kempf est sur­tout de mettre UN NOM — OLIGARCHIE — sur cette cor­rup­tion des pou­voirs poli­tiques publics par des puis­sances éco­no­miques pri­vées, et au pas­sage, de net­toyer, de déca­per un peu — mais pas assez à mon avis, pas jus­qu’au bout, j’y revien­drai — un autre nom gal­vau­dé, défor­mé, inver­ti — DÉMOCRATIE.

Extraits :

Cer­tains éco­lo­gistes doutent de la sagesse du peuple et, plu­tôt que la démo­cra­tie, recom­mandent un pou­voir auto­ri­taire. Mais ils com­mettent une erreur fon­da­men­tale : ils croient que nous sommes en démo­cra­tie. En réa­li­té, le capi­ta­lisme finis­sant glisse vers une forme oubliée de sys­tème poli­tique. Ce n’est pas la démo­cra­tie — pou­voir du peuple par le peuple et pour le peuple —, ce n’est pas la dic­ta­ture — pou­voir d’un seul aux fins qui lui sont propres —, c’est l’o­li­gar­chie : le pou­voir de quelques-uns, qui déli­bèrent entre eux des solu­tions qu’ils vont impo­ser à tous.

Il est de l’in­té­rêt des puis­sants de faire croire au peuple qu’il est en démo­cra­tie. Mais on ne peut pas com­prendre le moment pré­sent si l’on n’ex­plore pas la réa­li­té soi­gneu­se­ment occul­tée : nous sommes en oli­gar­chie, ou sur la voie de l’o­li­gar­chie. Ce livre mène cette exploration.

(…)

Le socio­logue anglais Colin Crouch, dans un essai remar­quable, a décrit la situa­tion poli­tique sous le terme de « post­dé­mo­cra­tie », qui cor­res­pond assez bien à la forme actuelle du régime oli­gar­chique : « Même si les élec­tions existent et peuvent chan­ger les gou­ver­ne­ments, le débat élec­to­ral est un spec­tacle soi­gneu­se­ment contrô­lé et géré par des équipes rivales de pro­fes­sion­nels experts dans les tech­niques de per­sua­sion. Le débat porte sur le petit nombre de dos­siers sélec­tion­nés par ces équipes. La masse des citoyens joue un rôle pas­sif, voire apa­thique, en ne réagis­sant qu’aux signaux qui lui sont envoyés. Der­rière le spec­tacle du jeu élec­to­ral, la poli­tique réelle est défi­nie en pri­vé dans la négo­cia­tion entre les gou­ver­ne­ments élus et les élites qui repré­sentent de manière écra­sante les inté­rêts des milieux d’affaires. »

Répé­tons-le : l’o­li­gar­chie, ce n’est pas la dic­ta­ture, c’est le gou­ver­ne­ment par le petit nombre des puis­sants. Entre eux, ils dis­cutent, réflé­chissent, s’op­posent, riva­lisent. Ils font « démo­cra­tie », mais entre eux, sans le peuple. Et quand la déci­sion est prise, elle s’im­pose, même si l’on y met­tra les formes en habillant avec un art consom­mé la pro­cé­dure élec­to­rale et la dis­cus­sion publique.

La classe ouvrière a per­du sa conscience uni­taire, le peuple ne se voit plus comme tel, la socié­té se croit une col­lec­tion indis­tincte d’in­di­vi­dus seg­men­tée en com­mu­nau­tés eth­niques, reli­gieuses, régio­nales ou sexuelles. L’o­li­gar­chie, elle, a une conscience de classe aigui­sée, une cohé­rence idéo­lo­gique sans faille, un com­por­te­ment socio­lo­gique par­fai­te­ment solidaire.

Elle a gagné, et il faut vrai­ment faire pro­fes­sion de poli­to­logue pour affec­ter de ne pas le savoir. L’un des trois hommes les plus riches du monde, War­ren Buf­fet, le dit sans ambages. Il reçoit en 2006 un jour­na­liste, qui raconte la scène : « Il s’a­vé­ra que M. Buf­fet, avec un reve­nu immense, payait une frac­tion beau­coup plus petite, mais vrai­ment beau­coup plus petite de son reve­nu en impôt que les secré­taires ou employés tra­vaillant dans ses bureaux. Durant la dis­cus­sion, il appa­rut que M. Buf­fet n’u­ti­li­sait aucune ruse fis­cale. Il payait juste ce que les ser­vices des impôts deman­daient. « Com­ment est-ce pos­sible, com­ment cela peut-il être juste ? », deman­da-t-il. J’é­tais d’ac­cord avec lui, mais je lui dis que qui­conque essaie­rait de poser ce pro­blème serait accu­sé de fomen­ter la lutte des classes. « Il y a une lutte des classes, tout à fait », répli­qua M. Buf­fet, « Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène la guerre, et nous la gagnons ». »

(…)

Vingt ans plus tard, le fait que des chefs d’É­tat à la retraite fassent com­merce de leur célé­bri­té et de leur influence ne choque plus per­sonne. Tony Blair, ex-Pre­mier ministre bri­tan­nique, peut atteindre un cachet de 616000 dol­lars pour deux confé­rences de trente minutes, Bill Clin­ton, ex-Pré­sident des États-Unis, est coté jus­qu’à 450000 dol­lars la confé­rence – entre 2001 et 2007, il a ain­si accu­mu­lé 40 mil­lions de dol­lars -, Al Gore, ex-vice pré­sident, prend la parole pour 100000 dol­lars. Pour José Maria Aznar, Pre­mier ministre d’Es­pagne retrai­té, comp­tez 40000 euros, pour John Major, ex-Pre­mier ministre bri­tan­nique, 60000 dol­lars, pour Hel­mut Kohi, chan­ce­lier d’Al­le­magne… ah, le tarif n’est pas public, mais Gerhard Schrô­der, autre chan­ce­lier, ani­me­ra votre soi­rée pour 75 000 dollars.

Beau­coup de ces hommes poli­tiques com­plètent leurs hono­raires de confé­rences par des conseils rému­né­rés aux entre­prises, banques, fonds d’in­ves­tis­se­ment et par la par­ti­ci­pa­tion à des conseils d’ad­mi­nis­tra­tion. Notez que les figures cata­lo­guées comme « de gauche », Tony Blair et Gerhard Schrö­der, comptent par­mi les plus brillants affai­ristes du lot, sans trop s’embarrasser d’é­ven­tuels conflits d’in­té­rêt : Schrö­der a ain­si été embau­ché comme conseiller, à 250 000 euros par an, par la firme russe Gaz­prom, alors que, en tant que chan­ce­lier, il avait signé deux mois aupa­ra­vant, en sep­tembre 2005, un accord gazier avec la Rus­sie, Quant à Tony Blair, il a accu­mu­lé 17 mil­lions d’eu­ros en moins de trois ans, après son départ de Dow­ning Street, en 2007 – et opé­rait un astu­cieux mon­tage fis­cal pour échap­per au per­cep­teur ». Il sui­vait l’exemple de l’an­cien Pre­mier ministre du Cana­da, Jean Chré­tien, deve­nu homme d’af­faires après qu’il eut quit­té le pou­voir en 2003, scel­lant de nom­breux contrats aux quatre coins de la pla­nète – der­nier en date : un casi­no de plu­sieurs mil­liards de dol­lars à Hô Chi Minh-Ville, au Vietnam.

(…)

En oli­gar­chie, la réus­site signi­fie notam­ment la mise en coupe réglée de l’É­tat Le mot « réglé » est ici impor­tant : il ne s’a­git pas de le rui­ner, comme dans une dic­ta­ture afri­caine où une extrac­tion trop vio­lente des richesses main­tient le peuple dans la misère, mais de « régler » le pré­lè­ve­ment sans tuer la bête. Tout l’art consiste à ne pas déclen­cher au sein de popu­la­tions chez qui sub­sistent des réflexes démo­cra­tiques une rébel­lion qui mena­ce­rait la péren­ni­té de l’ex­ploi­ta­tion. L’a­dé­quat niveau de pré­lè­ve­ment et les formes selon les­quelles il s’exerce attestent du savoir-faire de l’o­li­gar­chie. Ils varient selon les pays, les cultures natio­nales, les his­toires. Par­tout, cepen­dant, un mou­ve­ment géné­ral de pri­va­ti­sa­tion du bien com­mun a été entre­pris avec le rebond du capi­ta­lisme dans les années 1980. La hausse stu­pé­fiante des inéga­li­tés mani­feste le suc­cès de cette entreprise.

(…)

Et comme dans la Rus­sie post-sovié­tique, ce sont des hauts fonc­tion­naires, for­més à l’E­cole natio­nale d’ad­mi­nis­tra­tion (ENA) qui se sont trou­vés les mieux pla­cés pour pro­fi­ter des pri­va­ti­sa­tions qu’ils pilo­taient depuis les cabi­nets ministériels.

Une nou­velle car­rière des hon­neurs s’est ain­si mise en place, que résume à mer­veille ce dia­logue entre deux nota­bi­li­tés « socia­listes » : « En juin 1984, Pierre Mos­co­vi­ci, sor­ti sixième de l’E­NA, télé­phone à celui qui fut son pro­fes­seur [Domi­nique Strauss Kahn] pour lui deman­der ce qu’il pense de l’Ins­pec­tion des finances [un corps d’É­tat pres­ti­gieux qui accueille les meilleurs élèves de l’E­NA] : « C’est la meilleure busi­ness-school fran­çaise. Vous y res­tez quatre ans et vous gagnez plein de fric. » Et le Tré­sor ? « C’est un peu moins bien, mais, là aus­si, vous faites quatre ans et vous gagnez du fric. » »

(…)

Les allers-retours entre postes de la haute admi­nis­tra­tion et conseils d’ad­mi­nis­tra­tion des grandes entre­prises se sont aus­si mul­ti­pliés. La pré­si­dence de George W. Bush (de 2001 à fin 2008) allait pous­ser cette osmose à un degré sans doute jamais atteint. Une enquête du Den­ver Post mon­trait par exemple en 2004 que plus de cent lob­byistes avaient été embau­chés dans les ser­vices d’É­tat char­gés de contrô­ler les indus­tries qui les employaient juste auparavant !

