Chers amis,
Vous allez voir ici une nouvelle vibrante synthèse, le cri de rage d’un vieux représentant (de l’État US du Vermont, je crois), un représentant qui représente enfin (ce n’est pas trop tôt, a‑t-on envie de dire).
Mais, —peut-il faire autrement ?— cet élu en colère ne dit pourtant pas un mot de la cause réelle de ce qu’il dénonce très justement : L’ÉLECTION, qui permet aux riches d’acheter le pouvoir politique.
Et puisqu’il rate la vraie cause des prétendues « crises » (ce ne sont pas des crises pour tout le monde), il rate aussi la vraie solution : le TIRAGE AU SORT des représentants et de leurs contrôleurs.
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https://www.dailymotion.com/embed/video/xg2mpi
Sénateur US Bernie Sanders : une guerre fait rage, menée par 1% de riches insatiables contre le peuple tout entier
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Pour chacun d’entre nous, c’est de plus en plus clair ; les « crises » successives ne sont pas des crises pour tout le monde. Chacun peut constater, caricaturalement, objectivement, que la cause première de tous nos malheurs sociaux, la cause principale, celle qui est en amont de toutes les autres et qui les détermine, celle dont nous devrions tous nous occuper en toute première priorité, c’est l’existence-même de citoyens ultra-riches, riches au point non seulement d’accaparer ce qui manque à tous les autres, mais riches surtout au point de pouvoir corrompre tous les acteurs — publics et privés— de la vie sociale (y compris les « économistes » et les « sondeurs », les journalistes, les professeurs, les juges, les forces armées, les élus et tous les porteurs de pouvoir) ; si riches qu’ils sont prêts à tuer, prêts à massacrer même (voyez dans tous les pays « pauvres », rendus pauvres par eux) pour conserver leurs privilèges.
L’argent, par accumulation excessive, crée des malades mentaux, à l’évidence nuisibles au corps social et non nécessaires.
Donc, une société qui veut survivre pacifiée doit mettre en place DES INSTITUTIONS qui interdisent que quiconque devienne trop riche : revenu maximum, héritage limité, propriété privée protégée mais limitée, et autres idées modératrices de tout hubris. Ces institutions sont des règles de droit supérieures qui doivent être absolument inaccessibles aux acteurs qu’elles régissent (ceci est essentiel).
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Mais (pour l’instant), personne ne remonte à la véritable source de la pollution des rives de notre fleuve social. Chacun des militants s’occupe de la rive polluée qui le révolte le plus, mais aucun militant ne se préoccupe de la source (commune) de toutes ces pollutions : qui donc écrit le droit du droit ? Qui écrit (et qui révise) ces mauvaises constitutions qui laissent les riches contrôler le pouvoir, tous les pouvoirs ? Qui écrit si mal ? Des élus ? Élus grâce à qui ? Des élus qui ont des dettes envers qui ? Moi, je trouve ça facile à comprendre, et je m’étonne d’être toujours aussi seul.
Si on veut être réaliste, QUI PEUT ÉCRIRE de bonne institutions ? N’importe qui ? Presque, mais pas tout à fait : il ne faut pas que ceux qui écrivent le droit du droit doivent quoi que ce soit aux riches. Ces bonnes institutions, protégant le plus grand nombre contre les riches du moment, ne peuvent voir le jour qu’à travers une Assemblée constituante indépendante des riches du moment, une Assemblée désintéressée. Cela tombe sous le sens, un enfant peut le comprendre. Et pourtant personne n’en fait une priorité. Personne même n’en parle. Certes, que les professionnels de la politique le taisent, chacun peut le comprendre (ils y ont beaucoup à perdre, personnellement), mais que les simples citoyens s’en moquent, c’est pour moi mystérieux.
Donc, il nous faut une Assemblée constituante indépendante des riches. Or précisément —et c’est là un point cardinal, décisif— l’élection permet aux riches d’acheter le pouvoir : en finançant la campagne électorale des élus et en contrôlant les médias qui rendent possible ou impossible toute élection, les riches prennent le contrôle de tout régime de représentation élue, régime qui n’est alors plus du tout une démocratie mais une ploutocratie. Nous y sommes aujourd’hui : les humains que nous élisons ne nous servent pas du tout mais servent les riches qui les ont fait élire. À part quelques oiseaux rares comme le sénateur ci-dessus (et quelques Mélenchon, Généreux ou Dupont-Aignan), armés d’une morale résistante, la classe politique, par le mécanisme viscéralement corrupteur de l’élection est — très logiquement — tout à fait corrompue.
Donc, il ne faut surtout pas que la prochaine Assemblée constituante soit élue : il est tout à fait prioritaire que cette assemblée fondatrice ne doive rigoureusement rien aux riches du moment.
De même pour le Conseil constitutionnel et les juges qui feront ensuite respecter la Constitution.
La première démocratie au monde sera instituée par une Assemblée constituante tirée au sort.
Et elle sera protégée ensuite par un Conseil constitutionnel et des Jurys eux aussi tirés au sort.
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Mais les humains de 2010 sont-ils capables, nos contemporains sont-ils assez éduqués, assez indépendants de la propagande du moment, assez lucides pour comprendre l’évidente illusion de l’élection (qui n’a JAMAIS tenu ses promesses) et admettre l’importance vitale du TIRAGE AU SORT ?
Bien sûr, je n’attends rien des politiciens de métier, que cette idée proprement révolutionnaire mettrait au chômage ; je n’attends quelque chose que des autres.
Sans espoir véritable, à vrai dire.
🙁
Étienne.
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Les hommes seuls [contrairement aux autres animaux] subissent éternellement les mêmes douleurs, n’ayant jamais voulu changer les conditions qui les produisent. Louise Michel, Prise de possession (1890).
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Il faut bien que la vérité monte des bouges, puisque d’en haut ne viennent que des mensonges. Louise Michel, Prise de possession (1890).
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Pour ceux qui découvrent ici l’étonnante idée du tirage au sort, je rappelle mes recherches sur cette procédure fondamentale : https://old.chouard.org/Europe/tirage_au_sort.php

Si quelques personnages ayant eut vocation à aller vers des responsabilités particulières ont réussi la besogne en résistant aux pressions, c’est justement que leur horizon premier s’analyse en termes de services et de responsabilités et non d’ego et de pouvoir et qu’ils y sont restés fidèles.
