C’est la partie 1 du TCE qui est la plus dangereuse, celle qui nous retire la démocratie : pas question de l’accepter sans référendum !

26/01/2007 | 115 commentaires

Quand je pense que Nico­las Sar­ko­zy, ce soi-disant « repré­sen­tant » des Fran­çais, en plus de détruire le droit du tra­vail (avec un CNE qui devien­drait la règle géné­rale, à vie), pro­met, pour sau­ver l’Eu­rope, de nous impo­ser la par­tie 1 du TCE par voie par­le­men­taire — sans réfé­ren­dum ! — s’il est élu Pré­sident, au motif que ce serait une par­tie fai­sant consen­sus, je fais des bonds au plafond :

La par­tie 1 du TCE est la plus dan­ge­reuse de toutes :

  • c’est la par­tie 1 qui pro­gramme (l’ir­res­pon­sa­bi­li­té de tous les acteurs poli­tiques (aucun méca­nisme de des­ti­tu­tion du Par­le­ment, du Conseil des Ministres, du Conseil euro­péen, de la Banque cen­trale, etc.),
  • c’est la par­tie 1 qui scelle l’im­puis­sance des citoyens pour déci­der de leur sort ou contrô­ler leurs élus,
  • c’est la par­tie 1 qui nous fait prendre des ves­sies pour des lan­ternes avec son misé­rable droit de péti­tion (1−47−4),
  • c’est la par­tie 1 qui pré­voit la dépen­dance des juges euro­péens (hyper puis­sants) envers les exé­cu­tifs qui les nomment et qu’ils auront pour­tant à juger (1−29−2),
  • c’est la par­tie 1 qui fait de notre Par­le­ment natio­nal un assem­blée sans pou­voirs (1−33),
  • c’est la par­tie 1 qui nous impose l’in­dé­pen­dance de la Banque cen­trale et nous prive du droit de battre mon­naie au pro­fit des voleurs, des faux mon­nayeurs que sont les ban­quiers pri­vés (1−30−3),
  • etc. etc. etc.

Je m’é­trangle de tant de félo­nie impunie.

C’est la par­tie 1 du TCE qui scelle l’as­sas­si­nat de la démo­cra­tie au pro­fit des banquiers.

Consen­sus ? Tu parles… Menteur ! 

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Étienne

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115 Commentaires

  1. Laurent_K

    Ouf ! Enfin, je com­men­çais à déses­pé­rer d’en­tendre une voix dis­cor­dante dans ce concert assour­dis­sant de louanges pour cette hui­tième mer­veille du monde qu’est le trai­té constitutionnel.

    C’est quoi ce hold-up sur la démo­cra­tie ? Dans quel monde vivons nous où les diri­geants de pays soit-disant démo­cra­tiques ‑le nôtre inclus- cherchent à impo­ser un texte aus­si liber­ti­cide mal­gré les votes néga­tifs de deux peuples ?

    Réponse
  2. Étienne

    À pro­pos de notre pré­ten­due démo­cra­tie et de l’ex­pres­sion de la volon­té géné­rale, je vous conseille de lire le texte suivant :

    « Les par­tis poli­tiques contre la volon­té géné­rale : Rous­seau relu et expli­ci­té par l’ex­cel­lente Simone Weil »

    J’ai dac­ty­lo­gra­phié pour vous un extrait du petit livre pas­sion­nant « Note sur la sup­pres­sion des par­tis poli­tiques », de Simone Weil (1909−1943) (édi­tions Cli­mats, 2006, 80 p).

    C’est là : http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​f​o​r​u​m​/​v​i​e​w​t​o​p​i​c​.​p​h​p​?​p​i​d​=​2​3​7​0​#​p​2​370.

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  3. alain de nantes

    J’ai fait des bonds , moi aus­si, quand j’ai pris connais­sance de la posi­tion de José Bové , qui s’il était pré­sident , confie­rait en 2008 aux par­le­men­taires euro­péens de rédi­ger une nou­velle consti­tu­tion européenne !

    Pas ques­tion de faire confiance à des assem­blées mal élues qui essaient déjà de nous « refour­guer » la direc­tive Bol­ke­stein, ni à un « pré­sident se croyant le « De Gaulle de l’ex­trême gauche », comme l’y encou­rage Michel Onfray dans le Nou­vel Obs…(quelle logique « constitutionnelle » !)

    Réponse
  4. bloo

    vous avez déja assez fait de mal avec votre « non » alors sor­tez en et pro­po­sez une sor­tie digne.…

    quelle tris­tesse de perdre son temps ain­si en ter­gi­ver­sa­tions .…et sur­tout vous feriez mieux d’ap­prendre aux citoyens tout ce que l’eu­rope apporte au monde et à tous

    pfff

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  5. Laurent_K

    Il me semble que ceux qui ont fait le plus mal sont ceux qui ont orien­té l’Eu­rope dans la direc­tion où le non deve­nait pré­fé­rable au oui.

    Un exemple de sor­tie digne pour­rait être une Europe démo­cra­tique… Et les citoyens qui sont assez grands pour voir ce que l’Eu­rope leur apporte ou leur prend y gagne­raient cer­tai­ne­ment plus qu’a­vec le trai­té qu’on cherche à tous prix à nous faire avaler.

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  6. alain de nantes

    « Nous », dans notre diver­si­té, nous pro­po­sons une sor­tie digne du « NON » :

    car le NON , majo­ri­taire à 55% (… et encore, par­ceque la cam­pagne et le débat ont été courts, et domi­nés par des médias ouistes !), il est l’ex­pres­sion d’une forte attente euro­péenne qu’il serait lâche de lais­ser entre les « savoirs faire poli­tiques des extrêmes » :

    55% des fran­çais ne sont pas le ras­sem­ble­ment des extrêmes !

    En Europe, le mécon­ten­te­ment pro­duit par l’ul­tra­li­bé­ra­lisme extrême au pou­voir est récu­pé­ré par la « rage brune qui avance à pas de loup »…

    Comme vous le dites, il est temps d’en sor­tir, de ce sinistre processus !

    La France peut être le pays d’o­ri­gine d’un « pro­ces­sus consti­tuant », à condi­tion que ses citoyens conti­nuent à se par­ler et à réflé­chir dans le res­pect de leur diver­si­té répu­bli­caine, sans ostra­cisme, ni « contre les appa­reils », ni « contre les grou­pus­cules », ni « contre les intel­lec­tuels », bref :sans ces « à prio­ri » déma­go­giques éloi­gnant de la réflexion réel­le­ment impor­tante : quels conte­nus poli­tiques face aux urgences régio­nales, natio­nales, conti­nen­tales et pla­né­taires, et avec quels « prin­cipes uni­ver­sels » de nature à rap­pro­cher les peuples de cette « logique de paix » dont tout nous écarte aujourd’­hui ?etc…(pardon pour cette « longueur »).

    Le débat sur le TCE a été salu­taire, car enfin les fran­çais ont par­lé poli­tique sans céder aux petites phrases irres­pon­sables ni aux cli­vages « politiciens » :

    C’est du fond du pro­blème qu’il a été ques­tion, et alors, un large « consen­sus » contre la logique ultra­li­bé­rale gra­vée de bout en bout du TCE , est net­te­ment res­sor­ti de ce « son­dage démocratique » !

    Il faut conti­nuer à faire sor­tir les citoyens de leur paresse poli­tique, les invi­ter à s’ex­pri­mer et à être fiers de leurs reven­di­ca­tions , même quand elles ne plaisent pas aux gou­ver­nants ultra-libéraux.

    Le pro­ces­sus consti­tuant reven­di­qué par le peuple euro­péen en ges­ta­tion n’a rien à voir avec les dogmes qui hantent les cer­veaux des maîtres actuels de « l’eu­rope en panne de vérité » !

    Réponse
  7. Melanie Zetaufrais

    Etienne, quand tu désignes uni­que­ment Sar­ko, tu fais du sec­ta­risme. Royal et Bay­rou aus­si veulent nous impo­ser le TCE par voie par­le­men­taire. Et c’est un scan­dale ! Mais si tu ne vises qu’un des can­di­dats en pas­sant sous silence les hypo­cri­sies de ses adver­saires sur le sujet (ils ont exac­te­ment la même idée en tête et ne s’en cachent pas…), tu perds bru­ta­le­ment toute cré­di­bi­li­té. Ici, on veut d’une Eurpe démo­cra­tique ou faire de l’an­ti-sar­ko primaire ?

    Réponse
  8. mosca

    Avant d’a­voir une Europe citoyenne il faut construire la France citoyenne.

    Actuel­le­ment tout les par­tis appellent à voter pour un sys­tème qui repré­sente moins de la moi­tié des citoyens dans les assem­blées (assem­blée ouiouiste et assem­blée des retrai­tés apparichiks).

    Le vote blanc, c’est le refus des can­di­dats ; l’abs­ten­tion citoyenne, c’est le refus du sys­tème. Un chan­ge­ment de consti­tu­tion est néces­saire pour mar­quer une rup­ture entre tous ces pros de la poli­tique et leur car­rié­risme pas très net.

    Une assem­blée géo­gra­phique et socio­lo­gique (sexes et pro­fes­sions) pro­po­sant des textes de loi à un pré­sident et son gou­ver­ne­ment, élus par listes pana­chables issues des par­tis, char­gés de les appliquer. 

    Un contrôle a pos­te­rio­ri par des citoyens (assis­tés d’ex­perts de leur choix), tirés au sort, char­gés de contrô­ler les résul­tats et de les rendre publics, avec le pou­voir de reti­rer leur man­dat à ceux qui ont échoué ou tru­qué l’ap­pli­ca­tion des lois. Cela pour­rait être un début de dis­cus­sion, puis peut-être trans­po­ser à l’é­chelle euro­péenne avec quelques modifications.

    Réponse
  9. Étienne

    Chère Mela­nie Zetau­frais :o)

    Je ne vise qu’un can­di­dat ICI, dans ce billet, effec­ti­ve­ment, puis­qu’il est le seul à pro­cla­mer (hon­nê­te­ment) sa pen­sée scan­da­leuse ; mais je regrette un peu par­tout sur ce site d’a­voir à choi­sir entre trois ouiistes et je passe mon temps à conchier les ins­ti­tu­tions qui me livrent ain­si, pieds et poings liés, à des par­tis dont les rouages internes sont fort peu démo­cra­tiques et dont les chefs sont fort peu res­pec­tueux de la volon­té générale.

    J’au­rais ain­si per­du d’un coup toute cré­di­bi­li­té ? Diable ! Mon conseil : ne pas se trom­per d’en­ne­mi et gar­der le goût de la nuance :o)

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  10. fraisier

    Bon­jour Etienne, bon­jour tout-le-monde !

    Je crois que j’ai trou­vé du grain à moudre pour votre excellent blog : l’é­mis­sion de Daniel Mer­met (dif­fu­sée le 31 01 2007), au cours de laquelle Fré­dé­ric Lor­don (éco­no­miste par­ti­san du non en 2005) a pré­sen­té ce qu’il appelle le S.L.A.M. (« Sha­re­hol­der Limi­ted Autho­ri­zed Mar­gin, donc en bon fran­çais, ça serait Marge Action­na­riale Limite Auto­ri­sée », extrait du compte ren­du dis­po­nible sur http://​www​.la​-bas​.org/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​1​097, daté du 7 février 2007), c’est-à-dire un pro­jet de limi­ta­tion des (mé-)faits et gestes de la toute puis­sante finance mon­dia­li­sée, pour mettre un terme aux ravages qu’elle pro­duit dans nos petites vies de citoyens ordi­naires, paci­fiques et aspi­rant à la fra­ter­ni­té, entre autres.

    Je vous en livre sim­ple­ment deux extraits, pour mieux vous inci­ter à vous rendre sur ce site :

    Extrait 1 : « Je rap­pelle en pas­sant, tout de même, parce que c’est une iro­nie mais tra­gique et dou­lou­reuse, que le pro­jet de consti­tu­tion euro­péenne se pro­po­sait ni plus ni moins que d’inscrire le prin­cipe de la liber­té de mou­ve­ment des capi­taux dans le titre 2, c’est-à-dire, la charte des droits fondamentaux… »

    Extrait 2 : « Donc il y a beau­coup de patrons qui seraient prêts à, me semble-t-il, accueillir assez favo­ra­ble­ment — certes ils ne le diraient pas à très grand bruit — mais à accueillir assez favo­ra­ble­ment un dis­po­si­tif qui vien­drait mettre des bâtons dans les roues et mettre le holà aux exi­gences sans limite de la finance. Donc je pense que c’est une solu­tion qui mérite d’être étu­diée. Je n’ai pas la pré­ten­tion de sou­te­nir que c’est un pro­jet clé en mains abso­lu­ment fice­lé, ter­mi­né, ache­vé sans dis­cus­sions pos­sibles, immune à toute objec­tion, mais j’aimerais en faire le point de départ d’un pro­gramme de tra­vail col­lec­tif. Ce serait extrê­me­ment suf­fi­sant de ma part de pré­tendre qu’à moi tout seul j’ai fini par trou­ver la solu­tion et que plus aucun pro­blème ne se pose. Par contre ce que je sais, c’est que si on s’y met à plu­sieurs, et même avec un plu­sieurs assez nom­breux, et en convo­quant toute une série de com­pé­tences… Il doit bien s’en trou­ver chez les juristes, notam­ment, et chez les fis­ca­listes qui sont au pre­mier chef inté­res­sés par cette pro­po­si­tion. Fina­le­ment, j’en ai fait l’analyse, pour ain­si dire, éco­no­mique, micro- et macroé­co­no­mique, mais il y a des bou­lons fis­caux et juri­diques à bien vis­ser. Je pense que en en fai­sant un pro­gramme de tra­vail col­lec­tif, on devrait pou­voir arri­ver à quelque chose qui mérite le coup d’œil. »

    Réponse
  11. stéphane

    bon­soir

    il y a bien de l’an­ti Sar­ko­sysme pri­maire ICI notamment
    « Quand je pense que Nico­las Sar­ko­zy, ce soi-disant « repré­sen­tant » des Fran­çais, en plus de détruire le droit du travail »

    le gou­ver­ne­ment actuel n’a pas détruit le code du tra­vail et ce que pro­pose Sar­ko­sy ‚un contrat unique axé sur la pro­tec­tion de l’in­di­vi­du et non plus sur la pro­tec­tion de l’emploi paraît être une bonne mesure…

    oui vous n’êtes pas cré­dible votre site se veut au des­sus de la mêlée sans doute et cela se sent un peu trop .….

    2 ans après le non au TCE, vous n’a­vez tou­jours rien à proposer ?

    Réponse
  12. Étienne

    Bon­jour Stéphane,

    Je ne suis ni sar­ko­syste, ni anti sar­ko­syste : je juge chaque idée libre­ment et cer­tains pro­jets de Nico­las Sar­ko­zy sont, à l’é­vi­dence, tout juste dignes d’un tyran.

    • Le pro­jet de nous impo­ser la par­tie 1 du TCE par un vote par­le­men­taire, alors qu’on vient expres­sé­ment de le refu­ser par réfé­ren­dum, est une félo­nie, une tra­hi­son, qui per­met évi­dem­ment de remettre en cause le mot de « repré­sen­tant ». Si un élu (n’importe lequel des trois ouiistes en pré­sence) nous impo­sait fina­le­ment le TCE de cette manière, ce serait une juste cause d’insurrection.

    • Par ailleurs, quand NS défend le CNE, c’est-à-dire le droit de licen­cier à tout moment sans être obli­gé de moti­ver la déci­sion, il met le licen­cie­ment hors de por­tée du droit et ouvre grand la porte à l’ar­bi­traire dans l’entreprise : sans moti­va­tion obli­ga­toire, aucune contes­ta­tion n’est plus rece­vable et le droit n’a plus de prise. Voi­là pour­quoi je parle de des­truc­tion du droit du tra­vail car, si le licen­cie­ment est abso­lu­ment libre, toutes les pres­sions occultes deviennent pos­sibles en amont et les autres règles pro­tec­trices du droit du tra­vail sont comme vidées de leur force.

    Ça fait vingt ans que le patro­nat (au début, le MEDEF s’ap­pe­lait le CNPF) demande et obtient de dimi­nuer tou­jours plus les limites au droit de licen­cie­ment en pré­ten­dant que « ça va don­ner de la flui­di­té au mar­ché du tra­vail et faci­li­ter les embauches ». Et ça fait vingt ans que le chô­mage aug­mente ! Com­bien d’années fau­dra-t-il pour admettre que c’était une arnaque erreur ? Comme argu­ment men­son­ger erro­né, on ne fait pas mieux…

    Êtes-vous donc maso­chiste, si vous êtes sala­rié, c’est-à-dire subor­don­né, pour ain­si lais­ser détruire tous les maigres rem­parts contre l’ar­bi­traire patro­nal qu’ont dure­ment gagnés nos parents, au prix par­fois de leur sang ? À pro­pos, voyez l’ex­cellent docu­men­taire « His­toire du sala­riat », sans rater l’é­poque 2, que je viens de signa­ler sur ma page ’Liens et docu­ments utiles’, ça vous pas­sion­ne­ra sans doute.