Le pré­sident Oba­ma a des­ser­ré la longe avec les milieux d’af­faires, mais pas au point de creu­ser un fos­sé infran­chis­sable. M. Oba­ma, qui avait col­lec­té deux fois plus de fonds pour finan­cer sa cam­pagne pré­si­den­tielle en 2008 que son rival McCain (745 mil­lions de dol­lars contre 368), a inté­gré dans son équipe gou­ver­ne­men­tale des per­son­na­li­tés venues du monde finan­cier, comme Law­rence Sum­mers, Timo­thy Geith­ner et Peter Ors­zag, tous trois très liés avec Robert Rubin, ex-pré­sident de Gold­man Sachs et arti­san, sous Bill Clin­ton dont il était le secré­taire au Tré­sor, d’une accé­lé­ra­tion de la déré­gu­la­tion finan­cière. Le ministre de la Jus­tice, Eric Hol­den, a quant à lui tra­vaillé chez Coving­ton & Bur­ting, un cabi­net juri­dique défen­dant les inté­rêts des grandes entre­prises, tan­dis que Den­nis Blair, direc­teur jus­qu’en mai 2010 des ser­vices d’es­pion­nage, le Natio­nal Intel­li­gence, était aupa­ra­vant membre du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion d’une com­pa­gnie de maté­riel mili­taire, EDO Corp. James Jones, conseiller pour la Sécu­ri­té natio­nale, était pour sa part l’un des direc­teurs de Boeing et de Che­vron. D’autres repré­sen­tants des cor­po­ra­tions ont été nom­més par la nou­velle admi­nis­tra­tion à des postes moins visibles, tels Isi Sid­di­qui, ancien vice-pré­sident de Cro­plife, asso­cia­tion des entre­prises de pes­ti­cides et de bio­tech­no­lo­gies végé­tales, comme négo­cia­teur pour les ques­tions agri­coles, Michael Tay­lor, ancien vice-pré­sident de Mon­san­to, comme com­mis­saire adjoint à l’A­gence de l’a­li­men­ta­tion et des médi­ca­ments (FDA), ou William Lynn, ancien lob­byiste pour la firme d’élec­tro­nique mili­taire Ray­theon, au poste de ministre adjoint à la Défense. Au total, le jour­na­liste Timo­thy Car­ney a recen­sé 45 ex-lob­byistes à des posi­tions impor­tantes de l’ad­mi­nis­tra­tion Oba­ma. Et moins de deux ans après l’en­trée en fonc­tion du Pré­sident, cer­tains com­men­çaient à quit­ter le gou­ver­ne­ment, pour rejoindre… des cabi­nets de lob­bying. C’est le cas de Dar­non Mun­chus, un adjoint de Timo­thy Geith­ner, repar­ti au prin­temps 2010 vers Cypress Group, qui défend les inté­rêts des hedge funds et autres gérants de pro­duits dérivés.

(…)

Un ami qui veut votre bien public

Le deuxième volet de la mar­chan­di­sa­tion de la sphère publique a consis­té à enga­ger un mou­ve­ment géné­ral de pri­va­ti­sa­tion des entre­prises déte­nues par l’É­tat. Lan­cé dans les années 1980, il avait un but autant pra­tique qu’i­déo­lo­gique : four­nir des recettes aux États tout en fai­sant recu­ler la pos­si­bi­li­té d’in­ter­ven­tion de ceux-ci dans la vie éco­no­mique. Mais la chry­sa­lide idéo­lo­gique s’est vite trans­for­mée en papillon cupide : comme on l’a vu à tra­vers quelques exemples pré­cis, la pri­va­ti­sa­tion a enri­chi ceux qui la met­taient en œuvre comme ceux qui s’ap­pro­priaient les biens publics, dans la mesure où les entre­prises cédées l’ont sou­vent été à des prix ami­caux. Un exemple inté­res­sant est celui des socié­tés d’au­to-routes fran­çaises pri­va­ti­sées en 2005 pour 11 mil­liards d’eu­ros,
alors que, lar­ge­ment amor­ties, elles déga­geaient plus d’un mil­liard d’eu­ros de béné­fices par an. Le vol du bien public était si fla­grant que le gou­ver­ne­ment dut l’im­po­ser à l’As­sem­blée natio­nale par un débat sans vote.

Un si déli­cieux exemple – lui-même ins­pi­ré des pri­va­ti­sa­tions espa­gnoles – ne pou­vait man­quer de sus­ci­ter la même idée au Royaume-Uni où Mar­ga­ret That­cher et Tony Blair n’ont pas réus­si à tout déna­tio­na­li­ser : la banque Roth­schild a donc pro­po­sé en 2010 un plan mas­sif de pri­va­ti­sa­tion des auto­routes britanniques.

La France de M. Sar­ko­zy, qui concourt pour la médaille d’or – très dis­pu­tée – du régime oli­gar­chique le plus cynique d’Oc­ci­dent, a ren­ché­ri en pri­va­ti­sant l’ac­ti­vi­té des jeux de hasard et des paris sur Inter­net par une loi d’ur­gence, votée toutes affaires ces­santes en mai 2010, cas­sant le vieux mono­pole d’É­tat sur les lote­ries et autres paris hip­piques. C’est qu’il s’a­gis­sait d’as­su­rer aux amis du pré­sident de la Répu­blique, patrons de sites de jeux comme Sté­phane Cour­bit et Domi­nique Des­seigne, ou direc­teurs de chaînes de télé­vi­sion comme Mar­tin Bouygues et Vincent Bol­lo­ré, la part du gâteau en pleine expan­sion des paris spor­tifs sur Inter­net Que la loi dépouille l’É­tat de ses recettes, affai­blisse sa capa­ci­té de régu­la­tion, et déve­loppe les com­por­te­ments addic­tifs des joueurs – autant de gens qui ne pen­se­ront pas à être citoyens – n’est pas seule­ment une négli­gence : c’est bel et bien le but recher­ché. La dis­cus­sion par­le­men­taire avait don­né lieu à un échange inté­res­sant entre le dépu­té socia­liste Gaé­tan Gorce et le ministre du Bud­get, Éric Woerth. « Cer­taines socié­tés de télé­vi­sion, expli­quait M. Gorce, pour­ront faire des résul­tats à la fois sur leur acti­vi­té de radio­dif­fu­sion, sur les paris qu’elles orga­nisent, sur les retrans­mis­sions qu’elles pré­sentent et sur la publi­ci­té qu’elles touchent. Telle est la concep­tion que vous avez de la concur­rence. Nous avions un mono­pole public, nous allons vers un oli­go­pole pri­vé. » Réponse d’É­ric Woerth : « Nous fai­sons très atten­tion aux conflits d’in­té­rêts. Peut-être n’en avons-nous pas tout à fait la même notion. » M. Woerth parle d’or : les oli­garques n’ont pas la même notion des conflits d’in­té­rêts – le mélange entre une posi­tion publique et des inté­rêts pri­vés – que les démocrates.

Après avoir d’a­bord ren­du aux inté­rêts pri­vés les entre­prises indus­trielles, les gou­ver­ne­ments oli­gar­chiques se sont atta­qués aux acti­vi­tés de ser­vices (trans­ports, élec­tri­ci­té, télé­com­mu­ni­ca­tions, jeux), encou­ra­gés par une Com­mis­sion de Bruxelles pous­sant le prin­cipe de la concur­rence jus­qu’à l’absurde.

Enfin, absurde du point de vue de l’in­té­rêt géné­ral, mais pas de celui des béné­fices pri­vés. Comme l’é­crit James Gal­braith, « les membres de cette nou­velle classe ont déci­dé de s’emparer de l’É­tat et de le gérer, non pour mettre en œuvre un pro­jet idéo­lo­gique, mais de la façon qui leur rap­porte le plus d’argent, qui per­turbe le moins leur pou­voir et qui leur offre le plus de chances d’être ren­floués au cas où quelque chose tour­ne­rait mal. Bref, ils ont déci­dé d’a­gir en pré­da­teurs vis-à-vis des ins­ti­tu­tions existantes ».

Quand, faute de gibier, le plai­sir de la pri­va­ti­sa­tion des entre­prises publiques tend à s’é­teindre, on pro­cède par d’autres voies au déman­tè­le­ment de l’É­tat : par exemple en sti­mu­lant la concur­rence pri­vée sur de grands ser­vices publics comme la san­té ou l’é­du­ca­tion. La méthode est simple : d’une part assè­che­ment en dou­ceur mais régu­lier des bud­gets publics et d’autre part encou­ra­ge­ment par diverses mesures dis­crètes du sec­teur pri­vé. Ain­si, le sec­teur public se dégrade peu à peu, et ceux qui peuvent payer placent leurs enfants ou se font soi­gner dans le pri­vé, ce qui jus­ti­fie de nou­veaux encou­ra­ge­ments éta­tiques au sec­teur pri­vé, en arguant de l’« inef­fi­ca­ci­té du public ».

Une autre méthode de pré­da­tion des biens publics se pré­sente sous l’ap­pel­la­tion de « par­te­na­riat public-pri­vé ». L’a­mi qui vous serre la main droite en plon­geant sa main gauche dans votre poche pour prendre votre por­te­feuille est un par­te­naire. Ini­tiée en Grande-Bre­tagne, sous le nom de « pri­vate finance ini­tia­tive », la démarche consiste à faire finan­cer par le sec­teur pri­vé un inves­tis­se­ment d’in­té­rêt public, tel que facul­té, pri­son, palais de jus­tice, gen­dar­me­rie, hôpi­tal. Construc­tion, entre­tien et fonc­tion­ne­ment du pro­jet sont assu­rés par le « par­te­naire », dont la rému­né­ra­tion est assu­rée par un loyer que lui verse l’É­tat pen­dant plu­sieurs dizaines d’an­nées. L’É­tat conti­nue ain­si à lan­cer des pro­jets jugés utiles, sans recou­rir direc­te­ment à l’en­det­te­ment. Dis­cu­table sur le fond – c’est une façon de creu­ser la dette publique sans que cela appa­raisse dans les comptes comme tel -, le pro­cé­dé assure un béné­fice appré­ciable à l’en­tre­pre­neur pri­vé, sans garan­tie de meilleure efficacité (…)

Le par­te­na­riat public-pri­vé pré­sente deux autres inté­rêts pour les pré­da­teurs : d’une part, le pro­cé­dé accroît le pou­voir des grandes entre­prises, les seules à mêmes d’emporter le mar­ché glo­bal – alors que quand le pro­jet est mené par une col­lec­ti­vi­té publique, ses divers lots sont acces­sibles à des PME (petites et moyennes entre­prises). Et d’autre part, ils légi­time insi­dieu­se­ment le fait que le sec­teur pri­vé assume, au moins par­tiel­le­ment, des charges rele­vant des fonc­tions dites réga­liennes de l’É­tat, comme la justice.

