José Bové, homme libre sans parti, peut nous aider à sortir de la préhistoire de la démocratie en déclenchant un processus constituant honnête, c’est-à-dire une Assemblée Constituante tirée au sort parmi les volontaires

8/02/2007 | 62 commentaires

Voi­ci ce que j’a­vais pré­vu de dire mer­cre­di soir, 7 février, à Aubagne, au cours du pre­mier mee­ting de José Bové (je n’ai pas tout dit : 3 minutes max, c’est une ter­rible tenaille).

Sou­ve­nez-vous : pour des dizaines de mil­liers de citoyens, la cam­pagne réfé­ren­daire de 2005 fut un révé­la­teur de notre impuis­sance poli­tique, en Europe comme en France :

• ni contrôle de nos élus, qui sub­sti­tuent sans frein leur volon­té propre à la volon­té générale,

• ni pou­voir d’i­ni­tia­tive, pour nous autres citoyens, même sur les sujets que nous consi­dé­rons mas­si­ve­ment comme importants.

Pour­tant, nous pour­rions gagner la plu­part de nos luttes sociales avec le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive citoyenne (ou popu­laire), RIC ou RIP, — ver­sion moderne, pour une popu­la­tion deve­nue nom­breuse, de l’i­sè­go­ria, droit antique essen­tiel, droit pour tous les citoyens de prendre la parole à l’as­sem­blée, à tout moment et à tout pro­pos : 1 % posent les ques­tions qui leur semblent impor­tantes et 50 % (ou plus) décident éven­tuel­le­ment que la ques­tion est effec­ti­ve­ment impor­tante, et imposent la volon­té popu­laire avec une légi­ti­mi­té incon­tes­table (directe). Ce droit existe en Suisse, entre autres, et les Suisses s’en félicitent.

Avec le RIC, donc, nous pour­rions nous oppo­ser effi­ca­ce­ment et défi­ni­ti­ve­ment aux pri­va­ti­sa­tions, au CNE, aux OGM en plein champ, à notre intoxi­ca­tion par les fabri­cants de pro­duits chi­miques, aux trans­ferts de sou­ve­rai­ne­té sans contrôle popu­laire vers l’U­nion euro­péenne, nous pour­rions impo­ser les scru­tins pro­por­tion­nel et pré­fé­ren­tiel, le res­pect du vote blanc, nous pour­rions impo­ser que la créa­tion moné­taire soit reti­rée aux banques pri­vées pour être ren­due à l’É­tat, déci­der d’un reve­nu maxi­mum, etc.

POURQUOI cette impuis­sance ? Parce qu’elle est pro­gram­mée quelque part. Où ça ? Dans la Consti­tu­tion. Et qui écrit la Consti­tu­tion (jus­qu’à pré­sent) ? Les élus, les ministres, les juges, les hommes de par­tis… Or, tous ces gens ont un inté­rêt per­son­nel à ce que nous soyons impuis­sants poli­ti­que­ment : il ne faut donc pas s’é­ton­ner que nous n’ayons aucun moyen de résis­ter aux abus de pou­voirs ; ce qui compte, ce n’est pas qui vote la Consti­tu­tion, ce qui est essen­tiel, c’est qui écrit la Constitution.

Et ma thèse est celle-ci : ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles de leur propre pou­voir. Ce n’est pas aux par­le­men­taires ni aux ministres d’é­crire ou modi­fier la Consti­tu­tion car ils sont juges et par­ties et que leur inté­rêt per­son­nel est contraire à l’in­té­rêt général.

Et il ne sert à rien d’in­cri­mi­ner les élus, il faut nous en prendre à nous-mêmes car c’est bien nous qui sommes négli­gents et qui les lais­sons faire, en nous dés­in­té­res­sant de cet outil essen­tiel : c’est parce qu’on leur aban­donne l’é­cri­ture de la Consti­tu­tion que l’on est pri­vé du droit des peuples à dis­po­ser d’eux-mêmes au pro­fit d’un incroyable droit des élus à dis­po­ser des peuples.

C’est à nous d’exi­ger que soient rigou­reu­se­ment sépa­rés le pou­voir consti­tuant des pou­voirs consti­tués (sépa­ra­tion des pou­voirs plus impor­tante, fina­le­ment, que l’autre sépa­ra­tion des pou­voirs qu’on doit aus­si res­pec­ter, ensuite, entre les pou­voirs légis­la­tif, exé­cu­tif, judi­ciaire et (bien­tôt) les médias).

COMMENT sépa­rer ces pou­voirs ? Avec une Assem­blée Consti­tuante, mais atten­tion pas une Assem­blée Consti­tuante élue, sinon les par­tis vont nous impo­ser leurs can­di­dats via les com­mis­sions d’in­ves­ti­ture et ce sont de nou­veau des hommes de par­tis, des hommes de pou­voir, qui vont écrire les règles du pou­voir et des contrôles fac­tices. Non, la seule Assem­blée Consti­tuante qui vaille doit être tirée au sort, par­mi les citoyens volon­taires : tout vaut mieux, pour nous tous, que des auteurs qui écrivent des règles pour eux-mêmes.

Et QUI donc va déclen­cher ce pro­ces­sus consti­tuant hon­nête, avec une Assem­blée Consti­tuante tirée au sort ? Un can­di­dat de par­ti ? Un homme de par­ti ? Jamais de la vie : si on attend ça, on va attendre long­temps. Seul un can­di­dat hors par­ti peut nous offrir cette libération.

Et c’est là que la can­di­da­ture de José est his­to­rique, très ori­gi­nale, incroya­ble­ment por­teuse d’es­poir : José est un homme libre, il n’a de comptes à rendre à per­sonne et s’il a com­pris l’im­por­tance de cet enjeu, son rôle his­to­rique, et s’il est hon­nête et cou­ra­geux, ce que je crois, il est le seul cré­dible aujourd’­hui et il peut convaincre des mil­lions de per­sonnes, bien au-delà des seuls militants.

Pen­sez à ces 70 % de citoyens qui ne font plus confiance à aucun par­ti, ni de gauche ni de droite : c’est un homme sans par­ti qu’il leur faut, un homme qui leur dise : « je ne veux pas être votre chef, je veux être votre porte-parole, je veux vous rendre la parole et vous lais­ser déci­der vous-même de ce que vous consi­dé­rez comme impor­tant. Ne me deman­dez pas quel est mon pro­gramme, habi­tués que vous êtes à ce que des élus décident à votre place ; je vous pro­pose une évo­lu­tion démo­cra­tique : mon pro­gramme est de vous lais­ser écrire le pro­gramme, libre­ment, intel­li­gem­ment, au fur et à mesure, pro­jet par pro­jet, sans nous figer dans une ligne de par­ti, sans nous empri­son­ner dans le car­can d’une dis­ci­pline de par­ti, sans nous enfer­mer dans des clans hos­tiles par prin­cipe. Je pro­tè­ge­rai des valeurs, mais vous déci­de­rez vous-même de votre sort, au fur et à mesure. Je vous lais­se­rai reprendre le contrôle réel de vos médias, de votre mon­naie, de vos repré­sen­tants, de vos ins­ti­tu­tions, de votre politique. »

Aujourd’­hui, s’il arrive à déjouer les mani­pu­la­tions des par­ti­sans, fussent-ils « dis­si­dents », qui ne man­que­ront pas de s’ap­pro­cher de lui, et s’il reste bien à l’é­coute des sans par­tis, José Bové semble bien capable de nous sor­tir de ce que j’ap­pelle la pré­his­toire de la démocratie.

PS : je trouve très trou­blante l’ob­ser­va­tion qu’au­cun syn­di­cat ne réclame le RIC, alors qu’ils devraient évi­dem­ment tous mar­te­ler cette reven­di­ca­tion déci­sive tous les jours ! C’est conster­nant, je ne com­prends pas : ces gens qui pré­tendent faire le métier de nous défendre ne réclament pas for­te­ment l’arme suprême, l’arme abso­lue, le RIC, qui nous per­met­trait de vaincre à tout propos.

De la part des par­tis de droite, je le com­prends, c’est cohé­rent : les riches dominent les pauvres et les ins­ti­tu­tions sont un ver­rou par­fait, OK.

Mais de la part des par­tis de gauche (y com­pris les par­tis d’ex­trême gauche !) et même des syn­di­cats, je trouve cette impasse conster­nante. Si vous avez une expli­ca­tion, ce serait inté­res­sant de nous la faire connaître.

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62 Commentaires

  1. Laurence

    Bon­jour, Je ter­mine la lec­ture de ce texte et je tiens à pré­ci­ser que le Comi­té Natio­nal pour la recon­quête de la démo­cra­tie pro­pose depuis long­temps une assem­blée consti­tuante sou­ve­raine. Nous avons, pour un grand nombre d’entre nous déci­dé de sou­te­nir une can­di­da­ture de maire, déci­dée par des maires de petites com­munes en la per­sonne de G. Schi­var­di. Une de ses pro­po­si­tion est la mise en place d’une consti­tuante souveraine.
    Mais il est dif­fi­cile pour nous de nous faire entendre. Laurence

    Réponse
  2. Étienne

    Bon­jour Laurence,

    mer­ci pour cette info : auriez-vous un lien pré­cis qui nous per­met­trait de retrou­ver faci­le­ment le détail des pro­po­si­tions de Gérard Schi­var­di (dont j’ai signa­lé depuis quelques semaines le site en tête de ma page ‘Liens’) en matière de pro­ces­sus constituant ?

    Notam­ment, l’as­sem­blée consti­tuante que vous sou­hai­tez est-elle élue ou tirée au sort ?

    Car c’est bien LE point cen­tral où les citoyens se font « avoir » par les hommes de par­tis : une assem­blée élue sera com­po­sée des can­di­dats que les par­tis nous auront impo­sés et on aura donc, encore et tou­jours, imman­qua­ble­ment, une assem­blée de per­sonnes à la fois juges et par­ties écri­vant elles-mêmes les limites de leur propre pou­voir, ce qui confi­ne­ra les citoyens, encore et tou­jours, dans une impuis­sance poli­tique totale ; impuis­sance qui n’a, pour moi, plus rien d’in­com­pré­hen­sible : la cause de nos mal­heurs com­mence à être claire — et pas très com­pli­quée, finalement.

    Qu’en pen­sez-vous ?

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  3. André

    Bon­jour à tous

    Cela fait un moment que je suis venu sur votre blog, Étienne, et le texte sur le RIC est d’une impor­tance capi­tale. Je viens de m’en­ga­ger à titre per­son­nel dans la cam­pagne pour José Bové et je crois qu’il va fal­loir insis­ter énor­mé­ment sur la pro­blé­ma­tique du manque de démo­cra­tie de nos socié­tés. J’ai per­son­nel­le­ment étu­dié la consti­tu­tion hel­vé­tique que je pré­fé­re­rai de beau­coup au TCE ( si j’a­vais à choi­sir), d’a­bord elle est beau­coup plus simple et sur­tout plus démo­cra­tique, grâce notam­ment au RIP (vota­tion). Ils ont obte­nu un mora­toire de 5 ans sur les OGM. Bien sûr je cri­tique l’as­pect para­dis fis­cal, je ne suis pas incon­di­tion­nel de ce pays.

    Mon­trer le lien entre mon­dia­li­sa­tion finan­cière, reculs démo­cra­tiques, sociaux et envi­ron­ne­men­taux me paraît la chose la plus impor­tante de cette campagne.

    Allez, je vais rendre visite aux maires pour le parrainage.

    Cor­dia­le­ment.

    André.

    Réponse
  4. j-jour

    Bon­jour,

    Je suis bien d’ac­cord avec l’ac­cent à mettre sur les liens entre « mon­dia­li­sa­tion finan­cière, reculs démo­cra­tiques, sociaux et envi­ron­ne­men­taux » que vous vou­lez sou­li­gner pen­dant cette cam­pagne, André, comme je par­tage éga­le­ment le choix de José Bové comme le plus convain­cant actuel­le­ment, rela­ti­ve­ment à cela, et au fait qu’il est un homme en dehors des par­tis, comme l’a très jus­te­ment sou­li­gné Étienne.

    Concer­nant le TCE, il me semble bien que la cible des cri­tiques sur ce forum ne se limi­te­ra pas aux inten­tions de Sar­ko­zy : j’ai mal­heu­reu­se­ment trou­vé dans l’a­vant goût du pro­gramme du PS rap­por­té dans Libé­ra­tion, si cela est fiable, deux lignes qui sou­lèvent mon indi­gna­tion, et je pense que les 55 % des Fran­çais qui ont voté NON au trai­té sont sus­cep­tibles de se sen­tir insultés :

    « EUROPE
    – Nou­veau réfé­ren­dum en France en 2009 sur la Consti­tu­tion reje­tée en 2005.
    – Ajou­ter un « volet social » à la Consti­tu­tion, « dont il reste à dis­cu­ter le statut ».

    Très cor­dia­le­ment.

    Réponse
  5. André

    Bon­jour à tous

    Je crois effec­ti­ve­ment que, sur le thème du TCE, Bay­rou, Royal et Sar­ko­zy veulent nous le refour­guer d’une façon ou d’une autre. Il faut être vigi­lant là-dessus.

    Je ferai remar­quer que les trois can­di­dats du OUI ne veulent pas tenir compte du vote du 29 mai, et je ne vois pas pour­quoi il y aurait un autre refe­ren­dum sur le même trai­té ou un trai­té auquel on aurait ajou­té une simple décla­ra­tion d’in­ten­tion non enga­geante comme le fameux droit de pétition !!

