Chers amis,
Je vous recommande chaleureusement de prendre une heure et demie, en famille ou entre amis, pour voir et étudier un film important (*) :
L’Argent Dette 2 : Promesses Chimériques 2010 FR intégral
envoyé par bankster2008. – L’info video en direct.
C’est vraiment un texte puissant et important.
Certes, les images et animations sont médiocres, mais le texte n’en est que plus important et audible.
Jugez vous-mêmes, vous verrez. Ça devient de plus en plus fort jusqu’à la fin, vraiment.
Vous êtes personnellement concerné au plus haut point par ce sujet central et urgent.
C’est fin 2006, il y a trois ans déjà, que j’ai ouvert les yeux sur l’arnaque éhontée de la création monétaire privée, et c’est le 1er mai 2007 que j’ai publié une première protestation indignée : « Non, ce n’est pas « trop cher » : le financement des besoins collectifs est rendu sciemment ruineux par un sabordage monétaire étonnant ».
Aujourd’hui, ce (deuxième) film de Paul Grignon, « L’ARGENT DETTE 2 », est un outil pédagogique très bien fait pour généraliser la prise de conscience citoyenne sur la nécessaire et urgente nationalisation intégrale de la création monétaire.
Je vous laisse voir ça tranquillement. Dès que j’aurai le script, je vous le passerai.
Étienne.
_____________
Le film « L’argent dette 2 » remplace et améliore sa première version, « L’argent dette ». Pour ma part, j’ai pris 17 pages de notes en regardant ce deuxième film, et ça m’a donc pris 3 ou 4 heures, mais c’est vraiment important, ça vaut le coup.

Bonjour à tous et merci à Étienne pour ta clairvoyance sur l’arnaque de la création monétaire privée et sur la sortie du labyrinthe européen alors que beaucoup tournent encore en rond avec leur slogans « D’autres Europes », « Une autre Europe est possible. »
Je te cite :
« Réformer les les institutions européennes ?! Mais comment ?
Pas comme hier : ce n’est plus possible ; nous n’avons jamais été aussi nombreux ni aussi différents. »
« Jacques, vous savez bien qu’on ne peut plus modifier les institutions européennes, le piège est maintenant verrouillé : la double ou triple unanimité requise pour toute révision est pratiquement impossible à 27, concrètement, réellement.
Il n’y a pas de précédent : on n’a jamais réformé ces institutions à 27 États membres et libres de décider. Le passé n’est donc d’aucun recours ici pour être optimiste, je trouve.
La seule issue est la sortie du piège.
Article 49A du TL.
Vite.
Avant d’avoir été complètement désindustrialisés par l’idéologie libre-échangiste des multinationales.
Quels partis proposent de sortir simplement du piège ?
Étienne. »
Cette Union Européenne qui impose sa politique de l’Euro fort dont on sait qu’elle est antinomique avec la création d’emploi. Mais que voulez vous entre le capital et le travail nos élites politiques ont choisi depuis longtemps. Car vous comprenez bien qu’une monnaie forte rapporte plus à ceux qui font travailler l’argent.
C’est sans doute la raison pour laquelle ni les politiques du système, ni les journalistes ne parlent jamais des 100 milliard d’euro qui ont été perdus en vingt ans de la part des salaires sur le PIB, alors que la part des profits, elle, ne cesse d’augmenter.
Pour vous donner une idée, 100 milliard d’euro si on les partage équitablement entre les 39 millions d’actifs on pourrait augmenter chaque travailleur d’environ 200 euro mensuels. On pourrait encore avec cette somme créer 4 million d’emploi. Vous vous rendez compte quel effet cela aurait sur la consommation et sur la protection sociale ?
Mais bien sûr à tous les spécialistes de nous expliquer que cela n’est pas possible, que le mondialisme est inéluctable, c’est le sens de l’histoire. De toute façon il ne faut pas faire peur aux capitalistes sinon ils vont partir à l’étranger. Comme si les spéculateurs n’investissaient pas déjà sur les marchés mondialisés. Mais de qui se moque-t-on ?
De toute façon ces capitalistes ne font pas beaucoup d’investissement productif dans notre pays et c’est pourtant le seul qui génère de l’emploi.
Les actionnaires sont une espèce protégée. Les parlementaires demandent à ce qu’exceptionnellement les bonus des traders soient taxés cette année (qu’elle audace révolutionnaire!!!!) mais pas un mot sur ceux qui s’enrichissent par le travail de leur argent.
Enfin les courtiers en bourses peuvent dormir sur leur deux oreilles, car le gouvernement n’a pas l’air de vouloir les faire passer à la caisse.
Les parlementaires sont pragmatiques ils pensent à leur réélection. Ils font un peu de démagogie mais Sarkozy et ses ministres sont comme Obama : ils sermonnent les banques mais refusent de taxer les bonus.
Certes ce n’est pas de l’UMP qu’il faut attendre des mesures en faveur du peuple de France, du peuple qui travaille. Ni du NOUVEAU CENTRE, ni du MODEM du reste.
Quand au PS à part se féliciter de leur gestion dans les régions et les départements (comme si cela avait une réelle influence sur notre quotidien) et dénoncer le changement du mode de scrutin (ils ont peur de n’être pas réélus) on ne trouve aucune proposition sérieuse.
Nous avons désormais l’habitude de toute cette gauche PS, PC, NPA qui a abandonné la défense du social pour le sociétal.
Ils ont abandonné la défense concrète des travailleurs, il sont pour le capitalisme et pour l’UE libérale. Il ne leur reste que l’anti-machisme et l’anti-fascisme pour prouver qu’ils sont de « gauche ».
Nous savons très bien que ce n’est pas d’eux que viendra un changement de politique pour la défense de nos services publics et pour la protection de nos emplois menacés par la concurrence déloyale des pays sans protections sociale.
Ce n’est pas non plus du côté du FN qui est un parti libéral, anti-fonctionnaire et qui a du mal à faire d’autres propositions que la stigmatisation des fonctionnaires et la lutte contre l’immigration (en réalité contre les arabo-musulmans), sans même parler de ceux à qui profite le dumping social. Sans doute cela les gêne de dire que le patronat français a fait venir des immigrés pour casser l’organisation ouvrière. Évidemment pour des anti-cégétiste et anti-communiste notoires ils se sentent plus proches de BOUYGUES que des ouvriers qui luttent pour une meilleure répartition des richesses.
Force est de constater qu’il n’y a pas en France de parti qui ait la volonté de répondre à cette forte demande du peuple.
IL n’y a pas de parti qui ait conscience qu’il faut utiliser la Nation comme mode de résistance à ce nouvel Ordre mondial.
IL n’y a pas de parti qui se donne le moyen de faire le choix des travailleurs français contre les actionnaires et qui prône une répartition plus juste des richesses créées.
IL n’y a pas de parti qui refuse tous les communautarismes au nom de l’égalité et de la fraternité de tous les citoyens au sein d’une république une, laïque et indivisible.
IL n’y a pas de parti qui affirme clairement sa volonté de sortir de l’UE comme seul moyen de construire une Europe sociale.
Ce Parti il faut le créer sans tarder. Il faut qu’il soit le rassemblement de toute la vraie résistance sur des bases claires et efficaces. C’est mon souhait le plus cher !
Christophe
Christophe
Juste une idée en l’air…(postée sur le forum)
Et si on essayait juste de lancer non pas une « pétition » mais un engagement individuel, dans le genre :
Moi, Citoyen Français, profondément déçu de l’orientation qu’à prise l’Union Européenne depuis Le traité de Maastricht signé le 7 février 1992 et les Traités qui lui ont succédés, m’engage par la présente et jure de ne voter, lors des élections présidentielles et législatives de 2012, que pour des candidats proposant solennellement et officiellement la sortie de l’UE permise par l’article 49A du traité de Lisbonne, ou, si aucun ne me convient, de voter blanc.
Qu’en pensez vous ?
Bonsoir AJH, je suis d’accord avec ton engagement et j’y souscris. Vois l’article 49 A
gilles
Mis à part l’éventuelle nécessité d’une amélioration de la formulation, l’autre question serait de savoir comment faire connaitre aux partis politiques le nombre « d’engagements » (anonymes, évidemment)afin qu’ils se rendent cmpte de la détermination (si elle existe ?)
Est ce nécessaire?.
Un compteur ? Où ? comment ?
Moi, je m’engagerais à ne pas acheter une renault construite en Turquie…Et je ne voterais pas pour un parti ou un citoyen qui ne s’engage pas à renationaliser tout ce qui le fut à la Libération.
Le citoyen est à la croisée des destins des esclaves et des consommateurs. Information sur ma page d’accueil yahoo :
« CAC 40 – 98 personnes contrôlent les grandes entreprises de la bourse de Paris »…
JAMAIS JE NE M’HABITUERAI A CETTE « REALITE » !
Après ce constat, les procés en ringardise faits aux antilibéraux semblent risibles :
Nous en sommes restés au scandale des « 200 familles », la société « moderne » est bridée par une structure sociale sénile.
Oui, Gilles, je pense sérieusement à l’article 49 A…Mais aussi à « la rue », telle qu’elle figure sur l’affiche de MGB 2004…
Bonjour,
La sortie de l’Europe comme elle nous est imposée à l’heure actuelle est une nécessité absolument vitale.
La constitution d’une monnaie commune et le retour à de monnaies nationales sera une obligation dans les 3 ans à venir.
Et si il existe bien un parti qui reprenne l’ensemble de vos propositions et je suis étonné que vous ne le mentionnez pas. Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan est le seul actuel dans cette idée et si près de 26 000 personnes y ont adhérez (au sens inscription) cette année ce n’est surement pas par hasard.
Oui Enoch, NDA propose des choses proches de ce qu’on pourrait considérer comme une volonté formelle d’appliquer, après référendum, l’article 49A, mais je n’ai lu aucune affirmation formelle.
Je fais d’ailleurs parti de son groupe de soutien sur Facebook.
Mais là, il ne s’agit pas actuellement de faire la promotion de tel ou tel parti politique, mais qu’une majorité des partis s’engagent sur cette nécessité de quitter ou envisager de quitter l’UE.
Si cet engagement devient « je m’engage à voter NDA », ce n’est même pas la peine : c’est plié avant de commencer… Il faut laisser une liberté de vote à la population au dernier moment.
Rien n’empêcherait de lister, au fur et à mesure, les partis qui auraient signé eux aussi un engagement de demander l’application du 49A … je ne suis pas persuadé que NDA, aujourd’hui, le signerait. Il faut donc d’abord lancer un « mouvement » qui soit beaucoup plus large qu’un parti, un peu comme le mouvement du « non » avec Étienne en 2005.
En fait je reprends en la simplifiant sur juste un point l’idée de John Buntz (SIMPOL )
Amicalement
AJH
Je voudrais rappeler qu’il y a un fil de discussion sur le forum » sortir de l’UE » … ce serait mieux qu’ici, je pense
André Jacques Holbecq
Nous sommes très nombreux à DLR pour que le 49A devienne un engagement formel. Cela en prend de plus en plus le chemin.
Votre implication ainsi que celle d’Etienne Chouard seraient des plus au sein de DLR pour faire bouger les choses et faire se grand rassemblement citoyen fort et entendu.
Ne soyez pas persuadué par contre qu’il ne le signerait pas, car nous sommes persuadé du contraire.