(…)

C’est au cœur même des ins­ti­tu­tions poli­tiques que la dégé­né­res­cence de la démo­cra­tie serait enga­gée, selon Arund­ha­ti Roy : « La majo­ri­té des dépu­tés sont mil­lion­naires. Vous ne pou­vez gagner que si vous êtes appuyé par les grandes com­pa­gnies. Savez-vous que la cam­pagne élec­to­rale en Inde a coû­té plus cher que la pré­si­den­tielle aux États-Unis ? » Quant aux contre-pou­voirs, tels que la Cour suprême ou les médias, ils seraient pour l’es­sen­tiel pas­sés aux mains des élites amé­ri­ca­ni­sées. « Toutes les ins­ti­tu­tions de la démo­cra­tie ont été vidées de leur sens et tra­vaillent ensemble au béné­fice des élites », affirme-t-elle. « Il y a une infil­tra­tion de tous les ins­tru­ments de l’É­tat, une éro­sion des liber­tés publiques, des injus­tices quo­ti­diennes mais peu spec­ta­cu­laires. » Quand on lui fait valoir qu’elle est libre de s’ex­pri­mer, d’é­crire et de par­ler, elle répond : « Ce n’est pas ça, la démo­cra­tie. La démo­cra­tie, c’est le gou­ver­ne­ment du peuple et pour le peuple. »

Dans ces condi­tions, y a‑t-il un espoir ? « Il y a une chose très posi­tive en Inde : les gens sont excep­tion­nel­le­ment conscients de ce qui se passe. Les élites et les médias, non. Mais, sur le ter­rain, les gens savent. » (…)

La liste des dégueu­las­se­ries plou­to­cra­tiques (que je n’ai pas la place ni le temps de détailler toutes) est édi­fiante, révol­tante : les agences de nota­tion (tota­le­ment cor­rom­pues mais jamais inquié­tées), les lob­byings très lucra­tifs et la pour­ri­ture pro­fonde des élus ache­tés comme des truands, la pro­pa­gande média­tique deve­nues une science exacte du men­songe et de la mani­pu­la­tion grâce à l’emprise inédite (et l’ap­pro­pria­tion par les riches) de la télé­vi­sion, la dis­pa­ri­tion des ouvriers des écrans pros­ti­tués, les jour­na­listes déco­rés eux aus­si pros­ti­tués et col­la­bos du régime, les faux débats et la dépo­li­ti­sa­tion, la ter­reur infli­gée aux vrais jour­na­listes (Denis Robert, par exemple) pour dis­sua­der les autres, la pas­si­vi­té du corps social face aux agres­sions infi­nies des riches de plus en plus décom­plexés, l’hyp­nose par la réclame et par les édi­to­riaux des édi­to­crates, le prêt à pen­ser des par­tis poli­tiques homo­gé­néi­sés en bipar­tisme de façade, la relé­ga­tion des rebelles à leur soli­tude, la lutte égoïste pour le confort maté­riel et la riva­li­té osten­ta­toire du haut en bas de la pyra­mide sociale, l’en­tre­tien et la mise en scène de l’ex­trême pau­vre­té pour inquié­ter de proche en proche tous les tra­vailleurs par la peur de régres­ser, les truan­de­ries élec­to­rales et autres coup d’É­tat comme le trai­té de Lis­bonne et sa rati­fi­ca­tion par­le­men­taire, l’a­veu­gle­ment des poli­ti­ciens face à l’ur­gence éco­lo­gique, la néces­saire recon­quête de la démo­cra­tie, la solu­tion du vote éco­lo­giste (bof), le regain du débat sous la pres­sion citoyenne (hum), la néces­saire ver­tu qui doit ani­mer la Cité démo­cra­tique (erreur fon­da­men­tale, je pense : si on compte sur la ver­tu de qui que ce soit, on rêve, on va attendre long­temps… La ver­tu, ça s’in­cite et sur­tout, ça se contrôle).…..

Un livre très riche, donc, très intéressant.

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MAIS,
• nulle part, Her­vé ne fait le lien entre ces abus de pou­voirs des riches et LE DROIT qui per­met aux riches de per­du­rer ;
nulle part Her­vé ne consi­dère L’ÉLECTION comme LA pro­cé­dure men­son­gère et cor­rup­trice,
• nulle part, mal­gré nos conver­sa­tions pas­sées, Her­vé n’a­na­lyse encore l’é­lec­tion comme LA moda­li­té incom­pa­tible avec la démo­cra­tie, la cause des causes, celle qui intro­duit dura­ble­ment dans la Cité le ver de l’a­ris­to­cra­tie et de la cor­rup­tion,
• NULLE PART HERVÉ N’IDENTIFIE LE TIRAGE AU SORT COMME L’ÉLÉMENT FONDATEUR ET PROTECTEUR DE TOUTE DÉMOCRATIE DIGNE DE CE NOM.

Il manque donc un cha­pitre —et un sous-titre— au livre d’Her­vé, qui seraient :
L’ÉLECTION ÇA SUFFIT, PAS DE DÉMOCRATIE SANS TIRAGE AU SORT !

Je le lui dirai bien­tôt (affec­tueu­se­ment), puis­qu’il nous rend visite en Pro­vence les jours prochains :

• mer­cre­di 9 février 2011, à Aix en Pro­vence, à Sciences Po (25 rue Gas­ton de Sapor­ta), à 18h15,
• jeu­di 10 février 2011, à Mar­seille, à l’E­qui­table Café (54 Cours julien), à 19 h 30,
• et ven­dre­di 11 février, à Dra­gui­gnan, à l’IUFM, à 18 h 30.

Mer­ci Her­vé, pour ce nou­veau livre. C’est de plus en plus clair.

Étienne.

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Étienne

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25 Commentaires

  1. Étienne

    Pour info, et ce sera très utile pour com­plé­ter l’a­na­lyse d’Her­vé Kempf sur la démo­cra­tie dévoyée en oli­gar­chie, elle-même maquillée en démo­cra­tie,
    je viens de publier une ana­lyse pas­sion­nante de Chris­to­pher Lasch (sur un billet voi­sin, à ne pas rater : Cha­vez y est un for­mi­dable popu­liste), intitulée 

    « L’art per­du de la contro­verse » :

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​0​2​/​0​7​/​1​1​5​-​c​h​a​v​e​z​-​d​e​f​e​n​d​-​s​o​n​-​p​e​u​p​l​e​-​c​o​n​t​r​e​-​l​e​s​-​b​a​n​q​u​e​s​#​c​4​353

    Ne ratez pas ça, c’est important.

    Étienne.

    Réponse
  2. gilles

    Bon­jour Étienne, un peu d’é­co­no­mie sur la notion d’obso­les­cence pro­gram­mée des produits.

    Milieu des années 50, les États-Unis d’Amérique entrent dans leur age d’or. L’industrie de masse, en plein essor, entre­voit les contours du mar­ché pla­né­taire uni­fié. Si le tay­lo­risme a per­mis de maî­tri­ser les pro­ces­sus de fabri­ca­tion à la seconde près, les indus­triels et desi­gners de l’époque com­prennent qu’ils peuvent éga­le­ment contrô­ler la vie et sur­tout la mort des objets pro­duits. Les construc­teurs auto­mo­biles notam­ment réa­lisent que mettre sur le mar­ché des voi­tures robustes et pérennes réduit for­te­ment le taux de rééqui­pe­ment des ménages.

    Le rôle des desi­gners indus­triels évo­lue. Il ne suf­fit plus de conce­voir des objets inno­vants et attrac­tifs, mais de garan­tir des reve­nus à long terme en aug­men­tant le taux de rem­pla­ce­ment du pro­duit au moyen d’un ensemble de pro­cé­dés tech­niques, com­mer­ciaux et psy­cho­lo­giques qui per­mettent de pla­ni­fier pré­ci­sé­ment la mort du pro­duit. L’obsolescence pro­gram­mée est née.

    Un demi-siècle plus tard, les méca­nismes se sont com­plexi­fiés mais le prin­cipe reste le même. Les télé­phones mobiles ont une espé­rance de vie de 2 ans, les télé­vi­seurs ne peuvent plus être répa­rés, les vête­ments se démodent en quelques semaines. Et très peu de sec­teurs échappent à ce phé­no­mène, car ce mar­ke­ting du renou­vel­le­ment per­ma­nent est tout aus­si ren­table pour les cafe­tières que pour les stars de la chan­son. Les signes et les réfé­rences cultu­relles se dété­riorent désor­mais au rythme crois­sant des flux média­tiques. Ain­si on ferait erreur en consi­dé­rant que l’obsolescence pro­gram­mée se résume à la concep­tion de « défauts à retar­de­ments ». En effet le tra­vail des desi­gners ne se limite pas à l’obsolescence phy­sique ou fonc­tion­nelle mais s’étend désor­mais à la déva­lua­tion de l’image du pro­duit. Tel Saturne dévo­rant ses enfants, l’industrie œuvre à la dété­rio­ra­tion du désir qu’elle a elle-même engendré.

    Décroissance.info

    Pre­mière par­tie du reportage

    Deuxième par­tie du reportage

    Troi­sième par­tie du reportage

    Qua­trième par­tie du reportage

    Réponse
  3. Hadrien

    Etienne,

    J’ai par­cou­ru l’ou­vrage de Her­vé Kempf, auquel je trouve le même défaut que toi : à aucun moment il ne sort du piège éter­nel de l’é­lec­tion et de son cor­tège de conséquences.