C’est sans doute aussi qu’ils sont conscients des rapports de force tout autant qu’ils sont armés de solides valeurs morales, cultivés, capables physiquement et intellectuellement, qu’ils disposent des connaissances requises et de l’aptitude pour de nouvelles et que, ainsi rassurés d’eux mêmes, ils se sentent libre d’agir.
Leur vie (publique) n’est pas faite de chance mais de travail et d’engagement. Sans doute n’aurait-il jamais été tirés au sort !
A contrario d’autres le seront. Ignares imbus, ignares craintifs, ignares cupides : quel beau gouvernement ! Vous appelez ça le changement !
Je ne crois pas plus que vous à la Grâce ou l’omniscience d’une main invisible fût-elle Autre que celle des marchés.
Je crois par contre que dans quelques mois (déjà) ce n’est que par une élection, qu’une équipe nouvelle peut être désignée et que, « aux citoyens assez éduqués, assez indépendants de la propagande du moment », il revient l’exigence de lucidité pour comprendre et faire comprendre que croire ici maintenant tout de suite à « l’évidente illusion de l’élection » donc à la vacuité du vote, à l’inconséquence de l’abstention correspond ‑au plus grand bonheur de tous ceux qui ont un réel intérêt à ce que rien ne change- à un retour volontaire au scrutin censitaire.
Car c’est bien la propagande le problème.
Cette propagande qui organise un concours de pronostiques en lieu et place de tout débat d’idées, dévalorise toutes (contre) propositions, analyse jusqu’à l’écœurement la moindre stratégie avérée ou supposée et finalement nous met à distance du sujet, nous démobilise, parvient même ‑victoire totale- à nous persuader de notre propre impuissance.
Jusqu’à lasser ceux qui ont la capacité (souvenirs vivaces) de convaincre et de mobiliser.
Ne substituons pas à la flamme de la résistance quelques lumignons sur l’autel de la providence !
@ mongraindesel,
Je crois vous comprendre car je suis moi-même évidemment partagé : je vois bien ce qu’une sélection peut avoir de positif, et je redoute donc comme vous de perdre les avantages de cette sélection quand elle fonctionne. Je redoute aussi d’éventuels dysfonctionnements du tirage au sort : les Athéniens avaient aussi, tout comme nous, peur de tirer au sort des imbéciles ou des crapules. C’est pourquoi ils avaient mis au point de formidables correctifs que je vous invite à découvrir (voyez ceci) avant de rejeter cette formidable procédure qui est l’essence même, consubstantielle, de la démocratie.
Mais quand vous dites « Ignares imbus, ignares craintifs, ignares cupides : quel beau gouvernement ! », vous parlez bien du gouvernement actuel, n’est-ce pas ? Vous décrivez bien le résultat objectif de l’élection : mettre au pouvoir les plus menteurs, les plus retors, les plus traîtres, les plus inhumains, les plus insensibles, les plus assoiffés de pouvoir, les plus coriaces, n’est-ce pas ?
Mongraindesel, les gens que vous côtoyez tous les jours, les gens normaux je veux dire, sont-ils tous sur ce modèle de mensonge et de brutalité ?
Moi non : je côtoie plein de gens imparfaits, biens sûr, mais généralement bien plus honnêtes que ceux que l’élection porte au pouvoir.
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Mais j’ai quelque chose à vous proposer, quelque chose qui peut-être nous donnera à la fois le meilleur de l’élection et le meilleur du tirage au sort : et si nous avions deux Chambres, Mongraindesel ?
Une chambre élue, la « Chambre des Partis »,
et une chambre tirée au sort, la « Chambre des Citoyens »,
et aucune loi ne pourrait passer sans l’accord des deux chambres.
Et en cas de conflit irréductible entre les Chambres, on en appellerait au Peuple lui-même par référendum.
Bien sûr, le Peuple lui-même pourrait prendre lui-même l’initiative du référendum, par RIC.
Est-ce que ce ne serait pas une solution médiane, modérée, respectueuse de tous ?
Enfin, les simples citoyens seraient vraiment représentés en politique, ils le seraient TOUS.
En effet, une chambre tirée au sort comprendrait mécaniquement des jeunes, des vieux, des riches, des pauvres, des blancs, des noirs, des femmes, des hommes, des ouvriers, des employés, des agriculteurs, des croyants, des athées, des cultivés, des ignares, des actifs, des inactifs, des mères au foyer, des syndicalistes, des patrons, des médecins, des malades, des chômeurs, des SDF, des propriétaires, des locataires, etc.
Pas besoin de quota, la loi des grands nombre garantit scientifiquement la fiabilité raisonnable d’un échantillon représentatif : pour une société de 40 millions de personnes, cet échantillon doit comporter un peu plus de mille individus. La Chambre des Citoyens devrait donc réunir au moins mille membres, tirés au sort sur les listes électorales, au mandat court et non renouvelable.
Mais quelle Assemblée peut instituer une telle double chambre ? Une assemblée élue ? Allons donc… Si elle est élue, qui va imposer les candidats ? Les partis ? L’assemblée sera donc alors, encore une fois, exclusivement composée d’hommes de parti ? Chacun voit bien que, écrivant des règles pour eux-mêmes, ils écriront des règles qui tiendront tous les autres à l’écart, des règles qui maintiendront l’impuissance politique des citoyens.
Une démocratie authentique ne peut être instituée que par une Assemblée constituante tirée au sort, c’est imparable.
Les politiciens vertueux que vous décrivez (j’en connais aussi quelques uns) sont comme des pépites d’or dans un fleuve de boue : ils ne sont absolument pas représentatifs de la qualité du système électoral, au contraire.
Inventons un système qui nous permettra de leur laisser une vraie grande place, mais qui nous protègera aussi des marionnettes des riches, celles qui nous oppriment aujourd’hui.
PS : j’ai modifié ce matin le titre et le texte du billet.
Étienne.
Je salue votre initiative, celle de faire valoir les « vraies solutions » à cet état de crise, insoluble si on ne la considère que dans ses aspects « techniques » (les solutions dites « économiques »).
J’avais ici évoqué il y a quelques mois* ce bicamérisme (une élue, l’autre tirée au sort).
Il s’agit maintenant de lever les tabous immédiatement évoqués (combien de « brutes » , d’ »ignares »…)
Il serait intéressant de recueillir l’avis et l’expérience de juges ayant à mener les débats d’un Jury d’Assise déjà « tiré au sort »
* je ne sais plus dans quel fil.
Cordialement.
Etienne, merci !
