La droite n’est plus ce qu’elle était
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’unité républicaine consolidée par l’opposition au fascisme et au nazisme avait changé la nature du conflit gauche droite : il s’agissait non plus d’éliminer l’adversaire, mais de vivre avec lui et de constituer une communauté politique pacifiée par des compromis sociaux et par le progrès économique. Cette propension pacifique fut renforcée par la compétition stratégique et idéologique de l’Occident avec l’URSS : il fallait persuader la classe ouvrière que le capitalisme tempéré par l’État-providence était de loin préférable au modèle soviétique.
Ainsi, il y a peu encore, nous vivions dans une société dont les traits principaux ont été façonnés dans l’après-guerre par un compromis entre des conservateurs, des libéraux, des démocrates-chrétiens, des radicaux, des socialistes, des communistes… Bref, un ensemble de forces divergentes, mais néanmoins liées a minima par un pacte social et républicain, par le souci de repousser le cauchemar de la guerre civile et de la guerre tout court, celle qui avait anéanti l’Europe. La génération de mes grands-parents et celle de mes parents savaient que le jour où l’on ne parvient plus à faire société au-delà des divergences d’intérêts, de croyances, et de convictions, le jour où l’on ne constitue plus un peuple solidaire où chacun a la garantie de trouver sa place et l’espoir d’améliorer son sort, alors ce sont la peur et la haine qui nous gouvernent avant de nous détruire.
Hélas, cette leçon de l’histoire semble à présent oubliée. Depuis plus de vingt ans, le pacte social et républicain qui nous a procuré la paix civile subit les coups de boutoir d’une nouvelle droite déterminée à l’abattre. Tirant profit d’un bouleversement des rapports de force à la charnière des années 1970–1980, une nouvelle génération politique est décidée à annuler toutes les concessions progressistes jusqu’alors consenties par peur de la guerre civile et de l’ennemi soviétique. Insidieuse, dissimulée et marginale à l’origine, cette entreprise destructrice est désormais manifeste, revendiquée et dominante au sein de la nouvelle droite au pouvoir ; elle entre à présent dans sa phase terminale où le marché doit se substituer au service public, où l’assurance privée doit remplacer la Sécurité sociale, où le contrat libre doit primer sur la loi, où le risque est une « valeur » et la protection une faiblesse, où l’Europe de la libre concurrence doir écarter la perspective d’une Europe politique…
J’imagine que la plupart des électeurs de droite ne voient dans cette orientation rien d’autre que la continuation d’une logique ancienne adaptée au contexte de la mondialisation de l’économie de marché. Ce faisant, ils ne prennent pas la mesure de la « rupture » désormais revendiquée par la nouvelle droite : rupture de l’équilibre entre le principe de libre concurrence et le principe de coopération solidaire. Or, rompre cet équilibre au profit du premier principe, c’est bouleverser en profondeur notre modèle de civilisation et faire basculer la société vers une « dissociété » qui dresse les individus les uns contre les autres, favorise le repli communautaire et l’intégrisme religieux, nourrit la violence incivile et devient finalement ingouvernable dans une dérive autoritaire du pouvoir. Cela, que j’ai déjà amplement démontré dans La Dissociété (Seuil, oct. 2006), constitue au fond l’essence du « danger » dont il sera question dans ce livre.
L’électeur de droite doit comprendre ici l’effet qu’une telle perspective produit pour un homme ou une femme de gauche : exactement l’effet que lui ferait une nouvelle gauche dont le programme serait d’éradiquer le principe de libre concurrence au profit d’une « hypersociété » où règnerait la seule coopération collective organisée par l’État. Il prendrait cela comme une déclaration de guerre et considèrerait qu’il n’a plus rien de commun avec ceux qui lui adressent une telle déclaration. Si nous avons échappé à la guerre civile dans la seconde moitié du XXe siècle, c’est précisément parce que nos grands-parents ont convenu de chercher un équilibre entre principe de concurrence et principe de coopération, entre marché et État, entre initiative privée et service public. Cet équilibre peut varier selon l’évolution des rapports de force et des priorités sociales. Mais le principe même de cet équilibre ne peut être remis en cause sans réveiller la violence qu’il vise à contenir.
Or c’est justement à cette remise en question que procède désormais la droite. Celle-ci engage une rupture avec les compromis fondamentaux qui ont permis la mutation de la violence politique en débat politique. Cette droite n’est plus seulement l’adversaire d’une gauche animée par une autre conception des politiques publiques, elle est désormais l’ennemi de la communauté politique qui nous constitue en peuple solidaire. Car la nouvelle droite entend profiter du nouveau rapport de forces engendré par l’effondrement de l’ennemi soviétique, et par la mondialisation du capitalisme libéral, pour imposer une victoire totale de ses idées.
(…) Je sais qu’une telle menace paraît bien abstraite au lecteur incrédule qui n’a pas encore perçu la mutation de la droite. (…)
L’illusion persistante sur les finalités de la droite
Mais beaucoup d’acteurs et de commentateurs du débat public conçoivent encore l’enjeu des élections avec l’ancienne grille de lecture désormais totalement obsolète. Ainsi, on met en balance une droite plus soucieuse de réalisme économique et de la performance des entreprises et une gauche plus préoccupée par la redistribution des droits sociaux ; une droite survalorisant la sécurité et privilégiant la répression de la violence et une gauche plus attachée à la prévention et à l’éducation ; une droite fidèle à la Ve République et une gauche aspirant à une démocratie plus parlementaire et participative ; une droite visant une Europe libérale face à une gauche en quête d’Europe sociale. L’alternative en jeu dans l’élection opposerait donc deux conceptions différentes de la politique économique, de l’ordre public, de l’Europe et de la démocratie, deux chemins différents en quête de finalités au fond conciliables.
Armé de cette grille de lecture, l’électeur de droite suppose habituellement que, quelle que soit éventuellement la générosité des idées de gauche, la droite présente l’avantage d’être plus réaliste et donc plus compétente pour assurer au moins la prospérité et l’ordre public. Or ce sont là une contrevérité et un contresens absolus. Une contrevérité, car les faits démontrent l’impuissance de la droite européenne et française en matière d’économie et de sécurité et sa propension à provoquer marasme, chômage et montée des violences. Un contresens, car cette façon de concevoir l’enjeu du vote se méprend totalement sur les objectifs poursuivis par la nouvelle droite. Sauf à supposer une incompétence vertigineuse, on ne comprend pas pourquoi la droite européenne mène systématiquement des politiques nuisibles pour l’économie, l’emploi et la sécurité publique. Il me semble plus raisonnable d’émettre l’hypothèse que ces politiques révèlent à quel point la droite se fiche de la croissance, de l’emploi et de la sécurité : elle accomplit en réalité son projet de transformation sociale, tant qu’elle tient le pouvoir, et quoi qu’il en coûte à la génération qui subit l’accouchement d’une nouvelle société aux antipodes du modèle de l’après-guerre.
