Chers amis,
Je vous signale deux séries de débats passionnants sur la
démocratie :
« Prochain colloque de La République des idées (Pierre Rosanvallon) à Grenoble : « Réinventer la démocratie » » href=« http://www.mc2grenoble.fr/mc2_programme_reservation/2008–2009/forum_democratie/prog_repid.php »> style=‘mso-bookmark:OLE_LINK9’>http://www.mc2grenoble.fr/mc2_programme_reservation/2008–2009/forum_democratie/prog_repid.php style=‘mso-bookmark:OLE_LINK9’> style=‘font-size:9.0pt;font-family:Verdana’> J’aurais vraiment aimé assister à tous ces échanges, le programme est passionnant (voir ci-après)         D’après vous, tous ces gens importants vont-ils aborder, ne serait-ce qu’une seule fois,        la qualité du processus constituant et la pertinence du tirage au sort     pour désigner une Assemblée constituante désintéressée ?         Ayant lu les travaux de beaucoup d’entre eux, j’ai sur cet espoir les plus grands doutes. Si certains d’entre vous sont à Grenoble et participent aux débats,        s’il vous plaît, essayez de glisser la question cruciale : style=‘mso-tab-count:1’>    « Quelle est la légitimité politique des hommes aux pouvoirs à écrire eux-mêmes la Constitution qui est censée limiter leurs propres pouvoirs ? Que pensez-vous du tirage au sort de l’Assemblée constituante comme procédure décisive (et évidemment détestée par les élus) pour composer une assemblée désintéressée et instituer enfin une authentique démocratie ? Est-ce que la cause de l’impuissance durable des citoyen n’est pas simplement à la source du texte qui programme cette impuissance, c’est-à-dire dans la mauvaise qualité du processus constituant, puisque, jusqu’à ce jour, les constituants ont toujours écrit des règles pour eux-mêmes ? » style=‘mso-bookmark:OLE_LINK9’> et soyez gentils de nous raconter les réactions. Merci :-)    | |
| Vendredi 8 mai style=‘font-size:8.0pt;mso-bidi-font-size:9.0pt;font-family:Verdana’> 10h30 – 11h00 L’impératif démocratique Introduction par Pierre class=GramE>Rosanvallon (historien et philosophe, président de la RDI) 11h30 – 13h00 Table ronde De nouvelles utopies pour la démocratie ? Animateur Thomas Wieder (Le Monde) Avec Patrick Viveret (philosophe) Alain Caillé (sociologue) Nathalie Dompnier (politologue) Controverse La parité en question Animateur Yvan Avril Avec Geneviève Fraisse (philosophe, ancienne secrétaire d’État) vs. Irène Théry (philosophe) Table ronde Lutter contre la pauvreté Animateur Philippe class=SpellE>Frémeaux (Alternatives Economiques) Avec Serge Paugam (sociologue) Julien Damon (sociologue) Philippe Warin (politologue) Table ronde Représenter les minorités Animatrice Cécile Amar (journaliste) Avec Emmanuelle Cosse (journaliste, anc. pdte d’ class=SpellE>Act Up) Gwenaële Calvès (politologue) François Héran (démographe) 14h30 – 16h00 Table ronde Réinventer la démocratie sociale ? Animateur Michel Noblecourt (Le Monde) Avec Michel Doneddu (CGT) Alain Supiot (juriste) Table ronde Crise du capitalisme et avenir de la démocratie Animateur Guillaume Duval (Alternatives Économiques) Avec André Orléan (économiste) Laurence Fontaine (historienne) Table ronde Les expériences démocratiques en Afrique Animateur Philippe Bernard (Le Monde) Avec Achille Mbembe (historien) Jean-Pierre Dozon (anthropologue) Mamadou Diouf (sociologue) Laboratoire Démocratique 1 Expérimenter de nouvelles techniques, de nouvelles formes démocratiques style=‘mso-bookmark:_Hlk229549061’> style=‘font-size:8.0pt;mso-bidi-font-size:9.0pt;font-family:Verdana’> style=‘font-size:8.0pt;mso-bidi-font-size:9.0pt;font-family:Verdana’>Animateurs Dominique Picard et style=‘mso-bidi-font-weight:normal’>Patrick Viveret 16h30 – 18h00 Table ronde Nation ouverte, nation fermée : quelle place pour les immigrés ? Animateur Pierre Singaravélou Avec Danièle Lochak (juriste, ancienne présidente du GISTI) Patrick Weill (historien) Geneviève Domenach-Chich (militante à la Cimade) Table ronde La démocratie peut-elle s’exporter ? Animateur Florent Guénard (philosophe, class=SpellE>sg de la RDI) Avec Pierre Hassner (politologue) Bassma Kodmani (politologue, spécialiste du Moyen Orient) Table ronde Démocratiser la culture ? Animateur Xavier de la Porte (France Culture) Avec Michel Orier (directeur de la MC2 : Grenoble) Françoise Benhamou (économiste) Jean-Marie Songy (directeur artistique du festival d’Aurillac) 18h30 – 20h00 Conférence Claude Lefort (philosophe) avec Pierre Rosanvallon (historien et philosophe, président de la république des idées) Samedi 9 mai style=‘font-size:8.0pt;mso-bidi-font-size:9.0pt;font-family:Verdana’> 9h30 – 11h00 Table ronde Gouvernance mondiale ou démocratie mondiale Animateur Pascal class=SpellE>Riché (rue 89) Avec Gilles Andréani (conseiller à la cour des comptes), Antoine Garapon (juriste) Table ronde Éducation et recherche : quelle démocratisation du savoir ? Animateur Ivan Jablonka Avec Eric Maurin (économiste) Marie Duru-Bellat (sociologue) Bertrand Monthubert (mathématicien, ancien président de Sauvons la recherche) Roger Establet (sociologue) Table ronde Expériences démocratiques : France Animateur Loïc Blondiaux (politologue) Avec Laurence Monnoyer-Smith(politologue) Pierre Mahey (association Arpenteurs) Daniel Breuiller (maire d’Arcueil) Table ronde Les ressources naturelles, un bien commun ? Animatrice Jade class=SpellE>Lindgaard (Médiapart class=GramE>) Avec Dominique Bourg (philosophe), Eloi Laurent (économiste) Alain Lipietz (économiste et député européen) style=‘mso-special-character:line-break’> | style=‘mso-bidi-font-weight:normal’> style=‘mso-bidi-font-weight:normal’>Laboratoire Démocratique 2 Expérimenter de nouvelles techniques, de nouvelles formes démocratiques style=‘font-size:8.0pt;mso-bidi-font-size:9.0pt;font-family:Verdana’>Animateurs Dominique Picard et style=‘mso-bidi-font-weight:normal’>Patrick Viveret 11h30 – 13h00 Table ronde Internet : nouvel espace démocratique ? Animatrice Caroline Broué (France Culture class=GramE>) Avec Patrice Flichy (sociologue) Dominique Cardon (chercheur à France Télécom) Daniel Bougnoux (spécialiste de la communication, Grenoble) Controverse Citoyenneté et Intégration Animateur Gérard Courtois (Le Monde) Avec Dominique Schnapper (membre du Conseil constitutionnel) vs. Robert Castel (sociologue) Table ronde Classes, générations, populations : solidarité ou concurrence ? Animateur Sylvain Bourmeau (Médiapart class=GramE>) Avec Louis Chauvel (sociologue) Olivier Schwartz (sociologue) François Héran (démographe) Table ronde De la démocratie en Amérique Animateur Daniel Vernet Avec Romain Huret (historien) Sylvie Laurent (historienne) Arthur Goldhammer (essayiste et traducteur) 14h00 – 15h30 Table ronde Les institutions européennes sont-elles démocratiques ? style=‘font-size:8.0pt;mso-bidi-font-size:9.0pt;font-family:Verdana’>Animateur Marc Olivier Padis (Esprit) Avec Michel Rocard (député au parlement européen) Justine Lacroix (politologue) 14h30 – 16h00 Table ronde Expériences démocratiques : dans le monde style=‘mso-bookmark:_Hlk229549061’> style=‘font-size:8.0pt;mso-bidi-font-size:9.0pt;font-family:Verdana’> style=‘font-size:8.0pt;mso-bidi-font-size:9.0pt;font-family:Verdana’>Animateur Yves Sintomer style=‘mso-bookmark:_Hlk229549061’> (Directeur du centre Marc Bloch, Berlin) Avec Yves Cabannes (chercheur, Londres) Marie-Hélène Bacqué (sociologue) Giovani Allegretti (urbaniste) Table ronde Le travail : nouvelles pratiques, nouvelles injustices ? Animateur Nicolas Hatzfeld Avec François Dubet (sociologue) François Chérèque (CFDT) Philippe Askenazy (économiste) Projection ENTREE LIBRE Film de Pascale Henry (durée 40 min) Sur l’œuvre d’Alexis de Toqueville De la démocratie en Amérique 16h30 – 18h00 Controverse Démocratie mondiale et institutions internationales style=‘font-size:8.0pt;mso-bidi-font-size:9.0pt;font-family:Verdana’>Animatrice Sophie Fay style=‘font-size:8.0pt;mso-bidi-font-size:9.0pt;font-family:Verdana ; color:white;background:red’>Avec Susan George (militante altermondialiste et écrivain) vs Pascal Lamy (directeur de l’OMC) style=‘mso-bookmark:_Hlk229549061’> style=‘font-size:8.0pt;mso-bidi-font-size:9.0pt;font-family:Verdana’> Table ronde Y a‑t-il une transition démocratique en Chine ? Animateur Jean-Luc Domenach (historien class=GramE>) Avec Mireille Delmas-Marty (juriste) Alain Roux (sinologue) Table ronde Territoires, répartir la démocratie ? Animateur Olivier Mongin (Esprit) Avec Cristina Conrad (urbaniste) David Mangin (architecte) Laurent Davezies (sociologue) Laboratoire Démocratique 3 Expérimenter de nouvelles techniques, de nouvelles formes démocratiques style=‘font-size:8.0pt;mso-bidi-font-size:9.0pt;font-family:Verdana’>Animateurs Dominique Picard et style=‘mso-bidi-font-weight:normal’>Patrick Viveret Dimanche 10 mai style=‘font-size:8.0pt;mso-bidi-font-size:9.0pt;font-family:Verdana’> 9h30 – 11h00 Controverse Le « modèle républicain » en question Animateur Brice Couturier (France Culture) Avec Christian Baudelot (sociologue) vs. Daniel Cohen (économiste) Conférence Charles Taylor (philosophe) avec Cécile Laborde (philosophe) Controverse : Pouvoir et autorités indépendantes Animateurs François Armanet et Gilles Anquetil Avec Louis Schweitzer (président de la HALDE) vs. Guy Carcassonne (juriste class=GramE>) 11h30 – 13h00 SYNTHÈSE DE CLOTURE Animateur Pierre Rosanvallon (historien et philosophe, président de la RDI) Avec Leslie Kaplan (écrivain) Daniel Cohen (économiste) |
| style=‘font-size:3.0pt;mso-bidi-font-size:9.0pt;font-family:Verdana’> « Réinventer la démocratie » Forum de la République des idées – 8, 9 et 10 mai 2009, à Grenoble class=GramE>: href=« http://www.repid.com/Reinventer-la-democratie.html »>http://www.repid.com/Reinventer-la-democratie.html style=‘mso-spacerun:yes’>Â |
style=‘font-size:9.0pt;font-family:Verdana’>À propos de débats sur la
« démocratie » (penser aux guillemets, souvent),
je vous signale aussi cette utile semaine que Raphaël Enthoven
vient de consacrer au sujet :
« Réinventer la démocratie
»
une semaine passionnante avec les style=‘mso-bidi-font-weight:normal’>Nouveaux chemins de la connaissance,
sur France Culture,
cinq émissions pétillantes (on y parle souvent, et bien, de style=‘mso-bidi-font-weight:normal’>tirage au
sort)
proposées par Raphaël Enthoven :
style=‘font-size:9.0pt;font-family:Verdana’>lundi 4 mai 2009 :
La haine de la démocratie
avec Jacques Rancière (à ne pas rater) :
href=« http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/chemins/fiche.php?diffusion_id=73062 »> style=‘mso-bookmark:OLE_LINK7’>http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/chemins/fiche.php?diffusion_id=73062 style=‘mso-bookmark:OLE_LINK7’>
style=‘font-size:9.0pt;font-family:Verdana’>mardi 5 mai 2009 :
L’origine et l’histoire de la démocratie à Athènes
avec Claude Mossé et style=‘mso-bidi-font-weight:normal’>Jean
Bollack :
href=« http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/chemins/fiche.php?diffusion_id=73063 »> style=‘mso-bookmark:OLE_LINK7’>http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/chemins/fiche.php?diffusion_id=73063 style=‘mso-bookmark:OLE_LINK7’>
style=‘font-size:9.0pt;font-family:Verdana’>mercredi 6 mai 2009 :
Internet et la démocratie
avec Dominique Cardon & style=‘mso-bidi-font-style:normal’>Nicolas Vanbremeersch
(Versac) :
href=« http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/chemins/fiche.php?diffusion_id=73064 »> style=‘mso-bookmark:OLE_LINK7’>http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/chemins/fiche.php?diffusion_id=73064 style=‘mso-bookmark:OLE_LINK7’>
style=‘font-size:9.0pt;font-family:Verdana’>jeudi 7 mai 2009 :
La démocratie participative
avec Loïc Blondiaux (absolument
passionnant !) :
href=« http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/chemins/fiche.php?diffusion_id=73065 »> style=‘mso-bookmark:OLE_LINK7’>http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/chemins/fiche.php?diffusion_id=73065 style=‘mso-bookmark:OLE_LINK7’>
style=‘font-size:9.0pt;font-family:Verdana’>Vendredi 8 mai 2009 :
Réinventer la légitimité démocratique
avec Claude Lefort et Pierre Rosanvallon :
href=« http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/chemins/fiche.php?diffusion_id=73066 »> style=‘mso-bookmark:OLE_LINK7’>http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/chemins/fiche.php?diffusion_id=73066 style=‘mso-bookmark:OLE_LINK7’>
Comment
faire pour que tous ces (grands) penseurs fixent un peu leur attention —sans
mépris préconçu— sur la qualité du processus constituant ?