    Connais-tu l’ou­vrage de Yves Sin­to­mer, que j’ai ache­té récem­ment : Le pou­voir au peuple, jurys citoyens, tirage au sort et démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive (Ed. La Décou­verte, 2007) ?

    J’ai éga­le­ment décou­vert avec grand intérêt
    l’ou­vrage de Fran­çois Morin : Un monde sans Wall Street ? (Seuil, février 2011)
    J’en pro­fite pour te livrer sa conclu­sion, tout aus­si ori­gi­nale concer­nant non l’ins­ti­tu­tion, mais l’en­tre­prise. C’est en fin d’une de mes der­nières inter­ven­tions sur
    « La refon­da­tion du capi­ta­lisme » qui trouve là sa pierre tom­bale ! Je te la laisse en entier, car le pré­am­bule compte :

    -

    Avec la cen­sure impo­sée à la plu­part des contra­dic­teurs, iro­ni­que­ment réfu­giés en « Foot­note », je note avec amu­se­ment la sur­vi­vance de la vul­gate libé­rale et de tous ses poncifs.

    Tout d’a­bord, chez habsb, le lieu com­mun habi­tuel sur la fis­ca­li­té « 50% seule­ment des fran­çais paient l’im­pôt » est ici hors de pro­pos, quand on sait qu’il s’a­git de l’im­pôt sur le reve­nu qui ne repré­sente pré­ci­sé­ment que 6% du total des pré­lè­ve­ments obli­ga­toires (50 mil­liards sur 820 mil­liards!). Et les 94% res­tants sont payés par les plus pauvres au taux le plus fort, et par les plus riches au taux le plus faible !

    Ensuite, autre ran­gaine des libé­raux, qui en ont fait leur alpha et leur omé­ga : « la prise de risque par le capi­tal ». Or, les pra­tiques qui ont cours de la part des grands inves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels dans la ges­tion des fonds de pen­sion font appa­raître un double méca­nisme de report des risques sur autrui :

    - du côté du pas­sif, le sys­tème de fonds à pres­ta­tions défi­nies (Defi­ned Bene­fit) a lais­sé place au sys­tème de fonds à coti­sa­tions défi­nies (Defi­ned Coti­sa­tion): les sommes col­lec­tées au titre de l’é­pargne-retraite ne com­portent aucun risque , puisque celui-ci est repor­té sur les futurs retraités.

    - du côté de l’ac­tif, ces grands inves­tis­seurs sont en mesure d’im­po­ser aux direc­tion des firmes leurs normes en matière de gou­ver­nance d’en­tre­prise dont la plus impor­tante est celle d’une ren­ta­bi­li­té finan­cière fixée à 15%. L’exi­gence d’une ren­ta­bi­li­té finan­cière fixée a prio­ri implique un trans­fert de risque mas­sif sur l’en­tre­prise qui se voit contrainte à une telle obli­ga­tion de résultat.

    Aujourd’­hui, il faut avoir le cynisme d’un pape déniant le pré­ser­va­tif face au sida pour conti­nuer à pré­cher éter­nel­le­ment le même caté­chisme, aprés les crises du sys­tème absurde et divergent qui s’est déve­lop­pé en occi­dent depuis les années 80 : bulles finan­cières de la rente d’un côté, pau­pé­ri­sa­tion crois­sante du monde du tra­vail de l’autre, avec panne de crois­sance au milieu comme résul­tat. Le tout ali­men­té par la glo­ba­li­sa­tion qui donne aux plus modestes l’im­pres­sion qu’ils pour­ront sur­vivre en consom­mant chinois !

    Pour­tant, comme il est dit sans rire (habsb):
     » Ceci est le capi­ta­lisme, et tout est très logique, même s’il faut visi­ble­ment faire encore beau­coup de péda­go­gie pour que tout le monde sai­sisse son fonctionnement »

    Or, rien n’est logique, et tout est faux-semblant :
    Ain­si, l’af­fir­ma­tion « Les deux com­po­sants de l’entreprise (salaire et capi­tal) sont aché­tés par l’entrepreneur pro­prié­taire grâce au salaire et à l’intérêt (emprunt obli­ga­taire) » est pré­ci­sé­ment la contra­dic­tion que j’at­ten­dais de habsb, car c’est là que le bas blesse :

    - l’emprunt obli­ga­taire n’est qu’un emprunt et son nomi­nal ne dis­pa­rait pas, alors que le tra­vail four­ni dis­pa­rait bel et bien et doit être renou­ve­lé constam­ment par le tra­vailleur. Or, le capi­tal appor­té à l’emprunt n’est que du tra­vail d’une phase anté­rieure non consom­mé, « sto­cké » sous forme d’é­pargne. Rien ne jus­ti­fie donc la dif­fé­rence de traitement.

    - l’ac­tion­naire pur, lui, est un ren­tier qui n’est ni « pro­prié­taire-entre­pre­neur » ni tra­vailleur de l’en­tre­prise. On voit donc mal com­ment, en appor­tant en une seule fois son « stock » de tra­vail sous forme de capi­tal, il peut sup­plan­ter en pro­prié­té le tra­vailleur qui aura, à la fin de sa vie, appor­té plu­sieurs fois ce « stock » à l’en­tre­prise sans rien de per­enne en échange, sinon un salaire sou­vent infé­rieur aux seuls divi­dendes qu’au­rait rap­por­té son « stock » de tra­vail en capi­tal. Là encore, rien ne le justifie.
    On voit donc qu’on ne peut sor­tir de cette contra­dic­tion qu’en affec­tant aux deux apports de même nature , tra­vail et capi­tal (stock de tra­vail non consom­mé), le même trai­te­ment non seule­ment dans l’in­te­res­se­ment mais dans le par­tage du pou­voir et de la propriété.

    CAPITALISME TRAVAILLISTE OU TRAVAILLISME CAPITALISTE ?

    C’est pré­ci­sé­ment cette construc­tion logique que sol­li­cite Fran­çois Morin, à la fin de son livre (« Un monde sans Wall Street ») paru ce mois-ci : « Y a‑t-il un modèle de firme pos­sible qui ne soit ni la socié­té de capi­taux, ni la socié­té coopé­ra­tive, et qui pour­rait cepen­dant être une alter­na­tive cré­dible pour l’or­ga­ni­sa­tion et la ges­tion des acti­vi­tés économiques ? »
    Bien sûr, dit-il, le résul­tat cou­rant aprés impôt devrait rému­né­rer le pas­sé (les appor­teurs de fonds, le pré­sent (les sala­riés et les diri­geants) et le futur (les investissements).

    C’est dans le par­tage du pou­voir et de la pro­prié­té que le conseil pour­rait être un véri­table conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du « temps », en ce sens qu’il devrait faire des arbi­trages stra­té­giques entre :

    - la rému­né­ra­tion de ceux qui, par le pas­sé, ont appor­té leurs fonds ; celle-ci doit être suf­fi­sante pour que ces appor­teurs ne vendent pas leurs parts et au contraire puissent conti­nuer d’a­li­men­ter les fonds propres de la firme.

    - la rému­né­ra­tion de ceux qui, dans le pré­sent, ont assu­ré par leur tra­vail la réa­li­sa­tion de l’ac­ti­vi­té de la firme et de ses résul­tats, en tenant compte des com­pé­tences des uns et des autres, et notam­ment du tra­vail spé­ci­fique des dirigeants.

    - le finan­ce­ment des inves­tis­se­ments qui pré­parent et condi­tionnent l’a­ve­nir de l’ac­ti­vi­té de la firme. Des per­son­na­li­tés qua­li­fiées, notam­ment dans le domaine scien­ti­fique, pour­raient être dési­gnées pour anti­ci­per l’a­ve­nir à moyen ou long terme.
    Fran­çois Morin conclue :
    « Une entre­prise bâtie sur ce modèle n’a aucune rai­son d’ef­frayer les ban­quiers ou les appor­teurs de capi­taux. Son affec­tio socia­tis (volon­té com­mune à plu­sieurs per­sonnes phsiques ou morales de s’as­so­cier) est par nature éle­vée. De la même façon, on peut pen­ser que le tra­vail sala­rié ne sera pas sou­mis à la pres­sion de l’une des par­ties pre­nantes, mais sera consi­dé­ré comme d’un apport essen­tiel à la vie de l’en­tre­prise. Pour­quoi une telle entre­prise ferait-elle alors appel au mar­ché finan­cier ou à Wall Street ? »

    Dans « Le capi­ta­lisme total », J.Peyrelevade pour­fen­dait ce nou­veau capi­ta­lisme action­na­rial aveugle, fruit du mar­ché finan­cier et d’une épargne en quête de ren­de­ments sans limite.
    Aus­si fut-ce amu­sant de voir le même auteur, outre la pré­sente « illu­sion fis­cale », construire de toutes pièces une autre « illu­sion » pour mieux la com­battre sur ce blog : « L’illu­sion col­lec­ti­viste » (billet du 06.01.10). Son grief étant que, dans la construc­tion col­lec­ti­viste, « le mar­ché finan­cier n’existe pas, seuls quelques pla­ce­ments auprés des banques ou des caisses d’é­pargne publiques, en dépôts à vue ou à court terme, en tiennent lieu », il inter­ro­geait aus­si­tôt : « Com­ment l’E­tat finance-t-il l’in­ves­tis­se­ment de la col­lec­ti­vi­té, où trouve-t-il l’é­pargne nécessaire…? »

    Il trou­ve­ra ci-des­sus une réponse qui n’est en rien une refon­da­tion du capi­ta­lisme, puisque ce der­nier a pour vice de construc­tion d’ou­blier les droits d’un des deux « acteurs » de la socié­té pour le relé­guer au même rang de « fac­teurs » de la pro­duc­tion que les machines ou les matières premières !
    Le sché­ma de Fran­çois Morin, qui valo­rise les deux acteurs en réha­bi­li­tant l’un des deux, est au choix un « capi­ta­lisme tra­vailliste » ou un « tra­vaillisme capitaliste » !
    Il n’y a qu’un hic pour JP : Fran­çois Morin, lui aus­si, est un sup­por­ter de JL Mélen­chon, et fut l’un des prin­ci­paux ora­teurs du Forum orga­ni­sé par le Front de Gauche : « Com­ment gou­ver­ner face aux banques ? »

    Réponse
  4. Hadrien

    Je crois utile de consi­gner ici la suite (et fin, j’es­père) de mes démé­lées avec le sus-nommé.