    Donc, il convient d’in­ter­pel­ler les trois can­di­dats sur ces thèmes pour que les choses soient claires au niveau du public (en plus des pro­po­si­tions à faire connaître).

    L’as­pect recul de la démo­cra­tie est trop sou­vent mis en second plan dans les cam­pagnes, alors que c’est deve­nu le plus important.

    Il faut expli­quer au public que les reculs démo­cra­tiques pro­viennent certes de notre consti­tu­tion, de son régime pré­si­den­tiel et du manque de pou­voir par­ti­ci­pa­tif des citoyens, mais éga­le­ment des direc­tives euro­péennes basées sur le dogme libéral.

    Est-il nor­mal que, à comp­ter du 1/07/2007, EDF ne pour­ra plus pra­ti­quer de tarifs régu­lés qui per­mettent une éga­li­té de tous quelle que soit la région ? Il convient d’ailleurs de remar­quer que les tarifs sur le mar­ché libre sont supé­rieurs au tarif régulé.

    Je ferais remar­quer éga­le­ment que, selon les experts de l’OCDE, la gra­tui­té ne doit plus exis­ter dans l’en­sei­gne­ment, la for­ma­tion étant un capi­tal qui doit être ache­té, même Gilles de Robien a émis des réserves !

    Le mono­pole de la sécu­ri­té sociale n’est pas com­pa­tible avec la concur­rence libre et non faus­sée prô­née par la com­mis­sion de Bruxelles. L’Eu­rope est par ailleurs membre très active de l’OMC dont l’ob­jec­tif est la pri­va­ti­sa­tion de toutes les acti­vi­tés (sauf l’ar­mée, la police et la justice).

    En dehors des consé­quences sociales (voir coût de la san­té aux USA), il est scan­da­leux que les citoyens d’un pays ne puissent déci­der du domaine lais­sé aux ser­vices publics.

    J’ai lu les com­men­taires de Méla­nie et je suis déso­lé d’être en désac­cord, car tout le monde sait que ces orga­nismes (OMC, OCDE, com­mis­sion de Bruxelles) pra­tiquent la col­lu­sion avec les fonds spé­cu­la­tifs, les patrons du CAC 40, les gros actionnaires.

    Ces ins­ti­tu­tions ont un pou­voir déro­ga­toire du pou­voir des citoyens et on ne peut lut­ter pour la démo­cra­tie si l’on n’a pas conscience de cela, et alors se pose la ques­tion du posi­tion­ne­ment par rap­port au néo­li­bé­ra­lisme que les peuples subissent depuis THATCHER et REAGAN.

    La neu­tra­li­té n’est pas pos­sible dans ce domaine si l’on veut créer une France et une Europe plus démocratique !

    Cor­dia­le­ment

    André

    Réponse
  6. j-jour

    Par acquit de conscience, je pré­cise ce que j’a­vais mis en évi­dence dans mon mes­sage pré­cé­dent et qui m’a indi­gnée, concer­nant l’a­vant-goût du pro­jet socia­liste tel qu’il était pré­sen­té sur Libé­ra­tion et donc je copie colle ici ce qui figure exac­te­ment sur la ques­tion de la consti­tu­tion euro­péenne du site Dési­rs d’Avenir
    http://​www​.desirs​da​ve​nir​.org/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​c​=​d​o​s​s​i​e​r​&​i​d​=​8​7​0​&​d​o​s​s​i​e​r​=13

    « Redon­ner un nou­veau souffle à l’Europe :
    (…)
    « 91- Négo­cier un trai­té ins­ti­tu­tion­nel sou­mis à réfé­ren­dum pour que l’Europe fonc­tionne de manière plus démo­cra­tique et plus efficace. »

    Ce n’est pas exac­te­ment ce qui figu­rait sur Libération :
    « Nou­veau réfé­ren­dum en France en 2009 sur la Consti­tu­tion reje­tée en 2005. »

    Réponse
  7. Étienne

    j‑jour,

    Mer­ci pour la précision.

    Je rap­pelle que l’ex­pres­sion « trai­té consti­tu­tion­nel » est, en soi, un aveu de tra­hi­son : on n’é­crit pas les consti­tu­tions par voie de trai­té, sans les peuples concer­nés. Le pro­blème n’est pas juri­dique, mais poli­tique, et les juristes qui pré­tendent cet acte légi­time sont com­plices d’une félo­nie : ce n’est pas aux ministres d’é­crire ou révi­ser la Consti­tu­tion, en aucun cas.

    En se com­por­tant ain­si, nos repré­sen­tants abusent de leur pou­voir, usurpent leur man­dat et se com­portent comme des loca­taires qui ven­draient la mai­son louée… 

    Les ministres ne sont pas pro­prié­taires de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire ; il ne leur appar­tient pas d’en dis­po­ser libre­ment, sans nous consul­ter directement.

    Je vois dans ce coup de force de nos propres élus, qui s’af­fran­chissent ain­si eux-mêmes de tout contrôle citoyen, une juste cause d’in­sur­rec­tion.

    Avant d’a­voir tout perdu.

    Réponse
  8. philippe magdelenat

    bon­jour Etienne,

    ou en êtes vous ?

    vous avez rai­son d’é­crire que l’on n’é­crit pas une consti­tu­tion par voie de traité.

    Le TCE n’é­tait pas une consti­tu­tion au sens juri­dique du terme.

    A pro­pos des R.I.P. , pou­vez vous don­ner des liens trai­tant de ce sujet ( j’ai peu de temps pour re-par­cou­rir votre site )

    qui peut être à l’i­ni­tia­tive d’un RIP ?

    quelle pro­cé­dure ?

    Si un thème est règlé à la suite d’un RIP , pour com­bien de temps est il règlé ? autre­ment dit peut ‑on remettre en cause le résul­tat du RIP et dans quel délai ?

    bien cor­dia­le­ment

    phi­lippe

    Réponse
  9. J-PMO

    J’a­vais trou­vé le débat pour le non au TCE inté­res­sant, jus­te­ment parce qu’il se fai­sait sur le fond des choses, l’op­po­si­tion capital/travail, en dehors des enga­ge­ments poli­tiques des uns et des autres. Etienne, tu me déçois, je croyais que tu pou­vais être cet homme « libre », ce lien anti­li­bé­ral qui tis­se­rait des liens entre tous ceux qui sou­hai­taient sor­tir des par­tis-pris du 20ème siècle. En choi­sis­sant José Bové pour son « indé­pen­dance » et en te fai­sant son sou­tien, tu vas à l’en­vers de tout ce que tu sou­haites : éta­blir des règles réel­le­ment contrô­lables par le peuple, qui évitent la per­son­na­li­sa­tion dont on connaît toutes les dérives. Toi qui condamnes les « adhé­rents », ceux par exemple qui pensent que les élus sont comp­tables de leurs actes devant leurs cama­rades en même temps que devant leurs élec­teurs, tu sembles donc main­te­nant avoir choi­si le par­ti « boviste » qui devrait être à reje­ter à prio­ri selon ton pos­tu­lat émis plus haut.

    Quand tu dis : « Seul un can­di­dat hors par­ti peut nous offrir cette libé­ra­tion. » Pour ma part, je me méfie for­te­ment des hommes pro­vi­den­tiels incon­trô­lés, l’his­toire est pleine de ceux-là qui, incon­trô­lés au départ, finissent par tout muse­ler dans une dictature.

    En 1973, j’ai choi­si, libre­ment, un par­ti pour construire la socié­té sans capi­ta­lisme que j’es­pé­rais. 34 ans après, je ne me consi­dère nul­le­ment comme figé. Je n’en suis pas plus pri­son­nier que le pay­san de la char­rue avec laquelle il cultive son champ, ou que toi sous ton para­pente, que je trouve vu de loin plu­tôt en posi­tion figée dans le bleu du ciel.

    Le fait que cer­tains par­tis poli­tiques majo­ri­taires au pou­voir aient déçu suf­fit-il à condam­ner défi­ni­ti­ve­ment le prin­cipe même du par­ti poli­tique comme com­plé­ment utile à la démo­cra­tie directe à laquelle tu aspires ? Par­ti­ci­per à un pou­voir qui déçoit suf­fit-il pour être défi­ni­ti­ve­ment condam­née comme l’a été Marie-George Buf­fet, mal­gré tout ce qu’elle a appor­té de posi­tif dans le champ libre qui lui était attri­bué ? N’est-ce pas une forme de racisme poli­tique, que de par­ti­ci­per au rejet d’une per­sonne uni­que­ment parce qu’elle appar­tient à un par­ti politique ?

    Réponse
  10. Étienne

    Reproches aux par­tis, mais res­pect des militants.

    Cher J‑PMO, je peux com­prendre ta décep­tion ; les décep­tions se mul­ti­plient de toute part, ces temps-ci. Mais les débats nous font pro­gres­ser, tous, et on peut être déçu un jour et nuan­cer ou chan­ger de cap un peu plus tard, grâce aux pro­grès de part et d’autre que les débats et la bonne volon­té ont ren­dus possibles.

    Depuis deux ans, j’ai décou­vert le monde des mili­tants, dont j’i­gno­rais à peu près tout. Je les trouve sou­vent, à gauche comme à droite, valeu­reux, cou­ra­geux, enga­gés, réflé­chis, dévoués. Et quand je dénonce les par­tis comme des machines à oppo­ser, des poi­sons pour la concorde, j’en veux à un sys­tème, à une orga­ni­sa­tion, pas aux mili­tants, dont les aspi­ra­tions sont évi­dem­ment res­pec­tables (il faut nuan­cer ce point pour ce qui concerne les chefs).

    Il nous faut un homme (ou une femme, évi­dem­ment) pour por­ter la réforme que j’es­père (écrire nous-mêmes notre Consti­tu­tion, pour reprendre le contrôle de nos repré­sen­tants), mais un can­di­dat sans pro­gramme (ce qui n’est, mal­heu­reu­se­ment, pas le cas de José Bové) puisque, pré­ci­sé­ment, l’as­pi­ra­tion popu­laire est de par­ti­ci­per enfin, au jour le jour, aux déci­sions qui font le pro­gramme : si le pro­gramme est impo­sé à l’a­vance, on sait, par défi­ni­tion, qu’on n’au­ra pas voix au cha­pitre une fois les élec­tions pas­sées. L’é­lec­tion porte dans son génome la domi­na­tion des par­tis (des groupes plus forts que les indi­vi­dus pour gagner les cam­pagnes élec­to­rales), et les par­tis portent dans leur génome la muse­lière poli­tique des indi­vi­dus iso­lés et l’af­fron­te­ment éter­nel avec les autres partis. 

    On est loin de l’i­dée géniale de la démo­cra­tie qui consiste à don­ner à chaque homme libre un droit à la parole inalié­nable, — l’i­sè­go­ria—, sur un lieu où le débat public est impo­sé à tous comme une hygiène poli­tique avant de prendre toute déci­sion col­lec­tive, pour que la véri­té puisse tou­jours émer­ger, un jour ou l’autre, et pour que les mino­ri­tés aient tou­jours le droit de se défendre hon­nê­te­ment avant de céder à la majo­ri­té, jamais défi­ni­tive, jamais figée, jamais bloquée.

    On peut com­prendre que les citoyens libres, qui ne veulent pas suivre une « ligne », qui veulent res­ter libres de pen­ser dos­sier par dos­sier et pas idéo­lo­gie par idéo­lo­gie, sans avoir à souf­frir le car­can intel­lec­tuel d’une dis­ci­pline de par­ti, on com­prend que ces citoyens-là se méfient des par­tis au der­nier degré. 

    Mais on peut se méfier des par­tis et pour­tant sou­hai­ter fra­ter­ni­ser avec leurs mili­tants. Est-ce que tu peux admettre cela ? Est-ce qu’il est pos­sible que les mili­tants des par­tis détruisent leurs par­tis pour fabri­quer un nou­veau mode d’exer­cice du pou­voir et de réflexion col­lec­tive où les hommes-indi­vi­dus res­tent par­fai­te­ment libres de désap­prou­ver radi­ca­le­ment telle ou telle idée importante ? 

    Il n’y avait pas de par­tis à Athènes et c’est ça qui per­met­tait l’i­sè­go­ria : la voix de chaque homme indi­vi­du pou­vait être enten­due par tous, à tout moment et à tout pro­pos. Et sans caco­pho­nie parce que, de fait, les citoyens écou­taient beau­coup plus qu’il ne par­laient : c’est le droit de prendre la parole publi­que­ment en cas de dan­ger, et pas le fait de par­ler, qui consti­tuait le méca­nisme pro­tec­teur majeur de la démo­cra­tie athénienne.

    Marie-George Buf­fet, toute ver­tueuse et dévouée qu’elle soit (et je n’ou­blie pas qu’elle a été capable de don­ner un peu de son rare temps de parole à ceux qui n’en avaient pas du tout, ce qui montre une hon­nê­te­té remar­quable), MGB repré­sente un par­ti et fait l’ob­jet, presque méca­ni­que­ment, de la méfiance des 70% de citoyens qui ont com­pris que les par­tis sont pro­gram­més pour ne pou­voir être que des voleurs de parole, des voleurs de pou­voir, des muse­lières poli­tiques pour ceux qui ne sont pas dans leurs rangs. À ce titre, elle n’ob­tien­dra pro­ba­ble­ment que les voix de ses mili­tants, à peu près, alors qu’il est ques­tion de ras­sem­bler les voix des élec­teurs, ce qui n’a rien à voir.

