Je viens de recevoir ce message qui me peine profondément.
Au revoir
« C’est avec beaucoup d’émotion que je vous écris ces lignes. Toute ma vie, j’ai payé cash le prix de mes choix. Il en est allé ainsi, une fois encore, lorsque j’ai pris la décision de soutenir la candidature de José Bové.
Je suis sans emploi et sans ressources. Depuis des mois, je cherche. En dépit d’un curriculum vitae bien fourni, qui, ailleurs, m’aurait très vite ouvert de nombreuses portes, notamment à l’Université, en France, mon pays d’adoption, je n’ai trouvé ni soutien sérieux, ni proposition crédible.
Au Cambodge, où on n’a pas oublié le rôle que j’y ai joué pendant douze ans pour l’aider à sortir des séquelles d’une des plus grandes tragédies du XXe siècle, certains ont appris ma situation. Ils ont considéré que ce n’était pas acceptable. Une offre m’est faite de travailler comme expert-consultant auprès du gouvernement cambodgien sur certains dossiers où je peux apporter quelque chose à ce pays. Je l’ai acceptée. Comme j’ai accepté une autre offre sur le Liban. Je vais partager les quatre années qui me séparent de la retraite entre ces deux pays.
Depuis sept ans, je me suis impliqué, avec toute la force de mes convictions, dans l’action citoyenne. Comme militant al-termondialiste d’abord, au nom d’une certaine idée de l’Europe ensuite, dans la recherche d’une gauche de gauche enfin. Je l’ai fait en toute liberté, sans souci de carrière. En restant fidèle à mes convictions et en n’obéissant qu’à ma conscience.
Ce qui me peine le plus au moment de me retirer de l’action militante, c’est de laisser derrière moi un champ de ruines où gisent toutes les gauches. Dans les gravats, on ne trouve que sauve-qui-peut carriériste ou sectarisme. Le socialisme a contribué de manière décisive à la mondialisation néolibérale et à son extension aux champs européen et français. Les disci-ples de Lénine, quelle que soit la secte qu’ils dirigent, ont tué l’espérance née le 29 mai 2005. Les militants altermondialis-tes sont repliés sur des combats certes essentiels, mais dans une approche trop sectorielle.
Le mot « gauche » ne porte plus aucune espérance. Il demeure néanmoins, pour ceux qui entendent mettre leurs actes en cohérence avec leurs convictions, une certaine manière de penser et d’agir qui allie liberté, égalité et fraternité, qui recher-che le beau et le bien, qui ne renonce jamais à l’engagement. C’est à cela que j’entends rester fidèle, plus que jamais disci-ple des Lumières et attaché aux idéaux de Mai 68.
Je ne serai pas là pour participer à la création d’une gauche nouvelle fondée sur des valeurs et une pratique où la fin se trouve déjà dans les moyens. Je le regrette profondément. Je ne serai cependant pas absent du débat européen grâce à un livre que je termine ces jours-ci.
Je souhaite à chacune et à chacun du bonheur dans vos vies et vos combats.
Raoul
15 août 2007
Raoul Marc JENNAR
consultant – questions internationales
7, place du Château, 66500 Mosset
Email : [email protected] »
Je suis ému et triste. Raoul a profondément changé ma vie avec son immense livre « Europe, la trahison des élites », puis avec son amitié chaleureuse et exigeante. Je n’ai pas su l’aider comme il en avait besoin dans cette difficile passe « après-Bové » ; je me sens nul. Nous aurons du mal à nous battre sans lui : c’est un fin connaisseur des tromperies de l’Union européenne et un des plus solides résistants au féodalisme des multinationales et des banques qui s’en va.
C’est incroyable que les dizaines de milliers de résistants qui lui doivent tant — et qui vont tant avoir besoin de lui dans les années qui viennent — soient incapables de se grouper et de se cotiser durablement (ou de l’aider à trouver un poste de chercheur en faculté) pour lui permettre simplement de vivre et pour qu’il puisse continuer de lutter à nos côtés. Notre (éternelle) indifférence au sort d’autrui et notre manque de discernement sont désespérants.
J’ai le bourdon.

Bonjour à tous
Je n’étais pas au courant des difficultés de Raoul Marc Jennar, mais cela m’attriste également beaucoup, comme Étienne.
Je l’ai rencontré juste une fois, à Mons en Belgique, il était venu à l’occasion d’un film sur l’OMC. C’est quelqu’un de très accessible de très humain. Je lui ai peu parlé, mais suffisament pour comprendre qu’il ressort de lui beaucoup de bonhommie, de chaleur humaine, tout simplement.
Il n’y a pas besoin de le cotoyer longtemps pour comprendre qu’il est vraiment sincère et non carriériste!!
Je sais que des gens comme lui ressentent encore plus durement les échecs et aussi les lâchetés de notre monde qui fourmille d’opportunistes.
En tant que citoyen du monde et militant altermondialiste, je lui suis reconnaissant de m’avoir ouvert les yeux et informé sur le fonctionnement de l’Europe, les pièges du TCE, la directive Bolkestein. Je me souviens de ses billets de Hong Kong au moment du sommet de l’OMC, de ses informations claires sur les enjeux. Je me souviens aussi de sa conclusion à la fin du sommet : « la nuit arrive sur Hong Kong, un jour se lève sur La Paz », une belle leçon d’espoir !!
Alors, que faire ? Continuer avec nos moyens son combat qui est le nôtre, et souhaiter qu’il revienne rapidement parmi nous avec ses qualités profondément humaines, car ce sont des gens comme lui qui font avancer l’humanité vers le vrai progrès, qui va de pair avec l’émancipation de l’être humain.
Pour la question immédiate de son devenir, je pense qu’il pourrait être consultant ou avoir un statut de salarié dans des ONG ; je vais soumettre l’idée à mon association, ses connaissances juridiques sur l’Europe sont vraiment précieuses et utiles à tous.
Cordialement
André
Bonne route à Raoul-Marc Jennar. C’est un militant précieux pour ses infos, sa qualité d’analyse et son engagement.
J’espère pour lui qu’il va trouver ailleurs une activité qu’il n’a pu trouver en France. Sans doute paie-t-il son engagement. Ce n’est pas à l’honneur de ceux qui pourraient bénéficier de ses compétences.
J’attends son prochain livre avec impatience.
Bonjour Etienne,
Cet « Au revoir » est déroutant. Je fais partie de ceux qui ont cru à la possibilité d’avancer avec la démarche des « collectifs », et avec les concours croisés de penseurs et de pédagogues comme RMJ…Il m’a déçu , mais qui ne m’a pas déçu cette triste année 2007 ?
On ne peut attendre tout des « professeurs », et si « la gauche » n’existe plus , un « peuple de gauche » existe, lui-même décevant…Pourquoi ?
« création d’une gauche nouvelle où la fin se trouve déjà dans les moyens » ?
OUI, c’est bien la proposition que je retiendrai de cet « au revoir » finalement pas si résigné que ça : c’est bien cette démarche là qui peut remettre debout ce qui marche sur la tête :
L’ humain doit être la fin, et aussi le moyen de remettre en route « le devenir humain », donc tout doit commencer par là.
Mais dés que l’on institutionalise « les moyens » , ils sont « aliénés », si l’on néglige les multiples dérives dues à la force du « pouvoir »…
« Commencer par les fins » exige donc d’introduire dans les institutions cet « éternel recommencement » que permet une Constitution « hybride » : écrite à la fois par « le peuple tiré au sort » et par « le peuple élu ».
Merci à RMJ , non pas « à qui je dois tant », mais « pour faire toujours partie de ceux qui me font réfléchir ».
Octobre s’annonce dans les pluies de la mi-Aout !…Peut-être sera-t-il chaud, et plein de « revenants » !
NON au désespoir !
RAOUL MARC JENNAR
Je ne connais pas M. Jennar, mais je suis certain que c’est quelqu’un de très estimable.
Cela dit, son message appelle à mon avis les questions suivantes :
1)M. Jennar déclare publiquement que ses opinions politiques l’ont empêché de conserver ou de trouver en France un emploi correspondant à ses capacités professionnelles. Cette affirmation générale, du moment qu’elle est publique, nous intéresse tous et demande à être précisée : sur quels faits se fonde M. Jennar exactement ?
2) Qu’est-ce qui constituerait selon lui une « proposition d’emploi crédible » ?
3) Considère-t-il comme un pis-aller les deux postes d’expert-consultant qu’on lui a offert – et qu’il a acceptés – au Cambodge et au Liban, et si oui, pourquoi ?
4) Qu’est-ce qui empêcherait M. Jennar, à l’ère de l’Internet, de continuer à contribuer aux combats de la gauche en France, où qu’il se trouve ?
Salut à tous. JR
Bonjour à tous,
je suis à Paris pour une semaine et ça me rend moins actif sur le site, pardon.
Je ne saurais pas répondre à la question 1) de Jacques, mais sur la 2), je peux dire que Raoul se serait contenté d’un salaire de base pour pouvoir continuer ici son activité de recherche et de veille politique (sans se renier, bien sûr).
3) L’offre cambodgienne est donc une planche de salut mais n’est forcément qu’un pis-aller puisqu’il doit abandonner son domaine d’expertise actuel et en réactiver un autre (ancien) ; on peut se mettre à sa place et le comprendre.
