Qui fixe le cap au navire ? Le capitaine ou l’armateur ? L’élu ou l’électeur ? (Alain)

5/07/2007 | 31 commentaires

Chers amis,

Je conti­nue à pui­ser dans l’œuvre d’A­lain des armes pour résister :

« L’an­tique com­pa­rai­son, tirée du navire et du pilote, n’a pas fini d’ins­truire les citoyens de leurs devoirs et de leurs droits. Pre­miè­re­ment appa­raît cette remarque de bon sens qu’on ne choi­sit pas le capi­taine d’a­près sa nais­sance, mais d’a­près son savoir. Et par là nous sommes déli­vrés d’un genre de ser­vi­tude, mais pour retom­ber aus­si­tôt dans un autre, car c’est le plus savant qui est capi­taine. Dès qu’il a fait ses preuves, tout est dit. Prompte obéis­sance, prompte et silen­cieuse, voi­là ce qui nous reste.

Il n’est pas dit que le simple mate­lot com­pren­dra tou­jours ; et le capi­taine n’est nul­le­ment ins­ti­tu­teur ; il n’en a pas le temps. Mais bien mieux, sup­po­sons qu’un capi­taine, et non sans renom­mée, soit au nombre des pas­sa­gers ; il n’est pas encore évident que celui-là aura le droit de dis­cu­ter, et d’ex­pli­quer aux mate­lots que la manœuvre à laquelle ils par­ti­cipent n’est peut-être pas la meilleure, ou la seule qui soit pos­sible ; car on agit mal si l’on pense à deux choses dont l’une exclut l’autre.

Ain­si le mate­lot rai­son­nable devra se per­sua­der lui-même qu’il doit croire celui qui est au gou­ver­nail, et que, lors­qu’on double l’é­cueil, ce n’est pas le temps d’exa­mi­ner. Et comme il n’est point du mate­lot de savoir où est l’é­cueil, quel est le risque, et à quel moment le navire est sauf, ce n’est jamais le temps d’exa­mi­ner. Aux fers, donc, l’es­prit fort qui dis­cute ; aux fers le mate­lot qui écoute. Son­gez main­te­nant à cette tra­ver­sée sans fin, et tou­jours périlleuse, que nous fai­sons tous sur un grand vais­seau ; son­gez qu’il n’y a point de port. C’est tem­pête de mon­naie, tem­pête de tra­vail, tem­pête de guerre tou­jours ! « Ne par­lez pas au capitaine. »

Il est vrai que l’on juge le capi­taine qui a per­du son navire, comme aus­si le machi­niste qui est venu but­ter sur l’obs­tacle. De même l’on vou­drait juger le géné­ral qui a atta­qué témé­rai­re­ment, et le colo­nel qui a fait fusiller un peu trop vite des hommes qui peut-être se sont mépris, ou bien qui ont fait ce que tous fai­saient. Mais ce genre de pro­cès ne conduit à rien ; car il n’est pas dit que le plus savant ne se trom­pe­ra jamais. Et, au sur­plus, il est bien aisé de mon­trer que l’homme de métier a fait pour le mieux. Enfin, à la rigueur, si l’on vou­lait prou­ver que la faute était évi­table, il fau­drait pou­voir recom­men­cer et faire mieux. Or on ne peut jamais recom­men­cer. La vague est autre, le brouillard est autre. Une situa­tion ne se retrouve jamais.

Ici le citoyen sou­vent s’a­ban­donne, et même se détourne par sys­tème de ces irri­tantes pen­sées. Mais il faut suivre la com­pa­rai­son. Le capi­taine du navire est juge des moyens ; il n’est pas juge de la fin. C’est l’ar­ma­teur qui dit où il faut aller. De même c’est le citoyen qui dit où il faut aller.

Mais, répond le tyran, il n’y a point de doute là-des­sus ! Vous vou­lez tous richesse et puis­sance. À quoi Socrate répon­dait : « Non pas d’a­bord richesse et puis­sance ; mais d’a­bord jus­tice. » La puis­sance donne un genre de sécu­ri­té, la jus­tice en donne un autre, qui ne contente pas moins la par­tie infé­rieure de l’homme, et qui contente aus­si l’autre. Et si l’on vou­lait sou­te­nir que l’homme reste indif­fé­rent devant les mas­sacres, les sup­plices, les empri­son­ne­ments, les sus­pi­cions, on ferait rire. Mais bien mieux, il y a un bon nombre d’hommes qui s’in­dignent de ces choses, toute crainte mise à part, et ce ne sont pas les pires. Et encore est-il que beau­coup d’hé­si­tants sui­vraient ceux-là s’ils ne se lais­saient étour­dir par les dis­cours bien payés, qui tou­jours plaident pour les pou­voirs, et non sans de fortes rai­sons que j’ai vou­lu ras­sem­bler ci-dessus.

Tout exa­mi­né, je conclus qu’il faut plai­der aus­si contre, réveiller tous les citoyens autant qu’on peut, et tenir ferme cette idée que les pou­voirs sont nos ser­vi­teurs, et non point nos maîtres. « Ou puis­sance d’a­bord, ou jus­tice d’a­bord. » Et ce n’est point au pilote, si savant qu’on le sup­pose, qu’il appar­tient de répondre. »

Alain, 1er juin 1927.

On nous sert sou­vent cet argu­ment que seul le capi­taine a la com­pé­tence pour bien navi­guer et que le peuple DOIT donc s’en remettre en toute confiance à ses élus, plus com­pé­tents que lui… Voi­ci donc un fort argu­ment en retour : admet­tons que le capi­taine soit le seul maître à bord, mais c’est pour gar­der un cap lui est impo­sé par son employeur (qui le sur­veille de près et peut le révo­quer à tout moment).

Les graines vont bien finir par ger­mer, non ?

Ami­ca­le­ment.

Étienne.

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Étienne

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31 Commentaires

  1. alkistis

    Je suis Euro­péen, je vis à Lon­don et j’é­cris pas très bien en Fran­çais mais je com­prends presque tout ce que vous écri­vez là, Etienne. Je suis avec vous !

    Réponse
  2. Étienne

    Mer­ci alkis­tis, join toge­ther :o)

    You can speak english, if you pre­fer ;o)

    Réponse
  3. juan nessy

    Affir­mer que l’ar­ma­teur est le citoyen est un rac­cour­ci plai­sant mais qui peut être trop facile. Je pré­fè­re­rais poser que c’est l’ex­pres­sion citoyenne qui fonde la direc­tion à suivre.

    Pour que cette direc­tion se fasse jour, on n’a rien encore inven­té de mieux que la démo­cra­tie, c’est-à-dire le choix par le vote entre dif­fé­rentes pro­po­si­tions de direc­tions à suivre. 

    Recon­nais­sons alors que les capi­taines poten­tiels ont en res­pon­sa­bi­li­té de défi­nir celles-ci. Une fois le vote opé­ré, le capi­taine choi­si n’est pas tota­le­ment infon­dé à dire que « sa » direc­tion est la bonne (au moins pour la durée de son mandat).

    Le défi­cit actuel tient sans doute moins aux qua­li­tés manoeu­vrières des capi­taines qu’à leur pré­ten­tion à incar­ner une direc­tion choi­sie, parce que, en fait, les direc­tions qu’ils ont pro­po­sées sont vagues, sans âme, trop par­ti­sanes. Par­fois même, tel Sar­ko­zy semble-t-il, ils en changent une fois élus… Ce qui serait presque ras­su­rant si, comme je le pré­tends, il a été élu plus pour exor­ci­ser des peurs sur un réel projet. 

    Le seul contrôle de l’ar­ma­teur serait alors de véri­fier que le capi­taine est adroit à la manoeuvre, qu’il sait évi­ter les écueils, et que, à défaut de connaître son port de livrai­son, il garde la car­gai­son en bon état !!!

    Réponse
  4. Étienne

    @ Juan :

    Qui est légi­time pour défi­nir la mis­sion du capi­taine et en contrô­ler la bonne exécution ?

    Le capi­taine lui-même ?!

    De votre réponse dépend la route que nous allons suivre : soit vers la démo­cra­tie, soit vers la tyrannie.

    Est-ce que limi­ter la par­ti­ci­pa­tion des citoyens à un vote « oui » ou un vote « non », en bloc, un vote tous les 5 ans, le choix unique entre « tout » et « rien », sans même de vote « blanc » pour pro­tes­ter contre les escro­que­ries, sur un pro­jet unique, sans pro­jets alter­na­tifs, est-ce un com­por­te­ment démo­cra­tique ? Où est le res­pect des indi­vi­dus ? Est-ce qu’un citoyen peut être réduit à un élec­teur ?

    Ne voyez-vous pas la dif­fé­rence entre un citoyen et un élec­teur ? Un élec­teur aban­donne à un autre homme qua­si­ment tous ses droits à réflexion poli­tique utile ; un élec­teur est un ser­vi­teur qui se croit maître, en pleine ser­vi­tude volon­taire. Qui ne voit, après deux cents ans d’ex­pé­rience pra­tique indé­niable, l’ex­clu­sion, la confis­ca­tion, por­tée de fait par l’élection ? 

    Sommes-nous donc, d’a­près vous, condam­nés — sans l’a­voir jamais déci­dé nous-mêmes direc­te­ment ! — à délé­guer notre sou­ve­rai­ne­té sans contrôle au lieu de l’exer­cer nous-mêmes dès que nous le jugeons nécessaire ?

    Le vote n’est pas une pro­cé­dure démo­cra­tique mais aris­to­cra­tique : on choi­sit le meilleur, ce qui la pure néga­tion de l’é­ga­li­té poli­tique, fon­de­ment basique de la démocratie. 

    L’ex­pres­sion « élec­tion démo­cra­tique » est un oxy­more, un assem­blage de mots contra­dic­toires. Certes, les élec­tions sont un pro­grès par rap­port à la tyran­nie, évi­dem­ment, mais elles ne sont pas du tout « la démo­cra­tie » ; tout au plus sont-elles un élé­ment (pro­fon­dé­ment cor­rup­tible, atten­tion) de ce que j’ap­pelle « la pré­his­toire de la démocratie ».

