Trahison syndicale : CFDT MEDEF, même combat

20/11/2008 | 19 commentaires

Témoi­gnage direct de TRAHISON SYNDICALE
pour ceux qui se font encore des illu­sions sur la CFDT.

Compte ren­du de la ren­contre dis­crète, orga­ni­sée le 27 mars 2007,
entre le lea­der de la cen­trale et le cercle patro­nal « ETHIC », diri­gé par Mme Sophie de Menthon.

Extrait du livre de Jacques Cot­ta, « Riches et presque décom­plexés » (Fayard), p 125 :

…

« Quelques jours après le petit-déjeu­ner en com­pa­gnie de deux cents membres d’E­thic et de Fran­çois Bay­rou, mon télé­phone son­nait. On me deman­dait si je dési­rais par­ti­ci­per à un remake, cette fois-ci au Cercle inter­al­lié et en com­pa­gnie de Fran­çois Ché­rèque. Le lea­der de la CFDT face à des patrons déter­mi­nés à la veille de la pré­si­den­tielle sur des thèmes sociaux, poli­tiques et éco­no­miques ne pou­vait lais­ser indif­fé­rent. Mais une mau­vaise sur­prise m’at­ten­dait, la veille dudit petit-déjeu­ner : un contre-ordre fut don­né dans des termes qui ne pou­vaient qu’ai­gui­ser ma curiosité :

- Sophie de Men­thon vous fait dire que si cela ne tenait qu’à elle il n’y aurait pas de pro­blème, mais c’est M. Ché­rèque qui pose comme condi­tion l’ab­sence de tout journaliste.

- Même en demeu­rant discret ?

- Même, nous sommes déso­lés. Il nous a dit que c’é­tait une condi­tion abso­lue à sa venue.

Le len­de­main matin, je décide de pas­ser outre. Je gra­vis les marches du Cercle inter­al­lié, passe le petit per­ron de l’en­trée sur­mon­té d’une impo­sante et néan­moins gra­cieuse mar­quise, ignore un valet de pied en jaquette noire et gilet rouge et pénètre dans le petit salon réser­vé pour le lea­der de la CFDT. Éton­ne­ment de la secré­taire d’E­thic pré­po­sée aux badges, air confus de ma part, incom­pré­hen­sion feinte pour obte­nir enfin l’au­to­ri­sa­tion de m’ins­tal­ler dans un coin de la salle avec enga­ge­ment strict de ne pas piper mot.

Devant une assis­tance très réduite com­pa­rée à celle venue assis­ter à la pres­ta­tion du lea­der de l’UDF, Sophie de Men­thon accueille l’invité :

- Cher Fran­çois Ché­rèque, c’est un grand plai­sir. Mais lais­sez-moi vous dire, à vous qui avez eu par le pas­sé le cou­rage de sou­te­nir des réformes dif­fi­ciles, que je déplore l’ab­sence de la presse. Vous auriez dû au contraire média­ti­ser au maxi­mum cet évé­ne­ment, vu l’im­por­tance de votre discours.

- Mer­ci de m’ac­cueillir. Et com­men­çons donc par la presse. J’ai deman­dé à ce qu’elle ne soit pas pré­sente car j’ai déci­dé de vous par­ler fran­che­ment, sans détour, direc­te­ment. Entre nous, sans jour­na­listes, ce sera plus simple !

- Pour nous confier des secrets ? plai­sante la salle.

Je connais­sais la conni­vence qui peut exis­ter entre les par­te­naires sociaux. « Les réunions à répé­ti­tion rap­prochent », dit-on. Mais là, il s’a­git de tout autre chose. Fran­çois Ché­rèque pro­met le dis­cours de la véri­té comme s’il se trou­vait dans une réunion de famille qu’il ne fau­drait pas perturber.

Durant une heure, je vais de sur­prise en sur­prise. Le lea­der de la CFDT réserve à ses hôtes très satis­faits un dis­cours des plus poli­tiques. « L’é­co­no­mie est pous­sive » et « le pre­mier des pro­blèmes concerne l’in­ves­tis­se­ment » car nous « n’a­vons pas décli­né les objec­tifs de Lis­bonne ».

- Plus clai­re­ment ? demande Sophie de Menthon.

- Les réformes de la recherche, des régimes sociaux, des retraites, de l’as­su­rance-mala­die, de la san­té, des hôpi­taux n’ont pas été accomplies.

En une phrase, Fran­çois Ché­rèque fait siennes l’en­semble des mesures qui ont pesé dans le vote néga­tif du peuple fran­çais le 29 mai 2005. Mais qu’im­porte, la salle communie.