À quelle société rêve donc la droite ?
La droite ne vise plus une démocratie de marché efficace qui surmonte les tensions sociales par la prospérité générale. Elle vise la dissociété des individus livrés à la guerre économique, privés de tout pouvoir pour orienter collectivement leur destin, disciplinés par la peur ou la pression morale de leur « communauté », au prix, le cas échéant, d’une restriction croissante des libertés publiques. Elle est néolibérale par sa volonté d’étendre la sphère du marché libre à quasiment toutes les activités. Elle est néoconservatrice par sa propension à sacrifier les libertés au nom de l’ordre ; l’ordre qui devient en effet un problème majeur dans un univers de compétition sans frein entre les individus.
Nicolas Sarkozy ne cache d’ailleurs pas son admiration pour l’administration Bush, qui est la plus avancée dans l’accomplissement [chez les autres… ÉC] d’un modèle à la fois néolibéral et néoconservateur. Ce projet est en réalité contraire aux intérêts du plus grand nombre, y compris ceux de l’immense majorité des électeurs de droite. Je montrerai donc comment et pourquoi le projet idéologique et la pratique politique de la nouvelle droite détruisent les perspectives de progrès économiques et social, maximisent l’insécurité, menacent la paix civile et bafouent la démocratie.
(…)
2 La droite contre l’économie et le progrès social
L’économie est assurément le domaine dans lequel la droite affiche avec le plus de condescendance la certitude de sa supériorité absolue sur une gauche archaïque. Le fondement de cette belle assurance consiste en une suite de lieux communs que l’on peut résumer ainsi :
« La gauche veut toujours soutenir la demande de consommation, alors que c’est l’offre qu’il faut stimuler : elle veut toujours réglementer alors que c’est la flexibilité qui est nécessaire ; la gauche veut redistribuer alors qu’il faut créer des richesses ; elle assiste les pauvres et les chômeurs quand il faudrait les inciter à l’effort et au travail ; face aux mutations du monde et de l’économie, la gauche ne pense qu’à la protection alors que seule l’exposition à la libre concurrence nous force d’être compétitifs : et, pour finir, la gauche finance ses politiques inefficaces à grand renfort de déficits publics et de prélèvements obligatoires quand il faudrait au contraire alléger le poids encombrant des charges fiscales et sociales et désendetter le pays. Bref, la gauche a peut-être des intentions généreuses, mais elle reste pétrifiée par des préjugés idéologiques (de vieilles lune keynésiennes ou marxistes) à mille lieues des réalités économiques, et son interventionnisme a pour seul effet de gaspiller l’argent public et de pénaliser ceux qui créent des richesses. La droite au contraire, ne « fait pas d’idéologie », elle est simplement réaliste et c’est ce qui fait toute la différence. »
La différence est en effet colossale entre le bilan économique de la droite au pouvoir et celui de la gauche : celui de la première est lamentable.
La vertigineuse incompétence économique de la droite
Les gouvernements Raffarin-Sarkozy puis Villepin-Sarkozy avaient pourtant tout pour réussir puisque, outre leur parfaite maîtrise d’une doctrine économique réputée supérieure, ils se trouvaient confrontés à un environnement très favorable.
(…)
Or, dans ce contexte on ne peut plus aidant, la droite réussit l’exploit de cumuler croissance molle, montée des déficits publics, hausse de la dette publique, aggravation du chômage, décrue massive des créations d’emplois… Elle annonçait une conduite plus efficace de l’économie et une gestion plus rigoureuse des finances publiques qui garantirait son succès dans la lutte contre le chômage. À l’arrivée, c’est un fiasco complet.
(…)
Ça fait vingt ans qu’on empile les mesure d’exonération de charges au nom de l’emploi, et n’importe quel béotien en économie devrait désormais savoir que ces mesures viennent surtout nourrir les marges financières des grandes entreprises, qui les réinvestissent dans des placements financiers ou dans leur développement à l’étranger. Tout le monde sait également que l’argent public rendu principalement aux 10% de Français les plus riches ne stimule pas la demande pour « la PME du coin » : soit il vient gonfler la spéculation financière ou immobilière, soit il simule la demande de voiture allemandes, d’écrans plasma et autres innovations high tech fabriquées à l’étranger.
(…)
Cinq ans pour rien : Ou juste pour démontrer l’inconsistance de la stratégie néolibérale face au chômage, et la vraie crispation idéologique d’une droite qui refuse toujours de reconnaître un simple fait : les politiques de soutien de la demande et d’aides directes à l’emploi sont plus efficaces que les politiques de redistribution en faveur des hauts revenus et des détenteurs du capital.
(…)
La gestion calamiteuse des finances publiques
Cette politique antisociale et antiéconomique n’a même pas l’excuse libérale ordinaire d’avoir constituer un sacrifice nécessaire pour restaurer les comptes publics « dégradés par le laxisme des socialistes » et pour respecter nos engagements vis-à-vis de l’Union européenne. En cette matière aussi, la droite est pitoyable. Sous le gouvernement Jospin, (…)
La gabegie d’argent public est donc en réalité une maladie de droite. La droite fait des économies dans tous les domaines où il faudrait dépenser plus (recherche, éducation, politiques de l’emploi…) pour en faire cadeau aux ménages les plus riches et gonfler les marges financières des entreprises qui, en contrepartie, ne développent ni l’emploi ni l’investissement dans le pays. Les économies réalisées ne réduisent pas les déficits publics ; elles les aggravent au contraire d’autant plus qu’elles se traduisent par un recul de l’emploi et de la demande, ce qui ampute les recettes fiscales et alourdit les aides sociales. Alors, afin de limiter l’envolée de la dette sans remettre en cause les cadeaux fiscaux aux riches, il faut relever les autres prélèvements obligatoires. Voilà pourquoi la droite, qui promettait d’alléger le « fardeau » de l’impôt, l’a en fait alourdi, mais pas pour tout le monde… ou plutôt si, pour tout le monde à l’exception d’une minorité de privilégiés. Voilà comment la droite réussit à échouer sur tous les plans à la fois.