Les mouvements citoyens sont une nécessité vitale, mais l’engagement politique et l’accès aux élections restent, pour le moment, le moyen de faire changer les choses.
@enoch
Réponse sur http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=8270#p8270
..
Ce blog (du moins ce fil) n’est pas le lieu pour débattre de cette proposition…
Vous pouvez aussi adhérer à un tas d’autres organisations sponsorisées disposant d’un crédit de 1 à 2% selon les sondages car il est bien connu que « plus on est divisé plus on est fort », et aussi « plus on est désorganisé et destructuré plus on est efficace » pour que rien ne change pour les dominants rasemblés et organisés pour « Un Max de Pouvoir »…
Je note que la droite sait se rassembler après avoir ratissé large , et nul doute qu’en cas de « danger marxiste », comme disait Pinochet, plus aucun « iconoclaste » ne dépasse des alignements de guêtres.
@Alain
Je soutiendrai le PS lorsqu’il proposera une sortie de l’U.E.
Mais en attendant, si moi je « soutiens » sur facebook (très conditionnel) NDA, la proposition que je fais n’oblige personne à soutenir qui que ce soit… il s’agit seulement de marquer ainsi sa détermination à ne plus voter pour un candidat qui ne proposera pas formellement le retrait. C’est mon choix.
Bonjour
@ A‑J Holbecq
Ayant participé à la campagne pour le non en 2005, manifesté contre la directive Bolkestein (qui revient au galop en catimini) l’Europe actuelle ne me convient pas.
Toutefois peut-on dire que sur le plan monétaire la BCE (dont je condamne l’indépendance vis à vis des états) est responsable de tout.
le taux directeur est de 1%, on est dans un système de change flottants, et une partie du problème provient bien des banques privées qui continuent à profiter honteusement de leurs situations.
Une nationalisation partielle de ces banques ne serait-elle pas nécessaire, rien que pour soutenir efficacement l’économie réelle ?
@ Enocq
La sortie de l’UE n’est qu’une option pour DLR.
Par ailleurs la sortie de l’Europe fait partie des thèses du FN.
DLR (qui me censure régulièrement) ne veut nullement remettre en cause le système néolibéral responsable de cette situation, tout au plus un peu de protectionnisme comme les USA.
Ce virage à droite et la crispation sur les questions sécuritaires (les élections approchantes) ne permet pas de dire que vous souhaitez un rassemblement large des citoyens !
@ André
Tout à fait d’accord que le système monétaire n’est pas le seul problème : j’y rajoute un espace économique commun avec des règles fiscales et sociales différentes et une volonté de libéralisme sans limite dans les échanges (fondé sur une erreur conceptuelle : la suppression de tous droits de douanes et de quotas d’importation est bon pour tous)
Je vous suggère de relire ici la magnifique interview de Nikonoff dans l’émission « des sous et des hommes »
C’est à débattre, je puis me tromper, mais je ne pense pas que la nationalisation partielle des banques serait une solution adéquate : c’est tout le système monétaire qu’il faut changer est il faut en venir à une proposition « 100% monnaie centrale »
Je ne condamne pas, je n’interprète pas , mais il faut se heurter un minimum les cellules grises, entre « nous » mais aussi contre les « aspérités qui surgissent », si l’on est encore aveugle à « ce qui était tapi » (j’ai pas dit « papi »…) jusqu’ici dans l’ombre du « passé », et qui « re-surgit » :
çe remugle empeste toute la civilisation « eiropéenne », et c’est pas de l’Europe qu’il faut sortir, c’est de nous-mêmes, face à « çà » !
Résistance unie ! (non, « papi » ne pète pas les plombs!)
Renault en Turquie, courtesy of la Commission européenne
Monsieur Nicolas Sarkozy, citoyen de la république française, a convié Carlos Ghosn,patron de Renault, à prendre un thé en sa résidence de l’Elysée samedi prochain.
Il avait cru intéressant de faire annoncer par Christian Estrosi, chargé d’étude à l’industrie pour le compte de la Commission européenne, que Renault ne serait pas autorisé à construire sa Clio IV en Turquie.
Messieurs Sarkozy et Estrosi ont été rappelés aux dures réalités par Madame Kroes, ministre de l’industrie de la technocrature européenne : Renault doit pouvoir construire en Turquie ou en Chine, il en va de la « préservation des chances d’un redémarrage économique ».
Messieurs Sarkozy et Estrosi, qui s’imaginent élus par un peuple qui aurait encore un quelconque pouvoir, devraient savoir qu’il convient de s’incliner devant les compétences de Mme Kroes, qui a l’avantage de n’avoir été élue par personne.
On se sent certains jours très fiers d’être européens et j’espère que les salariés de Flins en ont bien conscience. Oh, j’oubliais : comme on dit au PS, vive l’Europe sociale !
Bonsoir,
Sortir de l’UE ne peut pas résulter de la volonté de quelques uns qui pensent être représentatifs mais qui ne le sont nullement.
Sortir de l’UE serait revenir en arrière sur bien des plans, isolerait le pays et ruineraient des pans entiers de l’économie française
les avis des uns et des autres c’est comme les trous du cul tout le monde en a un ! moi le premier
La représentativité dont vous nous parlez à fait mains basses de la représentativité justement, le savez-vous ?
André billet 14
Sincèrement êtes vous sur d’être censuré sur DLR, car toutes les critiques passent sans aucun problème sauf si le billet ne correspond pas au thème.
Et si vous lisiez l’intégralité des propositions vous ne pourriez affirmer comme vous le faites que DLR ne remet pas en question le système néolibérale à part un vague saupoudrage protectionniste. Encore une fois c’est méconnaitre les propositions et penser que DLR est limite extrême droite. Nous sommes près de 40 % des adhérents provenant du socialisme ou proche.
@ enoch
Bonjour
nous avons échangé sur le site de DLR, avons des idées proches sur l’agriculture, l’environnement. Avons parlé de TERRES DE LIENS, rappelez vous.
Je continue à aller sur le site de DLR de temps en temps, je regrette simplement que pour certains, sans doute pas vous, vouloir un dépassement du capitalisme, c’est la corée du nord ou l’urss.
Il n’y a pas que blanc et noir comme couleurs, il en est de même dans tous les aspects de la vie.
Tout le monde a compris qu’un changement ne viendra que par des mobilisations de citoyens, et jamais des oligarchies en place qui défendent leurs intérêts.
INFORMATIONS + PRISE DE CONSCIENCE + ACTIONS = POSSIBILITES DE CHANGEMENT
Bonjour André
Heureux de vous retrouver ici, car je me remémore nos convergences sur l’agriculture en effet.
Je vous concède que pour certains la problèmatique capitaliste n’est pas encore assimilée. Mais sur le forum qui est réservé aux adhérents il en est tout autre. NDA est clair sur sa position d’appliquer une politique économique préconisé par Allais, d’appliquer une véritable TVA sociale etc. etc.
Les combats ne sont pas faciles mais valent que l’ont se battent pour les gagner.
à quoi sert le code « droite-gauche » ?
Pour en savoir plus sur “A Gauche manintenant !” : http://www.agauchemaintenant.fr/
R M JENNAR soutient sans réserve le Front de gauche tel qu’il se configure en Languedoc roussillon.
Les « gaullistes de gauche » aussi, semble-t-il.
Le mot « gauche » sert non pas à fermer le pré carré autour de sectaires, mais à l’ouvrir sur une perspective que « la droite » a bouchée et tente de fermer définitivement :
celle de l’intervention citoyenne des dominés pour devenir maîtres de leur destin…Car l’histoire n’est pas finie.
Alors si des gens se croyant de droite parcequ’ils tiennent à des valeurs qu’ils croient « de droite », pensent que ces valeurs sont nécessaires à cette « ouverture de l’histoire », disons que les mots nous abusent !
« Aujourd’hui, la cause est sans équivoque, sublime : il s’agit de sauver l’humanité…
…L’espérance vraie sait qu’elle n’est pas certitude. C’est l’espérance non pas au meilleur des mondes, mais en un monde meilleur. L’origine est devant nous, disait Heidegger. La métamorphose serait effectivement une nouvelle origine ».
Edgar Morin
Qui a lu « l’éloge de la métamorphose », courte mais séduisante contribution d’Edgar Morin dans Le Monde du 10 01 10 ?
On retrouve aussi le texte sur le blog de Patrick Braouezec.
Chers amis,
La retranscription de l’argent dette 2 est disponible. C’est un document important, à lire à tête reposée, à annoter, à bien comprendre et à faire connaître. La compréhension de cette tenaille centrale est une vraie clef pour nous libérer.
Le fichier pdf est là : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/L_argent_dette_2_script.pdf.
Voici ce texte très utile :
L’argent dette 2, de Paul Grignon – Retranscription.
1(DVD chapter 1 Start Movie)
Narratrice :
Vous n’avez peut-être pas gardé un souvenir aussi bon de votre premier dépôt à la banque. Mais il y a de fortes chances pour que, bien des années après, vous parliez encore de l’argent dans votre compte bancaire comme étant VOTRE argent … Mais ce n’est pas le vôtre.
Si nous avons un coffre bancaire, les titres et les objets de valeur que nous y déposons sont à nous. Nous louons un espace sécuritaire, à la banque, pour les déposer. Dans le langage courant, le terme « déposer » veut tout simple-ment dire poser quelque chose qu’on porte.
Mais utiliser le terme déposer pour parler d’un compte bancaire, c’est tout à fait trompeur. En réalité, un dépôt bancaire est… un prêt à la banque.
En fait, le solde de notre compte bancaire indique le montant d’argent que la banque nous DOIT. Il représente une promesse de paiement faite par la banque, et non pas de l’argent liquide bien réel que nous aurions déposé. La diffé-rence est considérable.
Quand nous confions notre argent à la caissière de la banque, notre argent devient celui de la banque, qui peut en faire ce qu’elle veut. Tout l’argent déposé est l’argent de la banque. Il n’est plus à nous.
C’est pourquoi la banque nous paie des intérêts. Nous avons prêté notre argent à la banque.
La distinction peut paraître sémantique. Car nous savons que nous pouvons aller à la banque n’importe quand pour retirer notre argent en espèces. Mais cette distinction est cruciale !
Les opérations financières du système bancaire touchent tout le monde. Et pourtant la plupart d’entre nous ignorent tout du fonctionnement de ce système. Il faut savoir que l’économie mondiale actuelle repose sur un système de crédit fourni par les banques. Quand ce système s’effondre, tout le monde en subit les conséquences.
Le pire, c’est que les explications des spécialistes sur l’effondrement du système ne nous révèlent jamais les causes pro-fondes du mal… Ils ne nous disent jamais que l’argent liquide ne représente que de 1 à 5 % de l’argent en circulation, et que tout le reste de l’argent a été créé en tant que principal de prêts bancaires – pour lesquels la banque exige le rem-boursement du principal… plus des intérêts.
Avec ce processus, l’existence de l’argent dépend complètement de l’existence du crédit bancaire. Et dès le départ, le système est voué à la faillite, intentionnellement, car le total des débits est supérieur au total des crédits, dès la signature du premier prêt.
Mais maintenant que le système bancaire mondial est à deux pas de l’abîme, de plus en plus de gens se disent qu’ils ne peuvent plus ignorer la réalité actuelle. Beaucoup ont perdu leur maison et leur emploi, uniquement à cause du jeu intenable des prêteurs de fonds. Il est temps que nous comprenions le fonctionnement du système monétaire – et le besoin pressant de le modifier radicalement.
