Chers amis,
Je viens de découvrir un texte important, enfin en français, dont une large diffusion devrait faciliter notre émancipation monétaire.
Nous le devons à Nathanaël Faibis (revolution-monetaire.blogspot.com)
qui a traduit entièrement le livre « 100% Money », d’Irving Fisher, en français.

Je connais l’existence et l’importance fondamentale du livre « 100% money » depuis des années, mais il est rigoureusement introuvable en anglais (ou seulement à 600 €…) et il n’a même carrément jamais existé en français… Cette chape de plomb éditoriale est tout simplement extravagante — ou plutôt, révélatrice d’un risque majeur pour nos parasites bancaires.
📚 Livre : 100% Monnaie — Irving Fisher
Il a donc fallu attendre Internet et le journalisme citoyen d’un Nathanaël Faibis pour publier enfin cette pensée lumineuse (vous allez voir comme c’est facile à lire, c’est une merveille).
Bon, je laisse vite la place à une courte introduction de Nathanaël, puis à la parole originale de Fisher ; c’est le chapitre 1 qui est ici reproduit :
100% Money d’Irving Fisher : Une courte présentation
Deux ans après avoir écrit « The Debt Deflation Theory » où il expliqua comment le processus de désendettement a pu mener les États-Unis dans la pire déflation et dépression économique de son histoire, Irving Fisher publia « 100% Money » en 1935. Réforme monétaire, projet politique de très grand ampleur, monument pour la théorie économique, ouvrage convaincant de vulgarisation, ce livre d’un des plus grands économistes de l’ère moderne est resté pour des raisons mystérieuses presque inconnu de la très grande majorité des spécialistes.
L’importance de ce livre ayant grandement influencé la pensée des prix Nobels Maurice Allais et Miton Friedman est pourtant cruciale. Fisher y expose très simplement comment assainir l’incroyable château de carte monétaire reposant sur une pyramide de dette pour mettre fin aux immuables cycles destructeurs de boom et dépression.
L’actualité de cet ouvrage est frappante. Confrontés à une crise de la dette privée sans précédent, nous ne trouvons pas d’autres solutions que d’asperger le marché de liquidités et d’endetter lourdement nos États, ne faisant que repousser l’inévitable processus de désendettement. Or dans notre système monétaire comme dans celui des États-Unis des années 30 le corolaire du désendettement, c’est la déflation. Le plan d’Irving Fisher « 100% money » ou plan de réserve intégrale nous présente ce qui pourrait bien être LA solution pour sortir de cette impasse.
Ce qui suit est la première traduction française à ma connaissance d’une courte présentation du plan 100% Money en introduction de cet ouvrage.
Ce texte est également disponible en version originale : http://irving-fisher.blogspot.com
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Extrait (chapitre 1) de « 100% Money » d’Irving Fisher (traduction Nathanael Faibis) :
CHAPITRE I – UNE COURTE PRÉSENTATION
INTRODUCTION
Aux États-Unis, ainsi que dans quelques autres pays, la plupart de nos factures sont payées par chèque et non pas en espèces.
Quand une personne signe un chèque, elle paie avec ce qu’elle appelle « l’argent que j’ai a à la banque » comme l’indique son solde bancaire sur le talon de son chéquier. La somme de tous les soldes sur tous les talons de la nation, c’est-à-dire tous les dépôts sur compte chèque, ou ce que nous pensons habituellement être « l’argent » reposant en banque pouvant servir à payer par chèque, constitue le principal moyen de paiement aux États-Unis. Je propose d’appeler cela « l’argent sur compte chèque » à distinguer des espèces ou « argent dans les poches ». L’argent dans les poches est le plus classique des deux. Il est visible et tangible tandis que l’argent sur compte chèque ne l’est pas. Sa prétention à être de l’argent et de s’échanger comme si c’était de l’argent réel vient du fait qu’il « représente » de l’argent réel et peut être converti à la demande en de l’argent réel en « encaissant » un chèque.
Cependant, la principale différence entre l’argent sur compte chèque et l’argent dans les poches est que ce dernier est un argent au porteur, accepté par toutes les mains, tandis que l’argent sur compte chèque nécessite la permission spéciale du bénéficiaire pour être transféré.
En 1926, une année représentative avant la grande dépression, l’argent sur compte chèque détenu par les habitants des États-Unis s’élevait à 22 milliards de dollars selon une estimation, alors qu’en dehors des banques et du trésor des États-Unis, l’argent sonnant, l’argent physique et au porteur dans les poches des gens et dans les caisses des commerçants ne représentait que moins de 4 milliards de dollars. Ensemble, les moyens d’échange du pays dans les mains du public s’élevaient à 26 milliards de dollars, 4 milliards circulant de main en main et 22 milliards circulant par chèque.
Beaucoup de gens s’imaginent que l’argent sur compte chèque est vraiment de l’argent et repose réellement en banque. Cela est bien sûr loin d’être vrai.
Que peut bien être alors ce mystérieux argent sur compte chèque que nous appelons de façon trompeuse notre « argent en banque » ? C’est simplement la promesse des banques de fournir de l’argent à leur déposant à la demande. Pour couvrir les 22 milliards d’argent sur compte chèque en 1926, les banques détenaient seulement 3 milliards d’argent réel dans leurs coffres. Les 19 milliards restant représentaient d’autres actifs que de l’argent ; des actifs tels des titres de créance et des obligations d’État ou d’entreprise.
En temps ordinaire, comme par exemple en 1926, ces 3 milliards étaient suffisants pour permettre aux banques de satisfaire les demandes en argent sonnant des déposants. Mais si tous les déposants avaient demandé de l’argent sonnant au même moment, même si elles auraient pu rassembler un certain montant d’argent sonnant en vendant leurs autres actifs, les banques n’auraient pas pu avoir assez d’argent pour satisfaire ces demandes pour la simple raison qu’il n’y avait pas assez d’argent sonnant dans tout le pays pour rassembler ces 22 milliards. Et si tous les déposants avaient demandé de l’or au même moment, il n’y aurait pas eu assez d’or dans le monde entier.
Entre 1926 et 1929, le montant des moyens de paiement a légèrement augmenté pour passer approximativement de 26 à 27 milliards, 23 d’argent sur compte chèque et 4 d’argent dans les poches.
Par contre, entre 1929 et 1933, le montant d’argent sur compte chèque a décru pour atteindre 15 milliards ce qui, avec les 5 milliards d’argent véritable présents dans les caisses et les poches, représentait en tout 20 milliards de moyen de paiement au lieu de 27 en 1929. La hausse de 26 à 27, c’était de l’inflation. La chute de 27 à 20 était de la déflation.
Les épisodes de boom et de dépression depuis 1926 sont en grande partie mis en lumière par ces trois chiffres, 26,27 et20 pour ces trois années 1926,1929 et 1933.
Ces variations du volume monétaire furent en quelque sorte aggravées par l’évolution similaire de sa vélocité. En 1932 et 1933, par exemple, non seulement le volume d’argent en circulation était peu important mais sa circulation était lente. On peut même parler d’un phénomène répandu de thésaurisation.
Si on suppose que les montants d’argent en circulation pour 1929 et 1933 étaient respectivement 27 et 20 milliards et que chaque dollar ait changé respectivement de main 30 et 20 fois par année, la circulation totale seraient pour 1929, 27×30 = plus de 800 milliards de dollars et pour 1933, 20x20= 400 milliards de dollars.
Les principales variations de quantité de monnaie concernent les dépôts sur compte chèque. Les trois chiffres pour l’argent sur compte chèque sont comme nous l’avons dit 22,23,15 et pour l’argent dans les poches 4,4, 5. L’effondrement de la quantité d’argent sur compte chèque, notre principal moyen de paiement dont nous avons tous besoin pour faire des affaires, passant de 23 à 15 milliards, soit une disparition de 8 milliards, a été un des faits essentiels de cette dépression.
Cette baisse de 8 milliards du montant total d’argent sur compte chèque de la nation s’oppose à l’augmentation de 1 milliard (i.e. de 4 à 5) d’argent dans les poches. Le public a retiré ce milliard d’argent sonnant des banques et les banques pour fournir ce milliard supplémentaire ont dû détruire 8 milliards de crédit.
Peu de gens ont réalisé cette perte ou destruction de 8 milliards d’argent sur compte chèque et ce fait n’a été que rarement mentionné. Si 8 miles tous les 23 miles de voies ferrées avaient été détruits, cela aurait fait les gros titres des journaux. Cependant, un tel désastre aurait eu peu d’importance comparé à la destruction de 8 milliards des 23 milliards de notre principal moyen de paiement. Cette destruction de 8 milliards de dollars de ce que le public considérait comme leur argent a été la grande catastrophe qui a entraînée les deux principales tragédies de la grande dépression, le chômage et les faillites.
Ainsi, Les gens ont été forcés à subir ce sacrifice alors que cet argent n’aurait pas disparu si le système 100% ou de réserves intégrales avait été en place. Et si cela avait été le cas, comme nous le verrons au chapitre VII, il n’y aurait pas eu de grande dépression.
Cette destruction d’argent sur compte chèque n’était pas quelque chose de naturel et d’inévitable, cela était dû à un système défectueux.
Sous notre système actuel, les banques créent et détruisent de l’argent sur compte chèque en accordant ou en demandant le remboursement des prêts. Quand une banque m’accorde 1000$ de crédit et rajoute 1000$ à mon compte chèque, ces 1000$ « d’argent que j’ai à la banque » sont nouveaux. Ils ont été fraîchement créés de toute pièce lorsque le prêt a été accordé et simplement ajoutés au talon de mon chéquier et aux livres de compte de la banque par un simple coup de stylo.
Comme nous l’avons précédemment indiqué, excepté sur ces écritures, cet « argent » n’a pas d’existence physique réelle. Quand plus tard, je rembourserai à la banque ces 1000$, je les retirerai de mon compte chèque et un montant équivalent de moyen de paiement sera détruit par un simple coup de stylo du talon de mon chéquier et des livres de compte de la banque. Ainsi, ils disparaissent simultanément.
Par conséquent, nos moyens de paiement nationaux sont à la merci des transactions de prêt de la banque, et nos milliers de banque de dépôts sur compte chèque sont, dans les faits, comparables à d’irresponsables émetteurs de monnaie privés.
Ce qui pose problème, c’est le fait que la banque ne prête pas de l’argent mais simplement une promesse de fournir de l’argent à la demande, de l’argent qu’elle ne possède pas. Les banques peuvent construire à partir de leurs maigres réserves en argent sonnant une pyramide inversée de tels « crédits » c’est-à-dire d’argent sur compte chèque, dont le volume peut être augmenté ou réduit.
Il est évident qu’un tel système, aux bases fragiles et au sommet imposant, est dangereux. Il est dangereux pour les déposants, pour les banques et avant tout pour les millions d’innocents que forme le peuple. En particulier, quand la quantité d’argent décroît, le public est privé d’une partie de ses moyens de paiement essentiels grâce auxquels les biens peuvent être échangés.
Il y a dans la pratique peu de différence entre permettre aux banques d’émettre cet argent sur compte chèque utilisé comme moyen de paiement que de leur permettre d’émettre de la monnaie papier comme elles le firent durant l’épisode des « Wild Cat Bank Notes ». Ces deux pratiques sont fondamentalement aussi mauvaises.
Les dépôts bancaires sont l’équivalent moderne des billets de banque. Cependant, les dépôts peuvent être créés et détruits de façon invisible alors que les billets de banque doivent être imprimés et brûlés. Si 8 milliards de dollars de billet de banque avaient été brûlés entre 1929 et 1933, cet événement n’aurait guère pu passer inaperçu.
Comme le système de compte chèque, ou d’argent sur compte chèque, fondé principalement sur les prêts, confiné originellement à quelques pays s’est désormais étendu au monde entier, tous ses périls ne peuvent qu’avoir cru. En conséquence, les futurs booms et dépressions risquent d’être encore pires que ceux du passé sauf si le système est changé.
Les dangers et défauts du système actuel seront discutés plus en détail dans les prochains chapitres. Seules quelques lignes suffisent à exposer brièvement le remède proposé.
LA PROPOSITION
Donner le pouvoir au gouvernement, à travers une « Commission Monétaire » spécialement créée pour l’occasion, de transformer en argent sonnant suffisamment d’actifs de chaque banque commerciale pour que ses réserves atteignent 100% des dépôts sur compte chèque détenus. En d’autres mots, donner le pouvoir au gouvernement, à travers la Commission Monétaire, d’émettre cet argent et d’acheter avec celui-ci des obligations, titres de créance ou autres actifs détenus par les banques ou de prêter cet argent aux banques avec ces actifs comme garantie1. Alors, tout argent chèque serait couvert par de l’argent véritable, de l’argent dans les poches.
Cette nouvelle monnaie (Monnaie de la Commission ou United States Notes) permettrait à tous les comptes chèque d’avoir une couverture intégrale en argent sonnant dans les réserves des banques. Cette émission ni n’augmenterait ni me ferait décroître le montant total de moyen de paiement dans le pays. Une banque qui auparavant gardait 100 000 000$ de dépôt sur compte chèque devait détenir légalement des réserves minimum de 10 000 000$ d’argent sonnant (complétées par 90 000 000$ d’actifs non monétaires). Elle enverrait ces 90 000 000$ d’actifs non monétaires à la commission monétaire en échange de 90 000 000$ en argent sonnant, portant ainsi à 100 000 000$ ses réserves en argent sonnant, soit 100% des dépôts sur compte chèque.
Une fois cette substitution d’argent réel contre des actifs non monétaires terminée, les banques devraient maintenir de façon permanente des réserves en argent sonnant représentant 100% de leurs dépôts sur compte chèque. En d’autres mots, les dépôts sur compte chèque seraient réellement des dépôts, consistant en de l’argent sonnant détenu par la banque.
Ainsi, cette nouvelle monnaie serait ligotée aux réserves des banques par la nécessité légale de maintenir des réserves de 100%.
Le département gérant les comptes chèque de la banque deviendrait un simple entrepôt de stockage pour l’argent au porteur appartenant aux déposants et aurait une identité commerciale distincte en tant que banque de dépôt. Il n’y aurait alors plus aucune distinction pratique entre les dépôts sur compte chèque et les réserves. « L’argent que j’ai à la banque » comme indiqué par le talon de mon chéquier, serait vraiment de l’argent et serait vraiment à la banque (ou presque à portée de main). Les dépôts de la banque ne pourraient augmenter pour atteindre 125 000 000$ seulement si l’argent sonnant qu’elle détient augmente également pour atteindre 125 000 000$, c’est-à-dire en voyant ses déposants déposer 25 000 000$ de plus d’argent sonnant en retirant autant d’argent de leurs poches ou de leurs caisses et en le mettant à la banque. Si le montant des dépôts décroissait, cela signifierait que les déposants auraient retiré une partie de l’argent entreposé, le retirant de la banque pour le mettre dans leurs poches ou dans leurs caisses. En aucun cas, il n’y aurait de changement dans le montant total en circulation.
Comme cette évolution vers un système de réserves intégrales retirerait des actifs rémunérés aux banques et les remplacerait par de l’argent sonnant non rémunéré, les banques compenseraient cette perte en facturant les services fournis aux déposants, ou grâce à d’autres modalités qui seront détaillées au chapitre IX.
AVANTAGES
Les avantages résultant de cette réforme pour le public incluraient ce qui suit :
1 II n’y aurait pratiquement plus de panique bancaire et de ruée vers les banques commerciales.
Pour la bonne raison que l’intégralité de l’argent des déposants serait en permanence à la banque et disponible à leur guise. En pratique, moins d’argent serait retiré que sous le système actuel. Nous avons tous en mémoire ce déposant apeuré qui cria au guichetier de sa banque « Si vous n’avez pas mon argent, je le veux. Si vous l’avez, je n’en veux pas ».
2 II y aurait beaucoup moins de faillites bancaires.
Pour la bonne raison que les principaux créditeurs d’une banque commerciale et les mieux placés pour l’acculer à la faillite sont ses déposants, et ses déposants seraient contentés intégralement quoiqu’il arrive.
3 La dette du gouvernement serait substantiellement réduite.
Pour la bonne raison que la Commission Monétaire, qui représente le gouvernement, mettrait la main sur une grande partie des obligations d’État en cours.
4 Notre système monétaire serait simplifié.
Pour la bonne raison qu’il n’y aurait plus de distinction essentielle entre l’argent dans les poches et l’argent sur compte chèque. Tous nos moyens de paiement dans leur intégralité seraient de l’argent véritable.
5 L’activité bancaire serait simplifiée.
Aujourd’hui, il existe une confusion en ce qui concerne la propriété de l’argent. Quand l’argent est déposé sur un compte chèque, le déposant pense encore que cet argent est le sien alors que légalement, c’est celui de la banque. Le déposant ne détient pas d’argent à la banque, il est simplement un créditeur de la banque en tant qu’entreprise privée. Une grande partie du « mystère » qui entoure l’activité bancaire disparaîtrait dès que les banques ne seraient plus autorisées à prêter l’argent de leurs clients alors que dans le même temps ces déposants utilisent cet argent comme leur argent en payant par chèque. « M. Dooley » le Will Rogers de son époque, mit en lumière l’absurdité de ce double usage de l’argent quand il décrivit un banquier comme « un homme qui prend soin de votre argent en le prêtant à ses amis »
Dans le futur, il y aurait une distinction claire entre les dépôts sur compte chèque et les dépôts sur compte épargne. L’argent placé dans un compte chèque appartiendrait au déposant, comme n’importe quel dépôt en coffre et ne serait rémunéré par aucun intérêt. L’argent placé dans un compte épargne aurait un statut identique à celui d’aujourd’hui. Ce dépôt appartiendrait sans équivoque à la banque. En échange de cet argent, la banque donnerait droit à un remboursement avec intérêt, mais n’octroierait aucune possibilité de paiement par chèque. Le déposant en épargne aurait simplement acheté un investissement à l’instar d’une obligation à intérêt et cet investissement ne nécessiterait pas des réserves intégrales en argent sonnant, pas plus que n’importe quel investissement en obligation ou en action.
Les réserves minimum légales pour les comptes épargnes n’ont pas nécessairement besoin d’être changées avec l’arrivée du nouveau système pour les dépôts sur compte chèque (même si un renforcement de ces réserves est désirable).
6 Les grandes inflations et déflations disparaîtraient.
Pour la bonne raison que les banques seraient privées de leur pouvoir actuel de créer de l’argent sur compte chèque et de le détruire. En effet, l’octroi de prêts n’augmenterait pas le montant total des moyens de paiement et la demande de remboursement des prêts n’en détruirait pas. Le volume d’argent sur compte chèque ne serait plus affecté en fonction de la croissance ou de la décroissance des sommes prêtées. L’argent sur compte chèque ferait partie intégrante de la monnaie véritable de la nation et le fait qu’il soit ou non prêté à quelqu’un n’aurait aucune répercussion sur son volume.
Même si tous les déposants devaient retirer tout leur argent au même moment ou devaient rembourser tous leurs prêts en même temps ou devaient tous faire défaut en même temps, le volume d’argent de la nation n’en serait pas affecté. Cet argent serait juste redistribué. Ce total serait contrôlé par son seul émetteur, la commission monétaire (qui pourrait aussi se voir donner des pouvoirs en ce qui concerne la thésaurisation et la vélocité, si cela est désiré).
7 Les épisodes de boom et de dépressions seraient grandement atténués.
Pour la bonne raison qu’ils sont principalement dus aux inflations et déflations.
8 Le contrôle de l’industrie par les banques cesserait quasiment.
Pour la bonne raison que c’est seulement en temps de dépression que les industries peuvent en général tomber dans entre les mains des banquiers.
De ces 8 avantages, les deux premiers s’appliqueraient principalement aux États-Unis, le pays des ruées vers les banques et des faillites bancaires. Les 6 autres s’appliqueraient à tous les pays ayant un système de dépôt sur compte chèque. Les avantages 6 et 7 sont de loin les plus importants, i.e. la fin de l’inflation ou de la déflation de nos moyens de paiement et de ce fait l’atténuation des épisodes de booms et de dépressions en général et la fin des épisodes de grands booms et de grandes dépressions en particulier.
OBJECTIONS
Naturellement, une idée nouvelle ou qui le semble, comme celle d’un système de réserves intégrales, devrait provoquer des huées de critique.
Les questions qui viendront le plus probablement à l’esprit de ceux qui ont des doutes à propos du système de réserve intégrale sont :
1 La transition vers le système 100%, le rachat des actifs par de l’argent nouvellement créé, n’augmenterait-il pas immédiatement et très fortement le montant des moyens de paiement en circulation au sein du pays ?
Pas du moindre dollar. Il rendrait simplement l’argent dans les poches et l’argent sur compte chèque entièrement convertibles en changeant les dépôts existant constitués de monnaie imaginaire en dépôts constitués d’argent véritable.
Après la transition (et après que le degré prescrit de reflation ait été atteint2), la Commission Monétaire pourrait augmenter la quantité de monnaie en achetant des obligations et pourrait la faire décroître en en vendant des obligations, étant restreinte dans chaque cas par l’obligation de maintenir les prix ou la valeur du dollar au niveau prescrit avec une précision raisonnable.
Il est cependant intéressant de noter que le maintien de réserves de 100% et le maintien d’un niveau des prix sont des problèmes distincts et indépendants.
2 Y aurait-il des actifs de valeur « couvrant » le nouvel argent ?
Le jour suivant l’adoption du système de réserves intégrales, le nouvel argent émis transférable par chèque serait couvert par exactement les mêmes actifs, en grande majorité des obligations d’État, qui couvraient l’argent sur compte chèque le jour précédent, mais ces obligations seraient désormais en la possession de la Commission Monétaire.
L’idée selon laquelle il faut que toute monnaie ou dépôt soit couvert des titres comme garantie contre une inflation galopante est traditionnelle. Sous le système actuel (que nous allons appeler, par opposition, système 10%), dès que le déposant craint que son dépôt ne puisse lui être fourni en argent dans les poches, la banque peut (théoriquement) vendre des titres contre de l’argent pour rembourser ses clients paniques. Très bien. Sous le système 100%, la monnaie serait couverte précisément par les mêmes titres et il serait aussi aisé de vendre ces titres. Mais en plus, il y aurait le crédit du gouvernement des États-Unis. En conclusion, il n’y aurait plus de déposants paniques, craignant de ne pas pouvoir convertir leur dépôt en argent sonnant.
3 L’étalon or serait-il abandonné ?
Ni plus ni moins qu’il ne l’est aujourd’hui!3 L’or pourrait avoir exactement le même rôle que le sien aujourd’hui, son prix fixé par le gouvernement et son utilisation confinée principalement aux règlements internationaux.
De plus, un retour au type d’étalon or que nous avions avant 1933 pourrait, si on le désire, être effectué aussi facilement sous un système 100% que ce ne l’est actuellement. En réalité, sous le système 100%, il est probable que notre vieil étalon or, s’il était restauré, fonctionnerait tel que cela était voulu au départ.
4 Comment les banques trouveraient-elles de l’argent à prêter ?
Juste comme elles le font habituellement aujourd’hui, à savoir : (1) en prêtant leur propre argent (leur capital), (2) en prêtant l’argent qu’elles reçoivent de leur client et placé sur des comptes épargne ( ne pouvant pas être utilisé pour payer par chèque ), (3) en prêtant l’argent remboursé sur les prêts échus.
