Plaidoyer pour un peuple constituant et vigilant

31/03/2007 | 34 commentaires

Chers amis, je résume ici, sur une page, l’es­sen­tiel de ma cri­tique de nos pré­ten­dues démo­cra­ties.
J’ai­me­rais connaître votre avis sur cette synthèse.

C’est aux Citoyens d’é­crire eux-mêmes leur Consti­tu­tion et ensuite de la pro­té­ger.
Pour res­ter libres, les citoyens doivent tou­jours res­ter vigi­lants à l’en­contre des pouvoirs.

  1. La démo­cra­tie (la vraie) est une réponse des hommes au pro­blème qu’ils ont avec les pouvoirs.
  2. En effet, sans excep­tion, « le pou­voir cor­rompt et le pou­voir abso­lu cor­rompt absolument ».
  3. Depuis la nuit des temps, aus­si ver­tueux soient-ils au départ, tous les hommes au pou­voir « changent » et finissent par abu­ser de ce pou­voir, s’ils res­tent long­temps au pouvoir.
  4. Tous les pou­voirs, et notam­ment les exé­cu­tifs (les gou­ver­ne­ments), tendent à « s’au­to­no­mi­ser », c’est-à-dire à concen­trer le plus pos­sible de pou­voirs et sur­tout à s’af­fran­chir de tout contrôle rigoureux.
  5. Donc, pour les humains, les pou­voirs sont à la fois néces­saires et dan­ge­reux.
  6. C’est pour­quoi les gou­ver­nés ont impo­sé à leurs gou­ver­nants de signer un pacte, appe­lé « Consti­tu­tion », qui ins­ti­tue les pou­voirs et qui fixe sur­tout les limites de chaque pou­voir, sans excep­tion. Une Consti­tu­tion est un acte de défiance.
  7. Mon­tes­quieu a mon­tré qu’il fal­lait, par le moyen de la Consti­tu­tion, affai­blir les pou­voirs, —notam­ment le pou­voir exé­cu­tif qui est le plus dan­ge­reux—, en sépa­rant les pou­voirs et en contrô­lant les pou­voirs (à tout moment, évi­dem­ment, et non pas seule­ment au moment des élections).
  8. Mais Mon­tes­quieu a oublié de dire de faire très atten­tion à QUI va écrire la Consti­tu­tion : en effet, si les citoyens laissent les hommes au pou­voir écrire eux-mêmes les limites de leurs propres pou­voirs, c’est per­du : cette négli­gence citoyenne conduit natu­rel­le­ment à l’ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion de l’im­puis­sance poli­tique des gou­ver­nés : trans­for­ma­tion du droit des peuples à dis­po­ser d’eux-mêmes en un droit des élus à dis­po­ser des peuples.
  9. Ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pou­voir ; ce n’est pas aux ministres, ce n’est pas aux par­le­men­taires, ce n’est pas aux juges, d’é­crire ou de révi­ser la Consti­tu­tion, car ils sont, en l’oc­cur­rence, à la fois juges et par­ties : ils ont un inté­rêt per­son­nel dans les règles qu’ils ins­ti­tuent et ils trichent en éta­blis­sant des contrôles simu­lés et des pou­voirs citoyens factices.
  10. Quand des ministres, des pré­si­dents, des par­le­men­taires ou des juges créent ou modi­fient une Consti­tu­tion, c’est un abus de pou­voir. Ils ont un pou­voir impor­tant et ils en pro­fitent pour en abu­ser. C’est une juste cause d’insurrection.
  11. Les par­le­men­taires et les ministres ne sont pas pro­prié­taires de la sou­ve­rai­ne­té natio­nale, ils n’en sont que les dépo­si­taires tem­po­raires. Quand ils trans­fèrent notre sou­ve­rai­ne­té sans notre accord direct, sans réfé­ren­dum, ils se com­portent comme des loca­taires qui ven­draient la mai­son en douce…
  12. Pour com­prendre ce qui nous est arri­vé à l’oc­ca­sion de la construc­tion de l’U­nion euro­péenne, il faut voir que l’im­por­tant, ce n’est pas qui VOTE la consti­tu­tion, ce qui compte, c’est qui ÉCRIT la Consti­tu­tion.
  13. Le « Trai­té éta­blis­sant une Consti­tu­tion pour l’Eu­rope » est un trai­té anti­cons­ti­tu­tion­nel :
  14. d’a­bord parce qu’il est consti­tu­tion­nel : le TCE crée une consti­tu­tion de fait, par la nature même des règles qu’il impose en matière de pou­voirs, règles dan­ge­reuses par essence : pou­voir de légi­fé­rer, pou­voir de gou­ver­ner, pou­voir de juger… De fait, sans notre accord, les ins­ti­tu­tions euro­péennes rem­placent pro­gres­si­ve­ment les ins­ti­tu­tions nationales.
  15. Indé­pen­dam­ment de l’é­ti­quette que lui collent ses auteurs, —« trai­té » ou « consti­tu­tion »—, c’est assu­ré­ment une (mau­vaise) consti­tu­tion qui n’a­vait jamais dit son nom que nos ministres ont écrite depuis 50 ans :. fai­blesse extrême du par­le­ment (mas­quée par de petits pro­grès mon­tés en épingle), confu­sion des pou­voirs dans les mains de l’exé­cu­tif (dans des domaines impor­tants et dis­si­mu­lés), dépen­dance étroite des juges envers les exé­cu­tifs, non contrôle des pou­voirs (aucun organe n’est res­pon­sable de ses actes), pro­tec­tion exces­sive et injus­ti­fiée des fonc­tion­naires, impuis­sance poli­tique des citoyens (pas de réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire), infor­ma­tion mani­pu­lable : médias, organes sta­tis­tiques et ins­ti­tuts de son­dage sous influence (aucune règle consti­tu­tion­nelle ne pro­tège l’in­dé­pen­dance poli­tique et éco­no­mique des organes d’in­for­ma­tion). sabor­dage moné­taire : indé­pen­dance de la BCE dont la mis­sion de lutte contre l’in­fla­tion favo­rise le chô­mage, inter­dic­tion aux États de créer de la mon­naie pour finan­cer des inves­tis­se­ments publics, ce qui nous impose à la fois des inté­rêts rui­neux et une dette publique asphyxiante, révi­sions consti­tu­tion­nelles à deux vitesses : impos­sibles avec le peuple (pro­cé­dure « ordi­naire » à triple una­ni­mi­té) et faciles sans le peuple (pro­cé­dure « sim­pli­fiée » sans référendum).
  16. Ensuite parce qu’on n’im­pose pas une Consti­tu­tion par trai­té, parce que la seule source accep­table du pou­voir est la sou­ve­rai­ne­té popu­laire, le TCE, comme tous les autres trai­tés qui l’ont pré­cé­dé, fon­da­men­ta­le­ment inac­cep­table pour les peuples qu’il viole, le TCE est un trai­té anticonstitutionnel.
  17. Les Citoyens doivent se réap­pro­prier la Consti­tu­tion. Ils doivent l’é­crire eux-mêmes et c’est ensuite encore à eux de la pro­té­ger comme leur outil le plus pré­cieux contre les abus de pou­voir. On peut tout délé­guer, sauf ce pouvoir-là.
  18. Donc, il nous faut un pro­ces­sus consti­tuant hon­nête, une Assem­blée Consti­tuante dans laquelle les membres n’é­crivent pas des règles pour eux-mêmes, des membres indé­pen­dants des par­tis et de toute orga­ni­sa­tion qui exerce ou brigue le pouvoir.
  19. Et le seul moyen de dési­gner des consti­tuants indé­pen­dants des hommes de pou­voir, c’est de faire par­rai­ner des volon­taires par chaque citoyen, sans se lais­ser impo­ser les can­di­dats des par­tis.
  20. On peut ensuite choi­sir les consti­tuants par­mi ces volon­taires hors par­tis : a) soit par tirage au sort, b) soit avec plu­sieurs tours suc­ces­sifs d’élection.
  21. Enfin, sans doute, les consti­tuants doivent se décla­rer inéli­gibles aux fonc­tions qu’ils instituent.
  22. En somme, il faut rigou­reu­se­ment sépa­rer le pou­voir consti­tuant des pou­voirs consti­tués. Quand les citoyens auront réus­si à impo­ser cette hygiène démo­cra­tique fon­da­men­tale, ils sor­ti­ront enfin de la « pré­his­toire de la démo­cra­tie ».
  23. Et bien sûr, inutile de comp­ter sur les par­tis et leurs amis pour débattre et faire connaître cette thèse : c’est aux simples citoyens de faire cir­cu­ler cette idée, s’ils la trouvent bonne, pour s’é­man­ci­per des voleurs de pou­voir (les cra­to­crates). Ça res­semble bien au débat réfé­ren­daire de 2005.
  24. Les trois « prin­ci­paux » can­di­dats à la pré­si­dence, ceux que nous imposent les par­tis et les médias, vont tout faire pour être élus sans avoir à débattre une seule fois de leurs abus de pou­voir au plus haut niveau. Tous vont faire diver­sion avec des non sujets. À nous d’im­po­ser que ces abus de pou­voir soient débat­tus publiquement.

