Témoignage direct de TRAHISON SYNDICALE
pour ceux qui se font encore des illusions sur la CFDT.
Compte rendu de la rencontre discrète, organisée le 27 mars 2007,
entre le leader de la centrale et le cercle patronal « ETHIC », dirigé par Mme Sophie de Menthon.
Extrait du livre de Jacques Cotta, « Riches et presque décomplexés » (Fayard), p 125 :
…
« Quelques jours après le petit-déjeuner en compagnie de deux cents membres d’Ethic et de François Bayrou, mon téléphone sonnait. On me demandait si je désirais participer à un remake, cette fois-ci au Cercle interallié et en compagnie de François Chérèque. Le leader de la CFDT face à des patrons déterminés à la veille de la présidentielle sur des thèmes sociaux, politiques et économiques ne pouvait laisser indifférent. Mais une mauvaise surprise m’attendait, la veille dudit petit-déjeuner : un contre-ordre fut donné dans des termes qui ne pouvaient qu’aiguiser ma curiosité :
- Sophie de Menthon vous fait dire que si cela ne tenait qu’à elle il n’y aurait pas de problème, mais c’est M. Chérèque qui pose comme condition l’absence de tout journaliste.
- Même en demeurant discret ?
- Même, nous sommes désolés. Il nous a dit que c’était une condition absolue à sa venue.
Le lendemain matin, je décide de passer outre. Je gravis les marches du Cercle interallié, passe le petit perron de l’entrée surmonté d’une imposante et néanmoins gracieuse marquise, ignore un valet de pied en jaquette noire et gilet rouge et pénètre dans le petit salon réservé pour le leader de la CFDT. Étonnement de la secrétaire d’Ethic préposée aux badges, air confus de ma part, incompréhension feinte pour obtenir enfin l’autorisation de m’installer dans un coin de la salle avec engagement strict de ne pas piper mot.
Devant une assistance très réduite comparée à celle venue assister à la prestation du leader de l’UDF, Sophie de Menthon accueille l’invité :
- Cher François Chérèque, c’est un grand plaisir. Mais laissez-moi vous dire, à vous qui avez eu par le passé le courage de soutenir des réformes difficiles, que je déplore l’absence de la presse. Vous auriez dû au contraire médiatiser au maximum cet événement, vu l’importance de votre discours.
- Merci de m’accueillir. Et commençons donc par la presse. J’ai demandé à ce qu’elle ne soit pas présente car j’ai décidé de vous parler franchement, sans détour, directement. Entre nous, sans journalistes, ce sera plus simple !
- Pour nous confier des secrets ? plaisante la salle.
Je connaissais la connivence qui peut exister entre les partenaires sociaux. « Les réunions à répétition rapprochent », dit-on. Mais là, il s’agit de tout autre chose. François Chérèque promet le discours de la vérité comme s’il se trouvait dans une réunion de famille qu’il ne faudrait pas perturber.
Durant une heure, je vais de surprise en surprise. Le leader de la CFDT réserve à ses hôtes très satisfaits un discours des plus politiques. « L’économie est poussive » et « le premier des problèmes concerne l’investissement » car nous « n’avons pas décliné les objectifs de Lisbonne ».
- Plus clairement ? demande Sophie de Menthon.
- Les réformes de la recherche, des régimes sociaux, des retraites, de l’assurance-maladie, de la santé, des hôpitaux n’ont pas été accomplies.
En une phrase, François Chérèque fait siennes l’ensemble des mesures qui ont pesé dans le vote négatif du peuple français le 29 mai 2005. Mais qu’importe, la salle communie.
Il aborde ensuite « l’organisation du marché du travail », « l’existence de la précarité », mais aussi d’une « trop grande rigidité pour les entreprises ». Il dénonce le développement de la sous-traitance comme « facteur d’augmentation des inégalités ».
- D’inégalité pour qui ? demande un curieux dans la salle.
J’attends une réponse syndicale. Surprise !
- Pour les petites entreprises, répond du tac au tac le leader de la CFDT.Je me tourne vers mon voisin de table :
- Je croyais qu’il parlait des employés. Pour un syndicaliste il est assez ouvert, non ?