    Si les sala­riés élisent fina­le­ment Nico­las Sar­ko­zy avec un pro­gramme pareil (CNE + TCE), on pour­ra dire ensuite : « bien fait pour eux, ils l’ont vou­lu, ils l’ont eu : quand ils vont com­men­cer à bien dérouiller avec la poli­tique MEDEF-UNICE et le ren­de­ment du CAC 40 comme seule bous­sole, les sala­riés pré­ca­ri­sés et libre­ment pres­su­rés ne pour­ront s’en prendre qu’à eux-mêmes. »

    Quant à ce que je pro­pose, d’une façon plus construc­tive qu’une cri­tique, vous trou­ve­rez des idées un peu par­tout sur ce site, du forum au wiki, pour construire nous-mêmes les outils ins­ti­tu­tion­nels nous per­met­tant de résis­ter aux abus de pou­voir (de gauche comme de droite), outils que ne nous don­ne­ront jamais spon­ta­né­ment les par­tis et leurs élus.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  13. Melanie Zetaufrais

    Il y a deux ans, les 55% de Fran­çais qui ont reje­té le TCE venaient de tous les bords poli­tiques et c’est jus­te­ment parce que des gens comme toi, Etienne, ont su dépas­ser les cli­vages tra­di­tion­nels droite-gauche sur cette ques­tion que le Non l’a emporté.
    Si, à pré­sent, tu retombes dans ce cli­vage et si tu mélanges poli­tique inté­rieure et poli­tique euro­péenne, l’Eu­rope démo­cra­tique, à laquelle nous aspi­rons tous, est mal bar­rée. S’il faut cra­cher sur Sar­ko et encen­ser un(e) autre candidat(e) à la pré­si­den­tielle pour défendre l’i­dée d’une autre Europe, il est évident que les pro-Sar­ko se détour­ne­ront du com­bat européen.
    Et s’ils sont per­dus à notre cause, c’est l’Eu­rope démo­cra­tique qui est perdue.
    Il est dom­mage que les can­di­dats prin­ci­paux défendent tous (plus ou moins ouver­te­ment) le TCE. Il est clair que tous trois essaie­ront de nous refour­guer le texte (après quelques modi­fi­ca­tions mineures hypo­crites) par voie par­le­men­taire ou en orga­ni­sant des refe­ren­dum jus­qu’à ce que les Fran­çais votent dans le sens dési­ré (méthode clas­sique dans l’UE). Il nous fau­dra conti­nuer le com­bat, c’st évident.
    Si tu com­mence à divi­ser les par­ti­sans d’une autre Europe sur des points de poli­tique inté­rieure, tu por­te­ras la res­pon­sa­bi­li­té de la défaite de notre com­bat euro­péen et de ses consé­quences qui, nous le savons tous, seront très graves.
    Aux pré­si­den­tielles, tu vote­ras pour le can­di­dat de ton choix et je t’en­cou­rage à cri­ti­quer les can­di­dats qui te déplaisent avec tes amis ou sur un autre blog.
    Mais je t’en conjure : n’a­borde pas les ques­tions inté­rieures sur ton blog euro­péen si tu ne veux pas rabais­ser le com­bat pour une Europe démo­crat­qie à une vul­gaire prise de becs entre la gauche et la droite. L’Eu­rope mérite mieux, non ?
    Et sur­tout, si tu com­mences à tout mélan­ger, les défen­seurs d’une autre Europe auront l’im­pres­sion de jouer contre leur camp poli­tique en te sui­vant et/ou de défendre le camp adverse…Et du coup, ils ne te sui­vront plus.
    Ce serait pire que dommage.
    Ce serait une catas­trophe et j’ai le sens de la nuance en l’af­fir­mant. Tu ne mesures peut-être pas les consé­quences de la dérive de ton com­bat. Moi, si…

    Réponse
  14. Melanie Zetaufrais

    Ami­ca­le­ment quand même…

    Mela­nie

    Réponse
  15. Étienne

    Chère Méla­nie :o)

    OK pour le risque de dérive, admet­tons. En cas de dérive regret­table consta­tée, on peut quand même rabais­ser la dérive (objet mal nom­mé puisque cette planche lutte jus­te­ment contre la dérive) et uti­li­ser la barre pour reprendre le cap, n’est-ce pas ? Toute dérive n’est pas défi­ni­ti­ve­ment catas­tro­phique :o)

    Dif­fi­cile de déta­cher l’en­jeu ins­ti­tu­tion­nel des pro­jets de nos can­di­dats, quand même : s’ils pro­mettent de nous impo­ser par vote par­le­men­taire ce que les citoyens ont refu­sé par réfé­ren­dum, je ne regar­de­rai pas ailleurs en m’in­ter­di­sant de don­ner mon avis là-des­sus : cette ten­dance à la tyran­nie des élus (de gauche à droite en pas­sant par le centre) confirme ce que je dénonce depuis deux ans et un tel com­por­te­ment (impo­ser un « trai­té consti­tu­tion­nel » sans réfé­ren­dum) jus­ti­fie­rait car­ré­ment une insurrection.

    Déso­lé, mais je crois bien (je suis en train de m’a­per­ce­voir) que cet abus de pou­voir est ins­crit dans le génome des par­tis poli­tiques et qu’au­cun homme de par­ti ne nous sor­ti­ra jamais de ce piège, de cette pri­son poli­tique bâtie contre nous par ce qu’on peut ana­ly­ser comme de véri­tables parasites.

    Voi­là pour­quoi je consi­dère José Bové, mal­gré ses défauts (qui n’a pas de défauts ?), comme une vraie chance (fra­gile) de don­ner vie à ce que j’ap­pelle le plan C : une Consti­tu­tion d’o­ri­gine Citoyenne, qui nous pro­tège TOUS contre les abus de pou­voir, qu’ils viennent de droite comme de gauche.

    Je sens bien que José est trop à gauche pour per­mettre un ras­sem­ble­ment de toute la France, y com­pris à droite, mais je n’ai per­sonne d’autre, pour le moment, pour espé­rer faire avan­cer cette idée que je consi­dère majeure pour la sur­vie de l’es­pèce : ce n’est pas aux hommes au pou­voir à écrire eux-mêmes les limites de leur propre pou­voir, ce n’est pas aux par­le­men­taires, aux ministres ni aux juges à écrire ou modi­fier la Constitution.

    Je dis que ce que les trois ouiistes, pla­cés en tête par les médias contrô­lés par les ban­quiers, avouent nous inter­dire, direc­te­ment ou indi­rec­te­ment, José PEUT le per­mettre. Je ne suis pas sûr qu’il le fera, et je m’éloignerai s’il tra­hit lui aus­si, mais je cherche une voie concrète et cré­dible pour faire avan­cer mon idée centrale.

    De là à me dire « tu por­te­ras la res­pon­sa­bi­li­té de la défaite de notre com­bat euro­péen et de ses consé­quences », c’est un peu facile (quelle est ta propre res­pon­sa­bi­li­té ? cha­cun la sienne, non ?) et cela me donne un pou­voir que je n’ai pas : je fais au mieux comme je le sens, mais il ne faut pas oublier que je ne suis rien.

    :o)

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  16. Melanie Zetaufrais

    Tu n’es pas rien.
    Tu es – en tout cas, tu étais et je te sup­plie de conti­nuer à l’être – le ras­sem­bleur, celui der­rière qui tous ceux, de droite comme de gauche, qui veulent une Europe démo­cra­tique peuvent se ras­sem­bler pour se faire entendre. Le 29 mai 2005, nous avions gagné parce que per­sonne, aucun par­ti, n’avait pu te récu­pé­rer. Tu défen­dais haut et fort une Europe démo­cra­tique ET RIEN D’AUTRE. C’était ta force. Et 55 % des Fran­çais t’ont enten­du, ont par­ta­gé ton espé­rance et l’ont concrétisée.
    Mal­heu­reu­se­ment, si nous avons rem­por­té une bataille, la guerre n’est pas finie (je prends des accents gaul­liens, tout à coup). Nous savons qu’après les élec­tion, quel(le) que soit l’heureux(se) élu(e), il ou elle va nous res­sor­tir le TCE.
    Comme toi, je me bat­trai pour déclen­cher une insur­rec­tion si Sar­ko, Royal ou Bay­rou ou qui que ce soit nous imposent le TCE sans refe­ren­dum. Et nous pou­vons réus­sir car – tous les son­dages le prouvent – les Fran­çais sont plus nom­breux encore qu’il y a deux ans à en voir les dan­gers. Mais pour l’emporter, la condi­tion sine qua non est d’être unis et pour l’être, il faut conti­nuer à se battre pour une Europe démo­cra­tique à laquelle nous somme nom­breux à aspi­rer ET POUR RIEN D’AUTRE. Il faut dépas­ser les par­tis poli­tiques, les sen­si­bi­li­tés droite ou gauche, les pro­grammes par­ti­sans pour orien­ter tous les esprits, toutes les forces, tous les citoyens de bonne volon­té vers un objec­tif com­mun et un seul : le choix d’une Europe démo­cra­tique. Nous sommes majo­ri­taires dans ce pays à la vou­loir et nous pou­vons l’imposer même si les medias et les hommes poli­tiques au pou­voir sont contre nous. A condi­tion de ne pas être divi­sés. Et nous le serons si tu exprimes des pré­fé­rences pour un homme poli­tique ou un autre alors que son com­bat dépasse lar­ge­ment l’Europe démo­cra­tique pour laquelle NOUS nous battons.
    Tu penses que Bové est une solu­tion. D’autres croient que Le Pen ou de Vil­liers, qui après tout rejettent aus­si depuis le départ le TCE, sont une autre solu­tion. Tu vois bien que ce sont des impasses. Aucun ne peut ras­sem­bler le pays pour une Europe démo­cra­tique. Pas seule­ment parce que leurs idées sont trop extrêmes, trop ancrées à gauche ou à droite, et qu’ils ne repré­sen­te­ront jamais qu’une mino­ri­té. Mais sur­tout, parce qu’ils défendent tout un pro­jet de socié­té. Leurs pro­grammes ne se résument pas à une Europe démo­cra­tique mais à beau­coup d’autres consi­dé­ra­tions sur les­quelles le pays est divi­sé. Or, pour l’emporter, l’important est d’être unis donc de défendre l’Europe démo­cra­tique et RIEN QU’ELLE.
    Certes, Bové pro­met d’écrire une consti­tu­tion d’origine citoyenne. Cela ne l’engage pas à grand-chose. Il sait qu’il ne sera pas élu. Il n’aura donc pas l’occasion de tra­hir ses élec­teurs. Il ne fera rien avan­cer du tout et ne nous pro­té­ge­ra de rien. Au contraire. 
    En juin pro­chain, on aura un autre Pré­sident, une autre Assem­blée Natio­nale. Et le sujet du TCE, que la plu­part des can­di­dats évitent soi­gneu­se­ment d’aborder, rejailli­ra. Si tu as pris par­ti pour Bové , ceux qui ont voté pour un autre te clas­se­ront comme « par­ti­san de Bové » et tu auras per­du toute cré­di­bi­li­té à leurs yeux pour les repré­sen­ter, toute pos­si­bi­li­té de faire entendre ceux qui défendent l’idée d’une Europe démo­cra­tique MAIS qui ne se recon­naissent pas en Bové. Si encore ils ne défen­daient que cette seule idée. Mais non. Et moi, par exemple, je ne fais confiance à Bové pour rien, sur aucun plan (pour des rai­sons que je t’expliquerais ailleurs si tu veux mais, fon­da­men­ta­le­ment, on s’en fout, ce n’est pas l’objet du débat) et donc pas pour défendre l’Europe démo­cra­tique pour laquelle je me bats. Je ne sui­vrai jamais un type comme Bové. Alors que je te fais confiance à TOI. Et je ne suis pas la seule.
    J’ai l’impression que tu dérives parce que tu cherches à tout prix à trou­ver quelqu’un qui rédi­ge­ra une consti­tu­tion euro­péenne citoyenne. Ce n’est pour­tant pas l’urgence du moment. Nous aurons la pos­si­bi­li­té d’imposer aux hommes poli­tiques au pou­voir (quels qu’ils soient et seront) la rédac­tion d’une consti­tu­tion qui res­pecte les fon­de­ments démo­cra­tiques si et seule­ment si nous sommes et res­tons unis sur cette idée, si notre volon­té est farouche et inébran­lable, s’ils com­prennent que nous ne cède­rons pas, quelle que soit la cou­leur poli­tique du Pré­sident et de l’Assemblée Natio­nale. C’est la seule urgence. 
    Il fau­dra du temps, c’est clair, tenir bon. La guerre ne fait que com­men­cer et ce sera une guerre d’usure.
    Mais si notre désir d’une Europe démo­cra­tique est impé­ra­tif, s’il dépasse les cli­vages droite/gauche, s’il per­siste avec les années, si une majo­ri­té de Fran­çais de toutes les sen­si­bi­li­tés poli­tiques se retrouve dans cette idée et reste unie sur ce seul objec­tif, nous l’imposerons, n’en doute pas.
    En mai 2005, j’ai convain­cu des amis de droite et de gauche à voter Non en me basant sur tes argu­ments, en les encou­ra­geant à venir sur ton blog.
    Si à pré­sent, tu t’allies à Bové (ou à n’importe quel homme ou par­ti poli­tique) pour défendre l’Europe démo­cra­tique, seuls les 5% de Fran­çais qui par­tagent ses idées se bat­tront contre le TCE. Quel gâchis !
    Je t’en sup­plie, ne réduis pas NOTRE com­bat pour une Europe démo­cra­tique qui est juste et dépasse de très loin les enjeux de poli­tique inté­rieure à une lutte par­ti­sane qui ne mobi­li­se­ra per­sonne. L’enjeu est trop grave. 
    Amicalement

    Réponse
  17. Melanie Zetaufrais

    Tu me demandes quelle est ma res­pon­sa­bi­li­té dans cette affaire. J’y ai réflé­chi. Elle est peut-être là, je le dis en toute humi­li­té : t’exhorter à recen­trer le débat sur l’essentiel, sans te lais­ser récu­pé­rer, pour t’empêcher d’aller dans le mur. Si j’échoue, l’Europe démo­cra­tique que nous défen­dons est foutue.

    Il faut nous battre pour défendre l’idée d’une Europe démo­cra­tique ET RIEN D’AUTRE. Nous vou­lons que tous les pre­neurs de déci­sions en Europe soient des hommes et des femmes ELUS, qu’ils aient des comptes à rendre aux peuples et qu’ils puissent être évin­cés de la scène tous les 5 ans si les poli­tiques menées se révèlent mauvaises.
    C’est un fon­de­ment démo­cra­tique et je n’imagine per­sonne être contre.

    Si la consti­tu­tion euro­péenne res­pecte ce prin­cipe démo­cra­tique de base, on adhère. Sinon, on la rejette et on conti­nue le com­bat. Point barre. Elle peut faire dix lignes.

    Une fois qu’elle sera adop­tée, il sera tou­jours temps tous les 5 ans de dis­cu­ter des poli­tiques à mener à l’intérieur de l’UE.

    Si nous nous bat­tons der­rière toi sur cette seule idée, l’adhésion du pays sera totale et il sera facile de résis­ter mal­gré la pres­sion des medias et des res­pon­sables poli­tiques, mal­gré les années, parce que c’est le mini­mum que des citoyens sont en droit d’exiger.

    Si tu défends sur ce blog l’Europe démo­cra­tique, tu repré­sen­te­ras une écra­sante majo­ri­té, les gens se recon­naî­tront en toi et se bat­tront à tes côtés. Et nous l’emporterons, je n’en doute pas un instant.

    Mais si main­te­nant, tu te bats pour faire adop­ter une consti­tu­tion démo­cra­tique ET telle ou telle poli­tique, c’est mort.

    Si les gens ont l’impression que pour défendre une Europe démo­cra­tique, il faut du coup adhé­rer aux com­bats de Bové ou de Tar­tem­pion , reje­ter Sar­ko ou Machin, être pour ou contre telle ou telle poli­tique, si ton blog devient un fourre-tout, ils se divi­se­ront, bien évi­dem­ment. Tu ne seras plus le porte-parole de l’Europe démo­cra­tique mais d’un par­ti ou d’un mou­ve­ment et on se met­tra à dis­cu­ter de points mineurs, per­sonne ne sera d’accord, notre com­bat par­ti­ra en couilles et les tenants du Oui au TCE auront gagné. Si nous nous divi­sons, ils nous impo­se­ront leur dic­ta­ture technocratique.

    Pour res­ter unis, condi­tion sine qua non pour être vic­to­rieux, il faut se battre sur des prin­cipes aux­quels tout le monde ne peut qu’adhérer et exclure tous les points qui risquent de pro­vo­quer des divergences.

    Et tout le monde sou­haite une Europe démo­cra­tique où les pou­voirs sont confiés à des élus et non à des tech­no­crates qui savent mieux que nous ce qui est bien pour nous et que per­sonne ne peut arrêter.

    J’espère arri­ver à te convaincre. Il y a deux ans, tout le monde s’est retrou­vé dans tes pro­pos parce que tu étais hors par­tis. Tu ne fai­sais que dénon­cer le TCE, le dan­ger qu’il repré­sen­tait pour la démo­cra­tie. Nous sommes tous vis­cé­ra­le­ment atta­chés à la démo­cra­tie et, quelle que soit notre sen­si­bi­li­té poli­tique, nous t’avons sui­vi en masse. Pour l’emporter vrai­ment, pour mettre défi­ni­ti­ve­ment au tapis le TCE et cette Europe tech­no­cra­tique qu’on veut nous impo­ser, il faut l’adhésion de tous et donc conti­nuer à se battre sur la seule idée d’une Europe démocratique. 

    Ce que tu as pro­vo­qué il y a deux ans, c’est une prise de conscience majeure au sein de l’Eu­rope : le désir d’une Europe démo­cra­ti­quee, un sou­lè­ve­ment pour la défendre. C’est énorme et c’est en cela que tu n’es pas rien. Si tu veux lier d’autres causes à ce com­bat essen­tiel, l’Eu­rope démo­cra­tique est condam­née avant même d’exister.

    Ami­ca­le­ment

    Réponse
  18. j-jour

    Méla­nie Zetaufrais,

    Vous écri­vez : « Le 29 mai 2005, nous avions gagné parce que per­sonne, aucun par­ti, n’avait pu te récu­pé­rer. Tu défen­dais haut et fort une Europe démo­cra­tique ET RIEN D’AUTRE. C’était ta force. Et 55 % des Fran­çais t’ont enten­du, ont par­ta­gé ton espé­rance et l’ont concrétisée.(…)

    C’est, à mon avis, prê­ter une trop grande influence à Étienne, bien que la sienne fut loin d’être négli­gable, j’au­rais du mal à dire le contraire étant une des « influencées. »
    Il ne faut pas igno­rer, dans les 55%, la pro­por­tion de ceux qui n’ont pas voté NON sur les bases défen­dues par Étienne, loin de là.

    Vous écri­vez : « Mal­heu­reu­se­ment, si nous avons rem­por­té une bataille, la guerre n’est pas finie (je prends des accents gaul­liens, tout à coup). Nous savons qu’après les élec­tion, quel(le) que soit l’heureux(se) élu(e), il ou elle va nous res­sor­tir le TCE. »(…)

    Jus­te­ment, j’ai bien l’in­ten­tion per­son­nel­le­ment de ne pas com­men­cer à por­ter ou confor­ter une nou­velle fois au pou­voir ceux qui nous disent dès aujourd’­hui, dans leur pro­jet de gou­ver­ne­ment, qu’ils envi­sagent de nous le res­sor­tir le TCE. Ça serait quand même quelque peu dépas­ser l’en­ten­de­ment d’être la pre­mière à les aider à mettre à exé­cu­tion ce que je désapprouve.