Mais avez-vous déjà fait part de votre travail et conclusions (ci-dessus) à Melanchon et aux autres forces qui sont en faveur d’une constituante ?
-> Proposition du Parti de Gauche pour une Constituante
-> considérations sur l’élection des constituants pour l’Association pour une Constituante
À propos de RMA, allez vite signer
l’appel de Marianne pour un revenu maximum :
http://www.marianne2.fr/Un-Appel-pour-le-salaire-maximum_a179349.html
Étienne.
Cooli,
• J’en ai un peu parlé la semaine dernière avec Arnaud Montebourg, qui m’a bien fait comprendre — comme prévu** — que n’était pas du tout dans son programme et que ça ne pouvait pas l’être.
• J’ai écrit à Jean-Luc Mélenchon qui ne m’a pas répondu.
On verra.
Mais je ne me fais pas d’illusion : dans son livre (très intéressant d’ailleurs : « Qu’ils s’en aillent tous »), il ne parle pas du tout de tirage au sort de la Constituante, mais d’élection.
• Non Cooli, je crois que nous devons surtout compter sur nous-mêmes : il faut que nous devenions des millions à avoir compris — à SAVOIR — que le tirage au sort est la seule procédure démocratique, la seule modalité de gouvernement non détournable par les riches à leur profit.
Il ne faut pas laisser oublier qu’il y a 2 500 ans, Athènes a été gouvernée par les pauvres —pendant 200 ans !— notamment grâce au tirage au sort qui était généralisé.
Amicalement.
Étienne.
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** Souvenez-vous de ma thèse : les élus ne prôneront JAMAIS le tirage au sort (malgré son rôle majeur dans le respect de l’intérêt général) parce que les élus y ont — par définition — un intérêt PERSONNEL contraire.
C’est tout simple, mais c’est très puissant, irrésistible même.
Oui Étienne, ta thèse ne peut sans doute pas être critiquée, ta proposition des 2 chambres non plus et de l’écriture d’une constitution par des citoyens tirés au sort.
Nous avons assez discuté je crois, il faut maintenant faire passer l’idée et pour cela il faut un site spécifique car dans cet énorme fatras de nos sites respectifs des vaches n’y retrouveraient pas leur veaux.
… Et ne pas sortir de ces 2 proposition :
– Constituante par des citoyens tirés au sort
– Seconde chambre tirée au sort
Mais pour ma part, je ne pourrai que « suivre »
Amitiés
AJ
Etienne,
Je suis aussi de tout coeur avec tes idées de Constituante tirée au sort.
Les institutions articulées autour de l’expertise professionnelle guidant, informant et conseillant un jury sont peut-être de bonnes pistes à explorer, à condition que les professionnels soient indépendants du Pouvoir, donc soient des magistrats de plein droit. Le seul contrôle des magistrats doit venir… de jurys composés de leurs pairs et de citoyens tirés au sort.
Il ne faut pas, enfin, oublier tout l’arsenal destiné à rogner les pouvoirs excessifs (limitation des revenus, par exemple), ni à punir les faits avérés de corruption, népotisme, malversation, détournement, traffic, etc.
Rappelons que, à Athènes, les faits de corruption ou même mésusage de la richesse de la Cité étaient passibles de la peine de mort.
Ce serait peut-être excessif aujourd’hui, mais il est évident qu’il n’est pas convenable,en aucune manière, d’avoir à la tête du ministère de l’intérieur un déliquant récidiviste (M. Hortefeux vient d’être condamné pour la seconde fois en un an par un tribunal pénal, pour deux affaires différentes : pour injures racistes il y a quelques mois, et cette semaine pour violation de la présomption d’innocence).
Je crois personnellement que toute personne inculpée dans une affaire judiciaire doit être démise instantanément de tous ses mandats (la mise en examen, relevant de l’enquête préliminaire à l’établissement des chefs d’accusation, pouvant rester compatible avec le maintien en fonction).
Toute condamnation pour une affaire relevant de faits commis dans l’exercice d’un mandat, ou visant à déformer le contrôle et la transmission du pouvoir démocratique, doit entraîner l’éviction définitive de la vie publique, et la radiation des listes de citoyens établies pour le tirage au sort des administrateurs de la Cité.
Bonjour ,
Vous idéalisez ce système. Vous semblez ignorer certains éléments.
Athènes n’a jamais été gouvernée par les pauvres même s’il est vrai que le tirage au sort se tenait pour quelque condition sociale que ce soit (concrètement, ceux-ci n’avaient pas le temps de participer du fait de leurs travaux et de la distance) : la démocratie était exercée par des citoyens riches et citadins.
De plus, sous Périclès, 10 % de la population étaient « citoyens ». La définition du citoyen étant hyper restrictive. Rappelons que les femmes étaient exclues.
L’art oratoire primait (les pauvres n’étaient pas éloquents).
L’intérêt d’Athènes ne réside pas dans le tirage au sort (impossible aujourd’hui) mais dans les garde-fous : le vote secret ou à main levée (peu de citoyens), des fonctions pour un an et exercées collégialement.
Décider aujourd’hui qu’un citoyen ou une citoyenne ne peut exercer le pouvoir plus de deux mandats (dix ans au service de l’État maximum) serait déja un grand progrès.
Tonique et lucide diatribe contre les riches :
Le rêve américain_ George Carlin
« Vous savez ce qu’ils veulent. Ils veulent des travailleurs obéissants ! Des gens qui sont juste assez intelligents pour faire tourner les machines et faire la paperasse, et juste assez cons pour accepter passivement tous ces boulots de merde, avec ces salaires qui baissent et ces fonds de pension qui disparaissent. Maintenant, ils veulent s’emparer de la Sécurité Sociale ! Ils veulent récupérer l’argent de la Sécurité Sociale pour qu’il puisse finir dans les coffres de leurs amis de Wall Street. Oui, les propriétaires de ce pays connaissent la vérité. Ils l’appellent le Rêve Américain, parce qu’il faut être endormi pour y croire. »
@ « Athénia »
Vous dites : « Athènes n’a jamais été gouvernée par les pauvres »… « la démocratie était exercée par des citoyens riches et citadins ».
Pourriez-vous nous donner vos sources, s’il vous plaît, pour étayer ces étonnantes affirmations ?
J’ai chez moi une vingtaine d’ouvrages sur cette époque, et je n’ai jamais lu ce que vous me dites-là.