    Pour info, je vous rap­pelle un résu­mé récent (for­mat pdf pour une impres­sion propre sur une seule page) :
    « Cri­tique de nos pré­ten­dues « démo­cra­ties » ; plai­doyer pour un peuple consti­tuant et vigilant »

    On peut com­men­ter cette syn­thèse à cette adresse (sur ce blog) :
    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​0​7​/​0​3​/​3​1​/​6​1​-​p​o​u​r​-​u​n​-​p​e​u​p​l​e​-​c​o​n​s​t​i​t​u​a​n​t​-​e​t​-​v​i​g​i​l​ant.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne

    Réponse
  5. juan nessy

    @ Étienne :

    Je ne mécon­nais pas votre exi­gence sur la pure­té démo­cra­tique sinon répu­bli­caine !br>
    Je ne fai­sais que réagir par rap­port au texte de votre édi­to …Et je ne pense pas avoir écrit que le capi­taine était légi­time à défi­nir la direc­tion et à en contrô­ler la bonne exécution .

    J’ai écrit par contre que des capi­taines étaient légi­times à pro­po­ser des direc­tions et que les citoyens devaient se pro­non­cer par un vote sur les choix offerts. Encore faut-il qu’il y ait choix entre des pro­jets com­pré­hen­sibles et en prise avec le monde. Une fois le vote exer­cé, nous n’au­rons pas de mal à tom­ber d’ac­cord pour affir­mer que les citoyens doivent gar­der droit d’in­ter­ven­tion si le man­dat don­né n’est pas hono­ré. Ce droit est à coup sûr aujourd’­hui trop ténu (sauf à mani­fes­ter dans la rue), et les seuls contre-pou­voirs ins­ti­tu­tion­nels ou syn­di­caux trop affai­blis. Il n’est sans doute pas accep­table et d’ailleurs impro­duc­tif qu’il ne puisse s’exer­cer « léga­le­ment » qu’à l’oc­ca­sion de l’é­lec­tions sui­vantes. C’est sans doute ce qui explique l’al­ter­nance des votes entre pré­si­den­tielle, légis­la­tives, muni­ci­pales et régio­nales, voire européennes.

    Comme vous, je reven­dique le RIP, davan­tage de pro­por­tion­nelles, la péti­tion citoyenne… Les Suisses ont une expé­rience ancienne, avec ses propres tra­vers, qui pour­rait être uti­le­ment source d’ins­pi­ra­tion. Vous remar­que­rez que je n’ai pas spon­ta­né­ment évo­qué les jurys (ou comi­tés selon les auteurs) citoyens, qui vous sont chers. Comme Blan­dine Krie­gel, j’en redoute les déra­pages des­po­tiques plus ou moins réver­sibles. Ma vie pro­fes­sion­nelle et le spec­tacle de réunions de concer­ta­tion (urba­nisme, grands pro­jets, assem­blées de copro­prié­taires…) me laissent pour l’ins­tant, un peu dubi­ta­tif sur les risques d’ap­pe­ler inté­rêt géné­ral, ce qui le plus ouvent n’é­tait que l’ex­pres­sion de quelques inté­rêts par­ti­cu­liers, dits plus vio­lem­ment, ou avec une meilleure maî­trise de la com­mu­ni­ca­tion et de l’é­lo­quence : ces deux der­niers tra­vers ne sont hélas pas l’ap­pa­nage des capitaines !

    C’est donc prin­ci­pa­le­ment là ce qui nous dis­tingue : je reste atta­ché à un sys­tème élec­to­ral délé­guant man­dat, cor­ri­gé des droits fon­da­men­taux d’in­ter­ven­tion citoyenne évo­qués plus haut.

    Plus fon­da­men­ta­le­ment encore, je pense que la qua­li­té de la pen­sée citoyenne tient pra­la­ble­ment à la qua­li­té et l’in­dé­pen­dance de l’in­for­ma­tion qu’elle reçoit. Avant le jury citoyen, je don­ne­rais prio­ri­té à l’o­bli­ga­tion consti­tu­tion­nelle faite à l’É­tat de réser­ver un fonds, de ges­tion citoyenne (struc­ture à défi­nir), pour finan­cer toutes études et recherches visant, en par­ti­cu­lier et entre autres, à mesu­rer l’im­pact a prio­ri et a pos­te­rio­ri, des lois pro­po­sées ou votées. Ce serait un bon début d’é­cole citoyenne .

    Peut-on comp­ter sur Jacques Lang pour défendre tant de belles idées ?!!!

    Réponse
  6. Étienne

    Cher Juan,

    à votre réponse, je sens que j’ai sans doute été trop agres­sif sans le vou­loir ; par­don­nez-moi. Dès qu’on m’ex­plique que l’é­lu, parce qu’il a été élu, est fon­dé à déci­der sans nous (jus­qu’à la pro­chaine élec­tion) et à nous dic­ter sa loi, cela déclenche en moi une révolte inté­rieure de plus en plus pro­fonde. J’en veux beau­coup aux voleurs de pou­voir, ceux que j’ap­pelle les cra­to­crates.

    Comme vous, je redoute les pas­sions col­lec­tives et les bas sen­ti­ments de foules en colères. Mais pas au point de renon­cer à la par­ti­ci­pa­tion intense des citoyens à l’ac­tion poli­tique dans la cité : les démo­crates athé­niens avaient le même pro­blème et les méca­nismes de res­pon­sa­bi­li­té qu’ils avaient mis au point pour régu­ler les ini­tia­tives étaient sévères et rigou­reux, nous pour­rions nous en ins­pi­rer : par exemple, on ne par­lait pas à la légère à l’as­sem­blée ; celui qui avait trom­pé l’as­sem­blée était sévè­re­ment puni dès qu’on s’en apercevait.

    Réponse
  7. lucien

    Etienne,
    je l’é­cri­vais ce matin dans une autre par­tie du blog : c’est le moment pour vous de deman­der à Sar­ko­sy d’être invi­té à la réflexion sur les ins­ti­tu­tions aux côtés de Jack Lang :il vous invi­te­ra et vous pour­rez essayez de faire évo­luer la démocratie.

    c’est une chance aujourd’­hui , ayez le cran de lui écrire , c’est un homme pol­tique très ouvert : il vous répondra

    bon cou­rage

    Réponse
  8. juan nessy

    Ce que je pré­fère rete­nir d’A­thènes (qui n’a pas tou­jours été exem­plaire : on y cou­pait la tête des por­teurs de mau­vaises nou­velles !), c’est , de façon plus durable (presque au sens actuel de déve­lop­pe­ment durable), le sens du rela­tif et de la mesure, le fameux « jamais trop » de Socrate.

    Je conçois et je par­tage la défiance vis­cé­rale vis à vis des hommes (et femmes) de pou­voir, un peu comme un pay­san, qu’il soit bre­ton, auver­gnat, savoyard, picard, laisse venir et contrôle le petit nou­veau qui sait tout. Mais recul ne peut être haine, qui bloque tout espoir.

    Athènes et Sparte ont lais­sé le champ libre à Rome, Jéru­sa­lem, Venise, Amster­dam, New York et peut être bien­tôt un centre asiatique.

    Mais je suis d’ac­cord que notre pays, à son niveau, a encore des choses à dire à cette fou­tue espèce. À vous de voir, si comme le sug­gère Lucien, on peut signer cette contri­bu­tion, qui règle­rait la contra­dic­tion entre pou­voir et liber­té indi­vi­duelle, du double nom de Nico­las SARKOZY et de Étienne CHOUARD !
    Je note au pas­sage que si le pou­voir c’est le mar­ché plus que les élus, vous rejoin­driez dans l’a­na­lyse Jacques ATTALI, qui avance , selon moi avec une vision utile , que notre huma­ni­té est mena­cée d’un déra­page ‚tant du mar­ché que de la liber­té indi­vi­duelle (qui se fait caprice sans sou­ci de soli­da­ri­té). Il trouve des voies de solu­tion dans l’é­thique, la gra­tui­té, la res­pon­sa­bi­li­té et le savoir. Je me suis conten­té de lui chi­per le savoir comme pre­mière priorité.

    Réponse
  9. Étienne

    Lucien et Juan, à pro­pos de votre sug­ges­tion d’al­ler expli­quer mon point de vue à Nico­las Sarkozy :

    Voi­ci l’i­mage que cette idée me sug­gère : pro­po­se­riez-vous à la vic­time d’un viol, dans la recherche d’une démarche posi­tive et construc­tive, de se rap­pro­cher de son vio­leur pour lui expli­quer ce qui ne va pas et espé­rer qu’il com­prenne et amende son comportement ?

    Voi­là ; je crois que l’i­mage de « la vic­time vio­lée qui va cher­cher de l’aide auprès de son vio­leur » cor­res­pond bien au déca­lage que je res­sens en lisant votre pro­po­si­tion. Je cherche à sor­tir de notre ser­vi­tude, me com­pre­nez-vous ? Je n’as­pire pas à amé­na­ger ma ser­vi­tude, je cherche à faire de nos repré­sen­tants ce qu’il pré­tendent être : nos ser­vi­teurs, les sert­vi­teurs de l’in­té­rêt général. 

    Et je crois que, struc­tu­rel­le­ment, inévi­ta­ble­ment, l’homme au pou­voir est inca­pable de défi­nir lui-même hon­nê­te­ment ses propres limites.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  10. lucien

    Étienne,

    J’at­ten­dais votre réponse avec impatience.

    Pour sor­tir de la ser­vi­tude dans laquelle vous pré­ten­dez être, aller dire cou­ra­geu­se­ment aux poli­tiques qu’ils sont les ser­vi­teurs de l’in­té­rêt géné­ral (leur rap­pe­ler) vous hono­re­rait, ce serait dépas­ser vos propres limites, celles qui fixent un mur entre celui qui agit et celui qui réflé­chit à un monde meilleur.

    Si les ins­ti­tu­tions se modi­fient de l’in­té­rieur, les poli­tiques en place mon­tre­ront l’exemple, vous pou­vez les y amener.

    Je vous engage à fran­chir ce pas, à défendre vos idées dans le sys­tème afin de l’améliorer.