Sur le long terme, il y aurait probablement beaucoup plus d’argent à prêter, car il y aurait plus d’épargne créée et donc disponible à prêter. Mais ici une telle expansion des prêts, une expansion naturelle provoquée par une expansion de l’épargne, n’impliquerait pas nécessairement une quelconque augmentation de la monnaie en circulation.4
La seule nouvelle limitation du crédit bancaire serait une limitation saine. Aucune somme ne pourrait être prêtée s’il n’y a pas d’argent disponible à prêter. Ainsi, Les banques ne pourraient plus surprêter en créant de l’argent à partir de rien de manière à créer de l’inflation et un boom.
En plus des trois sources de fonds prêtables citées précédemment (capital de la banque, épargne, et remboursement), il sera possible pour la commission monétaire de créer de l’argent et de le transmettre aux banques en rachetant des obligations. Cependant, l’émission de nouvelle monnaie serait restreinte par l’obligation fondamentale d’empêcher une hausse des prix au dessus d’un certain niveau prescrit, mesuré par un indice des prix convenable.
5 Les banquiers seraient-ils pénalisés ?
Au contraire :
(a) Ils partageraient les bienfaits globaux dont tirerait la nation d’un système monétaire plus solide et d’une prospérité retrouvée. En particulier, ils recevraient plus de dépôts sur les comptes épargnes.
(b) Ils seraient dédommagés (en facturant leurs services ou autrement) de toute perte de profit due à la mise en place de réserves intégrales.
(3) Les banques seraient pratiquement libérées du risque de futures paniques bancaires et de faillites.
Les banquiers n’oublieront pas de sitôt ce qu’ils ont subi lors de la course à la liquidité des années 1931–33, chacun pour soi et les derniers sont démunis. Un tel mouvement de foule serait impossible sous le système 100% car une liquidité de 100% serait assurée à tout moment par chaque banque séparément, indépendamment de ce que font les autre banques.
6 Ce plan consisterait-il en une nationalisation de la monnaie et des banques ?
De la monnaie, oui. De l’activité bancaire, non.
EN CONCLUSION
La proposition d’un système de réserves intégrales est tout sauf radicale. Ce qui est demandé, en principe, est un retour depuis l’extravagant et ruineux système d’aujourd’hui consistant à prêter le même argent 8 à 10 fois au bon vieux système de dépôt en coffre des orfèvres , avant qu’ils ne se mettent de manière inappropriée à prêter l’argent qu’on leur avait remis pour être mis en coffre. C’est cet abus de confiance qui, après avoir été accepté comme une pratique standard, nous a progressivement amené vers le système de dépôt bancaire moderne. Du point de vue politique cela reste un abus. Ce n’est désormais plus un abus de confiance, mais ce sont les fonctions initiales des prêts et des dépôts qui sont abusées.
L’Angleterre a effectué une réforme et un retour partiel au système de réserves intégrales des orfèvres quand, il y a presque un siècle, le Bank Act a été voté requérant des réserves intégrales pour tous les billets de la Banque d’Angleterre émis au-delà d’une certaine limite (et également pour les billets de toutes les autres banques émettrices qui existaient à cette époque).
Le professeur Frank D. Graham de Princeton, dans une déclaration favorable à ce plan de réserves intégrales, a dit du président Adams qu’il « dénonçait l’émission de billets par des banques privées comme une fraude à rencontre du public. Il était soutenu sur ce point par toutes les forces conservatrices de son temps. »
En conclusion, pourquoi continuer à pratiquement déléguer aux banques en l’échange de rien une prérogative du gouvernement ? Cette prérogative est définie comme il suit par la constitution des États-Unis (Article 1, section 8) : « Le congrès aura le pouvoir […] de frapper la monnaie et de réguler la valeur de celle-ci ». On peut pratiquement dire, voire dire avec certitude, que toutes les banques de dépôt sur compte chèque frappent la monnaie et ces banques, dans leur ensemble, régulent, contrôlent ou influencent la valeur de celle-ci.
Les défenseurs du système monétaire actuel ne peuvent honnêtement prétendre que sous le joug d’une foule de petits centres d’émission monétaire privés, le système a bien fonctionné. Si c’était le cas, nous n’aurions pas vu disparaître 8 milliards de dollars sur 23 de nos comptes chèque.
Si nos banquiers veulent continuer à commercialiser la fonction essentielle de l’industrie bancaire, le prêt, ce qu’ils peuvent effectuer mieux que le gouvernement, ils doivent être prêts à abandonner la fonction d’émission monétaire qu’ils ne peuvent effectuer aussi bien que le gouvernement. S’ils arrivent à concevoir cela et pour une fois disent « oui » au lieu de « non » à ce qui semble peut-être pour eux une proposition nouvelle, il n’y aura probablement plus d’opposition importante à ce projet.
(…)
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Notes
1 En pratique, cela pourrait être en grande partie des « crédits » sur les comptes de la Commission tant que la Commission se tient prêt à fournir cet argent à la demande, car très peu d’argent tangible serait demandé aux banques, encore moins qu’aujourd’hui.
2 Voir le chapitre VI.
3 NDT : L’étalon-or avait été abandonné en 1933 aux États-Unis, soit deux ans avant la première publication de cet ouvrage.
4 Voir Chapitre V
(Fin du chapitre 1 de 100% Money de Irving Fisher (1935), traduit par Nathanaël Faibis).
À partir des documents publiés par Nathanael, j’ai moi-même composé un document bilingue anglais/français qui permettra à chacun de lire Fisher dans le texte original avec la traduction en vis-à-vis :
Irving_Fisher_100_MONEY_chapitre_1_bilingue.pdf.
Ce vieux livre est le meilleur résumé de nos analyses actuelles sur la monnaie : c’est court, c’est clair, c’est puissant, et c’est LA solution aux crises ruineuses conséquences du système maffieux de la monnaie-dette, et ça date de 70 ans… et, comme par hasard, il n’est ni republié, ni traduit dans toutes les langues du monde. Vous avez dit bizarre ? Cherchez à qui profite le crime.
Que Nathanaël soit ici publiquement et chaleureusement remercié : Citoyen Faibis, merci : tu as rendu au peuple un vrai grand service public.
Vivement que le livre entier soit publié sur le net !
Dépêche-toi, Nathanaël ! 🙂
Mise à jour (octobre 2010) :
Nathanaël a accepté de publier intégralement sa traduction !
Voyez : money.fr
Il faut le remercier et l’aider. On peut lui donner de l’argent sur son site ; c’est important.
Vous êtes parfaitement libre de le faire ou pas.
Étienne.

Le 19 mai 2010 à 11:45 , sur le blog de Jorion, l’ami Sam fait un intéressant commentaire (ce qui suit est extrait du blog « postjorion » ; http://postjorion.wordpress.com/2010/05/23/96-irving-fisher-sam-jorion-alexandre-et-consorts/ )
Sam
Pour en revenir au point central et principal de mon message, le même raisonnement m’amène à constater qu’en fait, Paul Jorion semble prôner la même chose que tous ces « économistes (qui, d’après lui) se sont trompés » ! A savoir, précisément, l’établissement d’un régime monétaire et financier dans lequel il sera hors de question de traiter une reconnaissance de dette comme de la monnaie… Génial, Paul Jorion est lui aussi pour le « 100% money », pour la même raison qui le conduit à penser que les autres se trompent ! Très fort…
Ce passage lui vaut les foudres de Crapaud rouge …
Pourquoi n’avoir pas commencé par nous dire ce que ce « 100% monnaie » signifie pour vous au lieu de nous faire d’abord avaler vos trois siècles d’histoire monétaire pour en arriver à cette conclusion qui montre que vous n’avez rien compris ?
… et de Julien Alexandre (qui en profite pour faire un peu de publicité pour son Maître à penser)
A défaut de lire « L’argent, mode d’emploi », faites un tour sur les billets « monnaie » du blog et vous constaterez que le 100% money a été débattu et réfuté des dizaines de fois
Sam rétorque :
Ce ne sont pas des arguments. Expliquez-vous donc. Je n’ai rien contre les gens avares en parole pourvu qu’ils ne vous prennent pas de haut. Question d’égalité dans le temps passé à s’instruire. J’ai passé assez de dizaines d’heures à lire les pages « monnaie » de ce blog pour ne pas vous laisser le loisir de la flemme. Allez, réfutez, réfutez donc. Mais je crois que vous n’avez pas saisi le but premier de mon message, qui est de demander à M. Jorion ce qu’il veut, finalement, en matière de régime monétaire. C’est d’après ses propres explications que je conclus que la seule monnaie qu’il reconnait est celle dont la contrepartie est un engagement de l’État. Je dis : très bien, moi aussi. So what ?
Pour finir Julien Alexandre botte en touche, mais sa dernière phrase (ici en gras) est caractéristique de sa totale incompréhension du 100% money et des propositions de Fisher.
Je n’ai malheureusement pas le loisir d’engager systématiquement un nouveau débat avec tout nouveau lecteur remettant le couvert sur la monnaie. Je le ferais volontiers toutefois si vous avanciez des arguments qui n’ont pas été longuement débattus sur ce blog. Ce n’est pas le cas, et c’est la raison pour laquelle pour ce qui concerne le 100% money, je vous renvoie aux billets et commentaires précédents sur la monnaie.Je réponds néanmoins à votre question : ne pas assimiler les reconnaissances de dette à de la monnaie.
Ceci amène donc une question à 10 balles à Jorion, Alexandre et consorts :
ET QUE PROPOSE DONC FISHER ?! SI CE N’EST DE NE PAS ASSIMILER LES RECONNAISSANCES DE DETTE A DE LA MONNAIE, CECI 75 ANS AVANT JORION ???
Manifestement ils n’ont jamais lu Fisher, ou, s’ils l’ont lu, ils n’ont rien compris…
Bonjour Etienne,
Je profite de cette petite case sous cet intéressant article pour vous faire un signe. Je suis comme vous un ancien combattant du Referendum de 2005 lors duquel j’avais créé avec des amis NOTRECONSTITUTION.NET, un version wikifiée du TCE afin que les gens puisse au moins le lire dans de meilleures conditions, qui s’est révélé être le premier texte juridique entièrement hypertexte (notamment avec la fonction « backlinks » sous chaque article)…
Aujourd’hui, c’est une autre initiative qui m’anime : http://appelpourlerevenudevie.org
Si vous pouviez lui faire l’honneur de la visiter ?
Amicalement
OA
Puisque vous semblez aimer Fisher…L’illusion de la monnaie stable
Merci NingúnOtro !
🙂
Merci Etienne,
Ce livre ayant 70 ans, traite t‑il des raisons pour lequel le systeme x% actuel (x < 10) a été mis en place, par quel groupes et dans quel but ?
Je vais voir ca de ma propre lecture.
Mais si un etat voudrait mettre en place une solution comme le system « 100% money », il faudrait comprendre les résistances des « possédants » (http://blog.mondediplo.net/2010–05-26-La-dette-publique-ou-la-reconquista-des), afin de pouvoir les contourner.
Autrement, la toute puissance des possédants ne laisse pas grande chance aux peuple de comprendre, voir la solution et la mettre en place.
@cooli
Le système actuel (réserves partielles) a été mis en place vers 1665 lorsque les orfèvres, jusque là simple « gardiens de valeurs » se sont mis a émettre plus de certificats de dépôts qu’il n’avaient de valeurs en contrepartie et sont donc devenus des « banksters », émetteurs de fausse monnaie.
(vous trouvez le détail de cette magouille dans mon livre « Argent, dettes et banques »)
Salut vous,
les extraits de débat que AJH reproduit ici sont sur cette page du blog de Jorion : http://www.pauljorion.com/blog/?p=11828
Un grand merci au gars Nathanaël Faibis. Faut mettre la main à la pâte et traduire ce bouquin en entier ! Qui aura le courage et, surtout, le temps ? 😉
J’avais mal compris : il l’a traduit entièrement en français ? Étienne, AJH, savez-vous si on peut s’en procurer une copie quelque part ?
Bonjour à tous et toutes,
je viens de lire également un livre qui traite de l’Union européenne en plein dans le sujet ! C’est l’ »Horreur européenne », de Frédéric Viale (chez Tatamis), préfacé par Susan George.
C’est percutant et bien écrit. En ces temps de crise « grecque » (en fait européenne), il y a là des thèses à faire connaître.
Merci pour votre travail.
Antoine
Jorion comme Nathanaël Faibis sont totalement archaïques. Ce n’est rien comprendre à l’évolution de la monnaie et de la finance moderne. Certes, les Banques ont besoin d’être surveillées et réguler. Mais cette conception malthusienne de la monnaie est totalement dépassée.
@Lol
Le 100% money n’impose pas une conception malthusienne de la monnaie (je suppose que vous pensez – à tort – que dans le 100% la quantité de monnaie est limitée?)
Non, le 100% monnaie signifie simplement qu’il doit y avoir la même quantité de monnaie centrale (base monétaire) en contrepartie de la monnaie scripturale.
Mais il est vrai que, dans ce cas, la BC pilotera l’augmentation souhaitée de la masse monétaire : nous éviterons peut être ainsi une nouvelle crise due à une émission inconsidérée de crédits par la « finance moderne », ayant abouti à la crise que nous connaissons.
Avec 2% de réserves obligatoires, comment la Banque centrale pourrait-elle réguler la quantité de crédits, surtout que les banques « to big to fail » savent qu’elles n’ont qu’à se retourner vers les BC pour obtenir les liquidités dont elles ont besoin et que la BC ne peut, dans ce cas, le leur refuser.
@ Lol :
RIEN de malthusien dans le texte de Fisher, puisque la Commission Monétaire (organe public) crée ou détruit autant de monnaie que nécessaire. C’est l’intelligence même, mais cette fois au service du plus grand nombre ; c’est peut-être cette nouveauté qui vous chiffonne, ou vous dépasse.
Il ne suffit pas de prétendre qu’une idée est dépassée : il faut le prouver. Bon courage 😉
Étienne.
Ref 27 mai 2010 à 14:20
<blockquote> la BC pilotera l’augmentation souhaitée de la masse monétaire : nous éviterons peut être ainsi une nouvelle crise due à une émission inconsidérée de crédits par la « finance moderne », ayant abouti à la crise que nous connaissons.</blockquote>
– - – – - – - – - – - – — -
Contexte :
La Dette de la France vient de grimper de 1000 milliards € à 1600 milliards €
En sus, récemment l’euro a perdu 50% de sa valeur par rapport au dollar
Q1 : En reprenant l’expression de la citation « émission inconsidérée », est-ce que passer de 1000 milliards à 1600 miliards est une « émission inconsidérée »
Q2 : Qui à la BCE ? … ou ailleurs … FMI (=Usa) ? … BRI [ 4 topCréanciers) ?
<blockquote> Ah non ! Lagarde ne doit pas faire ceci, mais au contraire cela, très précisément </blockquote>
Q3 : « L’augmentation souhaitée »
Qui rembourse les 1600 milliards d’échéances à payer et simultanément les intérêts perpétuellement récurrents (« revolving ») sur ces 1600 milliards ? … Intérêtes en outre éminemment instables vers la hausse
Supposons A, B, C :
A : il existe quelques acheteurs étrangers pour acquérir 10 millions de logements de France.
B : Votre « Grand Décideur » BCE ou autre : FMLI=Usa ou BRI ou (votre choix) sort sa décision : 8 mio de français sont à taxer-tondre-décapiter-(…) pour rembourser la dette
C : 8 millions de propriétaires français vendent leur logement 200.000 € pour contribuer à l’effort de guerre RoyaloRégalienPirate pour ne pas avoir la tête coupée
A combien arriverait-on ?
Ah tiens 1600 milliards. Bien
C’est un début
Et pour les intérêts bancaires
Pendant 50 ans ? 30 ans ? 10 ans ?
… Et pour manger, on fait comment ?
La question Q2
Qui déciderait pour les Français selon l’espoir des européanistes (…) de ce blog ?
Ajoutons :
Qui décide déjà à la place des français ?
@Tarass Boulba @ LeucoCircus
Tant que vous n’aurez pas compris que ce sont les banques commerciales qui créent « la monnaie » (par monétisation de créances), vous ne ferez que déplacer le problème. (Mais je n’ai plus d’espoir… on a essayé de vous expliquer de multiples manières sur « postjorion »… sans succès, à moins que vous n’ayez décidé, ces derniers temps, de creuser un peu la question et d’enlever vos oeillières.)
La Grèce peut vendre ses iles,l a France peut vendre ses maisons, et pourquoi pas le Mont St-Michel, le Mont Blanc ou la tour Eiffel, soit… so what ? Et alors ?
Les acheteurs devront les financer par création monétaire bancaire (nouvelle ou existante) et c’est donc toujours les banques qui seront créancières : vous transférez une dette d’Etat sur une dette privée, même étrangère…
Les 3 seules solutions sont :
- grosse inflation
- répudiation de la dette
- monétisation progressive des dettes publiques et intérêts par la BCE ou la Banque de France (si nous revenons à des monnaies nationales : probabilité maximale)
Exemple de la solution « monétisation progressive des dettes publiques »
(au niveau de la France, mais extrapolable pour les 7000 Md€ de dette publique des pays de la zone euro):
La dette à fin 2009 atteint sensiblement 1500 milliards d’euros, générant par des intérêts à payer à 4% une dette supplémentaire de 60 milliards par an.
Pour la simplification de l’explication, admettons ici que la banque centrale décide de monétiser tous les ans 100 milliard d’obligations arrivant à échéance, plus les intérêts dus sur le solde au taux moyen de 4%, et supposons que le budget des Administrations publiques est équilibré hors intérêts à payer.
L’année 1, la banque centrale devrait donc monétiser 100 + (1500 x 4%) =160 Md€ qu’elle transfèrerait au Trésor Public pour paiement des titres de dette arrivant à échéance.
La seconde année la dette serait ainsi réduite à 1400 milliards. La banque Centrale monétiserait 100 + (1400 x 4%) = 156 Md€
Les années suivantes verraient les besoins de monétisation suivants : 152, 148, 144, 140, 136, 132, 128, 124, 120, 116, 112, 108, 104, 100, et le solde de dette (hors banque centrale) baisserait chaque année de 100 Md€.
Et donc la 16° année le capital de la dette de 1500 Md€ plus les intérêts payés de 480 Md€, soit un total d’environ 2000 Md€, seraient donc « gelés » sous forme de nouvelles obligations du Trésor (OATI : Obligations du Trésor à Terme Indéfini), sans intérêts à payer, par un transfert total à la Banque de France qui rappelons-le, est propriété à 100% de la Nation.
Cette monnaie s’intégrerait effectivement en plus dans le circuit économique, mais sur une longue période, sans risque d’inflation !
Un système qui sauverait le capitalisme en lui évitant ses crises, le capitalisme n’en veut pas, car la « crise » est son mode de vie : il s’agit régulièrement de « remettre les compteurs à zéro, afin de maintenir le taux de profit nécessaire au capital en dévaluant le travail.
Quand cela devient intenable « politiquement », la « crise » est nécessaire, à la fois comme « alibi » aux trahisons politiques, et comme mécanisme « naturel » de production d’une main d’oeuvre « soumise à la force des choses ».
L’intuition de cela est partagée en Europe quant à la volonté de ses dirigeants de la casser en tant que « projet populaire » risquant de remettre en cause la domination du dollar, domination utiles aux capitalistes.
Bien sûr, on pourra me dire « tais-toi et lis », mais cette soupe commence à me gonfler..NA !
Les « Nonnistes du 29 mai 2005 » posèrent magistralement la question qui est passée sous silence aujourd’hui :
Entre marchés et peuples, qui doit « décider » des contenus d’une éventuelle « gouvernance européenne » ?
L’Europe est dans une crise sans précédent. Comment prétendre la refonder sans relever le « défi démocratique » qu’elle pose ?
Sans libérer l’Union européenne de la tutelle des marchés ?
Et comment financer un développement sain à l’abri des spéculateurs.
Cela concerne la capacité du système de banques centrales à créer de la
monnaie à partir de rien, sans avoir à rémunérer du capital spéculatif.
Cela implique le changement radical de la conception de la Banque centrale européenne. Et la dénonciation de la philosophie du pacte de stabilité, qui rationne les dépenses publiques. Cela suppose d’aller dans le sens d’une innovation attendue :
le crédit sélectif.
Le simple bon sens voudrait que l’on n’accorde pas un crédit de la
même manière selon les critères choisis par les peuples eux-mêmes, peuples qui dans une vraie configuration démocratique sauraient distinguer entre crédit et crédit :
-d’une part à une entreprise dont l’investissement produit de l’emploi, élève la formation des salariés, favorise la recherche ou la défense de l’environnement, ou à un pays pour créer des richesses durables et utiles…
-d’autre part à des investissements qui servent à financer des opérations spéculatives et/ou compromettantes pour l’environnement ou la PAIX…
Combien va au marché ? Combien va aux peuples ? Là est l’enjeu de cette bataille sur les critères et sur les taux d’intérêt.
Renoncer à poser cette question reviendrait à capituler devant les exigences du marché.
Ils sont où les peuples dites-moi Alain ?
Perdus qu’ils sont, semble-t-il, dans un no man’s land indéterminé et indéterminable, le fait qu’on en parle autant des peuples, prouve bien qu’ils sont in-ex-istants.
Du virtuel, du furtif, voilà ce que sont les peuples aujourd’hui. Une idéologie ostentatoire qui vient manifester crûment son dépouillement.
Le dépouillement de négation, le dépouillement de minorisation, voilà ce que signifie à mon sens ce lancinant radotage du « peuple » qu’on psalmodie à toutes les sauces et sous tous les frontons.
On, ce foutu « on » indéfini, vague et sans contours précis, « on » s’en revendique, les uns, les autres du « bon » peuple, car il est toujours « bon » le peuple, n’est-ce-pas, n’avez-vous pas remarqué ?
Mais on ne sait pas trop où ils sont ces peuples si peu peuplés, où se cachent-ils dites-moi, ce sont des ombres et plus on les exalte, en tant qu’ayant droit de plein droit, plus on observe qu’ils sont réduits au silence de plus en plus silencieux, ne trouvez-vous pas ?
Le culte du peuple sert à voiler ce que nos yeux se refusent à voir, histoire de se donner bonne conscience.
Je ne vous adresse nullement ce reproche Alain, car ce reproche est généralisé, c’est celui que l’on peut vous faire, c’est celui que l’on peut me faire, c’est celui que chacun et chacune a à confronter avec ce qu’il est et ce qu’il fait de ce qu’il est.
C’est à notre compte que nous devons nous battre, pour notre propre compte, sans évoquer ce peuple abstrait qui nous enterre, vous devez vous battre pour vous Alain, comme je dois me battre pour moi, et tous ces combats réunis feront que dans l’un se retrouvera le tout, car l’un symbolise le principe du tout, il résonne de lui, et plutôt que d’invoquer le tout sans que personne n’entende, ce qui ma foi se comprend assez bien, soyons un peu plus modeste et tissons l’étoffe du tout à partir de notre fil perso, la chaîne et la trame se croiseront alors et peut-être qu’ainsi ces croisements offriront de plus joyeuses rencontres que ces hypothétiques appels que plus personne n’entend !
Bonsoir Catherine…Je parle des peuples qui ont dit NON à cette Europe, et que « l’on » a fait mine de ne pas entendre, de ceux qu’on n’a pas daigné consulter « démocratiquement », et de ceux qui vont descendre dans la rue par la « force des choses ». je parle des peuples qui sont niés par leurs « élites dirigeantes », et du « défi démocratique » consistant pour ces peuples à démontrer qu’ils existent avec des droits fondamentaux individuels et collectifs. La confrontation est inévitable entre « les peuples » et ceux qui font mine de croire que jamais « on » ne recevra la giffle méritée, le coup de pied de la mule du Pape. Cette arrogance,les dominés en sont parfois complices dans leur bel individualisme un tantinet mazo…cette « burka mentale » qu’on jure être sa « liberté »…
Bonjour Alain et Catherine,
la direction du Parti Communiste Français se gargarise à longueur de journée avec la notion d’ « Europe des peuples. »
Catherine a judicieusement dissipé les illusions concernant l’utilisation rhétorique du mot « peuple », « peuple » que l’on convoque toujours, mais dont on entend toujours ce que l’on veut bien entendre.