Je ne
sais pas.
Si
quelqu’un peut m’aider…
Étienne.

Débats sur Internet, d’accord, mais vont-ils parler de la qualité du code de programmation des pages web ?
Bonjour, Étienne j’ai eu du mal à attendre le premier affichage de la page d’accueil de ton blog en utilisant mon vieux PowerMac d’occasion. ( Le second affichage a été plus rapide, mais c’est normal puisque une copie de la page s’est mise dans le cache du navigateur) Je n’y connais presque rien en programmation de pages web, mais je sais qu’il existe un organisme qui normalise les technologies de programmation des pages web, le W3C.
http://www.w3.org/
J’utilise plusieurs navigateurs : Safari, Camino et bien sûr Opera dont l’icône bien connue des participants de notre forum est un grand O rouge !
http://www.opera.com/
Or, il se trouve que ce navigateur conçu en Norvège, pays obstinément rétif à l’entrée dans l’Union Européenne, est muni d’une option qui permet de vérifier si les pages ont été bien programmées. Or, il se trouve que tes pages sont très mal programmées, avec beaucoup d’erreurs de code, ce qui en ralentit l’interprétation par les navigateurs et par conséquent l’affichage. Surtout, si en plus la page est bien chargée comme celle de ton blog.
Ces erreurs sont d’autant plus pénalisantes pour ceux qui viennent pour la première fois sur le site de ton blog puisqu’ils n’ont pas la page en mémoire dans la cache de leur navigateur. Ce qui était mon cas puisque j’avais réinstallé un nouveau système. Bref, avec le php, le css, l’HTML, Javascript, etc …, plein d’erreurs de programmation sont possibles et tes sites grossissent et dérivent vers de plus en plus d’erreurs, les navigateurs interprètent comme ils peuvent et corrigent bien sûr mais cela ralentit l’affichage. Une liaison Internet un peu lente à certains moment, cela arrive de plus en plus, ou un ordinateur un peu ancien qui visite pour la première fois le blog et le gars ou la fille quitte parce c’est trop long à afficher.
En tous les cas, c’est la preuve que nous ne dérangeons pas grand-monde avec nos « élucubrations politiques », rire gentil, il faut savoir se moquer de soi-même, parce qu’avec des sites mal fichus et donc très mal sécurisés, cela serait très facile pour des services un peu « spéciaux » de les faire tomber en quenouille comme ils l’avait fait pour le Réseau Voltaire.
UTOPIE :
Est ce que des personnes de bonne volonté qui passeraient par ici pourraient aider Étienne à fournir à nos navigateurs un bon code pour un affichage rapide des pages web de ce site ?
Merci Gilles, je sais, mais je n’ai pas le temps de gérer ça.
Désolé. Vraiment.
Étienne.
Résister, c’est créer
Bon, ce n’est pas si grave, merci de nous offrir cet espace et ces informations, Étienne. Je viens de lire un livre qui devrait t’intéresser : « Résister, c’est créer » de Florence Aubenas et Miguel Benasayag. Cela parle de mouvement sans leader et sans programme, tout ce que tu aimes ! Alors, je n’ai pas résisté au plaisir d’en taper à l’ordinateur la page d’introduction.
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Introduction
Est-il encore possible aujourd’hui de parler de « changement social », après plus d’un siècle de révoltes et de luttes malheureuses ? Pourtant, dans un monde qui semblait résigné à n’avoir pour seule perspective que le néolibéralisme, émerge depuis une dizaine d’années un mouvement de contestation multiple, diffus.
C’est entre ces deux pôles, entre ce fatalisme désenchanté et ce foisonnement inattendu, que nous avons situé notre travail. Il ne s’agit pas d’une enquête qui recenserait la liste des expériences de cette alternative. Nous ne voulons pas davantage échafauder une nouvelle théorie, qui aurait pour vocation à orienter ces pratiques, à proposer le modèle d’un monde forcément parfait et les voies pour y parvenir. Au contraire. Nous pensons que le développement de la réflexion a un autre sens que celui de diriger les pratiques : élément parmi d’autres dans cette multiplicité, elle les accompagne d’un même pas, dans un dialogue permanent.
Historiquement, nous avons appris que, pour comprendre nos situations singulières, il fallait apprendre à penser en termes d’universel. Or, jusqu’à présent, l’hypothèse d’un changement social a toujours fonctionné comme si cet universel était une globalité abstraite, surplombant les situations concrètes. Aujourd’hui encore, à chaque fois que les sans-toit, les sans terre ou les sans papiers commencent à s’agiter ici ou là, surgit inlassablement une bonne âme pour leur conseiller d’être « sérieux ». Qu’est-ce qu’un mouvement, sans leader, sans encadrement, sans programme ? Il vous faut au moins des contre-propositions. Sinon, où allons-nous ?
Il faudrait en somme, avant d’avoir des pratiques, en posséder le mode d’emploi.
Engagés dans des expériences concrètes de ce mouvement, en Italie, en Argentine ou en France, nous avons constaté que ce dispositif militant traditionnel n’y fonctionnait plus aujourd’hui. Ce refus, explicite ou non, de s’inscrire dans les schémas classiques de protestations constitue même une des caractéristiques fondamentales d’un phénomène qui au bout de dix ans, s’est installé dans la durée. Et si cette absence de modèle, de leaders constituait non sa faiblesse mais sa force, sa tangente, sa ligne de fuite ?
Nous tentons dans ce livre un petit pas de plus, en formulant une nouvelle hypothèse. Nous pensons que, s’il y a de l’universel, il n’existe pas au-dessus de chaque situation concrète avec pour mission de l’orienter, mais au contraire, à l’intérieur même de celle-ci, simultanément.
Quand il est question de changement social, il est toujours tentant d’évoquer des menaces, des luttes, des affrontements. « Suivez-moi dans la bagarre pour être libérés demain. » Or, contrairement aux mouvements des générations précédentes, celui qui émerge aujourd’hui ne se structure jamais, à quelques exceptions près, autour d’une « branche armée » ou d’une « avant-garde militaire ». Le moment de la lutte, assomption de l’affrontement, quel que soit leur niveau est inévitable. Mais si dure ou héroïque que soit la résistance, elle se condamne à l’échec si elle s’enferme dans une logique d’affrontement sans développer aussi, surtout, de nouveaux mondes, ici et maintenant. Quoi que puisse devenir, au bout du compte, cette nouvelle radicalité, elle explore le champ que définissait Gilles Deleuze : résister, c’est créer.
C’est cette hypothèse que nous tentons, ici, de conforter.