    Vous consi­dé­rez être une vic­time vio­lée au sens figu­ré, celui qui a com­mis ce viol sou­haite que les ins­ti­tu­tions soient amé­lio­rées, dans le cas pré­sent, à terme, cela peut effa­cer le viol si vous même vous ren­trez dans la réalité.…

    Cou­rage Étienne

    Réponse
  11. Vladimir

    Chers Juan Nes­sy et Lucien,

    Vos com­men­taires et sug­ges­tions seraient rece­vables hors de l’histoire récente.
    Nous avons connu en 2005, lors du réfé­ren­dum, une impé­rieuse expres­sion citoyenne pour un chan­ge­ment de cap.
    Quelle leçon en ont tiré les politiques ?
    Ont-ils pris la peine de créer un débat public natio­nal sur cette secousse ?
    Mal­heu­reu­se­ment non, ils n’ont fait que nier et contour­ner la réa­li­té en espé­rant que la pous­sière du temps cache l’évidence.
    Si cette énorme expres­sion n’a pas réus­si à les inflé­chir, aucune péti­tion, aucune com­mis­sion, [ÉC : et a for­tio­ri aucune ini­tia­tive indi­vi­duelle] ne sont à même d’enclencher les réformes que vous souhaitez.
    C’est un constat col­lec­tif amer pour tous.
    Com­ment en sor­tir, sinon en chan­geant les ins­ti­tu­tions ? Nous n’avons plus de choix : les der­nières péri­pé­ties élec­to­rales n’ont fait que confir­mer l’impossibilité de la réforme.

    Réponse
  12. juan nessy

    @ Vla­di­mir et Étienne :

    je suis sen­sible à la méta­phore du viol qui me semble cepen­dant un peu… impu­dique vis-à-vis de ceux (et le plus sou­vent celles) qui ont subi cette néga­tion de l’être.

    Nous sommes d’ac­cord sur la néces­si­té de modi­fi­ca­tion des ins­ti­tu­tions, voire de notre consti­tu­tion. Com­ment y parvient-on ?
    * Soit par la négo­cia­tion (certes avec le « maître » abu­sif que l’on com­bat ; avec aus­si quelques « grands frères » et alliés), 
    * soit par le rap­port de forces violent . Pour­quoi pas, mais encore faut-il avoir un éten­dard et un pro­jet lisible de nou­veau contrat social, capable de mettre en mou­ve­ment une part majo­ri­taire de la popu­la­tion, autre, en tous cas pour moi, qu’une mino­ri­té, aus­si « éclai­rée » soit-elle, dont l’his­toire mon­diale nous enseigne qu’elle (la mino­ri­té éclai­rée) n’a de cesse que de repro­duire bien vite à son pro­fit, et par­fois à son insu, les tares et excès qu’elle sou­hai­tait combattre.

    Pour reve­nir aux grecs : « jamais trop ». Et dieu (ou un autre) sait que c’est exi­geant de faire tou­jours et sans cesse un pas en avant. C’est pour moi la condi­tion de l’ef­fi­ca­ci­té réelle et du res­pect dû à autrui . On ne va jamais bien loin (ou en tous cas pas long­temps) quand on y va seul .

    Pour Sar­ko, c’é­tait, de mon côté, plus un clin d’oeil qu’une prière, et Étienne CHOUARD sera sans doute plus utile en dehors qu’en dedans de cette com­mis­sion. Ce qui s’y dira, à défaut de conclu­sion, ne sera pas sans inté­rêt. J’es­père que ce sera suf­fi­sam­ment public et ouvert pour que ça soit pris un peu au sérieux.

    Réponse
  13. AJH

    Bon­jour

    Je lis ces mes­sages, et j’adhère (avec pes­si­misme) au résu­mé de Vladimir :

    « Si cette énorme expres­sion n’a pas réus­si à les inflé­chir, aucune péti­tion, aucune com­mis­sion, [ÉC : et a for­tio­ri aucune ini­tia­tive indi­vi­duelle] ne sont à même d’enclencher les réformes que nous souhaitons. »

    Je n’ai, bien sûr, pas la solu­tion, mais « l’en­trisme » au sein d’un des par­tis « solides » exis­tant, d’un groupe assez nom­breux por­tant un mes­sage clair, pour­rait-il (peut être) faire chan­ger les choses ?

    Cela veut dire pour moi qu’un groupe (asso­cia­tif ou par­ti poli­tique ?) doit être for­mé préa­la­ble­ment et « jus­ti­fié » (par de nom­breuses adhé­sions de pré­fé­rence) avant d’al­ler appor­ter son appui à un ou même plu­sieurs des « mar­gi­naux » des grands par­tis (je pense aus­si bien à Mélan­chon à gauche, qu’à des gens comme Dupont Aignan à droite), afin d’a­voir quelque chose à négocier.

    Ce groupe doit, pour réunir assez de monde dans des direc­tions com­munes, tour­ner autour de quelques simples mes­sages… un peu comme Attac à ses débuts autour de la « taxe Tobin »… quelques idées aux­quelles la majo­ri­té de la popu­la­tion puisse adhé­rer et qu’elle sou­tienne car de bon sens (i.e ; RIC, vote blanc, chambre du peuple tirée au sort, droit de sei­gneu­riage, etc., à choisir…)

    Mais ça vou­drait dire aus­si s’at­tendre à ava­ler de nom­breuses couleuvres…

    Sinon, il reste ce que nous fai­sons (débattre et évan­gé­li­ser), ou la pêche 😉

    Réponse
  14. lucien

    Bon­jour ,

    Dans les faits un fata­lisme, dans les mots un viol.

    Une contra­dic­tion due à un manque de confiance en vous, mais aus­si à une sus­pi­cion qui ne gran­dit per­sonne et qui vous dessert.

    Tant pis pour vous et vos idées.

    Vous vous com­por­tez comme les uto­pistes que cri­ti­quaient MARX !

    Réponse
  15. juan nessy

    @ AJH :

    Si j’aime le débat, je ne suis pas dis­ciple et Étienne, qui n’ac­cepte ni dieu ni maître, com­pren­dra mon refus de me sou­mettre à la bonne parole d’un maître (fût-il à pen­ser !) Mais je ne crois pas qu’il se prenne pour Jésus Christ !
    Je reste assu­ré que par­tout là où l’on se trouve, un dis­cours de liber­té res­pon­sable (je n’en­vi­sage pas la liber­té autre­ment, et la décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen ne dit pas autre chose en signi­fiant que la liber­té de cha­cun n’a de fron­tière que celle des autres), peut trou­ver un écho si l’en­jeu est com­pris comme assez puis­sant et por­teur d’es­pé­rance. Et c’est la somme des petits échos qui par­vient par­fois à faire un concert assez fort pour s’im­po­ser. Notre hôte est d’ailleurs le témoin de ce qu’un média tel inter­net peut géné­rer de confluences quand le dis­cours est solide et por­teur d’hu­ma­ni­té vraie .

    Infor­ma­tion claire et solide, et liber­té d’une com­mu­ni­ca­tion vaste sont sans doute les clés d’un pro­grès pos­sible. Et le com­bat n’est pas tou­jours aus­si mani­chéen, réduit à un maître et un esclave, qu’on croit. Tout est tou­jours plus com­plexe que le maître et l’es­clave le pensent.

    L’âge et la tri­via­li­té du contact quo­ti­dien pour moti­ver et accom­pa­gner des équipes assez grandes (41 ans durant), m’ont appris qu’il faut sans cesse convaincre, se remettre en cause soi même, et … res­ter res­pec­tueux et si pos­sible aimable (c’est ce qui est par­fois le plus dur !).

    Mais c’est vrai aus­si que « les per­sonnes âgées aiment à don­ner de bons conseils pour se conso­ler de n’être plus en état de don­ner de mau­vais exemples » !

    PS : Étienne ayant visi­ble­ment des réac­tions aller­giques dès qu’on parle de pou­voir, je lui livre la défi­ni­tion de Tol­stoï dans « Guerre et Paix « :
    « Le pou­voir n’est que l’ex­pres­sion de plus grande dépen­dance où l’on se trouve à l’é­gard d’au­trui » (du moins le pou­voir utile. Si ça n’est pas le cas, alors d’ac­cord : à mort le tyran !)

    Réponse
  16. AJH

    Je ne com­prends pas très bien ce que j’ai pu écrire de bles­sant ou d’é­ton­nant … mer­ci à Lucien et à Juan Nes­sy de m’ex­pli­quer, ce qui me per­met­tra peut être de pré­ci­ser ensuite ma pensée.

    Déso­lé si j’ai bles­sé l’un ou l’autre, c’est bien involontaire…

    Réponse
  17. Vladimir

    Le plan C, du labo­ra­toire d’idées au labo­ra­toire social : dépas­ser la pos­ture morale ?

    La vie de ce blog, comme de tant d’autres, néan­moins tous uniques, cha­cun à sa manière, par son archi­tec­ture comme sa par­ti­ci­pa­tion, montre que quelque chose est en train de murir.

    L’extrême foi­son­ne­ment et la richesse des mul­tiples sites, citoyens auto­nomes qui expriment une recherche de cohé­rence, dans tous les domaines, sont le résul­tat d’un tra­vail et d’un désir col­lec­tif d’aboutir à un pro­jet com­mun crédible.

    Nous sommes en marche, chacun(e) à son rythme, avec sa res­pi­ra­tion propre, sa pierre pour l’édifice com­mun. Il me semble qu’il ne sert à rien de vou­loir for­cer, pré­ci­pi­ter cette élaboration.

    La ten­ta­tion de l’activisme, comme du simple juge­ment moral, est grande, et tout notre par­cours nous incite à for­cer les étapes, parce que l’urgence est là, parce que nous nous croyons déjà por­teurs de l’embryon de solu­tion et que les sché­mas anciens nous y précipitent.

    Jusqu’ici, l’impatience, les écheances exté­rieures nous ont pous­sés à vou­loir for­ma­li­ser sous un dra­peau, un sigle, un pôle la diver­si­té, afin d’acquérir un début de reconnaissance.

    Il me semble que cette voie ten­tante est une répé­ti­tion de plus, une illusion.

    Notre iden­ti­té mul­tiple, en ges­ta­tion col­lec­tive, implique d’abord sa propre recon­nais­sance, la connais­sance de nos limites.

    C’est en étant autre que ce qui est média­ti­que­ment pro­mu, hors des che­mins connus, et des joutes elec­to­rales ? que nous serons recon­nais­sables, cré­dibles, citoyens égaux par­mi d’autres, quelque part notre fai­blesse appa­rente est notre force.

    L’injontion for­cée à créer de nou­velles orga­ni­sa­tions à chaque défaite, comme ultime rem­part, reflète bien l’impasse sub­jec­tive, alors que nous sommes bien plus forts et nom­breux que ce que l’on s’imagine, vic­times de l’intox du sys­tème qui nous le dis­tille en continu.