Pour masquer cette gabegie d’argent public au profit d’intérêts très privés, le gouvernement s’efforce de maquiller une partie des déficits et des dettes qu’il accumule. Ainsi, grâce à la loi Raffarin sur la décentralisation, l’État s’est défaussé d’une partie de son déficit en transférant de nouvelles compétences aux collectivités locales sans transfert des recettes fiscales correspondantes. Il s’ensuit une hausse des taxes locales, ce qui autorise un gouvernement qui ne manque pas de culot à rendre les élus locaux responsables de la hausse des prélèvements obligatoires. Ainsi encore, la Cour des comptes ne cesse de dénoncer l’artifice qui consiste à réduire le déficit comptable de l’État en ne payant pas ses dettes à la Sécurité sociale. Et, enfin pour tenter de contenir la progression de la dette, on privatise n’importe quoi et n’importe comment, dans le seul but de renflouer la caisse de l’État en dilapidant le patrimoine commun des Français.
(…)
Au total, donc, puisqu’il faut être « réalistes », nous ressasse-t-on, soyons-le vraiment en dressant le bilan économique et social de la droite : la droite est nulle pour l’emploi, nulle pour la croissance, nulle pour la gestion des finances publiques !
Ce n’est pas là une surprise pour qui connaît un peu la science économique, puisque la rhétorique économique néolibérale qui inspire la droite est insensée, et d’ailleurs mise en échec pratique depuis trente ans qu’elle tente de s’imposer dans le monde.
L’indigence théorique du néolibéralisme
Le néolibéral est un croyant. Il met sa foi dans le marché libre de toute entrave, dans la libre concurrence, le libre échange, la flexibilité, car « le marché et la libre compétition satisfont au mieux les besoins de la population et évitent les gaspillages », pense-t-il. Il croit aussi à l’individu seul responsable de lui-même et guidé par son propre intérêt, qui lui commande d’être performant dans un univers concurrentiel, et tire-au-flanc dans un environnement coopératif et solidaire. Voilà pourquoi il est nécessaire de déréglementer, de libéraliser, de flexibiliser, de privatiser, d’étendre à toutes les sphères de l’activité la magie du marché et les « vertus de la concurrence ». Voilà pourquoi il est salutaire de favoriser une répartition inégalitaire des revenus et du patrimoine : plus l’avantage dévolu aux gagnants est élevé, plus forte est l’incitation à se battre pour gagner. Tel est le credo de la religion néolibérale. Le néolibéral mène la guerre sainte et permanente contre les hérétiques qui défendent le rôle de l’État, jugent la coopération supérieure à la compétition, prônent la réduction des inégalités et l’impôt progressif, etc., bref, contre tous ceux qui ne croient pas aux « lois naturelles de l’économie », ont l’illusion que la politique peut changer l’histoire et imaginent même que les êtres humains aiment mieux faire société que se faire la guerre.
Le néolibéral est un drôle de croyant ou un sacré menteur, c’est selon. Drôle de croyant car, souvent, le néolibéral est athée, matérialiste, rationaliste, et, toujours, il pense que sa religion n’en est pas une ; il est persuadé de se conformer à des lois naturelle bien établies par la science : il ne sait pas qu’il « croit », il croit qu’il « sait ». Sacré menteur car, souvent aussi, le néolibéral (pas le même bien sûr) sait bien que son discours n’est qu’une théologie du marché réfutée par la science et seulement destinée à satisfaire les intérêts très privés de ses promoteurs. C’est là une difficulté sur laquelle je reviendrai plus loin : il est malaisé de décider si le néolibéral est un obscurantiste crétin ou un machiavélique génie de la manipulation. Une chose est sûre : son discours, qu’il y croie vraiment ou non, est un tissu de non-sens économiques, tous réfutés par la science économique.
Trois siècles de recherche économique ont, en effet, tout de même accouché de quelques résultats bien établis. Je les ai recensés dans Les vrais lois de l’économie (Seuil, tome 1 en 2001 et tome 2 en 2002), sous une forme accessible à tout honnête citoyen, pour son édification sur le fondement des « lois naturelles » chères aux néolibéraux. Il y apparaît notamment et en vrac que : les lois de l’économie ne sont pas « naturelles » mais sociales et politiques, c’est-à-dire conditionnées par l’histoire des conventions et des institutions qui façonnent les sociétés humaines ; le marché de concurrence parfaitement libre conduit au déséquilibre général et au gaspillage des ressources ; un État efficace et une politique industrielle avisée sont le meilleur avantage comparatif d’une nation dans l’échange international ; les dépenses publiques dans l’éducation, l’infrastructure, la recherche et la santé constituent les facteurs clés de la croissance à long terme ; la persistance ou l’aggravation des inégalités sont en revanche un frein au développement, etc., etc. Bref, tout au long du siècle dernier, on compte par dizaines les théorèmes de la science économique la plus standard et la plus orthodoxe qui établissent exactement le contraire de ce que les néolibéraux nous présentent comme des évidences indiscutables.
Je n’ai pas le temps de refaire la démonstration de l’ensemble de ces résultats (21 « vraies lois » au total) et de polémique avec les gloseurs « marchéistes » qui savent tout sur tout, sans avoir jamais rien appris de la science économique. Point n’est d’ailleurs besoin de détailler les inepties théoriques qui fondent le discours et les politiques de la droite néolibérale. En effet, après la victoire politique des néolibéraux dans les plus grandes démocraties occidentales (à partir de la fin des années 1970), ces inepties ont été mises en pratique sur toute la planète. Dès lors, après un quart de siècle de mondialisation du néolibéralisme, le simple constat accablant de ses échecs suffit à convaincre qu’une autre politique s’impose (j’ai dressé le bilan complet de cet échec dans le chapitre 2 de La Dissociété).
