Bonjour à tous.
Après six mois passés sans publier un billet (ni actualiser ma page de ‘Liens’, signe de découragement profond, inédit depuis cinq ans), c’est avec plaisir que j’accueille ici la réflexion d’un homme qui est devenu un ami cher : André-Jacques Holbecq a préparé un commentaire très intéressant au récent livre de Paul Jorion, « L’argent, mode d’emploi », commentaire qui tâche de rapprocher les points de vue après dix-huit mois de riches débats sur le blog de Paul, et de clarifier les points qui restent en controverse.
Paul n’a pas accepté de publier ce commentaire en billet invité. Pourtant, cette réflexion, je trouve, avait sa place chez Paul car de nombreux lecteurs y sont aguerris aux discussions monétaires, et aussi parce que c’est dans la controverse que tout le monde progresse, pas dans le consensus (surtout contraint…). Mais Paul semble fatigué de ce débat et refuse de plus en plus de contributions sur ce sujet qu’il estime épuisé.
C’est dommage, mais nous n’y pouvons rien.
Par contre, nous pouvons publier chez nous ce que bon nous semble, et je soumets donc au feu de votre critique cette synthèse intéressante d’André-Jacques.
Ne ratez pas l’exemple du petit banquier directeur d’agence, et le point de vue des employés de chaque banque : c’est une très utile explication pour comprendre la controverse avec les professionnels de la finance comme Paul. Les coups de surligneur sont de moi, comme d’habitude 😉
André-Jacques, je te laisse la parole :o)
Étienne.
« L’argent, mode d’emploi » : un commentaire, par A‑J Holbecq
Comme sans doute beaucoup de lecteurs du blog de Paul Jorion, j’ai terminé la lecture de « L’argent, mode d’emploi », et j’aurais aimé que Paul me permette de m’exprimer dans un billet invité. Il m’a dit qu’il n’en a pas le temps, dont acte. Mais comme Étienne m’a gentiment proposé de publier cette réflexion sur son propre blog, c’est ce que je vous propose aujourd’hui.
Il est indéniable que beaucoup de points nous rapprochent, Paul Jorion et moi. Par exemple, pour ne prendre qu’eux, nos analyses sur la spéculation, l’intérêt et les paradis fiscaux.
Néanmoins, deux points importants nous séparent encore, et je vais tenter de m’expliquer sur les deux : nous mettre d’accord sur ceux-ci permettrait d’effacer beaucoup d’incompréhensions mutuelles, mais surtout de mieux œuvrer pour le bien commun.
1 – Sur la monnaie (ou l’argent, appelons-les comme nous voulons), nos définitions sont évidemment différentes
Le « système bancaire » considère la monnaie fiduciaire et la monnaie scripturale (peut-on les appeler argent fiduciaire ou argent scriptural ?), ainsi que les masses monétaires de la plus liquide (M1 ; monnaie fiduciaire + dépôts à vue) à la moins liquide (M3), « placée » jusqu’à 24 mois.
Mais on peut se demander : « pourquoi pas à 2 ans et 1 jour ? »
Simplement parce qu’il faut bien une limite. Au dessus de cette limite, et également en ce qui concerne d’autres actifs, les placements ne sont plus considérés comme de la monnaie mais comme de l’épargne.
Pour ma part, et bien que n’étant globalement pas d’accord avec ces actuelles définitions de ce qu’est la monnaie, je pense que pour se comprendre, il est nécessaire de parler la même langue et donc, j’accepte, faute de mieux, leurs définitions et leurs classements : mais nous pourrons en débattre.
Je rajoute, pour être tout à fait clair, que toute la monnaie des banques commerciales (plus de 92% de M3), — que Paul Jorion appelle « reconnaissances de dettes » —, est à mon sens de la « fausse monnaie » qui devrait être interdite à la fabrication privée et remplacée par de la monnaie centrale scripturale ; sommes-nous d’accord sur ce point ?
2 – Sur la création monétaire ou plutôt la création de « reconnaissances de dettes » par le système bancaire privé.
Là, il me semble que Paul et d’autres ont mal compris le fonctionnement du système. Il est possible que les explications n’aient pas été assez claires, il est possible que certains se soient un peu « mélangé les pinceaux ». Et à partir de ces prémisses fausses qui ont été retenues dans la critique, se gausser de ceux qui défendent l’existence d’une possibilité « boule de neige » lors de la création de « monnaie dette » (monétisation de créances) par les banques commerciales devient évidemment facile.
Pour Paul (si j’ai réussi à suivre son raisonnement qui n’est évidemment pas le mien), si Casimir dépose 100 de monnaie scripturale sur son compte à sa banque (dépôt à vue), le système de réserves fractionnaires (disons de 10%) permettrait à sa banque de prêter 90 à Oscar en les retirant (sans le lui dire) des 100 de Casimir, qui, les déposant à sa propre banque pourrait ainsi prêter à Auguste 81 en les retirant du compte d’Oscar (toujours sans le dire), etc. (p.142 et suivantes).
Chacun pense donc qu’il détient une certaine somme correspondante à ce que lui indique son relevé bancaire, alors qu’elle ne serait que de 10%, si l’on suit ce raisonnement.
J’ignore d’où vient cette mauvaise compréhension qui part sur l’idée que les banquiers prêtent une partie des dépôts à vue de leurs clients et gardent 10% (ou tout autre montant) en « réserves fractionnaires » ; ne serait-ce pas de la réflexion des banquiers qui considèrent que pour prêter il leur faut des ressources ?
Plutôt que de répéter la démonstration qu’on trouve habituellement dans tous les livres d’économie, à savoir l’explication par étape en considérant d’abord que tout le système n’existe qu’au sein d’une seule banque, puis en introduisant deux banques avec des parts de marché différentes, puis pour finir en introduisant une banque centrale dans la démonstration, (banque centrale qui seule peut satisfaire à la demande de monnaie centrale, la plus connue étant la monnaie dite « fiduciaire »), essayons de nous mettre à la place du « petit » banquier, simple directeur d’agence.
Dans son activité, ce banquier, trésorier d’agence, ne s’inquiète pas de savoir s’il crée de la monnaie ou pas : le banquier-trésorier va uniquement chercher à équilibrer ses comptes à la Banque Centrale (la « banque des banques »), par rapport aux autres banques. Si sa banque prête trop par rapport aux autres, c’est le système qui va la rappeler à l’ordre, car il faudra soit qu’il s’endette auprès des autres banques (et les lignes de crédit ne sont pas illimitées), soit qu’il mobilise des actifs sur le marché monétaire (et là non plus, son bilan n’est pas inépuisable.…)
1 – Au niveau d’une banque prise isolément, les deux positions suivantes correspondent à l’expérience du banquier :
a) il crée des dépôts en achetant (en monétisant) une créance (une reconnaissance de dette) et en payant cet achat de créance par une inscription immédiate du montant au crédit du compte à vue du client, lequel pourra utiliser ce compte pour régler ses dépenses.
b) il a besoin de dépôts pour le financer car il va devoir financer son déficit de trésorerie vis à vis des autres banques.
Donc le banquier isolé n’a pas le sentiment qu’il peut créer de la monnaie avec son stylo, parce qu’il faudra bien qu’il « finance » le prêt qu’il a accordé.
2 – Au niveau du système bancaire dans son ensemble, toutes les banques prêtent (elles font toutes le point 1a ci-dessus), et vont donc (pas forcément consciemment) se refinancer les unes les autres.
Prenons un cas très simple où la monnaie n’est composée que de dépôts bancaires (pas de réserves obligatoires ni de demande de billets de la part de sa clientèle, la seule nécessité restant la compensation interbancaire) et où l’ensemble des dépôts des clients dans tout le réseau bancaire est de 100 000.
Supposons une toute petite banque A qui fait 1% de part de marché de l’ensemble des dépôts toutes banques confondues. Les dépôts de ses clients sont donc de 1 000 et la part de marché des autres banques prises dans leur ensemble est donc de 99% de l’ensemble des dépôts, ce qui représente un total de 99 000
Supposons que cette banque A augmente ses crédits (et donc – instantanément – ses dépôts à vue) de 100 (10%). Elle va devoir financer 99 (la quasi totalité) qui part vers les autres banques (les fuites), puisque 99% des comptes à vue sont détenus par des clients dans les autres banques (toutes choses égales par ailleurs).
Mais, heureusement, les autres banques vont aussi prêter (si elles ne le faisaient pas, elles perdraient une partie de leur clientèle qui irait vers la banque prêteuse et donc des dépôts), c’est-à-dire créer des dépôts et subir des sorties qui vont aller vers les autres banques.
Supposons donc que les autres banques augmentent leurs crédits/dépôts à vue de 10% également, c’est-à-dire de 9 900. Elles vont subir globalement une fuite de 1% de 9 900 vers la banque A soit 99.
La banque A reçoit donc ces 99 sous forme de dépôts, lesquels vont « financer » le crédit qu’elle a consenti, mais on comprend bien que le crédit qu’elle a fait précède les dépôts.
Donc, le système bancaire dans son ensemble aura créé 10 000 de monnaie de crédit, mais chaque banquier-trésorier aura eu le sentiment qu’il les a financés par des dépôts venant des autres banques et qu’il a ainsi mobilisé de l’épargne préexistante. Ainsi, le témoin extérieur de cette opération aura l’impression que ce sont les dépôts à vue qui sont prêtés, alors qu’il s’agit de création monétaire par le crédit, créant ces dépôts.
Dans ce qui précède la simplification est patente. Un réseau bancaire (« une banque »), lorsqu’il monétise des créances, est tenu de disposer :
a) Dans son bilan, de sensiblement 8% (qui peut descendre à 4%) des crédits en cours sous forme de capitaux propres pondérés formant une « base de capital » (ratio Mac Donough dans le cadre des règles de Bâle II). Il n’y a évidemment pas de dépôt de ces 8% en banque centrale, mais ce sont ces besoins de 8% de fonds propres qui expliquent l’idée que les banques peuvent créer 12,5 fois la monnaie qu’elles détiennent.
b) d’une certaine quantité de monnaie centrale correspondant à ce que l’on nomme « fuites », et qui correspond 1) à la demande de monnaie fiduciaire par le secteur non bancaire, 2) aux réserves obligatoires – montant bloqué en Banque Centrale – et correspondant à 2% des dépôts (dépôts à vue, dépôts à terme d’une durée inférieure ou égale à deux ans, dépôts remboursables avec un préavis inférieur ou égal à deux ans, titres de créances d’une durée initiale inférieure ou égale à deux ans), 3) aux besoins de compensation qui se produisent dans les cas montrés ci-dessus.
S’il est connu que l’ensemble des réseaux bancaires (puisque les compensations entre les banques s’annulent), peut émettre une quantité limitée de monnaie scripturale (reconnaissances de dettes), à partir d’une quantité donnée de monnaie centrale qu’il détient ou qu’il peut se procurer. Ce coefficient multiplicateur est connu de tous les économistes et il est égal à 1 / [X + Z (1 – X)] (avec X le coefficient de préférence pour les billets et Z celui des réserves obligatoires).
Un exemple avec X=13% des dépôts et Z=2% des crédits donne ce multiplicateur théorique (encore faut-il la demande ou la faiblesse d’une épargne préalable proposée sur le marché) à 6,7842.
Néanmoins, dans un document récent (6 mai 2009), Patrick Artus a confirmé que les banques n’utilisaient pas totalement ce pouvoir de création monétaire : « Une porosité entre base monétaire et masse monétaire est le multiplicateur monétaire. Or, il s’est effondré. Alors que les banques européennes génèrent habituellement 4800 euros à partir de 1000 euros de monnaie banque centrale, leur capacité de création monétaire est tombée à 3500 euros depuis Lehman. »
Pour finir n’oublions pas de préciser que lorsqu’un emprunteur rembourse, à sa banque, le capital emprunté (et dépensé), sa banque efface sa reconnaissance de dette : la monnaie est ainsi détruite (nous ne parlons pas ici des intérêts). En effet la création de monnaie scripturale par un réseau bancaire est stricto sensu l’inscription simultanée du montant du crédit sur le compte de l’emprunteur qui va ainsi pouvoir payer ses fournisseurs, parallèlement à l’inscription de la dette (je préfère dire « la garantie »), à l’actif du bilan de la banque. Inversement, le remboursement du prêt équivaut à la suppression simultanée de l’inscription à l’actif et du montant équivalent sur le compte de l’emprunteur (qui avait donc dû le rendre créditeur du même montant) : il n’y a pas de transfert du capital remboursé de la part de l’emprunteur vers la banque.
Je précise bien que nous avons parlé ici de la création de « monnaie » bancaire privée scripturale et non du second rôle des banques, celui de « circulateur d’épargne », comme l’écrit André Chaîneau : « L’étonnant est que pendant très longtemps – et peut-être même encore ! – la création monétaire a été ignorée comme élément des moyens de financement de l’économie ! En effet, la théorie limitait l’offre de fonds prêtables à n’être qu’une offre de ressources épargnées par les agents du secteur non bancaire, une offre qui ne débordait pas du cadre de ce secteur non bancaire. En conséquence, le secteur bancaire était ignoré ! Mais le problème que les banques vont maintenant poser n’est évidemment pas celui de leur existence, mais celui de leur double fonction. Elles ne sont pas seulement les institutions créatrices de monnaie étudiées jusqu’à maintenant ; elles sont également des institutions collectrices d’épargne. Aussi participent-elles au financement de l’économie non seulement en y injectant de la monnaie, mais également en y faisant circuler l’épargne. »
Mais, d’où vient cette épargne préalable ? Qui l’a « fabriquée » à l’origine ? Je vous laisse y réfléchir
——
Il faut aussi répondre à deux questions souvent posées.
a) – « pourquoi les banques devraient se prêter de l’argent entre elles, ou, à défaut, se refinancer à la banque centrale si elles peuvent créer de la monnaie ? »
La réponse est simple : si elles peuvent (sous certaines conditions) créer leur propre monnaie, leurs concurrentes n’acceptent, elles, que de la monnaie banque centrale, qu’aucune banque commerciale ne peut créer. On se retrouve dans le cas explicité précédemment, à savoir que les « fuites » vers d’autres réseaux sont proportionnelles à la part de marché des dépôts. Créer de la monnaie pour elles mêmes aurait comme conséquence que cette monnaie va fuir vers d’autres banques au prorata des parts de marché de ces dernières.
b)- « pourquoi les banques, si elles peuvent créer la monnaie, peuvent-elles faire faillite » ?
La réponse est quasiment la même que celle de la question précédente. Néanmoins nous avons tenté de préciser et les réponses, un peu trop longues pour que cet article reste digeste, sont visibles sur la page http://monnaie.wikispaces.com/Dette-FAQ.
Il reste que, aussi bien Paul que moi-même, appelons de nos vœux un système bancaire plus sain dans lequel les banques commerciales ne puissent plus demander des intérêts sur ces « reconnaissances de dette » communément nommées « monnaie scripturale » ni spéculer en prenant des risques inconsidérés.
Tiens, c’est justement ce que propose Maurice Allais depuis des lustres !
J’espère qu’ayant lu ce billet, le point de vue de Paul Jorion sur la création « monétaire » pourra évoluer.
A‑J Holbecq

Bonjour
Merci à Etienne.
Je resterai prêt à répondre, avec grand plaisir, à toutes vos questions, mais aussi à débattre des conséquences de ce droit de création d’ « argent-dette » accordé aux banques.
Je voudrais néanmoins préciser que je dois l’exemple de la création de monnaie « vu depuis chez le banquier » par Christian Gomez, disciple d’Allais, ex professeur d’Université et banquier.
J’espère qu’il ne verra pas d’inconvénient à ce que je lui rende ici hommage.
A bientôt
Cher Etienne
Cher André-Jacques
P. Jorion n’a pas le temps de passer un commentaire de AJH sur son bouquin mais il le trouve pour J.Finckh !
Je ne suis pas d’accord avec vous. J’ai sûrement tort, mais je ne suis pas capable de faire preuve, comme vous d’autant de compassion. Il est temps d’appeler un chat un chat et de dire que P. Jorion est un charlatan qui fait énormément de dégâts. S’il n’était apparemment pas aussi populaire, le fait qu’il raconte n’importe quoi sur la création monétaire ne serait pas grave. Mais il semble qu’il bénéficie d’une certaine audience et, au lieu de l’utiliser pour informer les gens, il désinforme. Cela est d’autant plus dommageable que le système actuel de création monétaire est au cœur même du développement des crises financières. Cela est remarquablement expliqué dans le livre de Pierre-Noël Giraud intitulé « Le commerce des promesses ». Il y parle d’ailleurs de Maurice Allais pour mettre en avant son analyse, même s’il critique une partie des solutions proposées. Étienne, vous pourrez le rajouter à votre pile car lui aussi indique clairement que la monnaie est créée par les banques commerciales. J’en parle ici (pub): Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la finance sans jamais oser le demander…
Jorion avait dit qu’il lui faudrait 5 ans pour bâtir sa théorie sur la monnaie. Il l’a fait en 5 mois ! Et dans un seul but : publier rapidement un livre en surfant sur la vague créée par la crise. Dans l’absolu, il n’y a rien de répréhensible à gagner sa vie de cette façon. Dans la pratique, il propage des contre-vérités qui sont tout à fait contre-productives et desservent la cause qu’il prétend servir. Comment être crédible sur les solutions à apporter si l’on ne comprend pas l’origine du problème ?
Enfin, quel type de société nous propose P. Jorion, lui qui refuse la critique, refuse le dialogue et se permet de juger de ce qui est bien et mal ? Nous n’avons pas besoin de ce genre de gourou !
Vous pardonnerez ma franchise qui n’engage que moi : je vous trouve bien gentils et il me semble que vous avez épuisé toutes les ressources de patience et de diplomatie qu’il est raisonnable de dépenser dans ce genre de situation. Il est temps de changer de stratégie et de dire clairement son fait à monsieur Paul Jorion. Cela ne peut pas être pire que la situation actuelle.
Bien à vous.
Bravo à AJH pour son exposé, c’est clair et limpide.
Je suis du même avis que RST concernant Jorion, 5 ans transformé en 5 mois, pour voir l’argent crée par les banques commerciales passer de la dénomination « Moyens de paiements » à « reconnaissance de dettes » … super Jojo ! Et 5 sec pour tronquer des citations d’auteurs.
Il me semble qu’il a été pris la main dans le sac plus d’une fois à ce jeu là, donc pour moi aussi, il est et restera un charlatan intellectuel.
Hormis cela, content de retrouver Etienne ICI plutot que là bas…
En suivant tes liens à partir de ton blog j’ai découvert celui de Serenis Cornelius… des billets très plaisants.
Merci RST.
@ AJH
De rien
Compte tenu de tout ce que j’ai appris grâce à toi, nous sommes donc loin d’être quittes, mais bon, je commence à rembourser … ma dette.
Content de t’avoir fait découvrir ce blog qui vaut vraiment la peine, selon moi.
Si mon invité potentiel me traitait de charlatan, de voleur (la main dans le sac), d’opportuniste, qui dit n’importe quoi, qui désinforme, qui est un gourou auquel il faut dire son fait, j’avoue que je ne serais pas trop tenté d’ouvrir un dialogue et ma porte (au passage Etienne, je préfère contradiction à controverse) pour lui.
Je préfère donc l’attitude d’Etienne et de AJH .
Justement parce que je n’ai pas besoin de gourou et de vérités préétablies.
Juste d’information et de différents angles de vue .
Bonsoir à Tous,
Pourriez-vous me dire messieurs les spécialistes, sans ironie aucune, ce que vous pensez de cette humble réflexion, vaut-elle quelque chose selon vous, ou n’a t‑elle aucun droit de cité ?
J’ai fait ma paresseuse, voici copié/collé le message que j’avais envoyé sur un site voisin, qui n’a reçu aucune réponse ! snif ! c’est pourtant important, comment serais-je alors si je me fourvoie ou non, moi qui suis ignorante de ces subtils sujets ?
Merci déjà !
»La soi-disant crise est tout à fait construite, même moi qui suis loin d’être une lumière et qui ne comprend RIEN à toutes ces choses que l’on complique comme par” hasard,” je sentais bien que l’absence de régulation tant décriée était une régulation en soi pour les tenants réels du pouvoir , ceux du haut du haut.
Car on oublie qu’une régulation s’appuie sur une grandeur de référence, et c’est tout à fait ce qui a été réalisé.
La grandeur de référence sur laquelle vont se régler les autorisations ou empêchements (à l’image d’un thermostat de chauffage)est celle du total profit pour quelques banques toujours moins nombreuses, toujours plus puissantes, régulation et concentration de plus en plus manifeste, les gros requins qui viendront manger les petits en faisant croire que c’est pour le bien de tous.
C’est à dire que l’absence de régulation qui permet à la “structure” de faire n’importe quoi et qui arrive forcément là où elle arrive aujourd’hui, au même titre que si vous ouvrez le robinet, l’eau coule, naturel en somme.
Et bien là, c’est exactement la même chose me semble-t-il, en permettant aux structures d’agir comme on leur a permis d’agir c’était extrêmement agissant dans le sens où ça produisait au final exactement ce que l’”on-” voulait que ça produise, le renforcement des gros qui viennent phagocyter les petits. Donc, paradoxe, ce qui semble être une absence de régulation est en fait une régulation plein pot.
Seulement, j’ai l’impression que les gens qui sont hyperspécialisés dans ces questions sont tellement accrochés aux détails pour essayer d’y comprendre quelque chose qu’ils finissent par ne plus rien voir de ce qui se passe vraiment, un peu comme si vous regardiez un texte de trop près, forcément vous ne voyez rien, essayez, normal, c’est la distance qui permettra de deviner les tenants et les aboutissants, enfin, je crois. »
N’ayant pas été « floué » par JORION, et pour cause (l’ignorant que j’étais était bien « protégé »…), l’entreprise ici m’intéresse, car je n’attends pas qu’on formate mon esprit avec « la vérité », j’attends de saisir des enjeux, et justement aussi peut-être, de comprendre où sont les pièges mentaux, dés que l’on tourne autour de la « magie de la valeur » et du miracle de la planche à billet dès qu’elle tombe entre les mains d’un propriétaire exclusif…
Si Cet intellectuel à la mode était un « charlatan », il serait utile de démonter la subtilité de son « arnaque », cela pouvant roder nos esprits face à sans doute des légions d’autres « experts »…
Cependant, je répugne à faire miens ces jugements bien assurés de la part de personnes qui ont elles-mêmes sans doute à « prouver le bien-fondé » de leur verdict.
Merci à Etienne de nous fournir cet os à décortiquer !
Bonjour Étienne,
L’invitation à revenir sur ton blog vient à point. Fautif que je suis, j’ai dû y venir coupablement seulement 1 ou 2 fois. Mais je tiens à le signaler, c’est essentiellement par faiblesse technique et « « organisation domestique problématique… Je ressemble à une locomotive diesel de train de marchandise poussant un TGV sur la voie du TGV, avec arrêts d’omnibus ou en raz campagne.…
Et merci à AJH pour toutes les meilleures tentatives agrémentées tant de fois par des liens, références, sites, etc.,qui constituent une mine de données et un gain de possibilités appréciables en toutes circonstances pour qui veut épurer la compréhension sur le traitement actuel de la monnaie.
J’ai été tout dernièrement plusieurs fois sur le blog de P. J. en essayant sans le montrer (?) de remettre à l’ordre du jour le sujet abhorré par Paul… Cela semble avoir partiellement réussi à la suite d’un billet de Johannès Funckh. Mais ma motivation repose surtout sur le fait que des dizaines de milliers de gens passent sur ce blog et il est très dommage que Paul les « vampirisent » (pour certains intervenants ça se voit comme le nez au milieu de la figure!). L’enjeu est de taille et je suis tiraillé d’une part entre le fait d’envoyer des banderilles à Paul pour que cela se répercute sainement auprès d’un grand public dont il faudrait par ce « moyen » induire des réactions positives, obligeant Paul à se replonger dans le marigot monétaire libérant (?) la voie « interdite » à ceux du public aux réflexions salubres, et d’autre part l’inanité possible de ces « manœuvres » ayant moi même pas mal de « boulot » du côté du Crédit-alias-Argent-Social. Certes, il se trouve que je suis pas mal sollicité hors d’Europe, mais ce n’est pas en continu. D’ailleurs, je ne suis pas loin de le souhaiter. En effet, la société française, pour « brillante » qu’elle soit, est devenue, entre autres, intellectuellement bien ingrate.
À bientôt j’espère dans ce lieu accuillant !
Renaud
Une vérité Cher Alain ne se définit pas par une affimation qui serait de dire le vrai, c’est ceci, ou le vrai c’est cela, il faudrait être bougrement prétentieux pour tenir ce genre de propos. Car c’est de nous que vient cette parole, aussi cette parole sera toujours à la mesure de ce que nous sommes, erratique, imparfaite, partiale et partielle.
Aussi, les bribes de vérité avec un v minuscule, la vérité entière est selon moi impossible à percevoir du fait de notre statut d’homme pourvu d’attributs intéressants certes, mais réduits par nature, je reprends, les bribes de vérité donc,ne peuvent se percevoir selon moi que sur le terrain de la négation, et ainsi se dire :
le possible vrai ce n’est pas retenir les messages, ce n’est pas empêcher la confrontation d’idées,ce n’est pas s’attacher à la personne en tant que telle, mais à ce que dit la personne__ :
Jorion en retenant l’afflux de certaines infos, voyez sur « PLus loin que Jorion » j’ai retranscrit une partie des messages arrêtés, déforme l’information, et ne pas faire quelque chose, empêcher la circulation d’une information quelqu’en soient les prétextes, ça s’appelle propager une fausse information, fausse car incompléte, c’est tout.
Si j’essaie de vous faire passer l’information que l’eau que vous buvez est empoisonnée en vous proposant des faits bruts sur lesquels il vous sera permis de vous interroger sans dire pour autant c’est ceci ou c’est cela, retenir cette information comme le fait Jorion, sans même savoir si c’est vrai ou faux produit des effets non négligeables sur votre « écologie personnelle ».
Vous allez boire cette eau puisque rien a priori ne l’interdit.Il est possible alors et vous le constaterez ensuite, ou que l’information était ok, ou qu’elle ne l’était pas, mais vous ne le saurez qu’après, et c’est un peu fâcheux s’il s’agit d’empoisonnement voyez-vous, car alors vous n’aurez plus guère de recours, vous serez à l’article de la mort.
Cette rétention d’information porte donc des fruits passablement médiocres, vous l’admettrez peut-être.
Il ne s’agit nullement de dire, ça c’est la vérité, ce genre de discours devrait faire fuir quiconque de sensé. Non, il s’agit de dire , cette façon de faire porte des effets non négligeables dont il est absolument nécessaire de tenir compte et d’avoir en mémoire, toujours.
Sachant cela, vous êtes en devoir d’offrir cette vision aux autres, qui peut-être l’ignorent, mais ensuite il revient à chacun de faire de cette information ce que bon lui semblera, pas de prescription, juste une invitation à la vigilance, c’est tout, mais il semble bien que ça soit déjà de trop, c’est symptomatique quand même de notre sinistre époque !
C’est finalement une histoire de responsabilité, c’est tout.
Donc, svp, ne tirez pas sur le pianiste.
la propagande comme aime à le dire CHomsky, ce n’est pas tant ce qui se dit, que ce qui ne se dit pas, que ce qui ne se dit pas !
