Des manifestations ont, et auront lieu aujourd’hui et demain dans plusieurs villes d’Europe pour dire Non au Traité de Lisbonne et en faveur d’un référendum.
Elles ont lieu ce samedi 29 mars afin d’exprimer la solidarité des citoyens européens avec plusieurs initiatives citoyennes autrichiennes (toutes tendances politiques confondues) qui manifesteront ce jour-là à Vienne pour faire pression sur le Parlement autrichien qui doit commencer ses délibérations sur la ratification, et dans l’espoir d’encourager d’autres pays, dont l’Irlande, qui n’ont pas encore ratifié le traité, de s’opposer à sa ratification.
Cette première salve de manifestations n’est que le premier pas d’une campagne de résistance longue pour dé-ratifier le traité, combinant manifestations hebdomadaires et plaintes citoyennes auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme à Strasbourg.
PARIS
Une manifestation aura lieu
demain à Paris, le samedi 29 mars, de 11h à 13h Place de la Sorbonne
(M° Cluny la Sorbonne ou RER Luxembourg)
sous la bannière du Comité des citoyens européens contre le Traité de Lisbonne.
MILAN
Milan le vendredi 28 mars, avec le soutien du sous-secrétaire au développement économique Alfonso Gianni et de la sénatrice Lidia Menapace, de Rifondazione Comunista.
BERLIN et ESSEN
À Berlin et à Essen, le samedi 29 mars, avec l’Initiative citoyenne indépendante pour un referendum sur le traité de Lisbonne (www.eu-vertrag-stoppen.de) et le concours de plusieurs associations.

Pas vu un seul article sur le sujet.Les manifs ont eu lieu ou c’est l’autocensure des médias ?
« Lors d’une action de tractage appelant à la manifestation de l’UCIJ (Unis contre l’immigration jetable) pour le 5 avril 2008 à Marseille, Philippe CHOUARD, membre de l’ASTI et de la CIMADE à Aix en Provence, 74 ans, a été placé en garde à vue puis relâché, après avoir été enfermé près de 20h. »
Source : RESF
Un lien de parenté ?
Merci de continuer votre veille citoyenne et politique.
Oui, le silence des médias pèse sur tout ce qui risque d’être « constituant » pour les peuples européens et il faut signaler une lutte sociale européenne pour les salaires, qui à mon avis est aussi censurée par les médias « aux ordres ».
(voir l’Huma-Dimanche de cette semaine:« l’Europe sociale se construit dans la rue, en Slovénie le 5 Avril, à l’occasion de la première euromanif pour le pouvoir d’achat »…)
@ Alain (Riguet),
Je ne connais pas cet autre père Chouard :o)
20 h, c’est long.
Ce soir, ce sont les vacances : j’espère vous rejoindre plus souvent… et tâcher de suggérer ensemble une résistance moins atomisée et moins fantomatique…
Mais le temps passe si vite…
Amitiés.
Étienne.
PS : allez voir la page ‘Liens’, il y a des docs importants ces temps-ci ;o)
« … suggérer ensemble une résistance moins atomisée et moins fantomatique… »
Il faut une résistance politique (donc visant franchement le Pouvoir) qui s’applique à elle-même le contrôle démocratique dont vous nous rappelez patiemment, depuis des mois et dans le détail, les règles à respecter.
Le massacre du Service public a déjà commencé. Malgré la propagande des éditorialistes et des faits divers des médias traditionnels, la Solidarité collective sera une voie à nouveau crédible d’autant plus rapidement qu’elle sera présentée et appliquée selon des règles et des pratiques nouvelles.
Les citoyens qui prennent ‑souvent difficilement- le temps de s’investir dans la politique, dans la Chose Publique, dans la vie de la Cité, oscillent entre deux attitudes opposées :
Ces deux attitudes sont naturelles, inévitables, et une association politique et/ou citoyenne doit les prendre en compte toutes les deux.
Les citoyens ont besoin de Chefs talentueux dans leur communication, compétents, disponibles, totalement impliqués et motivés, et de règles et de pratiques pour les contrôler, pour les contraindre à l’humilité, à la remise en cause, voire au départ.
