Non, ce n’est pas « trop cher » : le financement des besoins collectifs est rendu sciemment ruineux par un sabordage monétaire étonnant

1/05/2007 | 183 commentaires

Cita­tion n°1 : Denis Clerc

« Les banques créent de la mon­naie très sim­ple­ment. Lorsque le titu­laire d’un compte obtient un prêt à court terme (moins d’un an), par exemple une avance sur salaire : dans ce cas, la banque ins­crit au cré­dit du béné­fi­ciaire la somme deman­dée (d’où le terme de cré­dit). Elle a créé de la mon­naie scrip­tu­rale à par­tir de rien. Une ins­crip­tion sur un compte lui a suf­fit. »


Source : Denis Clerc, « Déchif­frer l’é­co­no­mie », Cha­pitre 4 La mon­naie et le cré­dit, p. 163.

Cita­tion n°2 : Banque de France

En 1971, la Banque de France édi­tait un opus­cule dénom­mé « la Mon­naie et la Poli­tique moné­taire » dans lequel elle pré­ci­sait : « Les par­ti­cu­liers — même paraît-il cer­tains ban­quiers — ont du mal à com­prendre que les banques aient le pou­voir de créer de la mon­naie ! Pour eux, une banque est un endroit où ils déposent de l’argent en compte et c’est ce dépôt qui per­met­trait à la banque de consen­tir un cré­dit à un autre client. Les dépôts per­met­traient les cré­dits. Or, cette vue n’est pas conforme à la réa­li­té, car ce sont les cré­dits qui font les dépôts. » [et pas l’in­verse. (ÉC)]

Source : Banque de France, donc pas vrai­ment des mickeys :o)

Cita­tion n° 3 : Mau­rice Allais

« Fon­da­men­ta­le­ment, le méca­nisme du cré­dit abou­tit à une créa­tion de moyens de paie­ments ex nihi­lo [(à par­tir de rien (ÉC)], car le déten­teur d’un dépôt auprès d’une banque le consi­dère comme une encaisse dis­po­nible, alors que, dans le même temps, la banque a prê­té la plus grande par­tie de ce dépôt, qui, redé­po­sée ou non dans une banque, est consi­dé­rée comme une encaisse dis­po­nible par son réci­pien­daire. À chaque opé­ra­tion de cré­dit, il y a ain­si dupli­ca­tion moné­taire. Au total, le méca­nisme de cré­dit abou­tit à une créa­tion de mon­naie ex nihi­lo par de simples jeux d’é­cri­tures (*).
(*) Ce n’est qu’à par­tir de la publi­ca­tion en 1911 de l’ou­vrage fon­da­men­tal d’Ir­ving Fisher, The pur­cha­sing Power of money, qu’il a été plei­ne­ment recon­nu que le méca­nisme du cré­dit abou­tit à une créa­tion de monnaie. » 

Source : Mau­rice Allais, « Prix Nobel » de sciences éco­no­miques, « La crise moné­taire d’au­jourd’­hui. Pour de pro­fondes réformes des ins­ti­tu­tions finan­cières et moné­taires. », Éd. Clé­ment Juglar, 1999, p. 63.

Cita­tion n°4 : Mau­rice Allais

« Le juge­ment éthique por­té sur le méca­nisme du cré­dit ban­caire s’est pro­fon­dé­ment modi­fié au cours des siècles. (…) À l’o­ri­gine, le prin­cipe du cré­dit repo­sait sur une cou­ver­ture inté­grale des dépôts. (…) Ce n’est que vers le XVII e siècle, avec l’ap­pa­ri­tion des billets de banque, que les banques aban­don­nèrent pro­gres­si­ve­ment ce prin­cipe. Mais ce fut dans le plus grand secret et à l’in­su du public » (…) « En aban­don­nant au sec­teur ban­caire le droit de créer de la mon­naie, l’É­tat s’est pri­vé en moyenne d’un pou­voir d’a­chat annuel repré­sen­tant envi­ron 5,2 % du reve­nu natio­nal. »

Source : Mau­rice Allais, Prix Nobel d’é­co­no­mie 1988, La réforme moné­taire, 1976).

Cita­tion n°5 : Ber­nard Maris

Créa­tion et des­truc­tion moné­taire
« (…) C’est le prin­cipe fon­da­men­tal de la créa­tion moné­taire : si je fais un cré­dit papier de 100 et si je sais qu’une grande par­tie de ce cré­dit revien­dra chez moi ban­quier, je peux mul­ti­plier le cré­dit bien au-delà du stock d’or dont je dis­pose. (…) Le méca­nisme est décrit dans l’a­dage : « les prêts font les dépôts ». Le cré­dit fait les dépôts, il fait l’argent. Et non l’in­verse ! Avis à ceux qui croient que l’é­pargne fait l’argent. Quel contre­sens éco­no­mique !
(…) Mais la vraie garan­tie de la créa­tion moné­taire, c’est l’an­ti­ci­pa­tion de l’ac­ti­vi­té éco­no­mique, du cycle pro­duc­tion consom­ma­tion. Encore faut-il que cette anti­ci­pa­tion soit saine : toute créa­tion moné­taire saine débouche sur une des­truc­tion moné­taire équi­va­lente.
(…) Nous per­ce­vons mieux la nature de la mon­naie : des dettes (des créances sur la banque émet­trice) qui cir­culent. Des dettes qui, si elles sont saines, doivent, par l’ac­ti­vi­té éco­no­mique, pro­vo­quer leur rem­bour­se­ment.
Aujourd’­hui, la mon­naie est déta­chée de tout sup­port maté­riel, on peut en créer à l’in­fi­ni. »

Source : Ber­nard Maris, pro­fes­seur d’u­ni­ver­si­té en France et aux États-Unis, « Anti-manuel d’é­co­no­mie », éd. Bréal, oct. 2003, p. 219.

Cita­tion n°6 : Ber­nard Maris

Le déni d’exis­tence
« Long­temps, les éco­no­mistes ont négli­gé l’argent. Les éco­no­mistes libé­raux, ortho­doxes s’en­tend. Encore aujourd’­hui, nombre d’é­co­no­mistes consi­dèrent que l’argent, la mon­naie, ne sont pas des ques­tions en soi. La mon­naie est neutre. Elle n’a pas d’in­ci­dence sur l’é­co­no­mie réelle (sou­li­gner dix fois), l’é­co­no­mie véri­table, pro­fonde, celle qui parle des pro­duits, des ser­vices, de l’emploi, des prix.
Il y a deux aspects de l’é­co­no­mie, disent les grands éco­no­mistes clas­siques, Ricar­do, Say, Smith, Mal­thus, et après eux les grands moné­ta­ristes, Fried­man, Patin­kin, Lucas aujourd’­hui : 1) l’é­co­no­mie d’é­change, où les pro­duits s’é­changent contre les pro­duits, le tra­vail contre des biens, par exemple, et, à côté, la mon­naie. Elle est en plus. Elle vient défi­nir le niveau des prix, mais ça n’a pas d’in­ci­dence fon­da­men­tale sur le fonc­tion­ne­ment de la pro­duc­tion, du com­merce, et sur l’emploi. Cela paraît extra­va­gant, mais c’est comme ça ! Aujourd’­hui encore, en 2003, on enseigne dans les uni­ver­si­tés la « théo­rie du cycle réel », Real Busi­ness Cycle, qui s’ef­force d’ex­pli­quer les fluc­tua­tions cycliques des éco­no­mies par les goûts des consom­ma­teurs, le pro­grès tech­nique, en sup­po­sant que l’argent n’existe pas. (…)
Même les auto­pro­cla­més moné­ta­ristes, comme le prix Nobel Mil­ton Fried­man, ont écha­fau­dé leur sco­las­tique pour anni­hi­ler la mon­naie, pour démon­trer qu’elle n’a­vait pas d’in­fluence sur le réel, sur la réa­li­té des pro­duc­tions et des échanges, mais sim­ple­ment sur les prix. Cette concep­tion aber­rante de la neu­tra­li­té de la mon­naie ne méri­te­rait-elle pas, pour elle seule, qu’on rejette la théo­rie ortho­doxe aux pou­belles des stu­pi­di­tés idéo­lo­giques ? Oui, mais il faut com­prendre ce que cache ce rejet sys­té­ma­tique de la mon­naie.
(…)
Pour­quoi les éco­no­mistes clas­siques, néo­clas­siques, ortho­doxes, moné­ta­ristes, nient-ils l’argent ? Parce qu’ils nient le pou­voir de l’é­met­teur, le pou­voir du sei­gneur, le sei­gneu­riage, ils nient la poli­tique, gra­vée sur le denier par l’ef­fi­gie de César, et au-delà, [ils nient] tout ce que l’argent contient de « socié­tal » (…)
Ricar­do et les clas­siques consi­dé­raient que le tra­vail mesure la valeur des choses. Dès lors, il est clair que la valeur rela­tive des objets et des ser­vices s’ex­prime en termes de tra­vail : s’il faut deux fois plus d’heures de tra­vail pour pro­duire une table qu’une chaise, une table vaut deux chaises. On peut tout mesu­rer dans l’é­co­no­mie à par­tir des chaises, tout expri­mer en termes du numé­raire « chaise », les voi­tures comme les ser­vices d’a­vo­cat. L’é­co­no­mie montre les échanges d’ob­jets et de ser­vices contre des objets et des ser­vices, cha­cun valant une cer­taine quan­ti­té de tra­vail.
Alors, à quoi sert la mon­naie, les pièces d’or ? À rien, si ce n’est à faci­li­ter les échanges. « La mon­naie est un voile posé sur les échanges » disaient les clas­siques, une sorte de fluide ou d’é­ther qui faci­lite la cir­cu­la­tion des choses mais qui ne leur donne aucune valeur, et qui elle-même n’en a aucune. La valeur de l’or est la quan­ti­té de tra­vail néces­saire à pro­duire l’or. Certes, l’or est plus facile à mani­pu­ler que les chaises pour l’é­change. Mais on aurait pu prendre des coquillages ou des ciga­rettes comme uni­té de mon­naie.
Sup­po­sons qu’une pièce de 1 euro cir­cule 10 fois en une jour­née entre les consom­ma­teurs. 10 est la vitesse de rota­tion de la mon­naie, soit V. Sup­po­sons que le prix P des objets échan­gés soit de 2, et que 500 objets soient échan­gés. La valeur des échanges de la jour­née est donc 2 x 500 = 1000. Com­bien faut-il de pièces de mon­naie de 1 euro, M, pour per­mettre les échanges ? Il en faut 100, car 100 pièces qui cir­culent 10 fois per­mettent de réa­li­ser 1000 euros d’é­changes. On obtient donc une rela­tion comp­table, une tau­to­lo­gie, que l’on va bap­ti­ser « équa­tion moné­taire » : MV=PQ.
Cette équa­tion résume toute la théo­rie moné­taire. Elle dit : la mon­naie, mul­ti­pliée par sa vitesse de cir­cu­la­tion, est égale au niveau géné­ral des prix mul­ti­plié par le volume des tran­sac­tions. Elle valut un prix Nobel à Mil­ton Fried­man. La mon­naie fixe le niveau géné­ral des prix. Plus il y a de mon­naie en cir­cu­la­tion, plus les prix aug­mentent. Mais l’é­co­no­mie réelle, elle, ne bouge pas. La mon­naie déter­mine seule­ment l’in­fla­tion : 10% de hausse de mon­naie en volume condui­ra à 10% de hausse de prix, c’est méca­nique. D’une équa­tion comp­table, on a fait une théo­rie niant l’im­pact de la mon­naie sur l’é­co­no­mie. Tout se passe comme s’il y avait deux sec­teurs dans l’é­co­no­mie : le sec­teur réel, les entre­prises, les usines, le tra­vail, les consom­ma­teurs, et le sec­teur moné­taire, une banque qui injecte de la mon­naie et qui fixe les prix.
Petit apar­té : toute la concep­tion euro­péenne de la Banque cen­trale, indé­pen­dante du pou­voir poli­tique et inter­dite de rece­voir des ordres des gou­ver­ne­ments, tient à la « neu­tra­li­té » de la mon­naie. La Banque cen­trale est là pour main­te­nir la valeur de la mon­naie, évi­ter qu’il y ait trop d’in­fla­tion. Ne pas trop don­ner de mon­naie revient donc à faire des éco­no­mies, car plus il y a de mon­naie, plus les prix aug­mentent. Cette obses­sion de la mon­naie rare et forte relève de la neu­tra­li­té, de la théo­rie clas­sique (Ricar­do, Fried­man).
Ordre des débi­teurs et ordre des créan­ciers

Mais pour­quoi faut-il que l’argent soit rare ? Nous retrou­vons ici notre vieil ami, le pro­blème éco­no­mique, le pro­blème de la rare­té. Par­tout, les éco­no­mistes pro­meuvent la rare­té. L’argent rare sera cher, sur­éva­lué peut-être même. Qui a de l’argent ? Les riches, les épar­gnants, ceux qui ont pu accu­mu­ler ou héri­ter. Si le taux d’in­té­rêt est éle­vé, le taux d’in­té­rêt étant le prix de l’argent, l’argent est deman­dé, il s’é­va­lue. Le capi­tal est rare et cher. Les créan­ciers, les déten­teurs d’argent, sont contents, tout comme les prê­teurs et les ren­tiers sont contents. Les ren­tiers dont les loyers des mai­sons sont éle­vés. Les créan­ciers ont une cer­taine vision de l’ordre éco­no­mique.

Qui sont ces créan­ciers ? Des per­sonnes riches, âgées. À qui prêtent-ils ? À des per­sonnes sans argent, des loca­taires ou des entre­pre­neurs, qui empruntent pour leur entre­prise. Ce sont des débi­teurs. Ils pré­fèrent que l’argent soit bon mar­ché, et même qu’il se déva­lue. L’in­fla­tion ruine les créan­ciers et enri­chit les débi­teurs. Un emprun­teur, si la hausse des prix est constante, et si son salaire suit cette mon­tée, rem­bourse de moins en moins. Alors que les sala­riés et les entre­pre­neurs sont contre l’argent cher, les épar­gnants et les ren­tiers sont pour.
Lors­qu’une acti­vi­té est endet­tée et ne peut plus rem­bour­ser ses dettes par son acti­vi­té, soit on la main­tient sous per­fu­sion en lui don­nant d’autres cré­dits sans contre­par­tie, puis­qu’il n’y aura pas de sa part créa­tion de richesses maté­rielles, soit on lui dit : « Fini ! Vous rem­bour­sez ! » Si elle ne rem­bourse pas, elle est mise en faillite, et avec la faillite s’o­père un redé­ploie­ment de la pro­prié­té indus­trielle (ce que Schum­pe­ter appe­lait la des­truc­tion créa­trice) : l’ordre des créan­ciers décide de ce redé­ploie­ment. Plus de tex­tile en France. Plus d’a­cier de basse qua­li­té. En échange, se déve­loppent des ser­vices, des logi­ciels…
L’ordre des débi­teurs, l’ordre éco­no­mique du point de vue des débi­teurs, est radi­ca­le­ment oppo­sé à celui des créan­ciers. L’an­ta­go­nisme débi­teur-créan­cier est total : ce qui pro­fite à l’un nuit à l’autre. La lutte des débi­teurs et des créan­ciers, ter­rible, occulte, est une lutte pour la défi­ni­tion de la pro­prié­té indus­trielle : dans quels sec­teurs les entre­pre­neurs sont-ils auto­ri­sés à tra­vailler par l’ordre des créan­ciers ? Ils peuvent se tour­ner vers Inter­net, par exemple, ce qui a créé une bulle énorme et un endet­te­ment ter­rible des entre­prises comme Viven­di ou France Tele­com. L’his­toire éco­no­mique est faite de ces affron­te­ments. En 1976 en France, le ministre Ray­mond Barre prend une déci­sion his­to­rique : il décide que l’É­tat paie­ra les inté­rêts de sa dette au-delà du taux d’in­fla­tion. Il dit : « Je place l’É­tat au ser­vice des créan­ciers, des épar­gnants. Finie l’in­fla­tion qui érode le capi­tal. Vive les ren­tiers ! » Fini l’ordre des sala­riés et des entre­pre­neurs, finies les Trente Glo­rieuses, la mon­naie se ren­force, le chô­mage aug­mente, les salaires stag­nent, la rente réap­pa­raît. Dix ans plus tard, en 2003, le par­tage du pro­duit natio­nal s’est fait au pro­fit des créan­ciers : 10% du PIB a bas­cu­lé du côté du pro­fit et de la rente. (…) La mon­dia­li­sa­tion, d’une cer­taine manière, est un bas­cu­le­ment de l’é­co­no­mie au pro­fit des créan­ciers, des bour­siers, des ren­tiers, des financiers. »

Source : Ber­nard Maris, « Anti-manuel d’é­co­no­mie », éd. Bréal, oct. 2003, p. 206 s.

Cita­tion n°7 : Ber­nard Maris

La Banque de France

« La Banque de France était à l’o­ri­gine une banque pri­vée, dotée d’une assem­blée ou d’un conseil de deux cents gros action­naires. Ces deux cents action­naires les plus puis­sants de la place de Paris ont don­né nais­sance au mythe des « deux cents familles », les deux cents familles bour­geoises contrô­lant l’argent en France et cimen­tant le « mur de l’argent », ce mûr contre lequel se heur­taient les gou­ver­ne­ments pro­gres­sistes. Les régents de la Banque de France étaient recru­tés dans les deux cents familles, les Mal­let, Vernes, Roth­schild, Hot­tin­ger, Wen­del. La loi de Ger­mi­nal an XI défi­nis­sait la pari­té du franc par rap­port à deux métaux, l’or et l’argent, la Banque de France devant, sta­tu­tai­re­ment, garan­tir la soli­di­té du franc, en contrô­lant le volume de la créa­tion moné­taire. En gros, la Banque sui­vait le prin­cipe du « tiers » : le cré­dit consen­ti à l’é­co­no­mie était égal à trois fois les réserves d’or et d’argent conte­nues dans les caisses. C’é­tait une ges­tion pru­dente, et le franc ger­mi­nal se révé­la le plus solide de toutes les mon­naies, résis­tant le der­nier à la crise de 1929 et res­tant conver­tible en or jus­qu’en 1926, alors que la livre, le dol­lar, le mark étaient depuis long­temps incon­ver­tibles. (Déjà poli­tique du franc ultra fort, défla­tion­niste, qui fit dire à Keynes que « les fran­çais étaient des pay­sans assis sur leur tas d’or ».)

Mais les ban­quiers et les indus­triels du conseil de la Banque de France, contrô­lant le cré­dit, contrô­laient d’une cer­taine manière la poli­tique de la France. Ain­si l’É­tat s’é­tait rui­né après la guerre de 14. Les dépenses de recons­truc­tion étaient impor­tantes. Le chô­mage mena­çait. La poli­tique colo­niale était coû­teuse. Les dépenses à carac­tère social poin­taient leur nez, l’é­du­ca­tion coû­tait cher. En 1924, arrive au pou­voir le Car­tel des gauches, qui demande des avances à la Banque de France pour bou­cler son bud­get. Une avance de la Banque de France à l’É­tat, autre­ment dit au Tré­sor, se tra­duit dans le lan­gage popu­laire par : « faire mar­cher la planche à billets ». Moreau, le régent de la Banque de France refuse. Her­riot le radi­cal, Pré­sident du Conseil, démis­sionne ! La Banque de France a fait chu­ter le gou­ver­ne­ment ! La gauche s’est fra­cas­sée sur le mur de l’argent !

En 1934, Pierre Laval, chef du gou­ver­ne­ment, et sur­tout Léon Blum, Pré­sident du conseil, en 1936, du gou­ver­ne­ment du Front Popu­laire, sou­mettent la Banque de France à la tutelle publique. Vincent Auriol, ministre des Finances du Front déclare : « Les banques je les ferme, les ban­quiers je les enferme ! » Il décrète le franc incon­ver­tible. Les régents de la Banque de France, trans­for­més en gou­ver­neurs, et des sous-gou­ver­neurs sont nom­més par l’É­tat. En 1945, le géné­ral de Gaulle, chef du gou­ver­ne­ment pro­vi­soire, natio­na­lise la Banque de France : c’est fini. En même temps, les trois grandes banques de dépôt, le Cré­dit Lyon­nais, le Comp­toir natio­nal d’es­compte de Paris (CNEP) et la Banque natio­nale pour le com­merce et l’in­dus­trie (BNCI) sont natio­na­li­sées. Le cré­dit est sous tutelle publique. L’É­tat a recou­vré son auto­ri­té sur la mon­naie, ce qui ne dure­ra pas.

Retour de la créa­tion moné­taire au privé

1945–1993 : presque un demi siècle de tutelle publique. En fait, l’É­tat cesse de contrô­ler le cré­dit en 1983, lorsque le gou­ver­ne­ment socia­liste décide d’ar­ri­mer le franc au mark, mon­naie forte, de sta­bi­li­ser la France dans l’Eu­rope, et de lais­ser le contrôle du cré­dit et de l’é­mis­sion moné­taire (à nou­veau !) à la Banque de France. L’É­tat a donc contrô­lé le cré­dit de 1934 à 1983, pen­dant cin­quante ans.

En 1993, l’É­tat prend acte de l’in­dé­pen­dance de la Banque de France par la loi de décembre. Désor­mais, le gou­ver­neur est nom­mé mais ne peut plus être « démis­sion­né » par l’É­tat. Il est inter­dit à la Banque de France de finan­cer le défi­cit du bud­get de l’É­tat, autre­ment dit de faire mar­cher « la planche à billets ». Si l’É­tat a besoin de sous, qu’il les emprunte et qu’il les rem­bourse ! Les nou­veaux sta­tuts de la Banque inter­disent aux membres de son conseil (art. 1) « de sol­li­ci­ter ou d’ac­cep­ter d’ins­truc­tion du gou­ver­ne­ment ou de toute per­sonne ». Et voi­là. Le pou­voir poli­tique est sou­mis. La dic­ta­ture des ren­tiers a triomphé.

Les sta­tuts de la Banque de France, cal­qués (et « aggra­vés » en quelque sorte) sur ceux de la Bun­des­bank, gar­dienne du temple de la mon­naie forte, seront copiés par la Banque cen­trale euro­péenne. L’ordre des créan­ciers règne en Europe.

Aux États-Unis, c’est l’in­verse. La Banque fédé­rale de réserve est res­pon­sable devant le Congrès. La planche à billets fonc­tionne tou­jours. Le sta­tut d’hy­per puis­sance per­met aux États-Unis d’ac­ca­pa­rer, chaque année, les deux tiers de l’é­pargne nou­velle dans le monde, essen­tiel­le­ment en pro­ve­nance de l’Eu­rope et du Japon. Les États-Unis, sou­ve­rains du monde, fonc­tionnent selon le prin­cipe réga­lien de la créa­tion monétaire.

Voi­là une ques­tion essen­tielle d’é­co­no­miste : qui fabrique l’argent qui nous fait vivre ? Au pro­fit de qui ? Pour quelles acti­vi­tés ? De 1945 à 1976, l’É­tat fabrique l’argent au pro­fit de la recons­truc­tion, puis de la crois­sance. Et puis, après cette très brève paren­thèse du capi­ta­lisme, le pri­vé reprend ses droits. »

Source : Ber­nard Maris, « Anti-manuel d’é­co­no­mie », éd. Bréal, oct. 2003, p. 221 s.

On com­prend avec ce der­nier extrait que rien n’est iné­luc­table et que la lutte poli­tique per­met de progresser.

Si vous avez des infos com­plé­men­taires sur ce scan­dale du hara-kiri moné­taire accep­té dis­crè­te­ment par les poli­ti­ciens de métier, vous êtes bien sûr les bien­ve­nus :o)

Étienne.

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Étienne

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183 Commentaires

  1. AJH

    Excellent plai­doyer et claire démons­tra­tion. Nous essayons de notre coté d’a­me­ner aus­si à cette prise de conscience sur http://​www​.faux​mon​nayeurs​.org/ et par exemple sur http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=La+v%C3%A9rit%C3%A9+sur+la+dette et http://​tiki​.socie​tal​.org/​t​i​k​i​-​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​p​a​g​e​=​D​e​t​t​e​P​u​b​l​i​que d’où j’extrait :

     » Sans vou­loir remon­ter plus en amont que 1980, à cette époque la dette de l’E­tat (fran­çais) était de 206 mil­liards d’eu­ros (en valeur « euro 2004 »). Si on consi­dère les inté­rêts moyens à 5% sur la période 1980 à 2004, un cal­cul à par­tir des valeurs annuelles de la dette nous montre que si nous n’a­vions pas eu à emprun­ter cette mon­naie sur un mar­ché moné­taire (donc à payer des inté­rêts) la dette cumu­lée ne serait que d’en­vi­ron 417 mil­liards d’eu­ros à fin 2004 (au lieu de 1067 mil­liards d’euros). 

    Pour résu­mer, entre 1980 et 2004 la dette a aug­men­té de 861 mil­liards d’eu­ros, les­quels sont répar­tis en 211 mil­liards d’eu­ros de nou­veau capi­tal emprun­té et 650 mil­liards d’eu­ros d’in­té­rêts. Les prê­teurs nous ont donc col­lec­ti­ve­ment « ponc­tion­né » de 650 mil­liards d’eu­ros et c’est un trans­fert de richesse de la col­lec­ti­vi­té vers des « par­ti­cu­liers » , vers ceux qui sont déjà les plus riches.  »

    Ceci amène à se poser au moins une ques­tion : com­ment faire pour ce sor­tir de ce « piège » ? Car ne nous fai­sons pas d’illu­sion : rem­bour­ser plus de 1000 mil­liards d’eu­ros, si nous vou­lions le faire sur 20 ans, sous-entend qu’il fau­drait chaque année « trou­ver » 50 mil­liards + les inté­rêts, soit, si la moyenne de la dette est à 5% (pour sim­pli­fier), 100 mil­liard dès la pre­mière année… C’est presque 30% des recettes de la Nation, c’est autant que nous ne pour­rons pas inves­tir dans les équi­pe­ments (d’u­ti­li­té) publics, dans le bien-être de l’en­semble de la popu­la­tion, sans même par­ler du fonc­tion­ne­ment de l’État…

    Ceci dit, nous ne sommes pas les seuls : dans la zone euro, la dette publique moyenne est de 69% du PIB, et dix États membres ont affi­ché un ratio de dette publique supé­rieur à 60 % du PIB en 2006 : l’I­ta­lie (106,8 %), la Grèce (104,6 %), la Bel­gique (89,1 %), l’Al­le­magne (67,9 %), Malte (66,5 %), la Hon­grie (66,0 %), Chypre (65,3 %), le Por­tu­gal (64,7 %), la France (63,9 %), et l’Au­triche (62,2 %).

    Alors, com­ment sor­tir du piège ? Je vois, pour ma part, cinq solu­tions possibles :

    - Aug­men­ter consi­dé­ra­ble­ment le PIB (mais est ce sou­hai­table compte tenu des limites écologiques?).

    - Aug­men­ter les impôts (tous ou seule­ment « les riches » ?).

    - Lais­ser filer l’in­fla­tion (en aug­men­tant évi­dem­ment les salaires afin de gar­der au moins le même pou­voir d’achat).

    - Émettre des euros « gra­tuits » (mon­naie cen­trale émise par la BCE ) : avec un avan­tage, dans ce der­nier cas, c’est de faire bais­ser le taux de change euro/dollars, mais avec un risque, c’est de per­mettre encore plus de spéculation.

    - Reprendre le contrôle d’une par­tie de notre mon­naie, par exemple par une émis­sion de « mon­naie paral­lèle » : c’est la pro­po­si­tion du « Mou­ve­ment Socié­tal » http://​tiki​.socie​tal​.org/​t​i​k​i​-​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​p​a​g​e​=​E​M​S​-​1​8​p​o​i​nts

    Réponse
  2. Jacques

    Bon­jour,

    En véri­té, si l’É­tat pou­vait aupa­ra­vant emprun­ter à la Banque de France pour finan­cer son défi­cit, il devait rem­bour­ser cet emprunt, inté­rêt et capi­tal. C’est pour­quoi je ne com­prends pas cette expres­sion : ‘faire mar­cher la planche à billets’ appli­quée à un poli­tique budgétaire.

    Je crois que ‘faire mar­cher la planche à billets’, c’é­tait émettre une quan­ti­té de mon­naie telle (supé­rieure aux besoins de l’é­co­no­mie) qu’elle entre­te­nait l’in­fla­tion et dimi­nuait la valeur des dettes (de tout le monde, et pas seule­ment de l’État).

    Je peux me trom­per, car les pro­blèmes moné­taires sont com­plexes, et je suis d’ac­cord avec Étienne qu’on ne leur accorde pas assez d’importance.

    Ne pas perdre de vue aus­si que la BCE a le moyen de contrô­ler l’é­mis­sion de mon­naie des banques pri­vées par sa poli­tique de ré-escompte (prê­teur en der­nier recours). Ce qui rend encore plus néces­saire son contrôle par le pou­voir politique…

    Mer­ci de conti­nuer sur ce site ce tra­vail de réflexion et d’é­changes tel­le­ment nécessaire.

    Jacques.

    Réponse
  3. Jacques

    Re-bon­jour,
    Suite du mes­sage précedent.
    La situa­tion pré-Maas­tricht ne me paraît pas tel­le­ment plus avan­ta­geuse que celle d’au­jourd’­hui pour le bud­get de l’État.
    Pour finan­cer le défi­cit bud­gé­taire, il emprun­tait déjà auprès du sec­teur pri­vé : emprunts d’É­tat (type Pinay, indexé sur l’or, un vrai hold-up des contri­buables au pro­fit des épar­gnants), bons du Tré­sor à moyen et court terme (6 mois à 5 ans) sous­crits par les par­ti­cu­liers (bons sur for­mules) et les banques pri­vées et natio­na­li­sées (bons sur comptes courant).

    Il me semble que les emprunts auprès de la Banque de France ser­vaient, eux, à régler les pro­blèmes de tré­so­re­rie de l’É­tat, c’est-à-dire le déca­lage dans le temps entre les recettes et les dépenses. C’é­tait donc du court terme. Mais cela coûte cher néam­moins, d’où l’in­té­rêt de men­sua­li­ser les impôts, qui sub­siste bien sûr aujourd’hui.

    L’in­té­rêt de l’É­tat à contrô­ler la Banque Cen­trale, du point de vue de la dette publique, est de main­te­nir des taux d’in­té­rêt aus­si bas que possible.

    Jacques.

    Réponse
  4. Jacques

    Re-suite, pour rec­ti­fier le mes­sage précédent.

    Il s’a­gis­sait bien sûr de ‘…bons du Tré­sor à moyen et LONG terme…’. Vous aviez rec­ti­fié de vous-même. On ne se relit jamais assez.

    Le finan­ce­ment à moyen et long terme du défi­cit bud­gé­taire (dif­fé­rence entre res­sources et dépenses, qui, cumu­lée, consti­tue ce qu’on appelle la dette publique) est une ques­tion finan­cière qui pompe de l’é­pargne (les banques ser­vant d’in­ter­mé­diaire), avant tout concer­née par le niveau des taux d’intérêt.

    Le finan­ce­ment à court terme de la tré­so­re­rie (déca­lage dans le temps entre res­sources et dépenses, même pour un bud­get en équi­libre) est une ques­tion moné­taire, le recours au sys­tème ban­caire par des cré­dits à court terme condui­sant alors à une créa­tion monétaire. 

    Mer­ci de me cor­ri­ger si vous voyez les choses autrement.
    Jacques

    Réponse
  5. jacques

    Re-re-suite.

    Le défi­cit bud­gé­taire n’est pas anor­mal s’il sert à finan­cer des INVESTISSEMENTS, c’est-à-dire des immo­bi­li­sa­tions qui pro­dui­ront des effets dans l’a­ve­nir (uni­ver­si­tés, routes, hôpi­taux, etc.). Comme fait une entre­prise ou un particulier.

    Ce qui peut cho­quer aujourd’­hui, c’est que le défi­cit est supé­rieur aux inves­tis­se­ments de l’É­tat (les chiffres sont faciles à trou­ver). Il sert donc à finan­cer une par­tie du FONCTIONNEMENT. Cela ne peut se jus­ti­fier que dans une situa­tion où on doit faire face à des charges excep­tion­nelles (guerre par ex.) ou pour effec­tuer une relance de l’é­co­no­mie par la demande publique (poli­tique keynésienne).

    Cette situa­tion ne doit pas durer trop long­temps car elle pro­voque bien sûr un trans­fert de richesses (paie­ment de la dette) des contri­buables vers les prê­teurs (donc de tous vers les plus riches).

    Une bonne infla­tion per­met alors de s’en sor­tir, d’où l’in­té­rêt du contrôle de la créa­tion moné­taire par le pou­voir poli­tique… Mais l’in­fla­tion peut aus­si être un fléau, voir l’Al­le­magne des années 20.

    Jacques

    Réponse
  6. AJH

    Jacques écrit « Ce qui peut cho­quer aujourd’­hui, c’est que le défi­cit est supé­rieur aux inves­tis­se­ments de l’É­tat (les chiffres sont faciles à trou­ver). Il sert donc à finan­cer une par­tie du FONCTIONNEMENT. »

    Je n’ai pas, pour ma part, la même lec­ture : il me semble au contraire que le défi­cit est infé­rieur aux inves­tis­se­ments. Sur quels chiffres (faciles à trou­ver 🙂 ) vous basez-vous ?

    Réponse
  7. AJH

    Re…
    Je pré­cise à Jacques que je suis bien évi­dem­ment d’ac­cord avec son affir­ma­tion  » Le défi­cit bud­gé­taire n’est pas anor­mal s’il sert à finan­cer des INVESTISSEMENTS, c’est-à-dire des immo­bi­li­sa­tions qui pro­dui­ront des effets dans l’a­ve­nir (uni­ver­si­tés, routes, hôpi­taux, etc.). Comme fait une entre­prise ou un par­ti­cu­lier. »

    Mais la base de la dis­cus­sion reste : est ce « nor­mal » que, nous tous, devions emprun­ter aux banques pri­vées une mon­naie payante qu’elles ont obte­nu le droit de créer par ce qu’il faut bien appe­ler un pri­vi­lège ?

    Réponse
  8. Jacques

    Les chiffres :
    Par exemple, à la docu­men­ta­tion fran­çaise, pro­jet de loi de finances 2005 :

    • Titres V et VI inves­tis­se­ments du bud­get civil : 16,8 mil­liards d’euros
    • Titres V et VI inves­tis­se­ments du bud­get de la défense : 15,2 mil­liards d’euros

    Soit un total des inves­tis­se­ments : 16,8+15,2= 32 mil­liards d’euros.

    • Solde (défi­cit) : 44,9 mil­liards d’euros.

    Dans le cas de 2005, le défi­cit finan­çait 44,9−32=12,9 mil­liards de fonc­tion­ne­ment (sub­ven­tions, salaires et retraites des fonc­tion­naires, rem­bour­se­ment de la dette, entre­tien des bâti­ments, ver­se­ments aux col­lec­ti­vi­tés locales, éner­gie, loyers, etc.).

    Réponse
  9. Jacques

    Comme j’ex­pli­quais plus haut, le finan­ce­ment du défi­cit bud­gé­taire se fait par appel à l’é­pargne (obli­ga­tions publiques que l’on trouve dans les fonds de pla­ce­ments, assu­rances-vie, etc.), et pas par créa­tion moné­taire (à mon humble avis).
    C’est le finan­ce­ment de la tré­so­re­rie (à court terme) qui pro­voque de la créa­tion monétaire.

    De toute façon, quand on emprunte, il me paraît hon­nête de rem­bour­ser, à condi­tion que le taux d’in­té­rêt soit rai­son­nable (ils sont plu­tôt bas en ce moment). Sinon, la confiance disparaît.

    La cor­rec­tion des injus­tices et inéga­li­tés doit plu­tôt se faire par une répar­ti­tion plus juste des béné­fices, une poli­tique fis­cale de redis­tri­bu­tion, des ser­vices publics effi­caces, etc.

    Réponse
  10. AJH

    @ Jacques

    Pour ma part je trouve dans le tableau de l’IN­SEE http://​www​.insee​.fr/​f​r​/​f​f​c​/​c​h​i​f​c​l​e​_​f​i​c​h​e​.​a​s​p​?​t​a​b​_​i​d​=​162
    (For­ma­tion Brute de Capi­tal Fixe par sec­teur ins­ti­tu­tion­nel) les admi­nis­tra­tions publiques pour 55,4 G€

    Pour les autres lec­teurs, « La for­ma­tion brute de capi­tal fixe (FBCF) est consti­tuée par les acqui­si­tions moins ces­sions d’ac­tifs fixes  »

    Il va fal­loir com­prendre où l’une de nos don­nées est erronée.

    Réponse
  11. AJH

    Jacques écrit :
     » Comme j’ex­pli­quais plus haut, le finan­ce­ment du défi­cit bud­gé­taire se fait par appel à l’é­pargne (obli­ga­tions publiques que l’on trouve dans les fonds de pla­ce­ments, assu­rances-vie, etc.), et pas par créa­tion moné­taire (à mon humble avis). C’est le finan­ce­ment de la tré­so­re­rie (à court terme) qui pro­voque de la créa­tion moné­taire.  »

    Je vou­drais seule­ment faire remar­quer que « à l’o­ri­gine » cette mon­naie épar­gnée (par les prê­teurs, qui sont évi­dem­ment déjà les plus riches) est néces­sai­re­ment issue d’une créa­tion moné­taire (pour 93% de M3 pour être pré­cis, puisque dans la masse moné­taire nous ne trou­vons que 7% de mon­naie cen­trale), laquelle est tou­jours « payante » puisque émise par le sys­tème ban­caire privé.

    Ceci pré­ci­sé, d’ac­cord avec  » La cor­rec­tion des injus­tices et inéga­li­tés doit plu­tôt se faire par une répar­ti­tion plus juste des béné­fices, une poli­tique fis­cale de redis­tri­bu­tion, des ser­vices publics effi­caces, etc. »… mais ca n’a à mon sens rien à voir ini­tia­le­ment avec le sujet que déve­loppe Étienne qui est celui du finan­ce­ment de l’é­qui­pe­ment public… c’est « en plus ».

    Je trouve qu’on a eu hier soir lors du débat Sar­ko-Sego de bons exemples (de bonnes pro­po­si­tions éco­no­miques) de ce que nous pou­vons faire dans le sys­tème actuel avec les pro­po­si­tions de Sar­ko et de bons exemples de ce que nous pour­rions faire (relance key­né­sienne) dans un sys­tème où la mon­naie serait une mon­naie d’E­tat, avec le pro­gramme de Ségo… mais ce n’est que mon avis, évidemment…

    Je vous le dis, la dette « plombe » notre déve­lop­pe­ment car elle nous inter­dit de nous équi­per sans devoir trop tenir compte des « ren­ta­bi­li­tés » immé­diates (ex : un grand pro­gramme natio­nal d’i­so­la­tion ther­mique qui n’au­rait pas de ren­ta­bi­li­té immé­diate, mais une forte ren­ta­bi­li­té à long terme le jour où le prix de l’éner­gie dou­ble­ra ou tri­ple­ra … et ce n’est qu’un exemple…)

    Réponse
  12. Jacques

    Bon­jour,

    Sur les chiffres du défi­cit : le terme ‘admi­nis­tra­tions publiques’ est plus large que l’É­tat, il recouvre aus­si les col­lec­ti­vi­tés locales (régions, dépar­te­ments, com­munes), éta­blis­se­ments publics, etc., ce qui explique le mon­tant plus élé­vé des inves­tis­se­ments. Nous sommes là dans le domaine de la comp­ta­bi­li­té natio­nale, pas du bud­get de l’É­tat. Les col­lec­ti­vi­tés locales, elles, n’ont pas le droit de voter un bud­get en dés­équi­libre. C’est ce que Bay­rou vou­drait pour l’É­tat, et nous avons vu que c’est stu­pide car le défi­cit de l’É­tat est utile pour gérer des situa­tions exceptionnelles.

    Il ne faut pas non plus confondre épargne et créa­tion moné­taire. Quand j’a­chète une action ou une obli­ga­tion avec mon salaire dépo­sé sur mon compte à vue, j’u­ti­lise de la mon­naie qui existe déjà, il n’y a pas créa­tion moné­taire. Il pour­rait y avoir créa­tion moné­taire si j’a­che­tais cette action à cré­dit, avec de l’argent prê­té par la banque (ce que pra­tiquent les spéculateurs).

    Bien sûr, je suis favo­rable à une reprise du contrôle de la BCE par le pou­voir poli­tique (par prin­cipe démo­cra­tique), car si elle est aujourd’­hui indé­pen­dante du pou­voir poli­tique, elle ne l’est pas des lob­bies financiers.

    Réponse
  13. AJH

    Bon­jour

    Comme je n’ai pas accès à « la docu­men­ta­tion fran­çaise » sur inter­net, il m’est dif­fi­cile de « dis­cu­ter » de vos chiffres.

    Néan­moins, puisque d’une part les col­lec­ti­vi­tés locales doivent avoir un bud­get en équi­libre et que, d’autre part, les trans­ferts du bud­get de l’É­tat vers ces mêmes col­lec­ti­vi­tés repré­sente 49,5 G€, il me semble natu­rel de pen­ser que, sur ce mon­tant, il y a une par­tie d’in­ves­tis­se­ment qui rentre dans la « FBCF des admi­nis­tra­tions publiques », et pour­quoi pas 23,4 G€ pour « expli­quer » la dif­fé­rence entre « votre » chiffre de 32 G€ et « le mien » de 55,4 G€ ?

    Pour le second point : comme un épar­gnant ne peut prê­ter (achat d’o­bli­ga­tions ou de bons du tré­sor) que de la mon­naie ini­tia­le­ment émise (93%) par le sys­tème ban­caire, même s’il l’a effec­ti­ve­ment épar­gnée, on retrou­ve­ra ce « besoin » des banques com­mer­ciales de per­ce­voir un inté­rêt sur la mon­naie créée. Il faut évi­ter de faire des arrêts sur image lors­qu’on parle de mon­naie et regar­der quel est le cir­cuit glo­bal d’une masse moné­taire, entre son émis­sion, son uti­li­sa­tion et son rem­bour­se­ment à l’é­met­teur (assor­tie dans notre cas d’in­té­rêts qui ne peuvent être issus, glo­ba­le­ment, que d’une autre émis­sion moné­taire, d’où qu’elle vienne, mais non pas d’une quel­conque épargne ou pro­duc­tion de richesse)

    En atten­dant un sys­tème moné­taire rede­ve­nu réga­lien (sys­tème que j’ap­pelle de mes voeux), d’ac­cord avec vous que, pour le moins, la BCE doit être contrô­lée par le pou­voir poli­tique (qui doit donc pou­voir lui don­ner des ordres).

    Réponse
  14. Jacques

    Encore des chiffres :
    À l’a­dresse sui­vante : http://​www​.bud​get2007​.gouv​.fr/​d​o​s​s​i​e​r​_​p​r​e​s​s​e​/​c​h​i​f​f​r​e​s​c​l​e​s​2​0​0​7​.​pdf,
    vous trou­ve­rez les grandes lignes du pro­jet de loi de finances pour 2007.

    Les inves­tis­se­ments sont faibles : 13 mil­liards d’eu­ros, pour un défi­cit de 41 mil­liards (foin des décimales).

    Je ne me sou­viens pas que ce faible niveau des inves­tis­se­ments ait don­né lieu à un vrai débat démo­cra­tique… À quoi sert la LOLF ? On a pré­fé­ré bais­ser l’im­pôt sur le revenu…

    En tout cas, plus que jamais, le défi­cit finance des dépenses de fonc­tion­ne­ment et des sub­ven­tions, et il est dû plus à une fai­blesse des recettes qu’à un excès de dépenses.

    Réponse
  15. Jacques

    Quand mon employeur me paye mon salaire, son compte est débi­té en même temps que le mien est cré­di­té. La quan­ti­té de mon­naie en cir­cu­la­tion n’a pas aug­men­té. Il n’y a créa­tion de mon­naie que s’il me paye avec un cré­dit, et cette créa­tion est à rat­ta­cher à l’o­pé­ra­tion de cré­dit, pas à la paye.

    Il y a créa­tion de mon­naie s’il y a créa­tion de liqui­di­tés (billets et écri­tures) sans contre­par­tie, géné­ra­le­ment sous forme de crédit.

    Réponse
  16. AJH

    @Jacques

    Rien à rajou­ter pour le pre­mier mes­sage de 14 h 07.

