« Nous sommes déjà dans un Armageddon financier ! » ?!

9/08/2007 | 28 commentaires

J’ai reçu ce matin ce mail de Pierre Bon­ne­foy, qui tra­vaille avec Jacques Che­mi­nade (un homme culti­vé et pas­sion­nant) ; je vous livre son mes­sage tel quel…

Bon­jour à tous,

Même si vous ne com­pre­nez pas l’An­glais, je vous invite à écou­ter la vidéo suivante :

https://​you​tu​.be/​-​p​5​J​i​P​O​p​P​p​I​&​m​o​d​e​=​r​e​l​a​t​e​d​&​s​e​a​rch=

L’in­di­vi­du quelque peu agi­té qui s’ex­prime ici est Jim Cra­mer, un grand ana­lyste finan­cier amé­ri­cain inter­viewé dans le contexte de l’ef­fon­dre­ment de la banque Bear Srearns, et de la déci­sion de la Réserve Fédé­rale amé­ri­caine de ne pas bais­ser les taux d’in­té­rêt, et donc de tarir la pompe à finances sur les mar­chés.

À la ques­tion de la jour­na­liste « Mais abais­ser les taux pro­vo­que­rait un Arma­ged­don finan­cier ? », Cra­mer qui réclame évi­dem­ment l’ou­ver­ture des vannes finan­cières répond : « Mais nous sommes déjà dans un Arma­ged­don financier ! ».

Et il explique même qu’il ne s’a­git pas sim­ple­ment d’une ques­tion finan­cière « Si Bear Stearns part en faillite, il y aura une réac­tion en chaîne », mais que l’é­co­no­mie phy­sique — c’est-à-dire notre sur­vie immé­diate à nous tous — est direc­te­ment mena­cée : « 7 mil­lions de per­sonnes (…) vont perdre leur mai­son ».

Voyez éga­le­ment notre site :

LaRouche : les banques cen­trales ont déci­dé de « lais­ser le sys­tème écla­ter »
http://​www​.soli​da​ri​teet​progres​.org/​s​p​i​p​/​s​p​_​a​r​t​i​c​l​e​-​b​r​e​v​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​3​185

L’ef­fon­dre­ment finan­cier et la dés­in­dus­tria­li­sa­tion causent une hyper­in­fla­tion des matières pre­mières
http://​www​.soli​da​ri​teet​progres​.org/​s​p​i​p​/​s​p​_​a​r​t​i​c​l​e​-​b​r​e​v​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​3​178

Ceci rap­pel­le­ra un refrain connu à ceux qui ont sui­vi la cam­pagne pré­si­den­tielle de Che­mi­nade en 1995. La réac­tion pani­quée de Cra­mer montre sim­ple­ment qu’il n’y a pas de solu­tion à la crise mon­diale dans le cadre des règles du jeu finan­cières actuelles (mon­ter, main­te­nir ou bais­ser les taux d’in­té­rêt).

Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de solu­tion du tout. C’est jus­te­ment parce que nous nous bat­tons depuis long­temps pour ces solu­tions sur le plan inter­na­tio­nal, qu’il ne vous a pas été per­mis d’a­voir une can­di­da­ture Che­mi­nade en 2002 et 2007.

L’au­tomne sera chaud, mais pas dans le sens de ceux qui croient encore au catas­tro­phisme éco­lo­giste. Plus sérieu­se­ment, aidez-nous dès maintenant.

Pierre Bon­ne­foy

PS : nous allons tra­duire en fran­çais les paroles de Cra­mer dans notre site

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Étienne

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28 Commentaires

  1. Vladimir

    Bon­jour,

    Ce 9 août, les choses bougent des deux côtés de l’Atlantique :

    CHANGES – Chine : Bush et Paul­son mettent en garde contre toute vente de bons du Trésor
    WASHINGTON, 8 août 2007

    Le pré­sident amé­ri­cain George W. Bush et son secré­taire au Tré­sor Hen­ry Paul­son ont mis en garde mer­cre­di la Chine contre toute vente de titres amé­ri­cains, qui serait « témé­raire » et « absurde ».

    « Il serait témé­raire de leur part d’a­gir ain­si », a affir­mé M. Bush dans une inter­view sur la chaîne de télé­vi­sion Fox News.

    À la ques­tion de savoir si cela affec­te­rait la Chine plus que les États-Unis, M. Bush a répon­du : « abso­lu­ment – c’est ce que je pense ».

    Pour sa part, M. Paul­son a esti­mé qu’il s’a­gis­sait d’une idée « absurde ».

    « Je reviens de Chine, j’ai ren­con­tré tous les res­pon­sables (…), nous avons par­lé d’in­ves­tis­se­ments et les Chi­nois vou­draient accroître leurs inves­tis­se­ments aux États-Unis », a‑t-il affir­mé sur la chaîne CNBC.

    MM. Bush et Paul­son réagis­saient à des pro­pos de deux res­pon­sables chi­nois rap­por­tés par le quo­ti­dien bri­tan­nique Telegraph
    .….

    http://​fr​.news​.yahoo​.com/​a​f​p​/​2​0​0​7​0​8​0​8​/​t​b​s​-​g​o​v​-​c​h​a​-​i​d​c​-​f​4​1​e​3​1​5​_​1​.​h​tml

    La BCE injecte 94,8 mil­liards d’eu­ros à cause de « ten­sions » sur le marché

    L’o­pé­ra­tion vise à com­pen­ser des mou­ve­ments inat­ten­dus sur le cir­cuit moné­taire de la zone euro.

    La Banque cen­trale euro­péenne (BCE) a injec­té jeu­di 94,8 mil­liards d’eu­ros dans le cir­cuit moné­taire de la zone euro via un appel d’offre rapide pour com­pen­ser des mou­ve­ments inat­ten­dus sur le mar­ché liés à la crise du cré­dit à risques. » La BCE note qu’il y a des ten­sions sur le mar­ché moné­taire euro­péen mal­gré le niveau nor­mal de liqui­di­tés dans le cir­cuit moné­taire », indique l’ins­ti­tut dans un bref com­mu­ni­qué des­ti­né aux marchés…

    15:16 – 09/08/2007

    http://​www​.lecho​.be/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​/​e​c​o​n​o​m​i​e​_​e​t​_​f​i​n​a​n​c​e​/​a​r​t​i​c​l​e​.​a​s​p​?​I​d​=​3​1​2​0​308

    Que veut dire tout ça ?
    Je crains qu’à Washing­ton, cer­tains pré­fèrent encore l’option mili­taire pour sau­ver le système :

    Je suis convain­cu qu’il ne s’agit pas d’un moyen de dis­sua­sion car l’Amérique a besoin, cette fois, d’une « vraie » guerre pour sou­te­nir le dol­lar. Pas comme en ex-You­go­sla­vie, en Afgha­nis­tan, ou en Irak. Une guerre avec une cou­leur nou­velle. L’Amérique compte rame­ner les choses sur un ter­rain où sa supré­ma­tie sera maxi­male : le nucléaire. On par­le­ra bien sûr de frappes « chi­rur­gi­cales », mais il s’agira bien cette fois ci de nucléaire.

    Tsu­na­mi finan­cier 2007–2008.

    http://​www​.bel​khayate​.ma/​f​r​/​a​r​t​i​c​l​e​_​m​o​i​s​.​php

    El Mos­ta­fa Belkhayate
    [email protected]

    Mar­ra­kech, 03 Avril 2007

    Réponse
  2. Étienne

    « LaRouche : C’est l’heure de la révolution »
    http://​www​.soli​da​ri​teet​progres​.org/​s​p​i​p​/​s​p​_​a​r​t​i​c​l​e​-​b​r​e​v​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​3​199

    « 10 août 2007 (LPAC) – En appre­nant com­bien d’argent avait été injec­té hier dans le sys­tème finan­cier inter­na­tio­nal dans un effort futile pour empê­cher une fonte géné­rale, Lyn­don LaRouche a fait remar­quer que la quan­ti­té émise par la Réserve fédé­rale rien qu’aux États-Unis (27,8 mil­liards d’euros en trois fois) repré­sen­tait un ordre de gran­deur du reve­nu annuel des États-Unis.

    Au niveau inter­na­tio­nal, ce sont des cen­taines de mil­liards de dol­lars qui ont été injec­tés. Le jeu­di 9, la BCE a four­ni 95 mil­liards d’euros, sui­vis le len­de­main par 61,5 mil­liards de plus. Au Japon et en Aus­tra­lie, les banques cen­trales ont ten­té de leur côté d’arrêter la sai­gnée, et d’autres banques cen­trales se sont décla­rées prêtes à suivre, comme autant de lem­mings, le cas échéant. En vain. Les mar­chés se sont effon­drés en Asie, en Europe, en Ibé­ro-Amé­rique. Même aux États-Unis, le Dow Jones a fini en baisse.

    Comme l’a noté Lyn­don LaRouche, les États-Unis et le monde dans son ensemble entrent dans une phase simi­laire à celle que connut l’Allemagne en 1923. À l’époque, la bulle hyper­in­fla­tion­niste était rela­ti­ve­ment iso­lé, frap­pant un seul pays, si bien qu’il a été pos­sible d’intervenir de l’extérieur, à l’aide du Plan Dawes, pour réta­blir un peu d’ordre, du moins pro­vi­soi­re­ment. En revanche, la crise actuelle est inter­na­tio­nale et nul n’est en mesure de four­nir l’équivalent d’un Plan Dawes. L’ensemble du sys­tème finan­cier inter­na­tio­nal doit subir une réor­ga­ni­sa­tion géné­rale, avec un retour aux taux de change fixes. Vu le taux d’hyperinflation qui frappe l’économie mon­diale, rap­pe­lant tout à fait celle de Wei­mar en 1923, il est urgent de mettre en œuvre une réor­ga­ni­sa­tion du type pré­co­ni­sé par Lyn­don LaRouche.

    Dans ce contexte, les États-Unis doivent faire appel à la Rus­sie, la Chine et l’Inde, en tant que pays cen­traux, pour trai­ter le problème. (…)

    Vu l’urgence de la situa­tion, l’action – contrai­re­ment aux com­men­taires – est de mise.

    L’économiste amé­ri­cain a éga­le­ment pré­ci­sé des prin­cipes qui doivent gui­der nos actions : nous n’allons pas ren­flouer les spé­cu­la­teurs qui sont à l’origine de cette crise. Jim Cra­mer peut gueu­ler tant qu’il vou­dra, nous n’allons ren­flouer ses amis, ni lui-même, qui sont res­pon­sables du pro­blème. Nous allons pas­ser à l’action pour sau­ver l’économie amé­ri­caine et pour créer un ordre décent des affaires mon­diales. « Les gens feraient bien de s’y habi­tuer, parce que toute autre approche est condamnée. »

    Par contre, il faut bel et bien ren­flouer les gens. L’économie aus­si peut et doit être sau­vée, si on ne tente pas de ren­flouer les spé­cu­la­teurs. Et nous sau­ve­rons les banques, moins la spé­cu­la­tion, parce qu’elles sont néces­saires pour faire par­ve­nir le cré­dit à l’économie phy­sique réelle. (…) »

    Mon com­men­taire :

    Quand je com­pare cette débauche d’argent libé­ré du jour au len­de­main (pour sau­ver les spé­cu­la­teurs res­pon­sables de la crise) aux dif­fi­cul­tés quo­ti­diennes réser­vées aux citoyens et aux PME pour accé­der au cré­dit (dif­fi­cul­tés extra­va­gantes pour les PME pour trou­ver un finan­ce­ment ban­caire, cré­dits « revol­ving » au taux usu­raire de 20% l’an, exi­gence de garan­ties telles, pour emprun­ter, que les prê­teurs ne prennent plus jamais le soi-disant risque que l’intérêt est cen­sé payer), quand je pense, par contre, aux risques scan­da­leux que les finan­ciers font prendre à tout le sys­tème avec l’argent dis­po­nible (ou créé ex nihi­lo pour jouer sur les mar­chés casi­no), quand je com­pare ces deux com­por­te­ments, je me dis que les ban­quiers et les finan­ciers hors contrôle public sont les pires para­sites de l’espèce humaine.

    Avec ces mon­tagnes ahu­ris­santes de mon­naie déver­sées sans pro­blème du jour au len­de­main dans les caisses des banques (pas dans les caisses publiques !), on voit bien que tout l’argent néces­saire au bon­heur des hommes (satis­fac­tion des besoins élé­men­taires de tous les humains du monde : nour­ri­ture, loge­ment, san­té, édu­ca­tion) est lar­ge­ment dis­po­nible, dès aujourd’hui, ça éclate au grand jour quand c’est la peau des ban­quiers qui est en jeu, mais tout cet argent est ren­du indis­po­nible au plus grand nombre, cet argent qui per­met de don­ner du tra­vail bien payé à tout le monde nous est volé, par une bande de voyous hors contrôle.