    Aucun racisme, donc, mais vrai­ment marre de se faire avoir par des appa­reils qui vivent à nos cro­chets en men­tant comme ils res­pirent : TOUS les par­tis poli­tiques ont pro­mis depuis des décen­nies le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire, réforme car­di­nale pour nous tous qui per­met­trait enfin de contrer for­te­ment et puis­sam­ment la contre-révo­lu­tion ultra­li­bé­rale, et AUCUN de ceux qui ont eu le pou­voir ne nous l’ont don­né quand ils pou­vaient le faire, pas même le PC. Donc, sur l’es­sen­tiel, les poli­ti­ciens de métier nous mentent. Ce n’est pas une inter­pré­ta­tion ou une inven­tion, c’est un fait.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  11. GG

    Juste pour signa­ler que Ségo­lène Royal semble aller dans le sens que vous sou­hai­tez avec votre pro­po­si­tion de réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive citoyenne (RIC).

    Le rap­port Bel (du nom du séna­teur qui a remis des pro­po­si­tions à Ségo­lène Royal en matière ins­ti­tu­tion­nelle) pré­co­nise un seuil de « déclen­che­ment » com­pris entre 1 mil­lion et un dixième des élec­teurs ins­crits (soit envi­ron 4,5 mil­lions de signatures).

    Evi­dem­ment, cela ne règle pas toutes les ques­tions ins­ti­tu­tion­nelles. Pour une ana­lyse cri­tique des pro­po­si­tions de Ségo­lène Royal sur les ins­ti­tu­tions et sur le rap­port Bel qui les a ins­pi­rées, je me per­mets de ren­voyer à mon billet publié sur le site de la C6R-Paris.

    Réponse
  12. alain de nantes

    Je me méfie autant des uns que des autres, mais au moins un par­ti affiche la cou­leur sur une somme de points com­muns , qui font un « point de vue  » ini­tial , par­ta­gé ou pas, pour de nou­velles réflexions…Et il n’a jamais été dit que « la pen­sée unique » était le mode de pen­sée dans un parti…Mais enfin, « le camp du NON » a su dire un mot pour s’op­po­ser au par­ti des oui-ouistes !

    Le « sans par­ti  » qui pré­tend fra­ter­ni­ser avec « les mili­tants », il les prend pour des cons et il ne se rend même pas compte de l’im­pu­deur de sa posi­tion pré­ten­due « libre » en face de ses inter­lo­cu­teurs sous enten­dus « non libres » :

    Or il y a une énorme super­che­rie à se pro­cla­mer « en dehors de toute appar­te­nance », et l’his­toire four­mille de ce genre d’hypocrisie :

    Se réfé­rer exclu­si­ve­ment à « Athènes » relève d’une étroi­tesse « ori­gi­nale » (pres­ti­gieuse…) tout aus­si pré­ju­di­ciable à l’in­tel­li­gence de notre époque, que de se réfé­rer à l’U­nion Sovié­tique ou au Monomotapa

    Réponse
  13. Étienne

    GG

    Mettre le seuil de déclen­che­ment du RIC à 10% c’est une façon mas­quée, hypo­crite, de le rendre impossible.

    En Ita­lie, en Suisse, le seuil est de 1 ou 2 % et ça fonc­tionne sans pro­blème : ce sont de vrais RIC, honnêtes. 

    Le coup du seuil inac­ces­sible me rap­pelle celui de l’hu­mi­liant droit de péti­tion du TCE, dépour­vu de la moindre force contrai­gnante et pour­tant éti­que­té sans ver­gogne « réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire » par les par­ti­sans du Oui (dont SR si je me sou­viens bien).

    Je déses­père de voir un élu ou un can­di­dat consen­tir hon­nê­te­ment à rendre une par­tie signi­fi­ca­tive de son pou­voir aux citoyens qui en sont pour­tant la source fon­da­men­tale. Les faits me donnent rai­son. Mais j’es­père qu’ils fini­ront par me don­ner tort.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  14. philippe b

    José Bové, que tu décris comme un homme libre et sans par­ti (il a cela en com­mun avec beau­coup de gens) ne pour­ra jamais convaincre des mil­lions de per­sonnes. C’est un homme violent, irres­pon­sable, des­truc­teur presque sui­ci­daire. L’as-tu enten­du, ce matin, sur RTL ? Il disait que s’il n’ar­ri­vait pas à réunir ses 500 signa­tures, « on ver­rait ce qu’on ver­rait ». Il ne res­pecte rien ni per­sonne et sutout pas la liber­té d’au­trui de lui don­ner ou non son sou­tien. Il ne res­pecte pas les gens et la démo­cra­tie. Com­ment pour­rait-il se poser en modèle ou en meneur pour défendre une démo­cra­tie en Europe ou ailleurs ? L’homme Bové se com­porte comme un voyou qui cogne quand on ne lui donne pas ce qu’il veut. Tu le défends ? Je le vomis comme des mil­lions de gens

    Réponse
  15. Étienne

    Phi­lippe,

    Il me semble que pour mau­dire Bové, tu es obli­gé d’en faire une cari­ca­ture, et ça a l’air de mar­cher (tu as l’air très en colère). Mais c’est sim­ple­ment une fic­tion (je crois) ; il ne suf­fit pas d’in­sul­ter les gens pour les discréditer.

    Par contre, il est pos­sible que José ne voie pas l’im­por­tance du tirage au sort de l’as­sem­blée consti­tuante (ça, à mes yeux, c’est vrai­ment l’essentiel), et dans ce cas, s’il orga­nise une assem­blée consti­tuante élue, même à la pro­por­tion­nelle, il nous aura aban­don­nés à nou­veau aux par­tis et nous aurons à nou­veau des ins­ti­tu­tions anti­dé­mo­cra­tiques dans les­quelles nous n’au­rons tou­jours PAS LE MOINDRE moyen de résis­ter aux abus de pou­voir entre deux élections.

    Dans ce cas (j’es­père qu’il ne le fera pas), José s’a­vè­re­rait un can­di­dat « comme les autres », ne sou­hai­tant pas vrai­ment éman­ci­per les citoyens de leurs élus…

    Mais j’es­père qu’il sau­ra chan­ger d’a­vis (il est le seul à pou­voir le faire, par­mi les can­di­dats qui ont une chance, je crois).

    De mon côté, je me sens plus libre que jamais :o) Je com­pare les pro­jets consti­tuants des dif­fé­rents can­di­dats de par­tis et c’est inté­res­sant de repé­rer leurs fines et grosses ficelles pour bri­der les appa­rentes conces­sions faites au peuple sous la pres­sion de la cam­pagne électorale.

    La der­nière ficelle en date est le soi-disant « réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire » pro­mis par le PS (voir plus haut).

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  16. alain de nantes

    Votre fixa­tion saute aux yeux de ceux qui s’in­té­ressent à votre démarche ini­tiale qui sem­blait emprunte de plus d’ou­ver­ture d’esprit.
    Une idée fixe (les élus sont la cause de tous nos maux… retour aux thèmes chers à nos pires réac­tion­naires de 1927…) vous dis­pense de la per­cep­tion des enjeux immenses, immé­diats et réels, c’est bien, ça per­met de don­ner des leçons aux autres, depuis son cocon « au-des­sus des conflits de classe, au-des­sus d’une pla­nète qui n’at­ten­dra pas notre « retour à Athènes »…

    Il y a une cer­taine lâche­té à se can­ton­ner dans cette pos­ture « ni droite ni gauche », sim­ple­ment affir­mant que « la réa­li­té » est mon obses­sion : rendre au peuple… Quoi ?

    Un « pou­voir » qu’il n’a JAMAIS EU !

    Ce que conquiert le peuple, il le fait en affron­tant la réa­li­té, celle des injus­tices de classe, celle du pillage de la pla­nète par les « déjà gavés », celle de ceux qui gèrent leur « modeste patri­moine » sans se rendre compte que ce sacré « droit de pro­prié­té » n’a rien à voir avec le res­pect d’eux-mêmes, au contraire :

    on aura beau chan­ger les consti­tu­tions, l’é­goïsme nous sépa­re­ra en « mou­tons » et en loups : la « par­ti­tion » de l’hu­ma­ni­té est une loi de cette espèce « ani­male » excep­tion­nel­le­ment douée pour s’au­to-détruire… (voir le « ras­sem­ble­ment construc­teur des antilibéraux ») :

    cette pola­ri­sa­tion est auto­ma­tique, comme celle du fer doux : cet aimant aura tou­jours deux pôles oppo­sés, et on pour­ra le cou­per autant de fois qu’on vou­dra, la pola­ri­sa­tion se renouvelera.

    … Reste à « posi­ti­ver » avec cette « réa­li­té » : il y a des par­tis oppo­sés qui se res­pectent et qui peuvent pro­duire du consen­sus : ce fut le cas à la Libé­ra­tion avec le Conseil Natio­nal de la Résis­tance, qui ne deman­dait à per­sonne de sabor­der ses opinions.

    Les par­tis exis­te­ront et se repro­dui­ront tou­jours selon des cli­vages nés dans la réa­li­té sociale, et une consti­tu­tion ne change pas cette réa­li­té, elle per­met un « modus vivendi ».

    Réponse
  17. alain de nantes

    Étienne, en vous reli­sant, je trouve confir­ma­tion de ce que je vou­lais vous « prou­ver »… (oui, c’est pré­ten­tieux, rien n’é­tant jamais défi­ni­ti­ve­ment prouvé) :

    L’exemple de l’I­ta­lie (ne nous éten­dons pas sur le cas bien inté­res­sant, mais « sin­gu­lier », de la Suisse, ex-Mono­mo­ta­pa… et pour­quoi pas MONTECARLO, pen­dant que nous n’y sommes pas ?) :

    Qu’est-ce qui se pro­duit de vrai­ment « heu­reux » sur le plan de l’é­man­ci­pa­tion citoyenne en Italie ?

    Pour moi ce beau pays de rêve qui peine à se sor­tir de son mus­so­li­misme latent et à s’ex­traire du champ de sur­veillance de « l’oeil du vati­can », c’est le contre-exemple, ques­tion « constitution » !

    Ou alors, « enfin libé­rés » grâce au miracle du « droit au RIC », ces Ita­liens sont trop « demeu­rés » pour exi­ger un réfé­ren­dum sur l’Eu­rope, comme les com­mu­nistes l’ont obte­nu en France ? (oui, regar­dez bien QUI, quel « hor­rible par­ti » a fait signer par plus de 200 000 « sym­pa­thiques et dis­ci­pli­nés abru­tis de mili­tants », la péti­tion remise à Chi­rac par MGB dès le début 2004, récla­mant un réfé­ren­dum sur le TCE ! un peu d’His­toire, ça donne de l’a­li­ment à la maigre phi­lo­so­phie de michel Onfray ! qui en a besoin ces temps-ci !)

    L’I­ta­lie ne nous donne pas envie d’a­voir le RIC à l’i­ni­tia­tive de 1% de citoyens, Elle nous donne l’en­vie d’un mou­ve­ment popu­laire d’une force suf­fi­sante pour impo­ser la jus­tice sociale qui est l’ur­gence du moment !

    Réponse
  18. Étienne

    Cher Alain,

    C’est triste de vous voir venir « vous ven­ger » de ce que vous sem­blez vivre comme un lâchage… Ce sont les ban­quiers qui doivent se frot­ter les mains de voir ain­si les manants et les gueux s’entre-déchirer.

    Je sens bien que vous ne pour­rez jamais admettre qu’on en veuille à votre par­ti sans vous en vou­loir à vous-même (c’est pour­tant exac­te­ment le cas : je crains les par­tis mais je res­pecte les mili­tants, que je trouve, à gauche et à droite, sou­vent conscients, cou­ra­geux, res­pon­sables et dévoués) : vous sem­blez vous iden­ti­fier à votre par­ti et c’est bien ça qui gêne la concorde, à mon avis : comme vous l’illus­trez dans vos der­niers mes­sages, les par­tis sont pro­gram­més pour lut­ter contre tous ceux qui leur sont exté­rieurs. C’est pour ça que je dis que les par­tis nous empêchent de fra­ter­ni­ser : ils sont entre nous, un peu de la même façon que les entre­prises ont une per­son­na­li­té et des inté­rêts propres, indé­pen­dants de ceux de leurs acteurs.

    C’est une liber­té impor­tante de pou­voir dire cela sans être jeté en pri­son (condam­né) par le par­ti (on l’a déjà vu, ce n’est pas une crainte théo­rique), jus­te­ment (pro­fi­tons de cette liber­té pen­dant que ça dure encore).

    Certes, la ten­dance à se regrou­per, à for­mer des asso­cia­tions et des par­tis, est pro­fon­dé­ment humaine, per­sonne ne dit le contraire et il n’est nul­le­ment ques­tion de l’interdire, évidemment.

    Il est seule­ment ques­tion, et c’est essen­tiel, — mais est-ce qu’un mili­tant de par­ti peut le com­prendre ? — de ne pas aban­don­ner les ins­ti­tu­tion et les pou­voirs aux par­tis, et même, au contraire, d’utiliser les ins­ti­tu­tions pour pro­té­ger les indi­vi­dus faibles contre les par­tis forts, en pré­ser­vant leurs chances de par­ti­ci­per à la vie de la cité en tant qu’hommes libres plu­tôt qu’en tant que rouages ser­viles dis­ci­pli­nés d’appareils hiérarchisés.