    En ce qui concerne le second, l’af­fir­ma­tion  » Quand mon employeur me paye mon salaire, son compte est débi­té en même temps que le mien est cré­di­té. La quan­ti­té de mon­naie en cir­cu­la­tion n’a pas aug­men­té. » est évi­dem­ment exacte.… mais cette mon­naie a bien une ori­gine , et cette ori­gine est soit une émis­sion de la BCE (pour 7%), soit une émis­sion des fabri­quants de cré­dits (pour 93% de la masse moné­taire en cir­cu­la­tion), cré­dits qui, dépo­sés sur un compte, devien­dront « de la mon­naie » qui va pas­ser de comptes à d’autres et abou­tir sur celui de l’employeur qui va payer son sala­rié (ou action­naires, etc) qui en épar­gne­ra une par­tie pour enfin le prê­ter à l’E­tat (ou à d’autres emprunteurs)…

    Pour­quoi donc ne pas sim­pli­fier ce cir­cuit qui enri­chit le sys­tème pri­vé par des pré­lè­ve­ments col­lec­tifs, et dire sim­ple­ment que l’E­tat est auto­ri­sé à se prê­ter à lui même… donc à émettre la mon­naie dont il a besoin (pour l’é­qui­pe­ment col­lec­tif, c‑à-d l’aug­men­ta­tion de la « valeur France »)…

    Réponse
  17. Étienne

    « Frag­ments Diffusion »
    le site de Jan­pier Dutrieux
    http://​frag​ments​-dif​fu​sion​.chez​-alice​.fr/
    « Site dédié à la pro­mo­tion d’une éco­no­mie cré­di­trice, dans le cadre de la pen­sée fédéraliste.
    Il pro­pose une réforme finan­cière ayant pour objet de rendre le cré­dit social et de repen­ser la dis­tri­bu­tion des reve­nus, au ser­vice de l’homme, de l’humanité et de leurs corps intermédiaires »

    On y trouve ces perles extra­or­di­naires, à médi­ter et à dif­fu­ser largement :

    « Dans le cas de la créa­tion moné­taire l’avantage serait tou­jours pour ceux qui émet­traient la mon­naie de cré­dit ; et comme le gou­ver­ne­ment repré­sente la nation, la nation aurait épar­gné l’impôt, si elle, et non la banque, avait fait elle-même l’émission de cette mon­naie… Le public aurait un inté­rêt direct à ce que ce fût l’État, et non une com­pa­gnie de mar­chands ou de ban­quiers, qui fit cette émission ».
    David Ricar­do, Prin­cipes d’économie politique.

    « La puis­sance d’argent fait sa proie de la nation en temps de paix et conspire contre elle en temps d’ad­ver­si­té. Elle est plus des­po­tique que la monar­chie, plus inso­lente que l’au­to­cra­tie, plus égoïste que la bureau­cra­tie. (…) Les groupes finan­ciers et indus­triels sont deve­nus tout puis­sants, il s’en­sui­vra une ère de cor­rup­tion aux postes éle­vés et la puis­sance d’argent du pays cher­che­ra à pro­lon­ger son règne en uti­li­sant les pré­ju­gés du peuple jus­qu’à ce que la for­tune soit concen­trée en un petit nombre de mains et la répu­blique détruite. » 
    Abra­ham Lin­coln.

    « Qu’est-ce que le cré­dit, sinon le simple pou­voir d’acheter en échange d’une pro­messe de payer ? La fonc­tion d’une banque ou d’un ban­quier est d’acheter des dettes avec des pro­messes à payer.… La pra­tique seule du cré­dit amène ain­si par l’abus qu’on est por­té à en faire, aux crises com­mer­ciales.… Le cré­dit est le prin­ci­pal moteur, il donne l’impulsion ; c’est lui qui, par la signa­ture d’un simple effet de com­merce, d’une lettre de change, donne une puis­sance d’achat qui parait illimitée. » 
    Clé­ment Juglar, Les crises commerciales.

    « Le fait de faire revivre main­te­nant l’ancien sys­tème de cou­ver­ture inté­grale des dépôts (…) empê­che­rait effec­ti­ve­ment l’inflation et la défla­tion sus­ci­tées par notre sys­tème actuel, c’est-à-dire stop­pe­rait effec­ti­ve­ment la créa­tion et la des­truc­tion irres­pon­sables de mon­naie par nos mil­liers de banques com­mer­ciales qui agissent aujourd’hui comme autant d’instituts pri­vés d’émission (…) ».
    Irving Fisher, 100 % money.

    L’essence du plan 100 % mon­naie est de rendre la mon­naie indé­pen­dante des prêts, c’est-à-dire de sépa­rer le pro­ces­sus de créa­tion et de des­truc­tion de mon­naie du prêt aux affaires.

    « Le juge­ment éthique por­té sur le méca­nisme du cré­dit ban­caire s’est pro­fon­dé­ment modi­fié au cours des siècles. (…) À l’o­ri­gine, le prin­cipe du cré­dit repo­sait sur une cou­ver­ture inté­grale des dépôts. (…) Ce n’est que vers le XVII e siècle, avec l’ap­pa­ri­tion des billets de banque, que les banques aban­don­nèrent pro­gres­si­ve­ment ce prin­cipe. Mais ce fut dans le plus grand secret et à l’in­su du public » (…) « En aban­don­nant au sec­teur ban­caire le droit de créer de la mon­naie, l’E­tat s’est pri­vé en moyenne d’un pou­voir d’a­chat annuel repré­sen­tant envi­ron 5,2 % du reve­nu national » 
    Mau­rice Allais, Prix Nobel d’économie 1988, La réforme moné­taire 1976.

    « Je pré­tends que, dans la conjonc­ture actuelle, à condi­tion d’entourer l’opération de garde-fous, l’émission de mon­naie ex nihi­lo par la Banque de France, sans qu’existe aucune créance en contre­par­tie, est indis­pen­sable pour sor­tir notre éco­no­mie de son ané­mie. (…) Il s’agirait de four­nir aux ménages un pou­voir d’achat sup­plé­men­taire, qui n’alourdisse en rien les coûts de pro­duc­tion. (…) Cette mon­naie ne pour­rait être remise au Tré­sor, ce que les accords euro­péens inter­disent. (…) C’est donc direc­te­ment aux habi­tants du ter­ri­toire fran­çais que la mon­naie créée devra aller. (…) Le mot capi­ta­tion dési­gnant un impôt uni­forme pré­le­vé par tête d’habitant, l’allocation ver­sée serait une capi­ta­tion inver­sée. (…) 1000 ou 2000 frs. seraient ver­sés à toute per­sonne rési­dente, quel que soient son âge et ses reve­nus. La Banque (cen­trale) réser­ve­rait le droit de renou­ve­ler ou non l’opération si la conjonc­ture le demande » 
    Jean-Mar­cel Jean­ne­ney, Fon­da­teur de l’OFCE, Écoute la France qui gronde – 1995.

    « On pour­rait avoir une pro­duc­ti­vi­té plus grande des sec­teurs ter­tiaires, et géné­rer en aval du pou­voir d’achat, si l’on avait plus de demande en amont. Mais la dite demande sup­pose déjà du pou­voir d’achat. Il faut donc qu’intervienne une demande exo­gène pour que reprenne la crois­sance, et que (…) lorsqu’une injec­tion de mon­naie de la Banque cen­trale paraît oppor­tune au Conseil de la Poli­tique Moné­taire, que les moda­li­tés en soient étu­diées entre ce der­nier et le Gou­ver­ne­ment, étant enten­du qu’elles pour­raient viser à sti­mu­ler la demande pri­vée aus­si bien que la demande publique » 
    Jacques Méraud, Fon­da­teur du CERC, Le Monde du 5/08/1997 et du 02/09/97.

    « Il est aujourd’­hui, pour le moins para­doxal de consta­ter que, « lors que pen­dant des siècles l’An­cien Régime avait pré­ser­vé jalou­se­ment le droit de l’E­tat de battre mon­naie et le pri­vi­lège exclu­sif d’en gar­der le béné­fice, la Répu­blique démo­cra­tique a aban­don­né pour une grande part ce droit et ce pri­vi­lège à des inté­rêts pri­vés » sou­li­gnait Mau­rice Allais, Nobel d’é­co­no­mie 1988 (L’im­pôt sur le capi­tal et la réforme moné­taire, 1976)

    (Mer­ci à AJH pour l’in­fo :o)

    Réponse
  18. Jacques

    Je com­prends par­fai­te­ment, et je la par­tage, la frus­tra­tion que ce soit la BCE qui ‘batte mon­naie’, au lieu du pou­voir politique.
    Mais il faut regar­der la véri­té : les banques pri­vées ne créent pas LIBREMENT de la mon­naie. Elles obéissent à cer­taines règles : obli­ga­tion d’un en-cours mini­mum, contrôle par la BCE par l’in­ter­mé­diaire du ré-escompte et des taux d’in­té­rêt. La quan­ti­té de mon­naie créée est fonc­tion de l’ac­ti­vi­té éco­no­mique, et du taux d’in­fla­tion souhaité.

    On reproche d’ailleurs sou­vent au sys­tème ban­caire de ne pas créer assez de mon­naie, en tolé­rant une infla­tion un peu plus élé­vée, pour sou­te­nir l’ac­ti­vi­té éco­no­mique, comme fait la banque cen­trale des USA.
    Si l’E­tat (ou un gou­ver­ne­ment euro­péen) fai­sait le tra­vail de créa­tion moné­taire à la place du sys­tème ban­caire, il serait confron­té aux mêmes contraintes : trop de mon­naie conduit à l’in­fla­tion et à des catas­trophes (pen­sez au sys­tème de Law).
    Si l’E­tat émet­tait lui-même la mon­naie, il pour­rait ain­si finan­cer ses dettes à court terme, c’est à dire ses pro­blèmes de tré­so­re­rie. Il éco­no­mi­se­rait les inté­rêts payés pour cela, je suis d’ac­cord. Un autre moyen d’é­co­no­mi­ser ces inté­rêts est de dimi­nuer le déca­lage dans le temps entre recettes et dépenses, en ren­dant obli­ga­toire la men­sua­li­sa­tion des impôts par ex. (d’autres pro­posent la rete­nue à la source, mais c’est encore un autre débat).

    Mais la dette, ce n’est pas cela, c’est le cumul des défi­cits bud­gé­taires, qui sont finan­cés par de l’E­PARGNE, ce que vous et moi avons mis de côté, sans créa­tion moné­taire. Regar­dons la défi­ni­tion de la masse moné­taire (M1, M2, M3): elle ne com­prend que des dettes à COURT terme. Si on finan­çait le défi­cit bud­gé­taire par de l’é­mis­sion moné­taire (qu’elle soit faite par l’E­tat ou par le sys­tème ban­caire), on arri­ve­rait très vite à un excès de liqui­di­tés et à une grave crise moné­taire, la mon­naie per­drait de sa valeur, les épar­gnants seraient rui­nés, etc.
    Dans l’his­toire, il est sou­vent arri­vé que le pou­voir poli­tique baisse la valeur de la mon­naie pour dimi­nuer ses dettes. Mais c’é­tait évi­dem­ment aux dépens de ceux qui déte­naient cette mon­naie. C’é­tait une forme de vol. On peut pen­ser que c’é­tait bien fait pour les riches qui avaient accu­mu­lé un bas de laine : l’in­té­rêt géné­ral pas­sant avant les inté­rêts par­ti­cu­liers, un juste retour des choses si on pense comme Prou­dhon que ‘la pro­prié­té, c’est le vol’ . Mais il faut appe­ler un chat un chat.

    La créa­tion moné­taire, pour être saine, doit cor­res­pondre à une créa­tion de richesses réelles, au moins en partie.

    Réponse
  19. AJH

    Jacques écrit  » La créa­tion moné­taire, pour être saine, doit cor­res­pondre à une créa­tion de richesses réelles, au moins en partie. »

    Je serais assez d’ac­cord avec le « doit » … mais en est-il ain­si alors que, depuis 6 ans, dans la zone euro, la masse moné­taire a aug­men­té de 9,4% par an (58% entre le 1er jan­vier 2001 et le 1er jan­vier 2007, pré­ci­sé­ment de 4 910 G€ à 7 782 G€) ?

    C’est bien cette mon­naie créée, qui en par­tie, va pou­voir finan­cer les défi­cits bud­gé­taires, et hélas (je vais ensuite arrê­ter ce dia­logue de sourd) contre inté­rêts que la nation doit payer aux créan­ciers, alors que, si cette même Nation dis­po­sait des mêmes droits que les banques com­mer­ciales, par exemple par le biais d’une banque d’É­tat, en « s’au­to-payant » les inté­rêts, ce serait une opé­ra­tion blanche au niveau de ceux-ci … 650 G€ pour la France en 25 ans, ce n’est pas rien…

    Réponse
  20. AJH

    Pour en ter­mi­ner, Jacques écrit  » Mais la dette, ce n’est pas cela, c’est le cumul des défi­cits bud­gé­taires, qui sont finan­cés par de l’E­PARGNE, ce que vous et moi avons mis de côté, sans créa­tion moné­taire. Regar­dons la défi­ni­tion de la masse moné­taire (M1, M2, M3): elle ne com­prend que des dettes à COURT terme. Si on finan­çait le défi­cit bud­gé­taire par de l’é­mis­sion moné­taire (qu’elle soit faite par l’E­tat ou par le sys­tème ban­caire), on arri­ve­rait très vite à un excès de liqui­di­tés et à une grave crise moné­taire, la mon­naie per­drait de sa valeur, les épar­gnants seraient rui­nés, etc.  »

    J’a­voue que je serais curieux de savoir com­ment on peut finan­cer une dette sans qu’il n’y ait eu créa­tion moné­taire : à ce que je sache, le Tré­sor qui gère la dette n’ac­cepte pas le foin, l’or, les terres , les yachts (etc.) qui sont des actifs et non pas de la mon­naie, en échange des titres de la dette. Non ! Il n’ac­cepte que la mon­naie… or pour qu’il y ait mon­naie, il faut bien qu’elle ait été émise (on n’en sort pas…), et le court terme se renou­vel­lant en per­ma­nence tout en « gros­sis­sant » jus­ti­fie l’é­pargne longue…

    La mon­naie glo­bale est une dette, dont le capi­tal est détruit lors du rem­bour­se­ment ; les nou­veaux cré­dits qui rem­placent en per­ma­nence ceux arri­vant à échéance font que soit cette masse moné­taire reste égale (pas d’aug­men­ta­tion de PIB, pas d’in­fla­tion, des­truc­tion accé­lé­rée du capi­tal cor­res­pon­dant aux inté­rêts à payer = appau­vris­se­ment), soit cette masse moné­taire aug­mente, des mon­tants néces­saires à la crois­sance et à l’in­fla­tion… mais dans tous les cas, pour ne pas « ponc­tion­ner » glo­ba­le­ment l’é­pargne, il faut au moins une émis­sion moné­taire cor­res­pon­dant aux seuls inté­rêts dus, par la signa­ture par les acteurs éco­no­miques de nou­velles recon­nais­sances de dettes auprès des banques.

    Enfin, lorsque l’É­tat emprunte auprès des épar­gnants —(ou indi­rec­te­ment auprès des émet­teurs de mon­naies qui sont garan­tis par les créances signées par ceux qui auront emprun­tés pour per­mettre l’exis­tence de la masse moné­taire qui per­met­tra à cer­tains de prê­ter à l’É­tat .. ouf..)—, oui, il y a bien eu émis­sion de mon­naie qui, d’une manière ou d’une autre, est injec­tée dans le sys­tème éco­no­mique. Et l’é­mis­sion glo­bale de mon­naie (2 872 mil­liards d’eu­ros dans l’eu­ro­zone en 6 ans), dont une par­tie, préa­la­ble­ment épar­gnée ou non, a été prê­tés aux États, se retrou­ve­ra dans le sys­tème éco­no­mique (fonc­tion­ne­ment ou inves­tis­se­ment), géné­rant à son tour des taxes, des impôts, des coti­sa­tions sociales, de la soli­da­ri­té, etc. et par­ti­ci­pant, elle aus­si, à la crois­sance du PIB.

    Main­te­nant, c’est vrai, je l’ai dit aus­si, la créa­tion moné­taire doit cor­res­pondre à la créa­tion de richesses réelles (non­obs­tant la vitesse de rota­tion) : comme le sang dans un corps vivant, ni trop, ni trop peu.. Mais vous n’a­vez tou­jours pas jus­ti­fié le fait et le motif selon lequel le pri­vé (quelques socié­tés pri­vi­lé­giées) a le droit de créa­tion moné­taire payante alors que le public (la col­lec­ti­vi­té des fran­çais) se le voit refu­ser… Seule l’i­dée que le capi­ta­lisme et le libé­ra­lisme sont de « meilleurs sys­tèmes », ou l’i­dée que l’É­tat serait néces­sai­re­ment un mau­vais ges­tion­naire peut jus­ti­fier cette position.

    En atten­dant, la dette enfle au béné­fice des « riches » qui se frottent les mains : après tout c’est un bon moyen de mettre la main sur les richesses d’un pays, non ?

    Réponse
  21. Étienne

    Pour info, le Cur­ri­cu­lum Vitae de Mau­rice Allais, le vieil homme cou­ra­geux qui dénonce for­te­ment à la fois :

    • les faux-mon­nayeurs que sont désor­mais les banques pri­vées ren­dues maîtres de la créa­tion moné­taire et de la dette publique,
    • et le libre échange absurde, « chien­lit lais­ser-fai­riste », impo­sé par les mul­ti­na­tio­nales à nos « repré­sen­tants », poli­ci­tiens de métier mani­fes­te­ment ren­dus trop ser­viles pour nous défendre sur l’essentiel.

    Ce CV donne une cré­di­bi­li­té par­ti­cu­lière à ses cris d’a­larme, non ?

    http://​nobel​prize​.org/​n​o​b​e​l​_​p​r​i​z​e​s​/​e​c​o​n​o​m​i​c​s​/​l​a​u​r​e​a​t​e​s​/​1​9​8​8​/​a​l​l​a​i​s​-​c​v​.​h​tml

    Réponse
  22. Jacques

    Je vous invite à regar­der le lien suivant :

    http://​www​.aft​.gouv​.fr/​a​f​t​_​f​r​_​2​3​/​d​e​t​t​e​_​e​t​a​t​_​2​4​/​i​n​d​i​c​a​t​e​u​r​s​_​d​e​t​t​e​_​9​7​/​d​u​r​e​e​_​v​i​e​_​m​o​y​e​n​n​e​_​1​6​6​/​i​n​d​e​x​.​h​tml

    On voit que la dette est finan­cée essen­tiel­le­ment par de l’é­pargne (emprunts à plus de 2 ans, bien sûr libel­lés dans une mon­naie, c’est le rôle de la mon­naie en tant qu’u­ni­té de compte), mais sans créa­tion monétaire.

    À la rigueur, les BTF (Bons du Tré­sor sur for­mule), qui ont une durée de vie infé­rieure à 2 ans pour­raient être consi­dé­rés comme de la mon­naie à cause de leur liquidité.
    Le finan­ce­ment de la dette publique par la créa­tion moné­taire est d’ailleurs expli­ci­te­ment inter­dit par le trai­té de Maas­tricht. On peut le regret­ter, mais cette dis­po­si­tion est bien respectée.

    Réponse
  23. Jacques

    Voir aus­si :

    http://​webe​tab​.ac​-bor​deaux​.fr/​E​t​a​b​l​i​s​s​e​m​e​n​t​/​S​u​d​M​e​d​o​c​/​s​e​s​/​2​0​0​0​/​f​i​n​_​e​c​o​.​htm

    dont j’ex­trais :

    Les créances sur l’État. Cette troi­sième source de créance est limi­tée voire inter­dite. En effet, il s’agit pour les banques mais sur­tout pour la banque cen­trale de prê­ter à l’État (= le tré­sor public). La Banque de France prête au tré­sor public. En effet, il peut arri­ver qu’il y ait un déca­lage entre les dépenses de l’État et les recettes de l’État. Les recettes fis­cales se font en fin d’année alors que les dépenses se font toutes l’année. L’État emprunte pour finan­cer ce déca­lage. Il pour­rait y avoir un autre cas où l’État a besoin d’emprunter : c’est dans le cas où son bud­get est en défi­cit. Pour finan­cer ce défi­cit, La Banque Cen­trale pour­rait créer de la mon­naie au béné­fice du tré­sor public. Dans ce cas la créa­tion moné­taire pose de nom­breux pro­blèmes : l’inflation et le fait qu’il n’y a pas de limite au défi­cit. Ce mode de finan­ce­ment est inter­dit. L’État ne peut pas créer de la mon­naie pour finan­cer le défi­cit bud­gé­taire, il ne peut qu’emprunter.

    Réponse
  24. AJH

    Bon, j’a­ban­donne ..
    Ou bien Jacques ne lit pas ce que j’é­cris, ou bien nous ne par­lons pas la même langue …
    a+

    Réponse
  25. Étienne

    « La crise mon­diale d’aujourd’hui
    Pour de pro­fondes réformes des ins­ti­tu­tions finan­cières et monétaires »

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​m​e​s​s​a​g​e​s​_​r​e​c​u​s​/​L​a​_​c​r​i​s​e​_​m​o​n​d​i​a​l​e​_​d​_​a​u​j​o​u​r​d​_​h​u​i​_​M​a​u​r​i​c​e​_​A​l​l​a​i​s​_​1​9​9​8​.​htm

    Un article pas­sion­nant de Mau­rice Allais publié dans Le Figa­ro des 12, 19 et 26 octobre 1998.

    À lire et à étu­dier, c’est un docu­ment important.

    Et l’au­teur est une poin­ture, vraiment :

    « Pré­sen­ta­tion de Mau­rice Allais »

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​P​r​e​s​e​n​t​a​t​i​o​n​_​M​a​u​r​i​c​e​_​A​l​l​a​i​s​.​htm

    Jacques, il me semble que vous allez trou­ver là des choses impor­tantes pour com­prendre notre thèse. 
    Et si nos sources se contre­disent, on pour­ra essayer de peser nos argu­ments un à un :o)

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  26. Étienne

    À toutes fins utiles, je rap­pelle l’exis­tence d’un texte pas­sion­nant publié et com­men­té sur ce blog il y a un an déjà, et qui s’intitulait 

    « Dette publique, rente privée »
    Une excel­lente démons­tra­tion de Michel Hus­son :
    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​0​6​/​0​4​/​3​0​/​3​5​-​d​e​t​t​e​-​p​u​b​l​i​q​u​e​-​r​e​n​t​e​-​p​r​i​vee

    Réponse
  27. alex

    Jacques a dit :
    « les banques pri­vées ne créent pas LIBREMENT de la monnaie »

    Il est néces­saire ici de cla­ri­fier ici ce qui se passe vraiment :

    Je dépose 1000 euro dans le sys­tème ban­caire (SB).

    Le SB prête à Mon­sieur A ( MA) les 1000 €. Ensuite, MA achète chez MB. MB dépose ses 1000 € dans le SB. Le SB prête 1000 € a MC. MC achète chez MD. Ensuite MD dépose dans le SB les 1000 €.…

    Jus­qu’où peut aller le SB dans sa fraude ?

    Il y a une fac­teur qui limite l’ex­pan­sion du cré­dit, c’est la réserve frac­tion­naire (RF).
    En Europe, la RF est de 0,02. SI LE SB prête un mil­lion de euro créés ex-nih­lo, il doit avoir dans sa caisse 20 mille euros… pas mal non ?

    Un autre fac­teur est que le SB est en réa­li­té un ensemble de banques qui, en théo­rie, devraient se faire de la concurrence.
    Si une banque A (BA) attire chez elle beau­coup trop de clients déten­teurs du même paquet de 1000 €,(MB,MD, MF… M50), la BA peut récla­mer aux autres banques les 50 paquet de 1000 euros que le res­tant du SB a prêté.
    Cette tran­sac­tion doit se faire en base moné­taire, c’est-à-dire que ça doit être du vrai argent qui va aller à BA. Le banques cen­trales contrôlent tous ça.

    Comme ces 50 000 euros n’existent pas, le res­tant du SB doit recou­rir à l’emprunt chez la banque cen­trale, et devra payer des intérets.

    Si on consi­dère bien l’ef­fi­ca­ci­té de ces deux limites, on peut bien conclure que les banques pri­vées peuvent bien créer libre­ment l’argent.

    Tout d’a­bord qui n’ai­me­rait pas aug­men­ter de 50 fois son capi­tal pour une belle spé­cu­la­tion et ensuite le rétrécir ?

    On doit ensuite consta­ter que le monde occi­den­tal est défi­nis­sable comme un car­tel ban­caire. Le capi­ta­lisme d’as­saut a cas­sé com­plè­te­ment le sys­tème ban­caire des pays euro­péens et main­te­nant tout est dans les main d’une oli­gar­chie bancaire.

    Le risque qu’une banque rebelle fasse de la concur­rence est très loin.
    Aujourd’­hui, la masse moné­taire en euro aug­mente de façon incon­trô­lée (on peut le voir au prix de l’immmobilier)

    Réponse
  28. Laurent

    est ce « nor­mal » que, nous tous, devions emprun­ter aux banques pri­vées une mon­naie payante qu’elles ont obte­nu le droit de créer par ce qu’il faut bien appe­ler un privilège ?

    On peut voir l’in­té­ret comme une sorte d’o­bli­ga­tion pour l’emprunteur de « tra­vailler » gra­tui­te­ment pour le compte du prê­teur. Mais il serait naïf de croire que l’E­tat agisse autre­ment. Quand l’E­tat émet de la mon­naie pour inves­tir, c’est bien qu’il escompte en retour un accrois­se­ment de la richesse natio­nale. La grande dif­fé­rence, c’est que le fait que l’ac­crois­se­ment soit « public » donne une impres­sion d’é­qui­té, qu’il béné­fi­cie­ra à tous. Notons aus­si qu’il n’est pas immé­dia­te­ment quan­ti­fié. Par exemple une infra­struc­ture rou­tière ne rap­porte pas direc­te­ment, mais per­met de sti­mu­ler l’é­co­no­mie, ce qui est bien sûr inté­res­sant pour l’Etat.

    Tout cela donne un côté rela­ti­ve­ment sym­pa­tique à l’E­tat. Mais c’est tout. Car en y regar­dant de plus près, le pro­cé­dé est le même. Au final, la richesse pro­duite est contrô­lée par une struc­ture (banque ou Etat) dont le contrôle est lui-même très éloi­gné d’une per­sonne lamb­da, ne serait-ce qu’à cause de la taille des enti­tés impli­quées. La glo­ba­li­sa­tion de l’é­co­no­mie fait que les diri­geants de ces struc­tures ont eux-même une marge de manoeuvre extrê­me­ment réduite : accep­ter les règles et s’a­dap­ter pour ten­ter au mieux de sur­vivre, ou les refu­ser et être condam­né à disparaître.

    Ain­si dans leur dis­pute, les par­ti­sans du sys­tème ban­quaire et les adeptes de la planche à billet ont tout de même un point d’ac­cord : ils font de l’ac­cu­mu­la­tion de richesses un but de la socié­té, que ces richesses soient nou­vel­le­ment pro­duites ou sim­ple­ment déjà exis­tantes et inté­grées au sys­tème économique.

    En s’é­ten­dant de plus en plus, l’é­co­no­mie trans­forme l’homme en un simple rouage au ser­vice d’une machine sur laquelle il n’a plus de contrôle. Plu­tôt que de s’in­ter­ro­ger sur la meilleure façon de gérer ce car­can, il me paraît bien plus impor­tant de lut­ter contre cette exten­sion et de trou­ver des alter­na­tives pour en « sor­tir ». Le but serait de retrou­ver une cer­taine auto­no­mie col­lec­tive, ter­ri­to­ria­le­ment loca­li­sée, à une échelle humaine.

    Réponse
  29. Étienne

    Bon­jour Laurent,

    l’É­tat ne nous est pas for­cé­ment exté­rieur : il pour­rait être sous un strict contrôle citoyen (si nous savions impo­ser les ins­ti­tu­tions ad hoc), et nous pour­rions ain­si voir en lui notre réel défen­seur (au lieu du Lévia­than qu’il a ten­dance à deve­nir dès que notre vigi­lance se relâche).

    Un État ain­si contrô­lé crée­rait toute la mon­naie dont nous avons besoin (pas plus), et il la détrui­rait au moment des rem­bour­se­ments, exac­te­ment comme le font les banques pri­vées mais avec cette dif­fé­rence — essen­tielle —, qui est l’in­té­rêt : je fais une dif­fé­rence, pour ma part, entre l’in­té­rêt per­çu par les banques pri­vées qui file, une fois volé, dans je ne sais quel para­dis fis­cal, et l’in­té­rêt per­çu par l’É­tat qui finance des crèches et des hopi­taux. Vous aus­si, sans doute, non ?

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    PS : sur notre éman­ci­pa­tion par rap­port au tra­vail et sur la taille for­cé­ment petite des enti­tés démo­cra­tiques, je vous suis tout à fait.

    À pro­pos du sophisme « tra­vailler plus pour gagner plus » (sophisme astu­cieux pour évi­ter de par­ler des salaires mini­maux ser­vant à ver­ser des divi­dendes maxi­maux à des action­naires qui « tra­vaillent zéro pour gagner des for­tunes ») et de l’es­cro­que­rie du concept de « valeur tra­vail » (comme si un tra­vail en valait un autre, du ministre à l’ou­vrier), j’ai déni­ché de nom­breux textes pasion­nants par­mi les­quels un petit livre éton­nant, qui s’in­ti­tule « Le droit à la paresse », écrit par Paul Lafargue en 1881 et édi­té par Allia en 1999.

    Court extrait :

    « Une étrange folie pos­sède la classe ouvrière des nations où règne la civi­li­sa­tion capi­ta­liste. Cette folie traîne à sa suite des misères indi­vi­duelles et sociales qui, depuis deux siècles, tor­turent la triste humanité.

    Cette folie est l’a­mour du tra­vail, la pas­sion mori­bonde du tra­vail, pous­sée jus­qu’à l’é­pui­se­ment des forces vitales de l’in­di­vi­du et de sa progéniture. »

    Il est en colère, Paul, et son livre est déca­pant ; sou­vent amu­sant, aussi.

    Réponse
  30. Laurent

    Tout d’a­bord, je suis bien d’ac­cord sur l’oeuvre de Lafargue. Cepen­dant à vous lire on dirait que le pro­blème du tra­vail est une his­toire de répar­ti­tion, alors que je pense qu’il s’a­git plu­tôt d’ex­pro­pria­tion (valeur d’é­change qui se sub­sti­tue à la valeur d’u­sage, trans­for­mant une acti­vi­té pleine de sens en « tra­vail », détour pour accé­der au miroir aux alouettes du « tou­jours plus » pro­pa­gé – entre autre – par l’i­déo­lo­gie du pro­grès technique).

    Ensuite, l’op­po­si­tion crèche-hôpi­taux / para­dis fis­caux est frap­pante mais ne montre rien. On pour­rait tout aus­si bien inver­ser l’ef­fet en met­tant en oppo­si­tion armée-école / fon­da­tions non-lucra­tives. Mais bon, ce n’est pas le point essen­tiel. Car les béné­fices du pri­vés sont réin­ves­tis ou sim­ple­ment dépen­sés, ils sont un jour ou l’autre retrans­for­més en salaires, donc fina­le­ment ils béné­fi­cient au peuple, par l’en­tre­tien du sacro-saint pou­voir d’a­chat. Les pro­ces­sus de comp­ta­bi­li­sa­tion et les attri­bu­tions de res­pon­sa­bi­li­tés sont dif­fé­rents mais les objec­tifs et les résul­tats sont les mêmes qu’a­vec la créa­tion moné­taire. Or il se trouve que ces objec­tifs (entre autre : subor­di­na­tion gran­dis­sante de la vie à l’é­co­no­mie, qu’elle soit libre, pla­ni­fiée ou un peu des deux) sont très contes­tables à mon goût. L’exemple de la crêche est tout à fait appro­prié : il s’a­git de confier une acti­vi­té qui était aupa­ra­vant exer­cée par l’en­tou­rage des parents ou par les parents eux-même, selon des moda­li­tés qui leur étaient propres, à des sala­riés et à une admi­nis­tra­tion (pri­vée ou publique), et cela pour faire quoi ? Pour être libre d’al­ler travailler…

    Per­son­nel­le­ment je ne me fais aucune illu­sion sur la pos­si­bi­li­té de contrôle démo­cra­tique d’un Etat, en tous cas tel que nous le connais­sons (plu­sieurs dizaines de mil­lions de per­sonnes en mises inter­dé­pen­dance avec des mil­liards d’autres). La puis­sance à mettre en oeuvre pour obte­nir un contrôle à une telle échelle impose une ratio­na­li­sa­tion du pou­voir, la mise en oeuvre d’une média­tion et éloigne de fait le contrôle de chaque indi­vi­du concer­né. L’in­di­vi­du devient bel et bien exté­rieur à l’Etat.

    À mon tour de vous conseiller un livre : P.M., Bolo’­Bo­lo (il semble que le texte en ligne ne soit pas com­plet, mais il y a l’essentiel)

    « Il n’y a pas de sys­tème plus démo­cra­tique que celui qui garan­tit l’in­dé­pen­dance maté­rielle et exis­ten­tielle de ses membres. »

    Réponse
  31. Jacques

    Bon­jour,

    J’ai lu atten­ti­ve­ment l’ar­ticle de Mau­rice Allais :

    "La crise mondiale d’aujourd’hui"

    Je suis plei­ne­ment d’ac­cord avec lui, et en par­ti­cu­lier pour rendre le contrôle moné­taire à un Etat démocratique.

    Mais son dis­cours est celui de la rigueur, et je ne pense pas qu’il approu­ve­rait le finan­ce­ment habi­tuel du fonc­tion­ne­ment de l’E­tat par un cré­dit quel­conque, qu’il soit finan­cé ou pas par de la créa­tion moné­taire, pro­ve­nant du sys­tème ban­caire, ou de lui-même. Il condamne clai­re­ment l’ac­cu­mu­la­tion des dettes. 

    Ami­ca­le­ment, Jacques

    Réponse
  32. philippe magdelenat

    bon­soir,

    Tout à fait d’accord,Lafarge , un auteur com­mu­niste très inter­es­sant à décou­vrir : il ren­seigne notam­ment sur ceux qui ont deman­dé la dimi­nu­tion du temps de tra­vail et tord le cou à des idées reçues

    par exemple :« Ce que le peuple, pipé en sa sim­plesse par les mora­listes, n’a jamais osé, un gou­ver­ne­ment aris­to­cra­tique l’a osé. Mépri­sant les hautes consi­dé­ra­tions morales et indus­trielles des éco­no­mistes, qui, comme les oiseaux de mau­vais augure, croas­saient que dimi­nuer d’une heure le tra­vail des fabriques c’é­tait décré­ter la ruine de l’in­dus­trie anglaise, le gou­ver­ne­ment de l’An­gle­terre a défen­du par une loi, stric­te­ment obser­vée, de tra­vailler plus de dix heures par jour ; et après comme avant, l’An­gle­terre demeure la pre­mière nation indus­trielle du monde »

    voi­ci un lien ou vous trou­ve­rez Lafarge et bien d’autres textes passionnants :
    http://​abu​.cnam​.fr/​B​I​B​/​i​n​d​e​x​.​h​tml

    bonne lec­ture

    cor­dia­le­ment

    Réponse
  33. AJH

    Bon­jour

    Tiens, je me suis « amu­sé » à com­pa­rer quelques chiffres…

    43 mil­liards de rem­bour­se­ments d’in­té­rets (charge) de la dette par an, c’est à peu près :

    - 117 mil­lions d’eu­ros par jour

    - 240 air­bus A350

    - 3 portes-avions « Charles de Gaulle »

    - l’i­so­la­tion (en comp­tant 10000 euros par foyer) de 4 270 000 loge­ments : quelle éco­no­mie d’éner­gie pour­rions nous faire..

    Vous pou­vez faire d’autres com­pa­rai­sons : elles seront sur­ement « amusantes »

    Mais bon, c’est vrai que cet inté­rêt rem­bour­sé aux pré­teurs va, glo­ba­le­ment, leur per­mettre de nous le repré­ter l’an­née sui­vante sous forme de capi­tal, puisque c’est, l’un dans l’autre, l’é­qui­valent de ce que nous devons emprun­ter pour cou­vrir « le défi­cit » … bon job, non ?

    A+ AJH

    Réponse
  34. alex

    Bon­jour,

    j’ai enten­du que 90 pour cent de l’argent en cir­cu­la­tion a été créé ex-nihi­lo par les banques privées.

    Je cherche une confir­ma­tion offi­cielle et je trouve ce lien :

    http://​www​.ecb​.eu/​s​t​a​t​s​/​k​e​y​i​n​d​/​h​t​m​l​/​s​d​d​s​.​e​n​.​h​tml

    Il y a là-dedans plu­sieurs choses inté­res­santes. Tout d’a­bord, le total des liqui­di­tés en euros, la M3, est de 8 mille mil­liards d’euros.

    Ensuite, on trouve que la « cur­ren­cy en cir­cu­la­tion » est de 6 cents mil­lards d’euros.

    Est-ce que cette der­nière est la M0 ?

    Peut-on dire que dans l’Eu­rope moné­taire, sur 8 000 euros, la banque cen­trale en a créé seule­ment 600 et que tout le reste a été inven­té par le banques privées ?

    Réponse
  35. AJH

    Je ne dirais qu’un mot : OUI 🙂

    Chiffres offi­ciels du Bul­le­tin de la Banque de France N° 160 d’a­vril pour février :

    • Mon­naie fidu­ciaire (pièces et billets)= 588 mil­liards d’euros

    • M3 = 7 856 mil­liards d’euros

    Réponse
  36. alex

    Une ‘idée revolutionnaire :

    Cette idée veut être à la fois une syn­thèse de celle de sto­cho­cra­tie et des idées expri­mées dans cette discussion.

    Une sto­cho­cra­tie serait une vraie démocratie.
    Une démo­cra­tie pour déci­der quoi ? Cer­tai­ne­ment les choses les plus importantes.

    Nous avons vu ici comme le pou­voir moné­taire décide pour nous. Déci­dons donc le pou­voir monétaire !!

    L’i­dée est la suivante :
    — Un ins­ti­tut suprême pour la san­té monétaire
    — Le conseil de l’ins­ti­tut est choi­si au hasard par­mi la popu­la­tion de la zone euro.
    — Le conseil décide chaque année le mon­tant du salaire uni­ver­sel euro­peén.
    — Chaque État peut impri­mer une quan­ti­té d’euros du peuple égal audit salaire fois le nombre des citoyens du pays.
    — Chaque État pour­ra impri­mer les­dits euros dans les cou­leurs qu’il pré­fère et les dis­tri­buer comme il vou­dra : soit comme salaire, soit les dépen­ser pour la san­té, l’ins­truc­tion, etc.
    .….. Idées éventuelles .….….…..
    — Ces euros ne pour­ront pas être dépo­sés dans les banques pri­vées mais seule­ment dans des banques publiques.
    Dépo­sés dans les banques pri­vées, ces euros ne pour­ront pas contri­buer à la réserve fractionnaire.
    Ces euros seront comp­ta­bi­li­sés à part par la banque cen­trale et ne pour­ront pas être uti­li­sés dans les règle­ment entre les banques.

    Réponse
  37. AJH

    Un petit com­plé­ment à « 43 mil­liards de rem­bour­se­ments d’in­té­rets (charge) de la dette par an, c’est à peu près .. »

    Eh bien, si nous n’a­vions pas à payer ces 43 mil­liards d’eu­ros d’in­té­rêts annuels aux déten­teurs « de la dette », nous pour­rions payer un salaire net de 18000 euros par an (salaire médian en France) à 2 380 000 per­sonnes … tiens, bizarre, c’est à peu près le nombre de chô­meurs officiels …

    Réponse
  38. JJEG

    Bon­jour Étienne, bon­jour à tous.

    La lec­ture de ce long échange m’ins­pire trois commentaires :

    1 : Le « dia­logue de sourds » entre AJH et Jacques me semble illus­trer la dif­fi­cul­té de com­pré­hen­sion entre les tenants de thèses contes­tant fon­da­men­ta­le­ment le sys­tème moné­taire actuel né des évo­lu­tions his­to­riques (dont je suis) et ceux qui, en connais­sant les rouages, en voient aus­si les imper­fec­tions mais en sont tel­le­ment impré­gnés men­ta­le­ment que, mal­gré leur volon­té huma­niste indis­cu­table, ils n’ar­rivent pas à ima­gi­ner que ses méca­nismes puissent être entiè­re­ment modi­fiés.

    Com­ment expli­quer autre­ment le silence assour­dis­sant de tous les par­tis poli­tiques sur ce sujet ? Doit-on ima­gi­ner qu’au­cun ne lit les mul­tiples textes publiés sur le Net ? Ni même les cour­riers que les uns ou les autres nous leur adres­sons ? Même les éco­no­mistes les plus ouverts — je pense à ATTAC par exemple — res­tent pru­dem­ment à l’é­cart du débat : ni appro­ba­tion, ni contes­ta­tion ; plu­tôt motus et bouche cou­sue ! Com­bien croient encore que ce n’est pas si simple, qu’il y a des règles, alors que celles-ci, à l’exa­men, sont tou­jours à terme contour­nables et ne semblent conçues que pour ser­vir de leurres et sau­ve­gar­der la péren­ni­té du sys­tème et des flux de richesse qu’il génère.

    2 : Je lis par­fois que l’E­tat devrait pou­voir se prê­ter à lui-même, c’est à dire, en fait, béné­fi­cier d’argent tem­po­raire (il devra rem­bour­ser à l’é­chéance) mais gra­tuit (il se ver­se­rait à lui-même les inté­rêts). N’est-ce pas là réduire la créa­tion moné­taire à la « moné­ti­sa­tion des créances » ? Or, si j’en crois, par exemple, Jean Bayard (LA MONNAIE – SCHÉMAS), les banques pra­tiquent aus­si la créa­tion moné­taire par « moné­ti­sa­tion des actifs » et par « moné­ti­sa­tion des dettes ».

    En d’autres termes et pour être bien clair, s’il est vrai que les banques peuvent payer leurs employés sim­ple­ment en appro­vi­sion­nant leur compte ou régler leurs four­nis­seurs de la même façon (dans le res­pect des règles en cours, natu­rel­le­ment !), pour­quoi un État ne pour­rait-il en faire autant ? Aujourd’­hui, le cir­cuit moné­taire est fer­mé sur les banques qui créent et détruisent conti­nuel­le­ment de la mon­naie. Ce cir­cuit pour­rait très bien être fer­mé sur l’É­tat (et à mon sens, l’É­tat seul) qui pour­rait créer et détruire (les impôts ça existe et ça doit exis­ter) la mon­naie et donc la réguler.

    3 : La situa­tion étant ce qu’elle est, que faire pour por­ter la ques­tion dans le débat public ? AJH a posé ailleurs la ques­tion d’un nou­veau par­ti poli­tique, la socié­té civile n’é­tant guère audible … Je ne suis pas par­tant. Fau­dra-t-il aller s’im­mo­ler dans le bra­sier d’un sac d’eu­ros devant la Banque de France après avoir convo­qué les médias fran­çais ? (N.B. devant la BCE, il fau­drait faire une convo­ca­tion en anglais, c’est un sérieux han­di­cap !). Pour ma part, je pense que __le fonc­tion­ne­ment du sys­tème moné­taire devrait pou­voir s’é­tu­dier et se simu­ler scientifiquement.__ On ne conçoit pas un bon avion sans cal­culs, n’est-ce pas, AJH ? Exis­te­rait-il de jeunes cer­veaux bien faits, dis­po­sant de savoirs mathé­ma­tiques et infor­ma­tiques, de bon sens et de curio­si­té, de temps libre aus­si, capables de modé­li­ser et pro­gram­mer l’exis­tant, et des variantes s’en écar­tant peu ou tota­le­ment ? N’im­porte quel PC dis­pose aujourd’­hui de la puis­sance de cal­cul des grosses machines d’il y a vingt ans ! Le cal­cul ne règle jamais tout ; il a au moins le mérite de tirer logi­que­ment toutes les conclu­sions des hypo­thèses introduites.

    Mer­ci, Étienne, pour le tra­vail fait. JJEG

    Réponse
  39. Étienne

    « Des liqui­di­tés qui changent le monde »

    un article de Paul Fabra, dans Les Échos du 8 juin 2007 :

    http://​www​.lese​chos​.fr/​i​n​f​o​/​a​n​a​l​y​s​e​s​/​4​5​8​6​2​0​1​.​htm

    et mon com­men­taire (détaillé) :
    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​M​e​s​s​a​g​e​A​P​a​u​l​F​a​b​r​a​.​htm
    (Les Échos limitent les com­men­taires à 1000 carac­tères, ce qui est beau­coup trop court :o)

    Réponse
  40. alex

    Le SCEC est en cir­cu­la­tion à Naples (Ita­lie), depuis deux semaines :

    http://​www​.scec​.135​.it

    Les Napo­le­ta­ni essaient, avec cette expé­rience, de resou­le­ver leur belle ville.