    Vous écri­vez :« Il faut nous battre pour défendre l’idée d’une Europe démo­cra­tique ET RIEN D’AUTRE. Nous vou­lons que tous les pre­neurs de déci­sions en Europe soient des hommes et des femmes ÉLUS, qu’ils aient des comptes à rendre aux peuples et qu’ils puissent être évin­cés de la scène tous les 5 ans si les poli­tiques menées se révèlent mau­vaises. C’est un fon­de­ment démo­cra­tique et je n’imagine per­sonne être contre. »(…)

    « Et tout le monde sou­haite une Europe démo­cra­tique où les pou­voirs sont confiés à des élus et non à des tech­no­crates qui savent mieux que nous ce qui est bien pour nous et que per­sonne ne peut arrêter. »(…)

    Si c’é­tait vrai, nous ne serions peut-être pas sur ce forum.
    Car ou tout le monde, comme vous dites, sou­haite une Europe démo­cra­tique, et on se demande bien pour­quoi nous nous retrou­vons jus­te­ment dans une Europe qui ne l’est pas, et qui plus est, a failli l’être encore moins, si tant est qu’il y ait des degrés.

    Ou tout le monde ne le sou­haite pas, et il s’a­git de com­prendre quelles sont les forces qui jus­te­ment agissent comme un obs­tacle à cette volon­té de démo­cra­tie, quels sont ces inté­rêts qui sont bien défen­dus quelque part, par des indi­vi­dus, des orga­ni­sa­tions, et les dénoncer.

    Vous dites : « Comme toi, je me bat­trai pour déclen­cher une insur­rec­tion si Sar­ko, Royal ou Bay­rou ou qui que ce soit nous imposent le TCE sans referendum. »(…)

    Vous êtes bien opti­miste, de pen­ser, après n’a­voir rien fait pour empê­cher ces gens-là d’être confor­tés dans leur posi­tion, que ceux-ci ne vont pas conti­nuer, par des moyens plus ou moins sub­tils, à rendre encore plus dif­fi­cile l’op­po­si­tion à ce pour quoi ils auront été mandatés.

    Très cor­dia­le­ment

    Réponse
  19. cooli

    Sur la même lon­gueur d’onde que j‑jour, c’est à Étienne de le cla­ri­fier, mais je pense que depuis le réfé­ren­dum sur le TCE, le débat qu’É­tienne essaye de por­ter s’est dépla­cé et est désor­mais plus vaste que la seule consti­tu­tion européenne.
    En effet, si on en est arri­vé à la situa­tion actuelle, c’est aus­si à cause de la consti­tu­tion fran­çaise et notre sys­tème poli­tique actuel.

    Si nous n’es­sayons pas de faire por­ter notre voix/vote à chaque fois que le sys­tème nous le per­met (mal­heu­reu­se­ment, seule­ment à chaque élec­tion), rien ne sert de se battre…

    À vrai dire, je pré­fé­rais voter pour Étienne direc­te­ment que pour José Bové.
    Je ne peux me résoudre à voter pour Sar­ko et Ségo­lène, vu qu’ils ne pro­mettent aucun vrai chan­ge­ment sur la ques­tion de fond qu’É­tienne sou­lève. Je suis bien conscient que tous les autres can­di­dats n’ont qua­si­ment aucune chance de pas­ser au 2ème tour.

    Étienne, avant de se pro­non­cer déjà pour un can­di­dat (comme José Bové), pour­rait-on ensemble (sur la base des infos de ce site) pro­po­ser un ques­tion­naire à tous les can­di­dats sur leur opi­nions et ce qu’ils comptent faire sur les sujets qui nous sont essen­tiel (consti­tu­tion, RIP, ave­nir du TCE, …) ?

    Réponse
  20. Étienne

    Chère Méla­nie,

    Tu es gen­tille avec moi (trop ?), mais remarque que tu fais de moi une icône, figée, et que ça res­semble, sans que tu l’aies vou­lu, sans doute, à une pri­son intel­lec­tuelle, une belle pho­to à gar­der intacte à la place d’un film à écrire.

    Or, je suis un élec­tron libre, très en pro­fon­deur, et je le res­te­rai sans doute, mal­gré les ami­cales pres­sions comme la tienne ; ça fait par­tie du bon­homme, par­donne-moi :o)

    Ceci dit, je com­prends ta crainte, qui est aus­si la mienne, et j’essaie d’éviter ces obs­tacles, comme je peux.

    Si tu y prêtes atten­tion, tu ver­ras que, — même si tu peux aus­si les clas­ser dans la rubrique « poli­tique inté­rieure » qui te paraît ici hors sujet —, tous les liens et docu­ments que je signale, tous les textes que je relaie, tous les actes que je loue et tous ceux que je dénonce, toutes ces infos que je retiens dans l’actualité du monde 1) sont d’origines variées (de gauche à droite) et 2) sont tou­jours liées à mon idée force, cen­trale, qui est deve­nue ma thèse à moi : ce qui fait que les hommes ont à subir des abus de pou­voir tient aux auteurs des règles cen­sées limi­ter les pou­voirs : si ces auteurs sont juges et par­ties (ce qui a tou­jours été le cas, à ma connais­sance, jusqu’ici), c’est cuit : les citoyens sont alors jetés dans une sorte de pri­son poli­tique qui ne dit pas son nom et on est pas­sé du « droit des peuples à dis­po­ser d’eux-mêmes » au « droit des élus à dis­po­ser des peuples ».

    Je cherche dans les his­toires humaines, pas­sées et pré­sentes, ce qui peut me confir­mer dans mon intui­tion et, si je trouve une contra­dic­tion forte, je véri­fie qu’elle est vrai­ment forte avant d’infléchir ma thèse…

    Ce que je peux dire, c’est que la Consti­tu­tion à laquelle je tra­vaille ser­vi­ra à tous les niveaux, natio­nal ou inter­na­tio­nal, et pro­tè­ge­ra autant les citoyens de gauche, que ceux du centre ou que ceux de droite contre TOUS les abus de pouvoirs.

    Tu sembles ne plus pen­ser qu’à l’Eu­rope, mais moi, je cherche encore le bon niveau pour pro­té­ger les hommes contre leurs repré­sen­tants poli­tiques, que je découvre depuis deux ans comme extrê­me­ment dangereux.

    Et je ne suis pas sûr que l’Eu­rope soit le meilleur cadre pour atteindre cet objec­tif d’é­man­ci­pa­tion, tant que nous sommes muse­lés au niveau national.

    Autre­ment dit, dans l’ordre, je trouve plus facile de reprendre le contrôle des pou­voirs en France, alors que reprendre le contrôle des pou­voirs dans l’U­nion euro­péenne me paraît aujourd’hui hors de por­tée, tant le sys­tème est bien en place, tota­le­ment ver­rouillé (et pourri).

    Je ne « m’al­lie » pas à Bové (même si j’aime bien l’homme que je découvre petit à petit : voir ce bon article sur Ago­ra­vox : « José Bové, non-vio­lence et résis­tance », http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​1​9​016) : je crois qu’il peut nous aider à nous éman­ci­per des par­tis ; alors, je lui parle pour qu’il com­prenne à la fois cette aspi­ra­tion à une Consti­tu­tion hon­nête et le seul moyen d’y par­ve­nir : une Assem­blée Consti­tuante tirée au sort et sur­tout pas élue.

    Il n’y avait pas pen­sé avant (presque per­sonne n’y avait pen­sé sérieu­se­ment, appa­rem­ment) et il faut lais­ser un peu de temps aux graines pour ger­mer :o)

    Et puis tu sais, ceux qui me rédui­ront plus tard à un par­ti­san de untel ou de tel autre auront sur­tout envie de me réduire à une éti­quette comme ils font avec tout le monde pour évi­ter d’ar­gu­men­ter libre­ment et hon­nê­te­ment. Mais doit-on se renier et se taire pour ne pas don­ner d’armes aux hommes de mau­vaise foi qui trouvent de toutes façons des armes par­tout, bonnes ou mauvaises ?

    Je crois te com­prendre, mais tu me demandes trop quand tu exiges que je reste seul et que je n’échange pas avec un homme libre et connu qui pour­rait nous aider concrè­te­ment à progresser.

    De toutes façons, je te dois un chaud mer­ci pour ton ana­lyse utile et bienveillante.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  21. Étienne

    Cher (chère ?) cooli,

    Est-ce que le tableau de com­pa­rai­son des pro­jets consti­tuants des can­di­dats à l’é­lec­tion pré­si­den­tielle de 2007 en France (ver­sion RTF ou ver­sion XLS) que je pro­pose sur la page d’ac­cueil du site ne ferait pas une bonne base pour créer le ques­tion­naire dont tu parles ?

    Mais j’ai un pro­blème : je suis com­plè­te­ment débor­dé et la barque menace nau­frage :o) Il faut m’ai­der :o)

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  22. philippe magdelenat

    je par­tage l’a­vis de Méla­nie sur le fait de se réfé­rer à mr Bové.

    La consti­tu­tion de 1958 per­met une sta­bi­li­té mais laisse de côté des mil­lions de citoyens non repré­sen­tés à l’AN

    la sup­pres­sion de l’ar­ticle 49–3 n’y chan­ge­ra rien

    que pro­po­sez vous pour que tout citoyen se recon­naisse dans l’assemblée ?

    Réponse
  23. Laurent_K

    S’il y avait à choi­sir un élé­ment à mettre en avant pour que tout citoyen se recon­naisse dans l’as­sem­blée, ce serait selon moi le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive populaire.

    D’une part cela per­met­trait de moti­ver nos repré­sen­tants à l’As­sem­blée natio­nale pour qu’ils ne se retrouvent pas dou­blés voire désa­voués par leurs élec­teurs, d’autre part, cela évi­te­rait que les conflits ne se règlent dans la rue (cf l’exemple du CPE ou de l’é­cole libre).

    En ce qui concerne le choix de José Bové par Etienne, je reste scep­tique. Quoi­qu’on pense du per­son­nage de José Bové, il n’a aucune chance de pas­ser et ses pro­messes res­te­ront donc lettre morte. L’i­dée de pous­ser tous les can­di­dats à se pro­non­cer sur les fon­da­men­taux de la démo­cra­tie comme l’a fait Nico­las Hulot pour l’é­co­lo­gie me paraît plus effi­cace. Je doute que nous ayons le même sup­port média­tique que lui toutefois… 😉

    C’est pour­quoi il faut agir de manière à frap­per les esprits d’une phrase ou deux pour faire pas­ser le mes­sage. Nous pour­rions effec­ti­ve­ment uti­li­ser le ques­tion­naire d’E­tienne mais en le rema­niant un peu pour le rendre plus sexy auprès des médias. Je ver­rais bien un sys­tème éta­blis­sant une note glo­bale de démo­cra­tie pour chaque can­di­dat en fonc­tion de ses réponses. Ca par­le­rait faci­le­ment aux médias et per­met­trait de faire un peu de bruit sur des ques­tions plus impor­tantes que la taille de Sar­ko­zy face à Bush ou les néo­lo­gismes de Ségolène.

    Réponse
  24. Étienne

    Bon­soir Phi­lippe :o)

    Vous me deman­dez : « que pro­po­sez-vous pour que tout citoyen se recon­naisse dans l’assemblée ? »

    Je com­mence à pen­ser que l’é­lec­tion porte dans son génome le choix aris­to­cra­tique, la for­ma­tion d’une caste poli­ti­cienne qui nous prend la parole et le pou­voir sans nous les rendre jamais, la cor­rup­tion des élus via la cam­pagne élec­to­rale finan­cée par des phi­lan­thropes qui exigent des retours d’as­cen­seurs entre deux élec­tions, le règne des par­tis (et de leurs chefs) seuls capables de gagner une cam­pagne élec­to­rale, etc. fata­le­ment l’éloignement des élus du peuple qu’ils repré­sentent et, fina­le­ment, la décep­tion / frus­tra­tion des citoyens déconfits.

    Je vous laisse lire « Le cri­mi­nel, c’est l’électeur », ça remue : http://​rafo​rum​.info/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​3​947.

    Pour­tant, le plus grand nombre n’est sûre­ment pas prêt à renon­cer à ce « pou­voir », tout creux qu’il ait été ren­du, que donne le suf­frage uni­ver­sel même aux plus pauvres.

    Aus­si, je trouve très sédui­sante l’idée d’un sys­tème à deux chambres dont l’une est élue (sur un pro­gramme), exac­te­ment comme l’Assemblée natio­nale actuelle, dis­cute et écrit les lois, et l’autre est tirée au sort, par­mi les citoyens volon­taires, pro­cé­dé de dési­gna­tion qui laisse leur chance aux hommes libres (de tout enga­ge­ment par­ti­san) de par­ti­ci­per libre­ment à la vie de la cité, sans consi­dé­ra­tion de richesse, d’âge, de sexe, de reli­gion, de race, de dis­ci­pline de par­ti, etc.

    Cette Chambre des Citoyens nous res­sem­ble­rait (par la loi des grands nombres) et elle nous repré­sen­te­rait en accep­tant (ou pas !) les lois écrites par l’AN : pour deve­nir appli­cable, une loi devrait d’abord être lue et com­prise par la Chambre des Citoyens et accep­tée par elle. Donc, seules pas­se­raient les lois 1) lisibles et 2) évi­dem­ment conformes à l’intérêt général.

    Les tirés au sort pour­raient conti­nuer à tra­vailler et sié­ger à temps par­tiel (au rythme de leur choix), leur man­dat serait court (2 ans) et un sta­tut pro­tè­ge­rait leur retour à la vie normale.

    Le tirage au sort est à la fois éga­li­taire (équi­table) et incor­rup­tible. Quant au risque de dési­gner des incom­pé­tents, on ne désigne pas des citoyens iso­lés mais des groupes : le risque de dési­gner un grand nombre d’affreux ou d’incompétents est lar­ge­ment théo­rique. Des méca­nismes de révo­ca­tion interne à une très forte majo­ri­té per­mettent à l’assemblée de récu­ser un tiré au sort mani­fes­te­ment inapte ou dangereux.

    Comme le sou­ligne Mon­tes­quieu, c’est la com­bi­nai­son entre le volon­ta­riat et le contrôle sévère des repré­sen­tants tirés au sort (par d’autres jurys, eux aus­si tirés au sort), qui fait que les volon­taires sont peu nom­breux et bien moti­vés et que le tirage au sort est alors beau­coup moins dan­ge­reux qu’il n’y paraît au pre­mier abord, beau­coup moins dan­ge­reux pour nous tous, com­pa­ra­ti­ve­ment, que le sys­tème actuel de l’é­lec­tion sans aucun contrôle des élus entre deux élec­tions et sans pos­si­bi­li­té de choi­sir nous-mêmes les candidats.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  25. cooli

    Bon­jour a tous !

    Le tra­vail et débat sur un plan C pour une meilleure consti­tu­tion et démo­cra­tie est déjà bien avan­cé grace au site d’Etienne.

    La deuxième étape impor­tante et même urgente, c’est de le faire entendre, de le média­ti­ser, de le por­ter sur la place publique.

    Une bonne idée/proposition est inutile si elle n’est pas connu par le grand nombre afin de faire pres­sion sur les futurs poli­ti­ciens au pouvoir.

    Le message/cri d’a­larme d’E­tienne sur le TCE a eu un impact par l’in­ter­mé­diaire d’in­ter­net, des chaines d’email, …

    Quelles stra­té­gie pour influen­cer l’é­lec­tion pré­si­den­tielle (au moins le débat et pro­gramme des can­di­dats principaux) ?

    Quelques idées qui me passent par la tete :
    – une lettre claire et directe a tous les can­di­dats leur deman­dant leur avis/programme sur nos ques­tions clefs (pour­quoi pas ne pas la faire signer par tous les per­sonnes qui se sentent concer­ner par le recul démocratique?)
    – une page inter­net, éva­luant, de manière claire et frap­pante, tous les can­di­dats sur ces ques­tions (un bon sup­port a distribuer/ com­mu­ni­quer par email/blog pour infor­mer, convaincre, réveiller amis, famille et autres sur ce débat).

    Ami­ca­le­ment de Taiwan,
    Olivier/cooli.

    Réponse
  26. philippe magdelenat

    Etienne,

    mer­ci pour les liens que je vais m’empresser de lire

    en ce qui concerne l’as­sem­blée des citoyens tirée au sort, elle étu­die­rait les textes votés par l’as­sem­blée élue.…et devrait les accep­ter pour qu’ils soient promulgués !

    mais étant com­po­sée de répré­sen­tant tirés au sort , ne risque t il pas d’y avoir des pro­blèmes d’ins­ta­bi­li­té étant don­né qu’il sera dif­fi­cile de trou­ver une majorité.…les accords se fai­sant texte par texte .….

    pré­vois tu une sorte de CMP (com­mis­sion mixte pari­taire ) comme dans la consti­tu­tion de 1958 pour sor­tir des impasses qui seront sans doute très fréquentes ?

    bien cor­dia­le­ment

    Réponse
  27. j-jour

    Bon­jour,

    Concer­nant la dési­gna­tion par tirage au sort, j’ai un doute sur l’in­cor­rup­ti­bi­li­té pré­sup­po­sée des désignés.
    Ne pen­sez-vous pas qu’il serait tou­jours lar­ge­ment pos­sible à des groupes de pression
    puis­sants et sans scru­pules de noyauter
    les per­sonnes tirées au sort pour les « téléguider » ?

    Très cor­dia­le­ment.

    Réponse
  28. Melanie Zetaufrais

    J‑Jour

    Quand j’affirme que « tout le monde sou­haite une Europe démo­cra­tique », j’exclus évi­dem­ment de ce « tout le monde » la mino­ri­té qui détient le pou­voir en Europe actuel­le­ment les Tri­chet et Cie qui mènent des poli­tiques absurdes et les tech­no­crates qui imposent aux peuples des déci­sions catas­tro­phiques sans avoir été man­da­tés par les citoyens pour le faire. Je par­lais bien sûr des peuples. Mais vous avez rai­son, les évi­dences, il vaut mieux les rap­pe­ler pour évi­ter les malentendus.

    Pour ma part, je pense que l’Europe n’est pas démo­cra­tique – alors que la plu­part des pays qui la com­posent le sont – à cause de l’histoire de sa construction.