4) Raoul se consacre à fond à ce qu’il fait (il faut se souvenir de ses conférences tous les jours pendant des mois en 2004 et 2005 à travers tout le pays ! Il faut réaliser le travail de lecture, de synthèse et d’écriture que demande l’étude des manigances bureaucratiques de l’Union européenne). Il va probablement faire de même — se donner à fond — pour ceux qui le sortent aujourd’hui de l’embarras ; il n’aura donc plus le temps nécessaire pour lutter à nos côtés.
C’est vraiment dommage car il nous faudrait VRAIMENT des résistants de cette trempe au Parlement européen. Au lieu de cela, on le néglige. C’est misère.
Amicalement.
Étienne.
Bonsoir Etienne, et bon séjour dans le grand nord !
je me pose la question que semble attendre l’acusation portée par ton « au lieu de cela, on le néglige » :
Soyons clairs, qui est ce « on » ?
Salut à tous.
Al1 d’Nant’
Bonjour Alain.
Dans mon esprit, « on » c’est nous tous, résistants aux invasions barbares des soi-disant « libéraux ».
Moi-même, je savais que Raoul avait un problème de travail et j’ai continué à m’occuper de mes propres spirales quotidiennes comme si cela allait se régler sans moi, sans réaliser que c’était si grave et sans en faire une priorité d’action individuelle. Je m’en veux (trop tard) et c’est pour ça que je me sens nul.
Voilà, ça n’est pas une accusation, c’est une plainte, un regret, une désespérance pour la suite parce que tout est à l’avenant, souvent.
Cher Etienne,
Raoul Marc Jennar, j’avoue comme Jacques (salut !) ne pas vraiment bien le connaître.
J’avoue même ne pas l’avoir lu ailleurs que dans une tribune de l’Huma, et cela m’avait suffi pour m’en réjouir, me disant : avec des éclaireurs comme çà, il vaut la peine d’aller tenter l’innovation des « collectifs »…
Ensuite, j’ai fait partie des militants profondément humiliés , car un certain RMJ émettait à l’encontre des gars comme moi ce que j’ai ressenti comme une « FATWA », et j’endossais un péché mortel : avoir participé au « noyautage » des « collectifs »…
Je n’ai pas la hauteur de vue qui me permettrait d’infirmer ou de confirmer la justesse de cette analyse de Raoul Marc Jennar, mais je peux dire qu’une chose précise y est erronée :
les militants des partis (LCR ou PCF ou Verts) qui ont rejoint les collectifs ont fait preuve d’autonomie , et , sauf à cultiver un « racisme anti-cocos », ils n’ont en aucun cas mérité d’être traités comme des « petits soldats d’un appareil malhonête ».
Dans mes camarades, il y en eut trop peu, à mon avis, à y venir, mais jamais le Parti n’a donné un « ordre » (faut pas exagérer, tout de même!) d’y aller ou pas (…et qui plus est, « pour noyauter » ?):
D’ailleurs, j’ai « plaidé » (je ne dis pas « milité ») pour Clémentine Autain dans ce collectif local, tout en reconnaissant les vertus des autres, et notemment, celles de Yves Salesse et de Marie-George Buffet :
Le phénomène hallucinant s’est produit au niveau national, loin des collectifs de base où régnait le respect des uns et des autres !(problème classique des « délégations de pouvoir »?)
« ON » paye le prix fort, du moins « nous tous, authentiquement engagés », et, effectivement, « ON » est responsable du gachis que représente (entre autres) l’éloignement de Raoul Marc Jennar…Mais comment expliquer ce « on » à mes camarades ulcérés ?
Bien amicalement
Alain
Bonjour,
Pas facile de lutter contre la désespérance en ce moment.
Je ne vois comme issue que la création d’un nouveau parti anti-libéral, regroupant la LCR, Lutte Ouvrière, les Verts, le PC, les alter-mondialistes … et les bonnes volontés.
Je salue ainsi la proposition de Besancenot, espérant qu’elles trouvera un écho dans les appareils sous la pression des militants.
Seule cette création spectaculaire peut ramener de l’espoir.
Cordialement,
Jacques.
Bonjour à tous
Je m’adresse notamment à Jacques. D’un point de vue purement politique, il est sûr que la division dans le camp antilibéral a porté un grand coup à la crédibilité du camp progressiste. L’union de la gauche antilibérale comme en Allemagne est une condition nécessaire mais non suffisante.
Il n’y aura un changement durable de la situation, que dans la mesure où un travail de proximité sera fait au près du plus grand nombre,les gens ont besoin d’informations sur les problématiques en question, d’autant plus qu’il faut contrer la manipulation médiatique que nous subissons à jet continu.
Je pense que en dehors des partis, les associations de citoyens ont un grand rôle à jouer, un travail de proximité vis à vis des gens, celà peut paraître ingrat, mais ce travail de fond est nécessaire.D’autant que beaucoup de personnes ne se reconnaissent pas dans les partis politiques, quelque soit leur sensibilité
Je pense aussi que les associations se doivent de garder une certaine indépendance vis à vis des partis, sinon elles perdent en crédibilité et se brûlent les ailes.
Par ailleurs, il faut proposer des alternatives, on ne peut pas que dénoncer. Un site comme celui-ci remplit ce rôle, même si certains sujets nécessitent des connaissances préalables.
Se posent alors les problèmes de transmission des connaissances. Un autre débat!!
cordialement.
André
Bonjour à tous,
Je pense aussi qu’il est temps de refonder un mouvement politique unitaire sur les bases des partis qui sont capables de se remettre en question, mais pour cela ces partis doivent assumer leur propre démocratie interne, et analyser leurs propres « dérives » (mot pratique pour faire court…)
Si une « nouvelle formation » devait sortir de ces « travaux politiques des uns et des autres », la question décisive serait celle de « l’authenticité de sa forme démocratique », nécessaire si l’on veut non seulement « un projet rassembleur », mais surtout, une « réappropriation citoyenne de la politique « …cela me conduit à revendiquer , déjà, dans ce « futur nouveau parti », un mode de « relations extérieures » avec les associations et les citoyens , qui favorise la « transversalité des initiatives », c’est-à-dire le « partage équitable et respectueux de la force unitaire »…
Le 10 Décembre 2006 mérite plus d’une « analyse » !
J’ai bien bien peur qu’il ne soit plus possible de croire dans les partis politiques existants. Du moment qu’ils ont participé au cirque des élections et, pour ce faire, se sont endettés pour faire face aux coûts des énormes campagnes médiatiques nécessaires (aujourd’hui) pour remporter un succès électoral, ils sont prisonniers de ceux à qui ils doivent plaire pour obtenir le financement de la suivante… car il y a malheureusement toujours une suivante.
C’est pour ça que le parti socialiste n’a plus de socialiste que la façade (pas besoin de le démontrer ici… ils étaient POUR le traité constitutionnel européen, cela dit déjà assez), et c’est pour cela aussi que les partis qui, jusqu’à aujourd’hui, ne se sont pas vendus au capital pour financer leur campagnes n’ont guère de chance tant que la politique restera un cirque où l’on vote au lieu d’une place où l’on discute des options jusqu’à obtenir des consensus. Dans le cirque, la seule option que nous avons, c’est voter, après avoir été dûment « médiatisés », au point où la seule option libératrice est le refus à être ainsi manipulés en ne participant pas. Récemment, les campagnes des partis reconnaissent cette dérive et ils ne manquent pas de nous rappeler que, au-dessus de voter pour celui-ci ou celui-là, le plus important c’est de participer. Ils ont peur et minimisent l’impact des abstentions (pas de vote blanc comptabilisé…).
La seule façon de jouer un rôle significatif dans une élection pour le peuple serait la constitution d’un tout nouveau parti politique, libre de servitudes envers le capital (sans dettes à refinancier…) et avec une collaboration sociale telle qu’il n’y ait point besoin de s’endetter pour mener une bonne campagne électorale (ou plutôt, être de forme permanente en campagne avec un vrai prosélitisme de base). Faire un peu comme le Hamas 😉 en Palestine : être exemple de bonne conduite, et on sera élu pour ce qu’on est et pas pour ce qu’on promettera d’être.
Tant que n’importe quel nouveau parti ne se distanciera pas de la traditionnelle forme de financement et de la façon de faire campagne, il n’aura rien de nouveau qui vaille la peine l’effort de le soutenir.
Tant pis pour la politique.
Peut être, comme dit Allain Gillou, les partis seraient capables de se remettre en question, … mais seraient-ils capables de se libérer de leurs chaînes financières (et peut-être la vermine incrustée qui les gèrent) sans perdre leurs options politiques et la possibilité de gagner des élections ?
Moi, j’en doute. Il est tellement plus difficile d’avoir du succès aujourd’hui en étant vertueux… et pas seulement dans la politique.
Si on veut une alternative… on doit lui construire petit à petit toutes les bases nécessaires pour qu’elle n’ait à dépendre à aucun moment de quelqu’un avec des intérêts antagoniques… Pas de financiation bancaire, pas de campagne médiatique dans les médias industriels (cherchant le bénéfice économique comme seul but), etc. C’est un vaste programme qui demande du temps pour se développer et ne peut se condenser dans le court délai d’une seule législature. C’est aussi un programme à mener à l’échelle mondiale si on ne veut pas être condamnés à l’autarcie du moment qu’on réussit quelque part.