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Je ne vois plus les situations de la même manière maintenant que je l’ai lu, cela a assoupli un peu ma légendaire rigidité mentale. rires !
C’est un vrai tonique qui donne de l’oxygène au cerveau. À bientôt.
Gilles
Merci Gilles.
C’est amusant : j’ai précisément acheté ce livre cet après-midi… J’aime beaucoup lire Benasayag : c’est un éclaireur. Nous en reparlerons.
Amicalement.
Étienne.
Étienne : Un réseau sans chef et sans programme : Internet, une conférence de Serge Soudoplatoff
http://partipirate.org/blog/com.php?id=163
Merci Gilles,
pour cette passionnante conférence.
J’ai relayé cette page du site « Parti Pirate » sur ma page Liens (revue de presse quotidienne de la résistance aux abus de pouvoir) et la devise de cet autre monde possible qu’est le net, un monde non marchand, sur ma page En vrac (la page des perles de pensée) :
Quand on ne sait pas, on demande,
et quand on sait, on partage.
Étienne.
Construire des projets des jardins en partage par la démocratie participative avec Eric Prédine interviewé par Ruth Stégassy.
Eric Prédine : « S’observer, apprendre à se connaître… Notre société, si encline au virtuel, a peut-être oublié ces fondamentaux ? »
« Mon expérience me prouve que c’est de la rencontre physique que naissent les dynamiques de coopération et de solidarité, indispensables à un développement économique responsable. Dans nos jardins, les rapports de voisinage entraînent des conséquences positives très concrètes autour de la garde des petits et de l’échange de coups de main. »
Un lien vers le fichier son mp3 de cette émission :
http://media3.radiofrance-podcast.net/podcast09/10867–23.05.2009-ITEMA_20136555‑0.mp3
Ma réponse au message 63 d’Aïda Zeki :
« C’est en tant qu’elles sont locales que les sections syndicales de Saint-Nazaire ou de Port de Bouc, Fos sur mer sont solidaires des étrangers abandonnés sur leurs bateaux par des armateurs indélicats. Solidaires comme nous pouvons l’être de gens que nous côtoyons. Dégageant facilement et démocratiquement une position commune grâce au petit nombre de syndiqués qui se connaissent entre eux. Ceci n’est nullement du, et je dirais même au contraire, au fait qu’elles rattachées à la Confédération Européenne des Syndicats. La Confédération Européenne des Syndicats étant par nature adossée à un espace lointain, loin des gens, ne pourra jamais être autant solidaire que les simples gens, jamais autant démocratique, d’autant plus qu’elle est adossée à un espace multi-national où ne circulent pas des débats démocratiques. »
Ne soyons pas complices du silence dominant, qui ment par omission, et qui maintient les citoyens « loin » des « confédérations syndicales », qui présente le mouvement social comme « une grogne », et les actes solidaires comme des épiphénomènes, qui présente aux humains une image d’eux-même ridicule et démobilisante.
L’ »International Tranport Federation » fait un immense et difficile travail, critiquable sans doute, mais surtout ignoré sciemment par « le système dominant » qui n’aime pas qu’on révèle son fond esclavagiste.
La CGT qui obtient l’égalité de droits pour des clandestins, c’est pas 4 bénévoles locaux, ce sont eux plus tout « l’appareil » (oui, l’appareil on n’en parle que pour le villipender, tout en respectant obséquieusement le MEDEF).
Chère Aîda : « J’ai déjà été syndiqué, peu de temps hélas à la CGT, en rapport la longueur du contrat de travail correspondant effectué à France Télécom, donc je suis d’accord avec toi sur le silence de certains médias et les développements de ton argumentation, la nécessité de la syndicalisation. Ce que je refuse, la volonté patronale d’adosser l’organisation territoriale des syndicats de salariés sur l’espace le moins démocratique, l’espace qu’ils ont créé, où ils pullulent en lobbying : l’Union Européenne. »
http://jeanzin.fr/index.php?article/2009/07/14/Relocalisation-mode-d-emploi
Bonjour, je viens de lire ce texte, une réflexion sur comment se réapproprier du pouvoir d’exister et de la solidarité au niveau local.
Relocalisation, mode d’emploi
Par Jean Zin le Mardi, 14 juillet 2009, 19:00
Coop
Ecologie
Monnaie
Revenu
La relocalisation économique et politique se trouve au coeur de l’écologie-politique et ceci, non pas tant pour économiser de l’énergie, comme le croient ceux qui réduisent la question écologique à celle de l’énergie, mais bien pour équilibrer la globalisation marchande et préserver notre milieu, notre qualité de vie, nos échanges humains, pour réhabiter notre territoire enfin, en traduisant une pensée globale en agir local.
La relocalisation n’a pas les inconvénients d’un protectionnisme national ou européen qui pour être en partie nécessaire ne peut aller trop loin désormais au risque d’attiser les conflits. On peut donc s’étonner qu’on ne parle pas plus de relocalisation alors qu’elle constitue une composante essentielle de la sortie de crise et devrait être centrale au moins dans les programmes écologistes. On aimerait effectivement que les partis écologistes proposent les voies d’une véritable alternative et ne se contentent pas de vouloir accumuler des contraintes et des mesures isolées sensées réduire un productivisme qu’on sait pourtant consubstantiel au capitalisme, ne pouvant absolument pas se passer de croissance !
Changer de système de production
Encore faut-il savoir comment arriver à une relocalisation qui marche ainsi qu’à une sortie du productivisme salarial. Il ne s’agit pas simplement de grands mots ou de petits gestes, ni de prendre ses désirs pour la réalité, mais de nouveaux rapports de production qui doivent faire système et s’adapter aux nouvelles forces productives immatérielles (c’est le travail qui est devenu immatériel bien plus que les produits dont une bonne part reste évidemment matérielle).
Essayer de penser l’après-capitalisme n’est pas s’imaginer que son dépassement puisse être immédiat, comme s’il suffisait d’en prendre le contrôle pour que tout change alors que l’infrastructure resterait inchangée. Il ne peut y avoir de métamorphose immédiate que dans la politique ou les représentations alors que l’inertie matérielle est considérable dans l’économie. Un changement de système de production a besoin de temps pour se construire en suivant sa propre logique avant de pouvoir monter en puissance, tout comme l’économie de marché s’est développée d’abord dans les villes franches de la féodalité. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, c’est donc localement qu’il faut se donner les moyens de sortir du capitalisme et d’adopter un autre mode de travail.
Si André Gorz a pu diagnostiquer avec raison que la sortie du capitalisme avait déjà commencé, c’est sur ce temps long de l’histoire et sous la pression des nouvelles forces productives immatérielles. Nous devons cependant organiser cet exode de la société salariale qui nous condamne sinon à une précarité grandissante. Nous devons essayer de tirer parti de transformations qui se font contre nous si elles ne se font pas avec nous. Heureusement, la relocalisation peut commencer immédiatement, c’est le bon côté du fait qu’il n’y a que des alternatives locales à la globalisation marchande !