- Oui, mais si les entreprises ne vont pas bien, les employés non plus. Ce qui compte, c’est l’entreprise, et lui, il a compris !
Au micro, François Chérèque en est à la dénonciation de « la culture du conflit », condamne « la CGT qui pousse à la grève dans les ports de Marseille », ou « FO qui fait la loi chez les communaux », « la nécessité d’y imposer une CFDT qui aujourd’hui y a des problèmes ».
- Comment ? questionne Sophie de Menthon.
- Par tous les moyens !
- Je suis troublée, vous reprenez nos positions, que nous exprimons publiquement, intervient la présidente d’Ethic.
Galvanisé, Chérèque annonce la nécessité de « faire évoluer le contrat de travail », de ne « pas opposer la flexibilité à la rigidité », de réaffirmer « l’attachement à l’Europe » alors que « nous avons mis le drapeau bleu blanc rouge le jour anniversaire du traité de Rome, ce qui était lamentable ».
- Reste la méthode ? demande Sophie de Menthon.
Alors le président de la CFDT parle de « représentativité ». Il a déjà rencontré à plusieurs reprises « les conseillers de Sarkozy et le candidat lui-même » avec qui ils sont « plutôt tombés d’accord ». Il faut « reconnaître les syndicats dans les entreprises », et non plus au niveau national indépendamment des élections à la base.
- Atomiser l’interlocuteur, c’est ça qu’il faut, me glisse à l’oreille mon voisin attentif.
François Chérèque, comme s’il lui répondait en écho, développe l’exemple de Renault. « S’il n’y a pas de licenciement », c’est uniquement parce que « les ouvriers prennent aujourd’hui les jours qui correspondent aux 35 heures de 2008 ». À l’inverse, à Sandouville, « la production est à flux tendu », donc « ils font 42 heures par semaine ».
- En discutant à la base, la flexibilité s’organise et s’impose d’elle-même.
- Pourquoi, avec ce discours, êtes-vous au premier rang dans les manifestations ?
- J’ai manifesté contre le CPE car le ministre avait été ridicule dans la forme. Mais sur le fond, nous sommes bien sûr d’accord pour revoir le contrat de travail.
Dans la salle on est au bord de l’applaudir.
- Votre différence n’est pas assez marquée avec la CGT, insiste Sophie. Même si Thibault est assez positif, il existe des possibilités de débordement.
- Sur le terrain, c’est parfois compliqué, mais plus on va vers l’entreprise, je vous le répète, plus les salariés acceptent tout cela. Prenez l’accord Bosch sur le temps de travail. II y a 200 accords du même type, mais personne n’en parle. Laissons les choses se faire dans les entreprises, il y a une adaptation !
- Vous avez des priorités ?
- La protection sociale sera le gros morceau. Il faut finir le travail sur les retraites après ce qui a été commencé sur les régimes spéciaux. Puis reconnaître que les CDD en lieu et place des CDI, c’est trop paralysant. Donc redistribuer vers l’assurance chômage qui sera plus sollicitée. Enfin, la sous-traitance, dossier difficile…
- Pas tant que cela, intervient un des vingt membres d’Ethic installé dans la salle.
- Si, par exemple, prenez Airbus. À vous je le dis : l’État n’a pas à mettre un sou. Il faut faire à Airbus ce qui a été fait à Boeing ! Augmenter et développer la sous-traitance et mettre tout cela en concurrence.
- Mais vous y êtes arrivé sur les retraites ? C’était bien plus chaud, non ?
Le leader syndicaliste en serait presque à bicher.
- Vous accepteriez d’être ministre du Travail de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal ?
- Non, je suis beaucoup plus utile à la place que j’occupe. Je peux faire de la pédagogie. Ségolène a compris sur les retraites, par exemple, et elle n’est plus pour l’abrogation de la loi Fillon. En mettant la gauche face à ses contradictions, on aboutit au discours de Villepinte où la candidate socialiste fait de la dette sa priorité et reconnaît l’économie de marché. Mais pour cela, il faut être là où je suis.