Je tiens à remercier Marc Raoul Jennar, que j’avais écouté à la radio lors d’une émission pendant la campagne sur le référendum TCE. Il m’avait conforté dans mon choix pour le NON à la constitution européenne. C’est une personne brillante et je m’étonne qu’il soit en difficulté professionnelle. Je pense, et son message s’en ressent, qu’il est plutôt amer et déçu. La gauche de la gauche est en miette et les perspectives sont inexistantes. Pourtant notre pays a besoin de la gauche. Mais force est de constater que ce n’est pas dans une surenchère gaucho-trostkyste-alter que se trouve les clés de l’alternance…
Je suis convaincu qu’il vaut mieux soutenir de petits pas dans la bonne direction, qu’attendre un grand soir, qui se finit toujours dans la nuit totalitaire ou sectaire.
Et je crois que RMJ a parfois, lui aussi, succombé aux charmes du sectarisme en dénonçant pêle-mêle l’Europe, la mondialisation, la gauche de gouvernement, la droite, l’extrême droite, etc.
Apparemment, il est épuisé par ces combats sans issue. Souhaitons-lui de se ressourcer vers d’autres horizons plus paisibles.
Alexis,
Je ne vois pas de quelle « surenchère gaucho-trotskyste-alter » vous parlez. Pouvez-vous détailler un peu ?
Je n’ai jamais vu Raoul « succomber aux charmes du sectarisme » ; il ne dénonce pas « pêle-mêle » mais plutôt de façon méthodique et argumentée et contre des adversaires effectivement redoutables que nous serions bien fous de laisser faire ; j’espère bien que ces combats ne sont pas « sans issue » ; et il n’est apparemment pas épuisé du tout, mais plutôt mal soutenu, au moment où il avait besoin d’un coup de main, par ceux qu’il a pourtant bien aidés en leur donnant tout (je me place moi-même dans le lot des négligents).
Amicalement.
Étienne.
Bonjour,
Le retour a la realité ?
une opinion anglaise qui merite une traduction :
European mayhem as Treaty triggers UK’s exit
by Ambrose Evans-Pritchard
Last Updated : 1:57am BST 04/09/2007
http://www.telegraph.co.uk/money/main.jhtml?xml=/money/2007/09/03/ccview103.xml
Would the EU retaliate if we left ?
http://blogs.telegraph.co.uk/business/ambrosevanspritchard/september07/leaving-eu.htm
Cher Etienne,
ce que je veux dire, c’est que la représentation politique de la gauche de la gauche « gaucho-alter-trotskyste est condamnée à l’impuissance. Pourquoi ?
Parce qu’il y a une telle concurrence, une telle recherche d’hégémonie d’une fraction sur l’autre, que l’on est en permancene dans la surenchère idéologique. À tel point que l’on est de plus en plus éloigné du monde réel. Pour résumer, on a l’impression que leur principale préoccupation, c’est d’être plus « anti que moi tu meurs » ! L’un se dit anti-libéral, l’autre répond qu’il faut être anti-capitaliste. L’un se dit anti-mondialisation, l’autre lui répond qu’il faut être alter… etc, etc.
À ce sujet, j’avais écrit un message à Clémentine Autain qui se demandait à voix haute sur son blog si’il fallait « dépasser » ou « abolir » le capitalisme. J’ai trouvé cela étrange. Et finalement caricatural. À force de slogans creux, tout cela se termine dans de la bouillie intellectuelle. La réalité est différente :
Une majorité des gens sur la planète vivent par et pour l’économie marchande. Cela est la réalité.
La mondialisation a permis l’élévation globale du niveau de vie sur presque tous les continents. La Chine « communiste » étant le pays où la capitalisme se développe le plus rapidement au monde. Avec une classe moyenne d’environ 200 à 300 millions de personnes qui n’existaient pas il y a 20 ans !!!
Enfin, l’allongement de la vie à l’échelle de la planète est aussi une réalité, qui a forcément un impact sur nos systèmes sociaux.
La seule révolution nécessaire, c’est celle de l’écologie, qui devra bouleverser nos modes de vie d’une façon inimaginable. POur préserver l’avenir de l’humanité. Tout simplement.
Franchement, par rapport à ces défis, les débats d’intellos rive gauche pour savoir s’il faut abolir ou dépasser le capitalisme…
Mon message à Clémentine Autain :
« La force de Besançenot c’est 4%…
À ce titre, il prétend pouvoir refonder un parti de la vraie “gôche”.
Seulement le PC à 2%, LO à 1 et même Bové contestent cette “hégémonie”. Bref, on est repartie comme avec les collectifs anti unitaires.
Quand comprendrez-vous que ces gens sont des clowns ?
Dans une société démocratique, le sectarisme politique engendre soit la division soit l”oppression, inéluctablement.
Avant le PCF centralisait de manière monolithique toutes les tendances gauchistes de la société depuis l’après-guerre. Il dominait politiquement et même parfois physiquement toutes les autres tendances. Maintenant qu’il a disparu, les tendances alter et anti tout ce que vous voulez ont repris le dessus. Chacun veut exprimer “sa” sensibilité.
À sa manière, Clémentine (Autain) transpire ces contradictions. “Abolissement ou dépassement du capitalisme” demande-t-elle naïvement. Elle n’en sait rien la pôvre ?
Une des figures du mouvement des antis qui ne sait plus contre quoi elle est ? Le libéralisme, trop mou, le capitalisme trop ferme… Nul doute que ces petits délires entre amis passionnerait les Français s’il n’avaient pas autre chose à faire comme avoir un travail dans l’économie marchande que vous voulez abolir…
Encore une fois, les surenchères entre sectes gauchistes n’ont aucun intérêt pour celles et ceux qui ont réellement besoin de la gauche.
La vraie gauche, ce n’est pas celle qui fait de la surenchère contre l”économie de marché ou la mondialisation. Si quelqu’un ici est capable d’expliquer commen on “abolit” ou on “dépasse” la mondialisation et le marché, j’écoute.
Ceux qui tentent de redistribuer les dividendes de manière plus équitable, dans l”économie de marché, ceux qui veulent infléchir durablement les logiques destructrices du capitalisme, ceux là sont de gauche et méritent le respect.
Les autres, si vous êtes définitivement contre la propriété privée, contre l’économie de marché et finalement contre les droits de l’homme, les trois piliers de la “bourgeoisie”, installez vous à Cuba ou au Vénézuela.
En plus vous ferez l’économie, c’est le cas de le dire, d’une système démocratique. Et finalement n’est-ce pas toujours comme cela que ça se termine. »
Il me semble que beaucoup de personnes respectables renoncent à confronter leur conscience, justement, aux réalités que des intellectuels comme Raoul Marc Jennar analysent, et que des militants courageux affrontent :
La rencontre de RMJ avec ces militants organisés selon leur histoire personnelle est un exemple de face-à-face salutaire, et même si cela ne s’est pas bien « terminé », en réalité ça ne saurait être « terminé », du moment que « tout le monde » prétend connaître la réalité…
Les néo-conservateurs qui veulent imposer à la planète plusieurs tours de vis dans le sens de la régression sociale se prétendent « propriétaires du savoir », et donc ils nous assènent leurs dogmes « libéraux » comme une « réalité » !
Cher Alexis bachelay, en effet déjà « rencontré sur le site de Clémentine Autain :
« Dépasser » une situation, ce n’est pas l’ignorer ni « passer outre », au contraire, c’est « y être en transit », et en tant qu’être humain doué sinon de « savoirs innés », au moins d’une faculté d’apprendre, oser prétendre « transformer la situation pour en sortir selon des aspirations humainement conçues »…
Cela ne signifie donc pas que l’on prétende « abolir » d’un coup de révolution magique un système qui fonctionne comme une horloge, mais qui se remonte à coup de crises meurtrières, et qui tombe en travers non seulement du « devenir humain » (de milliards d’individus « chosifiés »), mais aussi et , comme vous l’observez vous-même, « SURTOUT » , en travers de l’écologie nécessaire sur cette « planète en devenir humain »…
Marx n’est pas un prophète appellant des disciples fanatiques, il est un penseur parmi les autres, mais comme par hasard, victime de toutes les censures, de toutes les conjurations et de toutes les mauvaises traductions :
Ce qui fut traduit par « abolition » arrangea bien les affaires des conservateurs du vieux système capitaliste, car même dans l’URSS de Staline, le communisme était ainsi « remis aux calendes grecques », et on lui substituait, en attendant le futur grand soir, un régime soi-disant « socialiste », comme une « étape indispensable ».
Le « dépassement », au contraire, permet de connaître les « vertus du système dont ont veut s’affranchir » : formidable « créateur de richesse »… et de ne pas fermer les yeux sur ses « limites historiques » : c’est l’analyse de celles-ci que fit Marx dans « LE CAPITAL »…
On ne « dépassera » pas cette merveille sans recours à la pensée la plus libre mais la plus exigeante que nécessitent les « chemins de la liberté » : il nous faudra arrêter les censures, et réfléchir avec Alain, Montesquieu et tous les autres, sans mépriser personne et surtout pas « les victimes du système « , fussent-elles « minoritaires » (ce que je récuse)…
Car ce qui advient, alors qu’on ose se gargariser avec un soi-disant « enrichissement global des populations », c’est une toute autre « réalité », bien plus concrète, et, à force, « explosive » !