Il aborde ensuite « l’or­ga­ni­sa­tion du mar­ché du tra­vail », « l’exis­tence de la pré­ca­ri­té », mais aus­si d’une « trop grande rigi­di­té pour les entre­prises ». Il dénonce le déve­lop­pe­ment de la sous-trai­tance comme « fac­teur d’aug­men­ta­tion des inégalités ».

- D’i­né­ga­li­té pour qui ? demande un curieux dans la salle.

J’at­tends une réponse syn­di­cale. Surprise !

- Pour les petites entre­prises, répond du tac au tac le lea­der de la CFDT​.Je me tourne vers mon voi­sin de table :

- Je croyais qu’il par­lait des employés. Pour un syn­di­ca­liste il est assez ouvert, non ?

- Oui, mais si les entre­prises ne vont pas bien, les employés non plus. Ce qui compte, c’est l’en­tre­prise, et lui, il a compris !

Au micro, Fran­çois Ché­rèque en est à la dénon­cia­tion de « la culture du conflit », condamne « la CGT qui pousse à la grève dans les ports de Mar­seille », ou « FO qui fait la loi chez les com­mu­naux », « la néces­si­té d’y impo­ser une CFDT qui aujourd’­hui y a des problèmes ».

- Com­ment ? ques­tionne Sophie de Menthon.

- Par tous les moyens !

- Je suis trou­blée, vous repre­nez nos posi­tions, que nous expri­mons publi­que­ment, inter­vient la pré­si­dente d’Ethic.

Gal­va­ni­sé, Ché­rèque annonce la néces­si­té de « faire évo­luer le contrat de tra­vail », de ne « pas oppo­ser la flexi­bi­li­té à la rigi­di­té », de réaf­fir­mer « l’at­ta­che­ment à l’Eu­rope » alors que « nous avons mis le dra­peau bleu blanc rouge le jour anni­ver­saire du trai­té de Rome, ce qui était lamentable ».

- Reste la méthode ? demande Sophie de Menthon.

Alors le pré­sident de la CFDT parle de « repré­sen­ta­ti­vi­té ». Il a déjà ren­con­tré à plu­sieurs reprises « les conseillers de Sar­ko­zy et le can­di­dat lui-même » avec qui ils sont « plu­tôt tom­bés d’ac­cord ». Il faut « recon­naître les syn­di­cats dans les entre­prises », et non plus au niveau natio­nal indé­pen­dam­ment des élec­tions à la base.

- Ato­mi­ser l’in­ter­lo­cu­teur, c’est ça qu’il faut, me glisse à l’o­reille mon voi­sin attentif.

Fran­çois Ché­rèque, comme s’il lui répon­dait en écho, déve­loppe l’exemple de Renault. « S’il n’y a pas de licen­cie­ment », c’est uni­que­ment parce que « les ouvriers prennent aujourd’­hui les jours qui cor­res­pondent aux 35 heures de 2008 ». À l’in­verse, à San­dou­ville, « la pro­duc­tion est à flux ten­du », donc « ils font 42 heures par semaine ».

- En dis­cu­tant à la base, la flexi­bi­li­té s’or­ga­nise et s’im­pose d’elle-même.

- Pour­quoi, avec ce dis­cours, êtes-vous au pre­mier rang dans les manifestations ?

- J’ai mani­fes­té contre le CPE car le ministre avait été ridi­cule dans la forme. Mais sur le fond, nous sommes bien sûr d’ac­cord pour revoir le contrat de travail.

Dans la salle on est au bord de l’applaudir.

- Votre dif­fé­rence n’est pas assez mar­quée avec la CGT, insiste Sophie. Même si Thi­bault est assez posi­tif, il existe des pos­si­bi­li­tés de débordement.

- Sur le ter­rain, c’est par­fois com­pli­qué, mais plus on va vers l’en­tre­prise, je vous le répète, plus les sala­riés acceptent tout cela. Pre­nez l’ac­cord Bosch sur le temps de tra­vail. II y a 200 accords du même type, mais per­sonne n’en parle. Lais­sons les choses se faire dans les entre­prises, il y a une adaptation !

- Vous avez des priorités ?

- La pro­tec­tion sociale sera le gros mor­ceau. Il faut finir le tra­vail sur les retraites après ce qui a été com­men­cé sur les régimes spé­ciaux. Puis recon­naître que les CDD en lieu et place des CDI, c’est trop para­ly­sant. Donc redis­tri­buer vers l’as­su­rance chô­mage qui sera plus sol­li­ci­tée. Enfin, la sous-trai­tance, dos­sier difficile…

- Pas tant que cela, inter­vient un des vingt membres d’E­thic ins­tal­lé dans la salle.