    Réponse
  41. Adrien C

    Bon­jour, j’ai une/des question(s) d’as­pect éco­no­mique que je n’ar­rive pas à m’ex­pli­quer — en tant que citoyen lambda.

    Mes inter­ro­ga­tions portent sur le taux d’in­té­rêt (dit direc­teur ?) de la banque cen­trale euro­péenne. La BCE l’a fait pas­ser de 3,75 à 4 % il y a trois jours, et « les éco­no­mistes » anti­cipent une hausse de celui-ci à 4,25, puis à 4,5 jus­qu’au cou­rant de l’an­née 2008 (compte tenu d’un cer­tain nombres d’in­di­ca­teurs dont les plus impor­tants sont le niveau d’in­fla­tion, le niveau de crois­sance, de consom­ma­tion des ménages, d’emploi et/ou de chô­mage, d’é­pargne, d’endettement).

    Quels sont les effets réels/attendus d’une hausse et d’une baisse de ces taux ? Sur la masse moné­taire, sur la crois­sance, l’emploi, les inves­tis­se­ments, les pla­ce­ments le taux de change, les importations/les expor­ta­tions ? C’est peut-être une ques­tion idiote, mais je pense que faire de la péda­go­gie dans ce domaine est réel­le­ment néces­saire, car l’économie nous concerne tous et à des impli­ca­tions sur nos vies, autant que la sphère politique.

    Je vais vous expri­mer « mon sen­ti­ment ». Je regarde de plus en plus fré­quem­ment la chaine Bloom­berg TV, qui à mon sens est inté­res­sante pour avoir un aper­çu du monde de la finance et ipso fac­to com­prendre un peu mieux le monde dans lequel on évolue.

    Il y a trois jours, j’ai enre­gis­tré leur jour­nal de clô­ture de la bourse, au cours duquel les bourses ont toutes fer­mées en net repli (2% de moyenne). Le pré­sen­ta­teur évoque deux rai­sons à cette morosité :
    – Le pré­sident de la banque cen­trale euro­péenne, JC Tri­chet, a confir­mé qu’elle relè­ve­rait son taux d’intérêt à 4%. La bourse fait grise mine car elle anti­cipe des futures hausses de taux. 
    – L’in­dice d’emploi dans le sec­teur des ser­vices aux États-Unis est supé­rieur aux pré­vi­sions. En d’autres termes, le sec­teur engage davan­tage que cela n’é­tait atten­du. Cela va don­ner davan­tage de rému­né­ra­tion aux salaires, qui va se réper­cu­ter sur la consom­ma­tion, puis sur l’in­fla­tion (les prix vont mon­ter). De fait, la bourse « baisse ».

    Le pré­sen­ta­teur dit tex­to (j’ai enre­gis­tré l’é­mis­sion) : « la bourse craint une reprise … (il se coupe) enfin… une infla­tion coriace, suite à une hausse du coût des salaires aux États-Unis plus impor­tante que prévue. »

    J’ai­me­rais com­prendre la logique de la bourse dans ce cas-là. Je com­prends que c’est l’in­fla­tion dont les bourses ont peur, mais pour­quoi ? Est-il pos­sible d’aug­men­ter les salaires sans créer d’in­fla­tion ? Com­ment se déter­mine l’inflation (les chaînes de dis­tri­bu­tion et les entre­prises s’adressant aux consom­ma­teurs, consta­tant la hausse des salaires, pro­cèdent-elles à une hausse des prix « en cati­mi­ni » ) ? Peut-on conci­lier le pou­voir d’a­chat des sala­riés avec les pré­ten­tions de la finance ? Existe-t-il un oppo­sé posi­tif à la stag­fla­tion ? ( stag­fla­tion = infla­tion, faible crois­sance, chô­mage en aug­men­ta­tion) Peut-on ima­gi­ner des salaires éle­vés, un taux de chô­mage faible, une crois­sance « cor­recte, et une infla­tion maî­tri­sée ? Y a‑t il réel­le­ment der­rière la maî­trise de l’in­fla­tion une « lutte des classes » sous-jacente entre des pro­prié­taires rentiers/les banques et de nom­breux sala­riés condam­nés au crédit ?

    Réponse
  42. JJEG

    @ Adrien C.

    Bien enten­du, la ligne de par­tage entre ren­tiers et sala­riés passe à l’in­té­rieur de beau­coup d’entre nous qui sommes – en pro­por­tions très diverses – à la fois sala­riés et ren­tiers ( qui n’a pas sa petite épargne…). Mais le prin­cipe de la pré­sence d’in­té­rêts diver­geants demeure… hélas.

    Réponse
  43. JJEG

    @ Adrien C.

    Déso­lé le début de mon pré­cé­dent mes­sage ( en 44) n’a pas été trai­té. Je répon­dais clai­re­ment OUI à votre der­nière ques­tion que je trouve bien for­mu­lée et je sou­hai­tais que d’autres, plus qua­li­fiés que moi, y répondent aussi.

    Réponse
  44. alex

    Salut Adrien,

    Oui, je pense moi aus­si que l’ar­chi­tec­ture de l’eu­ro en fait un ins­tru­ment de la lutte de classe des ren­tiers contre les classes productrices.

    Si un tel sys­tème a pu être mis en place, c’est parce que les ren­tiers peuvent le jus­ti­fier par sa fonc­tion anti­cy­clique.
    C’est-à-dire que la modu­la­tion des taux per­met de sta­bi­li­ser le sys­tème, en amor­tis­sant les explo­sions et implosions.
    C’est pour ça que les patrons de l’eu­ro et du dol­lar parlent tou­jours du taux de croissance.
    Trois ou quatre pour cent, c’est bien, mais dix, ça risque de tuer la poule aux oeufs d’or.

    Leur légi­ti­mi­té dérive de ça… comme chez les Aztèques, où la classe domi­nante pre­nait pres­tige du fait de pou­voir pré­dire les éclipses et les cycles astro­lo­giques, chez nous la classe domi­nante a le pou­voir d’in­fluen­cer et de pré­dire les cycles économiques.

    À part ça, chez nous comme chez les Aztèques, la classe domi­nante fait des sacri­fices humains..

    Une chose impor­tante à savoir, c’est que il y a des alter­na­tives.
    Par­tout dans le monde, fleu­rissent des mon­naies locales et le demur­rage a l’air bien mieux que la vam­pi­ri­sa­tion ban­caire comme fac­teur anticyclique.

    Réponse
  45. Étienne

    « L’ARNAQUE de la dette publique »
    par André-Jacques Hol­becq :
    http://​www​.socie​tal​.org/​d​o​c​s​/​d​e​t​t​e​-​p​u​b​l​i​q​u​e​.​htm

    « (…) Entre 1980 et 2006, la dette a aug­men­té de 913 mil­liards d’eu­ros, alors que nous avons payé 1 176 mil­liards d’eu­ros d’in­té­rêts. Si nous n’a­vions pas eu à emprun­ter ces 913 mil­liards d’eu­ros sur les mar­chés moné­taires, c’est-à-dire si nous avions pu créer notre mon­naie, faire exac­te­ment ce qu’ont le droit de faire les banques pri­vées, la dette qui était de 229 mil­liards d’eu­ros début 1980 serait tota­le­ment rem­bour­sée et nous dis­po­se­rions en plus d’un solde de tré­so­re­rie posi­tif de 34 mil­liards d’euros.

    (…)

    Conclu­sion : 1 167 mil­liards d’eu­ros d’in­té­rêts payés pen­dant 27 ans, c’est à peu près 119 mil­lions d’eu­ros par jour (oui, par jour !) que nous payons aux déjà plus riches qui d’ailleurs peuvent ain­si nous les reprê­ter à nou­veau contre intérêt.

    Et ces 43 mil­liards par an sont l’é­qui­valent de 240 Air­bus A350, ou de 3 porte-avions « Charles de Gaulle », ou de 40 000 belles vil­las sur la Côte d’Azur, ou de l’i­so­la­tion (en comp­tant 10 000 euros par foyer) de 4 270 000 loge­ments, ou un salaire net de 18 000 euros annuel, salaire médian en France, ver­sé à 2 380 000 per­sonnes… Mais vous pou­vez trou­ver d’autres exemples !

    Nous pré­co­ni­sons au niveau natio­nal, soit une reprise du droit de sei­gneu­riage (droit réga­lien d’é­mettre la mon­naie) éven­tuel­le­ment par émis­sion d’une mon­naie com­plé­men­taire (voir ECS), soit, au niveau de la zone euro : 

    1 – Le gou­ver­neur de la Banque Cen­trale Euro­péenne (BCE) doit pou­voir être contraint à une émis­sion moné­taire cen­trale (sans inté­rêt) par une déci­sion conjointe de la Com­mis­sion ou du Conseil euro­péen (c’est-à-dire les chefs d’É­tat), ET des dépu­tés euro­péens des pays de la zone euro. 

    2 – Les cri­tères de Maas­tri­scht doivent être revus, et spé­ci­fier désormais :

    a) que les bud­gets des États doivent être équi­li­brés en « fonc­tion­ne­ment » + « amor­tis­se­ments ». Nul État de la zone euro ne peut déro­ger à cette règle.

    b) que les États peuvent finan­cer leurs équi­pe­ments (bud­get d’in­ves­tis­se­ments) par un appel à créa­tion moné­taire sans inté­rêt de la BCE. Néan­moins pour gar­der une éga­li­té de trai­te­ment entre tous les États de la zone euro, les émis­sions moné­taires seront répar­ties équi­ta­ble­ment, au pro­ra­ta de la popu­la­tion de chaque État. 

    Pour jus­ti­fier cette néces­si­té, le lec­teur doit savoir que, depuis 1973, la France ne crée plus de mon­naie pour com­bler ses propres défi­cits, que ce soit en fonc­tion­ne­ment (salaires et retraites des fonc­tion­naires, loyers, etc.) ou en inves­tis­se­ments pour son déve­lop­pe­ment (écoles, routes, ponts, aéro­ports, ports, hopi­taux, biblio­thèques, etc.), mais qu’elle emprunte sur les mar­chés moné­taire en émet­tant des obli­ga­tions (bons du Tré­sor) sur lequel évi­dem­ment elle doit payer un inté­rêt à ceux qui sous­crivent (40% du mon­tant par des rési­dents, 60% par des non-rési­dents). Ceci a pour consé­quence, comme nous l’a­vons vu plus haut, qu’au fil des années la dette s’a­lour­dit d’un mon­tant sen­si­ble­ment égal au « défi­cit », qu’il faut cou­vrir par l’emprunt, c’est-à-dire par l’é­mis­sion d’o­bli­ga­tions nou­velles auprès du public et sur­tout des inves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels (assu­rances, banques, etc.). »

    Réponse
  46. alex

    C’est inté­res­sant.
    On pour­rait faire une mon­naie natio­nale qui marche très bien.
    Main­te­nant, dans une nation où les castes et les fiefs indus­triels sont déjà éta­blis, com­ment peut-on évi­ter de créer une mon­naie aspi­ra­teur, qui aspire les richesses des autres pays au pro­fit tou­jours des mêmes ?
    On pour­rait, à l’in­té­rieur d’une nation, faire plu­sieurs régions, cha­cune avec une mon­naie locale, qui essaient de vivre en équilibre.
    Il faut com­men­cer à s’ai­mer fra­ter­nel­le­ment au niveau régio­nal, puis entre régions.
    Ensuite, on trans­pose le concept au monde entier.
    Si on regarde l’Eu­rope et les soi-disantes démo­cra­ties euro­péennes, il y a des rai­sons de pen­ser qu’il vaut mieux plu­tôt com­men­cer par la créa­tion d’é­co­no­mies locales.

    Réponse
  47. alex

    Re-bon­soir.

    J’a­joute juste un lien vers un auteur très inté­res­sant, une experte des mon­naies locales : 

    Mar­grit Kennedy : 
    « Pour­quoi avons-nous besoin d’innovations monétaires ?
    Trois erreurs cou­rantes, trois consé­quences pro­bables, trois solu­tions pos­sibles »
    :

    http://​www​.mar​grit​ken​ne​dy​.de/​p​d​f​/​B​U​E​_​F​R​A​_​K​e​n​n​e​d​y​F​r​a​n​z​A​r​t​.​pdf

    Réponse
  48. Adrien C

    913 mil­lions d’in­té­rêts sur envi­ron 1 150 euros de dettes sur 27 ans alors qu’on aurait pu faire autre­ment (sans le Sys­tème moné­taire euro­péen (le SME de la fin des années 70), et sans la mon­naie unique), ça m’ap­pa­raît tota­le­ment vertigineux !

    Quand je relis les « notices » de Finances publiques de la doc fran­çaise concer­nant le tré­sor public, celles-ci féli­citent Ber­cy de pos­sé­der une des meilleures ges­tions de la dette par com­pa­rai­son avec les autres pays et de pos­sé­der des outils nova­teurs et per­for­mants (en par­ti­cu­lier les OATi Obli­ga­tions assi­mi­lables au tré­sor indexées sur l’in­fla­tion, dont je ne mesure pas trop la portée)…

    En ce qui concerne les mon­naies locales, même si j’ap­prouve l’i­ni­tia­tive, je suis assez scep­tique quant à leur effi­ca­ci­té : la valeur d’une mon­naie réside dans la confiance qu’on lui accorde, et, dans des échelles réduites, les mon­naies locales ont des fonc­tions ali­men­tant une sorte de micro-pro­tec­tion­nisme. Leur effi­ca­ci­té ne peut être effec­tive que si ces mon­naies prennent de l’am­pleur et, dans ce cas-là, elles nui­raient à la poli­tique de l’eu­ro (et à l’op­ti­mi­sa­tion de la cir­cu­la­tion de la mon­naie et des échanges, etc.). Leur mar­gi­na­li­té les rend tem­po­rai­re­ment tolé­rables… Mais ce pro­tec­tion­nisme est tota­le­ment à rebours de la phi­lo­so­phie du TCE et du dogme des chantres du libéralisme.

    Tou­te­fois, ce sont des ini­tia­tives notables ! Elles prouvent que les citoyens de toute l’Eu­rope ont des inté­rêts com­muns , sou­vent bien diver­gents de ceux que reven­diquent les experts du com­merce de Bruxelles.

    Réponse
  49. Étienne

    « Et si on tirait au sort nos députés ? »

    Bon­jour mes amis,

    Le Pari­sien (« Aujourd’­hui en France » dans le midi) publie aujourd’­hui un entre­tien que j’ai eu ces jours-ci avec une jour­na­liste — Nel­ly Ter­rier — inté­res­sée par notre travail.

    On n’a mal­heu­reu­se­ment pas eu la place pour par­ler de la recon­quête publique de la créa­tion moné­taire pour pro­mou­voir l’a­bon­dance au lieu de la rareté.

    La pro­chaine fois ? ;o)

    Réponse
  50. AJH

    Je ne crois pas trop aux « mon­naies locales » car l’a­van­tage d’une « bonne mon­naie » c’est qu’on puisse l’u­ti­li­ser par­tout, que son émis­sion puisse être contrô­lée et que les déten­teurs (ou uti­li­sa­teurs) par­ti­cipent par l’im­pôt ou les taxes à la soli­da­ri­té natio­nale (voir le débat concer­nant le paye­ment de la TVA — le non paye­ment, plu­tôt — par ceux qui uti­lisent des mon­naies locales).

    Lire avec atten­tion notre « pro­po­si­tion poli­tique de créa­tion d’un nou­vel espace éco­no­mique à voca­tion socié­tale » , sur http://​tiki​.socie​tal​.org/​t​i​k​i​-​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​p​a​g​e​=​EMS

    Réponse
  51. mike teun

    Il est ain­si plus facile de com­prendre pour­quoi vous avez pous­sé au « non » lors du référendum.

    Vous vous rap­pro­chez dan­ge­reu­se­ment des thèses natio­na­listes et fas­cistes, sans même vous en rendre compte ?

    Réponse
  52. mike teun

    La recon­quête publique de la créa­tion moné­taire pour pro­mou­voir l’abondance ?

    Pre­nez les exemples célèbres dans ce domaine, soyez atten­tif à l’his­toire : le résul­tat fût une ruine des éco­no­mies des pays concernés.

    La mon­naie telle qu’elle cir­cule aujourd’­hui n’est pas pour rien dans les pro­grès incroyables qu’a connu le monde.

    Plus le pou­voir public éta­tique s’oc­cu­pe­rait de la mon­naie, plus le monde décli­ne­rait car ce serait un ins­tru­ment aux mains des poli­tiques idéologues…

    Réponse
  53. mike teun

    Mit­ter­rand avait natio­na­li­sé 36 banques en 1982 ; il admit vite son erreur !

    Créer de la mon­naie sans inté­rêt par les États aurait per­mis de rem­bour­ser inté­gra­le­ment la dette, autre­ment dit la solu­tion de AJH était sans défaut (c’est si facile à dire aujourd’­hui). C’est oublier les vices de ce type de créa­tion de mon­naie : avant de por­ter « cré­dit » à ce type d’a­na­lyse sim­pliste, pro­lon­gez donc en lisant notam­ment les oeuvres de Mil­ton Fried­man qui sont inté­res­santes lol (à moins que vous y soyez hos­tiles par principe ?)

    Réponse
  54. AJH

    @ mike teun

    .. mer­ci pour cette série d’af­fir­ma­tions non démon­trées dans vos trois mes­sages … allez, un petit effort 🙂

    Réponse
  55. mike teun

    Pour les démons­tra­tions qui ne peuvent se faire en trois lignes, je vous invite à lire sans a prio­ri les auteurs cités, à étu­dier l’his­toire de France à tra­vers ses crises moné­taires et d’autres pays que vous connais­sez sans doute au vu de vos affirmations.

    Vous pen­sez, par exemple, que, si le pou­voir poli­tique fran­çais avait gar­dé le droit d’é­mettre la mon­naie (en sachant que la Bq de F déte­nait ce pou­voir), cela aurait chan­gé la donne.….

    Lorsque l’É­tat inter­vient dans l’é­co­no­mie, il n’u­ti­lise pas le bud­get, il créé volon­tai­re­ment un déficit, 
    en espé­rant que les mesures mises en place pro­vo­que­ront de nom­breuses ren­trées fis­cales venant ain­si com­bler le défi­cit créé à l’origine.

    Le défi­cit se finance soit par la planche à billet, soit par l’emprunt ; c’est la seconde solu­tion qui pré­vaut depuis des décen­nies : pre­nez l’exemple de l’Ar­gen­tine qui à uti­li­sé la planche à billet et a connu une crise hyper­in­fla­tion­niste (avec des consé­quences dra­ma­tiques pour les citoyens argen­tins), dont elle ne s’est sor­tie qu’au prix d’une sorte d’in­dexa­tion (le mot est mal choi­si) au dollar.

    L’Ar­gen­tine, par exemple, à créé des mon­naies locales dont tout le monde cher­chait à se déba­ras­ser… Échec.

    C’est vrai que l’on peut citer le cas de Lin­coln pour aller dans votre sens…

    Si l’UE décide de pro­cé­der en uti­li­sant la planche à billet pour l’ac­tion des États membres, que se passe-t-il pour les inves­tis­seurs privés ?

    Mer­ci.

    Réponse
  56. AJH

    @ mike teun

    Évi­tez de pon­ti­fier, d’in­vi­ter à lire, d’in­vi­ter à étu­dier et de don­ner des conseils (« vous vous rap­pro­chez dan­ge­reu­se­ment des thèses natio­na­listes et fas­cistes sans même vous en rendre compte ») . J’ai cer­tai­ne­ment fait tout ce que vous me « conseillez » bien avant vous, »

    Je com­prends bien vos argu­ments libé­raux , néo libé­raux ou ultra libé­raux, je les connais par coeur : ils se résument à  » pri­va­ti­sa­tion des pro­fits (ou des avan­tages), col­lec­ti­vi­sa­tion des pertes (ou des dégats) » .. et je n’adhère pas à cette « philosophie »

    Essayez aus­si de com­prendre que si un défi­cit est finan­cé pour créer des richesses col­lec­tives qui ser­vi­ront aux géné­ra­tions futures (et non pas pour finan­cer du fonc­tion­ne­ment), il fau­drait mettre en bilan la richesse créée face à la mon­naie créée. Et il n’y a aucune jus­ti­fi­ca­tion que cette mon­naie créée le soit par des banques pri­vées (contre inté­rêt) plu­tôt que par un quel­conque ins­ti­tut d’é­mis­sion moné­taire. En quoi les banques pri­vées qui satis­font la demande de cré­dit des acteurs pri­vés pour créer la mon­naie à leur simple satis­fac­tion d’en­ri­chis­se­ment, seraient-elles plus sages qu’un Par­le­ment qui repré­sente une Nation ?

    Vous serez peut être d’ac­cord avec moi que la comp­ta­bi­li­té natio­nale devrait être pré­sen­tée comme celle d’une entre­prise ? et dans ce cas, on pour­rait voir que la dette des admi­nis­tra­tions publiques n’est pas plus éle­vée que ses actifs et que cette « dette natio­nale » (hor­reur, chaque enfant qui nait est débi­teur de 17000 euros, en oubliant de dire déjà que 40% de la dette aux rési­dents est jus­te­ment due à ces enfants fran­çais qui naissent) ne repré­sente guère plus que le 1/10° de la « valeur France » (laquelle est esti­mée à 180 000 euros par français).

    Et, svp, ne me par­lez pas de créa­tion moné­taire géné­ra­trice d’in­fla­tion… entre jan­vier 2001 et jan­vier 2007 la masse moné­taire de la zone euro a cru de 4910 mil­liards d’eu­ros à 7782 … les condi­tions de l’Ar­gen­tine n’é­taient pas du tout les mêmes que les pays de la zone euro.

    Quand à  » si l’UE décide de pro­cé­der en util­sant la planche à billet pour l’ac­tion des Etats membres, que se passe t ‑il pour les inves­tis­seurs pri­vés ?  » lais­sez moi dire que leur deve­nir est le moindre de mes sou­cis . En aurions-nous besoin si la mon­naie était émise par la Nation ( et cette mon­naie mise à dis­po­si­tion des banques pri­vées pour satis­faire les besoins des finan­ce­ment des entre­prises et des par­ti­cu­liers qui sont leurs clients, mais en étant payées « d’ho­no­raires » pour ce travail)?

    Réponse
  57. Adrien C

    D’a­près moi :
    Pour pour­suivre votre rai­son­ne­ment, Mike teun :
    Les capi­taux partiront 
    n’ayant pas confiance dans le sys­tème ni inté­rêt à rester 🙂

    Sauf que ceci n’est pos­sible que depuis 1986 et la loi sur la déré­gu­la­tion finan­cière (de Jean Charles Naou­ri qui s’est bien enri­chi par la suite : cf Casi­no, Go sport Mou­li­nex, and co) et depuis 1993 en auto­ri­sant, par Maas­tricht, la libre cir­cu­la­tion des capi­taux. C’est à rap­pel­ler : la déci­sion fut poli­tique et ce n’est pas la loi de la nature, éter­nelle et immuable contre laquelle on ne peut rien qui fait que les capi­taux peuvent sor­tir comme ils le souhaitent.

    Concer­nant mes ques­tions sur la BCE, je vou­drais, à l’oc­ca­sion, si vous ne l’a­vez pas déja vu, vous indi­quer ce for­mi­dable film à dimen­sion hau­te­ment pro­pa­gan­diste (à mes yeux) — en 27 langues — à des­ti­na­tion de tous, four­ni par la BCE, la bienveillante.

    Je pré­cise que ce film a cepen­dant le mérite de sor­tir la BCE de l’ombre et favo­rise ain­si le débat d’i­dees. Je recom­mande à tous de le visionner :

    Lien de la page du site de la Banque cen­trale européenne :
    http://​www​.ecb​.int/​e​c​b​/​e​d​u​c​a​t​i​o​n​a​l​/​p​r​i​c​e​s​t​a​b​/​h​t​m​l​/​i​n​d​e​x​.​f​r​.​h​tml

    Télé­char­ger au for­mat quicktime/windows ou media player ou real audio :
    http://​www​.ecb​.int/​h​o​m​e​/​m​o​v​i​e​/​e​d​u​m​o​v​i​e​_​f​r​.​mov
    http://​www​.ecb​.int/​h​o​m​e​/​m​o​v​i​e​/​e​d​u​m​o​v​i​e​_​f​r​.​wmv
    http://​www​.ecb​.int/​h​o​m​e​/​m​o​v​i​e​/​e​d​u​m​o​v​i​e​_​f​r​.rm

    J’ai­me­rais bien avoir vos avis là-dessus.

    Réponse
  58. mike teun

    « je les connais par coeur : ils se résument à  » pri­va­ti­sa­tion des pro­fits (ou des avan­tages), col­lec­ti­vi­sa­tion des pertes (ou des dégats) » .. et je n’adhère pas à cette « philosophie » »

    ce n’est pas la phi­lo­so­phie libé­rale ( ultra­li­bé­rale c’est une expres­sion de gauche ), de plus la phi­lo­so­phie libé­rale est atté­nuée par cer­tains de ses auteurs comme Stuart Mill mais vous le savez puisque vous avez fait ces lec­tures bien avant moi

    En Europe ou en France, la poli­tique déci­dée n’est pas libé­rale au sens propre du terme , là aus­si il fau­drait en conve­nir , nous sommes même très loin du libé­ra­lisme pur…

    Réponse
  59. mike teun

    Adrien c.

    expli­quez pré­ci­se­ment ce qui vous gêne dans ce petit film ?

    expli­quez le terme propagande

    per­sonne ne nie qu’il s’a­git d’une déci­sion poli­tique, la des­sus nous sommes d’accord

    Réponse
  60. AJH

    @Mike teun

     » En Europe ou en France, la poli­tique déci­dée n’est pas libé­rale au sens propre du terme , là aus­si il fau­drait en conve­nir , nous sommes même très loin du libé­ra­lisme pur…  »

    J’en convient tout à fait … et dans le contexte mon­dial, j’en suis fort aise…

    Adam Smith, moins dog­ma­tique et moins doc­tri­naire que nos tech­no­crates d’aujourd’hui, recom­man­dait des pro­tec­tions doua­nières vis-à-vis des pays dont les règles du jeu n’étaient pas les mêmes que les nôtres.

    La force de l’« ultra »-libé­ra­lisme a été d’être pro­pa­gé et même impo­sé par les nations domi­nantes les plus puis­santes pour jus­ti­fier et mora­li­ser leur suprématie.

    Ce cre­do libre-échan­giste repose d’ailleurs sur une base scien­ti­fique qua­si­ment nulle.

    Il s’appuie sur :

    - une contre-véri­té : le règne d’une concur­rence pure et parfaite,

    - une erreur tech­nique majeure : la mon­naie n’est pas un simple voile, élé­ment neutre de la théo­rie de l’équilibre géné­ral (loi de l’offre et de la demande),

    - une situa­tion his­to­rique péri­mée : la théo­rie de Ricar­do sur les « avan­tages com­pa­ra­tifs » sup­po­sait la non-cir­cu­la­tion du capi­tal entre les pays

    - nombre de pos­tu­lats infir­més par la réa­li­té (« le libre échange per­met de créer des emplois ! »).

    … mais bon, on s’é­loigne beau­coup du sujet ini­tial, celui de la créa­tion moné­taire qui elle est tota­le­ment « libérale ».

    Réponse
  61. mike teun

    mon­sieur AJH,

    je découvre que vous êtes proche des milieux alter­mon­dia­listes ‚pro­po­sant l’écosociétalisme, je situe mieux vos arguments

    vous êtes oppo­sé à la poli­tique menée par la BCE , ce que je com­prends volon­tiers sachant main­te­nant ce que vous défendez

    vous sou­hai­tez voir la Nation ( qui décide au sein de l’UE et selon quels critères ?
    ) émettre la mon­naie même pour les besoins des entre­prises et des par­ti­cu­liers :les banques seraient un simple relai et auraient droit à une rému­né­ra­tion que vous qua­li­fiez d’ho­no­raires ( un peu comme les méde­cins fran­çais ).….ce qui res­semble assez à un régime for­te­ment socialiste…

    fau­drait _il natio­na­li­ser les banques ?

    l’E­tat emprunte, les par­ti­cu­liers empruntent pour finan­cer leurs projets

    vous dites « en aurions nous besoin … » et avant « lais­sez moi dire que leur deve­nir est le moindre de mes sou­cis  » : aujourd’­hui les par­ti­cu­liers et les entre­prises empruntent , avec votre sys­tème : vous tirez sur la planche à billets en fonc­tion de quels cri­tères ? en pri­vi­lé­giant quels pro­jets ? qui y a droit ? et qui n’y a pas droit ?
    votre sys­tème très enca­dré ne déri­ve­ra t ‑il très vite dans le tota­li­ta­risme ? bris­nat les ini­tia­tives per­son­nelles qui sont la source du progrès …

    votre pro­po­si­tion m’ap­pa­rait comme dan­ge­reuse avec un Etat tout puissant

    vous avez sans doute lu beau­coup d’oeuvres ( né en 1942 )mais qu’a­vez vous rete­nu de « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776) » d’A­dam Smith pour oser pré­tendre que nous vivons dans une socié­té ultralibérale ?

    Les citoyens fran­çais ne vivent pas dans une socié­té libé­rale et N. Sar­ko­sy ne mène pas une poli­tique libé­rale , il va essayer de désen­gor­ger la France des excès de l’in­ter­ven­tion­nisme tout en en pré­ser­vant le bien fon­dé dans cer­tains domaines : san­té , retraite etccc

    Réponse
  62. mike teun,

    AJH,

    il ne s’a­git pas de pré­tendre que la théo­rie libé­rale est intem­po­relle, les auteurs clas­siques ont tra­vaillé avec les don­nées de leur époque et ont avan­cé des prin­cipes importants

    la concur­rence pure est par­faite n’a jamais exis­té , c’est sim­ple­ment un modèle théo­rique pour expli­quer l’économie

    que pes­nez vous du petit film mis en lien par Adrien C ? je sup­pose qu’il vous déplait fortement

    pou­vez vous dire pourquoi ?

    je ne suis pas fer­mé au point de ne pas chan­gé d’a­vis et vous ?

    Réponse
  63. AJH

    Je ne veux pas ren­trer dans un débat poli­tique (ce que fera ou non N. Sar­ko­sy … on ver­ra, mais je crois qu’il fera une poli­tique colbertiste)

    Je veux sim­ple­ment que les Nations (de la zone euro) reprennent leur simple droit de créa­tion moné­taire, au moins pour leurs besoins, et mieux pour l’en­semble de la mon­naie en cir­cu­la­tion, afin que ce soit TOUS les citoyens qui béné­fi­cient des inté­rêts et non plus les ban­quiers ou les plus riches.

    Il n’y a aucune rai­son de natio­na­li­ser les banques. La seule dif­fé­rence serait qu’elles emprun­te­raient elles mêmes à l’E­tat la mon­naie dont elles ont besoin pour satis­faire les demandes de cré­dit des entre­prises ou des par­ti­cu­liers. Aucune « main-mise » de l’E­tat là dedans…(il n’y a pas de déci­sion admi­nis­traive qui vous hérisse à juste titre – moi aus­si – de qui a droit ou non)… On trans­fère juste le rôle du créa­teur de mon­naie du pri­vé vers le col­lec­tif, et les avan­tages qui en découlent (le droit de seigneuriage)

    Les deux dif­fé­rences prin­ci­pales seraient :

    - sur la dette des Etats (pas d’in­té­rêts à payer, pas de dette comme je le démontre dans l’ar­ticle http://​www​.socie​tal​.org/​d​o​c​s​/​d​e​t​t​e​-​p​u​b​l​i​q​u​e​.​htm )

    - sur les inté­rêts divers et variés payés sur tous les endet­te­ments pri­vés qui, in fine, revien­draient éga­li­tai­re­ment à toute la popu­la­tion de la zone consi­dé­rée, en richesses par­ta­gées au lieu d’a­bou­tir dans les poches de ceux qui sont déja les plus riches.

    Réponse
  64. mike teun

    je revien­drai quand j’au­rai lu vos ana­lyses de manière plus approfondie

    tou­te­fois dès main­te­nant : les banques emprun­te­raient l’argent à l’E­tat gratuitement ?
    que paie­raient , aux banques, les entre­prises et les particuliers ?
    ceux qui emprun­te­raient, paie­raient des inté­rêts et cela revien­drait in fine éga­li­tai­re­ment à toute la population ?

    cela me paraît très complexe

    avez vous un lien pour lire com­ment cela fonc­tion­ne­rait précisément

    mer­ci d’avance

    Réponse
  65. alex

    Bon­soir,

    C’est vrai que, tout de suite après le crach argen­tin, des mon­naies locales ont été créées.

    Elles ont ser­vi aux popu­la­tions pour survivre.
    Ces mon­naies avaient une archi­tec­ture très simple, conçue en urgence, et n’a­vaient pas de fac­teur anti­cy­clique, et donc étaient instables.

    Aujourd’­hui, il faut plu­tôt par­ler de mon­naies com­plé­men­taires, à l’ar­chi­tec­ture très stable, qui intègrent des concepts très fonctionnels.

    Un de ces concept est expli­qué par Mar­grit Ken­ne­dy :

    1.4. Des frais d’utilisation à la place des inté­rêts

    Nous connais­sons depuis le début du ving­tième siècle une solu­tion qui est non seule­ment incroya­ble­ment simple et élé­gante, mais aus­si pra­tique et facile à com­prendre. Elle a été décou­verte et publiée pour la pre­mière fois en 1916 par Sil­vio Gesell, un homme d’affaires ger­ma­no-argen­tin. Son Ordre éco­no­mique natu­rel est au capi­ta­lisme et au com­mu­nisme ce qu’a été le chan­ge­ment dans notre per­cep­tion du monde quand nous avons décou­vert que la Terre n’était pas plate mais sphé­rique et que le soleil ne tour­nait pas autour de la Terre mais vice ver­sa (ce qui, soit dit en pas­sant, est encore dif­fi­cile à croire quand nous obser­vons un cou­cher de soleil).

    Au lieu d’imposer des inté­rêts pour assu­rer la cir­cu­la­tion de la mon­naie, Gesell pro­pose une taxe comme « inci­ta­tion à la cir­cu­la­tion » ou, en anglais, « demur­rage », limi­tant ain­si la mon­naie à sa fonc­tion de moyen d’échange et de réserve stable de valeur. Si vous avez plus d’argent que vous n’en avez besoin, vous l’apportez à la banque qui le prête, le remet­tant ain­si en cir­cu­la­tion. Il n’y a alors pas de frais.

    C’est essen­tiel de bien lire le textes impor­tants et connaitres les meilleures idees.

    Le monde aca­dé­mique aujourd’­hui est para­ly­sé par l’obs­cu­ran­tisme : si, au temp de Gali­lée, le prix Nobel avait exis­té, et s’il avait été décer­né par l’é­glise, on n’au­rait pas eu de révo­lu­tion copernicienne.

    Aujourd’­hui, la revo­lu­tion coper­ni­cienne tarde parce que le prix Nobel d’e­co­no­mie est décer­né par la banque de Suède !!

    Nous voi­là enchaî­nés à l’obs­cu­ran­tisme de la vision usu­ro-cen­trique avec tous les risque qui vont avec :

    Les inté­rêts se com­portent en fait comme un can­cer à l’intérieur du sys­tème éco­no­mique et donc éga­le­ment au sein de notre socié­té, notre « orga­nisme social ». Si nous étions capable de mettre en place un sys­tème moné­taire qui cor­res­ponde à la courbe de crois­sance « natu­relle », alors la crois­sance zéro ou la crois­sance qua­li­ta­tive, récla­mée depuis si long­temps par les éco­lo­gistes et les éco­no­mistes, serait possible.

    On s’est moqué de ces Alba­nais qui, dans les années 90, ont cru cer­tains ban­quiers qui affir­maient qu’un soi-disant plan d’investissement pyra­mi­dal leur rap­por­te­rait des inté­rêts men­suels de 25 % et plus. À cause de l’augmentation expo­nen­tielle de l’argent inves­ti, ceci était vrai, mais seule­ment à court terme. Tou­te­fois, aus­si­tôt que le taux d’augmentation des inves­tis­se­ments com­men­ça à ralen­tir, le sys­tème s’effondra. Nous ne sommes pas fon­da­men­ta­le­ment plus malins, car qui­conque accepte notre sys­tème moné­taire actuel encourt pré­ci­sé­ment le même risque, bien que sur une plus longue période. Dans les pays à taux d’intérêt éle­vé, par exemple en Amé­rique latine, cet effon­dre­ment se pro­duit envi­ron tous les dix ou quinze ans. Dans les pays à taux d’intérêt peu éle­vé comme la Suisse ou l’Allemagne, cela se pro­duit tous les qua­rante ou soixante ans. Un effon­dre­ment majeur arrive alors sous forme d’un krach finan­cier, d’une révo­lu­tion ou d’une guerre.

    Un can­cer donc. Il y a aujourd’­hui, même sur ce blog, quel­qu’un qui se vante de la crois­sance éco­no­mique de la socié­té occidentale.
    Et bien, sa gloire est éphé­mère, éphé­mère comme la cel­lule can­cé­ri­gène qui va bien­tot mou­rir avec l’or­ga­nisme qu’elle parasite.

    Réponse
  66. Adrien C

    Je vous invite à lire cet article qui n’y va pas par quatres che­mins de Chal­lenges du 6/6/2007 concer­nant la hausse des taux d’interets de la BCE. Atten­tion ! peut-être que le lien ne sera plus acces­sible gra­tui­te­ment dans quelques jours :

    http://​www​.chal​lenges​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​b​u​s​i​n​e​s​s​/​2​0​0​7​0​6​0​1​.​C​H​A​5​4​6​0​/​l​a​_​b​c​e​_​r​e​l​e​v​e​_​s​o​n​_​t​a​u​x​_​d​i​r​e​c​t​e​u​r​_​a​_​4​.​h​tml

    On peut y lire ceci :

    « La BCE relève son taux direc­teur à 4%

    Comme pré­vu, la Banque cen­trale euro­péenne a, pour la 8e fois depuis 2005, dur­ci les condi­tions du cré­dit dans la zone euro.

    2,7% de crois­sance atten­dus en 2007

    Jean-Claude Tri­chet redoute tou­jours l’in­fla­tion, même si cette der­nière reste légè­re­ment sous les 2%, et donc sous le seuil auto­ri­sé par la BCE. Le Fran­çais craint d’as­sis­ter à moyen terme à une sur­chauffe des prix. Des inquié­tudes qui se fondent sur des hausses de salaires qui demeurent supé­rieures à la pro­duc­ti­vi­té.
    Lors de la der­nière réunion des gou­ver­neurs, il avait appe­lé à “une grande vigi­lance“, ce qui a inva­ria­ble­ment entraî­né un res­ser­re­ment des vannes le mois d’a­près. Le pré­sident voit un risque sup­plé­men­taire dans la crois­sance et l’emploi, qui repartent à la hausse dans la zone euro. »

    Ca se passe de com­men­taires, non ? 🙂
    Tou­jours pas convain­cu d’un cer­tain carac­tère pro­pa­gan­diste du film de la BCE visant à for­mer des géné­ra­tions toute entières dévouées aveu­glé­ment à son culte ?

    Enfin, vous admet­trez que cette preuve par l’exemple pré­sente plus de per­ti­nence que les argu­ments d’au­to­ri­té et les vieux totems hayeko-friedmaniens.

    PS :
    J’ai cou­pé la suite de l’ar­ticle ori­gi­nal de Challenges.

    Réponse
  67. AJH

    @Mike teun

    La pro­po­si­tion « ins­ti­tu­tion­nelle » est sur http://​www​.faux​mon​nayeurs​.org/​a​r​t​i​c​l​e​s​.​p​h​p​?​l​n​g​=​f​r​&​p​g=6

    Aurais-je écrit que « les banques emprun­te­raient l’argent à l’É­tat gra­tui­te­ment » ? … non, je ne pense pas. 

    Le créa­teur de mon­naie (qui peut être « rela­ti­ve­ment » indé­pen­dant de l’ad­mi­nis­tra­tion, comme peut l’être, par exemple, la Cour des Comptes) prête, contre inté­rêt, aux banques pri­vées qui prêtent à leur tour la mon­naie auprès des deman­deurs de cré­dits (en pre­nant des hono­raires, et pas davan­tage, pour ce tra­vail d’in­ter­mé­dia­tion, et en mutua­li­sant par une assu­rance les risques de non rem­bour­se­ment, en plus des garan­ties comme les hypo­thèques ou nantissements).

    Il n’y a pas de grande dif­fé­rence de « méthode » avec ce qui se passe actuel­le­ment, sauf que le droit de sei­gneu­riage revient aux citoyens.

    La grosse dif­fé­rence, c’est que les inté­rêts (payés par les banques pri­vées) tombent dans la poche de la col­lec­ti­vi­té et peuvent être redis­tri­bués équi­ta­ble­ment (reve­nu citoyen, impôt posi­tif, ou autre for­mule) à toute la popu­la­tion, chaque année (pas de gros chan­ge­ment avec ce qui se passe actuel­le­ment, sauf que pour le moment c’est aux action­naires et sala­riés des banques que c’est réservé).

    Par contre « l’Ins­ti­tut d’É­mis­sion Moné­taire » serait auto­ri­sé à émettre de la mon­naie (évi­dem­ment sans inté­rêt) à dis­po­si­tion de la col­lec­ti­vi­té (l’É­tat) sous réserve d’une clause consti­tu­tion­nelle qui inter­di­rait que cette mon­naie puisse ser­vir à com­bler du « fonc­tion­ne­ment » (c’est éga­le­ment une pro­po­si­tion de F. Bay­rou dans son pro­gramme) — et je rajoute : « plus amor­tis­se­ments » — qui doit être finan­cé par les recettes fiscales.

    Réponse
  68. AJH

    À pro­pos des inté­rêts, ne jamais oublier que 5% d’in­té­rêts simples sur 100, pen­dant 100 ans, c’est un total d’in­té­rêts de 500, soit une somme due totale de 600, alors qu’en inté­rêts com­po­sés les 100 deviennent 13 150 (22 fois plus)…

    … C’est un peu ce qu’on va subir avec « la dette des admi­nis­tra­tions publiques » (je redonne le lien de l’ar­ticle sur ce sujet :
    http://​www​.socie​tal​.org/​d​o​c​s​/​d​e​t​t​e​-​p​u​b​l​i​q​u​e​.​htm).

    Réponse
  69. mike teun

    Adrien C

    mer­ci pour les liens

    ce que vous décri­vez n’est pas plus pro­pa­gan­diste que ce qu’af­firment les altermondialistes

    le film explique com­ment fonc­tionne la poli­tique moné­taire au sein de l’UE, il y a une logique.….

    rien n’empêche de cri­ti­quer cette logique sui­vie et de vou­loir en chan­ger mais la pro­pa­gande n’est pas exclu­sive de la BCE.…

    quant aux argu­ments d’au­to­ri­té de Fried­man ou Hayek ils valent bien par leur qua­li­té d’a­na­lyse les argu­ments d ‘auto­ri­té des éco­so­sia­listes , de Marx, de Keynes.…

    une thèse que vous com­bat­tez n’a pas à être qua­li­fiée d’ar­gu­ment d’au­to­ri­té , Fried­man démontre et explique …

    pour en reve­nir au petit film, je le trouve plu­tôt péda­go­gique, ce qui per­met jus­te­ment de contre argu­men­ter plus facilement

    Réponse
  70. mike teun

    AJH ,

    tout à fait d’ac­cord pour dire que les emprunts ne doivent pas finan­cer le « fonc­tion­ne­ment  » c’est du bon sens

    pour les inté­rêts payés par les banques au créa­teur de monnaie :

    Ces mêmes banques ne reçoivent que des « hono­raires » pour leur tra­vail d’in­ter­mé­dia­tion et vous pen­sez qu’elles pour­ront ver­ser des inté­rêts au créa­teur ? Votre idée ne tient pas : com­ment les banques s’en sor­ti­raient-elles dans ces conditions ?

    De plus, vous savez bien que les entre­prises se financent aus­si par le mar­ché finan­cier ? Que faites vous du rap­port (des inter­ac­tions) finan­ce­ment inter­mé­dié (celui que vous décri­vez) et désintermédié ?