Une « insur­rec­tion élec­to­rale » pour­rait tout chan­ger :
le seul moyen de nous éman­ci­per de la tutelle des par­tis, c’est d’é­lire un can­di­dat hors par­ti
et d’écrire nous-mêmes la Consti­tu­tion qui nous pro­tè­ge­ra enfin des abus de pouvoir.

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Étienne

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34 Commentaires

  1. bernard29

    Étienne,
    je crois que les citoyens écrivent beau­coup de consti­tu­tions, sans comp­ter les sites de mou­ve­ments poli­tiques (C6R, UDF, CAP 21 qui ont rédi­gé des pro­jets com­plets) et de pro­po­si­tions d’ar­ticles ou de réno­va­tion démocratique.

    Ain­si, par ex. :

    Je crois donc que les citoyens se sais­sissent de cette question.

    Mais pour créer la consti­tuante que tu désires, il te fau­dra une révolution.

    Le mieux, dans l’at­tente de cette vague éven­tua­li­té, est donc de mul­ti­plier les ini­tia­tives citoyennes, de créer la demande par des dis­cus­sions et des débats, d’in­ter­ve­nir sur les sites poli­tiques pour entre­te­nir la pres­sion afin que la réno­va­tion démo­cra­tique ne soit pas une vaine inten­tion après les élec­tions de 2007.

    Mer­ci de ton attention.

    Réponse
  2. jean26

    Tout à fait d’ac­cord avec toi Bernard.

    Après une très longue période où les hommes ont endu­ré la royau­té, nous voi­ci assu­jet­tis désor­mais depuis plus de 2 siècles au sys­tème de la dic­ta­ture de la démo­cra­tie représentative.

    Le pro­chain sys­tème sera celui de la démo­cra­tie directe ou semi-directe, le RIC mis en avant.
    Il fau­dra du temps après les élec­tions de 2007 pour expli­quer, réex­pli­quer et convaincre l’en­semble des citoyens du bien fon­dé de cette marche poli­tique de recon­quête de notre souveraineté.
    En réa­li­té peu de gens connaissent ce prin­cipe et je peux per­son­nel­le­ment témoi­gner que chaque jour qui passe milite en faveur du RIC. A chaque fois que j’ex­plique et que j’ar­gu­mente, je suis per­sua­dé que le citoyen en face de moi ne POURRA PLUS JAMAIS VOTER pour un par­ti poli­tique quelconque.
    La refonte d’une Consti­tu­tion réel­le­ment démo­cra­tique va dans le même sens, mais je pense qu’il faut aus­si et sur­tout effec­tuer un tra­vail de ter­rain, d’information.
    Alors voyons les pro­chaines échéances légis­la­tives, euro­péennes puis présidentielles.
    Je ne déses­père pas voir un chan­ge­ment radi­cal de situa­tion et de prise de conscience du peuple avant ma mort et ce serait pour moi, mes enfants et petits enfants une magni­fique victoire !

    Réponse
  3. Decrauze

    Juste un tit coup de sang sur ce gâchis référendaire :

    « Au-delà d’un pen­chant natu­rel, mon métier néces­site le sui­vi atten­tif de l’actualité. La petite musique pré­élec­to­rale fran­çaise, où se mul­ti­plient les notes dis­cor­dantes, semble ras­su­rer sur la san­té démo­cra­tique de notre pays, pour les par­ti­sans de ce système.

    Ce qui navre, c’est l’absence sidé­rante du thème euro­péen. Depuis le rejet gro­tesque du pro­jet de trai­té consti­tu­tion­nel, la démons­tra­tion de l’immaturité du pré­ten­du « camp du Non » s’est ébrouée d’indigne façon : aucune union construc­tive n’a été accou­chée de leurs ges­ti­cu­la­tions en fan­fare, aucun inter­lo­cu­teur cré­dible n’a pu por­ter leurs pro­tes­ta­tions scan­dées comme une pre­mière marche fon­da­trice d’une nou­velle Europe : rien, nada, nib !

    Mal­heu­reu­se­ment, tout ce que j’avais écrit au moment de la cam­pagne réfé­ren­daire, dénon­çant l’illusoire union en cas de triomphe du Non, a pris corps dans la tra­jec­toire de ces Fabius, Buf­fet, Besan­ce­not, Laguiller… sans par­ler de la part qui reve­nait aux Le Pen, de Vil­liers, Dupont-Aignan et qui, d’entrée, ne pou­vait être asso­ciée à l’élan sal­va­teur claironné.

    De quoi se com­pose-t-il aujourd’hui ce fumeux mou­ve­ment ? D’une bande de falots drilles inca­pables de s’accorder sur une per­son­na­li­té uni­taire aux élec­tions pré­si­den­tielles, condi­tion mini­male pour peser, un tant soit peu, aux légis­la­tives. Pitoyable résul­tat à l’image des argu­ments mal­hon­nêtes enfour­nés dans l’esprit d’une majo­ri­té de citoyens. Amer ? Oui, je le suis d’avoir trop eu rai­son ! L’opportunisme en couches de ces nau­séeux car­rié­ristes a sali et embour­bé la construc­tion européenne.

    À vingt-sept, engon­cée dans des règles ins­ti­tu­tion­nelles trop étri­quées, l’UE va hoque­ter pour ten­ter de faire bou­ger cette ingé­rable mosaïque. L’erreur pre­mière est d’avoir vou­lu mettre la char­rue avant les bœufs : faire entrer douze nou­veaux membres avant d’avoir ins­tau­ré un cadre consti­tu­tion­nel viable… un non-sens à la por­tée du pre­mier can­dide en stra­té­gie poli­tique débar­qué. Sans doute, les concep­teurs de cette marche à suivre n’avaient-ils pas appré­hen­dé la funeste ins­pi­ra­tion de notre Pré­sident, puis des Pays-Bas, de consul­ter le peuple sur cette com­plexe question.