    À pro­pos de l’Italie, les Ita­liens viennent de s’accorder à eux-mêmes, par RIC à plus de 90 %, le droit pour chaque élec­teur de modi­fier l’ordre des can­di­dats sur les listes élec­to­rales (c’est-à-dire d’arrêter de se faire impo­ser les têtes de listes par les appa­reils par­ti­sans). À pro­pos du TCE, je ne sais pas quelles sont les limites que la consti­tu­tion ita­lienne impose au RIC, — il y en a sûre­ment, faites confiance aux par­ti­sans qui ont écrit la consti­tu­tion ita­lienne ;o) —, mais ces limites per­mettent peut-être d’expliquer que les Ita­liens n’aient pas pu uti­li­ser le RIC pour impo­ser un réfé­ren­dum sur le TCE. C’est peut-être aus­si l’absence de débat public qui, pour les mêmes rai­sons poli­ti­co média­tiques qu’en France, explique l’indifférence géné­rale (en dehors des mili­tants, plus adultes et plus conscients que les autres) sur un sujet pour­tant impor­tant et urgent.

    Les Suisses viennent de déci­der un mora­toire sur les OGM pour 5 ans. Nous pour­rions, quant à nous, inter­dire et annu­ler les dif­fé­rentes pri­va­ti­sa­tions et le CNE, ou impo­ser le contrôle public de la créa­tion moné­taire (par exemple). N’importe qui (de bonne foi) peut com­prendre ce que les citoyens libres peuvent espé­rer avec une arme poli­tique comme le RIC.

    Je vous remer­cie donc d’avoir confir­mé ici, à tra­vers votre opi­nion per­son­nelle, ce que je dis depuis long­temps : sui­vant la « ligne » de votre par­ti (la vraie, pas celle qui est affi­chée et qui nous balade en nous pro­met­tant le RIC depuis 10 ans), vous êtes hos­tile au réfé­ren­dum d’initiative popu­laire déclen­ché par 1% des ins­crits (vous venez de l’écrire).

    C’est peut-être emblé­ma­tique du fos­sé entre les mili­tants et les élec­teurs : plus de 80 % des élec­teurs sou­haitent natu­rel­le­ment le RIC et vous, vous vous en méfiez et vous le refu­sez. Est-ce donc éton­nant que vous ne convain­quiez fina­le­ment que peu d’électeurs ?

    Je vous dis donc que votre posi­tion me confirme dans cette ana­lyse que votre par­ti, comme les autres, a un inté­rêt per­son­nel à notre impuis­sance poli­tique : vous avez besoin, pour exis­ter, que nous ayons besoin de vous. C’est un effet per­vers de la mili­tance, qu’on retrouve aus­si par­fois dans les syn­di­cats. Vous n’en êtes sûre­ment pas res­pon­sable, vous Alain, mais de notre côté, nous ne sommes pas obli­gés de res­ter dans les filets de vos appareils.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  19. Vladimir
  20. alain de nantes

    Non, je ne suis pas contre le RIC à 1%, je suis contre la croyance en sa seule ver­tu, contre l’illu­sion qui per­met de remettre à plus tard des com­bats néces­saires contre des forces super­puis­santes et orga­ni­sées selon le pou­voir « natu­rel » du capi­tal, contre un monde du tra­vail (pour faire court et c’est vrai très « géné­ral ») inor­ga­ni­sé, c’est-à-dire qua­si désarmé.

    Bien sûr, avec le RIC à 1%, on pour­ra cou­rir d’une façon très « popu­laire » après des « lois meilleures », mais rien ne nous don­ne­ra la pos­si­bi­li­té de faire exé­cu­ter « la loi » dans un esprit cor­res­pon­dant à « la volon­té géné­rale » (terme dont je me méfie, mais qu’il faut bien uti­li­ser ensemble).

    C’est « le par­ti du fric », offi­ciel ou non, évident ou occulte, qui fera exé­cu­ter à sa manière « l’es­prit des lois » par « son per­son­nel d’exé­cu­tion » (tout sala­rié sou­mis au chan­tage à l’emploi, fut-il cadre supé­rieur, devient per­son­nel d’exé­cu­tion de « la poli­tique de l’en­tre­prise, car « la loi », aus­si belle fut-elle, s’ar­rête au seuil de l’en­tre­prise, ou, pour le cadre « res­pon­sable », au flic que la direc­tion par­ti­ci­pa­tive par objec­tifs lui aura pos­té dans « la conscience professionnelle »).

    D’ac­cord pour tout le tra­vail entre­pris pour ima­gi­ner cette Consti­tu­tion néces­saire, pas d’ac­cord pour croire qu’elle serait « suffisante » :

    Entre autres élé­ments néces­saires, il y aura des com­bats sociaux et poli­tiques, où les syn­di­cats et par­tis, confron­tés aux « orga­ni­sa­tions patro­nales les plus puis­santes » (je ne parle pas des PME, etc.) seront aus­si néces­saires, en com­plé­men­ta­ri­té avec, je vous l’ac­corde et je le sou­haite ardem­ment, bien d’autres formes nou­velles d’in­ter­ven­tions citoyennes qui heu­reu­se­ment n’é­mergent pas pour se croire « suf­fi­santes » ni « rem­pla­çantes » des orga­ni­sa­tions his­to­riques du monde du travail.

    Le PCF est bien comme les autres (formes, orga­ni­sa­tions, citoyens etc. anti­li­bé­raux), confron­té au MEDEEF et à des par­tis poli­tiques néoconservateurs !

    Bien ami­ca­le­ment, et non asu­jet­ti à « la pen­sée d’un par­ti » bien que membre actif…

    Réponse
  21. Georges Henri

    Cher Etienne,

    Le RIC me semble être la mère de tous les dan­gers. Les pro­grammes poli­tiques de SEGO SARKO sont basés sur des son­dages d’o­pi­nion. On pro­met tout, sur­tout ce que l’on veut entendre est-ce vrai­ment de la poli­tique ? Le RIC ? Se sou­vient-on des refe­ren­da du IIème Empire qui ont por­té Napo­léon III au pou­voir. La démo­cra­tie pour se déve­lop­per a besoin d’un cadre le Par­le­ment, et de struc­tures, les par­tis poli­tiques. Les mili­tants des par­tis que vous sem­blez mépri­ser, ne sont pas moins citoyens que les autres.

    Réponse
  22. alain de nantes

    oui, allez‑y, au moins vous connaî­trez la posi­tion du PCF, expri­mée depuis 1967 sur la ques­tion des « colo­nies » et la néces­si­té pour tous de res­pec­ter les réso­lu­tions de l’ONU !

    Bel­la­ciao est un bon site, mer­ci Vladimir !

    (tout le fil des dis­cus­sions est édi­fiant, mais en ce qui concerne la posi­tion rap­pe­lée au CRIF par N.Borvo, déso­lé, je ne suis pas « terrifié » !)

    Réponse
  23. Vladimir

    À Alain de Nantes :

    Je poste depuis des années des pages sur Bel­la­ciao ; ce site refuse de publier, entre autres, le texte suivant :

    La véri­table tra­duc­tion du dis­cours du pré­sident iranien
    La Rumeur du Siècle, « Rayer Israël de la Carte »

    3 février 2007

    http://​www​.geos​tra​te​gie​.com/​c​o​g​i​t​_​c​o​n​t​e​n​t​/​a​n​a​l​y​s​e​s​/​L​a​R​u​m​e​u​r​d​u​S​i​c​l​e​R​a​y​e​r​I​s​r​a​l​d​.​s​h​tml

    Réponse
  24. alain de nantes

    essayons encore d’en­trer en dia­logue avec bel­la­ciao, car votre infor­ma­tion mérite d’être ver­sée au débat, afin de com­battre « l’in­dus­trie du men­songe » déve­lop­pée par Bush and Co

    bien ami­ca­le­ment

    Réponse
  25. J-PMO

    Etienne,

    Quelle rapi­di­té dans les réponses, quels déve­lop­pe­ments ! Quelle pas­sion ! Com­ment arrives-tu à conci­lier ta vie fami­liale, pro­fes­sion­nelle, tes loi­sirs phy­siques et les rap­ports humains directs mili­tants, ami­caux, associatifs ?

    J’ai beau­coup d’in­té­rêt pour ce que tu éla­bores et sur­tout pour ton aspi­ra­tion à une véri­table démo­cra­tie mais j’ai l’im­pres­sion que ta vision est jus­te­ment théo­rique, refer­mée sur l’in­di­vi­du roi et non être social. À pro­pos d’in­cons­cience, idée —que je ne par­tage pas— évo­quée par Vla­di­mir pour N Bor­vo, j’ai l’im­pres­sion que ta vision, trop sou­vent fixée sur des a prio­ri, a besoin d’être confron­tée aux réa­li­tés et que les idées que tu te fais des par­tis et des êtres humains pour­raient être d’elles-mêmes plus contra­dic­toires. Sauf cette espace qui est à mon point de vue une réus­site, et à part ta pro­fes­sion où tu gardes le sta­tut de déten­teur de savoir, quels retours concrets as-tu ren­con­trés : as-tu une fois dans ta vie frap­pé à toutes les portes d’un HLM pour faire signer une péti­tion ? Quelle expé­rience per­son­nelle d’exer­cice de pou­voir as-tu ? Es-tu capable d’y appli­quer tes principes ?

    Je milite depuis 23 ans au PCF et j’en connais les erreurs pas­sées, les limites, les défauts, les qua­li­tés et les pro­grès aus­si, et sa spé­ci­fi­ci­té de ras­sem­ble­ment que je pense irrem­pla­çable dans le pay­sage poli­tique. J’ai consta­té que deux camps exis­taient en « poli­tique » : ceux qui ne renoncent pas(nous en sommes ensemble) et ceux qui se résignent pour se sou­mettre à tous les pou­voirs. Je pense qu’un jour, quand nous aurons dépas­sé le capi­ta­lisme et atteint une véri­table démo­cra­tie, l’exis­tence des par­tis sous leur forme actuelle sera dépas­sée elle-aussi.

    Je renou­velle mon sen­ti­ment qu’a­vec José Bové, tu t’es lais­sé entraî­ner par son allure Robin des Bois ou Jac­quou le Cro­quant, dans cette sou­mis­sion que tu dénonces si for­te­ment. Cela n’enlève rien au posi­tif de ton action.

    As-tu vu la pièce de Ber­thold Brecht : les fusils de la mère car­rare ? Je trouve que cela te res­semble un peu

    🙂 J‑P

    Réponse
  26. Thomas Lefebvre (ex-citrouille)

    Bon­jour a tous,

    Juste pour vous signa­ler que l’Ins­ti­tut Adam Smith offre £1000 a celui qui gagne­ra le concours de la meilleure consti­tu­tion ecrite en moins de 2000 mots. C’est le moment ou JAMAIS de faire connaitre votre Plan C :
    http://​www​.adam​smith​.org/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​m​a​i​n​/​i​n​d​i​v​i​d​u​a​l​/​d​r​a​f​t​_​a​_​b​e​t​t​e​r​_​e​u​_​c​o​n​s​t​i​t​u​t​i​on/

    Bon, sur Joseph Bove, homme libre, tel­le­ment libre qu’il se moque du cho­mage et des cho­meurs : aucune pro­po­si­tion concrete dans ses « 125 pro­po­si­tions » (denon­cia­tions oui, on parle salaire/minima sociaux, ok, mais pro­po­si­tions pour reduire le cho­mage je vois pas). Fau­dra donc qu’il nous dise com­ment il va faire pour reduire le cho­mage tout en pro­nant la decrois­sance et la taxa­tion des riches (il faut pas avoir de la crois­sance pour avoir des riches ?) J’ai lu dans un chat sur Lemonde​.fr que tout ce qu’il pro­pose aux cho­meurs, c’est de tra­vailler dans le bati­ment, sec­teur qui ne souffre pas de chomage…
    Pour lire la pen­see libre de l’homme libre (mais for­ce­ment anti­li­be­ral) en action :
    http://www.lemonde.fr/web/chat/0,46–0@2–823448,55–862702,0.html.

    Réponse
  27. Vladimir

    Le point com­mun de tous les pro­grammes, y com­pris l’antilibéral, est l’acceptation des cri­tères du trai­té de Maas­tricht, à savoir 3% de défi­cit, la dette, la BCE, etc. Aucun ne fait le lien entre le NON de 2005 et ses causes ins­crites pour­tant déjà dans le trai­té de Maastricht.
    Nous avons besoin d’autre chose pour sor­tir du carcan !!!.

    Aujourd’hui au nom des règles ins­ti­tuées les états-majors du PS et de l’UMP remettent déjà en cause leurs propres pro­messes avant même l’élection.
    Ils ne veulent entendre la demande sociale d’un reve­nu garan­ti incon­di­tion­nel pour toutes et tous (jeunes, étu­diants, chô­meurs, pré­caires, retrai­tés, pay­sans, indé­pen­dants, prostitué(e)s, tau­lards, malades, han­di­ca­pés, etc.) qui concerne pour­tant pres de 10 mil­lions de per­sonnes qui ont un reve­nu infé­rieur au SMIG.
    Aucun can­di­dat n’est dis­po­sé à affron­ter cette ques­tion car elle implique de sor­tir du féo­da­lisme moné­taire, préa­lable incon­tour­nable à une refon­da­tion éco­no­mique, sociale et écologique.
    La nation doit pou­voir émettre la mon­naie dont elle a besoin, en pro­por­tion de son développement.