    Dépas­ser le dis­cours, c’est s’investir dans des pra­tiques qui soient por­teuses d’alternatives démo­cra­tiques expé­ri­men­tales : démo­cra­tie directe, tirage au sort, rota­tion des charges, man­dats révo­cables, etc. que nous devons pro­mou­voir au mieux dans les asso­cia­tions, coopé­ra­tives, syn­di­cats, mou­ve­ments, par­tis ?, ancrés dans le réel, sans cher­cher à les impo­ser mais les pro­po­ser de manière ludique, non direc­tive, à par­tir de jeux de rôle, votes, etc.

    Et en ren­voyant, chaque fois que c’est pos­sible, aux objec­tifs géné­raux popu­la­ri­sés par inter­net et medias alter.

    Et les fronts d’intervention ne manquent pas, dès que l’on est capable de s’extirper de l’autisme poli­ti­cien qui a pol­lué, divi­sé des générations.

    Avant de nous méfier de nos enne­mis, il faut nous méfier de nous-même, de nos sché­mas idéo­lo­giques, hié­rar­chiques, de nos egos.

    À un moment ou un autre, il se pro­dui­ra qua­si natu­rel­le­ment un saut qua­li­ta­tif, une exis­tence col­lec­tive se struc­tu­re­ra de fait, par des acti­vi­tés com­munes qui par­vien­dront à échap­per à tous les pièges que le sys­tème nous tend (média­ti­sa­tion, hié­rar­chi­sa­tion, concur­rence, etc.).

    Nous serons deve­nus prac­ti­ciens dia­lec­ti­ciens rebelles irré­cu­pé­rables, sans ambi­tion de pou­voir et murs pour une par­ti­ci­pa­tion publique col­lec­tive, har­mo­nieuse, débar­ras­sée des enfan­tillages politiciens.

    L’intellectuel orga­nique col­lec­tif aura fait son bou­lot, repris et assu­mé, pillé, décor­ti­qué, tri­tu­ré, assi­mi­lé libre­ment sui­vant les besoins par la vague transformatrice.

    Alors la socié­té rebelle sera à même d’imposer ses propres échéances, et on ver­ra peut-être des réfé­ren­dums “sau­vages” appor­ter la confir­ma­tion du bien-fon­dé de ses objectifs.

    Pour ceux qui reje­te­raient cela en tota­li­té comme en par­tie, jugeant cela d’utopisme contre Marx, etc., je réponds chiche… échap­pons aux “ismes”, chan­geons de voca­bu­laire, pas de contenus.

    Un exemple par­mi d’autres de pro­po­si­tions qui heurtent les sché­mas éta­blis et sus­citent chez cer­tains un rejet instinctif :

    lun­di 9 juillet 2007 (07h19) :
    Rebel­lion économique…

    5 commentaires

    Bon­jour tout le Monde

    La rébel­lion éco­no­mique De mul­tiples formes d’action contre le sys­tème en place

    A l’heure où tout tend à deve­nir mar­chan­dise, où l’économie ultra-libé­rale prend le pas sur la poli­tique, où les mul­ti­na­tio­nales toutes puis­santes détruisent les éco­no­mies natio­nales, où les médias indé­pen­dants sont mar­gi­na­li­sés, où les mar­chands de publi­ci­té font de nous des consom­ma­teurs dis­ci­pli­nés, que reste-t-il à ceux qui veulent vivre autre­ment ? Leur bul­le­tin de vote ? Un jour, sans doute encore loin­tain, vien­dra où l’on pour­ra vivre autre­ment. Mais en atten­dant que cet ambi­tieux pro­jet mûrisse, que faire ?

    De quel moyen d’action dis­posent ceux qui en ont assez de cette socié­té de consom­ma­tion, de l’argent roi, comme but ultime, d’un capi­ta­lisme sans scrupule ?

    Ne pour­rait-on pas trou­ver ce moyen d’action – tel un judo­ka uti­li­sant la force de l’adversaire pour le faire chu­ter – dans notre manière de répondre aux sol­li­ci­ta­tions dont nous sommes vic­times ? En effet, qu’attend-on de nous, sinon que nous consom­mions tou­jours plus, comme on nous le mar­tèle en per­ma­nence ? Si nous consom­mons doci­le­ment, tout va bien : le peuple a du pain et des jeux. Les délo­ca­li­sa­tions conti­nuent, la pau­vre­té et les inéga­li­tés pro­gressent. Et, pour les déten­teurs de capi­taux, les béné­fices sont au rendez-vous.

    Mais les équi­libres éco­no­miques sont fra­giles, un grain de sable dans la consom­ma­tion, quelques pour­cen­tages en moins à quelques endroits bien choi­sis et la machine peut s’enrayer, se déré­gler. Les pro­fits vont s’éroder. Le capi­ta­lisme et le néo­li­bé­ra­lisme seront pris par là où cela leur fait mal, c’est-à-dire par les bourses.

    Ce que j’appelle « rébel­lion éco­no­mique » est un ensemble de com­por­te­ments de la part de per­sonnes « rebelles »* à la socié­té de consom­ma­tion telle qu’elle existe à l’heure actuelle. Ceux-ci, volon­tai­re­ment, consomment de manière inha­bi­tuelle, impré­vi­sible, inat­ten­due. Ces actions ont lieu en toute léga­li­té, car per­sonne ne peut impo­ser à qui­conque de consom­mer d’une manière déterminée.

    • Le rebelle est celui qui résiste, qui refuse de se plier à…

    En fai­sant un paral­lèle (par­tiel seule­ment) avec la déso­béis­sance civile, on peut essayer de défi­nir la rébel­lion éco­no­mique par ses caractéristiques :

    • des actions volon­taires néces­si­tant un enga­ge­ment personnel,
    • des actions publiques, c’est-à-dire réa­li­sées ouvertement,
    • des actions col­lec­tives concer­tées, ciblées, pour plus d’efficacité. Ceci n’exclut pas des atti­tudes indi­vi­duelles de rébel­lion éco­no­mique par convic­tion personnelle,
    • les acteurs ont conscience de contraintes qu’ils peuvent sup­por­ter : payer un prix plus éle­vé, ache­ter plus cher un bien plus loin de chez soi ; ne pas avoir exac­te­ment le pro­duit que l’on sou­haite, se sen­tir frus­tré en ne satis­fai­sant pas un désir d’achat…
    • évi­ter autant que pos­sible les dom­mages col­la­té­raux (risques de licen­cie­ment éco­no­mique pour des employés qui ne sont pas direc­te­ment concer­nés par le conflit),
    • n’utiliser que des moyens légaux,
    • faire appel à des prin­cipes éthiques « supé­rieurs », éloi­gnés de ceux mis en oeuvre habi­tuel­le­ment dans un acte d’achat : équi­té (condi­tion de tra­vail, rému­né­ra­tion cor­recte d’ouvriers), éco­lo­gie, envi­ron­ne­ment social à long terme.

    Exemples d’actions ou de démarches pou­vant être qua­li­fiées de rébel­lion économique

    Actions / demarches Objec­tifs Boy­cott Boy­cot­ter un pro­duit, une marque, un pays, c’est faire pres­sion sur la cible pour qu’elle réponde à une demande déterminée.

    Com­merce équi­table Garan­tir à de petits pro­duc­teurs dans des pays en déve­lop­pe­ment un prix de vente mini­mal, un prix « juste « , à l’abri des fluc­tua­tions du mar­ché, moyen­nant un sur­coût volon­tai­re­ment accep­té par le consommateur.

    Com­merce éthique Influer sur les condi­tions sociales et d’environnement des entre­prises des pays en déve­lop­pe­ment : tra­vail des enfants, salaires mini­maux, droit d’association, etc.

    Pla­ce­ment finan­cier dans des banques éthiques Finan­cer des ini­tia­tives et des entre­prises en alliant la via­bi­li­té finan­cière et la plus-value pour la socié­té : qua­li­té de vie, envi­ron­ne­ment, déve­lop­pe­ment durable.

    Pro­duits bio­lo­giques Avoir une ali­men­ta­tion plus saine et faire pres­sion sur le mar­ché pour une agri­cul­ture moins intensive.

    Pri­vi­lé­gier l’achat de pro­duits fabri­qués à proxi­mi­té. Favo­ri­ser le déve­lop­pe­ment du tis­su éco­no­mique local, l’environnement social à long terme. Réduire les consom­ma­tions d’énergie néces­saires aux trans­ports et les pol­lu­tions qu’elles entraînent.

    Publi­ci­té à contre-pied En ache­tant un pro­duit B quand la publi­ci­té nous dit d’acheter A, c’est rendre vaines les cam­pagnes publi­ci­taires qui pol­luent notre envi­ron­ne­ment et nous agacent.

    Réduc­tion de la consom­ma­tion de viande. Opti­mi­ser l’utilisation des res­sources de la pla­nète car la viande est un ali­ment ayant un ren­de­ment éner­gé­tique très faible (consom­ma­tion de nour­ri­ture végé­tale par l’animal au détri­ment de la satis­fac­tion des besoins ali­men­taires de l’homme).

    Sim­pli­ci­té volon­taire Amé­lio­rer la qua­li­té de la vie en rédui­sant la dépen­dance à l’argent et à la vitesse, déga­ger du temps pour la com­mu­nau­té et encou­ra­ger les atti­tudes éco­lo­giques et res­pec­tueuses de la société.

    Sys­tème d’échange local (SEL) Déve­lop­per les rela­tions sociales et trans­for­mer le rap­port avec l’argent, en lui reti­rant son pou­voir de se repro­duire, par le biais des inté­rêts, du simple fait d’en posséder.

    Il y a ain­si de mul­tiples manières de contri­buer à la construc­tion d’un monde dif­fé­rent, en chan­geant nos com­por­te­ments indi­vi­duels et collectifs.

    Face à la toute puis­sance du capi­tal et à un bi-par­tisme qui ne laisse pas de place à ceux qui veulent remettre en cause le sys­tème actuel pour un monde meilleur, la rébel­lion éco­no­mique peut deve­nir un moyen paci­fique puis­sant pour faire entendre une autre voix, pour faire pres­sion, pour inflé­chir des poli­tiques, voire pour abattre les nou­velles féo­da­li­tés supra­na­tio­nales. Sa capa­ci­té de nui­sance envers le sys­tème en place n’a pas encore, et de loin, été exploitée.