    La France, ini­tia­trice du pro­jet par la voix de Gis­card d’Estaing, a fait son caprice, mécon­tente d’une situa­tion qui lui a garan­ti plus d’un demi siècle de paix et de déve­lop­pe­ment socioé­co­no­mique. Aujourd’hui, aucun can­di­dat à la pré­si­den­tielle qui sou­te­nait le Oui au trai­té (curieux, c’est par­mi eux qu’on trouve ceux qui ont une chance d’être élu…) n’ose dire que le choix fran­çais a été une fon­cière erreur, que la majo­ri­té du peuple s’est fait ber­ner par des agi­ta­teurs déma­go­giques, que la réa­li­té des manettes pour gérer le pays se trouve à Bruxelles et non à Paris, que sans l’UE nous serions encore plus mar­gi­na­li­sés sur la scène inter­na­tio­nale… La construc­tion euro­péenne a dis­pa­ru des dis­cours médiatisés.

    L’ère démo­cra­tique conti­nue donc à nous gra­ti­fier des tours d’illusionnistes aspi­rant au pou­voir : pro­messes avec des caisses vides, belles lois sans décret d’application, poli­tique étran­gère hypo­crite à l’égard des super­puis­sances émer­gentes faute de poids de l’Europe poli­tique, tours de manège gra­tuits, des­ti­na­tion la vase ou le mur. On végète dans nos illu­sions ou l’on s’écrase brus­que­ment, à bout de souffle.

    À moins que le pro­vi­den­tiel revienne faire un tour dans nos contrées, à moins que l’électorat soit sou­dain sai­si d’une luci­di­té construc­tive (encore faut-il que ce qui lui est pré­sen­té le lui per­mette). L’onirisme main­tient en vie, à défaut d’enthousiasme. »

    http://​pam​phle​taire​.blog​spot​.com

    Réponse
  4. Laurent_K

    « la funeste ins­pi­ra­tion de notre Pré­sident, puis des Pays-Bas, de consul­ter le peuple sur cette com­plexe ques­tion » ? Donc les gens sont trop bêtes pour com­prendre et il vaut mieux prendre les déci­sions les concer­nant sans leur deman­der leur avis ?

    Réponse
  5. Étienne

    Loïc,

    Mer­ci pour ce franc coup de sang. 

    Pour­tant, je vous trouve pro­fon­dé­ment injuste :

    Le fait d’être inca­pable de s’u­nir pour bâtir ensemble une alter­na­tive ne démontre aucu­ne­ment — je dis bien aucu­ne­ment — que nous avions tort de résis­ter à une machine qui était — et qui reste — cari­ca­tu­ra­le­ment anti­dé­mo­cra­tique. En 1939, le fait que l’envahisseur était le plus fort et qu’il sem­blait vain de résis­ter ne prou­vait aucu­ne­ment qu’il ne fal­lait pas résister.

    En 2005, il fal­lait résis­ter, urgem­ment, et nous avons fait ce que nous pou­vions. Nous pou­vions peu, c’est vrai, car il n’est pas (encore) en notre pou­voir de construire une autre Europe. Faut-il rap­pe­ler qu’au­cun d’entre nous n’a le pou­voir et qu’il est par­ti­cu­liè­re­ment mal­ve­nu de nous repro­cher, à nous, les mau­vaises actions de ceux qui, eux, ont le pou­voir. Je pense à Nice dont vous sem­blez regret­ter les effets mais sans condam­ner vrai­ment leurs auteurs (puisque vous sem­blez prêt à les réélire, eux ou leurs alliés) : ce sont pour­tant ceux qui ont signé Nice qui devraient être punis, et pas ceux qui ont refu­sé d’en vali­der dura­ble­ment l’esprit.

    Dans le même sens, le fait que seuls des par­ti­sans du Oui aient une chance d’être élus à la pro­chaine élec­tion pré­si­den­tielle n’est pas du tout une démons­tra­tion de vic­toire du camp du Oui ; c’est plu­tôt une preuve de plus de l’escroquerie poli­tique ambiante : le fait que vous signa­lez tient beau­coup plus à l’offre qu’à la demande, ne pen­sez-vous pas ?

    Or, faut-il rap­pe­ler que l’offre poli­tique est soi­gneu­se­ment cade­nas­sée (sans vote blanc pos­sible) par les par­tis poli­tiques, machines de pou­voir, machines à impo­ser les hommes de pou­voirs, machines qui se sont même arro­gé le droit d’é­crire les règles et les limites du pou­voir… Pré­ci­sé­ment, ces limites, il n’y en a plus, Loïc : tous les contre-pou­voirs sont fac­tices, l’im­puis­sance citoyenne est totale, et vous, vous conti­nuer à cares­ser le rêve euro­péen — de bonne foi j’en suis sûr — sans voir l’é­vi­dence : il n’y a rien de démo­cra­tique dans les ins­ti­tu­tions de l’Union euro­péenne, pas plus que dans les ins­ti­tu­tions fran­çaises, hor­mis la pré­ten­tion affi­chée. La « démo­cra­tie de l’UE » est un men­songe. Il suf­fit de lire les textes, ceux qui comptent, ceux qui créent de vraies obli­ga­tions, pas le bla­bla des poli­ti­ciens, pour com­prendre la gra­vi­té des faits.

    Si les par­tis res­pec­taient leurs élec­teurs, au lieu de les vio­len­ter sans ver­gogne, le PS aurait fort bien pu pro­po­ser Fabius, Mon­te­bourg ou Mélen­chon. L’UMP aurait pu pré­sen­ter Dupont-Aignan. Mais non, le peuple a tou­jours tort contre ses soi-disant « repré­sen­tants », c’est une vieille affaire.

    Pour vous mon­trer que ce mépris du peuple par « les élites » (cen­sées le repré­sen­ter au pou­voir) est une veille affaire, je vais vous citer un des excel­lents pro­pos d’Alain, ce phi­lo­sophe illustre et lit­té­ra­le­ment pas­sion­nant du début du XXe : 

    « La tra­hi­son est natu­relle dans un dépu­té, à quelque par­ti qu’il appar­tienne. Et la tra­hi­son, comme on l’a cent fois remar­qué, consiste à tirer vers la droite après avoir juré de res­ter plus ou moins à gauche ; cha­cun sait qu’il y a une droite et une gauche en tous les points de l’hé­mi­cycle ; et vous n’en­ten­drez jamais dire qu’un dépu­té ait glis­sé à gauche mal­gré les pro­messes faites aux élec­teurs. Ce phé­no­mène d’at­trac­tion, ou de répul­sion, ou d’io­ni­sa­tion, comme on vou­dra dire, mérite d’être consi­dé­ré avec atten­tion ; le jeu poli­tique revient tout à ces mou­ve­ments insen­sibles qui déplacent len­te­ment et sûre­ment les repré­sen­tants du peuple vers les enne­mis du peuple.

    Enne­mis du peuple ? J’ap­pelle ain­si ceux qui pensent que la Révo­lu­tion fut une folie, que le peuple ne connaît nul­le­ment son propre bien, qu’il faut le rame­ner à l’o­béis­sance, et le conduire à ses des­ti­nées d’a­près les lumières supé­rieures, qui brillent pour Coty, Kérillis, Bour­get et autres génies natio­naux, qui éclairent encore un petit peu le bour­sier Her­riot, mais qui sont invi­sibles à vous et à moi, au com­mer­çant, au pay­san, à l’ou­vrier, a tous les petits. Là-des­sus on peut rire, car le peuple est à ses pré­ten­dus chefs comme un ter­ras­sier à un enfant ; il est très sain de rire ; mais enfin les récents évé­ne­ments ont prou­vé que les esprits enfants, ceux qui se trompent à tout coup et sur tout, ont plus d’un moyen de nous pas­ser la bride. Et tant que nous n’au­rons pas com­pris le jeu, nous per­drons. Je reviens donc à mon député.