L’échec pratique et général du néolibéralisme
Avant cela, le XXe siècle nous avait déjà appris qu’aucune nation ne sort de la pauvreté grâce au libre échange, à la déréglementation, à la privatisation, mais toujours grâce à une action politique qui combine ouverture et protection, concurrence et réglementation, libre entreprise et secteur public, initiative privée et planification industrielle stratégique, investissements privés et développement rapide des biens publics de base (éducation, santé, justice, infrastructures). En dépit de ces évidences, au long des années 1980 et des années 1990, le FMI et la Banque mondiale ont imposé aux pays pauvres ou surendettés une stratégie de développement fondée sur l’ouverture au libre-échange et l’attraction des capitaux privés. Attraction qui supposait naturellement la création d’un environnement fiscal, social et réglementaire favorable à des investisseurs en quête de rentabilité maximale : déréglementation, privatisation, rigueur budgétaire et monétaire, libre circulation des capitaux, flexibilité du travail, etc. tous les articles du credo néolibéral composaient donc naturellement la panoplie du nouveau modèle de développement (repris dans les fameux « Plans d’ajustement structurel »).
À l’heure du bilan, la Banque mondiale elle-même reconnaît l’échec de cette stratégie et redécouvre l’évidence susmentionnée : le développement suppose au préalable la stabilité politique, un État solide, une administration efficace, l’investissement prioritaire dans la production de biens publics de base, etc. Et l’on ne peut que rire aux éclats quand certains citent en contre-exemple quelques réussites économiques remarquables, comme celle de la Chine. Rien n’est moins libéral et rien n’est plus étatique que le décollage de l’économie chinoise. C’est l’État chinois qui dicte sa loi aux capitaux étrangers et non l’inverse. La réussite de l’économie chinoise est d’abord celle du Parti communiste chinois qui, sans rien céder de son pouvoir, puise à sa guise dans les mécanismes du capitalisme occidental les seuls éléments qui servent son ambition de puissance nationale.
C’est la même ambition de puissance et le même rôle majeur du politique qui expliquent pour l’essentiel la performance de l’économie américaine. Depuis vingt ans, la droite néolibérale européenne nous présente les États-Unis comme le modèle de flexibilité et de libre concurrence qui montre insolemment sa supériorité sur le « modèle social européen » asphyxié par l’État et les réglementations. J’ai montré dans La Dissociété ce qu’il en est vraiment. (Une démonstration encore plus précise et plus complète de ma thèse vient d’être publiée par Alain Villemeur : « La croissance américaine ou la Main de l’État », Seuil, 2007.)
L’Amérique vient bien de connaître vingt ans de mondialisation apparemment plus heureuse que dans l’Union européenne, avec deux fois plus de croissance et deux fois moins de chômage officiel. [Le chômage réel est nettement supérieur, mais je n’aborde pas ce débat ici puisque je m’intéresse à la comparaison des performances avec des pays européens qui ont chacun leur forme spécifique de chômage déguisé ou dissimulé.]
Mais cette surperformance américaine est tout sauf la confirmation du culte néolibéral de la libre concurrence et de l’État minimum. Pour soutenir la croissance et l’emploi, les États-Unis utilisent massivement tous les instruments de la puissance publique dont l’usage est interdit ou très limité par les traités de l’Union européenne (déficits publics, aides publiques aux entreprises en difficulté, marchés publics réservés aux PME américaines, droits de douane, contrôle des OPA des sociétés étrangères, politique vouée à la croissance et au plein emploi).
L’administration américaine maquille ses subventions à l’aéronautique privée en finançant l’aéronautique militaire qui, contrairement à ce qui se passe en Europe, est développée par les mêmes entreprises. L’administration soutient aussi à grande échelle la recherche dans les nouvelles technologies, soit directement, soit indirectement par le biais d’investissements militaires.
Bref, si nous devions imiter les États-Unis pour rattraper notre retard dans l’Union européenne, il faudrait abolir le pacte de stabilité, abroger le statut imbécile de la Banque centrale européenne, réactiver l’usage du tarif extérieur commun et de la préférence communautaire, libérer les aides publiques aux entreprises, dénoncer le traité de l’OMC et obtenir, notamment, la dérogation ont jouissent les États-Unis pour réserver leurs marchés publics aux PME, remplacer la concurrence fiscale entre États de l’Union par la solidarité financière, mettre en œuvre une politique industrielle stratégique à long terme… en bref, il faudrait la victoire de la gauche radicale dans tous les pays de l’Union, cette gauche que les ignares et les manipulateurs désignent comme archaïques parce qu’elle préconise la politique économique et industrielle mise en œuvre par l’Amérique, et qu’ils nous exhortent à imiter !
La contre performance européenne, c’est donc l’échec flagrant du néolibéralisme forcené de la Commission et des gouvernements européens depuis vingt ans.
(…)
J’arrête là, même si je n’ai pas énoncé la moitié des évidences qui disqualifient les préceptes économiques de la nouvelle droite. J’ai pitié des lecteurs un peu informés et qui savent tout cela par cœur. Je suis aussi fatigué d’avoir à répéter des évidences mille fois écrites et démontrées par moi et par tant d’autres, sans que cela ébranle d’un seul décibel ni d’une seule virgule le chant tonitruant des éditorialistes et des chroniqueurs qui saturent d’âneries l’espace où nous serions censés trouver de l’information.
(…)
Mais peut-on être aussi idiot et inculte à ce niveau de responsabilité ? A priori, je ne le crois pas (mais je peux me tromper). Alors quoi ? Il n’y a, semble-t-il, que deux solutions. Ou bien la droite croit sincèrement poursuivre les objectifs qu’elle affiche (prospérité, emploi, compétitivité, etc.), et alors son incompétence et son ignorance dépassent l’entendement. Ou bien la droite n’est pas plus bête que la moyenne, et alors son action reflète la poursuite efficace d’objectifs très différents de ceux qu’elle annonce.
Le vrai projet économique des néolibéraux
( …)
Que fait donc la droite en réalité ? Elle ne défait pas l’État, elle le privatise. Partout dans le monde, la progression du modèle néolibéral et des gouvernements néolibéraux s’est accompagnée d’une augmentation du poids des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires. La montée du néolibéralisme est donc tout sauf un recul du politique face à l’économie : c’est la victoire d’une politique particulière qui consiste à mettre l’État au service d’intérêts économiques particuliers. (…) »
(Fin de l’extrait ; la suite est de plus en plus intéressante.)
Remarques : ce livre est absolument passionnant ; à lire et à relire.
Je recommande aussi fortement deux autres grands livres de cet auteur remarquable : « Les vrais lois de l’économie », tomes 1 et 2, chez Seuil : un travail à la fois pédagogique et savant de présentation simple et agréable des principes fondamentaux de la création et de la répartition des richesses que tout citoyen avisé devrait connaître. À lire, vraiment.