Quant à moi, c’est à l’usage fallacieux du mot Europe, que je vais m’attaquer.
L’Europe, nous l’avons déjà, c’est la partie occidentale du continent eurasiatique, nous ne pouvons pas dire NON à la géographie. Le NON, c’est au moins à ce type de « construction européenne » qu’il s’adresse quand ce n’est pas comme pour ma part le NON à tout type de « construction européenne », mais sur cette dernière distinction, je reviendrais plus tard. Les mots ont un sens et l’amalgame entre la notion, obligée, non-modifiable, géographique d’« Europe » et la notion politique, censée être choisie, de « construction européenne » est une escroquerie depuis le début qui veut faire déteindre le non-choix, l’obligation de la géographie vers le non-choix, la politique censée être obligatoire de « construction européenne ». Chaque fois que le PCF utilise le mot « Europe » alors qu’il s’agit de politique et qu’il devrait soit utiliser soit UE pour le résultat actuel ou « construction européenne » pour désigner le processus, il se piège lui-même dans le non-choix impliqué par ce mot. Que peut faire le peuple convoqué par un parti piégé par les mots de l’idéologie dominante, sinon s’en détourner ?
Claude Guillon est un communiste libertaire que je viens de découvrir, je ne résiste pas à vous faire partager son texte : « Le militantisme, stade suprême de l’aliénation. »
L’ab-surde se pose sur la surdité comme nous le dit si justement l’étymologie, et la surdité, c’est le ferment de l’autisme que nous vivons présentement à tous les niveaux des échanges humains.
Et quand le mess-age ne passe pas, qu’est-ce qui se passe ?
Il y a souffrance inévitablement, et la souffrance vient témoigner de la mort relationnelle, au même titre qu’un tissu se nécrose, se mortifie quand il n’est plus irrigué par le sang.
Le message, c’est quoi, dites-moi, si ce n’est l’énergie qui vient exprimer le vivant.
Si celui-ci ne peut s’exprimer, ou s’il le peut semble-t-il, mais que dans les faits il n’est pas entendu, cela revient au bout du compte à le rendre in-existant, la parole du message est alors mutilée, mortifiée, niée, assassinée, elle n’existe pas car on ne lui donne pas SA place, la place qui lui revient pourtant de droit.
Mais cerise sur le gâteau, c’est pourtant le peuple qui vient servir de justification à cette farce macabre dont nous sommes les témoins peu glorieux à force de respecter les règles du jeu qui nous font prendre des rôles à contre-emploi !
C’est au niveau des messages que ça ne passe pas. Les messages sont envoyés, mais y’a personne pour accuser réception de l’in-formation qu’ils contiennent, alors pour dé-passer ce dire qui ne saurait se dire que superficiellement sans jamais faire chair
Le peuple peut et doit se dire, s’appeler, s’invoquer, justifier l’injustifiable, on adore le peuple, on en appelle à lui pour servir de « preuve » de la haute estime en laquelle on le tient, et on le sait bien plus le modèle est parfait, plus on autorise le rejet du concret !
OUI, je ne représente que moi ici comme chacun et pas le PCF à quoi vos préjugés font dire ce que ni moi ni « çà » (votre péjugé de PCF) ne dit.
Il me semble que le respect des personnes passe par l’arrêt des « procés en imbécilité » qu’on leur fait car on a ses images discriminantes de peuple colon « supérieur »…
quelquepart ! En effet, chacune des « libres personnes » que nous sommes hérite d’une tendance au mépris de l’autre, car elle appartient à un « peuple » qui a bien vécu en propriétaire de colonies : il doit toujours y avoir une race inférieure, désormais c’est faute d’autrechose le coco qui n’aurait pas l’intelligence de partager nos préjugés bien fabriqués par le système…
Non Gilles, le PCF ne dit pas ce vous croyez que je répète !
Alain, si tu veux être respecté, défends tes opinions, ne change pas de sujet quand cela te dérange. Cette fois-ci, tu pars sur l’impérialisme, mais sache que d’où qu’il vienne, impérialisme européiste ou français, j’y suis opposé. J’aimerais que tu donnes ton opinion sur l’amalgame entre les différentes notions :
Amalgame européiste : La « construction européenne » serait naturelle, c’est de la géographie, messieurs-dames, on n’a pas besoin de votre avis, allez, hop circulez.
L’Europe d’un altermond, elle se construit tout comme l’Afrique se construira, l’Amérique dite « latine »(indienne), et un monde différent, dont les peuples formeront le peuple de la planète, pas le « peuplement » : tout cela ne va pas vers le reniement des différences, ni forcément la perte des souverainetés nationales, (à voir, selon l’histoire des soi-disant nations, résultats de rapports de force tout aussi antidémocratiques que « l’UE » des banquiers).
Essayons bien sûr de nommer judicieusement les choses, mais ne soyons pas tout de même prisoniers des mots :
Le peuple européen n’existe pas, mais en devenir, dans la lutte convergente actuelle contre l’illégitimté de « l’UE », derrière le « NON », il y a un oui fédérateur en train de se construire dans ce que j’appellerais un processus populaire commun…
Voila ce que je pense, refusant les sacralisations définitives de mots devenant parfois vidés de sens et seulement destinés à entrer dans des conflits sur le sexe des anges.
J’utilise le mot « peuple » car une fonction révolutionnaire est derrière, « constituante » comme résultat potentiel des luttes émancipatrices..avant le « peuple de France », il y avait quoi ?
Il y aura un « après » !
J’exige qu’on me respecte sans autre condition que mon respect d’autrui.
Je ne change pas de sujet, il s’agit toujours du même : « DEMO… »!
Très, très éclairant cet article de mécanopolis http://www.mecanopolis.org/?p=17295, il vient offrir du sens à l’embrouillamini qui nous occupe.
Les fils de notre étoffe sociale se croisent ici pour arriver aux noces glorieuses du sens.
C’est de cela dont nous avons tous soif, remettre du sens, comprendre de quoi il en retourne de tout ce désastre qui mortifie l’humain.
Voici le lien qui permet d’en savoir davantage sur le lien de ce monsieur Yuri Slezkine :
http://cercle-futur.blogspot.com/2010/01/le-siecle-juif-par-yuri-slezkine.html
Excusez-moi, je me rends compte que les liens n’arrivent nulle part, passez par là pour y arriver si cela vous intéresse, ça vaut le détour, je vous assure !
Je fais un copié/collé des échanges, j’espère que ça marchera, c’est pris sur plus loin que jorion…
Renaud dit :
2 juin 2010 à 09:59
Catherine @ 26 mai 2010 à 21:42
et Simplesanstête @ 27 mai à 14:09
Très interessantes interventions !
Déjà peu avant l’époque de la 2ème guerre, en 1938, le régime soviétique stalinien remboursait sagement à la City de Londres, à un taux de 8%, les dettes que l’URSS avait contractées avec cette dernière. L’Angleterre, pays bailleur de fonds par excellence, avait déjà une avance sur les autres régions et pays du monde quant à l’« état d’esprit” à répandre dans le monde (un monde libre et démocratique) et cette situation imprégna, politiquement, intellectuellement, tout en même temps économiquement, donc des siècles durant ! le formatage des esprits… J’espère que nous sommes en train d’en sortir. C’est l’Angleterre, et après elle le monde anglo-américain, qui exercèrent, in fine, la prégnance sur les esprits et sur le monde entier, et ceci par le biais invisible, mais inéxorable et total(itaire) de la puissance du “ « gros argent” « …
Voici un puissant écho, hyper lucide, dans la plus brûlante actualité aux propos de simplesanstête @ 27 mai à 14:09, cet article de Jean Marc Desanti intitulé : Mercure contre Sion, on a envi de dire : ici, tout est résumé
Voir : http://www.mecanopolis.org/?p=17295
Répondre
* Catherine dit :
6 juin 2010 à 08:59
Vos liens sont extrêmement intéressants Renaud, ils éclairent bigrement, le régime soviétique qui rembourse sagement la City de Londres, je lis Mécanopolis et je vous dis comment résonne cette lecture, merci pour cela déjà !
Répondre
Catherine dit :
2010 à 09:08
Et c’est en lien direct avec la préface orwellienne de la ferme des animaux ! On comprend mieux alors le pourquoi de cette censure qui a priori peut sembler illogique, c’est qu’il y a une autre logique qui se cache juste en-dessous qui n’est pas perceptible si l’on s’en tient aux apparences, aux mots, et c’est la logique de l’argent, les dissensions sont de surface, c’est du spectacle pour di-vertir et dé-tourner les esprits, le lien du tout c’est l’argent, la mystique in-versée, dévoyée…
Répondre
* Catherine dit :
6 juin 2010 à 10:26
Très, très éclairant cet article de mécanopolis, il vient offrir du sens à l’embrouillamini qui nous occupe, les fils de notre étoffe sociale se croisent ici pour arriver aux noces glorieuses du sens, merci, grand, grand merci, c’est de cela dont nous avons tous soif, remettre du sens, comprendre de quoi il en retourne de tout ce désastre qui mortifie l’humain.
Répondre
* Catherine dit :
6 juin 2010 à 10:29
Voici le lien qui permet d’en savoir davantage sur le lien de ce monsieur Yuri Slezkine :
http://cercle-futur.blogspot.com/2010/01/le-siecle-juif-par-yuri-slezkine.html
La messe est dite, sur le site Cercle futur en date du 07⁄06, voilà…
civilisation en quelques leçons
Le christianisme systématiquement tu attaqueras et la pensée grecque tu n’étudieras pas.
La racisme tu pourchasseras surtout lorsqu’il n’existe pas.
La paysannerie tu ridiculiseras et abandonneras.
Les ouvriers tu mépriseras et leurs usines tu délocaliseras.
Le peuple tu bafoueras et culpabiliseras.
Via la contraception, l’avortement et l’immigration, une substitution de population tu organiseras.
La cellule familiale tu éclateras et l’autorité parentale tu condamneras.
De toute souveraineté l’Etat tu dépouilleras.
La Nation l’évoquer même plus tu n’oseras.
Le grand patronat décider de tout tu permettras.
Soumis aux diktats des marchés tu seras.
La mise à sac des systèmes sociaux sans broncher tu accepteras.
L’instruction méthodiquement tu “déconstruiras”.
Toute dimension sacrée dans l’Art tu évacueras.
La morale tu ringardiseras et toutes les déviances tu encourageras.
La vulgarité, l’obscénité et l’impudeur en toutes circonstances tu promouvras.
Le bétonnage tu faciliteras et les paysages tu défigureras.
Pour le grand bonheur des vendeurs de Kebabs, de nems et de burgers, ta gastronomie tu oublieras.
Ta langue maternelle tu massacreras.
Par Gavalda, Balzac tu remplaceras.
Toute transmission tu empêcheras et fustigeras.
Les intransigeants
Publié par Le Cercle futur
Gilles, Catherine, qui change de sujet ? où allez-vous ?
Il est question ici « d’approche économique de la souveraineté »… Et je me fais bousculer parce que j’utilise le mot peuple, et vous voici en train de vouloir nous faire surfer sur des blogs de cinglés allumés « soi-disant pas raciste »…
Je proteste ! Vivement !
Chers amis,
Restez calmes, s’il vous plaît, évitez toute insulte. Ne vous trompez pas d’adversaire.
Et laissez chacun distinguer librement les sites délirants des sites intéressants (et les mixtes…).
Objectif : pas de police de la pensée et tâcher de rester crédible.
Étienne
Véhémente, dites-moi votre réponse, Alain, des blogs de cinglés allumés dites-vous, vous pensez cela, vraiment ? bon, cela vous revient, mais ce serait encore mieux si vous développiez davantage afin que l’on puisse s’essayer à échanger sur la qualification de cinglés allumés , car je me demande bien ce qui peut vous permettre de dire cela, mais je suis tout à fait ouverte à la discussion,et s’il y a des choses que j’ignore, je ne demande qu’à élargir mes connaissances, aussi je vous laisse la parole et je vous répondrai demain soir si vous acceptez d’élargir vos arrêts, cinglants, pour le moins, à défaut d’être cinglés, d’avance je vous en remercie.
Catherine, quelles sont tes sources pour affirmer qu’en 1938, l’URSS de Staline rembourse les emprunts émis par le tsar aux banques britanniques de la City ? Le régime mis en place par Staline était odieux, mais est-ce qu’il est nécessaire d’inventer des évènements pour en rajouter ?
Alain, je ne suis pas solidaire des positions qui dérivent vers le racisme de Catherine B., pour ma part je pense que nos identités personnelles sont multiples, plurielles, évolutives, fractales en quelque sorte. De même au plan collectif, nous n’avons pas une identité, mais des identités. Sans compter les identités que nous aurons dans le futur, si nous faisons tel ou tel choix. Nous avons une carte d’identité, mais nous n’avons pas la carte de toutes nos identités. C’est bien au nom d’une conception politique de la nation et de la souveraineté des habitants qui vivent ici que nous devons récupérer, nous les habitants de France, notre pouvoir de décision. C’est un peu ce qui me gêne avec les discours de François Asselineau ou de Nicolas Dupont-Aignan, ils reprennent trop un certain discours franco-français de la grandeur de la France qui me semblerait délicat à entendre si je venais d’un pays anciennement colonisé par la France. De leur part, il me semblerait qu’une mise au point sur le caractère non-conforme à la démocratie de la colonisation, qui justement enlevait le pouvoir de décision sur leurs propres affaires des peuples sur lesquels elle s’appliquait, serait la moindre des choses pour un mouvement d’autonomisation et de sortie vis à vis de l’UE.
Peut être que Catherine se sent mal dans sa peau en ce moment et bien que nous n’approuvions pas, mais alors pas du tout, le type de sites qu’elle affectionne, alain, il me semblerait sage que nous jugions qu’il serait inutile de verser plus avant dans une polémique qui ne nous apporterait rien.
Non, mais je rêve Gilles, c’est à mourir de rire tellement c’est caricatural cette position péremptoire, qui obture tout dialogue dès qu’elle est prononcée.
Un couperet, on me coupe la tête et me voilà condamnée sans même entendre mes propos, et en plus, oses-tu dire, il faudrait s’en tenir là, ne pas polémiquer là-dessus, te rends-tu compte de ce que tu dis, l’accusé a droit de réponse et toi le devoir de développer tes propos, c’est insultant ce genre de position, tu insultes et ensuite tu prends de haut, en disant, ne nous arrêtons pas à cela, ne nous salissons pas les mains, nous sommes au-dessus de ça, dépassons, dépassons, mais vois-tu, avant de dépasser il faut traverser, comme avant d’aller dans le transalpin il faut traverser les Alpes, et tu vas traverser car tu en as le devoir, et expliquer, développer avant d’appliquer tes sentences, car je ne me laisse pas affubler de tels oripeaux sans croiser le faire et le fer d’ailleurs,alors, voilà, toute discussion est close dis-tu, je suis raciste, et en plus je dois être affaiblie en ce moment, ben, voyons, ça ne te rappelle rien ce genre de propos ?
voilà le verdict, le diagnostic est posé d’une maladie bizarroïde, qu’on ne savait jusqu’alors aucunement circonscrire, presque content de pouvoir la délimiter, alors c’était ça, on s’doutait bien qu’y’avait quelque chose qui clochait chez elle, raciste ou en passe de l’être, alors, c’était ça, presque apaisant de pouvoir enfermer quelqu’un dans un mot, je reprends ce que tu écris histoire d’illustrer mes propos :
J’exclus qui de qui dis-moi, ça m’intéresse ?
Qu’es-tu entrain de faire monsieur le néo fouquier-thinville ? si ce n’est me taxer de « raciste » parce que je renvoie des dires qui interrogent tes dires ?
Pas le temps d’en dire plus, je pars bosser mais j’exige entends-tu, j’exige que nous traversions cette forêt obscure pour démêler cet écheveau noué, ça t’apprendra à faire attention à ce que tu dis.
T’es entrain de donner raison à cette leçon de « syphilisation »
Je reprends la citation du texte référencé plus haut qui n’est pas de moi :
Le racisme tu pourchasseras surtout lorsqu’il n’existe pas
Toute une série de débats sur le blog de Laurent Pinsolle concernant la dette publique et sa monétisation
Par exemple :
Comment affronter la dette aujourd’hui ?
Les enjeux de la dette
La planche à billets : solution contre la crise ?
Ne manquez pas les commentaires…
@Gilles, je te cite : « Alain, si tu veux être respecté, défends tes opinions, ne change pas de sujet quand cela te dérange »…
Ce qui me dérange justement c’est le hors- sujet qui consiste à faire un procés d’intention sur les mots que j’utilise, les moins litigieux qui soient, comme si d’autres n’étaient pas au centre de la discussion à ne pas manquer : le sujet c’est « l’approche économique de la souveraineté ».
Nous voici au coeur du sujet avec AJH qui propose si j’ai bien compris le principe, une reprise de souveraineté des Etats sur la création monétaire, constatant qu’actuellement, en Europe(Oui, Gilles, j’ai dit europe, mais c’est pas ce mot l’objet de discussion non plus!)les banques privées profitent de « l’indépendance de la BCE » et des critères sous-tendus par le Traité de Lisbonne pour créer de la monnaie « ex-nihilo », qui se transforme via « la crise » en « dette des Etats »…car les Etats en question sont aux mains d’usurpateurs décidés à « secourir les banques privées pour soi-disant sauver l’économie »… mais ce que tu discutes, c’est mon utilisation du mot « peuple » ou du mot « Europe ». Qui change de sujet ?
Les peuples de cette Europe( dans l’acceptation la plus simple : l’ensemble des gens ressortissants des Etats européens) se retrouvent donc avec une « dette » dont ils n’ont aucune maîtrise possible, car il en a été décidé ainsi « dans leur dos » (pour les français ce fut au congrés de versailles).
Si la « crise » devait fonctionner ainsi sans que « les peuples en question » ne disent mot, n’exigent de « pouvoir intervenir » dans la politique de la BCE d’une façon ou d’une autre, cette « crise » ne serait qu’une bénédiction pour les « rentiers dominants », et ce que je veux dire, c’est que le capitalisme en tant que rapport social établi « contre les peuples », il se porte à merveille dans une telle « crise » : la seule chose qu’il pourrait encore obtenir pour « maximiser » sa rentabilité, c’est une bonne guerre mondiale, laquelle n’est « du point de vue économique », que l’accélération du processus actuel : une guerre des rentiers dominants contre les peuples par ces peuples mêmes interposés!(ah, oui, il y a « peuple contre peuple », c’est une source de « profit »!)
Les Etats payent tout, et les capitalistes vendent « tout et le pire en particulier » aux Etats, qui s’endettent « pour une noble cause »(toujours une cause hautement « morale », Catherine!).
Catherine, tu déclares que chez toi, le racisme n’existe pas, j’en prends acte et je me réjouis de cette volonté de ne pas chercher de bouc-émissaire commode face aux difficultés qui nous assaillent. Sois plus prudente et plus circonspecte avant de donner des liens vers des pages d’un site, car les liens que tu as donnés récemment pointent vers des sites où certaines pages sont racistes. Je suis partisan d’une démocratie où les gens s’approprient les problèmes qui les concernent au plus près, au niveau le plus proche d’eux-mêmes possible, ceci d’où qu’ils viennent du moment où ils sont là.
Ces problèmes sont complexes et mériteraient de plus amples développements, j’en conviens amicalement Catherine, mais pour l’instant, faute de temps, je m’en tiendrais là.
Alain, je te demande amicalement et le plus cordialement possible de faire un effort d’analyse, sans quoi ton raisonnement sera entaché d’erreurs, ce que sûrement tu ne souhaites pas, n’emploie pas le mot Europe, quand ce mot n’a pas à être employé, la Suisse, la Norvège, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie… ne sont pas concernés par la BCE, il s’agit donc d’Union Européenne. Tu m’accorderas que c’est bien l’Union Européenne qui mène cette politique que nous désapprouvons.
Est-ce que l’Ukraine, la Russie, Turquie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie et le Kazakhstan font partie de l’Europe ? Tout le monde aura un avis différent sur la question parce que la notion d’Europe est une dangereuse notion floue et fumeuse, où beaucoup de gens mettent les pays qu’ils veulent et écartent les pays dont ils ne veulent pas ?
N’est-ce pas là le début du racisme ?
À mon sens, comme le pense le Mouvement Républicain et Citoyen, le Mouvement pour une Éducation Populaire, le Parti Ouvrier Indépendant, l’Arc Républicain de Progrès et tant d’autres…, la volonté de « construction européenne » est la volonté de construction d’un Empire pour annuler les avancées émancipatrices obtenues par chaque peuple.
Le dernier exemple en date, d’une trop longue série, est le capitalisme de fer imposé à la Grèce par la « construction européenne ».
Aussi, c’est grâce à une conception politique de la nation et de la souveraineté des habitants qui vivent dans leur pays respectifs et non à cause de notions religieuses ou racistes que chaque peuple pris au piège de l’UE récupérera son pouvoir de décision.
Pour recoller au débat économique, il me semble qu’un projet de souveraineté de chaque peuple = demos cratos = démocratie sera le plus propice pour imposer aux banquiers des réserves monétaires à 100 %, ceci par l’intermédiaire d’une Banque Centrale Nationale ayant sa monnaie adaptée aux conditions économiques du pays et surveillée de plus près par chaque peuple concerné.
D’ailleurs je commence seulement à comprendre le rôle des exportations de capitaux et de la liberté de circulation des capitaux prônée par l’UE dans le chômage vécu dans les pays de l’UE. Je viens de découvrir sur Internet le principe de la délocalisation indirecte, contrairement à la délocalisation directe qui consiste à licencier d’un seul coup de monde en fermant brutalement une boîte en UE et à la rouvrir ailleurs, la délocalisation indirecte consiste à ne plus investir dans l’outil de production qui perdra progressivement des parts de marché. Les licenciements se feront petit à petit ou même les dirigeants pourront appliquer la méthode du non-remplacement des personnes qui partent à la retraite tandis que les capitaux seront exportés pour créer un outil de production ailleurs.
L’argent dette ! Ce sujet que l’on ne retrouve que sur internet, sujet tabou ou ignorance des « débatteurs » TV ?
Les notions de « croissance » et « création de richesses au niveau mondial » m’ont toujours laissées perplexe avec l’idée simpliste que l’argent était une denrée finie (à la mode du monopolie où, à la fin du jeu, il n’existe plus qu’un riche possédant tous les biens et l’argent). Je peut admettre qu’une quantité finie d’argent peut permettre la création de biens en quantité « illimité » , mais cela implique que le nombre de transaction s’effectuant simultanément se fasse à concurrence de cette « denrée », et que l’argent circule. « Une personne voulant revendre un bien devra remettre l’argent dans le circuit en consommant et ne surtout pas être fourmi en le gardant dans son bas de laine pour assurer sa retraite ! »
L’élévation du niveau de vie des pays du soleil levant (et d’autres) en même temps que l’augmentation de leur population peut-il se faire avec une masse monétaire
finie ?
Si oui, la théorie des vases communicants s’appliquera.
Si non, ou l’accroissement est une dette qui ne peut pas être remboursée car elle sera supérieure à « l’argent vrai » ou ?quelqu’un ? fera marcher un planche à billet… une nouvelle monnaie mondiale ?