    1). Avec votre sys­tème, les banques devien­dront des admi­nis­tra­tions : com­ment vou­lez-vous qu’elles versent un inté­rêt ? Il faut qu’elles per­çoivent des « hono­raires » supé­rieurs ; tout compte fait, l’in­té­rêt serait bien payé par les ménages et entreprises !

    2). Les inté­rêts reviennent à l’É­tat (vous dites la col­lec­ti­vi­té), il y aurait donc plus de redis­tri­bu­tion qu’au­jourd’­hui, le taux de pré­lè­ve­ment obli­ga­toire grim­pe­rait encore… Vous vou­lez donc redis­tri­buer davan­tage, voi­là un des fon­de­ments de votre plan.

    3). Que devient le sys­tème d’é­pargne, notam­ment des ménages ; À quoi sert l’épargne ?

    4). com­ment est fixé le taux d’intérêt ?

    5). Ceux qui empruntent aux banques pri­vées vont en fait finan­cer la redis­tri­bu­tion ; ne pen­sez-vous pas que l’É­tat fran­çais redis­tri­bue déjà beau­coup trop et que ce qui compte est de redis­tri­buer plus efficacement ?

    6). Quelle adhé­sion rece­vrait un tel sys­tème par les créa­teurs d’en­tre­prises ? Par ceux qui payent déja beau­coup d’im­pôts ? car en fait votre proposition transforme l'intérêt en impôt !

    Réponse
  71. AJH

    @Mike Teun

    Je me demande si vous ne faites pas exprès de ne pas comprendre 🙁

    a) Un « Ins­ti­tut d’É­mis­sion Moné­taire » (l’é­qui­valent de l’ac­tuelle BCE, mais sous contrôle gou­ver­ne­men­tal et par­le­men­taire) décide du taux d’in­té­rêt sui­vant les don­nées actua­li­sées (infla­tion, sur­chauffe, chô­mage, etc.), comme le fait la BCE avec son taux de refi­nan­ce­ment… Il peut d’ailleurs avoir plu­sieurs taux (concer­nant les prêts aux entre­prises, aux par­ti­cu­liers, etc.), 

    b) L’ IÉM émet la mon­naie à la demande des banques com­mer­ciales (banques de second rang) ou des éta­blis­se­ments finan­ciers, en les cré­di­tant du mon­tant deman­dé. Les banques com­mer­ciales vont payer les inté­rêts (ex : taux 4 ou 5%) qu’elles auront elles-mêmes reçus de leurs clients.

    c) Les banques com­mer­ciales prêtent cette mon­naie aux emprun­teurs pri­vés, au même taux de 4 ou 5% + hono­raires. Quand le cré­dit est rem­bour­sé, les banques ont gagné leurs hono­raires mais pas d’in­té­rêt sur cette masse moné­taire émise par l’IÉM (les inté­rêts reviennent inté­gra­le­ment à l’É­tat qui redis­tri­bue).

    d) Les banques com­mer­ciales peuvent éga­le­ment rece­voir les épargnes et jouer le rôle d’in­ter­mé­diaires. À elles de déci­der, avec les dépo­sants et les emprun­teurs, de leur rému­né­ra­tion : c’est du contrat d’ordre pri­vé (finan­ce­ment sur un mar­ché finan­cier), comme n’im­porte quel commerçant.

    e) Les banques com­mer­ciales ne devrien­draient en rien des admi­nis­tra­tions… Inutile de dra­ma­ti­ser :o)

    Dans votre « 2 », je ne com­prends pas la rela­tion que vous faites : « il y aurait donc plus de redis­tri­bu­tion qu’au­jourd’­hui, le taux de pré­lè­ve­ment obli­ga­toire grim­pe­rait encore »…
    On ne crée pas de de pré­lè­ve­ments obli­ga­toires sup­plé­men­taire … Inutile de dra­ma­ti­ser :o)

    Pour le « 3 », je pense avoir répon­du en « d »

    Pour le « 5 »… La redis­tri­bu­tion est faite sur 62 mil­lions de Fran­çais au lieu de l’être sur 1 ou 2 mil­lions… Je trouve que c’est pas mal. L’É­tat, de toute façon, n’est là-dedans qu’un « répar­ti­teur » des inté­rêts, qui lui reviennent au lieu de reve­nir aux actuels créa­teurs de mon­naie, les banques privées. 
    Ceci dit, je suis, pour ma part, [comme Mau­rice Allais qui démontre avec une rigueur remar­quable — lire l’ex­tra­or­di­naire « Éco­no­mie et inté­rêt », p. 590 et s., n°164 ! — que le volume d’é­qui­pe­ment est opti­mum lorsque le taux d’é­qui­libre devient égal à zéro. ÉC], pour une sup­pres­sion de tout inté­rêt sur toutes sommes emprun­tées à par­tir de créa­tion moné­taire ex nihi­lo et uti­li­sées à de l’investissement…

    Si vous avez com­pris ce qui pré­cède le « 6 » est sans objet .. mais effec­ti­ve­ment, on peut consi­dé­rer que l’in­té­rêt payé par les emprun­teurs et redis­tri­bué éga­li­tai­re­ment à tous les citoyens serait comme un impôt néga­tif … mais pour les emprun­teurs, payer de l’in­té­rêt à tous les citoyens ou payer le même inté­rêt à son ban­quier, me semble que c’est pareil, non ?

    Réponse
  72. mike teun

    L’emprunteur paie les 5 % plus les hono­raires, c’est bien l’emprunteur qui porte la charge, donc pas de changement.

    Les banques se contentent des hono­raires et l’É­tat récu­père les inté­rêts, alors qu’il a émis cette mon­naie avec la planche… Les emprun­teurs deman­de­ront à très court terme que le taux d’in­té­rêt soit proche de 0, il n’y aura donc pas grand chose à redistribuer.…

    Je pense (je vais tou­te­fois lire vos ana­lyses avec beau­coup d’at­ten­tion) que votre sys­tème ne fonc­tion­ne­rait pas : il se rap­proche d’une ges­tion col­lec­ti­viste des capi­taux… Les inté­rêts seraient répar­tis éga­li­tai­re­ment entre tous les citoyens : cad ? Cela est très impré­cis… Le citoyen qui emprunte paie­ra ses inté­rêts et en récu­pé­re­ra une par­tie par votre tech­nique ; celui qui n’emprunte pas rece­vra aus­si une par­tie des inté­rêts, mais à quel titre ?

    vous avez beau dire que les banques ne seraient pas des admi­nis­tra­tions, nous y vien­drions vite… L’ÉTAT, tou­jours l’É­tat, trop d’État.

    « Dans votre « 2 », je ne com­prends pas la rela­tion que vous faites : « il y aurait donc plus de redis­tri­bu­tion qu’au­jourd’­hui, le taux de pré­lè­ve­ment obli­ga­toire grim­pe­rait encore » On ne crée pas de pré­lè­ve­ments obli­ga­toires supplémentaires… »

    Dans votre sys­tème, le prix de l’argent étant récu­pé­ré par l’É­tat pour être redis­tri­bué, il y aurait comme une fis­ca­li­sa­tion de l’emprunt et à terme cela serait res­sen­ti ain­si : votre sys­tème crée­ra des insa­tis­faits, notam­ment quand il s’a­gi­ra d’être au clair sur la redis­tri­bu­tion des gains.

    Les banques pour­raient gérer l’é­pargne et éta­blir des contrats pri­vés qui se jus­ta­po­se­raient au sys­tème que vous pré­co­ni­sez : réflé­chis­sez au désordre que vous met­triez en place, notam­ment avec les effets d’éviction.

    « Pour le « 5 » … La redis­tri­bu­tion est faite sur 62 mil­lions de fran­çais au lieu de l’être sur 1 ou 2 millions ».

    Aujourd’­hui, ce n’est une logique de redistribution.

    « Je suis pour ma part pour une sup­pres­sion de tout inté­rêt sur toutes sommes emprun­tées à par­tir de créa­tion moné­taire ex nihi­lo et uti­li­sées à de l’investissement… »

    Quelles seront les consé­quences sur la valeur de la mon­naie, sur les changes ? sur l’é­co­no­mie du pays ?

    Votre sys­tème est-il inter­na­tio­na­liste ?.… Il fau­dra convaincre et convaincre et sur­tout dire : l’ins­ti­tut émet­teur fait fonc­tion­ner la planche pour quel pro­jet, pour tout pro­jet ? com­ment éva­lue-t-il les besoins ?

    Vous n’êtes pas sor­ti de l’au­berge, AJH.…. et ne me dites pas que je fais sem­blant de ne pas com­prendre car tout cela est très irréa­liste, je n’ai pas dit « utopique ».

    Réponse
  73. AJH

    Juste une ques­tion pour voir si vous avez bien com­pris le sys­tème actuel

    Vous écri­vez « l’É­tat récu­père les inté­rêts, alors qu’il a émis cette mon­naie avec la planche.…. »

    Actuel­le­ment, les banques (cen­trales et de second rang) n’é­mettent-elles pas la mon­naie « avec la planche » ???

    En quoi le sys­tème que je pré­co­nise (d’al­leurs je n’ai pas inven­té grand chose, la réflexion basique je la dois effec­ti­ve­ment à Mau­rice Allais) est-il dif­fé­rent du sys­tème actuel, si ce n’est que 100% de la mon­naie est à l’o­ri­gine issue de l’IÉM (l’ins­ti­tut d’é­mis­sion moné­taire) au lieu de l’être comme actuel­le­ment, de 7% de la BCE et de 93% des banques com­mer­ciales (second rang) ?

    Réponse
  74. mike teun

    « Actuel­le­ment, les banques (cen­trales et de second rang) n’é­mettent-elles pas la mon­naie « avec la planche » ??? »

    À votre avis ? Vous jouez au pro­fes­seur ? Que disiez-vous avec Mau­rice Allais ? Quel serait alors le but de votre proposition ?

    Je vous remer­cie mais je connais bien le méca­nisme de la créa­tion moné­taire avec ses contreparties.

    Est-il dif­fé­rent du sys­tème actuel ? Mais c’est tout l’ob­jet de vos pré­co­ni­sa­tions. Je vous ai expli­qué plus haut les pro­blèmes que votre sys­tème pose et vous n’a­vez d’ailleurs pas répon­du à mes ques­tions (je vous demande des pré­ci­sions sur les consé­quences : que j’ai essayé de tra­cer sim­ple­ment ; je ne mets pas en cause votre connais­sance du sys­tème actuel).

    Réponse
  75. AJH

    Bon, on va arrê­ter ici ; je pense m’être assez expliqué.

    Les dif­fé­rences (prin­ci­pales, dont les consé­quences seraient énormes) avec l’ac­tuel sys­tème sont :

    1 – Les inté­rêts de la mon­naie, émise par la Nation et non plus par des struc­tures pri­vées, revien­draient à la Nation (nous tous) et non plus aux action­naires des struc­tures pri­vées (les banques de second rang).

    2 – L’É­tat (nous tous) n’au­rait plus à s’en­det­ter auprès de divers prê­teurs (dont l’o­ri­gine des fonds qu’ils prêtent est bien in fine de fabri­ca­tion pri­vée) et je pré­cise  » pour la créa­tion d’é­qui­pe­ments col­lec­tifs » ; mais sur­tout, nous n’au­rions olus, col­lec­ti­ve­ment, à nous coti­ser par l’im­pôt et les taxes pour payer des inté­rêts à ces prêteurs…

    « 1167 mil­liards d’eu­ros d’in­té­rêts payés pen­dant 27 ans, c’est à peu près 119 mil­lions d’eu­ros par jour (oui, par jour) que nous payons aux déjà plus riches qui d’ailleurs peuvent ain­si nous les reprê­ter à nou­veau contre intérêt…
    Et ces 43 mil­liards par an sont l’é­qui­valent de 240 air­bus A350, ou de 3 portes-avions « Charles de Gaulle », ou de 40 000 belles vil­las sur la Côte d’Azur, ou de l’i­so­la­tion (en comp­tant 10 000 euros par foyer) de 4 270 000 loge­ments, ou un salaire net de 18000 euros annuel, salaire médian en France, à 2 380 000 per­sonnes … mais vous pou­vez trou­ver d’autres exemples ! »

    Voir http://​www​.socie​tal​.org/​d​o​c​s​/​d​e​t​t​e​-​p​u​b​l​i​q​u​e​.​htm

    3 – Aucun chan­ge­ment notable pour les finan­ce­ments des entre­prises et les emprun­teurs pri­vés… si ce n’est sans doute des taux plus bas…

    Quant à vos questions :
    « quelles seront les consé­quences sur la valeur de la mon­naie, sur les changes ? sur l’é­co­no­mie du pays ? »

    Je ne vois pas ce que ça chan­ge­rait… car, contrai­re­ment à ce que vous avez l’air de pen­ser, la quan­ti­té de mon­naie ne serait pas dif­fé­rente (toutes choses res­tant égales par ailleurs) à ce qu’elle est (et évo­lue) aujourd’­hui : on chan­ge­rait seule­ment d’émetteur

    Vous deman­dez aussi :

    « votre sys­tème est-il inter­na­tio­na­liste ? » …=> OUI

    « Il fau­dra convaincre et convaincre et sur­tout dire si l’ins­ti­tut émet­teur fait fonc­tion­ner la planche pour quel pro­jet, pour tout pro­jet ? com­ment éva­lue-t-il les besoins ?… » => Exac­te­ment comme main­te­nant… Je redis : on change d’é­met­teur, c’est tout…

    Réponse
  76. mike teun

    Les ques­tions sui­vantes sont impor­tantes pour éva­luer la fai­sa­bi­li­té de votre proposition :

    « Quelles seront les consé­quences sur la valeur de la mon­naie, sur les changes ? sur l’é­co­no­mie du pays ?

    Votre sys­tème est inter­na­tio­na­liste ?.….. Il fau­dra convaincre et convaincre et sur­tout dire. Mais l’ins­ti­tut émet­teur fait fonc­tion­ner la planche pour quel pro­jet, pour tout pro­jet ? com­ment éva­lue-t-il les besoins ? »

    Vous vou­lez redon­ner le pou­voir moné­taire aux États poli­tiques, au peuple.

    Actuel­le­ment, ce pou­voir appar­tient essen­tiel­le­ment à la BCE, mise en place par les peuples (sys­tème repré­sen­ta­tif et réfe­ren­dum ex. Maas­tricht), et le choix est de lais­ser faire la logique du mar­ché (avec quelques règles à res­pec­ter), mais le sytème actuel est aus­si un choix poli­tique.

    Réponse
  77. mike teun

    Alors, pour conclure avec vous :

    Vous dites « on change seule­ment d’é­met­teur » : le chan­ge­ment d’é­met­teur ne peut s’ac­com­pa­gner du mot « seule­ment  » car c’est capital.…..

    Je lirai ce que vous pro­po­sez car c’est inté­res­sant ; tou­te­fois, a prio­ri, cela res­semble à des pro­jets que j’ai déja par­cou­rus et qui sous-estiment tota­le­ment les effets de ce chan­ge­ment de poli­tique pou­vant mener à la pau­pé­ri­sa­tion de la Nation.

    Votre solu­tion, comme beau­coup de solu­tions qui paraissent évi­dentes, est trom­peuse et simpliste.

    Bonne conti­nua­tion.

    Réponse
  78. Adrien C

    Loin de moi l’en­vie d’en­trer dans une polé­mique sté­rile. Je me pose des ques­tions (par­fois idiotes, par­don !) que je vou­drais soumettre.

    L’i­dée d’A­JH de taxer les banques pour la créa­tion moné­taire me paraît aller de soi, c’est même fou qu’on ne l’ait pas considérée 🙁

    @Mike Teun

    Pou­vez-vous m’expliquer pour­quoi la BCE a peur d’une hausse des salaires géné­ra­li­sée ? À cause du « monstre de l’inflation », qui détruit la valeur de l’épargne et des pla­ce­ments, soit.

    Mais voi­là, ceci sus­cite chez moi beau­coup d’interrogations.

    L’inflation est mesu­rée en France par l’indice des prix à la consom­ma­tion. Or, cet indice n’est pas repré­sen­ta­tif du « coût de la vie d’un ménage ». Il minore for­te­ment les prix de l’immobilier.

    a) Pre­mière ques­tion : Pou­vez-vous m’expliquer à quoi ça rime de se baser sur un indice inexact ? Quand vous payez un loyer ou ache­tez une mai­son, n’est-ce pas de la « consommation » ?

    b) Ma seconde ques­tion est la sui­vante : dans quel cas, alors, est-ce qu’une hausse des salaires géné­ra­li­sée et à moyen/long terme (et plus forte que l’in­fla­tion cela va de soi) peut être accep­table par la BCE ?

    Il me semble (je ne gage de rien) que c’est seule­ment à dose homéo­pa­thique, et lorsque des gains de pro­duc­ti­vi­té sont déga­gés en même temps à la hausse de salaires, et seule­ment si leur valeur est plus que pro­por­tion­nelle à la valeur de celle-ci, que la hausse peut être limi­ta­ti­ve­ment tolé­rée. Et dans ce cas-là, les reve­nus du capi­tal res­tent favorisés.

    Je recon­nais que ce rai­son­ne­ment n’est pas arri­vé du tout à maturité.

    c) Troi­sième ques­tion : dans l’article de Chal­lenges que j’ai cité plus haut, à « quelles vannes », est-il fait réfé­rence lorsque l’article pré­cise : « il (le gou­ver­neur de la BCE) avait appe­lé à “une grande vigi­lance“, ce qui a inva­ria­ble­ment entraî­né un res­ser­re­ment des vannes le mois d’a­près ». Il ne s’agit pas du cré­dit, il s’agit des hausses de salaires n’est-ce pas ?

    En conclu­sion, admet­tez-vous alors que les reve­nus du capi­tal sont for­te­ment favo­ri­sés par cette poli­tique, au détri­ment des reve­nus du travail ?

    d) N’est-ce pas un para­doxe que le tra­vail soit une valeur en hausse, alors que sa part dans la répar­ti­tion des fruits de la crois­sance du pro­duit de la nation semble de manière inex­tin­guible en baisse depuis des décen­nies ? N’y a‑t-il pas maldonne ?

    Et si vous êtes par­tiel­le­ment d’ac­cord avec moi, com­ment convaincre des citoyens d’ac­cep­ter un fonc­tion­ne­ment de la créa­tion moné­taire qui est fait de telle sorte qu’il faut — à tout prix — que leurs salaires réels diminuent ?

    Une petite recom­man­da­tion : évi­tez les qua­li­fi­ca­tifs dis­qua­li­fi­ca­teurs du genre « vous pen­sez comme des alter­mon­dia­listes ». La suf­fi­sance ne gran­dit pas.

    Réponse
  79. Adrien C

    Je me rends compte que mon der­nier para­graphe est plus agres­sif que je ne le sou­hai­tais… Vous pou­vez le supprimer.

    Réponse
  80. mike teun

    Adrien ,

    « Pou­vez-vous m’expliquer à quoi ça rime de se baser sur un indice inexact ? »

    Cet indice est à revoir, c ‘est un point d’ac­cord, je ne don­ne­rai donc pas de réponses à une affir­ma­tion que je n’ai pas contestée.

    Dans quel cas, alors, est-ce qu’une hausse des salaires géné­ra­li­sée et à moyen/long terme (et plus forte que l’in­fla­tion, cela va de soi) peut-elle être accep­table par la BCE ?

    La BCE n’a pas le pou­voir d’ac­cep­ter ou non les évo­lu­tions de salaires, elle cherche à main­te­nir la sta­bi­li­té des prix par divers moyens, puisque si les prix dérapent, les salaires aug­men­te­ront (même le SMIC en France avec le sys­tème des 2 % auto­ma­tiques) et il pour­rait y avoir un cercle infla­tion­niste se met­tant en branle (hausse des salaires… hausse des coûts… hausse des prix, etc.)

    « entraî­né un res­ser­re­ment des vannes le mois d’a­près  »

    Je ne pense pas que les vannes évo­quées soit les salaires.

    « sa part dans la répar­ti­tion des fruits de la crois­sance du pro­duit de la nation semble de manière inex­tin­guible en baisse depuis des décennies »

    Pour la France, il est indis­pen­sable d’in­tro­duire les béné­fices de la réduc­tion du temps de tra­vail dans le cal­cul de la répar­ti­tion travail/capital (ce qui nuance beau­coup), mais il faut aus­si tenir compte du déve­lop­pe­ment des mar­chés finan­ciers et du fait que de nom­breux ménages y sont par­ties prenantes.

    C’est un peu comme pour l’in­dice des prix, la façon de cal­cu­ler le par­tage travail/capital n’a pas été revue !

    Il ne faut pas dire « vous pen­sez comme des alter­mon­dia­listes ». La suf­fi­sance ne gran­dit pas.

    Adrien, je n’y vois aucune agres­si­vi­té, ni suf­fi­sance : dire à qqun qu’il rai­sonne comme un alter­mon­dia­liste n’est pas faire preuve de suf­fi­sance, c’est un simple appel à se décon­di­tion­ner, tout comme pour un libéral

    Ici, je cherche à com­prendre ; faire un pas vers l’autre c’est aus­si cri­ti­quer ce qu’il avance, pour ensuite voir ce qui en res­sort, d’un côté comme de l’autre ; les posi­tions ne peuvent pas être figées.

    Tou­te­fois, si vous pen­sez que contre­dire en essayant d’ar­gu­men­ter est de la suf­fi­sance, vous vous méprenez.

    Le pro­grès vient dans la dif­fé­rence, pas dans la com­mu­nion béate.

    Réponse
  81. mike teun

    Mon­sieur AJH,

    j’ai essayé de com­prendre votre sys­tème et j’y ai vu quelques failles.

    Mal­gré cela, croyez bien que je par­tage votre méfiance à l’é­gard des banques qui n’ont qu’une morale : l’argent et le profit.

    Cf. le der­nier pro­duit pour les jeunes de 12 ans.

    Je suis davan­tage par­ti­san d’une « mora­li­sa­tion  » du métier de la banque.

    Réponse
  82. thomas arno

    J’ai sui­vi avec inté­rêt le débat entre AJH et « mike teun » en me réjouis­sant au début de voir des argu­ments contra­dic­toires issus d’un point de vue « libé­ral » (encore un mot trom­peur et employé à des­sein par les tenants de cette idéologie)…

    Mais j’ai été un peu déçu par le fait que l’in­ter­ve­nant et contra­dic­teur sem­blait ne pas sai­sir toute la dimen­sion du pro­blème de la créa­tion moné­taire confiée aux banques privées.

    Par quels res­sorts psy­cho­lo­giques en vient-on à pen­ser, en effet, que ces banques qui servent des inté­rêts pri­vés sont a prio­ri plus sages, plus com­pé­tentes et fina­le­ment plus légi­times qu’une ins­ti­tu­tion publique pour créer la mon­naie du pays ?

    Mais, si c’est le cas pour la mon­naie, pour­quoi ne pas faire de même pour les autres sec­teurs « stra­té­giques » : ne fau­drait-il pas aus­si pla­cer d’ur­gence l’ar­mée et la police sous contrôle pri­vé et que le Conseil des Ministres soit consti­tué des chair­mans des prin­ci­pales entre­prises du pays, lequels éli­raient un Pré­sident du Conseil d’Ad­mi­nis­tra­tion France (CAF) qui tien­drait lieu de Pré­sident de la Répu­blique ? (Puisque les États sont si peu res­pon­sables et si sujets à des actions contraires à l’in­te­rêt commun.)

    Mais, toute blague mise à part, com­ment consi­dé­rer comme allant de soi, étant nor­mal et de bon aloi le fait que toute une NATION se voit contrainte de payer (à tra­vers l’im­pôt notam­ment) des inté­rêts à des banques pour de l’argent qu’elles ne pos­sèdent pas et qu’elles ont en quelque sorte « sor­ti du cha­peau » par la créa­tion ban­caire, laquelle aurait pu se faire tout aus­si bien par la banque cen­trale elle même ?!!!

    Il est vrai que les lois de l’é­co­no­mie sont impénétrables !

    Réponse
  83. AJH

    @Thomas Arno

    Un peu dur là 😉  » Mais j’ai été un peu déçu par le fait que l’in­ter­ve­nant et contra­dic­teur sem­blait ne pas sai­sir toute la dimen­sion du pro­blème de la créa­tion moné­taire confiée aux banques privées. »

    Voir : http://​www​.faux​mon​nayeurs​.org/​a​r​t​i​c​l​e​s​.​p​h​p​?​l​n​g​=​f​r​&​p​g​=54 et glo­ba­le­ment tout le site  » faux-monnayeurs »

    Réponse
  84. thomas arno

    @AJH

    Heu…Je me suis pro­ba­ble­ment mal expri­mé, je vou­lais par­ler de votre contra­dic­teur, en fait.

    J’ai trou­vé que les argu­ments avan­cés par celui-ci étaient trop sou­vent « à côté » du pro­blème, comme s’il n’en voyait pas toute la portée.

    C’est dom­mage car j’au­rais bien vou­lu connaître les rai­sons que des « libé­raux » pou­vaient hon­nê­te­ment avan­cer pour jus­ti­fier qu’un état soit contraint d’emprunter à des banques pri­vées l’argent qu’il pour­rait créer lui-même !
    Il y a‑t-il là une his­toire de « concur­rence libre et non faus­sée », l’É­tat étant per­çu comme une entre­prise par­mi d’autres ?

    Réponse
  85. mike teun

    Tho­mas Arno,

    Vous dites : « J’ai trou­vé que les argu­ments avan­cés par celui-ci étaient trop sou­vent « à côté » du pro­blème, comme s’il n’en voyait pas toute la portée. »

    « À coté du pro­blème » avez-vous écrit, mais vous devez savoir que l’é­mis­sion de cré­dit doit être abor­dée de manière globale.

    L’é­mis­sion par l’É­tat, de la façon pro­po­sée par mon­sieur AJH pré­sente plu­sieurs difficultés :

    1. À quel niveau géo­gra­phique son sys­tème s’ap­pli­que­rait-il ? (Cf. la ques­tion êtes-vous inter­na­tio­na­liste ?) AJH y a répon­du sans déve­lop­per alors que ce pro­blème est fondamental.

    2). L’É­tat est émet­teur, les banques jouent un rôle de relais, elles per­çoivent les inté­rêts qu’elles reversent à l’É­tat, en plus, elles ont droit à des hono­raires qui consti­tuent, en fait, leur unique rému­né­ra­tion. C’est l’emprunteur qui paie les hono­raires. À terme, les banques fonc­tion­ne­ront comme des admi­nis­tra­tions (d’ou la ques­tion : natio­na­li­sa­tion ?), voire comme des notaires ! Le sys­tème glis­se­ra vers une fonc­tion­na­ri­sa­tion : cela rap­pelle de mau­vais sou­ve­nirs assez récents !).

    3).L’É­tat fixe le taux d’in­té­rêt, les gains per­çus à ce titre sont redis­tri­bués éga­li­tai­re­ment à tous les citoyens… Là encore (voir plus haut), plu­sieurs pro­blèmes peuvent se poser ; notam­ment, à terme, les citoyens deman­de­ront un taux faible le plus proche de zéro puisque le but est de redis­tri­buer, c’est négo­ciable, il y aura un rap­port de force.

    4). L’É­tat émet de la mon­naie répon­dant au besoins publics mais aus­si pri­vés. (Même si AJH affirme que ce n’est pas son sou­ci), mais les citoyens et les entre­prises consti­tuent une épargne qui sert à l’in­ves­tis­se­ment : les banques jouent sur la dif­fé­rence épargne/crédit, vous le savez.

    À quel taux rému­nère-t-on l’é­pargne ? Vous me direz : « plus besoin d’é­pargne, ser­vons-nous… » Belle men­ta­li­té, belle éthique.

    5). Quand l’É­tat est émet­teur, quels seront les effets sur le change, sur la valeur de la mon­naie, la sta­bi­li­té des prix ? . Pas de réponse !

    5). Le sys­tème libé­ral (qui n’existe pas réel­le­ment sur­tout chez nous en France) per­met une opti­ma­li­té des cré­dits, com­ment assure-t-on la proxi­mi­té et l’op­ti­ma­li­té du cré­dit ? Pas de réponse !

    7). Le sys­tème pro­po­sé par AJH est dit plus démo­cra­tique et plus juste vis à vis des citoyens, il est dit « poli­tique », mais le sys­tème actuel (SMI/ UEM) a été mis en place démo­cra­ti­que­ment et par accord politque (Cf. trai­té de Maastricht).

    Mon­sieur Tho­mas, je ne suis pas à côté, je cherche à com­prendre ce que pro­pose l’au­teur, je contre argu­mente pour défi­nir les avan­tages et les limites du sys­tème… C’est juste que je contre­dis AJH, mais vous pré­fé­rez sans doute que tout argu­ment aille dans le sens que vous sou­hai­tez… Vous pou­vez res­ter entre vous comme les ump ou les socia­listes, on connaît les résul­tats… Affron­te­ment bipo­laire destructif.

    Je par­tage l’i­dée de l’au­teur du blog quand il dit qu’il faut se méfier de ceux qui exercent le pou­voir : regar­dez Mon­te­bourg qui pré­co­nise deux man­dats et qui entame son troi­sième, puis on finit séna­teur (Mélen­chon), mais on donne des leçons en per­ce­vant de beaux émo­lu­ments et en favo­ri­sant, l’air de rien, le sta­tu quo.

    On prône la pari­té, mais on pré­sente les femmes dans les cir­cons­crit­pions dif­fi­ciles : résul­tat : 20 % de femmes… Trom­pe­rie, je vous le dis, ceci illustre bien le com­bat de mon­sieur Chouard.

    Ayez le cou­rage de confron­ter les argu­ments avec les oppo­sants, vous en gran­di­rez… Si le sys­tème de AJH « col­lait », je le dirais tout de suite, mais ce n’est pas le cas, il pré­sente l’illu­sion de véri­té abso­lue qu’il ne pos­sède pas.

    Réponse
  86. AJH

    Bon­jour

    Pas très en forme phy­si­que­ment en ce moment, je vais quand même essayer de répondre. D’abord un peu d’historique concer­nant l’évolution de ma réflexion.

    En 2001, j’ai pré­sen­té à l’é­di­teur Yves Michel le pre­mier manus­crit de « un regard citoyen sur l’é­co­no­mie » lequel fai­sait à peu près 135 pages. Il m’a deman­dé d’é­tof­fer ce livre avec des pro­po­si­tions : je les ai appe­lées « uto­pies » et j’en ai sélec­tion­né 8. ceci a réus­si à dou­bler le volume de ce livre.

    À la suite de plu­sieurs échanges avec des lec­teurs, dont cer­tains éco­no­mistes, il nous a plu de tra­vailler sur un modèle éco­no­mique et moné­taire ima­gi­né en fai­sant table rase des modèles exis­tants. Ces réflexions ont ame­né à l’é­cri­ture de « une alter­na­tive de socié­té : l’écosociétalisme » (2005), sys­tème éco­no­mique et moné­taire que je recon­nais uto­pique pour le moment mais qui res­te­rait une alter­na­tive en cas de crash du sys­tème éco­no­mique et moné­taire actuel..

    Néan­moins, un cer­tain nombre d’idées et de pro­po­si­tions que nous avons émises dans ce livre seraient à notre avis appli­cables dès main­te­nant… Nous sommes donc arri­vés à ce que nous avons appe­lé le « mou­ve­ment socié­tal » (et quelques pro­po­si­tions sur http://​objec​tifs​.socie​tal​.org/), ain­si que la créa­tion d’une asso­cia­tion A.C.S. (Asso­cia­tion de Coopé­ra­tion Socié­tale) qui finance la mise en place quelques idées pra­tiques (mada-éner­gie, e‑dons, etc.). 
    Il s’agit donc d’essayer de ne pas confondre « l’écosociétalisme » et les « pro­po­si­tions du mou­ve­ment socié­tal », les­quelles, au niveau moné­taire, sont proches des pro­po­si­tions d’Allais… (dont nous nous inspirons)

    =====

    Voi­ci glo­ba­le­ment ce que pro­pose Allais, éco­no­miste libéral

    « Remèdes pro­po­sés au fonc­tion­ne­ment actuel des ins­ti­tu­tions finan­cières et monétaires :

    1/ Réforme du crédit :

    a – toute créa­tion moné­taire doit rele­ver de l’É­tat et de l’É­tat seul . Les gains pro­ve­nant de la créa­tion moné­taire per­met­traient d’al­lé­ger très sen­si­ble­ment les impôts actuels

    b – tout finan­ce­ment d’in­ves­tis­se­ment à un terme don­né doit être assu­ré par des emprunts au moins de même terme. Aucun emprunt à long terme ne peut être finan­cé par des emprunts à court terme.

    Les moyens :

    Dis­so­cia­tion totale des acti­vi­tés ban­caires et leur attri­bu­tion à 3 caté­go­ries d’é­ta­blis­se­ments dis­tincts et indépendants

    a – Banques de dépôts : encais­se­ments, paie­ments, garde de dépôts de leurs clients.

    b – Banques de prêts : le mon­tant glo­bal des prêts ne peut excé­der le mon­tant glo­bal des fonds empruntés

    c – Banques d’af­faires : inves­tissent dans les entre­prises les fonds emprun­tés au public ou aux banques de prêts.

    2/ Réforme de l’in­dexa­tion :

    Indexa­tion obli­ga­toire de tous les enga­ge­ments sur l’a­ve­nir : prêts, emprunts, salaires, etc… aus­si bien entre par­ti­cu­liers, entre­prises et État.

    But : libé­rer l’é­co­no­mie de toutes les contraintes atta­chées à l’in­cer­ti­tude de l’a­ve­nir, éta­blir plei­ne­ment le prin­cipe d’hon­nê­te­té dans l’exé­cu­tion des contrats. En finir avec la spo­lia­tion des débi­teurs ou des créanciers.

    3/ Réforme des mar­chés boursiers :

    Le sys­tème actuel est fon­da­men­ta­le­ment anti-éco­no­mique et défa­vo­rable à un fonc­tion­ne­ment cor­rect des éco­no­mies. Il s’a­git de :

    a – Rendre impos­sible le finan­ce­ment des opé­ra­tions bour­sières et de la spé­cu­la­tion par la créa­tion de moyens de paie­ment ex nihi­lo.

    b – Aug­men­ter les garan­ties en liquidités.

    c – Sup­pri­mer la cota­tion en conti­nu et la rem­pla­cer par une seule cota­tion par jour pour chaque place finan­cière et pour chaque valeur.

    d – Sup­pri­mer les pro­grammes d’achat/vente automatiques.

    e – Inter­dire la spé­cu­la­tion sur les indices et les pro­duits dérivés.

    4/ Réforme du sys­tème moné­taire international :

    a – Aban­don­ner le sys­tème de changes flot­tants pour un sys­tème de taux de changes fixes mais revisables

    b – Inter­dire toute déva­lua­tion compétitive.

    c – Aban­don­ner le dol­lar comme mon­naie de compte, d’é­change et de réserve.

    d – Éta­blir pro­gres­si­ve­ment une uni­té de compte com­mune sur le plan inter­na­tio­nal par un sys­tème appro­prié d’indexation.

    e – Inter­dire la spé­cu­la­tion aux banques sur les changes, les actions, obli­ga­tions et pro­duits dérivés. »

    ====

    « Ber­nard Maris dans « Lettre ouverte aux gou­rous de l’économie qui nous prennent pour des imbé­ciles » (Albin Michel 1999), ne fait guère de cadeaux aux éco­no­mistes en géné­ral. Mais il écrit (pages 136⁄137) : 

    « On va cher­cher Allais en 1987, après le krach, on le coiffe d’un cha­peau poin­tu de devin, et on le res­sort en 1998. Il dit la même chose, de bon sens, « que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel ». Il ne pré­voit rien : il fait de remar­quables com­pa­rai­sons his­to­riques, point. Il donne la même ana­lyse lim­pide de la crise de 1929, mais peu importe ; ce n’est pas sa capa­ci­té d’analyse his­to­rique que l’on met en scène, mais son coté vieux sage, vague­ment sor­cier et un peu lou­foque : muse­ler le sys­tème ban­caire, inter­dire aux banques de créer de la mon­naie, dire que la mon­naie ban­caire est de la « fausse mon­naie », empê­cher les banques de prê­ter à plus long terme que leurs fonds… si les gens lisaient vrai­ment ce qu’à écrit Allais, ils seraient stu­pé­faits ! Allais n’est pas un expert, mais un grand économiste… »

    Je vais main­te­nant ten­ter de répondre à vos ques­tions, mais je pré­cise qu’il s’agit de pro­po­si­tion « mou­ve­ment socié­tal » et non pas d’un déve­lop­pe­ment de l’écosociétalisme qui, pour être com­pris / appli­qué, néces­site vrai­ment un chan­ge­ment de para­digme, car il est un « modèle ».

    Mike teun dit : « L’é­mis­sion par l’É­tat, de la façon pro­po­sée par mon­sieur AJH, pré­sente plu­sieurs difficultés :
    1. À quel niveau géo­gra­phique son sys­tème s’ap­pli­que­rait ‑il ? (cf. la ques­tion êtes-vous inter­na­tio­na­liste ?) AJH y a répon­du sans déve­lop­per alors que ce pro­blème est fondamental »

    AJH :< Mon sou­hait est que ce sys­tème s’applique à tous les États de la zone euro, mais à défaut peut-être fau­drait-il reprendre (ce que je ne sou­haite pas) notre indé­pen­dance moné­taire (les Anglais et les Danois par exemple l’ont bien gardée).

    Mike teun dit : « 2). L’É­tat est émet­teur, les banques jouent un rôle de relais, elles per­çoivent les inté­rêts qu’elles reversent à l’É­tat, en plus elles ont droit à des hono­raires qui consti­tuent, en fait, leur unique rému­né­ra­tion. C’est l’emprunteur qui paie les hono­raires. À terme, les banques fonc­tion­ne­ront comme des admi­nis­tra­tions (d’ou la ques­tion : natio­na­li­sa­tion ?) voire comme des notaires ! Le sys­tème glis­se­ra vers une fonc­tion­na­ri­sa­tion : cela rap­pelle de mau­vais sou­ve­nirs assez récents !) »

    AJH : Non, chaque banque com­mer­ciale garde son auto­no­mie action­na­riale et de fonc­tion­ne­ment. Il n’y a stric­te­ment aucun inté­rêt de natio­na­li­ser (je pense que doivent être natio­na­li­sés – plus exac­te­ment « col­lec­ti­vi­sés » seule­ment : l’énergie, l’eau, le sol, le sous-sol, quelques chaînes TV et jour­naux, et évi­dem­ment la créa­tion moné­taire). Seul le « Tré­sor Public » aurait le rôle d’une banque d’État nationalisée.

    Mike teun dit : « 3).L’État fixe le taux d’in­té­rêt, les gains per­çus à ce titre sont redis­tri­bués éga­li­tai­re­ment à tous les citoyens : là encore (voir plus haut), plu­sieurs pro­blèmes peuvent se poser ; notam­ment, à terme, les citoyens deman­de­ront un taux faible le plus proche de zéro puisque le but est de redis­tri­buer, c’est négo­ciable, il y aura un rap­port de force. »

    AJH : De la même manière que la BCE et les banques de second rang déter­minent les taux d’intérêts (sur­chauffe, infla­tion, défla­tion, com­pé­ti­ti­vi­té, etc.), un « Ins­ti­tut d’Émission Moné­taire » déter­mine , en accord avec l’exécutif et le par­le­ment, les taux les plus adé­quats. Ceci dit, il peut aus­si y en avoir plu­sieurs : taux à l’investissement, taux à la tré­so­re­rie des entre­prises, taux à la consom­ma­tion, etc.

    Mike teun dit : « 4). L’É­tat émet de la mon­naie répon­dant aux besoins publics mais aus­si pri­vés (même si AJH affirme que ce n’est pas son sou­ci), mais les citoyens et les entre­prises consti­tuent une épargne qui sert à l’in­ves­tis­se­ment : les banques jouent sur la dif­fé­rence épargne/crédit , vous le savez. À quel taux rému­nère-t-on l’é­pargne ? Vous me direz : « plus besoin d’é­pargne, ser­vons-nous… » Belle men­ta­li­té, belle éthique. »

    AJH : Je me suis peut être mal expri­mé… j’ai le sou­ci des besoins publics ET pri­vés. Les épargnes consti­tuées par les entre­prises et les citoyens res­tent un « mar­ché libre », qu’ils pro­posent leur épargne direc­te­ment par petite annonce, par l’actionnariat, ou auprès des banques qui la prê­te­ront à leur tour aux deman­deurs de cré­dit (au même titre que de la mon­naies qu’elles acquièrent auprès l’institut d’émission). Les banques ou éta­blis­se­ments finan­ciers n’ont droit de deman­der un inté­rêt que sur leurs fonds propres… (leur épargne).

    Mike teun dit : « 5). Quand l’É­tat est émet­teur, quels seront les effets sur le change, sur la valeur de la mon­naie, la sta­bi­li­té des prix ?… Pas de réponse ! »

    AJH : Je n’ai évi­dem­ment pas de cer­ti­tude mais je ne vois pas en quoi ce serait dif­fé­rent du sys­tème actuel. Ce ne sont QUE les émet­teurs de mon­naie qui changent…

    Mike teun dit : « 5). Le sys­tème libé­ral (qui n’existe pas réel­le­ment sur­tout chez nous en France) per­met une opti­ma­li­té des cré­dits ; com­ment assure-t-on la proxi­mi­té et l’op­ti­ma­li­té du cré­dit ?… Pas de réponse ! »

    AJH : Je me consi­dère comme un libé­ral anti­ca­pi­ta­liste (libé­ral socié­ta­liste … je ne sais pas si cette caté­go­rie existe déjà, mais il suf­fit de la créer ;-)). Mais pour répondre : je ne suis pas cer­tain qu’il y ait opti­mi­sa­tion des cré­dits (« selon que vous serez riches ou misérables … »)

    Mike teun dit : « 7). Le sys­tème pro­po­sé par AJH est dit plus démo­cra­tique et plus juste vis à vis des citoyens, il est dit « poli­tique », mais le sys­tème actuel (SMI/ UEM) a été mis en place démo­cra­ti­que­ment et par accord poli­tique (Cf. trai­té de Maastricht) »

    AJH : Les dépu­tés et la presse ont reçu les 500 pages du Trai­té de Maas­tricht à peine 15 jours avant le réfé­ren­dum. Les citoyens qui vou­laient se le pro­cu­rer (en entier) le pou­vaient, mais de toute façon per­sonne à l’époque n’avait bien com­pris les inci­dences (et consé­quences) de 4 lignes de l’article 104 noyées au milieu des cen­taines de pages… (J’ai, hélas, voté oui lors de ce réfé­ren­dum… Je n’avais rien vu non plus.)

    Mais ceci dit, les orien­ta­tion euro­péennes ayant abou­ti à Maas­tricht sont plus anciennes : voir http://​www​.faux​mon​nayeurs​.org/​a​r​t​i​c​l​e​s​.​p​h​p​?​l​n​g​=​f​r​&​p​g=4

    Qui plus est, je dirais que ce qui a été fait par la volon­té des hommes peut être défait par leur volonté…

    Réponse
  87. mike teun

    Bon­jour mon­sieur AJH,

    je vous remer­cie pour cette réponse qui éclaire votre projet.

    Je constate que vous avez un but : lut­ter contre la spé­cu­la­tion (un poi­son pour l’é­co­no­mie), sur ce point je vous suis plei­ne­ment : il est pro­bable que nous connais­sions un grave pro­blème moné­taire dans les années qui arrivent, vous vou­lez réduire l’incertitude.

    Vous vou­lez éga­le­ment inter­dire les déva­lua­tions com­pé­ti­tives : elles ne sont plus pra­ti­quables au sein de l’UE monétaire.

    Voyez-vous, je ne suis pas éco­no­miste, j’ai 35 ans et en 1992, j’ai voté non à Maas­tricht car j’a­vais com­pris les consé­quences de la poli­tique moné­taire qui était pro­po­sée (Cf. les expli­ca­tions notam­ment de M Seguin).

    Je tra­vaille par lec­ture, mais aus­si beau­coup par ins­tinct (je sais, ce n’est pas scien­ti­fique) : je ne vou­lais pas de cette Europe, mais elle fût vali­dée et aujourd’­hui ce qui compte serait de négo­cier par l’in­té­rieur pour chan­ger sen­si­ble­ment le système.

    Le sys­tème que vous pro­po­sez n’est réa­li­sable que si sa mise en place se fait à l’é­chelle du monde.