    Pre­miè­re­ment, il croit savoir, ce qui est la pire igno­rance. Il res­semble à ces gens qui reviennent d’Al­le­magne, et qui disent : « Vous ne connais­sez pas l’Al­le­magne. » L’Al­le­magne est à peu près aus­si facile à connaître que l’A­mé­rique, ou la Chine, ou le pro­blème des changes, ou celui des douanes. Dans ces immenses objets on trouve de quoi prou­ver n’im­porte quelle thèse. Ce qu’on en dit n’est jamais vrai ; sans comp­ter que tout change d’un jour à l’autre. Or, le dépu­té fait son­ner cette fausse mon­naie des pédants de poli­tique ; il incline à pen­ser que le peuple est là-des­sus tout à fait aveugle, qu’il est dif­fi­cile de l’é­clai­rer, qu’il demande des choses impos­sibles, comme la paix, la jus­tice dans l’im­pôt, une police égale pour tous, et qu’en­fin l’art du poli­tique est de refu­ser en détail ce qu’on a pro­mis en gros. Ce métier, quand on le voit sous cette lumière, donne de l’a­mer­tume, de l’im­pa­tience, un peu de mépris.

    Ces sen­ti­ments sont chauf­fés à blanc dans la cor­nue, pari­sienne, qui est méphi­tique. Il fau­drait plus d’es­pace et de soli­tude aux amis du peuple. Il fau­drait que la popu­lace des para­sites, inter­mé­diaires, intri­gants, joueurs, mar­chands de plai­sirs, jour­na­listes, vau­de­vil­listes, leur lais­sât un peu plus d’air. Il fau­drait aus­si qu’ils ne soient pas tant ser­rés les uns contre les autres, échan­geant leurs idées, qui n’ont pas une jour­née d’âge, et qui péris­sent le soir même. Tour à tour flat­tés et inju­riés selon qu’ils risquent un pas à droite ou qu’ils reviennent sur leurs posi­tions. J’y joins les ambi­tions, qu’on ne peut blâ­mer, car, sans ce piquant, la vie du poli­tique serait mor­tel­le­ment ennuyeuse. Et voi­là pour­quoi le dépu­té mûrit mal ; voi­là pour­quoi vous le retrou­vez misan­thrope et pes­si­miste par cette opi­nion trouble qu’il a de lui-même. 

    Là-des­sus on me dit sou­vent que les par­tis, s’ils étaient forts, vau­draient mieux que les hommes ; mais je n’en crois rien. Les par­tis ont leurs gou­ver­nants, qui suivent le des­tin de tous les gou­ver­nants, j’en­tends qu’ils sont hommes d’É­tat, mais pré­ma­tu­ré­ment. Homme d’É­tat, on l’est tou­jours trop. Dix minutes par jour c’est assez et trop ; le reste du temps qu’il soit homme ; mais c’est beau­coup deman­der. »

    Alain, pro­pos, juillet 1931.

    Réponse
  6. daumeur

    bon­jour,

    Pour que le Peuple soit consul­té , fau­drait il encore qu’il ait été ins­truit correctement

    vous croyez connaître le peuple en pen­sant qu’il peut , comme vous , com­prendre les enjeux mais vous com­met­tez une erreur, une erreur de classe …comme les hommes poli­tiques eux mêmes

    Deman­der par réfé­ren­dum (oui/non )est très réduc­teur et de toute manière peu fiable .….les nonistes n’ont d’ailleurs pas pu concré­ti­ser leur oppo­si­tion car elle n’é­tait pas homogène

    le non à pu être mis dans l’urne pour un petit motif par­mi d’autres , un motif de peur par exemple

    ce non ou ce oui res­semblent à une mas­ca­rade auquel vous avez participé

    hor­mis trou­ver tel auteur ou tel autre pas­sion­nant ou génial, vos tra­vaux ne débouchent sur rien.…

    vous vous faites plai­sir entre petit comi­té d’in­tel­lec­tuels, pen­dant ce temps d’autres agissent et font avan­cer le train…

    Réponse
  7. j-jour

    Vous dites, Daumeur,
    « Pour que le Peuple soit consul­té , fau­drait il encore qu’il ait été ins­truit correctement

    vous croyez connaître le peuple en pen­sant qu’il peut , comme vous , com­prendre les enjeux mais vous com­met­tez une erreur, une erreur de classe …comme les hommes poli­tiques eux mêmes »

    En existe-t-il vrai­ment des gens qui auraient été « ins­truits correctement » ?
    L’ins­truc­tion cor­recte, en admet­tant même qu’elle est pos­sible, se place-t-elle dans une sphère éthé­rée où la sur­vie des ceux qui apprennent – et ont donc le temps et l’éner­gie d’ap­prendre- serait garan­tie sans le tra­vail l’éner­gie et le temps dépen­sés par le « peuple » ?
    Ceux qui apprennent apprennent-ils ex-nihi­lo ou bien ne sont-ils pas les héri­tiers de ce que des mil­lions d’an­nées et d’êtres sur terre ont oeu­vré à leur transmettre ?

    Vous dites éga­le­ment « vous vous faites plai­sir entre petit comi­té d’in­tel­lec­tuels, pen­dant ce temps d’autres agissent et font avan­cer le train… »

    Oui mais vers quoi ?

    Réponse
  8. daumeur

    j‑jour,

    vous ergo­tez sur le sens des mots en uti­li­sant des mots « éthé­rée » ou « ex nihi­lo  » que la plu­part des citoyens ne mai­trisent pas

    vous illus­trez mes propos

    vers quoi ? vers ce qu’ils pensent meilleur …main­te­nant si vous n’êtes pas en accord avec leurs pro­po­si­tions et leurs actions , bou­gez vous , consti­tuez une force démo­cra­tique et agis­sez mais ces­sez d’ergoter

    sur ce site, l’ auto­sa­tis­fac­tion à cri­ti­quer et dénon­cer n’ap­porte rien

    rejoi­gnez ceux qui agissent et vous avez le choix, ou bien créer un mouvement

    Réponse
  9. Laurent_K

    Dau­meur,

    Quand vous dites « le non à pu être mis dans l’urne pour un petit motif par­mi d’autres , un motif de peur par exemple », cela le rend-il pour autant nul et non ave­nu ? En quoi le fait que le non ait de nom­breuses ori­gines per­met­trait-il de l’ignorer ?

    Et l’ins­truc­tion « cor­recte » du peuple serait-elle de voter dans le sens sou­hai­té par nos diri­geants bien aimés ?

    Et votre train, s’il va dans une direc­tion que les voya­geurs sou­haitent évi­ter, cela sert à quoi de le faire avan­cer à tous prix ?

    Par contre, vous avez rai­son de dire qu’il n’y a pas de concré­ti­sa­tion du non dans les par­tis tra­di­tion­nels mais cela ne signi­fie pas pour autant que les rai­sons du non aient dis­pa­ru et qu’on puisse les igno­rer impu­né­ment. Ain­si, le PS qui s’est refu­sé à toute mise en cause de sa doc­trine euro­béate le paye cher en terme d’in­ten­tions de vote.

    Réponse
  10. daumeur

    l’ins­truc­tion cor­recte ne signi­fie pas que les élec­teurs auraient voté pour le oui mais qu’il aua­rait voté en connais­sance de cause

    ce qui ne fût pas le cas

    le niez vous ?

    votre style « bien aimé » reflète bien votre état d’esprit

    Réponse
  11. Laurent_K

    « Le niez-vous  » ? Oh que oui et pas qu’un peu !

    La cam­pagne de 2005 a été le moment où les Fran­çais se sont le plus pen­chés sur l’Eu­rope. Le résul­tat n’a certes pas été celui atten­du mais il y a bel et bien eu un débat auquel les gens se sont intéressés.