Bien amicalement.
Alexis Bachelay,
mon métier me fait vivre dans le tiers monde (oui, appelons ainsi cette « réalité » !) ; Ce n’est pas dans ces pays que le « dépassement » dont Marx rêvait (il ne faisait pas que rêver !) est envisageable.
Là où je me sens « concerné » par ce que pensait Marx, c’est dans mon pays « privilégié », qui atteint la phase la plus « brillante » et la plus paradoxale du capitalisme :
mon devoir d’humain, je l’éprouve comme celui d’un héritier, mais héritier d’une « classe ouvrière » sans laquelle cette « brillance capitaliste « n’existerait pas… Je dois participer à « la suite » : le post-capitalisme !
Ceux du tiers monde, eux, sont « héritiers de leur chosification par le colonialisme », c’est bien plus « violent » !
Oui, quel symbole en effet !
Après la minorité nonniste qui font une contre-performance aux élections internes des verts, après le naufrage d’ATTAC décribidilisé par les pratiques staliniennes (fraude électorale) de sa direction, après la marginalisation des nonnistes au sein du PS les plus malins comme Montebourg et Peillon allant voir ailleurs, après la longue agonie des comités antilibéraux, après l’échec de la candidature unitaire, après que le PCF et Bové aient bu l’eau jusqu’à la calice aux présidentielles, après la victoire de Sarkozy, après que Fabius ait démontré sa duplicité en disant du bien du maxi-traité feignant d’y voir une victoire du NON là où il n’y a qu’une série de reculs par rapport au TCE lui-même, voilà avec M. Jennar le dernier représentant de l’élite du NON qui trahit, ou du moins déserte.
Quelle énergie aura été engloutie, souvent de bonne foi, dans cet oxymorien « NON proeuropéen de gauche ». Précieuse énergie à employer à bon escient. Ce fut le cas pour cette autre formidable mobilisation qu’a été la lutte contre le CPE (ironie du sort il eût été contraire non seulement à l’esprit mais aussi à la lettre du TCE). En revanche l’énergie qui fut gâchée par cette fausse piste du non au TCE a fait défaut pour le rendez-vous capital de 2007, Sarkozy n’ayant à affronter qu’un champ de ruines. Une fausse piste car le « non pro-européen de gauche » ne fut qu’un ambigü front de tous les refus le temps d’une campagne référendaire. Il n’a jamais existé avant la campagne référendaire (et l’épisode capital de la convention pour l’avenir de l’Europe) ni après (avec tant de contradictions, d’auto-intointoxication et d’impensés c’était sans doute couru d’avance mais il aurait fallu au moins essayé). La Roche Tarpéïenne s’est à nouveau avérée toute proche du Capitole.
Débat clos désormais. Même Raoul-Marc Jennar part. Le dernier éteindra la lumière.
Maintenant il va falloir reconstruire. Sur d’autres bases.
JMF,
Vous faites comme si nous n’avions pas dit non.
Pour avoir raison d’avoir dit oui, envers et contre tout, — et profitant de la force de ceux qui ont le pouvoir et qui peuvent en abuser librement puisque le peuple est muselé par la « constitution » (qui n’en est pas une, pour cette raison) —, vous prenez pour argument que les nonistes n’ont pas su s’unir (c’est le moins qu’on puisse dire, effectivement) pour proposer une alternative après avoir clairement dit non : pourtant, la difficulté à s’unir pour construire ne prouve aucunement qu’on avait tort de résister à se laisser détruire : objectivement, des démocrates devaient dire non à tous ces traités illégitimes, abus de pouvoir caractérisés.
Les atteintes frontales a la démocratie la plus élementaire des institutions européennes sont des faits : pas de séparation (confusion) des pouvoirs sur des domaines importants mais cachés (marché intérieur, concurrence et liberté de mouvement des capitaux, par exemple, où le Conseil décide seul sans le Parlement), pas de contrôle des pouvoirs, pas de moyens pour résister aux abus de pouvoirs, pas d’indépendance des juges par rapport aux exécutifs, etc ! (*)
Vous faites comme si nous imposer de force ce qu’on vient expressément de refuser n’était pas un viol.
Vous faites comme si le fait de se faire violer montrait qu’on a tort.
Vous présentez le départ de Raoul comme une désertion.
Tout cela n’est simplement pas honnête.
Je vous ai connu meilleur.
(*)
Sur le fond du
dossier (fallait-il dire oui ou non), pour comprendre la trahison du PS
(le mot
n’est pas trop fort) en cette matière de protection contre les abus de
pouvoir,
je rappelle ce que je disais le
19 mai 2005 dans
mon Journal :
«
Pour expliquer ce « Oui
de gauche » apparemment complètement incohérent, j’avais
trouvé comme
explication qu’ayant construit eux-mêmes cette Europe-là (ils croyaient
encore,
à l’époque, à la possibilité d’infléchir, plus tard, la tournure
libérale du
texte vers plus de social), il était difficile pour eux de s’y opposer
aujourd’hui sans se renier eux-mêmes.
Pour
appeler à voter
Non, il aurait fallu accepter d’avouer qu’ils s’étaient trompés, qu’ils
avaient
cru pouvoir changer le cours libéral des institutions de Maastricht
sans y être
parvenus. Les hommes de gauche qui appellent à voter Oui seraient, avec
cette
explication, ceux qui n’arrivent pas à admettre qu’ils nous ont
conduits
(involontairement) dans une impasse.
Thibaud
[de la
Hosseraye] m’a fait entrevoir, par une seule phrase, une autre
explication que
je n’avais pas du tout imaginée : la « stratégie » des ténors
socialistes et verts qui soutiennent ce TCE (très concrètement
néolibéral et
très symboliquement social), pourrait être simplement la
politique du pire
: une fois ce piège néolibéral refermé, les hommes politiques de gauche
pourraient enfin se présenter et paraître comme le seul recours, seul
moyen,
pragmatique, de revenir au pouvoir.
Si
c’était le cas, ce
plan d’ensemble serait quand même assez cynique.
On
est ici dans le
procès d’intention car bien malin qui dira pour quelle raison intime
tel ou tel
acteur agit : aucune certitude, et encore moins aucune généralité,
n’est donc
possible, évidemment, mais je trouve ça plausible, et ça rendrait enfin
compréhensible ce choix d’un Oui de gauche
incompatible avec la
dérégulation confirmée et renforcée par le TCE.
Pour
mémoire, on peut
rappeler les
sept exigences pour une
Constitution démocratique et sociale telles qu’elles
avaient été
adoptées lors du conseil national du PS du 10 octobre 2003 (http://www.parti-socialiste.fr/list_theme.php?theme=MTY0[ce
lien a disparu, mais on peut consulter http://www.monde-solidaire.org/spip/article.php3?id_article=2127]).
On
y mesure point par
point l’abandon intégral, le reniement profond qu’impose l’appel à
voter Oui de
ces gens-là.
Les
socialistes
exigeaient fermement (à l’époque) :
1.
Une base juridique
claire pour la protection et le développement des services publics doit
être
posée ;
2.
Des mesures
d’harmonisation de la fiscalité doivent pouvoir être adoptées à la
majorité
quali-fiée. Ce doit être aussi le cas en matière sociale. Les critères
de
l’emploi et de la croissance seront introduits pour guider les
interventions de
la Commission et de la Banque centrale européenne. L’Europe doit être
dotée
d’un gouvernement économique, disposant d’un budget suffisant et d’un
impôt,
pouvant recourir à l’emprunt pour financer des grands travaux… ;
3.
La majorité
qualifiée doit aussi devenir la règle pour la politique extérieure et
de
sécurité commune, l’unanimité étant l’exception ;
4.
La diversité
culturelle doit être garantie. Nous souhaitons que la Constitution
renforce les
valeurs de la démocratie européenne et qu’elles permettent l’évolution
des
institutions ;
5.
Le caractère laïc de
la construction européenne est un principe à nos yeux fondateur ;
6.
Les mécanismes de
coopérations renforcées entre les États membres doivent être assouplis ;
7.
Les révisions
futures de la Constitution doivent pouvoir être adoptées, si possible
par
référendum européen organisé le même jour dans toute l’Union, à la
majorité
qualifiée de la population et des États.
Les
responsables
politiques de gauche qui défendent le TCE ont donc abandonné absolument
toutes ces belles convictions et soutiennent aujourd’hui,
presque
violemment, un texte qui contredit profondément tout
ce qu’ils exigeaient fortement il y a un an.
Et
c’est même un comble
: ces lâcheurs accusent les autres leaders de gauche, ceux qui sont
simplement
restés fidèles à leurs engagements, d’avoir des arrière-pensées
politiciennes,
des vues sur le pouvoir…
Le
moins qu’on puisse
dire est qu’ils ne manquent pas d’air. (…) »
Mais
en fait, l’aveu
éblouissant de la malhonnêteté profonde de l’appareil socialiste est là
:
Incroyable
aveu (toujours mon
Journal, du 28 mai)
«
François Hollande sur
France Culture le 26 mai à midi : «
si Chirac avait mis en
jeu son mandat, le PS aurait naturellement appelé à voter NON, comme
pour De
Gaulle en 69 »…
Et
quand le journaliste,
médusé, demande de reformuler, le patron du PS en remet une couche.