- Puisqu’on est entre nous, vous voterez pour qui ?
- Je peux vous dire que nous avons vu tous les candidats, outre l’extrême droite ou l’extrême gauche. Surtout les deux principaux et Buffet par respect pour elle et aussi parce que sur des notions comme la flexisécurité, elle serait sans aucun doute d’accord. D’ailleurs, l’extrême gauche a aussi fait un pas. Elle reconnaît le marché et la décentralisation.
- Vraiment ?
- Mais oui, Arlette a pris un coup de vieux, vous savez !
Dans la salle on s’esclaffe.
- Vous voyez bien le mal que j’aurais eu si la presse avait été présente.
- Pour qui voteriez-vous donc ? insiste Sophie de Menthon.
- Nous ne donnons jamais de consigne à la CFDT.
- En privé ?
- Sarkozy nous a présenté un calendrier pour les réformes et moi et ça me va très bien. On s’y met dès juillet.
Sourire de Sophie de Menthon et satisfaction de la salle. »

Vulgaire ? Hum… peut-être… Et ce que font les barons voleurs aux salariés, ce n’est pas vulgaire, c’est quoi ?
En plus de se laisser trahir, voler et violer sans résister, les salariés sont priés de rester polis…
C’est simplement à vomir.
Alain le disait parfaitement :
la vigilance ne se délègue pas.
J’ajouterai :
Sans tirage au sort,
c’est la loi du plus fort,
(et tu mérites ton sort).
Ce sera ma prochaine banderole…
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve que ceux qui disent qu’on est des veaux, contents d’aller à l’abattoir en plus (les sondages pour le gouvernement remontent) ont vraiment raison.
:o(

Bonjour,
personnellement, j’avais déjà vu ce texte. Malheureusement, plus rien ne m’étonne de la part du mini leader de la CFDT, dans la ligne droite de Nicole NOTAT.
Effectivement, c’est à vomir, et ceux encore attachés à un syndicalisme honnête, de lutte, de proposition, n’ont qu’à se détourner, comme l’avait fait à une époque une partie des bases organisées du centre de la France, lors de la trahison de 2003…
Le plus pénible, c’est de rencontrer les CFDT lors de négociations ou autres : ils n’ont aucune parole et trahissent allègrement leurs bases.
VERGOGNA !!!!
Bonjour Etienne
Je viens de lire l’article sur la CFDT.
Je n’espère évidemment rien de ce syndicat, et les collabos, c’est une espèce qui me fait vomir également.
Mais pouvez vous m’assurer que ce texte est réel. Mon intention est de le communiquer au maximum de personnes possibles, pour ouvrir les yeux à ceux qui se font encore des illusions.
Je ne voudrais pas diffuser de la fausse information. Merci d’avance pour la réponse
Je crois que, quels que soient les découragements, les désillusions, il est très important de diffuser, tant qu’Internet n’est pas verrouillé comme en Chine, le maximum d’informations à nos concitoyens. C’est un service que nous pouvons nous rendre
Cordialement.
Cher André,
Je connais Jacques Cotta qui est un courageux journaliste.
Je l’ai bien sûr appelé au téléphone avant de relayer cette information, et Jacques Cotta m’a confirmé lui-même que ce qu’il raconte dans son livre, il l’a vécu personnellement, directement (ce n’est pas un témoin de témoin de témoin).
Je pense que son récit correspond simplement à la vérité, toute nue.
________________
Décidément, ce système de désignation des chefs par l’élection est une profonde erreur.
Parce que, là aussi, c’est ça, la fausse bonne idée de départ : chaque citoyen s’imagine, de façon orgueilleuse et narcissique, qu’il ne peut pas se tromper gravement et qu’un chef qu’il a choisi sera forcément un meilleur chef qu’un chef choisi par d’autres, sans contrôler les paramètres du prétendu « choix » (c’est folie !) : Qui choisit préalablement les candidats ? Qui contrôle les aptitudes des candidats ? Qui contrôle les aptitudes des votants ? Qui s’assure des moyens de dénoncer, juger et punir les fraudes et les impasses ? Qui décide de la portée à donner aux votes blancs ? Qui finance les campagnes électorales en douce et réclame, en douce aussi, d’innombrables ascenseurs en retour ? Qui contrôle le respect des promesses électorales et qui punit les plus fieffés menteurs ? etc. etc. etc.