Je viens de faire quelques recherches rapides (je n’ai pas le temps d’être exhaustif, et cela me paraît peu utile en l’occurrence) et je vous soumets trois extraits tendant à prouver que la démocratie athénienne a bien été le gouvernement des pauvres.
« L’avènement de la démocratie se produit à mon avis lorsque les pauvres, forts de leur victoire, exterminent les uns, bannissent les autres, et partagent également avec ceux qui restent le pouvoir politique et les responsabilités de gouverner. Le plus souvent même, dans la cité démocratique, ces responsabilités sont tirées au sort. »
Source : (un autocrate refoulé de l’époque 🙂 ) Platon ; Oeuvres complètes, République, VII – 556d-557c, p 1723.
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« C’est ici précisément qu’un examen de la réalité historique peut être utile, et spécialement un examen de l’expérience grecque dans l’Antiquité. « Démocratie » est, on le sait, un mot grec. La seconde moitié du mot signifie « pouvoir » ou gouvernement, ainsi l’autocratie est le gouvernement d’un seul homme ; l’aristocratie, le gouvernement par les aristoi, les meilleurs, l’élite ; la démocratie, le gouvernement par le démos, le peuple. Démos était un mot protéiforme aux multiples significations, entre autres « le peuple en son ensemble » (ou pour être plus précis, le corps des citoyens) et le « petit peuple » (les classes inférieures) et les débats théoriques de l’Antiquité ont maintes fois joué de cette ambiguïté fondamentale.
Comme souvent c’est Aristote qui en donna la plus pénétrante formulation sociologique (Politique, III, 1279b34-1280a4) : « le raisonnement rend donc évident, semble-t-il, que la souveraineté d’une minorité ou d’une majorité n’est qu’un accident, propre soit aux oligarchies soit aux démocraties, dû au fait que partout les riches sont en minorité et les pauvres en majorité. Aussi… la différence réelle qui sépare entre elles démocratie et oligarchie, c’est la pauvreté et la richesse ; et nécessairement, un régime où les dirigeants, qu’ils soient minoritaires ou majoritaires, exercent le pouvoir grâce à leur richesse est une oligarchie, et celui où les pauvres gouvernent, une démocratie » (trad. Aubonnet).
Le propos d’Aristote n’était pas purement descriptif. Derrière sa classification, se trouve une distinction normative, entre un gouvernement dans l’intérêt général, signe du meilleur type de gouvernement, et un gouvernement dans l’intérêt et au bénéfice d’une partie de la population, marque d’un type de gouvernement inférieur en valeur. Le danger inhérent à la démocratie, pour Aristote, c’était que le gouvernement par les pauvres dégénérât en gouvernement dans l’intérêt des pauvres – ce point de vue nous retiendra dans le chapitre suivant. Je ferai ici porter mon attention sur la question plus étroitement liée à notre sujet de la relation entre dirigeants et dirigés en ce qui touche à la prise de décision politique. »
Source : Finley ; Démocratie antique et démocratie moderne, p 58–59.
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« Mais on aurait tort d’imaginer que l’Assemblée ne se composait que d’ouvriers et de commerçants vivant à Athènes et au Pirée. Dans nos sources, seuls deux passages jettent quelque lumière sur le statut économique des participants : dans l’un, Platon affirme qu’à l’Assemblée les discours sont le fait de forgerons, de cordonniers, de négociants et de patrons de navires, de riches ou de pauvres, de grands personnages et d’humbles gens ; dans l’autre, Xénophon assure que l’Assemblée est composée de foulons, de cordonniers, de charpentiers, de forgerons, de paysans, de négociants et de vendeurs au marché. Les travailleurs de la terre sont ici mentionnés entre les artisans et les commerçants, et il serait simpliste d’établir une distinction abrupte entre gens des villes et gens des champs : Aristophane montre un fermier qui porte son vin au marché pour l’y vendre et acheter de la farine, mais il vit à Athènes et ne fait guère que discuter avec son voisin après une réunion à l’Assemblée. En contrepartie, Théophraste donne une description satirique du paysan racontant à ses journaliers tout ce qu’il a entendu en ville, à l’Assemblée. Il n’est pas douteux que les gens de la ville et des faubourgs dominaient les réunions de l’Assemblée et que la représentation des ruraux n’équivalait pas à leur proportion réelle de la population civique ; mais les rares sources qui nous restent présentent un tableau moins déséquilibré qu’on ne pourrait le croire au premier abord.
Les sources qui nous renseignent sur le statut social des participants à l’Assemblée du IVe siècle sont aussi rares et le peu qui existe a fait dire que les classes moyennes et supérieures y étaient bien mieux représentées que dans les tribunaux. C’est une opinion qui ne repose que sur deux passages des discours de Lysias, l’un prononcé à l’Assemblée et l’autre devant un tribunal, en 389 dans les deux cas, tous deux sur le même sujet. Dans le discours prononcé à l’Assemblée, l’orateur assure que sont présents des contribuables, par conséquent des membres des classes supérieures ; dans l’autre discours, il distingue entre les contribuables et les jurés, auxquels il s’adresse. Mais dans le discours Sur les symmories, Démosthène distingue entre les contribuables et les membres de l’Assemblée ; dans la Première Olynthienne, un passage fait de toute l’audience des contribuables, tandis qu’un autre semble ne viser par là que les nantis parmi le public. Le discours de Lysias prouve peut-être seulement qu’il pouvait parfois y avoir avantage pour un orateur à attribuer à tout l’auditoire le statut réservé en réalité à quelques-uns ; on est plus impressionné par ces passages où Isocrate et Démosthène nous parlent de ces pauvres qui affluaient aux portes de l’Assemblée et des tribunaux, inquiets de s’assurer leur salaire journalier. Il n’y a donc pas d’argument solide pour postuler une nette différence à cet égard entre l’Assemblée et les tribunaux : à l’évidence la presse qu’il y avait pour s’assurer ce salaire journalier montre que les plus pauvres des citoyens étaient majoritaires dans les deux sortes d’assemblées, comme sans doute dans l’ensemble de la population. »
Source : Mogens H. Hansen, La démocratie athénienne à l’époque de Démosthène, p 156–157.