- Si, par exemple, pre­nez Air­bus. À vous je le dis : l’É­tat n’a pas à mettre un sou. Il faut faire à Air­bus ce qui a été fait à Boeing ! Aug­men­ter et déve­lop­per la sous-trai­tance et mettre tout cela en concurrence.

- Mais vous y êtes arri­vé sur les retraites ? C’é­tait bien plus chaud, non ?

Le lea­der syn­di­ca­liste en serait presque à bicher.

- Vous accep­te­riez d’être ministre du Tra­vail de Nico­las Sar­ko­zy ou de Ségo­lène Royal ?

- Non, je suis beau­coup plus utile à la place que j’oc­cupe. Je peux faire de la péda­go­gie. Ségo­lène a com­pris sur les retraites, par exemple, et elle n’est plus pour l’a­bro­ga­tion de la loi Fillon. En met­tant la gauche face à ses contra­dic­tions, on abou­tit au dis­cours de Vil­le­pinte où la can­di­date socia­liste fait de la dette sa prio­ri­té et recon­naît l’é­co­no­mie de mar­ché. Mais pour cela, il faut être là où je suis.

- Puis­qu’on est entre nous, vous vote­rez pour qui ?

- Je peux vous dire que nous avons vu tous les can­di­dats, outre l’ex­trême droite ou l’ex­trême gauche. Sur­tout les deux prin­ci­paux et Buf­fet par res­pect pour elle et aus­si parce que sur des notions comme la flexi­sé­cu­ri­té, elle serait sans aucun doute d’ac­cord. D’ailleurs, l’ex­trême gauche a aus­si fait un pas. Elle recon­naît le mar­ché et la décentralisation.

- Vrai­ment ?

- Mais oui, Arlette a pris un coup de vieux, vous savez !

Dans la salle on s’esclaffe.

- Vous voyez bien le mal que j’au­rais eu si la presse avait été présente.

- Pour qui vote­riez-vous donc ? insiste Sophie de Menthon.

- Nous ne don­nons jamais de consigne à la CFDT.

- En privé ?

- Sar­ko­zy nous a pré­sen­té un calen­drier pour les réformes et moi et ça me va très bien. On s’y met dès juillet.

Sou­rire de Sophie de Men­thon et satis­fac­tion de la salle. »

Vul­gaire ? Hum… peut-être… Et ce que font les barons voleurs aux sala­riés, ce n’est pas vul­gaire, c’est quoi ?
En plus de se lais­ser tra­hir, voler et vio­ler sans résis­ter, les sala­riés sont priés de res­ter polis…

C’est sim­ple­ment à vomir.

Alain le disait parfaitement :

la vigi­lance ne se délègue pas.

J’a­jou­te­rai :

Sans tirage au sort,
c’est la loi du plus fort,
(et tu mérites ton sort).

Ce sera ma pro­chaine banderole…

Je ne sais pas ce que vous en pen­sez, mais je trouve que ceux qui disent qu’on est des veaux, contents d’al­ler à l’a­bat­toir en plus (les son­dages pour le gou­ver­ne­ment remontent) ont vrai­ment raison.

:o(

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Étienne

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19 Commentaires

  1. manu25

    Bon­jour,

    per­son­nel­le­ment, j’a­vais déjà vu ce texte. Mal­heu­reu­se­ment, plus rien ne m’é­tonne de la part du mini lea­der de la CFDT, dans la ligne droite de Nicole NOTAT.

    Effec­ti­ve­ment, c’est à vomir, et ceux encore atta­chés à un syn­di­ca­lisme hon­nête, de lutte, de pro­po­si­tion, n’ont qu’à se détour­ner, comme l’a­vait fait à une époque une par­tie des bases orga­ni­sées du centre de la France, lors de la tra­hi­son de 2003…

    Le plus pénible, c’est de ren­con­trer les CFDT lors de négo­cia­tions ou autres : ils n’ont aucune parole et tra­hissent allè­gre­ment leurs bases.

    VERGOGNA !!!!

    Réponse
  2. André

    Bon­jour Etienne

    Je viens de lire l’ar­ticle sur la CFDT.

    Je n’es­père évi­dem­ment rien de ce syn­di­cat, et les col­la­bos, c’est une espèce qui me fait vomir également.