Bon, vraiment, j’sais pas quoi répondre tellement ça m’afflige ce que tu racontes.
Mieux vaudrait-il se taire, je suis entrain de me le demander.
Non, allez, je vais m’y coller à cette réponse, alors écoute bien Gilles, à force de parler aux gens de façon infantile, ils deviennent des enfants, immatures, sans axe et que l’on peut gouverner comme on veut, c’est le spectacle actuel que nous avons sous les yeux et dont tu me sembles être le prototype, excuse-moi, mais c’est franchement ce que je pense et si je disais autre chose que cela, je serais une menteuse.
Tu es plein pot dans ces rails-là, tu entends ça, tu ne cherches pas à savoir, tu réponds du tac au tac ce qu’on t’a mis dans la cervelle, sais-tu qu’il peut y avoir un temps de latence, un temps de rien, où ça se pose et où l’on ré-fléchit, le sais-tu, dis-moi ?
Alors, je vais te contredire et te dire que je suis raciste, oui, raciste je le suis et je le revendique fièrement, glorieusement, imputresciblement, là, j’me lâche !
Oui, je suis raciste, et la race à qui je fais la guerre, c’est celle qui tue l’humain, et peu m’importe qu’elle soit martienne, juive, française,rastaquouère ou j’sais pas quoi, rien à battre de tout cela, seul m’importe la défense du vivant, je pense que c’est assez clair, j’arrête-là, je vais me coucher.
Tout démontre ici que la question de l’argent est une pure question rationnelle, car il s’agit d’un instrument utilisé dans une technique d’échange.
Autant les mathématiques sont étrangères au états d’âme, autant les confidences religieuses ou sentimentales ou philosophiques sont étrangères au débat !
C’est dans ce sens que je regrette le renvoi vers la psychanalyse ou d’autres espaces de perdition où se perd « la raison » qui nous interroge ici :
Oui ou non est-il rationnel et donc potentiellement « anticrise », d’assumer la couverture à 100% de « l’économie réelle » par sa mesure « virtuelle », et de n’anticiper le « développement », donc « la croissance », que s’il s’agit d’un développement non nuisible pour la planète avec la biodiversité qu’elle porte ?
Si oui, alors « le crédit » est un risque « collectif » qui pose la question démocratique de « qui controle le crédit » ?
Brave marin revenu de guerre tout doux, mon esprit est habitué aux horizons embrouillés, mais sans doute est-il resté « simplificateur »
Y’a longtemps que vous n’avez pas goûté l’air de la mer on dirait Alain, il faudrait que vous réactualisiez vos idées raisonnantes à mon avis, je ne m’étends pas davantage, je crains que vous ne lisiez pas, puisque vous ne répondez pas aux questions qui vous sont faites, en l’occurrence, les miennes !
Cher Etienne, Cher André-Jacques,
On se doit de prendre du champ face au matraquage, orchestré par le pouvoir actuel, sur le problème des déficits et de la dette, notamment publique, asséné sans aucune vision économique d’ensemble.
Ainsi en est-il actuellement du seul problème des retraites, sous l’alibi exclusivement démographique, sans doute pour mieux faire passer, ponctuellement, l’idée que l’on doit travailler proportionnellement à la durée de la vie, comme si les gains de productivité n’étaient pas là pour pourvoir au “progrés” en cette matière. Mais ce n’est qu’une des nombreuses couleuvres que l’oligarchie va tenter de faire avaler, l’une aprés l’autre, à l’opinion sans vouloir « chercher l’argent là où il se trouve », selon la formule consacrée.
C’est en effet grace à la productivité accrue que, depuis l’époque de Dickens et Zola, on a pu en même temps raccourcir la durée du travail, augmenter les salaires, et aménager les retraites. Or, comme le signalait Patrick Artus dans son livre « Sorties de crise », les salaires ont décroché en France depuis 1993, alors que la productivité a continué de croître et que le régime des retraites a creusé son déficit. Cherchez l’erreur ! Aux Etats-Unis, où la situation est pire, le décrochage des salaires a eu lieu dès 1980, ajoutant aux déficits publics l’endettement prive qui fut le premier départ de la crise financière des “subprime”.
Lorsque se creusent ainsi l’endettement public et privé, alors que la productivité n’a pas cessé de croître, et que les liquidités abondent, il faut bien que le profit soit passé en des mains indues…
On peut ainsi vérifier le chiffre souvent prononcé de 600 000 milliards de dollars en produits dérivés, pour les seuls CDS :
“Les CDS (crédit default swaps) représentent 600 000 milliards de dollars, soit 12 fois le PIB mondial. Compagnies d’assurance et hedge funds possèdent plus de 50% du marché qui est concentré dans 14 institutions”.
Interview de Gary Gensler, président de la CFTC, L’Agefi.
Ainsi, au moment où le capitalisme financier nous entraîne dans cette surenchère spéculative du marché qui va de crise en crise, et où l’on pointe du doigt les impasses budgétaires, il se trouve encore des inconscients pour y voir la culpabilité des salariés ou de notre système social. Comme le dit le fameux proverbe, lorsque le sage pointe du doigt la lune, l’imbécile regarde le doigt !
C’est ce à quoi nous invite à réfléchir le petit livre que j’ai découvert avec quelques collègues à sa parution (récente), émanant d’un auteur pugnace sur le sujet, qui n’hésite pas à remonter aux sources :
LA FINANCIARISATION : CAPITAL CONTRE TRAVAIL, L’Harmattan, 2010,
par Elie Sadigh, Economiste de l’Université de Bourgogne.
Je ne résiste pas au plaisir de vous en transmettre un petit résumé d’extraits :
LA FINANCIARISATION
Dans une économie qui accepte qu’être propriétaire du capital donne un droit sur une partie de la production, le capital, dès qu’il apparaît , devient la source d’un revenu perpétuel pour ses propriétaires. Or, même si l’on admet que l’épargne est la source du financement du capital, on ne voit pas comment on peut justifier le revenu perpétuel des propriétaires du capital. En effet, lorsque le capital devient obsolete, c’est le revenu des travailleurs qui perpétue le capital, ce qui signifie que le nouveau capital leur appartient. Cela marque la limite absolue des théories qui considèrent qu’être épargnant donne un droit sur une partie du produit et, par conséquent, la limite absolue de la financiarisation de l’économie.
La financiarisation signifie la généralisation du financement des investissements par l’épargne (sous forme d’actions et d’obligations), le financement de la croissance externe des entreprises par le profit et par des emprunts, le développement du financement de l’achat de biens de consommation par des emprunts, etc.
La généralisation du financement des investissements par l’épargne peut créer un cercle où tout nouvel investissement paraît être financé par l’épargne. Or, en dernière analyse, les investissements sont financés par le profit. Lorsque le capital de l’ensemble des entreprises est financé par les actions et obligations, leur profit est partagé entre les actionnaires et les titulaires d’obligations, qui peuvent les préter à nouveau aux entreprises, une partie ou la totalité du profit ainsi partagé étant épargnée pour financer de nouveaux investissements, ce qui augmente encore le montant de leurs actions et de leurs obligations. Ce processus peut ainsi se renouveler indéfiniment.
Il n’aura pas échappé au lecteur que, dans ce cas, le financement de ces nouveaux investissements ne trouve pas sa source dans le revenu (épargne) que ces financiers tirent de leur participation à la réalisation de la production, mais dans le profit que les entreprises leur ont distribué. En d’autres termes, ces investissements sont financés directement ou indirectement par le profit. Directement, lorsque les entreprises utilisent leur profit pour financer des investissements. Indirectement, lorsque les entreprises distribuent leur profit qu’elles réempruntent. Dans les deux cas, le montant des actions augmente.
Rappelons que le profit représente une partie du revenu des travailleurs qui ont participé à la réalisation de la production. Mais lorsque le profit est distribué et consommé, le pouvoir d’achat réel des travailleurs diminue proportionnellement. C’est là l’une des causes des inégalités économiques, donc des inégalités sociales et de l’apparition de l’injustice sociale au détriment des travailleurs qui sont pourtant la cause de la production. Une économie financiarisée impose la règle arbitraire de la distribution du profit.
LE CAPITALISME
Le système capitaliste impose la règle arbitraire et partisane selon laquelle être propriétaire des moyens de production donne droit indéfiniment à une partie du produit.
Selon les partisans du capitalisme, l’épargne est indispensable dans une économie de croissance et, à terme, l’enrichissement de certaines catégories, celles des capitalistes, profite à tous.
Ils ont tenté de former ces affirmations sur une démonstration qui découle logiquement d’une hypothèse selon laquelle l’épargne constitue la source du financement des investissements additionnels. Il faut donc favoriser les catégories les plus riches car elles ont une capacité d’épargne plus importante…
Or, ce raisonnement se révèle faux dès lors que l’on démontre que ce n’est pas l’épargne mais le profit qui constitue la source de financement du capital. Et les partisans du capitalisme passent sous silence la question de savoir si le revenu des catégories les plus riches résulte ou non de leur participation à la réalisation de la production.
En fait, c’est l’épargne prétée aux entreprises qui diminue leur profit, les rend dépendantes du marché financier et se trouve à l’origine de la financiarisation de l’économie. (On notera que les PME familiales ou entrepreneuriales, tant vantées, n’obéissent pas à ce schéma et réinvestissent tout leur profit dans la production).
Participer à la réalisation de la production est la seule façon d’obtenir un revenu légitime, car la production seule est source de ce revenu. Mais faire de l’argent avec de l’argent est actuellement accepté, et résulte de la financiarisation qui trouve son origine dans cette idée selon laquelle l’épargne est une nécessité absolue pour financer les investissements. Cette idée a été imposée et généralisée par ceux à qui elle profite, par certaines théories partisanes, en particulier par la théorie néoclassique, et grâce à la propagande amplifiée par les médias sous l’influence des lobbies financiers.
Elle se trouve donc à l’origine d’une sorte de vol. En effet, c’est le profit qui permet aux entreprises de payer dividendes et intérêts, et le profit représente une partie du revenu des travailleurs captée par les entreprises.
D’aucuns pourraient prétendre que ceux qui proposent de moraliser le capitalisme pensent pouvoir le faire en écartant ses excés qui aboutissent aux crises financières. Or, ils ne voient pas que la financiarisation, la spéculation, les délocalisations, etc. sont inhérentes au capitalisme.
SPECULATIONS, DELOCALISATIONS
Les spéculations de toutes sortes (sur les marchés financiers, immobiliers, des produits, des matières premières, etc.) et les délocalisations sont inhérentes aux économies financiarisées.
Premièrement, dans une économie où il est possible de gagner de l’argent avec de l’argent, certains tentent de faire fructifier leurs placements par tous les moyens, entre autres par la spéculation.
Deuxièmement, lorsque les entreprises se trouvent dans l’impossibilité de payer par leurs propres moyens, par le profit réalisé dans leur pays, les dividendes des actionnaires et les intérêts de leurs emprunts, elles sont obligées de délocaliser ou de spéculer.
Troisièmement, elles agissent de même lorsque les financiers se trouvent dans l’impossibilité d’assurer la rentabilité des placements promise aux épargnants.
Les spéculations et les délocalisations offrent des occasions réussies ou avortées, de faire face à toutes ces situations. Ces spéculations et délocalisations ont des conséquences économiques et sociales néfastes. Mais ceux qui défendent la financiarisation et qui en profitent, ceux qui cultivent la cupidité et l’induvidualisme ne se préoccupent pas de ses conséquences néfastes.
L’ouvrage évoque évidemment aussi la question monétaire et bancaire, occultée ici, dans un esprit « public » qui rejoint assez les préoccupations d’andré-Jacques.
Autres ouvrages du même auteur, même éditeur :
LA THEORIE ECONOMIQUE DOMINANTE : UN SIECLE D’IMPOSTURE , 1998
PRINCIPES DE L’ECONOMIE SALARIALE, 1999
VALEUR,PRIX ET CAPITAL, 2001
LA PROPRIETE, LE PROPRE, L’APPROPRIATION. Ellipses, 2004
DELOCALISATIONS, CHÔMAGE (2006)
ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE : LA SUPERCHERIE, 2007
DES INEGALITES ECONOMIQUES AUX INEGALITES SOCIALES, 2008
Merci Hadrien
Je vais me procurer ce livre d’Elie Sadigh, mais il risque de rester fermé quelques semaines car pour le moment je suis totalement pris dans ce « combat » de la dette publique et de l’euro car nous sommes à un moment clef qui durera sans doute jusqu’en mars 2012…
Chers amis,
J’ajoute ci-aprés mes commentaires additifs sur le texte ci-dessus qui, vous vous en doutez, a fait l’objet d’échanges avec les Peyrelevadiens…
AU COEUR DU PROBLEME
Les paysans de ma région disent reconnaître les citadins – mais ils ne le disent qu’entre eux – au fait que ceux-là ne savent pas apprécier les bonnes choses.
Il est vrai qu’il n’y a que les faux connaisseurs pour croire qu’un bon Armagnac est forcément âgé, se bonifiant comme un vin, alors que tous les récoltants distilleurs le préfèrent vert, sachant qu’on rajoute de l’alcool jeune à la place de l’ancien évaporé pour lui éviter de ressembler à une tisane de fût de chêne !
Sans doute est-ce la raison pour laquelle Sina a laissé sans commentaire sa longue tirade à base d’extraits de Elie Sadigh. Texte trés vert, en effet, comme dans tous ses ouvrages, mais qui doit être apprécié comme tel !
Pour ce faire, il faut évidemment noter la filiation avec Marx, à supposer qu’on l’ait lu. Ah, si ce dernier en était l’auteur, nul doute que le texte retrouverait dans la bouche de prétendus amateurs toutes les saveurs d’antan, et qu’ils se pâmeraient à l’idée de ces traces du parfum révolutionnaire éventé qui plait tant aux progressistes de salon ! Alain Minc et Jacques Attali seraient évidemment au premier rang, l’un pour se dire “le dernier Marxiste français”, l’autre pour rappeler son traité sur Marx seul véritable “théoricien du capitalisme” !
Mais au fait, que disait Marx sur le sujet (financiarisation, capitalisation)?
En bon théoricien, il définit tout d’abord ce dont il parle :
” On appelle capitalisation la constitution du capital fictif. On capitalise n’importe quelle recette se répétant régulièrement en calculant, sur la base du taux d’intérêt moyen, le capital qui prété à ce taux, rapporterait cette somme ; par exemple, si la recette annuelle est de 100 et le taux de 5%, les 100 seraient l’intérêt annuel de 2000 et ces 2000 passent pour la valeur-capital du titre de propriété qui, juridiquement, ouvre droit aux cent annuels” (Livre III, VII)
Cette définition est l’ancêtre des généralisations modernes à actualisation amortie sur période arbitraire, et stochastique pour les investissements à taux aléatoires (d’où la formule de type Feynman-Kac, baptisée de Black et Scholtz par les économistes).
Marx poursuit, en précisant bien :
“… ce capital n’existe pas deux fois, une fois comme valeur-capital des titres de propriété, des actions, la seconde fois en tant que capital investi réellement ou à investir dans les entreprises. Il n’existe que sous cette dernière forme, et l’action n’est qu’un titre de propriété ouvrant droit, au prorata de la participation, à la plus value que ce capital va permettre de réaliser” (L III, VII)
En clair : le capital apporté disparait bien en investissements. Le titre de propriété n’est qu’un ayant droit aux revenus attendus, et peut se négocier à ce seul titre.
Ce que Marx explicite :
“Le mouvement autonome de valeur de ces titres de propriété – pas seulement des bons d’Etat, des actions aussi – renforce l’illusion qu’ils constituent un véritable capital à côté du capital qu’ils représentent ou du droit qu’ils peuvent établir. Ils se transforment en marchandise dont le prix est fixé selon des lois propres” (L III, VII)
On constate bien que Marx met sur un même plan les obligations d’Etat, à revenu déterministe (en principe, c’est à dire hors faillite), et les actions, à revenu aléatoire.
Les deux revenus sont donc les intérêts versés aux détenteurs de titres, à ceci prés que l’aversion au risque joue un plus grand rôle (en temps normal) pour les actions que pour les obligations, d’où généralement la différence constatée.
Dans ces conditions, on voit mal comment le banquier peut se féliciter de la dette par capitalisation sur laquelle repose le capitalisme dans l’intérêt privé, et dénier à l’Etat le droit de faire la même chose dans l’intérêt général, en clamant :
– Demain la rigueur !
– Le pêché originel
– L’illusion collectiviste
– La rigueur est incontournable
etc.
A l’inverse, beaucoup plus logiquement, Elie Sadigh demande l’égalité de traitement, ce qui n’est pas le cas. Car, si les deux revenus sus-dits sont bien des intérêts, leurs taux doivent être conformes :
– soit aux règles habituelles du crédit : un taux suffisant pour rembourser, à terme, le capital prété + les intérêts à l’épargnant.
– soit aux règles de la participation : un taux représentant l’amortissement, à horizon infini, du capital engagé comme associé.
Ce que dénonce Elie Sadigh, c’est la financiarisation actuelle de l’économie qui joue sur les deux tableaux : Elle s’approprie les entreprises comme un partenaire, tout en demandant un revenu en intérêts supérieurs (12–15%) à ceux d’un prêt à terme d’un épargnant.
Dans ces conditions, souligne Elie Sadigh :
“…lorsque le capital devient obsolete, c’est le revenu des travailleurs qui perpétue le capital, ce qui signifie que le nouveau capital leur appartient. Cela marque la limite absolue des théories qui considèrent qu’être épargnant donne un droit sur une partie du produit et, par conséquent, la limite absolue de la financiarisation de l’économie.”
En d’autres termes, la financiarisation doit respecter ce que l’analyse théorique de Marx, disséquée plus haut, proscrit :
“le capital n’existe pas deux fois, une fois comme valeur-capital des titres de propriété, des actions, la seconde fois en tant que capital investi réellement ou à investir dans les entreprises.”
On sait bien, d’autre part, que de tels retours sur investissements exigées des entreprises les ont conduites au court termisme, avant leur ruine !
Voilà qui devrait arréter le rire de Rosenstiehl…
EN MARGE DES RETRAITES
Dans le même genre de défense, concernant P. Artus et MP. Virard, je signale à habsb, boursicoteur du FOREX toujours abonné à la même pensée-réflexe, que leur phrase ” il est aberrant d’avoir une taxation très élevée des revenus du travail, et faible des revenus du capital ” est une conclusion de leur livre concernant le bilan global des prélèvements par l’Etat, et non du seul impôt sur le revenu qui n’en représente qu’une part infime, d’où l’inanité de ses récriminations…
Ainsi, s’agissant de la participation du capital à la protection sociale, puisqu’on estime celui-ci, on l’a vu, associé à l’entreprise, sous une forme ou sous une autre, je lui conseille de lire un autre économiste peu connu :
AHMED HENNI
” L’actuel système de financement de la protection sociale s’est construit sur des principes d’assiette et de taux datant de la Libération (1945). Les cotisations sociales qu’elles payaient étaient prélevées sur leur valeur ajoutée propre (revenus internes) et n’étaient compensées par aucune autre ressource externe. Or, aujourd’hui, les entreprises, disposent de ressources externes abondantes (rentes financières particulièrement) qui compensent le poids des prélèvements sur la valeur ajoutée propre.
Or, si au lieu de rapporter les cotisations sociales effectives à la seule valeur ajoutée propre, on les comparaît aux ressources totales (valeur ajoutée propre + revenus de la propriété et de l’entreprise), on s’apercevrait qu’en 1950 leur part est quasi identique… (absence de ressources externes) puis commence à diverger dès les années 1980.
En 2009, cette part, de 14,9% de la valeur ajoutée propre, n’est que de 10,3% des ressources totales et, pour les sociétés financières, elle est de (16% de la valeur ajoutée propre et) 3,6% seulement des ressources totales.
Si, au lieu d’appliquer l’obligation des prélèvements sur les seuls revenus internes des entreprises (valeur ajoutée propre), on élargissait l’assiette à l’ensemble de leurs revenus, les entreprises non financières devraient payer annuellement, pour un taux de 14,9%, un montant de cotisations sociales de 205 milliards, soit un surplus de prélèvements de 62 milliards.
Quant aux sociétés financières, leur appliquer le taux de cotisation sur valeur ajoutée propre (16%) à l’ensemble de leurs ressources les obligerait à acquitter 6O milliards, soit un surplus pour la protection sociale de 46 milliards
Le développement ci-dessus ne vise qu’à montrer qu’il y a dans les entreprises et les sociétés financières, des ressources qui échappent à tout prélèvement social et que ces ressources externes (rentières), loin d’être négligeables, atteignent aujourd’hui prés de la moitié de celles tirées de l’exploitation propre des entreprises et le triple de celles tirées de la valeur ajoutée propre des sociétés financières.
Il s’agit donc seulement d’adapter le mécanisme de prélèvements sociaux à cette nouvelle structuration du capitalisme, devenu davantage un capitalisme de rente qu’un capitalisme de production matérielle. ”
On notera au passage que l’on obtient ainsi un surplus total de 108 milliards par les seuls prélèvements sociaux, ce qui est à rapprocher du manque à gagner de 100 milliards environ envisagé par Artus et Virard, dans les années à venir, pour le budget général !
Curieusement c’est ce même montant de 100 milliards que l’on obtient par une autre voie, celle de l’équité de la part salariale de la V.A. longuement discutée sur ce blog, si l’on suit le raisonnement de Frederic Lordon :
LA PART SALARIALE DANS LA V.A. Où remettre le Curseur ?
” Pour s’en faire une idée, il suffit de constater que la part des dividendes dans le PIB est passée de 3,2% en 1982 à 8,5% en 2007 : 5,3 points au bas mot, virés aux actionnaires et récupérables par le salariat. “Relaps!” s’écrieront immédiatement certains, car c’est …l’erreur que de prendre 1982 pour référence…
A ceci prés qu’on ne voit aucune objection sérieuse à faire revenir la rémunération des actionnaires à ses 3,2 points de 1982, à moins de pouvoir exhiber un argument qui tienne la route et justifie à peu prés l’utilité de ces dividendes. Or, d’argument de cette sorte, il n’y en a point…
Car, aux niveaux de rentabilité exigés par les investisseurs, il n’y a pas beaucoup de projets qui passent la barre… Dans un mouvement d’une parfaite cohérence, le capital actionnarial fixe des objectifs hors de portée, constate qu’ils ne sont pas atteints, et en tire le motif d’exiger des entreprises qu’elles leur restituent le cash oisif, c’est à dire le surplus financier inemployé… faute de projets suffisamment rentables en suffisamment grand nombre ! Comme l’on noté quelques observateurs pourtant peu suspects d’inclinations révolutionnaires, le pouvoir actionnarial a réussi cette performance de donner naissance à un CAPITALISME SANS PROJET.
