« Le traité de Sarkozy face au référendum de Royal »
dans Le Monde du 6 mars 2007 :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1–0@2–823448,36–879503,0.html
« (…) Ce n’est qu’après un accord sur ces politiques qu’elle [Ségolène Royal] pourrait imaginer, dit-elle, de faire ratifier, par un nouveau référendum avant ou lors des élections européennes de juin 2009 un traité reprenant les dispositions institutionnelles de celui qui a été rejeté par les Français en 2005. « Je suis prête à consulter de nouveau les Français, mais je demande qu’entre-temps l’Europe fasse ses preuves sur les politiques communes et sur le social », a‑t-elle réaffirmé dans Le Monde du 6 mars.
Cette position suscite de fortes réserves à Berlin, où le gouvernement d’Angela Merkel, qui allie la droite chrétienne démocrate aux sociaux ‑démocrates, tente de trouver une issue au blocage de l’Union. La crainte est forte outre-Rhin de voir la candidate socialiste s’enfermer, pour des raisons internes au parti socialiste, dans une position d’affrontement dont les dirigeants ne voient pas l’issue. L’obligation qu’elle s’est donnée d’organiser un nouveau référendum sur tout nouveau traité est ouvertement critiquée par ses propres amis du parti social-démocrate. « Un second échec serait une catastrophe pour l’Union », s’évertue à expliquer l’eurodéputé Jo Leinen, président de la commission institutionnelle du Parlement européen, rallié à l’idée d’un processus par étapes après s’être battu pour garder le traité au plus prêt du projet initial de Constitution.
François Bayrou s’étant lui-même prononcé pour un référendum sur un nouveau texte qu’il veut ambitieux, sans vraiment en préciser les contours, les discussions se sont du coup nouées autour de la proposition de « mini-traité » institutionnel lancée en septembre dernier, à Bruxelles, par Nicolas Sarkozy.
Cette proposition, qui a déclenché dans un premier temps une levée de boucliers dans les pays qui ont déjà ratifié le traité actuel, a fait son chemin. Elle a le mérite, pour ces derniers, de prévoir une ratification par le seul parlement et de pouvoir aller vite sur la réforme des institutions avant de relancer une nouvelle grande négociation sur le contenu politique de l’Europe. (…) »
Mon commentaire :
On n’impose pas une Constitution par Traité, sans le peuple.
Un « traité constitutionnel » est un abus de pouvoir, une profonde atteinte à la démocratie.
Ce n’est évidemment pas aux hommes au pouvoir d’écrire les limites de leur propre pouvoir.
Si on élit ces gens-là, on sait où on va, et on aura ensuite exactement ce qu’on mérite.
Si on est assez bête pour désigner ceux qui nous annoncent qu’ils vont nous violer, tant pis pour nous.
Mais les autres candidats sans parti, de gauche ou de droite, ne valent guère mieux (José Bové, Nicolas Dupont-Aignan, etc.) s’ils nous imposent une Assemblée Constituante élue, car ses membres proviendront alors fatalement des partis et ces hommes-là programmeront fatalement notre impuissance.
Merde.
Et si on élisait des non candidats ?
Pourquoi nous laissons-nous imposer les candidats des partis ?
Pourquoi ne pouvons-nous pas désigner librement le ou les citoyens que nous jugeons valeureux ?
Puis, parmi ces milliers d’élus non candidats, on choisirait par plusieurs tours successifs (5 ou 6 ?)
ou bien on tirerait au sort parmi ceux qui ont été les plus appelés (et qui ont accepté).
Pourquoi est-ce que ce sont les élus qui nous imposent le mode d’élection ?
Qui est légitime pour faire cet immense choix de société ?
Les élus eux-mêmes ou les citoyens ?

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