Clarifier les termes utilisés par le système constitue la toute première étape.
Maintenant que nous comprenons qu’un dépôt est en vérité un prêt consenti À la banque, la question suivante se pose : en quoi consiste ce prêt, très exactement ?
Quand nous signons un accord de prêt, nous nous engageons auprès de la banque à payer le montant du prêt, plus des intérêts. En retour, la banque crédite notre compte du montant de ce soi-disant prêt.
Nous disons alors que la banque a versé l’argent du prêt à notre compte. Mais en réalité, la seule chose que la banque a faite, c’est de promettre de verser cet argent.
Il y a simplement eu un échange de promesses. Aucune des parties n’a donné quoi que ce soit de concret à l’autre. Toutes deux ont fait des reconnaissances de dette équivalentes. Alors, qui est vraiment l’emprunteur et qui est le prêteur ?
Les termes prêt, prêteur et emprunteur sont tous trompeurs.
En échangeant des promesses de paiement, les deux parties ont créé un « crédit bancaire », ou de « l’argent scriptural » – c’est-à-dire des chiffres inscrits dans un compte chèque.
Nous pouvons dépenser ces crédits bancaires, car chaque fois que nous faisons un dépôt à notre compte, notre compte augmente. Nous présumons donc tout naturellement que de l’argent a vraiment été déposé. En réalité, à moins de déposer quelque chose de concret dans ce compte, il restera vide.
Un crédit bancaire ne représente qu’une promesse de payer, et non pas de l’argent bien réel. Une promesse indique toujours l’absence de l’item promis. Sinon, il n’y aurait pas besoin de promesse.
Alors, comme tous les comptes bancaires ne sont que des promesses de paiement, la banque et l’emprunteur échangent tout simplement des promesses. Du coup, avec quelques chiffres entrés sur un clavier, un solde positif apparaît dans le compte bancaire de l’emprunteur – sans que personne n’ait déposé le moindre argent réel dans ce compte.
Vous savez maintenant ce qu’est vraiment un « prêt bancaire ».
Quelle différence y a‑t-il entre ce processus de création de l’argent et celui utilisé par des faux monnayeurs, qui créent de l’argent avec une planche à billets ?
Nous savons tous que les faux monnayeurs commettent une fraude. En imprimant de faux billets de 100 $, ils créent de l’argent nouveau, à partir de rien
Dans la vie, l’argent nous donne le pouvoir d’acheter de vrais biens et services. Ici, il est clair que les faux monnayeurs ont créé un pouvoir d’achat pour de vrais biens et services sans rien avoir donné en échange, sauf des morceaux de papier sans valeur.
Les faux monnayeurs obtiennent donc quelque chose, pour rien, aux dépens des malheureux qui se laissent berner par leurs faux billets. Si les faux billets passent inaperçus, ils déprécient la masse monétaire globale – et tout le monde y perd. La contrefaçon des billets est un crime majeur : c’est le non-respect d’une entente sociale fondamentale, disant Tu ne voleras pas.
Mais faire un prêt à la banque, c’est aussi créer un nouveau pouvoir d’achat.
La différence, c’est qu’au lieu d’être une forme de vol, cette création d’argent est le fondement de tout notre systè-me monétaire.
Comment se fait-il que la création de l’argent à partir de rien est un crime, dans le premier cas, mais qu’elle est une pratique commerciale standard par laquelle est créé presque tout l’argent du monde, dans l’autre cas ?
Pour répondre à cette question, il faut se pencher sur l’historique des lois qui régissent le commerce. Mais auparavant, es-sayons de comprendre la logique qui sous-tend tout ce processus de prêt.
(DVD chapter 2)
L’emprunteur veut faire un achat, mais il n’a pas d’argent pour le faire à présent. Par contre, il est certain d’avoir assez d’argent à l’avenir pour payer à la fois son achat et les intérêts sur un prêt.
Alors l’emprunteur va à la banque pour demander un prêt. Il peut faire une promesse tout à fait crédible d’avoir de l’argent à l’avenir, mais actuellement, il a les poches vides. Et c’est bien pourquoi il a besoin d’un prêt !
Nous savons tous ce qui se passe ensuite. La banque demande à l’emprunteur de signer un accord, par lequel il s’engage à payer à la banque le montant du prêt, plus les intérêts. En cas de défaut de paiement, l’emprunteur s’engage à céder à la banque ce qu’il a acheté avec le prêt.
Chaque jour dans le monde, ce processus se répète un nombre infini de fois… Mais il pose un problème. Comment l’emprunteur peut-il promettre en garantie quelque chose dont il n’est pas encore propriétaire ?
Si je veux vous emprunter 10 000 $ pour partir en croisière en Europe, est-ce que vous allez accepter l’auto de mon voisin comme garantie ? Bien sûr que non ! Vous savez parfaitement que je n’ai pas légalement le droit de vous donner l’auto de mon voisin.
Mais si je promets d’acheter l’auto de mon voisin avec 10 000 $ que vous me prêtez, c’est différent. Vous risquez d’accepter de me prêter ces 10 000 $, pensant que je vais acheter l’auto et la donner en garantie du prêt une fois que j’en serai légalement propriétaire. Mais tant que la transaction n’est pas conclue, votre prêt de 10 000 $ ne peut pas être garanti par le titre de propriété de cette auto.
Le problème posé par cette suite d’événements est facile à éviter. Vous pourriez acheter l’auto et puis me la ven-dre.
La banque pourrait faire de même. Si l’emprunteur promet à la banque d’acheter un item, pourquoi est-ce que la banque n’achète pas cet item avec son argent, pour le revendre à l’emprunteur qui remboursera avec des intérêts ?
La réponse est simple. C’est parce que la banque, comme l’emprunteur, a les poches vides quand elle effectue la transaction.
Le rôle de la banque lors d’un soi-disant accord de prêt, c’est de créer « un compte » pour l’emprunteur.
En vérité… le soi-disant emprunteur a financé son propre compte en s’engageant frauduleusement à donner en garantie une auto… qui n’est pas encore à lui.
Et la banque, qui est le prétendu prêteur, n’a pas avancé d’argent… Si tout se passe bien, elle n’aura jamais à le faire.
L’emprunteur croit que le nouveau solde dans son compte représente son argent à la banque. Comme la plupart de nous, il ne comprend pas la différence entre l’argent et la promesse d’argent. S’il peut faire son achat dans un cas comme dans l’autre – quelle importance ?
La question maintenant est donc de savoir si… la vendeuse de l’item acceptera la promesse de paiement de la banque.
Bien sûr, dans certains cas, celui ou celle qui vend voudra de l’argent en liquide. Mais la vendeuse acceptera pro-bablement un chèque ou un transfert électronique de la banque de l’acheteur.
Pourquoi ? Parce que la vendeuse sait par expérience qu’elle peut « déposer » ce chèque à sa banque, et le solde de son compte augmentera en conséquence.
ET ensuite ?
La banque de l’acheteur doit maintenant le montant du prêt à la banque de la vendeuse. Alors vous pensez peut-être que cet argent va bel et bien être transféré. Mais la promesse de paiement faite à l’emprunteur par sa banque a simplement été transformée, par cette transaction : c’est devenu une promesse de paiement faite par cette banque à la banque de la vendeuse.
Mais la banque de l’acheteur doit transférer une partie de l’argent à la banque de la vendeuse, non ?
Oui, mais probablement une toute, toute petite partie. Et à long terme, aussi longtemps que la banque obtient suffisamment de dépôts, le montant net de l’argent existant dont la banque aura besoin pour couvrir ses prêts peut théoriquement être de zéro.
Comment ?
Imaginons tout d’abord que la vendeuse à son compte bancaire dans la même banque que l’acheteur. Elle dépose le chèque de l’acheteur dans son compte à elle.
La banque a une seule chose à faire : déduire du compte de l’acheteur le montant crédité au compte de la vendeuse.
Comme dans les deux cas, ce ne sont que des promesses, aucun argent existant ne transite vraiment.
Quel est le résultat final de cette opération ?
La banque a créé un crédit bancaire d’un montant de 10 000 $ pour l’emprunteur. L’emprunteur a acheté une auto, qui est quelque chose de bien réel, et la vendeuse a maintenant un crédit bancaire de 10 000 $.
10 000 $ ont été créés pour l’achat d’un bien très concret, sans que la banque ou quiconque n’y mette le moin-dre argent ! En plus, la banque va se faire rembourser tout cet ‘argent’ par l’emprunteur, avec des intérêts. S’il ne paie pas, la banque récupèrera l’auto !
Des tours de magie comme celui là, on n’en voit d’habitude qu’au spectacle !
Mais qu’est-ce qui se passe si la vendeuse dépose son chèque dans une autre banque. Est-ce que la banque de l’acheteur devra transférer des fonds à la banque de la vendeuse ?
Peut-être. Mais sans doute infiniment moins que le total du prêt, car le système bancaire fonctionne comme une seu-le banque.
Pour bien le comprendre, ajoutons une autre transaction à ce scénario. Imaginons que le même jour, la banque de la ven-deuse a consenti un prêt similaire à une vieille dame qui a acheté un méga système de cinéma à domicile. Le magasin d’électronique a déposé le chèque de cette dame à sa banque.
La banque du magasin d’électronique avait fait un prêt similaire qui avait été déposé à la banque de l’emprunteur d’origine.
Une fois toutes les transactions réglées, les banques ne se doivent rien – ou s’il y a de petites différences, ce n’est qu’une infime partie du crédit total ainsi créé.
C’est clair : bien que les banques ne prêtent pas vraiment l’argent des déposants, contrairement à ce qu’on croit générale-ment, elles ont besoin de dépôts pour consentir des prêts. En effet, les banques ont besoin de faire rentrer des cré-dits, provenant d’autres banques, pour compenser les crédits qu’elles émettent à d’autres banques.
Aussi longtemps qu’une banque parvient à équilibrer les rentrées et les sorties de crédits, elle peut consentir de nouveaux prêts et donc continuer à créer de l’argent. Aucun argent créé ne devra sortir de ses poches.
La banque est libre d’investir ses propres fonds en obligations de sociétés et en obligations d’État, ou dans tout autre ins-trument financier autorisé par sa charte.
Toutes ces transactions peuvent être résumées dans un diagramme.
Les intérêts que paient les gouvernements et les sociétés aux banques sur leurs obligations sont en réalité payés par nous. Nous payons ces intérêts sous forme d’impôts. Et nous les payons par tous les biens et services que nous ache-tons.
Les banques se déchargent sur nous d’une autre responsabilité : si elles font faillite, et si ne peuvent pas respecter leurs promesses de paiement, c’est nous qui payons les pots cassés.
Mais vous vous demandez peut-être comment les banques peuvent faire faillite si elles ne doivent pas vraiment déposer des fonds lors de ces transactions. Comment peuvent-elles avoir quelque chose à perdre ?
La réponse est la simple : la grande différence entre les banques et les faux monnayeurs, c’est que les banques ont léga-lement le droit de créer de l’argent, mais uniquement en respectant des règles de comptabilité bien précises.