Voilà.. 5,3 points à récupérer (soit sensiblement une centaine de milliards) ! ”
(Frederic Lordon, La crise de trop, Fayard, 2009)
Rédigé par : Hadrien | le 11 juin 2010 à 20:55 |
MORALISME DE LA MISERE
A l’interrogation qui m’est adressée (PH), je vois que je n’ai pas suffisammment développé mon propos (comme quoi, il n’était pas assez kilométrique…) sur la “filiation” des thèses de Elie Sadigh avec celles de Marx :
Chacun sait que les réflexions premières de Marx étaient bel et bien en continuité avec Smith auquel il a fait amplement référence (cf. manuscrits de 1848, Livre I du Capital,…). Indépendamment de son analyse critique bien connue sur la péréquation capital/travail, il considérait le capitalisme comme une étape en progrés sur le féodalisme qui, lui, se contentait de la rente de propriété acquise par les armes et transmise par le privilège féodal. A son époque, il ne voit la rente dans le capitalisme que sous forme de terres (agricoles ou minières):
“Dès que la production a besoin de la terre, soit pour l’agriculture, soit pour l’extraction de matières premières, la propriété foncière empêche la péréquation pour les capitaux investis dans le sol et accapare une partie de la plus-value qui, autrement entrerait dans le fonds de péréquation de taux général de profit” (L III, VIII)
L’analyse d’Elie Sadigh n’est autre qu’une extension de la rente à l’ensemble du capitalisme par la financiarisation, les taux étant arbitrairement imposés comme ils l’étaient par les féodaux. Inutile de chercher à les qualifier : en fait, ils ne sont compatibles ni avec une vraie rente (amortissement long), ni avec un crédit (non-appropriation). D’où la mise en cause de la légitimité de ce privilège permis par le capitalisme, qui conduit l’entreprise à la ruine comme autrefois le féodalisme conduisait le servage à la misère :
Elie Sadigh dit “…lorsque le capital devient obsolete, c’est le revenu des travailleurs qui perpétue le capital, ce qui signifie que le nouveau capital leur appartient”,
comme on a dit avant lui : ” la terre appartient finalement à ceux qui la cultivent “.
Dans tous les cas, le projet est porté par les travailleurs, dont l’entrepreneur salarié fait d’ailleurs partie, mais pas le financier qui impose son taux. Croire à la loi de l’offre et de la demande pour régler le problème est aussi erronné que croire à la liberté du serf d’autrefois de refuser sa condition. Il s’en trouvait toujours de plus pauvres et plus précaires pour l’accepter (aujourd’hui les délocalisations). Et leur condition ne s’en trouvait pas pour autant améliorée !
D’où les propos de Maurice Allais sur l’Europe et la mondialisation.
Frédéric Lordon ne dit pas autre chose en parlant de CAPITALISME SANS PROJET, qui n’est autre qu’une forme de FEODALISME FINANCIER, et conduira certainement aux mêmes échéances :
‑Sait-on qu’aux Etats-Unis la contribution nette des marchés boursiers au financement des entreprises est devenue… négative : les actionnaires pompent – sous forme de dividendes ou de rachat d’actions – plus de cash qu’ils ne leur en apportent. Heureusement que la bourse est là pour “aider le financement de l’économie réelle”, qu’est ce que ce serait autrement?… Dégénérescence hautement paradoxale sans doute : car la finance a l’impression de ne s’être jamais si bien portée – et elle a raison !
Comme on le sait, le devenir-chancre n’a rien de contradictoire avec le sentiment de sa prospérité, bien au contraire. Celui-ci ne se retourne que lorsque le corps parasité estime que c’est assez. Et décide l’ablation.
(Frédéric Lordon : “Jusqu’ à quand?” Editions Raisons d’agir, 2008)
Il me reste à compléter, également, ma remarque un peu rapide :
” Dans ces conditions, on voit mal comment le banquier peut se féliciter de la dette par capitalisation sur laquelle repose le capitalisme dans l’intérêt privé, et dénier à l’Etat le droit de faire la même chose (à des taux bien moindres) dans l’intérêt général, en clamant :
– Demain la rigueur !
– Le pêché originel
– L’illusion collectiviste
– La rigueur est incontournable ”
J’aurais pu y ajouter les clameurs du même auteur, dans son billet :
– Il faut arrêter de se trouver des alibis…
– Il n’y a qu’une seule solution, urgente…
– réduire (la) dette de façon prédéfinie et affichée…
on a vu dans son livre au dépens de qui : “les salariés, vous dis-je!”… alors qu’en fait, la dette s’est essentiellement accumulée par le refus de “prendre l’argent là où il est, sous les gouvernements à droite (Balladur, Juppé,… et de Chirac, Sarkozy), “
, sans oublier non plus la pertinence du titre de ce billet :
– « Quand la cupidité est érigée en principe, on entre dans le désordre »
, maxime qui égale en profondeur celle de Pierre Dac :
” Quand on dépasse les bornes, il n’y a plus de limite ! ”
Ces velléités de notre banquier n’ont pas échappé à Frédéric Lordon, toujours lui, dans :
MISERE DU MORALISME
- Aprés avoir dénoncé avec finesse les “criailleries des mouvements hostiles à la mondialisation”, Jean Peyrelevade, quant à lui, tient de terribles propos sur le capitalisme financier, très semblables à ceux qu’il fustige, et dont il ne semble pas voir qu’ils font de lui un braillard de plus, avant de terminer par la léniniste question “Que faire?”. On pouvait s’en douter : au moment de passer à l’action, la sainte fureur de Jean Peyrelevade ne donne pas davantage qu’un pet de lapin : que faire pour endiguer les ravages du capitalisme financier ? de la coordination mondiale ! – et rendez-vous dans cinquante ans. Depuis, Jean Peyrelevade est revenu à des horizons temporels plus humains et à des formes d’action moins incertaines. Là où même le Medef se fait discret à propos du partage de la valeur ajoutée, lui jure que celui-ci est devenu atrocement défavorable… aux entreprises ! Et préconise en conséquence que ces goinfres enrichis de salariés restituent au plus vite quelques points de PIB au capital qui dépérit. Pour le coup, pas besoin de coordination internationale ! …
A ce degré de désorganisation de la pensée, qu’est-il encore permis d’espérer ? Probablement plus grand chose, et sans doute plus de faire comprendre la différence entre la vertu des individus et la force des structures. Toute la vertu du monde ne convaincra pas un banquier d’investissement de saisir un ROE de 40% s’il est lui-même à trente et que ses concurrents voguent vers les 50 – sauf à le déterminer à changer de métier. Qui donc pourrait obtenir d’institutions soumises à la pression actionnariale qu’elles oublient leurs objectifs de rentabilité, d’individus sans cesse soumis à l’évaluation comparée qu’ils fassent abstraction des League Tables telles qu’elles déterminent leurs bonus et leurs carrières, c’est à dire leurs vies ? Et surtout, qui pourrait obtenir un réfrènement spontané des pulsions cupides au moment où s’ouvre devant elles un champ qui leur offre des occasions de satisfaction sans paeilles, et que, dans cet univers, ne pas les saisir est une faute professionnelle ? Quel banquier pourrait rester bras ballants à regarder la bulle croître et embellir pendant que tous ses semblables s’enrichissent à milliards?…
Les marchés financiers sont le lieu du profit hors norme. Et l’on voudrait que des capitalistes dont la vocation existentielle est le profit fassent la démonstration d’une chrétienne retenue ? On ne peut pas attendre d’agents dont les intérêts vitaux sont configurés d’une certaine manière qu’ils renoncent à les poursuivre, ou à réagir à ce qui les met en péril. A l’indigence sans nom de la prédication morale, il faut donc préfèrer l’action sur les structures, puisque ce sont elles qui configurent ces intérêts et déerminent les marges de manoeuvre offertes à leur poursuite. ET comme il est dans la logique de l’intérêt de s’efforcer indéfiniment, il est peu probable que le sens de la limite lui vienne spontanémentdu dedans – par conséquent elle ne lui sera posée que du dehors. Veut-on que la finance n’offre plus le spectacle des extravagantes inégalités de la bulle et celui du krash qui s’ensuivra nécessairement ? Qu’on modifie les règles fondamentales qui structurent le jeu et le comportement des agents, ou bien qu’on attende résigné la prochaine crise.
(Frédéric Lordon, Jusqu’à quand ? Editions Raisons d’agir, 2008)
Rédigé par : Hadrien | le 12 juin 2010 à 20:51
LA FINANCE ET LES INSTITUTIONS
J’aurais dû livrer le passage de Marx dans son intégralité :
“Dès que la production a besoin de la terre, soit pour l’agriculture, soit pour l’extraction de matières premières, la propriété foncière empêche la péréquation pour les capitaux investis dans le sol et accapare une partie de la plus-value qui, autrement entrerait dans le fonds de péréquation de taux général de profit. La rente constitue alors une partie de la valeur, plus spécialement de la plus-value des marchandises qui, au lieu d’échoir à la classe capitaliste qui l’a tirée des ouvriers, revient aux propriétaires fonciers qui la prélèvent sur les capitalistes” (L III, VIII)
Les thèses radicales de Elie Sadigh consistent à remarquer qu’un féodalisme du même type s’est constitué au coeur même du capitalisme, par la financiarisation :
Le profit n’irrigue plus l’économie, même pas l’entreprise, mais une nouvelle sorte de rente, celle versée aux marchés financiers qui ont acquis le pouvoir d’imposer leurs lois (au point de contester aujourd’hui celles des nations) de la même façon, mutatis mutandis, que les seigneurs d’autrefois vis à vis de leurs paysans (au point de mettre en cause leur survie). Retour à une forme de féodalisme… Voilà à quoi nous a conduit le laisser-faire, dans l’euro-libéralisme et la globalisation !
Comment donc empêcher l’oligarchie de dicter ses vues à la population, sinon en prenant le problème à sa source ?
Parler de refondation… du capitalisme, c’est évidemment vouloir dicter la solution avant d’avoir posé le problème !
ET POURQUOI PAS PLUS LOIN ? (Frederic Lordon, La crise de trop, Fayard, 2010)
C’est en effet la question que pose l’auteur, dans son style inimitable :
» Et si finalement, à la question ‑jusqu’où?- posée à nouveau par l’histoire ‑jusqu’où porter la remise en question ? jusqu’où faire aller la nouvelle donne?-, la réponse pratique, celle que donne le corps social en mouvement, dépassait les simples limites d’un changement de configuration du capitalisme pour demander davantage, il faudrait être un éditorialiste, un ministre Sarkozyste ou un expert du parti socialiste pour ne pas voir ce qu’il y a à demander : la démocratie radicale partout…
Si dépasser le capitalisme peut avoir quelque sens, ce ne peut être que celui d’éffacer cette incompréhensible anomalie voulant qu’aux temps dits démocratiques les intéressés se trouvent à ce point dépossédés de tout pouvoir sur la conduite de leur activité collective. Et celui de pourvoir à la plus complète réappropriation en cette matière…
Tout celà fait-il un sens possible à donner à ANTI-CAPITALISME ?…
C’est à la fois la force et la faiblesse des ordres régnants : ils s’imposent à grande échelle mais nourissent des refus et amassent contre eux des forces de même extension. Le capitalisme n’échappe pas à cette fatalité, même si l’intention du travail de transfiguration symbolique qu’il déploie sans cesse, par célébrants interposés, lui permet de durer très au-delà de ce que la réalité nue de ses rapports pourrait jamais lui assurer. L’expérience historique cependant montre assez l’inéluctable insuffisance de ces accomodations, et leur caractère de simples retardements. On pourrait juste avoir l’envie d’accélérer le cours des choses. »
ECONOMIES LIBERALE ET SOCIALE
Je constate à cet égard que tout, ou presque, a été oublié par les Peyrelevadiens sur leur site, en juillet dernier, dans “Le partage des richesses (12)” – comme quoi, là encore, on n’en fait jamais assez. Radotons donc une dernière fois sur la différence entre économies libérale (ou conflictuelle i.e. non-administrée) et sociale (ou coopérative i.e. administrée):
- l’une procède de la théorie des jeux : chacun optimise un critère individuel qui ignore les autres et l’on obtient, s’il existe, un équilibre conflictuel, en priant Adam Smith. (C’est comme ça qu’on faisait à l’époque des cavernes!)
- l’autre procède de l’Optimisation coopérative au sens de Pareto : un critère collectif agrège tous les critères individuels (C’est comme ça qu’on fait, à notre époque civilisée, quand on a un projet : essayez donc de construire un avion, selon la théorie des jeux conflictuels !)
Ainsi, sur le fameux exemple d’école “le dilemme des deux prisonnier”, chacun reste en prison dans le premier cas, alors qu’ils sont vite libres tous deux dans le second.
Dans le dernier cas, on qualifie la solution optimisante de “politique optimale” (même en maths), ou “stratégie optimale”, ce qui renvoie aux “stratèges” de la Grèce antique : ils avaient pour mission de mettre en oeuvre la solution du problème posé, notamment en temps de guerre.
Cela ne signifie évidemment pas que cette stratégie se substitue à l’individu dans sa vie micro-économique (régulation locale). Seules, les grandes structures macro-économiques sont touchées. Mais ça n’est pas rien, et l’intérêt général ainsi formulé peut tout changer !
Dans le premier cas, il peut certes exister un équilibre conflictuel (dit de Nash), mais la notion d’optimalité n’a aucun sens (optimal par rapport à quel critère global?).
Tout au plus démontre-t-on que la solution peut toujours être considérée comme optimisante pour « un certain critère » agrégé, mais qui n’a aucune raison d’avoir les propriétés souhaitables, notamment d’égalité des coefficients d’agrégation.
En effet, en matière socio-économique, le point de départ est la fonction d’utilité de chacun, u=f(x), x étant la variable (multidimensionnelle) représentant théoriquement toutes les dispositions de la vie économique et sociale qui nous concernent. Comme ces dispositions n’ont pas le même effet sur chacun de nous, on doit “aggréger” la fonction d’utilité élémentaire f(x) de chacun en une fonction d’utilité macroscopique U=F(x) de la Nation, pour pouvoir maximiser sa valeur.
Or, la déclaration des droits de l’homme stipule que tout être humain a même valeur pour l’expression de ses désirs (”égaux en droits”). C’est le fondement de la démocratie ! Elle nous impose donc F(x)= Somme des Pi.fi(x), sur l’indice i de la population, avec Pi=1/N, où N est le nombre total d’individus, ce qui est évidemment irréalisable en pratique vu la grandeur de N.
Le tirage aléatoire de n individus permet d’obtenir approximativement la même chose, avec une somme de n termes, où Pi=1/n, Pi représentant la probabilité d’occurence de la fonction d’utilité Ui(x) dans la population.C’est la loi des grands nombres qui le garantit !
Les Grecs avaient choisi 5OO, et on est toujours autour de ce chiffre dans nos démocraties (577 en France).
Dès l’instant où ce point est acquis, tout le reste découle comme conséquence logique : on admet, en effet, en économie, que tous les agents sociaux ont une fonction d’utilité constructible vis à vis de tous ses arguments, pour peu que l’on interroge les dits agents convenablement (la théorie des substitutions et des préférences y pourvoie, si nécessaire, au plan méthodologique).
Dès lors, la formulation univoque du problème d’optimisation de l’économie politique, telle qu’énoncée par les utilitaristes ainsi que Pareto, s’obtient en remarquant que :
Pi = Ni/N, où Ni est le nombre de citoyens ayant la même fonction d’utilité Ui(x), et n la somme des i, N étant le nombre total de citoyens.
On voit là tout l’intérêt de la formulation fréquentielle en Ni/N par les probabilités : lorsque la population est en nombre N élevé, il est impossible d’interroger un à un les citoyens pour connaître leur fonction d’utilité. Cela devient, en revanche, plus envisageable si l’on peut disposer d’un échantillon réduit de n citoyens, où les rapports réduits ni/n=pi sont les mêmes que les rapports Ni/N, c’est à dire les probabilités Pi.
Dans ce cas seulement, on peut parler d’une démarche “démocratique” car elle préserve fidèlement la représentation du peuple par la représentativité de l’échantillon.
Deux sortes d’une telle démarche ont été appliquées dans l’histoire :
DEMOCRATIE DIRECTE ET DEMOCRATIE ELECTIVE
- la démocratie directe par tirage au sort : c’est celle de la démocratie athénienne dans la Grèce antique, qui dura prés de deux siècles (-507 / ‑322). Elle possède la propriété essentielle, dite “sans biais”, que l’espérance mathématique de u(x)=somme des pj.uj(x), sur l’échantillon réduit, est la même que celle de la population totale, même si la cardinalité de j est inférieure à celle de i (autrement dit, même si toutes les fonctions d’utilité ne sont pas représentées). C’est si vrai que cela s’applique en particulier au tirage au sort d’un seul représentant, dont l’espérance reste non biaisée. C’était là tout le sens de la “Stochocratie”.
- la démocratie indirecte par délégation élective : c’est celle appliquée de nos jours par les “démocraties occidentales”. Elle consiste théoriquement à regrouper les citoyens qui se reconnaissent tous la même fonction d’utilité Ui(x) qu’un des leurs, qu’ils élisent comme représentant dans l’échantillon réduit des uj(x). Elle nécessiterait i=j, donc la même cardinalité, d’où l’adverbe “théoriquement” ci-dessus, car ce n’est jamais le cas en pratique. Dans tous les cas, le citoyen doit se prononcer pour celui des représentants qui lui paraît “proche” avec tous les inconvénients biens connus qu’évitaient les grecs : démagogie, influence de l’éducation, de la position sociale, de la fortune, etc.
Tout cela est évidemment étranger à la détermination de la “politique optimale” elle-même, qui détermine les valeurs de toutes les composantes de x maximisant l’utilité globale U=F(x). C’est une opération mécanique sans ambiguité, quelle que soit sa difficulté.
Il ne faut pas confondre établir la fonction-objectif, une opération nécessairement démocratique car elle doit faire intervenir chacun de façon équiprobable, avec maximiser cette fonction par rapport à ses arguments, opération purement technique qui peut être dévolue au “plus apte” qui n’est autre, par définition, que l’Administration (le Gouvernement n’en est que le chef).
En ce sens, croire que le “plus apte” serait apte…à donner à notre place notre propre “fonction d’utilité” est une absurdité.
On comprend, au passage, pourquoi la “stochastocratie”, chère à Etienne Chouard, élimine tout conflit dans l’obtention de la “Politique optimale”.
On comprend aussi que l’homo politicus et l’homo economicus disparaissent pour se confondre en un seul : le citoyen. Chaque citoyen a “droit de cité”, au sens ethymologique de ce terme, ce qui a fait dire à Bernard Manin :
(PRINCIPES DU GOUVERNEMENT REPRESENTATIF, Flammarion, 1996)
“On ne réfléchit plus guère, à présent sur l’usage politique du titage au sort. Le sort n’appartient plus depuis longtemps à la culture politique des sociétés modernes, où il il apparaît aujourd’hui avant tout comme une pratique bizarre. On sait ‚sans doute qu’il était utilisé à Athènes et on le remarque parfois, mais surtout pour s’en étonner. L’énigme principale semble être que les Athéniens aient pu avoir recours à pareille procédure. La connaissance pourrait cependant gagner à un renversement du point de vue habituel qui tend à faire de la culture présente le centre du monde. Il y aurait peut-être avantage à se demander plutôt : comment pouvons-nous ne pas pratiquer le tirage au sort, nous qui nous proclamons démocrates?”
Merci Adrien pour cette distinction remettant sur ses pieds la « raison républicaine » :
« Il ne faut pas confondre établir la fonction-objectif, une opération nécessairement démocratique car elle doit faire intervenir chacun de façon équiprobable, avec maximiser cette fonction par rapport à ses arguments, opération purement technique qui peut être dévolue au “plus apte” qui n’est autre, par définition, que l’Administration (le Gouvernement n’en est que le chef). En ce sens, croire que le “plus apte” serait apte…à donner à notre place notre propre “fonction d’utilité” est une absurdité ».
En effet, voici une réponse à ceux qui faussent le débat en opposant sur le même plan politique ce qui ne devrait pas être confondu : « compétence des experts » et « souveraineté populaire », riant de notre souci de pousser « jusqu’au bout » la démocratie.
Je viens de relire le commentaire d’Alain qui est sous le lien que vous lisez et je suis aussi dans cet état d’esprit de garder l’estime et l’envie de se respecter sauf pour catherine qui dépasse régulièrement les bornes sur ce blog.
Le dernier exemple en date. Elle cite un site raciste auparavant, sans même prendre l’effort de se distancier ou dire qu’elle n’approuve pas tout ce qui est écrit sur ce site, ce qui est la moindre des choses quand on prends la peine de citer un site litigieux et c’est elle qui se met ensuite en colère. Attention, pas le droit de faire une remarque à sa majesté Catherine. Phare lumineux de la pensée, Génie des Flandres, Lumière des opprimés …
Il ne vient pas non plus à l’idée de catherine qu’en fréquentant différentes personnes au cours de ma vie, j’ai peu à peu vécu le racisme comme une absurdité, non je serais un enfant immature auquel aurait mis des idées dans la cervelle.
« Gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge. »
À quoi bon continuer avec elle dans ces conditions ?
@ catherine
Catherine, pose moi donc tes questions, j’y répondrai sincèrement, et sans avoir en face de moi une « raciste », ni même une « hallucinée », donc, simplement une « citoyenne », égale et sympathique « à priori ».
Si tes questions sont alambiquées à la sauce freudienne, il est possible que ni moi ni toi, en fait ne soyons « à la hauteur du débat » : il y faudrait d’autres compétences plus « avérées »…Docteur !
Si tes questions sont d’ordre « nitchéennes », il se peut que mes réponses , même si elles te déplaisent, soient « sur la bonne longueur d’onde », pour que l’on crève l’abcès de notre réel différent.
Avoir un réel différent ne rend pas « ennemi », pour peu que l’on s’applique « mutuellement » les principes républicains d’égalité etc…
Une chose est claire : le mot « souveraineté » est conflictuel, et heureusement, car « la nature humaine » n’est pas la même que « la nature » du potager domestique.
Souveraineté exige forcément révolte, jusques et y compris contre « soi-même », quand ce « soi-même » a été défini par « autrui »…
Nous refusons « naturellement » d’être les « clones » d’une figure stéréotypée de « l’espèce humaine ».
Ceci légitime à mes yeux la vigilance anti-raciste, et l’exigence d’ouverture de principe à une autre idée, non finie, de ce que peut « devenir le genre humain », dans un processus d’autant plus complexe qu’il se doit de rester celui d’une « libération »…
Bises, Catherine !
Bonjour Alain,
J’enrage, je viens de faire une fausse manoeuvre, j’avais écrit une longue réponse à ton message, et voilà qu’elle s’est envolée, ça m’apprendra à faire davantage attention la prochaine fois.
Pas beaucoup de temps, quelqu’un vient me voir à 13 hres, je vais donc devoir condenser ce qui n’est guère dans mes cordes.
Que dire qui pourrait dire vite et concentré ?
Que je suis pour l’ouverture, que je n’aime pas les occlusions, et qu’avant de savoir, aussi tant est que je sache un jour, ce dont je doute par dessus tout, et bien je ne sais pas, et que pour savoir discerner quelque chose de l’épaisse forêt qui nous environne, je n’ai trouvé rien d’autre, que de me risquer à tout ce qui passe sauf si je sais par moi-même, par mon exérience vécue, que ce n’est pas bon, sinon, dans tous les autres cas, je fonce, je me risque, et je t’assure que pour ma part, c’est très productif, je n’ai rien trouvé de mieux pour avancer. Se risquer, se risquer, à des gens, des situations, de façon la plus diversifiée possible, ne pas rester dans son quant à soi, élargir les espaces en offrant de l’espace, une oreille qui prête l’oreille et qui selon les harmoniques qu’elle entendra dirigera les sons de sa boussole propre.Voilà grosso modo, et rappeler que pour dé-passer il faut d’abord passer, sinon, on fait du sur-place et souvent même on recule.
Les questions que je te posais sont incluses dans ton message comme autant de réponses, ton ouverture dit plus et mieux que tu ne saurais dire même si tu dis bien, bien sûr.
Grand, grand merci à cet espace que tu offres, que tu m’offres et que tu t’offres par là même, un espace de liberté, nous sommes riches de cela, sois-en remercié vivement.