Voir aussi le livre immense « La Dissociété » (Seuil) qui donne au lecteur l’impression (agréable) d’être intelligent, d’enfin comprendre le monde et ce qui manque au monde. Ce livre est nuancé, clairvoyant, important… en un mot, c’est un livre utile.
📚 Livre : À la recherche du progrès humain : La Dissociété
Qu’il est triste de voir cet homme valeureux croupir dans les soutes du PS au lieu d’accéder rapidement aux plus hautes fonctions, tenu qu’il est d’attendre —dans la structure débilitante qu’est un parti politique— que les cratocrates précédents aient déguerpi. Quand il émergera enfin, il sera probablement très vieux et tout usé, c’est misère et grand malheur.
ÉC

Bonjour Etienne
Quelques remarques sur les événements à venir
Je sais et je devine par ton silence que tu ne souhaites pas intervenir dans la campagne du 2ème tour. Je comprends ta position, nous avons affaire à 2 tenants du oui et leur position sur l’Europe n’est évidemment pas satisfaisante. Je précise, comme déjà indiqué sur ton site que je ne suis membre d’aucun parti, mais simple militant altermondialiste.
Je considère tout de même que tous les gens influents doivent prendre leur responsabilité et faire jouer leur influence, quand la nécessité oblige. Et nous en sommes là !!
Je te sais très attaché à la démocratie, et il convient de dénoncer le risque représenté par quelqu’un qui non seulement est allié à toutes les puissances financières qui en plus sont propriétaires de tous les médias.
Ne crains-tu pas une offensive vis-à-vis des blogs internet qui dérangent les puissants ?
Je considère également qu’il faut dénoncer quelqu’un qui a des propos teintés d’eugénisme (on nait pédophile et suicidaire) qui attise les haines des uns contre les autres, qui cherche sans arrêt des boucs émissaires (les fonctionnaires, les immigrés, les chômeurs, etc.). Je crains réellement des violences sociales dans ce pays.
Par ailleurs, dans ce domaine si important de la démocratie, il faut comparer les programmes et voir si certaines dispositions ne sont pas positives.
Je constate dans le programme de Ségolène Royal qu’il est question de RIP, de proportionnelles, que des sujets importants comme les OGM, l’EPR seront débattus, qu’un moratoire est prévu sur les OGM.
Donc Etienne, je me suis adressé à toi en tant que simple citoyen pour te donner un simple avis.
Cordialement.
André
bonjour,
je regrette pour ma part qu’il ne se soit pas crée une comission electorale nationale independante qui aurait pu veiller a un suivi des incidents du 1er comme du second tour,notamment concernant le vote electronique;composée des representants de tous les candidats.
IMPRESSIONS ENTRE 2 TOURS
http://www.altermonde-levillage.com/spip.php?article10252
j’ai énormément apprécié « la dissociété », mais je ne crois pas qu’un penseur libre puisse continuer à l’être s’il est choisi comme homme providentiel , en outrepassant le travail collectif des partis où le « médiocre peuple » tente de promouvoir ses hommes politiques à lui, lesquels , tout en n’étant pas des génies, peuvent servir démocratiquement « la volonté populaire »…Laquelle ne saurait se déduire ni d’un vote ni d’un tirage au sort, mais se frayer une voie historique dans le travail des pensées individuelles et des aspirations collectives :
laissons les philosophes dialoguer avec le peuple, et ne brisons pas les « appareils » que le peuple se fabrique !
…car il est des puissances établies qui disposent d’appareils bien plus redoutables pour empécher le peuple de « vraiment » rencontrer les philosophes !
On va en faire la plus douloureuse des expériences, avec « la liquidation de Mai 68 » !
…Prions la déesse de la Raison , comme le fit Ernest Renan !
Bonjour Etienne !
Un silence d’environ une demi-heure, c’est déjà trop, mais un silence de plusieurs jours, de la part d’un « homme libre », c’est troublant :
il fallait dénoncer l’ostracisme dont ont été victimes les « partisans » ( les mots devant garder tout leur sens ) d’une République opposable à la piètre farce qu’on nous impose à ce jour.
Car toute confrontation équitable entre les offres politiques a été interdite par un « pouvoir médiatique » tenu en laisse comme un pitbull anti-pluralisme…
La dénonciation du système existe sur ce site, qui mérite sans doute qu’on l’en félicite… Mais alors, entre les deux tours, il y avait un « devoir de présence », car comme l’a écrit et dit Lucie Aubrac, « La Résistance se fait au présent » !
Il est des « retards » collants, collés, collaborateurs : il y a des « réserves » qui perdent toute dignité, dés lors qu’elles se remplissent de la glue où les dominants prétendent noyer nos synapses !
Ecrire une Constitution doit être un acte insurrectionnel, désormais !
Il me semble possible et nécessaire de contribuer , du point de vue des « partisans » de cette revendication constitutionnelle, à « la refondation politique » capable de donner au peuple une puissance d’opposition aux abus des pouvoirs personnels.
« Opposition constituante » d’un nouveau rassemblement capable de faire converger « dans un esprit constructif » des citoyens et des citoyennes venant d’horizons divers, sans renoncer à quelque « appartenance » que ce soit, et qui voient ensemble la nécessité de satisfaire comme prioritaire cette revendication cardinale, car elle relie de façon logique toutes les revendications dites « légitimes » d’une majorité de fait du peuple , aujourd’hui roulée dans la glue du système le plus pervers qui soit en matière de confiscation de souveraineté !
Bien sûr, il est naturel de réagir contre un personnage qui brille par son adaptation aux tares de ce système, et qui en cela peut singer le meilleur tout en rendant possible le pire…
Mais cette « personnalisation » de notre « opposition » ne fait que servir la perversion même du système !
Il faut des « partisans » !
J’ai trop de choses à reprocher au PS de Ségolène, mais il y avait heureusement cette « revendication constitutionnelle » à défendre avec Elle, au 2è tour ! (… et c’était plus important que d’accepter un peu précipitament une « mission altermondialiste »…)
…Je ne sais pas encore assez raccourcir mes phrases, excusez moi !
L’élection présidentielle 2007 doit être annulée pour délit d’initié – Le scrutin n’est pas sincère – Preuve apportée par le PS Patrick Mennucci
mardi 8 mai 2007
Patrick Mennucci, adjoint de Ségolène Royal et adjoint de la région PACA, vient de déclarer, dans En apparté sur Canal+ à 13h20 ce mardi 8 mai, qu’il connaissait dès 8 heures du matin dimanche une estimation fiable du résultat à venir le dimanche soir (vidéo à venir ci-dessous si elle devient disponible sur dailymotion et youtube).