    Mais pou­vez vous m’as­su­rer que ce texte est réel. Mon inten­tion est de le com­mu­ni­quer au maxi­mum de per­sonnes pos­sibles, pour ouvrir les yeux à ceux qui se font encore des illusions.

    Je ne vou­drais pas dif­fu­ser de la fausse infor­ma­tion. Mer­ci d’a­vance pour la réponse

    Je crois que, quels que soient les décou­ra­ge­ments, les dés­illu­sions, il est très impor­tant de dif­fu­ser, tant qu’In­ter­net n’est pas ver­rouillé comme en Chine, le maxi­mum d’in­for­ma­tions à nos conci­toyens. C’est un ser­vice que nous pou­vons nous rendre

    Cor­dia­le­ment.

    Réponse
  3. Étienne

    Cher André,

    Je connais Jacques Cot­ta qui est un cou­ra­geux journaliste.

    Je l’ai bien sûr appe­lé au télé­phone avant de relayer cette infor­ma­tion, et Jacques Cot­ta m’a confir­mé lui-même que ce qu’il raconte dans son livre, il l’a vécu per­son­nel­le­ment, direc­te­ment (ce n’est pas un témoin de témoin de témoin).

    Je pense que son récit cor­res­pond sim­ple­ment à la véri­té, toute nue.

    ________________

    Déci­dé­ment, ce sys­tème de dési­gna­tion des chefs par l’é­lec­tion est une pro­fonde erreur.

    Parce que, là aus­si, c’est ça, la fausse bonne idée de départ : chaque citoyen s’i­ma­gine, de façon orgueilleuse et nar­cis­sique, qu’il ne peut pas se trom­per gra­ve­ment et qu’un chef qu’il a choi­si sera for­cé­ment un meilleur chef qu’un chef choi­si par d’autres, sans contrô­ler les para­mètres du pré­ten­du « choix » (c’est folie !) : Qui choi­sit préa­la­ble­ment les can­di­dats ? Qui contrôle les apti­tudes des can­di­dats ? Qui contrôle les apti­tudes des votants ? Qui s’as­sure des moyens de dénon­cer, juger et punir les fraudes et les impasses ? Qui décide de la por­tée à don­ner aux votes blancs ? Qui finance les cam­pagnes élec­to­rales en douce et réclame, en douce aus­si, d’in­nom­brables ascen­seurs en retour ? Qui contrôle le res­pect des pro­messes élec­to­rales et qui punit les plus fief­fés men­teurs ? etc. etc. etc.

    Mer­ci d’être là.

    Étienne.

    Réponse
  4. andré f

    Bon­jour,

    Sur le texte de Cot­ta – la conférence/rencontre et sa sub­stance – il ne s’a­git pas d’une « construc­tion » etc. On trouve la sub­stance de cette ren­contre dans le compte-ren­du dis­po­nible sur le site ETHIC (un PDF). Même conte­nu, pré­sen­ta­tion plus « pru­dente ». En gros, écœu­re­ment jus­ti­fié et – autre recherche Inter­net – très peu de réelles réac­tions (quelques com­men­taires ici ou là – quelques « on savait bien que Ché­rèque… » – et un com­mu­ni­qué « outré » interne de la CFDT qui se garde bien de démen­tir ou « d’at­ta­quer en justice »).

    Le plus sérieux, grave, de la page com­plète, c’est le texte d’É­tienne, son décou­ra­ge­ment. Non tant sur le tirage au sort (dont je crois de plus en plus qu’il est une des rares manières essen­tielles de sor­tir de la « pro­fes­sion­na­li­sa­tion poli­tique  » et du « pou­voir des experts »), mais sur le gen­til sou­rire qui accueille son (notre ?) insis­tance « polie » sur l’im­por­tance extrême des ins­ti­tu­tions, de la Consti­tu­tion, de la nature même du pou­voir politique.

    Au fond, cette ami­cale écoute, sym­pa­thique « pas­sons à autre chose », témoigne de cette idée cen­trale « Pre­nons le pou­voir, peu importe lequel ou com­ment, nous chan­ge­rons la poli­tique, les poli­tiques ». C’est-à-dire : l’im­por­tant, ce n’est pas la vie com­mune et son choix com­mun, c’est les bonnes mesures prises par « nos » experts (socio éco­no­miques). Comme si l’His­toire était oubliée…

    En gros, la même (absence de) vie com­mune, la même logique de socié­té, déci­dée sem­bla­ble­ment, avec – Oh, Savo­na­role ! – la Jus­tice que « nous » incarnons.