Alors, sûr que si vous allez là-bas sans cet a priori nécessaire, vous tomberez dans le panneau, n’est-ce-pas vous qui regrettiez l’esprit critique, il commence là, Cher Alain, à chercher ce qui ne se dit pas, et qui dès lors empêche toute circulation du message, tout devient boiteux et de guingois, ne vous étonnez donc pas, c’est votre étonnement qui en soi est porteur d’étonnement !
Tombant par hasard sur ce billet, je ne résiste pas au plaisir de vous faire part d’un long commentaire du 7 août sur le blog de Jean Peyrelevade, où je mêlais les deux noms de A‑J Holbecq ainsi que É. Chouard, et…
OÙ IL EST QUESTION SIMULTANÉMENT DE LA STOCHOCRATIE ET DE L’ARGENT :
Je rappelle que le critère ultime des utilitaristes (David Hume, Adam Smith, Jeremy Bentham, John Stuart Mill, etc.) était le bonheur de la collectivité, comme variable d’utilité globale. C’est à un critère du même type que parvint Pareto, aprés plusieurs détours, lorsqu’il proposa d’optimiser une combinaison linéaire convexe des utilités élémentaires des citoyens, comme fonction d’utilité agrégée de la société.
À un facteur multiplicatif près, sans incidence sur l’optimisation, cela n’est rien d’autre que l’espérance mathématique de la fonction d’utilité individuelle, sous la forme :
U(x) = Somme des Pi.Ui(x), avec Somme des Pi = 1, i étant l’aléa individuel,
Pi représentant la probabilité d’occurence de la fonction d’utilité Ui(x) dans la population.
C’est là que se situait un possible point d’accord, en convenant d’inclure dans les composantes de la variable vectorielle x (l’ensemble des dispositions de la société à optimiser) les biens et services publics au même titre que les biens et services privés.
Nous n’avons d’ailleurs fait qu’enfoncer des portes ouvertes puisqu’on ne saurait faire de macro-économie en niant, comme le voudraient certains, l’existence de biens et services publics nécéssaires, sans encourir la disparition de l’Etat lui-même, et donc du “Contrat social”déjà cité lors d’un commentaire précédent..
Les utilitaristes eux-mêmes, que l’on classe souvent parmi les libéraux classiques, par opposition à l’ère aristocratique féodale qui les avait précédés, n’étaient pas pour autant en faveur d’un Etat minimum. Stuart Mill ne s’y était pas trompé, lui qui déclarait notamment:”la liberté individuelle n’est pas impliquée dans la doctrine du libre échange, elle ne l’est pas non plus dans la plupart des questions qui concernent les limites à imposer à cette doctrine, par exemple dans la quantité d’intervention publique qui est nécessaire”.
Dès l’instant où ce point est acquis, tout le reste découle comme conséquence logique :
On admet, en effet, en économie, que tous les agents sociaux ont une fonction d’utilité constructible vis à vis de tous ses arguments, pour peu que l’on interroge les dits agents convenablement (la théorie des substitutions et des préférences y pourvoie, si nécessaire, au plan méthodologique).
Dès lors, la formulation univoque du problème d’optimisation de l’économie politique, telle qu’énoncée par les utilitaristes, ainsi que Pareto, s’obtient en remarquant que :
Pi = Ni/N
où Ni est le nombre de citoyens ayant la même fonction d’utilité Ui(x),
N le nombre total de citoyens.
On voit là tout l’intérêt de la formulation fréquentielle en Ni/N par les probabilités : lorsque la population est en nombre N élevé, il est impossible d’interroger un à un les citoyens pour connaître leur fonction d’utilité. Cela devient, en revanche, plus envisageable si l’on peut disposer d’un échantillon réduit de n citoyens, où les rapports réduits ni/n=pi sont les mêmes que les rapports Ni/N, c’est à dire les probabilités Pi.
Dans ce cas seulement, on peut parler d’une démarche “démocratique” car elle préserve fidèlement la représentation du peuple par la représentativité de l’échantillon.
Deux sortes d’une telle démarche ont été appliquées dans l’histoire :
- la démocratie directe par tirage au sort : c’est celle de la démocratie athénienne dans la Grèce antique, qui dura prés de deux siècles (-507 / ‑322). Elle possède la propriété essentielle, dite “sans biais”, que l’espérance mathématique de u(x)=somme des pj.uj(x), sur l’échantillon réduit, est la même que celle de la population totale, même si la cardinalité de j est inférieure à celle de i (autrement dit, même si toutes les fonctions d’utilité ne sont pas représentées). C’est si vrai que cela s’applique en particulier au
tirage au sort d’un seul représentant, dont l’espérance reste non biaisée. C’était là tout le sens de la “Stochocratie”.
- la démocratie indirecte par délégation élective : c’est celle appliquée de nos jours par les “démocraties occidentales”. Elle consiste théoriquement à regrouper les citoyens qui se reconnaissent tous la même fonction d’utilité Ui(x) qu’un des leurs, qu’ils élisent comme représentant dans l’échantillon réduit des uj(x). Elle nécessiterait i=j, donc la même cardinalité, d’où l’adverbe “théoriquement” ci-dessus, car ce n’est jamais le cas en pratique. Dans tous les cas, le citoyen doit se prononcer pour celui des représentants qui lui paraît “proche” avec tous les inconvénients biens connus qu’évitaient les grecs : démagogie, influence de l’éducation, de la position sociale, de la fortune, etc.
LA DÉMOCRATIE POLITIQUE PAR LE TIRAGE AU SORT
C’est ici qu’il convient d’apporter un démenti flagrant aux inepties du libéral forcené évoqué au début, dès ses deux premières phrases :
“Tirage aléatoire et stochocratie sont des utopies jamais réalisées dans l’histoire. On remarquera que les Athéniens tiraient au sort parmi les nantis, ce qui est fort peu aléatoire.”
Le lecteur pourra se convaincre de l’inanité de ces deux phrases par un simple clic sur le mot “Stochocratie” qui offre, comme premiers commentaires, ceux de Wikipédia.
Il y lira notamment que les candidats (car il fallait être volontaire) au tirage au sort n’étaient guère “nantis” que de leur âge (plus de trente ans), outre des vérifications a posteriori sur leurs garanties de moralité et la possession de toute leur raison. C’était le cas pour la plus importante des institutions, le Conseil des 500 (notre assemblée nationale). C’était aussi le cas de la moitié des magistrats du Gouvernement des vingt.
Seuls étaient élus ceux des magistrats qui avaient des responsabilités militaires, ce qui était le cas des dix “stratèges” du gouvernement, qui comportait par ailleurs dix “archontes” tirés au sort susceptibles de les contrebalancer.
On peut y lire également les appréciations d’Aristote (La politique) et de Montesquieu (L’esprit des lois) qui considéraient tous deux que le tirage au sort était démocratique par nature, alors que l’élection était oligarchique ou aristocratique.
Rappelons que cette ère de démocratie directe du siècle de Périclès (-507 / ‑403) et de celui de Démosthène (-403 / ‑322) représente la plus brillante civilisation dans la mémoire des hommes, celle que l’on nomme encore aujourd’hui “le miracle grec”.
Elle atteignit des sommets en :
– philosophie (Socrate, Platon, Aristote)
– sciences (Pythagore, Démocrite)
– théatre (Sophocle, Euripide, Aristophane)
– sculpture (Phidias, Praxitèle)
– architecture (Parthenon, etc.)
Sur la signification de la stochocratie pour les Athéniens…et d’autres, des indications précieuses figurent dans :
BERNARD MANIN : PRINCIPES DU GOUVERNEMENT REPRESENTATIF (Flammarion, 1996)
“On ne réfléchit plus guère, à présent sur l’usage politique du titage au sort. Le sort n’appartient plus depuis longtemps à la culture politique des sociétés modernes, où il il apparaît aujourd’hui avant tout comme une pratique bizarre. On sait ‚sans doute qu’il était utilisé à Athènes et on le remarque parfois, mais surtout pour s’en étonner. L’énigme principale semble être que les Athéniens aient pu avoir recours à pareille procédure. La connaissance pourrait cependant gagner à un renversement du point de vue habituel qui tend à faire de la culture présente le centre du monde. Il y aurait peut-être avantage à se demander plutôt : comment pouvons-nous ne pas pratiquer le tirage au sort, nous qui nous proclamons démocrates?”
“Les Athéniens, sans doute, ne connaissaient pas le concept mathématique de probabilité. Celui-ci ne fut inventé qu’au XVIIe siècle … Il n’est peut-être pas impossible, cependant, que la réflexion sur l’usage politique du sort ait conduit à une intuition approchant la notion de chances mathématiquement égales, malgré l’absence d’instruments permettant de la conceptualiser. Il était vrai, en tous cas, que le sort avait pour effet de distribuer quelque chose d’égal selon le nombre (to ison kat’arithmon) … Ce qui était distribué de façon égale par le sort, ce n’était donc pas exactement le pouvoir mais la probabilité, au sens mathématique d’accéder au pouvoir.”
“Le sort jouait un rôle, il est vrai limité, dans les comices du peuple Romain.
Les républiques italiennes du Moyen Âge et de la Renaissance selectionnaient souvent leurs magistrats par tirage au sort.
À Florence, la cité de Machiavel, le foyer intellectuel de l’humanisme civique et du renouveau républicain, le tirage au sort des magistrats était une institution centrale du régime républicain.
Venise, enfin, la “Sérénissime République” dont la longévité fascinait les observateurs, pratiqua une certaine forme de tirage au sort jusqu’à sa chute, en 1797.”
L’ouvrage cité répond également, sans le savoir, au libéral forcené qui clamait :
“Un vrai tirage aléatoire pourrait très bien amener à l’Assemblée Nationale quelques centaines de banlieusards RMIstes…”
et, avant cela :
“…même un idiot peut piloter (les tirages au sort des leaders peuvent faire ces types de surprises) et tôt ou tard cela arrivera.”
Bernard Manin précise, en effet :
“Les démocrates athéniens percevaient, en dernière analyse, un antagonisme entre la démocratie et le professionnalisme. La démocratie consistait à accorder le pouvoir suprême aux simples particuliers, aux citoyens ordinaires, ceux que les Athéniens appelaient hoi idiotai.
… même un orateur et un leader politique comme Démosthène se présentait parfois, surtout au début de sa carrière, comme – un simple particulier, l’un d’entre vous, pris dans la multitude – (idiotès kai pollôn humôn heis)”
Et oui ! N’en déplaise au libéral forcené, idiotès a pour premier sens “homme ordinaire”, de sorte que l’on peut paraphraser :
“…même un idiotès peut piloter (les tirages au sort des leaders peuvent faire ces types de surprises) et cela arrivera tôt ou tard.”
Mais ce tour d’horizon de la stochocratie athénienne ne serait pas complet si l’on ne donnait, comme preuves in situ, les passages les plus saillants de son contenu constitutionnel par Aristote qui la connut sous sa forme la plus achevée. On pourra ainsi se convaincre de l’ubiquité du tirage au sort.
ARISTOTE : CONSTITUTION D’ATHÈNES
(Les Belles Lettres, bilingue, 2002)
XLI…C’était la onzième réforme de la constitution athénienne…et c’est depuis elle qu’on en est arrivé au régime actuel, en attribuant toujours de plus grands pouvoirs à la foule. Car le peuple s’est rendu maître de tout, et tout est réglé par les décrets et les tribunaux où le peuple est souverain… car le petit nombre est, plus que le grand, accessible à la corruption par l’argent et la faveur.
- Fonctions tirées au sort. Le Conseil des 500, etc.
XLIII…Tous les magistrats de l’administration ordinaire sont désignés par le sort, excepté le trésorier des fonds militaires… toutes les fonctions militaires sont également données à l’élection.
Le Conseil est désigné par le sort ; il se compose de 500 membres, cinquante par tribu. Chaque tribu exerce la prytanie à son tour, dans l’ordre fixé par le sort…
XLIV. Les prytanes ont un chef, désigné par le sort… Lorsque les prytanes réunissent le conseil et le peuple, l’épistate tire au sort neuf présidents (proèdres), un de chaque tribu sauf celle qui éxerce la prytanie et, parmi ces proèdres, un autre épistate…
XLVII. Le Conseil collabore aussi avec les autres magistrats dans la plus grande partie de leur administration.
Ce sont d’abord les trésoriers d’Athena. Ils sont au nombre de dix, tirés au sort, un par tribu, … mais celui que le sort a désigné exerce les fonctions, même s’il est trés pauvre.
Viennent ensuite les dix vendeurs (pôlètes), désignés par le sort, un par tribu. Ils font toutes les adjudications de la cité, ils mettent en vente l’exploitation des mines et la ferme des impôts, assistés du trésorier des fonds militaires et des administrateurs du théoricon, en présence du Conseil…
XLVIII. Il y a dix receveurs généraux (apodectes) tirés au sort, un par tribu. Sont encore tirés au sort dix auditeurs des comptes (logistes) par le Conseil dans son sein, pour percevoir à chaque prytanie les comptes des magistrats.
On tire également au sort dix redresseurs (euthynes), un par tribu, et deux assesseurs pour chacun des euthynes.
L. Le sort désigne également :
Dix commissaires pour l’entretien des temples ; ils reçoivent des apodectes trentes mines pour faire les réparations les plus urgentes ;
Dix astynomes, dont cinq exercent leur charge au Pirée, cinq à la ville.
LI. Sont également désignés par le sort :
Dix inspecteurs des marchés (agoranomes), cinq pour le Pirée et cinq pour la ville.
Dix inspecteurs des mesures (metronomes), cinq pour la ville te cinq pour le Pirée.
Il y avait aussi dix commissaires du commerce des grains (sitophylakes) désignés par le sort, cinq pour le Pirée et cinq pour la ville ; il yen a aujourd’hui vingt pour la ville et quinze pour le Pirée.
Sont seulement tirés au sort dix inspecteurs du port marchand.
LII. On désigne aussi par le sort les Onze, qui ont à s’occuper de ceux qui sont dans la prison.
On désigne aussi par le xsort les introducteurs, au nombre de cinq, chargés d’introduire les affaires qui doivent être jugées dans le délai d’un mois, chacun pour deux tribus.
LIII. Sont aussi tirés au sort les Quarante ‑àrason de quatre par tribu- , à qui ressortissent les autres actions civiles. Ils jugent souverainement jusqu’à dix drachmes : pour les affaires évaluées au-dessus de ce chiffre, ils s’en remettent aux arbitres publics (diétètes).
LIV. On a encore recours au sort pour les charges suivantes : cinq agents voyers…; dix auditeurs des comptes (logistes) et dix substituts (synégores) qui les assistent.
Le sort désigne aussi le secrétaire qui est appelé secrétaire de la prytanie. Il est le maître des écritures publiques…il assiste aux séances du Conseil.
On tire au sort un second secrétaire, le secrétaire des lois, qui assiste également aux séances du Conseil et prend copie de toutes les lois.
Sont encore tirés au sort l’archonte envoyé à Salamine et le démarque du Pirée qui, dans les deux endroits, célèbrent les Dionysies et désignent les chorèges.
LV. Les magistrats dont il vient d’être parlé sont désignés par le sort, et toutes leurs attributions ont été exposées. Pour ceux que l’on appelle les neuf archontes… Aujourd’hui, on tire au sort les six thesmothètes et leur secrétaire, et aussi l’archonte, le roi, le polémarque, un dans chaque tribu, à tour de rôle.
Pour le tirage au sort des juges, ce sont tous les neuf archontes, auxquels est adjoint comme dixième le secrétaire des thesmothètes, qui y font procéder, chacun dans sa tribu.
XV… On désigne aussi par le sort les maîtres des jeux (athlothètes) au nombre de dix, un par tribu.
- Fonctions données à l’élection. Stratèges, etc.
LXI. Toutes les fonctions militaires sont données à l’élection à main levée :
D’abord dix stratèges. Autrefois, on en prenait un par tribu ; aujourd’hui, on les prend parmi tous les Athéniens.
Sont également élus :
Dix taxiarques, un de chaque tribu. Ils commandent aux hommes de leur tribu.
Deux hipparques, pris parmi tous les Athéniens. Ils ont le commandement de la cavalerie, prenant l’un et l’autre en partage cinq tribus.
Dix phylarques, un de chaque tribu. Ils commandent aux cavaliers de leur tribu, comme les taxiarques aux hoplites fantassins.
L’hipparque de Lemnos qui a charge des cavaliers en garnison dans l’île.
Sont encore élus à main levée : un trésorier de la galère paralienne et, en outre, un trésorier de la galère d’Ammon.
- Les tribunaux. Juges et tirages au sort.
LXIII. Les juges des tribunaux sont tirés au sort par les neuf archontes, par tribus. Le secrétaire des thesmothètes tire au sort ceux de la dixième tribu… Peuvent être juges tous les citoyens âgés de plus de trente ans, à condition de n’être pas débiteurs du trésor public ou privés de leurs droits civiques.
On conçoit, pour celui dont il était question au début de notre propos, que la pilule soit amère à avaler :
Le libéral forcené se veut le chantre de l’inégalité. Il ne croit qu’aux vertus de la lutte qui permet au fort d’écraser le faible, au malin de tromper le candide. Plus encore que Hayek ou Friedman, ses modèles sont Mandeville et Spencer. Ce dernier ne disait-il pas, dans son livre “The Man versus the State” (1884) qu’”une créature qui n’est pas assez énergique pour se défendre, doit périr”, que “ceux dont la pauvreté est uniquement due à la mauvaise fortune” ne sauraient davantage “revendiquer une partie de l’industrie des autres en tant que droit”. Il renchérit, à la même date, dans “Social Statics”, voulant sans doute façonner à sa manière le projet utilitariste : “Les forces qui font aboutir le projet grandiose du bonheur parfait ne tiennent nullement compte de la souffrance d’ordre secondaire et exterminent ces sections de l’humanité qui leur barrent le passage”. A tel point que les éditions Belles Lettres qui éditèrent son premier ouvrage cité, sous le titre “Le droit d’ignorer l’État” durent l’amputer des passages les moins “politiquement corrects”.
Et voilà que les mêmes éditions nous mettent sous le nez l’évidence des principes égalitaristes qui animèrent l’immortelle civilisation athénienne, celle du “miracle grec”.
Et sous la plume de son plus intransigeant témoin, Aristote, qui n’était même pas fan ! En plus, en bilingue… On peut même pas dire que c’est faux ou mal traduit !
Voyons donc plus loin, pour passer la dernière couche :
LA DÉMOCRATIE ÉCONOMIQUE PAR LA BANQUE PUBLIQUE
Aprés avoir amplement corrigé ainsi, on l’espère, les deux premières phrases du libéral forcené sus-dit, dans son chapelet habituel d’inepties indignes d’être reprises une à une, passons tout de suite à sa dernière phrase évoquant le passé récent :
“Pensez à quelle catastrophe aurait pu constituer un systéme bancaire totalement nationalisé, et totalement plongé dans les mauvais choix des politiciens, comme ce fut le cas en Russie, et comme le montrera l’histoire de la Chine des années à venir. ”
Prenons, en effet, comme exemple dans ce passé récent de nos banques, le problème de la dette et celui de la privatisation du secteur bancaire, qui n’en forment qu’un seul à l’égard des complicités objectives qu’ils révèlent :
C’est en Janvier 1973, sous l’égide de Pompidou, ancien banquier du Groupe Rotschild, et de son ministre des finances Giscard d’Estaing, de façon presque concomitante à l’entrée du Royaume Uni dans l’Europe d’alors, que fut adoptée la loi interdisant à l’Etat Français d’emprunter auprés de la Banque de France. Contrairement à ce qui se faisait jusqu’alors, cette loi fit obligation à l’Etat Français de s’adresser désormais au secteur bancaire marchand, moyennant un intérêt versé à ce dernier.
Beaucoup d’observateurs ne virent là qu’un jeu d’écritures, tant que notre secteur bancaire restait nationalisé, comme l’avaient voulu De Gaulle et les Communistes à la Libération. Mais cela ne resta pas longtemps en l’état, comme on s’en aperçut très vite.
L’opération fut d’abord inscrite, en 1992, dans le marbre du traité de Maastricht, sous l’égide de Delors et aux bons soins de Lamy, son Directeur de cabinet, qui se retrouva deux ans plus tard Directeur du Crédit Lyonnais pour en préparer la privatisation. Entre temps, le nouveau ministre des finances Balladur, ancien proche de Pompidou dont il avait dirigé le cabinet, procéda aux premières privatisations, celles des banques en priorité, dès 1993. L’opération fut parachevée par Strauss-Kahn, qui s’en fit le plus zélé protagoniste au sein du gouvernement Jospin, de sorte que ce dernier restera comme le gouvernement ayant le plus privatisé en France !
Il en découle, depuis 1993, que la dette publique, jusque là effacée par son retour d’intérêts dans le giron de l’Etat, et avant cela par émission pure et simple, s’accumule aujourd’hui au bénéfice de banquiers privés et constitue la plus gigantesque rente versée au grand capitalisme, au point que les intérêts cumulés ne sont pas loin de rejoindre le montant de la dette elle-même (1200−1300 Milliards d’Euros). Cette rente représente chaque année, comme on le sait, un montant devenu depuis peu supérieur à la totalité de l’impôt sur le revenu. En d’autres termes, sans ce monstrueux cadeau volontaire versé chaque année aux grands actionnaires des banques, les français pourraient s’exempter aujourd’hui de payer l’impôt sur le revenu (et il resterait encore un solde positif)!
Cette disposition, on l’a vu, découle d’un plan savamment conduit par des personnalités au coeur du système financier et bancaire (Pompidou, Lamy, Balladur, Strauss-Kahn). Il serait évidemment risible de prétendre qu’ils ignoraient les conséquences de leurs actes, puisque c’est ce but même qui était visé : faire main basse sur l’Etat lui-même, en percevant l’impôt à sa place, au bénéfice d’intérêts privés !
À ceux qui douteraient de la véracité des faits, je conseille vivement d’écouter en direct l’entretien radiophonique podcasté de André-Jacques Holbecq à propos de son ouvrage “la dette publique : une affaire rentable” (Editions Yves Michel, 2008)
http://www.dailymotion.com/video/x6vy8m_la-dette-publique-une-affaire-renta_news
Cela rappelle, avec une certaine ironie, les propos prononcés par Galbraith en 1992 :
“Telles sont les exceptions que fait la majorité satisfaite à sa condamnation globale de l’Etat en tant que fardeau : dépenses qui profitent aux riches, sauvetages financiers, dépenses militaires et remboursements d’intérêts…Quant aux dépenses de prestations sociales, de logements sociaux, de soins médicaux pour ceux qui n’ont aucune protection, de l’enseignement public, etc. voilà ce que l’on perçoit comme le “fardeau de l’Etat”. Le fardeau, c’est uniquement ce qui correspond aux intérêts des citoyens extérieurs à la majorité satisfaite ; c’est, vérité incontournable, ce qui sert les pauvres.”
(John Kenneth Galbraith)
Le comble fut atteint lors de la récente crise financière :
Grisées par de croissants bénéfices, les banques privatisées se jetèrent avec gourmandise sur tout ce qui pouvait représenter une perspective de gains tout aussi alléchante. Ainsi naquit la bulle des “subprime”, sa provenance des Etats-Unis sous paquet-cadeau d’”ingénierie financière” étant, à elle-seule, un gage prometteur de succés pour tous les “winners” du milieu bancaire.
Mais c’est la suite qui fut des plus cocasses, en Europe, et notamment en France : les pertes abyssales encourrues réveillèrent soudainement chez ces plus ardents défenseurs du “laisser-faire” une âme interventionniste qu’on ne leur connaîssait pas. Le milieu politique lui-même parut un instant transfiguré : ainsi notre président, à peine remis de ses dévotions en terre ultra-libérale auprés de son homologue Bush, ne trouva pas moins de 360 Milliards de garantie pour les banques, si celles-ci s’avéraient d’aventure génées aux entournures, sans compter la part de recapitalisation immédiate, sans prise de participation au capital…
Ici, c’est la parole de Gramsci qui se rappelle à nous :
“C’est ainsi qu’on affirme que l’activité économique est propre à la société civile et que l’Etat ne doit pas intervenir dans sa réglementation. Mais, commme dans la réalité effective, société civile et Etat s’identifient, il faut affirmer que le “libéralisme” lui-même est une “réglementation” de caractère étatique, introduite et maintenue par voie législative et coercitive : c’est un fait de volonté consciente de ses propres fins, et non l’expression spontanée et automatique du fait économique”
(Antonio Gramsci)
Certains esprits s’offusquèrent : comment pouvait-on aussi gracieusement recapitaliser les banques alors que, quelques jours auparavant, le pouvoir avait mégoté à son commissaire aux affaires sociales quelque 1,5 Milliard pour le RSA en faveur de la réinsertion des chômeurs ?
La réponse ne se fit pas attendre : il suffirait que l’Etat s’endette davantage…auprés des banques, puisque la loi et le traité de Maastricht l’ont voulu ainsi.
La ficelle étant un peu grosse au regard de l’opinion, on dût préciser que le taux d’intérêt des sommes garanties aux banques serait tout de même supérieur à celui que leur verserait l’Etat. On eut alors la surprise de constater, lors de l’audition des grands banquiers devant la Commission des finances, réunie à cet effet, qu’aucun d’eux ne manifestait plus d’appétit particulier pour ces montants garantis.
Cela nous ramène à la citation que rapportait ailleurs un autre intervenant (jpcransac), émanant de notre seul “Prix Nobel d’économie”:
“Nous ne sommes même pas dans un régime d’économie libérale mais dans la chienlit politico-économique”
(Maurice Allais)
Source : http://peyrelevade.blog.lemonde.fr/2009/06/23/du-partage-de-la-richesse-12/#comment-715.
Pour être tout à fait complet, je tiens à rassurer Étienne sur l’inévitable incompréhension que l’on rencontre en évoquant la stochocratie. À preuve :
COPIE du DIALOGUE avec un interlocuteur socialiste (Soc Dem):
Soc Dem:”la notion de meilleur ne génère pas une densité de probabilité équiprobable dans un tirage aléatoire”
- Je répète pour la centième fois que le tirage aléatoire n’a pas pour fonction de désigner un quelconque “chef”. Il désigne des représentants chargés d’exprimer leurs désirs (leur “fonction d’utilité”). Au siècle de Périclès, ces représentants étaient 500 (notre “assemblée”), tirés au sort afin de représenter fidèlement les désirs de la population.
Il y avait ensuite le gouvernement des vingt :
- dix “stratèges” (chargés d’élaborer la “stratégie” politico-militaire), élus pour leurs compétences et proches de votre notion de “meilleur” (Périclés fut plusieurs fois réélu à ce poste)
- dix “archontes”, tirés également au sort pour controler la conformité aux désirs exprimés et éviter toute dérive du pouvoir
On voit qu’il s’agissait d’une démocratie beaucoup plus prévoyante que la notre vis à vis des risques de démagogie, de corruption, ou de confiscation du pouvoir.
Soc Dem:”J’ai l’impression que nous n’échangeons pas tout à fait sur le même sujet.
Ton propos me semble-t-il est de considérer les outils mathématique pour l’économie.
Le mien est de les considérer du point de vue du choix politique.”
- Non, nous parlons bien de la même chose ! L’outil mathématique n’est qu’un adjuvant :
Ma discussion avec J.Peyrelevade avait pour objet de montrer qu’il manquait dans sa fonction-objectif les variables sociales, ou bien commun, autres que la consommation. Si on les intègre, on obtient une socio-économie qui n”est autre que la politique générale…
Soc Dem:”Le point de vue libéral défendant une vision “théorie des jeux” est si je ne m’abuse caractéristique de leur renoncement à agir : tout est histoire de hasard, que le meilleur gagne, tout le monde a sa chance. Avec une version mystique qui est celle de la main invisible du marché (dieu vieille sur nous).”