.…..
http://lesogres.info/article.php3?id_article=3226
@Alain de Nantes
Je crains qu’il ne s’agissait en fait que de « poudre aux yeux », quelques petites retouches ici et là et hop, on aurait appelé cela 6° république…
Mais ceci dit, quelle « idée forte » pourrait réunir au dela de certains clivages, y compris droite-gauche, comme l’avait fait le projet de TCE ?
Sans pour autant considérer que je réponds à la question précédente, je vous cite le courriel reçu ce jour sur la liste « alter ekolo » :
« Bonjour à tous,
Pour ma part, après l’élection de Nicolas Sarkosy (la « schtroumphocratie »!), ce qui pouvait encore me lier à une « démarche antilibérale » en France s’est complètement « évanoui », et ce d’autant plus que je considère aujourd’hui que la réalité des collectifs « unitaires » (!) a participé à ce que cette « sarkatastrophe » advienne – tout comme, d’une toute autre manière, le « pacte écologique » de Nicolas Hulot … avec lequel je me sens un peu en guerre ! Et la seule chose qui me semble opportun de faire au niveau politique-démocratique (pour le reste, j’en dirai plus ultérieurement!) aujourd’hui, c’est de constituer un large mouvement visant à introduire un taux important de proportionnelle dans les élections législatives (taux qui rassemblerait le plus de suffrages), au moins de François Bayrou et sa nouvelle force politique à l’extrême gauche (sans compter des forces politiques nouvelles comme « La France en Action » et tous ceux qui veulent « autre chose » que la politique actuelle, les distributistes, les epérantistes, etc.), avec comme moyen une pétition scripturale (non électronique ou en complément avec une pétition électronique) qui viserait un minimum d’un million de signatures. »
Bonjour !
Qu’il est agréable d’abandonner parfois sa barrière mentale anti-propagande, pour se plonger dans la lecture de textes balancés, et confronter ses aspirations à un réalisme moins tyrannique qu’à l’habitude !
Concernant les objectifs de la droite actuelle, je vous propose la lecture d’un communiqué de presse :
http://humain.potentiel.over-blog.fr/article-10305768.html
C’est important, j’en suis convaincu, et parfois, il n’est pas nécessaire de se tourner vers l’extérieur ou vers l’avenir pour trouver de bonnes idées. Elles existent déjà et ne sont tout simplement plus défendues.
Merci, et à bientôt !
Sylvano
Comme des millions d’électeurs, j’ai eu l’impression que cette élection était étrange, comme sous influence. C’est devenu une certitude, et c’est terrible de nous être fait avoir tous.
À propos de PARIS MATCH, cet article :
http://www.letemps.ch/template/international.asp?page=4&article=206909
Bonsoir,
Sarkosy va réussir de grandes choses tant sociales qu’écologiques, vous serez agréablement surpris et reverrez vos positions sur la démocratie et les institutions de la 5ème république.
La démocratie fonctionne beaucoup mieux que vous le suggérez, la critique est facile et le mieux est l’ennemi du bien.. Le savez-vous ?
Bonsoir Tomy.
J’espère que vous avez raison et si Sarkozy fait de bonnes choses, je le remercierai honnêtement.
Je cherche des lueurs d’espoir et j’en trouve parfois (voir mes derniers liens : l’article de Fitoussi et surtout celui de Fabra).
Mais quand même, les signes de ploutocratie (gouvernement par les riches) s’observent à foison, non ?
Faites-vous une différence entre une ploutocratie et la démocratie ?
Amicalement.
Étienne.
PS : la critique n’est pas si facile que ça… C’est un sacré boulot ! ;o)
@ Tomy,
J’ai trouvé (et relayé) ce matin, sur Agoravox, un article passionnant qui fait le tour calmement des problèmes les plus graves que semble poser notre nouveau Président. Ça vous intéressera sans doute au plus haut point.
« Sarkozy, ou le triomphe des passions tristes »,
par Taïké Eilée :
http://www.agoravox.fr/article_tous_commentaires.php3?id_article=24164
Amicalement.
Étienne.
Bonjour Étienne,
bien tardivement, je réagis à une émission dans laquelle tu as participé sur LCI, il me semble… (dans un premier temps, je t’ai confondu avec Christophe Aguitton : la ressemblance d’allure est à relever !)
même si je me suis plus ou moins opposé au « non » en 2005 et bien que je ne partage pas ta grande méfiance à l’égard des politiques (ta vigilance : oui ), j’avoue avoir été moralement de ton côté ce jour là tant les deux ou trois autres interlocuteurs m’ont paru pédants.
Sur Sarkozy, puisqu’il s’agit du sujet, je rejoins Tomy même si j’ai des informations qui laissent penser que le personnage doit être surveillé !
Malgré cela, il s’agit sûrement d’un homme engagé qui tentera de faire ce qu’il a dit : c’est-à-dire de tenir ses promesses .
N’est-ce pas ce que tu exiges des politiques ?
qu’ils tiennent leur promesses et par là même qu’ils ne trahissent pas les électeurs qui leur ont fait confiance ?
Sarkozy a incontestablement une forte légitimité, et, s’il sait, sur les sujets sociaux, prendre des décisions en concertation avec les partenaires sociaux (pas brutalement comme pour le CPE), je crois qu’il réussira à redresser le pays d’autant qu’avec la pression démographique, le chômage va continuer de baisser jusqu’à probablement 4⁄5 % d’ici 2012.
Bon WE.
Sarkozy a été sous-estimé :
« Même un canasson battrait Sarkozy aujourd’hui, mais on n’a pas intérêt à un canasson. On aurait intérêt à un bon candidat du “non” et vraiment de gauche sur une alliance de gauche. »
Gérard Filoche
Comment le PS a bouclé son projet pour 2007 ? Vu de l’intérieur, par Gérard Filoche. 8 juin 2006
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3750&var_recherche=Gerard+Filoche
Voila l’erreur d’analyse qui est à la source de tout ce qui s’est passé ou trépassé à gauche en France depuis l’été 2006.