    Tou­te­fois, le piège de votre pro­po­si­tion est là :

    « Toute créa­tion moné­taire doit rele­ver de l’É­tat et de l’É­tat seul. Les gains pro­ve­nant de la créa­tion moné­taire per­met­traient d’al­lé­ger très sen­si­ble­ment les impôts actuels. »

    Voi­là la cri­tique majeure que je fai­sais à votre pro­jet : de fait, la créa­tion moné­taire se fis­ca­li­se­rait (l’air de rien…). Vous avouez que cette tech­nique ferait bais­ser sen­si­ble­ment les impôts : ce sont les emprun­teurs qui assu­me­raient en par­tie la redis­tri­bu­tion et non plus tous les citoyens…

    Là est le risque majeur d’é­cla­te­ment du sys­tème, de pau­pé­ri­sa­tion et de dérive… Sans comp­ter la perte d’op­ti­ma­li­té, les effets d’é­vic­tion, puisque il res­te­rait un mar­ché privé…

    Je vous remer­cie une der­nière fois et vous sou­haite de retrou­ver la forme puisque vous êtes un peu fati­gué. Je ne vou­drais pas en rajouter.

    Réponse
  88. AJH

    Tiens, je viens de retrou­ver quelque chose d’intéressant ..

    James Robert­son http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​J​a​m​e​s​_​R​o​b​e​r​t​son pro­pose dans son der­nier livre (auquel j’ai appor­té quelques cor­rec­tions lors de la tra­duc­tion fran­çaise), de créer immé­dia­te­ment toute la mon­naie cen­trale contre­par­tie de toute la mon­naie déja en cir­cu­la­tion ; consi­dé­rer que celle-ci a été emprun­tée par les banques à la Banque Cen­trale et exi­ger que les banques de second rang versent à la Banque Cen­trale les inté­rêts annuels en cours, aucune autre pra­tique finan­cière n’é­tant modi­fiée (au moins au début…). Ces inté­rêts sont rever­sés à l’É­tat, la Banque Cen­trale étant (ou deve­nant préa­la­ble­ment) l’une de ses institutions.

    Réponse
  89. Étienne

    Sur un site qui défend le pro­jet de la bioéconomie 
    (http://​bioe​co​no​mie​.12h60​.com/),
    on trouve cette fable qui fait com­prendre le mys­tère de l’argent :

    « L’île des nau­fra­gés », par Louis Even :
    http://​per​so​.wana​doo​.fr/​b​i​o​e​c​o​n​o​m​i​e​/​i​l​e​-​d​e​s​-​n​a​u​f​r​a​g​e​s​-​l​o​u​i​s​-​e​v​e​n​s​.​htm

    (J’a­vais signa­lé ce docu­ment fin 2005 sur la page ‘Liens et docs’.)

    Réponse
  90. alex

    Excellent lien, Étienne.
    J’ai trou­vé la même fable sur le site de la fon­da­tion créée par l’auteur :

    http://​www​.michael​jour​nal​.org/​i​l​e​n​a​u​f​.​htm

    On y trouve aus­si des tra­duc­tions en de nom­breuses langues.
    Chose curieuse : dans le site de la fon­da­tion, l’his­toire manque du détail sur la phy­sio­no­mie du ban­quier. Un détail qui pour­rait être accu­sé d’antisémitisme.

    Une autre phrase remar­quable sur le site de la fondation :

    Et l’on a vu cela dans tous les pays du monde. Le monde chô­mait depuis dix ans, faute d’argent. Ce même monde a pu se battre, dans une guerre fort dis­pen­dieuse, parce que les banques ont créé tout l’argent de comp­ta­bi­li­té qu’il a fal­lu pour finan­cer la guerre.

    C’est dans : Nais­sance et mort de l’argent

    Réponse
  91. AJH

    Simi­li­tudes
    (bon, j’es­père que je ne me suis pas plan­té dans mes calculs…;-) )

    Dans la presse…

    France Tele­com : la ces­sion de 5% du capi­tal rap­porte 2,65 mil­liards à l’État.

    La ces­sion de 5% du capi­tal de France Télé­com par le gou­ver­ne­ment fran­çais a rap­por­té 2,65 mil­liards d’eu­ros qui ser­vi­ront au désen­det­te­ment de l’É­tat, a annon­cé lun­di la ministre de l’É­co­no­mie, des Finances et de l’Em­ploi, Chris­tine Lagarde.

    Le mon­tant sera « inté­gra­le­ment affec­té au désen­det­te­ment de l’É­tat et des admi­nis­tra­tions publiques », a une nou­velle fois assu­ré Chris­tine Lagarde. La dette publique fran­çaise s’é­ta­blis­sait fin 2006 à 1 142 mil­liards d’eu­ros, soit 63,7% du pro­duit inté­rieur brut, bien au-des­sus de la limite de 60% ins­crite dans le Pacte de sta­bi­li­té et de crois­sance qui engage les pays de la zone euro.

    ————————————————

    Ima­gi­nez…

    Vous êtes pro­prié­taire de biens divers (dont un vieux vélo) qui repré­sentent envi­ron 19 600 euros (1), mais vous avez une dette (2) qui s’élevait à 11 420 euros fin 2006, sur laquelle vous payez un inté­rêt annuel (3) de 3,70% payable chaque semestre… Mais, comme vous n’avez pas ces inté­rêts dis­po­nibles en excé­dent de reve­nus sur vos dépenses (incom­pres­sibles), vous êtes obli­gé de les emprun­ter, ce qui évi­dem­ment aug­mente votre dette d’autant. Votre dette à fin juin 2007 est donc de 11 631 (11 420 + 211).

    Le 30 juin, vous déci­dez de vendre votre vélo à un ache­teur pour 26,5 euros (4) afin de réduire un peu votre dette. Votre capi­tal per­son­nel est donc réduit à 19 573,5 (19 600 – 26,5) ce qui en soi est peu sen­sible, mais com­ment uti­li­ser au mieux ces 26,5 euros pour le but que vous vous êtes fixé ?

    En fait, vous avez deux choix :

    1- Rem­bour­ser du capi­tal dû, qui devient donc 11 604,5 euros (11 631 – 26,5) au début du second semestre. Vous aurez à payer 214,5 euros d’intérêts le 31 décembre, mais comme vous ne les aurez tou­jours pas, votre dette sera donc deve­nue 11 819 (11 604,5 + 214,5).

    2 – Affec­ter ces 26,5 euros au rem­bour­se­ment d’intérêts sur le second semestre. Toutes choses res­tant égales par ailleurs, vous n’aurez plus qu’à payer 188,5 euros que vous serez néan­moins éga­le­ment obli­gé d’emprunter… mais en fin d’année votre dette sera de 11 819,5 (11 631 + 188,5)

    Aucune de ces deux solu­tions beau­coup trop par­tielle (5) ne règle évi­dem­ment le pro­blème glo­bal de votre dette qui aura de toute façon aug­men­té de 399,5 à 400 euros (et vous n’avez plus votre vieux vélo auquel, quoi que vous en disiez, vous teniez. Et ce sera encore pire, si par mal­heur, vos prê­teurs décident que pour le second semestre et les années qui viennent, les taux d’intérêts qu’ils vous demandent vont augmenter…

    Ah, tiens, vous avez oublié que vous aviez le droit le plus abso­lu de créer vous même la mon­naie qui vous per­met­trait dans un pre­mier temps de payer les inté­rêts dus et, dans un second temps, de rem­bour­ser en deux décen­nies (par exemple) le capi­tal dû… Ou bien, beau­coup plus sim­ple­ment, de déci­der que, à par­tir de ce jour, toute la mon­naie devient la vôtre au lieu d’être celle des banques et que les déten­teurs de cette mon­naie (qui par ailleurs sont vos créan­ciers) vous doivent, eux aus­si, un inté­rêt au lieu de le payer aux banques…

    (1) Patri­moine des admi­nis­tra­tions publiques 1 960 mil­liards d’euros (esti­ma­tion mini­male de l’Insee pour 2005 )

    (2) Dette cumu­lée des admi­nis­tra­tions publiques en 2006 : 1 142 mil­liards d’euros

    (3) Pré­vi­sion de la charge de la dette pour 2007 ; 43 mil­liards d’euros, soit envi­ron 118 mil­lions d’euros par jour.

    (4) Rap­port (« simi­li­tude ») de la ces­sion de 5% de France Télé­com pour 2,65 mil­liards d’euros

    (5) À part la reprise du droit de créa­tion moné­taire, la seule solu­tion qui per­met­trait l’effacement de la dette serait la vente dans un délai bref de plus de 60% des « bijoux de famille », c’est-à-dire les biens des admi­nis­tra­tions publiques qui font évi­dem­ment par­tie du « capi­tal col­lec­tif » qui fait notre richesse, la « valeur France » esti­mée pour elle à 10 000 mil­liards d’euros, soit près de 170 000 euro par français.

    Réponse
  92. Étienne

    « Pla­nète-finance, atten­tion danger »
    par Didier Adès et Domi­nique Dam­bert, dans l’émission Rue des entre­pre­neurs, sur France Inter same­di der­nier, 30 juin 2007 :
    http://​www​.radio​france​.fr/​f​r​a​n​c​e​i​n​t​e​r​/​e​m​/​r​u​e​d​e​s​e​n​t​r​e​p​r​e​n​e​u​r​s​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​i​d​=​5​7​415

    « Une nou­velle catas­trophe éco­no­mique ou une nou­velle bulle finan­cière sont-elles sur le point d’éclater ? La part des fonds spé­cu­la­tifs dans les entre­prises cotées en France, ne cesse d’augmenter. Le volume des fonds off shore mal iden­ti­fiés ne cesse d’augmenter. Les grands fonds d’investissements comme KKR s’attaquent à des proies de plus en plus grosses. Le gou­ver­ne­ment chi­nois n’hésite pas à inves­tir 10 mil­liards de dol­lars chez Blackstone. 

    Atten­tion, ver­tige ! Il était pré­vu au der­nier G8 de mettre de l’ordre dans la mai­son inves­tis­se­ments sans contrôle ! Rien n’arrive de la part des États qui laissent le champ libre à tous les excès.

    Il y a dix ans tout juste, au prin­temps 1997, alors que per­sonne ne pou­vait l’imaginer, le bath thaï­lan­dais entrai­nait dans sa chute le won coréen, la rou­pie indo­né­sienne, le ring­git malai­sien, et bien d’autres. L’économie et la finance mon­diale ont encore moins de fron­tières. Le risque que ça se repro­duise n’est pas à écar­ter. Cer­tains regardent même le rétro­vi­seur de l’histoire et n’hésitent pas à pré­dire que la crise des années trente est devant nous… 

    L’un des hommes les plus avi­sés, et des plus dis­crets aus­si, l’ancien ban­quier d’affaires Antoine Bern­heim, aujourd’hui patron de Gene­ra­li, l’un des lea­ders euro­péens de l’assurance, regarde pour nous cette Pla­nète Finance. Il sort de sa réserve habi­tuelle pour poin­ter les excès d’un capi­ta­lisme finan­cier débri­dé ! Inter­view exclusive ! »

    Fran­çois Morin, auteur du livre « Le mur de l’argent. Essai sur la finance glo­ba­li­sée » (Seuil), est inter­ro­gé dans ce dossier.

    Fran­çois Len­glet, auteur de « La crise des années 1930 est devant nous » (Librai­rie Aca­dé­mique Per­rin) est éga­le­ment consulté.

    Mani­fes­te­ment, aucun de ces auteurs n’a lu Mau­rice Allais. Aucun jour­na­liste éco­no­mique non plus.

    Réponse
  93. Gmt

    Bon­jour AJH

    La décou­verte de ce site, grâce à vous, ou il m’a bien fal­lu quelques jours de lec­ture pour en venir à bout d’une par­tie, est très ras­su­rant. Il y a, encore, des citoyens qui vont à l’o­ri­gine de nos pro­blèmes. Merci.

    En plein accord avec vous sur la néces­si­té de se réap­pro­prier le droit à « battre mon­naie », ce n’est tout de même pas, avis tota­le­ment sub­jec­tif par­don, l’i­déal pour s’ac­quit­ter de la Dette, par contre pour assu­rer les retraites, oui, mais à condi­tion d’a­voir créer au préa­lable les actifs correspondants .

    Pes­si­miste quand à la volon­té réelle de nos élus, je ne le suis pas autant que vous, sur notre capa­ci­té à résoudre autre­ment, SANS CASSE, notre pro­blème de sur­en­det­te­ment ref : votre nota (5). Si vous per­met­tez de vous sou­mettre une solu­tion par­mi d’autre.

    Elle pro­cède d’une consta­ta­tion. Pas d’emprunt, sans reve­nus pérennes assu­rant la charge du rem­bour­se­ment. Le meilleur moyen pour se créer des reve­nus, c’est encore l’in­ves­tis­se­ment. Par­tant de ce constat, puisque cela n’a pas été entre­pris préa­la­ble­ment aux emprunts, alors INVESTISSONS aujourd’hui.

    Comment?.EN SE SERVANT DU DÉFICIT ; « Trans­for­mer le défi­cit en INVESTISSEMENT ».

    À venir dans un pro­chain post pour évi­ter la longueur.

    cor­dia­le­ment

    Réponse
  94. Gmt

    re bon­jour

    la suite du pré­cé­dent post.

    Comment?.EN SE SERVANT DU DÉFICIT ; « Trans­for­mer le défi­cit en INVESTISSEMENT ».

    1°)- CAS DE LA DETTE SOCIALE

    Le constat
    ‑La dette sociale (entre 7 et 11 mds d’€) repré­sente en %, pour 11 mds, appliquée

    • aux recettes « San­té » (121 mds): 9,9%
    • aux recettes « Pro­tec­tion Sociale » (381 mds): 2,89%
    • aux recettes « Sociale glo­bale » (502 mds d’€): 2,19%

    (Ces recettes consti­tuant nos fameux reve­nus pérennes)
    ‑Le Plein Emploi génère une Recette Sociale sup­plé­men­taire de 50 Mds d’€, éva­luée à par­tir d’une Base très modeste 1 200€ brut /Mensuel et 5 mil­lions de deman­deurs d’emploi. (Notre fameux com­plé­ment de reve­nus pérennes qui éra­diquent le défi­cit et donc la dette).

    La solu­tion
    Par une démarche volon­ta­riste, finan­cer la créa­tion d’en­tre­prises, pour géné­rer le Plein Emploi Per­ma­nent source de reve­nus pérennes et supplémentaires.

    Le prin­cipe

    • -Conte­nir la dette géné­rée par le défi­cit, en interne, en veillant à déga­ger des liquidités
    • -Inves­tir ces liqui­di­tés en une démarche volon­ta­riste de Créa­tion, Reprise et Rachat de Socié­tés, d’en­tre­prises avec le Plein Emploi Per­ma­nent en point de mire.

    La tech­nique

    • -On fait, ici, le choix d’ap­pli­quer le défi­cit social (11 mds‑9,09%) à la branche san­té uni­que­ment. On peut bien évi­dem­ment l’ap­pli­quer aux 2 autres recettes avec un inven­taire plus fin des pres­ta­taires san­té et social. Ici ce sera san­té pour la démo. Allons y.
    • -Emprunt interne auprès de tous les pres­ta­taires « san­té » par ins­tau­ra­tion d’un nou­veau mode de rému­né­ra­tion à des­ti­na­tion de ces pres­ta­taires. Cette rému­né­ra­tion sera consti­tuée d’une par­tie à paie­ment immé­diat et d’une seconde à paie­ment dif­fé­ré. Le mon­tant du reve­nu dif­fé­ré, assor­ti à des avan­tages fis­caux (déduc­tion du reve­nu imposable+revenu dif­fé­ré non impo­sable à la sortie+crédit d’im­pôt pen­dant la durée) sera égale à 2 fois le taux du défi­cit pré­vi­sion­nel appli­qué au C.A des prestataires.

    La Sécu­ri­té Sociale sera char­gée d’ef­fec­tuer la rete­nue à la source cor­res­pon­dante soit
    2 fois le taux de défi­cit appli­qués aux émo­lu­ments des pres­ta­taires concer­nés. Ici, la rete­nue à la source deve­nant ipso fac­to le reve­nu dif­fé­ré s’é­lève à 18,18% (2x9,09%) des prestations.

    LE BILAN

    • -Le Défi­cit 9,09% ; 11 mds d’€ défi­ni­ti­ve­ment éli­mi­né, est trans­for­mé en dette interne
    • -Les Liqui­di­tés 9,09% ; 11 mds d’€ déga­gées et dis­po­nibles pour les inves­tis­se­ments PLEIN EMPLOI PERMANENT géné­ra­teur du sup­plé­ment de coti­sa­tions (50 mds)
    • -La DETTE 18,18% ; 22 mds d’€ tota­le­ment CONFINEE en Interne, sous la forme de Créance « Reve­nu Dif­fé­ré ». Entiè­re­ment Auto­fi­nan­cée par le Sur­croît de Recette (Recette=50 mds d’€ / 22 mds d’€=Dette, auquel il convient rajou­ter le rem­bour­se­ment du prêt de 11 mds+intérêt consen­ti par la « Struc­ture Finan­cière Sociale »… voir corollaire).

    Voi­là tout est dit pour le social. Je le crois fai­sable. Non ? Avec le défi­cit dit « de la sécu­ri­té sociale » tant décrié, créer des emplois, recons­ti­tuer le patri­moine natio­nal et non moins pri­vé, au pro­fit des très petites asso­cia­tions en mal de bud­get, Je trouve ça jouissif.

    A venir dans un autre post le surendettement,
    si celà peut aider à avan­cer. Cordialement

    Réponse
  95. Gmt

    re bon­jour

    Avant de s’at­ta­quer au sur­en­det­te­ment, je vou­drais pré­ci­ser 3 choses. Qui devrait s’en occu­per et Qui contrôle ? et dans quel envi­ron­ne­ment pro­pice?, d’où le rajout qui suit.

    COROLLAIRE

    Créa­tion d’une « Struc­ture Finan­cière Sociale », col­lec­trice de la rete­nue à la source, indé­pen­dante de la Sécu­ri­té Sociale, pla­cée sous l’au­to­ri­té du « Garant de la VIème Répu­blique Fran­çaise Par­ti­ci­pa­tive » .

    • -Char­gée de cen­tra­li­ser les moyens finan­ciers pour le finan­ce­ment du PLEIN EMPLOI PERMANENT.
    • -Char­gée de l’in­ven­taire per­ma­nent des besoins, des néces­si­tés, des attentes de la société.
    • -Char­gée de la démarche volon­ta­riste de Créa­tion, Reprise ou Rachat d’en­tre­prises « Tpe ‑Pme/P­mi- Multinationale ».
    • -Char­gée de la mise en place d’un réseau com­mer­cial, local et natio­nal, (de la pro­duc­tion au point de vente), insen­sible aux influences de la « Mon­dia­li­sa­tion » comme aux exi­gences de ren­de­ment du capi­tal (d’ou néces­si­té d’at­tri­buer col­lec­ti­ve­ment les entre­prises aux très petites asso­cia­tions CITOYENNES).
    • -Char­gée de la ges­tion du « Capi­tal dif­fé­ré Inves­tis­se­ment Achat » dans le cadre d’un nou­veau mode de finan­ce­ment Retraite.
    • -Char­gée de la ges­tion et du Sou­tien à la  » Struc­ture Finan­cière Désen­det­te­ment  » dans le cadre de l’É­ra­di­ca­tion du Sur­en­det­te­ment de la Nation.

    Pour finir,un der­nier mot sur le « Garant de la VIème R.F. Participative ».

    En rac­cour­ci, la Vème amé­lio­rée, c.a.d, une répu­blique qui s’a­dosse à 3 piliers.

    • -le légis­la­tif : les dépu­tés (élec­tion au suf­frage uni­ver­sel direct).
    • -L’exé­cu­tif : le pré­sident (élu au suf­frage uni­ver­sel direct) et son gvt.
    • -Le contrôle et la sanc­tion : le « Garant de la Répu­blique », pré­sident du conseil consti­tu­tion­nel, dési­gné par tirage au sort par­mi la liste élec­to­rale (pré­cau­tion d’u­sage + ins­tau­ra­tion d’une dis­ci­pline ‑édu­ca­tion civique?- sco­laire et uni­ver­si­taire, obli­ga­toire, bien sur, sanc­tion­né par un cer­ti­fi­cat d’ap­ti­tude à la fonction).

    À la fin de sa man­da­ture (2ans), il siège au conseil d’É­tat (2 ans), pré­side le Sénat (2ans), siège un cer­tain temps, au sénat tout en pré­si­dant une des struc­tures de contrôle de la répu­blique : cours des compte, police, jus­tice, méde­cine etc… au nom du pré­sident du conseil consti­tu­tion­nel, pour fina­le­ment inté­grer et sié­ger au conseil consti­tu­tion­nel avant une repos bien méri­té. Si cela fait avan­cer les choses alors à bientôt
    cordialement

    Réponse
  96. Étienne

    Mer­ci André-Jacques.

    Com­ment peut-on (avec quelle ligne de code HTML) 
    repro­duire ce comp­teur sur nos propres pages d’ac­cueil,
    image ani­mée qui serait cli­quable pour accé­der à ta page d’explication ?

    Réponse
  97. AJH

    C’est un ami qui me l’a installé…

    C’est du « java » et c’est un tout petit dos­sier avec une page html (celle à l’é­cran) plus un fichier  » beancounter.class  » et un petit fichier image … le tout pour 18 ko.

    Il faut que ces deux fichiers soient dans le même dos­sier que la page sur laquelle appa­rai­tra le compteur…

    Je puis don­ner ici les lignes de code html, mais pas les deux autres fichiers , hélas.
    Je te les envoie…

    Réponse
  98. alex

    Que pen­sez-vous des mon­naies com­plé­men­taires ?
    Que pou­vons-nous faire en France ?
    Que peut-on faire dans les pays source d’é­mi­gra­tion pour que les gens puissent conti­nuer à y vivre sans être aspi­rés par le capi­tal dette ?

    Réponse
  99. Gmt

    @ Etienne,

    bon­jour, je me pro­po­sais de conti­nuer à pos­ter sur le désen­det­te­ment, mais à la réflexion, je ne sais si je suis dans la bonne rubrique, si c’est le cas je m’en excuse, bien enten­du, vous avez toute lati­tude pour le dépla­cer. Mer­ci, voi­ci la suite sur le Désendettement.

    LES INGRÉDIENTS

    Pour faire un Bon Désen­det­te­ment, un envi­ron­ne­ment béné­fique, « La VIème Répu­blique Fran­çaise Par­ti­ci­pa­tive », par exemple, est un préalable.

    Autre préa­lable, les pro­duits se doivent d’être de Qua­li­té : une Belle Dette 1 217 mds d’€, un beau mor­ceau de patri­moine de valeur équi­va­lente à la dette, des sources insoup­çon­nées de liqui­di­tés (20 à + 100 mds d’€/an mini), de belles et grosses ins­ti­tu­tions pour ras­su­rer, une struc­ture solide et réac­tive au ser­vice exclu­sif du Désendettement.

    L’IDÉE MAITRESSE

    1. -Sor­tir la Dette du giron de l’É­tat, la confier à une struc­ture Ad hoc, qui l’ex­ploite, avec le double avan­tage de béné­fi­cier de l’É­tat, tout en étant une socié­té de droit com­mun, moins bri­dée, plus réactive.
    2. -Trans­for­mer la Dette envers l’Ex­té­rieur en une Dette fran­co-fran­çaise, Nos impôts rede­ve­nant alors, un Inves­tis­se­ment INTERNE. La valeur ajou­tée pro­duite, cap­tée par nos impôts, est réin­ves­tie dans le Pays.

    MÉTHODE DE TRAITEMENT DE L’ENDETTEMENT

    Principe.….….….….….….….….….….…Traduction

    1)-Sortir la Dette du giron de l’État.….….….1)-Création d’une enti­té juri­dique qui hérite

    2)-La loger dans une struc­ture Ad hoc.….…..2)-de la Dette de l’É­tat ; 1 217 mds d’€ (pas­sif)

    3)-Équilibrer en y trans­fé­rant des actifs.….….3)-du trans­fert de patri­moine de l’É­tat ; (actif) .….….….….….….….….….….….….……mini 1 217 mds d’€ (récu­pé­ra­tion ulté­rieure par .….….….….….….….….….….….….….. l’É­tat contre rem­bour­se­ment de sa dette).

    4)-S’assurer d’or­ga­nisme s’ac­quit­tant de la.…..4)-L’État 42 mds d’€ en direct et en indi­rect*. charge de la Dette (annui­té)

    5)-S’assurer d’or­ga­nismes s’ac­quit­tant du.….…5)-Club d’En­tre­prises rede­vables à l’É­tat pour prin­ci­pal de la Dette (capital).….….….….….info Banques(45 mds d’€: créa­tion de mon­naie .….….….….….….….….….….….….……ex-nihi­lo)) – Struc­ture Finan­cière Sociale (20 à .….….….….….….….….….….….….……120 mds d’€) -Fran­çaise des Jeux(?) – CDC(?) – .….….….….….….….….….….….….……Reve­nus Fon­cier, mobi­lière, immobilier(?).

    6)-S’assurer d’orga­nisme pour­voyeur de res­sources sup­plé­men­taires(val.ajoutée).

    À ce stade on peut noter que :

    1. la Struc­ture Finan­cière Sociale est la pierre angu­laire du sys­tème, sans elle, point de salut d’où l’im­por­tance de trai­ter le défi­cit social par l’in­ves­tis­se­ment au moyen de l’emprunt interne. Toute autre solu­tion serait un beau gâchis.
    2. Le para 6, ou dit autre­ment : pro­ve­nance et mon­tant des fonds à dis­po­si­tion de la « Struc­ture Finan­cière Sociale », néces­site d’être explicités.

    ORGANISME POURVOYEUR DE RESSOURCES SUPPLÉMENTAIRES

    Qui ?
    ‑L’Enti­té juri­dique elle-même, La « Struc­ture de désen­det­te­ment de la Nation » à tra­vers un
    ser­vice interne spé­ci­fique. Enti­té, gérée par la « SFS » et pla­cée sous
    l’au­to­ri­té du « Garant de la VIème Répu­blique Fran­çaise Par­ti­ci­pa­tive ».

    Mis­sions ?

    1. -Neu­tra­li­ser la Dette 1 217 mds d’€/42 mds d’€
    2. -Faire l’é­co­no­mie à l’E­tat du ser­vice de la Dette
    3. -Géné­rer des plus values venant en recons­ti­tu­tion du capi­tal (de la Dette) emprunté.

    VU la lon­gueur, la suite dans un pro­chain post. à bientôt.

    Réponse
  100. Gmt

    bon­jour, voi­ci la suite sur une méthode pos­sible de désendettement.

    1) – Neu­tra­li­ser la dette-Faire en sorte que la tota­li­té de la Dette ne néces­site plus de rem­bour­se­ment impé­ra­tif sec.….-Pour ce faire, la dette sera titri­sée en créance à capi­tal rem­bour­sable, sans limite de validité.

    1. -Dans un pre­mier temps ces créances seront acquises, par la « SFS », sui­vant ses dis­po­ni­bi­li­tés finan­cières. Le fruit de la ces­sion des créances devra en prio­ri­té ser­vir au rachat des dettes hors fron­tière. Dans un second temps, la « SFS » pro­po­se­ra ses créances aux entre­prises et aux assu­jet­tis à l’ISF. Le fruit de ce 2ème tour de ces­sion par­ti­cipe de fac­to à de nou­velles acqui­si­tions de créances et donc à nou­veau, au désen­det­te­ment hors fron­tière, and so on…
    2. -De même, contre par­tie de la créa­tion de mon­naie ex nihi­lo, les banques devront pro­cé­der à l’acquisition et le pla­ce­ment des créances. En règle générale,les banques pro­po­se­ront les créances à leur client, à tout moment et bien évi­dem­ment à échéance, en échange des OAT qu’ils détiennent.
    3. -Une autre tâche assi­gnée aux créances, de par leur nature, inci­ter à l’im­plan­ta­tion de filiales étrangères.

    -Par­ti­cu­la­ri­tés : Ces créances, sans limite de vali­di­té, mutent pour deve­nir des « Créances per­pé­tuelles ». Le rem­bour­se­ment du capi­tal, à la dili­gence du Gvt, se sub­sti­tue à l’obligation de les hono­rer à date pré­dé­fi­nie. Elles sont libre­ment ces­sibles à la vente comme à la loca­tion. Ce fai­sant la dette est neutralisée.

    2) – Faire l’é­co­no­mie du ser­vice de la dette
    ‑Trans­for­mer « ponc­tion d’impôts » pour assu­mer la charge de la dette en « réduc­tion d’im­pôts » orien­tée inves­tis­se­ment, sans inci­dence néga­tive ni remise en cause du volume de recette fis­cale du pays.

    -Par­ti­cu­la­ri­té de ces « créances per­pé­tuelles » : Une rému­né­ra­tion, expri­mée en % de la valeur faciale de la créance, révi­sée et déci­dée annuel­le­ment par le Gvt, leur sont atta­chée. Cette rému­né­ra­tion est par­ti­cu­lière, dans la mesure où, ce n’est pas du numé­raire, mais des avan­tages fis­caux (sauf cré­dit d’impôt, à ban­nir impé­ra­ti­ve­ment). Néan­moins, l’ensemble doit se révé­ler très avan­ta­geux, aus­si bien en taux (+ de 20%) comme en avan­tages fis­caux, (du type double, voir triple avan­tages), tel que :

    1. Déduc­ti­bi­li­té sur la Valeur éli­gible à l’ISF et réduc­tion d’im­pôt ISF pour les particuliers.
    2. Fran­chise sur les inves­tis­se­ments impo­sables, déduc­ti­bi­li­té sur le mon­tant éli­gible au cal­cul du béné­fice impo­sable réin­ves­ti dans l’en­tre­prise et réduc­tion d’im­pôt sur le béné­fice réin­ves­ti, pour les entreprises.

    On va donc les nom­mer « Créances Inves­tis­se­ments Per­pé­tuelles » ou « CIP ». L’É­tat s’ac­quitte ain­si indi­rec­te­ment de sa dette, au moyen de réduction/déduction d’im­pôt très ciblées et très orien­tées inves­tis­se­ments pro­duc­teurs de richesse et d’impôt.

    Cas de figure : Le Gvt décide d’oc­troyer un inté­rêt de 20%. Les « CIP », par­ti­tion­nées en uni­té d’une valeur de 1 000€, servent donc des avan­tages fiscaux.
    Pour les par­ti­cu­liers : 2 avan­tages fis­caux, déduc­ti­bi­li­té de 20% de la valeur nomi­nale de la créance (soit 200 €) sur la valeur éli­gible à l’ISF et réduc­tion de 20 % d’im­pôts ISF (soit 200 €), porte feuille « CIP » non éli­gible à l’ISF.
    Pour les Entre­prises : 3 avan­tages fis­caux, Fran­chise de 20% de la valeur nomi­nale de la créance (soit 200€) sur les inves­tis­se­ments. Déduc­ti­bi­li­té de 20% du mon­tant de la créance (soit 200€) sur la valeur éli­gible au cal­cul du béné­fice impo­sable réin­ves­ti dans l’en­tre­prise et enfin Réduc­tion de 20% de la créance (soit 200€) sur le béné­fice impo­sable réin­ves­tis dans l’Entreprise.

    Les émis­sions de « CIP » étant toutes sous­crites alors Le Gvt fait l’é­co­no­mie du ser­vice de la dette (42 mds d’€ pour un taux de 3,5%) pour se doter d’une poli­tique d’in­ves­tis­se­ment mai­tri­sé et direct en entre­prise de (42 mds/3,5%). À défaut la charge de la dette sera en baisse conti­nue jus­qu’à atteindre l’ex­tinc­tion au fur et à mesure de la ces­sion com­plète des « CIP ».

    3)-Géné­rer des res­sources venant en recons­ti­tu­tion du capi­tal (de la Dette) emprunté

    La capa­ci­té de géné­rer des res­sources venant en recons­ti­tu­tion du capi­tal est sou­mis à la
    réus­site ou non du pla­ce­ment des « CIP » auprès des entre­prises. La qua­li­té de cet accueil va dépendre exclu­si­ve­ment de l’at­trac­ti­vi­té de l’offre, en taux (annuel­le­ment révi­sable) de fran­chise, de déduc­tion, réduc­tion consen­ties, et de son champ d’application. Ce taux devra idéa­le­ment atteindre au mini­mum 20 %. Des taux de 30 %…50%…100% si néces­saire, les pre­mières années sur­tout, sont par­fai­te­ment envisageables.
    – Ces res­sources sont ali­men­tées par

    1. -la revente d’  »occa­sion » des « CIP »
    2. -la taxa­tion des ces­sions et loca­tion des « CIP »

    la suite et fin à venir

    Réponse
  101. Gmt

    re-la fin de la méthode

    Quelles consé­quences ces taux géné­reux et attrac­tifs peuvent-ils induire sur l’économie ?

    -Valeur Ajou­tée Éco­no­mique :
    Appli­qué à l’é­co­no­mie, le Gvt se dote ain­si d’un puis­sant moteur/levier de crois­sance grâce à une poli­tique indi­recte d’in­ves­tis­se­ment direct en entre­prise. Toutes les entre­prises sont concer­nées. Plus le taux de déductibilité/Réduction est de haut niveau, plus les « CIP » seront attrac­tifs, plus l’in­ves­tis­se­ment sera consé­quent. Ces taux de haut niveau, de par le jeu de la conso­li­da­tion des comptes filiales/maison mère sont de nature à inci­ter l’implantation, d’entreprises/ filiales gour­mandes en inves­tis­se­ment, filiales spé­ci­fi­que­ment dédiées à la recherche par exemple.

    Cas de figure 1 : – 730 mds d’€ , soit 60 % de la dette titri­sée sous la forme de « CIP » de 1 000€ l’unité, ont été sous­crites. Le Gvt leur affecte un taux de 20 %. Les avan­tages fis­caux rattachés :

    1. -20 % de fran­chise sur le mon­tant inves­ti soit 145 mds d’€.
    2. -20 % sur la valeur éli­gible au cal­cul du béné­fice impo­sable réin­ves­ti dans l’en­tre­prise soit de nou­veau 145 mds d’€,
    3. -20 % de réduc­tion d’impôt sur les béné­fices réin­ves­tis dans l’entreprise soit pour finir 145 mds d’€.

    L’effort d’investissement total consen­ti par l’État s’élève alors à 435 mds d’€ pour un désen­det­te­ment de 730 mds d’€.
    Com­men­taires : Il ne s’agit pas d’impôts exis­tant dont l’État en ferait cadeau aux entre­prises, mais du poten­tiel d’impôts (et assi­mi­lé), géné­ré par un endet­te­ment de 730 mds d’€, muté en inves­tis­se­ment, que l’État leur rétro­cède. Sans les inci­ta­tions fis­cales, cet inves­tis­se­ment aidé de 435 mds d’€ en théo­rie, ne se feraient pas et par consé­quent, l’État n’en aurait, de toute façon, jamais vu la cou­leur. Par contre, le Gvt emma­ga­si­ne­ra bel et bien un sup­plé­ment d’impôts, un impôt qui n’existait pas aupa­ra­vant, bref une nou­velle recette fis­cale, (voir para « En matière fiscale »).

    Cas de figure 2 : du coté entre­prise que se pas­se­ra t’il ? Pre­nons comme hypo­thèse, une entre­prise qui se porte acqué­reur d’un « CIP » à 20%. Elle dis­po­se­ra donc d’une fran­chise de 20 % de la valeur uni­taire du « CIP », soit 200€. Elle pour­rait donc se satis­faire d’un inves­tis­se­ment de 200€ non impo­sable par « CIP ». Elle pour­rait aus­si déci­der d’investir au-delà sachant qu’il y a de nou­veau déduc­tion à venir, sur le béné­fice impo­sable réin­ves­ti. Elle pour­rait aus­si déci­der de d’accomplir le par­cours com­plet, pour béné­fi­cier de 600€ d’avantages fis­caux par « CIP ». Je laisse au spé­cia­liste le cal­cul de l’investissement opti­mal pour un ren­de­ment maximal.

    Bilan : Sans enga­ger la moindre dépense, le Gvt met en place une inci­ta­tion à l’investissement à mini­ma de 145 mds d’€ (fran­chise 20%). La péren­ni­sa­tion, grâce au renou­vel­le­ment annuel de l’opération, en fait un moteur recon­duc­tible de crois­sance des plus per­for­mant.

    -En matière de Recette fis­cale :
    Actuel­le­ment, pour assu­rer la charge de la dette de 40⁄50 Mds d’€ (la jus­tesse du chiffre importe peu pour la démo), cela mobi­lise la tota­li­té de nos impôts sur le reve­nu (50 mds d’€) qui induit un défi­cit bud­gé­taire de même ordre de gran­deur qui lui même aggrave dans les mêmes pro­por­tions le sur­en­det­te­ment de la Nation.

    Les « CIP », non seule­ment, dis­pensent le bud­get de la charge de la dette, (donc le bud­get aug­men­té de 40⁄50 Mds comble d’autant le défi­cit ‑bud­get défi­ci­taire éra­di­qué- CQFD), mais de plus, génèrent de nou­velles recettes fiscales.

    Repre­nons le cas de figure 1 cité plus haut, en effet, les inves­tis­se­ments, à par­tir de la titri­sa­tion de 60% de la dette soit 730 mds d’€, res­sortent pour le pre­mier niveau (la fran­chise de 20%) à 145 mds d’€.
    La TVA, 19,6%, appli­quée à cet inves­tis­se­ment se montent à 28 mds d’€.
    C’est bien une recette nou­velle ini­tiée par les inci­ta­tions fis­cales à inves­tir. Sans ces inci­ta­tions pas d’investissement donc pas de TVA et sans pré­su­mer de l’effet papillon fis­cal (IS, etc…) induit.

    C’EST véri­ta­ble­ment une CRÉATION de VALEUR AJOUTÉE.…. FISCALE

    -Autre Domaine et pas des moindres :
    La ges­tion des créances, elle est assu­ré par la « SFS » pour le compte de « Socié­té de désen­det­te­ment de la Nation ».

    1. -Un haut niveau de taux faci­li­te­ra la flui­di­té des ces­sions et loca­tion de « CIP »
    2. -Le rachat des « CIP » : à échéance fixée par le Gvt, assu­ré par la « SDN », fixé à 30% de la valeur faciale si le mon­tant des avan­tages fis­caux reçus atteint la valeur faciale, non sou­mis à taxation.
    3. -Les « CIP » sont libre­ment ces­sibles à la vente comme à la loca­tion, moyen­nant infor­ma­tion du ges­tion­naire (la « SDN »), et pré­emp­tion d’une par­tie des ces­sions au prix offi­ciel (30%). Après chaque ces­sion, elles retrouvent leurs qua­li­tés ori­gi­nelles en par­ti­cu­lier la remise à zéro pour la déter­mi­na­tion du prix au rachat.
    4. -L’ac­qui­si­tion de « CIP » d’oc­ca­sion néces­site la déten­tion préa­lable d’au moins 50% de « CIP » ori­gine (de pre­mière main).
    5. -Les ces­sions et loca­tions sont sou­mises à taxa­tion qui sera affec­tée et dédiée à l’au­to reca­pi­ta­li­sa­tion de la Dette venant au rem­bour­se­ment des efforts de la « SFS ».

    ÉPILOGUE
    Asso­ciée à une durée de vie illi­mi­tée, le « CIP » (ex-Endet­te­ment) est doué d’une vie auto­nome, s’au­to assu­rant des reve­nus pérennes. L’en­det­te­ment ver­ti­gi­neux trouve enfin ici son épi­logue.

    voi­là c’en est ter­mi­né. Ce n’est que de la tech­nique, rien de bien révolutionnaire.Les rai­sons de mon inter­ven­tion dans un pro­chain post. amicalement.

    Réponse
  102. Gmt

    bon­jour à tous

    voi­ci donc une méthode ‚par­mi d’autre j’en suis per­sua­dé, pour venir à bout des pro­blêmes finan­ciers de la Nation. Ce n’est qu’une pâle copie de ce que cer­tains « génies » peuvent faire.
    Et là est le sens de mon inter­ven­tion. Si j’ai été capable de réflé­chir à ça , d’autres plus ins­truit de la chose y sont arri­vés aus­si, aucun doute là des­sus. Or que constates t’ont?. c’est le silence.

    Le Gvt fait actuel­le­ment du catas­tro­phisme sur le défi­cit social, or aucune élite ne se lève pour rec­ti­fier. À croire que tous les déten­teurs du savoir s’ac­com­modent du démem­bre­ment annon­cé de la pro­tec­tion sociale. Est ce par igno­rance ? SOIT mais çà ne peut plus être le cas. La méthode, avan­cée ici, n’est que la trans­po­si­tion de tech­niques qui ont fait leur preuve, mais il doit y en avoir d’autre, c’est cou­ru d’avance.

    En dehors du fait que l’on défends une cha­pelle (6ème RFP par exemple) digne d’être défen­due bien sur, il est temps aus­si d’ai­der ceux qui ne savent pas pour qu’ils puissent démem­brer, s’ils le dési­rent, en toute connais­sance de cause.

    À l’ins­tar des élites de la révo­lu­tion fran­çaise, c’est votre bou­lot. Le silence est trop assour­dis­sant. amicalement.

    Réponse
  103. Étienne

    Chers amis,

    Je n’é­cris plus beau­coup parce que je lis comme un goinfre :o)

    Il faut pour­tant que je prenne le temps de vous en par­ler au fur et à mesure, sinon, la tâche de relais devien­dra insur­mon­table (si vous voyiez ma pile « à taper et publier, urgent », vous vous diriez « il n’y arri­ve­ra jamais » ; la pile fait déjà un mètre d’épaisseur…).

    Voi­ci donc aujourd’­hui un extrait du livre enthou­sias­mant de Jacques Géné­reux, « La Dis­so­cié­té » (Seuil, oct. 2006), que je vous recom­mande cha­leu­reu­se­ment. Dans ce court pas­sage, on com­prend LA VRAIE RAISON DU RACKET FINANCIER ACTUEL : elle tient à l’âge et à la for­tune des hommes qui sont venus au pou­voir dans les années 80.

     

    « L’acceptation du chô­mage et le
    culte de la désinflation

     

    Le mal poli­tique de
    l’époque n’est plus le chô­mage, c’est l’inflation.
    En effet, en 1979 aux
    États-Unis et en Grande-Bre­tagne, puis au début des années 1980 en Europe
    conti­nen­tale, on fait le deuil de l’objectif du plein emploi qui faisait
    l’unanimité depuis des années 1940, pour se conver­tir au culte d’une nouvelle
    prio­ri­té, la désinflation.

    Le fon­de­ment offi­ciel de cette
    conver­sion est la néces­si­té d’être com­pé­ti­tif dans un monde où la concurrence
    inter­na­tio­nale est de plus en plus vive.

    En réa­li­té, si tout le monde réduit son
    infla­tion, per­sonne ne devient plus com­pé­ti­tif.
    On n’est donc
    contraint à la dés­in­fla­tion que parce que quelqu’un a ini­tié le mou­ve­ment et que
    les autres sont obli­gés de s’aligner, non pas pour être plus
    com­pé­ti­tifs, mais pour évi­ter de l’être moins.

    Si les pays n’avaient aucun intérêt
    propre à la dés­in­fla­tion, ils ten­te­raient pro­ba­ble­ment de se dis­sua­der les uns
    des autres de se lan­cer dans une guerre des prix, exac­te­ment comme ils
    s’entendent pour évi­ter des pra­tiques de concur­rence déloyale. Ain­si, quoique
    la concur­rence inter­na­tio­nale ait cer­tai­ne­ment joué un rôle, la conversion
    géné­rale et rapide aux dogmes de la rigueur moné­taire et de l’inflation
    mini­male n’a pu se pro­duire que parce qu’elle pré­sen­tait
    un
    autre inté­rêt
    pour les élites diri­geantes. Mais lequel ? Pour­quoi cette
    conver­sion est-elle dési­rée par les poli­tiques ? Pour­quoi est-elle somme
    toute accep­tée par la socié­té ? Pour­quoi à ce moment-là et pas
    avant ? Si l’inflation est le mal abso­lu que l’on dénonce alors, pourquoi
    l’avoir tolé­ré si longtemps ?

    C’est que jusqu’alors, pré­ci­sé­ment,
    hor­mis les ren­tiers, tout le
    monde
    trou­vait son compte dans les
    poli­tiques d’expansion moné­taire modé­ré­ment infla­tion­nistes
    .

    D’abord, parce que les reve­nus nominaux
    des sala­riés et des entre­prises pro­gres­saient plus vite que l’inflation.