Catherine
Donner bénévolement des cours d’alphabétisation à des « gueux » rescapés du monde entier tel qu’il est… voilà qui enrichit contre tous les « surrendettements », et qui, contre toutes les évidences, apprend au « prof’improvisé » bien plus qu’il ne peut lui-même prétendre enseigner, en « échange ».
…Reste à inviter ses « élèves » à la chorale du coin, et un « miracle » se produit, finalement rien d’autre qu’une parenthèse « normale » dans une situation « globalement anormale ».
Se rappeler sans même référence à un soi-disant « devoir de mémoire », qu’on a forcément loupé « son meilleur ami possible », faute d’avoir dépouillé sa propre « identité » des signes d’hostilité « à priori » que des « forces transcendantes » ont cousu à notre insu sur elle…Le racisme n’est pas « un péché », c’est un linceul qu’on porte sans vraiment s’en rendre compte, mais qui s’épaissit à mesure qu’on le tolère, jusqu’à nous accompagner dans la haine de « cet Autre », dont l’idée même qu’il puisse exister nous étouffe : et ce linceul finit par nous digérer…Mais le sentiment d’étouffer est un avertissement.
Je crois que ce qui importe c’est d’avoir en tête que tout humain vaut un humain, et que toutes ces histoires de racisme accomodé à toutes les sauces, anti-femme, anti-noir, anti-blanc, anti-juif, anti-communiste, anti-mystique, anti-droite, anti-tout ce qu’on veut, ce sont des conneries, dans lesquelles les gens tombent trop facilement, sans distanciation aucune, de peur qu’on leur colle une étiquette sur le dos.
S’ils étaient plus assurés de ce qu’ils sont vraiment, ces gens-là, ils n’auraient pas peur d’être inquiétés de ceci ou de cela, ils sauraient tout à fait répondre de leurs actes et les justifier de manière tout à fait adéquate.
Mais le souci, c’est que les gens manquent d’axe, ils manquent de substance, ils ont perdu leur Nord, ils ne savent plus à quel saint se vouer, alors ils écoutent bêtement ce qu’on leur dit et répétent comme des perroquets ce qu’ils ont entendu, par peur de se démarquer, ils veulent être dans le groupe, indifférenciés, c’est plus confortable, c’est le « on » qui parle, aucune responsabilité propre, le conformisme se nourrit de cette peur-là, si les gens étaient plus forts intérieurement, mieux affermis dans leurs positions, nous n’en serions pas à vivre ce que nous vivons.
Des êtres influençables soumis à tous les vents, toutes les marées.
Cette histoire de racisme, c’est un attrape-nigauds qui empêche toute réelle compréhension de l’enjeu principal qui devrait nous occuper, enjeu qui dépasse largement cet aspect réduit de la problèmatique.
Cette histoire de racisme, c’est le tissu rouge qu’on met devant le nez du taureau pour que le « spectacle » commence, c’est un empêcheur de penser, ça arrête quelque chose du processus de possible compréhension, ça fait tomber des rideaux de fer, ça coupe la respiration, alors que toute notre attention devrait être mise au service de ce qui se cache derrière tout ça.
Cette histoire de racisme, c’est une diversion, au même titre que la télé qui occupe du temps de cerveau disponible, ça occupe du temps, de l’espace, et ça empêche de faire certains liens qu’on préfére de ne pas voir se faire, ce serait comme un peu plus dangereux, s’ils se faisaient ces liens-là, alors, on a trouvé une parade dorée, c’est celle-là, et c’est plutôt bien trouvé, ma foi, ça marche plein pot !
Quant à moi,je me fiche de savoir quelle est la couleur, le sexe, l’âge, la confession de celui qui tue l’humain, s’il le tue, l’humain, d’une manière ou d’une autre, je lui fais la guerre, enfin, j’essaie de lui faire la guerre, avec ce que j’ai en ma possession, pour montrer toute la fausseté d’une pareille attitude, c’est un devoir de faire la guerre à toute injustice, dont nous devrions tous avoir à répondre, faire le ménage, enlever les encombrants, et le monde ne serait pas ce qu’il est, y’aurait comme un peu plus d’air et de clarté à l’horizon, et là, c’est bouché, mais bon, qui sait, parfois, y’a des éclaircies qu’on n’attendait pas et qui nous surprennent !
J’aime beaucoup les sur-prises !
Catherine, je maintiens, je désapprouve toujours que tu aies inséré dans ton intervention N° 26 un lien hypertexte vers une page web relativement anodine d’un site qui lui est clairement fasciste, ceci sans aucune mise en garde, ni distanciation des thèses exprimées par ce site. Ce site évoque plusieurs fois Mussolini et Julius Evola.
Est-ce tu approuves oui ou non certains aspects de la politique menée par Mussolini ?
C’est une question que je n’aurais pas imaginé te poser auparavant, mais que tu as légitimé que l’on te pose puisque tu as cité ce site sans aucune mise en garde.
Je me pose la question, cette absence de mise en garde ou de distanciation doit être mise au compte de l’étourderie, de l’imprudence, de la fatigue ou bien y a‑t-il une intention cachée ?
Je te cite : « Cette histoire de racisme, c’est une diversion, au même titre que la télé qui occupe du temps de cerveau disponible, ça occupe du temps, de l’espace, et ça empêche de faire certains liens qu’on préfère de ne pas voir se faire, ce serait comme un peu plus dangereux, s’ils se faisaient ces liens-là. »,
En parlant comme cela, tu as l’air de dire que le racisme n’existe pas, qu’il s’agit juste d’une diversion et non pas de faits réels où des actes criminels sont commis, est-ce que je comprends bien ce que tu as voulu dire ? Ou alors t’es-tu mal exprimée ?
Dans les cas où cela serait une diversion, je veux bien admettre que l’on abuse de cette accusation grave pour mettre en difficulté certaines personnes et puisque d’après toi, je fais partie des personnes qui n’ont pas compris les buts poursuivis par cette diversion, j’aimerais comprendre, quelle est la chose que l’on veut cacher ? Qui nous la cache ?
Tu commences à me gonfler sérieux Gilles, si tu ne sais pas lire et si tu ne comprends rien à rien, alors fais un effort pour apprendre à lire, il est grand temps, ou évite de me poser ce genre de questionnement stupide et indigne, et insultant de surcroît, insulte à l’intelligence, car de moi, rien à faire, suffisamment conscience de l’insignifiance de mon être pour ne pas m’arrêter à ce genre de propos.
Je n’ai nullement l’intention, une nouvelle fois, de t’expliquer, en long, en large, en travers, le pourquoi de ce qui m’a fait placer ce site, je m’en suis déjà expliquée chez Plus loin que J, il ne servirait à rien qu’à perdre mon temps que d’en rajouter une couche, j’en veux pour preuve tous les messages depuis plus de deux ans maintenant, que j’envoie ici et ailleurs,et si, malgré eux, tu en viens à m’adresser de tels propos, c’est peine perdue, pas de raison a priori, que tu comprennes d’un seul coup, ce que tu refuses à voir depuis tout ce temps.
Derrière tout cela, tous les problèmes que tu soulèves, il y a une instrumentalisation monstrueuse, dont tu es une victime patentée, assermentée, labellisée, estampillée, mais tu n’as même pas conscience de cela, pas le début du plus petit début du début d’un commencement, et si tu ne l’as pas compris, alors, c’est que tu es encore plus nigaud que je ne le pensais.
Ce sentiment d’opposition dont tu te fais le servile manouvrier sert à faire naître l’opposition entre individu, classe, sexe, génération, confession et tutti quanti, opposition utile mais pas pour ceux que tu crois niaisement défendre, utile afin que là où il devrait y avoir coopération interindividuelle, il y ait division,rupture d’intérêt, alors que l’intérêt commun de tous ces individus serait de s’unir contre le seul et principal ennemi qui génère et fabrique les dissensions, celui qui fait naître le sens du courant qui va à contrecourant de celui de ces dit-individus spoliés dans leurs droits qui devraient être irréfragables, et toi, tu te fais le défenseur de ces intérêts dévoyés, ceux qui alimentent la direction du courant pathogène, en pensant défendre une noble cause, cerise sur le gâteau, il faut voir plus loin que le bout de son nez, décoller un peu de sa vision de myope, prendre de la distance, c’est comme si tu t’arrêtais à une écorchure de surface sans voir que l’hémorragie coule d’une veine ou même d’une artère, bref, si tu n’as pas encore compris cela à ton âge, c’est tout de même malheureux !
Sache que je n’ai que faire de tes désapprobations. Tu ne comprends rien à rien, tu t’enfonces toujours plus dans tes stéréotypies de pensée, tu ferais bien d’élargir un peu tes espaces, de les aérer, ils sentent un peu le renfermés.
Encore une chose qui m’énerve particulièrement chez toi, quand tu as quelque chose à dire, prends cette chose à ton compte, à ton nom, dis je, c’est plus correct, certes, tu es plus impliqué, mais c’est comme ça que tu avanceras, le bouclier du « nous » ou du « on » n’est guère courageux, reprends à ton propre compte tes opinions sans les englober comme tu le fais trop souvent dans un « nous » informe.
J’espère t’avoir ôté tout désir de poursuivre plus avant cette conversation qui porte bien mal son nom, car le préfixe « con » invite à l’idée de conjoindre, alors que là, il s’agirait davantage de disjonction !
Je n’ai plus aucune intention de répondre à tes messages tant qu’ils seront de cette teneur, obtus, étroits, immatures et réellement stupides. Tu peux m’en vouloir de te parler aussi franchement, je le reconnais tout à fait, mais c’est vraiment pour te pousser à grandir, tu en as grandement besoin à mon sens.
Catherine, ne m’explique pas plus, j’ai déjà trop bien compris ton type de raisonnement.
C’est bien petit tout cela !
Bon, j’m’y colle encore une fois, car là, ça dépasse l’atteinte personnelle à laquelle je ne m’arrête pas d’habitude, je m’y colle donc, franchement dépitée de tant d’âneries au cm d’écriture, car là, tu étends l’atteinte au transpersonnel en l’englobant dans un « raisonnement » auquel certains peuvent se retrouver,te rends-tu seulement compte de ce que tu dis ? j’ai comme des doutes !
Alors, je vais faire des images pour que t’essaies de comprendre, écoute bien, ouvre tes oreilles, si les traders aujourd’hui déconnent sec, je crois que ce n’est pas à eux qu’il faut en vouloir mais au système qui a permis et qui permet encore au travers de ses interdictions et surtout de ses autorisations, l’émergence de telles déviations.Les hasards ne sont des hasards que pour les gens qui ne savent pas les lire, très, très peu de choses sont le fruit du hasard, presque tout se construit mais bien peu décode la dite construction. En disant cela, je me garde bien de dire que je décode, loin s’en faut, mais de ci de là, il me semble comprendre certains aspects de la configuration d’ensemble, enfin, je crois, et la réalité du quotidien finit parfois par venir confirmer mes pressentiments, mais j’avoue que pour beaucoup d’aspects je dois être ignorante et tellement ignorante que j’ignore l’étendue de mon ignorance.
Certes le trader, il est pas beau, beau, pas très intériorisé, tout tourné vers l’extérieur, l’appât du gain, mais c’est un homme et ma foi, pas un saint, je ne suis pas assez « allumée » pour croire que tous les hommes sont justes d’emblée, non, c’est un travail la justesse, ça s’apprend, le ar qui est contenu h ar monie nous le rappelle, c’est la même structure étymologique qu’on retrouve dans artisan c’est pour dire que ça se construit, ça ne tombe que rarement du ciel cette chose-là, ça se mérite l’harmonie, alors il s’engouffre là où il y a des brèches notre bonhomme, et c’est ce qu’il fait et fait bien, pour le plus grand mal de tous les autres qui lui permettent d’avoir son pseudo-bien à lui, c’est presque aussi naturel que si j’ouvre le robinet, l’eau coule.
Ce n’est donc pas à lui qu’il faut en vouloir, mais à l’organisation sociale qui a permis de telles dérives par ses empêchements et ses autorisations.
C’est toujours, toujours la même chose, dans toutes les sphères, c’est toujours la même chose, tout ce qui advient en un point précis n’est aucunement la résultante du hasard ou bien peu, mais la résultante de ce que l’on a bien voulu mettre au monde en terme d’autorisation et d’empêchement, c’est pourquoi je veille autant à rectifier fermement ce qui me semble partir de guingois, car si on laisse passer, ça renforcera encore ce qui est mis en place,et nous aurons individuellement à répondre de cela, nous sommes donc furieusement responsables de ce qui se passe partout, tout ce que nous faisons ou ne faisons pas, tout ce que nous disons ou ne disons pas a des implications dans la chimie des relations humaines, certes, nous avons des circonstances atténuantes, car nous avons été trompé longtemps dans la plus parfaite ignorance, mais maintenant que nous savons ce n’est plus la même chose que si nous ne savions pas, ça oblige à répondre à cela au travers de tous les actes que nous faisons y compris et surtout lorsque nous adressons des messages, si l’on reste coincé avec une vision de myope en ne s’attachant qu’à ce phénomène-là, sur les travers des traders sans rien changer des normes qui ont permis son émergence, alors on pourra encore se lamenter longtemps, c’est pas pour tout de suite que ça va changer.
Les Mussollini et consorts ne sont pas arrivés au hasard, ils sont le produit d’une chimie qui s’est faite, et si elle s’est faite, c’est parce qu’on l’a autorisée à se faire, c’est une co-construction faite du tissage d’une multitude d’abandons, de renoncements et d’acquiescements, à l’image de ce que l’on vit aujourd’hui socialement mais aussi dans notre vie personnelle, tout est question de chimie, des ingrédients qu’on ajoute ou qu’on soustrait, c’est d’une simplicité déconcertante, mais pour cela même fichtrement complexe. Une situation en un point précis est la fusion d’une multitude de points qui se sont croisés et qui donnent un résultat précis, c’est une recette de cuisine.
Alors bien sûr, on pourra vilipender les traders comme on pourra vilipender les racistes mais si l’on ne va pas y voir des normes, des cadres qui originent les comportements humains, ce sont des lamentos stupides, et c’est ce que je te renvoie, tu as une vision de myope, essaie de lire un texte en le voyant très près de tes yeux, tu ne verras rien, il faudra que tu éloignes le texte pour commencer à pouvoir lire, c’est ce que je te dis à travers ces messages, mais tu t’obstines à vouloir voir de près et c’est moi que tu incrimines de cette vision de travers, c’est un comble !
Et finir par le mot de respect. Le mot respect est très beau, il contient toute sa beauté dans la chair de ses lettres. Il y a spect qui renvoie à voir et le préfixe re avec l’idée de renouvellement. Respecter c’est accepter de voir à nouveau …avec d’autres yeux et d’autres oreilles, de celles que l’on a quand on s’est débarrassé de tous les encombrants qui obstrue ce qui est
Bonjour Catherine
Depuis plusieurs mois je sens et je comprends ta frustration que les choses ne semblent pas avancer (dans le bon sens)
Mais comme tu le dis, c’est au système qu’il faut s’attaquer, alors, pour s’attaquer au système je ne vois que 3 solutions
1 – Donquichottesque … toute seule ou chacun dans son coin..
2- Un peu mieux : au sein d’associations ou de regroupements de citoyens … mais là on voit vite que chacun tire de son coté
3 – Encore mieux, je crois : au sein d’un parti politique dont tu approuve une majorité des idées ; là tu peux aussi essayer de faire passer certaines des tiennes .
Si tu as une autre solution, elle est la bienvenue.
Oui, oui, bien sûr, tu as raison je crois André-Jacques, on peut, peut-être en ajouter une quatrième de possible solution, celle de certaines postures comme celle de quelqu’un que je respecte beaucoup, c’est Di Girolamo, quelqu’un qui travaille dans l’ombre et petitement, et qui s’attache à re-construire la cellule, pour qu’agrégées ensemble les cellules constituent une structure, un organisme plus sain.
C’est très beau une telle tâche, humble et sans grandiloquence aucune, mais ça doit être re-connue une telle démarche, pour que d’autres entrent dans ses pas et viennent l’enrichir de leur prés-ence, le levain qui fera lever la pâte tout entière, aussi tu me donnes l’occasion de le remercier pour tout ce qu’il fait et je signifie encore et encore ma plus vive sympathie à Georges Di Girolamo.
Je crois, vois-tu, qu’il n’y a pas une solution, mais des solutions, qui doivent s’unir, s’épouser pour donner le plat suave d’une juste justesse à laquelle nous avons tous le devoir d’avoir soif.
Les partis politiques, je ne les aime pas, pour ce qu’ils contiennent déjà de partition en leur sein, mais je sais aussi, que de telles positions trop puristes ne sauraient tenir face, face au tsunami qui nous tombe dessus en catimini mais bien profondément.
Il ne s’agit presque plus d’un choix pour la vie, mais contre la mort, pour éviter la mort qui prend de plus en plus de place dans notre lit et qui finira bientôt par nous jeter au tapis, alors, les copies, il faut les re-voir pour sûr !
Faire ce que l’on fait en l’accompagnant de raison de ce pourquoi on le fait, c’est le re-spect ultime, qui dé-passe largement la petite per-sonne,l’opinion, respecter la vie, c’est ne rien faire sans accompagner ce que l’on fait de ce pourquoi la vie nous offre l’occasion de lui donner un sens, un ordre, une composition de rapports qui soit en con-formité avec le maximum de justesse pour des gens aussi différents soit-il et riche, ôh combien riche de cette diversité !
La France a été sauvé du nazisme par le gaullisme, mais aussitôt le gaullisme a opprimé certaines anciennes colonies par le mécanisme monétaire du Franc CFA, une zone de monnaie unique pour plusieurs pays africains. André-Jacques, il y aurait un sujet d’étude pour les économistes à étudier la mise en place de ce Franc CFA et ses répercutions économiques en terme de transferts peu visibles de richesses de l’Afrique vers la France grâce à cette espèce d’euro avant l’heure. Cela nous arrangeait bien pour maintenir la sujétion de la France sur les pays qui avaient eu le manque de discernement de l’avoir accepté et les Français regardaient ailleurs et ne voulaient pas le voir. Il y a quelque chose de tragique de voir presque à chaque fois, un mouvement d’émancipation, cette fois-ci le gaullisme, se retourner totalement ou partiellement en un mouvement de domination. C’est à croire qu’il faut se méfier des libérateurs et des sauveurs et que l’émancipation est toujours relative à une personne ou à un groupe et que les idées d’émancipation absolue finissent toujours par un retournement dialectique à devenir les bases idéologiques de la domination absolue.
@Gilles:Est-ce vraiment le même « gaullisme » ?
@ Gilles
le CFA, c’est tout ce que tu retiens de l’oppression gaulliste dans les ex colonies ? C’est certes très important, et ce d’autant plus que le mécanisme perdure, que la France continue de nommer la moitié des administrateurs des BCEAO, BEAC, Banque centrale des Comores, et que les pays du précarré continue d’avoir leur compte d’opération au Trésor français… Mais est-ce là tout ce qu’il y a à retenir ? Lisez un peu Verschave, Mongo Beti, Grandmaison, Sven Lindqvist, Foccart, Trinquier, Périès, Marie Monique Robin, Odile Tobner…Les « crimes de la Françafrique », c’est une tautologie qui a du vécu et qui vit encore quoiqu’on dise. Tout n’est pas à mettre au compte du général mais une bonne part quand même, d’autant plus qu’il a inauguré le système. Je pense au particulier au Cameroun où les Bamiliékés ont fait l’objet d’un véritable génocide au cours d’une des premières guerres antisubversives modernes avec napalm et tout le toutim, menée sous l’égide de Pierre Messmer et qui s’est poursuivie sous de Gaulle. Je pense au Biafra, au Togo, au Gabon, etc., et à l’ensemble des ex colonies de l’Afrique subsaharienne que De Gaulle a entendu « tenir » très sérieusement, via le système Foccart, et ce notamment pour conserver les ressources de ces pays et, partant, donner corps à son « idée de la France ».
@ André-Jacques
Ce rappel assure la transition avec un avis sur les différentes options qui s’offrent à nous pour remettre en cause le système monétaire. Les partis politiques ? Lesquels André-Jacques ? Le parti socialiste qui nous a donné Maastricht, a amené la Françafrique à son paroxysme avec le génocide des Tutsi, a été souvent plus royaliste que le roi en terme de néolibéralités ? Le parti des Verts qui nous a proposé de voter oui au TCE avec tout ce que cela implique de significations ? Le PCF, parti moribond et dépassé ? which one ? Adhérer à ces partis fait passer du compromis à la compromission, du moins en ce qui concerne tous les « partis de gouvernement » qui, sans exception, ont poursuivi la même ligne en terme de totalitarisme économique et de sécuritarisme social. Et puis sans parler de ces appareils qui ont tous peu ou prou goûté au crime, quid du projet officiel qu’ils défendent ? C’est d’un capitalisme soft dont on a besoin ? Ou bien s’agit-il de rendre possible une société vraiment différente où l’argent est au service de l’humain et pas le contraire ? Le capitalisme, c’est l’argent roi par définition ; y mettre un peu de vernis social n’y changera que dalle.
Et pourquoi l’engagement politique devrait-il nécessairement passer par ces vieilles machines qui ne représentent plus grand monde ? Sont-ils à même, ces partis, de redonner conscience de l’importance du politique ?
Et puis une autre question : faut-il attendre que l’on ait 27 gouvernements de gauche pour oser espérer quelques menus changement dans notre droit qui est aujourd’hui principalement communautaire ? Faut-il rappeler que l’exécutif européen, la commission, n’a JAMAIS, été à gauche ?
Ce qui est sûr, c’est qu’il faut de la convergence sur les intérêts fondamentaux des peuples. Et là dessus, les grands partis institutionnels quels qu’ils soient se posent là pour ne rien dire. Ne rien dire sur le système de création monétaire, ne rien dire ou si peu sur la prégnance des paradis fiscaux qui pourraient s’écrouler dès lors que les grandes puissances le souhaiteraient, ne rien dire sur un Nord qui vit sur le dos du Sud, d’une façon on ne peut plus caricaturalement criminelle, ne rien dire sur l’absence de médias alternatifs de grande écoute (ou au contraire pour reconnaître la nécessité de bâillonner Internet qui est seul support aujourd’hui à permettre une information de masse), ne rien dire sur l’imposture abracadabrantesque du paradigme du choc des civilisations – cette fiction que l’on nous joue depuis bien avant le 11 septembre, etc.
Le problème, pour moi vient de ceux qui se « spécialisent » dans leur petit domaine, qui, en somme, se font plaisir en refusant la transversalité et la mise en cohérence des luttes. C’est ça, avoir des œillères. Reconnaître par exemple l’abject système monétaire qui repose sur une privatisation originelle de la création de l’argent, mais ne jamais piper mot sur d’autres aberrations tout aussi, voir beaucoup plus, criminelles. Je reprends ici sur l’exemple du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 sous la cohabitation Balladur/Mitterrand car j’avais soulevé le sujet il y a déjà un petit moment auprès de vous, André-Jacques et Étienne, sans recevoir le moindre signe d’intérêt de votre part. Or, il est un devoir pour tout citoyen français concerné d’au moins cherché à savoir ce que recouvre notre implication là-bas. ça fait 8 ans que je lis sur le sujet et si je vous faisais part du plancher et du plafond qui encadre ma véridiction du sujet, vous me traiteriez sans doute de « pas sérieux » alors que mon analyse, qui ne m’est pas propre d’ailleurs, mais plutôt commune à l’ensemble de ceux qui abordent le sujet (on parlera à tout le moins de complicité de génocide), est on ne peut plus pertinente au regard des faits connus, relatés, avérés et des documents déclassifiés.