    Si ces fon­da­teurs cares­saient dès le départ l’espoir d’une Europe poli­tique (qu’ils n’imaginaient sans doute pas autre­ment que démo­cra­tique), de fait, les pre­miers trai­tés euro­péens concer­naient prin­ci­pa­le­ment des accord com­mer­ciaux et indus­triels. Per­sonne n’avait l’idée d’organiser des élec­tions pour signer des accords sur des rap­pro­che­ments de branches, de sec­teurs indus­triels. C’était assez tech­nique et on avait sur­tout besoin de juristes, de spécialistes.

    Puis on a mis sur pieds la pre­mière poli­tique euro­péenne d’envergure : la Poli­tique Agri­cole Com­mune. Et là encore, les pro­blèmes sou­le­vés étaient très tech­niques (com­ment har­mo­ni­ser les prix agri­coles euro­péens alors que les mon­naies étaient natio­nales et se déva­luaient ou s’appréciaient régu­liè­re­ment les unes par rap­port aux autres ? D’où les Mon­tants Com­pen­sa­toires, etc…).

    Par la suite, petit à petit, on a libé­ré les échanges des biens, des capi­taux et des hommes. Et pour les sim­pli­fier, on a fait le choix d’une mon­naie com­mune et donc d’une poli­tique moné­taire commune. 

    Et là le dan­ger de la dic­ta­ture tech­no­cra­tique au sein de l’Europe est appa­ru. Il était peut-être logique au départ de ne pas deman­der l’avis des peuples pour signer des accords com­mer­ciaux ou indus­triels et pour trou­ver le moyen d’harmoniser les prix agri­coles mais une poli­tique moné­taire, quelle qu’elle soit, a des consé­quences sur les taux d’intérêt, par exemple, donc sur les pos­si­bi­li­tés d’investissements, d’acquisition de loge­ments ou même de consom­ma­tion. Et donc sur la vie des gens. 
    Et à par­tir de ce moment-là, confier cette poli­tique à des tech­no­crates non élus n’est plus tolérable. 

    Et main­te­nant, on arrive à l’étape fon­da­men­tale d’une Europe politique.
    La ten­ta­tion est grande pour les tech­no­crates qui ont orga­ni­sé l’Europe de conti­nuer à avan­cer comme ils l’ont tou­jours fait, au mieux selon leurs seuls cri­tères, et sans deman­der l’avis des peuples. Et lorsqu’on lit le texte du TCE, on se rend compte qu’il est très tech­nique et res­semble plus à un contrat indus­triel qu’à un trai­té politique.

    Mais bref, l’histoire de l’Union Euro­péenne explique pour­quoi on en est là.

    Et pour­quoi si on ne fait rien, on va se retrou­ver dans une dic­ta­ture tech­no­cra­tique dans laquelle nous n’auront qu’un droit : celui de nous taire.

    J’ai la cer­ti­tude que défendre l’idée simple forte, juste et légi­time d’une Europe démo­cra­tique com­po­sée d’élus ne peut que sou­le­ver les peuples – fran­çais et euro­péens – parce que tous aspirent à la démo­cra­tie, se sont bat­tus pour l’obtenir, l’ont obte­nue et ne se lais­se­ront pas spo­lier de ce droit fon­da­men­tal à dis­po­ser d’eux-mêmes. A condi­tion que quelqu’un leur fasse prendre conscience du dan­ger, leur montre le che­min et les entraîne.

    Mais si seuls des extrêmes dénoncent la situa­tion, c’est foutu.

    Et après avoir lu la réponse d’Etienne à mes mes­sages d’hier, non seule­ment je suis loin d’être opti­miste sur le sujet mais mon pes­si­misme est total. Pour tout vous dire, je suis accablée.

    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  29. Melanie Zetaufrais

    Etienne,

    Je suis pro­fon­dé­ment déçue.

    Comme je l’avais craint en reve­nant la semaine der­nière sur ce blog, l’Europe démo­cra­tique n’est plus ta prio­ri­té. A pré­sent, tu t’intéresses prin­ci­pa­le­ment à l’étude des ori­gines des abus de pou­voirs dans l’espoir de par­ve­nir à les limi­ter voire à les supprimer. 
    C’est ton droit et bien évi­dem­ment, je res­pecte ta liber­té et ton choix.

    Mais l’Europe démo­cra­tique est morte. Cela me fait mal au cœur de l’écrire mais pas besoin d’être medium pour le voir.

    Dans six mois, quand le nou­veau pré­sident nous res­sor­ti­ra le TCE, les 55 % de Fran­çais qui avaient reje­té le TCE il y a 2 ans – et beau­coup d’autres – vont se recon­nec­ter en masse sur ton blog pour reprendre le combat.

    Ils vont rapi­de­ment se rendre compte que pour toi, l’Europe démo­cra­tique est pas­sée au deuxième plan. Pre­mière claque…. 
    Et que ton blog est deve­nu une tri­bune poli­tique par­ti­sane où des mul­tiples sujets non euro­péens – qui auront été abor­dés pen­dant la cam­pagne pré­si­den­tielle et légis­la­tive (et dont ils seront satu­rés jusqu’à la nau­sée) – tiennent la place cen­trale. Deuxième claque… 
    Et que tu as été récu­pé­ré par un homme qui, le jour même où il a annon­cé sa can­di­da­ture à la Pré­si­den­tielle, avait décla­ré qu’il deman­de­rait à ses élec­teurs de voter Royal au 2ème tour, Royal qui s’est pro­non­cée depuis le début en faveur du TCE et qui a la ferme inten­tion de nous l’imposer si elle est élue. Troi­sième claque.

    Débous­so­lée, cette majo­ri­té de Fran­çais va cher­cher un autre point de ras­sem­ble­ment pour conti­nuer la lutte contre le TCE. Et va s’apercevoir que sur cette ques­tion pour­tant cru­ciale pour tous les citoyens, seuls les extrêmes occupent le ter­rain, des extrêmes dans les­quels la plu­part d’entre eux ne se recon­naissent pas. Qua­trième claque.

    On peut ima­gi­ner qu’un autre homme hors par­tis reprenne le flam­beau. Mais qui ? Et qui croi­ra, à pré­sent, qu’il ne sera pas lui aus­si rapi­de­ment récu­pé­ré par un des par­tis extrê­mistes ou qu’il n’opère pas déjà pour leur compte ? Chat échau­dé craint l’eau froide et ce nou­vel homme, s’il appa­raît, aura bien du mal à être cré­dible et plus encore à s’imposer.

    En face, le camp des défen­seurs du TCE nous bran­di­ra en rangs ser­rés ses arguments :

    - Il n’y a tou­jours pas de plan B. 

    - Chi­rac et Raf­fa­rin n’étant plus au pou­voir, il n’y a plus de rai­son d’exprimer un vote contestataire.

    - On a dépla­cé trois vir­gules dans le texte ori­gi­nal pour que cha­cun puisse sau­ver la face.

    - Peut-on conti­nuer à refu­ser la main ten­due de nos par­te­naires euro­péens qui sont nos amis, nos frères, et qui veulent bâtir avec nous une Union Euro­péenne forte qui nous per­met­tra de rele­ver les défis éco­no­miques et poli­tiques du 21ème siècle ?

    - L’Europe du TCE est la seule Europe pos­sible. Tout autre pro­jet est uto­pique, irréa­li­sable et extrême.

    Dans ce contexte, le nou­veau Chef de l’Etat aura un bou­le­vard qu’il n’osait espé­rer. Il va se dépê­cher de sou­mettre le TCE, modi­fié sur des points mineurs pour faire bonne figure, au Parlement.

    Avec une reven­di­ca­tion simple, forte, légi­time et juste comme le sou­hait d’une Europe démo­cra­tique où les pre­neurs de déci­sions sont des élus, on pou­vait sou­le­ver le pays, ral­lier à notre cause la majo­ri­té des peuples euro­péens et mettre au tapis la dic­ta­ture tech­no­cra­tique euro­péenne. On l’aurait empor­té. Tous les peuples aspirent à la démo­cra­tie.

    Mais si le mes­sage ini­tial est brouillé par des consi­dé­ra­tions par­ti­sanes et extrêmes, s’il s’agit à pré­sent de défendre aus­si le pro­gramme de Bové, de bri­ser les indus­triels et les ban­quiers, de chan­ger la socié­té, etc… toute ten­ta­tive d’insurrection devient risible. Seuls les par­tis d’extrême-gauche et d’extrême-droite défi­le­ront dans la rue, confor­tant l’opinion dans l’idée qu’une Europe démo­cra­tique est un pro­jet d’extrêmes. Génial.

    La nou­velles Assem­blée Natio­nale adop­te­ra le TCE avec une écra­sante majorité. 

    Pire. Si un refe­ren­dum est orga­ni­sé, seuls les extrêmes défen­dront le Non. Les élec­teurs qui ne se recon­naissent ni dans l’extrême-droite ni dans l’extrême-gauche (et ils sont majo­ri­taires dans ce pays) et qui n’auront plus per­sonne d’autre pour se faire entendre se lais­se­ront convaincre que l’Europe du TCE est la seule pos­sible. Il n’y aura plus per­sonne de cré­dible à leurs yeux pour pré­tendre le contraire. Formidable.

    L’Europe démo­cra­tique sera envoyée à la pou­belle comme un pétard mouillé.

    Bon. Il ne me reste plus qu’à tirer ma révé­rence. Je n’ai plus rien à faire sur ce blog. Bové n’est pas ma tasse de thé. Si l’envie me pre­nait de cra­cher sur Sar­ko, il existe plein de blogs et de forums très ani­més sur les­quels je peux aller me défou­ler. Quant au nou­veau sujet de ta réflexion, il est pas­sion­nant (je le dis avec sin­cé­ri­té) et m’aurait pas­sion­née si tu le trai­tais avec objec­ti­vi­té. Mais en par­cou­rant ton jour­nal, je me rends compte que tu as déjà dési­gné les responsables/coupables et que tes recherches visent prin­ci­pa­le­ment à te confor­ter dans cette opi­nion et tes a prio­ri. Du coup, je l’avoue, te lire m’intéresse beau­coup moins. Tu vois, je ne suis pas gen­tille, juste sin­cère … et catastrophée.

    Par­donne-moi, Etienne, mais je me sens trahie.

    Qu’elle était belle notre révolution ! 
    Qu’elle était belle notre Europe démocratique !

    Réponse
  30. Étienne

    Chère Méla­nie,

    Je crois que tu attends de moi l’impossible. Com­ment veux-tu que je reste toute ma vie sur une seule et même idée simple, même excel­lente, sans réagir quo­ti­dien­ne­ment aux mul­tiples abus de pou­voirs (qui confirment l’idée en ques­tion ou la font évo­luer) et sans connec­ter toutes ces idées entre elles pour mieux arti­cu­ler ma thèse centrale ?

    En plus, par­donne-moi, mais la façon dont tu pré­sentes l’idée simple qui est, à tes yeux, la plus impor­tante ne cor­res­pond pas tout à fait à ma propre vision de ce qui est le plus impor­tant : tu sou­haites « une Europe démo­cra­tique où les pre­neurs de déci­sions sont tous des élus » et tu vou­drais t’en tenir là.

    Mais ça ne suf­fit pas du tout : à l’é­vi­dence, les élus peuvent être (par­fois) des men­teurs et des voleurs. Ce qui compte, c’est le contrôle des pou­voirs, un vrai contrôle, de tous les pou­voirs, à tout moment et à tout pro­pos, et ces contrôles ne peuvent en aucun cas être ins­ti­tués (pour nous pro­té­ger des abus) si ceux qui écrivent les règles supé­rieures, — la Consti­tu­tion —, sont ceux-là mêmes qui vont prendre ensuite le pou­voir (ou leurs amis).

    La stricte sépa­ra­tion du pou­voir consti­tuant des pou­voirs consti­tués me paraît donc une bien meilleure garan­tie de démo­cra­tie véri­table, aus­si bien en France qu’en Europe (ou ailleurs), et ça, je l’ai décou­vert pro­gres­si­ve­ment pen­dant ces deux der­nières années : au début, je croyais qu’il suf­fi­sait de rendre les élus consti­tuants inéli­gibles aux fonc­tions qu’ils ins­ti­tuent eux-mêmes pour nous garan­tir qu’ils n’écrivent pas des règles pour eux-mêmes.

    Mais j’ai réa­li­sé depuis qu’une assem­blée consti­tuante élue va for­cé­ment être com­po­sée de membres choi­sis par les par­tis (via les com­mis­sions d’investiture avant la cam­pagne élec­to­rale) et que, même inéli­gibles, ce seront sans doute des com­plices (donc des hommes de pou­voir, en situa­tion de conflit d’in­té­rêt dans le pro­ces­sus consti­tuant) et rien ne pour­ra donc chan­ger avec une assem­blée consti­tuante élue : les citoyens res­te­ront poli­ti­que­ment impuis­sants, pour les mêmes rai­sons qu’actuellement.

    Non, la seule façon de nous pro­té­ger des manœuvres des hommes de pou­voir (manœuvres pour le gar­der et ne jamais nous le rendre), c’est de dési­gner l’assemblée consti­tuante par tirage au sort.

    Ceci vaut pour la France et, Méla­nie, cela vaut pour l’Europe. Je n’ai pas l’impression de m’être éloi­gné de ton objec­tif fon­da­men­tal, au contraire : il me semble qu’on se bagarre tou­jours tous les deux pour la même chose. Mais il y a peut-être une étape de ma réflexion que tu n’as pas sui­vie et qui t’a don­né l’impression que je m’éloignais. Il n’en est rien.

    On ne pour­ra jamais construire un Europe vrai­ment démo­cra­tique, c’est-à-dire qui nous res­pecte tous, nous autres les per­sonnes phy­siques, si on ne sur­veille pas de près le pro­ces­sus consti­tuant et si on n’interdit pas rigou­reu­se­ment, par une tech­nique ou par une autre, aux hommes de pou­voir (et à leurs amis !) d’écrire eux-mêmes la Constitution.

    Donc (à mon avis), la seule reven­di­ca­tion de l’élection de tous les déci­deurs ne suf­fit pas du tout à par­ler de démo­cra­tie, ni en France, ni en Europe ; on serait même ten­té de dire « au contraire », tant l’élection emporte avec elle, presque méca­ni­que­ment, un long cor­tège de tur­pi­tudes et d’effets per­vers pour les élec­teurs, tou­jours rou­lés dans la farine.

    Je ne défends pas le pro­gramme de Bové, je défends l’homme Bové qui me semble être le seul, parce qu’il est libre de tout par­ti, à être capable de déclen­cher le pro­ces­sus consti­tuant que je crois néces­saire, ce n’est pas pareil. Je pré­fè­re­rais que José s’en tienne à ce pro­gramme consti­tuant vrai­ment démo­cra­tique, ori­gi­nal et révo­lu­tion­naire en soi, car une poli­tique de gauche s’ensuivrait pro­ba­ble­ment, tout natu­rel­le­ment, par l’effet du grand nombre de simples citoyens ayant enfin repris le pou­voir. Mais ce n’est pas moi qui écris son pro­gramme, évi­dem­ment, il faut bien « faire avec ».

    Quant aux ban­quiers, j’en parle parce que je réa­lise à tout pro­pos que ce sont des para­sites dan­ge­reux qui sont les pires adver­saires de la démo­cra­tie, depuis long­temps, par­tout dans le monde, ils ne s’en cachent même plus et le déclarent publi­que­ment. L’Union euro­péenne est pour eux un outil, bâti pour des per­sonnes « morales » contre les per­sonnes phy­siques. Je peux me trom­per, mais ça ne devrait pas faire de moi un traître…

    Et « l’objectivité » que tu me demandes, je ne la com­prends pas : quand les can­di­dats à l’élection pré­si­den­tielle annoncent car­ré­ment qu’ils vont nous impo­ser la par­tie 1 du TCE par voie par­le­men­taire ou nous tordre le bras avec un nou­veau réfé­ren­dum, je devrais ne rien dire parce que ce serait prendre posi­tion dans la poli­tique inté­rieure ? Et tu me reproches d’avoir, moi, « déjà dési­gné » les cou­pables ? Mais c’est par­fai­te­ment contra­dic­toire, Méla­nie : tu me demandes de rendre les armes devant ceux qu’il faut condam­ner, ceux qui écrivent depuis des décen­nies toutes ces ins­ti­tu­tions iniques, sans nous, et même bien­tôt contre nous…

    Je ne com­prends pas ta logique. Com­ment vas-tu faire la belle Europe démo­cra­tique si tu laisses tes pro­chains gou­ver­nants enter­rer à tout jamais (il fau­dra une triple una­ni­mi­té des 27 pays pour révi­ser le TCE, sou­viens-toi) ladite démo­cra­tie, sans te deman­der ton avis ?

    Déso­lé de ne pas comprendre.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  31. Gilles B

    La démo­cra­tie, c’est la dic­ta­ture de la majo­ri­té (qui vote).

    J’ai par­cou­ru vos écrits mais n’ai pas ren­con­tré de polé­miques autour de l’i­dée de démo­cra­tie, hor­mis pour insi­nuer qu’il ne faut rien y rendre obli­ga­toire (le vote par ex). Pour­tant on sait qu’en science et en art la démo­cra­tie ne fonc­tionne pas. Que pen­ser des résul­tats des élec­tions récentes dans plu­sieurs pays euro­péens ou les extré­mistes (droite, gauche et autres) tou­jours plus mobi­li­sés obtiennent des scores dévas­ta­teurs sur des pro­grammes aber­rants et sou­vent égo­cen­triques (FN ou CPNT).

    Que vaut une démo­cra­tie avec ou sans refe­ren­dums lorsque les consul­ta­tions appellent des réponses ouiistes ou nonistes, blanc ou noir, pour des résul­tats alter­nants sur des nuances de gris (gauche caviar, droite homard, par­ti répu­bli­cain ou démocrate…) ?