    Et la mon­naie qu’elle crée, elle doit pou­voir l’af­fec­ter aux pro­jets qu’elle décide pour demain, non pas au paie­ment de ceux qu’elle se voit impo­ser, aujourd’­hui, impuis­sante, endettée.

    Le droit « réga­lien » de l’E­tat de battre mon­naie, les Euro­péens l’ont abo­li en 1992. La grande majo­ri­té l’a fait sans le savoir : tan­dis qu’on foca­li­sait les débats sur l’eu­ro, on met­tait en jeu la déci­sion de libé­rer plus que jamais, tota­le­ment, ce qui consis­tue peut-être le plus grand « aspi­ra­teur » du régime capitaliste.

    http://​www​.faux​mon​nayeurs​.org/

    Le débat sur la dette doit par­tir de là…

    Le débat sur la fis­ca­li­té doit prendre en compte la néces­saire taxa­tion des machines numé­riques à l’origine des hausses paral­lèles de pro­duc­ti­vi­té et de chômage.
    Ce qui s’appelle remettre le débat sur ses pieds.

    Réponse
  28. AJ Holbecq

    Dans la droite ligne des deux mes­sages pré­cé­dents ( Nai­ru, mon­naie ) je me per­met de signa­ler la sor­tie en librai­rie (il fau­dra sans doute le com­man­der, ce n’est pas un roman à grand tirage ) de
     » Les 10 plus gros men­songes sur l’économie »
    ISBN : 2−7033−0695−4 (de Phi­lippe Derud­der et moi-même), dont voi­ci le 4° de couverture :


    « Aujourd’hui, Molière aurait sans doute pris pour cible les éco­no­mistes au lieu des méde­cins. La « sai­gnée », pana­cée de son temps, aurait fait place à la « crois­sance », pré­ten­due solu­tion à tous nos maux. Au latin a suc­cé­dé un jar­gon incom­pré­hen­sible. Seule solu­tion : s’en remettre aux experts. Dor­mez bonnes gens ! Ceux « qui savent » s’occupent de votre bonheur…

    À défaut, ils ont, en tout cas, réus­si à dégoû­ter de l’économie « M. et Mme Tout-Le-Monde ». Ce n’est pas leur lec­ture de chevet.

    Puisse ce livre chan­ger la donne, car tant que le citoyen ne repren­dra pas le pou­voir sur l’économie, il en res­te­ra l’esclave.

    L’ambition de cet ouvrage est donc d’aider cha­cun à reprendre ce pou­voir en se libé­rant de la mani­pu­la­tion qu’exerce sur nous des théo­ries assé­nées en véri­tés abso­lues, des idées toutes faites et de fausses croyances.

    Si vous croyez en par­ti­cu­lier que :

    - L’E­tat fabrique l’argent qui est garan­ti par l’or

    - Les banques prêtent l’argent des épargnants

    - On ne peut pas le faire, « ça coûte » trop cher

    - La dette appau­vrit la Nation, il faut la rembourser !

    - Toute pro­duc­tion ne se jus­ti­fie que si elle est rentable

    - Il faut sou­te­nir la crois­sance pour dyna­mi­ser l’emploi

    - Bais­ser les prix, c’est défendre le pou­voir d’achat

    - Il faut lut­ter contre l’in­fla­tion pour sau­ve­gar­der l’emploi

    - On vivrait beau­coup mieux si on payait moins d’impôts.

    - La mon­dia­li­sa­tion, une pro­messe de pros­pé­ri­té pour tous les peuples

    … alors, ce livre est fait pour vous : ne vous lais­sez pas dés­in­for­mer plus longtemps ! »

    Cor­dia­le­ment
    A‑J Holbecq
    http://​www​.10men​songes​.org
    http://​tiki​.socie​tal​.org

    Réponse
  29. j-jour

    Mer­ci à Vla­di­mir et à A.J Hol­becq pour leurs inter­ven­tions et liens, il me semble qu’ils nous mettent sur la piste d’un « tré­sor » qui sem­blait per­du et qu’il s’a­gi­rait de retrouver !!!

    À suivre, je vais per­son­nel­le­ment essayer de faire cir­cu­ler ces liens et ces références.
    Très cordialement.

    Réponse
  30. alain de nantes

    « les 125 points  » ne sont pas plus ceux de Jose Bové que d’un(e) autre candidat(e) antilibéral(e):

    ils sont là parce que des « col­lec­tifs » issus notam­ment du « non de gauche » au TCE, mais aus­si d’un « désir de construire ensemble une alter­na­tive cré­dible ici et main­te­nant », ont échan­gé les pro­po­si­tions des uns (plus ou moins par­ti­daires de « la gauche de gauche ») et des autres, plus ou moins « élec­trons libres » :

    La valeur que j’ac­corde à ces « 125 points », c’est celle de leur cohérence :

    y sont mis en dyna­mique, dans une logique de paix et de déve­lop­pe­ment, à la fois des reven­di­ca­tions fon­da­men­tales (que le capi­ta­lisme lui-même devrait per­ce­voir comme « demandes » que tout « libre entre­pre­neur » devrait « offrir » de satis­faire, à condi­tion que le sys­tème le vaille bien…), et une concep­tion du monde tel qu’il nous entoure, et dont, en réa­li­té, il est évident, désor­mais, que le sys­tème capi­ta­liste se fout tota­le­ment, voire « totalitairement ».

    Le monde, ce sont des mil­liards d’êtres humains que le capi­tal n’en­tr’a­per­çoit que sous l’as­pect du mar­ché, et de la réserve de main-d’oeuvre gratuite !

    Or, si le monde se mani­feste à nous, humains comme l’Hu­ma­ni­té en quête de deve­nir humain, on peut pen­ser, sans risque de se trom­per, qu’il n’y aura aucun deve­nir humain pos­sible si nous « conchions phy­si­que­ment notre pla­nète… Sau­ver la pla­nète va avec ce « deve­nir humain : l’é­ta­lon, c’est la pla­nète, et toutes les autres inven­tions ne sont que « fausses monnaies » !

    …Et comme l’é­co­no­mie réelle ne peut qu’être basée sur des « valeurs  » dont le fon­de­ment, « l’é­ta­lon », est humain, les piètres pro­fes­seurs d’é­co­no­mie libé­raux sont en échec car confron­tés à des prix nobel qui, bien que for­més dans le même « sérail », remettent fon­da­men­ta­le­ment en cause les dogmes ori­gi­nels du « libé­ra­lisme économique » !

    Reli­sez donc les 125 points, ils amorcent une refon­da­tion poli­tique, sociale, éco­no­mique, libé­rée des a prio­ri idéo­lo­giques mais ouverte à la recherche des issues que le sys­tème actuel renonce à offrir, faute de « pen­seurs alternatifs ».

    La seule « rup­ture » dont ses tenants causent, c’est la vieille recette d’un acteur hol­ly­woo­dien (Rea­gan…) , dont l’a­bou­tis­se­ment « logique » est « LA GUERRE DE BUSH », faite de plus en plus contre le peuple Amé­ri­cain lui-même… Quelle « démocratie » !

    Réponse
  31. alain de nantes

    Ah, bon­soir, Citrouille, c’est donc à vous que je m’adressais !

    Bien cor­dia­le­ment…

    Réponse
  32. Vladimir

    Nous savons tous l’hypocrisie du CSA qui favo­rise l’industrie des medias contre le débat citoyen.

    Quand ver­rons-nous une réac­tion col­lec­tive, cou­rant mars, visible contre cette mani­pu­la­tion (manif) ?

    La pas­si­vi­té des par­tis les rend com­plices (comme sur les machines à voter) et pré­pare une abs­ten­tion massive.

    Je rajoute que fin mars, après clô­ture des par­rai­nages et exclu­sion des can­di­dats de tous bords, une mani­fes­ta­tion natio­nale immé­diate s’impose.

    Réponse
  33. Étienne

    Abs­ten­tion, mani­fes­ta­tions, péti­tions… Je trouve tout ça bien déri­soire, au fond. Si le seul pou­voir que nous nous accor­dons est de nous abs­te­nir de dési­gner nos maîtres (et consen­tir par là à ce que d’autres les dési­gnent pour nous), nous res­sem­blons à des enfants qui retien­draient leur res­pi­ra­tion, convain­cus que c’est une ter­rible menace pour les auto­ri­tés :o)

    Ils doivent bien se mar­rer, nos « repré­sen­tants » et leurs don­neurs d’ordre, — du haut de leurs pou­voirs confis­qués (depuis belle lurette) et par­fai­te­ment ver­rouillés au plan du droit —, de tant de léga­lisme et tant de ser­vi­tude volon­taire de la part des « citoyens ».

    Les par­ti­sans se fichent pas mal qu’on s’abs­tienne de voter, pour­vu qu’ils soient élus, eux ou leurs marionnettes.

    À marche for­cée (et émer­veillée), je découvre Alain, Orwell, Weil, Blan­qui… et je nous trouve bien dociles.

    Je vais créer une caté­go­rie de blog et un fil de forum sur le tota­li­ta­risme et les espoirs qu’on peut inves­tir dans une assem­blée consti­tuante hon­nête (tirée au sort et inéli­gible) à ce sujet.

    Réponse
  34. Vladimir

    Cher Étienne,

    je viens de prendre connais­sance de l’Appel contre la cen­sure des citoyens par les prin­ci­pales for­ma­tions poli­tiques :

    autant le titre me convient, autant la limi­ta­tion à la can­di­da­ture de Bové me dérange.

    Je suis pour un mou­ve­ment d’ensemble, au-delà des cli­vages poli­ti­ciens, des indi­vi­dus : cette cen­sure concerne tous les can­di­dats et tous les citoyens.

    Et cette cen­sure n’est pas nou­velle : elle existe depuis des lustres dans les conseils muni­ci­paux où les citoyens n’ont pas droit à la parole, aux conseils géné­raux et régio­naux où ils n’ont même pas le droit de ren­trer, etc.

    Bien sûr que nous avons à “ques­tion­ner” les par­tis ins­ti­tu­tion­nels lors de la cam­pagne, à les titiller le plus pos­sible, à reve­ler leur hypo­cri­sie (les débats par­ti­ci­pa­tifs à ques­tions limitées).

    Mais nous avons sur­tout à nous adres­ser aux élec­teurs de tout bord pour leur mon­trer que, pour nous, la démo­cra­tie et la liber­té d’ex­pres­sion ne sont pas limitées.

    Réponse
  35. Étienne

    Vla­di­mir

    Tu as bien rai­son et c’est pour ça que je sou­tiens aus­si l’Ap­pel pour le plu­ra­lisme démo­cra­tique, http://​www​.plu​ra​lisme​.org/.

    En fait, je sai­sis toutes les occa­sions — bien déri­soires, c’est sûr, mais c’est tout ce que les poli­ti­ciens de métier nous laissent — de pro­tes­ter contre cette dis­po­si­tion lit­té­ra­le­ment maf­fieuse qui per­met aux par­tis en place d’in­ter­dire car­ré­ment aux can­di­dats alter­na­tifs de se pré­sen­ter au suf­frage contre eux : plus mal­hon­nête, tu meurs.

    Alors, c’est vrai que ce der­nier appel est impar­fait parce qu’il ne pro­teste qu’à pro­pos du cas Bové, mais sur le fond, il est juste et il ne faut pas se trom­per d’ad­ver­saire : évi­tons de nous empailler entre bâillon­nés, non ?

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  36. Vladimir

    Sans vou­loir polé­mi­quer entre bâillon­nés, je signale sim­ple­ment la décep­tion qui pointe :

    « RÉPRESSION DES CHÔMEURS, SILENCE ASSOURDISSANT DES CANDIDATS »
    Verdi
    http://​bel​la​ciao​.org/​f​r​/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​4​3​551

    « Je vous lis depuis un mois »
    Amilcar
    http://​bel​la​ciao​.org/​f​r​/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​4​3​580

    Réponse
  37. mic

    –PENSEZ AU RESPECT DU LECTEUR ; SI VOUS VOULEZ NOUS RENDRE LA CHOSE AGREABLE, ET NOUS INTERESSER, UNE CHOSE TOUTE BETE : ECRIVEZ PLUS GROS.

    Réponse
  38. Étienne

    Mic,

    la taille des carac­tères varie avec la réso­lu­tion de l’é­cran : si vous avez un très bon écran — affi­chant un très grand nombre de pixels (points)—, les carac­tères sont tout petits ; mais si vous avez un écran d’en­trée de gamme — affi­chant peu de points — tous les textes seront très gros (trop, parfois).

    Donc, si j’a­gran­dis les carac­tères de cette page, ce sera sans doute mieux pour vous, mais ça devien­dra insup­por­table pour d’autres (trop gros).

    Je vous recom­mande donc de régler vous-même la taille des carac­tères à l’é­cran : CTRL + rou­lette de la sou­ris donne de bons résul­tats sous Fire­Fox, Ope­ra et IE7.

    Par ailleurs, faites atten­tion aux majus­cules : de nom­breux inter­nautes inter­prètent ça comme des cris. Il vaut mieux le savoir, parce que ça ne se devine pas :o)

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  39. J-PMO

    Etienne,

    Je m’a­per­çois que tu n’as pas répon­du à cer­taines de mes remarques pré­cé­dentes notam­ment sur le rap­port entre théo­rie et pra­tique politique.