    Si on se pré­oc­cupe de l’intérêt géné­ral plus que de l’intérêt des ban­quiers, il faut au moins rendre à la puis­sance publique le contrôle du sys­tème ban­caire et de la créa­tion moné­taire, ça crève les yeux.

    Fina­le­ment, il fau­drait que tous les citoyens, y com­pris les jour­na­listes et les poli­ti­ciens, lisent Mau­rice Allais.

    Réponse
  3. Edouard Laugthon

    Bon­jour Étienne,

    Si l’im­mo­bi­lier baisse, ce ne sont pas les plus pauvres ou les pro­prié­taires de rési­dence prin­ci­pale qui en souf­fri­ront mais les banques, les inves­tis­seurs spé­cu­la­teurs, les boursicoteurs.

    Ce ne serait pas du tout une mau­vaise nou­velle, la crise annon­cée met­tra une claque à tout ceux qui paradent aujourd’­hui en fai­sant des affaires faciles et douteuses.

    Vive la crise, vive la baisse de l’im­mo­bi­lier et des loyers.

    Ami­ca­le­ment

    Edouard

    Réponse
  4. Laurent_K

    Déso­lé mais si, ce seront les plus pauvres qui paie­ront l’ad­di­tion la plus lourde. Ce sont eux qui per­dront leurs mai­sons et leur tra­vail. Les gros per­dront des plumes mais ils ont un mate­las plus impor­tant pour amor­tir le choc.

    Sur le site Euro​pe2020​.org (qui avait pré­vu cette crise depuis plus d’un an), ils parlent de crise sys­té­mique avec des effets qui seront loin de se limi­ter à la sphère finan­cière — même si elle va en prendre un coup-(ici et ici). Voi­ci, selon eux, les quatre ten­dances à hauts risques à suivre d’i­ci sep­tembre 2007 :

    1. Finance – La fuite des opé­ra­teurs hors des bons du Tré­sor US, les Sove­rei­gn Wealth Funds, la perte de contrôle des taux d’in­té­rêts US par la Fed et le grand retour de la volatilité

    2. Éco­no­mie US – Le PNB « fan­tôme » inven­té par les sta­tis­tiques US, l’ag­gra­va­tion de la crise immo­bi­lière aux États-Unis et la mon­tée du chô­mage réel : la « Très Grande Dépres­sion de 2007 » prend forme

    3. Com­merce inter­na­tio­nal – Les retom­bées aux États-Unis et en Chine de l’en­trée en réces­sion de l’é­co­no­mie US : guerre com­mer­ciale accrue et sys­tème finan­cier chi­nois en crise

    4. Euro­land – La zone Euro en crise avec l’é­cla­te­ment de la bulle immo­bi­lière espa­gnole et des bulles moné­taires spé­cu­la­tives en Europe de l’Est

    Pour ma part, n’é­tant pas un expert en finance, je n’ai pas les moyens de vali­der ou d’in­fir­mer leurs pré­vi­sions, mais je constate qu’ils ont eu eu rai­son jusqu’ici.

    Réponse
  5. Edouard Laugthon

    Bon­soir Laurent ,

    Vous pen­sez que les plus pauvres seront les prin­ci­pales vic­times ? ils per­draient leur tra­vail et leur mai­son : vous admet­tez impli­ci­te­ment que le sys­tème que vous condam­nez pro­fite aus­si aux plus pauvres en leur four­nis­sant tra­vail et maison
    …

    ce sys­tème n’a pas que des effets pervers.

    Vous affir­mez, mais pou­vez vous expli­quer en quoi les plus pauvres per­draient plus ? cela n’ap­pa­raît pas dans votre affirmation.

    Pour­tant, les pauvres n’ont pas grand chose à perdre, leur mai­son res­te­ra leur mai­son quant ils en ont une ( il faut pré­ci­ser la notion de pau­vre­té : les pauvres ne sont pas propriétaires !)

    Ceux qui per­dront le plus, ce sont ceux qui ont pla­cé des fonds, ce sont aus­si les ban­quiers, la crise de 1929 a mis des riches sur le trot­toir au même niveau que les pauvres de l’é­poque, et ils se sont vite rele­vés : vision­nez le film avec Jeff Bridges.

    N’ou­blions pas non plus que la crise actuelle pro­vient en grande par­tie de l’ef­fort fait pour que les ménages moyens acquièrent leur mai­son (il est vrai à des condi­tions hypo­thé­caires dra­co­niennes : subprime).

    Contrai­re­ment à ce qui se dit, la crise ne devrait pas être si forte car le sys­tème moné­taire est très orga­ni­sé et soli­daire com­pa­ré à 1929… La faillite annon­cée ne me paraît pas être à l’ordre du jour et pour­tant je sou­haite ardem­ment une baisse des prix de l’im­mo­bi­lier et des loyers, tant les prix actuels brident le reve­nu des ménages…

    Ami­ca­le­ment

    Réponse
  6. Laurent_K

    Bon­soir Edouard,

    Je ne dis pas que les pauvres per­draient plus en valeur mais tout sim­ple­ment que plus on est riche, plus on a les res­sources pour absor­ber le choc. Perdre 70% de ses reve­nu fait mal dans tous les cas mais si on a 10 mai­sons, en perdre 7 ne vous met pas à la rue. Quand on a juste de quoi payer sa mai­son (en géné­ral ache­tée à cré­dit), la perdre signi­fie se retrou­ver à la rue.

    Après, comme vous le sou­li­gnez, il faut défi­nir ce qu’est un pauvre. La crise actuelle vient jus­te­ment de pauvres qui sont deve­nus pro­prié­taires mais ne sont plus en mesure de rem­bour­ser leur dette. Ils ont beau être pro­prié­taire, je les classe dans les pauvres…

    Et le risque extrême de cette crise serait que les classes moyennes soient plon­gées dans cette spi­rale comme en 1929. Ca s’est très mal ter­mi­né. On n’en est pas encore là heureusement.

    Ami­ca­le­ment

    Laurent

    Réponse
  7. Étienne

    À pro­pos du rôle du cré­dit, je viens de retrou­ver un com­men­taire spi­ri­tuel qu’a­vait for­mu­lé Éric GRANDVUINET (du blog « Qui veut détruire la classe moyenne ? ») à l’oc­ca­sion de la sug­ges­tion que je fai­sais l’an pas­sé de relier « Chô­mage, divi­dendes et Consti­tu­tion d’origine citoyenne » ; Éric me disait :

    « Je confirme votre commentaire :

    Mathé­ma­tiques sociales à l’usage des gou­ver­nants et sur­tout des autres…
    L’exemple de la relance de la consom­ma­tion sans aug­men­ter les reve­nus ni tou­cher à l’épargne.

    L’un des moteurs de l’économie réside dans la consom­ma­tion des ménages. Or cette der­nière n’est pas au beau fixe. Taux de chô­mage éle­vé et pré­ca­ri­té des situa­tions pro­fes­sion­nelles incitent davan­tage à épar­gner qu’à consom­mer (si l’on a de l’argent sinon à se pri­ver). Comme le cre­do n’est pas à l’augmentation des salaires, que les baisses de l’impôt sur le reve­nu ne concernent pas la « vraie » classe moyenne (voir mon billet) et que l’état pro­vi­dence est une notion dépas­sée aux yeux de nos déci­deurs, il conve­nait de trou­ver d’autres voies. Celle du cré­dit semble la pré­fé­rée de notre gou­ver­ne­ment. Il est vrai qu’elle cumule bien des avan­tages, sur­tout à un an d’échéances électorales :

    L’achat à cré­dit per­met de consom­mer immé­dia­te­ment et donc de relan­cer l’activité économique. 
    • Il remet à plus tard (au-delà des élec­tions) les pro­blèmes majeurs de remboursement. 
    • Il main­tient le débi­teur (sala­rié le plus sou­vent) dans un état de dépen­dance (en droit) vis-à-vis de sa banque et, de fait, vis-à-vis de son employeur (le salaire). 
    • Comme il ne faut pas mordre la main qui nous nour­rit, c’est moins de reven­di­ca­tions en perspective.

    La pre­mière équa­tion est donc :

    PRÉCARITÉ + DÉPENDANCE = DOCILITÉ

    Mais le sys­tème du cré­dit fait pla­ner l’ombre du sur­en­det­te­ment. Le prin­cipe actuel de la plu­part des emprunts repose sur les reve­nus du débi­teur. Plus ils sont éle­vés, plus il peut s’endetter. En période de hausse des salaires et des allo­ca­tions infé­rieure à l’inflation la capa­ci­té à s’endetter de la sorte dimi­nue et avec elle la consom­ma­tion. Dés lors, il faut modi­fier le système.

    Deux voies sont choi­sies : le cré­dit hypo­thé­caire et le micro crédit :

    Le cré­dit hypothécaire :

    Il per­met à un ménage de s’endetter non plus seule­ment en fonc­tion de ses reve­nus mais aus­si et sur­tout en fonc­tion de ce qu’il pos­sède. Ce sys­tème vise gran­de­ment la classe moyenne qui peut avoir quelques biens. Le ménage pour­ra s’endetter donc en fonc­tion de la valeur de sa mai­son par exemple, et au fur et à mesure de ses rem­bour­se­ments sa capa­ci­té à s’endetter s’accroîtra de nou­veau. Cela est sédui­sant. Mais pour rem­bour­ser il faut des reve­nus. À défaut, c’est la sai­sie du bien don­né en garan­tie. Le ménage sera d’autant plus enclin à accep­ter une baisse de ses droits (du tra­vail) qu’il aura du mal à rembourser.

    La deuxième équa­tion est alors :

    PRÉCARITÉ + DÉPENDANCE + RISQUE DE PERTE DE SES BIENS = GRANDE DOCILITÉ

    Déci­dé­ment, l’interconnexion des règles du droit du tra­vail et de celui du cré­dit se fait dans un sens défa­vo­rable aux classes moyennes.

    Pour les plus pauvres aus­si, il faut agir. Ceux qui n’ont plus rien à perdre consti­tuent un car­bu­rant hau­te­ment inflam­mable car dans notre troi­sième équation :

    PRÉCARITÉ + BAS SALAIRES = MOTIVATION À TRAVAILLER TOUJOURS PLUS

    Si la par­tie de gauche de l’équation tend vers le bas et celle de droite vers le haut, cette ten­dance ris­que­rait fort bien de s’inverser pour des valeurs très faibles de salaire et très hautes de précarité.

    Quand l’espoir s’annule, la révolte tend vers l’infini.

    Cela nous amène donc à la seconde voie : le micro-cré­dit, pour les plus pauvres et les exclus :

    Le micro crédit :

    L’Élysée fixe un objec­tif pour 2006 de 27 000 nou­veaux cré­dits de ce type et de 2007 à 2009 40 000 nou­veaux béné­fi­ciaires par an. Ce qui, au pas­sage, signi­fie que l’Élysée estime que la pau­vre­té va s’accroître dans la même proportion.

    Le sys­tème doit être sui­vi et coor­don­né par des béné­voles (inac­tifs et retrai­tés notam­ment). C’est-à-dire des indi­vi­dus assez aisés par ailleurs pour se per­mettre d’exercer une acti­vi­té gra­tui­te­ment. Pour­quoi ne pas pré­voir de créer des emplois rému­né­rés pour cela ? Pour­quoi ne pas aug­men­ter les reve­nus afin d’éviter la chute d’individus dans la pau­vre­té ? Parce que la pau­vre­té est l’étendard noir qu’il faut agi­ter devant les classes moyennes afin de frei­ner leurs reven­di­ca­tions. Et, fina­le­ment, voir plus pauvre que soi, c’est déjà appré­cier sa situa­tion. Le micro cré­dit main­tien­dra les plus pauvres la « tête hors de l’eau » et leur don­ne­ra espoir, juste ce qu’il faut pour conte­nir une révolte issue d’un ras-le-bol prévisible.

    Donc, qua­trième équation :

    PAUVRETÉ RÉGULÉE + ESPOIR= STABILITÉ SOCIALE

    En conclu­sion, repre­nons nos équa­tions et voyons si nous pou­vons les fusion­ner en une seule équa­tion, garante de la sau­ve­garde des inté­rêts des plus aisés.

    Pour les classes moyennes, nous avons :

    PRÉCARITÉ + DÉPENDANCE = DOCILITÉ

    PRÉCARITÉ + DÉPENDANCE + RISQUE DE PERTE DE SES BIENS = GRANDE DOCILITÉ

    Pour les plus pauvres :

    PRÉCARITÉ + BAS SALAIRES = MOTIVATION À TRAVAILLER TOUJOURS PLUS

    PAUVRETÉ RÉGULÉE + ESPOIR = STABILITÉ SOCIALE

    Ce qui donne donc :
    PAUVRETÉ RÉGULÉE + ESPOIR + PEUR DE LA CLASSE MOYENNE = DOCILITÉ + STABILITÉ SOCIALE

    Qui manque dans l’équation ?
    Les caté­go­ries aisées. 
    Pourquoi ? 
    Parce que ce sont elles qui l’ont mise au point.