Une banque peut uniquement créer de l’argent en inscrivant les remboursements et la garantie de l’emprunteur à la rubri-que des actifs de la banque, du côté positif de ses livres bancaires, le tout étant compensé du côté négatif par le prêt – ou par ce que le système bancaire appelle « l’engagement » créé par la banque.
Si l’emprunteur ne fait pas ses remboursements, l’actif donné en garantie est saisi puis vendu par la banque. Dans un mar-ché en décroissance, quand les reprises de possession sont nombreuses, la nouvelle valeur de l’actif, qui a diminué, ne couvre pas le passif de la banque.
La banque inscrit alors une perte dans ses livres. Quand les forclusions se multiplient, par exemple à la suite de l’effondrement du marché de l’immobilier, une grande partie des garanties bancaires partent comme en fumée et les banques essuient alors de lourdes pertes.
En réalité, ce sont juste des chiffres, complètement immatériels. Mais les banques doivent respecter les obligations que ces chiffres leur imposent. En cas de dérapage, les conséquences peuvent être terribles : paralysie de l’économie, désintégration sociale, chaos financier, famine, émeutes et guerres.
Bon… comme nous étudions l’anatomie d’un prêt, nous allons présumer que le système continuera de fonctionner et que ces trois emprunts seront remboursés.
Le résultat final, c’est que pas un seul dollar d’argent existant n’aura changé de main. Mais 30 000 $ de nouveau crédit bancaire auront été créés et dépensés dans la masse monétaire… Et chacune des trois banques aura récupéré des inté-rêts sur 10 000 $.
Alors, est-ce que la création de ces 30 000 nouveaux $ constitue une fraude, comme la contrefaçon des billets ?
Une différence évidente, c’est que le système bancaire est légal, réglementé par le gouvernement, contraint par la justice à suivre des règles de comptabilité établies.
Une autre différence, c’est qu’il n’y a pas de victime bien visible, alors que les faux billets font très clairement des victimes.
Les banques affirment que la vendeuse et l’acheteur ont tous les deux obtenu ce qu’ils voulaient, par un accord mutuel. Alors où est la fraude ? Et s’il y fraude, qui serait le perdant ?
Pour répondre à ces questions, voyons un peu qui a tiré quoi de cette transaction.
(DVD chapter 3)
L’emprunteur a fait l’achat qu’il voulait, selon des conditions qu’il a acceptées librement. Il regrettera peut-être cet-te décision par la suite, quand il aura bien du mal à faire ses remboursements… Mais il se peut aussi qu’il soit très heureux d’avoir obtenu ce prêt.
De son côté, la vendeuse a obtenu un crédit bancaire, qu’elle considère comme étant « son argent à la banque ». Elle a confiance de pouvoir dépenser cet argent quand elle le voudra. Elle est donc certaine d’avoir été complètement payée.
Mais est-ce que quelqu’un d’autre a souffert de cette transaction ? Quelqu’un que nous aurions oublié ?
Eh bien… il y a aussi la banque, qui récupère des intérêts sur une promesse de paiement. Les banques sont spé-cialistes dans ce domaine et généralement elles se tirent bien d’affaire.
Alors, qui d’autre ?
Demandons-nous un peu d’où est venue cette auto ?
L’auto a été fabriquée à partir d’éléments bien concrets : ressources naturelles, énergie et main‑d’œuvre sont entrées dans sa fabrication. Alors pourquoi pas considérer qu’un des intéressés est la société dans son ensemble, ou même le monde réel d’où viennent toutes les ressources ?
N’oublions pas que l’argent créé par le nouveau crédit bancaire ne dort pas. Il est dépensé, mis en circulation dans le mon-de bien réel. C’est à ce monde bien concret que l’argent va, en fin de compte, en échange de l’auto.
Par exemple, cet argent nouveau peut stimuler une production nouvelle, contribuant à la croissance de l’économie et au bonheur de certains. Ainsi, une bonne partie des crédits bancaires prennent la forme d’hypothèques, qui permettent d’acheter des maisons et qui stimulent l’industrie de la construction, grand fournisseur d’emplois correctement payés.
Mais, après cet effet productif, l’argent nouvellement créé par un prêt dépréciera la masse monétaire, réduisant le pouvoir d’achat de l’argent d’un très petit montant.
Alors, contrairement au cas des faussaires qui font clairement des victimes, la perte ici est essuyée par nous tous. Car l’élément concret du prêt, à savoir l’auto, a été extrait de l’ensemble du monde, ce qui a causé une petite perte de la valeur de l’argent pour tout le monde.
Poursuivons notre comparaison entre le crédit bancaire et la contrefaçon des billets. Les faux billets sont éventuellement détectés et retirés de la circulation, entraînant une perte directe pour toute personne qui les a acceptés. Bien sûr, il est impossi-ble de prédire quelle partie des faux billets sera repérée, ou quand les faux billets seront éliminés de la circulation.
Le crédit bancaire est lui aussi éliminé de la circulation, parce qu’à chaque paiement, une partie du principal est remboursée et éliminée. Presque tout l’argent actuel prend la forme de crédit bancaire. Par conséquent, presque tous les dollars qui passent sur nos comptes ont une date d’échéance : un jour, ils serviront au remboursement du principal sur un prêt bancaire et ils cesseront d’exister.
En plus des paiements du principal, il y a les paiements d’intérêt, qui constituent des revenus pour les banques. La plus grande partie de ces revenus sont recyclés dans l’économie sous forme d’intérêts payés aux déposants et de diverses dépen-ses des banques.
C’est pourquoi il n’y a pas de perte évidente quand un crédit bancaire est éliminé de la circulation, alors que la perte résul-tant de l’action des faux monnayeurs est bien visible.
Mais regardons de plus près. Une connaissance élémentaire de l’arithmétique suffit pour comprendre le pouvoir que confè-re le contrôle de la masse monétaire et pour saisir comment, avec le système actuel, la dette totale doit sans cesse augmenter – faute de quoi le système s’effondre.
Chaque fois que le rythme de création de l’argent-dette perd du terrain sur le rythme de destruction de l’argent-dette, le total de l’argent en circulation diminue.
C’est ce qu’on appelle la déflation, car la masse monétaire rapetisse, comme un ballon qui se dégonfle. Il y a donc moins d’argent par rapport aux biens et aux services disponibles. Et comme il y a moins d’argent, le prix des biens et des servi-ces baisse.
À première vue, on pourrait croire que ce serait une bonne chose – et ça pourrait l’être… si l’argent n’était PAS créé sous forme de dette avec intérêts !
Pour toute personne qui n’est pas endettée, la déflation aurait pour résultat un dividende général – payé sur les biens et services de son choix.
Ce serait un peu comme si cet argent venait d’actions que les gens auraient dans une compagnie prospère dont ils seraient les propriétaires – et qui serait leur nation
Les gens n’auraient pas besoin de demander une hausse de salaire. Si la nation était plus productive, et méritait une aug-mentation, tout le monde en profiterait automatiquement – car tout le monde pourrait acheter plus avec son argent.
Malheureusement, ce n’est PAS DU TOUT l’effet que produit la déflation dans un système où l’argent est créé sous forme de dette avec intérêts.
Plus de 95 % de tout l’argent actuellement en circulation prend la forme de dettes envers les banques, c’est-à-dire de pro-messes de remboursements avec intérêts. Comme nous l’avons vu, le principal est créé lors de l’accord de prêt – mais pas l’intérêt.
Comme un certain temps s’écoule entre la création du prêt et son remboursement, et que la plus grande partie des revenus d’intérêts est recyclée sous forme de dépenses de fonctionnement des banques, la plupart d’entre nous parviennent à faire leur remboursement – aussi longtemps que la masse monétaire grossit.
Mais si la masse monétaire ou la dette totale diminue, l’argent devient plus difficile à gagner, parce qu’il se fait plus rare. Il devient alors de plus en plus difficile de faire des remboursements fixes. Pour les gens lourdement endettés, la rareté de l’argent peut s’avérer catastrophique.
Les effets psychologiques de la chute des salaires et des prix accélèrent rapidement tout le processus, car les emprunteurs – y compris les grandes entreprises – n’ont plus confiance de pouvoir rembourser leurs prêts. Alors, ils n’en de-mandent plus et comme il n’y a plus création de nouveaux prêts pour remplacer les anciens, la pénurie d’argent s’aggrave vite, entraînant la disparition de nombreux emplois et la réduction du pouvoir d’achat. Ce phénomène a lieu même dans un contexte de ressources abondantes et de solide capacité de production.
Cette redoutable spirale descendante rend inévitable les forclusions massives. Les prix dégringolent, car plus personne ne veut dépenser d’argent. Du coup, la valeur des garanties de prêts chute, et les banques se retrouvent avec de lourdes pertes dues aux radiations de prêts. Certaines doivent fermer. Les consommateurs et les entrepreneurs ne font plus confiance au sys-tème. Bientôt, le malaise économique et social se fait grave.
Rien ne peut arrêter cette spirale catastrophique, à moins que quelqu’un – généralement le gouvernement – ne crée de l’argent nouveau ou ne s’endette lourdement auprès des banques privées pour créer assez d’argent afin de relancer l’économie.
L’exemple le plus connu de ce scénario est le krach boursier de 1929. La crise a eu pour effet psychologique que les gens ont fait de moins en moins d’emprunts. Il y a donc eu de moins en moins d’argent créé. La Réserve fédérale américaine n’a rien fait alors pour lutter contre la déflation. En 1932, la masse monétaire était réduite d’un tiers ! Des milliers de gens ont été expulsés de leur maison, car l’argent requis pour rembourser leur hypothèque avait tout simplement cessé d’exister.
Et puis… en 1932, Franklin Roosevelt est devenu président des États-Unis. Avec sa Nouvelle Donne, ou New Deal, Roose-velt a relancé l’économie en rétablissant la masse monétaire. Pour remédier au manque d’argent, il a emprunté auprès des grandes banques privées. Dans les usines, le travail a repris. Mais il a fallu attendre la Deuxième Guerre mondiale pour qu’il y ait de nouveau abondance d’emplois et d’argent.
C’est grâce à tout l’argent investi dans l’effort de guerre que la Grande Crise a pris fin. Mais la guerre a aussi causé 50 millions de morts et a mené à une nouvelle hostilité dans les rapports de pouvoir mondial, avec une course aux armements, un gonflement de la dette, et des mutations sociales et technologiques radicales.
(DVD chapter 4 )
Tout cet effet de boom économique et de chute économique est appelé le cycle économique – comme si c’était un phéno-mène tout à fait naturel, comparable au cycle de l’eau ou à celui du carbone…. Deux cycles naturels qui sont régis par le so-leil.
Et le cycle économique, lui, par quoi est-il régi ?
L’un des éléments de réponse est la masse monétaire. Comme nous l’avons vu, cette masse monétaire dépend des prêts. Alors examinons ce qui se passe tout au long d’un prêt.
Nous savons qu’un crédit bancaire n’est rien d’autre qu’une PROMESSE DE PAIEMENT faite par la banque, promesse que la banque a créée relativement à la promesse de paiement faite par l’emprunteur.
La promesse de paiement de la banque sert généralement à acheter des biens et des services réels, et l’argent circule donc – ce qui facilite les échanges. En tant que moyen d’échanges, la promesse de paiement actuelle est formidablement efficace et souple. Mais comme aucun argent n’est créé pour payer l’intérêt, une situation apparemment impossible en résulte.