    Je vous confirme qu’ef­fec­ti­ve­ment l’ex­pres­sion « nos diri­geants bien aimés » reflète bien mon état d’es­prit envers eux : une méfiance grandissante.

    Réponse
  12. Daumeur

    « Le niez-vous  » ? Oh que oui et pas qu’un peu ! »

    Vous confon­dez agi­ta­tion et réflexion.

    La cam­pagne de 2005 fût une cam­pagne de dés­in­for­ma­tion et de trom­pe­rie autant de la part des nonistes que des ouistes.

    Je vous plains d’a­voir si peu conscience des réa­li­tés que vivent nos conci­toyens, si peu conscience du peu d’ins­truc­tion du Peuple en des domaines si ardus… et sachez bien que l’in­for­ma­tion pas­sée au filtre de la mani­pu­la­tion ne vaut rien.

    Réponse
  13. Laurent_K

    Vous pour­riez argu­men­ter plu­tôt qu’as­sé­ner vos opinions ?

    Réponse
  14. Pierre

    Je suis d’ac­cord avec ton ana­lyse : voir dans le même ordre d’i­dée les articles du lien suivant :
    http://​www​.pier​re​belle​.org/​r​u​b​r​i​q​u​e​.​p​h​p​?​i​d​_​r​u​b​r​i​q​u​e​=28

    C’est l’at­ti­tude majo­ri­taire de nos conci­toyens qui est déses­pé­rante. En effet, tant que nos conci­toyens rem­pli­ront les Stades et les Zéniths en hur­lant, ver­sion moderne de l’a­rène romaine antique, il sera dif­fi­cile de faire évo­luer nos ins­ti­tu­tions. Et les per­son­nels poli­tiques ins­ti­tu­tion­nels auront encore de beaux jours devant eux.

    Les mee­tings can­di­dats dits grands, 
    ne sont-ils pas, mal­heu­reu­se­ment, les
    Stades et Zéniths de la politique ?

    Les hommes et les femmes qui se sentent citoyens res­pon­sables sont mal­heu­reu­se­ment mino­ri­taires. Alors com­ment, sous le car­can des ins­ti­tu­tions, dans notre pseu­do démo­cra­tie, peut-on espé­rer obte­nir les chan­ge­ments nécessaires ?

    Dans les grandes heures de notre his­toire, ce sont tou­jours des mino­ri­tés qui ont été le moteur des grands chan­ge­ments. Et leur action a pu abou­tir parce que la majo­ri­té des citoyens était dans une situa­tion cri­tique, prête à accep­ter ces changements.

    Donc, ces deux condi­tions seraient-elles aujourd’­hui réunies ?
    Existe-t-il une mino­ri­té suf­fi­sante et déter­mi­née pour s’investir ?
    Le peuple, est-il suf­fi­sam­ment bri­mé, a‑t-il tou­ché le fond ?

    Les pro­chaines élec­tions pour­ront appor­ter un début de réponse par le nombre d’é­lec­teurs qui auront choi­si un can­di­dat n’ap­par­te­nant à aucun par­ti poli­tique.

    Seront-ils suf­fi­sam­ment nom­breux pour que se des­sine une espé­rance de changement ?

    Bra­vo Étienne pour ton enga­ge­ment exemplaire !

    Réponse
  15. Daumeur

    Laurent_k,

    Que signi­fie argu­men­ter dans votre esprit ?

    Énon­cer sa méfiance ? et aller dans votre sens ?

    Cri­ti­quer, hur­ler à la tra­hi­son alors que vous ne mouillez même pas votre tee shirt ?

    Qui sont les « gens  » qui se sont inté­res­sés à l’Europe ?

    Ils se sont inté­res­sés à quoi ? au plom­bier polonais ?

    À un trai­té qu’ils ne com­pre­naient pas, tant il était indigeste ?

    Non, mon­sieur, ils ne se sont pas inté­res­sés mais détour­nés d’un texte qu’ils ont ren­voyé à la face de ceux qui l’a­vait rédi­gé en leur disant recom­men­cez votre copie (je crois que le rédac­teur du site est prof, non ? )

    Ce non était un « non » de bon sens, un « non » de rejet de ce que l’on ne com­prend pas et, lorsque l’on ne com­prend pas, on ne s’in­té­resse pas, for­cé­ment… On rejette.

    Ce qui ne signi­fie pas pour autant que le peuple aurait reje­té s’il avait eu la for­ma­tion pour comprendre.

    Ce vote ne vaut donc RIEN, c’est un vote de forme (vice de procédure).

    Il faut donc remettre la par­tie et resol­li­ci­ter le peuple dans des termes simples en leur expli­quant hon­nê­te­ment les enjeux… Mais pour cela, il fau­drait confier la tâche expli­ca­tive à d’autres qu’à des méfiants par prin­cipe comme vous…

    Réponse
  16. Étienne

    Dau­meur, vous êtes cari­ca­tu­ral : vous ali­gnez les pro­cès d’in­ten­tion en guise d’ar­gu­ments. On perd son temps

    Que savez-vous des inten­tions d’autrui ?

    En géné­ral, le vote n’est pas valide ou inva­lide en fonc­tion des spé­cu­la­tions sur les moti­va­tions intimes des votants.

    Heu­reu­se­ment.

    De plus, il est évi­dem­ment impos­sible de résu­mer des mil­lions de cas par­ti­cu­liers à un sché­ma unique.

    Le FAIT, c’est que le vote majo­ri­taire a dit clai­re­ment NON.

    C’est sim­ple­ment incontestable.

    Vos inter­pré­ta­tions fumeuses sur le SENS du NON sont des pro­tes­ta­tions de mau­vais joueur.

    Impor­tant : vous seriez-vous posé tant de ques­tions tara­bis­co­tées sur les rai­sons intimes des gens si le vote avait été conforme à vos sou­haits personnels ?

    Cette der­nière ques­tion est décisive.

    Réponse
  17. Daumeur

    Mon­sieur le don­neur de leçon,

    À quel endroit avez-vous lu le sens de mon vote (sou­haits per­son­nels) en 2005 ?

    À quel endroit ai-je remis en cause le FAIT ?

    Savez-vous vrai­ment lire ?

    J’ai voté « non » car je rejette comme des mil­lions de citoyens un texte incompréhensible.

    Vous qui, semble-t-il, avez voté en conscience et en connais­sance, ne repré­sen­tez qu’une infime mino­ri­té du non.

    Vous pen­sez être repré­sen­ta­tif de quelque chose mais vous ne l’êtes pas, vous ne repré­sen­tez RIEN, comme je l’ai écrit plus haut, vous êtes dans l’illu­sion, vous vous acca­pa­rez le « non », dra­pé de vos bonnes inten­tions, mais vous n’a­vez même pas com­pris ce qui s’est pas­sé en 2005.

    Il y a votre petit groupe et les mil­lions de Fran­çais peu infor­més et mani­pu­lés par vous et les autres (tenants du « oui »).

    Nous Fran­çais, en grande majo­ri­té, avons voté « non » par crainte ou incom­pré­hen­sion, il n’y a pas perte de temps de notre part, il faut quand même que quel­qu’un vous dise que vous êtes dans vos rêves d’in­tel­lec­tuels… C’est vous qui ergo­tez depuis ce temps (si j’ai bien com­pris) et pour quoi ? Deux ans après ? Même stade.

    Pen­dant ce temps, les gens vivent ou sur­vivent et vous regardent effarés.

    Qui vient lire sérieu­se­ment vos écrits ? Sou­vent inaces­sibles à la plu­part des citoyens.

    Sor­tez donc de votre bulle, qui êtes-vous donc ?

    Réponse
  18. Étienne

    Faut-il donc suivre votre exemple, ici même, mépri­sant et hai­neux, de plus en plus ?