    Ensuite et sur­tout, parce qu’une
    telle poli­tique moné­taire se tra­dui­sait par des taux d’intérêt réels faibles ou
    néga­tifs
    , ce qui, pour faire simple, signi­fie que
    le
    cré­dit est gra­tuit
    , voire rap­porte de l’argent à celui qui
    s’endette !

    Cette poli­tique
    très favo­rable à l’investissement et au finan­ce­ment ban­caire des entre­prises
    n’était pas moins
    avan­ta­geuse pour les ménages : ceux-ci pou­vaient accé­der plus vite aux
    biens d’équipement et deve­nir pro­prié­taires de leur logement.

    Les seuls vrais per­dants de cette
    poli­tique moné­taire étaient ceux qui tiraient une part essen­tielle de leurs revenus
    de pla­ce­ments finan­ciers : ne pou­vant trou­ver dans les taux d’intérêt une
    rému­né­ra­tion sti­mu­lante, ils inves­tis­saient dans les actions des grandes
    socié­tés cotées en Bourse. Mais, là aus­si, leurs exi­gences en matière de
    ren­de­ment étaient limi­tées par celles des mana­gers qui pri­vi­lé­giaient d’autres
    objec­tifs (crois­sance de la firme, pres­tige, etc.). Les diri­geants dis­po­sant d’un accès aisé au finan­ce­ment bancaire
    étaient rela­ti­ve­ment indé­pen­dants de leurs actionnaires.

    D’autant que ces der­niers, dans un
    espace finan­cier régle­men­té et cloi­son­né à peu près par­tout dans le monde
    ,
    n’avaient pas la liber­té ni l’opportunité de cher­cher ailleurs des managers
    plus com­plai­sants à leur égard. En un mot, les action­naires n’étaient pas
    alors en posi­tion de force pour exi­ger les meilleurs dividendes.

    Si les ren­tiers avaient
    donc, à l’évidence, inté­rêt au retour­ne­ment des poli­tiques moné­taires en faveur
    de la dés­in­fla­tion et d’une meilleure rému­né­ra­tion de l’épargne, ils res­tèrent long­temps
    iso­lés dans une socié­té qui tolé­rait l’inflation et jouis­sait du crédit
    gratuit.

    Mais au tour­nant des
    années 1970–1980, leurs aspi­ra­tions sont deve­nues celles de toute une génération
    de cadres éco­no­miques et poli­tiques accé­dant alors au pouvoir.

    Ces der­niers
    appar­te­naient en effet aux classes aisées et inter­mé­diaires qui, durant les Trente
    Glo­rieuses
    , avaient pu consti­tuer un patri­moine immo­bi­lier et une épargne
    finan­cière, grâce à la pro­gres­sion des reve­nus et à la fai­blesse des taux
    d’intérêt.

    Mais une
    fois leur patri­moine consti­tué, les qua­dra­gé­naires et quin­qua­gé­naires des années
    1970–1980 n’avaient plus besoin du cré­dit gra­tuit. Ils espé­raient au contraire
    des taux d’intérêt plus éle­vés qui rému­né­re­raient mieux leur épargne.
    L’inflation n’avait
    plus à leurs yeux la moindre ver­tu, tan­dis qu’elle éro­dait la valeur réelle de
    leur patri­moine. Aus­si devint-elle un sou­ci majeur dans les années 1970 (…)
    »

     

    Source : Jacques Géné­reux,
    pro­fes­seur d’économie à Sciences Po, La Dis­so­cié­té, Seuil, 2006, p.46 s.).

    Il faut abso­lu­ment lire ce livre formidable :
    c’est un chef‑d’œuvre de clar­té et de péda­go­gie.       
    Chaque para­graphe est impor­tant, du début à la fin.

     

     

    Ain­si, l’âge et la for­tune des
    hommes au pou­voir
    per­met de com­prendre enfin pour­quoi la misère per­dure pour
    le plus grand nombre ! 

    Je ne peux m’empêcher de pen­ser au tirage au sort
    comme une véri­table pana­cée juri­dique pour nous affran­chir des effets pervers
    de l’élection qui est lar­ge­ment une illu­sion, celle de domi­ner nos repré­sen­tants par le seul fait de les dési­gner… Pure illu­sion qui ne résiste pas à l’expérience des faits.

    Réponse
  104. Étienne

    Une autre cita­tion, très longue mais extrê­me­ment impor­tante, extraite d’un docu­ment que je trouve « excel­len­tis­sime », écrit par Éric Dillies, docu­ment déni­ché il y a quelques semaines par André-Jacques, je crois, et qui mérite une men­tion « for­mi­dable » tant sa syn­thèse est riche, pas­sion­nante, éclairante. 

    Ce pré­cieux docu­ment est publié sur un site qui semble four­miller de res­sources et que nous devrons étu­dier dès que pos­sible. J’ai un peu cher­ché ce « Éric Dillies » sur Google, mais il n’a appa­rem­ment rien publié d’autre sur le net. Ce serait bien, pour­tant, de le contac­ter pour qu’il nous rejoigne de temps en temps. Si vous avez une idée…

    J’ai insé­ré ce billet de blog (sur la créa­tion moné­taire volée par les banques pri­vées) dans mon jour­nal, avec les deux der­niers extraits (Géné­reux et Dillies), pour gar­der la trace de cette réflexion moné­taire dans notre évo­lu­tion géné­rale : http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​J​o​u​r​n​a​l​.​p​h​p​#​S​a​b​o​r​d​a​g​e​_​m​o​n​e​t​a​ire.

    Nais­sance de la Banque d’An­gle­terre

    « « Le pas­sé est pour les
    éco­no­mistes l’ob­jet d’un mépris sans borne »
    . Ain­si s’exprimait
    Toc­que­ville dans « L’An­cien Régime et la Révo­lu­tion ». En effet,
    s’il est un évé­ne­ment peu connu dans l’his­toire éco­no­mique, c’est bien celui de
    la nais­sance de la Banque d’An­gle­terre. Guillaume d’O­range, gendre de Jacques
    II qui s’é­tait conver­ti au catho­li­cisme, usur­pa le trône d’An­gle­terre après la
    Révo­lu­tion de 1588.

    Gas­ton Bar­det écrit qu’ « en 1694,
    Guillaume d’O­range, deve­nu Guillaume III d’An­gle­terre ; n’avait
    plus d’argent pour payer son armée. Ce hol­lan­dais dont le suc­cès avait été
    finan­cé par les ban­quiers pro­tes­tants de son pays, va — juste retour des choses
    — être pris dans l’en­gre­nage des usu­riers anglo-hol­lan­dais. Un syndicat
    d’u­su­riers, diri­gé par William Pater­son, lui pro­po­sa la com­bi­nai­son suivante :

    a)   Le syn­di­cat privé
    avan­ce­ra au gou­ver­ne­ment un prêt en or de 1 200 000 livres au
    taux de 6 %, le capi­tal et l’in­té­rêt étant garan­ti par l’É­tat et payés en
    or ; 

    b)   En récom­pense, le
    syn­di­cat pri­vé a le droit de s’ap­pe­ler Banque d’Angleterre ; 

    c)   Comme le syn­di­cat se
    dému­nis­sait de tout son capi­tal pour finan­cer le prêt, il avait en échange le
    droit d’é­mettre et de négo­cier des billets à ordre jus­qu’à concur­rence des 1
    200 000 livres prê­tées en or à l’É­tat ».

    Ain­si l’Angleterre
    fut le pre­mier État à se dépar­tir de son droit réga­lien de battre mon­naie au
    pro­fit d’un « syn­di­cat pri­vé » (à l’in­té­rieur duquel Isaac New­ton était
    grand Maître de la mon­naie), qui s’en arro­geait le droit contre un intérêt…
    finan­cé par l’impôt.

    Si l’on veut aller plus loin, l’une des
    causes fon­da­men­tales de la Révo­lu­tion d’In­dé­pen­dance des États-Unis fut
    pro­vo­quée en 1751 par l’An­gle­terre qui obli­gea ses colo­nies d’A­mé­rique à
    uti­li­ser doré­na­vant sa mon­naie à inté­rêt au lieu de leur mon­naie gra­tuite. Et
    d’a­près Ben­ja­min Frank­lin « La Nou­velle Angle­terre mit moins d’un an à
    pas­ser de la plus extrême pros­pé­ri­té au plus extrême marasme »
    .

    Irrup­tion de la mon­naie de cré­dit dans
    la pen­sée économique

    1) C’est cer­tai­ne­ment à l’œuvre de Clé­ment
    Juglar
    (1859−1905) : « Des crises com­mer­ciales et de leurs retours
    pério­diques »
    , en 1860, que l’on doit la connais­sance de la première
    intru­sion de la mon­naie de cré­dit dans l’économie. 

    En effet, Juglar constate que l’économie
    enchaîne des phases de crois­sance rapide et de réces­sion en des cycles de 7 à
    10 ans. Après avoir reje­té comme ori­gine de crises, les saisons
    agri­coles et cli­ma­tiques, rete­nues par Jevons (1835−1882), il considère
    qu’elles sont le pro­duit du méca­nisme moné­taire de l’é­co­no­mie de mar­ché et
    des varia­tions de la masse moné­taire et du cré­dit.
    Ain­si, les banques prêtent au-delà de leurs encaisses métalliques
    grâce aux billets de banque jus­qu’au jour où la confiance des agents
    éco­no­miques dis­pa­raît et entraîne la conver­sion de leurs avoirs en or. Cela
    entraîne des faillites de banques, la réduc­tion dras­tique de la masse monétaire
    et la réces­sion jus­qu’au retour à l’équilibre.

    On le voit, contrai­re­ment aux [sor­nettes et super­sti­tions] classiques,
    l’é­qui­libre éco­no­mique est instable et la mon­naie inter­vient direc­te­ment dans
    l’économie.

    2) Knut Wick­sell
    (1859−1926), éco­no­miste sué­dois, est le pre­mier à recon­naître l’im­por­tance du
    sys­tème ban­caire dans l’offre de cré­dit. Il met en évi­dence que ce n’est pas l’é­pargne qui paie les investissements
    mais le cré­dit ban­caire par la mon­naie scrip­tu­rale.

    Il sépare épargne et
    inves­tis­se­ment et montre que ce ne sont pas « les dépôts qui font les crédits
    mais les cré­dits qui font les dépôts »
    , et démontre par là l’i­na­ni­té de
    la loi de Say. Ce n’est pas l’offre qui crée sa propre demande, mais le crédit.

    Je pour­rais citer d’autres exemples qui
    ne feraient que confir­mer l’in­tui­tion selon laquelle la mon­naie n’est ni
    neutre, ni externe
    . Comme le pen­sait Schum­pe­ter (1883−1950),
    par le cré­dit la mon­naie est au com­men­ce­ment de l’é­co­no­mie capi­ta­liste, et le
    ban­quier « est l’é­phore de l’é­co­no­mie d’é­change »
    . « La
    mon­naie pré­existe aux mar­chés »
    rap­pelle Michel Agliet­ta.

    (…)

    D – Les ins­tru­ments de la Banque
    Centrale

    Le sys­tème est dit hié­rar­chi­sé car les
    agents éco­no­miques empruntent auprès de leurs banques secon­daires qui se
    refi­nancent auprès de la Banque Cen­trale au taux de réescompte.

    Il est appe­lé à réserves fractionnaires,
    car chaque banque secon­daire doit avoir un compte auprès de la Banque Centrale
    où elle doit dépo­ser des réserves, en mon­naie fidu­ciaire, non rémunérées.

    Et chaque emprunt nou­veau de la part
    d’un agent éco­no­mique doit être gagé pour par­tie en mon­naie centrale
    (actuel­le­ment entre 1 et 5 %).

    Pen­dant « les
    Trente Glo­rieuses »
    , 80 % des finan­ce­ments accor­dés aux agents
    éco­no­miques (ménages et entre­prises) se fai­saient par le canal ban­caire et
    per­met­taient un pilo­tage direct de la masse moné­taire par la Banque Centrale.

    Avec l’ou­ver­ture des mar­chés monétaires
    aux entre­prises au début des années 80, les banques secon­daires ont per­du leur monopole
    de finan­ce­ment. On a appe­lé cela la dés­in­ter­mé­dia­tion ban­caire. La
    déré­gle­men­ta­tion des mar­chés sous la pres­sion des firmes mul­ti­na­tio­nales s’est
    faite sous le cou­vert du renou­veau des idées libé­rales. En effet, l’ouverture
    des mar­chés finan­ciers était per­çue comme un moyen de limi­ter le niveau des
    taux d’in­té­rêt, grâce à la concur­rence, et d’as­su­rer une allo­ca­tion optimale
    des moyens de finan­ce­ment. La sub­sti­tu­tion s’est faite rapi­de­ment car les
    cré­dits ban­caires ne repré­sentent plus que 20 % du finan­ce­ment de l’économie.

    Le seul ins­tru­ment qui reste à la Banque
    Cen­trale pour pilo­ter la poli­tique moné­taire est le taux d’in­té­rêt ou taux
    direc­teur
    éta­bli par les appels d’offre ou les prises en pen­sion (l’ap­pel
    d’offre est l’un des deux outils de la poli­tique moné­taire de la Banque
    Cen­trale). Deux fois par semaine, après consul­ta­tion des banques, la Banque
    Cen­trale pro­cède à l’a­chat ou à la vente sur les mar­chés finan­ciers d’un
    cer­tain volume de titres (bons du tré­sor) qu’elle échange contre de la monnaie
    au taux d’ap­pel d’offre. La prise en pen­sion est le deuxième outil de la
    poli­tique moné­taire. Au lieu d’a­che­ter et de vendre des titres, la Banque
    Cen­trale peut « prendre en pen­sion » pen­dant cinq à dix jours, des
    effets de com­merce déte­nus par les banques en échange de la mon­naie au taux de
    prise en pension).

    Dans « La mon­naie dévoi­lée »,
    Galand et Grand­jean étu­dient les
    consé­quences du pilo­tage de la poli­tique moné­taire par les taux d’in­té­rêts.
    En résu­mé, pour relan­cer l’ac­ti­vi­té, la Banque
    Cen­trale baisse les taux qui faci­litent le cré­dit et dyna­misent l’économie.
    Mais pour évi­ter l’emballement par le levier du cré­dit, la Banque Cen­trale va
    aug­men­ter ses taux pro­gres­si­ve­ment et rendre l’in­ves­tis­se­ment non rentable,
    pro­dui­sant par là même le retour­ne­ment de conjonc­ture. Mais comme les effets de
    cette poli­tique se font sen­tir dans une période de 6 à 18 mois, l’é­co­no­mie retombe
    en réces­sion sans que la Banque Cen­trale puisse l’éviter.

    Le cycle de ce « stop and
    go »
    est non seule­ment inef­fi­cace mais démontre
    l’ins­ta­bi­li­té
    intrin­sèque de toutes éco­no­mies finan­cées par la mon­naie d’en­det­te­ment.
    À cela s’a­joute, dans
    une éco­no­mie mon­dia­li­sée où chaque pays s’en­dette de plus en plus avec
    l’ex­té­rieur, la contrainte du taux de change. Pour main­te­nir le taux de change,
    la Banque Cen­trale doit rendre attrac­tive sa mon­naie par des taux d’intérêt
    suf­fi­sam­ment éle­vés. La Banque Cen­trale doit donc arbi­trer entre croissance
    éco­no­mique et sta­bi­li­té des changes.

    Pour des raisons
    d’u­ni­fi­ca­tion moné­taire, Béré­go­voy, Bal­la­dur et Jup­pé ont choi­si la deuxième
    solu­tion et ont jeté des mil­lions de per­sonnes dans la misère et la pauvreté,
    rédui­sant la poli­tique éco­no­mique au « trai­te­ment social du
    chô­mage »
    .

    Or, nous rap­pelle Jean-Paul
    Fitous­si
    , pré­sident de l’OFCE, le taux d’in­té­rêt est la variable sociale
    par excel­lence
    , car plus il est éle­vé, plus il va récom­pen­ser les richesses
    accu­mu­lées au détri­ment des futurs créa­teurs de richesse qui ne pourront
    emprun­ter à cause de la cher­té de l’argent. Il va dépré­cier le futur et lui préférer
    le pré­sent en don­nant de l’im­por­tance au pas­sé. Il empêche toute mobilité
    sociale et ren­force les inégalités. 

    Aus­si, comme l’avait
    par­fai­te­ment com­pris Keynes,
    dans une économie
    d’en­det­te­ment, il faut eutha­na­sier le ren­tier-accu­mu­la­teur au pro­fit du
    débi­teur-créa­teur par des taux d’in­té­rêt nomi­naux infé­rieurs aux taux d’intérêt
    réels.
    Ce fut, entre autres, la poli­tique des Trente
    Glorieuses.

    E – Les mar­chés financiers

    Il y a une quin­zaine de jours, M.
    Kess­ler (celui du MEDEF, pas le grand écri­vain) expli­quait que les mar­chés financiers
    qui ont mau­vaise presse, ne sont en fait que le mar­ché mon­dia­li­sé de l’allocation
    opti­male de l’é­pargne de cha­cun d’entre nous. Ce n’est pas faux, mais est-ce
    seule­ment cela ?

    Pour com­prendre ce qui se cache
    der­rière, fai­sons un peu d’his­toire, chose que les éco­no­mistes n’aiment pas,
    comme le rap­pe­lait Tocqueville.

    Au sor­tir de la seconde guerre mondiale
    fut ins­ti­tué par les accords de Bret­ton-Woods,
    un sys­tème de change fixe repo­sant sur un dol­lar conver­tible en or (35
    dol­lars l’once). Mor­gen­thau, secré­taire au Tré­sor, avait voulu
    faire du dol­lar le reflet de la supré­ma­tie totale de l’A­mé­rique dans le domaine
    poli­tique, indus­triel et finan­cier et « mettre le dol­lar au centre du
    sys­tème moné­taire inter­na­tio­nal »
    (Michel Agliet­ta, le FMI).

    Il fal­lait, pour cela, « trans­fé­rer
    le centre finan­cier du monde de Londres et de Wall Street vers le gouvernement
    des États-Unis »
    . Car, comme le rap­pelle Armand Van Bor­mael,
    dans La guerre des mon­naies, après la crise de 29,
    « seul
    le contrôle de la poli­tique moné­taire et finan­cière par les auto­ri­tés pouvait
    assu­rer le plein-emploi, des prix stables et le bien être géné­ral »
    . Et Mor­gen­thau
    avait la ferme inten­tion de
    « chas­ser les usu­riers du
    Temple de la finance inter­na­tio­nale »
    .

    Ce sys­tème a rela­ti­ve­ment bien
    fonc­tion­né jus­qu’à la fin des années cin­quante, période de redé­mar­rage des
    éco­no­mies euro­péennes favo­ri­sant les échanges, donc… des transactions
    finan­cières. Les banques amé­ri­caines répon­dant à la demande de média­tion et de
    cré­dit de la part des entre­prises euro­péennes, ins­tal­lèrent des suc­cur­sales en Europe, en particulier
    à la City de Londres où les contraintes finan­cières étaient qua­si inexistantes.

    Ain­si, ces succursales
    émirent des lignes de cré­dits pour finan­cer les entre­prises et… les déficits
    publics des états euro­péens. L’Eu­ro­dol­lar était né, c’est-à-dire des dollars
    émis de l’é­tran­ger et cir­cu­lant à l’é­tran­ger en dehors du contrôle de la
    Fede­ral Reserve.

    L’ap­pa­ri­tion de
    l’eu­ro­dol­lar sur la scène inter­na­tio­nale est équi­valent à ce que fut, au XIXe
    siècle, l’ap­pa­ri­tion de la mon­naie de cré­dit. On assis­ta sur l’euromarché,
    libé­ré de toutes contraintes éta­tiques, au miracle de la mul­ti­pli­ca­tion des
    pains : un empi­le­ment gigan­tesque de moyens de paie­ment pri­vés n’ayant
    comme contre­par­tie que « la plume du comp­table » comme le
    rap­pelle Mil­ton Friedman.

    Face à la mul­ti­pli­ca­tion des
    Euro­dol­lars, les États-Unis se retrou­vèrent dans l’in­ca­pa­ci­té d’as­su­rer la
    conver­ti­bi­li­té en or du dol­lar, et le 15 août 1971, Richard Nixon décida
    de lais­ser flot­ter le dollar.

    Avec la nais­sance de l’Eu­ro­dol­lar, les
    ban­quiers avaient rem­por­té leur pre­mière vic­toire sur les États ; avec les
    changes flot­tants, ils venaient d’en rem­por­ter une seconde. En effet, avec
    l’ins­ta­bi­li­té des changes, chaque tran­sac­tion inter­na­tio­nale devenait
    périlleuse et obli­geait chaque opé­ra­teur à s’as­su­rer contre les risques de
    changes. Le mar­ché des changes était né et pro­cu­rait aux ban­quiers de
    confor­tables béné­fices d’un sys­tème qu’ils avaient instauré.

    En 1965, les euro­dol­lars représentaient
    11 mil­liards de dol­lars, en 1972, 82 mil­liards, en 1980, 700 milliards.
    Aujourd’­hui,  » une masse de plus en plus mons­trueuse de mon­naie apatride
    en pro­gres­sion géo­mé­trique, dont le total dépasse 4 000 mil­liards de
    dol­lars, est ani­mée de mou­ve­ment échap­pant à tout contrôle et à toute justification
    éco­no­mique réelle « . Jean Remy, Aux sources de l’erreur
    libé­rale
    . Actuel­le­ment, le mar­ché des changes tota­lise 1 500 milliards
    par jour et le mon­tant des enga­ge­ments de gré à gré sur les mar­chés déri­vés atteint
    72 000 mil­liards de dollars.

    Comme le signale Mau­rice
    Allais
    , tout ceci ne fut ren­du pos­sible que par la mul­ti­pli­ca­tion des
    « faux-droits », par la créa­tion ex nihi­lo de moyens de paiement
    pri­vés qui acca­parent la pla­nète. Pour conclure, je cite­rai Jean Remy
    par­lant de l’in­ter­na­tio­na­li­sa­tion des mon­naies ren­dues pleinement
    conver­tibles et donc pri­va­ti­sées : « cette pri­va­ti­sa­tion bien que résultant
    de la volon­té des États, porte en elle-même dans un effet de rétro­ac­tion, la
    des­truc­tion de leurs souverainetés ».

     

    V – Mon­naie et Souveraineté

    A – La sou­ve­rai­ne­té mondiale

    Après ce sur­vol rapide de l’évolution
    moné­taire, nous voi­là rame­nés au dilemme de départ : la mon­naie est-elle un bien
    public ou un bien privé ?

    Face à cette pri­va­ti­sa­tion du monde,
    deux pos­tures se dégagent. La pre­mière est de dire que face à la mondialisation
    par le pri­vé, il faut oppo­ser une mon­dia­li­sa­tion par le public. Il faut faire,
    à l’é­chelle mon­diale, ce qui s’est pro­duit au début du XXe siècle et en
    par­ti­cu­lier après la crise de 29 au niveau natio­nal : la Banque Centrale
    qui encadre et qui gou­verne le cré­dit, donc le pou­voir finan­cier. Les
    ins­ti­tu­tions pour accom­plir cette mis­sion existent déjà en germes, l’O­NU pour
    édic­ter les règles de droit, le FMI, comme prê­teur en der­nier res­sort. C’est la
    thèse de nom­breux éco­no­mistes dont Michel Agliet­ta est la figure
    emblématique.

    La fonc­tion de prê­teur en dernier
    res­sort est appa­rue à la fin du XVIIIe siècle et a été concep­tua­li­sée par Bage­hot,
    ban­quier et éco­no­miste, en 1873. « En cas de crise, le prê­teur en
    der­nier res­sort assure la liqui­di­té des banques de second rang, de façon à leur
    per­mettre de faire face à leurs enga­ge­ments. En se posant comme ultime recours
    dans les périodes de « courses à la liqui­di­té », la Banque Centrale
    apporte au mar­ché la régu­la­tion qu’il ne peut trou­ver en lui-même »
    . Ruf­fi­ni
    op. cit.

    Cepen­dant, cette gou­ver­nance mon­diale ne
    règle pas le pro­blème de l’é­mis­sion anar­chique de cré­dit. Et
    comme
    le défend Mau­rice Allais, à la suite de Hayek et de
    Fisher, seule une cou­ver­ture inté­grale des dépôts à vue et a
    terme
    , peut mettre un terme à « la spé­cu­la­tion gigan­tesque que l’on
    constate […] parce que l’on peut ache­ter sans payer et vendre sans
    déte­nir ». C’est-à-dire que chaque cré­dit émis doit cor­res­pondre à une
    épargne cor­res­pon­dante
    .

    Comme cette condi­tion sine qua non
    pour assai­nir la finance n’est pas récla­mée par les défen­seurs de la gouvemance
    mon­diale, ce droit exor­bi­tant de prê­teur en der­nier res­sort peut être assimilé
    à un pousse-au-crime : en effet, le ban­quier prête jus­qu’au-delà du
    rai­son­nable, et la Banque Cen­trale inter­vient pour rem­bour­ser le créancier
    avec l’argent… des contri­buables
    (cf. L’af­faire du Cré­dit Lyon­nais et des
    caisses d’é­pargne américaines).

    Dans un tel sys­tème, le ban­quier peut
    s’é­crier « pile je gagne, face tu perds ». On appelle cela pudiquement
    l’a­léa moral.

    D’ailleurs, le FMI s’en est bien rendu
    compte, car der­niè­re­ment il a refu­sé d’in­ter­ve­nir dans l’af­faire argentine,
    lais­sant les créan­ciers en face de leurs responsabilités.

    L’autre reproche que l’on pour­rait faire
    à cette thèse est : « Com­ment une auto­ri­té mon­diale pour­rait-elle s’imposer
    et faire res­pec­ter l’u­ni­ver­sa­li­té de ses lois à des pays aus­si dif­fé­rents, aux
    inté­rêts aus­si diver­gents, sans l’a­vè­ne­ment d’une puis­sance impériale ? »

    Les États-Unis pour­raient éven­tuel­le­ment, à terme, assu­rer ce rôle, mais il
    fau­drait une crise autre­ment plus grave que celle du 11 septembre.

    Face à cette impasse idéo­lo­gique, il
    faut faire un retour à l’É­tat national. 

     

    B – Le droit réga­lien de battre monnaie

    Il est de bon ton depuis la révolution
    moné­ta­riste ini­tiée par Mil­ton Fried­man de reprendre le célèbre juge­ment de
    David Ricar­do : « l’ex­pé­rience prouve
    que toutes les fois que le gou­ver­ne­ment ou une banque ont eu la faculté
    illi­mi­tée d’é­mettre du papier-mon­naie, ils en ont tou­jours abu­sé »
    .
    Pour le cou­rant moné­ta­riste, la mon­naie est chose trop sérieuse pour la laisser
    entre les mains des gouvernants.

    [Curieu­se­ment], cela ne semble pas
    heur­ter les moné­ta­ristes que ce pou­voir illi­mi­té ait été confié à des intérêts
    pri­vés. Mau­rice Allais rap­pelle que « pen­dant
    des siècles, l’An­cien Régime avait pré­ser­vé jalou­se­ment le droit de l’É­tat de
    battre mon­naie et le pri­vi­lège exclu­sif d’en gar­der le béné­fice ; la
    répu­blique démo­cra­tique a aban­don­né pour une grande part ce droit et ce
    pri­vi­lège à des inté­rêts pri­vés. Ce n’est pas le moindre para­doxe de notre époque »
    .

    Mau­rice Allais a démon­tré de manière
    défi­ni­tive que l’o­ri­gine de l’in­fla­tion est due essen­tiel­le­ment à la
    mul­ti­pli­ca­tion des moyens de paie­ment par la créa­tion ex nihi­lo dans les
    banques secon­daires, entraî­nant l’in­fla­tion qui a détruit l’é­pargne dans les
    années soixante-dix.
    Si elle n’ap­pa­raît plus actuel­le­ment, c’est à cause des politiques
    res­tric­tives menées depuis 20 ans, qui ont pour but de contrac­ter la masse salariale,
    donc la demande sol­vable, mais elle est bien pré­sente sur les marchés
    financiers.

    Mau­rice Allais
    pro­pose donc l’in­ter­dic­tion totale de toute créa­tion moné­taire à l’intérieur
    des banques secon­daires par le taux de cou­ver­tures inté­grales des prêts, et l’exclusivité
    de l’é­mis­sion moné­taire à la Banque Centrale.

     

    C – Consé­quences pour notre économie

    Il est un phé­no­mène curieux qui ne cesse
    d’in­ter­ro­ger les poli­tiques et les éco­no­mistes, c’est la pro­gres­sion croissante
    de la dette publique. De 79 mil­liards de francs en 1975, elle est passée
    à plus de 5 000 mil­liards en 2000. Elle est conco­mi­tante à la progression
    des mar­chés financiers.

    Pour­tant cela s’ex­plique très
    faci­le­ment. Jusque dans les années
    soixante-dix, l’in­fla­tion était supé­rieure au taux d’in­té­rêt, donc l’intérêt
    réel (inté­rêt nomi­nal déduit de l’in­fla­tion) était néga­tif et favo­ri­sait le
    débi­teur-inves­tis­seur face au créan­cier. Cela dyna­mi­sait l’é­co­no­mie car le
    poids de la dette dimi­nue avec le temps
    .

    Sous l’in­fluence des
    idées moné­ta­ristes, les États se mirent à lut­ter contre cette infla­tion en augmentant
    consi­dé­ra­ble­ment les taux d’in­té­rêt, ren­dant le taux d’in­té­rêt réel posi­tif. En
    1973, une loi inter­dit tout concours de la Banque Cen­trale au trésor,
    c’est-à-dire pour l’É­tat de créer de la monnaie.

    Face à ce ren­ver­se­ment, les entreprises
    virent leurs pro­jets deve­nir moins ren­tables, voire pas ren­tables du tout. La
    longue lita­nie de faillites et de chô­mage com­men­ça. Cette poli­tique restrictive,
    dite aus­si de dés­in­fla­tion com­pé­ti­tive, obli­gea les entre­prises à augmenter
    leur auto­fi­nan­ce­ment car elles ne pou­vaient plus accé­der au cré­dit devenu
    usu­raire, en com­pri­mant la masse sala­riale et dimi­nuant par là même la demande
    solvable.

    Comme la nature a hor­reur du vide, c’est
    l’É­tat, contraint et for­cé, qui se sub­sti­tue­ra au désen­det­te­ment des
    entre­prises et des ménages en voyant sa dette croître de manière géométrique,
    entre autres à cause de la mon­tée inexo­rable du chômage.

    Les États, pris dans le piège récessif
    firent appel aux mar­chés finan­ciers pour emprun­ter, alour­dis­sant par la charge
    des inté­rêts le poids de la dette. En 1995, les inté­rêts de la dette
    repré­sen­taient 19 % des recettes fis­cales, soit 72 % de l’im­pôt sur le revenu.

    En refu­sant d’exer­cer son droit régalien
    de battre mon­naie, l’É­tat s’est mis à l’en­can
    [s’est ven­du au plus offrant] des finan­ciers au
    détri­ment de tous. Or comme l’en­seigne Abra­ham Lin­coln, « le pri­vi­lège de créer de la mon­naie est le
    plus oppor­tun des­sein d’un gou­ver­ne­ment. Par l’a­dop­tion de ces prin­cipes, le
    besoin res­sen­ti depuis long­temps d’u­ni­for­mi­ser la mon­naie aux besoins sera satisfait.
    Les assu­jet­tis aux taxes seront libé­rés des inté­rêts. L’argent ces­se­ra d’être
    le maître pour deve­nir la ser­vante de l’hu­ma­ni­té »
    .

     

    D – Le carac­tère réces­sif de l’économie
    d’endettement

    Il y a près de 80 ans, le Major
    Clif­ford Hugh Dou­glas
    , fon­da­teur du « social cre­dit movement »
    met­tait en évi­dence avant la crise de 1929, par le théo­rème A + B, le caractère
    néces­sai­re­ment réces­sif des éco­no­mies d’endettement.

    Chaque prix d’un bien se décom­pose en
    deux par­ties. L’une A, com­prend les salaires et les reve­nus immédiatement
    dis­po­nibles. L’autre B, est for­mée des charges fixes, finan­cières, sociales,
    fis­cales et des béné­fices réin­ves­tis. Elles ne sont pas immédiatement
    dis­po­nibles. Le prix du pro­duit est for­mé de A + B, or seul A est immédiatement
    dis­po­nible. Donc pour ache­ter A + B, il faut faire appel au cré­dit. Et
    plus la pro­duc­tion va croître et plus la dette va deve­nir pesante.

     

    Tovy Grje­bine, par sa « théo­rie
    séquen­tielle de la réces­sion »
    qu’il expose dans Réces­sion et Relance
    et Théo­ries de la crise et poli­tiques éco­no­miques
    arrive à la même
    conclu­sion. Il remarque cepen­dant que dans
    une éco­no­mie en crois­sance, tant que les agents éco­no­miques aug­mentent leurs
    endet­te­ments, la pro­duc­tion peut être écou­lée. Mais quand ils atteignent le
    seuil d’en­det­te­ment, et ne peuvent plus aller au-delà, les stocks d’in­ven­dus se
    forment, l’é­co­no­mie entre en récession.

    Toute crois­sance
    éco­no­mique sup­pose une crois­sance de la masse moné­taire simi­laire. Mais il est
    fon­da­men­tal que cette crois­sance moné­taire n’ait pas comme contre­par­tie une
    dette.

    Il est inté­res­sant de noter qu’Aris­tote
    est hos­tile à toute forme d’in­té­rêt et qu’à l’o­ri­gine, la mon­naie est considérée
    comme un moyen d’é­teindre la dette [cf. notre cita­tion d’A­ris­tote plus haut]. .

    Grje­bine consi­dère alors que seul l’É­tat est capable de chan­ger les contreparties
    de la mon­naie et opé­rer le désen­det­te­ment de tous les agents éco­no­miques par la
    mise en place d’une mon­naie libre et franche d’in­té­rêt, en per­ma­nence au
    ser­vice de la communauté.

    S’il est à la fois sain et néces­saire de
    désen­det­ter notre éco­no­mie, M. Grje­bine signale que si 25 % des entre­prises le
    fai­saient en même temps, cela entraî­ne­rait l’ef­fon­dre­ment de l’é­co­no­mie par la
    dimi­nu­tion dras­tique de la masse monétaire.

    Toutes les études démontrent que la
    mon­naie endo­gène ou de cré­dit est néces­saire pour sti­mu­ler l’é­co­no­mie mais
    qu’elle n’est qu’un pal­lia­tif qui se révèle à terme pire que le mal. Il faut donc rem­pla­cer la mon­naie d’en­det­te­ment par
    une mon­naie permanente.

     

    E – la poli­tique de chan­ge­ment des
    contre­par­ties de la monnaie

    Ini­tia­teur et
    concep­teur de la pro­po­si­tion de loi orga­nique 157 dépo­sée par l’intergroupe
    conjonc­ture à l’As­sem­blée Natio­nale en 1981, Tovy Grje­bine
    pro­po­sait de
    sti­mu­ler le désen­det­te­ment des agents économiques
    par des cré­dits d’im­pôt cor­res­pon­dants
    . Ce qui, néces­sai­re­ment, entraînerait
    l’aug­men­ta­tion du défi­cit public qui serait com­pen­sé par une injec­tion égale
    de mon­naie de la Banque Cen­trale
    .

    Il n’y aurait pas d’augmentation
    de la masse moné­taire mais sim­ple­ment chan­ge­ment des contre­par­ties de la
    mon­naie qui assai­ni­rait l’é­co­no­mie et dimi­nue­rait la charge des frais
    finan­ciers.
    L’o­pé­ra­tion pour­rait être renou­ve­lée plu­sieurs années de suite,
    elle sti­mu­le­rait l’é­co­no­mie. Des études pros­pec­tives ont été faites en
    France et aux États-Unis qui don­nèrent comme résul­tat
    une
    crois­sance de 5 % par an et une éra­di­ca­tion du chô­mage en une légis­la­ture
    .

    Mal­heu­reu­se­ment ce pro­jet de loi ne fut
    exa­mi­né qu’en juillet 1981. Le nou­veau gou­ver­ne­ment socia­liste avait pris une
    autre voie dont cha­cun se sou­vient des pitoyables résultats.

     

    Avant de conclure ce cha­pitre et
    d’a­bor­der le der­nier par un aper­çu his­to­rique des poli­tiques de relance par le
    désen­det­te­ment, je cite­rai cette phrase de Mar­cel Macaire,
    pro­fes­seur d’é­co­no­mie à Nan­terre :
    « la créa­tion monétaire
    par la Banque Cen­trale est par nature une dette sans créan­cier puisque l’État
    se prête à lui-même. C’est parce qu’il se croit obli­gé d’en avoir, qu’il
    emprunte à d’autres que lui-même et crée de ce fait un défi­cit budgétaire.
    C’est cette méprise — et elle seule — qui crée la dra­ma­tique situa­tion du
    chô­mage dans laquelle nous nous débat­tons aujourd’­hui »
    .

     

    VI – Aper­çu his­to­rique des poli­tiques de
    relance

     

    A – Moïse

    Curieu­se­ment la pre­mière ana­lyse sur
    la tyran­nie de la dette
    et les moyens de s’en défaire se trouve dans le
    Lévi­tique 25, 10–11 : Un des livres du Penta­teuque que la tra­di­tion attri­bue à
    Moïse (treize siècles av. J‑C). Il pro­clame l’ex­tinc­tion de toutes les
    dettes et la libé­ra­tion de tous les hébreux mis en escla­vage pour cause de
    dettes tous les 49 ans, année du Jubi­lé. Ce texte n’est évi­dem­ment pas
    argu­men­té puisque c’est un décret divin, mais l’on ne peut qu’y consta­ter sa
    pré-science dans une éco­no­mie non monétaire.

    Je signale qu’un gramme
    d’or épar­gné à la nais­sance de Jésus Christ à 3,25 % par an représenterait
    actuel­le­ment 6,1026 tonnes d’or, soit l’é­qui­valent de la masse de la
    terre.

    Deux éco­no­mistes gene­vois, Dem­bins­ki
    et Bovin
    ont repris récem­ment l’i­dée jubi­laire de remise des dettes
    et de créances
    dans Rap­port moral sur l’argent dans le monde, 2000 (http://​www​.obs​fin​.ch).

     

    B – L’Antiquité

    Le monde grec tra­ver­sa au VIIe siècle
    av. J‑C. une crise qui fit croître les domaines des grands propriétaires
    ter­riens et rédui­sit les pay­sans pauvres à la misère et à l’es­cla­vage pour
    dette. Consta­tant que l’ar­mée athé­nienne se rédui­sait de manière dramatique
    (car seuls les hommes libres pou­vaient com­battre), Solon (640−561) libéra
    les athé­niens mis en escla­vage et étei­gnit toutes les dettes.
    Il pro­cé­da en
    même temps à une déva­lua­tion de 30 % et déve­lop­pa l’ar­ti­sa­nat en vue de
    l’exportation.

    Petite ville au VIIe siècle, Athènes
    était deve­nue une ville pros­père au début des guerres médiques (490−479). Mais,
    c’est à la suite de la décou­verte des nouveaux
    filons argen­ti­fères dans les mines du Lau­rion, qu’A­thènes doit sa
    splen­deur. En effet, cet afflux sou­dain de métal pré­cieux fut uti­li­sé par
    Thé­mis­tocle (524−459) en 483 pour la construc­tion d’une flotte gigan­tesque de
    200 tri­rèmes qui lui per­mit de rem­por­ter la vic­toire de Sala­mine en 480 contre
    les Perses. Il assu­rait à l’a­ve­nir l’hé­gé­mo­nie d’A­thènes sur le monde grec
    jus­qu’à la fin de la guerre du Pélo­pon­nèse en 404.
    La ville d’Athènes
    tirait l’es­sen­tiel de ses res­sources de l’ex­ploi­ta­tion des mines lui procurant
    une richesse inéga­lée dont il reste encore actuel­le­ment tant de vestiges.

    Face à l’af­flux de richesses, les
    Athé­niens étaient confron­tés au dan­ger de l’ac­cu­mu­la­tion et de la
    thé­sau­ri­sa­tion. Ils l’é­vi­tèrent par une poli­tique active de grands tra­vaux
    (la construc­tion du
    Pirée, de l’A­cro­pole…) et par les lois de litur­gie qui obli­geaient les
    citoyens les plus riches et les métèques à des dépenses de ser­vice public dont
    la plus coû­teuse était l’é­qui­pe­ment des trières.

    Il est inté­res­sant de
    noter que la chute d’A­thènes, d’a­près Thu­cy­dide, fut due à la tra­hi­son d’Alcibiade
    qui conseilla aux Spar­tiates d’oc­cu­per en 413 la Décé­lie qui contrô­lait les
    mines du Lau­rion. Alci­biade ajou­ta « des richesses que compte le pays,
    la majeure par­tie vous revien­dra »
    et du même coup, « les
    Athé­niens se trou­ve­ront pri­vés des reve­nus des mines d’argent du Laurion »

    [His­toire de la guerre du Pélo­pon­nèse, VI, chap. XCI].

    ">

    Réponse
  105. alex

    Cher Étienne,

    Que pen­sez-vous des mon­naies complémentaires ?

    Réponse
  106. Étienne

    Cher Ales­san­dro,

    Je n’en pense que du bien, en tant que mesure per­met­tant d’at­tendre la réforme fon­da­men­tale de la mon­naie principale. 

    Le docu­ment de Mar­grit Ken­ne­dy — « Pour­quoi avons-nous besoin d’innovations moné­taires ? » — est très inté­res­sant à cet égard : après avoir for­te­ment dénon­cé le concept même d’in­té­rêt — et sur­tout la folie des inté­rêts com­po­sés ! —, elle pré­sente la solu­tion de la mon­naie régio­nale de façon très sédui­sante, je trouve.

    Il faut aus­si lire le pré­cieux petit livre « Mais où va l’argent ? » de Marie-Louise Duboin (édi­tion du Sex­tant, mars 2007) : le cha­pitre 5 « les mon­naies paral­lèles sont-elles la pana­cée ? » étu­die votre questionnement.

    Donc, puisque c’est tout ce qui nous reste (pour le moment), oui : les mon­naies com­plé­men­taires per­mettent des amé­lio­ra­tions sen­sibles de la vie du plus grand nombre, en terme d’emploi notamment.

    Pour­tant, je ne perds pas de vue que les ban­quiers, acteurs pri­vés ultra pri­vi­lé­giés, nous ont volé la créa­tion moné­taire, pou­voir réga­lien stra­té­gique pour la puis­sance publique, et que l’ur­gence est de mettre fin à ce racket de la socié­té par les plus riches. Dans cette optique, les mon­naies com­plé­men­taires ne sont qu’un pis-aller.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  107. Étienne

    « La bulle immo­bi­lière fait pschitt, Wall Street panique »
    par Phi­lippe Gran­ge­reau, dans Libé­ra­tion du 28 juillet 2007 :
    http://​www​.libe​ra​tion​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​/​e​c​o​n​o​m​i​e​_​t​e​r​r​e​/​2​6​9​5​0​3​.​F​R​.​php

    « Le sys­tème ban­caire mon­dial est affec­té par la crise de l’im­mo­bi­lier américain »
    par Claire Gati­nois dans Le Monde du 3 août 2007 :
    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1–0@2–3234,36–941293@51–893669,0.html

    « L’âge d’or du capi­tal-inves­tis­se­ment s’a­chève avec la fin de l’argent facile »
    par Myret Zaki, dans le quo­ti­dien suisse Le Temps du lun­di 6 août :
    http://​www​.letemps​.ch/​t​e​m​p​l​a​t​e​/​f​i​n​a​n​c​e​.​a​s​p​?​p​a​g​e​=​2​3​&​a​r​t​i​c​l​e​=​2​1​2​3​7​0​#​S​c​e​n​e_1

    Mon com­men­taire :

    Les pou­voirs cor­rom­pus et hors contrôle sont res­pon­sables de la crise qui vient. 

    Pour­tant, ce ne sont pas ces pré­ten­dus « res­pon­sables » qui paie­ront l’ardoise.