Il y a différentes temporalités et si la sortie de crise, qui n’est pas pour demain, ne sera certes pas la fin du capitalisme, cela devrait être tout de même l’occasion d’une large restructuration de l’organisation productive et des protections sociales, comme en 1946 après la terrible crise des années 1930. Le capitalisme ne disparaitra donc pas du jour au lendemain mais il devrait revenir à un régime plus social, comme pendant les 30 glorieuses, et surtout bien plus écologique cette fois. Il ne suffira pas pour autant d’un capitalisme repeint en vert. Il faudra donc profiter de la crise pour mettre en place les conditions d’une sortie du productivisme et du salariat (relocalisation et travail autonome),
Alors que l’absence de réelle alternative a pu susciter toutes sortes d’utopies et de discours idéalistes qui ne font que décrédibiliser l’écologie, il faut essayer d’avoir une représentation concrète de ce que pourrait être un système de production relocalisé dans une économie ouverte et plurielle, afin d’en éprouver toutes les potentialités et les limites. Il s’agit d’évaluer les options qu’il nous reste, les possibilités réelles de la situation mais surtout de les traduire en propositions pratiques. A l’opposé d’une approche technocratique, il s’agit bien de continuer les luttes pour l’émancipation, la justice et la solidarité sans répéter les erreurs du passé mais en tenant compte du nouveau contexte écologique et technologique.
Contexte
Il est bien difficile de hiérarchiser les problèmes comme de faire une évaluation de leur gravité effective. L’extrémisme consistant à noircir le tableau est aussi irresponsable que les inconscients qui minimisent les risques. Tout miser sur le manque d’énergie, c’est n’avoir plus rien à dire si ce n’est pas l’énergie qui manque ! Bien sûr on ne peut avoir aucune certitude sur notre avenir mais on ne se situe pas ici dans l’hypothèse bien peu probable d’une fin catastrophique du capitalisme, qui en a vu d’autres, ni d’une pénurie énergétique générale, encore moins d’une régression aux stades pré-industriels ou pré-numériques auxquels certains voudraient croire.
Nous ne manquerons pas d’énergie, malgré ce qu’on nous serine, sauf dans une période d’adaptation peut-être, mais l’énergie sera peut-être un peu plus chère. Cela pourrait participer à limiter les transports mais il le faudra surtout pour réduire les gaz à effet de serre et, à cet égard, il y a encore bien trop de pétrole et de charbon ! Répétons-le, s’il faut relocaliser l’économie, ce n’est pas seulement pour ces questions énergétiques, c’est pour des raisons écologiques bien plus larges !
La crise est loin d’être terminée et il est illusoire de s’imaginer que tout pourrait repartir comme avant. On ne reviendra pas aux années folles d’un capitalisme financier vivant sur le crédit et la spéculation, ce n’est pas pour autant la fin d’un système qui en a vu d’autres et repart d’autant mieux sur un champ de ruines. On assiste plutôt (de G8 en G20, etc.) au renforcement de la globalisation marchande et d’une sorte de gouvernement mondial qui est en formation surtout depuis l’effondrement du communisme (OMC, conférences sur le climat, TPI, etc). L’unification du monde n’est certes pas achevée, ce n’est pas la fin de l’histoire. Il y aura encore du chemin à parcourir et bien d’autres crises sans doute avant qu’on puisse compter sur une véritable gouvernance mondiale mais il serait déraisonnable de penser que la globalisation puisse ne pas être irréversible et qu’on revienne aux bons vieux Etats-Nations, taillés pour la guerre. On ne peut compter non plus sur une Europe, devenue ingérable, même pour protéger son « marché intérieur », les nations vidées de leur substance restant malgré tout les instances de redistribution par l’impôt.
Il n’y a ni écosocialisme dans un seul pays ni écosocialisme mondial à espérer, ce qui laisse bien peu d’espoir semble-t-il mais, si un autre monde est possible pourtant, c’est en partant du niveau local avec des circuits alternatifs, dans le cadre donc d’une économie plurielle, ce que certains pays d’Amérique latine commencent à comprendre. L’économie a toujours été plurielle, au moins une économie mixte combinant les sphères publiques, privées et familiales auxquels se sont ajoutées les associations, fondations et tout ce qu’on a regroupé sous le terme de « tiers secteur ». Il s’agit d’y ajouter un niveau local soustrait au marché mondial, sans avoir besoin de barrières douanières ni vouloir abolir le marché.
L’économie plurielle implique qu’il n’y aura pas de disparition immédiate du capitalisme mais qu’il faut en organiser une sortie civilisée, c’est-à-dire progressive. En se concentrant sur la relocalisation, on ne s’attardera pas ici sur les transformation du capitalisme lui-même, qui devrait se cantonner à une industrie de plus en plus automatisée, ni à la nouvelle économie numérique qui se met en place, économie de valorisation (des travailleurs et de la gratuité numérique).
Bien sûr, même si on ne peut s’en passer, agriculture et industrie devront se reconvertir à des pratiques plus écologiquement soutenables, ce qui est un défi considérable. Les technologies numériques aussi consomment des ressources. Dès lors qu’elles sont généralisées, il faut absolument se préoccuper de leur soutenabilité mais elles font néanmoins partie de la solution plus que du problème, aussi bien en optimisant les régulations (énergétiques entre autres) qu’en dématérialisant une part de la production et des transports (il faudrait banaliser beaucoup plus télétravail, téléconférences, téléachats). Les réseaux numériques font certes parti des acteurs principaux de la mondialisation et de la déterritorialisation mais tout autant de la conscience écologique planétaire. Il ne faut pas négliger non plus leurs potentialités décentralisatrices, favorisant donc la relocalisation ainsi que la constitution de réseaux alternatifs. On ne va pas revenir en arrière et abolir l’informatique de la Terre entière ni les téléphones portables, pas plus que l’industrie ! C’est perdre son temps que d’entretenir de telles illusions. Pas d’autre choix que d’en tirer le meilleur parti, en évitant le pire.
Objectif
On peut regretter qu’André Gorz soit encore trop méconnu des écologistes eux-mêmes car non seulement il est à peu près le seul qui ait su dessiner les voies de l’alternative pour sortir du capitalisme, après l’échec d’une prétendue appropriation collective des moyens de production, mais surtout il avait su clarifier dès le début ce que devaient être les objectifs d’une véritable écologie-politique, ses enjeux politiques contre un catastrophisme qui nous dicterait sa loi. Dans son texte inaugural « Leur écologie et la nôtre », il prend le parti d’une écologie émancipatrice en opposition frontale aux tendances autoritaires, technocratiques ou marchandes de l’écologie, rejetant expertocratie, écofascisme, contrôle des populations aussi bien que société de marché. Il y a bien sûr des écologies de droite, qu’il faut combattre activement !