    Je n’ai pas envie. Esca­lade stérile.

    Je fais ce que je peux. Je vis sans doute d’illu­sions, comme tout le monde, pro­ba­ble­ment. Je me fais plai­sir, et alors ? Pas vous ? Je fais aus­si des efforts sur un sujet que je crois déci­sif et je pro­gresse vite. J’ai par­fois ren­con­tré des contra­dic­teurs hos­tiles comme vous, mais plus cohé­rents et sur­tout plus constructifs.

    Avec vous, pour l’ins­tant, on n’a­vance pas. Ce que vous dites, jus­qu’i­ci, est vide de pro­po­si­tions originales.

    Que vou­lez-vous ? Quelle est cette che­mise que vous vou­lez que je mouille ?

    Et si vous avez voté non, êtes-vous donc com­plè­te­ment maso­chiste (je retire le mot « mau­vais joueur ») à venir nous repro­cher d’a­voir argu­men­té dans le même sens que vous ? Com­ment choi­sis­sez-vous vos adver­saires ? Les puis­sants doivent bien se mar­rer à voir ain­si les manants s’entredéchirer.

    Réponse
  19. daumeur

    vous par­lez de mépris et de haine sans en connaitre le sens ?

    vous expli­quer que vous êtes sur un nuage et sans aucune chance de créer une dyna­mique en adop­tant votre posi­tion est du mépris et de la haine ?

    vous vous faites plai­sir …d’ac­cord, je m’en étais aperçu.….ce n’est pas ce que demande lepeuple que vous dites vou­loir défendre contre les puissants

    n’ai je pas le droit de vous le signaler ?

    pour avan­cer mon­sieur il faut s’in­ves­tir et avec vos ambi­tions ‚je vous invite à agir ni plus ni moins

    je ne vous adresse pas de haine mais un encou­ra­ge­ment à vous secouer ACTIVEMENT les deux pieds dans la réalité

    quelque part vous me faites pen­ser à Nico­las Hulot qui aurait­pu bien faire et vite mais n’a pas osé fran­chir le cap de l’in­ves­tis­se­ment REEL ..il sera tra­hi et a enfon­cé madame Voynet

    main­te­nant si vous ne voyez pas ce que je veux vous dire , moi ce que j’en dis.……

    Réponse
  20. Laurent_K

    Dau­meur,

    Excu­sez-moi de vous répondre seule­ment main­te­nant, je viens juste de voir vos mes­sages à mon retour.

    Je com­mence par une pré­ci­sion : je suis de plus en plus méfiant non pas par prin­cipe mais par expé­rience. Plus je m’im­plique dans la vie poli­tique, plus je trouve des rai­sons d’être effa­ré par nos diri­geants. Je n’aime pas ça mais le constate.

    1°) Vous par­lez d’un vice de pro­cé­dure en indi­quant que le peuple n’a­vait pas la for­ma­tion pour com­prendre le trai­té consti­tu­tion­nel. Ce ne serait pas un pas vice de pro­cé­dure si on sui­vait ce rai­son­ne­ment mais une remise en cause d’un des fon­de­ments de la démo­cra­tie : un vote égale un vote que la per­sonne soit bac + 12 ou bac – 5 dans le domaine sur lequel porte la ques­tion. Pour ma part, je recon­nais que ce n’est pas par­fait mais c’est le moins pire des choix qui nous est offert. Regar­dez sim­ple­ment votre pro­po­si­tion de « confier la tâche expli­ca­tive à d’autres qu’à des méfiants par prin­cipe comme vous… ». Pour­quoi fau­drait-il exclure des gens sur ce prin­cipe et pas un autre ? Qui en déciderait ?

    2°) En ce qui concerne le reproche sur l’i­nac­tion : ce site est un endroit où on réflé­chit, pas un site d’un par­ti poli­tique. C’est une de ses forces car cela per­met d’a­voir des débats sans que telle ou telle idée soit immé­dia­te­ment affu­blée d’une éti­quette poli­tique qui fera fuir tous ceux n’ayant pas la même cou­leur poli­tique. Cer­taines idées comme celle d’une assem­blée consti­tuante pour la rédac­tion d’une consti­tu­tion font leur che­min dans l’o­pi­nion ‑au grand déplai­sir de la plu­part des déci­deurs, j’ai pu le constater‑, d’autres moins (le tirage au sort par exemple). C’est loin d’être fini mais c’est un début. Après, c’est à cha­cun de tra­duire ce qu’il a reti­ré de ces débats dans une action poli­tique concrète.

    Réponse
  21. daumeur

    bon­jour,

    je vous invite à lire DE TOCQUEVILLE :  » de la démo­cra­tie en Amé­rique  » : cet auteur a déja fait le travail .….

    je ne cri­tique votre for­mule un vote égal un vote

    je sou­ligne que poser une ques­tion sur un dos­sier ( rap­pe­lez vous l’é­pais­seur du texte ) indi­geste a natu­rel­le­ment ame­né le citoyen à rejeter

    poser une ques­tion dans l’at­tente d’une réponse réflé­chie sup­pose que le récep­teur (celui qui dira oui/non )connaisse le dos­sier à moins que vous n’ac­cep­tiez qu’il soit mani­pu­lé par d’autres ?

    aus­si le sys­tème repré­sen­ta­tif ne reçoit pas votre confiance , vous êtes méfiant envers les femmes et les hommes élus mais, vous en remettre à un vote popu­laire vicié par la nature même de la ques­tion vous satis­fait il ?

    moi non

    lisez De Toc­que­ville , vous com­pren­drez un peu plus que rien n’est tran­ché et que les appa­rences démo­cra­tiques peuvent être trom­peuses même si au final la démo­cra­tie est le meilleur système

    Réponse
  22. Laurent_K

    Com­men­çons par les points d’accord :

    • La démo­cra­tie est le meilleur des sys­tèmes (ou au moins le moins imparfait)
    • Le texte était indi­geste ‑volon­tai­re­ment me souffle ma méfiance…- 😉
    • Cela a rebu­té nombre de personnes.

    Par contre :

    • Cela n’af­fecte en rien la vali­di­té du vote car si on appli­quait cette logique il fau­drait pou­voir défi­nir à par­tir de quel niveau de connais­sance un élec­teur est ins­truit du domaine dont on parle et sur­tout qui pour­rait déci­der. Ce serait la porte ouverte à toutes les mani­pu­la­tions par ces décideurs.
    • Je ne remets pas pour autant en cause le sys­tème repré­sen­ta­tif. Sim­ple­ment je le trouve très insuf­fi­sant car il peut conduire comme actuel­le­ment à une situa­tion figée avec des politicien(ne)s accro­chés à leurs pré­bendes et à de véri­tables dénis de démo­cra­tie (dans le sens le pou­voir du peuple).
    Réponse
  23. daumeur

    je rejoins vos points d’accord.

    Pour la suite :

    • la vali­di­té du vote , dans ce cas là, n’a

    pas de réa­li­té du fait même que le texte était incom­pré­hen­sible pour le citoyen lamb­da (terme non péjo­ra­tif, j’en fais partie )

    il s’a­gi­rait sur­tout d’é­crire des textes simples. Avec des mots simples , vous abor­dez l’es­sen­tiel ( CF. la DDH à quelques mots près ), puis il convien­drait d’ex­pli­quer dans des réunions loca­le­ment orga­ni­sées par des jurys

    le TCE n’é­tait pas for­ce­ment ren­du incom­pré­hen­sible volon­tai­re­ment ( c’est votre méfiance natu­relle ), il incluait des par­ties très tech­niques qui exis­taient déja et s’ap­pli­quaient déja ayant été adop­tées pour Maastricht)

    • le sys­tème repré­sen­ta­tif pré­sente l’a­van­tage de défendre l’in­té­rêt général.…si vous déve­lop­pez l’as­pect participatif.….vous consta­te­rez, comme pen­dant les émis­sions de TF1, des prises de posi­tions pure­ment indi­vua­listes .…puisque les citoyens n’ont pas la for­ma­tion pour prendre de la hau­teur et se déta­cher de leur propre inté­rêt particulier.….nous reve­nons au point de départ
    Réponse
  24. Laurent_K

    Le prin­cipe même de la démo­cra­tie est que les citoyens sont les meilleurs juges pour leur ave­nir et que leur déci­sion est souveraine.