On
mesure là dans toute
son indécence, la position politicienne du PS, intéressé
exclusivement par
le pouvoir, très loin du texte pour qui on peut finalement aussi bien
appeler à
voter Oui que Non en fonction de considérations tactiques.
C’est
simplement
consternant. On est au degré zéro du respect des citoyens : le texte
suprême,
(dont je rappelle qu’il consacre à la fois des institutions non
démocratiques,
la privation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sur le plan
économique
et l’instrumentalisation du chômage par une politique forcée de lutte
contre
l’inflation) on s’en fout : ce texte aujourd’hui ardemment défendu par
le PS
comme une urgente nécessité, ce texte aurait pu aussi bien être rejeté
par le
PS si le pouvoir s’était offert rapidement à ce prix.
Pour
le PS, on peut donc
aussi bien dire Oui ou Non : ce qui compte, c’est faire tomber
l’adversaire
politique du moment et reprendre le pouvoir.
Moi,
ça me laisse
pantois.
Lire
et écouter à : http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2384
Et
il faut faire
confiance à ces gens-là ? Non merci. »
Pour
moi, on en est
encore là : les notables du PS ont abandonné le peuple pour protéger
leur misérable
petit pouvoir personnel et le peuple se fait violer depuis, tout seul,
par une
droite triomphant faute d’adversaire crédible.
Et
vous, vous venez
nous dire que tout est de notre faute, nous qui n’avons AUCUN
pouvoir… On se
demande s’il faut rire ou pleurer de l’injustice de vos reproches.
Jmfayard :
« il va falloir reconstruire sur d’autres bases »…
Vous voulez nous faire quitter quelles bases, au juste ?
« Nous » sommes un peuple , celui qui résiste contre des forces « dominantes » intallées par la force du mensonge assisté financièrement par les gros moyens des « dominants »…
Le départ de RMJ montre que les intellectuels manifestant une liberté de pensée sont en proie à des difficultés d’existence, tout comme mes médecins des hotpitaux désireux de soigner sans discrimination, même les malades pas « solvables »…
quelles « nouvelles bases » autres que celles de la souveraineté populaire prétendez-vous utiliser pour édifier quel montage politicien ?
C’est la question que pose votre critique ironisant sur les difficulté d’un peuple à trouver une issue « institutionnelle » au piège institutionnel du régime présidentiel :
Rire de l’échec en question sans voir comment cet « échec » démontre la perversité du système, libre à vous, mais dans quelques mois, les opportunistes rejoindront le flot des mécontents, et on voit déjà Villepin se présenter comme « opposant disponible » :
L’échec dont on parle est superficiel, c’est bien une conséquence de fautes graves du « personnel politique dirigeant la gauche »
dans une situation où la « dynamique unitaire » existait bel et bien dans toutes les bases que prétendent « diriger » ces « directions »…mais ce peuple là existe, y compris avec RMJ qui est loin d’être « démissionaire » même s’il est « en difficulté » : ou sont donc vos « nouvelles bases » ?
tout ce que vous laissez entendre est fort « ancien » : renoncements, collaborations, « concurrence libre… » etc ?
J’avoue avoir succombé à la tentation polémique de retourner à l’auteur de « Europe, la trahison des élites » la monnaie de sa pièce en en rajoutant un peu pour donner l’impression d’une « trahison des élites du NON à l’Europe » 😉 mais le moins qu’on puisse dire est que ces élites là ont disparu de la circulation en un temps record. Et pas sous les coups d’une puissante conspiration ouiste (promis ce n’est pas moi qui ait bourré les urnes à ATTAC en faveur de Cassen-Nikonoff), ils se sont auto-sabordés.
Une série pour le moins étrange vous l’avouerez, dont l’histoire reste à écrire.
Vous connaissez mon point de vue :
Avoir voté non, « contre Chirac et le Medef », au référendum de 2005 : compréhensible. Avoir cru qu’un non déboucherait sur un meilleur traité : erreur admissible. Mais que ces dirigeants de gauche n’aient pas osé expliquer que, face à un capital européanisé, il fallait européaniser la politique et accepter des pas en avant vers une constitution fédérale, c’est ignorer la définition du libéralisme qu’ils prétendent combattre. Le non de 2005, qui en l’absence de prémisses et de débouchés ne pouvait entraîner, suivant une froide logique juridique, que la simple reconduction de l’Europe ultralibérale existante, annonçait la « non-alternance » de 2007.
L’existence de l’Union Européenne, un viol commis contre les Nations ? Ah ah ah !
Alors je suppose en filant l’analogie que ce qui existait avant l’Union Européenne, des Nation(alisme)s libres de se livrer à la grande boucherie de 14–18, était une joyeuse partouse entre adultes consentants, d’un splendide et inégalé éloge de l’Amour Libre. Mais gare aux sida, herpès, syphilis et autres maladies sexuellement transmissibles !
à guilloualain
Mon rire est la politesse d’un désespéré. Regardez ce qu’est la gauche (de la plus molle à la plus stalinienne) aujourd’hui : un champ de ruines. 2007 est l’annnée zéro du progressisme. Il va en falloir du courage pour rebâtir, pour oublier les vieilles rancoeurs, pour faire tomber les ornières, pour se remettre à l’écoute des idées nouvelles.
Je n’ai même pas le réconfort d’en vouloir aux « nonnistes de gauche ». Son élite a disparu, et je suis persuadé que c’est de bonne foi que sa base a foncé dans cette impasse.
Sur quelles nouvelles bases ?
Je suis loin d’être capable de fournir une réponse complète à une question aussi difficile mais deux pistes me paraissent essentielles. Le futur de la gauche passe selon moi obligatoirement
Jean Michel FAYARD
je suis plutôt d’accord avec votre dernier post, quant aux « nouvelles bases », mais les posts précédents ne permettaient pas d’imaginer tout le « non dit » de votre « rire »…
Nous sommes de milliers à « rire » ainsi, mais les dirigeants , il ne faut pas les confondre avec les « intellectuels » dont l’autorité est naturelle, comme Négri, comme JMG : les « dirigeants » suivent leur troupeau, mais le troupeau recherche de plus en plus de façon autonome « sa lumière »…et là , l’erreur c’est de croire que les intellectuels qui éclairent prétendent diriger : dés qu’ils dirigent, ils cessent d’éclairer !
Le peuple est capable d’inventer ce que de grands intellectuels savent décrypter mieux que lui !
Il y a la une complémentarité , un face-à-face de la pensée et de l’action, qui échappe à bien des « dirigeants » ! (rions !)
Le NON n’a pas été dicté par des dirigeants, il a été éclairé par des intellectuels !
c’est un « non » éclairé, assurément, mais les « dirigeants ne pensent qu’à s’en venger…(rions !)
bien amicalement.
Raoul Marc Jennar est un intellectuel militant, , s’il va ici ou là, s’il « part », il ne trahit en rien son engagement, et ses écrits militent utilement encore.
Je lui ai reproché une intervention qui semblait viser à diriger les collectifs, mais cette intervention discutable visait à critiquer une « direction » supposée :
la fragilité des collectifs vient du fait de leur grande spontanéïté , mais ils sont « demandés par la nécessité historique », tout comme le « non » majoritaire a été « demandé » , contre toutes les probabilités fabriquées par les puissances médiatiques :
dire que cela ne signifie rien , et le jeter aux nationalismes barbares , c’est étrange de la part d’un lecteur de Négri !
à Alain Guillou
Je ne dis absolument pas que R‑M Jennar est un nationaliste ! J’ai eu des différends avec lui, trouvant notamment sur l’affaire de la directive services (largement modifiée depuis par le parlement européen – sans doute pas assez pour certains mais jamais le parlement français ne modifie autant en profondeur ce que lui soumet l’éxécutif), que pressé de vouloir démontré que toute l’élite avait trahi, qu’elle marchait au pas tel un somme homme derrière le beau Frits Bolkestein, il avait tendance à recourir au procès d’intention. Un peu comme mon premier message à son encontre (où j’en rajoute un peu par goût de la provoc’ comme je l’expliquais à Etienne) en plus sophistiqué. Mais basta, c’est peanuts, c’est derrière nous, et surtout je ne vais pas m’acharner sur un absent.
Non, s’il faut citer des noms (pratique pour se faire des amis 😉 ce sont les amis de Chevènement, le PCF, l’ancienne direction d’ATTAC (Cassen et Niknoff), et les Mélenchon que je tiens pour des nationalistes, ou du moins pour des a‑européens sacralisant l’état national de manière exagérée à mon goût.
A l’inverse, les vrais altermondialistes, Raoul-Marc Jennar, les socialistes rénovateurs tendance Montebourg, les nonnistes verts, la LCR n’ont pas oublié la tradition de l’internationalisme.
—
Et d’accord que la réaction de la gauche doit venir du bas, de l’action des gens eux-même, éclairés et non pas dirigés. Toni Negri insiste beaucoup là-dessus dans Empire. Et je dois reconnaître que ce fût le cas lors de la campagne référendaire. Mais la colère justifiée parce que l’UE n’avait pas tenu les promesses à côté de la plaque qui avait été faites lors de Maastricht était mal dirigée : ce n’était pas contre le TCE (une tentative de réforme) qu’il fallait axer les efforts mais contre l’Europe actuelle – avec la lucidité de dire qu’on combat contre l’Europe actuelle mais au sein de l’Europe (car il n’y a pas de stratégie nationale dans la mondialisation).