    .

    Éric. »

    Réponse
  8. Étienne

    « À quoi jouent les banques centrales ? »
    par Jean-Marie Har­ri­bey :
    http://harribey.blogsudouest.com/2007/08/12/a‑quoi-jouent-les-banques-centrales/

    « (…) Petit retour en arrière. Lorsque, pour sor­tir de la crise éco­no­mique pro­fonde qui affec­tait les taux de pro­fit dans les années 1970, les diri­geants du monde déci­dèrent d’accorder une totale liber­té de cir­cu­la­tion au capi­tal pour pré­pa­rer la restruc­tu­ra­tion des acti­vi­tés et mettre en concur­rence les tra­vailleurs sala­riés du monde entier, les banques cen­trales reçurent une mis­sion exclu­sive. La mis­sion de ne créer de la mon­naie que pour nour­rir la sphère finan­cière, et sur­tout pas pour pro­mou­voir des acti­vi­tés utiles aux humains et l’emploi. D’où les yeux fixés sur la hausse des prix deve­nue l’ennemi prin­ci­pal de la rente financière.

    Qu’advint-il ? Hausse des taux d’intérêt, explo­sion de la dette du tiers-monde, envo­lée du chô­mage et de la pré­ca­ri­té, enri­chis­se­ment fara­mi­neux des riches.

    (…)

    En l’espace de quelques heures, le 9 août, la BCE a injec­té 94,8 mil­liards d’euros, la FED 24 mil­liard de dol­lars (17,5 mil­liards d’euros), la Banque du Japon 1000 mil­liards de yens (6,2 mil­liards d’euros). Le 10 août, la BCE a rajou­té 61 mil­liards d’euros sup­plé­men­taires. Injec­té où ? Sur le mar­ché inter­ban­caire sur lequel les banques ordi­naires se pro­curent de la mon­naie de « banque cen­trale » dont elles ont besoin pour accom­pa­gner (à rai­son de quelques pour cent à peine) les cré­dits qu’elles accordent, elles, en mon­naie scripturale. 

    Alors, les banques cen­trales créent autant de mon­naie en injec­tant aus­si faci­le­ment des liqui­di­tés dans l’économie mon­diale ? Et nous qui pen­sions qu’elles étaient atta­chées au dogme de l’orthodoxie moné­taire ! Sur­tout la BCE, avec son direc­teur père-la-rigueur Jean-Claude Trichet ! 

    Quel mys­tère ! Une BCE qui a por­té en moins de deux ans son taux direc­teur de 2% à 4%, une FED qui l’a rele­vé près de vingt fois jusqu’à 5,25%, au nom de la lutte contre l’inflation, et puis, bru­ta­le­ment, une injec­tion fan­tas­tique de mon­naie pour faire face à la crise immo­bi­lière et finan­cière ! Pour élu­ci­der ce mys­tère, on doit se pen­cher sur l’évolution de la masse moné­taire et de ses composantes. (…) 

    La crois­sance de M3 se situe actuel­le­ment sur une base 10,9% par an. Alors que la BCE a fixé une norme de 4,5% pour tenir compte d’une crois­sance éco­no­mique de 2,5% et d’une infla­tion tolé­rée de 2%. Pour­quoi l’augmentation réelle de la masse moné­taire dépasse-t-elle autant la norme édictée (…) 

    Autre­ment dit, 69% (44 + 25) de la crois­sance de la masse moné­taire est due à la crois­sance des actifs finan­ciers consti­tu­tifs de M2 – M1 et de M3 – M2. 

    Ain­si, en ali­men­tant les cir­cuits finan­ciers en liqui­di­té fraîche pour cou­vrir les besoins du capi­tal finan­cier (restruc­tu­ra­tions, fusions, LBO, mar­ché immo­bi­lier, etc.), les banques cen­trales, et par­ti­cu­liè­re­ment la BCE, ont choi­si : pas d’inflation tolé­rée sur les biens et ser­vices, mais la bride sur le cou pour l’inflation sur les actifs finan­ciers.

    Et alors, dira-t-on, où est le mal ? Là : sur le long terme, la crois­sance des reve­nus finan­ciers plus impor­tante que la crois­sance de la richesse réelle n’est pos­sible que si l’exploitation de la force de tra­vail s’intensifie dans le sys­tème pro­duc­tif. Car la sphère finan­cière n’est pas auto­nome, étant impro­duc­tive. Les banques cen­trales sont les gar­diennes de l’ordre. Et elles jouent à nous faire peur. 

    La créa­tion moné­taire n’est béné­fique que si elle est une anti­ci­pa­tion de l’accroissement de la richesse pro­duite. Sinon, la crise est devant nous.

    Pour prendre donc les choses à la racine, il faut abo­lir la totale liber­té de cir­cu­ler des capi­taux, comme le pro­pose le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste, notam­ment Attac dans son Manifeste. »

    Réponse
  9. Edouard Laugthon

    Bon­jour,

    la démons­tra­tion par équa­tion est inté­res­sante intel­lec­tuel­le­ment mais elle est gui­dée par un pos­tu­lat for­mu­lé en guise de conclu­sion alors qu’il imprègne toute l’ex­pli­ca­tion : la lutte de classes : la classe la plus aisée MAINTIENDRAIT volon­tai­re­ment les autres classes dans un état de peur et de dépen­dance (une sorte de théo­rie du complot).

    Les pauvres seraient pauvres parce que les plus aisés y ont intérêt ?

    L’au­teur répond-il à la question :

    Qui sont les classes aisées ?

    D’ou tirent-elles leur richesse ? du travail ?

    À quoi aspirent les classes moyennes ou pauvres en emprun­tant ? (à rejoindre les classes aisées ?)

    Le chô­mage baisse et la situa­tion sociale et éco­no­mique devrait s’a­mé­lio­rer d’au­tant que les baisses d’im­pôts (pour les plus aisés : les seules effi­caces éco­no­mi­que­ment) accom­pa­gnée des cré­dits d’im­pôts (pour les moins aisés : efficaces)boosteront l’activité.

    Qui crée l’ac­ti­vi­té ? l’emploi ?

    La théo­rie de l’au­teur du site (Étienne), théo­rie du com­plot, est trans­po­sée par Éric dans le domaine éco­no­mique : je relève une même ligne de pen­sée, vous devriez vous ren­con­trer si ce n’est déja fait !

    L’é­co­no­mie n’im­prègne-t-elle pas trop le politique ?

    Aujourd’­hui, les citoyens des classes moyennes ne sont-ils pas déja suf­fi­sam­ment aisés ? Ne sommes-nous pas dans une course au tou­jours plus ?

    Ima­gi­nons la Chine et l’Inde se déve­lop­pant comme nos pays occi­den­taux, la pla­nète ne pour­rait pas y sub­ve­nir, serait pol­luée irré­ver­si­ble­ment ; autre­ment dit, il faut revoir le sys­tème éco­no­mique dans lequel nous vivons et stop­per la course au tou­jours plus, mais sur­tout sor­tir de ces théo­ries du com­plot impré­gnant tel­le­ment de prises de posi­tions afin de faire naître un monde plus juste et plus sage, plus pur !

    Ami­ca­le­ment.

    Réponse
  10. Étienne

    @ Edouard :

    Il me semble qu’il ne suf­fit pas d’a­li­gner les mots « théo­rie », « du » et « com­plot » pour tenir lieu d’ar­gu­ment ; ce serait trop facile : pas besoin du moindre argu­ment ; une for­mule toute faite suf­fi­rait à se dis­pen­ser de réflé­chir davan­tage… Ça me fait pen­ser à l’ac­cu­sa­tion com­mode et expé­di­tive de « popu­lisme » qu’on trouve sou­vent dans les mêmes bouches : il faut sou­te­nir point par point ce qu’on avance, d’un côté comme de l’autre.

    Trai­ter l’autre de para­noïaque, même indi­rec­te­ment comme le fait l’ac­cu­sa­tion d’en tenir pour une théo­rie du com­plot, voi­sine le degré zéro de l’ar­gu­men­ta­tion, je trouve.

    Ceci dit, vous avez peut-être des argu­ments pour démon­trer l’exa­gé­ra­tion para­noïaque que vous sus­pec­tez, mais ce serait bien d’en voir appa­raître ici au moins le début d’un :o)

    Pour moi, démen­tir la réa­li­té de la lutte des classes, c’est aus­si sérieux que de nier que le soleil brille : le conflit d’in­té­rêt pro­fond et durable qui existe entre ceux qui s’en­ri­chissent sans tra­vailler et ceux qui s’ap­pau­vrissent en tra­vaillant est sim­ple­ment une évi­dence. Le fait que cette injus­tice est ver­rouillée par les uns aux dépens des autres au moyen du droit, dont les sources sont sous contrôle de classe en est une autre et j’ai mille élé­ments de fait pour sou­te­nir cette affir­ma­tion. Com­men­cez par comp­ter les ouvriers à l’As­sem­blée natio­nale, au Congrès amé­ri­cain ou au Par­le­ment euro­péen, par exemple.

    Quant à pré­tendre que les plus aisés sont les plus effi­caces éco­no­mi­que­ment et qu’il faut les rendre plus riches encore pour ser­vir l’in­té­rêt géné­ral, cela demande éga­le­ment à être prou­vé, c’est le moins que l’on puisse dire.

    ÉC

    Réponse
  11. edouard Laugthon

    bon­jour Etienne,

    Votre Site contient une foule d’in­for­ma­tions très riches .

    vous rele­vez que le nombre d’ou­vriers est faible au sein de la repré­sen­ta­tion natio­nale et vous en faites un argu­ment pour sou­te­nir que le peuple est sous le contrôle de quelques uns. C’est un argu­ment qui cache d’autres réa­li­tés : pour­quoi n’y a t- il pas plus d’ou­vriers ? d’employés ? mais plu­tôt des méde­cins , des pro­fes­seurs des fonc­tion­naires de caté­go­ries A ?

    Confier la res­pon­sa­bi­li­tés du vote de lois revient sou­vent aux plus ins­truits, même Socrate l’affirmait.

    Des can­di­dats ouvriers ou employés il y en a par­fois plus que pour les autres caté­go­ries sociales mais ils ne sont pas élus.…

    vous écri­vez par ailleurs :
    « entre ceux qui s’en­ri­chissent sans tra­vailler et ceux qui s’ap­pau­vrissent en tra­vaillant est sim­ple­ment une évidence. »

    il serait bon de dire com­bien de riches s’en­ri­chissent sans tra­vailler, et com­pa­rer ce nombre à com­bien de pauvres le res­tent parce qu’ils ne veulent pas tra­vailler, non sérieu­se­ment Etienne, ceux qui sont riches ont sou­vent beau­coup tra­vaillé , inven­té , crée, ils ont su innover.…les gens que vous dési­gner sont fort peu nom­breux, à lire cette affir­ma­tion , je crois lire un slo­gan com­mu­niste des années 1980

    De plus , il y a de nom­breux pauvres en France mais le niveau de vie à consi­dé­ra­ble­ment aug­men­té, la situa­tion des fran­çais s’est lar­ge­ment amé­lio­rée sur­tout maté­rielle. Vous le savez très bien .…

    qaunt à l’aide fis­cale aux plus riches , elle est effi­cace car ce sont eux qui ensuite crée de l’emploi ‚ils prennent plus de loi­sirs ( et cela crée des emplois par ex. ), ils inves­tissent la marge impor­tante qu’ils récupèrent

    les moins aisés sont aus­si beau­coup aidés, plus que les riches, en quoi cela est il plus effi­cace ? par une relance de la consom­ma­tion sou­te­nue par l’argent de l’E­tat qui pro­vient d’ou ? essen­tiel­le­ment des plus riches…ou des classes moyennes , en fait cet argent est dis­tri­bué mais il a d’a­bord été ponc­tion­né. Pour la jus­tice sociale oui mais pour l’ef­fi­ca­ci­té créa­trice ‚non !

    la théo­rie du com­plot est pré­sente dans votre argu­men­ta­tion , vous la sou­te­nez par des mots peu sereins et exa­gé­rés, il s’en trou­vet dans tout le site :un ex. édulcoré :

    • les ban­quiers et les finan­ciers hors contrôle public sont les pires para­sites de l’espèce humaine.

    je ne vous ferais pas la liste des mots alar­mistes que vous employez cou­ram­ment mais ils illus­trent le côté très ATTAC ou col­lec­tif de gauche de votre entreprise

    Dans votre essai de constitution
    , vous pré­sen­tez un article du style  » abro­ga­tion de la misère publique « , tout àfait d’ac­cord mais ce n’est ni la place ‚ni juri­dique de l’ins­crire dans une constitution

    alors pour conclure, je pense sin­cè­re­ment que vous avez une ten­dance à l’exa­gé­ra­tion ‚pas à être para­noiaque . mais ce sens de l’exa­gé­ra­tion dans votre action est cer­tai­ne­ment une QUALITE puis­qu’elle per­met d’a­ler­ter les citoyens que tout n’est pas par­fait, elle leur per­met de s’in­ter­ro­ger comme je le fais ici

    Alors gar­dez cette qua­li­té, elle est l’at­trait de votre démarche

    Edouard

    Réponse
  12. Edouard Laugthon

    Re

    une der­nière remarque : vous devez pas­ser un temps fou à cette entreprise ?