    Je confronte ce que tu écris à l’ex­pé­rience que j’ai du fonc­tion­ne­ment de mon propre Par­ti (le PCF) dont je suis res­pon­sable local (à abattre car com­plice ?) et élu municipal.

    Vrai­ment, je ne com­prends pas ton affir­ma­tion glo­bale à priori : 
    parti=mauvais
    individu=seul bon possible.

    Je sup­pose qu’à l’o­ri­gine de ton aver­sion il y a sans doute des moments désa­gréables de ta propre expé­rience, des atti­tudes sec­taires qui ont pu appa­raître ici ou là, la sur­di­té popu­laire des pou­voirs socia­listes, je ne parle pas des trom­pe­ries des tenants du libé­ra­lisme. Cepen­dant, la décep­tion que tu as eu des erreurs ou des fautes de cer­tains par­tis ne doit pas te conduire à la conclu­sion que je trouve sim­pliste : « c’est toute orga­ni­sa­tion de Par­ti qui est mau­vaise » comme le chat échau­dé qui craint l’eau froide. (Dis-tu la même chose de toute orga­ni­sa­tion cen­tra­li­sée : syn­di­cat ou association ?)

    De plus, dis­tin­guer le mili­tant, gen­til, de contact agréable, dis­so­cié du Par­ti qui le mani­pu­le­rait ou déci­de­rait sans lui relève plus de la déma­go­gie que de la réa­li­té. Je pense qu’à défaut de la démo­cra­tie directe dans toute la socié­té que tu sembles recher­cher en oppo­si­tion aux par­tis, la qua­li­té d’un par­ti dépend de sa capa­ci­té de construc­tion col­lec­tive entre tous ses adhé­rents, de la qua­li­té d’écoute et de pro­po­si­tion des élus qui s’en réclament, d’une réelle par­ti­ci­pa­tion des adhé­rents à la déci­sion col­lec­tive. Le Par­ti est pour moi la pos­si­bi­li­té d’agir ensemble dans le même sens défi­ni en com­mun, de contrô­ler la fidé­li­té des repré­sen­tants aux enga­ge­ments pris, de les rame­ner au rang de mili­tant s’ils se détournent de l’objectif commun. 

    Je t’invite à lire ou relire les sta­tuts du PCF que nous avons révi­sés au der­nier Congrès. J’en ai trou­vé un lien sur le site : http://​www​.pcf​.fr/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​r​u​b​r​i​q​u​e30.

    Réponse
  40. Vladimir

    « Jadis, l’o­pium du peuple, c’é­tait la reli­gion, aujourd’­hui, c’est la poli­tique. Je le dis sans aucun dédain ni égoïsme, mais quand je vois des gens en situa­tion dif­fi­cile pla­cer tous leurs espoirs dans la poli­tique, ça m’at­triste, ils font fausse route.
    Dans son esprit, l’ac­tua­li­té fran­çaise est sou­vent relé­guée au second plan : « La France est un vil­lage dans un monde glo­ba­li­sé. Le prin­ci­pal levier dont dis­po­saient les gou­ver­ne­ments, c’é­tait la poli­tique moné­taire, mais, depuis l’eu­ro et la Banque cen­trale euro­péenne, cet outil leur a été reti­ré, et c’est une bonne chose. La BCE, c’est la sta­bi­li­té, des taux bas, des com­pro­mis dont tout le monde profite. »

    (pro­pos d’un finan­cier dans un article du Monde : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1–0@2–3230,36–875586,0.html)

    Face à ça, quelles sont les pro­po­si­tions cré­dibles et audibles des par­tis et des can­di­dats, même alter ?

    À quoi servent-ils s’ils n’ont pas de réponse ?

    Réponse
  41. J-PMO

    Vla­di­mir,

    Quand vous dites : « Le point com­mun de tous les pro­grammes, y com­pris l’antilibéral, est l’acceptation des cri­tères du trai­té de Maas­tricht, à savoir 3% de défi­cit, la dette, la BCE, etc », votre igno­rance m’é­tonne… à moins que ce ne soit un fin cal­cul poli­ti­cien pour trom­per. En qua­li­té de mili­tant com­mu­niste, j’ai com­bat­tu de toutes mes forces dis­po­nibles le trai­té de Maas­tricht et je regrette que l’ap­pel à l’abs­ten­tion —selon la pente que vous sem­blez suivre— ait conduit à un oui très fai­ble­ment majo­ri­taire au lieu du non que je sou­hai­tais. Comme anti­dote à l’ar­ticle du Monde que vous citez je vous recom­mande de visi­ter le site de Marie-George Buffet :
    http://​marie​geor​ge2007​.org/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​r​u​b​r​i​q​ue2

    Vous y trou­ve­rez le pro­gramme anti­li­bé­ral et son contenu. 
    Si vous sui­viez un peu ce que dit et fait José Bové, vous trou­ve­riez aus­si des éclai­rages utiles à votre lanterne.

    Réponse
  42. Vladimir

    Pour l’affirmation d’un véri­table modèle social euro­péen, la France s’emploiera à rompre avec les poli­tiques et les ins­ti­tu­tions libé­rales actuelles (Pro­gramme de MG Buffet).
    Je lis « S’EMPLOIRA À ROMPRE » : soit on donne cré­dit à cette inten­tion et là, ce n’est ni une attaque per­son­nelle ni un doute sur l’intention, c’est juste que c’est irréa­liste dans le rap­port de force actuel et que cela ne sus­cite aucune pers­pec­tive de mobi­li­sa­tion réelle des gens qui souffrent tous les jours des consé­quences de cette Europe. On remet tout aux calendes grecques d’un débat futur au Par­le­ment euro­péen alors qu’on a voté en 2005.
    Pro­gramme J.BOVE : pour l’instant, encore plus flou, si ce n’est que « la France reti­re­ra sa signa­ture au bas du trai­té consti­tu­tion­nel ».
    Ce débat est cen­tral si on veut des solu­tions réelles.

    Réponse
  43. Vladimir

    Conclu­sions pro­vi­soires à un débat fantôme :

    Le pan­théon de la mytho­lo­gie anti­li­bé­rale a omis de men­tion­ner L’EUROGRÈVE DES DOCKERS, en jan­vier 2006, pour­tant le pre­mier mou­ve­ment social ouvrier à l’échelle euro­péenne avec, en ligne de mire, les direc­tives européennes.

    Ce mou­ve­ment a été déni­gré et sous-esti­mé ; il est pour­tant l’amorce de ce que d’autres futurs mou­ve­ments sociaux, comme EADS ? risquent d’être contraints de faire. L’objectif d’occuper le Par­le­ment de Stras­bourg était dans les têtes, des mani­fes­tants comme des poli­ciers et des poli­tiques. Seules des pres­sions diverses ont fait échouer l’émergence d’une parole reven­di­ca­tive déter­mi­née et d’un pro­gramme à l’échelle euro­péenne pou­vant être repris par tous.

    APRES L’EUROGRÈVE DES DOCKERS, LE VRAI SCANDALE
    mar­di, 17 jan­vier 2006
    http://​www​.euro​peus​.org/​a​r​c​h​i​v​e​/​2​0​0​6​/​0​1​/​1​7​/​a​p​r​e​s​-​l​-​e​u​r​o​-​g​t​e​v​e​-​d​e​s​-​d​o​c​k​e​r​s​-​l​e​-​v​r​a​i​-​s​c​a​n​d​a​l​e​.​h​tml

    Réponse
  44. potiron

    Com­ment autant de gens se laissent-ils ber­ner par Jose Bove, comme les viti­cul­teurs l’ont été avec Lhuillier ! Réagis­sez !! Jose Bove, soixante-hui­tard rin­gard, n’a trou­vé que ce moyen de vivre en res­tant se dit-il « agri­cul­teur » alors que serais curieux de savoir le nombre de jours où il tra­vaille ses terres ; C’est en fait un capi­ta­liste dégui­sé, utli­sant d’autres pour ce genre de tra­vail, s’oc­cu­pant sur­tout de coups d’é­clat pour se faire connaître ; mais qu’a-t-il fait de concret pour les agri­cul­teurs ? Réveillez-vous, cet homme exploite les agri­cul­teurs comme Sta­line exploi­tait les russes, mais lui est plus hypo­crite que ces der­nier, alors ouvrez les yeux avant qu’il ne vous pro­mène encore de terre en terre !!!!

    Réponse
  45. Étienne

    Poti­ron

    Voi­là des reproches qu’on fait sou­vent à JB, mais qui me laissent bien dubi­ta­tif : vous l’ac­cu­sez sans rien prou­ver et, par­fois même, de votre propre aveu, sans savoir pré­ci­sé­ment ce que vous lui reprochez.

    Vous avez peut-être rai­son (il faut tou­jours lais­ser, intel­lec­tuel­le­ment, cette porte ouverte pour vivre ensemble), mais il faut en faire la démons­tra­tion : l’in­vec­tive et l’ou­trance ne suf­fisent pas.

    Étienne.

    Réponse
  46. Étienne

    De pas­sage à Paris…

    Invi­té à Paris par Le Figa­ro Maga­zine, j’ai eu lun­di matin un débat inté­res­sant avec Guillaume Klos­sa (Pré­sident de Euro­pa­no­va). J’ai hâte de lire, — sans doute le pro­chain week-end —, ce que les jour­na­listes du Figa­ro auront rete­nu de cet échange que, de mon côté, j’ai trou­vé enrichissant.

    Pro­fi­tant de cette visite à la capi­tale, je suis allé le soir au bar El’Sur retrou­ver Jean Lebrun qui rece­vait Hen­ri Guai­no, — qui a voté non en 2005 et qui écrit pour­tant cer­tains dis­cours (les plus incroyables, les plus para­doxaux) de Nico­las Sar­ko­zy (voir le dis­cours d’Agen ou celui de Péri­gueux), — à l’émission Tra­vaux Publics : http://​www​.radio​france​.fr/​c​h​a​i​n​e​s​/​f​r​a​n​c​e​-​c​u​l​t​u​r​e​2​/​e​m​i​s​s​i​o​n​s​/​t​r​a​v​a​u​x​/​f​i​c​h​e​.​p​h​p​?​d​i​f​f​u​s​i​o​n​_​i​d​=​5​0​494.

    J’ai ain­si pu semer quelques graines d’idées à trois reprises : http://​www​.tv​-radio​.com/​o​n​d​e​m​a​n​d​/​f​r​a​n​c​e​_​c​u​l​t​u​r​e​/​T​R​A​V​A​U​X​/​T​R​A​V​A​U​X​2​0​0​7​0​3​0​5​.​ram

    Minute 34:03 – Loin d’être consen­suelle, la par­tie 1 du TCE contient le pire du pire et nous l’imposer par voie par­le­men­taire alors qu’on vient de la refu­ser par réfé­ren­dum serait un véri­table viol poli­tique :

    • c’est dans cette par­tie que l’on trouve l’indépendance de la Banque Cen­trale et le sabor­dage moné­taire des États qui consentent ain­si à l’instrumentalisation du chô­mage,

    • c’est dans la par­tie 1 qu’est pro­gram­mée l’impuissance du Par­le­ment qui n’a même pas l’initiative des lois et qui ne peut pas dis­cu­ter de ses propres recettes, 

    • c’est dans la par­tie 1 qu’est orga­ni­sée en douce la plus grave confu­sion des pou­voirs, — sur des domaines jamais lis­tés hon­nê­te­ment nulle part, ce qui est révé­la­teur d’un men­songe géné­ra­li­sé —, dans les mains de l’exécutif (Conseils et Com­mis­sion) à tra­vers des pro­cé­dures iniques nom­mées « actes non légis­la­tifs » (sic) et « pro­cé­dures légis­la­tives spé­ciales » (resic) qui auto­risent les exé­cu­tifs à nous impo­ser des lois sans Par­le­ment, je dis bien des lois sans Parlement, 

    • c’est dans la par­tie 1 qu’est pré­vue une invrai­sem­blable et scan­da­leuse dépen­dance directe des juges euro­péens envers les exé­cu­tifs qui les nomment : chaque État nomme un juge, de la façon la plus opaque, pour six ans (ce qui est court) renou­ve­lables (ce qui rend les juges direc­te­ment dépen­dants pour leur car­rière des exé­cu­tifs qu’ils auront à juger), ce qui consti­tue peut-être le plus grave dan­ger pour la démo­cra­tie, compte tenu des pou­voirs immenses que les juges euro­péens se voient confé­rer par l’UE (sans comp­ter les pou­voirs que les juges se confèrent eux-mêmes de sur­croît, de leur propre auto­ri­té) . Com­ment se fait-il qu’on n’arrive pas à par­ler de ce point essen­tiel dans la cam­pagne présidentielle ?

    • c’est dans la par­tie 1 qu’on nous pro­mène avec des attrape-nigauds comme le misé­rable droit de péti­tion qu’on nous pré­sente sans rire comme un « réfé­ren­dum d’initiative popu­laire » et une mani­fes­ta­tion de la « démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive » enfin consen­tie par nos « hon­nêtes repré­sen­tants », alors que le droit de péti­tion non contrai­gnant n’a RIEN à voir avec le RIP, cette péti­tion n’entraînant AUCUNE obli­ga­tion juri­dique (on nous prend vrai­ment pour des imbéciles),

    Ma ques­tion : si une fois élu, il nous viole effec­ti­ve­ment comme il l’a pro­mis, par quels moyens compte-t-il répri­mer l’in­sur­rec­tion qu’il va évi­dem­ment déclencher ?