- Encore une fois, incompréhension totale : c’est tout le contraire !
D’abord, la théorie des jeux est le contraire même du renoncement à agir, et n’a rien d’hasardeux en première analyse : c’est un modèle de comportement qui est celui du libéralisme de la jungle primitive, ou chacun tire la couverture à lui avec une force qui n’a pour limite que celle des autres. Et la “main invisible” n’a rien de spirituel ni de normatif, c’est au contraire l’équilibre matériel et descriptif qui en découle (nécessité fait loi).
C’est précisément ce que vous préconisez, sous d’autres mots, pour votre social-démocratie :
“vous êtes libre de faire ce que vous voulez (libéralisme) mais dans les limites que nous fixons (encadrement de ce libéralisme).”
Quelles sont ces limites ? Tout est dans cette question…
Si ces limites sont simplement celles des autres (toutes choses étant respectées par ailleurs, au sens usuel de la loi, c’est à dire du maintien de l’ordre)… c’est la même définition de base que celle du libéralisme.
Et votre “régulation : s’il le faut, nous interviendrons avec force (volontarisme de l’Etat)” n’y change rien : c’est une répression illusoire a posteriori, au lieu de la prévention adéquate a priori : “Le Monde” d’aujourd’hui 23 juillet ne titre-t-il pas “Les banques américaines renouent avec la folie des bonus”?
La formulation de Jean Peyrelevade était sans doute au départ la même que la votre : “désirs d’enrichissement individuels” dont il faudrait tenter de contenir les excés. Cela m’avait fait dire : c’est…la sociale-démocratie : du rapiéçage, aprés-coup !
Sans doute y fut-il sensible puisque sa formulation mathématique, en cours de débat, ne tombait pas dans ce piège, ce dont je lui rend justice, et je vous invite à en suivre les péripéties sur son blog : Il formula l’optimisation d’un unique objectif collectif au départ, ce qui est le contraire de la théorie des jeux.
Le reste des échanges, avec d’autres interlocuteurs, est relativement secondaire.
Il faut surtout en retenir la position du libéral forcené en économie :
Habitué au descriptif des équilibres et de la théorie des jeux, il oublie que l’on peut aussi bien décrire ainsi la jungle primitive : cela donna l’évolution des espèces par la sélection naturelle, ce qui n’est pas rien. Mais des millénaires de civilisation nous ont aidé à en sortir pour vivre une nouvelle aventure, ce que résume bien “le Contrat Social” de Rousseau, et que les libéraux résument par le maintien de l’ordre social. Cela ne se fit pas simplement en réprimant les excés des pharaons ou de tout autre tyran !
Il en va de même aujourd’hui en économie. Et il est assez paradoxal que les plus conservateurs dans l’ordre social soient les plus anarchiques dans l’ordre économique !
On qualifie la solution optimisante de “politique optimale” (même en maths), ou “stratégie optimale”, ce qui renvoie aux “stratèges” de la Grèce antique qui avaient bien pour mission de mettre en oeuvre la résolution du problème d’optimisation posé.
Cela ne signifie évidemment pas que cette stratégie se substitue à l’individu dans sa vie micro-économique (auto-régulation locale). Seules, les grandes structures macro-économiques sont touchées. Mais, là non plus, ça n’est pas rien et l’intérêt général ainsi formulé peut tout changer !
A titre d’exemple, je terminais mon intervention, la veille, 22 juillet, sur le blog de J.Peyrelevade, par la phrase :
“C’est une excellente revendication de la Gauche que de réclamer la nationalisation du secteur bancaire en un vaste service public, à l’image de celui qui accompagna les trente glorieuses.”
Source : http://peyrelevade.blog.lemonde.fr/2009/06/23/du-partage-de-la-richesse-12/#comment-709.
Merci Hadrien(s), c’est passionnant.
Vous devriez faire un tour de temps en temps sur le forum : il y a plusieurs fils consacrés au (ou évoquant souvent le) TIRAGE AU SORT :
• Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir
http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=16
• Désignation des représentants politiques : élections (et avec quel mode de scrutin) ou tirage au sort ?
http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=20
• Quelle Assemblée Constituante ?
http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=32
• Le cœur de la Démocratie : formation, expression et respect de la volonté générale
http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=84
• Une Assemblée Constituante tirée au sort pour constituer l’Union Européenne
http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=209
Au plaisir de vous lire à nouveau.
Étienne.
Effectivement passionnant.
Je demande à Hadrien l’autorisation de passer en article son intervention sur les deux « supports »
– http://wiki.societal.org
– http://ecosocietal.wordpress.com/
Cordialement
A‑J H
…
Étonnant Hadriens :
En plus, le texte qu’Hadriens a publié ici n’est que la partie émergée d’un iceberg étonnant :
La joute argumentée entre Hadriens « le prêtre marxiste keynésien » et habsb « le libéral forcéné et sa pensée réflexe » est extrêmement intéressante, je viens d’y griller un après-midi de lecture (et de surlignage).
Les interventions de ‘jpcransac’ sont tout à fait pertinentes (et fortement vitriolées).
Malgré les reproches qu’on peut lui faire sur le fond (pour refuser toute indexation des salaires sur les prix et réclamer la suppression totale des impôts sur les entreprises, par exemple…), le fair-play (le courage, même) de Jean Peyrelevade est exemplaire, lui qui laisse apparemment toute liberté aux plus virulents de ses contradicteurs. Ce n’est pas comme un autre, qui m’intéresse aussi mais qui défaille souvent, côté censure 😉
Un fil de discussion interminable (70 pages en petite taille), mais dont l’intérêt est constant et soutenu.
À lire, donc :
http://peyrelevade.blog.lemonde.fr/2009/06/23/du-partage-de-la-richesse-12/
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Le même Hadrien avait produit un autre commentaire passionnant dans le billet précédent : voyez… http://peyrelevade.blog.lemonde.fr/2009/06/15/du-partage-de-la-richesse-11/#comment-624 :
Je suis désolé d’avoir à relever, dans ce blog qui voudrait être l’ébauche d’un nouveau livre, la même thèse constante (préserver la rentabilité du capital) que celle du précédent livre de J. Peyrelevade (« Sarkozy : l’erreur historique », Plon, 2008, où la politique de ce dernier est jugée trop laxiste parce que… pas assez libérale !).
En effet, toute entreprise viable produit une plus value sur le travail. Lorsque ré-investie, elle donne lieu au phénomène de croissance. Dans cette “boucle vertueuse”, les prélèvements nécessaires sont bien :
- les éventuelles ressources en matières premières
- les salaires dus individuellement aux services des travailleurs
- les impôts et charges dus collectivement aux services du domaine public
En défenseur des intérêts de sa classe, Jean Peyrelevade n’a pas de mots assez durs dans son livre pour fustiger les deux dernières dépenses qui sont autant de freins à la croissance exponentielle … du PIB, comme si elle constituait une fin en soi effaçant tout débat sur les inégalités croissantes qu’elle engendre. Car c’est bien là la thèse libérale qu’on nous serine : produisez, on partagera après !
L’auteur doit pourtant bien savoir que ce paradigme Ricardien du capitalisme et du commerce international, dont s’inspirent les économistes libéraux, notamment à propos de l’Union Européenne, fut étonnamment battu en brèche par Samuelson et al. lorsqu’ils découvrirent qu’il s’exerçait au détriment de la cohésion sociale par les inégalités qui l’accompagnent et les tensions qui en résultent.
On notera au passage, de façon paradoxale, que c’est la même logique libérale que met actuellement en œuvre… le gouvernement chinois pour rattraper les États-Unis. Le dernier rapport (2009) sur l’Europe de la fondation Schumann met en évidence la courbe de croissance exponentielle du PIB chinois qui dépassera celui des États-Unis en 2018, dans 9 ans à peine… si les choses vont jusque là.
Au moment où beaucoup s’interrogent sur l’absence de référence économique dans l’ouvrage récent de F. Bayrou “Abus de pouvoir”, il n’est pas inintéressant, pour se faire une idée de ce programme, de citer les passages les plus saillants de l’auteur qui fut le compagnon de route de F. Bayrou lors de la campagne présidentielle 2007, et pressenti comme futur responsable de sa politique économique en cas de succès présidentiel…
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AVANT-PROPOS :
“Comment…ne pas approuver maintes réformes qui s’attaquent courageusement à des archaïsmes flagrants de la société française?”(p.8)
“Ainsi de la loi sur l’autonomie des universités…
Ainsi de la réforme des régimes spéciaux de retraite…
Ainsi de la modification de la carte judiciaire…
Ainsi de l’apparition de formes assouplies du contrat de travail…
Toutes ces belles actions, dont le citoyen se félicite, ne sont pas négligeables. Mais…: 23 000 agents de l’état en moins au budget 2008, soit une diminution de un pour mille. Non pas beaucoup de bruit pour rien, mais beaucoup de bruit pour pas grand chose, du moins dans l’ordre des chiffres” (p.9)…
“Curieuse convergence de vocabulaire avec Ségolène Royal. La gauche fut longtemps incapable de changer en profondeur le pays…(p.14)
CHAPITRE 2 (Le pouvoir d’achat) :
“La promesse d’amélioration du pouvoir d’achat faite pendant la campagne électorale devient une injure aux citoyens si elle ne peut être tenue… Or, elle n’est pas près de l’être. Dans la répartition de la richesse nationale, les ménages ont reçu leur dû et même un peu mieux.” (p.35)
CHAPITRE 3 (Le mal français) :
“Quel malaise de voir Nicolas Sarkozy et Lionel Jospin professer les mêmes erreurs : démagogie de droite et démagogie de gauche, également ancrées, se rejoignent. A notre brillant duo, vient se joindre une voix féminine. Ségolène Royal interroge en ces termes les militants du parti socialiste :
- Il faut rééquilibrer le rapport de forces entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l’entreprise?” (p.71)
“Faut-il préférer Bertrand Delanoë ? Ce libéral anti-capitaliste vient d’ajouter sa voix à ce chœur dissonant : il réclame une taxation des revenus du capital et, comme Nicolas Sarkozy, une révision des exonérations consenties aux entreprises qui refuseraient des augmentations salariales. À quoi sert de changer nos dirigeants s’ils professent tous les mêmes inepties?” (p.72)
CHAPITRE 4 : LES DÉFICITS
” Le vieillissement de la population, conséquence de l’allongement de l’espérance de vie (un an gagné tous les quatre ans), fait peser un poids sans cesse accru sur les régimes d’assurance vieillesse et d’assurance maladie…: c’est aux bénéficiaires et à eux seuls de payer par leurs impôts et leurs cotisations les prestations qu’ils reçoivent. Les personnes physiques, les ménages, sont les seuls concernés, les seuls à être malades ou à prendre leur retraite. Que vient faire ici l’entreprise qui ne connaît pour elle-même ni droit à pension ni droit à assurance santé ? Demander une contribution au système productif n’a comme sens que de masquer l’ampleur de l’effort nécessaire et comme seul effet de peser sur sa compétitivité.” (p.103)
“À ma connaissance, nous sommes le seul pays développé au monde ou la définition des heures supplémentaires, leurs contingents et leurs rémunérations sont fixés par décision du législateur central…
Dès lors, un pouvoir politique nouvellement élu, d’inspiration prétendument libérale, prétendument favorable à l’entreprise, prétendument décidé à restaurer la compétitivité de notre appareil productif, proclamant à juste titre que les 35 heures furent une faute gigantesque, ce pouvoir là serait passé à l’acte s’il avait été conséquent. Un article de loi de trois lignes aurait suffi à mettre fin à notre singularité :
- La durée effective du travail et sa rémunération relèvent d’accords contractuels entre employeurs et salariés. L’une et l’autre sont fixées par des accords de branche ou d’entreprise.” (p.126–127)
CHAPITRE 6 (D’où vient Jean Peyrelevade ?) :
“L’équipe tout d’abord. En 1981, elle était dans les murs puisqu’elle formait une partie, la plus éminente par les responsabilités, du gouvernement lui-même. La vision macroéconomique ensuite…Pascal Lamy à Rivoli…, moi-même à Matignon servions de relais entre nos patrons politiques respectifs [Jacques Delors ministre des Finances, Pierre Mauroy Premier ministre]” (p.158–159)
“C’est ainsi que fut pris le virage de politique économique de Juin 1982, puis mars 1983, vers ce que Lionel Jospin, alors premier secrétaire du parti socialiste, crut bon d’appeler la parenthèse de la rigueur, commettant ainsi une erreur de forme et de fond… (p.151)
“Il y eut dans notre action, pour une part significative, comme une sorte de reliquat de correction Barriste…Une hausse temporaire des prélèvements obligatoires sur les ménages fait partie intégrante de tout plan de redressement digne de ce nom (155−156):”
“De 1982 à 1984, le taux de croissance de l’économie française fut divisé par deux (de 2,4 à 1,2%)… Simultanément, en 1983 et 1984, le pouvoir d’achat des ménages subit une légère diminution (-0,1 puis ‑1,1%), ce qui était conforme à la politique suivie.” (p.156–157)
CHAPITRE 7 (Les voies du redressement) :
“LIBÉRER LE TRAVAIL :
La première mesure consiste à libérer le travail…je veux dire le libérer vraiment en mettant fin aux trente-cinq heures, sans avoir à payer pour cela des milliards d’euros d’argent public.
On a vu ce qu’était la solution : il suffit de renvoyer au dialogue contractuel entre partenaires sociaux les décisions relatives à la durée du travail et surtout à sa rémunération, point sur lequel Nicolas Sarkozy, tout à sa volonté de distribuer du pouvoir d’achat, demeure figé. Ne resteraient comme instruments centraux, interprofessionnels, à la main de l’exécutif et/ou du législateur, qu’une durée maximale du travail qui serait d’ordre public (aujourd’hui 48 heures par semaine en vertu d’une directive européenne) et le SMIC.” (p.169)
“RÉTABLIR LES FINANCES PUBLIQUES :
L’objectif central est de déplacer de quelques points, trois à quatre, en faveur des entreprises et donc au détriment provisoire des ménages, le partage de la valeur ajoutée…
La remise en ordre de l’appareil productif passe nécessairement par un prélèvement sur le pouvoir d’achat des ménages (à nouveau, qui d’autre pourrait payer une telle opération?)… Année aprés année, avec une sorte de tranquillité opininiâtre, il convient de modifier à la marge la répartition de la valeur ajoutée, du PIB, de façon à en laisser une part un peu plus fournie aux entreprises, un peu moins grande aux ménages.” (p.169–171)
“Si l’on entend vraiment déplacer des entreprises aux ménages un curseur de charges mal réglé, la hausse des taux de certains prélèvements est incontournable.” (p.173)
“DIMINUER L’IMPÔT SUR LES SOCIÉTÉS :
On peut ainsi rêver à une sorte d’utopie fiscale. Supposons que l’on réduise à rien l’impôt sur les sociétés qui est actuellement du tiers du bénéfice imposable. Les marges brute et nette de l’entreprise sont augmentées du montant de l’impôt supprimé.” (p.179–180)
“Cette utopie permettrait de résoudre au passage l’énigme déjà rencontrée de l’arbitrage fiscal entre le travail et le capital. L’entreprise…, il s’agit, en tout état de cause d’une charge pour elle. Exonérons-la de toute taxation à ce titre et les revenus du capital, quelle qu’en soit la forme (loyers, intérêts, dividendes ou plus-values), devraient être soumis à des prélèvements fiscaux et sociaux identiques. Vaut-il mieux imposer les revenus du capital ou ceux du travail ? L’arbitrage fiscal, à partir du moment où l’on n’y mêle plus les entreprises, exercé au sein de la catégorie des seuls ménages, prend alors tout son sens, économique et politique.” (p.181–182)
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Pour être complet, on ne saurait oublier le premier des prélèvements cités plus haut, celui sur la nature, qui a donné lieu à un autre type de revendication : la revendication écologique, qui fait partie des éléments de bien-être auquel chacun doit avoir accès. Si cette revendication apparaît aujourd’hui comme récente, ce n’est pas faute d’avoir existé dans le passé. Marx lui-même l’évoquait dans ses écrits de jeunesse (Manuscrits de 1844). Mais elle fut tue tant qu’elle ne touchait que la partie la plus défavorisée de la population : la pollution des détritus au moyen-âge ou celle des houillères dans les corons du Nord faisaient plus de ravages mortels que la pollution carbonée de nos villes aujourd’hui. Mais les bobos d’aujourd’hui n’étaient pas là pour en supporter les conséquences !
En tout état de cause, on voit bien que l’économie et l’écologie ne sont que des chapitres du grand livre de la politique au sens étymologique grec du terme, et qui doit tendre au bien commun.
Car c’est bien là le cœur du problème :
Quelles que soient les analyses détaillées sur tel ou tel aspect du problème, le bilan du travail fourni par l’Homme, tout comme celui de l’énergie en Physique, ne disparaît pas. Il ressurgit sous une forme ou une autre, au profit de quelqu’un…pas souvent le bon ! Marx avait un mot pour cela : lutte des classes…Mais les économistes que cela gênait se sont ingéniés à voir en lui un idéologue, comme si l’économie, dans ses fins, ne devait pas être pas subordonnée aux désirs des hommes !
Dommage que l’on ne s’inspire pas davantage de la Constitution d’Athènes. Comme se plait à le rappeler Etienne Chouard, ce n’est pas par hasard si le siècle de Périclès fut aussi l’apogée de la démocratie athénienne : Les membres de l’Assemblée étaient tirés au hasard, pour une représentation équitable des intérêts de la population, et le gouvernement était pour moitié tiré au sort, pour moitié élu.
On trouve une sorte de synthèse de tous ces aspects éco- dans la vision humaniste qu’exposent certains économistes comme le Prix Nobel Amartya Sen dans ses nombreux ouvrages ou le français Jacques Généreux dans ses deux derniers livres (de mémoire : “Les véritables lois de l’économie”, et “Le socialisme néo moderne”).
Avant 1920, Jaurès écrivait dans “l’Humanité”,qu’il fonda, et Engels dans “Sozialdemokrater”.
Les déviations historiques que furent Soviétisme et Maoïsme ont précipité l’histoire dans une confusion qui dure encore : ces expériences, nées de sociétés féodales à base rurale, ne connurent jamais l’étape des démocraties libérales bourgeoises analysée par Marx et Engels, et sombrèrent immédiatement dans la dictature militaire et le culte de la personnalité.
Peut-être, la crise actuelle du capitalisme aidant, la Gauche dans son ensemble saura-t-elle faire émerger le grand rêve antique…par un Congrès de Tours à l’envers (évoqué, paraît-il par… M. Rocard!).
Pour l’instant, on en est très loin puisque la “bande des quatre” n’a même pas respecté, lors de l’épisode Traité Constitutionnel – Traité de Lisbonne, les principes élémentaires de démocratie constitutionnelle édictés par les Grecs (voir à ce sujet le site d’Etienne Chouard).
(Source : http://peyrelevade.blog.lemonde.fr/2009/06/15/du-partage-de-la-richesse-11/#comment-624)
Puis, dans le billet suivant, Hadriens a reformulé brièvement sa critique de façon très intéressante :
Je reviens sur l’intervention de Jean Peyrelevade puisque nos commentaires se sont en partie croisés.
Si je m’exempte de rajouter quoi que ce soit à la réponse suffisante déjà donnée par l’intervenant jpcransac, je me dois, en revanche, de relever l’appréciation “il est vrai que la Chine, contrairement à nous, surinvestit”, où J. Peyrelevade pourrait sembler, comme à regret, me donner raison sur un simple point technique. Mon accusation ‑commentaire de (11)- était beaucoup plus grave, car “c’est la même logique libérale que met actuellement en œuvre… le gouvernement chinois pour rattraper les États-Unis” signifiait, en clair :
Ce gouvernement chinois, en ouvrant ses frontières, a utilisé la cupidité de NOS investisseurs capitalistes, dont le SURINVESTISSEMENT en Chine est celui issu des capitaux accumulés jusque là grâce à la sueur de NOS fronts, et qui met à bas NOTRE économie avec la complicité de NOS “élites” au premier rang desquelles NOTRE compatriote Pascal Lamy à la tête de l’OMC.
D’où mes références à Raoul Marc Jennar et Jean Luc Gréau pour, respectivement, “la trahison des élites” (Fayard, 2004) et “la trahison des économistes” (Gallimard, 2008).
C’est moi qui aurait pu dire : « il est vrai que le gouvernement chinois utilise maintenant la même logique à son propre compte”.
En ce sens, je donne parfaitement raison à l’intervenant Mesnil qui ajoutait, après mon commentaire de la partie (11):
“Il suffirait que nos concitoyens et actionnaires soient un peu moins amorphes et mettent tout ce monde là dehors et les choses iraient mieux. Tant qu’ils ne le font pas, tant pis pour eux. En revanche, lorsqu’ils réaliseront que c’est la solution pour s’en sortir, il va y avoir du sang et des larmes ! ”
Cela rend presque superflu ce que j’aurais voulu dire en réponse à :
- la précision de Jean Peyrelevade sur sa Refondation du Capitalisme qui commence par l’assertion d’apparence anodine : “nous avons mis en place une économie d’échanges fondée sur le désir d’enrichissement individuel”.
- les certitudes des deux intervenants immédiatement précédents sur le “productivisme” ou le “keynésianisme”, tous mots en “isme” symptômes de la pensée-réflexe.
En effet, à l’expression de J. Peyrelevade, il manque tout d’abord l’essentiel : “économie de…(PRODUCTION)… et d’échanges”. Ceci n’a rien d’étonnant de la part d’un économiste-banquier pour qui la production est sans doute secondaire puisqu’il a surtout vu du système économique, non celle qui invente, qui crée, qui fait progresser notre condition humaine, mais sa partie financière qui produit de plus en plus… de la spéculation, par pure âpreté au gain et ponction sur la production des autres !
Sur la base de cette définition tronquée de l’économie libérale, c’est à dire du dit capitalisme à refonder, on n’aurait plus qu’un fluide conservatif qui circule de place en place sans que rien ne se crée puisqu’il n’y a pas de production…
C’est dire l’inanité qu’il y a à formuler sur ces bases d’aussi approximatives intentions que “fabriquer un vrai contre-pouvoir capable chaque fois que nécessaire de faire prévaloir l’intérêt collectif contre les agrégations de cupidité individuelle”, tout autant qu’il y en a à prononcer des mots en “isme”:
(Source : http://peyrelevade.blog.lemonde.fr/2009/06/23/du-partage-de-la-richesse-12/#comment-660.)
Bonne lecture 🙂
Étienne.
CONSTITUTION D’ATHÈNES, par ARISTOTE, sur le net :
Ceux qui le désirent peuvent consulter la formidable constitution d’Athènes décrite par Aristote sur ce site :
http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/constitution.htm
Bonne lecture 🙂
Étienne.
Je réponds positivement à André-Jacques pour l’utilisation de tout ou partie de mes joutes peyrelevadiennes de cet été.
J’ai quelque peu repris du service à l’occasion des deux derniers billets de JP.
Mais mon dialogue du mois d’Aout avec le « libéral forcené » est un tel cas d’école que l’on pourrait en faire un pastiche de « Il Dialogo » de Galilée !
Amitiés,
Hadrien
Merci Hadrien .. je m’en occupe
@ Hadrien et Etienne
Je n’ai lu que la partie émergée de l’iceberg, mais je crois que je vais me plonger aussi dans la partie immergée, ça a l’air vraiment passionnant (d’autant que je découvre à l’occasion le blog de Peyrelevade).
La remarque d’Etienne au sujet de l’impôt sur les sociétés m’interpelle dans la mesure où je pense que l’impôt ne devrait concerner que les personnes physiques, à l’exclusion de toute personne morale (et qu’il devrait frapper d’abord le capital, avant le revenu, mais c’est une très vaste question).
Je reviendrai peut-être vous faire part de mes réflexions après lecture.
Pour ce qui concerne le commentaire d’Hadrien publié ici (le premier), en deux mots, je ne suis pas du tout convaincu par la stochocratie (qui semble-t-il vous tient à cœur à tous deux), par contre, sur les questions liées à l’émission monétaire, je n’ai guère de réserves.
@ A‑J Holbecq
Je suis arrivé ici via votre lien chez RST, merci pour le tuyau !
J’avais découvert il y a quelques mois votre intervention radiophonique citée par Hadrien (en même temps que le sociétalisme). Du coup je vous ré-écoute, et je me dis qu’il s’agit d’une sorte de crédit-revolving à l’échelle de l’Etat – ce qui n’est pas très rassurant !
Je viens aussi de relire de près ce papier de Lordon :
http://blog.mondediplo.net/2010–02-17-Au-dela-de-la-Grece-deficits-dettes-et-monnaie
Et je me dis que cet excellent Lordon laisse quand même de côté quelques questions gênantes, comme RST et d’autres le suggèrent d’ailleurs dans les commentaires.
@Joe Liqueur
Bonjour
Je suppose que vous voulez parler du financement de la dette publique par la banque centrale ou en attendant de notre proposition de l’achat par la banque centrale (monétisation) des nouvelles obligations émises.
Crédit révolving à l’échelle de l’État.. c’est une bonne image. Mais la différence avec le crédit revolving (celui qui vous inquiète), c’est qu’il serait sans intérêts.
En imaginant qu’il ait été mis en place en 1980, et toutes choses restant égales par ailleurs, le crédit résiduel serait à fin 2009 de seulement 21 milliards d’euros (au lieu d’une dette de 1327 à cette date)
En imaginant qu’il soit mis en place demain lundi, on peut considérer que nous n’aurions plus à payer 150 millions d’intérêts par jour (bien que les créanciers recevraient les intérêts le temps de durée des obligations et bénéficieraient du remboursement à échéance), immédiatement (puisqu’il suffirait que la Banque Centrale monétise chaque jour l’équivalent)
Bonjour A‑J,
Désolé, j’ai sans doute été par trop elliptique dans mon propos ; quand j’évoquais le « crédit-revolving à l’échelle de l’Etat », je pensais bien à la situation que vous dénoncez, non pas à la réforme que vous appelez de vos vœux – laquelle, bien sûr, change ce « crédit-revolving » en un crédit à taux zéro, ce qui est n’est plus du tout la même chose – j’avais bien compris ! (et si tout cela pouvait être mis en place demain lundi, ce serait une semaine qui commencerait plutôt bien, mais je crois que ce n’est pas à l’ordre du jour…)
Les chiffres que vous donnez sont décidément stupéfiants…
A‑J,
Ci-dessous un commentaire envoyé, ce jour 7 Mars, sur le blog de Paul Jorion à propos du billet par Claude Roche :
LE CRÉDIT BANCAIRE
Puisqu’il est question de monnaie et du récent ouvrage de Paul Jorion « L’Argent, mode d’emploi », qu’on me permette ici de livrer le point sur lequel a achoppé ma lecture de cet ouvrage, au demeurant fort respectable, acheté hier matin.