Si les emprunteurs devaient tous payer leurs intérêts simultanément, ils devraient se battre pour trouver des fonds car le total de l’argent existant serait bien inférieur au total de l’argent dû. Le pourcentage des emprunteurs incapables de rembourser pourrait aisément être calculé.
Mais en général, les intérêts sont remboursés graduellement, pas d’une seule fois. Quand les revenus d’intérêts sont recy-clés dans l’économie, ils peuvent être regagnés, encore et encore. Une fois qu’on a compris ce point, la question quant à la possibilité de rembourser ou non les intérêts devient encore plus complexe.
Alors, existe-t-il un système durable de prêts qui ne produit pas mathématiquement et inévitablement des défauts de remboursement ?
(DVD chapter 5)
Au Moyen Âge, pratiquer L’USURE, au sens que ce terme avait alors – c’est à dire prêter de l’argent avec intérêts – était condamné en tant que péché. La justification était d’ordre moral, mais la raison profonde était d’ordre pratique. Avec une masse monétaire fixe, comme une masse monétaire d’or, les gens qui auraient systématiquement recyclé les fonds qu’ils prêtaient avec intérêt auraient fini par s’accaparer tout l’argent !
Ce problème a d’ailleurs été l’un des facteurs premiers de la chute de l’Empire romain. Comme de richissimes particuliers avaient amassé d’énormes quantités d’or, le gouvernement a dû fabriquer des pièces à partir de métaux de base, sans valeur. Du coup, cette monnaie dépréciée a causé un manque de confiance envers le système – qui a craqué. Une formidable leçon en a été tirée. Durant tout le millénaire qui a suivi, l’Église catholique romaine a déclaré que prêter de l’argent avec intérêt serait un péché, punissable d’excommunication. Dans certains pays, la pratique de l’usure était même passible d’une condamnation à mort.
Est-ce vraiment un péché que de prêter de l’argent avec intérêt ? De nos jours, il semble tout à fait logique de se faire payer pour prêter son argent. Mais ceci présente un problème. Si les prêteurs ne dépensent pas tous les intérêts qu’ils récupèrent, permettant ainsi aux emprunteurs de gagner cet argent, les emprunteurs vont avoir du mal à faire leurs paiements – quelle que soit leur ardeur au travail. Certains ne vont pas pouvoir rembourser leur prêt, c’est mathématique.
La situation est très facile à comprendre avec une masse monétaire fixe, par exemple avec des pièces d’or. Aussi long-temps que toutes les pièces d’or récupérées à titre d’intérêts sont dépensées, donc remises en circulation, et que les emprun-teurs peuvent les gagner par leur travail, ces mêmes pièces peuvent servir à rembourser des intérêts, encore et encore. Les prêteurs profitent en achetant de vrais biens et services avec ces pièces d’or, mais ces pièces doivent servir à faire des dépenses – et non pas être retirées de la circulation.
Même si ce système n’est pas très moral, il est durable.
Mais si les pièces d’or sont prêtées de nouveau avec intérêts, ou si elles sont retirées de la circulation parce que quelqu’un les met de côté, il y aura un manque de pièces d’or pour rembourser la dette globale.
C’est fondamentalement ce qui se passe dans notre système monétaire actuel, fondé sur l’argent-dette.
Comme nous l’avons vu, presque chaque dollar existant de nos jours est créé sous forme d’argent-dette, avec un échéan-cier de remboursement du principal, jusqu’à ce que la dette soit éteinte.
Donc, pour que tous les emprunteurs puissent rembourser le principal plus les intérêts, il faut deux choses. Premièrement, chaque dollar créé en tant que principal doit être dépensé pour pouvoir être regagné par l’emprunteur, afin que celui-ci puisse rembourser le principal qui permettra d’éteindre chaque dollar-dette. Et deuxièmement, chaque dollar payé par l’emprunteur à la banque sous forme d’intérêts doit lui aussi être dépensé, encore et encore, pour être regagné par l’emprunteur afin de servir au remboursement des intérêts, encore et encore.
L’une des théories favorites des prêteurs est la suivante : étant donné que les banques dépensent leurs revenus d’intérêts sous forme de frais de fonctionnement, d’intérêts payés aux déposants et de dividendes versés aux actionnaires, il y a suffi-samment d’argent en circulation pour faire tous les paiements.
Mais cette idée, comme celle d’une pénurie absolue d’argent, est une simplification à outrance.
Imaginons maintenant ce qui se passe si quelqu’un d’autre que la banque – par exemple vous ou moi, ou un prêteur non bancaire – obtient ce dollar et le prête avec intérêt ?
Ce dollar doit maintenant être remboursé à deux prêteurs différents, avec deux intérêts différents et simultanés. De plus, si ce dollar est prêté, remboursé et prêté de nouveau par le second prêteur, il n’est plus disponible pour rembour-ser le principal du prêt par lequel il a été créé.
Alors, est-ce que nous pouvons emprunter à Pierre pour payer Paul et emprunter à Paul pour payer Pierre ?
C’est là que la problématique devient vraiment intéressante. Oui, c’est possible… mais chaque fois que nous le faisons, de nouveaux intérêts viennent s’ajouter, qui doivent eux aussi être remboursés. Si tous les intérêts cumulés peuvent être gagnés, tous les remboursements peuvent être faits. C’est à partir de cette hypothèse que de nombreux défenseurs du système actuel affirment qu’il ne peut jamais y avoir pénurie d’argent – et que tous les remboursements peuvent être faits.
Mais cette assurance semble trompeuse. Par exemple, si le second prêteur accapare une partie de l’argent requis pour éteindre le prêt qui a servi à créer l’argent au tout début, le prêt d’origine ne peut pas être complètement remboursé. La diffé-rence devra être empruntée, encore et encore, chaque fois avec des intérêts. Chaque différence sera cumulative et s’ajoutera à une dette totale sans cesse grandissante qui ne pourra jamais être complètement éteinte.
Et bien sûr, pour chaque intérêt nouveau ajouté au système, un PLUS devra sortir du système pour payer cet intérêt.
Tout le monde est touché : les gouvernements, les producteurs et les consommateurs.
Pour ce PLUS, les producteurs doivent augmenter leurs prix, ou faire plus de ventes. Mais pour faire plus de ventes, il faut généralement baisser les prix, et donc vendre toujours plus, ce qui mène à une surchauffe de la production et à une saturation du marché. En fin de compte, il y a des pertes d’emplois, des fermetures d’usines et des faillites.
Pour ce PLUS, les gouvernements doivent augmenter les impôts. Mais l’augmentation des impôts draine l’argent de l’économie de production, entraînant une réduction de la capacité collective à payer des impôts. Le gouvernement doit alors emprunter davantage, avec des intérêts accrus.
Et pour ce PLUS, les consommateurs doivent par exemple trouver un second emploi ou emprunter davantage pour rem-bourser d’anciennes dettes, ou encore prolonger l’échéancier de leurs remboursements.
Mais une concurrence accrue pour les emplois entraîne une diminution des salaires. Et un remboursement sur une période plus longue fait considérablement augmenter les intérêts à rembourser.
Enfin, emprunter pour payer d’anciennes dettes, c’est un peu comme remplir un trou en creusant un trou toujours plus grand.
Voilà la situation dans laquelle nous nous retrouvons actuellement. Les producteurs ne peuvent pas vendre davan-tage, car les consommateurs n’ont pas les moyens d’acheter davantage. Les gouvernements diminuent les impôts, en espérant stimuler la demande des consommateurs. Et le revenu réel des consommateurs stagne, ou baisse, en raison de la concurrence pour les emplois.
En résumé, toute augmentation du montant total des intérêts dans le système monétaire entraîne une vraie pénurie d’argent.
Tout ceci s’explique du fait que la véritable économie de production est limitée par la disponibilité restreinte des richesses naturelles. L’économie de production répond à des besoins bien réels. Actuellement, elle ne parvient pas à suivre le rythme de l’économie artificielle fondée sur les transactions financières, qui a un appétit effréné pour le gain – sans aucun égard pour les limites naturelles du monde réel.
La théorie selon laquelle il y aura toujours assez d’argent pour payer tous les intérêts est séduisante.
Mais pour être vraie… elle devrait être vraie à 100 %.
Or c’est impossible.
Premièrement parce que les seconds prêteurs, qui ne sont pas des banques, représentent une bonne partie des prêteurs. Et ils demandent des intérêts sur de l’argent pour lequel un intérêt doit déjà être remboursé.
Deuxièmement, il faut considérer les attentes culturelles. Tous les gens qui ont de l’argent s’attendent à ce que leur argent leur rapporte toujours plus. L’argent qui devrait être dépensé, c’est-à-dire remis en circulation pour que le premier em-prunteur puisse le gagner, est prêté de nouveau avec intérêt – ou investi.
Les deux conditions qui devraient être remplies pour que tous les emprunteurs puissent rembourser le principal plus les intérêts, et donc éteindre véritablement leurs dettes, sont impossibles à satisfaire dans le système monétaire existant.
Rien dans notre système monétaire n’interdit de reprêter l’argent créé à partir d’un prêt. Et rien n’oblige les banques à dé-penser leurs revenus d’intérêts pour qu’ils puissent être gagnés par les emprunteurs – ce qui leur permettrait d’éteindre leurs dettes.
Alors les banques préfèrent investir leurs revenus d’intérêts pour en tirer toujours plus de profits.
Et les banques ne sont pas seules à jouer ce jeu. Quiconque fait faire boule de neige à son argent, pour que son butin grossisse toujours plus, le fait aux dépens des emprunteurs qui ne vont pas trouver l’argent requis pour payer leurs dettes – sauf en s’endettant encore davantage.
C’est pourquoi, comme l’affirme si bien le dicton, les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent. L’argent dont les emprunteurs auraient besoin, aux échelons les plus bas de l’économie de production, est transféré au monde de l’argent virtuel, où tout ressemble à un immense casino. C’est un monde où les transactions ne sont guère que des chiffres, sur lesquels on mise pour gagner de plus en plus gros. Ces chiffres n’ont presque rien à voir avec le réel.
De nos jours, la plus grande partie de l’argent change de main dans l’économie du jeu… c’est-à-dire le marché des changes, les instruments dérivés et les autres instruments financiers avec lesquels les banques et les fonds d’investissements jouent pour s’enrichir.
À titre d’exemple, mentionnons que le total des transactions sur le marché mondial des changes, en une seule semai-ne, est supérieur au total des transactions sur le marché mondial des biens et services durant toute une année. Cette énorme masse d’argent est utilisée continuellement par les spéculateurs qui misent sur les fluctuations des cours. Cet argent existe… mais uniquement dans l’économie du jeu.
Alors, dans quelle mesure les intérêts, qui pèsent si lourds, sont-ils « non remboursables » ?
Pour répondre à cette question, il faudrait pouvoir retracer avec certitude tout l’argent du monde.
Mais comme il y a plus de 6 milliards d’habitants sur la planète, dont la majorité gagnent de l’argent, le dépensent, l’empruntent et le prêtent, les transactions monétaires mondiales sont au moins aussi complexes que les flux des océans – et donc impossibles à retracer.