    Com­ment un citoyen peut-il s’in­té­res­ser à des ques­tions telles que : faut-il plus de flics ou d’é­du­ca­teurs contre la vio­lence télé­vi­suelle ? Pré­fé­rez-vous Céci­lia ou Fran­cois ? Les mul­ti­na­tio­nales ont-elles le droit de délo­ca­li­ser pour exploi­ter dans des pays déses­pé­rés sans code du tra­vail afin de satis­faire leurs action­naires (lire « No logo » de Nao­mi Klein) ? Les action­naires de Total et leurs com­plices arrivent-ils à dor­mir les yeux ouverts ? Ce flo­ri­lège limi­té pour illus­trer la vacui­té ou la com­plexi­té des ques­tions aux­quelles tout citoyen devrait pou­voir réagir et dans le même temps qu’un mini­mum de bon sens suf­fit pour éco­no­mi­ser un maxi­mum de temps et d’éner­gie. Mais Mr MEDEF a‑t-il le même bon sens que Mr dupont ? (répon­dez par oui ou m…)

    Par ailleurs, l’ex­pé­rience de la télé, en termes de démo­cra­tie (choix des pro­grammes) a des leçons à nous don­ner. Regar­dée en France plus de 3h par jour en moyenne (à véri­fier), la petite lucarne, pri­vée ou publique, fait ses meilleurs scores sur des pro­grammes la plu­part du temps lamen­tables (voir la place des pro­grammes édu­ca­tifs, des docu­men­taires, des débats de fond, et com­pa­rer avec les Star’Ac, les Dru­ckers et sur­tout l’é­vo­lu­tion des émis­sions poli­tiques où les jour­na­listes à la botte (lire « les nou­veaux chiens de garde » de Serge Hali­mi) sont rem­pla­cés par des vrais gens for­ma­tés et téléguidés).

    Je sou­haite qu’In­ter­net par sa richesse puisse prendre de plus en plus de place dans l’é­du­ca­tion popu­laire et le débat démo­cra­tique, mais j’y crois peu, cha­cun s’in­for­mant aux sources qui lui plaisent. Quand à la manière d’in­ci­ter les gens à réflé­chir et agir dans l’in­té­rêt col­lec­tif, ça semble aus­si dif­fi­cile que d’in­ven­ter le mou­ve­ment perpétuel.

    Il faut en tous cas essayer, cher­cher, car si l’hu­ma­ni­té est déses­pé­rante dans sa glo­ba­li­té, elle sait être réjouis­sante par­fois dans sa varié­té. Méfions-nous donc de l’u­ni­for­mi­té et envi­sa­geons d’autres mondes pos­sibles, même si c’est moins confor­table et facile, Mélanie.

    Gilles B

    Réponse
  32. pierre

    Cher Etienne,

    Je suis d’ac­cord avec vous, la démo­cra­tie telle qu’elle fonc­tionne en France est loin d’être par­faite et cher­cher à l’a­mé­lio­rer est indispensable.

    Mais, et je rejoins là Méla­nie, pour ins­tau­rer une autre démo­cra­tie, il faut une évo­lu­tion des men­ta­li­tés et donc… du temps.
    Or, le TCE sera redé­bat­tu en 2008.
    Une démo­cra­tie clas­sique, avec des élus, serait certes impar­faite mais elle sus­ci­te­rait une large adhé­sion popu­laire en Europe et elle est donc réalisable.
    Une démo­cra­tie comme vous la voyez, idéale, risque d’être mal inter­pré­tée au départ. Elle est trop révo­lu­tion­naire pour obte­nir l’adhé­sion d’une majorité.

    En se bat­tant pour un idéal impos­sible à atteindre pour le moment ne risque-t-on pas de perdre défi­ni­ti­ve­ment la pos­si­bi­li­té d’in­tro­duire des prin­cipes démo­cra­tiques en Europe ? Le TCE serait alors adop­té et pour l’éternité.
    Le mieux est sou­vent l’en­ne­mi du bien.

    Cor­dia­le­ment,

    Pierre

    Réponse
  33. j-jour

    @Étienne Chouard

    « PARIS (Reu­ters) – Ségo­lène Royal sou­haite que la troi­sième par­tie du trai­té consti­tu­tion­nel euro­péen, reje­té par les Fran­çais en mai 2005, soit rem­pla­cée par un « pro­to­cole trai­tant des poli­tiques nou­velles, du pro­grès social, des ser­vices publics et de l’environnement ».

    « Les par­ties un et deux, sur les ins­ti­tu­tions et la Charte des droits fon­da­men­taux, n’ont pas fait vrai­ment débat en France. Il fau­dra revoir la par­tie trois », explique la can­di­date pré­si­den­tielle socia­liste dans un entre­tien au quo­ti­dien Le Monde daté du 6 mars. »

    http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14–0,39–29996910@7–37,0.html

    J’ai déci­dé­ment l’im­pres­sion que vous devriez expli­quer cer­taines choses à Ségo­lène Royal, Étienne.

    Réponse
  34. jean26

    Cher Etienne,

    Bra­vo pour ton blog qui a mal­heu­reu­se­ment le désa­gré­ment d’être très brouillon et dif­fi­ci­le­ment com­pré­hen­sible, dommage…

    Tu t’in­ter­roges au sujet du RIC et tu ne sembles pas com­prendre pour­quoi les gens de « gauche » ou « d’ex­trême gauche » ain­si que les syn­di­ca­listes (j’a­jou­te­rai les asso­cia­tions) ne prônent pas le RIC.

    La réponse est évi­dente ; ils n’y ont AUCUN inté­rêt per­son­nel, pardi !

    José Bové, que tu sembles mettre au des­sus de tout soup­çon en est l’exemple le plus frappant.
    Bové n’a aucun inté­rêt à détruire son fond de commerce…
    Pas plus d’ailleurs que de nom­breux autres poli­tiques, syn­di­ca­listes ou associations.

    Le pou­voir, tou­jours le pou­voir, la soif de pou­voir per­son­nel, tel est leur leit­mo­tiv commun.
    L’é­ta­blis­se­ment du RIC tel que le décrit fort bien notre ami Yvan Bachaud
    (http://​yvan​ba​chaud2007​.info/) sur son site, réso­nance des idées de JJ Rous­seau, en accor­dant le pou­voir de déci­sion au peuple, à l’ins­tar d’autres pays, ramè­ne­rait les fonc­tions de ces meneurs vedettes à des ini­tia­teurs d’i­dées, sans plus. Le star-sys­tème est l’a­mi de la poli­tique pseu­do démocratique.

    À la fin du siècle des lumières, les fran­çais avaient le choix entre deux sys­tèmes pour com­battre la royauté.
    La démo­cra­tie repré­sen­ta­tive, celle des riches ban­quiers et francs-maçons nais­sants prô­née entre autres par Vol­taire et la démo­cra­tie directe, celle du peuple prô­né par Rousseau.
    On connaît la suite… et les dic­ta­teurs de tous poils qui se sont suc­cé­dés ; depuis Bona­parte jus­qu’à De Gaulle et sa fumeuse consti­tu­tion anti-démo­cra­tique éla­bo­rée par son men­tor Michel Debré, pro­fes­seur de droit constitutionnel.
    Debré dont on subit encore aujourd’­hui les exac­tions par l’in­ter­mé­diaire de son fils Jean-Louis, expert en magouillages consti­tu­tion­nels que Chi­rac a comme par hasard nom­mé à la tête du Conseil Cons.
    (La clique gaul­lienne, conti­nuant le tra­vail de sape de Bona­parte, a d’ailleurs éta­bli les grands prin­cipes du droit dans de nom­breux pays anciennes colo­nies fran­çaises, avec leurs mêmes tra­vers anti-démo­cra­tiques et dictatoriaux)

    Il faut donc se réap­pro­prier notre démo­cra­tie et l’é­tape du RIC est indispensable.

    L’é­cri­ture d’une nou­velle consti­tu­tion visant notam­ment une réelle sépa­ra­tion des pou­voirs est une autre étape indispensable.
    Cette sépa­ra­tion des pou­voirs, ins­crite à l’ar­ticle 16 de la Décla­ra­tion des Droits de l’Homme et du Citoyen est bafouée depuis 1793.
    Elle est pri­mor­diale et les trois pou­voirs exé­cu­tif, légis­la­tif et judi­ciaire devront être direc­te­ment contrô­lés par le peuple souverain.
    La jus­tice, très sou­vent abo­mi­nable, ne devra plus être au ser­vice des par­tis poli­tiques et/ou de l’exécutif.
    De même, on ne devra plus entendre dans les médias un facho sar­ko nabot décla­rer, sans que per­sonne n’y trouve rien à redire « Je vais faire voter telle ou telle loi !!! »
    Depuis quand l’exé­cu­tif vote-t-il les lois ?

    D’ailleurs, à ce sujet, il sera bon de ne pas refaire les mêmes erreurs que nos voi­sins suisses que l’on cite volon­tiers lors­qu’on parle de RIC.
    Chez eux les par­tis poli­tiques ont réus­si depuis long­temps le tour de force de res­sur­gir au tra­vers même du RIC.
    Par exemple, les juges sont élus, certes, mais pas par la popu­la­tion, mais par les partis !
    Ce qui fait que la jus­tice est aus­si pour­rie en Suisse qu’en France…

    À bien­tôt.

    Réponse
  35. jean26

    Quant au TCE, la pro­po­si­tion scé­lé­rate de Royale ne me sur­prend aucunement.

    Après Sar­ko qui veut le faire pas­ser en force par l’in­ter­mé­diaire du par­le­ment, Royale, dans la lignée des jos­pi­nistes et autres voleurs de pou­voir spé­cia­li­sés, n’est pas une inconnue.

    Avec un TCE voté en force, vio­lant la démo­cra­tie, les par­tis poli­tiques entendent bien exis­ter jus­qu’à.… la dis­pa­ri­tion de l’homme sur terre !

    En effet, sans reve­nir sur les nom­breux aspects scé­lé­rats de ce TCE, il en est un qui n’est jamais qua­si indiqué ;

    Le pou­voir exor­bi­tant des juges euro­péens qui dans ce cas seraient au ser­vice des par­tis (des pays) et dont la res­pon­sa­bi­li­té civile et pénale serait inexis­tante, y com­pris même lors­qu’ils seraient à la retraite ! (impos­si­bi­li­té de les pour­suivre y com­pris en cas de faute grave)

    Si cela n’est pas de la dictature…

    Peu de per­sonnes connaissent la loi n 95–125 du 8 février 1995, article 55, et la loi orga­nique n. 2001–539 du 25 juin 2001, articles 27–1 et 27–11.

    La pre­mière, votée sous Chi­rac 1er est une pre­mière injure aux jus­ti­ciables puis­qu’en modi­fant l’ar­ticle 6.1 du Code de pro­cé­dure pénale qui consiste en un contrôle du bien fon­dé des pour­suites pénales diri­gées contre les magis­trats pour des faits, pré­ten­du­ment com­mis dans l’ exer­cice de leurs fonctions.

    Or cet article conduit à la déres­pon­sa­bi­li­sa­tion totale des­dits magis­trats qui détournent la loi à leur pro­fit. On a vu, dans l’af­faire d’Ou­treau com­ment ils ont procédé.
    La seconde loi, votée sous gou­ver­ne­ment Jos­pin est encore plus félone car elle prive le jus­ti­ciable de tout recours juri­dique ultime si tel est le bon vou­loir de la Cour de cas­sa­tion qui peut décla­rer, sans aucune moti­va­tion, un pour­voi non admis.

    Autre­ment dit, pour expli­ci­ter cette affaire aux non-juristes, le citoyen qui conteste un juge­ment (par exemple qui met en cause l’ordre éta­bli ou un adver­saire poli­tique ou tout sim­ple­ment qui n’ac­cepte pas la déci­sion d’une cour d’ap­pel) ver­ra son recours blo­qué au plus haut niveau sans même qu’on lui motive ce rejet de pour­voi. La CEDH (cour euro­péenne des droits de l’homme), appuie­ra ce rejet sans plus de détails.

    Ain­si on com­prend mieux pour­quoi les par­tis poli­tiques impor­tants de ce pays ont tout inté­rêt à s’en­tendre pour faire pas­ser en force le TCE, fût-ce au risque d’une révolte popu­laire que Sar­ko ou Le pen s’empresseraient de répri­mer dans le sang.

    Réponse
  36. AJH

    Bon­jour
    Main­te­nant que les choses vont deve­nir de plus en plus claires en ce qui concerne la posi­tion de Nico­las Sar­ko­zy concer­nant son pro­jet de mini trai­té, je pense que c’est vers l’a­na­lyse de la par­tie 1 (et les pro­po­si­tions fran­çaises ain­si que celles – qui ne vont pas man­quer – de la part des autres pays euro­péens) que nous devrions nous tour­ner … au point que la page d’ac­cueil de ton site, Étienne, devrait peut-être ouvrir sur ce débat ?
    Amicalement
    AJH

    Réponse
  37. Vladimir
  38. Jean-Michel FAYARD

    Salut Étienne,

    Jean Qua­tre­mer tire le bilan dans un « Rebonds » de l’ac­ti­visme « non »-iste.

    C’est inti­tu­lé : « L’Europe des chefs d’État »

    =======================

    Le « trai­té sim­pli­fié » de Sar­ko­zy n’est pas dif­fé­rent de la défunte Consti­tu­tion européenne.

    Par JEAN QUATREMER

    Ce qui va suivre va for­te­ment déplaire aux plus farouches tenants du non. Disons-le tout net : le « trai­té sim­pli­fié » que le chef de l’État fran­çais appelle de ses vœux et qu’il espère voir adop­ter par le Conseil euro­péen des chefs d’État et de gou­ver­ne­ment qui se tient jeu­di et ven­dre­di n’est rien d’autre que la défunte « Consti­tu­tion » pré­sen­tée avec un autre habillage. Dit autre­ment, le futur texte n’en aura pas le titre, il n’en aura pas l’apparence, mais il aura le même conte­nu, à quelques élé­ments près.

    Ain­si, en éli­sant Nico­las Sar­ko­zy à la pré­si­dence de la Répu­blique avec 53 % des voix puis en lui don­nant une large majo­ri­té à l’Assemblée natio­nale, les Fran­çais ont effa­cé dans un même mou­ve­ment leur rejet du trai­té consti­tu­tion­nel euro­péen, pour­tant expri­mé à près de 55 % lors du réfé­ren­dum du 29 mai 2005. Car Sar­ko­zy n’a pas pris les Fran­çais par sur­prise. Durant toute sa cam­pagne, et notam­ment lors de son dis­cours pro­non­cé à Bruxelles le 8 sep­tembre 2006, il a très pré­ci­sé­ment expli­qué ce qu’il ferait s’il était élu. Il a donc une légi­ti­mi­té démo­cra­tique forte pour mener son pro­jet à bien.

    Son but est de reprendre l’ensemble des « nova­tions juri­diques » conte­nues dans le pro­jet signé à Rome en octobre 2004, c’est-à-dire les réformes ins­ti­tu­tion­nelles, et lais­ser tout ce qui pour­rait faire pen­ser à une Consti­tu­tion comme le pré­am­bule ou les « sym­boles de l’Union ». Par­mi les élé­ments qui res­te­ront, on peut citer notam­ment : le pré­sident per­ma­nent du Conseil euro­péen, l’extension des pou­voirs du Par­le­ment euro­péen, la com­po­si­tion res­treinte de la com­mis­sion, le nou­veau mode de déci­sion au sein du Conseil des ministres, la per­son­na­li­té juri­dique de l’Union, le carac­tère obli­ga­toire de la charte des droits fon­da­men­taux ou encore l’extension du vote à la majo­ri­té qualifiée.

    De fait, toutes ces inno­va­tions n’ont pas été contes­tées durant la cam­pagne réfé­ren­daire : l’essentiel des cri­tiques — sur la « dérive libé­rale » en par­ti­cu­lier — por­tait sur les trai­tés exis­tants (la fameuse troi­sième par­tie), qui n’étaient en réa­li­té que repris et codi­fiés dans le pro­jet de Consti­tu­tion afin de rendre l’ensemble du droit euro­péen plus lisible et cohérent. 

    Le rejet de la Consti­tu­tion ne pou­vait donc rien chan­ger à la réa­li­té euro­péenne (il aurait fal­lu voter la sor­tie de l’Union, ce que per­sonne ne pro­pose), mais il l’a pri­vé de toutes les réformes amé­lio­rant le droit exis­tant. Afin de ne pas effa­rou­cher les Fran­çais, cette codi­fi­ca­tion sera aus­si aban­don­née. Sar­ko­zy a réus­si à convaincre les dix-huit pays ayant déjà rati­fié le trai­té consti­tu­tion­nel (et les quatre autres qui étaient prêts à le faire) de se ral­lier à sa pro­po­si­tion, la « sub­stance » du trai­té consti­tu­tion­nel étant pré­ser­vée et donc le vote de leurs citoyens ou de leur Par­le­ment, res­pec­té. Si les pays euro­sceptiques que sont la Pologne, la Répu­blique tchèque et la Grande-Bre­tagne acceptent la manœuvre, l’Union aura fina­le­ment réus­si à adop­ter des réformes ins­ti­tu­tion­nelles cen­sées lui per­mettre de mieux fonc­tion­ner. Elle refer­me­ra ain­si un cha­pitre ouvert en 1990 avec la pers­pec­tive de l’élargissement à l’est à la suite de l’effondrement du communisme.

    Néan­moins, la crise déclen­chée par le double non fran­co-néer­lan­dais lais­se­ra des traces pro­fondes. Loin d’avoir été un « choc salu­taire », le non a sur­tout convain­cu les gou­ver­ne­ments que les citoyens n’étaient pas capables de com­prendre le grand œuvre lan­cé en 1950 et qu’ils étaient prêts à tout jeter par-des­sus bord pour mani­fes­ter leur mau­vaise humeur. Les élites ont, en un mot, déci­dé de reprendre les rênes.

    Ain­si, ce n’est pas un hasard si l’Union a renoué avec ses pires tra­vers : diplo­ma­tie secrète, négo­cia­tions au finish, mar­chan­dages inavouables, com­pro­mis obs­curs. Alors que les gou­ver­ne­ments espèrent par­ve­nir à un accord poli­tique por­tant sur 90 % à 95 % du futur « trai­té sim­pli­fié », seul un petit cénacle de diri­geants euro­péens connaît l’état des négo­cia­tions en cours. Les citoyens, eux, devront attendre la fin du conseil pour en décou­vrir le résul­tat. L’exercice de démo­cra­tie et de trans­pa­rence sans pré­cé­dent qui a accom­pa­gné la rédac­tion de la Consti­tu­tion n’est pas près de se répé­ter. Rap­pe­lons qu’en 2002 et 2003, pour mettre fin au règne de la diplo­ma­tie secrète, une conven­tion majo­ri­tai­re­ment com­po­sée d’élus natio­naux et euro­péens (dési­gnés par leurs Assem­blées res­pec­tives) avait été char­gée de rédi­ger, en public, le nou­veau trai­té. Les États, qui s’étaient ensuite réunis, ne l’avaient modi­fié qu’à la marge.