    Loin, loin, si loin des essen­tielles ques­tions « anthro­po­lo­giques », celles de la socié­té des hommes et de son inven­tion et réa­li­sa­tion com­mune (entre autres, le savoir gou­ver­ner et être gou­ver­né d’A­ris­tote). Le plus déri­soire, c’est qu’à balayer d’un sou­rire com­pa­tis­sant ce ter­rain, on se condamne à perdre, et sur l’es­sen­tiel et sur l’im­mé­diat « élec­to­ral » (ce jeu de matchs joués et rejoués « on fera mieux la pro­chaine fois »).

    Étienne, votre immense per­sé­vé­rance — serait-elle appa­rem­ment moins audible du fait de votre calme (et dou­ceur) d’ex­pres­sion, garde cette et ces ques­tions pré­sentes — avec d’autres voix (par exemple Ran­cière) — dans l’u­ni­vers men­tal de ceux qui se las­se­ront sans doute de se lan­cer, sans cesse, tête bais­sée contre le même mur. Et, avec ce mal de crâne, vien­dront à entrou­vrir cette porte.

    Après ? On verra…

    Ami­tiés.

    Réponse
  5. Jacques Cotta

    Depuis la sor­tie de mon der­nier livre, « Riches et presque décom­plexés », dans lequel je raconte cette réunion de l’as­so­cia­tion patro­nale ETHIC à laquelle par­ti­ci­pait Fran­çois Ché­rèque, res­pon­sable de la CFDT, en qua­li­té d’in­vi­té d’hon­neur, plu­sieurs sites Inter­net repro­duisent fidè­le­ment le pas­sage que l’on trouve ici chez Etienne Chouard. Là comme ailleurs quelques ques­tions sont posées qui appellent pré­ci­sions de ma part.

    1- Tout ce que je raconte dans mon livre est d’une totale exac­ti­tude. Point d’ap­proxi­ma­tion en effet, et comme j’ai pu l’in­di­quer à Etienne Chouard qui m’a contac­té, il ne s’a­git évi­dem­ment pas d’un récit de seconde main, mais bien d’une réunion à laquelle j’é­tais per­son­nel­le­ment pré­sent et dont je rap­porte fidè­le­ment le contenu.

    2- Mar­cel Pagnol disait : « Un secret ce n’est pas quelque chose qui ne se raconte pas. C’est une chose qui se raconte à voix basse et sépa­ré­ment ». Dans mon livre j’a­borde des ques­tions qui concernent les sala­riés, tra­vailleurs, ensei­gnants, retrai­tés, etc… Il m’a donc sem­blé impor­tant de divul­guer ce secret que veut entre­te­nir le res­pon­sable de la CFDT avec une branche patro­nale. C’est en effet lui-même qui avait deman­dé que la réunion soit fer­mée à toute oreille extè­rieure, notam­ment à tout journaliste…

    3- J’ai titré le cha­pitre d’où est extrait le pas­sage cité sur Inter­net « Riches sous pro­tec­tion ». C’est en effet cela qui m’a sem­blé impor­tant. Les pro­pos que tient dans cette réunion le res­pon­sable syn­di­cal concernent en effet les retraites, la pro­tec­tion sociale, la flexi­bi­li­té, la san­té, le contrat de tra­vail etc… Autant de ques­tions sen­sibles dans le monde patro­nal car pleines d’im­pli­ca­tions pour les pro­fits qui seront tirés par le capi­tal au détri­ment du tra­vail. En défi­ni­tive c’est bien la pau­vre­té du plus grand nombre et la richesse accu­mu­lée par quelques-uns qui le centre de la discussion…

    4- Enfin, concer­nant l’é­moi que peut pro­vo­quer chez cer­tains mon der­nier livre. Je tiens à pré­ci­ser comme l’in­dique André F. dans un mes­sage que pour le moment, à ma connais­sance, « la CFDT se garde bien de démen­tir ou « d’at­ta­quer en justice ») ».

    Jacques Cot­ta

    Réponse
  6. Bernard Gensane

    Avez-vous remar­qué que, depuis une tren­taine d’an­nées, quand un diri­geant suprême de la CFDT quitte sa fonc­tion, il devient chef d’entreprise.

    Le pom­pon étant Notat qui a fon­dé une entre­prise au ser­vice des grandes entreprises.