    à ce titre , je res­pecte votre tra­vail et sachez que comme sans doute beau­coup de vos inter­lo­cu­teurs , je n’ai pas le temps de répondre avec suf­fi­sam­ment de pro­fon­deur à vos inter­ro­ga­tions n’é­tant pas « armé  » comme vous l’êtes …vous connais­sez vos dossiers

    l’im­pres­sion que je vous ai lais­sé n’est donc qu’une pre­mière impres­sion, je le recon­nais volon­tiers mais vous faites tout pour faire bondir !

    parc ertains côtés votre site est aus­si déso­lant et inquié­tant que le jour­nal télé­vi­sé :un recueil de mau­vaises nou­velles heu­reu­se­ment hau­te­ment discutables

    bonne bagarre

    Réponse
  13. Vladimir

    Bon­jour,

    Étienne n’est pas seul :

    dans l’article du jour du Parisien

    Coup de froid sur la crois­sance : c’est la mau­vaise sur­prise de l’é­té, l’é­co­no­mie fran­çaise a ralen­ti au 2e trimestre.
    L’in­ves­tis­se­ment des entre­prises est au point mort et la consom­ma­tion des méage pro­fite sur­tout aux importations.
    La ren­trée s’an­nonce rude.

    Un cha­pitre intéressant :

    L’effet Sar­ko­zy n’a pas eu lieu
    Nico­la Bou­zou expert à Astres, socie­té d’études économiques

    Les cri­tiques se mul­ti­plient et ne sont pas près de s’arrêter !!!

    Réponse
  14. Eric

    Un débat inté­res­sant, j’y apporte mon grain de sel. Le pro­blème lorsque nous débat­tons éco­no­mie est que nous res­tons enfer­més dans les dogmes qui sont ensei­gnés dans les uni­ver­si­tés et autres écoles de commerce.

    Il me semble qu’il serait inté­res­sant pour tous les défen­seurs de la créa­tion de richesse et du mar­ché de véri­fier s’ils connaissent bien ce qu’est la mon­naie et quels rôles lui ont été assi­gnés. Une zone de com­men­taire ne se prête pas à un si fas­ti­dieux rap­pel. J’in­site tous les lec­teurs de ce com­men­taire à se docu­men­ter sur la mon­naie, la façon de la créer et sur les rôles qui lui sont assi­gnés. Et sur­tout sur QUI est à l’o­ri­gine de sa créa­tion, quels sta­tuts pos­sèdent la FED, et les autres banques centrales …

    Si nous chan­gions de paradigme :

    L’ho­mo oeco­no­mi­cus cher à la théo­rie clas­sique ne rai­son­ne­rait que par appât du gain. Tout peut se mon­nayer… En réa­li­té ces affir­ma­tions sont fausses et toute la théo­rie éco­no­mique avec. Avez-vous fait des enfants par appât du gain ? Pour­quoi offrez-vous un cadeaux à un ami ? Atten­dez-vous un retour sur cet « inves­tis­se­ment » ? Pra­ti­quez-vous un sport pour gagner plus d’argent ?

    Les exemples de la vie quo­ti­dienne pour­raient être mul­ti­pliés à l’in­fi­ni. Non, l’Homme n’a­git pas seule­ment par ratio­na­li­té éco­no­mique. Oui, l’al­truisme peut créer de la richesse !

    Et en réa­li­té faut-il créer de la richesse au sens monétaire ?

    Nous tou­chons ici la dis­tinc­tion entre valeur d’é­change et valeur d’u­sage . Dans nos socié­tés il sem­ble­rait que seule la pre­mière nous inté­resse. C’est pour­tant fon­da­men­ta­le­ment la moins utile. Ce qui compte, c’est ce qu’il est pos­sible de faire avec un bien. Peu importe la valeur moné­taire de ce bien. Un nau­fra­gé sur une île déserte pré­fé­re­ra voir s’é­chouer sur la plage une caisse à outil qu’une car­gai­son de lin­gots d’or.

    Or nous l’ou­blions tous, mais nous sommes nau­fra­gés sur une petite pla­nète fra­gile. L’ap­pât du gain ne résou­dra pas les pro­blèmes de manque d’eau, de cli­mat, de surpopulation…

    Je ter­mine par un adage bien connu des éco­no­mistes : « les res­sources sont limi­tées et les besoins des hommes illi­mi­tés ». L’é­co­no­mie telle qu’elle est mise en oeuvre actuel­le­ment gère la rare­té, mais pas pour le bien de tous. Les manuels apprennent à cer­tains com­ment avoir une plus grosse part du gâteau. Il y a bien une lutte des classes même si cette expres­sion est deve­nue taboue. Et ne dites pas que le gâteau gran­dit, les res­sources sont rares, les éco­no­mistes le disent et ne se trompent pas car la pla­nète est finie. Cette fini­tude marque le maxi­mum des capa­ci­tés de pro­duc­tions… Jus­qu’au pro­chain voyage inter­si­dé­ral finan­cé par les banques centrales ?

    Voir :
    http://​www​.michael​jour​nal​.org/​i​l​e​n​a​u​f​.​htm

    http://​www​.siles​fem​mes​comp​taient​.com/​f​r​/​b​i​b​l​i​o​g​r​a​p​h​i​e​/​s​i​l​e​n​c​e​_​a​r​g​e​n​t​f​i​c​t​i​f​_​1​1​.​htm

    http://​www​.seli​daire​.org/​s​p​i​p​/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​1​410

    http://fr.wikisource.org/wiki/Silvio_Gesell_:_un_pr%C3%A9d%C3%A9cesseur_de_Keynes

    Réponse
  15. Edouard Laugthon

    Bon­jour Eric ,

    Je par­tage tout à fait votre affir­ma­tion suivante :
     » mais nous sommes nau­fra­gés sur une petite pla­nète fra­gile. L’ap­pât du gain ne résou­dra pas les pro­blèmes de manque d’eau, de cli­mat, de surpopulation… »

    C’est de ces pro­blèmes là dont il faut urgem­ment s’occuper.

    Et effec­ti­ve­ment il y a bien une lutte des classes et des approches par­tant de là , c’est dom­mage car il fau­drait dépas­ser ces cli­vages pour résoudre les problèmes.

    j’ap­pré­cie beauoup votre intervention

    ami­ca­le­ment

    Edouard

    Réponse
  16. Étienne

    « Les spé­cu­la­teurs se rabattent sur l’alimentaire »
    http://​www​.soli​da​ri​teet​progres​.org/​s​p​i​p​/​s​p​_​a​r​t​i​c​l​e​-​b​r​e​v​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​3​230

    Les prix de l’alimentaire aug­mentent aus­si vite que Gold­man Sachs et d’autres spé­cu­la­teurs appellent à inves­tir dans les pro­duits agri­coles, dont le sucre, le maïs, le blé et le café.

    « Si nous vivons un ralen­tis­se­ment mon­dial, ça n’affectera pas les pro­duits agri­coles car les gens mangent quand même » a dit un cour­tier en matière pre­mière cité par Bloom­berg. « L’acier, le mine­rai de fer, le nickel pour­raient souf­frir. Mais les gens iront dans les maga­sins ache­ter du pain et des patates. »

    Les même spé­cu­la­teurs et les gérants de hedge funds qui sont déjà les res­pon­sables de l’effondrement finan­cier actuel, dont Marc Faber et l’ancien asso­cié de George Soros Jim Rogers, sont aus­si der­rière l’envolée des prix agri­coles, ce qui va faire explo­ser les prix ali­men­taires. Dans un cour­riel du 16 août, Marc Faber écrit que les prix des pro­duits agri­coles sont « attrac­tifs », et conseille à ses clients d’y inves­tir. Les cour­tiers en matières pre­mières parlent déjà d’un dou­ble­ment des prix du sucre dès le mois de septembre.

    Pro­po­si­tion de slo­gan pour carac­té­ri­ser les finan­ciers spé­cu­la­teurs, goinfres insa­tiables, ren­tiers pré­da­teurs de l’hu­ma­ni­té : Action­naire = ver solitaire.

    « Il faut eutha­na­sier le ren­tier » disait John May­nard Keynes après une vie de tra­vail sur la mon­naie et pour résu­mer l’es­sen­tiel de sa réflexion.

    Réponse
  17. Vladimir

    Même à Wall-Street, on com­mence à comprendre :

    Pour un nou­veau New Deal
    Clas­sé dans : Éco­no­mie, Sub­prime — Paul Jorion @ 3:56 le Ven­dre­di 24 août 2007 :

    Bill Gross (William H. Gross) est un per­son­nage haut en cou­leurs. Il est Direc­teur des Inves­tis­se­ments à PIMCO, le plus impor­tant fonds mutuel d’obligations aux États–Unis (filiale du groupe Allianz). Son inté­rêt pour la com­bi­na­to­rique déter­mi­na son pre­mier métier de joueur pro­fes­sion­nel. Il uti­li­sa ensuite les méthodes éco­no­mé­triques et l’optimisation pour consti­tuer sa col­lec­tion phi­la­té­lique : il est l’un des deux col­lec­tion­neurs pos­sé­dant la série com­plète des timbres amé­ri­cains du XIXè siècle. Il est éga­le­ment très riche : la 233ème for­tune des États–Unis.

    Bill Gross a aus­si son franc-par­ler. À pro­pos des Col­la­te­ra­li­zed Debt Obli­ga­tions (CDO), que j’ai évo­quées lon­gue­ment dans Com­ment fonc­tionne l’indice ABX et dans La brouille des frères sia­mois, il décla­ra en juin que les inves­tis­seurs ne s’étaient pas aper­çus qu’il s’agissait de putains outra­geu­se­ment maquillées aux talons de 15 centimètres.

    Ce qui a fait la une aujourd’hui, ce sont des pro­pos de Bill Gross d’un tout autre ordre : son appel à un nou­veau New Deal, à l’image du pro­gramme socia­li­sant de Frank­lin D. Roo­se­velt qui, en 1937, avait remis sur ses pattes une Amé­rique KO sur le plan éco­no­mique. Avec la plon­gée du prix de l’immobilier amé­ri­cain que l’on connaît en ce moment, la Grande Crise, annonce–t–il, est de retour. Une baisse du taux direc­teur par la Fede­ral Reserve n’aurait pas l’effet escomp­té pour les consom­ma­teurs, en rai­son du repli des orga­nismes de cré­dit. Le seul impact pos­sible d’une telle mesure serait de relan­cer la spé­cu­la­tion qui a carac­té­ri­sé les années récentes aux États–Unis tout en por­tant le coup de grâce au dol­lar. Non, poursuit–il, la sor­tie du marasme ne dépend pas de mesures moné­taires mais de mesures fiscales.