Merci d’être là.
Étienne.
Bonjour,
Sur le texte de Cotta – la conférence/rencontre et sa substance – il ne s’agit pas d’une « construction » etc. On trouve la substance de cette rencontre dans le compte-rendu disponible sur le site ETHIC (un PDF). Même contenu, présentation plus « prudente ». En gros, écœurement justifié et – autre recherche Internet – très peu de réelles réactions (quelques commentaires ici ou là – quelques « on savait bien que Chérèque… » – et un communiqué « outré » interne de la CFDT qui se garde bien de démentir ou « d’attaquer en justice »).
Le plus sérieux, grave, de la page complète, c’est le texte d’Étienne, son découragement. Non tant sur le tirage au sort (dont je crois de plus en plus qu’il est une des rares manières essentielles de sortir de la « professionnalisation politique » et du « pouvoir des experts »), mais sur le gentil sourire qui accueille son (notre ?) insistance « polie » sur l’importance extrême des institutions, de la Constitution, de la nature même du pouvoir politique.
Au fond, cette amicale écoute, sympathique « passons à autre chose », témoigne de cette idée centrale « Prenons le pouvoir, peu importe lequel ou comment, nous changerons la politique, les politiques ». C’est-à-dire : l’important, ce n’est pas la vie commune et son choix commun, c’est les bonnes mesures prises par « nos » experts (socio économiques). Comme si l’Histoire était oubliée…
En gros, la même (absence de) vie commune, la même logique de société, décidée semblablement, avec – Oh, Savonarole ! – la Justice que « nous » incarnons.
Loin, loin, si loin des essentielles questions « anthropologiques », celles de la société des hommes et de son invention et réalisation commune (entre autres, le savoir gouverner et être gouverné d’Aristote). Le plus dérisoire, c’est qu’à balayer d’un sourire compatissant ce terrain, on se condamne à perdre, et sur l’essentiel et sur l’immédiat « électoral » (ce jeu de matchs joués et rejoués « on fera mieux la prochaine fois »).
Étienne, votre immense persévérance — serait-elle apparemment moins audible du fait de votre calme (et douceur) d’expression, garde cette et ces questions présentes — avec d’autres voix (par exemple Rancière) — dans l’univers mental de ceux qui se lasseront sans doute de se lancer, sans cesse, tête baissée contre le même mur. Et, avec ce mal de crâne, viendront à entrouvrir cette porte.
Après ? On verra…
Amitiés.
Depuis la sortie de mon dernier livre, « Riches et presque décomplexés », dans lequel je raconte cette réunion de l’association patronale ETHIC à laquelle participait François Chérèque, responsable de la CFDT, en qualité d’invité d’honneur, plusieurs sites Internet reproduisent fidèlement le passage que l’on trouve ici chez Etienne Chouard. Là comme ailleurs quelques questions sont posées qui appellent précisions de ma part.
1- Tout ce que je raconte dans mon livre est d’une totale exactitude. Point d’approximation en effet, et comme j’ai pu l’indiquer à Etienne Chouard qui m’a contacté, il ne s’agit évidemment pas d’un récit de seconde main, mais bien d’une réunion à laquelle j’étais personnellement présent et dont je rapporte fidèlement le contenu.