    Cette fois-ci, rien de tel. Sar­ko­zy, qui en sep­tembre 2006 avait sou­hai­té après l’adoption du « trai­té sim­pli­fié » qu’une nou­velle conven­tion se réunisse pour remettre à plat l’ensemble des poli­tiques euro­péennes (la par­tie III), a depuis lais­sé tom­ber cette idée, sachant qu’au terme d’un tel exer­cice un nou­veau réfé­ren­dum serait néces­saire. C’est le second effet du vote du 29 mai 2005. La démo­cra­tie directe, du moins en France, a sans doute son ave­nir der­rière elle. Sur­tout en matière euro­péenne. Désor­mais, les États membres veulent qu’un gou­ver­ne­ment soit capable d’assumer sa signa­ture et puisse garan­tir que son accord ne sera pas ensuite inva­li­dé par son peuple. Et cela, seule la voie par­le­men­taire le garan­tit. À vingt-sept pays et bien­tôt à trente, on peut com­prendre que l’on se méfie des pro­cé­dures réfé­ren­daires, qui auto­risent tous les popu­lismes. Il faut se rap­pe­ler que la cam­pagne de 2005 a essen­tiel­le­ment por­té sur la dénon­cia­tion du « libé­ra­lisme », sup­po­sé consub­stan­tiel à la construc­tion com­mu­nau­taire, et que les mêmes Fran­çais, qui ont pour­tant voté non à la Consti­tu­tion, ont por­té à la tête de l’État un pré­sident qui n’est ni socia­liste ni adver­saire de l’économie de mar­ché. Com­prenne qui pourra.

    Là aus­si les citoyens fran­çais ne peuvent pas se plaindre : seul par­mi tous les can­di­dats, Nico­las Sar­ko­zy a fer­me­ment écar­té l’idée d’un second réfé­ren­dum, arguant jus­te­ment que l’Europe ne se relè­ve­rait pas d’un nou­vel échec. Cer­tains affirment que la négo­cia­tion par les seuls diplo­mates, sui­vie d’une rati­fi­ca­tion par­le­men­taire, va concou­rir à éloi­gner davan­tage les peuples de l’Europe. On peut sérieu­se­ment en douter.
    Le oui au réfé­ren­dum sur le trai­té de Maas­tricht en sep­tembre 1992 les a‑t-il rap­pro­chés de l’Europe ? Évi­dem­ment pas. L’adhésion à un pro­jet n’est pas sus­ci­tée par un ensemble de règles de fonc­tion­ne­ment, un « règle­ment inté­rieur », si l’on veut, mais par ses réa­li­sa­tions concrètes, par les réponses qu’il apporte aux attentes des citoyens. C’est cela, le défi que doivent rele­ver les gou­ver­ne­ments qui siègent au conseil des ministres euro­péens, le Par­le­ment euro­péen, direc­te­ment élu par les peuples, et la Commission.

    http://​bruxelles​.blogs​.libe​ra​tion​.fr/​c​o​u​l​i​s​ses

    [Com­men­taire d’É­tienne Chouard : le mépris des peuples suinte par­tout dans ces pro­pos, c’est triste. On a bien fait de les arrê­ter quand on le pou­vait, en 2005, et le fait qu’ils recom­mencent main­te­nant à nous vio­ler ne montre pas qu’on a eu tort de leur résis­ter. Contre les abus de pou­voirs, le com­bat continue.]

    Réponse
  39. antoine

    Tu nous démontres donc :

    1. Que les élites ont déci­dé de diri­ger sans nous.
    Corol­laire : on ne nous deman­de­ra plus notre avis.

    2. Qu’il en est autre­ment des choix poli­tiques quand ils sont pro­po­sés un par un, que quand on vote pour un package.

    3. Que le refus des Fran­çais est bien enten­du pas­sé à la trappe et que le trai­té va quand même se faire.

    4. Que la réflexion poli­tique et l’in­for­ma­tion citoyenne sont tou­jours consi­dé­rées comme « popu­lisme » et « mau­vaise humeur ».

    En gros, tu confirmes tout ce que les per­sonnes qui ont voté non — non pas les non-istes — ont tou­jours pen­sé. Pas la peine, donc, de dire : vous n’al­lez pas aimer, parce que si on appré­cie, au moins avec notre non, on te force à reprendre ces 4 points, même si tu crois qu’en fai­sant ce texte alam­bi­qué, tu peux nous convaincre. En effet, tu admets avec nous que la démo­cra­tie est morte depuis un bout de temps. Et que ça s’empire. Au moins, de for­cer ce constat nous amè­ne­ra peut-être à réflé­chir sur ce qu’il fau­drait faire, pen­dant que les élites conti­nuent de mener la danse.

    Réponse
  40. antoine

    Jean Qua­tre­mer n’ac­cepte pas for­cé­ment la contra­dic­tion dans les com­men­taires de son blog.

    Au moins, il reste cohérent.

    Réponse
  41. jmfayard

    À Antoine :

    Pas du tout, ça ne prouve que le misé­rable échec du « non »-isme.

    Erreur de diag­nos­tic d’a­bord — tous azi­muths, contra­dic­toire, confus, faux.

    Erreur de stra­té­gie poli­tique ensuite — n’a débou­ché sur rien, échec sur toute la ligne, l’his­toire a tranché.

    Ce n’est pas une ques­tion du peuple contre les élites, c’est le même peuple qui s’est plan­té une fois en votant NON et qui s’est plan­té une seconde fois en éli­sant Sar­ko­zy, ce qui au niveau euro­péen signi­fie : a reje­té le TCE au pro­fit d’un sta­tus-quo bien moins favo­rable puis a approu­vé quel­que­chose qu’ on ne connaît pas encore mais qui sera quelque part entre le sta­tus-quo actuel et le TCE. Au mieux : un peu moins bien que le TCE. Au pire : à peine mieux que le status-quo.

    La troi­sième fois sera peut-être la bonne…

    Réponse
  42. antoine

    Une par­tie du biais réside là :

    « n’a débou­ché sur rien ! »

    Mais on est pris en otage coco. De nom­breuses ini­tia­tives pour lan­cer des pro­jets de consti­tu­tion alter­na­tives, par exemple, ce n’est pas rien.

    Mais nous n’a­vons pas la parole ! On est can­ton­né au rôle débile de contra­dic­teur parce que, dans cette socié­té, nous sommes pri­vés de l’initiative.

    Si les « repré­sen­tants » étaient hon­nêtes, à defaut de nous don­ner la parole (faut pas rêver), ils auraient pris en compte le non, enten­du les cri­tiques et pro­po­sé AUTRE CHOSE.

    Mais non, les plans sont dans les car­tons et il est hors de ques­tion de reve­nir des­sus. Dès lors, refu­ser n’est qu’une affaire de prin­cipe. Et c’est déjà ce que je décla­rais lors de la cam­pagne du non. Même si, objec­ti­ve­ment, nous savions que la situa­tion ne pou­vait pas s’ar­ran­ger, nous n’é­tions pas d’accord.

    Le non signi­fiait pour moi : faites-le puisque c’est votre seule option, mais pas en mon nom. Nous avons reje­té l’Eu­rope telle qu’elle se fai­sait et, dès lors, elle est illé­gi­time. D’un point de vue démo­cra­tique. L’é­lec­tion de Bush junior n’y change rien. Cela ne l’empêchera pas de conti­nuer puis­qu’elle est déci­dée ain­si par l’é­lite, mais le peuple l’a refu­sée, et croyez-moi : il y eu un gros tra­vail d’in­for­ma­tion et de com­pré­hen­sion citoyenne pour arri­ver à ce résul­tat, pas de populisme.

    Main­te­nant, bien sûr que le sta­tut quo est « pire », mais qui en est res­pon­sable ? A‑t-on voté pour le sta­tut quo ? Non, nous avons deman­dé une autre Europe. On nous répond : c’est pas pos­sible. Dont acte. Nous ne par­ti­ci­pons pas de la même « démo­cra­tie ». Que cha­cun dirige chez soi, et mes poules vivront tranquilles.

    Et quand je par­cours votre texte pour appuyer ce que dis, je tombe sur ceci : « L’exercice de démo­cra­tie et de trans­pa­rence sans pré­cé­dent qui a accom­pa­gné la rédac­tion de la Consti­tu­tion n’est pas près de se répé­ter. » Plus besoin d’al­ler cher­cher ailleurs. Jamais je n’ai par­ti­ci­pé à l’é­la­bo­ra­tion de ce texte. VGE n’est pas venu diner chez moi pour me deman­der mon avis.

    La démo­cra­tie, elle était pour moi dans les asso­cia­tions de quar­tier où des volon­taires allaient près des gens pour leur faire com­prendre le texte et don­ner la parole aux « ignorants ».

    Vous avez le point de vue de quel­qu’un qui par­ti­cipe (très légè­re­ment, sans doute). Vous ne com­pre­nez pas que, pour l’im­mense majo­ri­té de la popu­la­tion, l’adhé­sion ne s’est faite que par médias inter­po­sés, nous ne sommes pas sollicités.

    Réponse
  43. Étienne

    JMF,

    Quand vous par­lez du « misé­rable échec du nonisme », c’est de l’im­pré­ca­tion, pas une démonstration.

    Poli­ti­que­ment, à la faveur de la construc­tion euro­péenne, on se fait vio­ler depuis 50 ans. Ça se démontre : les textes que nos « repré­sen­tants » nous imposent par trai­té depuis 1957 sont un abus de pou­voir carac­té­ri­sé : sans consul­ter les peuples concer­nés, ils mettent en place des ins­ti­tu­tions où les citoyens ne comptent pour rien et où les exé­cu­tifs concentrent les pou­voirs et s’af­fran­chissent de tout contrôle ; c’est la néga­tion même de la démocratie.

    La seule fois où on nous a deman­dé notre avis (après en avoir débat­tu comme il faut), on a dit clai­re­ment « Non, pas ça !! ».

    Et pour­tant, la réac­tion de ceux qui ont le pou­voir (vous seriez gen­til, JM, de vous rap­pe­ler que les nonistes n’ont pas de pou­voir, ce qui inter­dit de leur col­ler des res­pon­sa­bi­li­tés ima­gi­naires) est de recom­men­cer à nous vio­ler, comme avant… Où est l’er­reur ? Où est la défaite ? Avait-on pour autant tort de pro­tes­ter quand on a eu excep­tion­nel­le­ment la parole ?

    La vic­time d’un viol répé­ti­tif qui s’est révol­tée une fois, quand elle a pu le faire, est-elle res­pon­sable quand le viol recom­mence ? Allons, voyons…

    Votre « rai­son­ne­ment » défie la logique. Ça vous arran­ge­rait bien que tout soit de la faute des nonistes, n’est-ce pas ? Mais vous n’a­vez répon­du à aucun de leurs argu­ments sur le fond (confu­sion des pou­voirs, irres­pon­sa­bi­li­té poli­tique des acteurs, impuis­sance des citoyens, dépen­dance des juges envers l’exé­cu­tif, « lois sans par­le­ment » dis­si­mu­lées dans le texte, etc.) et vous pre­nez comme argu­ment que le viol a repris pour dire qu’on avait tort de de rebeller ? 

    Votre colère ne suf­fit pas à vous don­ner raison.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  44. Jean-Michel FAYARD

    à Antoine

    La grave erreur est de pen­ser que seul l’exer­cice du droit de véto per­met de construire quelque chose.

    L’é­chec du « non »-isme ne se situe pas tel­le­ment lors de la période fin 2004–29 mai 2005. En soi, je n’ai rien contre ce qu’une ébauche par­ti­cu­lière de solu­tion soit reje­tée. La consti­tu­tion Sar­ko­zy, je la reje­te­rais moi-même pro­ba­ble­ment (à voir quand on aura le texte) si c’é­tait en mon pouvoir.

    Je ne suis pas un frus­tré du 29 mai 2005, je suis un frus­tré de tous les jours qui ont sui­vi ensuite. Lors des­quels il ne s’est rien pas­sé pré­ci­sé­ment. La cause de cet échec vient de l’er­reur de diag­nos­tic (main­te­nant on me parle de « viol répé­ti­tif » : cha­cun juge­ra) : le NON mélait les cri­tiques les plus légi­times aux reven­di­ca­tions les plus maxi­ma­listes et aux men­songes les plus gros­siers, il mélait les illu­sions du « yaka » au défai­tisme du « on ne peut rien faire parce que l’E­lite est contre nous » sans trou­ver le juste milieu de la volon­té, il mélait les plus pro-euro­péens aux plus anti-euro­péens aux aspi­ra­tions contraires. Rien de construc­tif et de réa­liste ne pou­vait et ne peut émer­ger de ce mael­strom. Il fal­lait faire le tri. Ca n’a pas été fait.

    L’é­chec du « non »-isme se situe pour l’autre moi­tié en amont de la cam­pagne réfé­ren­daire : où étiez-vous entre 2000 et 2004 lorsque la Conven­tion pour l’a­ve­nir de l’Eu­rope avait pour la pre­mière fois sou­le­vé le cou­vercle de plomb des négo­cia­tions entre chefs de gou­ver­ne­ments et leurs sher­pas ? Vous per­so­nel­le­ment nulle part bien enten­du et c’est bien nor­mal. Mais une asso­cia­tion comme ATTAC, c’é­tait dans ses cordes, c’é­tait son rôle, c’é­tait son devoir. Elle ne l’a pas fait et c’est plus qu’une erreur, c’est une faute.

    La consé­quence logique est qu’au­jourd’­hui les sher­pas ont repris la main. Vous pré­ten­diez faire l’eu­rope des peuples ; par vos erreurs, vous avez en fait redon­né la main à « L’Europe des chefs d’État ».

    Réponse
  45. AJH

    @JMF

    Vous écri­vez  » entre 2000 et 2004 lorsque la Conven­tion pour l’a­ve­nir de l’Eu­rope avait pour la pre­mière fois sou­le­vé le cou­vercle de plomb des négo­cia­tions entre chefs de gou­ver­ne­ments et leurs sher­pas ?  »

    .…mais la « socié­té civile » a t‑elle été invi­tée par VGE à don­ner son avis lors des dis­cus­sions … jamais à cette période, je n’ai trou­vé d’in­for­ma­tions fiables sur ce que serait le pro­jet pré­sen­té par cette Conven­tion pour le moins opaque.

    Nous avons été mis devant le fait accom­pli… fal­lait-il comme en Espagne , accep­ter de voter sur un texte dont eux, lors de leur réfé­ren­dum, n’a­vaient même pas en main la par­tie III .?

    Nous aurons un Trai­té, oui, sans doute , ce qui (bien que pas fameux) sera tou­jours moins pire qu’une constitution…

    Et si ce Trai­té fait fi du « NON » popu­laire fran­çais et néer­lan­dais (sans comp­ter de ceux qui n’ayant pas été consul­tés auraient eux aus­si voté non s’ils l’a­vaient été), nous nous bat­trons sans doute à nouveau.

    Réponse
  46. Étienne

    Jmf,

    vous dites : « La grave erreur est de pen­ser que seul l’exer­cice du droit de véto per­met de construire quelque chose. »

    C’est vous, et vous seul, qui affir­mez que nous pen­sons cela : je n’ai jamais — pas une seule fois — enten­du un par­ti­san du Non pré­tendre qu’on construi­sait quoi que ce soit en votant Non : pour nous tous, il y avait le feu à la mai­son, on nous volait la démo­cra­tie — avec le culot de nous deman­der notre accord — et il fal­lait urgem­ment nous mettre en tra­vers, aus­si déri­soires que soient nos volon­tés (puisque nous sommes tous, depuis long­temps, poli­ti­que­ment muselés).

    Cette his­toire de « grave erreur » d’a­voir pré­ten­du — ou même cru — construire quelque chose en votant Non est un mau­vais pro­cès — un pro­cès d’in­ten­tion — qui invente de toutes pièces nos intentions.

    Par­lons plu­tôt du fond, Jean-Michel, si vous vou­lez bien, point par point, et ras­su­rez-nous donc, si c’est en votre pou­voir, sur le texte lui-même et pas sur les belles pro­messes de ceux qui parient que nous allons les croire sans contrô­ler méti­cu­leu­se­ment leurs projets.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  47. Jean-Michel FAYARD

    « … Mais la « socié­té civile » a‑t-elle été invi­tée par VGE à don­ner son avis lors des dis­cus­sions… Jamais à cette période, je n’ai trou­vé d’in­for­ma­tions fiables sur ce que serait le pro­jet pré­sen­té par cette Conven­tion pour le moins opaque. »

    Par­fai­te­ment ! Cer­tains ont même joué un grand rôle dans les négo­cia­tions, la Confé­dé­ra­tion Euro­péenne des Syn­di­cats, notamment.

    « Nous avons été mis devant le fait accom­pli… Fal­lait-il, comme en Espagne, accep­ter de voter sur un texte dont eux, lors de leur réfé­ren­dum, n’a­vaient même pas en main la par­tie III ? »

    Et alors ? Ils avaient néan­moins en main 95% des modi­fi­ca­tions appor­tées par le TCE ! Même si, je vous le concède, il y avait quelques bonnes choses dans les modi­fi­ca­tions appor­tées à la par­tie III par le TCE.

    Nous aurons un Trai­té, oui, sans doute, ce qui (bien que pas fameux) sera tou­jours moins pire qu’une constitution…

    Ah ah, Sar­ko­zy doit bien se mar­rer de voir qu’il a pu vous rou­ler dans la farine tel un joueur de Kara­té qui se sert de la force même de son adver­saire pour mieux le vio­lem­ment ter­ras­ser à terre. Vous faites une fixette sur le mot consti­tu­tion, refu­sant de voir que Maas­tricht-Nice ser­vait déjà de consti­tu­tion à l’Eu­rope ? Très bien, on va appe­ler ça « Trai­té » ! Ça ne change abso­lu­ment rien à l’af­faire, sauf que votre fixette elle-même lui faci­lite la tâche. « Mais non Madame Royal, je ne serai pas celui qui fera revo­ter les Fran­çais sur une consti­tu­tion qu’ils ont déjà reje­tée. Moi, je pro­pose un simple Trai­té, et pour ça pas besoin de réfé­ren­dum ! », a‑t-il osé lors du débat d’entre deux tours. C’est com­plè­te­ment bidon, mais grâce à vous, ça paraît vrai !

    Réponse
  48. lucien

    Bon­soir,

    Pour défendre quand même JMF,

    « on se fait vio­ler depuis 50 ans »… Ha… le sens de l’exagération.