    « Com­ment se fait–il qu’il ait été pos­sible au début des années 1990 de venir au secours des pirates des Caisses d’Épargne en dif­fi­cul­té, et en 1998 de prendre par la main le gra­tin finan­cier de Wall Street pour sau­ver le fonds Long Term Capi­tal Mana­ge­ment, alors que l’on s’apprête en 2007 à jeter aux loups deux mil­lions de pro­prié­taires ? » Et il ajoute, à l’intention du pré­sident : « Sor­tez votre ché­quier : tirez–les d’affaire, stop­pez une défla­tion des­truc­trice de l’immobilier que Ben Ber­nanke [le pré­sident de la Fede­ral Reserve] est bien inca­pa­bler d’arrêter. Après tout, “W” (*), c’est bien vous, n’est-ce pas ? qui — comme vous l’affirmez aux quatre vents — décidez ? »

    (*) L’initiale qui dis­tingue le pré­sident actuel, George W. Bush, de son père : George H. W. Bush.

    http://​www​.paul​jo​rion​.com/​b​l​og/

    Réponse
  18. Étienne
    « Patrick
    Artus explique la crise financière »

    aux Matins
    de France Culture
    ce lun­di matin, 27 août
    2007 : 

    http://​www​.radio​france​.fr/​c​h​a​i​n​e​s​/​f​r​a​n​c​e​-​c​u​l​t​u​r​e​2​/​e​m​i​s​s​i​o​n​s​/​m​a​t​i​n​s​/​f​i​c​h​e​.​p​h​p​?​d​i​f​f​u​s​i​o​n​_​i​d​=​5​5​160

    Un entre­tien
    deve­nant, au fil de la conver­sa­tion, de plus en plus
    inté­res­sant. Voi­ci mes notes :

    L’entretien
    com­mence à la minute 0:20 (7h20) :

    on n’a pas d’inflation
    [Patrick Artus
    devrait peut-être pré­ci­ser qu’il parle
    des prix des biens et ser­vices, alors que les actifs, eux, sont en
    situa­tion d’inflation]
     ;
    notre vrai grand pro­blème est la 
    baisse de nos parts de mar­ché
     
    [Patrick Artus
    ne dit pas un mot pour sug­gé­rer que ces dra­ma­tiques pertes
    de parts de mar­ché vien­draient peut-être de la chien­lit
    lais­sez-fai­riste
    en odeur de sainteté
    à
    l’OMC et à l’UE
    — poli­tique autoproclamée
    « libé­rale » alors
    qu’elle est objec­ti­ve­ment antilibérale —
    qui expo­se­rait nos indus­triels désarmés
    à la concur­rence déloyale de pays qui produisent
    à très bas coût en dégradant
    les hommes et l’environnement]
     ;
    insuf­fler du pou­voir d’achat serait jeter l’argent
    public par les fenêtres des impor­ta­tions
    [Patrick Artus
    n’envisage pas une seconde de pro­té­ger nos
    indus­tries et nos ser­vices en inter­di­sant les impor­ta­tions déloyales]
     ;
    la France se dés­in­dus­tria­lise, plus que ses
    voi­sins ; en des­sous de 2% de croissance,
    la puis­sance publique n’a pas de marge de manœuvre,
    pas d’argent pour finan­cer ses projets ;
    résu­mé du méca­nisme du prêt
    immo­bi­lier à des insol­vables en pariant que
    l’augmentation de la valeur de la mai­son de
    l’emprunteur va lui per­mettre de rem­bour­ser, ce qui ne
    fonc­tionne que si les prix immo­bi­liers flambent, ce qui ne peut pas
    durer éter­nel­le­ment… 
    Tout cela per­met­tait d’annoncer dès
    le départ que tout allait bientôt
    s’effondrer.

     Ne pas rater
    les minutes 0:50 (7h50) et suivantes :

    « le prix des actif n’a plus
    aucun rap­port avec la valeur des biens réels
    qu’ils repré­sentent
    et ça
    c’est très grave ; De plus, on
    ne fait pas por­ter le risque sur les bonnes per­sonnes : pour
    évi­ter les crises ban­caires, on a ima­gi­né de
    « répar­tir
    le risque »

    sur la mul­ti­tude des petits inves­tis­seurs (fra­giles et mal
    infor­més !) plu­tôt que sur les banques
    (dont
    c’est pour­tant le métier et la seule bonne raison
    d’être !

    Ce sont les banques qui « prêtent mieux
    que les autres », ce sont elles, nor­ma­le­ment, qui
    devraient cou­rir le risque inhé­rent aux prêts)
    parce qu’elle ne le veulent pas ! Or, tous ces
    petits inves­tis­seurs sont en train
    d’exploser. »

     
    [Fina­le­ment,
    ce sont les banques qui ne font plus leur métier :
    elles ne veulent plus que s’enrichir sans prendre aucun
    risque ; c’est ce qu’on com­prend tous
    depuis quelques mois.]

     « On
    a vu venir la crise de l’immobilier américain,
    ça c’était
    évident : immense res­pon­sa­bi­li­té des
    banques qui pro­posent un cré­dit très
    popu­laire qui s’appelle
    « 2–28 », avec un taux
    à 2% pen­dant les deux pre­mières années
    et 8 ou 9% pen­dant les 28 ans sui­vants :
    tout le monde sait qu’au bout de deux ans, il ne peut plus
    payer, mais ce que tout le monde espère, c’est
    qu’au bout de deux ans sa mai­son aura pris suf­fi­sam­ment de
    valeur pour qu’il puisse se réen­det­ter sur la
    valeur de sa mai­son pour payer des inté­rêts plus
    éle­vés. À par­tir du jour où
    le prix des mai­sons a ces­sé de mon­ter, ils ont tous fait
    faillite et ça on le savait.
     »

     « Ce
    qu’on avait pas pré­vu c’est cette
    bizar­re­rie que tout d’un coup plus per­sonne ne vou­drait plus
    rien ris­quer. Ce n’est pas une crise de
    liqui­di­tés, il y a plein de liquidités,
    c’est une crise qui révèle que, dans la
    finance, tout peut se figer d’un coup : les
    banques qui ont plein d’argent refusent de prêter
    aux banques qui ont besoin d’argent, de peur de cou­rir un
    risque
    lié au sub­prime, ce qui conduit les banques
    en crise à sol­li­ci­ter les banques cen­trales (voir les
    opé­ra­tion de secours en fin de semaine). Per­sonne
    n’avait pré­vu que la finance
    s’arrêterait.
     »

     [Mon­sieur
    Sla­ma tresse alors dans sa chro­nique d’étonnants
    lau­riers à Ray­mond Barre, qui a pourtant
    été le plus grand malfaiteur
    éco­no­mique de France, celui qui a inau­gu­ré vingt
    ans de poli­tique publique au pro­fit exclu­sif des vieux riches rentiers.
    Passons.]

     Patrick
    Artus reprend la parole après le jour­nal, à la
    minute 1:20 (8h20) :

    « Qu’est-ce qui s’est
    pas­sé ? Au début des années
    2000, on a la crise Inter­net : effon­dre­ment des cours
    bour­siers, à la suite de ça, de très
    grosses dif­fi­cul­tés des entre­prises, effon­dre­ment de
    l’investissement et de l’emploi ; que font
    toutes les banques cen­trales pour limi­ter les
    dégâts ? Elle passent à des
    poli­tiques moné­taires extrê­me­ment agres­sives, donc
    on se retrouve avec des taux
    d’intérêts très bas

    et — aux États-Unis très vite et un peu
    plus len­te­ment en Europe—, on démarre la bulle
    immo­bi­lière
    , c’est-à-dire que
    tout le monde se met à s’endetter
    —c’est trop ten­tant—, les banques
    prêtent de façon libé­rale (les
    entre­prises ne s’endettent plus alors il faut bien trou­ver de
    nou­veaux clients), et les prix de l’immobilier se
    mettent à mon­ter puisque l’offre de produits
    immo­bi­lier ne peut pas aug­men­ter aus­si vite que la demande dans ces
    périodes-là
    , donc on a
    fabri­qué, depuis 2003 jusqu’à il
    n’y a pas long­temps, au début de cette
    année, un
    vrai sou­tien de l’économie

    qui s’est autoa­li­men­té avec des prix qui montent
    ce qui per­met aux gens de s’endetter plus faci­le­ment, ce qui
    donne à l’immobilier une rentabilité
    incroya­ble­ment plus éle­vée que les taux
    d’intérêt
    , et donc on a
    vrai­ment uti­li­sé ça… 

     Mais
    le vrai risque, c’est d’abord que ça
    ne peut pas durer indé­fi­ni­ment
    (la
    capa­ci­té à faire mon­ter les prix
    s’arrête quand plus per­sonne ne peut ache­ter de
    mai­son, et on voit qu’on n’en est pas loin,
    peut-être, en France, et on est en plein dedans au
    États-Unis), et puis ça cache la
    réa­li­té des effets de la glo­ba­li­sa­tion sur les
    pays qui souffrent parce qu’on a cru qu’on pouvait
    encore avoir de la crois­sance sans faire grand-chose malgré
    la glo­ba­li­sa­tion
    , on dit : « regar­dez
    on peut avoir 3% de crois­sance, qu’est-ce que
    c’est, ces his­toires sur les émer­geants qui nous
    prennent nos emplois, c’est pas vrai »
    ,
    mais c’était uni­que­ment dû à
    cet épi­sode de courte durée. »
    (…) La France peut, elle, voir la bulle
    conti­nuer un peu parce que la France connaît une
    situa­tion d’exclusion du prêt
    (tout une
    par­tie des Fran­çais qui n’ont pas accès
    aux prêts immo­bi­liers, contrats précaires,
    inté­ri­maires, CDD…) : chez nous, on a
    encore une marge d’accession à la
    pro­prié­té : il n’y a
    que 65% des Fran­çais qui sont pro­prié­taires de
    leur loge­ment
    , c’est très peu.

     AB :
    Quel est le sens éco­no­mique d’une politique
    d’accès à la
    propriété ? 

     PA :
    D’abord, ça cor­res­pond à une
    demande ; ensuite, éco­no­mi­que­ment, les
    pro­prié­taires de leur loge­ment n’ont plus de loyer
    à payer ce qui va faci­li­ter le pro­blème des
    retraites en baisse, mais atten­tion, comme en toute politique
    éco­no­mique, l’ennemi
    abso­lu est
    l’effet
    d’aubaine
    ,
    c’est-à-dire dépen­ser de
    l’argent public (rare) pour aider quelque chose qui
    se serait pro­duit mal­gré tout
    (!) et
    là, il y a un vrai dan­ger, si on aide des gens
    déjà rela­ti­ve­ment aisés à
    acqué­rir une mai­son s’ils avaient
    déjà acquis cette mai­son ou si le pro­mo­teur en
    pro­fite pour mon­ter les prix (il est bien
    docu­men­té que le prêt à taux
    zéro a sur­tout fait mon­ter les prix, donc le prêt
    a été confis­qué, fina­le­ment, par les
    construc­teurs) ; l’effet d’aubaine fait
    des dépenses publiques sans effet économique.

     Com­ment
    s’explique que l’immobilier prenne tant de place
    dans les économies ? 

     D’abord,
    on est dans un monde où ce qui compte le plus,
    c’est le prix des actifs
    , parce vous dites
    ça, mais pour les amé­ri­cains, le prix des
    actions, c’est au moins aus­si impor­tant. C’est un
    peu le pro­blème cultu­rel de nos banques centrales :
    quand on injecte de la mon­naie dans l’économie, si
    on fait ça il y a vingt ans, on fait de
    l’inflation, puisque les gens veulent ache­ter des biens, il
    n’y en a pas assez… ;
    Aujourd’hui, si vous vou­lez ache­ter une
    télé­vi­sion de plus, il y a un chi­nois qui sera
    content de la pro­duire, donc quand vous injectez
    aujourd’hui de la mon­naie dans
    l’économie, ce qui monte, c’est le prix
    des actifs
    , et c’est de là que vient le
    rôle de l’immobilier (et des autres
    actifs : les mar­chés bour­siers dans les pays anglo
    saxons…), donc c’est l’immobilier qui
    reflète nos déséquilibres
    moné­taires. 

     Et
    puis aus­si, c’est assez facile, ça marche

     : quand la Réserve fédé­rale a un
    pro­blème avec la crois­sance américaine,
    (jusqu’au point de satu­ra­tion, où on est, on le  disait à
    l’instant, mais) tant qu’on
    n’avait pas satu­ré la capacité
    d’endettement des Amé­ri­cains, on bais­sait les taux
    et tout de suite ça marche : tout de suite, les
    gens s’endettent, achètent des mai­sons, les prix
    des mai­sons montent, les gens sont plus riches 
    donc ils se réen­dettent, ils
    rachètent une mai­son plus grande, donc en plus
    c’est effi­cace.

     Cela
    étant 1) c’est dan­ge­reux (on voit ce qui se passe
    aux États-Unis), et 2) on voit pas pour­quoi les banques
    cen­trales ne s’occupent pas de ça et continuent
    à s’occuper du prix des biens
    [les banques
    cen­trales ne sur­veillent que la seule infla­tion des prix des biens et
    ser­vices, sans sur­veiller l’inflation des prix des actifs]

    puisque c’est ça (les prix de
    l’immobilier) qui reflète les
    dés­équi­libres finan­ciers, et 3) c’est
    quand même à nou­veau, dans la plu­part des pays,
    fini : on a usé cette corde jusqu’au bout
    et si on veut faire de la crois­sance et si ne réforme pas,
    ce qui fait que notre indus­trie conti­nue à
    décroître, cette ficelle-là, on ne
    pour­ra plus l’utiliser et là, on est un peu en
    peine d’en trou­ver une autre (sauf en France où il
    reste une capa­ci­té à s’endetter). Si
    on relance encore l’immobilier, les prix vont encore remonter

    et on arrive au bout.

     Com­ment
    ça marche une banque cen­trale ?
    (minute 1:28)
    (…) et donc les banques cen­trales règlent la
    quan­ti­té de mon­naie qui est en cir­cu­la­tion dans les
    éco­no­mies en ache­tant ou en ven­dant d’autres
    actifs contre de la mon­naie. Alors, le problème
    qu’on a, il est double, c’est que 1) à
    la dif­fé­rence du pas­sé, cette monnaie
    cir­cule :
    vous
    pou­vez, vous, vous endet­ter en yens pour ache­ter votre
    mai­son ; si vous êtes à Londres,
    ça se fait très cou­ram­ment, c’est plus
    de 90% des cré­dit immo­bi­liers en Hon­grie sont faits en yens
    ou en francs suisses, donc
    la
    banque cen­trale de Hon­grie ne contrôle plus rien mais
    c’est vrai aus­si dans la zone euro
    ,
    donc la zone euro ne contrôle plus la quan­ti­té de
    liqui­di­tés puisque la liquidité
    s’importe.