Quant à l’argument que le peuple d’Athènes n’était composé que d’une infime partie des êtres vivants (sans les femmes, effectivement, mais aussi sans les esclaves et sans les étrangers), je connais cette litanie qui voudrait nous conduire à discréditer hâtivement et globalement un régime très intéressant. Voici ce que je réponds :
1) Ce reproche est ANACHRONIQUE : à l’époque, TOUS les humains étaient phallocrates, xénophobes et esclavagistes, et il est fautif de les condamner avec nos valeurs modernes. Il serait tout aussi absurde (anachronique est le mot parfait pour désigner l’erreur en question) de reprocher aux Athéniens ne n’avoir pas su voler en avion…
2) Ce reproche est HORS SUJET : on parle d’Athènes pour y trouver des solutions utiles aujourd’hui pour contrôler les tendances oligarchiques présentes dans toutes les sociétés humaines. La définition odieusement restrictive du peuple athénien (commodément montée en épingle par les oligarques d’aujourd’hui pour nous éloigner de ce sujet d’intérêt fort dangereux pour eux), la définition restrictive du peuple de l’époque, donc, ne retire RIEN au fait que ce peuple avait le même PROBLÈME que tous les peuples du monde, toujours et partout : problème avec les riches qui ont les moyens d’acheter le pouvoir, et problème avec les abus de pouvoir ; votre objection ne retire RIEN non plus à l’immense intérêt, pour nous autres modernes, des SOLUTIONS DURABLES que le peuple athénien a imaginées —et longuement testées, pendant 200 ans ! — contre les captations de pouvoir et contre les abus de pouvoir.
Amicalement.
Étienne.
Bonjour Brieuc,
Il y a un autre repris de justice au gouvernement, il s’appelle Alain Juppé.
Et l’on ne compte plus, au pouvoir, les crapules qui ont bénéficié d’un révoltant « non-lieu » : l’institution même du non-lieu est un scandale qui, sous prétexte de « désengorger la justice des petites affaires sans importance », ne sert en fait qu’aux politiciens de métier, pour retirer arbitrairement leurs coquins de copains des griffes de la Justice.
Nous n’avons pas de Constitution et notre état de droit file en quenouille.
Les marchands ont colonisé notre imaginaire et, grâce à l’élection, les plus riches d’entre eux ont colonisé le pouvoir politique ; ils y appliquent désormais les méthodes de la maffia historique : terroriser d’abord leurs victimes, pour ensuite se présenter en protecteurs, en exigeant leur parfaite servilité.
Étienne.
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« Tout État moderne contraint de défendre son existence contre des populations qui mettent en doute sa légitimité est amené à utiliser à leur encontre les méthodes les plus éprouvées de la mafia historique, et à leur imposer ce choix : terrorisme ou protection de l’État. » Michel Bounan.
bonsoir,
En premier lieu , je ne cherche pas à discréditer le régime démocratique Athénien, essayez de rester raisonnable et sage dans vos réactions.
Je suis frappé par votre violence et vos certitudes.
Qu’est ce qu’un riche , un ex. pauvre.
Etes vous pauvre pour condamner ainsi les riches ?
Qui est riche ? Comment deviens t ‑on riche ? Est ce condamnable ?
Les riches sont ils à ostraciser ?
Le non lieu serait un scandale ? ( mettons cette affirmation sur un coup de sang ) .
Considérant le premier reproche qui n’a cet affichage que dans votre esprit , celui de l’anachronisme, sachez que le gouvernement d’un petit nombre( selon le statut social ) est plus aisé.
Les données à prendre en compte, très réduites à l’époque, ont été multipliées par combien aujourd’hui ?
La diversité des intérêts contradictoires et techniques contemporains rendraient impossible une démocratie de type Athénien.
Enfin les pauvres participaient aux séances mais ces bouleutes passaient un examen portant sur leur compétence.
Ils recevaient le Misthos , cette indemnité indispensable pour les pauvres ayant vocation , présentait aussi un effet d’aubaine pour les oisifs.…
De plus les pauvres se montraient bien moins assidu que les riches , ce qui dans la réalité amenuisait leur participation.
Tous ces livres que vous parcourez ne doivent pas vous laisser sans discernement.
Connaissez vous un système sans biais ?
Aujourd’hui personne ne vous suivra sur le tirage au sort .Existe il un pays au monde qui le pratique ? savez vous pourquoi ?
Vous êtes dur avec la classe politique surtout de la place que vous occupez.
Le système représentatif électif peut être amendé pour encadrer l’action et le pouvoir des élus, pour empêcher la main mise de quelques uns sur les attributs du pouvoir central et local.
Amicalement
Sans plonger dans les livres pour se rassurer et confirmer ses propres attentes, je propose aux lecteurs de parcourir ce lien pour donner envie et se faire une première idée :
http://www.lyc-vinci-st-witz.ac-versailles.fr/IMG/pdf/H_II_1_-_Athenes.pdf
Pour finir avec ce thème, les riches exercaient effectivement le pouvoir dans un système reposant sur l’éloquence ( qualité ? non détenue ou très rarement par des pauvres qui consacraient leur temps à travailler durmeent et se rendaient sur la colline pour voter à main levée).
De nombreuses lois étaient considérées comme illégitimes et combattues car acquises aux forceps sur un coup de langue.
AH ! Illusion quand tu nous tiens !
Athénia,
vous êtes frappée par ma violence (sic), mais pas par celle des riches sur les pauvres ?
Vous n’avez pas les yeux en face des trous.
Étienne.
_
PS : je ne sais pas si vous cherchez à discréditer la démocratie athénienne, mais de fait, vous la discréditez très méthodiquement.
Peut-être par féminisme (ce qui serait une réaction corporatiste), par réaction à l’injustice majeure (évidente) de l’exclusion des femmes ; j’ai des amies qui détestent ainsi Proudhon, invraisemblablement misogyne c’est vrai, alors que Proudhon est un humaniste progressiste de premier plan. Si c’est le cas, si vous disqualifiez la démocratie athénienne par féminisme, ce que je pourrais comprendre, il me semble que c’est une erreur : les femmes actuelles seraient bien mieux protégées par le tirage au sort que par l’élection ! Imaginez une assemblée législative tirée au sort, Athénia : vous auriez — mécaniquement et systématiquement — la moitié de femmes dans la représentation politique, la moitié ! Ne laissez pas trop vite — pour des raisons mineures ou mal identifiées — disqualifier un système qui nous protégerait TOUS contre les injustices.
Avec le Front de Gauche, pour un rassemblement légitime et salvateur
Serions-nous revenus au temps de la campagne 2006/ 2007 de la présidentielle, quand les egos s’affrontaient, jouant de la surenchère comme d‘autres du pipeau, avec comme résultat une catastrophe électorale sans précédent ?