    « Votre « rai­son­ne­ment » défie la logique. Ça vous arran­ge­rait bien que tout soit de la faute des nonistes, n’est-ce pas ? »

    Tout n’est pas de la faute des nonistes, mais ils y sont pour quelque chose ! D’au­tant que, comme avec le mot « viol » répé­té plu­sieurs fois ici, vous avez exa­gé­ré et fait peur aux gens, mais c’est du passé.

    C’est tou­jours très facile de cas­ser la baraque ; la construire, nous atten­dons encore et, heu­reu­se­ment, Sar­ko­sy prend ses responsabilités.

    Les NONISTES ont VIOLÉ les Euro­péens en jouant les ÉGOÏSTES.

    Réponse
  49. Étienne

    Lucien,

    Que peuvent construire ceux qui, pré­ci­sé­ment, n’ont pas le pou­voir ? Le reproche que vous faites aux résis­tants nonistes est fon­da­men­ta­le­ment incohérent.

    Mais puisque vous êtes en forme, démon­trez-nous donc cette exa­gé­ra­tion que vous dénon­cez ; mon­trez-nous donc qu’il n’y a pas de rai­son d’a­voir peur — je ne demande qu’à être ras­su­ré, moi —, mais pas par de simples incan­ta­tions : je véri­fie­rai vos affir­ma­tions :o)

    • Confu­sion des pou­voirs dans les mains de l’exé­cu­tif ? Je l’ai démon­trée, ligne par ligne, texte à l’ap­pui. Exa­gé­ra­tion ? Prou­vez-le au lieu de l’affirmer.
    • Dépen­dance des juges (hyper puis­sants) envers les exé­cu­tifs qui décident de leur car­rière. Exa­gé­ra­tion ? Prou­vez-le au lieu de l’affirmer.
    • Impuis­sance ins­ti­tu­tion­nelle totale des citoyens face à un éven­tuel abus de pou­voir, même fla­grant et grave. Exa­gé­ra­tion ? Prou­vez-le au lieu de l’affirmer.
    • Irres­pon­sa­bi­li­té de tous les acteurs poli­tiques (à part la Com­mis­sion qui sert de fusible poli­tique, et encore : très théo­rique, aux 2⁄3), même jus­qu’à l’in­té­gra­li­té des fonc­tion­naires euro­péens qui sont pro­té­gés à vie par une extra­va­gante immu­ni­té judi­ciaire… Exa­gé­ra­tion ? Prou­vez-le au lieu de l’affirmer.
    • Viol poli­tique des peuples qu’on dépouille en douce de leurs pro­tec­tions ins­ti­tu­tion­nelles sans les consul­ter, à coup de trai­tés, depuis 1957 (ça fait bien 50 ans ?). Exa­gé­ra­tion ? Prou­vez-le au lieu de l’affirmer.

    Et quand vous dites : « Les NONISTES ont VIOLÉ les Euro­péens en jouant les ÉGOÏSTES »… êtes-vous sérieux ?

    Réponse
  50. jmfayard

    à Étienne

    Je fais par­tie de la mino­ri­té anti-sar­ko­zyste et, à l’in­té­rieur de celle-ci, de la mino­ri­té pro-TCE, donc encore plus résis­tant que vous 😉

    Réponse
  51. Étienne

    Cher Jean-Michel

    Vous seriez donc un « résis­tant » accom­pa­gné — on peut le rap­pe­ler pour mémoire — par 90% des édi­to­ria­listes des grands médias, 95 % des par­le­men­taires natio­naux et euro­péens, 100% des tech­no­crates euro­péens, 100% des ministres et des chefs d’É­tat, etc. Quelle indé­pen­dance d’es­prit et quel cou­rage, effec­ti­ve­ment ;o)

    J’in­siste : vous ne sem­blez pas inquiet des ins­ti­tu­tions euro­péennes, et je m’é­tonne : quelles sont les don­nées que j’i­gnore qui arrivent ain­si à vous ras­su­rer, compte tenu de tous les dan­gers que j’ai rap­pe­lés plus haut ?

    Réponse
  52. jmfayard

    à Étienne

    For­cer 100% des chefs d’É­tat à accep­ter le TCE n’est pas une honte, c’est une prouesse et une néces­si­té abso­lue dès lors qu’on ne veut pas seule­ment éla­bo­rer de belles théo­ries (par­don­nez ma modes­tie, mais pas­ser après « Vers la paix per­pé­tuelle » d’Em­ma­nuel Kant et « les États-Unis d’Eu­rope » de Vic­tor Hugo, je ne le sens pas…), mais aus­si pou­voir agir dans le réel. Votre plan B devra impé­ra­ti­ve­ment pas­ser par là, cela va sans dire.

    [23 juin‑0 h 50. Jean-Michel, je vous réponds au coeur de votre texte, pour ne pas mul­ti­plier les cita­tions et res­ter près de vous. 
    Pour­riez-vous admettre que construire une démo­cra­tie n’est pas à la por­tée des chefs d’É­tat mais relève for­cé­ment des peuples eux-mêmes ; peuples qui décident, direc­te­ment, d’ins­ti­tuer des pou­voirs et d’en gar­der le contrôle ? 
    Com­pre­nez-moi : le « TC« E est, en soi, sim­ple­ment par la méthode uti­li­sée, un consi­dé­rable abus de pou­voir : on n’im­pose pas des ins­ti­tu­tions par voie de trai­té ; ce n’est pas aux hommes au pou­voir de défi­nir eux-mêmes les limites de leur propres pou­voirs. Dites-vous le contraire, Jean-Michel ? Je ne com­prends pas ce qui vous conduit à cette ser­vi­tude volon­taire, à cette rési­gna­tion à ne plus jamais avoir voix au cha­pitre. Ne voyez-vous pas que les chefs d’É­tat, en pro­té­geant les États (plu­tôt que les peuples), pro­tègent… les chefs d’É­tat ? ÉC]

    Dans le cas du TCE, ça n’a d’ailleurs pas été une mince affaire. Conseil de Salo­nique à l’é­té 2003. Quinze gou­ver­ne­ments de droite libé­rale et sou­ve­rai­niste et réac­tion­naire se mobi­lisent (à rai­son) sous la conduite de l’Espagne et la Pologne au cri de « Nice ou la Mort ! ». Blo­cage confir­mé au Conseil euro­péen de Rome (Déc 2003). Le salut est venu du grand peuple espa­gnol qui bles­sé dans sa digni­té par les men­songes Aznar sur les atten­tats de Madrid vire sans ména­ge­ment l’un des deux bas­tions de la réac­tion, lais­sant l’autre (la Pologne) iso­lée. Ce n’est que bien tar­di­ve­ment que l’ex­trême-gauche fran­çaise sup­po­sée pro-euro­péenne et le Dane­mark (scru­tin qui, quant à lui, était clai­re­ment libé­ral, sou­ve­rai­niste et xéno­phobe) ont don­né avec retard satis­fac­tion aux coa­li­sés de Salonique.

    [L’his­toire détaillée de ces gre­nouillages poli­ti­ciens, — gre­nouillages dif­fi­ciles parce que c’est un panier de crabes évi­dem­ment trop nom­breux —, manoeuvres loin des peuples concer­nés, ne me ras­sure pas une seconde : je vous rap­pelle que je suis atten­tif aux abus de pou­voirs (aus­si bien en France qu’en Europe !) et aux méca­nismes que les ins­ti­tu­tions pré­voient pré­ci­sé­ment pour inter­dire ces abus et même nous per­mettre d’y résis­ter, le cas échéant. 
    En étant vous-même si peu atten­tif au contrôle des pou­voirs, cher Jean-Michel, vous m’en­traî­nez avec vous dans votre ser­vi­tude volon­taire. Vous voyez ce que je veux dire ? J’es­saie de vous com­prendre, mais enten­dez-moi aus­si, de votre côté. ÉC]

    —

    Sur vos cinq points, je remarque quelques-unes de vos erreurs clas­siques. Consi­dé­rer les membres du Conseil comme de l’exé­cu­tif (puisque « des ministres ») alors que l’exé­cu­tif, c’est la Com­mis­sion euro­péenne (aka : le Gou­ver­ne­ment euro­péen si on veut par­ler clai­re­ment) et que les membres du Conseil, ce sont les repré­sen­tants des états fédé­rés qui co-par­ti­cipent à l’é­la­bo­ra­tion des lois comme dans tout sys­tème poli­tique fédé­ral (ain­si les pré­si­dents des régions alle­mandes siègent au Bun­des­rat où ils co-légi­fèrent sous pro­po­si­tion du gou­ver­ne­ment fédé­ral (leur com­mis­sion euro­péenne) en paral­lèle avec le Bun­des­tag (leur par­le­ment européen)).

    [Vous consi­dé­rez comme « une erreur » ce qui me paraît « une évi­dence ». Il fau­drait que nous pre­nions le temps de déve­lop­per un peu nos idées res­pec­tives, ne pen­sez-vous pas ? 

    J’ai peut-être tort, Jean-Michel, mais alors vous me le démon­tre­rez sans peine et je me ral­lie­rai à votre point de vue, content d’a­voir pro­gres­sé grâce à vous. Mais il faut me le démontrer. 

    Le simple fait que des Ministres et des Pré­si­dents, for­mant une assem­blée en se réunis­sant de temps en temps, se pro­clament eux-mêmes « Organe légis­la­tif » me paraît un sub­ter­fuge évident, un super­che­rie tel­le­ment énorme que je m’é­tonne que vous tom­biez dans le pan­neau. Je vous rap­pelle que les hommes ont un pro­blème avec le pou­voir exé­cu­tif depuis des mil­lé­naires : tou­jours, tou­jours !, ce pou­voir s’au­to­no­mise pro­gres­si­ve­ment et abuse. Par quel miracle de gen­tillesse moderne nos ministres feraient-ils excep­tion à cette éter­nelle obser­va­tion, Jean-Michel ? Ce n’est pas de la para­noïa, quand même, je ne sais pas ce qu’il vous faut pour démon­trer ce que je dis — des mil­liers d’an­nées d’a­bus de pou­voir ne vous suf­fisent donc pas à vous méfier ? 

    Alors ces beaux Ministres et Pré­si­dents, ceux qui ont écrit eux-mêmes ce « TC« E qui leur colle l’étiquette « co-légis­la­teurs », ces maîtres des admi­nis­tra­tions et des forces armées au niveau natio­nal, — ceux-là mêmes que Mon­tes­quieu et tant d’autres appe­laient à affai­blir en sou­li­gnant qu’il fal­lait abso­lu­ment les pri­ver du droit d’é­crire les lois (la confu­sion des pou­voirs étant la source pure de la tyran­nie la plus cer­taine)—, quand ces beaux Ministres viennent écrire les lois au niveau euro­péen, — alors que 80% des normes contrai­gnantes qui s’im­posent à nous dans toute leur rigueur sont déjà pro­duites au niveau euro­péen et trans­po­sées ensuite auto­ma­ti­que­ment en droit natio­nal, SANS DÉBAT—, ces ministres reviennent ensuite dans leur pays appli­quer les lois qu’ils ont eux-mêmes écrites, Jean-Michel !

    Com­ment ne voyez-vous pas cette super­che­rie ? Et le fait que cette impos­ture existe dans d’autres fédé­ra­tions ne me ras­sure abso­lu­ment pas : un excès n’en jus­ti­fie pas un autre. Je rai­sonne en termes de contrôle des pou­voirs et je vois bien qu’en Alle­magne ou aux États-unis, l’a­bus de pou­voir impu­ni est par­tout, comme chez nous. ÉC]

    Irres­pon­sa­bi­li­té de tous les acteurs poli­tiques (à part la Com­mis­sion qui sert de fusible poli­tique, et encore : très théo­rique, aux 2⁄3) : c’est assez drôle. Le Gou­ver­ne­ment euro­péen peut être ren­ver­sé, cela vous semble presque rien. Mieux : cela vous semble très théo­rique pour­tant c’est arri­vé assez récem­ment (petit scan­dale mineur avec Édith Cres­son, toute la com­mis­sion a démis­sion­né) alors que ma mémoire est impuis­sante à me sou­ve­nir d’un exemple de cen­sure du gou­ver­ne­ment qui ait — ne serait-ce que l’es­poir — réus­si. Le par­le­ment euro­péen ? Pas dis­sol­vable tout comme le Congrès amé­ri­cain, les USA ne sont pour­tant pas une dic­ta­ture. Les chefs d’É­tat et les gou­ver­nemts ? Bien sûr qu’ils sont res­pon­sables : dans leurs pays res­pec­tifs — sauf en France évi­dem­ment. Fau­drait-il qu’ils le soient au niveau euro­péen ? C’est ça, j’i­ma­gine bien les réac­tions posi­tives en France à l’an­nonce de la déci­sion : « la com­mis­sion de Bruxelles vient de déci­der de démettre le pré­sident fran­çais de ses fonc­tions ». J’i­ma­gine bien com­bien on se pâme­rait devant tant de démocratie.

    [Vous savez bien que, pour en arri­ver là — la (presque) cen­sure de la Com­mi­sion San­ter—, il a fal­lu que les « res­pon­sables » soient pris la main dans la caisse en train de piquer du pognon… Rigou­reu­se­ment rien à voir, donc, avec la sanc­tion­na­bi­li­té POLITIQUE que je réclame et qui, dans le « TC« E, je le répète, est lar­ge­ment théo­rique, d’une part, et, d’autre part laisse impu­nis les vrais maîtres du pou­voir (ministres et présidents). 

    Je vois bien que les chefs d’État, en pro­té­geant les États au détri­ment de leurs peuples, pro­tègent sur­tout et très prio­ri­tai­re­ment… les chefs d’État. Des hommes vrai­ment sou­cieux de l’intérêt géné­ral lais­se­raient le pou­voir euro­péen à de nou­veaux res­pon­sables, au-des­sus des autres et sous contrôle citoyen, mais ce serait alors perdre leur pou­voir de chef d’État. L’Europe poli­tique ne se fera JAMAIS tant que ce sont les chefs d’État qui la construi­ront : ils ont un inté­rêt per­son­nel à ce qu’elle ne se fasse pas, pour que leur pou­voir per­son­nel perdure. 

    Le seul pro­ces­sus qui pour­ra faire naître une vraie « Fédé­ra­tion des États-Unis d’Europe », avec des pou­voirs puis­sants mais sous contrôle, ce sera un pro­ces­sus qui vient des peuples, direc­te­ment. ÉC]

    Plus lar­ge­ment, il n’est pas pos­sible de vous répondre avant que vous n’ayez déci­dé quelle Europe vous dési­rez (en tâchant de prendre en compte les aspi­ra­tions d’une majo­ri­té des 450 mil­lions d’autres Euro­péens). Ce qui est très dif­fé­rent d’a­li­gner les cri­tiques comme vous savez très bien le faire parce que de nom­breuses cri­tiques sont contra­dic­toires. On peut par exemple récla­mer que la codé­ci­sion s’ap­plique par­tout, l’u­na­ni­mi­té nulle part, que le Par­le­ment euro­péen ait encore plus de pou­voir que dans le TCE sur le modèle du Bun­des­tag, que les pou­voirs euro­péens soient sépa­rés, … Mais alors, on est dans une démarche fédé­ra­liste. Et on ne pour­ra plus hur­ler que « l’Eu­rope nous impose pata­ti pata­ta alors qu’on l’a pas vou­lu », que le prin­cipe de sou­ve­rai­ne­té natio­nale est très lar­ge­ment rogné, que c’est un scan­dale que le droit euro­péen prime sur le droit natio­nal, que les juges sont très puis­sants, .… parce que là, on rentre dans une démarche inter-gou­ver­ne­men­ta­liste (ou sou­ve­rai­niste) qui est res­pec­table, mais tota­le­ment incom­pa­tible avec la pers­pec­tive d’une démo­cra­tie supranationale.

    [Vous faites comme si je n’é­tais jamais dans une démarche construc­tive ; je vous rap­pelle que nous écri­vons une Consti­tu­tion, rien que ça :o) Le fait que cet effort per­son­nel impor­tant ne change rien (pour l’ins­tant) n’est pas de ma faute et n’a pas à être por­té à mon débit, ne soyez pas injuste. Je suis un simple citoyen sans pou­voir ; il est extra­va­gant de m’im­pu­ter la res­pon­sa­bi­li­té des actes d’au­trui. ÉC]

    Un simple exemple : une par­tie des « non »-istes s’é­tait pro­non­cé pour une assem­blée consti­tuante. Idée géné­reuse même si stra­té­gi­que­ment désas­treuse puisque, concrè­te­ment, ça a per­mis d’en­ter­rer la Conven­tion pour l’a­ve­nir de l’Eu­rope au pro­fit des diplo­mates « sher­pas » des chefs d’É­tats. Mais sur le fond je suis pour. Sauf que, très vite après le 29 mai, on a vu cer­tains des sou­ve­rai­nistes du NON comme Raoul Marc Jen­nar ou Ber­nard Cas­sen tout faire pour enter­rer cette idée.

    [La Conven­tion Gis­card n’a­vait rien à voir avec une Assem­blée Consti­tuante digne de ce nom. Encore une super­che­rie dont les voleurs de pou­voir ont le secret pour gar­der le pou­voir, dra­pés dans leur ver­tu rhé­to­rique et média­ti­sée. Un pro­ces­sus consti­tuant hon­nête, Jean-Michel, doit dési­gner une Assem­blée dont les membres n’é­crivent pas des règles pour eux-mêmes : ni Par­le­men­taires, ni Ministres, ni Pré­si­dents, ni Juges, ni can­di­dats au pou­voir, ni hommes de par­tis (futurs hommes de pou­voir).

    De plus, ces hommes dés­in­té­res­sés (sur le point de la Consti­tu­tion ; pas dés­in­té­res­sés en géné­ral) devraient à l’évidence être inéli­gibles aux fonc­tions qu’ils ont eux-mêmes ins­ti­tuées, tou­jours pour la même rai­son de bon sens : les citoyens sou­cieux de leur liber­té ne devraient pas lais­ser les hommes au pou­voir écrire eux-mêmes les limites de leurs propres pou­voirs. Ce prin­cipe que je défends bec et ongles est pro­fon­dé­ment LIBÉRAL, au sens noble et beau du terme ;o)

    Ceux qui se res­pectent finissent tou­jours par s’entendre, non ? ÉC]

    Réponse
  53. jmfayard

    Hi, hi, tel­le­ment secret que je vous ai don­né plus haut le lien où on pou­vait le consul­ter 😉 En fran­çais en plus !

    http://​bruxelles​.blogs​.libe​ra​tion​.fr/​c​o​u​l​i​s​s​e​s​/​2​0​0​7​/​0​6​/​a​u​j​o​u​r​d​h​u​i​-​c​e​s​t​.​h​tml

    Quant à la règle bien éta­blie : les dis­cus­sions sur l’a­ve­nir de l’Eu­rope relèvent du secret de la diplo­ma­tie inter­gou­ver­ne­men­tale, jamais de la démo­cra­tie du débat citoyen, c’est bien ce que je disais : Mélen­chon & Cie ont — croyant bien faire — tué la Conven­tion au béné­fice des sherpas.