Cet aveuglement suffisant a permis de ne jamais se remettre en cause et donc de ne pas se préoccuper de la réalité
« Je serai un président comme Louis de Funès dans le Grand restaurant : servile avec les puissants, ignoble avec les faibles. J’adore. »
Nicolas Sarkozy
Ce n’est pas une blague, il l’a vraiment dit.
http://www.leparisien.com/home/info/faitjour/article.htm?articleid=276068113
Dans « Libération », ce lundi 14 mai 2007, une analyse de Jacques Généreux :
« Les enseignements d’une déroute »
http://www.liberation.fr/rebonds/253529.FR.php
« Des voleurs de joujoux évitent de peu le fichage ADN »
par Patricia Tourancheau, dans Libération du 8 mai 2007 :
http://www.liberation.fr/actualite/societe/252380.FR.php
Que faut-il penser d’une droite qui ose nous imposer une loi qui, tout en permettant de classer un enfant de 8 ans dans un fichier ADN de la police, à l’instar des criminels pédophiles, est taillée sur mesure pour épargner les copains/complices des hommes politiques, affairistes et pipoles de la jet-set ? (Sont exemptés les auteurs d’abus de biens sociaux et les usagers de stupéfiants.)
À l’opposé, quand on écoute Henri Guaino — par exemple, sur France Culture ce matin—, on se prend à rêver que « Nicolas » soit au fond plus à gauche que « Ségolène » et surtout plus fort que les éléphants du PS (pourris de fric et d’honneurs) pour nous protéger contre le Léviathan de l’Union européenne des multinationales et des banques.
Vous m’invitez à lire un article écrit par un auteur qui critique et rejette Sarkosy.
Vous utilisez le terme « calmement » pour objectiviser votre apport ?
Vous semblez de mauvaise foi !
Attendez de juger sur pièce au lieu de vous précipiter pour critiquer stupidement comme les moutons de la horde.
Je serai aussi critique que vous mais je ne mets pas le Président en pièce avant qu’il ait agi, je vous trouve soupçonneux et cela est malsain, pour qui vous prenez-vous ? (la critique est facile, je constate !)
La droite a gagné les élections après 5 ans de gouvernement, les français ont, quelque part, compris que la droite a accompli quelques bonnes réformes.
La gauche n’a jamais réussi à gagner les élections après avoir gouverné, cela ne vous aura pas échappé ?
Ploutocratie / Démocratie ? et bientôt critiquocratie et ici tendance à l’alarmocratie et à la prisedetêtcratie !
Tomy,
Pourquoi « de mauvaise foi » ?
Pourquoi faudrait-il « attendre pour juger sur pièce » alors qu’on a déjà des montagnes d’éléments utiles pour juger Nicolas Sarkozy, qui n’est pas précisément un débutant inconnu.
Je vous suggère d’étudier cet autre document :
« Désentubage de Nicolas Sarkozy »
http://www.zalea.org/spip.php?article1406
C’est une analyse vraiment très intéressante formulée par Jean-Luc Porquet, journaliste du Canard Enchaîné, sur Zaléa TV.
Jean-Luc Porquet est l’auteur du livre
« Le petit démagogue » (Éd. La découverte)
Ceci dit, je ne voudrais pas être enfermé dans une posture caricaturale : NS a des qualités évidentes et il donne de l’espoir sur des sujets importants ; mais il est important de dénoncer les mensonges et les trucs de démagogue, sans verser dans une confiance béate qui nous exposerait sûrement à une évolution arbitraire.
Par principe, après avoir exprimé une certaine confiance par le vote, les citoyens doivent se méfier du pouvoir. Cette méfiance est l’hygiène de base de la démocratie, pour simplement survivre.
Amicalement.
Étienne.
Sarkosy démagogue utilisant la rhétorique de quelques autres démagogues tristement célèbres.…le sous entendu commence !
Sarkosy , un élève de LE PEN
La défense des petits , des sans grades est démagogue, c’est le candidat du CAC40 qui tient un discours de gauche.….ok la défense des petits est un monopole de la gauche ?
mais Monsieur chouard, vous ne voyez pas le parti pris qui consiste à utiliser les paroles de Sarkosy sous l’éclairage d’une idéologie extremement destructrice ?
Ce monsieur Porquet est un chercheur de pou par tous les moyens
Il n’a même pas vu que Sarkosy ferait diminuer le FN , les électeurs du Front sont méprisés alors que chacun sait que les Frontistes réels ne représentent que 10 à 20% de ceux qui votent LE PEN
votre lien est dans la même trempe que les précédents et contiennent des analyses de mauvaise foi et sans valeur
dites , n’ont ils rien d’autre à faire vos références ?
ne peuvent ils pas être positifs et proposer autre chose,
non ?, la critique est trop facile !
pauvre société de délation avec laquelle vous osez vous complaire.
Combattez les projets lorsqu’ils sortiront s’ils vous semblent injustes mais aujourd’hui LE PEUPLE FRANCAIS malgré l’antiSarkosysme éffrèné à voté pour un programme clair, les sondeurs le disent les gens ont voté pour un programme pas contre quelqu’un, pas non comme au référendum, ils ont voté positivement : réforme des régimes spéciaux , contrat unique avec indemnisation à 90 % , instauration d’un service minimum, réforme de l’école, allocation familiale dès le premier enfant etcccc
vous n’êtes pas en accord avec le fait que la retraite des régimes spéciaux doit être revue à l’éclairage de notre époque ? demandez aux citoyens ?
Nous avions tous les arguments, mais ???
Lagardère et Airbus : vol d’un saigneur
dimanche 1er avril 2007
http://www.fakirpresse.info/frontoffice/main.php?rub=article.php&id=276
Excellent article …
C’est encore une démontration claire que nous ne pouvons faire confiance ni à la droite, mais plus tristement ni à la gauche non plus, ni, d’une manière générale à certains de nos voisins européens et à la « mondialisation » (à relier à cet article d’Allais).
Je l’ai vu en « vivant » à Arras le 19 juin. Son discours oral est prenant et interessant, plus que son discours écrit. Si vous avez l’occasion de l’entendre ne laissez pas passer.
On sent que c’est « une bête d’estrade » rompu à la « transmission » et aux cours devant ses étudiants de Science-po et autres !
Parlons Net avec Jacques Généreux :
« Ce plan de relance oublie le pouvoir d’achat »
http://www.france-info.com/spip.php?article221688&theme=81&sous_theme=264
Passionnant personnage, vraiment.