Prenons-nous encore ce même chemin ?
Osons affirmer d’emblée que la situation n’est guère comparable : les partenaires du Front de Gauche sont hautement responsables, les avancées vers un programme populaire partagé ne peuvent être remises en cause et un retour en arrière n’est pas envisageable, sauf à vouloir une fois de plus se tirer une balle dans le pied.
Mais les tentatives pour nier toute signification à la démarche du Front de Gauche restent vives… Est-ce ainsi que l’on peut solliciter la confiance en soi et l’énergie populaire ? Le citoyen serait-il devenu un « rien » ?
Les candidats autoproclamés à la gabégie « présidentielle » marquent une absence de responsabilité vis à vis du mouvement social, qui est, lui, en manque grave de front populaire.
En parallèle, il est malhonnête de prétendre que J‑L Mélenchon n’alimente pas son discours de la logique « souveraineté populaire » : en cette matière, il n’y a pas deux « possibles » et si cette idée devenait majoritaire, ce serait un pas magistral qui serait accompli, grâce à tous les militants d’un « Front de Gauche » élargi jusqu’à devenir le front populaire attendu par le mouvement social !
Avons-nous besoin seulement d’un porte-drapeau, d’un porte-parole estampillé ou bien recherchons-nous une stratégie conduisant à en partager massivement la logique fondamentale ?
Préférons-donc la démarche pédagogique qui ne décrète pas de conclusions définitives et qui avance dans la construction d’un front attendu, dont la logique est celle du NON à la pensée unique des marchés, inséparable d’une logique « constituante », du fait que le « marchéisme » est inséparable de la logique dépossédant les peuples de leur souveraineté.
Affirmons qu’une telle logique n’appartient à aucun parti, seul désigné, puisqu’une majorité populaire devra nécessairement se l’approprier elle-même :
Il est impensable que le peuple s’approprie quoi que ce soit sans démarche « Constituante ».
L’Assemblée constituante est amenée à l’ordre du jour quand le mouvement social se heurte aux buttoirs contitutionnels :
Plus l’urgence sociale grandira plus ces buttoirs approcheront d’exploser :
Penser deux assemblées confrontables, c’est envisager la complexité comme elle se présente : refuser le tirage au sort tient du « simplisme électoraliste », refuser le suffrage universel tient du simplisme populiste.
Imaginer la confrontation et le recours au RIC pour clore un « débat démocratique », c’est enfin prendre la responsabilité d’ouvrir une perspective au « mouvement populaire ».
Le peuple, partout sur la planète, est traité comme « rien ».
Les rapports de force ont mis en place une domination « de classe » qui fait déclarer à Warren BUFFET « la classe capitaliste a gagné définitivement et globalement ».
Il n’a pas définitivement raison : « le peuple », partout, donne des signes de « résilience » : les peuples se réparent, comme le lézard sectionné se reconstitue !
Nour vivons l’époque des « reconstitutions », celui des « constituantes ».
Peuples résilients, peuples résistants ! votre reconstruction n’est pas forcément à l’échelle exclusivement nationale, mais elle commence aussi par là et pour en imaginer le contenu, il faut prendre les choses en mains. Et acceptons aussi les francs-tireurs, qui permettent à un moment donné d’avancer, comme Etienne chouard, Yvan Bachaud et d’autres encore !
POUR PENSER ENSEMBLE LA PERSPECTIVE POLITIQUE , SOYONS LES MILITANTS D’UN NOUVEAU TEMPS DES CERISES !.
Julia
LA VRAIE CAUSE d’un système durablement injuste, ou d’un système durablement juste.
Julia.
C’est vrai : religion du dieu marché, le marchéisme est inséparable de la logique dépossédant les peuples de leur souveraineté.
Mais pour résister, ne pas oublier que, derrière cette religion très intéressée, il y a LES RICHES du moment.
Et les riches sont manifestement moins bêtes que les pauvres : ILS FONT DU DROIT, eux.
Et — habileté suprême — ils ont pris la maîtrise du « droit du droit », ils se sont arrogés la maîtrise du droit constitutionnel. ILS FONT LE DROIT, même.
La principale erreur de Marx (et des marxistes), je crois, c’est d’analyser la Constitution comme le RÉSULTAT d’un rapport de force, d’analyser le droit comme une seule CONSÉQUENCE de ce rapport de force (erreur logique qui détourne de s’y consacrer prioritairement pour changer les choses, naturellement, et qui conduit les marxistes à essayer de changer prioritairement les rapports de force, en acceptant de lutter enchaînés, dans la cage du droit, ce qui, à mon avis, est une impasse) ; alors que le droit, —[et particulièrement le droit du droit c’est-à-dire le droit qui dit comment on peut écrire le droit et comment le peuple surveille et punit lui-même les éventuels félons]—, alors que le droit, donc, — aussi et surtout —, est la clef de voûte du système, la CAUSE PRINCIPALE de la pérennité de notre impuissance politique.
Décider QUI ÉCRIRA le droit et COMMENT est donc la CAUSE fondamentale d’un système durablement injuste, donc, mais cette décision serait aussi la cause fondamentale d’un système durablement plus juste : un droit fondé sur la procédure de L’ÉLECTION, aristocratique et corruptible, perpétue un système injuste, alors qu’un droit fondé sur la procédure démocratique du TIRAGE AU SORT, équitable et incorruptible, perpétuerait un système plus juste.
Plus juste sans être parfait, évidemment… Mais qui se soucie de perfection ?! alors qu’il s’agit d’éviter en urgence la catastrophe de la contre-révolution féodale. On ne cherche pas du tout la perfection : on ne cherche qu’à sortir les pauvres de leur prison politique, ce qui ne serait déjà pas si mal.
Tant que les pauvres ne se sentiront pas concernés par la qualité du processus constituant, ils resteront dans la prison politique qu’ils méritent.
Étienne.
Bonjour Etienne et amitiés de fin d’année !
Ce dernier billet sur le droit , les marxistes , la Constitution , marque effectivement ce qui peut nous séparer vous et moi (qui ne suis pas marxiste ) , car je crois , à l’expérience plus qu’au credo d’ailleurs , que la Constitution est le résultat ( provisoire ) d’un rapport de forces , et que le droit lui même , tout sacré qu’on le veuille , est le résultat autant que la balance d’un rapport de forces .
Mais après tout la tâche est suffisamment importante pour qu’en la souhaitant par le haut ( constituante ) ou par le bas ( rapport de forces ) , il ne faille rejeter aucune solution pour atteindre la Constitution la plus humainement féconde sinon idéale .