Au Chapitre V (Le fonctionnement des banques commerciales), Paul Jorion, pour démêler le vrai du faux dans la fameuse diatribe de création monétaire ex nihilo, écrit :
« Voici comment le système fonctionne : Eusèbe dépose 100E sur son compte à la banque. La banque est obligée de constituer sur cette somme une réserve fractionnaire (10%) en banque centrale. Le reste, elle a la droit de le prêter. Ce qu’elle fait : Casimir avait besoin de 90E, elle les lui accorde…
Casimir, ayant obtenu de la banque un prêt de 90E, oublie soudainement pourquoi il avait besoin de cette somme et la laisse dormir sur son compte en banque. Laquelle, profitant de l’aubaine, prête alors, à partir du dépôt de Casimir, la somme…81E à Oscar… et ainsi de suite, d’où le multiplicateur 10 de la masse monétaire. »
NON ! CASIMIR EMPRUNTE NÉCESSAIREMENT POUR ACHETER, ET LE VENDEUR DÉPOSERA LE PRODUIT DE LA VENTE À SA BANQUE, QUI EN PRÊTERA 90% À OSCAR…ET AINSI DE SUITE.
D’OÙ LES 900% de flux monétaire ainsi mis en circulation à partir d’une base initiale 100 !
Paul Jorion poursuit :
« Le calcul est intéressant, mais c’est là un « outil d’économiste » : c’est une construction théorique qui exprime sans plus la vitesse de circulation de l’argent. »
NON ! S’IL NE S’AGISSAIT QUE DE VITESSE, CE SERAIT LA MÊME SOMME CIRCULANT PLUS VITE, APRÈS CRÉATIONS/DESTRUCTIONS SUCCESSIVES, COMME POUR TOUT DÉNOUEMENT DE DETTE.
OR, IL S’AGIT ICI DE FLUX SIMULTANÉS, LA CRÉATION SUIVANTE N’ENTRAÎNANT PAS DE DESTRUCTION, PUISQU’ELLE N’ATTEND PAS LE DÉNOUEMENT DE LA DETTE PRÉCÉDENTE.
Et Paul Jorion conclue :
« Souvenons-nous en effet que le calcul fondé sur le taux de réserve fractionnaire ne produit ces chiffres stupéfiants… que dans un seul cas de figure… : chacun utilise la totalité du montant de son prêt pour le déposer sur un compte à vue… »
NON ! CHACUN UTILISE LA TOTALITÉ DU MONTANT DE SON PRÊT POUR LE … DÉPENSER AUPRES D’UN TIERS QUI, LUI, LE DÉPOSERA SUR SON COMPTE À VUE, ETC.
Dans le chapitre suivant, Paul Jorion en déduit :
« Les explications relatives à la création monétaire par les banques commerciales sont en général trés embrouillées.…. »
AI-JE L’AIR D’ÊTRE SI EMBROUILLÉ ?
Et Paul Jorion enchaîne :
… la circulation respecte nécessairement le principe de conservation des quantités, d’une part, et d’autre part, l’enregistrement comptable dont le langage… repose sur une égalité de principe entre crédit et débit.
NON ! IL N’Y A PAS CONSERVATION DES MÊMES QUANTITÉS PUISQUE L’UNE DES DEUX EST UNE DETTE dont Paul Jorion a bien pris soin de nous dire :
« De mon point de vue, une reconnaissance de dette n’est pas de la monnaie, le terme tendant à suggérer qu’il y aurait une identité de nature entre la marchandise privilégiée qu’est… l’argent, et une trace de transaction contenant l’annonce de deux transactions à venir, qu’est une reconnaissance de dette. »
C’est bien là que se trouve la SOLUTION DE L’AMBIGUITÉ : Dans tout système où l’on peut disposer d’un bien immédiatement en échange d’une promesse, il y aura multiplication immédiate de ce bien avant,… bien avant que le dénouement de la promesse ait lieu.
Pour parler le langage de l’informatique, c’est multiplier les processeurs pour faire du calcul parallèle au lieu de faire du calcul pipe-line. On notera qu’il n’y a là, pour l’instant, aucun jugement de valeur.
Vérification faite, j’ai retrouvé cette formulation correcte dans quantité d’ouvrages… qui n’en font pas tout un plat, à commencer par le moins prétentieux, celui de A‑J Holbecq et al. (L’économie citoyenne, Editions Yves Michel 2002), qui résume la chose en moins de quatre lignes :
« En attendant, ces nouveaux 90(00)F (il en était encore aux francs), une fois dépensés, aboutiront sur un autre compte dépôt et la banque réceptrice pourra à son tour accorder un autre prêt de 81(00)F. Ces 81(00)F aboutiront à leur tour sur un compte de dépôt et permettront à leur tour un nouveau prêt, etc., ce système aboutissant en fin de compte à la possibilité de multiplier par 10 les 100(00) initiaux. »
Marx l’avait déjà compris lorsque, à la question « La production capitaliste avec son volume actuel serait-elle possible sans le système du crédit ? », il répondait : « Évidemment, NON ! »
À vrai dire, Paul Jorion semble avoir été heurté par la formulation qu’il cite de notre « Prix Nobel d’Economie » Maurice Allais :
» À chaque opération de crédit, il y a ainsi duplication monétaire. Au total, le mécanisme du crédit aboutit à une création de monnaie EX NIHILO par de simples jeux d’écritures. »
le même déclarant également, par ailleurs :
« dans son essence, la création de monnaie EX NIHILO actuelle par le système bancaire est identique à la création de monnaie par des faux monnayeurs… La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents. »
Le mot EX NIHILO est effectivement malheureux puisque c’est plutôt EX PRIMO qu’il faudrait dire (la multiplication à partir du premier). Mais le mot faux monnayeurs est plus juste, puisqu’on laisse ainsi aux banques commerciales 90% de la création monétaire, monopole normalement dévolu à l’État.
Lorsque tout le secteur du crédit fut nationalisé à la Libération, les bénéfices (au double sens du terme) en revenaient à l’État et pouvaient donc être redistribués dans l’intérêt général. Lorsque ce secteur fut privatisé par Balladur, puis Strauss-Khan/Jospin, on revint au schéma capitaliste anglo-saxon pour les banques commerciales avec, de surcroît, une banque centrale nationale dépourvue du droit de création initial au profit de la BCE. Ce qui a pour conséquence l’explosion de…
LA DETTE PUBLIQUE
C’est en Janvier 1973, sous l’égide de Pompidou, ancien banquier du Groupe Rotschild, et de son ministre des finances Giscard d’Estaing, de façon presque concomitante à l’entrée du Royaume Uni dans l’Europe d’alors, que fut adoptée la loi interdisant à l’État Français d’emprunter auprès de la Banque de France. Contrairement à ce qui se faisait jusqu’alors, cette loi fit obligation à l’État Français de s’adresser désormais au secteur bancaire marchand, moyennant un intérêt versé à ce dernier.
Beaucoup d’observateurs ne virent là qu’un jeu d’écritures, tant que notre secteur bancaire restait nationalisé, comme l’avait voulu le Conseil National de la Résistance. Mais cela ne resta pas longtemps en l’état, comme on s’en aperçut très vite.
L’opération fut d’abord inscrite, en 1992, dans le marbre du traité de Maastricht, sous l’égide de Delors et aux bons soins de Lamy, son Directeur de cabinet, qui se retrouva deux ans plus tard Directeur du Crédit Lyonnais pour en préparer la privatisation. Entre temps, le nouveau ministre des finances Balladur, ancien proche de Pompidou dont il avait dirigé le cabinet, procéda aux premières privatisations, celles des banques en priorité, dès 1993. L’opération fut parachevée par Strauss-Kahn, qui s’en fit le plus zélé protagoniste au sein du gouvernement Jospin, de sorte que ce dernier restera comme le gouvernement ayant le plus privatisé en France !
Il en découle, depuis 1993, que la dette publique, jusque là effacée par son retour d’intérêts dans le giron de l’Etat, et avant cela par émission pure et simple, s’accumule aujourd’hui au bénéfice de banquiers privés et constitue la plus gigantesque rente versée au grand capitalisme, au point que les intérêts cumulés ne sont pas loin de rejoindre le montant de la dette elle-même (1400−1500) Milliards d’Euros). Cette rente représente chaque année, comme on le sait, un montant devenu depuis peu supérieur à la totalité de l’impôt sur le revenu. En d’autres termes, sans ce monstrueux cadeau volontaire versé chaque année aux grands actionnaires des banques, les français pourraient s’exempter aujourd’hui de payer l’impôt sur le revenu (et il resterait encore un solde positif) !
Cette disposition, on l’a vu, découle d’un plan savamment conduit par des personnalités au coeur du système financier et bancaire (Pompidou, Lamy, Balladur, Strauss-Kahn). Il serait évidemment risible de prétendre qu’ils ignoraient les conséquences de leurs actes, puisque c’est ce but même qui était visé : écarter l’Etat, au bénéfice d’intérêts privés percevant l’impôt à sa place, sous forme de dette publique !
Voici les échanges qu’a provoqués le commentaire ci-dessus, sur le blog de Paul Jorion :
–Paul Jorion dit :
7 mars 2010 à 22:05
Si, il y a conservation des mêmes quantités (d’argent) PUISQUE l’un des deux est une dette (donc pas de l’argent, même si cette dette a une valeur marchande).
Je ne vous force pas la main, je ne déforme pas vos propos : c’est votre propre phrase.
Il n’y a multiplication que si vous additionnez les reconnaissances de dette à l’argent. Or, les sommes sur votre relevé de compte ne sont que des reconnaissances de dette. Quand vous les sortez du compte, elles redeviennent de l’argent, et dans ce cas-là, la banque devrait en principe « débobiner » tous les prêts qui ont successivement pu être faits à partir de cette somme (selon le mécanisme des réserves fractionnaires) – en pratique, elle préférera aller le chercher ailleurs. Et le même raisonnement s’applique à tous ceux dans la chaîne qui déposent successivement une fraction de la somme initiale sur leur compte.
Voyez le billet de Claude Roche ci-dessus : « Paul Jorion l’a amplement démontré et l’on se contentera ici de renvoyer à son L’argent, mode d’emploi (Fayard 2009) : la monnaie d’aujourd’hui est un ensemble disparate formé d’argent – qui est un gage réel, auquel se rajoutent des créances de tous types plus ou moins solides, etc. »
Crapaud Rouge dit :
8 mars 2010 à 06:37
@l’auguste auteur de « Comment la vérité et la réalité furent inventées » : ne pensez-vous pas que citer quelqu’un qui cite soi-même est un argument quelque peu « circulaire », donc de valeur discursive rigoureusement nulle ? (Vous avez remarqué que je ne me suis pas adressé à l’auteur de « L’Argent mode d’emploi » avec les théories duquel je suis plutôt d’accord.)
-Jean-Luce Morlie dit :
8 mars 2010 à 11:08
@crapaud
La « circularité » que vous déplorez invite Hadrien à lire, puis à relire, sans plus…
Pour répondre à Hadrien, Jorion écrit « Claude Roche à écrit que Jorion a établi le fait suivant » :
Ce qui est une façon pour Jorion de dire « Claude Roche et moi, sommes d’accord sur ce fait logiquement établi » (qui est tout différent du simple partage d’un même avis ).
aller … « pour le dire encore plus simplement » : Jorion n’a pas dit « j’ai raison parce que Claude Roche dit que j’ai raison »
—Crapaud Rouge dit :
8 mars 2010 à 15:57
@Jean-Luce : « aller … « pour le dire encore plus simplement » : Jorion n’a pas dit « j’ai raison parce que Claude Roche dit que j’ai raison » » : heu… il ne l’a pas dit dans ces mots-là, mais ça revient au même : « Voyez le billet de Claude Roche ci-dessus : « Paul Jorion l’a amplement démontré… » . C’est même drôle car Roche cite Jorion, lequel cite Roche citant Jorion. 🙂
D’où mon étonnement, d’où mon post.
–Paul Jorion dit :
8 mars 2010 à 16:15
Vous n’avez rien d’autre à faire, petits morveux ! Il y a tant de questions à résoudre et vous perdez votre temps à ces gamineries !
Plus sérieusement, j’aimais bien le « la monnaie d’aujourd’hui est un ensemble disparate formé d’argent – qui est un gage réel, auquel se rajoutent des créances de tous types plus ou moins solides, etc. » de Claude Roche. Reprendre toute la citation m’évitait de devoir dire : « Je suis d’accord avec cette formulation, et en plus, c’est exactement ce que je dis ».
–Hadrien répond :
8 Mars 2010, 17h00
Monsieur Jorion,
Merci de votre réponse en commentaires ci-dessus, mais elle comporte, comme chaque fois qu’une erreur s’est glissée au départ, de nouvelles contradictions pour la justifier :
Ainsi :
- « Il n’y a multiplication que si vous additionnez les reconnaissances de dette à l’argent. » OR, JUSTEMENT, MOI, JE NE LE FAIS PAS, au nom de votre principe « une reconnaissance de dette n’est pas de la monnaie »
- « les sommes sur votre relevé de compte ne sont que des reconnaissances de dette. Quand vous les sortez du compte, elles redeviennent de l’argent… »
NON ! ELLES NE REDEVIENNENT DE L’ARGENT QUE LORSQUE LES EMPRUNTS SONT REMBOURSES, C’EST A DIRE BIEN PLUS TARD ET DANS UNE MESURE INCERTAINE. EN ATTENDANT, LES FLUX ONT AUGMENTE. C’EST CE QUI FAIT LA GRAVITE DES CRISES FINANCIERES QUAND LE SYSTEME SE GRIPPE…!
- « …la banque devrait en principe « débobiner » tous les prêts qui ont successivement pu être faits »
C’EST PRESISEMENT CE QU’ELLE NE FAIT PAS ! Ce dont vous prenez acte :
- » en pratique, elle préférera aller le chercher ailleurs. »
VOUS OUBLIEZ DE PRECISER OU ET QUAND : IMMEDIATEMENT, SUR DES COMPTES DONT LES DEPOTS PROVIENNENT D’UNE CONSOMMATION DONT LES EMPRUNTS NE SONT PAS ENCORE REMBOURSES !
D’où la peur de nos gouvernants lorsque « le système » se grippe : En France, les sommes « garanties » par N.Sarkozy aux banques durant cette panique furent supérieures à la valeur des banques elles-mêmes !
C’est l’aveu qu’en cas de « débobinage », tout le système financier s’écrouler.
Ce n’est pas par esprit de contradiction que je soulève ces questions (Je suis intervenu auprés de l’émission journalière C dans l’air pour dire mon mécontentement de ne pas vous y voir invité au sujet de la crise, alors que beaucoup sont là pour y commenter doctement la météo de la veille).
Vous êtes trop averti des arcanes du système financier pour ne pas savoir tous les excés et tous les dangers que représente cette « démultiplication monétaire » (selon vos propres termes) entre des mains privées.
C’est la raison pour laquelle j’avais ajouté une tirade sur la dette publique, qui souffre de cette perte de souveraineté sur notre monnaie, en espérant un retour plus précisément sur ce point. J’en profite pour insérer l’addendum suivant, souvent ignoré :
DETTE EXTERIEURE NETTE
Les dettes des nations se divisent en deux :
- la dette extérieure nette : elle représente le solde entre ce que la nation dans son ensemble doit à l’étranger, et ce que l’étranger lui doit. Ce solde était positif jusqu’en 2007, et reste actuellement faiblement négatif.
- la dette publique : elle représente ce que l’Etat doit à ses créanciers (nationaux ou étrangers) auxquels il emprunte ce que l’impôt ne parvient pas à couvrir dans son budjet (fonctionnement et investissements du pays).
Lorsqu’un pays a une dette extérieure nette avoisinant zéro, cela signifie qu’il produit globalement assez de richesse pour équilibrer ses comptes avec l’étranger.
Mais s’il est en même temps en fort déficit public, cela signifie qu’il ne met pas cette richesse à contribution fiscale suffisante pour alimenter son budget. On peut alors en déduire que l’Etat refuse de prendre l’argent là où il est parmi les contributeurs à la richesse nationale, et protège de l’impôt les plus favorisés, au détriment des plus défavorisés (chômeurs, pauvres, retraités, etc.) qui ont besoin de redistribution sociale.
Ceci est le cas de façon chronique depuis la fin des “Trente glorieuses”. C’est plus particulièrement évident depuis que N. Sarkozy a fait voter les protections pour réduisant la contribution fiscale ou sociale des entreprises et des hauts revenus.
On pourra notamment lire à ce sujet la diatribe en cours sur :
http://peyrelevade.blog.lemonde.fr/2010/02/26/actualite‑7/#comments
Qu’en pensez-vous ?
Bonsoir Hadrien
je n’ai pas aperçu votre réponse de 17:00 … attendons pour voir.
Mais c’est une bonne intervention (ça doit lui faire assez mal de me voir cité 😉 … à propos, le bouquin auquel vous faites référence, c’est « un regard citoyen sur l’économie »
Un petit détail. Vous écrivez : « NON ! CASIMIR EMPRUNTE NÉCESSAIREMENT POUR ACHETER, ET LE VENDEUR DÉPOSERA LE PRODUIT DE LA VENTE À SA BANQUE, QUI EN PRÊTERA 90% À OSCAR…ET AINSI DE SUITE.
D’OÙ LES 900% de flux monétaire ainsi mis en circulation à partir d’une base initiale 100 ! »
Une lecture trop rapide (ou erronée) permettrait de penser que le banquier « utilise » les 100 du dépôt pour en prêter 90 (de ces 100) à Oscar.
Je pense qu’il est important de préciser à chaque fois que la banque fait crédit, « sans pour autant prélever sur le dépôt » (on parle bien de dépôt à vue). C’est ce que Jorion ne veut pas comprendre, en plus de vouloir séparer l’argent (monnaie centrale dans sa définition) de la monnaie bancaire scripturale (dette bancaire), point sur lequel je suis prêt à le suivre, prônant un « 100% money »
Courage 🙂
Tout à fait d’accord.
Mon post n’est pas apparu, mais je ne l’avais pas inscrit sous répondre à Hadrien…
Je re-éssaie.
Je saurai ainsi si PJ est parfaitement honnête.
Voici finalement ma réponse à PJ, qui apparait avec la mention « en attente de modération ».
Elle comporte un dialogue additif amusant sur la dette publique au lieu de mon additif précédent sur la dette extérieure nette.
Cher Monsieur Jorion,
Merci de votre réponse en commentaires ci-dessus, mais elle comporte, comme chaque fois qu’une erreur s’est glissée au départ, de nouvelles contradictions pour la justifier :
Ainsi :
- « Il n’y a multiplication que si vous additionnez les reconnaissances de dette à l’argent. » OR, JUSTEMENT, MOI, JE NE LE FAIS PAS, au nom de votre principe « une reconnaissance de dette n’est pas de la monnaie »
- « les sommes sur votre relevé de compte ne sont que des reconnaissances de dette. Quand vous les sortez du compte, elles redeviennent de l’argent… » C’EST BIEN CE QUE JE DIS (ET MAURICE ALLAIS AUSSI): ON NE DEVRAIT PAS POUVOIR LES SORTIR SANS LES SOUSTRAIRE DES DÉPÔTS BANCAIRES, CAR C’EST CE QUI PROVOQUE LA « MULTIPLICATION » DU CRÉDIT !
- « …la banque devrait en principe « débobiner » tous les prêts qui ont successivement pu être faits » C’EST PRÉCISÉMENT CE QU’ELLE NE VEUT NI NE PEUT FAIRE : LES CONSOMMATEURS D’UN PRÊT NE VONT PAS RAMENER LEURS ACHATS POUR REDEVENIR SOLVABLES LORS DU « DÉBOBINAGE » !
Ce dont vous prenez d’ailleurs acte :
- » en pratique, elle préférera aller le chercher ailleurs. » IL FAUT PRÉCISER QUAND ET COMMENT : IMMÉDIATEMENT, EN S’ADOSSANT AUX NOUVEAUX DÉPÔTS QUI PROVIENNENT D’UNE CONSOMMATION DONT LES EMPRUNTS NE SONT PAS ENCORE REMBOURSÉS ! D’où la peur de nos gouvernants lorsque « le système » se grippe : C’est l’aveu qu’en cas de « débobinage », tout le système financier s’écroulerait.
Pourtant, le mot « finance » doit son sens à la racine latine fin- qui implique la notion de terminaison, d’achèvement d’une opération, par son paiement. En ce sens, la finance d’aujourd’hui fait tout le contraire : elle reporte sur le futur les distorsions qu’elle impose au présent.
Ce n’est pas par esprit de contradiction que je soulève ces questions (Je suis intervenu auprès de l’émission journalière C dans l’air pour dire mon mécontentement de ne pas vous y voir invité au sujet de la crise, alors que beaucoup sont là pour y commenter doctement la météo de la veille).
Je note simplement que c’est sur ce même point qu’achoppait ma lecture de » (Vers) La crise du capitalisme américain », où il est dit (p.226):
« LE FINANCEMENT « ÉQUILIBRÉ » : La principale source de capital des banques commerciales est constituée des dépôts sur les comptes chèques et sur les comptes épargne de leurs clients…
Lorsque les fonds sur les comptes des particuliers sont insuffisants pour répondre à la demande des candidats à l’emprunt, les banques peuvent se tourner à leur tour vers le marché financiert à la recherche de fonds. »
« Insuffisants » veut-il dire « même en tenant compte de l’adossement aux dépôts dans le rapport 900% » ?
Vous êtes trop averti des arcanes du système financier pour ne pas savoir tous les excès et tous les dangers que représente cette « démultiplication monétaire » entre des mains privées. Elle est certes temporaire pour chaque emprunteur (si tout se passe bien) pris individuellement, mais elle est permanente pour le système monétaire pris dans son ensemble (elle est surtout permanente pour le banquier qui voit ainsi ses gains multipliés d’autant).
C’est pourquoi il est crucial que ce point de comptabilité « créatrice » soit aussi bien éclairci que vous l’avez fait à propos du marché boursier et des comptes d’entreprise, dans la référence sus-citée. Ainsi pourrait-on presque réitérer ici vos propos dans la référence ci-dessus (p.19–20) dénonçant :
« La faiblesse constitutive… sa nature « fiducière » : le fait que son bon fonctionnement repose sur un système de croyance, sur la conviction partafée par ses participants qu’il fonctionne de manière satisfaisante. »
« La comptabilite « créatrice », c’est-à-dire prenant des libertés avec les faits en tirant parti de conventions admises en matière de comptabilité et de leur contradiction ou de leur ambiguité éventuelles ».
À quiconque ne serait pas persuadé du parallèle, il suffit de rappeler qui introduisit le premier l’idée d’une « démultiplication monétaire » dans :
« CONSIDÉRATIONS SUR LE NUMÉRAIRE ET LE COMMERCE » (John Law) »
« Quelques uns se déclarent contre les banques où les espèces ne sont pas égales au crédit. Ils disent , 1. que les demandes peuvent excéder les montants des espèces en banque ; 2. que nous ne nous apercevons pas du tout, ou que nous nous apercevons beaucoup moins, si notre commerce ou nos espèces diminuent, et que la Banque venant à manquer, nous sommes dans une position pire que jamais. »
Suit un plaidoyer de John Law, qui n’a rien de rassurant… Et pour cause :
Ce que l’on a appelé le « système de Law » fut mis en place en 1716 avec l’accord du Régent et consista « à mêler les activités et les résultats de la Banque (royale), de la Compagnie (d’Occident puis des Indes) et de l’Hôtel des monnaies en vue d’annuler la dette publique et d’enrichir les détenteurs d’action, dont le roi. Il va permettre aux débiteurs d’apurer une partie de leurs dettes et à ceux qui sauront prévoir l’éffondrement du système de s’enrichir » (selon Jérôme de Boyer, La pensée monétaire, Editions les Solos, 2003). La faillite de sa Banque royale et de la compagnie des Indes à laquelle elle était adossée survint dés 1720.
Depuis, John Law garde une réputation de dangereux aventurier financier chez les économistes.
Pourtant, les manipulations financières d’aujourd’hui sont autrement plus osées : elles parviennent à ruiner les États au bénéfice des banques commerciales privées.
LE CRÉDIT BANCAIRE ET LES DETTES PUBLIQUES
Ce n’est pas par hasard que je rappelais dans mon commentaire originel le lien entre dettes publiques et crédit bancaire sous l’aspect structurel.
Rappelons pour cela, de façon (à peine) caricaturale, en quoi consiste le crédit bancaire :
En cas de demande de crédit (immobilier par exemple), les banquiers sont accrédités par les États pour effectuer avec le demandeur le montage suivant :
- Monsieur X, vous nous avez demandé de vous avancer la somme S pour le paiement de Monsieur Z ? C’est parfait, car Monsieur Z a son compte également chez nous. Voici ce que nous allons faire : nous verserons, dès demain, jour J, la somme X sur le compte de Monsieur Y, qui sera ainsi payé, et nous prélèverons tous les mois le Montant M sur votre compte, jusqu’à extinction de la somme avancée, plus nos intérêts dûs pour ce service.
– Admirable ! C’est donc aussi simple que ça ?
- Mais oui. Nous faisons cela tous les jours.
- Et l’argent ne va-t-il pas finir par vous manquer, ou manquer aux riches déposants dont vous ponctionnez ainsi les comptes ?
- Pas du tout, nous ne ponctionnons ni nos avoirs, ni aucun compte de nos clients…
- Mais d’où sortez-vous l’argent ?
- Quel argent ?
- Mais…celui avec lequel vous allez payer la somme S à Monsieur Z !
- Nous ne le payons pas en argent… nous inscrivons seulement sur son compte qu’il l’a !
– Mais de quel droit pouvez-vous faire cela ?
- Du droit qu’ont tous les banquiers, pour peu qu’ils soient reconnus tels.
- Par qui ?
- Par l’Etat.
- Ah ! je comprends… L’état vous autorise à fabriquer de l’argent pour ceux qui en ont besoin, tant qu’ils n’ont pas pu le rembourser. Mais que faites vous de cet argent, une fois remboursé ?
- Encore une fois, il n’y a pas d’argent. Nous débitons simplement les comptes un peu tous les mois du montant M pour annuler le credit qui leur avait été avancé. On parle alors de « destruction monétaire »…
- Voilà bien un langage fort savant pour une chose fort simple. Que n’ais-je demandé à mon employeur de me faire une avance. C’eut été chose plus simple et…avec moins d’intérêt, j’en suis sûr !
- Vous n’avez pas compris. Lui ne peut pas vous faire cet avance, s’il n’a pas cet argent !
- Mais je suis fonctionnaire, mon employeur c’est l’Etat…
- Il importe peu ! L’Etat emprunte également chez nous la somme budjetaire qui sert à votre salaire mensuel.
- Et pour lui aussi, vous vous contentez d’inscrire sur son compte qu’il a cette somme, jusqu’au jour de sa… « destruction monétaire » ?
- Parfaitement, mais pour l’instant sa dette chez nous ne fait qu’augmenter…
- Ce doit être des sommes énormes ! N’êtes-vous pas inquiet ?
- Pas du tout, nous gagnons de plus en plus d’argent ! L’Etat nous a déjà versé en intérêts plus que sa dette…qui va d’ailleurs bientôt dépasser son budjet. Nous percevons déjà annuellement plus que l’impôt national sur le revenu. En d’autres termes, nous nous substituons à lui…à la différence que lui est pauvre et nous sommes devenus riches.
- Mais…ne m’avez-vous pas dit que c’est l’Etat qui vous accrédite pour faire tout cela ?
- Si !
- Dans ce cas, c’est absurde…pourquoi ne le fait-il pas lui-même, au lieu de s’appauvrir en votre faveur ?
- C’était le cas autrefois, pendant les « Trente Glorieuses » aprés la Libération. Ce fut le programme du Conseil National de la Resistance. Tenez…lisez !