    Réponse à (pey­re­le­vade | le 16 février 2011 à 18:43)

    Je constate que les argu­ments « soli­de­ment étayés » par la logique et le rai­son­ne­ment (capi­tal = tra­vail sto­cké) ont le don de vous désta­bi­li­ser et vous mettent dans l’in­ca­pa­ci­té de répondre autre­ment que par l’in­vec­tive. Où est donc cette « vraie pen­sée » que vous vous tar­guiez de pro­mou­voir sur ce blog ?

    Car, enfin, où se situe la « reli­gion » dont vous accu­sez les autres (au pas­sage, je n’ap­par­tiens, comme beau­coup d’autres ici sans doute, à aucun par­ti), los­qu’ils vous font remar­quer qu’un capi­tal épar­gné n’est autre qu’une part de rému­né­ra­tion du tra­vail qui n’a pas été consom­mée. Vous l’a­vez vous même pré­ci­sé entre paran­thèses dans votre ques­tion citée :

    « Com­ment l’Etat finance-t-il l’investissement de la col­lec­ti­vi­té, où trouve-t-il l’épargne néces­saire (qui, rap­pe­lons-le, est l’expression d’une renon­cia­tion à consommer) ? »
    (L’illusion col­lec­ti­viste, 06 jan­vier 2010)

    Si l’é­pargne est bien ce fruit du tra­vail qui n’est pas consom­mé mais sto­cké pour un usage dif­fé­ré (selon l’i­mage des four­mis que vous affec­tion­nez), cette équi­va­lence logique convainc n’im­porte quel scien­ti­fique (et les éco­no­mistes pré­tendent en être) qu’il n’y a aucune dif­fé­rence de nature alors que le capi­ta­lisme en fait une :

    - Ce « tra­vail sto­cké » offert en capi­tal à l’en­tre­prise comme fac­teur de la pro­duc­tion trouve non seule­ment rému­né­ra­tion en divi­dendes, mais conserve sa valeur d’é­change comme titre de pro­prié­té et la voit même fruc­ti­fier à terme au-delà de l’inflation.

    - En revanche, le tra­vail pré­sent offert en conti­nu à l’en­tre­prise comme fac­teur de la même pro­duc­tion, trouve salaire mais rien qui témoigne de la plus-value cap­tée par l’en­tre­prise sur ce travail.

    Or, s’il y a plus-value (hors-inves­tis­se­ments), la dif­fé­rence de trai­te­ment des deux fac­teurs, de nature iden­tique comme on vient de le voir, est source d’une diver­gence à terme de l’é­co­no­mie : à par­tir d’un cer­tain seuil, le déten­teur de capi­tal béné­fi­cie indé­fi­ni­ment de la crois­sance éco­no­mique sans rien faire et peut vivre d’une rente, alors que le tra­vailleur en est exclu et voit en consé­quence sa posi­tion se détériorer.
    Les choses s’ag­gravent encore plus avec la glo­ba­li­sa­tion : le tra­vailleur d’une nation déve­lop­pée (enten­dez : nation qui a béné­fi­cié du tra­vail des ancêtres) se voit rétro­gra­dé par le sys­tème libre-échan­giste au même rang que les tra­vailleurs équi­va­lents des nations n’ayant pas cet acquis. En revanche, le capi­tal qui a déjà fruc­ti­fié sur le pas­sé des nations déve­lop­pées s’at­tri­bue aujourd’­hui la plus-value ain­si accrue par exploi­ta­tion du dénue­ment. Par un curieux détour­ne­ment séman­tique, le capi­ta­lisme réserve iro­ni­que­ment à cette course au moins disant social, le terme « com­pé­ti­ti­vi­té » tra­di­tion­nel­le­ment dévo­lu au mieux disant !

    La seule planche de salut du capi­ta­lisme, pour jus­ti­fier ces non-sens, est d’in­vo­quer la « prise de risque » dont on sait ce qu’il en advient : les fonds de pen­sion reportent le risque sur les pen­sions ver­sées, les « inno­va­tions finan­cières » de la titri­sa­tion mutua­lisent le risque et le reportent in fine sur la col­lec­ti­vi­té, etc.
    En tout état de cause, la plus-value cap­tée à terme reste tou­jours posi­tive en rai­son de pro­grés scien­ti­fiques, tech­no­lo­giques et métho­do­lo­giques. Elle devrait être recon­nue à ce titre dans les deux cas, même si cela doit revê­tir des moda­li­tés différentes.

    En défi­ni­tive, le capi­ta­lisme peut se tar­guer d’être bien nom­mé, par ce pri­vi­lège indû accor­dé au capi­tal, au détri­ment de son alter ego le tra­vail dont il vole la part de plus-value. Ce n’est pas pour rien que les bri­tan­niques, pre­mière nation ayant connu le capi­ta­lisme, ont inven­té le mot « tra­vaillisme » pour légi­ti­mer la reven­di­ca­tion qui lui fait contre-poids.
    Il reste donc bien à inven­ter un « capi­ta­lisme tra­vailliste » ou un « tra­vaillisme capitaliste »
    mais cer­tai­ne­ment pas une « refon­da­tion du capitalisme » !

    « Lais­sez les éco­no­mistes réflé­chir au lieu de leur déli­vrer votre véri­té réve­lée… », c’est pré­ci­sé­ment la recom­man­da­tion de Fran­çois Morin qui fut membre du Conseil géné­ral de la Banque de France et du Conseil d’a­na­lyse éco­no­mique, au par­ti pris d’un X deve­nu ban­quier qui s’at­tri­bue le titre d’é­co­no­miste pour avoir sui­vi en la matière des cours de rat­tra­page à l’U­ni­ver­si­té, au début des années 60 !

    Réponse
  5. onpeut2011

    si tout le monde pou­vait le lire. A lire éga­le­ment « La Voie » d’ed­gar Morin.

    Réponse
  6. Etienne

    Pour info, je serai au Repaire de Là-bas si j’y suis du 20ème arron­dis­se­ment à Paris, same­di 26 février 2011 à 17 h, au café Le Lieu-Dit, 6 rue Sor­bier :

    Nous y par­le­rons des piliers fon­da­teurs (et oubliés) d’une authen­tique démo­cra­tie et spé­cia­le­ment… du tirage au sort (sur­prise 🙂 ) et j’u­ti­li­se­rai un nou­veau sché­ma pour mon­trer en quoi la vache sacrée de l’é­lec­tion est un faux ami qui ver­rouille notre impuis­sance poli­tique en livrant le pou­voir poli­tique (et nous avec) aux riches.

    Au plai­sir de vous y ren­con­trer peut-être 🙂

    Étienne.

    http://​www​.demos​phere​.eu/​n​o​d​e​/​2​2​964

    Réponse
  7. CA

    Pour mieux com­prendre cette ten­dance oli­gar­chique, il va fal­loir relan­cer de véri­tables ana­lyses socio­lo­giques des élites. Sou­li­gner une situa­tion oli­gar­chique est en effet une pre­mière étape, mais la sui­vante est de trou­ver les moyens de l’empêcher (comme ça a déjà été aus­si dit ailleurs : http://​yan​ni​ckrum​pa​la​.word​press​.com/​2​0​1​0​/​0​8​/​1​7​/​e​r​i​c​-​w​o​e​r​t​h​-​e​t​-​l​e​-​f​u​t​u​r​-​d​e​-​l​a​-​s​o​c​i​o​l​o​g​i​e​-​d​e​s​-​e​l​i​t​es/ ).

    Réponse
  8. NingúnOtro

    Cette ten­dance oli­gar­chique com­bine seule­ment l’exis­tence de dif­fé­rentes stra­té­gies indi­vi­duelles de sur­vie et la maxi­mi­sa­tion des pro­ba­bi­li­tés (cha­cun veut sur­vivre le mieux pos­sible le plus long­temps possible).

    Les hommes n’é­taient pas assez ins­truits ou anti­ci­pa­tifs ou concer­nés au moment de faire cer­tains (mau­vais) choix dans le passé…

    … et les erreurs com­mis ont don­né suite à une situa­tion actuelle très dif­fi­cile parce-que la plu­part de la popu­la­tion n’est pas au cou­rant des finesses, et ceux qui sont au cou­rant se trouvent pour la plu­part dans une situa­tion ou ils ne peuvent rien dire sans lit­té­ra­le­ment ris­quer la guillo­tine, ce qui est logi­que­ment incom­pa­tible avec le man­dat prin­ci­pal de tout être vivant, conser­ver la vie sauve autant de temps possible.

    L’af­fi­ni­té de la plu­part de la gauche pour les guillo­tines n’ar­range pas du tout l’af­faire, je dirais même que c’est le prin­ci­pal problème.

    Quel peut bien être l’intérêt d’un de ceux qui savent pour faire ce qui est néces­saire pour sau­ver la pla­nète… si cela implique qu’il sera pas­sé par la guillo­tine (ou éli­mi­né par ses pairs) et qu’il vivra donc moins long­temps que s’il laisse faire et finit ses jours quand la déesse for­tune et l´évolution impré­vi­sible des cir­cons­tances le ciblent aléatoirement ?

    Si vous tenez des théo­ries (illus­trés, ou plu­tôt igno­rantes) capables de repré­sen­ter une menace pour tout ceux qui seraient capables de vous four­nir les don­nées néces­saires pour résoudre le pro­blème, et en plus vous n’êtes pas capables de trou­ver ces don­nées vous-mêmes… ALORS vous êtes la plus grande par­tie du pro­blème VOUS-MÊMES.