    Ce sont nos soi-disant « élites », des soi-disant « experts » de la poli­tique et de la finance, soi-disant les plus « com­pé­tents », les seuls à maî­tri­ser cor­rec­te­ment les « tech­niques com­plexes », récla­mant notre confiance aveugle comme une condi­tion élé­men­taire et indis­pen­sable de leur acti­vi­té, ce sont ces escrocs, ces voleurs en bande, qui, à force de piller ran­çon­ner voler la terre entière, en nous fai­sant prendre à tous des risques extra­va­gants de crises, bour­sières et autres, en mani­pu­lant l’opinion pour qu’elle accepte que l’on uti­lise le monde comme un casi­no géant
    et que l’on consi­dère les pauvres comme des serfs voués à tra­vailler toute leur vie pour le confort quo­ti­dien des plus riches, de plus en plus oisifs et de plus en plus riches, ce sont ces escrocs qui vont nous rui­ner tous, sans autre remord que le regret de s’appauvrir eux-mêmes, et en osant récla­mer sans ver­gogne aux États et aux contri­buables — vous ver­rez qu’ils le feront ! — le finan­ce­ment public du sau­ve­tage de leur faillite frau­du­leuse per­son­nelle, au lieu d’être jetés en prison. 

    En fait d’expertise, nous avons affaire à de la cupi­di­té, à de l’orgueil, et à l’égoïsme le plus cynique. Nos pré­ten­dues « élites » sont, selon le cas, des ânes ou des voleurs, qui se com­portent de plus en plus comme des enne­mis du plus grand nombre ; à l’évidence, ils exercent le pou­voir sans contrôle depuis trop longtemps.

    Les peuples sont bien fous de relâ­cher leur vigi­lance quo­ti­dienne et ils vont le payer cher : tout pou­voir devrait être sur­veillé constam­ment de façon sour­cilleuse. La vigi­lance ne se délègue pas, répé­tait le grand phi­lo­sophe Alain.

    Mais c’est vrai­ment tard pour se réveiller. Tout le monde va sans doute souf­frir de la pro­chaine crise, sur­tout les plus petits et les plus faibles, dès demain ou à peine un peu plus tard.

    ÉC

    Réponse
  108. Edouard Laugthon

    bon­jour monsieur ,

    peut être pou­vons nous tem­pé­rer les affir­ma­tions incri­mi­nant les banques ( même si je vous l’ac­corde le sys­tème risque de cra­quer, ce qui lais­se­ra quelques banques sur le car­reau : elles seront les pre­mières victimes):

    il sem­ble­rait que la crise soit pro­vo­quée par la faci­li­ta­tion à l’ac­cès à la pro­prié­té pour les ménages les moins aisés, basés sur les hypo­thèques : des déci­sions pure­ment poli­tiques et non bancaires !

    Les prix du mar­ché baissent, ce qui rend les hypo­thèques inef­fi­caces par rap­port aux sommes emprun­tées à l’origine

    C’est un pro­blème d’offre et de demande contra­rié par des inter­ven­tions poli­tiques déma­go­giques et peu efficientes

    Edouard

    Réponse
  109. alex

    Bon­jour Edouard,

    Devoir payer pen­dant des décen­nies inté­rêts et capi­tal, en quoi cela faci­li­te­rait-il l’ac­cès à la pro­prié­té (de la banque) ? Le prix, lui, a aug­men­té sans cesse à cause de la créa­tion moné­taire hors contrôle.

    Les paren­thèses sont obli­ga­toires parce que l’ac­cès est sui­vi par une expulsion.

    Je vous rap­pelle que mal­gré la pro­chaine baisse de prix, une mai­son est tou­jours une mai­son, et la mai­son sera récu­pé­rée aisé­ment par les vautours.

    En face de ça, de son côté, la banque ne fait que mettre en jeux des chiffres pure­ment vir­tuels qui passent d’un ordi­na­teur à l’autre.

    La créa­tion moné­taire (accep­ta­tion du dos­sier d’emprunt) est dans les mains des banques.

    Le taux d’u­sure aussi.

    C’est poli­tique, oui, et c’est déci­dé par les banques.

    Réponse
  110. alex

    Re-bon­jour Edouard,

    Je vous laisse lire cela… d’un article de Fran­çois Planque :

    “Sub­prime” c’est le nou­veau mot à la mode (qui relègue donc aux oubliettes l’ancien “Yen Car­ry Trade” :P)

    Les cré­dits sub­prime, c’est tous ces cré­dits que cer­tains orga­nismes de cré­dit amé­ri­cains peu scru­pu­leux accor­daient depuis des années aux ménages qui n’en avaient pas les moyens : ceux qui n’avaient pas accès au “prime mar­ket” — c’est-à-dire aux cré­dits accor­dés avec des cri­tères plus stricts par les grosses banques.

    Bien évi­dem­ment, en contre­par­tie du risque, les taux sont (anor­ma­le­ment) éle­vés et le cré­dit est garan­ti par… bien sou­vent… la mai­son de l’emprunteur.

    http://​fplanque​.net/​c​r​e​d​i​t​-​f​i​n​a​n​c​e​/​c​r​e​d​i​t​/​s​u​b​p​r​i​m​e​-​s​pam

    Réponse
  111. Edouard Laugthon

    Bon­jour Alex,

    L’aug­men­ta­tion des prix de l’im­mo­bi­lier serait due à une créa­tion moné­taire hors contrôle ?.…

    Pou­vez vous expliquer ?
    Je pen­sais que l’aug­men­ta­tion était due à la situa­tion du mar­ché (beau­coup de tran­sac­tions ; un accès hyper faci­li­té pour les ménages à reve­nus moyens : ex : aujourd’­hui en-des­sous d’un cer­tain reve­nu, vous payez un F5 175 000 euros, au-des­sus vous le payez 195 000 euros.… ce qui pousse à la hausse ;

    Ce que vous men­tion­nez comme lien cor­res­pond bien au cré­dit hypo­thé­caire pra­ti­qué aux US qui tente les moins aisés mais peut se retour­ner contre les banques (c’est ce qui se passe actuellement).

    Il me semble le taux d’u­sure n’est pas fixé par les banques mais par la banque centrale.

    L’im­mo­bi­lier est vrai­ment trop cher aujourd’­hui et la baisse serait la bien­ve­nue, tant la baisse pour l’ac­qui­si­tion que la baisse des loyers.

    Mer­ci pour le lien, Alex.

    Réponse
  112. alex

    Bon­jour,

    je ne peux que vous conseiller de lire, par exemple, tout ce site.

    Quand vous allez deman­der un emprunt à la banque, la banque crée ex-nihi­lo de l’argent 
    (contre­ba­lan­cé par une dette que, à cause des inté­rêts, la socié­té ne pour­ra jamais rembourser).
    Cela aug­mente le prix comme dans l’équation

    MV=PQ

    M aug­mente et donc P aug­mente en conséquence

    Réponse
  113. edouard Laugthon

    Bon­jour Alex,

    je vais essayer de suivre votre conseil car je n’ai rien com­pris à votre explication.

    Une banque qui va créer de la mon­naie le fait bien avec contre­par­tie ? Même si c’est un jeu d’é­cri­ture, elle ne peut pas faire n’im­porte quoi ?

    De plus, elle prend des garan­ties pour cou­vrir des risques, ce qui démontre que cette acti­vi­té en présente.

    Aux États-Unis, l’o­ri­gine de la crise tient à la sol­va­bi­li­té des emprun­teurs, à qui les banques ont prê­té à des condi­tions avan­ta­geuses mais avec une garan­tie béton­née : l’hypothèque

    Si la valeur de l’im­mo­bi­lier baisse trop vite pour mul­tiples rai­sons (ce sont ces rai­sons que je recherche et qui me font atter­rir ici), les garan­ties hypo­thé­caires ne jouent plus plei­ne­ment leur rôle et le sys­tème se dérègle met­tant ain­si les banques en péril.

    Quel­qu’un peut-il m’ai­der à trou­ver les rai­sons d’une baisse impor­tante du prix de l’immobilier ?

    Je vous remercie

    Edouard

    Réponse
  114. Étienne

    Cher Edouard,

    Pour com­prendre com­ment est créée la mon­naie, je vous recom­mande sim­ple­ment de lire le texte qui est l’in­tro­duc­tion du fil où nous nous par­lons, en haut de cette page ;o)

    C’est un peu long, mais je crois que ça vaut l’effort.

    Par ailleurs, vous trou­ve­rez tous les jours des infor­ma­tions impor­tantes sur l’o­li­gar­chie finan­cière
    sur le site « Soli­da­ri­té et pro­grès » :
    http://​www​.soli​da​ri​teet​progres​.org/​s​p​i​p​/​s​p​_​a​c​c​u​e​i​l​.​p​hp3,

    et notam­ment, sur le sujet qui vous pré­oc­cupe, vous devriez lire 
    « Le Krach d’août 2007 : pen­dant les vacances, le sys­tème finan­cier se dés­in­tègre » :
    http://​www​.soli​da​ri​teet​progres​.org/​s​p​i​p​/​s​p​_​H​P​-​K​r​a​c​h​.​p​hp3

    Par exemple,vous pou­vez lire ce matin :
    « LaRouche fait preuve de ‘ter­ro­risme intel­lec­tuel’, mais que c’est intéressant ! »
    http://​www​.soli​da​ri​teet​progres​.org/​s​p​i​p​/​s​p​_​a​r​t​i​c​l​e​-​b​r​e​v​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​3​184

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  115. nicole Kretchmann

    Bon­jour, je n’ai pas pu lire entiè­re­ment car les lettres noires sur fond bleu trop fon­cé, m’est difficile.
    Il n’empêche que je vous remer­cie : je savais seule­ment que chaque emprunt était une ligne d’écriture.
    Ma conclu­sion : si l’é­tat vou­lait, la dette dis­pa­raî­trait et tout irait mieux.
    mais, je pense, que cela ne peut venir que de la volon­té du peuple français…
    Il y a tel­le­ment peu de per­sonnes qui sont au cou­rant et sur­tout, très peu qui cherchent à savoir ;
    Je vous remer­cie très sincèrement.
    N.K.

    Réponse
  116. Roxane

    Il est évident que nous devons récu­pé­rer notre droit de battre monnaie
    Ne pas oublier qu’il est néces­saire d’u­ti­li­ser de la mon­naie PERMANENTE si on veut équi­li­brer l’é­co­no­mie (Voir les expe­riences faites à Wör­gl, Lignières en Ber­ry… etc)
    Voir aus­si les ouvrages de Pierre Aunac et de MB Issautier
    Votre dévouée

    Réponse
  117. Vladimir

    Banks face 10-day debt timebomb

    By Iain Dey, Sun­day Telegraph
    Last Upda­ted : 12:47am BST 09/09/2007

    Bri­tain’s big­gest banks could be for­ced to cough up as much as £70bn over the next 10 days, as the cre­dit cri­sis that has sei­zed the glo­bal finan­cial sys­tem sparks a fresh wave of chaos.

    .….….

    http://​www​.tele​graph​.co​.uk/​m​o​n​e​y​/​m​a​i​n​.​j​h​t​m​l​?​x​m​l​=​/​m​o​n​e​y​/​2​0​0​7​/​0​9​/​0​9​/​c​n​d​e​b​t​1​0​9​.​xml

    Réponse
  118. AJH

    « Non, M. Fillon, la France n’est pas en situa­tion de faillite ! »
    http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​2​9​435

    Bon­jour

    Je viens de pos­ter un article sur Ago­ra­vox sur le sujet de la dette, à la suite de l’af­fir­ma­tion de Fran­çois Fillon « la France est en situa­tion de faillite ».

    Vous pou­vez évi­dem­ment par­ti­ci­per au débat… 
    http://​www​.Ago​ra​Vox​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​2​9​435
    et inter­ve­nir dans les « appréciations »

    Ami­ca­le­ment…

    Réponse
  119. Étienne

    « Com­ment pousse la monnaie ?»
    http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​_​t​o​u​s​_​c​o​m​m​e​n​t​a​i​r​e​s​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​3​0​732

    Un autre article remar­quable d’André-Jacques Hol­becq sur Ago­ra­vox. Et un débat plus apai­sé que le précédent.

    Va-t-on arri­ver à faire sur­gir dans le débat public la scan­da­leuse confis­ca­tion de la créa­tion moné­taire par les banques pri­vées ?

    Les citoyens sau­ront-ils s’ex­traire des dis­trac­tions quo­ti­diennes dif­fu­sées par les médias subor­don­nés, pour dis­cer­ner l’es­sen­tiel au milieu d’un fatras futile ? 

    Pas sûr.

    Réponse
  120. juan nessy

    Sur les ban­quiers, voir aus­si sur le blog de la com­mis­sion Atta­li pour la libé­ra­tion de la crois­sance, sous l’on­glet « Pou­voir d’a­chat », item « Euro et pou­voir d’a­chat », la contri­bu­tion de Source du 23⁄10 à 17h03, inti­tu­lée « la fable de l’île des naufragés ».

    Mais peut être que la « source » est sur le site d’Étienne ? !

    Réponse
  121. Étienne

     

    Voi­ci un texte ancien, illustre, qui fait sou­vent pen­ser aux banques
    pri­vées
    d’aujour­d’hui, « trai­tants et fer­miers » modernes,
    tou­jours aus­si gra­ve­ment parasitaires : 



    Mon­tes­quieu, L’esprit des lois,
    Livre XIII : des
    rap­ports que la levée des tri­buts et la gran­deur des reve­nus publics ont avec
    la liber­té,

    Cha­pitre XIX : Qu’est-ce qui est plus
    conve­nable au prince et au peuple, de la ferme ou de la régie des
    tributs ?


    « La régie est l’ad­mi­nis­tra­tion d’un bon père de famille, qui
    lève lui-même, avec éco­no­mie et avec ordre, ses revenus.

    Par la régie, le prince est le maître de pres­ser ou de retar­der la levée
    des tri­buts, ou sui­vant ses besoins, ou sui­vant ceux de ses peuples. Par la
    régie, il épargne à l’É­tat les pro­fits immenses des fer­miers, qui
    l’ap­pau­vrissent d’une infi­ni­té de manières.
    Par la régie, il épargne au
    peuple le spec­tacle des for­tunes subites qui l’af­fligent. Par la régie,
    l’argent levé passe par peu de mains ; il va direc­te­ment au prince, et
    par consé­quent revient plus promp­te­ment au peuple. Par la régie, le prince
    épargne au peuple une infi­ni­té de mau­vaises lois qu’exige tou­jours de lui
    l’a­va­rice impor­tune des fer­miers, qui montrent un avan­tage pré­sent dans des
    règle­ments funestes pour l’avenir.

    Comme celui qui a l’argent est tou­jours le
    maître de l’autre, le trai­tant se rend des­po­tique sur le prince même : il
    n’est pas légis­la­teur, mais il le force à don­ner des lois. »



     

     

    Défi­ni­tion du Petit Robert :

    Régie : 1♦ Dr. admin. Mode de ges­tion d’une entreprise
    publique, par les fonc­tion­naires d’une col­lec­ti­vi­té publique. 
    Régie d’É­tat, régie com­mu­nale. Régie simple ou
    directe,
    entiè­re­ment diri­gée et orga­ni­sée par les fonctionnaires. 

     

    Mer­ci à Adrien de m’avoir signa­lé ce texte impor­tant.

     

    Réponse
  122. Étienne


    « LE
    VÉRITABLE SYSTÈME AMÉRICAIN D’ÉCONOMIE POLITIQUE
    CONTRE LE
    LIBRE-ÉCHANGE »

    par Pierre
    Bon­ne­foy
     :

    http://​www​.soli​da​ri​teet​progres​.org/​s​p​i​p​/​a​r​t​i​c​l​e​-​i​m​p​r​i​m​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​3​576 

    Ce
    texte est lit­té­ra­le­ment pas­sion­nant
    , il m’a
    scot­ché à mon siège pen­dant une jour­née.
    Il y a là une
    clef de lec­ture de l’histoire abso­lu­ment bou­le­ver­sante
    .
    Je
    vous conseille de le lire d’urgence, c’est un des meilleurs documents
    que j’ai lus depuis trois ans.
    Je l’ai repro­duit in
    exten­so
    sur le forum pour qu’on en mesure bien l’importance :
    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​f​o​r​u​m​/​v​i​e​w​t​o​p​i​c​.​p​h​p​?​p​i​d​=​3​0​3​1​#​p​3​031
     

      
    On y découvre :
     
    • Que les vraies racines de la Répu­blique amé­ri­caine sont beau­coup plus chez Leib­niz (un pro­gres­siste à la recherche du bon­heur géné­ral) que chez Locke (un dic­ta­teur colonialiste) ;
     
    • L’importance car­di­nale de la pen­sée d’Alexander Hamil­ton et de Frie­drich List et la lutte achar­née depuis deux siècles aux USA entre les par­ti­sans et les adver­saires du « sys­tème » d’Hamilton et List. Ce com­bat mécon­nu est incroya­ble­ment éclai­rant pour com­prendre les enjeux actuels, y com­pris en Europe, évidemment ;
     
    • L’intérêt stra­té­gique pour l’empire bri­tan­nique des thèses d’Adam Smith, quand il pré­co­ni­sait de se fier à « la main
    invi­sible »
    (pour­tant iden­ti­fiable d’emblée au rayon des super­sti­tions cré­ti­ni­santes) : il est pas­sion­nant de remar­quer que l’interdiction d’agir pour le pro­grès éco­no­mique des colo­nies pro­té­geait les posi­tions domi­nantes en vigueur à l’époque. Ricar­do, Say, Mal­thus, et tous ceux qu’on appelle abu­si­ve­ment les « clas­siques » (alors qu’ils ont peut-être été pro­fon­dé­ment mal­hon­nêtes) ont objec­ti­ve­ment ser­vi le même inté­rêt idéo­lo­gique au pro­fit de l’Empire colonial ;
     
    • Que le libre échange débri­dé et la mon­naie d’État rare sont des armes fort anciennes pour les ban­quiers et les indus­triels contre les peuples.
     

     

     

    Réponse
  123. bibi

    Mer­ci pour ce site passionnant !

    Réponse
  124. Jean-Paul III

    Les Hébreux ont erré pen­dant 40 ans dans le désert. Ça pre­naait un méchant nuage sur leur intel­li­gence col­lec­tive pour les gar­der là.
    Ce nuage démo­cra­tique est encore plus épais sur notre propre capa­ci­té col­lec­tive à discerner.
    Les Hébreux finan­ciers d’au­jourd’­hui agitent la bou­cane démo­cra­tique qui pro­duit des gaz à effets de serre dans nos ins­ti­tu­tions d’en­sei­gne­ment, et par rico­chet dans l’in­tel­lect de nos mômes, et même dans notre clergé.
    Hélàs !

    Réponse
  125. Étienne

    Voir aus­si

    « le site de Jean Bayard »

    Un site éton­nant, four­millant d’idées et de for­mu­la­tions ori­gi­nales et sédui­santes ; à travailler…

    On y parle évi­dem­ment de la monnaie.

    http://​www​.bayard​-macroe​co​no​mie​.com/​m​a​c​r​o​e​c​o​n​o​m​i​e​.​htm

    Voir aus­si le site de Jean Jégu,
    « Argent et société »

    http://​pages​per​so​-orange​.fr/​j​e​g​u​.​j​e​an/

    :o)

    Étienne.

    Réponse
  126. Étienne

    L’ARGENT EST ESSENTIELLEMENT UN TITRE AUX PRODUITS ET AUX SERVICES

    Un texte pas­sion­nant, un bijou, dans un style lim­pide, de Louis Even, signa­lé par Rum­bo, sur le blog de Paul Jorion (qui devient chaque jour davan­tage un outil quo­ti­dien indis­pen­sable de réflexion) :

    L’ARGENT EST ESSENTIELLEMENT UN TITRE AUX PRODUITS ET AUX SERVICES 

    Secouer le non-sens financier 

    Fabri­quer l’argent qui manque 

    Les piastres ne sont point des ordon­nances du ciel

    L’argent est fait pour payer, pour ache­ter. C’est essen­tiel­le­ment un titre don­nant droit à des pro­duits ou des ser­vices au choix. Ce titre est fait de chiffres. Chiffres gra­vés sur du métal, ou impri­més sur du papier, pour l’argent de poche. Chiffres ins­crits dans des comptes de banque, pour le com­merce et l’industrie.

    La solu­tion saute aux yeux. C’est de mettre l’argent au même pas que les pro­duits : pro­duc­tion abon­dante, argent abon­dant ; pro­duc­tion facile, argent facile ; pro­duits exis­tant devant les familles en besoin, argent dans les familles devant les produits.

    Lorsqu’on a tout ce qu’il faut, excep­té l’argent, pour pro­duire les biens, pri­vés ou publics, deman­dés par la popu­la­tion, la solu­tion logique, puisque seul l’argent fait défaut, c’est de faire l’argent qui manque et de pro­cé­der à la pro­duc­tion. Mais entendre ain­si dire de faire l’argent quand il en manque, voi­là un lan­gage que beau­coup de gens trouvent encore étrange. On admet bien que si l’on manque de mai­sons il faut en bâtir, si l’on manque de vête­ments il faut en fabri­quer. Mais fabri­quer de l’argent, cela paraît inouï. Il y a je ne sais quoi de sacré autour du mot argent — la chose ‘pour­tant la plus simple à pro­duire quand ceux qui en ont l’autorité le décident. Aucune dif­fi­cul­té tech­nique, simple ques­tion de décision. 

    On en a eu l’exemple en 1939. Depuis dix années, toutes les nations civi­li­sées étaient dans ce qu’on appe­lait la crise. Pas une crise de pro­duits, ni de bras, on avait trop de tout cela. Pas une crise de tem­pé­ra­ture ni de Pro­vi­dence : rien n’avait chan­gé de ce côté-là. Mais une crise d’argent. Indi­vi­dus, com­pa­gnies, gou­ver­ne­ments, man­quaient d’argent. On chô­mait, faute d’argent pour payer le tra­vail. On n’achetait pas, faute d’argent pour payer les pro­duits. Pour­tant, tous ces pays-là embar­quaient dans une guerre majeure, et une guerre moderne majeure demande des milliards.

    La magie de l’argent

    C’est alors qu’on vit dis­pa­raître la magie de l’argent. Dans tous les pays en guerre, on fabri­qua tout l’argent qu’il fal­lait pour conduire la guerre, au fur et à mesure qu’on en avait besoin, tant qu’on avait des hommes et du maté­riel pour faire la guerre. Le « pas d’argent », qu’on enten­dait tous les jours avant la guerre, ne fut pas pro­non­cé une seule fois pen­dant la guerre. Quand l’Allemagne capi­tu­la, ce ne fut pas à cause du manque d’argent, mais à cause du manque d’hommes et de maté­riel pour continuer. 

    Com­ment donc le monde pas­sa-t-il ain­si, subi­te­ment, de la crise d’argent à l’abondance d’argent pour la guerre ? Com­ment ? Mais en fabri­quant l’argent qui man­quait. Au Cana­da, dès la décla­ra­tion de guerre par un gou­ver­ne­ment à coffres_ vides, ce gou­ver­ne­ment se fit faire 80 mil­lions de dol­lars, et ça ne prit pas cinq minutes. D’autres mil­lions sui­virent, et l’on eut des mil­liards, tous les mil­liards vou­lus pour chan­ger les chô­meurs en sol­dats ou en fabri­cants de muni­tions, d’avions, de vais­seaux et autre atti­rail de guerre. Aux États-Unis, après Pearl Har­bour, le pré­sident Roo­se­velt décla­ra qu’il ne per­met­trait pas au non-sens finan­cier d’empêcher la nation de mettre tous ses hommes valides et tous ses moyens de pro­duc­tion au ser­vice de la guerre. 

    Le non-sens finan­cier, disait Roo­se­velt. Le non-sens finan­cier, c’est la para­ly­sie de la pro­duc­tion et de la dis­tri­bu­tion de richesse pour manque de ces petites choses qu’on appelle piastres. Des piastres, qui ne sont point des ordon­nances du ciel ; des piastres qui ne sont point une affaire com­pli­quée à pro­duire, puisqu’elles sont venues du jour au len­de­main quand on a secoué le non-sens finan­cier pour entrer har­di­ment dans la grande tue­rie mondiale. 

    Pour avoir l’argent, ni le gou­ver­ne­ment cana­dien, ni aucun autre gou­ver­ne­ment en guerre n’envoya les hommes dans les mines d’or. Les hommes, c’était pour l’armée, pour les muni­tions, et un grand nombre de femmes aus­si. Pour avoir l’argent, le gou­ver­ne­ment n’engagea même pas d’imprimeurs pour impri­mer des dol­lars. C’est beau­coup plus simple que cela. Il deman­da aux ban­quiers de lui faire de l’argent. En faire, mais oui. Depuis long­temps, les gens n’en avaient pas, ils ne pou­vaient donc pas en épar­gner et en por­ter à la banque. Les coffres des banques étaient donc pas­sa­ble­ment à plat. Et pour­tant il fal­lait des mil­lions, il fal­lait des mil­liards. Pas d’autre solu­tion que d’en faire.

    Le compte de banque

    Pour faire l’argent vou­lu, les banques n’eurent pas à inven­ter une nou­velle méthode. Elles employèrent sim­ple­ment la même tech­nique qu’elles emploient toutes les fois qu’elles prêtent de grosses sommes d’argent à des indus­triels ou à des corps publics. Dans ces occa­sions-là, elles font l’argent qu’elles prêtent ; elles cré­ditent l’emprunteur sans débi­ter personne.

    Vous savez tous ce que c’est qu’un compte de banque. Quand vous en avez un, vous pou­vez payer sans sor­tir de l’argent de votre poche. Vous faites un chèque. Celui qui reçoit votre chèque peut le dépo­ser à sa propre banque. Qu’arrivera-t-il ? Votre compte sera dimi­nué, et le sien sera aug­men­té. Il n’y aura eu besoin ni d’or, ni d’argent blanc, ni de nickel, ni de piastres en papier — rien qu’une addi­tion dans un compte et une sous­trac­tion dans un autre compte, et c’est aus­si bon. C’est avec cela que marchent les grosses affaires. C’est avec cela qu’on a finan­cé la guerre. 

    Mais, direz-vous, pour avoir un compte de banque, il faut épar­gner et dépo­ser. C’est une méthode. Mais il y en a une autre, celle des emprunts. 

    Sup­po­sons que je sois un gros indus­triel. Je veux agran­dir mon usine. Il me fau­drait tout de suite $100,000. Je vais à la banque. Je m’arrange avec le gérant pour un emprunt de $100,000. Il me demande des garan­ties, évi­dem­ment. Mais je n’apporte pas un sou à la banque. Le gérant me signe un papier. Je vais au cais­sier. Je dépose ce papier. Le cais­sier ouvre son livre, à mon compte, et il ins­crit à mon cré­dit $100,000. Je sors de la banque avec un compte de $100,000, sur lequel je pour­rai tirer des chèques au fur et à mesure que j’aurai des paie­ments à faire. Voyez-vous : je n’ai pas fait ce compte-là par la méthode des épar­gnants. Sans appor­ter un sou à la banque, je sors quand même avec un compte de $100,000, tout comme si j’avais appor­té et dépo­sé cette somme. Ce qui est remar­quable encore là-dedans, c’est que pour me prê­ter cet argent-là, le ban­quier n’a pas sor­ti un sou de son tiroir ; et il n’a pas dimi­nué d’un seul sou le compte d’un seul autre client. Tout le monde en a autant qu’auparavant, et moi j’ai $100,000 de plus. Un beau $100,000 enle­vé à per­sonne, sor­ti de nulle part, et main­te­nant dans mon compte. C’est un $100,000 d’argent tout neuf, tout en chiffres, mais aus­si bon que de l’or pour payer n’importe quoi. Ce $100,000 a été fabri­qué par le ban­quier, avec sa plume et une goutte d’encre, après qu’il a consen­ti à le faire. Une déci­sion, un peu d’encre, et c’est tout. C’est là la fabri­ca­tion de l’argent moderne ; et seule la banque fait cela. Le gou­ver­ne­ment, qui manque tou­jours d’argent, ne fait pas cela ; il est infé­rieur au banquier. 

    Évi­dem­ment, j’aurai à rem­bour­ser le $100,000 au ban­quier ; même un peu plus à cause de l’intérêt. Quand je rem­bour­se­rai, j’aurai reti­ré l’argent de la cir­cu­la­tion ; le fonds total à chèque dans le pays aura dimi­nué de $100,000 et un peu plus. 

    L’argent com­mence donc quand le ban­quier prête ce qu’il appelle des cré­dits, et qui est le prin­ci­pal argent moderne. Puis l’argent finit quand on le rem­bourse à la banque. Comme il faut que les rem­bour­se­ments soient plus gros que les prêts, il faut qu’il y ait conti­nuel­le­ment des emprunts nou­veaux, autre­ment il n’y aurait bien vite plus du tout d’argent. On vit donc avec de l’argent emprun­té quelque part dans le sys­tème ban­caire, donc parce que des indi­vi­dus ou des com­pa­gnies ou, des corps publics s’endettent. Quand les prêts sont plus rapides que les rem­bour­se­ments, l’argent devient plus abon­dant. Quand les prêts deviennent plus dif­fi­ciles et qu’il faut rem­bour­ser quand même, l’argent en cir­cu­la­tion dimi­nue, on appelle cela res­tric­tion du cré­dit. Si la res­tric­tion du cré­dit est aiguë et se pro­longe, on appelle cela une crise, et le monde souffre devant une pro­duc­tion pos­sible abondante.

    L’argent, un titre

    L’argent est fait pour payer, pour ache­ter. C’est essen­tiel­le­ment un titre don­nant droit à des pro­duits ou des ser­vices au choix. Ce titre est fait de chiffres. Chiffres gra­vés sur du métal, ou impri­més sur du papier, pour l’argent de poche. Chiffres ins­crits dans des comptes de banque, pour le com­merce et l’industrie.

    Vous connais­sez d’autres chiffres, qui s’appellent prix. Eux sont ins­crits sur les éti­quettes qui accom­pagnent les pro­duits. Les chiffres qui sont des prix viennent aus­si vite que les pro­duits et en rap­port avec les pro­duits. Mais les chiffres qui sont de l’argent, dans nos poches ou dans nos comptes de banque, ne viennent point du tout aus­si vite que les pro­duits ni en rap­port avec eux. C’est pour cela que tout le monde se plaint. C’est pour cela que des gens se privent devant des pro­duits abon­dants ; ou bien qu’ils s’endettent et prennent des années à payer ce qui se fabrique pour­tant en quelques jours, par­fois en quelques heures. C’est pour cela que les muni­ci­pa­li­tés et les com­mis­sions sco­laires et d’autres corps publics sont tou­jours aux prises avec du manque d’argent ou avec des dettes, ne pou­vant pas taxer davan­tage des gens qui manquent déjà, d’argent pour faire vivre conve­na­ble­ment leurs familles. C’est pour cela que des mai­sons sont ven­dues pour les taxes. C’est pour cela que des pro­duits agri­coles se vendent mal ou pas du tout, alors qu’ils sont bons et dési­rés, parce que ceux qui les vou­draient n’ont pas de quoi les payer. C’est pour cela qu’il y a des chô­meurs, qui aime­raient pour­tant bien tra­vailler — et il y a tant de choses à faire mais on n’a pas de quoi les payer. C’est pour cela que les gens se chi­canent par­tout, qu’ils cherchent à s’arracher les uns des autres l’argent qui est trop rare, alors qu’ils ne se chi­canent jamais autour des pro­duits dans les maga­sins, parce que ces pro­duits sont abondants. 

    La solu­tion saute aux yeux. C’est de mettre l’argent au même pas que les pro­duits : pro­duc­tion abon­dante, argent abon­dant ; pro­duc­tion facile, argent facile ; pro­duits exis­tant devant les familles en besoin, argent dans les familles devant les produits.

    Argent social

    Pour cela, il faut que le volume de l’argent et sa mise en cir­cu­la­tion soient une affaire sociale, non pas une affaire dépen­dant de pro­fi­teurs, de banques qui main­tiennent l’argent dif­fi­cile et condi­tion­né par elles, de sorte qu’on soit tou­jours obli­gé d’aller à leurs portes s’endetter et les engrais­ser d’intérêts.

    C’est pour­quoi nous deman­dons que l’argent soit mis au monde, selon les besoins et selon la pro­duc­tion, par une banque natio­nale, ou un orga­nisme natio­nal, exis­tant pour le ser­vice et non pour le pro­fit ; tout comme la jus­tice et les autres minis­tères publics existent pour le ser­vice de la nation et non pas pour le pro­fit per­son­nel des ministres ou des juges 

    Mais les contrô­leurs actuels de l’argent et du cré­dit tiennent à gar­der leurs pri­vi­lèges et leur pou­voir. Ils exercent de grosses pres­sions contre tout chan­ge­ment. Tant qu’il n’y aura pas de la part du peuple une pres­sion plus forte, ça ne chan­ge­ra pas. C’est pour­quoi nous deman­dons à tous les citoyens, de n’importe quels par­tis, de s’unir et de faire sur les gou­ver­ne­ments des pres­sions crois­santes et répé­tées pour que, sen­tant la force du peuple plus que celle des finan­ciers, ils fassent sau­ter une fois pour toutes le non-sens finan­cier, pour que l’argent soit ren­du conforme à la pro­duc­tion et ser­vi­teur des indi­vi­dus, des familles, des corps publics. Ce sera la plus grande réforme de tous les temps, et elle vaut tous nos efforts.

    LOUIS EVEN

    Extra­or­di­naire plai­doyer, non ?

    Étienne.

    Réponse
  127. floch

    bon­soir ,

    « Votre compte sera dimi­nué, et le sien sera augmenté »

    dans ce cas, l’argent est préexistant.

    « je sors quand même avec un compte de $100,000 »
    Louis Even le dit : « qu’il fau­dra rem­bour­ser  » et pour le rem­bour­ser il faut TRAVAILLER.

    Si l’argent est créé en abon­dance ‚ima­gi­nons pour faire tra­vailler les chô­meurs, cela semble une bonne idée :

    mais :

    ils tra­vaillent où les chô­meurs ?, dans les entre­prises pri­vées ? l’E­tat » donne « alors l’argent aux employeurs ? le reve­nu dis­tri­bué est indé­pen­dant de la par­ti­ci­pa­tion à la richesse créée ?

    une famille n’a pas d’argent , l’E­tat crée de l’argent pour cette famille qui pour­ra consom­mer ou l’E­tat redis­tri­bue ? c’est très dif­fé­rent comme approche.

    votre approche semble évi­dente mais elle parait dan­ge­reuse, extre­me­ment dangereuse.…

    une socié­té dans laquelle on dirait : j’ai besoin de mon­naie pas de pro­blème, fai­sons tour­ner l’im­pri­mante, une socié­té dans laquelle quoi qu’il arrive tout serait pos­sible, il suf­fi­rait de cla­quer des doigts et com­ment régu­ler vous le système ?

    la valeur tra­vail , car c’et le tra­vail qui crée la richesse, cette valeur qu’en faites vous ?

    Réponse
  128. André

    Bon­soir à tous

    Le pro­blème de la mon­naie revient régu­liè­re­ment sur le tapis, à juste rai­son je crois, nous vivons avec un sys­tème finan­cier inter­na­tio­nal aber­rant, nous allons en effet de crises spé­cu­la­tives en crises spé­cu­la­tives, et nous savons très bien que l’aug­men­ta­tion des hydro­car­bures et des den­rées ali­men­taires ( dont on connait les consé­quences dra­ma­tiques pour les affa­més des PED)est lar­ge­ment due à la spéculation.
    Donc, toutes les nou­velles idées et théo­ries sont les bien­ve­nues pour obte­nir des avan­cées sur ces pro­blèmes cru­ciaux et certes complexes

    Ce qui est cer­tain, et je le constate depuis long­temps dans le cadre de mes acti­vi­tés pro­fes­sion­nelles, les patrons de PME ont un mal fou à obte­nir des finan­ce­ments pour leurs pro­jets, alors que le sys­tème ban­caire a inves­tit dans des acqui­si­tions de créances foi­reuses (cf. les sub­primes). Alors oui, si l’é­tat créait cet argent pour sou­te­nir les acti­vi­tés pro­fi­tables à tous, nous nous por­te­rions mieux, nous avons assez d’in­for­ma­tions pour savoir que les liqui­di­tés qui cir­culent à tra­vers le monde, fruit de la libre cir­cu­la­tion des capi­taux ne financent que pour une faible par­tie l’é­co­no­mie réelle.
    Je trouve curieux et de moins en moins pro­bant ce dis­cours idéo­lo­gique qui consiste à dire que la créa­tion de mon­naie par l’é­tat serait syno­nyme de gabegie,de faci­li­té, nui­rait à la valeur tra­vail, qu’il fau­drait d’ailleurs défi­nir pré­ci­sèment (valeur morale ou économique?)
    Le sys­tème éco­so­cié­tal tel que pré­co­ni­sé sur le site de André Jacques Hol­becq, ain­si que les sys­tèmes d’é­changes locaux (SEL) qui existent reposent pré­ci­sèment sur la notion d’activité.
    Donc, je dirais en conclu­sion qu’il y a inté­rêt à pour­suivre ces réflexions et à déve­lop­per ces sys­tèmes alter­na­tifs où c’est possible.
    Par ailleurs, Etienne, si les Irlan­dais nous entendent et votent no, il fau­dra leur mani­fes­ter mas­si­ve­ment un thank you very much.
    Allez on y croit.

    Ami­tiés à tous

    André

    Réponse
  129. floch

    André,

    L’i­déo­lo­gie de la créa­tion moné­taire cen­tra­li­sée et éta­tique , vous connaissez ?

    le sys­tème pro­po­sé abou­ti­rait cer­tai­ne­ment à une catastrophe :

    une pénu­rie de l’offre face à une demande incon­trô­lée par des reven­di­ca­tions sans limites

    des citoyens qui ne vou­dront plus tra­vailler puisque le sys­tème per­met­tra des dérives incal­cu­lables et même imprévisibles

    une dic­ta­ture de la créa­tion moné­taire : l’E­tat fera tour­ner l’im­pri­mante au nom de quoi ? de qui ? pour quelles acti­vi­tés ( adieu la liber­té ! vive la dic­ta­ture des maîtres pen­seurs qui refont le monde en fumant la cigare)l’arbitraire renaî­tra de plus belle comme au joyeux temps du communisme

    Le sys­tème pro­po­sé n’est qu’une illu­sion, mis en pra­tique, il pro­vo­que­rait conflits et guerre, tri­che­rie et jalou­sie, paresse et irres­pon­sa­bi­li­té : tout cela au nom d’une idéo­lo­gie que vous défen­dez assis dans votre fau­teuil, à tous­ser der­rière des pancartes.

    dites vous bien qu’une seule valeur fonde la socié­té : le tra­vail, c’est de là que vient la digni­té, la richesse et la redis­tri­bu­tion ( qui est tout à fait préférable )

    le livre pro­pose une col­lec­ti­vi­sa­tion de la créa­tion moné­taire, des inté­rêts dis­tri­bués au peuple, au nom de quoi ? et à qui ? et pour­quoi ? dans quelles conditions ?

    et je ne m’at­tarde pas sur les effets per­vers d’une telle mesure

    et en plus vous y croyez ?

    ou est pas­sé le bon sens ?

    Réponse
  130. A-J Holbecq

    Floch

    L’i­déo­lo­gie de la créa­tion moné­taire aban­don­né à des inté­rêts pri­vés , vous connaissez ?

    ce sys­tème bien connu a abou­ti à une catastrophe :

    une pénu­rie de l’offre face à une demande incon­trô­lée par des reven­di­ca­tions sans limites des spéculateurs

    des citoyens tra­vaillent plus puisque le sys­tème per­met des dérives incal­cu­lables et même imprévisibles

    une dic­ta­ture de la créa­tion moné­taire : les banques font tour­ner l’im­pri­mante au nom de quoi ? de qui ? pour quelles acti­vi­tés ( adieu la liber­té ! vive la dic­ta­ture des maîtres pen­seurs qui refont le monde en fumant la cigare) l’ar­bi­traire renaît de plus belle comme au joyeux temps du facisme

    Le sys­tème pro­po­sé n’est qu’une illu­sion, et mis en pra­tique, il pro­vo­qué conflits et guerre, tri­che­rie et jalou­sie, paresse et irres­pon­sa­bi­li­té : tout cela au nom d’une idéo­lo­gie que vous défen­dez assis dans votre fau­teuil, à tous­ser der­rière votre cigare.

    dites vous bien qu’une seule valeur fonde la socié­té : le tra­vail, c’est de là que vient la digni­té, la richesse et la redis­tri­bu­tion ( qui est tout à fait préférable )

    cer­tains pro­pose une pri­va­ti­sa­tion encore plus grande de la créa­tion moné­taire, des inté­rêts dis­tri­bués aux seuls ren­tiers et capi­ta­listes, au nom de quoi ? et à qui ? et pour­quoi ? dans quelles conditions ?

    et je ne m’at­tarde pas sur les effets per­vers d’une telle mesure

    et en plus vous y croyez ?

    ou est pas­sé le bon sens ?

    Réponse
  131. floch

    Hol­becq,

    Jus­qu’i­ci les pays ayant ten­té d’a­dop­ter votre pro­po­si­tion sont tom­bés dans la pau­vre­té et la dic­ta­ture, je vous le rappelle

    Le niveau de vie a gran­de­ment aug­men­té dans les autres

    Votre réponse sous forme de jeu sub­sti­tu­tif ne vaut rien :

    Les banques prêtent quand même la plu­part du temps( donc à quelques excep­tions près ) sur des pro­jets concrets et sans por­ter de juge­ment de valeur sur la nature de l’ac­ti­vi­té à finan­cer ain­si il y a une grande place pour la créa­ti­vi­té , l’in­no­va­tion, l’i­ni­tia­tive per­son­nelle , que dire de ce qui se pas­se­rait dans un sys­tème collectivisé ?
    Le sys­tème actuel est loin d’être par­fait ( le vôtre non plus )mais de grâce stop­pez la dic­ta­ture de la pen­sée collectiviste.

    Votre sys­tème échouerait,pas besoin d’en dis­cu­ter pen­dant des heures , le bon sens suf­fit, c’ets peut être ce qui manque cruellement.

    Réponse
  132. A-J Holbecq

    @Floch

    Aucun pays n’a ten­té d’a­dop­ter les posi­tions d’Al­lais ni les notres.
    Puisque vous ne les connais­sez même pas et que vous sem­blez pen­ser que ce sont celles des pays « com­mu­nistes », res­tons en là …

    Réponse
  133. floch

    Hol­becq,

    « res­tons en là … »

    c’est bien, la dis­cus­sion avec vous.…..

    Mau­rice Allais, je connais quand même. Il prône une banque cen­trale indé­pen­dante du pou­voir poli­tique et effec­ti­ve­ment une redis­tri­bu­tion des reve­nus de la créa­tion moné­taire à l’Etat.
    Ses thèses moné­taires ont même été reprise par le diable de front natio­nal ! ( ce qui tou­te­fois , ne les dis­qua­li­fie pas ).

    Comme Mil­ton Frie­damnn , il était contre l’ins­tau­ra­tion de l’eu­ro, du moins il n’y croyait pas.

    Je ne mélange pas avec le « com­mu­nisme  » même si la redis­tri­bu­tion col­lec­tive des reve­nus de la créa­tion moné­taire méne­rait à des dérives « col­lec­ti­vistes « , c’est bien le problème.

    Vous n’é­cou­tez pas les argu­ments ( vous pou­vez aller jus­qu’à pré­tendre qu’il n’y a pas d’ar­gu­ments )cri­tiques . vous devriez savoir, du haut de vos cer­ti­tudes que qua­si­ment tous les sché­mas ont été testé.….

    Réponse
  134. A-J Holbecq

    Mer­ci de me dire quand, dans un sys­tème démo­cra­tique, l’exis­tence d’une banque cen­trale indé­pen­dante du pou­voir poli­tique et simul­ta­né­ment une redis­tri­bu­tion des reve­nus de la créa­tion moné­taire à l’E­tat ont été testés.