    Un copier col­ler d’un cer­tain site…( 2006)

    Cor­dia­le­ment

    De : aitina

    lundi 9 juillet 2007
    
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    Rebel­lion économique…

    9 juillet 2007 - 13h59 - Posté par 86.***.235.**

    Le Japon secoué par l’incroyable dis­pa­ri­tion de 50 mil­lions de dos­siers de retraite Tokyo RÉGIS ARNAUD.  Publié le 22 juin 2007

    L’opposition dénonce cette incu­rie à quelques semaines d’élections au Sénat.   ON NE res­pecte même plus les anciens au Japon. L’assurance sociale de l’Archipel vient d’avouer avoir « éga­ré » 50 mil­lions de dos­siers de retraite lors de leur infor­ma­ti­sa­tion dans les années 1980. Les noms, adresses et dates de nais­sance qui figu­raient sur ces dos­siers n’ont visi­ble­ment pas sur­vé­cu à la « sim­pli­fi­ca­tion » que devait repré­sen­ter la mise en place d’un numé­ro d’identification unique en 1997. .….…

    http://​www​.lefi​ga​ro​.fr/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​2​0​0​7​0​6​2​2​.​F​I​G​0​0​0​0​0​0​1​0​1​_​l​e​_​j​a​p​o​n​_​s​e​c​o​u​e​_​p​a​r​_​l​_​i​n​c​r​o​y​a​b​l​e​_​d​i​s​p​a​r​i​t​i​o​n​_​d​e​_​m​i​l​l​i​o​n​s​_​d​e​_​d​o​s​s​i​e​r​s​_​d​e​_​r​e​t​r​a​i​t​e​.​h​tml

    Une recherche sur Google,montre la non prise en compte de cette info,a une excep­tion pres, par les medias de “gauche”. Nous sommes loin de la rea­li­té donc de la rebellion ?

    Répondre à ce message

    Rebel­lion économique…

    9 juillet 2007 - 21h45 - Posté par 213.***.196.**

    je trouve ces pro­po­si­tions per­ti­nentes. Elles devraient être sérieu­se­ment consi­dé­rées et étu­diées par la vrai gauche afin de les inté­grer en tant que STRATEGIES COMPLEMENTAIRES de résis­tances et de désta­bi­li­sa­tion du sys­tème capi­ta­liste soi­gneu­se­ment qua­drillé pour que tout le monde en passe par ses fourches cau­dines visant à pom­per finan­ciè­re­ment au maxi­mum les classes popu­laires (des couches les plus défa­vo­ri­sés jusqu’aux couches moyennes et petites et moyennes entreprises)

    Ces stra­té­gies ont l’avantage il me semble, d’avoir un côté INSAISISSABLE et INCONTROLABLE, ce qui est émi­nem­ment désta­bi­li­sant et des­truc­teur d’un sys­tème poli­tique et éco­no­mique basé sur la finance et sa domi­na­tion orga­ni­sée et planifiée.

    De plus tra­vailler sur les moyens concrets de les mettre en place et de les ARTICULER avec les autres stra­té­gies favo­ri­se­rait la réflexion et la prise de conscience sur la part de res­pon­sa­bi­li­té indi­vi­duelle et col­lec­tive concer­nant l’efficacité des mani­pu­la­tions de la socié­té mar­chande capi­ta­liste en vue de pous­ser au consum­mé­risme maxi­mum basé sur L’AVOIR COMPULSIF (au seul béné­fice des entre­prises capi­ta­listes) au détri­ment de L’ETRE pour qui la vraie richesse repose sur les valeurs humaines (culture, créa­ti­vi­té, soli­da­ri­té, capa­ci­té de remises en ques­tions et de com­mu­ni­ca­tion har­mo­nieuse .….révo­lu­tion inté­rieure et extérieure).….

    Par­don ? C’est un rêve, une uto­pie ? Pas plus que la rup­ture avec le capi­ta­lisme !!! et quo­ti­dien­ne­ment beau­coup plus immé­dia­te­ment à notre portée

    Et si nous inno­vions ? et si nous sor­tions du cadre pour sabo­ter les capa­ci­tés rafi­nées de contrôle du pou­voir tant que nous res­tons dans les limites qu’il nous impose et tant que nous l’affrontons avec les tac­tiques tra­di­tion­nelles qu’il a appris à contre­car­rer et à contourner.

    « IL FAUT FAIRE DE LA VIE UN REVE ET DE CE REVE UNE REALITE »

    Ana­tole France

    Bonnes vacances

    Maguy

    Rebel­lion économique…

    9 juillet 2007 - 21h11 - Posté par 86.***.82.***

    IL Y A URGENCE !

    Ce qu’il convient de faire (au mieux de ses moyens)

    l° Sor­tir son argent des banques et des caisses d’épargne

    2° Sto­cker des pro­duits de consom­ma­tion cou­rantes ali­men­taires, d’hygiène, etc…

    (en voyant large si pos­sible pour aider ceux qui n’en ont pas la possibilité.)

    3° trans­mettre le mes­sage autour de soi

    Pour les rai­sons suivantes :

    1° Le mar­ché bour­sier est mani­pu­lé par l’informatique

    2° A un moment don­né, conve­nu et pro­gram­mé, la bourse va s’écrouler

    3° Les banques prêtent 33 fois le mon­tant de l’argent en dépôt

    (en se réfé­rant à la hausse bour­sière) donc, à ce moment

    il ne sera plus pos­sible de prendre de l’argent liquide (ou très peu)

    pour évi­ter la faillite des banques

    comme celà s’est pro­duit en ARGENTINE ou en RUSSIE

    ou les sala­riés étaient payés en nature et fai­saient du « troc »

    5° Par ailleurs, on inter­dit aux Etats de sto­cker de la nour­ri­ture alors que

    le plus grand pro­blème des gou­ver­ne­ments sera de four­nir à leur admi­nis­trés de la nour­ri­ture « saine »

    Tout ce qui pré­cède est imminent

    Michèle

    Rebel­lion économique…

    9 juillet 2007 - 22h56 - Posté par 87.**.168.***

    On a du mal a ne pas rigo­ler devant tant de paranoia…

    Si tu t’attends à une telle crise, plu­tôt que d’acheter des pro­duits de consom­ma­tion cou­rante, t’as inté­rêt à t’acheter quelques flingues. Parce que si tout s’effondre, qui pro­té­ge­ra tes réserves de savon, de huile et de pâtes de la vora­ci­té de ceux qui sont moins bien lotis que toi ? Tu crois qu’en temps de crise les gens s’embarrassent de scru­pules moraux ?

    Allez, bois une bonne tisane et prends un peu de repos. L’ecroulement de la bourse « conve­nu et pro­gram­mé » n’existe que dans ton imagination…

    Vol­taire

    Rebel­lion économique…

    9 juillet 2007 - 22h01 - Posté par 82.***.221.***

    Sor­tir son argent de la banque ?Le papier-mon­naie sert de moins en moins pour les tran­sac­tions com­mer­ciales et puis 1°) il fau­drait en avoir, de l’argent à sor­tir… 2°) pour faire quoi, car si on est dans une crise telle que vous la décri­vez, l’argent – mon­naie ne sera plus d’aucune uti­li­té. Mieux vaut se pro­cu­rer des den­rées plus pré­cieuses : dia­mants, lin­gots d’or, et/ou toute autre den­rée pou­vant se négo­cier sans jus­te­ment pas­ser par le papier-mon­naie, ou immo­bi­lier et ter­rain qui se valo­ri­se­ront à long terme. Raclez vos fonds de tiroir !! Faire des pro­vi­sions ? Lors de l’affaire du canal de Suez (1956), crai­gnant de man­quer, ma mère et ma grand-mère ont ache­té 50 kilo de savons de Mar­seilles au B H V de Paris, en pain de 500 gr.En 1971 nous avons fini le der­nier cube.….Il y avait aus­si eu raz­zia sur le sucre, l’huile, les sar­dines et les autres boites de conserve. Ques­tion à tous : quelle est votre capa­ci­té de sto­ckage, et quelles sont vos dis­po­ni­bi­li­tés finan­cières pour créer vos stocks ? Des stocks pour 1 mois, tout le monde peut à peu près les faire, mais pour XX années, qui le peut ?

    http://​bel​la​ciao​.org/​f​r​/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​5​0​538

    Réponse
  18. lucien

    Étienne,

    une com­mis­sion va réflé­chir sur les amé­lio­ra­tions ins­ti­tu­tion­nelles à mettre en oeuvre.

    Je vous pro­pose une idée :

    simul­ta­né­ment, vous consti­tuez en dehors des pou­voirs une consti­tuante de 100 citoyens ( 50 hommes /50 femmes ) tirés au sort par­mi ceux qui, dans un pre­mier temps, veulent réflé­chir (vous lan­cez une ins­crip­tion sur votre site) : peut-être qu’É­tienne Chouard n’y figu­re­rait pas.…

    Ces citoyens ne doivent pas avoir de cartes de par­tis ou de res­pon­sa­bi­li­tés politiques.

    Vous pro­po­sez dix amé­lio­ra­tions ins­ti­tu­tion­nelles phares (qui per­mettent le contrôle effi­cace des pou­voirs par le Peuple, le contrôle du gou­ver­ne­ment par le par­le­ment, etc.)

    Vous rédi­gez un court rap­port acces­sible à tous et toutes.

    Vous le publiez le même jour que le rap­port de la com­mis­sion officielle.

    Chiche ?

    Ami­ca­le­ment.

    Réponse
  19. juan nessy

    Pour don­ner en par­tie rai­son à Étienne et Vla­di­mir quant à leur pes­si­misme dans la capa­ci­té des élus à par­ta­ger le pou­voir, on peut noter que les évo­lu­tions évo­quées hier par Sar­ko­zy semblent s’ar­rê­ter aux rôles du pré­sident et des assemblées.

    Pour un gage de prise au sérieux de ce qui monte en France (en par­ti­cu­lier si un par­ti devient presque unique), il est sans doute néces­saire de mani­fes­ter que LA mesure cré­dible pour que les citoyens se sentent enten­dus, c’est le Refe­ren­dum d’I­ni­tia­tive Popu­laire. Une deuxième pour­rait être le règle­ment des rap­ports Médias/pouvoirs poli­tiques et éco­no­miques, un peu comme l’a­vait deman­dé Bay­rou. Une troi­sième le droit d’évaluation/sanction de l’ap­pli­ca­tion des lois.