     2)
    Deuxiè­me­ment, il y a une source de créa­tion de
    liqui­di­té for­mi­dable qui est l’investissement
    des sur­plus des pays d’Asie, de la Chine, des pays
    pro­duc­teurs de pétrole
    , qui achètent
    des actifs et qui paient en mon­naie et donc les
    banques cen­trales sont confron­tées à
    l’irruption d’une mon­tagne de liquidités
    en per­ma­nence et qui, tant qu’elle sera là,
    fabri­que­ra les crises à répétition
    comme celle que nous venons de voir
    ,
    parce que,
    la nature humaine étant ce qu’elle est, tant
    qu’on a plein de liqui­di­té, les taux
    d’intérêt sont bas, et c’est
    très ten­tant de s’endetter pour ache­ter un actif,
    alors si c’est plus l’immobilier… Alors,
    le jeu entre éco­no­mistes, c’est de dire :
    l’immobilier c’est fini ; c’est
    quoi la pro­chaine bulle ? Alors vous dites : on va
    refaire les socié­tés technologiques…
    Il y en a qui disent : non non ça va être
    à nou­veau les émer­geants… Mais on
    refe­ra autre chose…

     Après
    la chro­nique d’Alain Duha­mel, Corinne Lepage pose une
    ques­tion impor­tante, minute 1:36 (8h36) :

     CL :
    Vous avez dit qu’un fos­sé se creuse entre la
    créa­tion de richesse finan­cière et la
    créa­tion de richesses maté­rielles. On peut
    consi­dé­rer qu’il est nor­mal que les
    liqui­di­tés repré­sentent dix fois, gros­so modo,
    — et encore dix fois c’est beau­coup —, ce
    que nous créons en richesses chaque année, en
    termes phy­siques. Mais là, on est dans des chiffres qui sont
    infi­ni­ment plus impor­tants, 60, 80 fois…
    Est-ce que vous pen­sez que c’est un système
    pérenne, durable ?

     PA :
    (…) Il y deux endroits où cette question
    (très impor­tante) se pose : il y a
    d’abord dans la façon de gérer les
    entre­prises, avec des objec­tifs plus ou moins financiers
    (…), ça  c’est
    le pre­mier niveau ; deuxième niveau : on a
    vu de plus en plus que la taille des mar­chés finan­ciers, par
    rap­port aux actifs qu’ils repré­sen­taient, devenait
    consi­dé­rable ; alors ce n’est pas vrai
    pour les actifs finan­ciers les plus simples (les actions, ça
    repré­sente le capi­tal des entre­prises, ni plus ni moins),
    mais c’est vrai pour tout ce qu’on appelle les
    pro­duits déri­vés qui sont de plus en plus gros
    par rap­port aux actifs sous-jacents (…) 

     Il
    faut dire : nor­ma­le­ment les produits
    déri­vés, ce sont des produits
    d’assurance
    , une entre­prise qui a fait
    cré­dit à une entre­prise, elle va
    s’assurer contre le risque que cette entre­prise aille mal,
    fasse faillite, en allant sur des mar­chés de produits
    déri­vés, et les pro­duits d’assurance
    ont un rôle tout à fait posi­tif, bien
    enten­du ; sauf que ces pro­duits ont
    été détour­nés de leur
    rôle : aujourd’hui, ce ne sont plus des
    pro­duits d’assurance, ce sont des pro­duits pour investisseurs.

     Alors,
    juste une his­toire qui est presque vraie : main­te­nant, on
    fabrique des obli­ga­tions qui sont liées aux risques
    auto­mo­biles et donc, sup­po­sez que cette obli­ga­tion commence
    à avoir une vie propre, en fonc­tion de l’offre et
    de la demande, (c’est-à-dire qu’un
    assu­reur qui assure des voi­tures revend sur le mar­ché une
    obli­ga­tion et si le risque auto­mo­bile devient… enfin
    s’il y a plus d’accidents que ce qui avait
    été anti­ci­pé, le prix de cette
    obli­ga­tion baisse), donc pour lui [pour
    l’assureur], c’est une façon de se
    déchar­ger du risque auto­mo­bile sur les inves­tis­seurs, sur
    les mar­chés.
    Nor­ma­le­ment, le risque automobile,
    c’est un truc réel, c’est com­bien y a de
    gens qui sont ren­trés les uns dans les autres, …
    enfin bon, sauf que si vous fabri­quez une finance
    décon­nec­tée de la réa­li­té
    ,
    cette obli­ga­tion, par exemple, va avoir son prix qui chute si plus
    per­sonne ne veut l’acheter pour une rai­son quel­conque (comme
    on l’a vu ces jours-ci sur les mar­chés), et
    l’assureur, du coup, va mon­ter les primes
    d’accident et donc, vous, vous paie­rez plus cher votre prime
    d’assurance auto, pas parce que vous avez plus
    d’accidents, mais parce que les mar­chés financiers
    ne veulent plus ache­ter les obli­ga­tions liées aux assurances
    auto. C’est exac­te­ment ce qui s’est
    pas­sé sur les entre­prises depuis trois semaines un mois
    où les entre­prises vont payer plus cher leur dette
    sim­ple­ment parce que les pro­duits struc­tu­rés de la dette ne
    trouvent plus d’acheteur.

     Donc,
    je crois que ce n’est pas tellement
    l’effet de taille pur qui pose problème,
    c’est sur­tout cette inver­sion
    de cau­sa­li­té
     : ce n’est plus
    l’économie réelle risque le prix des
    actifs finan­ciers, c’est le prix des actifs finan­ciers qui
    fabrique le prix de l’assurance, en gros, dans
    l’économie réelle, et là
    c’est très très dan­ge­reux… 

     AB :
    Alors, vous dites : « on doit
    réflé­chir », c’est
    qui, « on » ?

     PA :
    Ben, nor­ma­le­ment, nous avons des gens qui sont payés pour
    ça, ça s’appelle des banques centrales,
    alors peut-être, plu­tôt que de s’exciter
    pour savoir si l’inflation sera de 1,75 ou de 1,80, il
    fau­drait peut-être qu’ils regardent ce genre de
    question… (…) »

     J’ai
    fait un fichier mp3 des extraits utiles
    pour consul­ter cet entre­tien plus tard :
    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​m​e​s​s​a​g​e​s​_​r​e​c​u​s​/​2​0​0​7​_​0​8​_​2​7​_​P​a​t​r​i​c​k​_​A​r​t​u​s​_​c​r​i​s​e​_​f​i​n​a​n​c​i​e​r​e​.​mp3

    Réponse
  19. Étienne

    « Spé­cu­la­tion immo­bi­lière, ralen­tis­se­ment économique
    Quand la finance prend le monde en otage »

    http://​www​.monde​-diplo​ma​tique​.fr/​2​0​0​7​/​0​9​/​L​O​R​D​O​N​/​1​5​074

    C’est un excellent article de Fré­dé­ric Lor­don dans Le Monde diplo­ma­tique de sep­tembre (seul un court extrait est sur le net ce mois-ci : il faut ache­ter le journal). 

    Lire éga­le­ment, sur la par­tie inter­ac­tive du site du Diplo, un autre article du pétillant Lordon :

    « Spé­cu­la­tion immo­bi­lière, ralen­tis­se­ment économique
    Com­ment pro­té­ger l’économie réelle » :

    http://​www​.monde​-diplo​ma​tique​.fr/​2​0​0​7​/​0​9​/​L​O​R​D​O​N​/​1​5​165

    « En com­plé­ment de son article publié dans Le Monde diplo­ma­tique de sep­tembre, et qui ana­lyse la crise finan­cière par­tie cet été du mar­ché amé­ri­cain du cré­dit immo­bi­lier (lire « Quand la finance prend le monde en otage »), Fré­dé­ric Lor­don livre, dans cet article exclu­sif pour notre site Inter­net, ses pistes de réflexion sur la finance… et les moyens de limi­ter sa suprématie.

    Cet ensemble d’articles fait l’objet d’un débat sur notre site http://​blog​.mon​de​di​plo​.net/​-​E​n​-​d​e​b​at-. »

    Edouard devrait trou­ver dans mes deux der­niers mes­sages (une par­tie) des expli­ca­tions qu’il cherche sur la crise immo­bi­lière ;o)

    Réponse
  20. guilloualain

    S’il y a cha­vi­re­ment du navire capi­ta­liste, ce ne sont pas les gens des ponts supé­rieurs qui en crè­ve­ront : ils ont leurs bras­sières et leurs accés pri­vi­lé­giés aux embar­ca­tions de secours où ils ont déjà leurs stocks de sur­vie. Ce sont les galé­riens et ceux qui servent de lest de réserve « en fond de cale », qui seront perdus.

    Cela ne signi­fie pas qu’a­vant le cha­vi­rage « le capi­ta­lisme avait du bon pour ces gens des ponts inférieurs » !

    Mais que font les contes­ta­taires « anti­li­bé­raux » d’au­jourd’­hui, si ce n’est don­ner l’a­lerte et récla­mer la mise en chan­tier d’un tout autre navire ?

    La « moder­ni­té » est encore très loin , et nous revoi­ci tou­jours bien proches du vieux quai de départ, sur lequel nous avions lais­sé un archi­tecte naval bar­bu nous décrire cette « phase ultime des tra­ver­sées de crise » :

    Marx fait par­tie des clas­siques que l’on brû­la un peu pré­ci­pi­tam­ment ! (en fait, avant de l’a­voir vrai­ment lu !).

    … Bien sûr, on se repose les méninges, alors une chaise longue en pre­mière classe nous auto­rise à res­ter optimistes :

    « Y a qu’à mettre un peu plus de trans­pa­rence, voire, chan­ger le nom et le pavillon du navire, si « Tita­nic » est de mau­vais goût ! »

    (il y a des chan­tiers spé­cia­li­sés dans les opé­ra­tions « cosmétiques »…)

    Bien ami­ca­le­ment.

    Réponse
  21. Étienne

    « Nor­thern Rock : la bulle immo­bi­lière bri­tan­nique a explosé »

    http://​www​.soli​da​ri​teet​progres​.org/​s​p​i​p​/​s​p​_​a​r​t​i​c​l​e​-​b​r​e​v​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​3​321

    « 19 sep­tembre 2007 (Nou­velle Soli­da­ri­té) - Après la ruée sur les filiales de Coun­try­wide Finan­cial à la mi-août en Cali­for­nie avec la panique du « sub­prime », c’est main­te­nant l’Angleterre qui est tra­ver­sée par un vent de panique. Depuis Ven­dre­di, des mil­liers d’épargnants de Nor­thern Rock, la 8e ins­ti­tu­tion finan­cière bri­tan­nique et le troi­sième plus gros prê­teur sur le mar­ché immo­bi­lier, se bous­culent aux gui­chets pour reti­rer leurs dépôts. Dimanche soir, la BBC éva­luait les retraits à 2,9 mil­liards de livres ster­ling, soit 12 % des 24 mil­liards de dépôts déte­nus par Nor­thern Rock. Le Sun­day Times esti­mait que ce mon­tant attein­drait bien­tôt 50 % du total disponible.

    Face à une telle panique, Nor­thern Rock a immé­dia­te­ment avan­cé que la Banque d’Angleterre lui prê­te­rait « autant que néces­saire » pour remé­dier à la crise. Mais ça n’a pas suf­fi, et lun­di dès 3h du matin, des mil­liers d’épargnants atten­daient aux portes des suc­cur­sales de Nor­thern Rock, et c’est le Chan­ce­lier de l’échiquier Alis­tair Dar­ling qui a dû annon­cer à la sor­tie de son entre­vue avec le secré­taire au Tré­sor amé­ri­cain Hank Paul­son, le chef de l’officieux Plunge Pro­tec­tion Team (le comi­té anti-plon­geon amé­ri­cain), que 100 % des dépôts seraient garan­tis par la Banque d’Angleterre.

    Alis­tair Dar­ling doit faire face à un dan­ger d’explosion en chaîne des ins­ti­tu­tions finan­cières du royaume, puisque dans le mael­strom du Krach finan­cier inter­na­tio­nal, c’est l’ensemble du sys­tème d’usure finan­cière bri­tan­nique qui est sur le point de chu­ter. Nor­thern Rock repré­sente 113 mil­liards de livres ster­ling (162 mil­liards d’euros) sur le mar­ché immo­bi­lier bri­tan­nique et a mas­si­ve­ment recours à des actifs titri­sés Cove­red Bonds pour assu­rer ses liqui­di­tés. Mais la peur depuis cet été sur les mar­chés des actifs titri­sés (que l’on peut désor­mais appe­ler les fic­tifs mépri­sés) et l’assèchement géné­ral du cré­dit inter­banques ont contraint Nor­thern Rock à recou­rir jeu­di 13 sep­tembre à la Banque d’Angleterre pour trou­ver des liqui­di­tés. Habi­tuel­le­ment, les ins­ti­tu­tions bri­tan­niques se tournent vers la BCE dont le méca­nisme de prêt est ano­nyme, mais il semble que les 75 mil­liards d’euros émis par la BCE le 12 sep­tembre n’étaient pas suffisants.