Cependant la tendance actuelle est claire : la « même vieille histoire » se perpétue. Les riches retirent de plus en plus d’argent de l’économie du jeu, où les simples emprunteurs n’ont quasiment aucune chance d’en gagner. Et la seule manière dont le système peut se maintenir en place, c’est en créant toujours plus d’argent. Or plus il y a d’argent créé sous forme de dette, plus le seul moyen de créer davantage d’argent est de créer de nouvelles dettes – entre autres en accordant des prêts ridiculement faciles à des emprunteurs nullement qualifiés, ou en faisant des dépenses gouvernementales massives en opéra-tions de sécurité et de guerre… ou encore en renflouant les banques en faillite.
(DVD chapter 6)
Voyons maintenant comment le cycle d’un prêt joue sur le phénomène des booms et des chutes, c’est-à-dire sur le cycle économique.
Voici les principales étapes du cycle économique. Tout d’abord, la dépense faite grâce au prêt stimule l’économie. Ensuite, une inflation se produit parce que l’argent créé déprécie la masse monétaire. Et enfin, la déflation suit, au fur et à mesure que les remboursements éteignent graduellement le principal.
Aussi longtemps que tous les cycles de prêts individuels ne se chevauchent pas, ces cycles peuvent produire un effet de plat : ils peuvent créer une masse monétaire relativement stable, et donc des prix relativement stables eux aussi. Mais il faut alors une croissance continue de la masse monétaire, au moins en partie, parce que l’argent requis pour payer les intérêts n’a jamais vraiment été créé.
C’est le modèle sur lequel repose notre économie actuelle.
L’art de gérer l’économie, étroitement défini comme l’art de parvenir à la « stabilité des prix », consiste à éviter les spirales déflationnistes et à maintenir l’inflation à un niveau tel que le système ne craque pas.
Si on examine le pouvoir d’achat du dollar américain en biens réels, au cours du siècle dernier, on voit immédiatement ce qu’est la soi-disant « stabilité des prix ». Le dollar a clairement perdu presque TOUTE sa valeur ! (soit 96 %) et il continue de perdre le reste très, très vite.
Alors, il n’y a PAS eu de stabilité des prix.
Nul besoin d’avoir fait des études supérieures en psychologie pour comprendre comment le comportement humain influe sur ce cycle de prêts individuels, menant au cycle économique collectif.
Si un entrepreneur voit des possibilités d’investir, et réussit bien en empruntant, d’autres feront confiance au système et voudront suivre son exemple.
Et tout effet psychologique mis à part, si une entreprise prend de l’expansion en empruntant de l’argent, ses fournisseurs et ses distributeurs devront fort probablement emprunter eux aussi – sans quoi ils risqueront de perdre cette entreprise comme client.
Le même effet de troupeau se produit quand le scénario est sombre, c’est-à-dire en période de contraction du crédit.
C’est alors que les cycles de prêts individuels ont une tendance inhérente à s’aligner plutôt qu’à être répartis au hasard.
Et quand les cycles de prêts individuels s’alignent, le cycle à grande échelle – c’est-à-dire le cycle économique – émerge sous leurs effets cumulatifs.
Alors résumons : à la suite de l’échange de promesses faites entre la banque et l’emprunteur, la société subit une inflation chronique et dépend des banques pour un apport toujours grandissant d’argent, afin de payer des intérêts qui deviennent im-possibles à rembourser. Le résultat est un cercle vicieux inévitable d’accélération de la dette et de dépréciation de l’argent – menant à l’effondrement déflationniste de l’économie, suivi du chaos social ou de la guerre.
Cette situation catastrophique s’étend à toute la société, causant partout des dommages.
Au fond, nous sommes intoxiqués. Mais pas à l’héroïne, au crédit ! Pourtant, un jour viendra où notre capacité collective à em-prunter et à rembourser tout ce crédit s’épuisera.
C’est pourquoi le besoin existe de provoquer une expansion constante du crédit dans de nouveaux marchés – c’est-à-dire d’amener les gens partout ailleurs dans le monde à s’endetter toujours davantage.
Aux États-Unis, en raison de cette expansion constante, le montant total de la dette pour 2008 a dépassé les 53 trillions de dollars – soit cinq fois le total des revenus annuels du pays tout entier.
L’ensemble de la population est-elle satisfaite de ce système ?
Probablement pas. Mais l’ensemble de la population n’a qu’une idée très vague des raisons du problème… c’est-à-dire du système hermétique de contrefaçon de l’argent et du pouvoir caché qu’exerce le système financier.
Et les banques ? Comment s’en tirent-elles ?
Eh bien, en ayant seulement une toute petite fraction de l’argent qu’elles prêtent, les banques obtiennent des revenus d’intérêts massifs sur les prêts aux consommateurs et sur les hypothèques. De plus, en se servant de leur pouvoir de crédit pour acquérir de vastes portefeuilles d’actions de l’État et d’actions de sociétés, les banques s’approprient le contrôle du gou-vernement et de l’industrie. Et enfin, en raison des inévitables défauts de paiements et forclusions, les banques récupèrent des titres de propriété partout dans le monde.
Enfin, quand tout va vraiment mal, c’est-à-dire quand les emprunteurs sont massivement incapables de rembourser leurs prêts et que les banques essuient d’énormes pertes, le gouvernement doit renflouer les banques avec des milliards de dollars pour sauver le système financier.
Et qui financent tous ces renflouements ? Vous l’avez deviné. Les contribuables.
C’est un exploit étonnant de la part des banques, d’autant plus que la majorité de leurs victimes n’en ont aucune connais-sance.
(DVD chapter 7)
Si vous vous dites : « il devrait y avoir une loi… », eh bien, il y en a une. En fait, il y a tout un ensemble de lois, qui rendent ces opérations parfaitement légales.
Mais comment se fait-il qu’un système pareil soit devenu légal ?
Pour répondre à la question, il faut remonter au milieu du 17e siècle, en Angleterre.
C’est à cette époque que sont apparus de plus puissants navires, qui ont facilité les voyages d’exploration. Le commerce a pris une expansion rapide. Pour faire des échanges, en particulier sur de longues distances et de longues durées, les contrats sous forme écrite sont devenus de plus en plus importants, de plus en plus complexes.
Longtemps en Angleterre, le droit commun avait stipulé que tout contrat devait porter sur l’échange de biens réels. c’est à dire sur le transfert de biens, ou de services, ou encore de droits de propriété. Et c’est sur ces éléments que les tribunaux tranchaient, en cas de conflit.
Si le contrat n’avait pas été fait à titre onéreux – c’est à dire s’il n’y avait pas eu échange de vrais biens ou de vrais droits de propriété – ce contrat était jugé nul et non avenu. Et il était donc rejeté par les tribunaux.
En vertu de ce droit commun, un contrat actuel disant que l’emprunteur donne en garantie une auto dont il n’est pas proprié-taire, contre une promesse de paiement de la banque, ne serait pas valide.
De plus, en cas de conflit, le droit commun stipulait que seules les personnes ayant réellement participé à un échange à titre onéreux – c’est-à-dire les personnes qui avaient livré des biens ou services – pouvaient aller en justice pour exiger le respect du contrat. Ce droit n’était pas transférable à une tierce partie.
Quand les négociants partaient eux-mêmes en expédition autrefois, pour vendre des marchandises, ils achetaient ces mar-chandises dans leur pays avec la monnaie locale. Puis ils les vendaient dans des pays étrangers, en monnaie étrangère. Ensui-te, ils revenaient dans leur pays avec des marchandises de l’étranger, qu’ils avaient achetés en monnaie étrangère. Et une fois de retour, ils les vendaient en monnaie locale.
Mais le commerce devenant florissant et complexe, les négociants ont préféré rester dans leur pays et ils ont tout simplement affrété des navires. Ils pouvaient ainsi importer des marchandises de pays autres que celui où ils avaient exporté. Mais un pro-blème est apparu alors. Les marchandises exportées avaient été payées à l’étranger, en monnaie étrangère. Or transporter cet argent liquide, c’était s’exposer au vol, et surtout à une perte partielle dans la conversion des devises.
La solution a été de créer les lettres de change. Par une lettre de change, le payeur donnait ordre au destinataire de payer au bénéficiaire la somme indiquée.
La signature authentifiait le contrat et seules les participants à la transaction pouvaient aller en justice en cas de conflit sur une lettre de change. Ces lettres étaient donc sans aucune valeur pour un voleur, ou pour une tierce partie.
Vous l’avez deviné : les lettres de change étaient les précurseurs des chèques. Je soussigné le payeur enjoint à ma banque (c’est-à-dire au destinataire) de payer le bénéficiaire (c’est-à-dire la personne nommée sur le chèque) la somme d’argent indi-quée.
Les lettres de change convenaient parfaitement aux transactions entre parties qui ne se connaissaient pas. Elles servaient à ordonner un paiement en liquide dans une région ou dans une contrée lointaine.
Mais très vite, les commerçants ont voulu plus. Ils ont voulu que les lettres de change permettent de rapprocher les paiements parmi de nombreux marchands, dans de nombreux pays. Pour cela, il fallait que les lettres de change soient transférables et exigibles par de tierces parties.
Comme nous allons le voir, c’est alors que le fondement du système bancaire actuel est devenu légitime.
Jusqu’alors, en vertu du droit commun, une tierce partie qui avait acheté honnêtement une lettre de change transférée plu-sieurs fois depuis son émission n’avait pas le droit d’aller en justice pour obtenir un paiement.
Les lettres de change de tierces parties posaient donc des risques inacceptables.
Pour que les lettres de change deviennent un moyen pratique et garanti de paiement pour une tierce partie, c’est-à-dire l’équivalent d’argent liquide, il fallait modifier le droit commun.
En Angleterre, par une série de décisions juridiques datant de 1664 à 1699, les lettres de change sont devenue exigibles par les tierces parties. Si une tierce partie achetait une lettre de change, à titre onéreux et de bonne foi, sans soupçonner de fraude ou de problème quant au droit de vente du vendeur, cette lettre de change était valide et exigible devant un tribu-nal.
Quelles ont été les conséquences de ce changement ? Eh bien désormais, toute lettre de change était considérée légitime une fois qu’elle était vendue.
Les lettres de change et toutes les autres promesses de paiement dûment signées, à l’exception des chèques, sont deve-nues transférables et exigibles légalement – comme le voulaient les commerçants. Les contrats de dettes pouvaient donc être vendus, ce qui facilitait les transactions.
Un nouveau marché est apparu pour les profiteurs : le commerce des lettres de change. C’est alors que le marketing de la dette a commencé.
De plus, il est devenu possible de tromper quelqu’un ou de le forcer à signer une promesse exigible de paiement, puis de vendre cette promesse à une tierce partie à titre onéreux et de bonne foi – promesse alors exigible en justice, contre le signatai-re.
Ce point est devenu l’une des règles fondamentales du Code commercial uniforme, qui régit le commerce aux États-Unis, et par extension dans la plus grande partie du monde.
Pensez‑y un peu.
Si vous achetez un ordinateur portable volé, vous pouvez être reconnu coupable de recel de vol, ce qui est une infraction criminelle. Peu importe si vous avez payé cet ordinateur, sans savoir qu’il avait été volé. Le tribunal le rendra à son propriétaire légitime. Et vous, innocent ou pas, vous perdrez votre argent et vous pourrez être accusé d’un crime.
Mais si vous achetez un accord de prêt à une banque, à titre onéreux et de bonne foi, peu importe que ce contrat résulte de manoeuvres frauduleuses. En vertu des lois commerciales, le signataire devra payer – et un tribunal veillera à faire respecter cette obligation.