    Réponse
  7. Jean LeGallop

    Ce livre traite d’un sujet très inté­res­sant car c’est bien l’a­vi­di­té finan­cière, outillée par la finance inter­na­tio­nale qui est à l’o­ri­gine des bulles suc­ces­sives qui ont conduit à la crise, mais ce qui me ques­tionne, outre le démen­ti publié en son temps (élec­tion prud­ho­male) par la cfdt, c’est le recours à l’a­nec­do­tique au détri­ment du tra­vail de fond (typique des jour­na­listes): Si J Cot­ta était inté­res­sé par ce que pense Ché­rèque, il aurait du se baser sur ces livres. Et la rela­tion de JC est émaillée de consi­dé­ra­tions mal­veillantes qui finissent par la mettre en situa­tion à sa façon. Sa rela­tion est d’ailleurs très dif­fé­rente du CR offi­ciel dis­po sur le site d’éthique.

    Il y fau­drait plus d’ob­jec­ti­vi­té et choi­sir entre ces objec­tifs : anti-riches ou anti-syndicat

    Réponse
  8. Laure Zudas

    Bon­soir Jean,

    Vous par­lez du com­mu­ni­qué « offi­ciel » du site d’E­thique… Et c’est à par­tir de cela que vous met­tez en doute Jacques Cotta ?

    Voi­là, à mon sens, ce qui devrait être sus­pect :les com­mu­ni­qués « offi­ciels », par­faits outils de pro­pa­gande… oups par­don, de com­mu­ni­ca­tion (tout est dit dans ce mot).

    Et pour qui concerne Ché­rèque, si l’on rap­proche ce qu’é­crit Jacques Cot­ta et toutes les tra­hi­sons et cou­leuvres que nous fait ava­ler la CFDT, ne serait-ce que depuis Nicole Not­tat, il y a bel et bien de quoi se poser des ques­tions, qui trouvent leurs réponses dans ce qu’é­crit le journaliste.

    J’en pro­fite au pas­sage pour le remer­cier de nous mon­trer à tous, que le jour­na­lisme n’est pas tout à fait mort en France.

    Cor­dia­le­ment.

    Laure

    Réponse
  9. Jean Lg

    Chère Laure,

    je ne suis qu’un vieil adhé­rent de la cfdt et à ce titre cho­qué par l’ou­trance des titres et la vul­ga­ri­té de la pho­to ci-des­sus. Nicole Notat en son temps s’é­tait faite phy­si­que­ment agres­sée par des ner­viks un peu obtus du crâne qui avaient pris à la lettre ces mes­sages de haine.

    Je n’ai pas la chance d’être fonc­tion­naire et je suis recon­nais­sant à la CFDT de l’ac­cord « scé­lé­rat » pas­sé sur les retraites en 2003 qui a per­mis plus de 100 000 départs anti­ci­pés par an. Evi­dem­ment, les béné­fi­ciaires sont géné­ra­le­ment des sala­riés ayant com­men­cé à tra­vailler très tôt, c‑à-d peu de chance qu’ils soient intellectuels.

    Not­tat a créé une agence de nota­tion sociale. Si aux yeux de cer­tains, ça fait d’elle un sup­pot du capi­ta­lisme, c’est triste pour eux !

    Réponse
  10. Laure Zudas

    Bon­jour,

    Avec tout ce que ne font pas les syn­di­cats, en pre­mier lieu d’ap­pe­ler et de sou­te­nir une grève géné­rale et illi­mi­tée dès Sep­tembre, il n’y a plus besoin de se poser de question.

    C’est à pleu­rer de rage pour tous les mili­tants qui croient encore en eux et tous ceux et celles qui res­te­ront sur le car­reau parce qu’ils n’au­ront rien fait !

    Jean écri­vait plus haut : « Il y fau­drait plus d’ob­jec­ti­vi­té et choi­sir entre ces objec­tifs : anti-riches ou anti-syndicat »

    Grâce à des syn­di­cats comme la CFDT (la CGT ne vaut pas mieux), nous n’a­vons plus besoin de choisir !

    Laure.

    Réponse
  11. gilles

    Encore un exemple de tra­hi­son syndicale

    Le gou­ver­ne­ment espa­gnol se pré­pare à uti­li­ser l’ar­mée contre les contrô­leurs aériens en gréve

    10 août 2010

    Les contrô­leurs aériens espa­gnols de l’en­tre­prise « Aero­puer­tos Españoles y Nave­ga­ción Aérea » (AENA), gérée par l’E­tat, ont voté à 98 % en faveur d’une action reven­di­ca­tive contre les assauts féroces du Par­ti socia­liste ouvrier (PSOE) du gou­ver­ne­ment du Pre­mier ministre José Luis Zapatero.
    Tou­te­fois, avant même le scru­tin, le syn­di­cat « Union des contrô­leurs de tra­fic aérien » (USCA) a cher­ché à res­treindre la lutte par une série grèves tour­nantes et a four­ni à l’a­vance aux diri­geants d’AE­NA avec un pré­avis de 10 jours les dates pré­vues des grèves.