    Réponse
  20. guilloualain

    Capi­taine de navire moi-même, je trouve juste et néce­saire de répé­ter que « com­pa­rai­son n’est pas rai­son », et je redoute autant les « rai­son­ne­ments par ana­lo­gie » que les « délé­ga­tions de pouvoir ».

    (Vrai­ment, il y a « simi­li­tude » entre « délé­ga­tion de pou­voir » et attente de réponses fiables d’un « modèle analogique »…)

    (Il va de soi que, pour moi, en réa­li­té, la France est le bateau du MEDEF, et son capi­taine est « seul maître à bord après Céci­lia »… Ramons plus, et sur­tout fai­sons des­cendre ceux qui crient « terre » afin qu’eux aus­si rament !)…

    Une des « inadé­qua­tions » du modèle « bateau », c’est l’O­céan lui-même :

    Pour le navire dont parle Alain, l’o­céan demeure une abs­trac­tion, mais si on veut com­pa­rer avec « la France », il s’a­git de prendre en compte aus­si « l’o­céan », et je crois que cet océan c’est « l’Histoire »…

    Nos arma­teurs ont déli­mi­té leur propre « his­toire », et ils y jouent comme des enfants avec un « modèle réduit », capri­cieu­se­ment, sans prendre en compte « la réa­li­té », celle , immense encore, du « deve­nir humain » : leur « réa­li­té éco­no­mique » à eux, elle se limite à des dogmes bien bali­sés, entre les­quels ils veulent faire « navi­guer leur modèle fran­çais »… en concur­rence avec d’autres « enfants » encore plus « mal élevés »…

    Il se trouve que « les reven­di­ca­tions de l’é­qui­page » m’ont par­fois ser­vi à faire pré­va­loir face à celles de l’ar­ma­teur, l’in­té­rêt réel du bateau et sur­tout de son envi­ron­ne­ment (l’o­céan en question).

    Mais fina­le­ment la com­pa­rai­son est « vicieuse », car le navire n’existe que pour ser­vir, et on le laisse se perdre corps et bien quand il ne rap­porte plus assez pour payer les primes d’assurance.

    Tout rede­vien­drait « valide » dans la com­pa­rai­son si le but du navire était son propre « deve­nir » : alors, chaque membre de l’é­qui­page aurait une cer­taine légi­ti­mi­té à en par­ta­ger le « commandement ».

    Réponse
  21. Vladimir

    Chers tous, en réponse à la pro­po­si­tion de Lucien,

    Accord de prin­cipe sur une com­mis­sion citoyenne tirée au sort qui se donne pour tâche de rédi­ger un projet.

    Le tout, c’est de savoir comment ?
    Limi­té à une ville ? (pour des rai­sons de néces­saires rela­tions physiques),
    À par­tir de volon­taires tirés au sort ? Qui s’impliquent com­ment, à par­tir de quelle information ?
    Ou de manière aléa­toire, en uti­li­sant les listes électorales ?
    Limi­tée dans le temps, 6 mois un an ?
    Avec quelle disponiblilté ?
    À par­tir de l’é­bauche défi­ni­tive en pré­pa­ra­tion par Étienne,
    plein d’éner­gie, merci.

    Cette pro­po­si­tion avait tout son sens après le Non en 2005, quand c’était chaud, qu’il y avait une atten­tion sociale sur la question.

    Nous avons man­qué d’initiatives en espé­rant trop des par­tis qui avaient déja en tête le sché­ma de l’échéance des euro­péennes de 2009, et ont évi­té tout débat pou­vant débou­cher en épreuve de force, par crainte peut-être du “popu­lisme”. On sait la suite.

    Aujourd’hui, c’est plus dif­fi­cile, mais il faut le ten­ter, ne serait-ce que pour contrer le “coup d’État”en marche.

    Por­ter la pro­blé­ma­tique dans les com­mu­nau­tés d’action, la seule actuel­le­ment (été 2007) à exis­ter : le mou­ve­ment des fau­cheurs volon­taires et les col­lec­tifs qui le composent.

    Dejà un lien web avec leur site serait un début :

    http://​www​.monde​-soli​daire​.org/​s​p​i​p​/​r​u​b​r​i​q​u​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​r​u​b​r​i​q​u​e​=​131

    Au pire, on aura une ébauche de pro­jet dis­cu­té et éla­bo­ré publi­que­ment comme pro­po­si­tion alter­na­tive pour 2009.

    À moins que l’urgence sociale, acti­vée en par­tie par la crise et ses consé­quences, ne pré­ci­pite l’opinion à s’emparer de la question.

    L’idéal serait que de telles ini­tia­tives, même à petite échelle, sur­gissent dans tous les pays euro­péens, l’Espagne et l’Italie et autres. A‑t-on des nou­velles quel­conques de la Hollande ?
    Pas trou­vé une seule réfé­rence sur le net.

    Réponse
  22. NingúnOtro

    Ce n’est pas facile de trou­ver quoi que ce soit sur l’in­ter­net si l’on ne sait point quoi cher­cher. Évi­dem­ment, une fois qu’on sort de la France et de la région Wal­lonne belge, ce n’est pas en fran­çais qu’on trou­ve­ra des nouvelles.

    Il fau­drait d’a­bord se faire des mots « clefs » de recherche dans les langues res­pec­tives, ce qu’on peut faire en consul­tant les tra­duc­tions offi­cielles des orga­nismes euro­péens, ou les titres dans les jour­naux élec­tro­niques autour des dates relevantes.

    Une fois uti­li­sés ces mots clefs, fau­drait-il encore entendre ce qui s’é­crit dans les dif­fé­rents sites web, forums, etc. et éven­tuel­le­ment uti­li­ser l’in­for­ma­tion qui s’y trouve pour suivre des liens vers encore d’autres lieux.

    Excu­sez mon pauvre fran­çais, mais ce n’est pas ma langue mater­nelle 😉 je domine beau­coup mieux le hol­lan­dais et l’espagnol.

    En hol­lan­dais, les mots clefs prin­ci­paux sont « nieuwe » (nou­velle), « euro­pese » (euro­péenne), et « grond­wet » (consti­tu­tion).

    Ça donne déjà beau­coup de liens ou commencer :

    http://​nl​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​V​e​r​d​r​a​g​_​t​o​t​_​v​a​s​t​s​t​e​l​l​i​n​g​_​v​a​n​_​e​e​n​_​G​r​o​n​d​w​e​t​_​v​o​o​r​_​E​u​r​opa
    où l’on trouve même un lien vers la tra­duc­tion en hol­lan­dais d’un des articles sur le site d’Étienne.

    http://​www​.grond​we​teu​ro​pa​.nl/
    http://​www​.nrc​.nl/​e​u​r​o​p​a​/​a​r​t​i​c​l​e​6​9​3​7​3​4​.​e​c​e​/​N​i​e​u​w​e​_​E​u​r​o​p​e​s​e​_​g​r​o​n​d​w​e​t​_​b​l​i​j​k​t​_​l​a​s​t​i​g​_​o​p​_​t​e​_​l​o​s​s​e​n​_​p​u​z​zel
    http://​www​.euro​pa​trans​pa​rant​.nl/
    http://​www​.euro​pa​-nu​.nl/
    http://​www​.euro​pese​-grond​wet​.nl/
    http://​www​.euro​pean​no​cam​pai​gn​.com/​5​1​.​h​tml
    http://​www​.neder​lan​di​neu​ro​pa​.nl/
    http://​euro​pa​.eu​.int/​c​o​n​s​t​i​t​u​t​i​o​n​/​i​n​d​e​x​_​n​l​.​htm
    http://​www​.demo​cra​ti​scheu​ro​pa​.nl/
    http://​weblogs​.nrc​.nl/​w​e​b​l​o​g​/​e​u​r​o​pa/
    http://​www​.nd​.nl/​h​t​m​/​d​o​s​s​i​e​r​/​E​U​g​r​o​n​d​w​e​t​/​i​n​d​e​x​.​htm
    http://​www​.grond​wet​nee​.org/
    http://​www​.wij​willen​re​fe​ren​dum​.eu/
    http://​www​.attac​.nl/
    http://​www​.euro​dus​nie​.nl/
    http://​eu​.start​pa​gi​na​.nl/
    http://​www​.eugrond​wet​.nl/
    http://​www​.else​vier​.nl/​n​i​e​u​w​s​/​e​u​r​o​p​e​s​e​_​u​n​i​e​/​i​n​d​e​x​/​a​s​p​/​i​n​d​e​x​.​h​tml
    http://​www​.eunee​.nl/
    http://​www​.demo​cra​ti​scheu​ro​pa​.nl/
    http://​www​.free​-europe​.org/​b​l​o​g​/​d​u​t​c​h​.​php
    http://www.libertarian.nl/NL/topics‑9.php#http://www.libertarian.nl/NL/archives/cat_europa_en_de_eu.php

    Toutes opi­nions confon­dues, je n’ai pas eu le temps de faire mieux.

    Je n’ai nul­le­ment trou­vé mieux que sur votre site, Étienne, mais je suis un pri­vi­lé­gié, j’ai quatre lan­gages à ma dis­po­si­tion pour faire la recherche. La plu­part des gens n’ont que leur langue mater­nelle. Et puis une très pauvre maî­trise des pos­si­bi­li­tés de l’ac­cès à l’internet.

    Il faut les aider tant qu’on peut, avant que ça soit trop tard pour tous.

    Salut.

    Anto­nio.

    Réponse
  23. Étienne

    Mer­ci beau­coup, Anto­nio, pour ce tra­vail et toutes ces adresses. 
    Effec­ti­ve­ment, on aura besoin de vous pour les exploi­ter ;o)

    Votre fran­çais est excellent :o)

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  24. Laurent_K

    Excu­sez cette paren­thèse, mais dans la série je musèle tout risque d’op­po­si­tion, je vous invite à lire le der­nier post de Jean Qua­tre­mer sur la fin du réfé­ren­dum. L’i­dée serait de pro­fi­ter de la réforme consti­tu­tion­nelle à venir pour sup­pri­mer le réfé­ren­dum obli­ga­toire pour l’adhé­sion de nou­veaux membres à l’UE. Le TCE n’é­tait vrai­ment qu’un symp­tôme du can­cer qui ronge notre démocratie.