    Réponse
  9. Étienne

    Bon­soir,

    L’enregistrement audio de mon expo­sé et des échanges qui ont sui­vi sur 
    le TIRAGE AU SORT comme rouage rigou­re­ment indis­pen­sable pour toute démo­cra­tie digne de ce nom,
    same­di der­nier est dis­po­nible en télé­char­ge­ment aux adresses suivantes :

    For­mat mp3 (122 mo)
    http://​dl​.free​.fr/​e​H​e​6​p​n​MHQ

    For­mat Ogg Vor­bis (62 mo)
    http://​dl​.free​.fr/​d​I​v​9​H​D​Ck6

    For­mat FLAC non des­truc­tif (open source), qua­li­té CD, iden­tique à l’enregistrement (722 mo)
    http://​dl​.free​.fr/​d​y​A​p​d​r​jB2

    C’est dense, je crois.

    Il faut que je mette vite au propre mon schéma.

    Mer­ci à Sté­phane pour son tra­vail de jour­na­liste : repé­rage, enre­gis­tre­ment et diffusion.

    Étienne.

    Réponse
  10. Étienne

    OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE, PANNES FORCÉES, ESCROQUERIE GÉNÉRALISÉE (suite)

    Les vidéos (révol­tantes) que Gilles a signa­lées lun­di 14 février à 10h59 ne sont plus disponibles…

    Pour­tant le sujet est essen­tiel : non content de voler les humains tra­vailleurs (en les sous-payant sys­té­ma­ti­que­ment), les riches volent les humains consom­ma­teurs (en s’en­ten­dant entre eux pour leur vendre de la m…) Génial, ce sys­tème… Mais puis­qu’on vous dit que c’est le meilleur…

    Je ren­voie donc les lec­teurs aux pages sui­vantes, intéressantes :

    • http://fr.wikipedia.org/wiki/Obsolescence_programm%C3%A9e

    • http://​www​.amis​de​la​terre​.org/​I​M​G​/​p​d​f​/​R​A​P​P​O​R​T​_​O​P​_​B​D​E​F​_​2​_​.​pdf

    Étienne.

    Réponse
  11. povriche

    Bon­soir,

    Les riches que vous dénon­cez volent les humains tra­vailleurs mais ont, pour la plu­part, eux mêmes beau­coup travaillé.

    Avant d’être riches, ils dénon­caient les riches.

    En fait les tra­vailleurs jalousent les riches, et rêvent de deve­nir riches eux mêmes.

    Le dis­cours que vous tenez est un dis­cours de cir­cons­tance sauf si vous avez grande âme.

    Com­bien de révol­tés ont rava­lé leur dis­cours en accep­tant les fau­teuils du pou­voir, du Sénat, du par­le­ment européen ?

    Regar­dez les acteurs et chan­teurs des enfoi­rés qui se donnent bonne conscience mais ne s’at­taquent pas aux racines des inéga­li­tés puis­qu’ils béné­fi­cient de situa­tions privilégiées.

    Le sys­tème capi­ta­liste a per­mis le déve­lop­pe­ment des pays occi­den­taux grâce aux liber­tés indi­vi­duelles, les riches redis­tri­buent beau­coup plus que vous ne le pensez.

    Vous dres­sez par exemple les entre­pe­neurs contre les autres citoyens… c’est une posi­tion sim­pliste et archaïque.

    Être riche n’est pas une tare ! De plus, au risque de vous cho­quer, cer­taines inéga­li­tés sont justes…

    Bon cou­rage.

    Réponse
  12. Alain Guillou

    Pro­blème bien plus com­plexe encore , Povriche :

    Quand c’est la richesse même qui han­di­cape la com­pé­tence du riche en ce qui concerne son « exper­tise » , tout sens cri­tique utile à la comu­nau­té étant abo­li par le mode de vie « excep­tion­nel » du povriche…
    Je vous conseille ami­ca­le­ment cette lecture :
    « Labo Pla­nète, ou com­ment 2030 se pré­pare sans les citoyens », par Cathe­rine Bour­gain, secré­taire de la Fon­da­tion Sciences citoyennes, Jacques Tes­tard, biologiste,et Agnès SINAI Maître de confé­rence à sciences Po paris, Edi­tions Milles et une nuits.2010(10Euros…)
    On y aborde l’in­té­rêt du tirage au sort d’une manière moins « dog­ma­tique » que vous ne l’i­ma­gi­nez, sans pré­ju­ger du riche ni du pauvre, mais ces cher­cheurs nous mettent au pied du mur soi-disant infran­chis­sable de « la com­pé­tence popu­laire »…Ce qu’ils pro­posent n’est pas déma­go­gique, mais ils pro­posent un fran­chis­se­ment « démo­cra­tique » de ce mur ! au cours duquel on peut devi­ner que le plus char­gé de « richesse maté­rielle » est le plus pri­vé des atouts nécessaires !

    Réponse
  13. Étienne

    Tirer au sort des hommes poli­tiques, plus effi­cace que de voter ? 
    C’est ce qu’af­firment des mathé­ma­ti­ciens qui ont ten­té de modé­li­ser le fonc­tion­ne­ment du Parlement…

    http://​www​.20mi​nutes​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​/​6​8​5​0​20/ … ace-voter-

    Et si, fina­le­ment, les Grecs avaient trou­vé la meilleure solu­tion avec la Bou­lè et le tirage au sort des membres du Par­le­ment ? C’est le point de vue du mathé­ma­ti­cien Ales­san­dro Plu­chi­no et de ses col­lègues de l’u­ni­ver­si­té de Catane.

    Selon leurs recherches, reprises par la Tech­no­lo­gy Review du MIT, un sys­tème avec un Par­le­ment basé sur deux par­tis fonc­tionne mieux si les dépu­tés et les séna­teurs sont tirés au sort avec un nombre opti­mal d’é­lus indé­pen­dants introduit.

    Dans le sys­tème actuel, en cari­ca­tu­rant, des cen­taines de mil­lions d’eu­ros sont dépen­sés dans de longues cam­pagnes, des heures sont per­dues en obs­truc­tion par­le­men­taire et les sys­tèmes n’é­chappent en géné­ral pas à la cor­rup­tion, avec cer­tains élus qui font pas­ser leur inté­rêt, ou celui d’un groupe avant celui de l’en­semble de la société.

    S’ap­puyant sur des tra­vaux de l’é­co­no­miste et his­to­rien Car­lo Cipol­la, Plu­chi­no et son équipe ont ont divi­sés la popu­la­tion entre quatre catégories :

    • les per­sonnes intel­li­gentes, dont les actions pro­duisent un gain pour eux et les autres
    • les naïfs (perte pour eux, gain pour les autres) 
    • les ban­dits (gain pour eux, perte pour les autres) 
    • les stu­pides (perte pour tout le monde)

    Dans leur modèle, les élus peuvent soit pro­po­ser un pro­jet de loi et voter pour/contre. Via des for­mules mathé­ma­tiques com­pli­quées, ils concluent que dans un sys­tème bipar­tite, les hommes poli­tiques élus ont ten­dance à gra­vi­ter autour d’un même com­por­te­ment qui n’est que rare­ment le point opti­mal pour un gain pour le reste de la société.

    Selon eux, plus on intro­duit des par­le­men­taires indé­pen­dants tirés au sort, et plus le nombre de lois ajou­tant de la valeur pour l’en­semble des citoyens aug­mente. Et pen­dant ce temps-là, les socia­listes s’ap­prêtent à s’entredéchirer…

    Source : http://​www​.20mi​nutes​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​/​6​8​5​0​20/ … ace-voter-

    Ça germe ?

    Étienne.

    Réponse
  14. naradamuni/Sans, ni+, ni-.

    @ povriche

    Ne vous auto-intro­dui­sez-vous pas vous-même la confu­sion en assi­mi­lant tra­vailleurs à pauvres, entre­pre­neurs à riches ?
    Je me per­met­trait sim­ple­ment de vous faire un copié/collé d’une réflexion que j’ai sou­mis à Étienne sur ce Blog

    Les riches et les pauvres !
    Les riches : la richesse exa­gé­rée, l’ul­tra et ses adeptes ?
    Et pour­tant, mis à part eux, les auto-exclus de la démo­cra­tie, qui ne veut pas de la léga­li­té de l’Égalité ?
    Léga­li­té de l’Égalité . N’était-ce pas le simple titre du Livre mau­dit de 1789, dont la thèse simple – puisqu’ensevelie – pro­cla­mait que si tu crois avoir des dons* et des qua­li­tés* qui te révé­le­raient comme supé­rieur aux autres, tu doives bien te pla­cer tout en bas de la socié­té et sou­le­ver à bout de bras ? Et sou­le­ver la Socié­té à bout de bras. Sinon quel peut bien être l’utilité de se trou­ver au som­met ? Il semble qu’il n’y reste plus à sou­le­ver à bout de bras que les étoiles.
    Être intel­li­gent, et le res­ter, trans­pa­raît, très sou­dain, comme accep­ter une par­ti­ci­pa­tion à une pau­vre­té généralisée. 

    Puisqu’il semble si aisé d’établir un « reve­nu mini­mum garan­ti » , il devrait paraître encore plus facile d’établir un « reve­nu maxi­mum garan­ti ». Toute richesse exa­gé­rée serait désor­mais défi­ni­ti­ve­ment exclue de la civilisation.

    Le splen­dide contre­coup c’est que la galo­pante misère natio­nale, puis mon­diale, serait, ten­dan­ciel­le­ment, en voie de com­plète dis­pa­ri­tion. Il ne res­te­rait plus que ce que nous nom­mons « pau­vre­té géné­ra­li­sée ». Ce mot, tou­te­fois, se pro­file quelque peu trom­peur puisqu’il ne l’est que par rap­port au mot richesse. En fait, cette dite pau­vre­té géné­ra­li­sée serait un incroyable enri­chis­se­ment col­lec­tif pour, au moins les 3⁄4 de l’humanité, soit dans chaque pays occi­den­tal pour plus de 70 %, dans les pays en déve­lop­pe­ment pour plus de 80 % et dans les pays dits pauvres pour plus de 90 %. 