    Minute 43:00 – Si le « trai­té sim­pli­fié » (mais on n’im­pose pas les ins­ti­tu­tions par trai­té, bon sang !) est effec­ti­ve­ment plus accep­table, comme vous nous l’an­non­cez, et bien pro­po­sez-nous ce nou­veau texte au réfé­ren­dum, et on dira oui si c’est un bon texte, au lieu de nous l’imposer sans même nous deman­der notre avis ; sinon, vous êtes évi­dem­ment cou­pables sus­pects de malhonnêteté. 

    Ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’écrire les règles du pou­voir… Ce n’est pas aux ministres, ni aux par­le­men­taires, ni aux juges, d’écrire la Consti­tu­tion. L’impuissance des citoyens est pro­gram­mée dans la Consti­tu­tion parce que ceux qui ont écrit la Consti­tu­tion sont à la fois juges et par­ties. Le jour où vous déclen­che­rez un pro­ces­sus consti­tuant hon­nête, c’est-à-dire dans lequel les auteurs de la Consti­tu­tion n’au­ront plus un inté­rêt per­son­nel à pro­gram­mer l’im­puis­sance des citoyens, vous nous per­met­trez enfin de créer une vraie démo­cra­tie : on ne peut garan­tir ce dés­in­té­res­se­ment des dépu­tés consti­tuants qu’avec une Assem­blée Consti­tuante tirée au sort, éven­tuel­le­ment par­mi des citoyens par­rai­nés par d’autres citoyens, et sur­tout pas élue pour que les par­tis ne puissent nous impo­ser des hommes de pou­voir qui écri­raient à nou­veau des règles pour eux-mêmes. Je crois mal­heu­reu­se­ment que les hommes de par­tis ne sont pas capables de déclen­cher un tel pro­ces­sus consti­tuant hon­nête, mais peut-être que vous mon­tre­rez que vous en êtes capable ?…

    Minute 57:32 – Libé­ral ou pas libé­ral ? Vous dites que le fait d’être libé­ral ne devrait plus faire débat, mais il ne faut pas dire cela. On est sans doute tous libé­raux au sens poli­tique (affran­chis­se­ment des indi­vi­dus de l’arbitraire et de l’absolutisme de l’Ancien Régime, liber­tés indi­vi­duelles, liber­té d’expression, etc.), mais le mot « libé­ral » a été volé par une bande de furieux extré­mistes, des aya­tol­lahs du mar­ché et de la concur­rence libre et non faus­sée (par l’État) qui veulent la peau de l’État pour ne lui lais­ser que les ser­vices publics sécu­ri­taires (la police la jus­tice et l’armée) en pri­va­ti­sant tous les autres ser­vices publics, sans que per­sonne n’ait jamais voté pour une telle poli­tique : c’est contre ces gens là qu’une gauche « anti-libé­rale » se bagarre, pas contre le libé­ra­lisme poli­tique, évidemment.

    Réponse
  47. alain de nantes

    « nous l’im­po­ser par voie par­le­men­taire alors qu’on l’a refu­sé par réfé­ren­dum »…

    C’est un pro­jet com­mun à beau­coup de per­sonnes, y com­pris par­mi cer­tains qui men­dient à droite les 500 signatures.

    José Bové a décla­ré exac­te­ment qu’il revien­drait aux dépu­tés euro­péens de retra­vailler le pro­jet constitutionnel.

    Fran­cis Wurtz, dépu­té de la « gauche Unie Euro­péenne », groupe ayant tou­jours lut­té contre le TCE (et contre ses annexes), a expri­mé sa désap­pro­ba­tion face à cette pro­po­si­tion sur­pre­nante de la part d’un « antilibéral ».

    Creu­sez donc un peu, et vous trou­ve­rez pour­quoi : il n’y a pas que chez les élus qu’on peut trou­ver des com­por­te­ments incompréhensibles !

    Ce qui est remar­quable, c’est l’os­tra­cisme dont est vic­time MGB de la part des médias domi­nants (ceux des oui-ouistes), et la flo­rai­son d’ « invi­ta­tions » pro­duites par ces mêmes médias pour les « pour­fen­deurs d’ap­pa­reils  » (au demeu­rant fort cour­tois avec les plus puis­sants d’entre les « appa­reils », le MEDEF et sa cour­roie de trans­mis­sion UMP)…

    Réponse
  48. J-PMO

    Vla­di­mir, Etienne,

    Je constate que les ques­tions que je pose ne vous inté­ressent pas. Com­ment peut-on inven­ter une véri­table démo­cra­tie en écar­tant de fait ceux que l’on pré­juge sans doute comme indignes d’in­té­rêt ? Je ne peux donc que faire des sup­po­si­tions, c’est insuf­fi­sant pour progresser.

    Je vous invite donc à répondre par oui ou par non. Je peux ima­gi­ner que :

    - mes ques­tions sont en dehors du débat et je per­turbe des gens sérieux et documentés

    - les idées que l’on m’at­tri­bue a prio­ri sucitent un racisme vis­cé­ral qui dépasse la conscience de ceux qui lisent

    - pen­sez-vous qu’on doit :

    • dépas­ser le capitalisme ?

    • s’en accom­mo­der défi­ni­ve­ment parce qu’on ne peut pas faire autrement ?

    • uti­li­ser chaque pos­si­bi­li­té d’in­ter­ven­tion pour en dénon­cer les effets et le combattre ?

    • tra­vailler à construire un nou­veau ras­sem­ble­ment anti capi­ta­liste (=anti-libé­ral ?), un pro­jet de socié­té sans capitalisme ?

    Réponse
  49. Vladimir

    Je suis anti­ca­pi­ta­liste mais la révo­lu­tion ne se décrète pas : chaque jour, nos actes sont un plus ou un moins face à elle.

    Aujourd’hui, je suis obli­gé de poser la ques­tion qui fâche : pour­quoi un dépu­té conser­va­teur alle­mand a pu atta­quer et gagner devant la Cour Consti­tu­tion­nelle alle­mande et mettre en crise la pré­si­dence Mer­ckel et sa voie de recours pour sau­ver le trai­té, alors qu’en France, les poli­tiques se sont bien gar­dés, après le non de 2005, d’explorer les voies juri­diques pour que ce vote soit légitimé ?

    Réponse
  50. Étienne

    Cher J‑PMO,

    Excuse-moi : je ne te réponds pas parce qu’il faut du temps pour répondre à tes mes­sages qui me demandent de refor­mu­ler toute ma cri­tique des par­tis alors que je manque si cruel­le­ment de temps. Pour te convaincre, il fau­drait que je répète de nom­breux argu­ments que j’ai déjà déve­lop­pés et, par faci­li­té je le recon­nais, pres­sé par le temps, je remets ça à plus tard, chaque fois que je te lis. Mais évi­dem­ment, je n’é­carte per­sonne par prin­cipe. Je suis juste très occu­pé et je dois faire des choix sans arrêt parce que je ne peux pas tout faire et que j’es­saie de ne faire ce qui me semble impor­tant (et je me trompe sou­vent, c’est pro­bable, OK).

    Tu m’in­ter­roges sur la per­ti­nence d’une réflexion théo­rique sans expé­rience pra­tique des pou­voirs locaux. Que faut-il te répondre ? Est-on dis­qua­li­fié pour réflé­chir au contrôle des pou­voirs si l’on n’a pas exer­cé le pou­voir ? Est-on, au contraire, qua­li­fié pour réflé­chir aux contrôles des pou­voirs par le fait d’a­voir exer­cé le pou­voir ? Tu sembles pen­ser que oui. 

    De mon côté —et jus­qu’à démons­tra­tion que j’ai tort—, je pense exac­te­ment le contraire : ceux qui exercent le pou­voir sont les plus mal pla­cés pour nous dire com­ment faire pour contrô­ler les pou­voirs. En tout cas, je m’en méfie d’eux au plus haut point sur ce sujet, compte tenu du fait impor­tant qu’ils ne sont pas dés­in­té­res­sés (dans cette occur­rence pré­cise et pas en général). 

    À pro­pos des par­tis, je te ren­voie à l’ex­trait « La volon­té géné­rale : Rous­seau relu et expli­ci­té par l’ex­cel­lente Simone Weil » que j’ai publié sur le forum « Le cœur de la Démo­cra­tie : for­ma­tion, expres­sion et res­pect de la volon­té géné­rale ».

    Quant aux mili­tants —que je dis­tingue bien des par­tis— qui uti­lisent les moyens tra­di­tion­nels pour résis­ter, je ne me sens ni mieux pla­cé ni moins bien : nous uti­li­sons des moyens dif­fé­rents et lar­ge­ment com­plé­men­taires pour atteindre les mêmes buts. Ma cri­tique vise les par­tis, les appa­reils, les hié­rar­chies, les lignes poli­tiques et les dis­ci­plines de la pen­sée ; pas les mili­tants qui sont pour moi, comme tous les étran­gers, des frères que je ne connais pas :o)

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    ***************************************************

    PS : point par point, puisque tu y tiens :

    Tu dis : « Je vous invite donc à répondre par oui ou par non. Je peux ima­gi­ner que :

    - mes ques­tions sont en dehors du débat et je per­turbe des gens sérieux et docu­men­tés [NON]

    - les idées que l’on m’at­tri­bue a prio­ri sus­citent un racisme vis­cé­ral qui dépasse la conscience de ceux qui lisent [NON]

    - pen­sez-vous qu’on doit :

    • dépas­ser le capi­ta­lisme ? [peut-être, mais que signi­fie dépasser ?]

    • s’en accom­mo­der défi­ni­ve­ment parce qu’on ne peut pas faire autre­ment ? [NON]

    • uti­li­ser chaque pos­si­bi­li­té d’in­ter­ven­tion pour en dénon­cer les effets et le com­battre ? [OUI]

    • tra­vailler à construire un nou­veau ras­sem­ble­ment anti capi­ta­liste (=anti-libé­ral?), un pro­jet de socié­té sans capi­ta­lisme ? » [Ça me paraît tota­le­ment uto­pique mais, sous cette impor­tante réserve, OUI ; mais atten­tion : sûre­ment pas au prix du sang ou de la liber­té de qui que ce soit]

    Voi­là ;o)

    Réponse
  51. J-PMO

    Etienne,

    Mer­ci de tes réponses : je pense que nos che­mins vont dans le même sens, même si je ne par­tage pas toutes tes ana­lyses : la démo­cra­tie que tu recherches cor­res­pond au meilleur moyen que j’i­ma­gine pour faire de la poli­tique et j’es­saie au maxi­mum de la mettre en pra­tique dans mon humble man­dat d’op­po­sant muni­ci­pal et de res­pon­sable poli­tique local.

    Excuse aus­si les ques­tions pres­santes : je com­prends tout à fait que tes jour­nées n’ont que 24 heures. En dehors de la volon­té déli­bé­rée d’i­gno­rer les citoyens, le manque de temps (ou le non par­tage des tâches) est une des rai­sons prin­ci­pales qui éloigne les élus de la réa­li­té « de ter­rain ». La démo­cra­tie, ce n’est pas spon­ta­né et il est dif­fi­cile d’être un agneau dans une socié­té édu­quée en loups ou le chef décide de tout, come le singe le plus fort domine son groupe. (j’ai beau­coup appris sur la domi­na­tion humaine en gar­dant un singe à la mai­son pen­dant deux ans).
    Les échanges que j’ai avec « mes » élus me font pen­ser qu’ils connaissent un peu moins mal que les autres les réa­li­tés de ter­rain parce que le fonc­tion­ne­ment du « par­ti » les ren­seigne en per­ma­nence, les contrôle et les contre­dit si néces­saire. C’est déjà un pre­mier pas sur la vraie démo­cra­tie, qui sup­pose des gens édu­qués à res­pec­ter l’autre.

    Réponse
  52. Vladimir

    Un constat valable pour toutes les candidatures :

    Nous devons exi­ger que les chô­meurs, rmistes, pré­caires et autres lais­sés-pour-compte soient les seuls habi­li­tés à par­ler de l’urgence sociale. On s’évitera ain­si de lire ou entendre beau­coup de conne­ries dans la presse. On s’évitera ain­si de lire les salo­pe­ries des 125 mer­deuses (dites « pro­po­si­tions ») qui ne sont pas, et loin s’en faut, à la hau­teur de l’état d’urgence sociale. Quand elle ne flirtent pas avec la droite. Par­ler de sécu­ri­sa­tion des par­cours pro­fes­sion­nels, c’est uti­li­ser un lan­gage tech­no­cra­ti­co-cor­ne­cul, c’est-à-dire de droite.

    Nous devons exi­ger la pari­té dans la cam­pagne Bové. Pas de rai­son que les lais­sés-pour-compte du libé­ra­lisme soient aus­si des lais­sés-pour-compte dans l’équipe de cam­pagne. Avoir la pari­té nous évi­te­rait de lire une esquisse de memo sur l’urgence sociale que Jean Leca­nuet aurait signée tant c’est d’une fadeur qui engage à peu.

    Valé­rie Baudot
    [email protected] .

    Quel ave­nir pour les laissés-pour-compte ?

    Encore une gauche qui nous fait peur..

    http://​www​.uni​sa​vec​bove​.org/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​1​500

    http://​www​.pag69​.org/

    Réponse
  53. pade

    Et pour­quoi per­sonne ne parle de l’a­ber­ra­tion des indem­ni­tés des élus et du « métier » d’é­lu. Ça rap­porte, et oui. Ils sont élus à vie.