à jmfayard :
votre balayage des « bobs nonistes et des mauvais » est une erreur : le PCF, par exemple : il fait partie du « PARTI DE LA GAUCHE EUROPEENNE », et c’est le député européen communiste de ce groupe qui a donné une des premières « alertes » contre le « projet giscard de TCE »…F WURTZ continue ce travail « proeuropéen et antilibéral en tant que député du groupe GUE…
Le « nationalisme » est-il un intégrisme ?
Chacun de nous peut penser que « tous les nonistes n’étaient pas de bons nonistes… », mais c’est faire un procés à quels citoyens exactement, quand on sait que le débat a largement dépassé ceux dont sont capables les seuls partis ?
Ce qui ressort des expériences , c’est que l’interdiction ou la stigmatisation d’une religion ou d’une philosophie alimente l’intégrisme de ses adeptes.
Respectons les philosophies et les croyances, et sauvons par la même occasion plusieurs choses :
-Une « logique de paix », qui colle avec une laïcité ;
-Un droit à l’esprit critique qui colle avec la liberté d’expression ;
-Un respect du droit des personnes et des peuples (qui colle avec autodétermination…ou « souveraineté »).
Toutes ces valeurs ont historiquement pris racine sur des bases nationales, et nous héritons à la fois des avantages et des inconvénients de « la nation »…
Mais si l’on veut faire vivre un « internationalisme », que ce soit avec « les Nations Unies » , dont la vocation est de nous réconcilier avec une idée pacifiste des nations !
Dépasser une nation donnée en Europe pour fusionner dans une « Europe », c’est encore un processus constituant une nation.
Tout le problème c’est de savoir si cette nouvelle « super-nation » permettra l’essort des valeurs auxquelles la personne et les peuples ont droit, ou bien si au contraire, ce soi-disant « internationalisme », imposé par la ruse ou par dictat, comportera un « nationalisme intégriste » inavoué :
« l’EUROPE FORTERESSE » , où seront exacerbées les logiques de guerre (concurrence sauvage), où sera impossible une laïcité (« tradition chrétienne » etc…), et qui marchera au pas sous la houlette de l’OTAN, faisant fructifier pour les magnas de l’armement les fameux « heurts de civilisations », stigmatisant telle philosophie des lumières, telle religion de l’axe du mal , etc…
On ne va pas recommencer le débat immense du « NON » : il a gagné , même si la volonté des dominants est de ne pas tenir compte des résultats de cet immense débat démocratique !
C’est franchement inquiétant , au moment où la France se laisse piéger par un malade mental obsédé par la fièvre du pouvoir, et dont l’élection est un déni de démocratie puisqu’il s’agit pour le peuple de se démettre de sa souveraineté en la délégant à un prestidigitateur sponsorisé par le MEDEF, de voir qu’il y a encore des « démocrates » remettant en cause le NON de 55% des citoyens issu d’un débat d’une ampleur, d’un sérieux et d’une durée qui ont déjoué les plans médiatiques prévus par les prestidigitateurs et autres experts en publicité expéditive !
OUI ou NON ?
Faut-il vraiment regretter quelqu’un qui a si peu de suite dans les idées;-)
« quand raoul marc jennar perd le plan b »
quand raoul marc jennar perd le plan b
moi, ça m’a fait marrer
phileas :
je n’ai rien vu de « marrant » sur le site que vous recommandez„ mise à part, une fois de plus, la propension à traiter de « guru » un intellectuel non communiste(voire, même , ne cachant pas en quoi il est hostile à cette idéologie), qui ose écrire dans l’Huma, et qui sera lu par des gens capables de se passer de gourous…
Je note la malhonnêteté intellectuelle de l’auteur, qui fait dire à RMJ le contraire de ce qu’il écrit dans l’Huma :
« confier à un parlement constituant le soin de rédiger un projet » est traduit vicieusement par « le parlement européen votera la constitution »…
Il n’y a au bout du bout de la mauvaise foi , que la guerre civile et le chaos !
De grâce, respectez au moins ceux à qui vous prétendez vous adresser :
nous sommes capables d’entendre de vrais arguments, mais la confusion entretenue ici entre « plan B » (lequel existe bel et bien dans la conscience d’une majorité populaire en europe, mais les institutions sont faites pour falsifier cette réalité là : l’immense attente sociale, des peuples européens , l’immense attente de transparence et de démocratie, des peuples européens, l’immense attente de coopération et de justice, des peuples européens)…
le « plan B » est exactement le négatif des magouilles qui se font jusqu’à ce jour dans le dos des peuples :
s’il doit y avoir une « Europe politique », le B‑A-BA , c’est d’accecter la notion de « constituante », et l’on mesure à quel point l’Assemblée européenne majoritairement prolibérale ne saurait être « constituante » d’une Constitution que les peuples voteraient sans escamoter les débats nécessaires, par référendums, nation par nation, car ce qui est refusé à ce jour c’est le « trapèse volant sans filet » qu’on propose aux peuples pour ce qui est de leur souveraineté :
Toute l’histoire de la construction européenne est malheureusement celle de la destruction de la souveraineté , et donc, de la destruction de la démocratie : le plan B consiste à rendre sous sa forme « européenne » ces bienfaits légitimes aux peuples la constituant !
…je vais maintenantfaire des maths pour franchir le test anti-spam…Bien amicalement, en attendant « la guerre civile »..
à guilloualain
J’ai lu votre réponse et me suis demandé si j’étais un idiot qui n’avait rien compris à l’article que je citais. Donc, je l’ai relu.
Et je m’interroge : où avez-vous pris que l’auteur écrit ou insinue que le parlement européen votera la constitution ? Ce que
dit l’article c’est que les idées défendues par RMJ et ses amis (on va dire pour faire court les altermondialistes) sont minoritaires au Parlement européen où la majorité est social démocrate/ libérale (j’ai vérifié aussi sur le site du PE). Or, les députés européens ont été élus par les peuples européens au suffrage universel direct, c’est-à-dire selon la même procédure qui servirait à désigner un parlement constituant au niveau européen pour élaborer un projet de constitution européenne, ce qui était la proposition des alter. Donc, vu le rapport de forces actuel, il y a fort à parier que les alter seraient toujours très minoritaires (voire inexistants) au sein de la constituante et que donc la constitution qui en sortirait ne serait pas du tout conforme à leurs idées. Et ce n’est pas près de changer, si l’on en croit les résultats électoraux dans les pays européens, ces dernières années, et notamment dans notre pays qui a voté non au TCE en 2005 et élu Sarkozy et une majorité de droite en 2007 !
Comme cette réalité n’a pas échappé à RMJ(les faits sont têtus), il a tout simplement renié l’idée de constituante, préférant auparavant préparer les citoyens par « un immense travail d’éducation populaire dans les 25 pays » (cf sa tribune dans l’Humanité). Cela revient à dire qu’à l’heure actuelle seule l’ignorance de la majorité des gens explique l’aberration de leurs choix électoraux (merci pour le mépris du peuple que cela révèle). Autrement dit, seuls ceux qui pensent comme RMJ sont dans le vrai. Et comme pour le moment, ils ne sont qu’une minorité incapable de gagner les élections, RMJ ne juge plus du tout urgent de convoquer une constituante qu’il appelait pourtant de ses vœux lors de la campagne de 2005 (j’ai assisté à un des débats où il était présent) promettant que le non au traité serait suivi d’un électrochoc salvateur. On nous disait que loin de provoquer le blocage ou de conforter les thèses libérales, le non allait permettre l’émergence d’une autre Europe. On voit ce qu’il en est.
Donc, plus de constituante à l’horizon si ce n’est pour une échéance indéterminée. Ce qui révèle une conception de la démocratie à « géométrie variable ». Oui à des élections, si on sûr de gagner, non dans le cas contraire. Le beau démocrate que voila.
Quant au terme de « gourou », il m’avait fait aussi tiquer, mais, depuis que j’ai lu votre réponse je ne le trouve plus si inapproprié. A l’évidence aucune critique n’est admise vis –à – vis de RMJ sous peine de se voir menacé de « guerre civile ». Belle conception là aussi du débat et de la contradiction. Gardez vos salutations amicales : elles ne font pas bon ménage avec la « guerre civile » que vous agitez. Etant moins hypocrite et comme je n’apprécie pas les tentatives d’intimidation, je ne vous salue pas amicalement.
Monsieur philéas, ne perdez pas votre rire si amusant !