Alors pourquoi s’intéresser à la fois à la monnaie, au Rwanda, aux paradis fiscaux, aux entreprises pharmaceutiques, aux assassinats de coopérants français en Afrique, aux doctrines politico militaires françaises de contrôle des populations qui ont si bien fait « école » dans les états majors du monde entier, à l’eugénisme et au néomalthusianisme qui habitent les esprits de nombres d’élites, aux sort réservés aux sans papiers, etc. ? Pour la mise en perspective et la perspicacité qui en résulte. Car cela permet la clairvoyance, et dans le domaine de la monnaie de savoir par exemple qu’on ne reviendra pas de sitôt par les urnes ou les partis sur le principe intangible (en temps normal dirons-nous) de l’indépendance des autorités monétaires à l’égard des responsables politiques.
Le PCF, parti moribond et dépassé ?
Que voilà donc une analyse fine !
Le roi est mort, vive le roi ?
Donner tant d’importance à ce qui est « dépassé » signifie qu’il y a quelquechose que l’on n’a pas été capable de dépasser soi-même :
La mort des « partis » est désirable, mais à la condition qu’un véritable réveil citoyen soit en cours…On en est loin, et faute de cela, nous avons besoin du débat que pour l’instant seuls les partis, avec leurs militants, provoquent : telle est la condition actuelle de la démocratie, et partout ou les populismes ont interdit les partis, rien d’autre qu’une dictature s’est installé : Pétain etc, non merci !
désolé d’avoir heurté votre sensibilité sur le PCF. Mais je maintiens, ne vous en déplaise. Cependant je ne confonds pas l’appareil avec le communisme qui lui, j’y crois fermement, peut donner les ferments d’une société plus juste, à condition que l’idéal libertaire ne soit pas sacrifié sur l’autel de l’égalité.
Ai-je dit qu’il fallait interdire les partis ou association de ce genre ? Vous allez vite en besogne Alain. Ou alors c’est que vos perspectives sont bien étroites car la démocratie parlementaire, plébiscitaire, publicitaire n’est pas l’alpha et l’oméga du champs des possibles démocratiques.
@ CyrilH
Vous êtes marrant de penser qu’on ne sait pas tout cela (et bien d’autre choses) à partir du moment où on se spécialise sur autre chose..
Mais je ne puis porter sur mes épaules tout le malheur du monde et mes journées n’ont aussi que 24 h.. et en fait, vous, vous proposez quoi ?
Souvenez-vous : » la critique est aisée et l’art est difficile »
@ André-Jacques
Mais je ne dis pas que vous ne savez pas tout cela ; je dis qu’il y a besoin que chacun élargisse ses propres fronts et prennent ses responsabilités. Et il ne s’agit pas de porter sur vos épaules tout le malheur du monde, mais au moins un petit peu celui qu’on peut imputer à la France… On est responsable de ce que nos élus font en notre nom, non ?
Ce que je propose ? Comme je l’ai dit, que chacun essaie à sa mesure de prendre ses responsabilités. Il importe en particulier que ceux qui ont conscience des choses et trouvent un certain écho dans les médias parlent.
Après, rien n’est facile, n’imaginez pas que je sois naïf. Je m’intéresse suffisamment à l’histoire pour savoir que les défis que nous avons à relever sont vieux comme Hérode.
Moi, ce qui guide ma démarche, c’est d’avoir une compréhension générale de la marche du monde. J’ai commencé par un coin, celui de la Françafrique et j’élargis sans cesse mes horizons. C’est ce qui m’a amené par exemple à m’intéresser à la monnaie. Sujet sur lequel d’ailleurs, on vous doit de mettre à disposition des ressources accessibles. Mon but est de me préoccuper des sujets fondamentaux : la monnaie, l’asservissement par la dette des pays du TM, la lutte contre l’impunité qui n’a jamais cessé d’auréoler les coupables de crimes contre l’humanité, la réflexion sur une philosophie politique sur laquelle baser une société plus juste, les doctrines psychologiques politiques et militaires de contrôle des populations, les impostures des autorités sanitaire et du monde de la médecine allopathique, etc.
S’informer, c’est déjà résister. Savoir pour comprendre, comprendre pour agir…
Agir comment ? la convergence des luttes en identifiant les soubassements communs des différents fronts, ce qui suppose du reste de contrecarrer cette stratégie qui consiste justement à diviser, à opposer…Alors ensuite, peu importe la forme à travers laquelle se matérialise cette convergence, un parti, une association…
Ce que je dis en revanche, c’est qu’il n’y a rien à attendre ou à espérer des appareils de la politique politicienne actuelle.
Ce que je pense aussi, c’est qu’il faut en finir avec cette idéologie qui consiste à ne blâmer personne, à penser que le système actuel transcende la sphère des décideurs elle-même. Pour en rester au système monétaire : il faut combattre le système lui-même mais aussi ceux qui en bénéficient, ceux qui l’ont mis en place en toute conscience. Autre chose : ça me fait « marrer » à quel point ce que je nomme « stratégie de discréditation préventive » fonctionne pour empêcher les objecteurs de désigner les responsables de la merde actuelle. Alors on tourne autour du pot pour désigner ces responsables : la finance, l’oligarchie financière, Wall Street, la City… Mais à la base, les noms de la grande banque qui font la pluie et le beau temps sont connus non ? Ceux qui font tout pour rester le plus discret qui soit ne mérite-t-il pas d’être mis en lumière ? Bien sûr tout en se gardant bien d’amalgames douteux qui pour le coup discréditent à juste titre (je fais bien sûr référence aux dérives antisémites, ceux qui, comme le disait si bien Desproges, se trompent de colère). Et que dire de ces think tanks (Bilderberg, Trilatérale, Council of Foreign relations, Royal Institute of International Affairs, etc.) dont l’existence et l’influence sont plus qu’avérées et qui regroupent la crème de la crème des décideurs ? Peut-on se contenter d’une critique théorique des piliers d’un système sans s’intéresser à ceux qui le mettent en place et aux fins auquel il est asservi ?
« Peut-on se contenter d’une critique théorique des piliers d’un système sans s’intéresser à ceux qui le mettent en place et aux fins auquel il est asservi » ?
CyrilH, ici personne (à ma connaissance), ne répondra non à votre question, mais si prétendre avoir une vue « globale » est honorable, il est intéressant aussi de fouiller des questions comme par hasard victimes du silence médiatique et même « universitaire ».
Je pense que nous sommes dans « un système », comme vous dites, et je préfère le nommer « capitaliste », ce qui malheureusement ne suffit pas à tout « résumer »…
Seuls les défenseurs « avertis » de ce ce système, c’est-à-dire finalement ceux qui dominent socialement le monde en tant que classe sociale n’ayant jamais lésiné quant aux « crimes nécessaires » pour maintenir cette « domination » se sont autorisés à se nommer « libéraux », et en fait, face au « danger communiste », ils ont tant qu’il le fallait consenti à avancer des « avantages sociaux »…Avec une certaine « libéralité »…
Ils pensent que « le communisme est morribond », désormais, alors, ils veulent de nouveau « serrer la vis » : c’est bien le retour à l’esclavage leur horizon vrai !
Hélas, les « partis communistes » ont très mal interprêté la partition écrite par le « grand compositeur Marx » avec une lecture la plus bête qui soit du « manifeste du Parti communiste »…
C’est évident aujourd’hui, mais il faut avouer que la « salle du concert des nations » ne corrependait pas aux prévisions : le nazisme comme réponse au « danger communiste », a été plus qu’efficace, transformant le monde en champ mondial de lutte génocidaire :
Vous suggérez que nous y sommes encore, mais heureusement, voici le capitalisme déstabilisé car il avait une béquille commode : le soi-disant « bloc communiste »…
Cette présence face à face de soi-disant deux camps irréconciliables, a permis au capitalisme d’avoir « un visage humain » (dans les « pays riches, bien sûr!)face à « l’horreur communiste »(promise aux « pays pauvres »).
La chute du mur est aussi la chute du masque capitaliste.
Il se peut que le PCF soit « dépassé », mais sans lui, l’espoir aussi serait « dépassé ».
Faut-il que l’espoir soit dépassé ? C’est une triste question !
CyrilH
Si vous feuilletez ce site, vous y retrouverez trace de presque tous vos centres d’intérêts, car je les partage et je détecte moi-même des ramifications semblables à celles que vous suggérez.
Le fil d’Ariane entre tous ces scandales révoltants, de mon point de vue, ce sont les abus de pouvoir.
Et donc, logiquement, l’absence de contre-pouvoirs efficients.
Et, donc, toujours logiquement, l’absence de vraie Constitution.
Et si on tient à remonter la chaîne des causalités jusqu’à sa véritable origine, si l’on remonte le fleuve des abus de pouvoirs jusqu’à sa source première, on tombe invariablement sur la mauvaise qualité du processus constituant : savoir (et vouloir) QUI écrit les constitutions et QUI les fait respecter ensuite, voilà, à mon avis, la meilleure voie moderne d’émancipation pour tous les êtres vivants (y compris les animaux et les plantes, soit dit en passant).
J’ai quatre gros livres de l’indispensable et bouleversant François-Xavier Verschave, et plus de 100 sur la colonisation et l’impérialisme… Vous n’êtes pas seul… 🙂
Si je n’ai pas réagi comme il fallait à l’une de vos sollicitations, je vous en demande pardon, mais cela m’arrive plus souvent que je le voudrais : littéralement débordé, je manque souvent à tous mes devoirs.
Amicalement.
Étienne.
bonjour Étienne
Merci, je me sens moins seul à présent ! 🙂
Je vous rejoins bien sûr sur la nécessité d’un processus constituant de qualité qui assure une loi fondamentale juste dont il faut garantir l’application.
Savoir qui écrit les constitutions est en effet très important. Concernant la nôtre en particulier, il importe plus que tout de connaître l’esprit de ceux qui l’ont écrite.
Et le tableau est bien triste : tout d’abord, il n’y a pas eu de processus constituant démocratique étant donné que l’avènement de la 5ème république procède d’un coup d’état, celui du 13 mai 1958, et qu’une commission de rédacteurs fut imposée unilatéralement. Cette commission comprenait des gens comme Michel Debré bien sûr mais aussi des personnes moins connues comme Alain Plantey ou René Capitant qu’il est intéressant de lire.
Notre Constitution permet la dictature, ni plus ni moins, comme le reconnaissent volontiers toutes les sommités du droit constitutionnel. Cette constitution est même un modèle du genre en ce qu’elle constitutionnalise les situations d’exception lors desquelles le chef suprême peut s’arroger les pleins pouvoirs. Bon je ne vais pas m’étendre ici sur le sujet mais il y a beaucoup beaucoup à dire.
Du coup, j’en viens à un sujet qui m’occupe pas mal en ce moment : celui des philosophies politiques qui président à l’essentiel des constitutions des « démocraties » modernes. Peut-être vous-êtes vous déjà intéressé à Carl Schmitt ? à Kelsen ?
Je suis rentré dans ce sujet par la porte militaire on va dire : la doctrine de la guerre révolutionnaire concoctée par les Français après la guerre d’Indochine, appliquée en Algérie, au Cameroun, exportée dans toutes les dictatures du monde, qui en cela a fait école, qu’on a appliquée intégralement au Rwanda (voir « une guerre noire » de Gabriel Périès, un politologue qui, ayant fait sa thèse sur cette doctrine, s’est rendu compte que le Rwanda avait été un laboratoire pour ainsi dire) présente un fondement idéologique (qui consiste à instrumentaliser et exciter une guerre des races à des fins de contrôle de la population) dont la correspondance juridique suppose une prééminence des situations d’exception sur l’ordre légal normal. Il y a énormément à dire sur le sujet tellement cette doctrine des états d’exception tend à se systématiser dans le paradigme actuel de la guerre globale au terrorisme.
Les militaires français qui ont réorganisé l’armée dans les années 40 se sont ouvertement inspirés des théoriciens du genre : en particulier Ludendorff pour son concept de guerre totale, nazi notoire et Carl Schmitt toujours actuellement reconnu par nombre d’universitaires comme un grand penseur politique malgré son passé lui aussi nazi.
Pour en revenir à votre préoccupation, celle de faire advenir un processus constituant de qualité, plusieurs questions : quelle est selon vous la bonne façon de faire prendre conscience de cette nécessité impérieuse ? Comment, pour être plus direct, sensibiliser à l’intérêt d’une loi fondamentale qui garantisse un certain ordre démocratique si vos concitoyens n’ont pas idée de la réalité des choses ? Partant, le premier enjeu n’est-il pas de faire savoir ce qui se trame en réalité et à quel point les masses font l’objet de manipulation dont les techniques sont sans cesse plus sophistiquées ? Les théoriciens de la guerre révolutionnaire ont toujours insisté sur la nécessité fondamentale de contrôler les corps et les esprits. Et en l’espace d’un siècle, les méthodes en la matière (Edward Bernays inventeur des relations publiques, Gustave le Bon, Tchakhotine l’auteur du « viol des foules », etc.) ont proliféré. La base de la propagande, c’est bien sûr la peur. La peur de l’autre, la peur de demain, la peur du monde…
Bref, tout ça pour dire que si la nécessité d’une bonne constitution est criante, ce n’est pas par cette approche juridique, positiviste de cette nécessité, qu’on aboutira il me semble.
Pour revenir à la monnaie tout de même un peu. Je ne comprends pas bien pourquoi il serait nécessaire d’assurer une couverture intégrale de la monnaie scripturale par de la monnaie fiduciaire. Pour moi, l’enjeu réside bien plus dans l’appartenance à la Nation de cette prérogative suprême qu’est l’émission monétaire. Exit l’indépendance des banques centrales ! Et ensuite, il faut une bonne politique monétaire, c’est à dire une politique adaptée aux besoin de notre économie. C’est-à-dire une politique qui développe l’appareil de production dans un sens pertinent et qui permet la production des entrepreneurs socialement utiles. Autrement dit il faut une injection de monnaie bien ajustée qualitativement et quantitativement. En particulier, il faut que l’accès au crédit aux entreprises utiles soit garanti. Il faut en finir avec le « on ne prête qu’aux riches » et même « on ne prête qu’aux riches spéculateurs ».
Et je ne vois pas bien en quoi une couverture intégrale est nécessaire là dedans. D’autant plus que, comme le souligne AJ, cela suppose un pilotage serré de la BC. Et la planification, on sait que ça ne marche pas. Aucune autorité si compétente soit-elle n’est à même de prévoir les besoins et d’irriguer en conséquence. Il faut une régulation réelle et forte qui interdit les dysfonctionnement notoires mais pas une seule autorité suprême qui contrôle tout en amont. Je serais plus pour une nationalisation de toutes les banques. On peut en effet considérer que les activités bancaires sont des activités de service public et qu’en conséquence elles doivent être conduites de façon à garantir la satisfaction des besoins. Mais là encore, ce n’est pas la nationalisation elle-même qui pourra garantir le respect de l’intérêt général. C’est la mise à disposition de moyens réels pour ce faire.
@ CyrilH
« ..Et en l’espace d’un siècle, les méthodes en la matière (Edward Bernays inventeur des relations publiques, Gustave le Bon, Tchakhotine l’auteur du « viol des foules », etc.) ont proliféré. La base de la propagande, c’est bien sûr la peur. La peur de l’autre, la peur de demain, la peur du monde…
Bref, tout ça pour dire que si la nécessité d’une bonne constitution est criante, ce n’est pas par cette approche juridique, positiviste de cette nécessité, qu’on aboutira il me semble.… »
merci de nous rappeler le caractère fondamentalement psychologique des nos « turpitudes »…
il me semble que l’homme a « épuisé » les solutions « formalistes » , issues de sa capacité à abstraire le réel et en élaborer une conceptualisation « opératoire »..
les avatars « totalitaires » du siécle dernier en sont un exemple .….
il nous faut inventer des dispositifs d’organisations sociales tenant compte <b>à priori </b> de cette caractéristiques (la vulnérabilité de notre espèce face à la conscience de sa propre fin à titre individuel..d’où elle prête le flanc au manipulations liées à cette « peur »)
j’avais évoqué il y a quelques mois les expériences « micro-sociales » autour de ce que l’on à appelé la « psychothérapie institutionnelle »…
cela me semble une piste intéressante..
au plaisir de vous lire
cordialement à tous..
@CyrilH
Attention, il ne s’agit pas de remplacer la monnaie scripturale par de la monnaie fiduciaire, mais d’imposer à des banques de dépôts (les dépôts en monnaie bancaire) une couverture de 100% en monnaie centrale (évidemment scripturale).
Ceci permet d’empêcher les banques de créer de la monnaie de crédit et de séparer « monnaie » et « épargne »
Lisez les documents que j’ai laissé sur le forum de la Nef http://www.lanef.com/forum/viewtopic.php?t=494
http://www.lanef.com/forum/viewtopic.php?t=494
@ André-Jacques
Oui, j’ai été imprécis dans ma formulation. J’avais bien en tête une couverture intégrale de la monnaie scripturale émise par les banques commerciales par la monnaie émise par la banque centrale donc par la monnaie centrale totale (monnaie centrale scripturale + billets). Je comprends bien que ceci empêche les banques de second rang de créer de la monnaie mais c’est justement ce dont l’opportunité ne me paraît pas évidente. Je vais lire les documents mis en lien en espérant y trouver une réponse sur l’aspect pilotage central de la masse monétaire dont l’économie a besoin.
Bonjour sentier198
… « le caractère fondamentalement psychologique des nos « turpitudes »…
L’œuvre des chercheurs en psychologie sociale (avec et après Vygotski) disqualifie l’unilatéralité fruste de la détermination des personnes « par l’intérieur » alors que rien dans leur vie n’est compréhensible sans observer la constante conversion du « dehors social » en « dedans psychique » (et inversement) dans le processus jamais achevé de l’apprentissage et du développement :
Les motifs, dimensions intimes du psychisme, se construisent si bien « par le dehors » dans les « appropriations » et « identifications », qu’ils sont « décentrés » jusqu’à pouvoir être beaucoup plus vastes que « nous-mêmes » :
Ce qu’on peut faire pour une « cause commune » à laquelle on tient révèle la possible « autonomie » à l’égard de ses « peurs originelles », au sein même de son « quant à soi ».
Ce qu’il y a de potentiellement « libérateur » pour chaque personne dans un « processus constituant populaire », c’est la perspective d’appropriation de capacités supérieures, que les « nouvelles formes » du monde « extérieur » auxquelles on engage sa personne induisent, si l’imaginaire n’est pas « tué dans l’œuf ».
En effet, s’oppose aux idéologies de « la peur », « l’émergence sociale », comme un « agrandissement de soi » : dans ce sens, la « citoyenneté » est la conquête d’une nouvelle vie.
Le monde de « la création artistique » nous laisse croire que ce qui échappe à la « pulsion originelle » dans la création, c’est la création elle-même…
(Arthur Rimbaud : « je est un autre »…)
Il me semble donc vital, pas seulement du point de vue apparemment « politique », de pousser ses amis à rêver nouvelle forme « Constitution »…Et à s’y engager. (« nous » sommes un autre monde possible).
Un traitement de la dette trés différent,
DE PART ET D’AUTRE DE L’ATLANTIQUE…
Un livre récent, sorti la semaine dernière en librairie, vient renforcer l’éclairage sur la non-monétisation de la dette par voie de Banque centrale, introduite chez nous par la loi Pompidou-Giscard de 1973, puis scellée par les traités de Maastricht et Lisbonne, et qui nous livre pieds et poings liés aux desiderata de l’Allemagne…
Il s’agit de « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu », par Alain Cotta, Plon, 2010 :
ALAIN COTTA :
» Depuis 2008, depuis sa hausse trés significative à un niveau voisin de celui de la France…, le Trésor américain emprunte auprés de la Banque centrale et non des épargnants américains qui eussent été et sont toujours incapables d’un tel effort. Le déficit américain comme le déficit des finances publiques chinois est, en termes plus techniques « monétisé ». On crée (en échange de bons du trésor non commercialisés) de la monnaie dont on fait cadeau à l’Etat fédéral ou à l’Etat chinois, sans d’ailleurs que cette monétisation soit suivie d’inflation.
Pour les pays européens, il en va tout autrement. Les déficits, même en croissance trés affirmée ces trois dernières années, sont financés par l’épargne. Pour deux raisons : l’orthodoxie financière affirmée d’une Banque centrale sous contrôle allemand – on ne donne pas le mark sans droit de suite – et, bien sûr, l’existence d’une épargne abondante (on verra chez qui!)…
L’essence même de la non-monétisation – condition de l’Allemagne à l’euro – conduit à augmenter le montant des obligations d’Etat au niveau exact de la somme des déficits budgétaires des pays de l’euro, soit aujourd’hui prés de quatre trillions (4000 milliards) d’euros qui, ajoutés au montant de l’endettement privé, porte le total de l’endettement des pays de l’euro à presque 9 trillions d’euros, soit à peu prés 100% du produit (national) de la zone…
A dette publique, créanciers privés… L’accumulation de ces intérêts plus celle des créances, jointes toutes deux à la « stabilité des prix », font de la rente et des rentiers les grands bénéficiaires de l’euro. Que ça dure, souhaitent-t-ils, en continuant à voter pour les candidats pro-euro. Et il n’est pas étonnant, vu notre situation démographique, que tous les candidats, partout, soient tous ou presque pro-euro. La démographie des pays européens engendre la gérontocratie politique puisque plus de la moitié des électeurs ont désormais plus de cinquante ans, déjà rentiers pour certains, le devenant pour d’autres, à la mesure de leurs retraites et des revenus de leurs placements.
Cette montée continue de la rente en Europe est concomittante à la faiblesse de l’investissement et à la quasi-stagnation qui l’accompagne. Cette vieille relation – négative, plus la rente est élevée, plus l’investissement est faible – s’est d’ailleurs accentuée avec la mondialisation. Les entreprises privées qui s’endettent en Europe le font pour investir « ailleurs », en Asie essentiellement… »
Alain Cotta poursuit sur l’impossibilité du statu quo dans la monnaie unique actuelle :
» La voie officielle, politique : l’euro doit demeurer la monnaie ‑unique- d’un ensemble de nations qui devront observer, pour atteindre cet objectif, plusieurs conditions dont le bouquet ressemblerait à l’adoption de la fleur allemande par chacune… contenir les salaires, accroître les impôts indirects sur le consommateur et non sur les entreprises, etc.
Elle aurait toutes chances d’être adoptée et suivie, si deux contraintes ne l’empêchaient de danser ensemble et en rond.
- D’abord la situation économique actuelle de la plupart des pays de l’euro, celle-ci ayant pour origine essentielle la non-monétisation, à l’allemande des déficits publics : la croissance dans la plupart de ces pays a fait place à une recession affirmée en 2008 (France, Grande-Bretagne, Italie, Espagne…) suivie d’une quasi-stagnation en 2009. Il est donc impossible de baisser les déficits publics d’une façon significative, de 2% à 4% par exemple, dans les deux ou trois ans à venir (2013), encore moins dans l’année qui vient. Toute diminution de ces déficits provoquerait dans certains pays, dont la France, le retour à la recession et l’accroissement du chômage. Beaucoup plus déterminantes seraient des réactions sociales qui suivraient sans aucun doute toute politique d’austérité en Espagne où le chômage est de 20% et 30% chez les jeunes, et en France où ces deux taux atteignent 10% et 20%…
Comme la fameuse rigueur ne saurait être administrée qu’à petites doses, contraintes de durer longtemps, l’Allemagne pourrait avoir comme dessein justifié et à peine secret d’expulser de la zone euro des nations peu ou trop peu receptives à ses recommandations via Bruxelles et Francfort. Cette menace allemande de l’expulsion, pour l’instant de leur seul fait, ne fait que donner du champ et justifie l’intervention permanente et encore plus menaçante de la fameuse spéculation. La menace d’expulsion ne peut donc qu’accroître l’instabilité des marchés obligataires des pays menaçés, accélérer sans doute leur expulsion, donc détricoter dans l’urgence des crises locales l’euro actuel.