    Bref, la loi du nombre, dite aus­si démo­cra­tie, se ver­rait, pour la pre­mière fois, récom­pen­sée. L’acceptation de la « pau­vre­té géné­ra­li­sée » enri­chit, gran­de­ment et à la seconde, les 3⁄4 de l’humanité. Mais, aus­si, sta­bi­lise éco­no­mi­que­ment les autres 20 % tout en par­ve­nant à la richesse de les mettre en cohé­rence avec eux mêmes. Res­tent 5 % : les seuls qui « pro­fitent » de l’humanité entière, des res­sources non renou­ve­lables, de la misère géné­rale. En démo­cra­tie, ils res­te­raient défi­ni­ti­ve­ment mino­ri­taires. D’entêtés marginaux.

    Vou­loir main­te­nir que c’est pour le bien-être du plus grand nombre que ces riches exa­gé­rés n’arrêtent plus de se mono­po­li­ser les richesses pen­dant que l’inacceptable misère aug­mente de par­tout, oser pour­suivre que le plai­sir de 90 % de la popu­la­tion c’est de les voir deve­nir tou­jours plus riches et eux mêmes tou­jours plus pauvres, dai­gner assé­ner que c’est la res­pon­sa­bi­li­té et la com­pé­tence qui, impla­ca­ble­ment, obligent au « tout pour moi et rien pour les autres » d’Adam Smith – tout cela paraît de plus en plus fer­me­ment allié à la bêtise crasse de l’égoïste et nihi­liste Reli­gion dé-mas­quée de la Richesse exa­gé­rée : qui obligent au « tout pour moi et rien pour les autres » d’Adam Smith.
    Or, comme nous l’a appris Mar­cel Mauss, dans l’essai sur le Don*, seul l’esprit qui n’attend pas obli­ga­toi­re­ment quelque chose en retour fait fonc­tion­ner la Société.

    Si tu as un DON c’est bien pour en faire Don. Et voi­là pour les sur­doués. Les doués d’un don, en faire don.
    Don : mot sub­stan­ti­vé comme d’un verbe imper­son­nel du genre il pleut. Avoir un don implique qu’il y ait dona­teur, soi-même ne peut se faire don, pater­nel­le­ment ou mater­nel­le­ment, à soi-même pré­cé­dé de soi-même. Le dona­teur qui pré­cède le don c’est la vie, par le code géné­tique mais qui ou quoi a pré­cé­dé la vie. Le don passe par l’hérédité mais un don non exer­cé (l’environnement, l’acquis) ne se révèle pas. Quel que soit l’angle qui aborde le don, aucune preuve de supé­rio­ri­té ne peut jaillir de ce sur-don. Nul ne peut dire je pleus, nous pleu­vons, seul l’impersonnel il pleut convient. Aus­si bien nul ne peut dire je suis don, nous sommes don, seul l’impersonnel il m’a été don­né un don convient. Et s’il vous a été don­né un don ce n’est pas pour le vendre, non, juste pour le don­ner. Vous mettre au ser­vice de qui n’est pas doué.

    Créer une struc­ture inéga­li­taire pour « prou­ver » qu’on a un don prouve donc exac­te­ment l’inverse : ce serait les moins doués qui devraient avoir tous avan­tages afin que vous mon­triez que votre don annule ce han­di­cap. Si vous avez tous les dons et que vous sai­sis­siez EN PLUS tous les pri­vi­lèges, vous « prou­vez » juste que, sans ces pri­vi­lèges, point de don. Avoir un don qui entrouvre le mys­tère du « dona­teur », ne « prouve » aucun inéga­li­ta­risme entre les humains. Au contraire. Qui ne par­tage pas avec les humains ses dons se montre bien infé­rieur à eux. “

    @ Étienne
    Bien à vous et mer­ci pour ce que vous faites.

    Bien à vous toutes et tous
    naradamuni/Sans, ni+, ni-.

    Réponse
  15. Guillou alain

     »pour un réfé­ren­dum révocatoire »
    Pour la conquête d’un nou­veau droit démocratique

    lun­di 25 mai 2009, par les com­mu­nistes suisses

    Une exten­sion des droits démocratiques

    L’instauration d’un Réfé­ren­dum révo­ca­toire per­met­tant de révo­quer les man­dats des Conseillers d’Etat, des conseillers admi­nis­tra­tifs, des maires, des adjoints aux maires consti­tue­rait une exten­sion des droits démo­cra­tiques, le peuple pou­vant non seule­ment élire ces der­niers, mais aus­si les des­ti­tuer avant la fin de leur man­dat. Le réfé­ren­dum révo­ca­toire pour­rait notam­ment être uti­li­sé en cas de non-res­pect de la volon­té popu­laire, de retour­ne­ment de veste notoire, d’abus de pou­voir ou de ges­tion désas­treuse d’une crise.

    Pour plus de contre­pou­voirs populaires

    Le Réfé­ren­dum révo­ca­toire vise à éta­blir plus de contre­pou­voirs, en don­nant aux citoyens un moyen de pres­sion per­ma­nent sur les pou­voirs exé­cu­tifs et le pro­cu­reur géné­ral. Il s’agit de rap­pro­cher les magis­trats du peuple et d’empêcher qu’ils puissent jouir d’une totale liber­té durant leur man­dat. Car tous ces élus doivent œuvrer au ser­vice du peuple, et il est into­lé­rable que cer­tains, au mépris de leurs élec­teurs, fassent ce qu’ils veulent durant leur man­dat ou alors ne fassent rien.

    Un moyen de dis­sua­sion contre l’opportunisme

    Dans notre régime où tous les grands par­tis se par­tagent le pou­voir dans les exé­cu­tifs, et où ces gou­ver­ne­ments de coa­li­tion débouchent sur une poli­tique cen­triste tra­his­sant la plu­part des enga­ge­ments pris par les uns et les autres pen­dant les cam­pagnes élec­to­rales, il est impor­tant que cha­cun assume ses posi­tions une fois élu. La poli­tique de concor­dance qui sévit dans notre répu­blique sert trop sou­vent d’excuse à ceux qui cherchent à dis­si­mu­ler leur oppor­tu­nisme sans limites. Ins­tau­rer un Réfé­ren­dum révo­ca­toire, c’est dis­sua­der les oppor­tu­nistes de tout poil de gouverner.

    D’autres répu­bliques ont déjà ins­ti­tué pareil droit

    Le droit de Réfé­ren­dum révo­ca­toire a déjà été ins­crit dans la consti­tu­tion du can­ton du Tes­sin, per­met­tant de deman­der la des­ti­tu­tion en bloc du Conseil d’Etat (cinq membres). D’autres répu­bliques comme la Boli­vie et le Vene­zue­la l’ont aus­si ins­tau­ré dans leurs consti­tu­tions. Dans ce der­nier pays, il a même déjà été uti­li­sé contre le Pré­sident de la république.

    Réponse
  16. Assurancetourix

    Impu­ni­té totale pour les cri­mi­nels finan­ciers de Wall Street (18 avril 2011)

    Le sous-comi­té per­ma­nent sur les enquêtes du Sénat amé­ri­cain a ren­du public (le 13 avril 2011) un volu­mi­neux rap­port sur le krach de Wall Street de 2008 qui docu­mente com­bien la fraude et la cri­mi­na­li­té sont répan­dues au sein de tout le sys­tème finan­cier et de ses rela­tions avec le gouvernement.

    Le rap­port de 650 pages est le résul­tat d’une enquête qui s’est dérou­lée sur deux ans et qui com­prend 150 entre­vues et dépo­si­tions ain­si que l’exa­men de cour­riels et docu­ments internes de grandes banques, d’or­ga­nismes de régle­men­ta­tion gou­ver­ne­men­taux et d’a­gences de nota­tion. Le rap­port, inti­tu­lé « Wall Street et la crise finan­cière : Ana­lyse d’un effon­dre­ment finan­cier », éta­blit que le krach finan­cier et la réces­sion qui a sui­vi étaient le résul­tat de fraude et d’es­cro­que­rie sys­té­miques de la part des prê­teurs hypo­thé­caires et des banques, de conni­vence avec les socié­tés de nota­tion et avec la com­pli­ci­té du gou­ver­ne­ment et de ses orga­nismes de régle­men­ta­tion des banques.

    …

    La cri­mi­na­li­sa­tion de la classe diri­geante amé­ri­caine est le résul­tat de plus de trois décen­nies durant les­quelles l’accumulation de richesse par l’élite finan­cière et patro­nale est deve­nue de plus en plus sépa­rée de toute la pro­duc­tion. Dans sa quête du pro­fit, la classe diri­geante a déman­te­lé de larges sec­tions de l’industrie et s’est tour­née réso­lu­ment vers la mani­pu­la­tion et la spé­cu­la­tion financière.

    Une rai­son expli­quant l’absence de pour­suite judi­ciaire est le pou­voir des indi­vi­dus impli­qués, qui exercent tous une immense influence sur les poli­ti­ciens, les médias et le sys­tème judi­ciaire. Mais les causes sont plus larges que le sta­tut de quelques indi­vi­dus, tout comme ce sor­dide état de choses n’émerge pas de la cupi­di­té indi­vi­duelle, mais plu­tôt d’une pro­fonde crise de tout le système.

    …

    Réponse
  17. theatre

    Le pro­blème cher ami, c’est que c’est la richesse qui crée l’emploi et la pros­pé­ri­té. C’est un cercle ver­tueux. On peut bien sûr tous être pauvres, pour­quoi pas.

    « la socié­té se croit une col­lec­tion indis­tincte d’in­di­vi­dus seg­men­tée en com­mu­nau­tés eth­niques, reli­gieuses, régio­nales ou sexuelles. »
    Non la socié­té se croit mélan­gée et pos­si­ble­ment mixée mais c’est natu­rel­le­ment impos­sible : sta­tis­ti­que­ment 80% des gens que nous connais­sons nous ressemblent.
    Regar­dez autour de vous et comp­tez le nombre de per­sonnes pen­sant différemment…

    « le déten­teur de capi­tal béné­fi­cie indé­fi­ni­ment de la crois­sance éco­no­mique sans rien faire et peut vivre d’une rente, alors que le tra­vailleur en est exclu ».
    Tota­le­ment faux, les tra­vailleurs sont mieux payés dans des entre­prises se por­tant bien et pro­fitent de la pros­pé­ri­té de l’en­tre­prise : hauts salaires, inté­res­se­ment, par­ti­ci­pa­tion, avan­tages en nature, CE etc… ils ne sup­portent en sus en rien le risque de l’en­tre­pre­neur au niveau financier.