    En Grande Bre­tagne, la dette des ménages est supé­rieure à 100 % du PIB du pays (moins de 50 % en France), et est consti­tuée à 80 % par les emprunts immo­bi­liers. Si en France les taux d’intérêts sont des taux fixes dans 90 % des cas, au Royaume-Uni ils ne le sont que dans 5 % des cas. Ces taux variables subissent de plein fouet les cinq hausses suc­ces­sives de la Banque d’Angleterre ces 12 der­niers mois. Déjà 14 000 loge­ments ont été sai­sis outre-manche et 125 000 ménages connaissent de graves dif­fi­cul­tés de paie­ment. Les spé­cia­listes s’attendent à ce que dans les 18 pro­chains mois, 2 mil­lions de ménages voient leurs men­sua­li­tés exploser.

    Après l’explosion de la bulle immo­bi­lière amé­ri­caine cet été, c’est main­te­nant l’Angleterre qui subit le retour de bâton, et l’Espagne qui attend dans la peur son tour. La mort de l’économie finan­cière est sur le point d’emporter l’économie réelle avec elle. C’est le moment ou jamais d’établir un pare-feu pour pro­té­ger l’économie et les gens, en pre­nant modèle sur la bataille du Homeow­ners and Bank Pro­tec­tion Act menée par le Mou­ve­ment de jeunes de LaRouche outre-atlantique. »

    Réponse
  22. Étienne

    « Sys­tème moné­taire mon­dial – crise du dollar »
    http://​www​.hori​zons​-et​-debats​.ch/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​i​d​=​462

    « L’avidité a son prix.
    La crise ban­caire mon­diale démontre à quel point le train-train de la cupi­di­té trompe les populations »
    par Karl Mül­ler, Alle­magne :
    http://​www​.hori​zons​-et​-debats​.ch/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​i​d​=​447

    « Des inéga­li­tés destructrices »
    un bon article de Paul Fabra, dans Les Échos de ce ven­dre­di 21 septembre :
    http://​www​.lese​chos​.fr/​i​n​f​o​/​a​n​a​l​y​s​e​s​/​4​6​2​5​2​4​9​.​htm

    « La crise actuelle expli­quée en mille mots »
    Com­mu­ni­qué public GEAB N°17 (15 sep­tembre 2007) :
    http://​www​.alte​rin​fo​.net/​L​a​-​c​r​i​s​e​-​a​c​t​u​e​l​l​e​-​e​x​p​l​i​q​u​e​e​-​e​n​-​m​i​l​l​e​-​m​o​t​s​_​a​1​1​2​7​3​.​h​tml

    Réponse
  23. Adrien C

    Je viens de tom­ber sur un livre qui je pense est indis­pen­sable pour toute per­sonne sou­hai­tant en savoir davan­tage sur le monde actuel de la finance. Ma lec­ture est en cours, mais ce que j’y apprends est au-delà de ce que j’imaginais.

    Il s’a­git du livre « Le nou­veau mur de l’argent, essai sur la finance glo­ba­li­sée » de Fran­çois Morin paru au Seuil en sep­tembre 2006.

    Fran­çois Morin a été membre du Conseil géné­ral de la Banque de France et enseigne l’É­co­no­mie à l’u­ni­ver­si­té de Tou­louse I. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il sait de quoi il parle.

    Dans ce livre pas­sion­nant, mais com­pli­qué (il faut être moti­vé pour com­prendre ce que sont les dif­fé­rents mar­chés finan­ciers, le monep, le matif, et les pro­duits déri­vés tels les swaps, futures et autres war­rants, tou­te­fois l’au­teur nous les explique très bien), il met en valeur avec pré­ci­sion l’é­va­lua­tion de l’emprise de la finance sur l’é­co­no­mie réelle.

    Morin uti­lise une uni­té de mesure un peu spé­ciale, le « tera­dol­lar », c’est-à-dire 1000 mil­liards de dol­lars, pour mettre en valeur le poids de l’é­co­no­mie finan­cière sur l’é­co­no­mie réelle, et ce qu’il met en valeur est pro­pre­ment fou. Fou ! Je n’au­rai jamais ima­gi­né de telles (dis)proportions entre les deux sphères…

    Voi­ci l’un des tableaux du livre met­tant en valeur le PIB mon­dial face au volume des échanges sur les marchés :

    La sphère eco­no­mique mon­diale
    (uni­té = tera dol­lar, année 2002)

    Échanges et productions :

    -Tran­sac­tions sur déri­vés : 699

    -Tran­sac­tions de change : 384,4

    -Tran­sac­tions finan­cières : 39,3

    -Tran­sac­tion sur biens et ser­vices (PIB mon­dial) : 32,3 !

    -Tran­sac­tions com­mer­ciales inter­na­tio­nales (Impor­ta­tions de biens et ser­vices, non inclus dans le PIB) : 8

    Total : 1 155

    Ain­si, les tran­sac­tions rela­tives à l’é­co­no­mie réelle n’oc­cupent qu’une part infime du total des tran­sac­tions. La somme des tran­sac­tions réelles de la pla­nète (pro­duc­tion + échanges com­mer­ciaux inter­na­tio­naux) repré­sente 40,3 téra dol­lars, soit un rap­port de 1 à 28 par rap­port aux 1 155 téra dol­lars. Vertigineux…

    Le reste m’a l’air tout aus­si pas­sion­nant. Il met en jour le rôle des plus grandes banques mon­diales, com­ment le taux d’in­té­rêt direc­teur de la banque cen­trale, est for­te­ment influen­cé par ces banques, qui contrôlent le mar­ché des SWAPS (mar­chés sur lequel on négo­cie un prêt à taux d’in­té­rêt à taux fixe auprès d’un inves­tis­seur ins­ti­tu­tion­nel), et par là même com­ment quelques dizaines de banques ont conquis le vrai pou­voir de régu­la­tion monétaire.

    Étienne, je pense sin­cè­re­ment que vous devriez y jeter un oeil (si ce n’est déjà fait).

    Réponse
  24. Étienne

    Mer­ci Adrien,

    Je confirme l’in­té­rêt de ce livre, que j’a­vais signa­lé l’an pas­sé (sur la page Liens). Il est publié dans l’ex­cel­lente col­lec­tion « Éco­no­mie humaine » (Seuil) diri­gée par Jacques Généreux.

    Je pense que les hommes seront mal­heu­reux (oppri­més, condam­nés aux tra­vaux for­cés, au pro­fit de riches ren­tiers) tant qu’ils n’au­ront pas pris le contrôle public de leur mon­naie et, indis­so­cia­ble­ment, le contrôle (à tout moment) de leurs repré­sen­tants poli­tiques (car la sou­ve­rai­ne­té poli­tique découle de la sou­ve­rai­ne­té moné­taire, et pas l’inverse).

    Il fau­drait prendre la peine de retrans­crire ici quelques pages ful­gu­rantes de ce livre pour don­ner envie au plus grand nombre de le lire en entier.

    Pour ma part, je pro­gresse en ce moment dans les livres de Mau­rice Allais (c’est immense) et dans le livre déca­pant de Patrick Artus, « Les incen­diaires – les banques cen­trales dépas­sées par la glo­ba­li­sa­tion » (Per­rin). Je vous en repar­le­rai bientôt.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  25. Adrien C

    Le pro­ces­sus de libé­ra­li­sa­tion des années 1970–1995 ou com­ment s’est opé­ré l’avènement de la finance aux dépends de l’économie réelle. Une syn­thèse d’une par­tie du livre, le Mur de l’argent de Fran­çois Morin (Seuil, 2006).

    NB : il s’agit de la par­tie inti­tu­lée « Les fon­da­tions du mur ».

    Morin com­mence par résu­mer la doc­trine offi­cielle libé­rale : la libé­ra­li­sa­tion des mou­ve­ments des capi­taux a certes cau­sé une recru­des­cence des crises finan­cières, mais la sup­pres­sion des entraves à la cir­cu­la­tion de l’épargne a été une béné­dic­tion pour le déve­lop­pe­ment éco­no­mique par­tout dans le monde. De plus, la puis­sante et irré­ver­sible vague de trans­for­ma­tions des tech­niques de l’information et de com­mu­ni­ca­tion (l’informatique, l’Internet) a fait que l’extrême mobi­li­té des réseaux est deve­nue une réa­li­té incon­tour­nable. « Face à ces constats, le FMI affirme qu’il n’est pas pos­sible de reve­nir à un régime de res­tric­tion des flux de capi­taux, mais qu’il faut au contraire pro­cé­der à la libé­ra­li­sa­tion de manière ordon­née et bien enchaî­née, avec l’appui de poli­tiques macroé­co­no­miques saines, de sys­tèmes inté­rieurs ren­for­cés, et dans une plus grande trans­pa­rence. Enca­drée de la sorte, la libé­ra­li­sa­tion est non seule­ment inévi­table mais aus­si salu­taire. »Pour­tant, la ques­tion se pose quant à l’adhésion sys­té­ma­tique de ces prin­cipes au regard du déve­lop­pe­ment éco­no­mique actuel de notre planète.

    En une tren­taine d’année, le pro­ces­sus de libé­ra­li­sa­tion s’est éten­du à l’échelle de la pla­nète. De sorte qu’il s’est peu à peu amor­cé, des années 70 à la fin des années 90, l’avènement d’une finance réel­le­ment glo­ba­li­sée. Morin décline ce pro­ces­sus en quatre étapes :

    Etape 1 : sur le mar­ché des changes

    Il s’agit de l’abrogation des accords de Bret­ton-Woods et l’adoption des « taux de change flexibles » en 1971. Autre­ment dit, les mon­naies ne s’échangent plus à taux fixes, les­quels étaient déter­mi­nés par l’Etat et les banques cen­trales. Désor­mais, le mar­ché des changes se régule de lui-même.

    Ce pre­mier pas du pro­ces­sus de libé­ra­li­sa­tion externe a entraî­né très rapi­de­ment un chan­ge­ment consi­dé­rable dans l’échelle des mou­ve­ments inter­na­tio­naux de capi­taux. D’une dizaine de mil­liards de dol­lars tran­sac­tions quo­ti­diennes, le mar­ché des changes (lieu où l’on s’échange des mon­naies dif­fé­rentes) a fini par atteindre, envi­ron 2000 mil­liards de dol­lars en 2004, envi­ron 200 fois plus.

    Une des consé­quences iné­luc­table de cette ouver­ture du mar­ché des devises (lieu où l’on s’échange les mon­naies) sera une vola­ti­li­té de plus en plus mar­quée des taux de change (prix de l’échange d’une mon­naie par rap­port à une autre mon­naie). Elle aura pour consé­quence de géné­rer par la suite, une insta­bi­li­té moné­taire pério­dique à l’échelle mondiale.

    Note d’Adrien : Pour ma part, je crois qu’il faut attendre 1973 pour que le sys­tème des changes flexibles se mette en place défi­ni­ti­ve­ment. Dès lors, on peut consi­dé­rer, à l’instar de cer­tains éco­no­mistes comme F.Lordon, que cette date marque la fin des trente glo­rieuses. La crise du choc pétro­lier de 1974 serait un phé­no­mène conjoint, impor­tant mais bien moindre à celui de l’adoption du sys­tème des changes flexibles. En effet, depuis 1973 à ce jour, les sta­tis­tiques indiquent net­te­ment qu’en France, les fruits de la crois­sance reviennent davan­tage au reve­nu du capi­tal qu’aux reve­nus du tra­vail. Ain­si, ceux qui vivent des reve­nus du tra­vail essen­tiel­le­ment, se sont de manière signi­fi­ca­tive mais indo­lore pro­gres­si­ve­ment appauvris.

    Etape 2 : sur le mar­ché obligataire

    Au cours des années 80, la dette publique a été « titri­sé », c’est-à-dire qu’au lieu de recou­rir à la créa­tion moné­taire par l’inflation (phé­no­mène dit de « la planche à billet »), les Etats ont recou­ru aux mar­chés finan­ciers pour finan­cer l’intégralité de leurs défi­cits publics. Pour ce faire, L’Etat vend des titres : des bons du tré­sors (dettes de court terme, en géné­ral entre 2 et 5 ans) et des obli­ga­tions (en géné­ral plus de dix ans d’endettement.). Le but est d’accroître la concur­rence entre les éta­blis­se­ments ban­caires, et ain­si créer un mar­ché uni­fié des capi­taux qui fixe­rait les taux d’intérêts des créances de l’Etat. Autre­ment dit, depuis cette période les taux ne seraient plus fixés par l’Etat, mais bien par le marché.