    On peut rêver à des élus sans indem­ni­tés (aux frais réels), à des élus dés­in­té­res­sés comme le sont les mili­tants asso­cia­tifs, à deux man­da­tures maxi pour tous les man­dats, et la pos­si­bi­li­té de ne se repré­sen­ter qu’en cas d’ab­sence de can­di­dat. On peut rêver. Tout est pour­ri, votez pour moi, la place est bonne.

    Réponse
  54. J-PMO

    À pade,

    Savez-vous que la plu­part des élus com­mu­nistes reversent leur indem­ni­té d’é­lu au PCF, en conser­vant une paie d’ou­vrier qua­li­fié ? Vous pou­vez ques­tion­ner André Chas­saigne, pré­sident de l’as­so­cia­tion des élus com­mu­nistes et répu­bli­cains à ce sujet : http://​www​.chas​sai​gne2007​.org/

    En met­tant tous les élus dans le même sac « tous pour­ris sauf moi », vous ali­men­tez le mode de pen­sée cher à LEPEN. Le vrai pro­blème est celui du contrôle démo­cra­tique des élus. Pour ma part, je suis satis­fait de l’é­coute de la plu­part des élus com­mu­nistes et répu­bli­cains, même si le rap­port de forces et la repré­sen­ta­ti­vi­té majo­ri­taire ne leur per­mettent pas de faire abou­tir leurs propositions.

    À Vla­di­mir,

    L’in­vec­tive du genre « les 125 pro­po­si­tions mer­diques »… relève du même mode de pen­sée de type raciste : « je te rejette parce que tu n’es pas exac­te­ment conforme à mon opi­nion ». Vla­di­mir, es-tu sûr que ta vie est si exem­plaire de démo­cra­tie pour que tu te per­mettes des juge­ments aus­si péremp­toires ? Qu’en pensent les gens qui t’entourent ?

    Réponse
  55. Pade

    Quand je dis « tout ou tous pour­ris », je me mets dedans, bien que moi, je n’aie aucun pou­voir impor­tant comme sala­rié ordi­naire de cette vie pour­rie, et je ne vote pas FN.

    Je lutte comme je peux à ma petite place, avec des gosses au chô­mage, et je rentre dedans comme je le peux avec mes petits moyens et en bos­sant béné­vo­le­ment dans les asso­cia­tions, sans indem­ni­tés, moi, ce qui devrait être le cas de tout élu, on ver­rait mieux les désintéressés.

    J’ai fait 68 et moi, je reste fidèle, je ne suis pas de ceux qui sont deve­nus des cadres modernes bien recy­clés dans le sys­tème, dont cer­tains vont même jus­qu’a jus­ti­fier le har­cè­le­ment moral au boulot.

    Je ne savais pas que les élus com­mu­nistes rever­saient une part de leur indem­ni­té ; c’est bien et ce sont pro­ba­ble­ment les seuls. Mais voyez quand même : ils font leur vie dans le métier d’é­lu (les mêmes, pas de rota­tion sur les postes de dépu­té séna­teur, et c’est anor­mal, donc un peu pour­ri aussi).

    Réponse
  56. Alessandro

    La manière d’ef­fec­tuer les son­dage est antidémocratique.
    La ques­tion devrait être :

    – Quel can­di­dats préférez-vous ?

    et non pas :

    – Quelle est votre inten­tion de vote ?

    La dif­fé­rence est fondamentale :

    Le pre­mier son­dage ren­force le libre choix,
    lorsque la seconde ren­force le choix impo­sé, le choix utile, celui qui est répu­té être utile sur la base des son­dages eux-mêmes. Donc, c’est du bidon.

    Je suis convain­cu que, si les son­dages étaient effec­tués de la manière cor­recte, Bové aurait un meilleur score que les trois acteurs-can­di­dats de tête. Et les fran­cais pour­raient suivre leur opi­nion au lieu de celle « utile » éta­blie d’en haut.

    Réponse
  57. Jessie

    Bon­jour Étienne,

    Je sou­tiens entiè­re­ment vos idées. Mais bien qu’il me soit très sym­pa­thique, je ne vote­rai pas pour José Bové aux pré­si­den­tielles. Tout sim­ple­ment parce que je ne veux pas repro­duire l’a­ven­ture de 2002, et devoir voter Sar­ko­zy pour évi­ter que Le Pen passe, ça me ferait trop mal au ventre.

    Cette fois-ci, je vais voter « utile ». La gauche anti­li­bé­rale est trop dis­per­sée, il n’y a aucune chance de retrou­ver un seul de ses can­di­dats au second tour. Ce n’est pas encore cette fois-ci que nous chan­ge­rons de style de démo­cra­tie, hélas.

    Réponse
  58. J-PMO

    Après le 22 avril :

    Salut Pade,

    Excuse-moi, j’ai été un peu absent pour cause de « tra­vaux pra­tiques extérieurs ».

    À la lec­ture de ta situa­tion, je com­prends mieux ta colère. Je suis prof retrai­té et ne me consi­dère pas comme par­mi les plus défa­vo­ri­sés. Au regard de tes dif­fi­cul­tés, je peux même t’ap­pa­raître comme un nan­ti. Mon enga­ge­ment d’é­lu et de com­mu­niste vient de l’in­jus­tice que j’ai res­sen­tie dans ma jeu­nesse et dans ma vie pro­fes­sion­nelle, de ma volon­té d’a­gir direc­te­ment sur le cours des choses. En par­ti­ci­pant modes­te­ment au « pou­voir », je suis atten­tif à ne jamais cau­tion­ner la domi­na­tion du capi­tal sur le tra­vail, à défendre les plus défa­vo­ri­sés et les aider à se défendre eux-même concrè­te­ment, au risque d’ap­pa­raître comme « pour­ri » parce que je siège autour de la même table que la majo­ri­té de droite du Conseil Muni­ci­pal. J’ai évi­té des expul­sions et des cou­pures d’élec­tri­ci­té, j’ai aidé des familles en détresse à trou­ver des solu­tions et main­te­nant elles peuvent vivre « nor­ma­le­ment ». Mal­gré les réti­cences du repré­sen­tant socia­liste, j’ai dépo­sé un voeu contre l’en­ga­ge­ment dans la guerre en Irak, voté par la majo­ri­té du Conseil.

    Je n’ai aucune indem­ni­té et je m’ac­quitte chaque mois de ma coti­sa­tion (1% de ma retraite). Après 25 ans de man­dat, je vais prendre ma retraite d’é­lu (sans pen­sion !). À défaut de recon­nais­sance poli­tique, le bon­heur que j’ai appor­té ou le mal­heur que j’ai évi­té suf­fit à ma récompense.

    Mon vrai sou­ci est main­te­nant la construc­tion d’une vraie majo­ri­té de gou­ver­ne­ment, libé­rée des puis­sances éco­no­miques et finan­cières, entiè­re­ment au ser­vice de « l’humain ».

    La ques­tion est donc pour moi : main­te­nant, quel ras­sem­ble­ment anti­li­bé­ral, quelle construc­tion concrète d’un autre modèle de socié­té en France et en Europe, qui ins­talle une réelle démo­cra­tie, qui ne soit ni sociale-démo­crate, ni dic­ta­ture du pro­lé­ta­riat, ni hégé­mo­nie d’un par­ti poli­tique, ni rejet des élus dévoués à la cause ?

    N’est-il pas temps de dépas­ser les diver­gences et les par­ti-pris du 20ème siècle ?

    J‑P Moreau, Conseiller Muni­ci­pal (PCF), 37140 BOURGUEIL <piver37_chez_wanadoo.fr> _chez_=@

    Réponse
  59. foie

    tou­jours inté­res­sant tes billets 🙂 « pour des dizaines de mil­liers de citoyens » : ça m’a quelque peu fait sou­rire 🙂 bonne continuation !

    Réponse
  60. ARAMIS

    Un petit bon­jour à Etienne (dont j’é­tais venu visi­ter le site lors de notre com­bat com­mun contre le TCE EN 2005) et j’en pro­fite pour saluer Pade, en pré­ci­sant que je me retrouve bien dans son der­nier mes­sage, qui me ras­sure par ce constat que nous les « vieux gro­gnards ayant fait 68 » (qui dérange temps sar­ko bling bling) sommes tou­jours là et plu­tôt bien là même. 

    J’a­vais 17 ans en 68 et j’é­tais un jeune qui bos­sait à la chaîne depuis ma sor­tie sco­laire à 14 ans (sans le cer­tif’) et je suis aus­si res­té vigi­lant et com­ba­tif (à part une petite baisse d’at­ten­tion vers 31 ans après avoir ache­té une mai­son, car ayant voté à gauche je m’é­tais cru garé des voitures). 

    Mer­ci Mit­ter­rand avec son fameux virage à 180° en 83 (je venais juste d’a­che­ter). Docker, me cre­vant pour avoir une vie à peu près décente, je vis le coup tor­du qui me pen­dait au blair arri­ver à vitesse grand V : « accro­chez-vous au pin­ceau, on enlève l’é­chelle », mince de cou­lure. S’en sui­virent les cha­rettes de 500 dockers pour en virer 1500 en 3 ou 4 ans. À Rouen, nous étions envi­ron 2 000 (inter­mi­tents donc rela­ti­ve­ment libres) et il n’en reste plus aujourd’­hui que 300 par­qués en « mai­sons » au garde à vous patro­nal (et tout ça sous un gou­ver­ne­ment dit de gauche). 

    Pas­sant du chô­mage à la mala­die tan­dis que le couple explo­sait pour finir seul, éré­miste et en cara­vane, iso­lé dans la cam­pagne avec l’u­nique pré­sence de mon chien (mon fils unique avait 20 ans et vivait sa vie) à gre­lo­ter l’hi­ver et sans moyen de trans­port. Ça révolte dur tout ça, mais comme ce qui n’a­bat pas ren­force : je gar­dais ma colère pour la res­ser­vir uti­le­ment peu après. 

    J’ai pas­sé un bac pro Secrétariat/Bureautique à 47 ans en reclas­se­ment pro­fes­sion­nel (sans que cela ne débouche sur un emploi : ancien docker et proche de la cin­quan­taine = 0), mais cela m’a rap­pro­ché de la ville où je voyais des gens en cité se faire escro­quer ou ne pas oser récla­mer des droits sociaux aux­quels ils avaient droit. 

    En voyant l’é­tat de déla­bre­ment du sys­tème social « bas de gamme » (et oui, il y a aus­si une hié­rar­chie en droit social et ceux qui sont hors sys­tème ne sont pas vrai­ment ména­gés) et la pré­ten­tion de cer­taines AS de sec­teur ne voyant la misère qu’aux heures d’ou­ver­ture de leur bureau chauf­fé avec un temps de réac­tion devant l’ur­gence, dans un délai pou­vant atteindre les 3 semaines, me héris­sait le poil. Ce n’é­tait pas pos­sible un truc pareil, lequel s’ap­pa­ren­tait plus à du fil­trage et de la prise en main mora­liste (le mot assis­tan­nat est régu­liè­re­ment employé) que ce pour­quoi ce genre d’or­ga­nisme avait été créé durant les trente glo­rieuses (j’en ai enten­du de sévères avant que mon assos soit suf­fi­sam­ment connue pour impo­ser une cer­taine méfiance de la part d’in­ter­ve­nants « sociaux »). 

    Cette assos (déran­geante donc non sub­ven­tion­née) oeuvre depuis main­te­nant 8 ans et nous avons la fier­té d’a­voir obte­nu quelques petites vic­toires suf­fi­sam­ment signi­fi­ca­tives pour redon­ner confiance (une den­rée deve­nue rare) aux popu­la­tions com­plè­te­ment lar­guées et entre­te­nues volon­tai­re­ment dans l’i­gno­rance (divi­ser pour mieux régner) par un sys­tème enten­du par une frange poli­tique consen­suelle allant de la gauche molle à la droite dure. 

    Pré­sident d’as­sos oeu­vrant sur le ter­rain (gauche et syn­di­cats ne sont pas sur ces bar­ri­cades-là dans mon sec­teur) pour redy­na­mi­ser les consciences en matière de citoyen­ne­té (active) et de soli­da­ri­té, je suis bien enten­du pour le rou­le­ment de poste (mais la place est tel­le­ment mau­vaise à gar­der que per­sonne n’en veut, alors je tiens les murs) et je sou­hai­te­rais voir plus d’adhé­rents se mobi­li­ser pour sor­tir de leur coquille et abor­der enfin l’en­traide sans a priori. 

    Ça avance tout doux, mais ça bouge et je sais que d’autres ini­tia­tives de ce genre existent spo­ra­di­que­ment sur l’en­semble du ter­ri­toire natio­nal. Je suis main­te­nant recon­nu « à l’a­miante » (mince conso­la­tion) et j’ai remon­té une famille, bref j’ai du temps pour conti­nuer le com­bat tant dans la rue que sur la toile (un outil démo­cra­tique for­mi­dable qui dérange déjà cer­tains déci­deurs) et il y aurait cer­tai­ne­ment à creu­ser aus­si sur cette forme de com­bat au pro­fit de la démo­cra­tie la plus directe possible. 

    Mer­ci de m’a­voir lu jus­qu’au bout et cou­rage, car ce peuple sur­pre­nant se réveille par­fois pour faire de grandes choses, donc… 

    ARAMIS

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