2- Marcel Pagnol disait : « Un secret ce n’est pas quelque chose qui ne se raconte pas. C’est une chose qui se raconte à voix basse et séparément ». Dans mon livre j’aborde des questions qui concernent les salariés, travailleurs, enseignants, retraités, etc… Il m’a donc semblé important de divulguer ce secret que veut entretenir le responsable de la CFDT avec une branche patronale. C’est en effet lui-même qui avait demandé que la réunion soit fermée à toute oreille extèrieure, notamment à tout journaliste…
3- J’ai titré le chapitre d’où est extrait le passage cité sur Internet « Riches sous protection ». C’est en effet cela qui m’a semblé important. Les propos que tient dans cette réunion le responsable syndical concernent en effet les retraites, la protection sociale, la flexibilité, la santé, le contrat de travail etc… Autant de questions sensibles dans le monde patronal car pleines d’implications pour les profits qui seront tirés par le capital au détriment du travail. En définitive c’est bien la pauvreté du plus grand nombre et la richesse accumulée par quelques-uns qui le centre de la discussion…
4- Enfin, concernant l’émoi que peut provoquer chez certains mon dernier livre. Je tiens à préciser comme l’indique André F. dans un message que pour le moment, à ma connaissance, « la CFDT se garde bien de démentir ou « d’attaquer en justice ») ».
Jacques Cotta
Avez-vous remarqué que, depuis une trentaine d’années, quand un dirigeant suprême de la CFDT quitte sa fonction, il devient chef d’entreprise.
Le pompon étant Notat qui a fondé une entreprise au service des grandes entreprises.
[Message de Catherine (et les différentes réponses) à lire à leur place, sur le forum des mocries :
http://etienne.chouard.free.fr/mocrie/viewtopic.php?pid=953#p953
Étienne (17/12,22h15)]
Ce livre traite d’un sujet très intéressant car c’est bien l’avidité financière, outillée par la finance internationale qui est à l’origine des bulles successives qui ont conduit à la crise, mais ce qui me questionne, outre le démenti publié en son temps (élection prudhomale) par la cfdt, c’est le recours à l’anecdotique au détriment du travail de fond (typique des journalistes): Si J Cotta était intéressé par ce que pense Chérèque, il aurait du se baser sur ces livres. Et la relation de JC est émaillée de considérations malveillantes qui finissent par la mettre en situation à sa façon. Sa relation est d’ailleurs très différente du CR officiel dispo sur le site d’éthique.
Il y faudrait plus d’objectivité et choisir entre ces objectifs : anti-riches ou anti-syndicat
Bonsoir Jean,
Vous parlez du communiqué « officiel » du site d’Ethique… Et c’est à partir de cela que vous mettez en doute Jacques Cotta ?
Voilà, à mon sens, ce qui devrait être suspect :les communiqués « officiels », parfaits outils de propagande… oups pardon, de communication (tout est dit dans ce mot).
Et pour qui concerne Chérèque, si l’on rapproche ce qu’écrit Jacques Cotta et toutes les trahisons et couleuvres que nous fait avaler la CFDT, ne serait-ce que depuis Nicole Nottat, il y a bel et bien de quoi se poser des questions, qui trouvent leurs réponses dans ce qu’écrit le journaliste.
J’en profite au passage pour le remercier de nous montrer à tous, que le journalisme n’est pas tout à fait mort en France.
Cordialement.
Laure
Chère Laure,
je ne suis qu’un vieil adhérent de la cfdt et à ce titre choqué par l’outrance des titres et la vulgarité de la photo ci-dessus. Nicole Notat en son temps s’était faite physiquement agressée par des nerviks un peu obtus du crâne qui avaient pris à la lettre ces messages de haine.
Je n’ai pas la chance d’être fonctionnaire et je suis reconnaissant à la CFDT de l’accord « scélérat » passé sur les retraites en 2003 qui a permis plus de 100 000 départs anticipés par an. Evidemment, les bénéficiaires sont généralement des salariés ayant commencé à travailler très tôt, c‑à-d peu de chance qu’ils soient intellectuels.
Nottat a créé une agence de notation sociale. Si aux yeux de certains, ça fait d’elle un suppot du capitalisme, c’est triste pour eux !
Bonjour, lisez et regardez bien la photo qui ilustre l’article suivant :
La CFDT, syndicat jaune ?
et aussi :
La CFDT tente de faire condamner des précaires.
C’est pire que ce je croyais et pourtant je ne pensais pas du bien de la CFDT.
Bonjour,
Avec tout ce que ne font pas les syndicats, en premier lieu d’appeler et de soutenir une grève générale et illimitée dès Septembre, il n’y a plus besoin de se poser de question.