    En fait , «  »l’explosion de la dette publique des pays avan­cé date de cette période » ( !!!). En effet, « La créa­tion de mar­ché obli­ga­taires a per­mis un finan­ce­ment non infla­tion­niste des défi­cits bud­gé­taire, mais une dette publique gigan­tesque s’est consti­tuée en quelques années. Le ser­vice de cette dette absorbe entre 20 et 25 % des dépenses bud­gé­taires des prin­ci­paux pays, obli­geant les gou­ver­ne­ments à émettre en per­ma­nence de nou­veaux titres et à la pla­cer sur les marchés. » »

    Etape 3 : sur les mar­chés des pro­duits dérivés

    Les mar­chés de pro­duits déri­vés sont très récents. Leur besoin s’est fait sen­tir du fait de l’instabilité du sys­tème des changes flexibles et des taux d’intérêts. Aus­si, les pro­duits déri­vés répondent au besoin de se pro­té­ger contre ses risques. Ils per­mettent, grâce à des mar­chés à terme, de fixer aujourd’hui (moment de la pas­sa­tion du contrat) le prix d’un bien – ou d’un taux d’intérêt – ou d’un taux de change – à une échéance don­née. Ces mar­chés sont appa­rus en 1972 aux Etats-Unis, en 1982 en Grande-Bre­tagne et en 1986 en France (MATIF et MONEP). Ces ins­tru­ments finan­ciers repré­sentent désor­mais des mon­tants consi­dé­rables, ce sont les mar­chés les plus actifs en terme de flux (la quan­ti­té de mon­naie qui y cir­cule bien plus éle­vée que sur le mar­ché des actions/obligations) et donne prise à des com­por­te­ments spé­cu­la­tifs, notam­ment à tra­vers l’activité des hedge funds très actifs sur ces marchés.

    Etape 4 : les mar­chés émergents

    Les entrée nettes de capi­taux dans les pays émer­gents (pays en déve­lop­pe­ment rapide et dis­po­sant d’un fort poten­tiel de crois­sance) ont grim­pé, pas­sant d’environ 50 mil­liards de dol­lars en 1987 à plus de 150 en 1995 (NB : aujourd’hui, c’est sûre­ment – au bas mot – 8 fois plus).

    Cette crois­sance a été favo­ri­sée par la libé­ra­li­sa­tion éco­no­mique et la mul­ti­la­té­ra­li­sa­tion des accords com­mer­ciaux. Grâce à l’informatique et aux réseaux, les inves­tis­seurs peuvent connaître en temps réel le prix des actifs à un coût minime : les nou­velles tech­no­lo­gies font qu’il est plus dur d’exercer un contrôle à l’entrée comme à la sor­tie des capi­taux internationaux.

    En réa­li­té, les apports de capi­taux sont foca­li­sés sur une ving­taine de mar­chés émer­gents, en fait prin­ci­pa­le­ment pays du Sud-Est asiatique.

    Conclu­sion : des acteurs finan­ciers surpuissants

    Ce pro­ces­sus a conduit à l’émergence d’acteurs de mar­chés puis­sants agis­sant sur l’ensemble des mar­chés de l’argent.

    Il s’agit des « inves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels » (Ber­nard Maris les appelle iro­ni­que­ment les « zin­zins »), agents struc­tu­rel­le­ment en capa­ci­té de finan­ce­ment, col­lec­tant l’épargne pla­cée par les par­ti­cu­liers (nos banques, nos assu­rances, nos mutuelles, groupes d’investissements ges­tion­naires de fond de placements).,Deux ont acquis une place domi­nante : les fonds de pen­sion et les fonds mutuels. « Orga­nismes gérant l’épargne des ménages et les coti­sa­tions des employeurs dans le cadre des retraites par capi­ta­li­sa­tion, les fonds de pen­sion sont très pré­sents aux Etats-Unis et ont connu une expan­sion consi­dé­rable ces vingt der­nières années. S’agissant des fonds mutuels, ce sont des ges­tion­naires de por­te­feuilles col­lec­tifs consti­tués d’actifs (actions, obli­ga­tions, pro­duits déri­vés). Leurs actifs et leurs reve­nus ont crû de façon qua­si expo­nen­tielle dans la même période. »Ces acteurs finan­ciers sont deve­nus, les nou­veaux inter­mé­diaires des éco­no­mies de mar­ché finan­cier. On a pen­sé qu’ils relé­gue­raient les banques à une place secon­daire, mais en réa­li­té, les grandes banques inter­na­tio­nales se sont trans­for­mées à leur tour en grands ges­tion­naires d’actifs, déve­lop­pant à tra­vers leurs dépar­te­ments spé­cia­li­sés des acti­vi­tés d’investisseurs ins­ti­tu­tion­nels (« Capi­tal risk », « Asset mana­ge­ment », « Mid­caps »)(1).

    La révo­lu­tion libé­rale à t‑elle atteint ses objec­tifs ? Si en appa­rence, la réponse est affir­ma­tive, on constate que l’émergence de puis­sants acteurs, consti­tue un véri­table « mur de l’argent ». De sorte que, la ques­tion se pose de savoir si ce mur consti­tue une pas­se­relle pour l’investissement et la crois­sance, ou si au contraire, il pèse de tout son poids sur le fonc­tion­ne­ment de l’économie mon­diale, pro­vo­quant chocs, insta­bi­li­tés, et inégalités.

    (1) Note d’Adrien : A cet égard, qui­conque se pro­mè­ne­ra autour de Ber­cy sera « secoué » en réa­li­sant le déve­lop­pe­ment incroyable en 5 ans des banques d’affaires d’Asset mana­ge­ment (Natixis, Caisse d’Epargne, etc) qui entourent le minis­tère, et qui ne sont autres que les lieux où notre épargne est pla­cée sur les mar­chés). Comme si, en fin de compte, « cette Bas­tille » avait été prise… par d’autres.

    En ce qui me concerne, je suis ter­ro­ri­sé à l’idée que mon ban­quier uti­lise ma petite épargne plus que moi… Bien sûr, les taux d’intérêt (plus faibles que l’inflation, mer­ci l’arnaque) en sont la contre­par­tie. Tout ceci me donne presque envie de tout thé­sau­ri­ser (sauf que, à 2% voir plus d’inflation par an, ça fait très mal).

    Réponse
  26. Adrien C

    Voi­ci une expli­ca­tion inté­res­sante de la crise des sub­primes de Jacques de Laro­sière, ancien direc­teur du FMI et de la banque de France sur le site de la radio de l’a­ca­dé­mie des sciences morales et politiques :

    http://​www​.cana​la​ca​de​mie​.com/​R​e​t​o​u​r​-​s​u​r​-​l​a​-​c​r​i​s​e​-​f​i​n​a​n​c​i​e​r​e​-​d​e​.​h​tml

    Je pense pour ma part qu’il est essen­tiel de s’in­te­res­ser au poids des « pro­duits déri­vés » de la finance par rap­port à l’é­co­no­mie réelle. Ce sont notam­ment, les « swaps de cré­dits », qui ont explo­sé sur les mar­chés et qui ont été la cour­roie de trans­mis­sion de cette crise. Une véri­table bulle des swaps existe, et elle n’a pas explosé.

    A ce sujet, on trouve des infos très inté­res­santes sur le site de la banque des régle­ments internationaux :
    http://​www​.bis​.org/​s​t​a​t​i​s​t​i​c​s​/​o​t​c​d​e​r​/​d​t​1​9​2​0​a​.​pdf
    Les chiffres affi­chés montrent que les déri­vés repré­sentent en décembre 2006, 465 000 mil­liards de dol­lars. Le PIB mon­dial se situe quant à lui entre 45 et 65 000 mil­liards de dol­lars, selon qu’on le cal­cul « nomi­na­le­ment » ou en « pari­té de pou­voir d’a­chat ». La dif­fé­rence entre la sphère des pro­duits déri­vés et celle de l’é­co­no­mie réelle est de 6 à 8, c’est effrayant !
    A noter, que dans le livre de Morin, le rap­port est bien supérieur.

    http://​www​.bis​.org
    La banque des régle­ments inter­na­tio­naux est « la banque cen­trale des banques centrales ».

    Un autre site inté­res­sant est celui de l’In­ter­na­tio­nal Swaps and Deri­va­tives Asso­cia­tion (ISDA). Les membres de cette asso­cia­tion sont les plus grandes banques et fonds de ges­tion du monde. Les sta­tis­tiques s’a­gis­sant du poids et de l’ex­plo­sion des déri­vés sont très inté­res­santes, mais on est vite « noyé » dans les chiffres et les termes ban­caires en anglais. Il faut du cou­rage, mais je pense qu’il y a beau­coup à en retirer :

    http://​www​.isda​.org/​c​_​a​n​d​_​a​/​p​d​f​/​I​S​D​A​-​M​a​r​g​i​n​-​S​u​r​v​e​y​-​2​0​0​7​.​pdf
    [
    http://​www​.isda​.org|http://www.isda.org|fr]

    Réponse
  27. stefan

    Mer­ci Adrien

    En fait on est ten­té de pen­ser que fina­le­ment si les banques revendent à tout va d’autres peuvent tirer leur épingle du jeu, j’en­tends des inves­tis­seurs étrangers,la Chine par exemple, ou ces dinau­sores entre eux… C’est tou­jours pareil les banques font la pluie et le beau temps et le sys­tème moné­taire res­semble à une mala­die « conta­gieuse » qui menace l’é­co­no­mie réelle.

    Il serait urgent tout de même d’être capable de régu­ler ce genre de pra­tiques pseu­do dés­in­fla­tion­nistes, en véri­té le grand n’im­porte quoi du monde de la finance qui montre toutes ses limites à se brû­ler les ailes…

    Réponse
  28. Lukas Stella

    L’INVENTION DE LA CRISE
    Escro­que­rie sur un futur en perdition
    Édi­tions L’Harmattan
    2012

    http://​www​.ama​zon​.fr/​I​n​v​e​n​t​i​o​n​-​C​r​i​s​e​-​E​s​c​r​o​q​u​e​r​i​e​-​F​u​t​u​r​-​P​e​r​d​i​t​i​o​n​/​d​p​/​2​2​9​6​5​6​9​064

    « La crise n’est pas une fata­li­té, ni un acci­dent de par­cours, c’est une inven­tion construite de toutes pièces, qui per­met au capi­ta­lisme finan­cier de par­faire sa domi­na­tion en usur­pant tous les pou­voirs. Nous sommes entrés dans l’État d’urgence d’une guerre ouverte contre les popu­la­tions. Ce n’est pas le dys­fonc­tion­ne­ment du sys­tème qui est ici en cause, mais bien l’économie elle-même dans son fonc­tion­ne­ment, son achè­ve­ment inévitable.

    Il s’agit main­te­nant d’appréhender le sys­tème sous tous ses aspects et dans toute la com­plexi­té de ses inter­ac­tions, pour mieux com­prendre com­ment la créa­tion de richesses a été acca­pa­rée par la haute bour­geoi­sie dans le pro­ces­sus de la mon­dia­li­sa­tion, accé­lé­ré par l’informatisation géné­ra­li­sée, la pro­li­fé­ra­tion des dettes, et par le pillage d’un futur déjà rui­né. L’escroquerie de ce temps décomp­té se pré­ci­pite, l’espace se res­treint aux mar­chan­dages et aux spé­cu­la­tions dévas­ta­trices, c’est alors que notre sur­vie s’amenuise dans les res­tric­tions, la misère et la barbarie.

    Le règne de l’exploitation et de sa ser­vi­tude, des sépa­ra­tions guer­rières et des arnaques mafieuses, paraît se réduire aujourd’hui au scé­na­rio d’une catas­trophe pro­gram­mée. Quand il n’y a plus d’avenir, on peut alors aban­don­ner les pré­ju­gés réduc­teurs d’un pas­sé révo­lu. C’est le moment de prendre le pou­voir sur ses propres condi­tions d’existence au cours de situa­tions incer­taines, par des pra­tiques liber­taires en coopé­rant tous ensemble à l’auto-organisation d’une démo­cra­tie générale. »

    Lukas Stel­la

    TABLE
    Guerre ouverte
    L’achèvement du capitalisme
    Une muta­tion accélérée
    Dettes publiques et pro­fits privés
    Les maîtres au-des­sus des lois
    Quand la finance condamne les politiques
    Tra­fi­co­tages sans entraves des accapareurs
    Le temps fait de l’argent, la dette de la monnaie
    Insta­bi­li­té de la cap­ta­tion des créa­tions de richesses
    La tyran­nie économique
    L’économie dépassée
    Futur en faillite
    L’escroquerie de la crise
    Pré­sages d’imposteurs
    Guerre sociale et haute bourgeoisie
    L’irruption des possibles
    De la conta­gion à l’épidémie
    Nous sommes le monde en devenir

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