De nos jours, les contrats de dettes prennent de multiples formes, dont les plus connues sont les prêts et les hy-pothèques.
Notons en passant que c’est à l’époque de tous ces changements de loi que la toute nouvelle Banque d’Angleterre a été fon-dée – première banque autorisée par l’État à créer de l’argent à partir de rien. Les nouvelles lois arrivaient à point : elles per-mettaient à cette nouvelle banque de faire valoir ses contrats « sans valeur », signés par les soi-disant « emprunteurs ».
Les rares personnes qui ont découvert la vraie nature de leurs prêts bancaires et qui ont tenté de contester en justice la validité de leurs contrats de dettes ont découvert que ces lois contractuelles commerciales restent le fondement inat-taquable du système d’argent-dette.
La banque peut très bien avoir vendu l’accord de prêt original à une tierce partie, à titre onéreux, une seule chose compte pour un juge – même si cette tierce partie est une associée de la banque : qui est le propriétaire du document ? que dit le docu-ment ? et qui l’a signé ? Le fait que la banque ait omis d’informer l’emprunteur de la vraie nature de l’accord de prêt, et l’absence de tout argent réel prêté par la banque, n’ont AUCUNE importance.
(DVD chapter 8)
En conclusion, il semble bien que le système bancaire contemporain repose sur plusieurs infractions au droit commun – et au simple bon sens.
La première, c’est celle qui est commise par l’emprunteur quand il s’engage à donner en garantie un bien dont il n’est pas encore propriétaire. La banque est complice, car elle accepte cette promesse frauduleuse comme garantie du crédit qu’elle va créer.
La seconde, c’est l’omission par la banque de divulguer la vraie nature du contrat. La banque dit qu’il s’agit d’un prêt, faisant croire à l’emprunteur qu’elle lui prête de l’argent réellement existant. Mais la banque sait bien qu’elle émet uniquement une nouvelle promesse de paiement. Une promesse que la banque n’aura probablement jamais à te-nir.
La troisième, c’est que l’accord de prêt devrait être invalide. Car un contrat impossible est légalement invalide. La banque crée un contrat impossible car les conditions exigées pour que les emprunteurs puissent rembourser le principal plus les intérêts ne sont pas remplies.
À moins que le système n’exige le recyclage à 100 % du principal et des intérêts, ce qu’il ne fait aucune-ment, certains emprunteurs ne pourront pas rembourser et perdront donc leur garantie, à cause de la pénurie systémati-que d’argent.
La quatrième infraction, c’est la violation de la loi naturelle par la loi des contrats, qui confère automatiquement le titre légi-time d’un contrat à une tierce partie quand ce contrat a été cédé à titre onéreux : il y a infraction au principe selon lequel on ne peut pas céder un titre qu’on n’a pas.
Mais la fraude la plus vaste, c’est que la plupart des gens qui travaillent pour produire les vraies richesses du monde sont lourdement endettés et risquent de tout perdre – au profit des banquiers qui fabriquent de l’argent à partir de simples promes-ses de paiement.
En fin de compte, nous sommes prisonniers d’une économie qui doit prendre de l’expansion de plus en plus vite, pour sui-vre la croissance effrénée de la masse monétaire – faute de quoi tout le système s’effondre.
Le système monétaire actuel refuse de reconnaître que l’économie réelle est limitée par les richesses naturelles limitées de notre planète et par notre capacité limitée à gérer les déchets.
Oui, notre planète a des limites. Et par conséquent, l’économie ne peut pas gonfler à un rythme toujours plus rapi-de.
Notre système monétaire actuel ressemble à l’autobus du film Speed. Cet autobus ne peut pas ralentir, faute de quoi la bombe placée à bord va exploser.
Mais pour nous, la situation est pire encore, car le taux de création de la dette doit s’accélérer sans fin, sinon c’est le krach de l’économie toute entière.
La notion la plus mensongère de l’économie contemporaine, c’est qu’une croissance infinie, toujours en accélération, est possible. C’est une illusion, créé de toutes pièces par la course aux profits. Un krach économique, social et environnemental sans précédent paraît inévitable, car le système monétaire semble incapable de s’adapter.
Rien d’étonnant alors que les réformateurs du système monétaire partout dans le monde affirment que ce système monétai-re tout entier doit être complètement repensé, à partir de zéro.
(DVD chapter 9)
Alors, quelle est la solution ?
L’une des options souvent suggérée est de revenir à l’étalon or. Les partisans de cette option disent que l’or est une vraie monnaie, car c’est un métal indéniablement précieux. Pour eux, la valeur de la monnaie devrait reposer sur la rareté de son standard de référence. En règle générale, les défenseurs de cette position croient aussi que l’argent de-vrait être indépendant de tout gouvernement.
Une autre école, diamétralement opposée, croit que la création de l’argent devrait être la prérogative exclusive du gouvernement, qui représente tous les gens, et qui devrait créer et dépenser l’argent dans l’intérêt public. Ayant repris le pou-voir de créer de l’argent rien qu’à partir des dépenses faites par lui, le gouvernement n’aurait plus jamais besoin de s’endetter ou de payer des intérêts.
Bien sûr, si le gouvernement dépensait sans compter, la monnaie perdrait toute sa valeur. Pour empêcher l’inflation, l’argent créé devrait être éteint lui aussi. Ceci pourrait se faire au moyen de multiples formes d’impôts, redevances et frais modérateurs. Les dépenses engagées par le gouvernement, et les impôts recueillis par lui, seraient alors inter-reliés et égaux, parfaitement équilibrés.
L’objectif des impôts serait de stabiliser les prix, étant donné que le gouvernement n’aurait plus aucun besoin de revenus d’impôts pour fonctionner.
Au fil des siècles, le système monétaire fondé sur l’étalon or et divers systèmes de crédit monétaire gouvernemen-tal ont été utilisés. Mais le système fondé sur l’étalon or a toujours dominé, jusqu’au 20e siècle. Chacun des autres systèmes fonctionnait bien, dans son pays respectif, car l’argent était accepté pour le paiement des impôts. Cependant, jusqu’à l’invention des moyens modernes d’échanges, le commerce international devait se faire en fonction de l’or.
Ajoutons à cela que, depuis des millénaires, l’or nous fascine. Longtemps, nous avons été habitués à croire que la valeur de la monnaie devait reposer sur la valeur d’une vraie richesse monnayable – par exemple, des pièces d’or.
Mais ce n’est pas le seul concept qu’on devrait se faire de l’argent. En tout cas, plus à notre époque de l’argent-dette !
Fondamentalement, l’argent est tout simplement une idée… inventée par les humains pour passer d’une économie de subsistance à une économie complexe. C’est l’apparition de l’argent qui a rendu possible la spécialisation du tra-vail et l’échange indirect des biens et des services.
L’évolution de la monnaie a été longue, commençant par le simple troc et l’échange de marchandises, puis passant à l’échange de pièces, de promesses de métal précieux, de promesses de billets, et maintenant de promesses numériques de payer des promesses numériques. Mais tout au long de cette évolution, l’objectif a été de donner plus de souplesse au systè-me, grâce à des promesses pratiques et sûres de paiement.
Le problème avec les promesses de paiement, c’est qu’elles offrent d’immenses possibilités de tricher, de créer beaucoup plus de promesses qu’il n’y a de biens réels pour les garantir.
Alors, existe-t-il un moyen de rendre l’échange d’argent réel aussi pratique et sûr que l’échange de promesses de paiement ?
Oui, c’est maintenant possible. Avec la monnaie numérique, pratique et sûre, rendue possible par les nouvelles technologies de cryptage.
Voilà comment marche ce système. Imaginez que vous prenez le numéro de série d’un billet, et que vous faites disparaître le support papier du billet. Qu’est-ce qui vous reste ? … Un dollar numérique, qui peut être transféré électroniquement partout dans le monde, aussi facilement et aussi sûrement qu’une promesse de paiement.
La différence… qui est monumentale… c’est que ce dollar électronique est pareil à une pièce de métal : il ne peut jamais être simultanément dans deux endroits différents.
Il est donc possible d’empêcher la multiplication des promesses, en exigeant un paiement en liquide, en espèces, ou sous forme numérique. Et plus besoin de déposer ces dollar numériques à la banque, car ils sont tout naturellement placés en sécu-rité. De plus, ces dollars peuvent être transférés sur Internet.
Autre avantage : la monnaie numérique instantanément transférable pourrait permettre diverses fonctions intelligentes, im-possibles avec les autres formes de monnaie.
Par exemple, avec une simple programmation, l’argent pourrait calculer sa propre valeur, en éliminant toute spé-culation, toute manipulation et toute erreur humaine. Pas mal, non ?
Déjà, on s’efforce de réformer le système monétaire par des modifications de loi. Ainsi, aux
Actuellement, partout dans le monde, des gens et des organismes comprennent les problèmes et les injustices causés par notre système monétaire. Vous pouvez vous joindre à leurs efforts pour apporter les changements fondamentaux dont notre monde a besoin.
CONCLUSION :
« Parlez à vos amis. Une crise financière, c’est le moment de tirer des leçons ! Quand le gouvernement doit renflouer des ban-ques, qui lui prêtaient auparavant de l’argent, les contradictions, les fraudes et les failles du système deviennent claires pour tous. Les solutions deviennent claires elles aussi, il suffit d’ouvrir les yeux.
Nous ne pouvons tout simplement pas continuer ainsi. Faire quelques ajustements au système actuel ne suffira pas. Les chan-gements à apporter sont radicaux. Ils doivent bénéficier à tous – et non pas à une petite poignée de privilégiés. Pour y parvenir, nous devons rejeter les vieilles hypothèses et les croyances erronées. Nous devons oser une métamorphose complète!… Le temps est venu de passer à l’action ».
Derrière l’économie il y a « les hommes » :
Ceux qui se cachent parcequ’ils héritent des faveurs du système délèguent des malades mentaux pour donner une « figure humaine » à leur pouvoir occulte.
Derrière « l’argent-dette » il y a « l’argent-roi » et donc du génie malfaisant mobilisé pour bien maintenir le couvercle de l’oppression « endettement » sur la marmite où se cuisent les délices de la « domination de classe ».
yzokraS l’a dit et redit pendant 90 minutes à 8 millions de nigauds(7.999.999 exactement : j’y étais « en plus »…) scotchés devant leur TV :
« je ne suis pas là pour que tout le monde gagne la même chose »…
Si un mot avouable pouvait résumer sa pensée, ce serait un euphémisme !