    Réponse
  25. Étienne

    Mer­ci Laurent,

    Je consulte sou­vent le blog de Qua­tre­mer et j’en­rage en silence. Là, avec l’a­veu de détes­ta­tion géné­rale du refé­ren­dum par la classe poli­tique, c’est le pom­pon, je dois recon­naître. Mais si je com­men­çais à y réagir, j’y pas­se­rais ma vie, et en vain car les inter­ve­nants y semblent le plus sou­vent assez obtus et sur­tout très agres­sifs ; leur aveu­gle­ment et leur ser­vi­li­té me sur­prennent, je trouve qu’ils se trompent sur tout ce qui est essentiel.

    Je trouve qu’on se paie de mots, là-bas : il leur suf­fit de dire, sur le ton de l’é­vi­dence incon­tes­table, qu’  »on est en démo­cra­tie » — que l’UE ins­ti­tue « les plus hauts stan­dards de la démo­cra­tie », même ! :o) — pour pen­ser ensuite à autre chose, la conscience tranquille.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  26. NingúnOtro

    Étienne,

    Je viens de par­cou­rir une fois encore votre blog, les forums, le wiki, la page des liens, etc. C’est vaste, c’est même énorme… d’au­tant que tout s’y trouve en français.

    Ce n’est pas par­fait, mais qui peut pré­tendre la per­fec­tion avec les moyens très limi­tés dont on dis­pose, se dira-t-on. C’est vrai, mais… avons nous réel­le­ment éva­lué où nous en sommes et ce que nous pou­vons faire ?

    Il y a eu évi­dem­ment l’é­poque pré-réfé­ren­dum fran­çais (hol­lan­dais, même espa­gnol) où cha­cun dans son coin natio­nal a fait de son mieux pour contrer les cam­pagnes de pro­pa­gande dignes de Goeb­bels déployées par les gou­ver­ne­ments res­pec­tifs qui avaient tout inté­rêt à faire ava­ler cette pilule amère (du vrai cya­nure pour la liber­té) aux peuples res­pec­tifs. Même l’ordre selon lequel furent orga­ni­sés ces réfé­ren­dum par les poli­ti­ciens n’é­tait pas lais­sé au hasard. Ils savent bien com­ment s’or­ga­ni­ser, avec toute l’in­for­ma­tion d’eu­ro­stat à leur dis­po­si­tion. Le peuple espa­gnol, avec les deux par­tis prin­ci­paux et presque hégé­mo­niques en faveur du Trai­té et convain­cus qu’ils pou­vaient par­fai­te­ment jouer avec le peu d’en­vie de ceux-ci de lire un texte si long et dif­fi­cile (qu’ils eurent en main beau­coup trop tard pour ça, en plus), fut [artè­re­ment] tra­hi par ses repré­sen­tants. Le peuple fran­çais eut plus de chance, en grande par­tie grâce à votre ini­tia­tive et sa popu­la­ri­té ines­pé­rée, quoique, aus­si, du fait de l’exis­tence de plu­sieurs par­tis plus ou moins puis­sants favo­ri­sant le NON, même si c’é­tait pour des rai­sons bien différentes.

    Main­te­nant, on se trouve dans une étape bien différente…

    Les gou­ver­ne­ments ont appris mal­gré tout qu’on ne pou­vait pas faire ava­ler au peuple cette pilule-là. Si ça n’a­vait pas été le peuple fran­çais, c’eut été le peuple hol­lan­dais ou n’im­porte lequel des autres à l’oc­ca­sion d’une rati­fi­ca­tion réfé­ren­daire par le peuple direc­te­ment. De plus, chaque réfé­ren­dum raté fai­sait briller encore plus, si c’é­tait pos­sible, la ter­rible tra­hi­son que repré­sen­tait cha­cune des hon­teuses rati­fi­ca­tions par­le­men­taires. On se ren­dait bien compte du fait qu’ils avaient pon­du une consti­tu­tion pour eux-mêmes sur le dos des peuples.

    Alors, ne nous fai­sons pas d’illu­sions… ils vont tout faire pour éli­mi­ner la néces­si­té d’une rati­fi­ca­tion réfé­ren­daire. Non seule­ment pour évi­ter les réfé­ren­dum délayés, mais je crois sur­tout pour évi­ter le grand pro­blème de Ange­la Mer­kel… Je ne sais pas si le noeud a déjà été tran­ché ou pas, mais le « Bun­des­ver­fas­sung­sge­richt », la Cour Consti­tu­tion­nelle alle­mande, devait se pro­non­cer sur l’illé­ga­li­té de la Consti­tu­tion Euro­péenne du fait que la Consti­tu­tion Alle­mande ne tolère pas l’exis­tence de normes au-des­sus d’elle… ce qui ren­drait la rati­fi­ca­tion par­le­men­taire de cette Consti­tu­tion Euro­péenne par le par­le­ment alle­mand tota­le­ment nulle. Alors, ils vont évi­ter de la nom­mer Consti­tu­tion, et essayer de sau­ver la face, non seule­ment en évi­tant les réfé­ren­dum, mais aus­si en même temps l’exa­men public de son arti­cu­la­tion avec les dif­fé­rentes normes consti­tu­tio­nelles.

    Ceci d’a­bord en essayant de chan­ger les consti­tu­tion là où c’est pos­sible… N’ou­blions pas qu’ils peuvent essayer d’u­ti­li­ser n’im­porte quelle modi­fi­ca­tion plus ou moins jus­ti­fiée de nos Consti­tu­tions pour éli­mi­ner ou chan­ger, par la porte de der­rière et sans faire trop de bruit, les dis­po­si­tions de celle-ci qui font oppo­si­tion à l’ac­cep­ta­tion de la Consti­tu­tion Euro­péenne (ou quelque autre nom qu’ils veulent bien lui don­ner pour nous la faire avaler). 

    C’est bien Ange­la Mer­kel qui est la plus pres­sée, par­ceque les son­dages d’o­pi­nion donnent plus de 90% au NON popu­laire en Alle­magne, et qu’elle est bel et bien obli­gée d’ar­ri­ver à quelque chose de concret et contrai­gnant pour l’Al­le­magne AVANT que cette bombe poten­tielle du « Bun­des­ver­fas­sung­sge­richt » ne lui éclate dans la figure et ruine sa car­rière politique.

    La lutte pour évi­ter qu’on nous impose des règles, lois, consti­tu­tions, etc. au niveau euro­péen qui ne sont pas issues de la sou­ve­rai­ne­té des peuples et qui, le plus sou­vent, ont l’in­ten­tion d’é­ro­der des droits qui sont, eux, bel et bien éta­blis dans les dif­fé­rentes Consti­tu­tions natio­nales, n’est pas seule­ment fran­çaise. Du moment qu’il s’a­git de nous impo­ser une norme supra-natio­nale… nous devons tous nous unir ou col­la­bo­rer pour uti­li­ser du mieux qu’on peut TOUTES les oppor­tu­ni­tés de TOUTES les consti­tu­tions de TOUS les pays concernés.

    Cha­cune de ses oppor­tu­ni­tés doit ser­vir à tous pour mettre tout notre poten­tiel dans la balance… Lut­tant contre la défaite, mais aus­si en fai­sant toute la publi­ci­té que nous pou­vons pour que notre injuste défaite, si celle-ci se pro­duit, et tout les trucs qu’ils auront uti­li­sés pour l’ob­te­nir, puissent ser­vir à sen­si­bi­li­ser la popu­la­tion de toute l’U­nion Euro­péenne afin qu’ils fassent encore plus d’ef­forts pour l’é­tape sui­vante. N’ou­blions pas qu’il n’y aura pas de Consti­tu­tion Euro­péenne (ou Trai­té, ou…) si une seule des 27 nations ne rati­fie pas, car l’u­na­ni­mi­té est requise.

    Notre prio­ri­té doit être d’a­bord de pré­ser­ver à tout prix les pro­ces­sus de rati­fi­ca­tion réfé­ren­daire des pays qui en ont encore un, en res­tant vigi­lants et en uti­li­sant toutes les occa­sions pos­sibles pour conscien­ti­ser ces peuples des risques qu’ils courent en per­dant ces pré­ro­ga­tives… en fai­sant connaître toutes les dif­fi­cul­tés sup­por­tées par ceux qui n’ont pas droit au référendum.

    Main­te­nir la pres­sion et le flux d’in­for­ma­tion per­ma­nent dans toute la Com­mu­nau­té Euro­péenne es essentiel.

    Pour cela, il nous faut une stra­té­gie de com­mu­ni­ca­tion active et com­plète. Inven­tive, puisque nous n’a­vons pas beau­coup de moyens physiques…

    Il faut iden­ti­fier les pièces d’in­for­ma­tion essen­tielles pour la stra­té­gie qui cor­res­pondent au moment actuel, et les dis­sé­mi­ner et les défendre dans toute l’U­nion. Une syn­thèse de ce que nous avons ou pou­vons obte­nir s’im­pose, car je ne vois pas com­ment nous pou­vons enta­mer la tra­duc­tion de tout ce qu’on a dans les autres langues uti­li­sées dans les pays de l’U­nion (même les non-offi­cielles, car il n’y a pas de peuple non-officiel).

    Je pense depuis beau­coup de temps que nous avons besoin d’un site mul­ti­lingue, mais quand je pense au cau­che­mar wiki-forum-blog-page résu­mé-site d’É­tienne (en termes de gérance) et je me l’i­ma­gine en plus de vingt langues… j’ai bien peur de mou­rir d’in­farc­tus avant de le voir réalisé.

    En plus, l’in­ter­net n’est pas suf­fi­sant comme stra­té­gie média­tique… Il nous faut impé­ra­ti­ve­ment trou­ver des moyens pour avoir une pré­sence dans des maga­zines impri­més. La radio et la télé, bien que popu­laires, ne servent pas pour trans­mettre des idées EN DÉTAIL et AVEC PROFONDEUR, elles ne sont utiles que pour faire la pro­pa­gande par­ti­sane de ceux qui ont des inté­rêts à cacher et se servent de la néces­saire brie­ve­té des inter­ven­tions pour omettre ce qui leur ne convient pas. Étienne sait trop bien qu’il n’a jamais eu le temps néces­saire dans les médias pour fon­der ses argumentations.

    Si il s’a­vère impos­sible d’ob­te­nir de l’es­pace dans les média cor­po­ra­tifs, il fau­dra avoir assez d’i­ma­gi­na­tion pour en inven­ter d’autres. J’ai quelques idées… mais mal­heu­reu­se­ment pas un sou et moins encore de la com­pa­gnie. On peut faire sans sous… mais pas tout seul.