    Lire la suite ici …

    Réponse
  12. Étienne

    Vigou­reuse syn­thèse contre les syn­di­cats kapos, col­la­bo­ra­teurs du fas­cisme finan­cier en train de détruire les ins­ti­tu­tions des « jours heu­reux » du CNR. 
    Mer­ci Mon­sieur Accardo. 
    Étienne

    La grande manip’

    Par Agone le mer­cre­di 8 décembre 2010, 10:20 – La chro­nique d’A­lain Accar­do – http://​blog​.agone​.org/​p​o​s​t​/​2​0​1​0​/​1​2​/​0​6​/​L​a​-​g​r​a​n​d​e​-​m​a​nip

    Une fois de plus, la machine à ber­ner les citoyens et à bafouer la démo­cra­tie a rem­pli son office. On peut même dire que le dérou­le­ment de la bataille contre la réforme sar­ko­zienne des retraites aura four­ni une illus­tra­tion exem­plaire de la façon dont, dans une plou­to­cra­tie à façade démo­cra­tique, comme la France, on s’y prend pour contour­ner la résis­tance du peuple. Le méca­nisme de la mani­pu­la­tion est rela­ti­ve­ment facile à décrire.

    Dès qu’un mou­ve­ment social de quelque enver­gure semble s’amorcer, les médias domi­nants, tous au ser­vice de la puis­sance capi­ta­liste, entre­prennent d’une seule voix, comme si cela allait de soi, de le confier aux bons soins des grandes cen­trales syn­di­cales et de l’opposition de « gauche », dont les diri­geants sont rap­pe­lés à leur rôle de « par­te­naires sociaux » titu­laires et res­pon­sables, seuls inter­lo­cu­teurs auto­ri­sés du pou­voir. Ain­si donc, d’emblée, la com­mu­ni­ca­tion ins­ti­tu­tion­nelle se charge-t-elle de pla­cer le mou­ve­ment sous le signe de l’œcuménisme répu­bli­cain et d’excommunier toute démarche, toute mobi­li­sa­tion qui ne s’effectuerait pas sous la hou­lette offi­cielle de l’épiscopat syn­di­cal. Qui­conque aurait des vel­léi­tés de mani­fes­ter son oppo­si­tion par un autre canal s’exposerait à être dénon­cé comme un enne­mi de la Répu­blique, un extré­miste voire un ter­ro­riste, et se ver­rait pri­vé d’accès à la parole publique.

    De leur côté, les hié­rarques de la pré­ten­due oppo­si­tion poli­tique et syn­di­cale, forts du mono­pole de la repré­sen­ta­tion qui leur est recon­nu, s’installent à la tête du mou­ve­ment pour y don­ner leur réper­toire rituel. Le pre­mier sketch, dit « de la feinte humi­li­té démo­cra­tique », consiste à jouer les ser­vi­teurs du peuple et à s’abriter der­rière la volon­té allé­guée des gens de la base : « Ce sont les sala­riés seuls qui décident » – ce qui per­met de ne pas trop enga­ger l’organisation.

    Si, comme ce fut le cas, on sent s’exprimer à la base une grande com­ba­ti­vi­té, qui laisse augu­rer une mobi­li­sa­tion de grande ampleur et de longue durée, les direc­tions passent au tableau sui­vant, dit « de la rodo­mon­tade », qui consiste à faire les bra­vaches – dans le registre « Nous n’accepterons jamais que… », « Nous sommes déter­mi­nés à aller jusqu’au bout » et « Si le gou­ver­ne­ment refuse de nous entendre, alors… » –, tout en tem­pé­rant autant qu’elles peuvent l’ardeur de leurs troupes.