Jacques Généreux explique les raisons de son départ du PS, avec Mélenchon et Dolez, pour fonder le Parti de Gauche.
Il explique en détail les politiques économiques qu’il faudrait mener, face à la crise actuelle.
Il rappelle la forfaiture de la direction du PS depuis 2004 sur l’affaire européenne.…
Il explique le potentiel formidable aux prochaines élections européennes, avec un scrutin proportionnel, de ce nouveau front de gauche pour tous les électeurs du non de 2005 en mal de représentation politique…
Une vidéo tonique, riche en explications claires et en espoir, c’est bon pour le moral :o)
Étienne
En gros, en ce qui concerne le PS, Jacques Généreux dit : « je ne vais pas passer mon temps à essayer de convaincre ceux qui ne veulent pas l’être. »
Pour ma part, j’ai envoyé un don (une adhésion ?) à ce nouveau Parti de Gauche, mais j’attends encore de savoir leur vrai programme pour savoir pour qui je voterai aux Européennes.
Un appel du M’PEP… « Lettre ouverte du M’PEP à la gauche de gauche : union pour les élections européennes ! »
http://www.m‑pep.org/spip.php?article1028
préférence communautaire … ? vous êtes sur la mauvaise pente …
la chute du mur a été le lâcher de brides des Seigneurs Capitalistes, grande découverte ?
Une différence entre DSK, l’îdole déchue des benêts roses, et Sarko ? Papamadit non.
Pour faire peur à des vautours, faut-il un porcelet rose ou un pitbull brun ?
Arrêtez de pleurer .… le système ouinouin pour gérer le troupeau benêt est « très gentil » comme dirait Coluche, est « une révolution dans l’art d’exercer la démocratie » disait Lippmann. Il doit être utilisé pour « fabriquer le consentement », c’est-à-dire pour obtenir l’adhésion de la population à des mesures dont elle ne veut pas, grâce aux médias.
Lippmann pensait que c’était là une bonne idée et même une idée nécessaire, car, selon lui, « le bien commun est une notion qui échappe complètement à l’opinion publique ». Il ne peut être compris et géré que par une « classe spécialisée » d’« hommes responsables », en général de vieux crânes polytechniciens qui parlent chinois, dotés des capacités requises pour donner un sens aux choses. Pour les Seigneurs Capitalistes, seule une petite élite, le groupe d’intellectuels auquel se référaient les partisans de Dewey, peut comprendre en quoi consiste le bien commun et savoir ce qui est important pour la collectivité, puisque ces notions « échappent complètement à l’opinion publique benête. ». Ce point de vue, dont l’origine remonte à plusieurs siècles, est également caractéristique de la pensée de Lénine, selon lequel une avant, garde d’intellectuels révolutionnaires s’empare du pouvoir de l’État, en tirant parti des révolutions populaires pour y accéder et conduire ensuite les masses stupides vers un avenir qu’en raison de leur bêtise et de leur incompétence, elles sont incapables de concevoir elles, mêmes. Les prémisses idéologiques qu’ils partagent confèrent à la théorie de la démocratie libérale et au marxisme, léninisme une étroite parenté. Cela expliquela facilité avec laquelle des gens ont pu passer d’un régime à l’autre sans percevoir de changement particulier …‘On m’a nommé milliardiare !’ dit l’oligarque communiste. Il suffit simplement de définir le lieu du pouvoir qui actuellement est la tété.
Le système sera d’autant plus critique que la révolution technologique de l’internet (voir les révolutions arabes) multiplie les sources de connaissance pour le benêt devant son écran. Une révolution populaire est possible, il faut simplement qu’elle se mettre au service de ceux qui disposent du pouvoir réel, c’est à dire les Seigneurs Capitalistes. Mais l’objectif est le même : conduire les masses stupides vers un monde que leur incapacité à comprendre les empêche de concevoir.
La découverte de l’immortalité sera un ‘crux’ pour la démocratie progressiste. En première ligne, se trouveront ceux qui doivent participer activement à la gestion des affaires d’intérêt général. Ils appartiennent à la classe des spécialistes, ceux qui analysent, administrent, décident et dirigent sur les plans politique, économique et idéologique, ceux qu’on appelle les ‘valets’. Cette classe représente un très faible pourcentage de la population, ce qui rend le sytème particulièrement instable. Le valet Attali a proposé une augmentation de son pourcentage, mais pratiquement c’est impossible. Le ‘pmu présidentiel’ qu’on appelle ‘élection’, nonobstant le fait qu’il permet aux benêts d’exhulter tous les 4 ans en donnant leur appui à tel ou tel membre de la classe des valets, a la grande vertu de valider le système. En d’autres termes, on accorde aux benêts la possibilité de dire « c’est celui-ci que nous voulons pour chef » ou bien « c’est celui-là le plus beau », puisque nous sommes une société démocratique et mon un État totalitaire, et cette participation est la preuve de l’efficacité du système… Hors il est évident que ce système ne marchera bientôt plus, au vu de la défiance grandissante et du bas taux de participation. Comme le disait Max Stirner, la volonté d’absolutisme du troupeau benêt entrera en conflit insoluble avec l’absolutisme étatique nécessaire à la gestion de la Planète. Il est donc nécessaire de trouver un nouveau moyen de dompter le troupeau et ce moyen est toujours la fabrication du consentement, mais dans une optique de conflit cette fois. Les Seigneurs Capitalistes qui possèdent la faculté de raisonner doivent créer des « illusions nécessaires » et des « simplifications abusives, mais émotionnellement convaincantes » pour diriger le troupeau vers son auto-destruction programmée, grandement écologique, sans toutefois ammener l’anéantissement du système complet.
Pour cela il importe dans un premier temps de l’effrayer car, faute d’être hanté par toutes sortes de peurs et de démons qui menacent de le détruire, chez soi comme à l’étranger, le troupeau pourrait commencer à penser, ce qui serait très dangereux parce qu’il n’a pas la compétence requise pour le faire. Il sera impossible de ramener la population à l’état qui lui est propre : l’apathie, l’obéissance et la passivité. Il est donc nécessaire de faire quelque chose pour résoudre la crise prévisible. Et cette solution est veille comme le monde, la Guerre, comme l’a prédit Orwell, et nos Empires sont quasiment en place, seulement il n’y en a que 2, l’Océania et l’Eurasia, et nous comptons gagner.
Catastrophe judiciaire- affaire des disparus de Mourmelon :
http://www.disparusdemourmelon.org