1)J’admets que l’évocation de « guerre civile » est mal venue, mais ce que je disais est justement qu’elles adviennent quand les gens cessent de respecter autrui…et de se saluer poliment…Et vous n’avez pas le droit de cataloguer ma politesse comme « hypocrite » : bien sûr, je ne peux exiger de vous la réciproque d’une conduite que vous décidez d’injurier…
2)« GOUROU », qui sait qui prétend l’être ? Vous pouvez critiquer RMJ comme je le fais par ailleurs (poliment car je suis « hypocrite », un « hypocrite » supposé « stalinien » par RMJ lui-même entre autres…)…Donc RMJ , c’est pas mon « gourou », et ce n’est pas lui (que je connais peu) que je défends, c’est tout simplement le « bon sens populaire », que je défends, face à une tentative d’entourloupe et d’escroquerie intellectuelle de la part d’un « oui-ouiste » distingué que je salue amicalement : vous, l’anonyme philéas contre la personne réelle de « qui » je n’ai aucun « à priori »
…
3)le « bon sens populaire » consiste pour le peuple à savoir qu’il ne sait pas tout, et à se douter que les « monsieur je sais tout » sont des usurpateurs…Alors, en cas de consultation électorale organisée par les « monsieur je sais tout », le peuple répond simplement et sans calculs politiciens (car le peuple en est dégoûté !)à la question qui est posée :
Si l’on veut que les peuples d’Europe constituent un « peuple européen », il faut le leur proposer clairement, et leur donner tous les éléments pour répondre selon leur « souveraine libre détermination »…
4) la différence pour « le bon sens populaire », entre « l’Assemblée Européenne » actuelle, issue des partis structurés selon tous les dénis de démocratie que nous trouvons mis en relief sur ce site (Etienne Chouard n’étant pas non plus mon « gourou »!), et « l’Assemblée Constituante » qui serait élue par les peuples pour « écrire et proposer une Constitution « , elle est de taille :
Tout change quand on sait quelle mission précise on va donner à ses élus , et les termes du « débat démocratique « sont bien préalablement posés , de telle sorte que « le peuple répond lui-même en votant », ce qui est loin d’être possible avec les institutions actuelles , sauf quand un référendum est précédé par l’intervention du débat en question !
La réponse est « NON »
Sarkosy est « le meilleur président que la classe politique avait en magasin » (vivement les soldes) !
Permettez moi, philéas, puisque je dois garder mes salutations amicales, de « me marrer » !
à Philéas
Non je confirme, c’est vous qui avez bien lu et Alain Guillou
à jean-michel fayard
« NON un tel référendum ne peut être qu’européen. L’adhésion et la sortie de l’UE sont des questions nationales et sont à décider par référendum national mais les questions européennes ne peuvent être décider qu’au niveau européen ».
d’accord avec vous
les citoyens ne sont pas des billes : « une chance sur deux exposant 27 », en effet, c’est donc impossible ?
figurez-vous que le miracle de la démocratie véritable consiste à faire en sorte que dans chacun des 15 véritables pays ayant construit une ébauche d’Europe , la consultation des peuples ait vraiment lieu quant à l’élargissement précipité dû au désir des dirigeants de prendre de vitesse , justement, l’opinion des peuples concernés :
Atel point que les dirigeants en question ne savent plus trop jusqu’où ils ne sont pas « allés trop vite « , cette soi disant europe étant « ingérable », sauf à en faire un empire autoritaire.
Ensuite, la chose qui permet de vaincre la difficulté « statistique », et donc de ne pas subir , en effet « la probabilité de l’échec », c’est la qualité même de la démocratie dans chacune des nations à réunir.
On est donc réellement « européen » quand on revendique dans son propre pays un changement constitutionnel permettant d’atteindre le niveau de démocratie moderne resquis :
Vous êtes de passage sur ce blog, mais savez-vous quelle revendication y est développée ?
le but n’est pas l’Europe en soi, le but est l’avancée de la démocratie pour tous les peuples européens, et on en est loin !
Quant à l’election d’une « Assemblée constituante » c’est une promesse de dupes , si l’on ne précise pas que cette « Assemblée » ne sera pas le simple produit des sécrétions partidaires habituelles, et que sa mission sera exclusivement celle d’écrire un projet à soumettre au débat démocratique avant référendum.
(ici , on parle d’une juste représentation du peuple, ce qui pose la question de la légitimité des partis, et de la nécessité d’admettre une part de représentants tirés au sort, pour , justement, tenter de dépasser la probable division , qui sert à régner quand on est roi…
C’est le contraire de « la dissolution du peuple , ce qui est proposé, d’ailleurs certains craigne là du « populisme ».
j
La fin des souverainetés et des libertés en Europe
Le livre de Jean-Claude Paye : « Les lois anti-terroristes. Un Acte constitutif de l’Empire »
par Silvia Cattori*
« (…) Les lois « anti-terroristes » imposées par les États-Unis ont servi à jeter les bases sur lesquelles se construit un nouvel ordre de droit, observe le sociologue belge Jean-Claude Paye. Elles s’appliquent désormais dans tous les États européens. Tout citoyen européen ordinaire peut, aujourd’hui, être surveillé dans son propre pays par des services secrets étrangers, être désigné comme un « ennemi combattant », être remis aux tortionnaires de la CIA et être jugé par des commissions militaires états-uniennes. (…)
http://www.voltairenet.org/article151318.html
Le desespoir, tout comme la haine, ne produisent rien de bon dans le cours de l’Histoire : dire cela, à quoi bon ?
Pour moi, chaque humain, et donc même le plus « modeste et obscur citoyen », a le droit et le devoir de combattre le désespoir, et la haine…
…Leur contraire ne se décrète pas, mais son avènement est un long processus dont je pense que « les Lumières » font partie, avec, surtout, cette « invention de la Liberté » qui aboutit à « la fraternité républicaine » :
Sans vous imposer, Philéas et JM Fayard, mes sentiments amicaux (« hypocrites »..?), je pense que la « fraternité républicaine » est un bon a priori, ou bien, alors, à quoi bon se dire capable de faire une « Europe » ? De quel « réalisme » sera-t-elle faite ? de quel chasse aux « hypocrites » sera-t-elle obsédée ?
Est-ce que ce serait donner au débat des chances d’être moins empreint d’amours propres et d’orgueils, que d’avancer qu’il n’est pas sans fondements qu’on s’interroge toujours sur la meilleure efficacité de deux approches différentes (seulement en apparence selon moi) :
- légiférer, sanctifier, sacraliser, d’abord et convaincre ensuite, considérant que la vérité préesxiste (en cela, nous sommes tous les héritiers de Descartes) et que le reste suivra, par la force s’il le faut !
- Argumenter, débattre, convaincre, converger sur une expression commune et écrire seulement à ce moment-là (qui risque de ne jamais venir !), de façon un peu plus « anglo-saxonne » ?
Chacune a sa face sombre et sa face fertile. Les deux sont souvent à l’oeuvre en même temps d’ailleurs : que les citoyens en fassent leur miel , mais que les prés restent soulagés des duels mortels !
Juan Nessy
Trouver une « synthèse » entre d’une part un diktat de despotes éclairés et d’autrepart un processus d’initiative populaire, c’est impossible, car voilà deux logiques fondamentalement antagonistes…mais cet « antagonisme » ne vient pas des « orgueils », même s’il nous froisse dans notre « esprit cartésien ».
Ici, personnellement, sincèrement, je ne cherche pas à me regarder orgueilleusement, je cherche à rencontrer ce avec quoi je peux penser : la contradiction, et je dis merci , il y en a !
Vous avez très bien résumé à mon avis les termes du duel entre deux logiques, et il ne s’agit pas d’y tuer des personnes, mais l’illusion , la confusion et les « consensus mensongers », qui sont de mauvais investissements.
Je ne dis pas qu’untel est un « trallaliste » ni un « trallalanien », ce que je réfute c’est que l’on catalogue les gens ainsi comme pour protéger son cocon de « certitudes honorables » (et surtout « dominantes »).
Bien sûr, il nous reste à nous imaginer « fréquentables », c’est normal de le faire sur ce site, non ?
@guilloualain :
Nous nous sommes donc bien compris.
Comme vous, je ne crois pas à la synthèse-consensus… Je crois à l’égale richesse des deux approches, et pour avoir, selon le sujet, été le tenant de l’une ou de l’autre, j’ai aussi appris à en connaître les limites. Il n’y a jamais synthèse mais choix, heureusement sinon toujours judicieusement, fait par le citoyen… au moins pour un temps !
C’est pour ça que la poursuite studieuse et tenace du travail d’Étienne est utile et digne, même si je redoute parfois un peu qu’il ne recherche une perfection des tables de la loi, inatteignable, dans l’écriture d’une nouvelle bible constitutionnelle. Sa mise sur le marché des idées me semblerait assez opportune dès maintenant, alors que plusieurs partis se replongent dans l’écriture de leurs fondamentaux.
PS : que pensez-vous des « 15 valeurs pour agir » énoncées dans le « manifeste pour une gauche moderne » des « Gracques » , paru dans le monde daté de ce jour ?
Juan nessy
D’accord quant à l’opportunité d’une réflexion de tous les partis sur la Constitution, car cette réflexion concerne leur propre mode d’existence, leur « forme institutionnelle »…
S’ils veulent être des moyens mis au service des citoyens, et non pas l’inverse.
Je serai à la Fête de l’Huma pour renccntrer des gens de tous horizons , mais surtout ceux qui débattrons de « l’Europe » .
Je tâcherai de me procurer les 15 propositions (mais mon « a priori » est défavorable…on ne se refait pas !) en espérant être agréablement surpris, et en faisant un effort pour « dépasser » l’a priori…
…ou vous expliquer pourquoi « non » !