Lois du 24 Juillet 1936 (Front populaire) et du 2 Décembre 1945 (De Gaulle):
Elles font de la Banque de France un “service public” et prévoient que son capital sera transféré à l’Etat le 1er Janvier 1946. De Gaulle nationalise par ailleurs le secteur du crédit des banques commerciales privées.
- Formidable ! N’est-ce point là ce que j’évoquais à l’instant et, qu’en toute logique, n’importe qui de censé eut pu dire à ma place ?
- Si, mais, depuis, ça a changé…
- Quand ça ?
- En 1973, de façon presque concomitante à l’entrée de la Grande-Bretagne dans la Communauté Europe.
Après la disparition de De Gaulle, le nouveau Président de la République, fit voter avant de disparaître à son tour, l’année suivante, la loi du 3 Janvier 1973. Son article 25 bloque toute possibilité d’avance au Trésor : “Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France”.
Celle-ci perdit son statut de service public et l’Etat dût emprunter auprès des banques commerciales, encore nationalisées…mais pas pour longtemps !
- Et quel président a donc voulu ça ?
- Georges Pompidou.
- Que faisait-il donc, avant cela, pour être aussi peu éclairé ?
- Banquier… c’était notre fondé de pouvoir du Groupe Rotschild.
Hadrien
Comme il a fermé les commentaires, j’ai du mal à croire qu’il puisse laisser passer.
Wait and see 🙂
J’avais écrit, mercredi 10 mars 2010 à 12h39 :
Mon post (en réponse) n’est pas apparu, mais je ne l’avais pas inscrit sous « répondre à Hadrien »… Je re-éssaie.
Je saurai ainsi si PJ est parfaitement honnête…
Je sais maintenant ce qu’il en est : mon deuxième essai a été censuré comme le premier, et pas par fermeture des commentaires, puisqu’il y en a eu une dizaine depuis !
André-Jacques avait donc raison : Paul Jorion, tout comme son mentor Jacques Attali, est un monsieur qui n’aime pas la contradiction ! J’avais, comme il apparait dans le texte intégral ci-dessus, appuyé là où ça fait mal en précisant :
- c’est sur ce même point qu’achoppait ma lecture de » (Vers) La crise du capitalisme américain », où il est dit (p.226):
« LE FINANCEMENT « ÉQUILIBRÉ : La principale source de capital des banques commerciales est constituée des dépôts sur les comptes chèques et sur les comptes épargne de leurs clients… Lorsque les fonds sur les comptes des particuliers sont insuffisants pour répondre à la demande des candidats à l’emprunt, les banques peuvent se tourner à leur tour vers le marché financier à la recherche de fonds. »
Il semble donc bien qu’à cette époque Paul Jorion, certes au courant des montagnes de dettes immobilières qu’il cotoyait dans son emploi, et dont il fit son premier livre, ignorait en fait le B‑A-BA du « financement » des prêts par les banques, d’où ses réticences aujourd’hui à le reconnaître, jusqu’au point d’auto- censurer ses propres citations. Comme dirait Fabrice Luchini, c’est ENORME !
Cher André-Jacques, Cher Etienne
Jetez donc un coup d’oeil aux derniers commentaires sur
http://peyrelevade.blog.lemonde.fr/2010/02/26/actualite‑7/
Amitiés
Bonjour,
ai – je bien compris ?
vous ne critiquez pas le fait que ce pouvoir de création monétaire ex nihilo existe mais le fait qu’il soit dans les mains de banques privées ?
vous revendiquez le pouvoir de création monétaire dans les mains de l’Etat, tout simplement pour gommer les intérêts qui ruinent notre Nation ?
Bonjour
Oui, il y a de ça. Mais ce n’est pas seulement pour gommer les intérêts de la dette,
c’est aussi pour tout ce qui est expliqué ici :
http://osonsallais.wordpress.com/2010/02/22/christian-gomez-100-money/
Cordialement
AJH
En ce qui me concerne, c’est bien la perte de souveraineté de l’Etat sur la monnaie que je dénonce, tout comme AJH.
Non seulement l’Etat,en s’endettant auprés de banques privées verse un impôt aux riches ce qui aggrave le budjet national, mais il se lie les mains en s’en remettant à une banque centrale européenne qui prétend être indépendante de l’économie. Une hérésie !
Durant les Trente Glorieuses, le Franc connut plusieurs dévaluations « compétitives » qui permirent à la France d’avoir une croissance supérieure à celle des Etats-Unis et comparable à celle de l’Allemagne (cf Maurice Allais).
C’est la preuve que le cours de la monnaie doit librement refléter les spécificités nationales. En tentant de les enfermer toutes dans un seul costume artificiel, la divergence des économies fait craquer les coutures ! C’est ce qui se passe avec la Grèce actuellement. L’Euro a sans doute été instauré un peu vite et sans précautions…
« C’est la preuve que le cours de la monnaie doit librement refléter les spécificités nationales. »
Hadrien, c’est pour qu’elle ne devienne pas « arme de destruction massive » sous la raison d’état qu’on à essayé de la mettre sous tutelle supra-nationale. On peut avoir réussi plus ou moins bien… mais on voit bien que vous réclamez sa libération pour l’utilser comme « arme de guerre » économique.
Vous avez bien réfléchi aux conséquences ?
Si on veut la paix… on ne doit pas se garder la monnaie comme arme de guerre les uns contre les autres.
@NingúnOtro
Dans un monde de charité et de volonté égalitaire, vous auriez sans doute raison.
Mais dites moi seulement comment on doit et comment on peut réagir à la sous évaluation du Yuan ou du dollar ?
En baissant les salaires, en délocalisant en ouvrant encore plus les frontières par exemple en acceptant des salaires chinois à des chinois travaillant en France ( construction d’une cimenterie « préfabriquée en Chine », pas très loin de chez moi) par exemples ? (je sais bien que ce n’est pas votre « potion magique » pour nous sortir des sables mouvants dans lesquels nous nous enfonçons … alors, on fais quoi ?
Il y a des armes de défense « seulement »…
Il faut essayer de comprendre d’une manière neutre les mécanismes logiques qui jouent au niveau mondial et l’état d’âme psychologique des différents agents qui en ont fait leur tableau d’échecs mondial.
En fonction de quels critères le yuan et le dollar se trouvent-ils sous-évaluées ? Est-ce une stratégie active des agents qui peuvent fixer les cours du yuan et du dollar, ou s’agit-il d’une stratégie active d’autres agents qui font sur-évaluer d’autres valuta dont ils tiennent le contrôle ?
Qui baisse les salaires ? Qui délocalise ? Qui ouvre les frontières ? Qui à bien besoin en fonction de ces objectifs de payer des salaires chinois à des chinois travaillant en France ?
Le quoi correcte ne peut venir qu’après un analyse correcte du pourquoi. Sans cela ceux qui s’interessent à vous pousser vers un quoi qui leur est propice vous fourniront le faux pourquoi qui soit le plus utile pour vous convaincre de collaborer à leur cause au moindre cout.
Même les armes de défense, tout qu’elles gagnent la bataille morale, ne servent à rien sans savoir ce qu’il faut défendre, pourquoi et contre quoi (formulés d’une forme logique pour rassembler, et pas idéologique pour diviser).
Quand aucune idéologie, aussi différente soit-elle des autres, n’arrive à proposer une solution acceptable… il faudrait peut-être commencer à croire que le problème est au dessus de toute idéologie et que n’importe quelle autre de nouvelle subirait le même sort. Le problème, évidemment seulement pour celui qui à assez de curiosité pour s’aventurer hors idéologies, est antérieur à toutes celles-ci. Les idéologies d’ailleurs, toutes, sont des essais de rationalisation de ce problème qui, incapables de fournir une solution tant qu’elles ne contiennent pas de règles pour traiter d’une manière juste ceux qui choisissent pour eux de les rejeter, sont détournés par ceux qui faute de mieux s’en servent pour se payer royalement la trahison en s’attribuant ex-nihilo des avantages pour lesquels les autres doivent travailler dur.
Triste constat en ce qui concerne la nature humaine de ceux qui n’arrivent pas à comprendre.
Et pas tout le monde n’a vocation de faire un travail de Sisiphe quand c’est justement le manque de volonté du bénéficiaire de ce travail qui en fait un cas pour Sisiphe.
« Donnez moi un levier et un point d’appui et je vous soulèverai le monde. » qu’il disait, Archimède. Aujourd’hui, je serais capable de construire le levier tout seul… mais ou est donc le possible point d’appui ? Et surtout… à quoi est-ce que cela servirait, de bouger le monde ? Y à t’il un bénéficiaire qui vaille la peine qu’on fasse l’effort ?
L’humain, est-il plus capable que le chimpanzé de laisser tomber la banane pour sortir la main du piège seulement parce-que il s’est pompeusement attribué pour nom « sapiens sapiens » ?
Il faut qu’il choisisse de plein gré de trouver la solution lui-même, au lieu de vouloir acheter la solution « prêt à porter » pour quelques sous qui n’ont même pas la valeur qu’il s’imagine.
Bonjour
Justement aujourd’hui
« L’UE contre le protectionnisme chinois et les pressions sur le yuan :
L’Union européenne est préoccupée de voir un protectionnisme croissant en Chine où ses compagnies ne sont pas traitées sur un pied d’égalité, a déclaré mercredi l’ambassadeur de l’Union européenne, tout en critiquant les pressions « au mégaphone » sur Pékin pour une hausse du yuan.
« Nous ne sommes pas protectionnistes », a déclaré Serge Abou, lors d’une conférence de presse, en Europe « nous n’avons pas de clauses sur une préférence indigène et traitons nos compagnies et les compagnies étrangères sur un pied d’égalité ».
« Nous sommes inquiets de voir les procédures de plus en plus complexes », a‑t-il ajouté en référence au fait que, avant d’exporter en Chine, presque toutes les compagnies européennes doivent décrocher le certificat ministériel CCC (Chinese compulsory certificate) qui implique « des délais très longs, des coûts de plus en plus élevés » et « des procédures de plus en plus compliquées ».
« Nous voudrions que la Chine simplifie, encore mieux supprime » ces obstacles, a dit l’ambassadeur.
L’UE est le premier marché des exportations chinoises (20% en 2009).
« L’Europe veut renforcer son partenariat avec la Chine, il peut y avoir des difficultés mais nous poursuivrons notre dialogue », a‑t-il poursuivi. L’axe de la coopération « va clairement être l’énergie, le climat et l’environnement », a dit l’ambassadeur.
A l’heure où des sénateurs américains ont déposé une proposition de loi visant implicitement la Chine soupçonnée de sous-évaluer sa monnaie afin de stimuler ses exportations, M. Abou a dit préférer que « les discussions sur le taux de change se fassent à huis clos » plutôt qu’ »en utilisant un mégaphone ».
« Je ne crois pas que les pressions soient le meilleur moyen de résoudre des questions complexes », a‑t-il dit, « mais nous devrions discuter de ce problème sérieusement, entre partenaires, sans confrontation. C’est une question de coopération internationale ».
Il a par ailleurs annoncé une visite du président de la Commission européenne José Manuel Barroso à Pékin le 29 avril pour des entretiens avec le Premier ministre Wen Jiabao.
M. Barroso se rendra ensuite à Shanghai (est) pour l’ouverture de l’Expo universelle où, pour la première fois hors Europe, l’UE aura un pavillon.
Réponse à NingúnOtro
La première phrase du paragraphe que vous citez ne se comprend dans son intégralité que si vous allez jusqu’à la dernière : « L’Euro a sans doute été instauré un peu vite et sans précautions… »
Tout comme vous, sans doute, je suis pour une véritable coopération du monde, avec un objectif (lointain) commun. Mais nous n’en sommes pas là. Aujourd’hui, la finance internationale et les multinationales jouent un jeu non-coopératif dans un monde auquel ils demandent de s’ouvrir davantage dans leur seul intérêt. L’unification économique de sous-ensembles comme l’Europe n’est même pas faite, que l’on voit déjà la finance s’engouffrer dans les failles. Les pays ne peuvent évoluer de concert dans un cadre commun que lorsque toutes les structures sont harmonisées (fiscales et sociales notamment). On ne peut imposer une monnaie unique sans tenir compte des autres aspects économiques et sociaux.
Comme cela a été repris ici longuement par Etienne et AJH, j’ai fait, comme vous, l’effort de rationnalisation des objectifs ultimes que peut souhaiter la société, dans de nombreuses interventions en commentaires du blog de Jean Peyrelevade qui s’obstinne à prendre le problème par le petit bout de la lorgnette sur son blog « La refondation du Capitalisme ». Jetez‑y un coup d’oeil (Juin-Aout 2009, puis 2010) !
Hadrien,
Puisque j’argumentais sur les raisons, et pas sur les formes, ce que je dis ne change en rien en allant jusqu’à la dernière.
Il fallait instaurer l’euro pour établir un cadre commun et pour cela on fixa des critères de convergence d’abord et un taux d’échange fixe en suite. Puis il fallait bien un signe monétaire unique et enlever aux autorités monétaires nationales l’instrument des dévaluations compétitives. On y est peut-être allé un peu vite et sans assez de précautions, mais quand y aller sans certitudes dans la prédiction de l’avenir ?
Non seulement la finance internationale s’engouffre dans les failles, aussi les finances nationales européennes dans tout ce qui leur reste de créatif dans les marges de manœuvre retenues. L’harmonisation parfaite et égalitaire n’est pas nécessaire quand il y à un respect pour les spécificités culturelles. Elle est impossible à éviter, tout aussi impossible qu’elle est à mettre en place, quand n’importe quelle différence est livrée comme levier aux spéculateurs apatrides. L’eau qui devient glace casse tout ce qui n’est pas parfaitement lisse et imperméable si on renonce à chauffer le tout au dessus de 0 dégrées en permanence. Chauffer le tout à un cout… qui amoindrit la compétitivité vers l’extérieur.
La finance internationale et les multinationales demandent qu’on ne chauffe pas nos sociétés pour que la force de la glace fracture toutes nos constructions et ainsi pouvoir emporter chez eux les petits morceaux résultants, ce qu’ils n’ont pas la force de faire avec des édifices complets. L’erreur à été de laisser entrer le renard dans le poulailler en lui confiant la garde de la BCE parce-que on ne se faisait pas confiance les uns aux autres pour le gérer entre nous.
J’ai fait la visite de Mr. Peyrelevade lorsqu’il à été mentionné dans d’autres lieu que je visite. Il est tout aussi obstiné, et j’oserais dire pour des raisons pareilles… à Paul Jorion quand il s’agit du ex-nihilo.
Leurs « erreurs volontiers » sont des remparts construits pour pouvoir garder debout des structures abusés qui s’écrouleraient complètement si ces anomalies venaient à être démasquées devant l’opinion publique et le plus grand nombre.
La plus grande partie de la productivité de notre monde est détournée pour payer les écrans de fumée nécessaires pour maintenir l’illusion de leur monde truqué. Seulement parce-que ils pensent mordicus qu’ils ne survivront pas s’ils y renoncent.
Lehman Brothers : fraude GIGANTESQUE (Vidéo)
Merci pour la confirmation par l’exemple des deux paragraphes derniers de mon commentaire précédent.
Quand on construit un modèle théorique assez corrélationné des motivations qui peuvent pousser vers un tel comportement… ce n’est pas l’identification d’exemples qui manque, malheureusement. C’est si énorme… que l’humain normal refuse de le croire.
Mais en fait l’origine n’est pas si énorme que cela, c’est même très simple. C’est l’accumulation des effets tant que cela dure déjà qui devient mentalement incroyable.
Penser ce qu’il faudrait faire pour effacer tous les torts causés… c’est cela qui nous effraie, tant nous voulons croire, pour ne pas devoir nous y mettre, que c’est impossible.
Pourtant, il le faut si nous voulons encore croire que nous sommes une espèce civilisée.
A NingúnOtro,
C’est bien sur le fonds, et non la forme, que j’argumentais moi-même :
Si un pays comme la France, ou tout autre, instaurait en son sein des règles fiscales et des protections sociales différentes pour chaque région, le pays éclaterait !
L’harmonie fiscale et sociale est une condition sine qua non pour constituer une Union viable.
Quant au système financier et au commerce international d’une manière générale, tout comme la thermodynamique exploite les différences de température, ils exploitent les différences partout où il y en a, pour faire bouillir leur marmite.
L’homme civilisé est certes encore prisonnier de certains égoismes, mais c’est une raison de plus pour ne pas lui faciliter la tâche en ce domaine !
J’ai acheté hier matin le petit livre d’André-Jacques Holbecq « Argent dettes et banques » qui vient de sortir.
Je m’y suis plongé avec ravissement pour retrouver l’analyse, déjà évoquée, sur la création monétaire par les banques.
Le lecteur a pu consulter ici le petit dialogue originellement confectionné en commentaire du Blog JEAN PEYRELEVADE « La Refondation du Capitalisme » (Rédigé par : Hadrien le 11 mars 2010 à 18:19), qui rendait compte du phénomène, et de la difficulté qu’avait Paul Jorion à admettre les critiques à ce sujet (Rapportées par : Hadrien le 13 mars 2010 à 19:33), d’où l’échange non moins instructif (Rapporté par : Hadrien le 13 mars 2010 à 19:43).
L’auteur du petit livre sus-dit relève le même obstacle chez Paul Jorion qui, citant Schumpeter (« Bank notes and checking deposits eminently do what money does ; hence, they are money »), commente ainsi la version française dans son récent « L’argent, mode d’emploi » :
– Schumpeter écrit : » billets de banque (sic, il s’agit probablement d’une erreur de traduction, le contexte suggère qu’il s’agit de monnaie bancaire) et dépôts en banque font en tous points ce que fait la monnaie, partant ils sont de la monnaie. »
Ajoutons : comment, d’ailleurs, pourrait-il en être autrement dès l’instant où la monnaie scripturale des dépôts est convertible en billets. Ne dit-on pas que « l’argent n’a pas d’odeur » ?
La thèse de Jorion est « savoir s’il vaut mieux considérer que la monnaie bancaire, constituée de reconnaissance de dette, constitue à proprement parler de la monnaie ou s’il s’agit d’un produit sui generis…Je rappelle que je défends la seconde position sur la base du fait que les reconnaissances de dette étant soumises à un risque de non-remboursement valent toujours moins que leur valeur nominale, et tout particulièrement en période de crise, comme aujourd’hui. »
L’ennui, c’est qu’en adoptant sa propre définition dans l’échange ci-dessus référencé, nous avions rapidement enfermé Paul Jorion dans ses propres et nouvelles contradictions, et le tout fut finalement censuré par ce dernier.
Les banquiers disent souvent que le crédit n’est qu’une marchandise que vend la banque, dont elle attend paiement avec bénéfice pour elle, comme tout commerçant.
Mais la différence repose sur :
1/ le mode de paiement de cette marchandise par l’emprunteur : forcément différé
2/ le mode d’encaissement par la banque : destruction monétaire jusqu’à extinction de la dette, en ne gardant que l’intérêt.
Le 2/ montre bien qu’il y a un acte de création monétaire, sans quoi l’acte symétrique de destruction ne serait pas nécessaire. Le 1/ en donne la raison : l’emprunteur n’est pas solvable dans l’immédiat.
Cette création monétaire n’ayant pour seule limite théorique que le taux de réserve fractionnaire, en pratique le taux prudentiel effectif, on conçoit l’effet multiplicateur sur les flux en circulation.
Ce que l’on ne comprend pas chez Jorion, c’est quelle raison psychologique lui fait refuser le terme de création monétaire immédiate. Pour justifier sa position, il s’appuie sur l’égalité comptable que l’on pourrait « débobiner »…
Personne ne nie l’égalité comptable d’un passif et d’un actif, mais bien le « débobinage », car l’emprunteur n’a pas son bilan solvable à moins de rendre le bien, produit de son achat !
On dira que c’est, aprés tout, le cas de toute entité économique qui investit, et qu’il ne s’agit là que d’un fait bien banal. Mais la situation spécifique de la banque est d’être le noeud auquel aboutissent tous les fils du réseau. C’est aussi de là qu’elle tient son importance stratégique…et ses revenus.
C’est précisément ce qui s’est rèvélé pour la crise des « subprime »…où l’on s’est aperçu que cela remettait en cause la situation comptable de banques ou d’institutions financières qui devenaient elles-mêmes non solvables par des biens fortement dévalués dans l’entre-temps. Elles étaient donc théoriquement en faillite, n’eut-ce été l’intervention de l’Etat…
L’Etat intervient en dernier recours, puisque , dit-on, il ne peut faire faillite (car c’est nous tous). Mais on voit là l’absurdité (pas pour tout le monde…) de confier la création monétaire à quiconque d’autre que l’Etat lui-même !
André-Jacques Holbecq en vient à la même conclusion, qui était déjà la sienne dans « La dette, une affaire qui marche… » en 2008.
Les bénéfices de cette dernière solution sont par ailleurs multiples : d’une part l’Etat dispose alors à sa guise des taux d’intérêts réels (et pas seulement de ceux de la banque centrale), en fonction de ses objectifs économiques dans l’intérêt général. D’autre part, le produit éventuel de ces intérêts échappe à toute cupidité privée, source d’inégalités…et de catastrophes !
C’était aussi la conclusion à laquelle était déjà parvenu le programme du Conseil National de la Résistance de Mars 1944, intitulé « Les jours heureux » et qui vient d’être réédité sous ce titre en version commentée (Editions La découverte). A lire.
Bonjour Hadrien
Ce qui est regrettable c’est que Jorion n’avait pas lu « Théorie de la monnaie et de la banque » de Schumpeter, lorsqu’il a verrouillé ses positions dans son blog sur des billets qu’il a repris presque intégralement dans son livre.
En effet, Schumpeter commence ainsi sa démonstration de son » Compléments pour l’étude de la monnaie et de la banque : L’expansion du crédit »
{{« Le processus de création des dépôts, souvent qualifié de « création de crédit », est fondamental pour comprendre la monnaie et la banque. Un examen complet de ce processus essentiel permet de percevoir la nature des dépôts à vue, des dépôts à terme ou d’épargne, la fonction des réserves et le rôle de la banque centrale.
Le problème de la création de crédit est habituellement présenté au néophyte sous l’aspect du paradoxe du système totalement « prêté », dans lequel les dépôts sont un multiple des réserves – un multiple égal à l’inverse du ratio de réserves – et dans lequel la banque individuelle, dont les dépôts sont aussi un multiple des réserves, ne peut pas, sur la base d’une augmentation donnée de ses réserves, étendre ses dépôts plus que d’un montant égal aux réserves extra excédentaires.
La banque individuelle est dépourvue du pouvoir de « multiplier » les dépôts, bien que d’une manière ou d’une autre le système ait ce pouvoir et en réalité la banque individuelle, dans l’équilibre final, semble avoir multiplié les dépôts.
La succession des événements dans le système bancaire qui donne la clé du paradoxe est indiquée ci dessous :}}
(la suite sur http://monnaie.wikispaces.com/J.A.+Schumpeter
Cordialement
AJH
Bonjour à tous et à toutes
@AJH
Hum ! on dirait une sélection et substitution d’informations, une sorte de blocage de conclusions lorsque le processus d’inférence est adéquat dans son principe, mais bloqué par une précédente directive émanant du subconscient qui le considère comme inefficace ou dérangeant. Si c’est le cas, cette situation risque d’être dommageable pour la personne en question.
Pourvu que cette situation ne provoque pas le blocage et la sélection suivants pour la personne en question.
Un peu d’humour, « comment la réalité fut inventée » 8).
S’il ne s’agissait que des définitions que l’on veut adopter, Schumpeter ou pas, cela importerait peu. Mais la vraie question posée (et la seule qui importe) est : comment le prêt bancaire ainsi conçu se traduit-il dans l’économie réelle ?
Etant donné la convertibilité immédiate du prêt en argent, biens ou services, on a bien multiplication de flux qui sont non solvables, si l’on « débobine » les comptes comme le suggère Paul Jorion !
En d’autres termes, on a mis en circulation dans l’économie réelle qui une nouvelle voiture, qui un appartement, etc. dont l’équivalent travail n’a pas été encore accompli. S’il ne peut pas l’être à terme, le systême tout entier peut s’écrouler car le « débobinage » ne se fait pas sans dépréciation des biens (même hypothéqués) déjà consommés ; quant aux services, ils sont généralement non restituables.
C’est bien ce qui s’est passé dans la crise des « subprime », qui a fait connaître Jorion pour l’avoir dénoncée. Il en est donc parfaitement conscient, et je ne vois dans son entêtement à considérer tout cela comme une mécanique financière légitime en tous points, qu’une coquetterie iconoclaste comme aime en proférer Attali…
BRAVO A PAUL JORION, PROFESSEUR DE PHYSIQUE ET DE PHILOSOPHIE…QUI ACCEPTE LA CONTRADICTION !
(Le commentaire ci-aprés figure sur son blog)
Nous avons eu ici l’occasion de relever combien la conclusion définitive, notamment en solitaire, peut s’avérer dangeureuse, même sur les sujets que l’on croit bien connaître. Raison de plus sur ceux que l’on connaît moins bien. Un nouvel exemple nous en est fourni sur le blog de Paul Jorion où le meilleur (l’attention pertinente aux mouvements précurseurs, aux Etats-Unis et ailleurs) peut cotoyer le pire (la généralisation hative et définitive dans un domaine qui a déjà fait couler beaucoup d’encre). Le dernier article en date, ce Jeudi, s’intitule, en effet :
Einstein et l’expérience cruciale de Michelson et Morley
Auteur : Paul Jorion | Classé dans : Philosophie des sciences, Physique
« …Alors pourquoi Einstein ne mentionne-t-il pas dans son texte, l’« expérience cruciale » ? Parce qu’à ses yeux, elle était superflue. Selon lui, la constance de la vitesse peut être établie par un simple raisonnement, tel celui qu’il propose dans son article. Pour Einstein, il est possible d’aboutir à la constance de la vitesse de la lumière de manière déductive et ceci pratiquement sans effort, en partant d’un phénomène familier de l’électrodynamique de son temps. »
Comme à l’habitude à propos d’Einstein, on ne prête qu’aux riches…et il est dangereux d’en tirer des généralisations hatives.
Si l’auteur avait cherché à creuser…« comment la réalité et la vérité furent inventés », il se serait aperçu qu’Einstein a maintes fois dissimulé ses sources :
Il en fut ainsi de l’expérience de Michelson-Morley, de même que des deux articles célèbres qui l’avaient précédè dans l’histoire de la relativité (Lorentz 1904, et Poincaré 1905 trois semaines avant le sien). De ces trois éléments précurseurs Einstein a toujours prétendu n’avoir pas eu connaissance avant d’écrire son propre article sur l’electrodynamique des corps en mouvement…
Or, il existe une biographie originale, celle de sa première femme Mileva Einstein (née Maric) d’origine serbe, par une compatriote (Desanka Trbukovic-Gjuvic : Mileva Einstein, édition française:« des femmes ») qui avait recueuilli les confidences de Mileva non seulement comme épouse, mais aussi comme compagne d’études et de recherches du jeune Albert au Polytechnicum de Zurich, et même plus tard. On y apprend que non seulement Albert et Mileva se tenaient au courant de toute la physique de leur temps, mais qu’ils avaient constitué un petit groupe de discussion entre amis qui se réunissait régulièrement pour faire le point sur toutes les questions importantes de l’époque. Or, l’expérience de Michelson-Morley (1887) sur l’invariance de c avait fait grand bruit et constituait l’évènement scientifique majeur de la fin du XIXe siècle, de même que l’article de Planck en 1901 sur sa constante h était le second coup de tonnerre en ce début du XXe. Ce n’est pas un hasard si Einstein, en cette « annus mirabilis » que fut 1905, aborda les deux principaux problèmes ainsi soulevés, relativité du mouvement et quanta d’énergie électromagnétique (il ne reçut d’ailleurs le prix Nobel que pour le second, ce qui est souvent oublié). Ne pas connaître l’expérience de Michelson-Morley pour aborder la relativité en 1905 eut été équivalent, pour un physicien fondamentaliste, à ignorer aujourd’hui celle de Wison-Penzias sur le bruit de fond cosmologique pour discuter de la thèse du Big Bang !