    À cette fin, le pro­cé­dé le plus effi­cace, parce que le plus hypo­crite, c’est de cor­se­ter le mou­ve­ment dans la cami­sole de l’agenda ins­ti­tu­tion­nel, et de cas­ser la dyna­mique offen­sive en subor­don­nant toute ini­tia­tive aux échéances fixées par le pou­voir (ren­contres avec des ministres, dis­cus­sions au Par­le­ment, décla­ra­tions du chef de l’État, etc.). L’ardeur des troupes étant ain­si constam­ment frei­née par la pusil­la­ni­mi­té des chefs, la grande bataille annon­cée se réduit sans sur­prise à une suc­ces­sion de « jour­nées d’action » consa­crées pour l’essentiel à des défi­lés plan-plan et de jour­nées d’inaction consa­crées à polé­mi­quer sté­ri­le­ment sur le nombre des mani­fes­tants et à guet­ter les symp­tômes d’un essouf­fle­ment annon­cé jour après jour par les médias.

    Devant tant de mol­lesse et d’incurie chez des diri­geants visi­ble­ment vain­cus avant de se battre, on ne sait plus s’il faut par­ler d’incompétence ou de conni­vence. Des deux sans doute, puisque la mas­ca­rade a, entre autres avan­tages, celui de ne pas bous­cu­ler les plans d’un PS qui pré­fère attendre pai­si­ble­ment son retour aux affaires.

    Pen­dant ce temps, le pou­voir pour­suit imper­tur­ba­ble­ment sa sale besogne, pas le moins du monde impres­sion­né par un mécon­ten­te­ment dont il sait n’avoir rigou­reu­se­ment rien à redou­ter, assu­ré qu’il est du léga­lisme de « par­te­naires » acquis au res­pect incon­di­tion­nel du désordre éta­bli, et du légi­ti­misme d’un élec­to­rat trop bor­né pour com­prendre qu’il est tom­bé dans la nasse où on vou­lait le faire entrer : une foule de gens ato­mi­sés, abê­tis et domes­ti­qués, qui se croient tou­jours des citoyens quand ils ne forment plus qu’une masse de manœuvre livrée aux mani­pu­la­tions poli­ti­ciennes des deux frac­tions de la bour­geoi­sie régnante en concur­rence pour le pouvoir.

    Les moins pitoyables ne sont pas ceux qui, pour sau­ver la face, se donnent la satis­fac­tion fan­tas­ma­tique d’avoir « gagné la bataille de l’opinion » et se pré­parent à prendre leur « revanche » en 2012. En quoi fai­sant ? En éli­sant DSK qui milite inlas­sa­ble­ment au FMI pour défendre les dam­nés de la Terre ?

    Parions que cette menace épou­van­table fait déjà pleu­rer les ban­quiers… de rire.

    Alain Accar­do

    Chro­nique ini­tia­le­ment parue dans le jour­nal La Décrois­sance, du mois de décembre 2010.

    ——

    Alain Accar­do a publié plu­sieurs livres aux édi­tions Agone : De notre ser­vi­tude invo­lon­taire (2001), Intro­duc­tion à une socio­lo­gie cri­tique (2006), Jour­na­listes pré­caires, jour­na­listes au quo­ti­dien (2006), Le Petit Bour­geois Gen­til­homme (2009). Un recueil de textes Enga­ge­ments. Chro­niques et autres textes (2000−2010) paraî­tra en jan­vier 2011.

    http://​blog​.agone​.org/​p​o​s​t​/​2​0​1​0​/​1​2​/​0​6​/​L​a​-​g​r​a​n​d​e​-​m​a​nip

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  13. gilles

    Mer­ci Étienne pour cet article d’A­lain Accardo.

    Je viens d’é­cou­ter une chan­son sur Saint Domi­nique qui m’a fait pen­ser, puisque je suis un mau­vais esprit, à un autre prê­cheur, un à autre Domi­nique, un prê­cheur d’aus­té­ri­té encen­sé par tous les médias qui ont la foi, tout empli de rigueur ecclé­siale et lut­tant contre les héré­sies grecques et irlan­daises. Je n’ai pu m’empêcher avec malice de sub­sti­tuer men­ta­le­ment cer­tains mots aux mots d’o­ri­gine de la chan­son. J’es­père que vous aurez autant d’i­ma­gi­na­tion que moi et l’hu­meur à goû­ter cette rabelaiserie.

    C’est ici sous le lien …

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  14. tchouse

    Il y a bien long­temps que j’ai com­pris que la CFDT est le sida du salariat ! 

    Ce que je com­prend pas, c’est Thi­bault qui s’obs­tine à défi­ler avec ces félons.

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  15. tchouse

    Jacques COTTA a raison : 
    les secré­taires suc­ces­sifs de la CFDT sont ache­tés par des places de choix, c’est comme ça que les sala­riés sont bai­sés car la CFDT.C’est le sida du sala­riat, vous allez voir que Ché­rèque sera ministre, vous pariez ?

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