L’objectif ne peut être de nous sauver à tout prix (notamment au prix de nos libertés), ni une société idéale avec une harmonie naturelle retrouvée encore moins une utopie totalitaire imposant un même mode de vie communautaire à tout le monde. Bien sûr, il faut encourager ceux qui veulent vivre de façon naturelle, au moins le rendre possible mais pas vouloir l’imposer à quiconque. L’objectif reste de rendre compatible la défense de notre autonomie avec les contraintes écologiques, de réduire autant que possible les consommations matérielles tout en améliorant notre qualité de vie. Ce n’est pas par des préceptes moraux, des réglementations, des rationnements, des taxes qu’on pourra changer fondamentalement nos consommations et le fonctionnement du système mais seulement grâce à un système de production relocalisé et plus adapté au travail immatériel, basé sur le développement humain, la pluralité des fins légitimes et le travail autonome. Ce n’est qu’en changeant la production et le travail lui-même qu’on peut changer la vie et l’essentiel de nos consommations.
C’est au nom de cet objectif d’une émancipation du travailleur d’un salariat productiviste, plus que d’une pression sur le consommateur, qu’André Gorz a pu dessiner des alternatives locales avec les principaux dispositifs de la relocalisation qu’il n’a certes pas inventés mais.seulement rassemblés (parfois après les avoir combattus comme le revenu garanti) dans « Misères du présent, richesse du possible » où il leur donne toute leur cohérence. C’est la leçon de toute une vie dédiée à l’écologie et l’analyse du travail mais qui intègre les derniers bouleversement de la production immatérielle. Venu aussi bien du marxisme que de l’existentialisme, il a réussi à donner une toute autre vision d’un écosocialisme à visage humain, basé sur le local et qu’on peut voir comme un retour de la fédération et des communes à l’ère du numérique mais qui s’incarne dans 3 dispositifs principaux : distribution, production, circulation.
Revenu garanti, coopératives municipales et monnaies locales
Le premier instrument de la relocalisation de l’économie, ce sont les monnaies locales. Bien sûr une monnaie locale ne peut être qu’une monnaie complémentaire à la devise européenne, ne pouvant avoir l’ambition d’être une monnaie unique, pas plus que la relocalisation ne peut signifier une impossible autarcie. La monnaie locale vise uniquement à favoriser les échanges de proximité permettant de soustraire les prestations locales à la TVA qui fonctionne alors comme droit de douane pour les importations marchandes. Cela n’empêche pas d’encourager aussi les échanges non marchands, tout ne doit pas être monétisé, mais les monnaies locales visent à s’étendre à une part significative de l’activité économique locale. Non seulement cela s’avérerait fort utile en cas de désordres monétaires (imminents) mais il ne saurait y avoir une relocalisation digne de ce nom sans monnaie locale, c’est le premier point (même si cela paraît surréaliste à l’heure de l’Euro) : pas de pouvoir économique (local) sans pouvoir monétaire !
Il ne s’agit pas de tomber dans un nouveau monétarisme ne se préoccupant que de la circulation, il faut s’occuper évidemment en priorité de la production elle-même. Le deuxième instrument de la relocalisation, c’est des coopératives municipales organisant les échanges de proximité et les coopérations locales. Leur fonction ne saurait se limiter aux échanges alors que leur rôle doit être de fournir des moyens de production, de réparation, de recyclage et d’être les véritables institutions du développement humain comme développement des compétences et de l’autonomie de chacun. On devrait y trouver des ateliers de fabrication, y compris avec les instruments numériques disponibles comme des imprimantes 3D qui peuvent favoriser l’auto-production et la fourniture de pièces détachées, entre autres. Inspiré de Murray Bookchin, le caractère municipal de ces coopératives constitue une propriété publique locale (comparable à une nationalisation), propriété collective nécessaire pour soustraire cette production locale au marché concurrentiel et à son productivisme. Sans une telle structure productive, la relocalisation resterait marginale, c’est donc un enjeu essentiel (mais difficile comme toute entreprise). Il faut que la municipalité s’y engage en la dotant des moyens nécessaires pour assurer ses missions.
Un système de production ne se limite pas à la circulation et la production mais se caractérise aussi par la distribution des revenus et la répartition des richesses. Pour qu’une majorité de travailleurs puissent se passer de trouver un emploi salarié dans des entreprises capitalistes mues par le seul profit, il faut qu’ils aient un revenu garanti, revenu assuré éventuellement par la coopérative municipale mais c’est là où le local n’est pas suffisant et doit bénéficier d’une solidarité nationale. Le localisme n’est pas le repli sur soi, ni la négation de nos appartenances à des ensembles plus larges, tout au contraire, ce qui s’exprime au niveau de la redistribution, des impôts, des services publics et des réseaux nationaux (sans parler de l’intégration au marché qui reste effective pour les produits industriels au moins). Même si coopérative municipale et monnaie locale paraissent encore très exotiques, leur mise ne place peut être assez rapide à un niveau strictement local, il n’en est pas de même du revenu garanti qui devra être obtenu au niveau national (voire européen?), par des luttes sociales et politiques. C’est le point nodal de l’anti-productivisme sur lequel il faudrait porter nos revendications nationales car sans revenu garanti il ne peut y avoir de production non concurrentielle. Ce n’est pas un revenu destiné à la consommation passive de marchandises mais qui doit permettre travail autonome et production locale hors de la pression du marché, ceci afin de se substituer à une part de plus en plus grande de la production marchande (même si c’est une part seulement). Heureusement, et bien qu’elle rencontre toutes sortes de résistances, c’est une revendication qui progresse petit à petit au sein du mouvement social devant la montée de la précarité et de l’intermittence. Un revenu garanti suffisant est indispensable au moins pour améliorer le rapport de force salarial et pouvoir arrêter la dégradation du droit du travail en refusant des emplois sous-payés ( ce serait un « revenu de résistance », le contraire du RSA ! ).
Ces mesures ne doivent pas être isolées : il ne suffit pas d’un revenu garanti s’il n’y a pas les structures de valorisation des compétences locales. Revenu garanti et coopératives municipales permettent de sortir du salariat et de passer du travail forcé au travail choisi ou travail autonome, brisant la dépendance entre producteur et consommateur, salariat et société de consommation (où la baisse des consommations et de la croissance met le travailleur au chômage). De l’autre côté, coopératives et monnaies locales permettent de trouver des débouchés locaux à cette production locale en se soustrayant, en partie du moins, au marché global. Le revenu garanti ne peut être entièrement en monnaie locale puisque tout n’est pas produit localement mais il pourrait l’être pour un tiers peut-être ? En tout cas, ces dispositifs complémentaires dessinent un tout autre système de production, bien moins productiviste et plus écologique, recentré sur le développement de l’autonomie et la valorisation des compétences ainsi que le vivre ensemble et les rapports de face à face. Tout cela sans revenir en arrière pour autant, ni augmenter les contraintes mais en libérant au contraire les potentialités des individus et leur capacité d’initiative.