S’agissant des deux sources Lorentz 1904 et Poincaré 1905, il suffit pour démentir Einstein sur son inadvertance de la première, de lire cette source originelle dans le petit recueil des éditions américaines Dover,
sur la relativité, où elle cotoie l’article d’Einstein l’année suivante. On s’aperçoit alors qu’Einstein avait choisi la même lettre minuscule grecque béta, que celle adoptée par Lorentz, pour désigner le facteur de contraction relativiste. Etant donné la variété des caractères possibles (romains et grecs, minuscules et majuscules), cela représentait une chance sur cent de choisir la même, dans l’hypothèse d’inadvertance qu’a toujours soutenu Albert Einstein ! Signalons au passage que, si Einstein n’obtint pas le prix Nobel pour la relativité, mais pour son article de la même année sur l’effet quantique photoélectrique, c’est en raison de l’opposition de Lorentz au sein du comité Nobel.
Quant à la source Poincaré 1905, un résumé paru aux « Comptes Rendus de l’Académie des Sciences » quelques jours avant qu’Einstein n’écrive son propre article (avant d’être développé l’été suivant pour le « Cercle Mathématique de Palerme »), il existe également des indices troublants dans la biographie sus-dite : Albert Einstein, qui lisait couramment le français, était pour cette raison même le correspondant de « Annalen der Physik » afin d’y signaler les articles intéressants paraissant dans le domaine d’intérêt. Or, Mileva confia à sa biographe que le jeune Albert fut pris, durant cette période qui vit en quelques jours la rédaction de son propre article, d’une véritable frénésie de course contre le temps, au point qu’il tomba malade aussitôt aprés en avoir terminé. Mais il prétendra toujours n’avoir pas alors lu l’article de Poincaré !
Sur cet éternel sujet (Poincaré/Einstein), le lecteur curieux pourra consulter trois livres parus en français :
- Jean Hladik : Einstein, Poincaré. Editions Ellipses
- Jean-Paul Auffray : Eintein et Poincaré, Editions du Pommier
- Jules Leveugle ; La relativité, Einstein et Poincaré, Planck, Hilbert. Editions L’harmattan
ainsi que l’appréciation d’un autre prix Nobel (d’Economie), physicien de formation, Maurice Allais :
http://allais.maurice.free.fr/Paradoxe.htm
Ajoutons, pour terminer le tableau, que le physicien qui eut à expertiser l’article d’Einstein en 1905 est le russe Jaffe, alors assistant de Rontgen (premier prix Nobel de Physique en 1901, pour les rayons X). Jaffe a toujours affirmé que le manuscrit originel était co-signé Albert et Mileva Einstein, et s’étonnait que le nom de Mileva ait mystérieusement disparu lors de l’édition par la revue. Or, personne ne put vérifier car l’article originel ne put jamais être retrouvé. Curieusement, lorsque Albert Einstein reçut le prix Nobel quelques années plus tard, aprés sa séparation avec Mileva, il lui en adressa le montant…
On peut d’autant plus s’interroger sur la nature de cet étrange « deal » qu’Albert Einstein n’était pas particulièrement désintéressé, comme en témoigne l’évènement survenu aprés son émigration aux Etats-Unis :
Bien que le manuscrit originel déjà cité eût disparu, une vente aux enchères de ce manuscript fut organisée qui rapporta un impressionnant paquet de dollars à Albert Einstein. Il avait, pour l’occasion, réécrit le dit « manuscrit originel »… L’histoire ne dit pas si l’ »heureux » acquéreur en fut averti de son vivant.
( la relation des faits figure dans une émission de la Television française qui fut consacrée à Einstein, aux alentours du centenaire de la relativité. )
L’ÉTERNEL REFRAIN DE JEAN PEYRELEVADE : LA DETTE !
Le commentateur krimo nous rappelait dans http://peyrelevade.blog.lemonde.fr/2010/02/26/actualite‑7/#comments la propagande effrénée de notre cher banquier tout au long de ses billets :
– Demain la rigueur !
– Le pêché originel
– L’illusion collectiviste
– Au secours l’industrie !
– La rigueur est incontournable…
La logique est toujours la même : prendre argument de la dette pour interdire le déficit public. Et c’est ainsi tout le secteur public et les prestations sociales qui trinqueront… réservant aux grands patrons et aux banquiers de généreuses marges et de mirifiques bonus !
Car la dette publique et la compétitivité sont les pierres angulaires de cet édifice argumentaire patiemment construit par notre banquier, invitant le bas peuple à se serrer la ceinture pendant qu’il évolue sur les pistes de ski comme il nous l’a fait joyeusement savoir au retour de ses vacances d’hiver…(nous sommes contents pour lui!).
On a déjà indiqué sur son blog ce qu’il fallait penser (et ce que Maurice Allais pensait) en matière de compétitivité dans le contexte actuel de l’Europe et de la Mondialisation telles que mises en place par son vénéré collègue et banquier Pascal Lamy, d’abord à la tête du commerce international au sein de la Commission Européenne, puis à la tête de l’OMC plus récemment.
Concernant la dette, je n’ai encore que partiellement rapporté ce que révèle au grand jour le petit livre d’André-Jacques Holbecq “Argent, dettes et banques” qui vient de sortir.
Reprenons donc les choses dans l’ordre, en commençant par une source impromptue, prise sur le blog de Paul Jorion : Manuel de préparation aux concours de la Banque de France
Début de citation
MONNAIES, CRÉDIT ET VALEURS MOBILIÈRES
(Centre intersyndical de préparation aux concours de la Banque de France)
B) Le rôle des banques dans la création monétaire
1 ) Le mécanisme de la création monétaire
Les crédits font les dépôts :
Les banques créent de la monnaie en tant que dispensatrices du crédit. Ce processus de création monétaire est lié à la nature essentiellement scripturale de la monnaie. Celle-ci est le résultat d’un jeu d’écritures comptables inhérent à l’opération de crédit.
Soit une banque escomptant un effet. Quand elle crédite du produit de l’opération le compte de son client, elle augmente par là même le montant des comptes courants créditeurs, figurant à son passif, autrement dit encore les dépôts reçus de ses clients.
Fin de citation
Toute opération de crédit se fonde ainsi sur une création instantanée de monnaie contrairement à ce que croient Paul Jorion et ses fidèles disciples sur son site, qui ont pris cela pour une erreur…, c’est à dire un compte crédité d’un dépôt comme tout autre dépôt de client. Cette création monétaire ne disparait progressivement qu’avec la dette ainsi contractée par l’emprunteur, par une destruction monétaire équivalente lors des remboursements.
Le service ainsi rendu par la banque à l’emprunteur s’assortit d’une rémunération par des intérêts, qui constituent les seuls montants rémanants finaux (au bénéfice de la banque, bien entendu).
D’où les banques tiennent-elles ce pouvoir ? De L’Etat et de sa Banque centrale dont elles ont l’agrément.
Jusqu’en Janvier 1973, l’Etat français, souverain, n’avait que faire des fourches caudines des banques commerciales et se finançait à sa convenance auprés de la Banque de France.
Passons sur les aspects connexes (réserve fractionnaire, démultiplication monétaire) pour en venir à notre propos déjà évoqué dans Hadrien sur le Blog de Jean Peyrelevade, et explicité par André-Jacques Holbecq, de la façon suivante :
Début des citations
” Le grand emprunt, ce n’est pas celui de Juppé-Rocard de 35 Milliards d’Euros, mais bien celui en cours, celui que nous avons accumulé depuis 1973.
Depuis 1973 Président : Georges Pompidou, ancien banquier fondé de pouvoir de la banque Rotschild, l’article 25 de la loi du 3 Janvier précise :
- Le trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France.
Ce qui signifie que notre pays s’est interdit de permettre à la Banque de France de financer le trésor public, c’est à dire de créer la monnaie dont il a besoin pour son propre développement (écoles, routes, ponts, ports, aéroports, hopitaux, bibliothèques, etc.).
Et le traité de Maastricht a entériné pour l’Europe cet état de fait par l’article 123 du traité de Lisbonne, en application depuis peu, qui précise :
- Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux Banques centrales des Etats membres, ci-aprés dénommées banques centrales nationales, d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des Etats membres ; l’acquisition directe, auprés d’eux, par la Banque centrale européenne ou les Banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.
En clair, les Etats sont obligés de se financer sur les marchés financiers, en augmentant perpétuellement leur dette à cause d’intérêts…qui ne sont que les conséquences de choix politiques.
Ainsi, la France s”est obligée d’emprunter sur les marchés monétaires en émettant des obligations auprés des plus riches, des rentiers, et des investisseurs institutionnels (assurances, banques, etc.) tous privatisés depuis Balladur en 93, jusqu’à Strauss-Kahn/Jospin…
Au fil des années, cet argent distribué aux plus riches plombe les finances publiques et il faut couvrir par l’emprunt le déficit toujours justement proche du montant des intérêts.
Et, au total, c’est plus de 1 300 milliards d’euros d’intérêts que nous avons payé entre 1980 et 2008 !…
Nous avons payé, en 2008, plus de 55 milliards aux préteurs, pour les seuls intérêts et pour une seule année, ce que l’on appelle la charge de la dette publique. Pour vous donner une idée, c’est l’équivalent de mille Airbus A320… ou un salaire net de 18000 euros annuel (salaire médian en France) pour plus de trois millions de personnes de quoi éradiquer le chomâge…!
Mais vous pouvez vous demander comment nous arrivons à ces chiffres faramineux ? Vous trouverez sur l’adresse ci-aprés le pas à pas du calcul qui nous permet d’affirmer que, si nous n’avions pas eu d’intérêts à payer, nous n’aurions pas de dette :
http://monnaie.wikispaces.com/Arnaque
Le recours à l’emprunt par l’Etat, qui pouvait se concevoir lorsque la monnaie était représentative d’une certaine quantité de métal (or ou argent) qui à un moment pouvait manquer dans les caisses, n’a maintenant plus aucune justificationdepuis que la monnaie est totalement dématérialisée. Il reste seulement important qu’elle ait, comme toute monnaie, une contre-partie en biens réels ou en créances recouvrables, c’est à dire des actifs sains. ”
” Maurice Allais, Prix Nobel d’Economie 1988 propose, lui :
- Toute création monétaire doit relever de l’Etat et de l’Etat seul. Toute création monétaire autre que de la monnaie de base par la Banque centrale doit être rendue impossible de manière que disparaissent les faux droits résultant actuellement de la création monétaire. ”
Fin des citations
Je ne voudrais pas terminer sans citer quelques passages introductifs du livre de Raoul Marc Jennar “Europe, la trahison des élites” (Fayard, 2004) particulièrement prémonitoire de la conjoncture actuelle et de ses acteurs :
Citation
” L’idée selon laquelle les personnes ont non seulement des droits individuels (liberté d’opinion, d’expression, d’association, de presse, de culte…) mais également des droits collectifs (droits à la santé, à l’éducation et à la culture, au travail, au logement, à la sécurité sociale…) est née en Europe. Le modèle européen est devenu ainsi, surtout aprés la seconde guerre mondiale, l’expression la plus forte d’une conception de l’Etat en tant que garant d’une démocratie qui tend vers une égalité effective des chances pour tous.
Cette volonté de dépasser les aspects formels de la démocratie et de lui donner un contenu s’est traduite par l’élaboration de politiques encadrées, garanties, voire gérées par les pouvoirs publics : salaire minimum garanti, durée déterminée du travail hebdomadaire maximum, allocations de chomâge, allocations familiales, caisses d’assurance maladie-invalidité, caisses de pension, minimum garanti d’existence, etc.
Ces politiques ont consacré l’existence d’organisations syndicales et de mutualités ; elles ont incité à une concertation régulière entre ceux qu’on appelle les partenaires sociaux ; elles ont amené les pouvoirs publics, à différents niveaux, à créer et administrer des organismes appelés services publics…
Du banquier Jean Monnet au banquier Pascal Lamy, ce qui a été fait n’a jamais été à l’aune de ce qui était dit. Aussi, l’histoire de la construction européenne apparaît-elle comme celle d’une formidable mystification…
Nul ne peut croire que le choix d’une construction européenne à partir du commercial, de l’économique et du financier au détriment du social, de l’environnement et du politique fut le fruit du hasard. Ce choix était le fait de décideurs et d’experts marqués par des liens étroits avec les milieux économiques et financiers dont ils étaient le plus souvent issus…
Ces banquiers, ces industriels et ces aristocrates qu’on retrouve aux postes clés de la construction européenne ont ainsi trouvé le moyen, par le haut, si l’on peut dire, en se dissimulant derrière l’idée européenne et la méthode Monnet, de revenir par étapes successives sur tout ce qu’ils avaient dû concéder… »
Fin de citation
La lecture des lignes ci-dessus, ainsi que des nombreux commentaires qui précèdent, devrait suffire, espérons-le, pour que le citoyen se pose les questions qui s’imposent sur l’oligarchie qui prétend continuer de nous gouverner tant au plan économique et financier qu’au plan politique.
DES NOUVELLES DU FRONT :
@ blogueur habsb… qui en redemande,
Aux remarques de cet apprenti-banquier-qui-a-lu-ça-dans-les-livres :
« … sans convertibilité or, un Etat pourrait emprunter/émettre une quantité infinie de monnaie, n’ayant aucun intérêt à payer.
Pour cette raison tous les plus grands pays du monde ont opté pour une Banque Centrale séparée de l’Etat et interdite d’emprunt à l’Etat.
Sauf certains comme le Zimbabwe, où l’Etat émet de la monnaie sans cesse, et où l’on fait ses courses le matin car l’après midi c’est déjà plus cher … »
j’avais, contrairement à ses dires, parfaitement répondu par :
« L’euthanasie du rentier à dose raisonnable n’avait pas mal réussi aux Trente Glorieuses. L’”indépendance relative” de la Fed permet aussi pas mal de souplesse (N’est-elle pas, dit-on en train de faire marcher “la planche à billets” pour racheter en sous-main ses propres bons du trésor américain?) En tout cas, demander 6% à la Grèce de la part de banques commerciales qui se refinancent à 1% auprés de la BCE, serait exclu ! »
En clair : aucun pays au monde ne se lie les mains comme le fait aujourd’hui l’Union Européenne.
L’ »indépendance » de notre Banque centrale était écrite en lettres d’or dans tous les manuels des années 60, ce qui n’empêchait pas, suivant le sens commun, de « faire marcher la planche à billets » à la convenance du trésor, au moment même où le Plan d’orthodoxie monétaire Pinay-Rueff était en vigueur pour prétendre l’éviter… Cela a donné les trente Glorieuses, avec une croissance supérieure à celle des Etats-Unis, au prix de dévaluations qui ne furent effectives que face au Mark désireux de redorer son blason (Le Franc ne s’est pas dévalué par rapport au Dollar, en moyenne, et s’est apprécié par rapport à la Livre sterling).
Quant à l’ »indépendance » de la Fed, elle est tout aussi théorique et consiste en ce moment même à racheter les bons du trésor américain, ce que Paul Jorion désigne, lui aussi, par « faire marcher la planche à billets » !
Enfin, la convertibilité-or de la monnaie fut également tout aussi théorique ; c’est même pour ça qu’elle a dû être abandonnée, sans que personne ne s’en émeuve, surtout pas les banquiers.
Comment tout cela est-il possible ? demande l’apprenti-banquier. Précisément, parce que ni la France ni les Etats-Unis ne sont le Zimbabwe !
Plus précisément : j’avais dit que le calcul de AJ Holbecq (”si nous n’avions pas eu d’intérêt à payer, nous n’aurions pas de dette”) ou la remarque de Maurice Allais (“Toute création monétaire doit relever de l’Etat et de l’Etat seul”) ne concluaient pas sur le détail des modalités optimales à adopter…mais pas au point de ne pas prévenir les lecteurs quant à l’habituel pont-aux-ânes que la plupart, au rang desquels notre apprenti-banquier, s’empressent de franchir.
On trouve, à ce effet, dans le petit livre pré-cité de AJ Holbecq, le passage suivant :
» L’HABITUELLE OBJECTION
L’objection courante est que la dette financée par des émissions monétaires de la Banque centrale serait inflationiste car cette émission équivaut à faire marcher la planche à billets…
Cette objection dénote une profonde méconnaissance du processus de création monétairepar les banques : le rachat – par la Banque centrale – des obligations de la dette publique arrivant à échéance ne modifie pas la quantité de monnaie déjà en ciculation. A terme, n’ayant plus besoin de nouvelle monnaie nécessaire pour le paiement des intérêts, la quantité de monnaie croîtrait moins qu’elle ne le ferait s’il avait fallu payer des intérêts.
Qui peut vraîment penser que c’est l’obligation de payer des intérêts qui limiterait une envie de dépenser des Etats ? » la réponse va de soi par les temps qui courrent…
N.B.
Nous avons rajouté déjà à « en circulation », pour souligner le lien avec l’évidence constante que met en lumière AJ Holbecq :
Dès que sont émises – et souscrites par les banques commerciales – des obligations d’Etat, la création monétaire et l’inflation quantitative qui va de pair ont déjà lieu, et subsistent tant qu’elle ne sont pas suivies de la destruction monétaire correspondant au remboursement intégral (cf le manuel des concours à la banque de France, auquel Paul Jorion et consorts n’ont toujours rien compris!)
Ainsi, aujourd’hui, non seulement ce remboursement n’a toujours pas lieu, laissant en circulation la monnaie-crédit ainsi créée, mais la dette augmente. Cela donne-il pour autant l’inflation que redoute l’apprenti-banquier ? Manifestement non !
Cela signifie que la monnaie ainsi injectée par financement public est bien représentative de la valeur travail de la nation puisqu’elle est aisément absorbée sans inflation. (Contrairement à l’image d’Epinal, il y a une augmentation naturelle de la masse monétaire, pour accompagner les richesses croissantes, fruits de la créativité et de la productivité du travail, qui n’est pas de l’inflation!). En ce sens, on peut même affirmer que le travail est sous-payé tant qu’on n’observe pas de vraie tendance inflationniste (i.e. Zimbabwéenne) !
On voit donc que « détruire cette monnaie » par le remboursement de la dette aux banques qui l’ont créée (cf commentaires précédents) ne peut dans ce cas qu’être d’autant plus néfaste à l’économie.
Mieux : dans ce système actuel, la seule monnaie créée indûment est précisément la seule qui n’est pas détruite, remboursement ou pas ; c’est celle de la rente des intérêts allant aux banquiers…ou aux rentiers à qui ils l’ont revendue.
Comprenez-vous alors pourquoi ceux-là répètent à tout le monde qu’il faut respecter la dette ? Parce qu’ils ont peur qu’on s’aperçoive qu’elle est illégitime !
Dans le système de crédit nationalisé (au programme du Conseil National de la Resistance) mis en place à la Libération, la création monétaire est à la disposition de l’Etat, comme il se doit, c’est à dire de nous tous et non pas de banques privées. Cette création monétaire, gérée conformément à l’absorbtion par l’économie, n’a pas à être et ne doit pas être remboursée. La dette publique due au banquier du crédit n’existe plus, parce que ce banquier est l’Etat lui-même… qui ne ponctionne rien pour cette opération, si ce n’est des frais de sructure en salariés de la fonction publique.
C’est le système qui a fonctionné pendant trente ans, assurant la croissance jusqu’à… 1973 (Loi de l’ex-banquier Pompidou du 3 Janvier, concomitante à l’entrée de la « City » dans le marché commun le 1er Janvier) !
Ce système, c’est celui auquel Jean-Luc Mélenchon, ATTAC, Maurice Allais, Etienne Chouard, André-jacques Holbecq et le Cercle des Economistes Citoyens, les Citoyens Résitants d’hier et d’aujourd’hui, etc. recommandent de revenir.
Comprenez-vous alors pourquoi, entre autres, les banquiers « sociaux-démocrates » Lamy, Peyrelevade, Strauss-Kahn…etc., et leurs amis, s’y opposent farouchement ?
Ce n’est pas la Grèce qu’il faut exclure, c’est l’Allemagne !
Encore un excellent papier de Frédéric Lordon sur le sujet de l’inacceptable zone euro (Les blogs du Diplo 29⁄03) :
http://blog.mondediplo.net/2010–03-29-Ce-n-est-pas-la-Grece-qu-il-faut-exclure-c-est‑l
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Par ailleurs, Christian Saint-Etienne a analysé brillamment, depuis un an déjà, les conditions objectives —puissantes et crédibles— pour que la zone euro se disloque d’elle-même, notamment du fait de la politique franchement inamicale de l’Allemagne depuis le début : lisez « La fin de l’euro », c’est un bouquin passionnant.

Étienne.
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Et puis ce passage du Capital de Marx, d’une étonnante actualité, pour comprendre que la dette publique est une vieille recette des riches pour tenir la force publique en respect :
« Le système du crédit public, c’est-à-dire des dettes publiques, dont Venise et Gênes avaient, au moyen âge, posé les premiers jalons, envahit l’Europe définitivement pendant l’époque manufacturière. Le régime colonial, avec son commerce maritime et ses guerres commerciales, lui servant de serre chaude, il s’installa d’abord en Hollande.
La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique. Il n’y a donc pas à s’étonner de la doctrine moderne que plus un peuple s’endette, plus il s’enrichit. Le crédit public, voilà le credo du capital. Aussi le manque de foi en la dette publique vient-il, dès l’incubation de celle-ci, prendre la place du péché contre le Saint-Esprit, jadis le seul impardonnables.
La dette publique opère comme un des agents les plus énergiques de l’accumulation primitive. Par un coup de baguette, elle doue l’argent improductif de la vertu reproductive et le convertit ainsi en capital, sans qu’il ait pour cela à subir les risques, les troubles inséparables de son emploi industriel et même de l’usure privée. Les créditeurs publics, à vrai dire, ne donnent rien, car leur principal, métamorphosé en effets publics d’un transfert facile, continue fonctionner entre leurs mains comme autant de numéraire. Mais, à part la classe de rentiers oisifs ainsi créée, à part la fortune improvisée des financiers intermédiaires entre le gouvernement et la nation – de même que celle des traitants, marchands, manufacturiers particuliers, auxquels une bonne partie de tout emprunt rend le service d’un capital tombé du ciel – la dette publique a donné le branle aux sociétés par actions, au commerce de toute sorte de papiers négociables, aux opérations aléatoires, à l’agiotage, en somme, aux jeux de bourse et à la bancocratie moderne.
Dès leur naissance les grandes banques, affublées de titres nationaux, n’étaient que des associations de spéculateurs privés s’établissant à côté des gouvernements et, grâce aux privilèges qu’ils en obtenaient, à même de leur prêter l’argent du public.
Aussi l’accumulation de la dette publique n’a‑t-elle pas de gradimètre plus infaillible que la hausse successive des actions de ces banques, dont le développement intégral date de la fondation de la Banque d’Angleterre, en 1694.
Celle-ci commença par prêter tout son capital argent au gouvernement à un intérêt de 8 %, en même temps elle était autorisée par le Parlement à battre monnaie du même capital en le prêtant de nouveau au public sous forme de billets qu’on lui permit de jeter en circulation, en escomptant avec eux des billets d’échange, en les avançant sur des marchandises et en les employant à l’achat de métaux précieux. Bientôt après, cette monnaie de crédit de sa propre fabrique devint l’argent avec lequel la Banque d’Angleterre effectua ses prêts à l’État et paya pour lui les intérêts de la dette publique.
Elle donnait d’une main, non seulement pour recevoir davantage, mais, tout en recevant, elle restait créancière de la nation à perpétuité, jusqu’à concurrence du dernier liard donné. Peu à peu elle devint nécessairement le réceptacle des trésors métalliques du pays et le grand centre autour duquel gravita dès lors le crédit commercial. Dans le même temps qu’on cessait en Angleterre de brûler les sorcières, on commença à y pendre les falsificateurs de billets de banque. »
Karl Marx, Le Capital, Livre I, Paris : Garnier-Flammarion, 1969. Première édition : 1867. Chapitre XXXI : « Genèse du capitaliste industriel », pp. 556–564.
« ou l’argent, appelons-les comme nous voulons », puorquoi ça ?
@Hadrien
« Postjorion » a repris sur son blog vos 2 commentaires précédents http://postjorion.wordpress.com/2010/04/08/78-la-dette-leternel-refrain/
Amicalement
@ AJH
Je sais qu’un certain nombre de commentaires sont passés, mais celui que j’avais concocté en réponse à JP Voyer n’est jamais paru, alors qu’il relevait ses erreurs point par point. La même chose s’était produite avec Jorion dans l’échange sur son livre où seule mon commentaire initial était paru, laissant croire au lecteur que j’étais satisfait de la réponse de Jorion, car ma réplique n’est jamais parue.
Désormais, je ne lis plus son blog.
Même chose sur le blog de Peyrelevade, avec un long texte de ma part qui relevait toutes les erreurs des blanc-becs qui l’accompagnent et de lui-même, en fin de son « Actualité (8) ».
Lire à ce sujet mon jugement définitif, à mon départ, en tête des commentaires sur son « Actualité (9) ».
Bonjour Hadrien
Il y a quand même de temps à autre des lueurs d’espoir
A part cela, il y a toujours des débats intéressants également (outre ce blog d’E.C.,cela va sans dire) sur « Plus loin que Jorion »
Entre Jorion, Finckh, Voyer, Alexandre et quelques autre groupies il n’y a vraiment rien à tirer de ce blog sur le sujet de la monnaie et des banques. Heureusement pour eux, ils ont François Leclerc qui, diplomatiquement, ne s’est jamais exprimé sur ce sujet.
Amicalement
André-Jacques,
En dépit de ma réaction initiale, je suis bien d’accord avec ton analyse. Celle-ci rejoint d’ailleurs celle que j’avais décelée dans le commentaire surajouté par Claude Roche lors de ma première intervention dans son billet invité du 7 mars, à propos de « L’argent, mode d’emploi ». Il s’excusait presque des manquements de Jorion :
« je ne suis pas d’accord avec PJ sur tout …
Mais c’est vrai que DANS la SITUATION ACTUELLE il est important de « faire front » autour de cet ouvrage… »
Je pense qu’il s’agit de lacunes au plan fondamental de la part de Jorion, qu’il n’a pas encore comblées. Il a eu la chance d’être au coeur du système des subprime quand la crise était mure…et d’y réagir en Européen. Il en a déduit un peu vite qu’il pouvait tout régenter sur son blog… même l’histoire de la relativité !
A l’extérieur, il est manifestement plus conscient de ses limites, comme on l’a constaté hier pour son apparition sur la chaîne parlementaire (Emission de 30 min « ça vous regarde »): face à un chercheur économiste et à Patrick Devedjian, pourtant pas trés brillants en l’ocurrence, il a laissé dire à ce dernier en guise de conclusion un commentaire du style que Frédéric Lordon avait déjà fustigé en début de crise dans la bouche d’Elie Cohen : « dans quelque temps, les affaires reprendront comme avant ! » Pour un chargé de la relance économique, ça donne une idée de la responsabilité et de la compétence de nos politiques…
ar-gens môôdddddddddddddde d’engeance !