    Libre à eux d’é­par­gner, d’in­ves­tir et de faire fruc­ti­fier leur capi­tal pour en vivre mais atten­tion : c’est ris­qué, on peut tout perdre, et il faut sou­vent tra­vailler très long­temps et très dur avant de pou­voir s’arrêter.

    A contra­rio de votre rai­son­ne­ment, c’est de plus tou­jours des gou­ver­ne­ments col­lec­ti­vistes qui sont deve­nus des oli­gar­chies. Dois-je vous rap­pe­ler que Cha­vez, Ben Ali, Bachar El Assad ont eu leur carte à l’in­ter­na­tio­nale socialiste ?

    Si vous vou­lez dire que les grands patrons, les énarques et les poli­tiques ont créé un cénacle fer­mé et qu’ils tentent de gar­der le maxi­mum de pou­voir et d’argent pour eux, c’est tota­le­ment vrai !
    Mais croyez-vous que ce soit en vou­lant encore plus d’é­tat que leur pou­voir va diminuer ?
    La logique vous perd me semble-t-il.
    De la lec­ture pour vous

    Le tirage au sort me semble aus­si intel­li­gent que de don­ner le volant d’une voi­ture à un aveugle ou un uni­jam­biste sans lui deman­der son avis…

    Cor­dia­le­ment.

    Réponse
  18. Étienne

    @ theatre :

    Mani­fes­te­ment, vous n’a­vez pas assez étu­dié la ques­tion du tirage au sort en poli­tique. Je ne peux pas reprendre ici toutes les réfu­ta­tions à vos (clas­siques mais réfu­tables) objec­tions. Je vous invite cor­dia­le­ment à consul­ter cette page : http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​t​i​r​a​g​e​_​a​u​_​s​o​r​t​.​php

    Affir­mer n’est pas prou­ver. Quand vous dites « c’est la richesse qui crée l’emploi et la pros­pé­ri­té », ça me paraît aus­si idéo­lo­gique (et non démon­tré) que la thèse qui pré­ten­drait que « l’É­tat est par essence pro­tec­teur » ou que « l’in­té­rêt col­lec­tif est tou­jours pré­fé­rable à celui des indi­vi­dus » (ce que je n’ai jamais dit).

    Le tirage au sort ne donne pas « le volant » (comme vous dites) aux tirés au sort : pré­ci­sé­ment, il ne donne « le volant » À PERSONNE, de façon à ce que les hommes, tous les hommes, gardent tous (dura­ble­ment) une chance de par­ti­ci­per (vrai­ment) aux déci­sions col­lec­tives : le tirage au sort est ima­gi­né (et impo­sé) PAR des citoyens adultes (et PAS des élec­teurs enfants) pour se pro­té­ger eux-mêmes des voleurs de pou­voir, 1) en ne don­nant que très peu de pou­voir à la fois, 2) à des ama­teurs, 3) pour très peu de temps, 4) jamais deux fois de suite, et 5) sous un contrôle sour­cilleux et per­ma­nent. Alors, en fait de « délé­ga­tion de tous les pou­voirs à des aveugles incons­cients », vous repasserez.

    Vous avez peut-être rai­son, je n’ex­clus évi­dem­ment pas l’hy­po­thèse, mais 1) il faut le démon­trer, et 2) il faut tra­vailler la thèse adverse, parce que si vous la défor­mez FAUTE DE L’AVOIR MÊME LUE, vous ris­quez de pas­ser à côté d’une idée que vous auriez peut-être fait vôtre, tel­le­ment vous l’au­riez appréciée 🙂

    Étienne.

    Réponse
  19. gilles

    Appel à Étienne Chouard et André-Jacques Holbecq :

    Une mani­fes­ta­tion de soli­da­ri­té avec le peuple grec dans la cité pho­céenne devant le consu­lat avec Étienne Chouard, André-Jacques Hol­becq, Oli­vier Bon­net, Charles Hoa­reau, Danièle Blei­trach … et par­don pour les per­sonnes entê­tées et cha­ris­ma­tiques de la Région que je n’ai pas citées, plus des palan­quées de gens un peu plus ano­nymes, cela aurait de la gueule, excu­sez-moi l’ex­pres­sion. Avec bien sûr de gros dra­peaux grecs, une énorme ban­de­role « Grèce, Soli­da­ri­té » et éven­tuel­le­ment de tout petits petits dra­peaux POI, LO, M’PEP, DLR, PCF, UPR, NPA, CNT, MRC, PG. Nous sommes les 99 % du peuple, mais nous sommes presque 99 fois 1 % ! Ou alors sans aucun dra­peau de par­tis, une marche blanche avec des slo­gans à défi­nir. Qu’en pensez-vous ?

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​f​o​r​u​m​/​v​i​e​w​t​o​p​i​c​.​p​h​p​?​p​i​d​=​1​1​8​4​0​#​p​1​1​840

    Réponse
  20. EFFAB

    La classe ouvrière a per­du sa conscience uni­taire, le peuple ne se voit plus comme tel, la socié­té se croit une col­lec­tion indis­tincte d’in­di­vi­dus seg­men­tée en com­mu­nau­tés eth­niques, reli­gieuses, régio­nales ou sexuelles. L’o­li­gar­chie, elle, a une conscience de classe aigui­sée, une cohé­rence idéo­lo­gique sans faille, un com­por­te­ment socio­lo­gique par­fai­te­ment soli­daire. – tiré de Extraits de cet ouvrage d’Her­vé KEMPF / post ini­tial d’ETIENNE.

    ouvrière, un de ces mots qui des­sert cette cause com­mune, ces mots, ces notions, ces par­ti­cu­la­rismes qui seg­mentent et divisent la socié­té… et tant d’autres termes encore, tel ‘oli­gar­chie’, qui semble appar­te­nir à une autre époque et paraît com­plè­te­ment dépla­cé dans la bouche de celui ou de celle qui ose aujourd’­hui l’u­ti­li­ser, et le plus concrè­te­ment pos­sible, tel une incon­grui­té lin­guis­tique et socié­tale, un mot lié à l’His­toire et à d’autres moeurs… Oui, ce monde et ce pou­voir sont autre­ment plus sub­tiles qu’ils ne l’ont jamais été, et ce sont bien nos cer­veaux, nos esprits qui sont pri­son­niers eux-mêmes de toutes ces limi­ta­tions réelles ou pressenties.

    Ce com­bat est bien une guerre psy­cho­lo­gique, une confron­ta­tion des consciences, et c’est à nous, par­mi tant d’autres, qu’il appar­tient d’u­ser des bons mots et de les réabi­li­ter au besoin, mais pas seule­ment ce par­fait lan­gage mais éga­le­ment cette inten­tion qu’on y met, cette inten­tion ver­tueuse et irré­duc­tible, cette Légi­ti­mi­té qui ne souffre aucun travers_sous peine de perdre sans cette exi­gence et cette vigi­lance tout cet acquis, tous ces fruits et ce tra­vail effectué.

    EFFAB

    Réponse
  21. EFFAB

    C’est à vomir ! et tout cela est si affli­geant ! et je suis loin d’a­voir tout lu encore !… juste ce sans ambage de War­ren BUFFET en 2006, ces chefs d’E­tat si nan­tis et si cotés dans le monde des pres­ta­tions confé­ren­cières et lob­byistes – cette indé­cence publique et poli­tique ! -, ces MOSCOVICI et STRAUSS KAHN indignes de la moindre consi­dé­ra­tion, ce som­met de regrou­pe­ments d’in­té­rêts libé­ra­listes au sein de la gou­ver­nance OBAMA qui nous a tant enfu­mé avec cette élec­tion soi-disant his­to­rique d’un homme de cou­leur et d’un self-made man aux plus hautes charges de l’E­tat – non ! cer­tains ne sont pas tant far­fe­lus que ça d’y voir là la marque de l’An­té­christ, au propre comme au sym­bo­lique ! -, le vol du bien public et cet exemple des pri­va­ti­sa­tions des auto­routes en 2005, sec­teur public alors lar­ge­ment amor­ti et déga­geant de consé­quents bénéfices…

    J’en­rage et je ful­mine ! abru­ti que je suis tout pétri de cette impuis­sance com­mune… J’en­rage mais n’y voyez là aucune haine, juste cette Légi­ti­mi­té qui nous concerne tous, juste ce Droit des droits qui est bafoué et détour­né sous nos yeux et notre consentement…

    Ce renou­veau prin­ta­nier et notre petit jar­din entre fan­tai­sie créa­trice et volon­té éco­lo­gique, ce pota­ger de notre auto­no­mie – rela­tive et pro­je­tée -, ces espaces de ver­dure et ces réa­li­tés vitales, ce miracle de la vie, la graine la plus minus­cule capable de cette expan­sion foi­son­nante de matière et d’éner­gie, toute cette magie conte­nue là, cette beau­té, cette har­mo­nie, ce plai­sir de l’oeil et cet éveil des sens, ce pro­fond bien-être, cette plé­ni­tude… et cette musique qui démarre à l’ins­tant où j’é­cris ceci, sur France Culture, du BEETHOVEN, la Sym­pho­nie Héroïque, le tout début !

    Très très bonne jour­née à vous tous, amis vir­tuels et consciences en éveil, lol

    http://www.youtube.com/watch?v=W‑uEjxxYtHo&feature=player_detailpage

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​0​2​/​0​8​/​1​1​6​-​l​-​o​l​i​g​a​r​c​h​i​e​-​c​a​-​s​u​f​f​i​t​-​v​i​v​e​-​l​a​-​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​-​m​a​i​s​-​p​a​s​-​d​e​-​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​-​s​a​n​s​-​t​i​r​a​g​e​-​a​u​-​s​o​r​t​#​c​o​m​m​e​n​t​-​f​orm

    Réponse
  22. EFFAB

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