Le revenu garanti constitue le point faible de ces mesures indissociables mais en attendant qu’il devienne une revendication phare des mouvements sociaux, on peut s’appuyer sur les dispositifs existants (car le revenu garanti existe presque, même s’il est très insuffisant, éclaté en une multitude de prestations : retraite, chômage, maladie, allocations familiales, revenu minimum, formations, etc.). Plutôt que de rêver à des transformations radicales au niveau global, on peut dès maintenant créer des monnaies locales (avec le SOL) et des coopératives municipales pour mettre en place sans attendre de nouvelles pratiques dont on ne peut attendre des miracles mais qui pourront s’étendre assez rapidement quand elles auront fait leurs preuves.
On peut discuter pour savoir si ce serait assez radical et à la hauteur des défis du temps, c’est du moins par là qu’il faut commencer, la relocalisation étant indispensable de toutes façons et n’étant pas aussi utopique qu’il y paraît, beaucoup moins en tout cas que bien des projets sensés nous sortir magiquement de la crise économique, sociale, écologique. Il ne s’agit pas de tout relocaliser, répétons-le, mais seulement de briser la dépendance entre emploi et croissance ainsi que de revenir à une échelle humaine en donnant un cadre à une relocalisation de la production, au développement du travail autonome et des échanges de proximité (jardins bios, artisanat, réparations, formation, création, services, etc.). Ce n’est qu’un point de départ à partir duquel tout reste à faire, à inventer, à expérimenter. S’il s’agit bien de transformer activement notre environnement et de se réappropier notre vie, impossible de s’imaginer un monde parfait à ce niveau local. Le plus grand des réalismes est de mise avec nos voisins de la Commune, obligés de tenir compte de tous dans un renouveau de la démocratie de face à face (au lieu de rester dans l’entre-nous communautaire).
Après la sensibilisation et la propagande, il faudra bien passer à l’action, il y a urgence, et plutôt que de se réfugier dans un extrémisme contre-productif, il faut se persuader que la relocalisation est l’urgence du moment, la seule façon de sortir du capitalisme et de changer le monde sans tomber dans la barbarie. Il est certain malgré tout que ces propositions paraissent trop utopiques, y compris la réactivation de la démocratie locale par quoi tout commence. Surtout, elles ne sont pas du tout dans la ligne des revendications actuelles. C’est le genre de solutions qui ne s’imposent, hélas, qu’une fois que toutes les autres prétendues solutions ont raté, tellement plus simples ou plus exaltantes que ce retour au réel, à la vie locale et aux rapports humains ordinaires ! Heureusement, il y a malgré tout déjà un peu partout dans le monde quelques tentatives d’aller dans ce sens, comme les transition towns qui doivent être radicalisées, mais on n’est qu’au début d’une ère nouvelle qui a bien du mal à émerger et que la crise pourrait aider à naître, l’ère de l’information, de l’écologie et du développement humain où nous pourrons peut-être apprendre à réhabiter notre territoire et nous réapproprier notre travail comme notre propre vie.
Revenu garanti, coopératives municipales et monnaies locales
Les monnaies locales : un outil pour la relocalisation de l’économie
L’avenir radieux
Changer de système de production
(EcoRev’ no 33, Penser l’après capitalisme avec André Gorz)
http://jeanzin.fr/index.php?article/2009/07/14/Relocalisation-mode-d-emploi
Si tu savais Étienne, Étienne, comment ils s’intéressent à la démocratie.
« Venez discuter avec l’élite de l’Union européenne et inspirez vous du meilleur de l’Amérique » : tel était le mot d’ordre de l’European Agenda Summit 2008 qui s’est tenu à Bruxelles les 3 et 4 décembre 2008 à l’hôtel Renaissance — un 5 étoiles du groupe Marriott situé à un jet de pierre du parlement européen.
lire la suite ici :
http://blog.agone.org/post/2009/05/12/Une-revelation-dans-un-monde-de-silence
Bonjour, le lien url (hypertexte) précédent ayant été remanié, il ne donne plus vers une page existante.
Les Éditions Agone à Marseille offrent en plus de cette page sur le lobbying qui a été déplacée, des pages web intéressantes à lire sur la construction européenne.
Une belle photo montrant des parlementaires européennes communistes qui réclament un référendum lors de la séance solennelle de signature de l’européiste soit-disant Charte des Droits Fondamentaux par le représentant de la Commission en présence du Parlement Européen le 12 décembre 2007. ( Photo téléchargeable avec un clic droit pour ceux ou celles qui le veulent. )
Quand nous savons, juste un seul exemple, nous pourrions en trouver tant d’autres qui ont faits débat en 2005, notamment les fameuses explications secrètes de la Charte par le Präesidium de la Convention, que cette soit-disant Charte des Droits Fondamentaux contient un Titre VII :
Dispostions générales régissant l’interprétation et l’application de la Charte (page 25 du document remis aux Français lors du référendum sur le TCE)
dont l’article II-111 alinéa 2 est rédigé ainsi :
La présente Charte n’étend pas le champ d’application du droit de l’Union au-delà des compétence de l’Union, (jusque-là, c’est bien normal, poursuivons), ni ne crée aucune compétence ni aucune tâche nouvelle pour l’Union et ne modifie pas les compétences et les tâches définies dans les autres parties de la Constitution.
Fin de citation
Tous les droits ronflants et rutilants promis par l’UE par cette Charte des Droits Fondamentaux : Dignité Humaine, Droit à la vie, Interdiction de la torture, de l’esclavage, à la liberté et à la sûreté, non-discrimination, respect de la vie privée, droit à l’éducation … ne créent aucune compétence, ni tâche nouvelle pour l’UE tandis que la concurrence libre et non-faussée et les principes d’orthodoxie budgétaires et de mise en concurrence et de disparition des services publics créent eux bien des tâches à accomplir par l’UE, nous voyons que ces fameux droits dont nous fait l’aumône sont vides de contenus. Nous perdons toute fierté à accepter ces textes truqués et l’existence même de ce processus de destruction européenne des acquis des luttes nationales, démocratiques et sociales.
L’urgence est à la constitution du « Réseau « Sortir de l’Union Européenne » » avec tous les mouvements qui veulent garder et étendre les acquis nationaux de souveraineté, démocratiques et sociaux obtenus lors des luttes.
Bonjour Gilles
Bien que fondamentalement d’accord avec toi, je me demande s’il ne vaudrait pas mieux un réseau « pour une autre europe ».
J’aime assez l’idée de Jacques Sapir, celle du « chantage » à la sortie ..
http://ecosocietal.wordpress.com/2009/10/04/benoit-hamon-est-il-idiot-jacques-sapir/
Mais bon, je me sens un peu trop vieux pour mener ce combat : place aux jeunes !
Amicalement
AJH
Bonjour,
Je me suis intéressé depuis peu et par hasard à ce monde économique et financier qui nous gouverne. En découvrant une émission de radio (Ici et Maintenant) où tous les mercredis après-midi, Pierre Jovanovic fait une revue de presse mondiale sur l’économie et la finance, et les conséquences depuis une trentaine d’années. Le hasard fait parfois bien les choses, et, j’y ai appris des choses, dont j’avais plus ou moins entendu parlé ou lu à de trop rares occasions dans des journaux, ou sur des sites internet comme Rue 89 ou encore Backchich.