Engeance mal-odorante d’orinifères fragrances, que ne serais-je sans toi, ôh toi, qui me fais être miasmes soporifiques du dédale odalisque des dimiasques simiesques renvois, je te saurai glorieux, et fiers, et pétulants de la force re-connue de cette inconnaissance constitutive de ton être, ploie mon ami, ploie, il ne te reste que cela, et déchoie, tu es vaincu !
On devrait revoir nos tables de la loi, je trouve…
Tu ne te laisseras pas voler
Tu ne te laisseras pas tuer
Tu ne laisseras pas le désamour nourrir les relations
etc, etc,
Tu anéantiras ceux qui le veulent en revanche,
et le monde changera, et à ce prix seulement.
Tu pourras les anéantir ces reîtres, en refusant de les servir et d’obéir aux voleurs, aux tueurs, aux menteurs, aux désaimeurs,
et si tu ne fais rien, si tu obéis, alors comme eux, tu seras voleur, menteur, tueur et désaimeur car tu ne les auras pas empêché de commettre leurs méfaits.
Je n’espère plus, je veux, rien de moins que cela !
Oui Catherine… comment ne pas être d’accord avec toi.
Mais de quel « leviers » disposons-nous, je veux dire des leviers réellement utilisables ?
Ne plus payer les impôts par exemple, bon, je sais que tu n’es pas pour, mais faire un boulot là-dessus me semble indispensable, les impôts sont une contre-partie à services rendus, or, les services rendus n’existent PAS quoiqu’en disent les « officiels », ils font le contraire de ce qu’ils disent justement ces services.
Tout le monde sait que l’école, la santé, la sécurité par exemple font le contraire de ce qu’ils disent, c’est une école qui rend bête à force de spécialiser de plus en plus tôt, à force de nourrir pour seul désir celui de conformité à un système pathogène qui véhicule les valeurs d’une idéologie précise qui sont à des années-lumière de tout véritable esprit d’ouverture, l’ignorance et le conditionnement fabriquent le consentement passif, et nous payons pour un tel service, c’est le monde à l’envers.
La santé qui rend malade la plupart du temps, des examens à gogo qui ne servent à rien sinon à remplir les poches de Pierre, Paul, Jacques, les études médicales qui sont d’une absurdité sans nom et qui servent à produire des chiens savants qui répétent leur credo comme ils pourraient ânonner le botin.A mille lieues des vrais questionnements des gens et du coeur de la pathologie qui dit en maux les mots tuants qu’elle s’entend dire à longueur de journée.
Des médicaments qui servent à engraisser les laboratoires mais qui sont très souvent des poisons tant ils sont multiples et autoalimentent la machine eux-mêmes. Prenons l’exemple d’une personne qui est soignée pour du cholestérol, les statines provoquent des douleurs musculaires qui eux-mêmes nécessitent parfois la prise d’anti-inflammatoire qui à leur tour relève de la prise de pansement gastrique tellement l’estomac est non-respecté, et tout ça, avec l’aval des médecins qui sont formés par les labos la plupart du temps et qui écoutent religieusement ce qu’on leur dit sans trop se poser la question de la nature de CE qu’on leur dit et surtout à qui profite tout cela.
Alors payer pour cela, pour se faire empoisonner, ce n’est pas possible, on est tous devenus fous d’accepter des choses pareilles.
Au niveau de nos re-présentants, mot bien mal utilisé même cas de figure,car ils ne re-présentent que les intérêts de leur caste ces bons messieurs, pour une fonction qui n’est qu’une fonction d’enregistrement car les pouvoirs sont en Europe et ailleurs comme chacun sait, et il faudrait payer pour se faire tuer symboliquement toutes les minutes, toutes les heures que comptent une journée.
Je pourrais passer en revue tous les services pour lesquels nous sommes assujettis à cette taxe, et c’est complétement fou, que nous acceptions encore de tomber dans une telle imposture, nous payons pour la mort qu’on nous sert sur un plateau à tout instant de notre vie, c’est fort quand même.
Alors c’est sûr, qu’il y a des bémols à mettre, des enseignements de qualité il y en a parfois qui tiennent à la qualité de certains profs, comme des médecins et autre même chose, moi, je parle du commun, de ce qui est le plus courant, et le courant, c’est pas beau, c’est triste à mourir, ça spolie en toute impunité et y’en a marre.
Alors forcément, seule, pas la peine d’y compter, mais si un groupe se constitue, qui essaie de rallier de plus en plus de monde, c’est un moyen non violent de répondre à la violence qui nous est faite.Et la violence, c’est quand on porte atteinte à quelqu’un ‚il faut rappeler cette définition sans cesse, et là, en l’occurrence on nous porte atteinte dans TOUS les champs, tous absolument tous.C’est une violence qui n’est pas perçue comme telle mais qui est violence implicite, implicite de la normalisation qui nous la fait accepter, à force de conditionnement, à force de répéter des mensonges, ça finit par devenir des vérités, à force de nous dire qu’on est libre, certains s’imaginent être libres, mais de quoi, grand dieu, qu’ils me le disent, car j’ai pas vu, libres de se faire tuer et de payer pour cela.
Il faut que nous nous regroupions, que nous fassions démarrer un mouvement pour que quelque chose se passe, car si nous n’initions rien, il ne se passera rien et nous n’aurons que nos yeux pour pleurer.
Que laisse-t-on aux jeunes ?
Quel a‑venir leur offre-t-on ?
Les cancers pleuvent de plus en plus, les pathologies de toute sorte se multiplient à la vitesse de la lumière, nous sommes malades de cette maladie sociale, les gens ont perdu tout esprit critique.
C’est la peste qui nous infeste, on entretient chez les gens des fausses idées d’eux–mêmes, comme si tout ce que nous vivions était une fatalité, c’est une fatalité car nous acceptons que ce soit une fatalité, rien n’est fatal et jusqu’au dernier souffle, la vie bat en nous, et la vie est dynamique, tout peut se renverser, rien n’est écrit dans le marbre. Mais pour cela, il faut nourrir la volonté, y croire et ne pas succomber au chacun pour soi et être assez nombreux à avoir cette faim d’un autre monde.
Ce ne sont pas les autres qui vont transformer notre vie, c’est à nous à transformer les relations de notre vie et ça commence dès que deux personnes se retrouvent et essaient d’échanger. Je dis bien essaie, car nous trimballons tous nos guatanamos sur pieds, nous sommes tous enfermés dans nos prisons mentales bien cadenassées et c’est dur d’ouvrir une petite brèche même timide, mais bon, si on n’essaie pas, même pas la peine d’y croire.
Il faut croire à l’inespéré pour que l’inesperé fleurisse et se matérialise en quelque de possible
Ne plus payer les impôts… ne sert strictement qu’a accélérer la décomposition, sociétale et personnelle au prix de perdre son auto-estime comme bon citoyen puisque on passe de la catégorie de contributeur loyal à celle de squatteur.
La peste qui nous infeste, c’est l’ignorance. Ne pas savoir le pourquoi des choses nous bloque et nous rend impossible réagir dans un sens cohérent avec une possible solution.
Pour que notre vie se transforme il faut savoir dans que sens faire des pas… et quand on sait, on se moque bien de si on doit les faire chacun de son coté ou tous ensemble, car on avancera tous dans la même direction optimale.
Le seul inespéré qui vaille la peine, c’est que lumière soit faite, et il ne viendra qu’au prix d’un effort pour s’illuminer, personnel s’il n’y à pas de choix, collectif si cela peut être organisé.
Encore faut-il qu’on se trouve pour organiser quelque-chose de vraiment collectif qui ne soit pas simplement partiel du à l’ignorance ou une entente de classe mal comprise.
« auto-estime » comme « bon citoyen » ‘est une plaisanterie je suppose??
Accélérer la décomposition, mais voyons, c’est pourri de partout, on peut jeter son regard partout, où qu’on veuille, c’est déliquescent de partout, ça dégouline de tous les interstices, ça pue la m.…,ça se délite partout, je peux te donner des manifestations tangibles dans tous les secteurs, ça va être long, plus pourri que ça, c’est la mort totale là on est arrivé à la mort symbolique, la différence est dans cet espace entre le symbolique et le réel !
Je vais finir par me demander sérieusement qui se cache derrière toi, je te réponds ce midi ou ce soir, je connaissais déjà tes positions sur l’Europe, et je trouve que ça ne s’arrange pas, mais bon, ça reste bien sûr, un point de vue tout à fait personnel, mais c’est bien à toi de rebondir, ça va permettre de développer davantage.
Je reprends tes propos NingunOtro, tu dis : « Ne plus payer les impôts… ne sert strictement qu’a accélérer la décomposition, sociétale et personnelle au prix de perdre son auto-estime comme bon citoyen puisque on passe de la catégorie de contributeur loyal à celle de squatteur »
Bon, c’est bien tout compte fait car ton propos résume tout à fait la posture dans laquelle nous nous trouvons tous, dans ces liens piègeants que nous laissons nous pièger et qui empêchent tout pro-jet de s’actualiser, c’est-à-dire l’inversion des valeurs, nous sommes en plein dedans avec ce que tu m’apportes sur un beau plateau.
Je m’explique.
Ça veut dire quoi au juste être loyal, je te pose la question, je vous pose la question, à ceux qui lisent en ce moment, et oui, ça veut dire quoi être loyal, ça pose la question de l’étalon, c’est-à-dire de CE à quoi on est loyal, non ?
Ça renvoie au centre de la roue, à l’énergie potentielle qui va venir servir de chaîne à l’énergie cinétique la trame, ça c’est un clin d’œil à François, ça revient à fixer un repère-marqueur fixe qui servira de point de référence ultime et qui devrait servir de boussole pour orienter nos actions.
Bon, on va revenir à des bêtes questions de vocabulaire.
Etre loyal, c’est être con-forme à la loi , et être conforme à la loi, ça revient à obéir à la loi, mais obéir aux lois de la probité, de l’honnêteté, et c’est là tout l’enjeu qui nous occupe.
Les lois auxquelles nous obéissons, obéissent-elles aux lois de la probité et de l’honnêteté, de quelle probité et de quelle honnêteté s’agit-il ?
Tout est là, entre CE que l’on dit de quelque chose et Ce qu’il en est réellement sur le terrain du vécu.
Mais c’est quoi cette loi à laquelle nous obéissons qui dit le contraire de ce qu’elle fait, nous en sommes conscients, tous plus ou moins et cependant nous nous accrochons à ce credo mortifère, la loi c’est la loi et il faut pour être un bon et loyal citoyen obéir à la loi dis-tu.
Y’a comme des trous dans la chaîne justement et du coup la trame est bien lâche, sans repère, sans « sens » hormis le sens de quelques uns qui disent re-présenter la loi de tous, et qui usent et abusent de tous les stratagèmes à cette fin, non ?
Alors ça devrait renvoyer à des questions pas si lointaines et qui n’ont guère fait l’honneur de certaines personnes qui ont voulu obéir à la loi de certains hommes justement mais dont nous avons oublié semble-t-il les conséquences terribles, cette police de Vichy par exemple, n’aurait-il-pas été judicieux qu’elle se pose la question d’une dés-obéissance qui aurait répondu à une loi autrement plus importante, la loi de la nature de l’homme qui dépasse largement la sphrére étroite des lois contemporaines à une époque historique précise, cad celle de certains hommes qui défendent leurs intérêts de classe au détriment de tous ?
Question.
N’est-ce-pas cette question de hiérarchisation qu’il nous revient de faire tous, n’est-ce pas notre responsabilité à chacun de savoir à quelle loi nous voulons obéir, tout l’enjeu sociétal national et mondial est entièrement dans cette orientation, c’est le noeud de toutes , toutes les problèmatiques qui se posent à nous.
Obéissons-nous aux lois de quelques uns qui détruisent le patrimoine humanitaire ou obéissons-nous à une loi supérieure qui place l’homme au-dessus de toute loi clanique ?
C’est à cette difficile question qu’il nous revient, que dis-je que nous devons TOUS, individuellement, répondre, en fonction de notre intuition, notre pure intuition, qu’est-ce qui résonne, et la loyauté où se trouve-t-elle, que voulons-nous prilégier en fin de compte.
A quelle loi voulons-nous être loyal ?
Celle de
L’Homme ou celle de quelques hommes ?
Tout est là, et de cela nous aurons à répondre si ce n’est face aux autres, que ce soit face à nous-mêmes d’abord, avec le moins de mauvaise foi possible, nous revient-il d’espèrer.
Cathérine… je ne plaisante jamais, car il y à tant d’autres choses plus prioritaires à faire qui demandent notre temps et nos ressources.
La notion de « contributeur loyal » que j’emploie n’a rien à voir avec la loi. Il s’agit d’avoir en tête ce que sont des contraintes logiques et éthiques nécessaires pour qu’on puisse partager un espace physique comme un pays, une cité ou même une planète entre plusieurs individus citoyens, soit-ce individuellement chacun de son coté ou organisés en différents groupes d’affinités.
Loyal, cela veut dire connaître les contraintes et les respecter, sachant qu’une des contraintes est celle d’intervenir pour que certains ne s’en dédouanent pas trop à la légère, c’est à dire… agir en rendant des efforts lorsque quelqu’un d’autre le fait, et savoir qu’on oblige des autres à le faire lorsque c’est nous qui pissons dessus.
La loi, en toutes circonstances, n’est qu’une méthodologie standardisé qui simplifie la réponse à la répétitivité quotidienne de certaines situations dont on doit analyser la logique et l’éthique pour rendre un verdict sur la solution à appliquer à chaque cas. L’avis d’une majorité politique construit des lois qui entérinent un accord sur la réponse à donner face à certaines conduites considérés nuisibles pour la société qu’on veut se donner entre tous.
La loi est un raccourci qui nous évite le besoin de refaire toute l’analyse logique et éthique à chaque fois… tant à priori ‑pour décider si on peut faire une chose ou pas‑, comme à postériori ‑pour décider comment sanctionner un excès-
Moi, j’ai une vision assez stricte de ce que sont les contraintes logiques et éthiques qui doivent s’appliquer pour que des individus citoyens puissent partager civiquement un territoire donné, et donc je n’ai presque jamais besoin des lois pour m’imposer des limites. Cela ne veut pas dire que je ne me saute jamais la loi, juste que je lui reconnais la fonction d’éviter que je puisse nuire à autrui. Lorsque celle-ci interdit par exemple de ne pas stopper devant un signe de trafic au rouge, comme piéton je ne m’arrête pas 5 minutes devant un feu rouge à un passage zébra lorsque la rue est déserte. Au fait, je ne m’arrête que si m’aventurer sur le passage zébra risque d’interrompre le trafic en forçant que quelqu’un doive faire une manœuvre imprévue ou si mon comportement peut induire à erreur un enfant qui suivrait mon exemple sans savoir ou même penser à ne pas intercepter la trajectoire d’un véhicule plus incassable que lui. Je n’ai pas de permis de conduire et je ne me verrai donc jamais en conducteur sauf sur bicyclette, mais la je respecterais tous les feux rouges (et même sans signaux je ferais attention) car trop de participants à la circulation sont bien plus fragiles et valuables qu’une carrosserie de voiture.
La loyauté et l’auto-estime comme bon citoyen dont je parle est celle, instinctive, qui impose qu’on ne fasse pas subir autrui ce qu’on ne voudrait pas qu’on nous fasse subir nous. On peut entendre cela comme individu, ou on peut entendre cela comme membre d’une collectivité qui c’est donné des règles pour s’organiser la vie ensemble.
La collectivité s’est donné des règles, une desquelles est de payer des impôts pour financer des services communs.
Vouloir ne pas payer des impôts… c’est afficher un désir de dissoudre la collectivité et de passer au chacun pour soi de la loi de la jungle. Je ne crois pas qu’une seule personne de celles qui fréquentent les sites d’Étienne soit favorable à cette option, même pas toi, Cathérine.
Je veux bien reconnaître que la démarche « ne pas faire/payer… » ou même « faire n’importe quoi qui soit moins chiant que ce qu’on doit faire d’habitude » (comme une grève ‑flâner dans la rue au lieu de suer sur le tas‑, ou éteindre les lumières une heure ou 24 ‑on paie moins la facture-) et toutes ces initiatives qui résultent dans un cout ou un effort moindre pour celui qui est appelé à agir, soit beaucoup plus facile à endosser à des pseudo-activistes endormis… mais les changements ne viendront jamais de l’ingéniosité qu’on trouvera pour faire MOINS… les changements viendront quand en plus de l’effort habituel nécessaire pour que tout ne s’effondre pas simplement… on fait UN EFFORT SUPPLÉMENTAIRE pour changer la direction de ce titanic planétaire sur lequel nous vivons tous a fin d’éviter l’iceberg qui est avant tout artificiel et fruit de nos propres conditionnements psychologiques, tant individuels comme collectifs.
L’étalon… ne peut être que ce qu’on peut comprendre soi-même comme nécessaire pour organiser une collectivité d’une façon pacifique et durable. Chacun doit, sous l’influence de son entourage et selon ces capacités cognitives, se fabriquer son propre étalon. Il juge les efforts des autres par cet étalon et il est jugé par les autres selon son comportement est plus ou moins conforme à l’étalon de chacun. Ce n’est qu’en servant d’exemple les uns aux autres que chacun adapte son étalon dans le temps et que cette adaptation naturelle fait converger l’étalon maitre vers ce qui est le plus partagé par le plus grand nombre.
On ne peut imposer aucun étalon « prêt-à-porter » parce-que personne n’est habilité d’une autorité quelconque pour le confectionner, et personne ne peut être libre sans accepter quoi-que-ce-soit de son plein gré.
L’humain est le seul animal capable d’anticiper ce dont il aura besoin demain. Son problème est qu’il ne fut pas capable dans le passé lointain d’anticiper le piège dont il entrait en anticipant que les autres anticiperaient… car il commença la une course avec des moteurs à accélération logarithmique… sur une piste qui fournit du carburant à une échelle linéaire ‑aujourd’hui décroissante-. Plus on accélère… moins on sera capable de la finir, cette course.
Ce n’est que très récentement que l’on à changé les règles de la Formule 1… on embarque tout le fuel nécessaire des le départ… et il faut le dosifier si on ne veut pas tomber en panne d’essence 50 mètres avant le finish.
Ce qu’il y à de pourri de partout, Cathérine, c’est qu’à tous les niveaux, tant les trop riches comme les moins pauvres… beaucoup trop de monde essaie d’accélérer en brulant l’essence qu’il peut dans le moteur qu’il à été capable de bricoler… sans se soucier du fait que tous ces moteurs brulent l’essence sans optimisation et que plus cela continue moins il restera de l’essence pour alimenter un moteur le plus performant possible qui puisse encore nous porter tous jusqu’à un finish agréable pour tous.
Cela, même sans se demander si cette course est vraiment nécessaire. Pour ceux qui se trouvent attrapés dans sa logique ou atteindre la ligne d’arrivée est égal à assurer la survie, et arrêter donc synonyme de défaite et de ne pas survivre… il n’y à que Margareth Thatcher comme déesse suprême (TINA… There Is No Alternative… Il n’y à pas d’alternative… on continue jusqu’à ce qu’on crève, ou on crève tout de suite). Pour un organisme génétiquement prédisposé à survivre (quoi-que les suicides dernièrement…) le futur n’est pas brillant dites donc.
Le problème qui évite une convergence des étalons personnels de chacun est l’existence de ceux qui se sont faits piéger dans la course folle de l’accélération (ou la croissance perpétuelle, la « productivité compétitive » à un moment dans le passé ou l’amorce de la pente logarithmique n’était pas anticipable par faute de savoirs, tout comme beaucoup de ce que nous savons maintenant n’aurait jamais été possible sans changements profonds de vision comme ceux qui consideraient la Terre sphérique au lieu de platte, ou que la Terre n’est pas le centre de l’Univers.
Ceux qui ne savaient pas… sont coupables mais pas condamnables (trop morts déjà), et ceux qui ont hérité les conséquences profondes des erreurs involontiers de leurs ancêtres ne sont pas coupables non plus, même si leur logique suicide nous mène toujours à l’abîme.
Toujours faut-il qu’on se rende TOUS comte des mécanismes logiques qui nous mènent ensemble à l’abîme… et si la faute est due à une erreur logique… les malades logiques d’aujourd’hui ne veulent évidemment pas savoir d’une cure qui passe pour eux par la guillotine imposée par des médecins idéologisés qui chercheraient à venger une défaite imaginaire antérieure telle la chute du mur de Berlin par une victoire sur le mur de Wall Street.
Tout le monde veut (sur)vivre… et c’est à ceux qui ne sont pas dupe du piège logique de comprendre TOUTE la situation et de travailler vers une solution qui puisse être valide pour tous.
Mais il te faudrait lire « Emphyrio » de Jack Vance pour mieux comprendre la situation, cela m’éviterait le besoin de tout décrire.
Ce qui se cache derrière moi ? Déjà mon blog c’est… Moi et Aucun Autre. Plus explicite, tu meurs ! Il n’y à qu’un cerveau (parmi d’autres ailleurs, j’espère bien) qui ose penser sans autres contraintes que la logique et l’éthique. Un cerveaux qui se respecte et qui sait qu’il n’est pas libre tant que les autres masses encéphaliques ne prendront pas à leur charge de se respecter puisque il y à des choses bien plus gratifiantes à faire (et donc à choisir si librement) que de botter le cul de cet anthropomorphe qui à osé se donner le nom de « sapiens sapiens » sans en avoir les moyens ou le savoir pour les utiliser.
Il se piège lui-même avec une simple banane, comme le plus vulgaire des chimpanzés.
Comprendre est une question de perspective (ce n’est pas pour rien que mon avatar est une vue de la Terre depuis la surface de la Lune). Il faut reculer assez pour avoir à vue toutes les interactions qui agissent sur l’ensemble. Autrement, on ne serait jamais capable d’inclure dans le panorama l’action impérative de ceux qui se trouvent sous la contrainte du piège logique qui mène vers le TINA qui fausse les circonstances logiques et éthiques de toute autre initiative. Parce-que leurs contraintes psychologiques à eux faussent tout. Ils agissent comme le père lépreux de Robert le Bruce dans Braveheart ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Braveheart ).
Le Capitalisme n’est pas une idéologie… ce n’est que le chaos qui est possible quand aucune idéologie ne survit aux contraintes imposés par l’existence d’acteurs qui agissent sous la contrainte de ce piège logique qui fait tout sacrifier… la vérité, la logique normale, l’éthique…
Aucune idéologie ne peut survivre sans résoudre le problème de ces malades.
Et il faut qu’on s’y mette… car être sain… n’est pas assez compétitif !
Merci à toi NingúnOtro, déjà, d’avoir répondu, car tu aurais très bien pu ne pas le faire, c’est désormais tellement courant que ta réponse vaut déjà un remerciement.
Puis, il faut que je te dise que c’est un peu difficile pour moi de te lire, mais bravo à toi, moi, je serais bien incapable d’écrire deux mots en espagnol, aussi, il est fort possible que j’aie compris des choses de travers, je te prie de m’ excuser par avance si c’est le cas.
Peut-être pourras-tu alors rectifier, si tu as un peu de temps et l’envie aussi, bien sûr.
D’abord, ce qui revient chez toi très souvent, c’est cette histoire de logique et d’éthique, et moi, je dois te dire que ça me hérisse le poil quand je lis ça, j’veux pas t’attrister mais ça me fait ça, ça me hérisse le poil, quand je lis ces mots-là.
Il faut que je te dise que je n’aime guère cette idée de logique que j’imagine comme une geôle et je n’aime guère les geôles vois-tu, et l’éthique me semble être un passage, mais dont le « aime et fais ce qu’il te plaît » dépasse allégrement les bornes, bon, c’est un point, un point de vue même. Mais je reconnais néanmoins toute l’utilité de l’éthique.
Je vais suivre linéairement ton message.
Tu parles de loi, mais nous ne mettons pas la même chose derrière ce mot, je crois. La loi, ce n’est pas forcément la loi des hommes, non, je la vois davantage comme la loi qui gouverne l’humanitude oserais-je dire, cette règle qui se voudrait aller vers plus de paix, d’ouverture, de transparence et de joie pour le maximum de gens.Comme si c’était elle l’étalon ‑or auquel toutes les mesures subalternes viendraient se mesurer.
Bon, alors ton contributeur loyal je le vois alors comme un agrégant plaquettaire, quelque chose qui fait adhérer le tout,ok.
3ème paragraphe, ok.
Tu dis ensuite, je te cite:« L’avis d’une majorité politique construit des lois qui entérinent un accord sur la réponse à donner face à certaines conduites considérés nuisibles pour la société qu’on veut se donner entre tous.« sauf que c’est trafiqué à mort cette histoire d’accord, c’est un accord qui n’a rien d’un accord, car c’est un accord menteur à force de dire le contraire de ce qu’il fait, et c’est là que le bât blesse, un accord qui semble être un accord, mais qui n’en n’est pas un justement, car les bases de l’accord sont tronquées, faussées, trompeuses.
Tu dis encore;« La loi est un raccourci qui nous évite le besoin de refaire toute l’analyse logique et éthique à chaque fois… tant à priori ‑pour décider si on peut faire une chose ou pas‑, comme à postériori ‑pour décider comment sanctionner un excès– » mais la loi est flexible, on lui fait dire ce qu’on veut, nous savons bien par la pratique quotidienne que nous ne sommes pas égaux devant la loi, la loi est comme plus légale pour certains et pour d’autres, beaucoup moins bizarrement, je continue tout à l’heure.
Tu dis encore:« je n’ai presque jamais besoin des lois pour m’imposer des limites. Cela ne veut pas dire que je ne me saute jamais la loi, juste que je lui reconnais la fonction d’éviter que je puisse nuire à autrui. « Si l’axe dont je parle est bien intégré, celui des normes ontologiques, c’est ok, les lois dont tu parles ne sont plus nécessaires car les lois essentielles sont intériorisées, mais avant qu’elles le soient il est vrai que les lois de cet ordre sont nécessaires.oK aussi pour cette dimension d’exemple auprès des plus jeunes, ne pas les induire en erreur, ne pas les mettre en danger par un comportement insolite.
Puis tu dis:« Vouloir ne pas payer des impôts… c’est afficher un désir de dissoudre la collectivité et de passer au chacun pour soi de la loi de la jungle. Je ne crois pas qu’une seule personne de celles qui fréquentent les sites d’Étienne soit favorable à cette option, même pas toi, Cathérine. »
et c’est là que nous ne sommes plus d’accord, c’est dissoudre d’une certaine façon et ne pas dissoudre mais ressouder d’une autre façon. Je m’explique. Notre désaccord tient au fait de niveaux différents auxquels nous soumettons ce problème, toi tu parles de l’écorce moi je te parle de noyau, alors forcément si on essaie de joindre des choses qui ne sont pas sur le même niveau, ça donne l’apparence d’un désaccord mais qui n’en est pas un au final. En superficie, on peut croire qu’il s’agit en effet d’une volonté de dissoudre la « collectivité » mais ce n’est qu’une apparence trompeuse car cette volonté est sous-tendue par le désir d’aller percuter les normes ontologiques, les lois qui nous font obéir à la loi des humains anhistorique, celle qui transcende l’immanence de cette réalité collective d’aujourd’hui au service d’une caste qui n’a aucun scrupule à tuer à petit feu les humains dont elle n’a que faire. C’est refuser ce consensus de surface nuisible car il tue, pour percuter le vrai consensus du noyau, celui qui respecte tout humain y compris celui qui spolie aujourd’hui même si la sévérité extrême doit être absolument de mise.