- Même sans désordres convaicants, une résistance purement politique à la généralisation des programmes d’orthodoxie néolibérale aurait toute chance de se manifester… Les politiques savent qu’on ne sépare pas un peuple de ses racines, sa composition se fût-elle modifiée depuis un demi-siècle au nom d’un fédéralisme sans autre justification qu’économique, d’autant qu’elle s’est révélée un alibi grossier à des choix purement politiques et qu’elle cède aujourd’hui sous le constat d’une stagnation qui menace d’être durable – au mieux.
D’ailleurs, abandonner les prérogatives fiscales et budgétaires au profit d’une instance administrative (ou non), aprés l’avoir fait pour la souveraineté monétaire, condamnerait les représentants du peuple à devenir, comme le suggère Pagnol dans Topaze, des décideurs de la localisaton des pissotières, sans doute mises auparavant sur de commodes roulettes. A quoi se réduirait, en effet, un Parlement national dépouillé de ses pouvoirs monétaires, de change, de fiscalité et de dépenses publiques (Sécurité sociale et collectivités locales incluses) ? Pourquoi conviendrait-il de continuer à rémunérer ces « représentants » réduits à essayer d’impressionner ou de corrompre les fonctionnaires communautaires ? L’indifférence et l’ignorance des « citoyens » ont des limites. »
Je voudrais vous signaler l’article de Gabriel Galand sur « chômage et monnaie »
Remettre en cause le libre échange
Merci, André-Jacques, pour ce lien, à la lecture duquel je réagis personnellement ainsi :
Tout d’abord, entièrement d’accord avec ceci :
« Un gouvernement français, confronté à ce problème, devrait considérer la possibilité de sortir de l’Union Européenne pour retrouver la liberté de manœuvre sur ce terrain. Mais ceci ne serait pas raisonnable. D’abord la France est devenue trop petite à l’échelle du Monde pour espérer imposer à elle seule une réorientation du système. La bonne échelle est celle de l’Europe ».
…Intéressant. Mais je note à quel point la peur de la puissance des marchés financiers limite la pensée des « hypothèses de sortie de crise ».
Il y a je trouve dans ces fines analyses « économiques », l’oubli du caractère fondamentalement « politique » des « soucis économiques présents » :
ce sont bien les « politiques » qui ont accepté les fameux « dogmes économiques », etqui ont ofert sur un plateau leur « toute puissance » aux redoutables marchés financiers.
Ce seront donc les « politiques » qui désamorceront cette « toute puissance redoutable », non seulement avec le « chantage au protectionnisme », mais aussi en rendant leur voix aux citoyens, donc leur droit de regard et d’intervention dans les critères et les choix de gestion des entreprises :
Il ne s’agit pas de continuer à déplorer « l’impuissance des états », ce sont eux qui se sont rendus impuissants en trichant quant à leurs devoirs de « gouvernance » triche consistant à mépriser le plus grand nombre des « administrés », lequel par son nombre aura finalement de gré ou de force, accès à son droit : « la souveraineté économique ».
Ce ne pourra être que dans un processus « continental », en efet, vu où en sont rendues les « dépossessions ».
Sortie mercredi 18 août 2010 du film « Cleveland contre Wall Street »
Extraits de la critique rédigé par le site « Filmosphère » :
…Cleveland fait partie de ces villes américaines qui ont le plus souffert de la crise des subprimes avec sa population peu aisée, et le film à la lisière entre fiction et documentaire prend le parti de filmer un procès opposant la population de la ville aux banques de Wall Street. Sauf que ce procès n’a jamais vraiment eu lieu, le pouvoir des financiers étant tel que les rouages ont été bloqués dès le premier stade mais peu importe. Le réalisateur qui devait au départ faire un vrai documentaire décide que ce procès doit avoir lieu, y compris de façon fictive. Fait incroyable et troublant, aucun acteur n’est bien sur présent, tous les protagonistes étant les personnes bien réelles qui auraient dû participer à ce procès s’il avait eu lieu. De vraies victimes, de vrais avocats, un vrai juge. Tout est vrai, sauf que c’est faux. L’exercice est passionnant d’un bout à l’autre, révoltant bien entendu mais avant tout honnête avec le sujet traité, sans jamais devenir partisan. C’est là toute sa force. …
…Avec « Cleveland contre Wall Street » Jean-Stephane Bron peut être fier des vertus didactiques et même pédagogiques de son film qui, nous mettant dans la position de ce jury qui n’y comprend pas grand chose non plus, nous éclaire grandement et surtout précisément sur les mécanismes complexes de Wall Street et de ses pratiques modernes hasardeuses. Personne n’est tout blanc ou tout noir et les « victimes » ont clairement leur part de responsabilité quelque part, dans leur malheur. Chacun a le droit de réponse, chacun a des raisons bien claires et tout à fait compréhensibles, en cela « Cleveland contre Wall Street » ne nous manipule jamais et va même jusqu’à pousser la réflexion plus loin que ce simple procès et cette crise. Lors des délibérations du jury sont mises en lumière des problématiques bien plus profondes, sociales, raciales ou politiques qui nous en apprennent énormément, peut-être même plus que le procès en lui-même, sur les bases de la crise et qui sont ancrées dans la société américaine.…
La critique du site « Filmosphère » in extenso : …
Bonjour
Article « critique » de Jean Peyrelevade sur Allais mais commentaires de Christian Gomez en cours…
A ne pas manquer !
Autre débat 100% monnaie sur « osons Allais »
Avez-vous lu :
« Les vraies lois de l’économie », Jacques Généreux Etude (poche). Paru en 04/2008
Ici est développée l’idée que la souveraineté des citoyens n’est « opposée aux lois de l’économie » que par la perversion politique de ces lois, faussées par la classe dominante et « retournées politiquement » contre « l’économie réelle » elle-même, grâce à la puissance politique que s’offre cette classe dominante sur le plateau de la « financiarisation mondiale de l’économie ».
Quand les citoyens cesseront de croire que l’économie libérale n’est pas truquée politiquement par cette classe dominante, ils commenceront à « croire en eux-mêmes »…
N’est-ce pas la clef que l’on cherche, y compris pour recruter des adeptes du discutable « tirage au sort » ?
Nous vivons une « crise économique » qui consiste en une perte de confiance en eux-mêmes des dominants, car ils ont été pris à leur propre piège : la spéculation.
Vivrons-nous une phase de « sortie par le haut » de cette crise, avec la reprise de confiance en soi du « citoyen-co-acteur de la vraie économie » ?
.
Bonjour Alain.
Je confirme : ce livre de Jacques Généreux est le meilleur manuel d’économie politique que je connaisse. Chacun devrait l’avoir lu et annoté.
Une bonne partie de nos problèmes quotidiens vient de ce que nous sommes incultes, ce qui nous expose aux bonimenteurs de foire étiquetés « économistes » par les riches qui les paient.
Mais à propos du tirage au sort —évidemment discutable, comme toute autre proposition—, j’insiste : ce qui permet aux riches d’acheter le pouvoir, l’institution qui permet aux riches de maîtriser les élus, c’est L’ÉLECTION (et l’indispensable financement de la campagne électorale qui va avec).
Soyons radicaux et cherchons la RACINE de notre impuissance politique, et c’est la même pour tous les combats politiques : qu’est-ce qui permet aux politiciens de se mettre à l’abri de tout contrôle réel des citoyens ? Des élections truquées, où les choix sont tous factices puisque les partis nous imposent leurs candidats professionnels, organisées par des institutions écrites par les politiciens eux-mêmes. L’élection porte dans son génome la victoire des partis, et donc des chefs de partis, et donc de ceux qui garantiront le plus efficacement leur réélection (et leur pantouflage ultérieur).
La première vraie démocratie au monde sera instituée par une Assemblée Constituante tirée au sort, ou elle ne sera pas.
Étienne.
La crédulité des dupes est un fond inépuisable pour l’ingéniosité des coquins. (William Burke)
Je suis à la fois d’accord et soucieux que cette « idée simple » reste « discutable », car elle est beaucoup plus « complexe » dans la façon dont je la partage que dans la « simplicité évidente » (je ne dis pas « angélique ») dont elle est émise ici.
Je ne partage pas la « croyance » dans le simple déverrouillage de la « vraie démocratie » par une Assemblée Constituante (tombée du ciel?) simplement parcequ’ aujourd’hui, elle serait tirée au sort dans ce peuple bourré de drogues idéologiques, intox à la com des dominants, et bien trop « inerte » encore.
Je crois cependant qu’en effet, le tirage au sort sera la preuve, puisqu’une majorité relative ou absolue l’aura imposé ou accepté (électoralement ou par quelle forme de vilence?), d’une « maturation populaire » qui aura été un processus plus ou moins long mais véritablement « révolutionnaire », ou si l’on préfère, une « métamorphose ».
Métamorphose populaire dont le tirage au sort aura été à la fois une étape nécessaire, et un acquis prometteur.
Pour qu’il y ait « vraie démocratie », il faut qu’il y ait eu un « changement initial », une « mise en mouvement » ayant permis de quitter l’immobilisme massif, de vaincre les inerties culturelles…
Le tirage au sort n’est pas la panacée, mais une fois acquis, il aura déjà signifié (avant même les prises de cécisions résultantes à suivre), que le peuple a trouvé de bonnes raisons de croire en « soi », c’est-à-dire que déjà, dans la société aura bougé le rapport « savant-sachant-profane », et « tout » le peuple sera à la manoeuvre des apprentissages de la « souveraineté partagée »…(« Education populaire », autogestionnaire dans sa « curiosité »).
Pour moi,(pas « indiscutablement »!):
Cet état où l’eau bout suppose qu’une source de chaleur l’y porte, et cette source c’est la confrontation sociale soi-disant vaine et stérile, où « je lutte des classes » :
« je » c’est bien moi tout seul entrain de commencer à comprendre que je ne suis « rien » sans « les autres »…(« rien », je refuse de le rester!…)« les classes sociales » sont une réalité qui nous saute vilement à la figure quand on cesse de se laisse berner par les idéologies mensongères…grâce à des « leçons de chose » qui émaillent la vie des « dominés »…
Bien sûr, toute cette « énergie gaspillée »(« la lutte sociale »?) il faut cultiver le rêve de la mettre « véritablement » au service du « bien commun », ce que fera, une fois le rêve du « tirage au sort » réalisé, le « Pouvoir résultant »…Mais rien n’est écrit d’avance.
Voilà pourquoi en ce qui me concerne je participe ici et dans ce qui « bout » ailleurs, en trouvant là et partout les choses « discutables »…
Bon Dimanche Etienne.
» ce qui permet aux riches d’acheter le pouvoir, l’institution qui permet aux riches de maîtriser les élus, c’est L’ÉLECTION (et l’indispensable financement de la campagne électorale qui va avec) »
L’évidence a frappé massivement…
la « conscience populaire », s’est émue avec l’affaire de la bête en cours, cependant, toute saine prise de conscience reste parasitée par le travail de médias populistes eux-mêmes à la recherche de n’importe quel moyen de déni de « la réalité des classes sociales » :
Tout ne serait que question de personnes, et l’on éblouit le populo avec des détails croustillants et sordides avilissant plus que nécessaire « la personne humaine ».
On incite le « bas peuple » à commettre son « péché mignon » le plus médiocre et le plus réellement inoffensif politiquement…Le genre de défoulement qui se retourne contre le petit peuple lui-même, car il rapetisse encore plus sa confiance en lui-même, sa propre estime, jusqu’à permettre de croire n’importe quoi et son contraire : « tous les partis sont pourris »..retour au péché originel et aux odeurs de caniveaux moyenageux…
c’est indigne, et cela réussit à freiner la fameuse « prise de conscience nécessaire » :
« les riches » cela ne veut rien dire, si l’on refuse de nommer la classe sociale capable à la fois de faire du chantage à « la crise » et d’organiser le hold-up d’Etat auquel Sarkozy a sacrifié des milliards de fonds publics : pour appeler un chat un chat, les riches et leur parti, c’est la classe capitaliste, et cette classe, qui lutte contre l’émergence sociale et politique des autres, se passerait bien de la pluralité des partis démocratiques et de toute forme de contre-pouvoir dus aux « vieilles exigences républicaines ».
On peut rêver d’autrechose que d’un « vieux PCF » et d’une « vieille CGT », certes, mais cette « classe dominante » en rêve aussi.
Les partis peuvent être une abomination, comme les roms voleurs de vélos, mais attention : cette façon d’exercer son « jugement » est injuste, sommaire, car elle amalgame sans souci de vérité les carottes et les navets dans une comptabilité pernicieuse.
Non, tous les Roms ne sont pas des voleurs, non, tous les partis ne sont pas achetables par leurs ennemis : seuls peuvent être achetés ceux qui déjà dans leur idéologie partagent une « amitié fondamentale » avec « le capital ».
Il reste donc aux « autres » à cotiser à leur propre cause, laquelle ne peut être que l’abolition de leur pauvreté, ce qui se conçoit collectivement en « prenant le parti », de ne pas se résigner à l’ordre des choses dominant. Le reste est « contre-feu » d’idiots utiles rivés à leur petitesse de vue dans un « tous pourris » sans perspective crédible.
Le bras de fer de Yzokras dernier avec les « vieux syndicats pourris » laisse bien voir quel est le rêve commun de cette « classe des riches » et de ceux qui hurlent « tous pourris », non ?
Alain, lu sur un site communiste libertaire : « Quels que soient ses idéaux originels, tout organisme permanent de défense salariale se transforme en médiateur, puis en conciliateur. Même animée par des radicaux, même réprimée, l’institution est vouée à échapper à la base pour devenir instrument modérateur. »
On peut rêver d’autrechose que d’un « vieux PCF » et d’une « vieille CGT »…
Voir la dérive purement capitaliste de Dominique Strauss-Khan, il ne faudra pas compter sur moi pour voter pour lui…
« Même animée par des radicaux, même réprimée, l’institution est vouée à échapper à la base pour devenir instrument modérateur ». quel site, Gilles ?
Oui, mais plus l’institution en question se cramponne à son sectarisme « originel », plus sa « base citoyenne se rétrécit », et plus elle sert à « l’ennemi de classe » pour lézarder le « front populaire » dont se gaussent ceux qui méprisent en réalité la vie des « camarades »(trop de « vies subies »).
Quelquepart entre la dérive « Strauss-kahnienne » et « l’idiotie utile Besancenotière », il se trouve un point de fonctionnement optimal que seule une conscience politique scrupuleuse pourrait trouver…
Mais c’est vrai que « les appareils » négligent leur propre « éducation populaire » , et perdent leur propre « capital d’intelligence politique » ainsi :
faute de « vraie démocratie » : il y faudrait chercher exactement la même « clef » que celle qui manque à l’ensemble d’une « civilisation » pour ne pas être qu’une « barbarie de plus ».
Repenser les « processus démocratiques » est une urgence, pourquoi n’expérimente-t-on pas déjà le tirage au sort de façon mixte avec d’autres « pratiques démocratiques », dans des associations citoyennes par exemple, voire des « coopératives autogestionnaires », avec un « organisme de direction collégial » fonctionnement par « équipes de quart », avec un « cahier de bord » ouvert à toutes les parties prenantes ?
Puis-je suggérer, Alain, que ce n’est pas possible parce-que ces expérimentations affectent trop la structure d’une gauche qui ne peut toucher à la même tant que ces élites pensent qu’elles ne peuvent admettre de toucher la façon dont elles arrangent les « divisions » (pas en terme de disensions internes mais de compagnies de chars) face à l’ennemi sur le champs de bataille permanent ? Les expériments, c’est pour les laboratoires… pas dans la vie réelle.
On est forcé de se battre avec des bâtons parce-que ils se savent les plus forts avec des bâtons… ils n’osent pas essayer les chars de peur que ce soit quelqu’un d’autre le plus habile avec les chars et qu’ils y perdraient leur poste.
La notion de « permanence » , de maîtrise du temps et des horloges , est effectivement intéressante et cruciale , pour prendre conscience de la « marche » ( déjà le temps et la distance) de l’aventure humaine .
L’enjeu des retraites,
brillamment expliqué par Bernard Friot :
http://www.canal‑u.tv/themes/economie_et_gestion/analyse_economique/msh_2010_nancy_l_enjeu_des_retraites
Merci Thomy,
Votre commentaire m’a (enfin) décidé à produire un billet sur ce sujet central, que j’ai intitulé « L’enjeu des retraites : bonheur au travail, qualification des personnes et salaire à vie + émancipation des riches et de leur nécessaire « armée de réserve »
Encore merci, Thomy, pour cette trouvaille.
Étienne.
Oui, mais qu’est ce qu’un riche (à partir de quels revenus, de quel patrimoine ?)
Les thèses et propositions discutées et débatues sur ce forum pourraient devenir « virales » dans les 12–18 prochains mois, face à ce qui nous attend (probablement) :
Crise européenne, deuxième service (partie 1), de Frédéric Lordon
http://blog.mondediplo.net/2010–11-08-Crise-europeenne-deuxieme-service-partie‑1
(ou devrait-on —et comment— les préparer pour cela ?)
J’avoue que j’ai lu le dernier chapitre » Monétisation et « renationalisation » du financement des déficits » avec délectation.
Je suis de plus en plus persuadé que la seule solution pour nous sortir du pétrin passe par :
1 – une désobéissance aux traités (article 123) en monétisant directement par notre banque centrale nos besoins d’investissement et de ré-industrialisation (50 à 100 milliards par an)
2 – une renégociation (pour ne pas parler de défaut)de la dette publique ; un retour au franc induirait celle ci d’une manière automatique.
Bonsoir Étienne,
Vous vous êtes régalé mais je m’en doutais…
Vous pouvez regarder et apprécier cette conférence sur la mondialisation financière :
la_globalisation_du_globe_aux_effets_globaux/mondialisation_financiere
bonne suite.…
AJH, Étienne, serait-il possible, à votre avis, de vulgariser et passer au format « youtube » (max 20 min) la quintessence (séparément) du thème argent dette et 100% money ainsi que le problème central d’une bonne constitution et du contrôle des pouvoirs ?
Dans le même style ou format que par exemple :
– http://www.storyofstuff.com/ ou
– http://comment.rsablogs.org.uk/2010/06/28/rsa-animate-crisis-capitalism/
Coté livres et médias de recherche avancée (internet forum, blog, …), c’est relativement bien traité.
Mais je cherche toujours un moyen efficace, et surtout viral, de passer le message (et surtout permettre le débat) à la grande majorité.
Merci !
– cooli/Olivier.
P.S.: allez les Irlandais (dites encore une fois « Non ! », cette fois-ci, ce sera peut-être entendu et respecté…)
http://blogs.telegraph.co.uk/finance/ambroseevans-pritchard/100008812/irelands-debt-servitude/
Il suffisait de demander 🙂
http://www.dailymotion.com/video/xfuw5w_crise-2008–1‑la-creation-monetaire_news
AJH, future star ? 😉
Vivement la partie 2…
Et reste a trouver ou produire sur le thème du controle des pouvoirs et d’une bonne constitution…
Les enjeux peuvent etre plus proches que prevus :
http://blog.mondediplo.net/2010–12-02-Ne-pas-detruire-les-banques-les-saisir
(ne rater pas les commentaires aussi).
Merci – cooli/Olivier.
pour vous Etienne,
http://www.dailymotion.com/video/xe79ac_la-dette-publique‑7–7_webcam
bonne découverte
Et enfin les gens de StoryOfStuff commencent a comprendre d’ou vient la source veritable du probleme (ils auraient du ecouter Etienne il y a deja quelques années… ;):
http://www.storyofstuff.com/blog/?p=641
»
Which is why on March 1st we’re launching Season Two of our on-line movie series with The Story of Citizens United v. FEC : Why Democracy Only Works When People are in Charge.
I made The Story of Stuff back in 2007 because I wanted people to understand that there’s a system behind the way we make, use and throw away Stuff. Many of us spend so much time feeling guilty about the consumer choices we make in life that we sometimes forget an important truth : the choices that got us into our current environmental and economic mess had very little to do with which light bulb or shampoo we buy.
It wasn’t you or I who decided to gut public transportation funding in favor of the interstate highway system, or to turn a blind eye to oil rig safety, or to put carcinogens in our products. At least, I didn’t !
I founded The Story of Stuff Project because I knew we’d never be able to take on and change this system unless people got engaged–not only as conscious consumers, but also as active citizens. Unfortunately, there’s a big obstacle in our way : corporations have way too much influence in our democracy.
Our team believes that getting corporations out of our democracy (and getting people back in) is critical to making progress on a huge range of issues that we Americans, and many others around the world, care about.
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Un peu d’aide de l’autre coté de l’Atlantique, bien que ce ne soit pas encore pour la véritable solution.
http://storyofstuff.org/citizensunited/
Merci Cooli.
L’histoire des choses (« the story of stuff ») est visible là en français :
http://video.google.fr/videoplay?docid=-5195608655837933655#
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Il y a aussi l’histoire de l’eau :
http://pourunmondedurable.blogspot.com/2010/10/story-of-bottled-version-francaise.html
Il y a plusieurs versions, dirait-on.
Étienne.
Cher Etienne
les questions monétaires sont celles où l’on profère le plus de bétises.
1ére vérité : Un système de production industriel exige une production industrielle de monnaie. A un flux de production de biens réels doit correspondre en sens inverse un flux de production monétaire.
2éme vérité (corrélative) : La monnaie de flux est gagée sur le flux de production.
3ème vérité : Les stocks et les flux ne s’exprimant pas dans la même unité, il doit exiger deux monnaies, l »une de flux, l’autre de stocks : le fluxor et le stockor.
4ème vérité : Le système monomonétaire est incohérent et constitue un vol. Le locataire d’un appartement ne doit pas rendre au propriétaire un appartement plus grand, mais le locataire d’or doit rendre au propriétaire de l’or augmenté.
Dans un système honnête, l’intérêt du capital s’exprime en
fluxor et le capital en stockor.
ILLUSTRATION :
Le stockor peut être l’euro et le fluxor le franc (mark, drachme). Le capital emprunté en euro est remboursé en euro, mais l’intérêt est remboursé en francs.
SOLUTION DE LA CRISE
Les intérêts perçus par la Banque en euros doivent être restitués et versés en francs (drachmes, marks.…)
Cher Etienne
corrélatif de l’analyse précédente.
Le gage du franc-flux est la production libellée en franc-flux, c’est-à-dire la production industrielle.
Les entreprises du CAC40 doivent être nommées au conseil d’administration de la Banque de France (avec possibilité de révocation en cas de malversation).
Leur mission est d’investir dans la zone monétaire franc-flux, de vendre au coût marginal, et de couvrir le découvert qui en résulte par la production monétaire.
Ainsi, il y a à la fois plein emploi et haut niveau de vie.
L’Etat est également actionnaire de la Banque et couvre ses besoins par la production monétaire (éducation, santé, infrastructures collectives, armée, police, justice).
Il n’y a plus d’impôts.
Evidemment, ça marche !
Mais c’est trop simple, et c’est refusé car le rôle des banques est trop fortement diminué !
bonjour et merci
Je m’instruis à la lecture de ton site très complet.
je m interpelle, et toi aussi par la même : comment serait-il possible de convaincre les autres pays (et surtout les Américains .… sans attendre l’effondrement général (qu’ils semblent même souhaiter comme remède pour remettre nos pendules à l’heure sans rien changer ) ?
merci