    Je pré­cise quand même que l’in­dé­pen­dance d’une banque cen­trale ne peut, pour moi, que se conce­voir dans un cadre d’un man­dat consti­tu­tion­na­li­sé, puisque la Banque Cen­trale est une ins­ti­tu­tion appar­te­nant à 100% à l’E­tat (la col­lec­ti­vi­té = les citoyens d’une Nation)

    Réponse
  135. André

    Bon­jour

    à Floch

    Vous repre­nez ce qui n’est pas nou­veau tous les prin­cipes de l’i­déo­lo­gie libé­rale, c’est votre droit le plus strict, mais celà ne vous auto­rise pas à pen­ser que ceux qui n’adhé­rent pas à vos idées manquent de bon sens, ils sont comme vous dans le réel, voient le quo­ti­dien des gens et le vivent.
    Par ailleurs, ces­sez de prendre les gens pour des cons avec votre valeur tra­vail mar­te­lée par votre cher pré­sident. Une fois, c’est une valeur morale pour fus­ti­ger ces fai­néants de chô­meurs ( cer­tains sont peut-être mal­hon­nêtes, mais c’est une mino­ri­té, comme il y a une mino­ri­té de chauf­fards), une autre fois on entend votre dis­cours et celui de vos amis du MEDEF (cf. Seillière le SMIC a atteint un niveau ver­ti­gi­neux), de la com­mis­sion de Bruxelles, de la BCE, indi­quant qu’il faut une modé­ra­tion sala­riale pour relan­cer l’é­co­no­mie qui ne peut sup­por­ter des aug­men­ta­tions de salaires trop impor­tantes, evi­dem­ment il faut faire excep­tion aux salaires des grands patrons qui ont aug­men­tés de 58% en 2007.
    Alors, il faut dire les choses clai­re­ment, ce que vous défen­dez, c’est LE CAPITAL, l’aug­men­ta­tion de la rente per­ma­nente des déten­teurs de capi­taux et pas le TRAVAIL, où alors allez sug­gé­rer à vos amis du MEDEF et de l’UMP d’aug­men­ter les salaires des gars, c’est celà la VALEUR TRAVAIL, et celà passe par la recon­nais­sance des gens.
    La concep­tion que la mon­naie soit un bien public se défend, per­met de limi­ter la spé­cu­la­tion finan­cière dont on connaît les ravages, n’empêche pas les acti­vi­tés de se déve­lop­per, n’a rien à voir avec des notions de faci­li­té de paresse ou autres phan­tasmes libé­raux. Par contre celà per­met­trait de lut­ter contre la féo­da­li­té finan­cière que le néo­li­bé­ra­lisme essait de créer à l’é­chelle de la pla­nète, la nou­velle ploutocratie.
    Donc dénon­cer ces choses et créer des alter­na­tives vont dans le sens d’un nou­vel ordre mon­dial plus démo­cra­tique et aus­si apaisé

    Réponse
  136. floch

    André ,

    J’ai par­lé de « fai­néants de chô­meurs » ? C’est gro­tesque de me prê­ter ce type de pro­pos ou de pen­sée …mes amis du MEDEF ( je croyais lire ou entendre Besan­ce­not ), qu’en savez vous ?

    La dis­tri­bu­tion des inté­rêts au peuple ( via l’E­tat )néces­si­te­rait de savoir à qui irait ces mêmes inté­rêts au sein du peuple , en rai­son de quels cri­tères ? C’est là que le sys­tème déraillera.
    Aujourd’­hui la mon­naie est créée essen­tiel­le­ment par les banques com­mer­ciales par le biais du cré­dit,( Mau­rice Allais l’ex­plique très bien, il met en garde contre les dérives , c’est vrai, elles existent ), ces banques ne peuvent pas refu­ser un cré­dit, alors tout pro­jet peut se mettre en route, ce qui favo­rise l’i­ni­tia­tive, la prise de risque, le cou­rage d’en­tre­prendre, le progrès.

    Si l’E­tat décide de prendre les rênes de la créa­tion moné­taire, il y aura des biais incon­trô­lables : quels pro­jets rece­vront l’a­val de l’E­tat ? pas tous.…..les pro­jets jugés dignes de .….par les maîtres de la pen­sée unique, et la glis­sade vers les tra­vers des sys­tèmes com­mu­nistes refleu­ri­ront allégrement.

    Ce sys­tème pré­co­ni­sé par AJ H , c’est un pavé de bonne inten­tion dans une mare d’in­cons­cience. jamais ce sys­tème ne fonctionnera.

    D’au­tant qu’il est sou­te­nu par des acti­vistes comme vous André , il n’y a qu’à lire vos invec­tives gauchistes.Les extrè­mistes parlent comme vous, ils sont dangereux.

    Mieux vaut un sys­tème impar­fait comme celui d’au­jourd’­hui qu’un sys­tème dit par­fait mais étouf­fant et dic­ta­to­rial de bonnes inten­tions idéologiques.

    Dans trois cent ans , vos des­cen­dances en par­le­ront encore comme d’une chimère

    ici s’ar­rête notre échange

    Réponse
  137. André

    Floch
    Effec­ti­ve­ment nos échanges s’ar­rêtent là. C’est un hon­neur d’être trai­té de gau­chiste par des gens comme vous, les choses indi­quées dans le der­nier mail sont vraies et vous le savez bien.
    Les gens dan­ge­reux sont des gens comme vous qui pro­vo­quez crises sur crises à l’é­chelle de la pla­nète. Les exemples ne manquent pas depuis 1929 !
    Ceux qui veulent contour­ner la démo­cra­tie à tra­vers des ins­ti­tu­tions non élues démo­cra­ti­que­ment (OMC, FMI) ou cercles de lob­byings influents pour défendre des pri­vi­lèges d’un autre temps, et qui n’ont que la cupi­di­té comme valeur morale sont infi­ni­ti­ve­ment plus dan­ge­reux que Besan­ce­not et les gens que vous haissez.
    L’in­cons­cience c’est de vou­loir faire per­du­rer un sys­tème finan­cier inter­na­tio­nal qui ne peut que pro­vo­quer ten­sions, guerres et divers désastres dont écologiques.
    Quand aux banques qui ne peuvent refu­ser des cré­dits, c’est très cou­rant et je connais beau­coup de chefs de PME qui se plaignent.

    Réponse
  138. philippe

    Bon­jour Etienne,

    Cette vic­toire du « non » irlan­dais( sans dis­cu­ter des motifs : avortement/dispositif fis­cal etcc) me refait pen­ser à ta lutte.

    Que va t‑il se passer ?

    Comme tu le sais, je suis par­ti­san du « oui » mais je m’in­ter­roge de plus en plus sur les façons de faire des diri­geants euro­péens qui appa­rem­ment, refusent , de nou­veau, de prendre en compte un vote du peuple.Ce mépris est affli­geant, le trai­té sim­pli­fié devrait aller à la poubelle.

    Je suis prêt à parier que si les autres pays avaient orga­ni­sé des réfé­ren­dums le « non » serait qua­si­ment majo­ri­taire partout.

    Il n’est pas cor­rect de nier le vote du peuple, en par­ti­san du « oui » , je te sou­tiens fer­me­ment dans ta lutte pour le res­pect de la démocratie.

    bien cor­dia­le­ment

    phi­lippe

    Réponse
  139. Singeant Bouchdor

    A‑t-on le droit de se faire payer nos salaires en liquide par le patron ?
    Cela évi­te­rait d’en­grais­ser « les nuisibles » !

    Réponse
  140. Dao

    Je suis un citoyen lamb­da, pour qui l’é­co­no­mie est dif­fi­cile à comprendre.
    Après lec­ture de votre article, je ne com­prends pas : si ce qui est dit est vrai, pour­quoi des gens très ins­truits aux minis­tères de l’é­co­no­mie, des finances, du bud­get.… ne parlent pas de ce problème ?
    Pour­quoi l’op­po­si­tion ne s’empare-t-elle pas du sujet ?
    C’EST ÉNORME !

    Réponse
  141. erreipg

    On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. L’Eu­ro implique le res­pect d’une dis­ci­pline bud­ge­taire de l’E­tat, dis­ci­pline qui a pu être momen­ta­né­ment dif­fé­rée par l’aug­men­ta­tionde la dette publique.

    Si vous regret­tez le temps de la sou­ve­rai­ne­té moné­taire de la Fance, reve­nez au Franc, à ses déva­lua­tions à répé­ti­tion, aux « mon­tants com­pen­sa­toires » voire au contrôle des changes comme en 1982. Tout cela entra­vant sin­gu­liè­re­ment le com­merce inter­na­tio­nal et pro­fi­tant aux spé­cu­la­teurs et au dollar.

    Pour­quoi la mon­naie unique a t‑elle impli­qué la néces­si­té que l’E­tat tombe dans le régime com­mun en ce qui concerne la rému­né­ra­tion de sa dette. Tout sim­ple­ment parce qu’il est par­fai­te­ment injuste que les acti­vi­tés éta­ti­sées (san­té, édu­ca­tion, routes, etc..) soient favo­ri­sées par rap­port au pri­vé par un accès gra­tuit au crédit.

    Un tel favo­ri­tisme relève à la reflexion d’une situa­tion mafieuse, plus du tout d’ac­tua­li­té aujourd’hui.

    Un com­men­taire pré­cé­dent me fait bien rire en disant en sub­stance : oui à la planche à billet mais seule­ment pour satis­faire les besois rai­son­nables de l’E­tat. Comme disait l’autre ‘à cha­cun selon ses besoins ». Le jour où on aura fixé le niveau où se trouve les « besoins rai­son­nables de l’E­tat », qu’on me fasse signe…

    Non, heu­reu­se­ment l’UE tend à nous faire sor­tir de l’i­déo­lo­gie socia­li­sante dont nous souf­frons depuis la guerre. et c’est heu­reux pour le bien commmun.

    Réponse
  142. A-J Holbecq

    Oui, vous avez rai­son, ça va beau­coup mieux avec l’eu­ro, sur­tout que les règles fis­cales et sociales, ain­si que les niveaux de rému­né­ra­tion, sont très dif­fé­rents selon les pays de l’eu­ro­zone : ça faci­lite la concurrence !

    En France, entre 1960 et 1970 : entre 1,4% et 2,5% de taux de chômage.
    Entre 1975 et 2000 : de 4,1% à 12%, selon les années…

    Vous pour­riez lire ceci, par exemple : http://​oson​sal​lais​.word​press​.com/​2​0​1​0​/​0​1​/​2​1​/​l​e​s​-​e​f​f​e​t​s​-​d​e​s​t​r​u​c​t​e​u​r​s​-​d​e​-​l​a​-​m​o​n​d​i​a​l​i​s​a​t​i​on/

    Pour ma part, mon choix est fait…

    Réponse
  143. Al Bundy

    Ouf ! Je suis au bout !
    Article fort inté­res­sant, sur un sujet que j’ai décou­vert il y a peu de temps, et fran­che­ment, j’ai du mal à y croire.

    Les com­men­taires qui le suivent sont éga­le­ment pas­sion­nants de part leur ancien­ne­té : les pre­miers remontent à trois ans, avant la crise finan­cière, et sur­tout avant Sar­ko, et se ter­mine par le pied de nez du trai­té modi­fié.… Mais mal­gré le fait que l’in­for­ma­tion cir­cule depuis si long­temps déjà, elle est res­tée tout de même confi­den­tielle, ce qui me laisse à pen­ser que cette aber­ra­tion qu’est le mono­pole de la fabri­ca­tion de la mon­naie par des acteurs pri­vés n’est pas près d’être sérieu­se­ment remise en ques­tion. Je dirais même que mal­heu­reu­se­ment les banques ont depuis affir­mer leur toute puis­sance face à des diri­geants dociles, voire complices.…
    Cepen­dant, je vais appro­fon­dir ce sujet, et en par­ler autant que pos­sible en espé­rant réveiller quelques ardeurs, car cet état de chose relève d’une injus­tice inqualifiable !

    Réponse
  144. A-J Holbecq

    J’ai refait un petit calcul
    Entre 1962 et 1972, l’in­fla­tion moyenne annuelle est de 4,5% . Elle est sur un même laps de temps, de 11,1% entre 1973 et 1983

    Ce qui prouve bien que les mesures VGE n’ont eu aucun effet sur l’inflation.

    Réponse
  145. Th-Eco

    Bon­jour a tous.

    1. Que la crea­tion mone­taire soit reprise par la societe’ civile, et que cette mon­naie soit pro­duite sans inter­ets, OK. MAIS jus­qu’a quelle limite ? Car une des craintes des oppo­sants a cette idee, c’est l’ar­ri­vee de l’hy­per­in­fla­tion. Ne pen­sez-vous pas que la crea­tion mone­taire denuee d’in­te­rets doit avoir une limite ? En d’autres termes, quel est le taux de crois­sance opti­mum de la masse mone­taire (crois­sance mone­taire sans inter­ets) qui per­met­trait de ne creer ni infla­tion, ni deflation ?

    2. @ Mr. AJ Hol­becq. Le Hic que j’ai avec votre sys­teme, c’est que vous repre­nez le concept de la pra­tique des taux d’in­te­rets. A mon avis, cela risque de creer des inega­lites et/ou des ten­sions sociales. Car meme si les inter­ets sont paye’s a l’E­tat pour etre redis­tri­bue’s aux plus demu­nis ou pour etre affec­te’s aux acti­vi­te’s eta­tiques, il n’en demeure pas moins que dans un tel sys­teme, l’E­tat recla­me­rait plus que ce qu’elle n’ac­corde aux citoyens preteurs.

    A mon avis, l’u­sure est quelque chose a ban­nir com­ple­te­ment de la societe’, banques pri­vees et Etats inclus !

    Si l’E­tat a besoin d’argent, il ya les impots. Mais pas les inter­ets sur emprunts, car ca c’est rela­ti­ve­ment injuste pour les emprun­teurs. Et il ne fau­drait pas consi­de­rer les inter­ets pre­le­ve’s par l’E­tat comme un impot appli­qué aux pre­teurs, car cela vou­drait dire que ces-der­niers paient deux impots au lieu d’un, ce qui est injuste…

    Réponse
  146. A-J Holbecq

    Bon­jour Th-Eco

    1 – La visée de la BCE, en 2001 était d’une crois­sance de masse moné­taire annuelle de 4,5% (2% d’in­fla­tion et 2,5% d’aug­men­ta­tion de PIB)

    La masse moné­taire réelle a cru en réa­li­té de 10% par an, théo­ri­que­ment avec une faible infla­tion (bon, « ils » ont oublié de comp­ter l’in­fla­tion des actifs, mais c’est un autre sujet.)

    Je ne pense pas avoir pro­po­sé qu’il n’y ait pas d’in­té­rêts à payer par les emprun­teurs, hor­mis pour le finan­ce­ment des besoins publics (l’in­té­rêt pour les prêts au pri­vé est un sujet qui nous « divise » avec Étienne :))

    2 – Vous écri­vez  » Car même si les inté­rêts sont payés a l’É­tat pour être redis­tri­bués aux plus dému­nis ou pour être affectes aux acti­vi­tés éta­tiques, il n’en demeure pas moins que dans un tel sys­tème, l’É­tat récla­me­rait plus que ce qu’elle n’ac­corde aux citoyens préteurs. »

    Non, vous ne m’a­vez pas com­pris : Les inté­rêts sur la mon­naie créée par l’E­tat reviennent dans les recettes glo­bales (le gou­ver­ne­ment les dis­tri­bue ensuite comme il veut)

    L’É­tat (les admi­nis­tra­tions publiques), lui, n’a nul besoin d’emprunter au pri­vé puisque c’est sa propre Banque cen­trale qui émets cette monnaie.

    Les taux d’in­té­rêts de mon­naie prê­tée de pri­vé à pri­vé sur une épargne préa­lable sont des contrats pri­vés sur les­quels l’É­tat n’a pas à inter­ve­nir (si ce n’est pour pro­té­ger les faibles)

    Réponse
  147. Th-Eco

    @ AJ-Hol­becq.

    Si si, je vous ai bien compris.

    Si le gou­ver­ne­ment redis­tri­bue comme il veut, il est fort pro­bable qu’une par­tie des inter­ets paye’s par les pre­teurs a l’E­tat iront dans les poches d’autres contribuables…ca, c’est injuste.

    Si ces inter­ets servent plu­tot au finan­ce­ment des inves­tis­se­ments de l’E­tat, c’est tou­jours injuste pour ceux qui ont paye’s ces inter­ets, car ils auront paye’s « 2 impots » au lieu d’un (les impots ordi­naires plus les inter­ets sur leurs emprunts).

    Je vous assure Mr Hol­becq, l’u­sure est un veri­table fleau a ban­nir de la societe’, sous toute ses formes !

    Par ailleurs, per­mettre l’u­sure de par­ti­cu­lier a par­ti­cu­lier est dan­ge­reux ! Car ces prets usu­riers risquent de faire concu­rence aux prets non usu­riers et pol­luer le sys­teme. En effet, l’E­tat ne pour­ra pas pre­ter infi­ni­ment a ceux qui en ont besoin (pour evi­ter l’in­fla­tion). Du coup, cer­tains riches epar­gnants, si on leur laisse faire, risquent de pro­fi­ter pour pro­po­ser des prets usu­riers a ceux qui n’au­ront pas pu obte­nir un pret de l’E­tat. Et ain­si res­sur­gi­ra le pro­bleme d’une dette asphyxiante pour cer­tains citoyens.

    Si Mr. Chouard est contre les taux d’in­té­rêts au prive’, je suis entie­re­ment d’ac­cord avec lui.

    @ Mr. Chouard.

    Je vous ai decou­vert il ya quelques mois. Vous etes un vul­ga­ri­sa­teur enorme ! Comme quoi, « ce qui ce concoit bien s’e­nonce clairement… »
    En par­ti­cu­lier, +1 pour avoir mis au grand jour l’af­faire des « pro­ce­dures legis­la­tives speciales… »

    Th-Eco

    Réponse
  148. A-J Holbecq

    @Th-Eco

    Donc vous consi­dé­rez que, quelle que soit sa forme ou son ori­gine, tout inté­rêt doit être ban­ni (ne par­lons pas d’u­sure, ce n’est pas la même chose).

    Je sup­pose qu’il en est de même pour vous concer­nant les divi­dendes des actions ?

    Per­son­nel­le­ment je ne le pense pas, mais votre posi­tion est tout à fait res­pec­table, mais pour y venir il va fal­loir d’autres argu­ments que ceux que vous me donnez.

    Cor­dia­le­ment – AJH

    Réponse
  149. Th-Eco

    @ A‑J Holbecq

    Disons que je consi­dère plu­tôt que tout inté­rêt sur prêt (=usure) doit être ban­ni. Bien enten­du, les béné­fices que l’on retire d’un tra­vail sont louables (quel­qu’un qui recolte une plus-value sur la fabri­ca­tion d’un nou­vel appa­reil, ou sur la pro­duc­tion de mets plus copieux, …). Bref je pri­vi­lé­gie les retom­bées éco­no­miques d’une acti­vi­té, d’un tra­vail. « Tout ouvrier mérite son salaire », pour­rait-on dire. Par contre, les inté­rêts sur emprunt, c’est de l’argent gagné sans sourciller…et ça, c’est injuste pour ceux qui tra­vaillent pour gagner leur argent.

    Quant aux divi­dendes sur actions, je me pose encore la ques­tion. Les divi­dendes sur les obli­ga­tions, ça, c’est à ban­nir, clai­re­ment (obligations=dettes, donc divi­dendes sur obligations=rentes=usure). Mais je ne sais pas si les divi­dendes sur les actions sont quelque chose de posi­tif, j’y réfléchirai.

    Réponse
  150. Th-Eco

    Par ailleurs, il ya quelque chose que je ne com­prends pas avec la poli­tique anti-infla­tion de la BCE. En effet, d’a­près un théo­rème élé­men­taire d’É­co­no­mie, « Quand on vise une infla­tion nulle, la créa­tion moné­taire sou­hai­table n’est pas nulle, mais égale à la crois­sance du PIB (anti­ci­pée ou sup­po­sée courante). »

    Alors, pour­quoi est-ce que, en 2001, la BCE a d’a­vance visé une crois­sance moné­taire indui­sant une infla­tion de 2% ? Il me semble qu’elle aurait dû viser une créa­tion moné­taire annuelle de 2,5 % (taux de crois­sance annuel anti­ci­pé du PIB). Avez-vous une expli­ca­tion à ce sujet s’il vous plaît ? Merci.

    Th-Eco

    Réponse
  151. A-J Holbecq

    @ Th-Eco

    La BCE visait en 2001 une aug­men­ta­tion de la masse moné­taire de 4,5%, c’est à dire 2% d’in­fla­tion et 2,5% d’aug­men­ta­tion du PIB.

    On sait ce qu’il est adve­nu de ces vœux, les 10% consta­té pen­dant 6 ans au moins ayant favo­ri­sé l’in­fla­tion des actifs (immo­bi­lier en par­ti­cu­lier – lequel n’est pas inclus dans l’In­dice des Prix à la Consom­ma­tion -, avec toutes les consé­quences que l’on sait pour le coût réel de la vie de chacun)

    Réponse
  152. A-J Holbecq

    À pro­pos de l’in­té­rêt sur une épargne exis­tante, vous êtes vous posé la ques­tion de savoir ce qui moti­ve­rait un épar­gnant à prê­ter son épargne ( l’é­pargne est une pri­va­tion de consom­ma­tion immé­diate) à qui que ce soit, avec le risque de ne pou­voir la récu­pé­rer quand il en aura besoin et celui de ne jamais la récu­pé­rer ? (à part la cha­ri­té chrétienne 😉 )

    L’in­té­rêt sur la créa­tion moné­taire « ex nihi­lo  » est un autre sujet.

    Réponse
  153. erreipg

    Depuis la Grèce antique, l’hé­gé­mo­nie est la carac­té­ris­tique de l’en­ti­té qui détient la force suprême, Athène à l’é­poque, les Etats aujourd’hui.

    Toute tran­sac­tion com­mer­ciale ou éco­no­mique se fait entre deux par­ties or, dans l’UE et ailleurs, on n’a de cesse de recher­cher une « réelle concur­rence, non faus­sée ». Quand une des par­ties détient la force suprême, le jeu sub­tile des appels d’offres et des négo­cia­tions com­mer­ciales (ou sociales s’il s’a­git de la rela­tion fonc­tion­naires – l’E­tat-patron) s’é­croulent comme un châ­teau de cartes comme s’é­crou­le­rait la rela­tion com­mer­ciale entre un chef mafieux venant boire une bière dans un bar sous pro­tec­tion et le barman.

    Ain­si, est-il una­ni­me­ment admis au sein de l’UE que l’E­tat ne doit pas être par­tie pre­nante dans ces tan­sac­tions sauf à de rares excep­tions près (armes, fonc­tion­naires de police de jus­tice et quelques autres) et qu’il doit s’ins­ti­tuer en arbitre neutre dans tous les domaines. C’est ain­si qu’on a vu appa­raître le « gen­darme » de la bourse, de l’au­dio­vi­suel, des télé­coms, etc..

    Cette évo­lu­tion n’a rien d’i­déo­lo­gique, elle est par­fai­te­ment iné­luc­table si on veut créer un vaste mar­ché au sein de l’UE. Elle nous est tout bon­ne­ment impo­sée par nos par­te­naires euro­péens ou par le sec­teur pri­vé fran­çais que refuse de se baga­rer éco­no­mi­que­ment contre des « entre­prises » éta­tiques pri­vi­lé­giées par le sou­tien au moins occa­sion­nel de la puis­sance publique.

    En ce qui concerne la créa­tion moné­taire, les idées évo­quées dans ce blog sont à contre cou­rant car elle faus­se­raient gra­ve­ment la concur­rence en favo­ri­sant les acti­vi­tés étatiques.

    C’est vrai qu’il y a un effet de tout ou rien entre le « tout Etat » à la sovié­tique et l’é­ta­blis­se­ment d’un régime de concur­rence non faussée.

    Réponse
  154. NingúnOtro

    A‑J, avant de se deman­der ce qui moti­ve­rait un épar­gnant à prê­ter… deman­dons-nous quelles sont bien les rai­sons qui peuvent le moti­ver à épar­gner, je crois que c’est beau­coup plus impor­tant si nous vou­lons ter­mi­ner par savoir pour­quoi la situa­tion est telle qu’elle est et pas autre.

    Réponse
  155. A-J Holbecq

    @erreipg

    Je ne doute pas qu’a­vec votre vision de la concur­rence, les entre­prises pri­vées pren­dront grand soin des plus faibles et de l’in­té­rêt collectif.

    Dites bon­jour de ma part à vos maîtres, Hayek, Roth­bard et von Mises

    Réponse
  156. A-J Holbecq

    @ Ningú­nO­tro

    Pro­mis, lors d’une nou­velle vie je revien­drai voir cela : des humains qui n’ont abso­lu­ment pas peur de l’a­ve­nir, ni pour eux, ni pour leurs enfants 😉

    Réponse
  157. erreipg

    Réponse à votre com­men­taire 167

    Au niveau de la légis­la­tion de l’UE, la notion de « Ser­vice publique » n’existe plus. Elle est rem­pla­cée par les « Ser­vices d’in­té­rêt général »

    C’est à chaque Etat de défi­nir les domaines où il sou­haite ins­ti­tuer ces Ser­vices d’in­té­rêt géné­ral et de les finan­cer par l’im­pôt. Par exemple, l’I­ta­lie en a défi­ni 17. En France, c’est beau­coup moins clair en rai­son de la charge idéo­lo­gique por­tée par cette question.

    Par exemple, la dis­tri­bu­tion du cou­rier sur tout le ter­ri­toire, dont il est cer­tain qu’elle serait négli­gée par le sec­teur pri­vé dans les zones les plus recu­lées, fait l’ob­jet d’un appel d’offre, cahier des charges à la clé, et est finan­cée par l’E­tat (ou les Col­lec­ti­vi­tés locales).

    Pour l’aide aux plus faibles, il ne faut certes pas comp­ter sur le sec­teur pri­vé. Là aus­si, seul l’E­tat et les Col­lec­ti­vi­tés locales dis­posent des moyens de coer­ci­tion néces­saires pour cali­brer et orien­ter les res­sources de l’im­pôt vers des direc­tions « natu­rel­le­ment » délais­sées par les inté­rêts privés.

    Tout cela est conte­nu dans les Trai­tés de L’UE, tra­duit dans les Direc­tives et lar­ge­ment retra­duit par le Par­le­ment fran­çais…). C’est donc un débat du pas­sé. Il serait temps qu’on s’en rende compte.

    Réponse
  158. Th-Eco

    A defaut de le trans­mettre a l’E­tat, Il fau­drait donc peut-etre limi­ter le pou­voir de crea­tion mone­taire des banques. Je veux dire, il serait inter­es­sant que les banques d’un Etat ne puissent pas avoir le droit d’emettre une quan­tite’ de mon­naie super­ieure a la crois­sance du PIB de l’E­tat en ques­tion. Cela ne regle­rait pas le pro­bleme de la dette impayable, mais au moins cela per­met­trait de mieux lut­ter contre l’inflation…(mieux meme que la poli­tique des taux d’in­te­rets des banques centrales).
    @ A‑J Holbecq
    Vous n’etes pas la 1e per­sonne que je vois uti­li­ser l’ar­gu­ment du « risque » pour jus­ti­fier l’u­ti­li­sa­tion des inter­ets sur les emprunts. Certes, il ya un risque que l’emprunteur ne rem­bourse pas le pret contracte’. MAIS appli­quer des inter­ets sur le pret ne fai­rait qu’aug­men­ter le « risque » de defaut de paie­ment, au lieu de le combattre…A votre avis, est-il plus facile de rem­bour­ser 200.000 euros, ou 200.000+50.000=250 000 euros ?? Non, le com­bat contre le risque de defaut de paie­ment ne passe pas par l’a­jout d’un inter­et non merite’, mais par l’ap­pli­ca­tion de condi­tions de prets aus­si rigou­reux que pos­sibles (taux d’en­det­te­ment bas, reve­nus fixes du pre­teur, uti­li­sa­tion even­tuel d’un gua­rant, pro­jet rai­son­na­ble­ment ren­table, etc…).
    De plus, le ser­vice du cre­dit devrait etre un « ser­vice » et non un marche’ a pro­fit. Si un epar­gnant ne veut pas pre­ter sans inter­et son argent, qu’il ne le fasse pas … Que l’E­tat le fasse, je pense. Pre­ter de l’argent (sans inter­et) devrait etre une aide sociale accorde’ aux emprun­teurs, afin que ces-der­niers puisse se lan­cer dans des pro­jets ren­tables pour la societe’ mais dont le cout de lan­ce­ment est hors de leur por­tee. Quel bene­fice l’E­tat en reti­re­rait de pre­ter ain­si ? Beh l’E­tat aurait le plai­sir d’a­voir des citoyens entre­pre­nants, qui cherchent a pro­duire des pro­jets dont bene­fi­cie­ra de toute facon l’E­tat, en bout de ligne (moins de cho­meurs, moins d’as­sis­te’s sociaux, plus de tra­vailleurs, …). En plus, les emprun­teurs ont tou­jours l’o­bli­ga­tion de rem­bour­ser, mais sans inter­ets. Le pret, ce n’est pas un « don » ou un « cadeau » (puis­qu’il ya rem­bour­se­ment en bout de ligne), mais a court terme, c’est une « aide ».

    Th-Eco

    Réponse
  159. erreipg

    Réac­tion au com­men­taire 171 de Th-Eco

    Pen­sez-vous vrai­ment que nos par­te­naires com­mer­ciaux de l’UE et d’ailleurs nous lais­se­raient faire sans réagir par exemple en fer­mant leurs fron­tières à nos produits ?

    M’en­fin !

    Réponse
  160. gilles

    à erreipg, les déci­sions éco­no­miques prises par les acteurs éco­no­miques ne sont pas « natu­relles », elles résultent de choix poli­tiques préa­lables. Ce sont les hommes qui défi­nissent ce qui doit être dans le mar­ché et dans la concur­rence et ce qui doit être en-dehors, il n’y a pas de « natu­rel­le­ment » qui tienne. Le sys­tème UE que nous connais­sons aujourd’­hui avec sa concur­rence non-faus­sée a été l’ob­jet d’une construc­tion poli­tique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. 
    Pierre Men­dès France disait en 1957 : « Le pro­jet du mar­ché com­mun tel qu’il nous est pré­sen­té est basé sur le libé­ra­lisme clas­sique du XXème siècle selon lequel la concur­rence pure et simple règle tous les pro­blèmes. L’abdication d’une démo­cra­tie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dic­ta­ture interne par la remise de tous les pou­voirs à un homme pro­vi­den­tiel, soit à la délé­ga­tion de ses pou­voirs à une auto­ri­té exté­rieure, laquelle au nom de la tech­nique exer­ce­ra en réa­li­té la puis­sance poli­tique , car au nom d’une saine éco­no­mie on en vient aisé­ment à dic­ter une poli­tique moné­taire, bud­gé­taire, sociale, fina­le­ment une poli­tique au sens le plus large du mot, natio­nale et internationale. » 

    Qu’au nom d’une saine éco­no­mie, qu’on cesse de nous dic­ter les choix que nous avions choi­si en 1992 avec Maas­tricht, depuis nous avons voté non au TCE et je serai prêt à parier que les Fran­çais ne vote­raient plus oui à ce trai­té à 51,04 %, mais bien non. Chiche pour un réfé­ren­dum ! Mais c’est vrai, les oli­garques euro­péistes sont de très grand démo­crates, __ils ne tiennent compte des réfé­ren­dums que quand on est d’ac­cord avec eux
    .__

    Il y a déjà des pré­cé­dents concer­nant les retraits de cer­tains trai­tés, en l’oc­cur­rence, pre­miè­re­ment celui du Groen­land qui s’est reti­ré de plu­sieurs trai­tés du sys­tème UE en obte­nant des contre­par­ties concer­nant les pêches mari­times, deuxiè­me­ment celui de la Suisse qui fait par­tie de l’es­pace Schen­gen depuis le 29 mars 2009 sans faire par­tie de l’UE. Donc, il a été pos­sible et il sera pos­sible pour des diplo­mates che­vron­nés de négo­cier intel­li­gem­ment une sor­tie de l’UE tout en gar­dant les garan­ties néces­saires que sou­haite le peuple fran­çais. Ceci grâce à l’AR­TICLE 50 DE LA VERSION CONSOLIDÉE DU 9 MAI 2008 DU TRAITÉ SUR L’UNION EUROPÉENNE

    1. Tout État membre peut déci­der, confor­mé­ment à ses règles consti­tu­tion­nelles, de se reti­rer de l’Union.

    2. L’É­tat membre qui décide de se reti­rer noti­fie son inten­tion au Conseil euro­péen. À la lumière des orien­ta­tions du Conseil euro­péen, l’U­nion négo­cie et conclut avec cet État un accord fixant les moda­li­tés de son retrait, en tenant compte du cadre de ses rela­tions futures avec l’U­nion. Cet accord est négo­cié confor­mé­ment à l’ar­ticle 218, para­graphe 3, du trai­té sur le fonc­tion­ne­ment de l’U­nion euro­péenne. Il est conclu au nom de l’U­nion par le Conseil, sta­tuant à la majo­ri­té qua­li­fiée, après appro­ba­tion du Par­le­ment européen.

    3. Les trai­tés cessent d’être appli­cables à l’É­tat concer­né à par tir de la date d’en­trée en vigueur de l’ac­cord de retrait ou, à défaut, deux ans après la noti­fi­ca­tion visée au para­graphe 2, sauf si le Conseil euro­péen, en accord avec l’É­tat membre concer­né, décide à l’u­na­ni­mi­té de pro­ro­ger ce délai.

    4. Aux fins des para­graphes 2 et 3, le membre du Conseil euro­péen et du Conseil repré­sen­tant l’É­tat membre qui se retire ne par­ti­cipe ni aux déli­bé­ra­tions ni aux déci­sions du Conseil euro­péen et du Conseil qui le concernent.
    La majo­ri­té qua­li­fiée se défi­nit confor­mé­ment à l’ar­ticle 238, para­graphe 3, point b), du trai­té sur le fonc­tion­ne­ment de l’U­nion européenne.

    5. Si l’É­tat qui s’est reti­ré de l’U­nion demande à adhé­rer à nou­veau, sa demande est sou­mise à la pro­cé­dure visée à l’ar­ticle 49.

    Ici, l’en­tre­tien de la rédac­tion du site Geo­po­lin­tel avec Pierre Cha­rasse, ambas­sa­deur, sur le peu de per­ti­nence dans le futur de l’u­nion européenne

    Réponse
  161. A-J Holbecq

    @Th-Eco

    Je jus­ti­fie l’in­té­rêt non pas de votre point de vue très res­pec­table et très per­ti­nent lorsque vous arguez que avec inté­rêt la somme somme glo­bale à rem­bour­ser est plus éle­vée et donc plus difficile..

    J’es­saye seule­ment de me mettre dans la peau d’un épar­gnant : dites moi quel « inté­rêt » il aurait de prê­ter son épargne sans inté­rêts, compte tenu des risques qu’il prends (infla­tion qui lui fera perdre de son pou­voir d’a­chat, risque de non remboursement) ?

    Je ne suis pas « blo­qué » sur ce sujet , et je suis prêt à écou­ter tous les arguments.

    Réponse
  162. Th-Eco

    @ A‑J Holbecq
    Vous dites : « dites moi quel « inté­rêt » il le pre­teur aurait de prê­ter son épargne sans inté­rêts, compte tenu des risques qu’il prends … » ?
    Je vous repon­drais par une autre question :
    Dites moi quel « inter­et » vous obte­nez lorsque vous « aidez » gra­tui­te­ment et volon­tai­re­ment un conci­toyen ou un proche ?
    Je le repete, le ser­vice du cre­dit devrait etre une « aide » sociale (un peu a l’i­mage des aides sociales accor­dees dans le cadre des allo­ca­tions au cho­mage, a la retraite, etc…). Mr. Hol­becq, vous payez des impots, et une par­tie de ces impots sert a « aider » les retrai­te’s, les per­son­nages agees. Quel « inter­et » avez vous de « don­ner » (je ne dis meme pas « pre­ter ») une par­tie de vos reve­nus a des retrai­te’s ? Beh c’est un peu a l’i­mage du ser­vice du pret. Je le consi­dere comme devant etre une « aide sociale ». Et cela ne demande pas for­ce­ment a des citoyens de le faire de facon directe. Cela peut se faire indi­rec­te­ment, l’in­ter­me­diaire etant l’E­tat (comme dans le cas des aides au retrai­te’s, aux cho­meurs, …). Sauf que dans le cas des prets, le bene­fi­ciaire de l’aide est dans l’o­bli­ga­tion de rem­bour­ser inte­gra­le­ment la somme pre­tee (pas 1centime de plus, pas un cen­time de moins).
    Cer­tains vont peut etre pen­ser que cela va entrai­ner une hausse dras­tique des impots. Mais la hausse induite des impots induite par le ser­vice du pret serait a mon avis infe­rieure a la baisse des impots ou des pertes finan­cieres resul­tant d’une annu­la­tion com­plete des taux d’in­te­rets sur tout emprunt!!! Ce qui fait qu’en fai­sant le bilan des deux ope­ra­tions, c’est la majo­rite’ des citoyens qui en res­sor­ti­rait gagnante.

    Par ailleurs, concer­nant votre argu­ment sur l’in­fla­tion. Dans un sys­teme sans taux d’in­te­rets, et ou la crea­tion mone­taire est limi­tee par la crois­sance du PIB, l’in­fla­tion serait faible, proche de zero…

    Réponse
  163. A-J Holbecq

    Th-Eco

    Je com­prends bien votre réflexion qui assi­mile le prêt per­son­nel à un don. Je l’ad­mets tout à fait, et rien, actuel­le­ment, n’in­ter­dit à qui­conque de prê­ter son épargne sans inté­rêt, et même d’en faire cadeau sans deman­der de rem­bour­se­ment. Donc, pour moi, votre démons­tra­tion concer­nant le prêt d’une épargne indi­vi­duelle préa­lable ne tient pas : vous ne pou­vez obli­ger per­sonne à prê­ter son épargne si elle ne le veut pas, et je pari qu’il n’y aurait, sous cette forme, que très peu de prêts.

    L’autre ver­sant est le cré­dit public envers un par­ti­cu­lier. Oui, mais « pour­quoi » en faire ? Est ce sans régle­men­ta­tion, sans limite, pour n’im­porte quel usage ?

    Là je pose une autre ques­tion : quelle est la « légi­ti­mi­té » de l’E­tat à prê­ter des deniers publics qu’il obtient par l’impôt ?
    Je sais que vous allez me dire que de toute façon ce prêt sera rem­bour­sé dans 10 ou 20 ans (on ne tiens pas comptes des aléas); exact… mais en atten­dant c’est de la mon­naie sup­plé­men­taire qui est émise et même si je ne suis pas un « moné­ta­riste », je sais que trop de mon­naie (même sans inté­rêts) va créer à un cer­tain moment, de l’in­fla­tion (n’ou­bliez pas que la mon­naie émise doit être, à un cer­tain moment, détruite)… ce qui ren­voi à la ques­tion pré­cé­dente : pour quel usage ?

    S’il n’y a pas de rem­bour­se­ment, c’est la col­lec­ti­vi­té qui, par ses impôts, va devoir rem­bour­ser en lieu et place de l’emprunteur.

    Mais il est vrai que pour le moment, je le recon­nais, dans le cas d’un prêt« col­lec­tif » au béné­fice du « pri­vé », je n’ai pas d’ar­gu­ment fort concer­nant la néces­si­té des intérêts.

    (le lien sur « le pré­teur » ne fonc­tionne pas)

    Réponse
  164. Julien

    Une solu­tion est abor­dée dans cette confé­rence, sur le même com­bat que le vôtre :

    http://​dot​sub​.com/​v​i​e​w​/​0​e​3​8​4​a​e​c​-​6​a​3​b​-​4​6​b​5​-​a​e​7​e​-​1​2​5​0​e​b​b​a​4​794

    Mer­ci Étienne, de com­mu­ni­quer sur ce sujet, j’a­vais l’im­pres­sion d’être seul, les gens ne sont pas édu­qués à se remettre en ques­tion ou à remettre en ques­tion leur ins­ti­tu­tions, il faut com­mu­ni­quer, il faut trou­ver des poli­tiques res­pon­sables pour en par­ler à la télé, il faut tou­cher plus large.

    Cette arnaque moné­taire qui se réper­cute dans chaque aspect de nos vies est de loin le pro­blème le plus impor­tant que le monde connaît aujourd’­hui, il cause la misère, la guerre, la famine, la pol­lu­tion indus­trielle, la cor­rup­tion, la pri­son, la police, les lois inutiles, cela freine le pro­grès scien­ti­fiques, la recherche médi­cale ! TOUT TOUT TOUT ! il faut que les gens se réveillent bon sang !!!!

    Ce n’est pas de l’i­déo­lo­gie, c ‘est mathématique.

    À quoi ça sert, de décer­ner des prix Nobel, ce monde frise le ridicule.

    Réponse
  165. NingúnOtro

    « Par ailleurs, concer­nant votre argu­ment sur l’in­fla­tion. Dans un sys­teme sans taux d’in­te­rets, et ou la crea­tion mone­taire est limi­tee par la crois­sance du PIB, l’in­fla­tion serait faible, proche de zero… »

    Une façon de voir la pro­fon­deur du pro­blème est bien la… le lien entre créa­tion moné­taire et PIB. Car les résul­tats des entre­prises finan­cières pèsent lourd dans le PIB de quelques pays « pirates » de la finance. On dirait qu’ils créent du PIB ex-nihilo.

    Réponse
  166. Julius

    J’ai pas lu tout les com­men­taires mais j’ai bien étu­dié éga­le­ment le pro­blème du sys­teme moné­taire en long et en large depuis plu­sieurs semaines.

    Pour moi cela ne sert a rien de par­ler dans le détail, tant que le pro­ces­sus de créa­tion moné­taire est l’af­faire du pri­vé qui applique un taux d’interet.

    Meme si faible soit-il, il abou­ti­ra inévi­ta­ble­ment à des créances non rem­bour­sé, donc à des saisies.

    Extra­po­lons … des sai­sies, de la pau­vre­té, de la misère en géné­ral, des expulsions.
    Après çà, de la cri­mi­na­li­té, du busi­ness alter­na­tif, de la prison.

    Plus la dette d’un état est ele­vé, plus la dif­fé­rence entre les riches et les pauvres est grandes.
    Et tout ce que cela engendre.

    La nature meme du sys­teme moné­taire creer invé­ti­ble­ment tout cela, c ‘est de l’arithmétique.

    La dette aug­mente et n’as pas de limite, je n’en dirait pas autant du PIB, tout les pays d’eu­rope feront faillite, c’est évident.

    L’eu­rope à dit « Pas plus de 60% du PIB ! »
    Moi je dit « ha ha ha ! »

    Il faut rigo­ler, il nous reste plus que ça !

    Réponse
  167. yéti

    La grande décou­verte des masses moné­taires M0, M1, M2 .… ?

    L’al­ter­na­tive au taux d’intérêt est la dictature !

    Les huma­nistes-com­mu­nistes-fas­cistes bobo me font chier !

    « Le libé­ra­lisme poli­tique qui me sou­met à l’É­tat, le socia­lisme qui me subor­donne à la Socié­té, et l’ huma­nisme … qui me réduit à n’être plus qu’un rouage de l’hu­ma­ni­té ne sont que les der­nières incar­na­tions du vieux sen­ti­ment chré­tien qui tou­jours sou­met l’in­di­vi­du à une géné­ra­li­té abs­traite ; ce sont les der­nières formes de la domi­na­tion de l’es­prit, de la Hié­rar­chie. … Ma pro­prié­té est ce qui est en mon pou­voir ; mon droit, s’il n’est pas une per­mis­sion que m’ac­corde un être exté­rieur et « supé­rieur » à moi, n’a d’autre limite que ma force et n’est que ma force. Mes rela­tions avec les hommes, que nulle, puis­sance reli­gieuse, c’est-à-dire exté­rieure, ne peut régler, sont celles d’é­goïste à égoïste : je les emploie et ils m’emploient, nous sommes l’un pour l’autre un ins­tru­ment ou un enne­mi. » Max Stir­ner ‘L’ Unique et sa pro­prié­té’ 1845

    http://​clas​siques​.uqac​.ca/​c​l​a​s​s​i​q​u​e​s​/​s​t​i​r​n​e​r​_​m​a​x​/​u​n​i​q​u​e​_​p​r​o​p​r​i​e​t​e​/​S​t​i​r​n​e​r​_​u​n​i​q​u​e​_​p​r​o​p​r​i​e​t​e​.​pdf

    Réponse
  168. glami

    Il est encore pos­sible de mon­ter dans le train en marche de la connais­sance finan­cière en lisant « Le tra­vail et l’u­sure » et « Les secrets de la Banque fédé­rale », aux édi­tions d’A­lain Soral. Cela per­met de per­ce­voir l’es­sen­tiel, bien simple, dans la fumée de la complexité.

    Réponse
  169. methode aux paris sportifs

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  170. EFFAB

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    Moi qui n’ai pas la télé, j’ai­me­rais savoir : ce qu’il faut de sub­ver­sion ou non langue de bois ?…

    Sinon, pour rebon­dir sur un nom ci-là évoqué…

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​O​O​7​9​W​0​8​l​lw0

    On trouve vrai­ment de tout sur Inter­net !… comme on pour­rait par­ler de cette pré­ten­tion comme de cette puis­sance que peut don­ner tout pou­voir et toute noto­rié­té chez cer­tains, le tout favo­ri­sé par cette socié­té ultra-mar­chande et capi­ta­liste à l’extrême !

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