Je suis fatiguée, je continuerai demain midi ou demain soir, merci Ningun !
Ce sont vraiment des jours tristes, si les mots logique et éthique hérissent le poil et font penser à des geôles. Certes, on est aujourd’hui à la dérive et si loin de ce qui devrait être considéré normal que tout appel à faire des efforts pour améliorer notre entourage peut être perçue comme une corvée digne se Sisyphe.
La logique est une discipline qui fait de son mieux pour qu’on puisse unir sans les forcer toutes les pièces connues de ce grand puzzle qu’est la réalité. C’est quand ces pièces de réalité sont manipulés dans leur forme réelle ou dans leur apparence virtuelle telle qu’on peut l’observer pour orienter le public vers une configuration forcé de ce puzzle qui arrange ceux qui font l’effort de manipuler, et que cela est fait par trop de gens durant trop longtemps… que trop de gens demanderaient volontiers une lobotomie pour arriver à ne jamais savoir qu’ils ont su qu’il y avait des trucs qui ne clochaient pas dans ce puzzle.
L’éthique est selon moi une discipline qui fait la même chose pas pour la réalité physique mais pour le comportement humain. Ce qui est nécessaire pour que tous les êtres humains ensemble puissent former un grand puzzle ou toutes les pièces dans leur diversité trouvent leur place sans violences… est éthique. Ce qui s’oppose à ce vivre-ensemble optimal n’est pas éthique. La aussi, trop de gens demandent la lobotomie plutôt que se voir imposer la corvée d’améliorer la situation actuelle.
C’est vrai que ce n’est pas marrant de se dire… je ne serais libre que lors qu’il ne restera personne à libérer, car c’est alors que je pourrais choisir librement de faire autre-chose que libérer des gens, et pas avant. Non, d’habitude on se dit qu’on n’est pas né pour mourir sans avoir goutté aux plaisirs de la vie… et en les poursuivant on fait un esclave de ces désirs de soi-même et encore plus de tous ceux qu’on écrase sous sa botte pour les atteindre.
A ce que je vois, nous mettons exactement la même chose sous le terme « loi ».
Seulement… les lois écrites qu’on connait tous, les Constitutions et tout cela, on ne leur reconnait plus de légitimité d’un point de vue logique et éthique. Certains ont comme une impression qu’il y à des choses dans ces lois qui ne font pas des bonnes pièces de puzzle de la réalité, sans bien savoir pourquoi. Qui aurait intérêt à fausser des lois pour obtenir des avantages déraisonnables ? Mais bien sur… ceux qui dans leur course folle ont des besoins qui se trouvent bien au dessus de ce qui est logique, éthique et raisonnable, et qui ont manipulé tout ce qu’ils peuvent pour prendre possession de toutes les positions politiques, économiques, etc. à travers lesquelles ils peuvent influencer le nécessaire pour nous ponctionner tout ce qui peut l’être pour alimenter leurs moteurs dans la course folle qu’ils ont hérité de leurs ancêtres. Ce sont comme des héroïnomanes… ils vendraient leur mère pour la dernière dose.
C’est trafiqué à mort, comme tu dis… mais c’est trafiqué à mort par quelques-uns pour des raisons précises, et il suffit de savoir par qui et comment pour rassembler les autres dans une majorité suffisante qui puisse défaire ce qu’ils ont construit.
Le grand problème c’est que dans l’ignorance générale non seulement ceux qui savent très bien ce qu’ils font ont manipulé… mais que beaucoup d’ignorants ont fait l’idiot utile de quelqu’un qui savait, et qu’ils se croient coupables à différents niveau, même qu’il est impossible de survivre sans être coupable et le rester. Même qu’il y à des idiots utiles qui croient qu’ils savent…
En fait, ceux qui ne savaient pas n’ont jamais poursuivi la richesse et le pouvoir, et ont des difficultés à identifier les ressources qu’ils pourraient utiliser pour se libérer du joug de ceux qui ont tout accumulé.
Il n’y à pourtant qu’une ressource nécessaire pour tout changer… la rentabilité de cerveaux au service d’une cause. Tout le reste n’est que convention humaine qu’on peut changer, car la situation actuelle n’est que le fragile équilibre d’un rapport de force entre cerveaux.
Mais c’est pas gagné car il n’y à pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. Personne ne veut comprendre qu’il n’est pas libre de faire ce qu’il veut… même dans la misère il y en à qui pensent qu’ils perdent à comprendre…
Je reprends la suite de ton message du 15⁄04 19h45 :
Ce qu’il faut saisir à mon avis, c’est qu’il y a des vraies alternatives et de fausses alternatives.
Les grèves comme elles sont faites aujourd’hui ne servent strictement à rien qu’à conforter des syndicats qui font eux-mêmes partis du système, ils ont une fonction d’intégration des « pseudo-opoosants » ces fichus syndicats et donnent le change, c’est ça leur fonction, faire croire que les mouvements de contestation sont possibles, à mourir de rire tellement c’est stupide, c’est un simulacre, un jeu de dupes, quand on imagine que des syndcalistes ont désormais des statuts de syndicaliste à temps plein ça en dit long, comment veux-tu qu’ils se sentent concernés quand leur maintien « en poste » dépend d’une contestation larvée, on leur octroie quelques miettes de ci de là, mais pour l’essentiel, c’est un équilibre qui se fait entre gens de « bonne compagnie » qui font semblant de ne pas être d’accord, mais qui, s’ils sont honnêtes, savent bien au fond d’eux que c’est une vaste comédie. Les grèves, enfin telles qu’on les connait aujourdhui, sont des alternatives faussées, menteuses, trompeuses, à ce jeu là, c’est pile je gagne, face tu perds,le chiasme convaint de l’alternative mensongère mais si l’on y regarde de plus près, tu perdras dans un cas comme dans l’autre.
Alors tu me dis, ce n’est pas quelque chose en moins qu’il faut faire mais quelque chose en plus, de supplémentaire. N’est-ce pas du supplémentaire ce que je propose ? Certes ça s’exprime sur du moins, suspendre le paiement des services pour lesquels nous payons tant que ces services ne sont pas rendus, c’est l’âme du contrat social n’est-ce-pas ? c’est un moins semble-t-il, on peut le lire ainsi certes, mais un moins qui porte du plus dans le sens où il n’est plus question de s’entendre sur des accords déjà entendus, il s’agit d’initier des rapports neufs et d’inclure un bien plus grand nombre de gens qu’aujourd’hui où tout se passe en catimini et en terrain de connaissance, il faut montrer patte blanche.
Tu dis : » on fait UN EFFORT SUPPLÉMENTAIRE pour changer la direction de ce titanic planétaire sur lequel nous vivons tous a fin d’éviter l’iceberg qui est avant tout artificiel et fruit de nos propres conditionnements psychologiques, tant individuels comme collectifs. »
En ne faisant rien que de s’enfoncer dans les sempiternelles alternatives illusoires, y’a guère de risque que ça se ré-oriente tout seul, tes suppléments tu peux les attendre longtemps si tu ne vas pas les chercher, à moins qu’il y ait un miracle, mais ni toi, ni moi ne croyons aux miracles je crois, ça ne risque pas d’arriver tout seul.
Il y a un affligeant,un consternant et accablant esprit de soumission à l’autorité qui paralyse et empêche toute tentative de réel changement, les réformettes sont les bienvenues car elles permettent de faire semblant qu’il y a désaccord/accord de surface possible mais pour le reste tabula rasa, rien de rien, on peut passer son chemin, personne pour se rallier à quoique ce soit d’un peu plus raical, la peur s’insinue d’emblée.
L’expérience de Milgram, on est en plein dedans quoiqu’en disent les gens.
L’expérience est faite in vivo, sur le terrain du vécu quotidien. Car en effet en acceptant ce que nous acceptons tous les jours, tout en sachant de quoi il en retourne a minima pour une foultitude de personnes, n’est-ce-pas une façon de faire passer du jus, de l’électricité comme avec Milgram, chez les gens qui auront à subir tous les méfaits de cet ordre meurtrier,n’est-ce pas la même posture que ces gens qui acceptent de faire passer du courant dans des gens tout en sachant que ces personnes vont souffrir mais le faire quand même car c’est une autorité qui est requérante, loi ou tout ce qu’on veut.
N’est-ce-pas le même cas de figure aujourd’hui avec ce qui tu avances comme argument, pour ne pas déstabiliser davantage, acceptons l’équilibrepathogéne d’aujourd’hui même si certains crévent à petit feu, c’est à petit feu, c’est pas tout de suite, alors on va encore attendre un peu.
Bon, je continue dès que je peux
Cathérine… ¡Milgram, c’est de la PROPAGANDE ! La façon dont sont choisis les sujets n’est pas banale, et la présentation des circonstances des expériments, sans liens avec des contextes spécifics qui fassent que le sujet place ses choix d’action dans l’harmonie d’une réalité plus vaste fausse tout.
La plupart des gens ne se comportent pas de la même façon dans un jeu vidéo (genre il faut tuer grand-mère) que dans la réalité…
Pour les alternatives… il y à celles qui partent d’une interprétation partielle ou intéressée de la réalité… qui ne vont nulle-part d’intéressant par manque intrinsèque de viabilité dans le réel, et il y à celles qui partent d’une interprétation réelle d’une réalité qui est si incroyable que les initiatives paraissent voués à l’échec d’avance.
On ne changera pas le monde en priant que toute initiative soit si facile à suivre qu’elle en devienne banale. La facilité qui fait bouger les gens faisant du sur-place pour n’aller nulle-part c’est l’ennemi qui l’use pour dépeupler les initiatives sérieuses.
Je ne m’intéresse pas à la déstabilisation pour la déstabilisation, sauf à savoir que le chaos du capitalisme et du post-capitalisme fait le jeu de ceux qui s’adaptent à n’importe quoi en improvisant, surtout s’ils improvisent de la déréglementation qui fait croître la sauce dans laquelle ils se sentent le mieux.
Ce que je prétends n’est pas « déstabiliser » ou « pas déstabiliser »… ce que je prétends est connaitre la stabilité (quelle qu’elle soit) du terrain donné (que je ne peu pas choisir) sur lequel je dois bâtir une ou des initiatives, pour que les fondations soient les plus stables possibles et les rendements des efforts les mieux qu’on peut obtenir. Si je sélectionne des sujets pour une expérience comme celle de Milgram, je sais que je n’obtiendrais pas les mêmes résultats si je sélectionne des anciens résistants et je fais porter des uniformes de la SS à ceux qui sont électrocutés ou à l’envers, comme je n’obtiendrai pas les mêmes résultats si je propose quelque-chose qui à l’air d’un jeu vidéo dans des forums facebook ou via les thérapies ocupationnelles des maisons de retraite.
L’expériment est une chose… le choix de faire de la propagande à des résultats pré-sélectionnes en est une autre.
Nous n’acceptons PAS l’équilibre pathogène… la réalité telle qu’elle est, est pathogène, et nous ne pouvons pas fausser les conditions de départ existantes juste pour nous faire plaisir ou pour convaincre les sujets destinataires de nos démarches du fait que les efforts nécessaires sont bien moindres de ce qu’il faut réellement. La liste des initiatives échouées pour de telles raisons pèse lourd sur les expectatives de n’importe quelle autre à venir. C’est pour cette raison que les gens ne croient plus dans les grèves, les pétitions diverses bla bla bla et tout cela… parce-que celles qui ont été faites n’ont pas été faites comme il faut, et les pouvoirs factices en font de la propagande pour insister sur le fait qu’aucune initiative ne sert à rien.
Il faut analyser les circonstances (la situation propagandistique de desincentivation incluse) soi-même, et pas accepter le contexte Milgram pré-selectionné que la propagande nous propose et qui est choisi pour que n’importe quel changement se présente comme le plus dur possible à obtenir.
La servitude est volontaire… parce-que on se leurre vers l’inaction soi-même, et les statistiques sur la dynamique des masses terminent par fixer l’immobilisme.
Et la simple cause de tout cela… n’est qu’un état mental individuel !
@Catherine
En attendant le grand jour…
Pour résister à la dictature du monde de la finance, tous aux Glières !
et
Opération cuillère et casserole vide
Puisque tu titilles sur Milgram, alors enlevons-le et que voyons-nous ?
Il faut croire que les Espagnols sont d’une autre étoffe que les Français, en tout cas pour ma part, dans mon périmètre et au travers des gens que je côtoie et qui sont de tous les milieux socio-professionnels, je peux te dire que cette soumission à l’autorité est loin d’être une vue de l’esprit, c’est le quotidien auquel je ne cesse de me confronter.
Dès lors que c’est une autorité qui parle, qui agit, qui autorise ou empêche, il y a obéissance à la clef et soumission, ça râle mais ça obéit, souvent, pas toujours mais souvent.
C’est une construction qui remonte à l’enfance, il y a des instances de socialisation pour cela, la famille, l’école, etc, etc…qui nous apprennent à faire des liens entre un stimulus et une réponse, ces liens sont tellement bien intégrés ensuite, qu’ils se font en « automatique » ce qui fait dire à quelqu’un comme Héraclite, éveillez, ils dorment !
Pas si faux que ça quand même, un peu comme des robots, mais cerise sur le gâteau, des robots qui s’imaginent être libres, comme si la liberté ça se gagnait comme ça, les gens répétent ce qu’on leur appris sans se rendre compte que c’est un apprentissage, et que si les liens avaient été différents et bien les pensées et les actions seraient tout à fait différentes.
Bigre !
Mais c’est quoi cette autorité et d’où puise-t-elle son autorité cette autorité, sur quoi s’appuie-t-elle ?
Une autorité, c’est une domination qui produit de la sujétion, mais on oublie trop souvent que celle-ci doit se justifier, et dans justifier il y a juste, car cette autorité ne se justifie pas du seul fait qu’elle est autorité, ce n’est pas un blanc-seing qu’on lui offre une bonne fois pour toute, non, ça s’interroge une autorité et à tout instant dans ce qu’elle autorise et dans ce qu’elle empêche et on ne saurait comme on le fait aujourd’hui lui octroyer un statut de statue de pierre indéboulonnable, ou alors nous sommes tous devenus des lobotomisés.
Non, c’est dynamique un statut d’autorité, enfin ça devrait l’être à mon avis, et s’il ne répond pas aux termes de ce qui l’a fait naître alors il n’est plus juste et doit justement être renvoyé pour ce qu’il est, un statut qui outrepasse les fonctions pour lesquelles on l’avait fait naître.
Très stable comme raisonnement, toi qui parle de stabilité, car la pseudo-stabilité d’aujourd’hui qui s’appuie sur l’instabilité constitutive qu’elle génére me semble volcanique, elle contient en son sein tous les ferments d’une possible explosion, aussi, ne te fie pas aux apparences trop vite, la déstabilisation apparente que je te propose s’appuie sur une fondation de roc, stable par essence, alors que ta stabilisation d’apparât s’appuie sur du sable, superficielle, elle est donc furieusement fragile, même si les services policiers s’appliquent diligemment à renforcer les issues de sortie et à consolider son assise, c’est un colosse aux pieds d’argile.
Mais je crois que nos différends sont d’ordre terminologique, au niveau des manifestations, il semble y avoir dés/accord, mais à celui de l’essence le désaccord est pratiquement impossible si ce que tu avances est vrai et je n’ai aucune raison valable de ne pas te croire, désaccord, le désaccord porte sur les formes extérieures à comment faire naître d’autres relations sociales, n’empêche ces désaccords peuvent anéantir tout espoir de changement, c’est pourquoi il est bon de s’y frotter.
… Les noeuds de la situation présente comme tous les noeuds qui ont précédé dans l’histoire tiennent en ceci je crois, le besoin de servitude est beaucoup plus grand chez l’homme que le besoin de liberté…
Je laisse parler Camus : » La liberté oh non, c’est une corvée, et une course de fond, bien solitaire, bien exténuante. Pas de champagne, point d’amis qui lèvent leur verre en vous regardant avec tendresse. Seul dans une salle morose, seul dans le box, devant les juges, et seul pour décider devant soi-même ou devant le jugement des autres. Au bout de toute liberté, il y a une sentence, voilà pourquoi la liberté est trop lourde à porter, surtout lorsque l’on souffre de fièvre et qu’on a de la peine, ou qu’on n’aime personne. »
« Ce qui se cache derrière moi ? Déjà mon blog c’est… Moi et Aucun Autre. Plus explicite, tu meurs ! Il n’y à qu’un cerveau (parmi d’autres ailleurs, j’espère bien) qui ose penser sans autres contraintes que la logique et l’éthique. Un cerveaux qui se respecte et qui sait qu’il n’est pas libre tant que les autres masses encéphaliques ne prendront pas à leur charge de se respecter puisque il y à des choses bien plus gratifiantes à faire (et donc à choisir si librement) que de botter le cul de cet anthropomorphe qui à osé se donner le nom de « sapiens sapiens » sans en avoir les moyens ou le savoir pour les utiliser.
Il se piège lui-même avec une simple banane, comme le plus vulgaire des chimpanzés. »
Pas besoin de grands noms comme Camus (et bien d’autres, même si on apprécie qu’ils aient existé). Nuance quand-même… La liberté, telle par exemple la liberté de choix, à besoin de circonstances favorables pour exister. La liberté de respirer par exemple n’existe pas si survivre est un impératif et qu’on se trouve sous l’eau sans équipement. C’est dur d’accepter qu’on ne connaitra pas d’autre liberté dans sa vie que celle indésirable de l’oubli parce-que les circonstances sont tellement adverses que sans l’oubli nous ne pouvons nous passer de nous imposer des priorités… et qu’on ne peut pas se leurrer en prétextant que « faire ce qu’il faut » c’est être libre. Être libre… c’est pouvoir faire ce qui n’est pas strictement nécessaire, sans de remords en pensant qu’il y avait quelque-chose de plus urgent qui réclamait notre savoir et notre temps.
C’est la non-liberté qui est une corvée… et le besoin de servitude, c’est une échappatoire dans le sens qu’on permet que quelqu’un de prétendu autoritaire nous impose une corvée moins contraignante qui nous excuse de cette tâche de Sisiphe qu’est prétendre obtenir la liberté. On aime l’autorité, parce que celle ci apporte la dose de morphine qui nous fait oublier d’autres priorités et ne nous demande en échange pas souvent de faire des choses qu’on peut estimer hors de notre portée.
Il faut croire… rien du tout ! Être Espagnol, ou être Français (pour citer l’actualité du débat sur l’identité nationale si cher à Msieur Sarkozy de ces jours), ou Marocain, ou Russe, est un accident du au temps et à l’espace, un hasard qui ne conditionne en rien sauf très circonstanciellement les capacités de développement d’un cerveau qui nait sans tatouages d’appartenance nationale ou numéro de série type Treblinka ou Gulag. La soumission à « L’autorité » n’est pas telle. Les banksters, par le haut, ne se soumettent pas à l’autorité, et par le bas il y à toute une panoplie d’insoumis, plus ou moins criminels, plus ou moins criminalisés. La soumission est une chose, la faute d’alternative en est une toute autre. A ne pas confondre si on ne veut pas rien comprendre. La soumission à une autorité ne se fait qu’au prix d’espérer que celle-ci limitera le champs de ce qu’elle nous demandera à des possibles… pour prétendre être occupé et avoir une excuse pour ne pas tenter ce qui à l’air de paraître impossible… atteindre la liberté (sans devoir mourir pour elle comme le pauvre Mel Gibson dans Braveheart).
La, je parle et je parle… parce-que j’ai du temps de trop faute d’avoir quelque-chose de réellement plus utile à faire pour l’instant que de préparer les circonstances. Toujours seul, et seul on ne peut pas grand chose. Peut-être si j’arrivais à communiquer avec les chimpanzés…
Bon, je sais bien que tu as tout compris toi, Ningun, tu assènes tes verdicts comme des couperets vengeurs et l’on se retrouve forcément cons si l’on est pas d’accord avec toi, voilà ta rhétorique mais elle me semble manquer d’envergure et reste de ce fait au ras des pâquerettes, excuse-moi.
Tu as trop de certitudes Ningun et tu manques singulièrement de souplesse je crois, aussi tu risques fort d’avoir du temps libre, car le ralliement ne se fera pas de la sorte.
Douter c’est bien aussi, ça invite à se confronter et à bouger, se risquer à comm-« uni »-quer avec les chimpanzés, ça doit pas être mal non plus, y’a des choses à apprendre toujours et heureusement !
Voila un serpent qui se mord la queue… et qui par « humanité » n’accepte pas de solution chirurgicale imposée. Comme la fin ne justifie pas les moyens je n’ai pas d’autre option qu’attendre que vous soyez capables…
Si vous ne pouvez comprendre… il n’est point utile de tout dire, et si je dis tout vous n’avez ni la patience ni l’aptitude à comprendre.
Si j’ai l’air hautain en comptant jusqu’à dix… ce n’est pas parce-que dix est un chiffre énorme… c’est parce-que vous ne semblez pas être capables de compter plus loin que cinq.
Comment est-ce qu’on fait pour changer quoi-que-ce soit s’il faut comprendre les différentiels, les échelles logarithmiques et la théorie des jeux avant de pouvoir s’y mettre à quoi-que-ce-soit d’utile pour pouvoir changer la situation actuelle ?
Il y’a toujours des choses à apprendre, c’est vrai, mais bon dieu… quand il faut au moins savoir dix choses pour se capaciter a fin de faire possible des changements… c’est quand-même équerrant quand les gens semblent penser majoritairement qu’en apprendre trois est déjà assez comme effort. Le retard accumulé à rattraper est déjà énorme… et ceux intéressés à qu’il se creuse d’avantage sont bien actif, eux.
Bouger, c’est bien… le bla bla bla qui ne donne que l’air de bouger… ne sert strictement à rien.
Je risque sérieusement de ne plus savoir à quoi d’utile dédier mon temps, ça, ça devient de plus en plus évident.
Sacré Ningun, t’es un sacré farceur quand même, garde tes secrets bien au chaud, c’est vrai je sais à peine compter jusque cinq alors pour aller jusque dix il me faudra bien encore quelques années, d’ici là t’inquiète pas trop, la peste devrait bien avoir fait ses ravages, tu devrais aller te reposer, tu penses trop et ça va te fatiguer, en toute éthique et toute logique obligeamment bien sûr !
C’est bien cela… à quoi bien de penser, si on n’arrivera jamais à être assez (pas nécessairement ensemble) pour agir. Il y aura toujours une majorité qui n’a pas fait l’effort de penser et qui exigera qu’on attende qu’ils comprennent ce qu’on veut faire.
Puis, ils trouveront que c’est trop d’effort que d’essayer de comprendre… et les conditions pour faire quoi-que-ce-soit ne seront jamais remplies que pour les dictateurs qui n’ont nulle intention d’attendre.
Oh, la servitude volontaire !
Bon, encore un dialogue de sourds que j’arrête ici. Pour de bon.
Bonne chance à votre rythme.
C’est Hélicon dans Caligula de Camus qui dit :
« tu sais bien que je ne pense jamais, je suis bien trop intelligent pour ça ! »
Ceci dit je ne suis ni Hélicon ni Camus et je pense décidément que cette « pensée » n’est qu’un passage nécessaire à autre chose, un pont pour aller ailleurs, des berges qui ne soient pas trop honteuses ou alors qui le soient complétement tant qu’à faire, chaudes ou froides, mais pas d’intermédiaire, les intermédiaires, c’est nous !
Bonjour à tous, j’ai lu l’échange entre catherine et ningùnotro, au départ sur le fait de refuser de payer l’impôt. Je trouve une validité aux arguments des deux côtés, je ne me focalise pas sur les personnes, mais sur les arguments avancés pour approuver ou non une révolte anti-fiscale.
Si nous avions le temps, nous pourrions nous replacer dans un temps long et étudier les révoltes anti-fiscales, c’est quand même par exemple le refus de payer les impôts sur le thé à la Couronne Britannique qui a déclenché la guerre d’Indépendance qui a abouti à la création des États-Unis d’Amérique ou bien ce dialogue resté célèbre en France : « C’est une révolte. » ( sous-entendu, une révolte anti-fiscale ordinaire ) « Non, Sire c’est une révolution ! ».
Pour moi, il me semble à la fois que ne plus payer ses impôts accroîtrait les problèmes auxquels nous sommes confrontés mais aussi que la légitimité d’une révolte anti-fiscale augmente car premièrement la représentativité des élus a baissé considérablement depuis le début de la cinquième république et que deuxièmement les exonérations pour les riches ( un peu comme au temps de l’Ancien Régime ) sont de plus en plus importantes et les services publics rendus à la population générale plus faibles.
Il me semble que les révoltes anti-fiscales paysannes spontanées de l’Ancien Régime n’avaient pas abouties à un changement durable de la condition des paysans et que c’est l’appui ou plutôt le basculement de la bourgeoisie en faveur d’une remise à plat des privilèges de la Noblesse qui a permis un changement durable.
Il me semble qu’actuellement pour qu’une révolte anti-fiscale soit légitime qu’il faille qu’un secteur de la population ( au moins une ou plusieurs catégories socio-professionnelles) y soit favorable d’une part et d’autre part que ces catégories présentent un projet politique de réforme fiscale alternatif visant à assurer des ressources à la collectivité publique.
En fait, comme dans l’Ancien Régime, où au départ le Bourgeois ne songeait qu’à singer le Gentilhomme, le système était verrouillé par l’alliance tacite entre Bourgeois et Gentilshommes, mais dès que le Bourgeois s’est allié au Paysan contre les Nobles le système a basculé, eh bien aujourd’hui le contrôle idéologique des classes moyennes est décisif pour le maintien du système. Du point de vue des gros possédants, tout doit être accompli pour empêcher la jonction ou l’alliance entre les classes moyennes et les classes pauvres actuelles en faveur d’une réforme fiscale de remise en cause des privilèges des plus riches, d’où puisque le rideau de fumée « Parti Socialiste » ne fait plus écran, les opérations de diversions actuelles en cours d’Europe Écologie.
La révolte fait volte-face elle va se coucher !
salut et merci à toi Gilles.
En fait, en regardant avec attention ce graphique issu d’un article de la BNP téléchargeable sur ce lien on s’aperçoit très bien que les banques de la zone euro ont émis des crédits représentant 12 fois la base monétaire.
Signez la pétition pour quitter l’euro !
Explications sur le blog de Laurent Pinsolle
ou sur le site de DLR :
Ici, signature directe
Avant Copernic, « savants » religieux et péquins ordinaires considéraient que le La terre était le centre de l’Univers (géocentrisme): c’était visible !
Puis vint Copernic… Seul contre tous !
Et là, il y a Holbeck, « savant » des temps modernes qui est, avec la masse ordinaire, à dire que les agrégats monétaires sont de la « monnaie créée ». Alors qu’il ne s’agit que de démontrer que ces agrégats définissent la vitesse de rotation. Paul Jorion décrit très bien ce phénomène dans son excellent livre : L’argent, mode d’emploi. Livre qui devrait être mis en portefeuille de lecture dès les classes de 1ère !
Mais la caste « scholastique » universitaire voudra t‑elle l’accepter ?
@Ursule
Vous avez raison, bon papier, belle couverture … je suis prêt à vous revendre l’exemplaire que j’ai acheté à moitié prix, avant de le mettre dans les wc.
Bonjour,
Je viens de publier un post qui devrait intéresser les lecteurs de ce post :
Le mystère de la création monétaire