C’est à pleurer de rage pour tous les militants qui croient encore en eux et tous ceux et celles qui resteront sur le carreau parce qu’ils n’auront rien fait !
Jean écrivait plus haut : « Il y faudrait plus d’objectivité et choisir entre ces objectifs : anti-riches ou anti-syndicat »
Grâce à des syndicats comme la CFDT (la CGT ne vaut pas mieux), nous n’avons plus besoin de choisir !
Laure.
Je viens de découvrir ceci :
Boîte à idées pro-Union Européenne – Trahison syndicale : CFDT CGT UNSA MEDEF, même combat
Ce qui pourrait expliquer bien des choses.
Encore un exemple de trahison syndicale
Le gouvernement espagnol se prépare à utiliser l’armée contre les contrôleurs aériens en gréve
10 août 2010
Les contrôleurs aériens espagnols de l’entreprise « Aeropuertos Españoles y Navegación Aérea » (AENA), gérée par l’Etat, ont voté à 98 % en faveur d’une action revendicative contre les assauts féroces du Parti socialiste ouvrier (PSOE) du gouvernement du Premier ministre José Luis Zapatero.
Toutefois, avant même le scrutin, le syndicat « Union des contrôleurs de trafic aérien » (USCA) a cherché à restreindre la lutte par une série grèves tournantes et a fourni à l’avance aux dirigeants d’AENA avec un préavis de 10 jours les dates prévues des grèves.
Lire la suite ici …
Vigoureuse synthèse contre les syndicats kapos, collaborateurs du fascisme financier en train de détruire les institutions des « jours heureux » du CNR.
Merci Monsieur Accardo.
Étienne
La grande manip’
Par Agone le mercredi 8 décembre 2010, 10:20 – La chronique d’Alain Accardo – http://blog.agone.org/post/2010/12/06/La-grande-manip
Une fois de plus, la machine à berner les citoyens et à bafouer la démocratie a rempli son office. On peut même dire que le déroulement de la bataille contre la réforme sarkozienne des retraites aura fourni une illustration exemplaire de la façon dont, dans une ploutocratie à façade démocratique, comme la France, on s’y prend pour contourner la résistance du peuple. Le mécanisme de la manipulation est relativement facile à décrire.
Dès qu’un mouvement social de quelque envergure semble s’amorcer, les médias dominants, tous au service de la puissance capitaliste, entreprennent d’une seule voix, comme si cela allait de soi, de le confier aux bons soins des grandes centrales syndicales et de l’opposition de « gauche », dont les dirigeants sont rappelés à leur rôle de « partenaires sociaux » titulaires et responsables, seuls interlocuteurs autorisés du pouvoir. Ainsi donc, d’emblée, la communication institutionnelle se charge-t-elle de placer le mouvement sous le signe de l’œcuménisme républicain et d’excommunier toute démarche, toute mobilisation qui ne s’effectuerait pas sous la houlette officielle de l’épiscopat syndical. Quiconque aurait des velléités de manifester son opposition par un autre canal s’exposerait à être dénoncé comme un ennemi de la République, un extrémiste voire un terroriste, et se verrait privé d’accès à la parole publique.
De leur côté, les hiérarques de la prétendue opposition politique et syndicale, forts du monopole de la représentation qui leur est reconnu, s’installent à la tête du mouvement pour y donner leur répertoire rituel. Le premier sketch, dit « de la feinte humilité démocratique », consiste à jouer les serviteurs du peuple et à s’abriter derrière la volonté alléguée des gens de la base : « Ce sont les salariés seuls qui décident » – ce qui permet de ne pas trop engager l’organisation.
Si, comme ce fut le cas, on sent s’exprimer à la base une grande combativité, qui laisse augurer une mobilisation de grande ampleur et de longue durée, les directions passent au tableau suivant, dit « de la rodomontade », qui consiste à faire les bravaches – dans le registre « Nous n’accepterons jamais que… », « Nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout » et « Si le gouvernement refuse de nous entendre, alors… » –, tout en tempérant autant qu’elles peuvent l’ardeur de leurs troupes.