Dans les obstacles à vaincre : par le bas , la réunion des forces ; par le haut , le saut dans le vide d’un processus constituant qui a lui même besoin d’un rapport de forces , et dont je ne suis pas sur que « les pauvres » le ressentent comme leur besoin premier et immédiat .
Mais peut être que , « à force de .… »
Les débats parlementaires actuels, patrimoine des députés, fraude des députés, référendum d’initiative populaire qui n’en est pas un (?), etc.., népotisme à tous les étages, sont indignes d’une démocratie moderne. De « la république irréprochable » des premières années du mandat présidentiel de Sarkozy, il ne reste rien. Tout s’est agravé du point de vue démocratique. La réforme des institutions de 2008, a évacué les vraies réformes pour une rénovation citoyenne de notre démocratie. Il faut remettre ce travail en chantier, réactualiser les revendications citoyennes. C’est l’objet de ce PACTE DEMOCRATIQUE 2012 pour les prochaines élections présidentielles.
Pour un nouvel âge démocratique
Cependant il faut savoir que la première condition indispensable est l’acceptation par un candidat à la présidentielle de s’engager à faire un référendum constitutionnel par la grâce à l’article 11, après son élection. C’est clair, évident et nécessaire, puisque nous savons bien que ce ne sont pas les élus, parlementaires qui accepteront de changer les choses, de remettre en cause leurs pouvoirs ou leurs privilèges. Ils le pourraient qu’ils ne le feraient pas. Si tel n’était pas le cas, alors on pourra attendre longtemps une constituante ou une révolution citoyenne.
Le PACTE DÉMOCRATIQUE 2012 déclinera donc 12 propositions
1) Non cumul des mandats
Art 1) – « Les mandats nationaux, régionaux et départementaux, ne peuvent se cumuler qu’avec le simple mandat de conseiller municipal ».
Art 2) – « Nul ne peut être éligible à plus de deux mandats successifs pour la même fonction hormis celle de conseiller municipal ».
2) Calendrier électoral ; les législatives se dérouleront au mi-terme de la mandature présidentielle.
3) Dose de proportionnelle à l’Assemblée Nationale (permettre l’expression des minorités)
4) Statut de l’élu ; (éligibilité, indemnités, et modalités diverses..). ace sujet article trés intéressant et complet sur le statut très flatteur des députés sur http://www.lexpress.fr/actualite/po…
5) Un sénat citoyen suppression du Sénat actuel et du CES. Nouveau sénat;(rôle, contrôle, information,enquêtes, études, avis) (sénateurs tirés au sort parmi les conseillers municipaux de base)
6) Création d’une Chambre des citoyens, à chaque niveau institutionnel, (en remplacement des Comités Economiques et Sociaux. Citoyens tirés au sort idem que pour le sénat. Dans les villes parmi les électeurs)
7) Renforcement des pouvoirs des Cours des Comptes Nationale et régionales. (contrôle et suivi, travail en liaison étroite avec les Chambres des citoyens, pour le suivi et avis)
8) Référendum d’initiative citoyenne (organisé pendant l’élection présidentielle sur les sujets des pétitions retenues avec 1,5 million de signatures)
9) Reconnaissance du vote blanc intérêt car si 50 % de votes blancs, élection à refaire.
10) Réforme des institutions décentralisées (assemblée régionale flanquée d’une Chambre des citoyens) et RICS locaux
11) Maisons de citoyens et de la participation civique (dans chaque ville), (pour une politique de sensibilisation et de formation aux droits et devoirs du citoyen, aux libertés publiques, aux contrôles démocratiques.
12) Reprendre le pouvoir sur l’économie en nationalisant le crédit et l’assurance qui doivent être des services publics gérés démocratiquement.
@Bernard 29
Nationaliser le crédit ne sert à rien .. c’est l’émission de la monnaie qu’il faut nationaliser !
je ne sais pas si ça ne sert à rien quoiqu’il en soit, j’ai modifié cette proposition N° 12. j’avais oublié quelque chose d’important que j’ai mis à la place.
voici le pacte définitif.
Pour un nouvel âge démocratique
Les seules prétentions de ce pacte démocratique 2012, pour les présidentielles, sont ;
Il s’agit d’un pacte proposé aux candidats à la présidentielle qui s’engageront à faire un référendum constitutionnel par l’article 11, après l’ élection. Car même si le parlement est en capacité de rénover la démocratie, il ne le fera pas. C’est entendu.
12 propositions pour 2012
1) Non cumul des mandatsArt 1) – « Les mandats nationaux, régionaux et départementaux, ne peuvent se cumuler qu’avec le simple mandat de conseiller municipal ».
Art 2) – « Nul ne peut être éligible à plus de deux mandats successifs pour la même fonction hormis celle de conseiller municipal ».
2) Calendrier électoralles législatives se dérouleront au mi-terme de la mandature présidentielle.
3) Dose de proportionnelle à l’Assemblée Nationale
(permettre l’expression des minorités au parlement)
4) Statut de l’élu ;(éligibilité, indemnités, conflits d’intérêt et modalités..)
5) Un Sénat citoyen
en remplacement du Sénat actuel et du CES national (supprimés)(rôles de contrôle, d’information, d’études et d’enquêtes, avis)
(sénateurs tirés au sort entre les parmi les conseillers municipaux de base)
6) Renforcement des pouvoirs des Cours des Comptes
(contrôle et suivi – travail en liaison avec les Chambres des citoyens)
7) Référendum d’initiative citoyenne (organisé pendant l’élection présidentielle sur les sujets des pétitions ayant obtenues au moins 1 à 1,5 millions de signatures)
8) Reconnaissance du vote blanc
si à un scrutin, on obtient 50 % de votes blancs, le scrutin sera à refaire
9) Réforme des institutions décentralisées
Création d’une Chambre des citoyens à chaque niveau (région, département, ville). Fonctions de contrôle et d’information. A la Région en remplacement du CESR, membres tirés au sort parmi les conseillers municipaux de base. Ville et Département, parmi les électeurs volontaires du corps électoral correspondant.
10) Référendum locaux à l’occasion des élections, référendums sur les questions d’intérêt local ayant fait l’objet de pétitions recueillant des signatures d’au moins 5 % du corps électoral correspondant.
11) Maisons de citoyens et de la participation civique.