J’ai découvert le blog de Pierre Jovanovic, j’y vais toutes les semaines pour me tenir informé, j’y ai découvert une vidéo de Pierre Chouard qui reprenait dans les grandes lignes ce que j’avais déjà entendu de Pierre Jovanovic.
J’y ai découvert aussi Sylvain Timsit et son blog où l’on découvre toutes les manipulations de notre société et la façon d’opérer de nos gouvernants.
Toutes ces choses mises bout à bout m’ont passionné, au point que je passe quelques heures par semaine à m’informer, et plus je m’informe, et plus je suis abasourdi par ce qui se passe. J’en parle autour de moi et les personnes que j’interpelle et qui ont un minimum de connaissances, me rétorque la théorie du complot, arrêtes c’est trop énorme, tu imagines l’organisation qu’il faudrait, il y aurait forcément des fuites à un moment… Je leur réponds de s’informer par d’autres moyens que ceux que nous connaissons et qui aujourd’hui ne sont que désinformations. Allez sur le blog de Pierre Jovanovic, celui de sylvain Timsit… informez vous et vous constaterez par vous même.
J’ai été aussi surpris par l’ignorance de mon entourage sur l’histoire de notre pays, de notre économie et de notre système financier, et moi-même qui n’était pas un très grand connaisseur de tout cela, je connaissais un certain nombre de choses que beaucoup ignorent malheureusement.
Tout cela pour dire qu’il est grand temps d’éveiller les consciences, qui je le crois, ne demande que cela, et redonner un peu d’espoir à notre société qui n’a pas fini d’en baver, avec ce capitalisme qui nous pourri la vie.
Je suis très heureux de constater que d’autres personnes et depuis bien plus longtemps que moi, sont déjà informées et font passer le message.
Vous lire toutes les semaines, me donnent l’envie faire changer les choses, si vous avez des liens vers des sites intéressants à lire, faites m’en part, je suis preneur.
Amicalement CP
En voilà deux déjà…
http://exdisciplesleblog.unblog.fr/
et puis celui de l’ami André-Jacques !
http://wiki.societal.org/tiki-index.php
Alain et Étienne, puisqu’aucun texte n’est sacré, cliquez pour obtenir une information en exclusivité pour le blog du Plan C.
Il y a tant de gens qui croient au Père Noël, aux bienfaits du FMI, à l’Europe sociale, à l’OTAN démocratique qui protège les afghans, devant tant de pensée gnan-gnan, devons-nous en rire ou en pleurer ? Parfois les bras m’en tombent, quand je vois des gens estimables par ailleurs comme par exemple André-Jacques Holbecq qui me parlent encore d’une autre Europe, changer d’Europe, après tant d’années. Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Et leurs baisers au loin les suivent.
Vu sur un blog, je cite : « Dominique Strauss-Kahn songe, selon certaines informations, à un « destin présidentiel » en 2012. Il serait, dit-on, le « meilleur » opposant à Nicolas Sarkozy, le seul candidat socialiste susceptible de le battre… Certes, les milieux de la finance, le CAC 40 doivent réfléchir à une éventuelle carte à jouer alternative , compte tenu du déficit persistant de crédit de l’actuel président de la République, dans l’opinion publique. De plus en plus nombreuses, sont les catégories sociales, intégrées à la bourgeoisie, qui sont touchées par les mesures autoritaires prises par Sarkozy. Le mécontentement s’étend et se fait entendre dans des couches de la population, jusqu’à ces dernières années, éloignées de tout esprit de contestation du pouvoir en place. La base électorale de la droite officielle s’en restreint d’autant.
Dans ces conditions, pour poursuivre sur le fond la même politique, ne serait-il pas habile, pour le capital, de jouer à nouveau « l’alternance » ? Et dans cette perspective, qui serait au Parti socialiste, le mieux placé pour « finir le travail », que DSK ?
Aussi faut-il analyser comme il convient les propos, clairs et sans bavure, tenus aujourd’hui par le Directeur du FMI, et rapportés par Le Monde, sous le titre :
« COMPRIMER LES DÉPENSES PUBLIQUES »
« Le directeur du FMI souhaite maintenant que les gouvernements mettent au point les stratégies visant à remettre de l’ordre dans des finances publiques, malmenées par la crise. Dominique Strauss-Kahn a ainsi déclaré qu’une fois retirées les mesures de soutien à l’économie, il ne faudra pas hésiter à comprimer les dépenses publiques, voire, le cas échéant, à augmenter les impôts. Il a réaffirmé son appel au maintien de la coopération entre différents pays, même si les stratégies de sortie de crise peuvent différer d’une capitale à l’autre ».
Chacun sait ce que signifie « comprimer les dépenses publiques » et « augmenter les impôts » pour les salariés, les privés d’emploi, les retraités.
Pas besoin d’un dessin.
Il faut être vigilant.
Une unique volonté de se débarrasser à tout prix de Nicolas Sarkozy peut cristalliser l’opinion populaire. Et les électeurs pourraient choisir la « peste » au lieu du « choléra », surtout avec un docteur tout en rondeur, qui ne jurerait que « remèdes de bonne femme » pour assurer à tous une « bonne santé ».
Au petit jeu des promesses non tenues, les dirigeants socialistes sont les maîtres. Dans l’opposition, « plus à gauche qu’eux, tu meurs ». Et, une fois aux affaires, ils deviennent « pragmatiques » : en clair, au nom des « nécessités », ils tournent le dos à leurs engagements électoraux, une fois de plus.
Cette perspective s’inscrit dans la foulée des « régionales ». Si l’on fait du rejet de Nicolas Sarkozy l’unique objectif de la prochaine consultation, il est certain que le vote hostile au président actuel va se porter essentiellement sur les listes présentées ou emmenées par le Parti socialiste. Et le « vote utile » ouvrira ainsi une voie royale à Dominique Strauss-Kahn.
Se démarquer de cette stratégie devrait être le souci des communistes, de tous les communistes. Le débat, en cours au sein du PCF, sur la composition des listes, au premier tour comme en vue du second, évacue la question essentielle : le débat sur la politique concrète à proposer aux Français. »
Fin de citation
Je suis bien d’accord, le soit-disant vote utile ne nous est pas utile, mais il est utile pour d’autres. On pourrait même parfois se demander parfois si l’insurrection n’est pas un devoir plus sacré que toutes ces combinaisons électorales, si tant est que l’on se souvienne des leçons de 1789. Je préfère parler de vote nuisible, les votes nuisibles pour nous simples salariés, chômeurs, retraités, ce sont bien les votes européistes et euro-atlantistes, les votes pour la poursuite des réformes anti-démocratie communale, anti-démocratie nationale et anti-sociales de l’UMP et du PS. Puisse les partis de gauche ouvrir les yeux sur les enjeux qui concernent la population et non avoir les yeux rivés sur les sièges !
Pour Aïda et Alain, le débat continue ici …