    Ca serait bien trop facile de reje­ter un résul­tat juste parce que le sujet est com­pli­qué. Votre argu­ment « les citoyens ont reje­té le texte parce qu’ils n’y com­pre­naient rien et ont donc pré­fé­ré se méfier » va dans ce sens. C’est en soi une très bonne rai­son de ne pas signer un texte et même si des doc­teurs en droit euro­péen m’ex­pliquent que je n’ai rien com­pris à la sub­ti­li­té du texte, il est facile de leur rétor­quer qu’ils n’a­vaient qu’à faire plus simple à comprendre.

    Ca ne veut pas dire que tout le monde est spé­cia­liste de la ques­tion mais que cha­cun vote en fonc­tion de ce qu’il com­prend et voit midi à sa porte. Ca n’est pas par­fait mais c’est ce qu’on a trou­vé de mieux jusqu’ici.

    En ce qui concerne vos reproches sur la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, TF1 est très loin de l’i­dée que je m’en fais ! Je vois plus un sys­tème de vota­tion où si un nombre suf­fi­sant de citoyens est d’ac­cord pour sou­le­ver un sujet, un réfé­ren­dum dont le résul­tat a force de loi est orga­ni­sé. Il faut donc qu’un nombre signi­fi­ca­tif d’in­di­vi­dus soient d’ac­cords pour que le sujet arrive sur le tapis. Cela éli­mi­ne­ra les ques­tions du genre « Qu’al­lez-vous faire pour empê­cher le chien de ma voi­sine de pis­ser sur mes fleurs ? ».

    Par ailleurs, je ne vois pas pour­quoi les repré­sen­tants dans la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive seraient immu­ni­sés contre les défauts de for­ma­tion ou de non prise de hauteur.

    C’est pour­quoi il me paraît essen­tiel de mati­ner la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive par de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive. Ces deux types de démo­cra­tie me paraissent plus com­plé­men­taires qu’opposées.

    Réponse
  25. Daumeur

    pour la prise de hau­teur des élus , ils ont un man­dat de la Nation et non pas un man­dat impé­ra­tif, ils dis­cutent donc de l’in­té­rêt géné­ral et ne sont pas liés par des pro­messes « individualisées »

    pour la for­ma­tion, essayez de com­pa­rer la for­ma­tion poli­tique , éco­no­mique, moyenne des élus ( dépu­tés , séna­teurs ) et ceux du citoyen Fran­çais moyen, vous comprendrez.…de plus les élus sont venus là parce qu’ils ont goût pour la chose publique ‚ce qui ne serait pas le cas des tirés au sort à moins que ces der­niers soient choi­sis par­mi des per­sonnes ayant affir­mé leur inté­rêt pour les affaires publiques mais quid du programme ?

    à mon sens , le moyen pour vous ‚d’at­té­nuer votre méfiance serait de por­ter des cou­leurs , des idées sur le ter­rain en vous enga­geant contre ou aux côtés des élus, là vous réa­li­se­rez que votre méfiance est loin d’être jus­ti­fiée hor­mis quelques cas

    votre posi­tion est à prio­ri( vous me direz si je suis dans l’er­reur ) celle d’un citoyen qui n’a­git pas avec un man­dat d’élu

    ce qui cor­res­pond bien à l’i­dée de l’au­teur du site qui affirme que ceux qui écrivent les règles ne doivent pas gou­ver­ner, une sorte de sépa­ra­tion des fonc­tions qui révèlent effec­ti­ve­ment une grande méfiance

    pour­quoi cette méfiance ? essen­tiel­le­ment parce que vous n’êtes pas dans l’arêne

    Réponse
  26. Laurent_K

    Etre méfiant ne veut pas dire qu’il faille jeter le bébé avec l’eau du bain en mépri­sant par prin­cipe tout ce qui est poli­tique mais que le réa­lisme impose une saine méfiance. Au pire, vous ne serez pas sur­pris, au mieux, vous aurez une bonne surprise.

    Cette méfiance ne m’empêche abso­lu­ment pas de ren­trer dans l’a­rêne comme vous dites. Au contraire, elle m’a inci­té à y aller pour faire chan­ger les choses.

    En ce qui concerne les élus natio­naux, ce sont des être humains comme les autres.

    Au niveau natio­nal, leur for­ma­tion sou­vent iden­tique peut aus­si les entraî­ner à ne voir qu’un côté des pro­blèmes et à en igno­rer d’autres. Cela ren­force l’im­por­tance d’a­voir l’a­vis de tous les citoyens quelques soient leurs niveaux de formation.

    Le fait d’a­voir un man­dat natio­nal n’im­mu­nise cer­tai­ne­ment pas les dépu­tés ou les Pré­si­dents contre l’in­di­vi­dua­lisme, la prise d’in­té­rêt et la bêtise. Ils peuvent aus­si venir à la poli­tique par inté­rêt pour le pou­voir ou appât du gain (je ne parle pas de leurs rému­né­ra­tions mais bel et bien de tra­fics d’in­fluences). Regar­dez donc les affaires qui se sont mul­ti­pliées depuis Urba Gra­co jus­qu’aux HLM de Paris et vous aurez déjà une vision un peu moins douce de nos élus.

    Entrez en poli­tique et vous ver­rez très rapi­de­ment que le débat d’i­dées au sein d’un par­ti est très vite brouillé par les que­relles de pou­voir, les ambi­tions per­son­nelles (qui sont de mon point de vue nor­males) et les riva­li­tés. Plus vous mon­tez l’é­chelle, plus la lutte est féroce. Vous trou­ve­rez des gens biens ‑j’en connais heu­reu­se­ment !- mais aus­si quan­ti­té d’op­por­tu­nistes prêts à tous pour une miette de pouvoir.

    C’est pour­quoi il faut mettre des garde-fous
    qui ne dépendent pas des indi­vi­dus (qui peuvent ou non cor­res­pondre à votre des­crip­tion de l’é­lu) mais des ins­ti­tu­tions : réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire, non cumul des man­dats et sépa­ra­tion des pou­voirs à tous les étages (notam­ment européens).

    Réponse
  27. daumeur

    pour finir notre échange , Laurent , je pense que dire  » les ins­ti­tu­tions ne doivent pas être rédi­gées par les gens de pou­voir  » est une affir­ma­tion inutile :

    si les ins­ti­tuions sont bien écrites et per­mettent des contrôles effi­caces par les citoyens ‚rien n’empêche ceux qui les ont écrites d’exer­cer des responsabilités

    ce qui compte est d’é­crire un texte qui tient la route , affir­mer que ceux qui les écrivent ne peuvent exer­cer des fonc­tions de res­pon­sa­bi­li­tés ‚c’est avouer à prio­ri la fai­blesse du texte

    l’im­por­tant c’est le texte pas les hommes contrai­re­ment à ce que l’ont croit

    oser écrire un texte efficace !

    Réponse
  28. Laurent_K

    Cela mérite débat 😉

    Effec­ti­ve­ment si le texte tient bien la route, il assu­re­ra l’é­qui­libre des pou­voirs quelques soient les hommes et les femmes mais pour la rédac­tion d’un texte solide, peut-on comp­ter sur la seule bonne volon­té des hommes de pouvoir ?