    Assez pour aujourd’­hui. Je vou­drais bien avoir vos opi­nions à tous.

    Anto­nio.
    [email protected]

    Réponse
  27. Étienne

    Bon­jour Antonio.

    Mer­ci d’être là :o)

    Vous avez rai­son sur le besoin de syn­thèse et sur la néces­saire approche mul­ti­lingue. Éga­le­ment sur le fait d’être nombreux.

    De mon côté, je sature com­plè­te­ment… Pas moyen d’en faire beau­coup plus pour le moment…

    (Ne ratez pas Onfray sur France Culture tous les jours à 19 h)

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne

    Réponse
  28. NingúnOtro

    Aïe, trop tard…

    J’ai bien trou­vé la retrans­mis­sion en ligne http://​www​.radio​france​.fr/​c​h​a​i​n​e​s​/​f​r​a​n​c​e​-​c​u​l​t​u​r​e​2​/​s​o​m​m​a​i​re/ mais à 19:55h…

    Mais j’ai réus­si à trou­ver un enre­gis­tre­ment alter­na­tif que je veux bien par­ta­ger avec tous :

    http://​www​.tv​-radio​.com/​o​n​d​e​m​a​n​d​/​f​r​a​n​c​e​_​c​u​l​t​u​r​e​/​O​N​F​R​A​Y​/​O​N​F​R​A​Y​2​0​0​7​0​8​0​1​.​ram

    C’est en for­mat Real Media. Pas de pro­blème sur ma boite linux actuelle, mais pas évident pour tout le monde.

    En voyant que la codi­fi­ca­tion du fichier se fait par date, j’ai même eu de la chance en met­tant celle de la semaine der­nière… l’en­re­gis­tre­ment est bien la ! Alors, si cette émis­sion était la hui­tième de 25… les sept autres peuvent bien être la… il suf­fit de consul­ter les dates exactes sur un calendrier.

    L’é­mis­sion de la semaine pro­chaine n’est pas encore là 😉

    Réponse
  29. Vladimir

    SUR LE KRACH FINANCIER : C’EST ICI QUE LE RÊVE CESSE ET QUE LA RÉALITÉ SE FAIT JOUR

    LYNDON LAROUCHE 3 août 2007 – 13:22

    « 3 août 2007 (Nou­velle Soli­da­ri­té) – Pour com­prendre la crise finan­cière inter­na­tio­nale il faut s’imaginer un serre-livres, explique Lyn­don LaRouche. D’un coté, dit-il, on se trouve devant l’effondrement du mar­ché hypo­thé­caire [Mor­gage Based Secu­ri­ties ou MBS] qui fait en sorte que le flux de liqui­di­tés des banques, obte­nu grâce aux pro­fits géné­rés par les MBS, se tarit. L’arrêt sou­dain de ce flux menace direc­te­ment les fonds de per­for­mance [hedge funds], léga­le­ment tenus d’honorer leurs enga­ge­ments, car ils n’ont fait qu’avancer des pro­messes sans dis­po­ser d’argent propre capable de payer leurs opé­ra­tions. Ce qui implique que, des deux cotés de la chaîne, c’est-à-dire aus­si bien du coté de la géné­ra­tion de ce capi­tal fic­tif que du coté ou ces liqui­di­tés sont atten­dus pour régler des opé­ra­tions, des défauts de paie­ments se mani­fes­te­ront d’une façon ou une autre.

    Au centre de tout cela, l’Allemagne est aspi­rée avec la débâcle de l’IKB Deutsche Indus­trie­bank dans une broyeuse mon­diale. Il ne s’agit pas d’une ques­tion locale, régio­nale ou natio­nale, mais d’une ques­tion entiè­re­ment mondiale.

    Il y a donc beau­coup d’opérations qui ces­se­ront, pour le moins tem­po­rai­re­ment. Comme le yen car­ry trade (por­tage sur le yen) dont la crise frappe déjà l’Australie et la Nou­velle Zélande, deux pays qui ont fonc­tion­né sur ce sys­tème ; ain­si que beau­coup d’opérations en Europe et en Chine.

    Donc, ils ont ce pro­blème de « serre-livres ». D’un coté, vous avez le yen car­ry trade qui a ser­vi de levier pour géné­rer du cré­dit ; ain­si que les mar­chés de l’immobilier amé­ri­cain et bri­tan­nique qui ont ser­vi de la même façon. Et, ce que cela implique, c’est qu’une impor­tante ins­ti­tu­tion de dépôt au milieu de la chaîne, trans­forme les MBS et autres titres de même natures, en des avoirs moné­taire. Ces avoirs sont ensuite injec­tés, à tra­vers les banques de Wall Street, dans les hedge funds et des opé­ra­tions apparentées.

    Main­te­nant à l’autre bout de la chaîne, les hedge funds rachètent des socié­tés sans pour autant dis­po­ser d’argent pour régler leurs rachats. Ce qu’ils font, c’est qu’ils émettent des pro­messes de paie­ment, et ensuite ils règlent la fac­ture en se ser­vant dans les actifs de l’entreprise mise sous contrôle. Ain­si, si l’argent ne se déverse pas depuis le mar­ché hypo­thé­caire, via les banques et les ins­ti­tu­tions appro­priées, pour ali­men­ter les contrats à effet de levier comme ceux de Cer­be­rus ou d’autres, ils se trouvent blo­qués car ils ont fait des rachats sur la base de pro­messes et que l’argent pour maté­ria­li­ser ses pro­messes n’existe pas.

    Donc, ils sont pris des deux cotés. On le constate du coté de l’effondrement du mar­ché du neuf et des mar­chés simi­laires, où le robi­net du cré­dit qui four­nis­sait les moyens de paie­ment est fer­mé. Et à l’autre bout se trouve quelqu’un étant obli­gé de rené­go­cier son contrat ou de se mettre en défaut de paie­ment et de perdre ses avoirs. D’où le phé­no­mène Bear Stearns, quand un acteurs finan­cier se fait prendre au milieu de tout ça, et que ses actifs se révèle sou­dai­ne­ment être nuls.

    Ain­si on assiste à l’effondrement géné­ra­li­sé du sys­tème. Et la plu­part des gens se trompent com­plè­te­ment d’approche en rédui­sant le phé­no­mène à une ques­tion locale, régio­nale ou natio­nale. En réa­li­té c’est une énorme bulle mon­diale, comme celle de John Law au 18ième siècle, qui n’est pas basée sur la réa­li­té mais sur la spé­cu­la­tion. Et quand le spé­cu­la­teur est mis en défaut, qu’il ne peut plus conti­nuer à ali­men­ter la spé­cu­la­tion : Boom ! Tout disparaît.

    C’est ce qui s’est pro­duit au 14ième siècle avec la grande faillite des ban­quiers Bar­di et Per­uz­zi. Tout le monde s’était endet­té auprès d’eux jusqu’au jour ou le roi d’Angleterre a fait savoir qu’il ne pou­vait pas hono­rer ses enga­ge­ments envers la France, dont les guerres furent finan­cés par les ban­quiers Lom­bards. Sa déci­sion a pro­vo­qué une réac­tion en chaîne. Et aujourd’hui, je l’ai dit depuis des années, nous sommes de nou­veau face à un effon­dre­ment en chaîne du même type.

    Alors les gens me demandent : est-ce que ça s’effondrera demain ? On ne peut pas le savoir, parce que toutes sortes de choses peuvent se faire pour retar­der le pro­ces­sus et des nou­veaux avoirs fic­tifs peuvent être créés pour ten­ter de cacher le phé­no­mène. Mais peu importe les astuces, on connaît la des­ti­na­tion finale de cette marche. Plus on retarde, et plus la situa­tion sera grave.

    Donc, on ne peut pas savoir à quel moment exact le sys­tème cou­le­ra, mais on sait qu’il cou­le­ra. Et rien ne l’arrêtera. On peut le retar­der ; l’effondrement peut être retar­dé, mais pas évi­té, sauf en chan­geant le sys­tème moné­taire inter­na­tio­nal, ce qui est conce­vable. Mais pour l’instant, ils ne sont pas très enthou­siastes pour cette perspective.

    Face à cette situa­tion, George Bush et consorts disent effec­ti­ve­ment : « Euh, pas main­te­nant, on a autre chose à l’esprit. On doit cou­per ! On doit couper ! »

    C’est là où le monde des rêves cesse, et la réa­li­té se fait jour. »

    http://​www​.soli​da​ri​teet​progres​.org/​s​p​i​p​/​s​p​_​a​r​t​i​c​l​e​-​b​r​e​v​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​3​168

    Au-delà de la crise finan­cière, une ana­lyse poli­tique des limites de la mondialisation :

    L’irrémédiable fra­gi­li­té du système

    « Nous sommes dans un sys­tème conti­nu et abso­lu. Nous ne l’avons pas vou­lu, ni même choi­si d’ailleurs, — nous nous sommes convain­cus que nous y sommes. » (…)

    http://​www​.dede​fen​sa​.org/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​?​a​r​t​_​i​d​=​4​259

    Réponse
  30. CATHERINE

    Qui fixe le cap du navire

    En tout cas, c’est pas nous qui lais­sons faire.

    Tan­dis que cer­tains causent(comme moi!!!), d’autres agissent et agissent puis­sam­ment puis­qu’ils rati­boisent tout !

    Voi­ci repris de chez sity​.net

    En décembre, Barack Oba­ma a signé la loi NDAA auto­ri­sant la déten­tion illi­mi­tée et sans juge­ment des citoyens amé­ri­cains.

    Cette pos­si­bi­li­té avait été ins­tau­rée par le Patriot Act de Bush mais jusqu’ici c’était réser­vé aux res­sor­tis­sants étran­gers. C’est donc de fac­to la fin “l’habeas cor­pus”, droit consti­tu­tion­nel fon­da­men­tal de toute démo­cra­tie qui garan­tit à chaque citoyen de ne pas être empri­son­né sans jugement.

    Cette loi NDAA est une ini­tia­tive des repré­sen­tants et séna­teurs Répu­bli­cains qui ont la majo­ri­té au Congrès, mais une grande par­tie des Démo­crates l’ont votée aus­si. Oba­ma a expri­mé son désac­cord mais il a quand même signé le décret d’application de la loi et il n’a pas oppo­sé son véto comme il en avait la possibilité.

    Réponse

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