L’élection pour l’exécutif et la représentation à l’extérieur d’une part, le tirage au sort pour le législatif et le fonctionnement en interne d’autre part : ce sont des solutions dont vous avez débattu ici-même, sur les forums. Davantage que les promouvoir, il est temps d’en démontrer la pertinence.
Vous avez accompli une œuvre considérable d’archivage et de relai d’informations et de débats. Il faut maintenant passer à l’action : nous ne résisterons réellement que si nous créons de telles pratiques citoyennes et politiques.
…La tentation est grande, en effet, si l’on veut « une Résistance qui soit moins atomisée et moins fantomatique », de dépasser le stade des « mobilisations à sujets uniques », et de passer à celui de la création d’une « action cohérente et durable » :
un Parti, disons le mot, un parti qui se donne les règles « statutaires » en cohérence avec les « lois constituantes » pour lesquels il se battra !
…Si ce parti doit avoir un « dirigeant », je parie qu’il ressemblera à un « propriétaire de blog distingué » !
…je n’ironise pas, car : pourquoi pas ?
En même temps, je n’attendrai pas l’émergence de cet « oxymore politique », car je milite déjà dans un organisme tout aussi paradoxal , dont les militants croient chaque soir que « demain on refondera les bases » et « on fera du neuf » en bénéficiant des leçons de l’histoire, etc…
…C’est comme dans l’immobilier :
« c’est la crise, alors il faut inventer des nouvelles stratégies de vente » dit le vieux directeur d’agence…
« c’est la crise alors tout ce que tu nous as appris ne sert plus à rien » lui répondent les jeunes commerciaux stagiaires…
(je sais, ma comparaison ne vaut pas une comparaison « maritime »…)
…Mais c’est curieux comme « en temps de crise » les agences nouvelles se multiplient !
En politique tous crient « haro sur le(s) parti » et chacun est tenté de créer « du neuf »
Afin d’imposer une démocratie et obtenir une assemblée constituante pour l Europe et sans oublier ainsi que pour la France .
Jacques Sapir : « La question de l’internationalisme de l’extrême gauche me semble relever du faux problème. L’internationalisme consiste à reconnaître que, par delà les frontières, nous partageons avec « l’autre » les mêmes problèmes. Ce constat est vrai et j’y suis très attaché. Mais dire que l’on partage les mêmes problèmes ne signifie pas que l’on peut élaborer ensemble des solutions nécessairement communes. Les cadres politiques, les institutions, sont des créations de l’histoire et elles spécifient les espaces nationaux comme des espaces politiques particuliers. Ce sont dans ces espaces politiques particuliers qu’il nous faut trouver des solutions.
Guizot, qui fut un grand historien au début du XIXème siècle (et par ailleurs Ministre de Louis-Philippe) écrivait que la « lutte des classes » était la source des institutions de l’Europe. On connaît la formule, elle fut reprise par Marx. Mais, ce que Guizot ajoutait, c’est que cette lutte des classes avait besoin d’espaces de souveraineté. Le passage de la ville à l’État-Nation a permis ainsi d’ouvrir des espaces plus considérables à ce processus, et nous en avons tous bénéficié. John Commons, l’un des pères du courant institutionnaliste américain, souligne lui aussi ce que les institutions doivent à ce qu’il appelle la « conflictualité sociale » soit la lutte des classes. Il souligne que le processus d’extension des institutions, qui le fait passer du niveau local au niveau national est un processus indispensable.
Alors, pourquoi ne peut-on avoir un processus identique au niveau européen et au niveau mondial ? Et bien, et tout simplement, parce que ce mouvement d’extension des institutions du local au national a été dans le même temps le processus de constitution historique des États, qui leur a donné leur singularité propre. Et c’est pourquoi, aujourd’hui, le projet fédéraliste bute sur cette singularité. Il ne peut que la nier, mais ce faisant, et nous avons assez d’exemples à ce sujet, il nie la démocratie. Le fédéralisme aujourd’hui, en Europe, ne peut être qu’un projet anti-démocratique. »