@ Alain
je viens de poster ceci sur le site de PJ ‚dans le fil de la vidéo de la semaine (encore en modération à cette heure )
« …Bonjour à Tous,
Natixis conclue son Flash en disant :
« ….On ne peut qu’être frappés du contraste entre l’optimisme présent au sujet de la situation des économies, aux Etats-Unis et dans la zone euro, et l’ampleur des difficultés structurelles… »
il semble raisonnable de penser que cet « optimisme » est celui d’un joueur de poker-menteur qui essaie d’induire en erreur son adversaire….
j’infère ceçi dans la mesure où les personnes ayant un pouvoir de décision communiquant sur ce point sont vraisemblablement mieux informés que le citoyen lambda que je suis.
c’est juste une métaphore..
je ne veux plus rentrer dans le débat stérile de la théorie du complot….
il s’agit simplement de réaliser que les temps vont ètre dur , la concurrence acharnée sur les marchés (de moins en moins de moyens financiers et donc surproduction , une crise de 1929 « rampante » ?) , sur les ressources énergétiques et que cela risque (je dis bien « risque ») d’induire des conflits d’intérêts amenant certains à s’organiser au détriment de l’intérêt commun qui serait de mettre en commun ressources et moyens ……
quand à savoir si cet optimisme « factice » sert à produire un climat de défiance (dans la mesure où il apparait tellement, à un observateur moyen ‚en discordance avec le réel qui s’installe ) qui « préparerait » un climat de catastrophisme utile à faire passer quelques « couleuvres » , je n’en sais rien.…. »
nous sommes loin de connaitre toutes les cartes , Zykosar n’est peut-ètre pas beaucoup plus informé finalement , en tout cas de façon significative.…
en tout cas , il semble patauger…avec les responsabilités que certains lui ont confiés , j’en ai froid dans le dos…
ma thése serait que l’on prépare le lit des véritables Populistes en laissant s’installer au pouvoir des personnages aussi peu clairvoyant.
par ailleurs quand vous dites « derrière l’économie , il y a les hommes ».…je dirais plutôt « derrière l’économie , il y a DES hommes » , les autres (de plus en plus nomnbreux) étant VIRés du système d’échange dominant , d’où la montée de leur violence légitime +++
sur un autre sujet (la reforme du capitalisme ? « mettre fin à la confusion des interets.… ») , mais est-ce vraiment un autre sujet ?
j’ai posté cela sur le site de PJ : : »
je dirais « sanctuarisation=mission impossible »
pour m’expliquer un peu plus , je dirais que c’est bien de cet échec à régler les problèmes humains que véhicule cette logique binaire bien-mal , public-privé , vrai-faux qu’il faut parler.
car ‚même si elle a permis (cette logique) pendant 25 siècles les « progrès » que nous connaissons , notamment la machine binaire qu’est l’ordinateur (!!!) , nous risquons dans les années qui viennent d’en goutter amèrement les inconvénient , « à regre(t)s »…si nous continuons à jouer à l’autruche.
pas de solution , hormis une remise en question radicale de notre subjectivité , qui est tout sauf binaire …tout sauf computérisable ….
le « je suis dans une impasse , je reviens en arrière au dernier carrefour et j’essaye une autre direction », c’est fini .
on a mis le feu au pont qui nous permettait de rebrousser chemin car nous avons eu besoin du bois dont il était fait .
comme des ànes , que nous sommes!!!!
on a pratiqué la technique barbare de la terre brulé .
IMAGINONS des solutions, plutôt que de nous rabattre sur les vielles recettes mille fois utilisées , sans effet.
le potentiel créateur de l’homme est le seul espoir de dépasser la crise actuelle.
pour autant , il s’agit de laisser l’imaginaire s’exprimer… »
en espérant que ma dysorthographie continuera de « séduire » notre amie Catherine..
toujours sur l’interet public ‑versus interet privé
@ betov
vous semblez faire un contre-sens sur ce que j’entends par « vie »…mais c’est normal , j’ai été un peu « lapidaire » !!!,désolé.
pour le terme de « naturel »…..je dirais que tout ce qui m’entoure plus moi est naturel….dans le sens où tout cela est régie par les lois de la nature telle que l’homme a pu les décoder (même le plutonium…même s’il n’existe pas à l’état naturel…et qu’il a nécessité intervention humaine) , jusqu’à présent.
en un mot , je n’y vois pas d’artifice , sinon une évolution .
depuis l’état primordial (le big bang pour reprendre l’image que nous offre la cosmologie) , la nature s’est complexifiée , sans intervention humaine la plupart du temps…l’homme fait partie prenante de cette évolution ‚tout comme la nouvelle souche mutée de virus H1N1, l’americanium. ….etc..et après ? nous verrons…..
peut-être parlez vous de nature sauvage , ce qui pré-existe à l’homme ?
donc , j’imagine que vous ne serez pas facilement d’accord avec moi sur ce point.
vous dites « …Qu’est-ce que « la vie » vient faire là-dedans… »
je dis qu’il faut « dépasser » cette dichotomie privé-public si nous voulons avancer un peu.
nous avons tous des intérêts « propres » , que nous partageons éventuellement avec d’autres …cela fait-il intérêt commun qui puisse être « candidat » au statut d’intérêt public ?
c’est la première question qu’il s’agirait de réfléchir avant de d’envisager des solutions trop hâtives.
ne trouvez-vous pas que l’on a fait assez d’âneries comme çà.
pourriez-vous étre plus explicite quand vous parlez de dominance sociale , j’aimerais pour argumenter que vous clarifiez cette expression.
car n’étant pas d’accord sur votre diagnostic concernant la limitation des violences inter-individuelles (tant sur le plan quantitatif que qualitatif , la Shoah , c’était il a 1⁄2 siécle , la Cambodge , le Rwanda…mince , il y a eu encore des morts aujourd’hui en Afgansitan…)) , j’ai besoin d’en savoir plus.
merci
cordialement
Faut-il « sortir du piège » ou bien faut-il « subvertir » le piège ?
Ce sont des « humains » qui ont monté plus ou moins sciemment ce « piège », et toute sa « dynamique » nous est donc absolument « accessible ».
Pour autant, il serait dangereux de « simplifier » en négligeant toutes les conditions apparemment « extérieures » au piège, alors qu’elles font aussi partie du « dispositif global ».
Sérier les questions nous conduit, si nous somme en quête de « d’approche économique de la souveraineté », à bien voir ce qui est devenu « le coeur du dispositif » :
« l’argent dette » y ressemble fort.
pour toucher à ce fameux « crédit », on doit savoir dans quelle nouvelle perspective humaine le « crédit nouveau » devra servir, et c’est celle d’une souveraineté nouvelle.
On alterne forcément « en boucle » :
tantôt dans l’imaginaire « progressiste » ( lequel rêve en fait de « conserver » ce qui dans « l’humain » peut faire encore rêver, et « dépasser » ce qui dans le monde tel que l’humain a su le faire jusqu’ici, contredit cet humain lui-même…)
tantôt dans « la technique économique », essayant de savoir comment « renverser la vapeur » d’une machine soi-disant « incontrôlable ».
Il me semble percevoir « un devoir citoyen » non encore écrit, et qui corespond à « un droit citoyen » non encore acquis, dans cette « intervention à la fois en économie et en politique ».
Il y correspond une « revendication » qui devrait « remuer les foules par les temps qui courent », et unir le fameux « mouvement social » avec un « nouveau mouvement citoyen » :
le triple droit de formation, d’information et d’intervention des citoyens dans le contrôle des institutions économiques.
Il y va de la notion même de « responsabilité humaine ».
C’est ce que j’appellerais « faire face » par opposition à l’attitude de « fuite vers un monde sans économie » où semblent se cantonner des « considérations exclusivement introspectives sur l’humain ».
Mais j’enfonce une porte ouverte ?
Chers amis, j’espère que vous comprendrez pourquoi je cède à la tentation de citer « l’Huma-Dimanche » de cette semaine, et particulièrement Michel Onfray interrogé sur la question de savoir « comment résister au sarkozysme »…
Bien sûr le philosophe se veut provocateur et pour ma part je pense sérieusement ce lui sans doute s’amuse à répondre à l’Huma :
« vociférer contre Sarkozy est vain »…
Alain, peut-être que ceci vous intéressera :
http://www.pauljorion.com/blog/?p=7416#comment-53013
Le billet complet à pour titre Pouvoir et corruption
Bonsoir et Merci NingùnOtro ! En effet !
J’y suis allé de mon petit commentaire, mais je doute qu’il franchisse le filtre des « convenances ». Ceux que j’ai lus m’ont pourtant intéressé et « Paul » (comme l’appelle Etienne), a une expression séduisante, visant juste, mais avec des projectiles inadaptés à la cible. Tel est mon avis, certainement trop prétentieux, car je crois avoir compris que pour Jorion « le pouvoir ne corromp pas, c’est la sélection des élites qui est corrompue »…
Notre problème ici est d’aboutir à ce que ce ne soient pas exactement « les élites » qui exercent « le pouvoir », mais que le peuple exerce sa souveraineté en contraignant les « élites » aux actes utiles à ses fins…
(ce qui se pensa « dictature du prolétariat », et qui finit en effet en « ruse de nomenclatura »…).
Bref, qui dit « élite » lance un projectile inadapté en direction de « la démocratie » !
…amicalement.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Paul_Grignon/Suppression
Si vous avez un compte wiki … donnez votre avis pour sauver la page !
Version sous titrée ??
Merci beaucoup à vous pour le lien sur la retranscription cela est également très utile pour ceux qui ne peuvent voir ou entendre la vidéo (handicap visuel ou auditif).
Ayant un handicap auditif, je recherche désespérément la version sous titré en français.
Peut être connaissez vous le lien vers cette version ?
D’avance merci 🙂
Bonjour,
Le parti dont vous parlez en début de post existe, c’est l’UPR, dirigé par François Asselineau.
Faites comme moi, adhérez :
http://www.u‑p-r.fr/
http://www.facebook.com/upr.francoisasselineau
La dette des états représentant la plus grande spoliation des populations qu’on n’ait jamais vue, merci de me dire ce que vous pensez de cette proposition…
http://www.petitions24.net/pour_labandon_de_la_dette_et_la_nationalisation_des_banques
La dette à profité à qui ?
la dette , le déficit ( regardez les chiffres sur l’insee )s’est mis en route sous le régime socialiste de Mitterrand.
Ensuite les gvts suivants ont maintenu les budgets.….
En 1997⁄2001 , Jospin aurait pu inverser la tendance mais même avec une croissance très forte , les budgets furent déficitaires. Les socialistes ont dépensé…
Sarkosy a fait des efforts mais la crise est venue.…imaginez si la gauche avait été au pouvoir nous serions presque dans la situation de la Grèce.
La gauche et la droite ont mis le pays dans le pétrin.
Essayez d’être plus objectifs :
qui a profité de cet endettement ? pourquoi à t ‑on emprunté ?
les ouvriers en ont profité, les employés , les cadres , les fonctionnaires territoriaux, et les banques évidemment.
Tous les citoyens en ont profité, il est inexact d’écrire que le peuple ne veut pas payer pour les erreurs des autres , c’est le peuple intéressé qui a élu nos dirigeants au vu de promesses de dépenses qui ont couté cher.…
Nous vivons au dessus de nos moyens depuis des décennies.
et ce n’est pas en nationalisant la dette que l’on trouvera la solution , l’économie sera alors asphyxiée, atone.
La peuple n’est pas sage.
Il suiffit de lire le traité de Consitution Européenne page 6 fixant les objectifs de ce traité.
Imaginer qu’un traité puisse devenir une constitution, c’est un tour de magie.
Alinéa 3 : « L’Union oeuvre .…pour une économie sociale de marché hautement compétitive ».
Le terme « sociale » porte sur les salariés. Une constitution à 263 pages, du jamais vu quand celle de la France tient en 49 pages avec de belles perles
Article III-184 du Traité de Constitution Européenne : « 1. Les États membres évitent les déficits publics excessifs. »
Une phrase qui ne veut strictement rien dire (non mesurable, non quantitfiable).
Vous savez où je peux télécharger la vidéo dans une résolution correcte ?
merci d’avance