    Réponse
  29. Lilichris

    Une nou­velle consti­tu­tion est en effet en cours d’é­cri­ture au sein de plu­sieurs groupes. Pour plus d’ef­fi­ca­ci­té, il serait peut-être bon de les pos­ter sous forme de péti­tions afin de recueillir l’a­gré­ment du plus grand nombre. celle qui aurait recueilli le plus de voix pour­rait alors être choi­sie, même si elle devait avoir besoin d’une mise en forme finale.…. Qu’en pensez-vous ???

    Réponse
  30. Étienne

    Bon­jour « Lilichris »,

    Effec­ti­ve­ment, MAIS c’est un gros tra­vail pour cha­cun de sim­ple­ment lire et com­men­ter UN pro­jet qui n’est pas le sien.

    Alors plu­sieurs… c’est vrai­ment lourd.

    Et serait-ce même utile (puisque les voleurs de pou­voir sont encore en place et qu’un tra­vail de syn­thèse opé­ra­tion­nelle est à peu près condam­né à res­ter théo­rique) ? Cette étape est peut-être prématurée.

    Mais je cherche la même chose que vous, je com­prends votre sug­ges­tion. Je ne sais pas com­ment nous mettre ensemble, alors que nous avons déjà tant tra­vaillé cha­cun de son côté… et que nous avons quand même quelques diver­gences consis­tantes : je pense à ceux qui tiennent mor­di­cus à ce que l’As­sem­blée consti­tuante soit ÉLUE, ce qui pour moi rend le pro­jet par­fai­te­ment inutile et voué à l’é­chec anti­dé­mo­cra­tique, car les mêmes causes pro­dui­ront les mêmes effets : écri­vant des règles pour eux-mêmes, les élus pro­gram­me­ront notre impuis­sance poli­tique. Moi, ça ne m’in­té­resse pas. Pas du tout.

    Pas facile.

    Réponse
  31. Alain GUILLOU

    Edgar Morin et Ste­phane Hes­sel dans « le che­min de l’es­pé­rance » dis­tinguent ce qui dans la vie relève de « la poé­sie » et ce qui au contraire relève du « prosaïque »…

    Le désir d’une Consti­tu­tion vient sans doute chez les humains, pro­saï­que­ment contraints à sur­vivre ensemble, de l’as­pi­ra­tion à des droits col­lec­tifs qui pré­servent la source indi­vi­duelle du « poé­tique » de l’exis­tence… Le « désir » de faire par­tie du « peuple Consti­tuant » ne peut pas venir uni­que­ment de « la rai­son pure »… S’il lui plait de « vivre au brouillon », un peuple capable d’in­ven­tion refu­se­ra tou­jours une « Consti­tu­tion », à un moment ou à un autre, même si cette « Consti­tu­tion a été écrite « par le peuple et pour le peuple » : donc il est un peu arna­queur de ce point de vue (qui est pour l’ins­tant le mien) de pro­cla­mer qu’on va « résoudre tous les pro­blèmes » avec une Consti­tu­tion écrite par des tirés au sort… Je ne dis pas que l’i­dée soit mau­vaise, je dis qu’elle souffre de l’in­suf­fi­sance assez géné­rale des pen­sées dites « poli­tiques » pri­vées d’une approche phi­lo­so­phique critique… 

    À l’ap­pui, je cite un sacré anar­chiste :« Le choix d’une consti­tu­tion, tel était le pro­blème qui pré­oc­cu­pait les cer­veaux révo­lu­tion­naires ; toute l’histoire poli­tique de la Révo­lu­tion est rem­plie par des luttes consti­tu­tion­nelles et des ques­tions consti­tu­tion­nelles, de même que les talents sociaux se sont mon­trés éton­nam­ment féconds en ins­ti­tu­tions sociales (pha­lan­stères, etc.). C’est au contraire à deve­nir sans-consti­tu­tion que tend l’insurgé. »
    La pointe anar­chiste de Stir­ner
    va bien au-delà des reli­quats du pou­voir consti­tuant dans la démo­cra­tie libé­rale et repré­sen­ta­tive, mais il ne reven­dique pas pour autant la pos­si­bi­li­té d’une absence totale de consti­tu­tion ; il décrit le désir de l’insurgé de s’opposer au striage infi­ni de la pro­duc­tion des dési­rs que pro­voque l’établissement d’une constitution. 

    Anto­nio Negri recourt à une tour­nure sem­blable, dans son livre sur le pou­voir consti­tuant, pour essayer de dépla­cer le dis­cours sur le carac­tère abs­trait-géné­ral de la consti­tu­tion et sur les pro­ces­sus consti­tuants vers un dis­cours sur le carac­tère concret-géné­ral d’un « pro­ces­sus abso­lu ». Ain­si, « (…) une fois pas­sé le moment consti­tuant, le carac­tère fixe de la consti­tu­tion prend une allure réac­tion­naire dans une socié­té fon­dée sur le déve­lop­pe­ment de l’économie et des liber­tés ». Negri com­mente ain­si la dif­fé­ren­cia­tion de la consti­tu­tion en pou­voir consti­tuant et pou­voir consti­tué non plus seule­ment en rap­port avec le pro­ces­sus consti­tu­tion­nel, mais à l’appui de la dis­tinc­tion opé­rée par Spi­no­za entre poten­tia et potestas.

    Et jus­te­ment il y a besoin de pen­ser « ima­gi­na­tion au pou­voir »… « Mou­ve­ment popu­laire réel qui abo­lit le sys­tème de domi­na­tion concret c’est-à-dire éco­no­mique et tech­nique ! Ce mou­ve­ment, celui des éven­tuels « indi­gnés », c’est l’é­ven­tuel « communisme » !

    Réponse
  32. Paul & Mick

    Bon­jour,

    Je n’ai pas voté le 6 mai der­nier. Je pen­sais être un mau­vais citoyen. Je ne suis qu’un mau­vais élec­teur. Je refuse d’élire mes maîtres.

    J’ai lu quelques articles, et écou­té quelques extraits de conférence.

    J’y ai trou­vé des mots qui expri­maient ma pen­sée avec les argu­ments qui la légitimaient.

    Je vous pro­pose quelques illus­tra­tions aux conte­nus de ce blog … Notamment :

    J‑99 ; J‑97 ; J‑90 ; J‑77 ; J‑5 …

    Bon diver­tis­se­ment.

    Réponse
  33. pierro78

    Bon­jour Etienne,

    Avec des GV on essaye de réflé­chir à des textes pour nous pré­sen­ter sur un site web :
    http://​pro​jet​gen​tils​vi​rus​.ouva​ton​.org/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​P​r​o​p​o​s​i​t​i​o​n​s​_​d​e​_​t​e​x​t​e​s​_​p​o​u​r​_​l​e​_​s​i​t​e​_​d​e​_​p​r​e​s​e​n​t​a​t​ion

    Peut-être que « affai­blir les pou­voirs » n’est pas très « ven­deur »… en ces temps de crise on a pas envie d’être faible mais fort …

    Je met­trai peut-être :

    Mon­tes­quieu a mon­tré qu’il fal­lait, par le moyen de la Consti­tu­tion, contrô­ler les pou­voirs, —notam­ment le pou­voir exé­cu­tif qui est le plus dan­ge­reux—, en sépa­rant les pou­voirs et en les subor­don­nant à des contre-pou­voirs (à tout moment, évi­dem­ment, et non pas seule­ment au moment des élections).

    Qu’en penses-tu ?

    Cor­dia­le­ment
    Pierre

    Réponse

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