À cette fin, le procédé le plus efficace, parce que le plus hypocrite, c’est de corseter le mouvement dans la camisole de l’agenda institutionnel, et de casser la dynamique offensive en subordonnant toute initiative aux échéances fixées par le pouvoir (rencontres avec des ministres, discussions au Parlement, déclarations du chef de l’État, etc.). L’ardeur des troupes étant ainsi constamment freinée par la pusillanimité des chefs, la grande bataille annoncée se réduit sans surprise à une succession de « journées d’action » consacrées pour l’essentiel à des défilés plan-plan et de journées d’inaction consacrées à polémiquer stérilement sur le nombre des manifestants et à guetter les symptômes d’un essoufflement annoncé jour après jour par les médias.
Devant tant de mollesse et d’incurie chez des dirigeants visiblement vaincus avant de se battre, on ne sait plus s’il faut parler d’incompétence ou de connivence. Des deux sans doute, puisque la mascarade a, entre autres avantages, celui de ne pas bousculer les plans d’un PS qui préfère attendre paisiblement son retour aux affaires.
Pendant ce temps, le pouvoir poursuit imperturbablement sa sale besogne, pas le moins du monde impressionné par un mécontentement dont il sait n’avoir rigoureusement rien à redouter, assuré qu’il est du légalisme de « partenaires » acquis au respect inconditionnel du désordre établi, et du légitimisme d’un électorat trop borné pour comprendre qu’il est tombé dans la nasse où on voulait le faire entrer : une foule de gens atomisés, abêtis et domestiqués, qui se croient toujours des citoyens quand ils ne forment plus qu’une masse de manœuvre livrée aux manipulations politiciennes des deux fractions de la bourgeoisie régnante en concurrence pour le pouvoir.
Les moins pitoyables ne sont pas ceux qui, pour sauver la face, se donnent la satisfaction fantasmatique d’avoir « gagné la bataille de l’opinion » et se préparent à prendre leur « revanche » en 2012. En quoi faisant ? En élisant DSK qui milite inlassablement au FMI pour défendre les damnés de la Terre ?
Parions que cette menace épouvantable fait déjà pleurer les banquiers… de rire.
Alain Accardo
Chronique initialement parue dans le journal La Décroissance, du mois de décembre 2010.
——
Alain Accardo a publié plusieurs livres aux éditions Agone : De notre servitude involontaire (2001), Introduction à une sociologie critique (2006), Journalistes précaires, journalistes au quotidien (2006), Le Petit Bourgeois Gentilhomme (2009). Un recueil de textes Engagements. Chroniques et autres textes (2000−2010) paraîtra en janvier 2011.
http://blog.agone.org/post/2010/12/06/La-grande-manip
Merci Étienne pour cet article d’Alain Accardo.
Je viens d’écouter une chanson sur Saint Dominique qui m’a fait penser, puisque je suis un mauvais esprit, à un autre prêcheur, un à autre Dominique, un prêcheur d’austérité encensé par tous les médias qui ont la foi, tout empli de rigueur ecclésiale et luttant contre les hérésies grecques et irlandaises. Je n’ai pu m’empêcher avec malice de substituer mentalement certains mots aux mots d’origine de la chanson. J’espère que vous aurez autant d’imagination que moi et l’humeur à goûter cette rabelaiserie.
C’est ici sous le lien …
Encore une trahison, du PS cette fois, à propos des 35 heures.
Heureusement, Jean-Luc Mélenchon défend vigoureusement les salariés :
http://www.jean-luc-melenchon.com/2011/01/matinale-drmcbfmtv/
Je répète que je trouve Mélenchon admirable.
Étienne.
Il y a bien longtemps que j’ai compris que la CFDT est le sida du salariat !
Ce que je comprend pas, c’est Thibault qui s’obstine à défiler avec ces félons.
Jacques COTTA a raison :
les secrétaires successifs de la CFDT sont achetés par des places de choix, c’est comme ça que les salariés sont baisés car la CFDT.C’est le sida du salariat, vous allez voir que Chérèque sera ministre, vous pariez ?