Amicalement
Désolé, j’avais raison de ne rien attendre du côté des « graques » : ils font exactement ce que l’on reproche aux « élites » autoproclamées : ils pensent avec toute leur puissance de pensée une chose seulement : le peuple n’a aucune revendication qui soit à la hauteur de nos idées…
Ils s’écoutent inventer une « réalité crédible », mais ils n’écoutent pas la vérité du peuple telle que le peuple essaye d’avoir le droit de la dire :
Or , rien de « moderne » ne sortira de la t^te de personne , si personne n’accepte de donner la parole au peuple.
il manque une organisation politique favorisant le travail politique du peuple, avec « ce qu’il veut » comme « devenir ».
Il n’y a pas lieu d’être désolé !
Ma question était une demande d’appréciation sur un effort conceptuel réel , pas un jugement d’approbation .
Mes griefs personnels (et je fais les mêmes à la » proposition pour une charte des valeurs » faite par BAYROU à Seignosse, même si je la trouve plus progressiste) sont que j’aimerais trouver dans de tels textes de références lourdes :
- l’affirmation que le marché, qui reste le vecteur puissant de la création de richesses, doit être strictement exclu de champs dont on doit avoir le courage d’énoncer les noms : éducation, santé, justice, sécurité publique, génome et corps humain, eau, air, vivant (pour ceux qui me sont le plus chers). On définit d’ailleurs aussitôt le champs de la puissance publique « opérationnelle ».
- la constitutionnalisation du RIC (d’autant plus nécessaire et urgente que la réforme des administrations qui s’annonce ressemble plus à la destruction du statut de la FP qui était peut être notre dernier contrepouvoir réel).
- la constitutionnalisation du droit à une information et au savoir sur tout sujet par le recours à des audits externes financés par nos impôts et gérés par des instituitions citoyennes à définir ).
- l’obligation stricte d’évaluation annuelle des principales politiques publiques, dans les mêmes conditions (ce peut être les mêmes institutions citoyennes).
Comme vous, j’attends le parti qui serait capable de faire un texte s’inspirant de ces quatre professions de foi (… et d’autres textes qui ne disent pas que des inepties !)
il y a une ébauche (insuffisante , et pas assez « engagée de ces i,grédients attendus, dans le projet de VIè République , disons « de Marie-George Buffet » (car le texte est si bref que je n’ose pas penser qu’ilest l’Oeuvre de tout un « Parti »…(le mien !) , mais il a le mérite de poser les axes dont vous parlez, si j’ai bien compris.
Je crois qu’il reviendra à un cartel d’organisations républicaines (pourquoi pas le réclamer de l’organisation « Ripostes » ?), de travailler à la mobilisation populaire pour cette écriture : le problème est bien d’attirer l’attention des citoyens sur la nécessité , pour eux, de repenser leurs multiples revendications « légitimes », à travers la grille des valeurs d’une Constitution nouvelle, comportant les préoccupations qui justifient que tous les « militants » passent faire un tour de réflexion sur le site d’Etienne.
fraternellement
Je vais donc lire le meilleur de Marie Georges Buffet, puis tenter de me rapprocher de soeur Julie !
Quelle bonne référence pour se faire ?
Cordialement,
Juan.
Cher Juan.
Il existe un document de travail assez avancé , daté de novembre 2005, qui a servi de base ensuite, pour une présentation simplifiée pendant la campagne de 2007, et dont un exemplaire a été remis par MGB au Sieur Président , pour lui dire à quel point nous nous opposerions au « présidentialisme exacerbé » de ce dernier.
On le trouve sur le site « PCF », puis « Propositions »,
puis « une VIè République solidaire et démocratique »…il faut passer plusieurs aarticles et cliquer sur « version imprimable ».
Il existe des propositions plus anciennes du PCF, qui permettent de voir que les présentes propositions ont avancé fortement vers « la démocratie directe », qui n’a rien à voir avec le « populisme » (pratiqué par le démagogue de service au sommet de l’Etat désormais)…
Je pense qu’on trouve dans ces propositions le souci de ne pas les isoler d’une recherche de « citoyenneté universelle », qui exige que l’on renégocie tous les traités signés dans le dos des citoyens d’Europe, ainsi que le respect de l’ONU comme institution internationale devant garantir les droits fondamentaux inaliénables.
Fraternellement.
Je me permets de recommander ;
« collectifs du 29 Mai ; « La République nouvelle sera démocratique et sociale’
(je retrouve cet article ainsi sur le net )
…Signé Roger Martelli (Copernic)
On y trouve le RIC et bien d’autres « avancées » !
@ guilloualain :
j’ai trouvé un document de 38 pages . S’agit-il bien de celui ci ?
@ juan nessy
Oui, c’est bien cela. Mais il y a une brochure plus synthétique qui a servi durant la campagne de 2007, « le petit livre rouge remis par MGB à Sarkozy ».
Quant à l’idée iconoclaste du « tirage au sort », elle commence à s’infiltrer de ce côté (PCF), car les travaux continuent, concernant le rôle de l’éventuelle « deuxième chambre » , celle qui remplacerait l’actuel Sénat, pour favoriser le RIC, entre autres :
Ce « Sénat » serait une émanation de la démocratie participative locale, laquelle prendrait de multiples formes « expérimentales » de cheminement vers « la démocratie directe ».(Mais je cherche encore la trace « internet » de ces récentes avancées.
Pour ma part, je défends « l’émergence du tirage au sort » dans une dynamique de valorisation des quotas de « vote blanc » :
Plus cette « dynamique » se renforcerait, plus cela signifierait que les citoyens se sentent aptes à « dépasser la délégation de pouvoir ». Hélas,je pense qu’on s’en est fort éloignés avec la victoire de sarkozy, signifiant au contraire le recours à « un chef suprême »… conforté par « la forte participation » dont il peut se flatter…
(…et dont bientôt la majorité de ses électeurs se mordra les doigts, je pense.)
@ Juan
On est sans doute d’accord :
Je dois avouer qu’en fait, j’adhère à 100% aux « 15 valeurs d’une gauche moderne » énoncées par les « Gracques »…
…Il me semble même difficile d’imaginer s’y opposer, ce qui fait qu’elles ne sont pas spécifiquement « de gauche » à mon humble avis… Le problème n’est pas que la recherche d’une prise de conscience sur des « valeurs »… Même s’il est bon d’y recourir pour mesurer les « écarts »…
La question à l’ordre du jour est celle des « moyens que l’on se donne concrètement » pour que ces « fins » soient à notre portée.
Des leviers et des instruments avec lesquels les peuples, car c’est bien d’eux qu’il s’agit, se rendraient capables d’assumer la vie concrète dans ces valeurs.
Quels pouvoirs se réapproprier, quand il est évident qu’un système d’appropriation privée poussé jusqu’à l’extrême logique du « libéralisme économique », aboutit à cette « dépossession généralisée », laissant les peuples « impuissants face au déni des valeurs fondamentales » ?
Pour revenir à Raoul Marc Jennar :
J’ai cliqué sur son nom , sur site de Bellaciao, et j’ai obtenu une suite d’articles signés de lui.
Même si je ne partage pas tout, je dois reconnaître que cette « rétrospective » est édifiante, et je me dis :
« Ce combat, il faut le poursuivre, chacun avec ce qui fait de lui un humain mobilisé…
Pour une Approche Citoyenne des Enjeux Mondiaux : PACEM ! »
Bonjour.
Raoul Marc Jennar nous envoie du Cambodge son
« Premier carnet »
Il faut lire cette synthèse de la situation, c’est tout simplement passionnant :
http://www.urfig.org/Premier%20carnet.doc
La réflexion institutionnelle, pour fonder une démocratie digne de ce nom, y est, là encore, centrale et bien stimulante.
La démocratie ne s’impose pas d’en haut.
Raoul nous tiendra régulièrement informé sur la page d’URFIG nommée
« Carnets du Proche et de l’Extrême-Orient »
http://www.urfig.org/carnets_du_proche_et_de_l.htm
Voici son message, que je trouve passionnant d’un bout à l’autre ; il synthétise ce que Raoul m’a décrit pendant des heures et que nous devrions tous savoir. Je suis vraiment heureux que Raoul nous rejoigne à l’Université populaire d’Aix au mois de février ou mars : nous parlerons ensemble des institutions internationales. J’ai déjà hâte d’y être :o)
« Quelle Europe après le « non » ? »
Le nouveau livre de Raoul Marc JENNAR (chez Fayard) :
http://www.urfig.org/Annonce_livre_Europe.doc
En librairie à partir de ce mercredi 24 octobre 2007..
Et une nouvelle page à surveiller sur le site de l’URFIG :
« Campagne contre le traité modificatif » :
http://www.urfig.org/campagne_contre_le_traite_modificatif.htm
« L’EUROPE POSSIBLE DE JENNAR »
Un bon article de Michel Soudais dans Politis du jeudi 25 octobre 2007 :
http://www.urfig.org/L_Europe_possible_de_Jennar-Politis_25_10_2007.doc
Oh le pauvre Raoul !
« la trahison des élites »
Ce qu’il récuse c’est la trahison, non pas les élites, car il se propose comme une éventuelle élite qui ne trahirait pas.
Bon ben c’est raté en 2007, du coup il se casse se faire bien payer ailleurs (super militant !)