(dans chaque ville, avec une politique de sensibilisation et de formation aux droits et devoirs du citoyen, aux libertés publiques, aux contrôles démocratiques.
12) Droit de vote aux étrangers aux élections locales
(étrangers en situation régulière en France depuis plus d’un an)
voilà . bonne année 2011.
La loi comme la relation d’un peuple à la monnaie etc sont le résultat d’un rapport de force mais aussi constituent des réalités structurantes empêchant toute inversion du même rapport de force : les troupes s’épuisent dans un combat perdu d’avance puisque que les règles de ce jeu guerrier ont été posées déjà en amont par le camp des puissants.Et qui plus est ces règles ont façonné une réalité systémique structurante qui est le lot de tous ; C’est un jeu de dupe dont il est impossible de sortir.
Stratégiquement pour briser ce cercle vicieux il n’y a que deux choix :
laisser la logique mortifère du système l’auto détruire( choix pessimiste parce que nous serons broyés)
mener des action d’éducation populaire consistant à faire comprendre le fonctionnement du système au plus grand nombre et en parallèle à la réflexion lancer des expérimentations locales d’alternatives au système (relocalisation de la gouvernance et de l’économie en investissant l’outil public participatif « pays« permettant aux citoyens de participer aux politiques publiques d’aménagement et développement du territoire.
Une opportunité de raté en Islande :
http://www.icelandreview.com/icelandreview/daily_life/?cat_id=16539&ew_0_a_id=370930
http://www.icelandreview.com/icelandreview/daily_news/?cat_id=16539&ew_0_a_id=370813
Des constituants (plutot aisés) élus avec un fort taux d’abstention…
Reste a suivre les debats sur leur possible nouvelles constitution en Fevrier et esperer que l’Irlande prenne le meme chemin et qu’il y ait enfin une couverture mediatique de ce sujet en France aussi…
Bonsoir Etienne,
Toujours très intéressant… Mais à quand l’action, vous disais-je il y a quelques années ?
regardez cette vidéo si vous avez le temps, pourquoi l’homme accepte-t-il de travailler ainsi comme un fou ? Ne pouvons-nous pas apprendre à vivre plus sagement ? Ne pouvons nous pas réinventer un autre monde ?
http://www.youtube.com/watch?v=vvTF6B5XKxQ&feature=fvw
Cordialement
Philippe
Merci Philippe, pour cet étonnant petit film.
Quant à l’action, désolé : je n’ai pas de recette à effet immédiat ; je n’ai qu’une graine d’idée (que je crois) géniale qui doit d’abord germer dans des millions de cerveaux avant de les protéger tous durablement contre la plupart des abus de pouvoir.
C’est loin d’être satisfaisant, évidemment, mais ce n’est déjà pas si mal en prenant un peu de recul.
Amicalement.
Étienne.
Ce n’est pas d’aujourd’hui que les vices de l’élection ont été décriés.
Ce qui suit est aussi sur le site de Politis …
« Citoyens,
On vous trompe. On vous dit que la dernière Chambre composée d’imbéciles et de filous ne représentait pas la majorité des électeurs. C’est faux.
Une Chambre composée de députés jocrisses et de députés truqueurs représente, au contraire, à merveille les Électeurs que vous êtes. Ne protestez pas : une nation a les délégués qu’elle mérite.
Pourquoi les avez-vous nommés ?
Vous ne vous gênez pas, entre vous, pour convenir que plus ça change et plus c’est la même chose, que vos élus se moquent de vous et ne songent qu’à leurs intérêts, à la gloriole et à l’argent.
Pourquoi les renommerez-vous demain ?
Vous savez très bien que tout un lot de ceux que vous enverrez siéger vendront leur voix contre un chèque et feront le commerce des emplois (…).
Il faut des sots et des roublards, il faut un parlement de ganaches (…) pour personnifier à la fois tous les votards professionnels et les prolétaires déprimés.
Et ça, c’est vous !
On vous trompe, bons électeurs, on vous berne, on vous flagorne quand on vous dit que vous êtes beaux, que vous êtes la justice, le droit, la souveraineté nationale, le peuple-roi, des hommes libres. On cueille vos votes et c’est tout. Vous n’êtes que des fruits… des Poires.
On vous trompe encore. On vous dit que la France est toujours la France. Ce n’est pas vrai.
La France perd, de jour en jour, toute signification dans le monde, toute signification libérale. Ce n’est plus le peuple hardi, coureur de risques, semeur d’idées, briseur de culte. C’est une Marianne agenouillée (…). C’est le caporalisme renaissant (…).
On vous trompe, on vous trompe sans cesse. On vous parle de fraternité, et jamais la lutte pour le pain ne fut plus âpre et meurtrière.
On vous parle de patriotisme, de patrimoine sacré – à vous qui ne possédez rien.
On vous parle de probité ; et ce sont les écumeurs de presse, des journalistes à tout faire, maîtres fourbes ou maîtres chanteurs, qui chantent l’honneur national.
Les tenants de la République, les petits bourgeois, les petits seigneurs sont plus durs aux gueux que les maîtres des régimes anciens. On vit sous l’oeil des contremaîtres.
Les ouvriers aveulis, les producteurs qui ne consomment pas, se contentent de ronger patiemment l’os sans moelle qu’on leur a jeté, l’os du suffrage universel. Et c’est pour des boniments, des discussions électorales qu’ils remuent encore la mâchoire – la mâchoire qui ne sait plus mordre.
Quand parfois des enfants du peuple secouent leur torpeur, ils se trouvent (…) en face de notre vaillante Armée…
La Justice est égale pour tous. Les honorables chéquards roulent carosse (…). Mais les menottes serrent les poignets des vieux ouvriers que l’on arrête comme vagabonds !
L’ignominie de l’heure est telle qu’aucun candidat n’ose défendre cette Société. Les politiciens bourgeoisants, réactionnaires ou ralliés, masques ou faux-nez républicains, vous crient qu’en votant pour eux ça marchera mieux, ça marchera bien. Ceux qui vous ont déjà tout pris vous demandent encore quelque chose :
Donnez vos voix, citoyens ! »
bonsoir Etienne,
il ne m’a pas semblé voir de textes précisant la mise en application concrète de ce système, à savoir le tirage au sort de nos élus dans une collectivité de 65 millions d’habitants.
À travers les discussions que je peux avoir sur ce sujet, c’est la remontée principale que j’ai pu avoir.
Pouvez vous svp m’orienter davantage sur la question…
Merci.
Thomas