    Réponse
  54. lucien

    « Le pro­jet secret de nou­veau traité »

    Ce pro­jet n’est pas du tout secret, arrê­tez votre théo­rie du complot.

    « Exa­gé­ra­tion ? Prou­vez-le au lieu de l’affirmer. »

    C’est mala­dif, chez vous, de répé­ter sans cesse et d’a­lar­mer les gens ?

    Pour l’heure, vous n’a­vez rien construit de cohé­rent. Si vous n’a­vez pas la parole, c’est aus­si parce que vous n’êtes pas convain­cant, ni assez remuant. Les fran­çais ont dit « non » parce qu’ils ont eu peur notam­ment du plom­bier polo­nais, une vraie arnaque de la part des nonistes.

    Et citer Mélan­chon comme réfé­rence, vous ne man­quez pas d’air.

    Je n’ai pas à vous prou­ver, cela a été dit et redit par de nom­breux ana­lystes et vos argu­men­ta­tions ne tiennent pas la route (vous n’a­vez rien démon­tré, vos contra­dic­teurs en eu marre de s’op­po­ser à vous car vous res­tez là, comme un bloc, un peu comme Besan­ce­not ou les com­mu­nistes), vos ana­lyses jouent sur les peurs, elles détournent le sens des termes… Mer­ci, tout le monde n’est pas dupe de votre com­merce : voi­ci vos termes :

    • viol
    • confu­sion
    • dépen­dance
    • impuis­sance
    • irres­pon­sa­bi­li­té

    Ces mots tra­duisent bien votre état d’esprit.
    Non, tout n’est pas tel que vous le décri­vez, vous pro­pa­gez une angoisse malsaine.

    C’est à peine si vous avez com­pris l’es­prit de l’UE et je pèse mes mots.

    Quand je lis ce que vous écri­vez plus haut à JMF : « quelles sont les don­nées que j’i­gnore qui arrivent ain­si à vous ras­su­rer, compte tenu de tous les dan­gers que j’ai rap­pe­lés plus haut ? », y pointe une iro­nie de mau­vais goût qui tra­duit votre « sup­po­sée » grande assu­rance sur cette ques­tion accom­pa­gnée de condescendance.

    Ben dites donc, pas décu du voyage.

    Réponse
  55. Étienne

    Lucien,

    Cha­cun pour­ra juger sur pièce : appa­rem­ment ver­rouillé intel­lec­tuel­le­ment sur d’in­ter­mi­nables pro­cès d’in­ten­tion, vous res­tez (pour l’ins­tant) au degré zéro de l’argumentation. 

    Tant que vous ne déve­lop­pe­rez pas d’ar­gu­ment de fond, sur le texte lui-même, le débat ne pour­ra pas com­men­cer réel­le­ment. Je répète que je suis sûr, pour­tant, mal­gré les appa­rences, que vous avez quelques argu­ments sur le fond. Je vou­drais juste les lire au lieu de retrou­ver ces inutiles accu­sa­tions, un peu obsessionnelles.

    ÉC

    PS : je ne fais pas de Mon­sieur Mélan­chon une « réfé­rence », comme vous dites : je signale sim­ple­ment un de ses mes­sages, et il n’est pas sans inté­rêt, je trouve, car s’il n’est plus secret, c’est depuis peu de temps et grâce à Inter­net, non ? (On en par­lait depuis des semaines sans jamais publier un pro­jet pré­cis, il me semble, ce qui inter­di­sait com­mo­dé­ment toute cri­tique sérieuse.) Mer­ci à JM pour le lien en fran­çais ;o)

    Réponse
  56. lucien

    J’ai du mal à vous suivre :

    « d’in­ter­mi­nables pro­cès d’intention »
    « inutiles accu­sa­tions, un peu obsessionnelles »

    Toutes ces expres­sions sup­po­se­raient une répé­ti­tion d’in­ter­ven­tions, me confon­dez-vous avec un autre ?

    Pour le carac­tère secret du pro­jet : Sar­ko­sy avait dévoi­lé les grandes lignes depuis long­temps les fran­çais ont voté en connais­sance de cause.

    Pour le degré zéro, vous ne pen­sez quand même pas que je vais reprendre avec vous ce que d’autres ont échan­gé depuis fort long­temps sans que vous bou­giez d’un iota (appa­rem­ment).

    Le non n’a pas été une vic­toire, loin de là, et vous en por­tez une petite part de res­pon­sa­bi­li­té, pas moi.

    Réponse
  57. Étienne

    Lire aus­si :
    « Les nou­veaux trai­tés que l’on vous cache. Votre des­tin est SOUS EMBARGO »
    par Jean-Yves Cre­vel : http://​www​.deca​pac​tu​.com/​s​p​i​p​/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​378

    avec le pro­jet en fran­çais.

    Alors, Jean-Michel et Lucien, quelle est votre inter­pré­ta­tion per­son­nelle de l’ex­pres­sion « sous embar­go », puisque vous sem­blez pré­tendre qu’il n’y a ici aucun secret, que nous sommes ici para­noïaques, que tout est clair depuis long­temps, que tout ce pro­ces­sus est trans­pa­rent, que tous les détails qui per­mettent de juger sur pièce sont connus de tous depuis des mois, que les peuples sont, comme d’ha­bi­tude, étroi­te­ment asso­ciés au des­tin qu’on leur réserve ?

    Un texte essen­tiel, mais « sous embar­go », publié depuis hier sur Inter­net seule­ment… Allez, JM et Lucien, rassurez-nous.

    Le fait d’in­vo­quer com­mo­dé­ment « la théo­rie du com­plot » pour tout argu­ment, ain­si que le fait Lucien, comme une dis­pense (ou un blâme) de réflé­chir, ne suf­fit évi­dem­ment pas à nous dis­sua­der de consta­ter les mani­pu­la­tions du pou­voir pour s’au­to­no­mi­ser chaque jour un peu plus (tout en pré­ten­dant sans ver­gogne construire la démo­cra­tie : plus c’est gros, plus ça marche).

    Seuls les petits secrets ont besoin d’être cachés : les plus gros sont pro­té­gés par l’in­cré­du­li­té publique.

    L’es­clave dit tou­jours oui.

    Réponse
  58. guilloualain

    M. Lucien,

    Sar­ko­sy a tou­jours « dévoi­lé de grandes lignes » durant sa cam­pagne élec­to­rale, mais s’il semble plus doué encore que son men­teur de pré­de­ces­seur qui a gagné ses galons avec « la frac­ture sociale », il se trouve qu’on a assis­té déjà à un virage à 180 degrés et sur les cha­peaux de roue :

    il n’est plus ques­tion de s’at­ta­quer à l’ab­so­lu­tisme de la BCE, il n’est plus ques­tion de remettre en cause l’ef­fet per­vers d’un « euro fort » sur notre com­pé­ti­ti­vi­té, et il n’est plus ques­tion, en fait, que de conti­nuer… sans autre « rup­ture » que celles dont se montrent capables les vrais diri­geants du pays que sont Madame Pari­sot et sa cour­roie de trans­mis­sion pré­si­den­tielle : rien ne change de ce qui est « essen­tiel » dans cette « rup­ture annoncée ».

    Le train-train des para­chutes dorés illu­mine le ciel des pro­messes éternelles !

    … Excu­sez-moi, il y a de plus en plus de gens qui se mettent à « par­ler comme… des com­mu­nistes », tel­le­ment que, bien­tôt, il n’y aura même plus besoin de le faire remarquer.

    Dès la ren­trée, paraît-il, nos chères têtes blondes enten­dront leurs ins­tits leur lire une lettre de coco : quelle rupture !

    … Et pour­quoi pas la der­nière phrase du Christ ?

    Le peuple cré­dule pour­ra dire à Sar­ko : « Sei­gneur, pour­quoi m’as-tu abandonné » ?

    Réponse
  59. AJH

    À Lucien et JMF

    Bien sûr, 18 pays avaient voté pour le OUI au TCE (par­le­ments ou peuple)… Mais, même si la France et les Pays-bas avaient eux aus­si accep­té cette fausse Consti­tu­tion qui mélange des pays avec des mon­naies, des règles sociales, juri­diques et fis­cales (etc.) dif­fé­rentes, pen­sez-vous, oui pen­sez vous sérieu­se­ment que le Royaume Uni aurait voté OUI au TCE ?

    Ce TCE était mort et enter­ré à sa nais­sance… et je suis fier d’être par­mi ceux qui ont fait prendre conscience de son invia­bi­li­té. Ceci ne m’empêche pas d’être Euro­péen, mais une Europe à « 2 » vitesse où l’on retrouve d’un côté — la véri­table Europe — ceux qui acceptent des règles com­munes mon­naie, règles sociales, fis­cales, juri­diques équi­va­lentes) afin que les « avan­tages com­pa­ra­tifs » ne soient pas du côté du moins-disant et que nous puis­sions par­ti­ci­per à une évo­lu­tion de la civi­li­sa­tion au sein de ce groupe, par un libé­ra­lisme bien com­pris et une concur­rence qui suive les mêmes règles pour tous ; et puis le second cercle avec ceux qui veulent des accords privilégés.

    Le mini Trai­té ne régle­ra aucun des pro­blèmes, sauf peut être la capa­ci­té, par l’ex­ten­sion du champ de la majo­ri­té qua­li­fiée, des capa­ci­tés de fonc­tion­ne­ment de l’UE…

    Mais au moins, nous gar­dons un peu de notre pou­voir de déci­sion en tant qu’É­tat et j’at­tends que Sar­ko mette sur la table (une chose à la fois a‑t-il dit) le fonc­tion­ne­ment de la BCE…

    Réponse
  60. Laurent_K

    Petite remarque : L’UMP n’a pas la majo­ri­té suf­fi­sante à elle seule pour faire pas­ser une réforme de la consti­tu­tion. Il lui manque 23 dépu­tés ou séna­teurs selon le décompte du monde qui s’est enfin déci­dé à en par­ler (Mélan­chon avait com­men­cé à évo­quer la ques­tion dès dimanche der­nier et le blog de Jean Qua­tre­mer en avait lar­ge­ment débat­tu depuis).

    Si le trai­té impose des chan­ge­ments consti­tu­tion­nels, l’op­po­si­tion aura donc son mot à dire sur la rati­fi­ca­tion. Le PS comme le MoDem ont pro­po­sé lors de la cam­pagne pré­si­den­tielle à ce qu’il y ait un réfé­ren­dum pour la vali­da­tion du rem­pla­çant du TCE. On va voir ce qu’ils vont faire main­te­nant qu’ils ont effec­ti­ve­ment le pou­voir de l’imposer.

    Réponse
  61. jmfayard

    Alors, Jean-Michel et Lucien, quelle est votre inter­pré­ta­tion per­son­nelle de l’ex­pres­sion « sous embar­go », puisque vous sem­blez pré­tendre qu’il n’y a ici aucun secret, que nous sommes ici para­noïaques, que tout est clair depuis long­temps, que tout ce pro­ces­sus est trans­pa­rent, que tous les détails qui per­mettent de juger sur pièce sont connus de tous depuis des mois, que les peuples sont, comme d’ha­bi­tude, étroi­te­ment asso­ciés au des­tin qu’on leur réserve ?

    Mais je vous l’ai don­né au moins 4 fois déjà mon inter­pré­ta­tion personelle !

    Le mode nor­mal de négo­cia­tion des trai­tés (de tous les trai­tés), c’est comme l’é­crit plus haut Jean Qua­tre­mer : diplo­ma­tie secrète, négo­cia­tions au finish, mar­chan­dages inavouables, com­pro­mis obs­curs. Alors que les gou­ver­ne­ments espèrent par­ve­nir à un accord poli­tique por­tant sur 90 % à 95 % du futur « trai­té sim­pli­fié », seul un petit cénacle de diri­geants euro­péens connaît l’état des négo­cia­tions en cours. Les citoyens, eux, devront attendre la fin du conseil pour en décou­vrir le résul­tat. C’est celle là notam­ment qui avait accou­ché d’un désastre au trai­té de Nice.

    Le mode de négo­cia­tion qui per­met­tait à la démo­cra­tie de prendre le pas sur la diplom­tie, et aux par­le­men­taires d’in­fluer sur les gou­ver­ne­ments, trans­pa­rent et pos­sible dans le monde réel, c’é­tait la Conven­tion pour l’a­ve­nir de l’Europe

    Comme cer­tains ont tapés comme des sourds sur la seconde solu­tion, c’est la pre­mière qui reprend ses droits. D’où le « sous embargo ».

    Réponse
  62. jmfayard

    Étienne : une ques­tion simple.

    Le sys­tème alle­mand (Bun­des­tag, Bun­des­rat, Gou­ver­ne­ment fédé­ral) vous paraît-il anti-démocratique ?

    Réponse
  63. Étienne

    Jean-Michel : une réponse simple.

    Oui.

    Le sys­tème alle­mand est pro­fon­dé­ment anti-démo­cra­tique, comme l’est le sys­tème fran­çais, et même, à cer­tains égards, plus encore que le nôtre car ce qui foca­lise votre atten­tion est impor­tant, certes, mais cela n’est, pour moi, pas du tout l’es­sen­tiel. Vous allez me comprendre.

    Un peuple qui s’est fait voler non seule­ment le droit d’i­ni­tia­tive poli­tique (le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire), mais même car­ré­ment le droit de s’ex­pri­mer direc­te­ment sur tout sujet (le réfé­ren­dum, qui est inter­dit en Alle­magne) est un peuple sou­mis, domes­ti­qué, asser­vi et pas un peuple émancipé.

    Comme en France, ce n’est pas une tyran­nie, bien sûr, mais ce n’est abso­lu­ment pas une démo­cra­tie ; c’est une aris­to­cra­tie. Le méca­nisme de l’é­lec­tion —via la cam­pagne élec­to­rale finan­ciè­re­ment inac­ces­sible — a per­mis aux très riches, pro­gres­si­ve­ment, d’a­che­ter le pou­voir poli­tique. Plus pré­ci­sé­ment, c’est donc une plou­to­cra­tie, le gou­ver­ne­ment des riches. 

    Les cris d’or­fraie des « repré­sen­tants » élus qui pro­testent de leur dévoue­ment et de leurs bonnes inten­tions ne sont que des leurres.

    Démo cra­tie = le peuple au pou­voir. Pour répondre à votre ques­tion, il faut, selon moi, s’en tenir à la réa­li­té du droit : la démo­cra­tie se lit dans le texte supé­rieur (la consti­tu­tion) qui fixe les limites des organes du pou­voir et les pos­si­bi­li­tés réelles offertes au peuple à la fois de s’ex­pri­mer quand il le sou­haite et de résis­ter quand il le juge nécessaire.

    Tout le reste est secondaire.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  64. lucien

    « il n’est plus ques­tion de s’at­ta­quer à l’ab­so­lu­tisme de la BCE, il n’est plus ques­tion de remettre en cause l’ef­fet per­vers d’un « euro fort » sur notre compétitivité »

    ceci est faux

    ce sera entre­pris, Sar­ko­sy et les autres s’oc­cupent d’a­mé­lio­rer le focn­tion­ne­ment ins­ti­tu­tion­nel , pour la suite vous verrez .…

    pour l’ins­tant il tient ses pro­messes, c’est déja pas mal…et son ouver­ture n’est pas un affi­chage comme le pré­tendent les gens de gauche .…les kouch­ner, hirch, Ama­ra et autres sont face à leur res­pon­sa­bi­li­té , sar­ko­sy leur don­ne­ra des moyens, nous ver­rons ce qu’ils sont capables de faire en étant pas enfer­mer dans une idéo­lo­gie de gauche pleine d’interdits.…

    Réponse
  65. lucien

    A médi­ter :

     » les grands diseurs ne sont pas les grands faiseurs »

    Réponse
  66. Laurent_K

    à JM Fayard,

    Le mode de négo­cia­tion qui aurait per­mis à la démo­cra­tie de prendre le pas sur la diplo­ma­tie aurait été une assem­blée élue, pas une consti­tuante choi­sie de manière plus ou moins trans­pa­rente tenant plus ou moins compte des demandes des citoyens.

    Laurent

    Réponse
  67. lucien

    ou encore :

    « vous devez etre le chan­ge­ment que vous vou­lez voir dans le monde  » gandhi

    Réponse
  68. Jean-Michel FAYARD

    à Laurent_k :

    Vous n’êtes pas obli­gé d’être d’ac­cord avec moi, mais au moins essayez de pen­ser en niveaux de gris. Ce que je m’a­charne à essayer de faire com­prendre, c’est que si vous arri­vez à rendre majo­ri­taire l’i­dée d’un par­le­ment euro­péen consti­tu­tant, j’en suis de tout coeur, mais en atten­dant, reje­ter la Conven­tion, c’é­tait confier l’a­ve­nir au tête à tête dépri­mant qui a eu lieu entre Sar­ko­zy, Mer­kel, les hor­ribles jumeaux polo­nais et le libé­ral-sou­ve­rai­niste Tony Blair.

    Réponse
  69. Vladimir

    Après Bruxelles, un début de constat :

    La crise cli­ma­tique : en avant toute.

    Date de publi­ca­tion : 26/06/2007

    http://​www​.dede​fen​sa​.org/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​?​a​r​t​_​i​d​=​4​139

    Cet article informe de la visite de Bar­ro­so aux gla­ciers Islan­dais en train de fondre à vitesse accélérée.

    Terre : péril imminent

    21 juin 2007

    Six scien­ti­fiques appar­te­nant à des ins­ti­tu­tions amé­ri­caines pres­ti­gieuses ont publié ce qui consti­tue une mise en garde sans ambi­gui­té adres­sée au monde : la civi­li­sa­tion elle-même est mena­cée par le réchauf­fe­ment climatique.

    Ils cri­tiquent éga­le­ment le Groupe Inter­gou­ver­ne­men­tal pour l’Étude du Chan­ge­ment Cli­ma­tique de l’ONU, lui repro­chant de sous-esti­mer l’ampleur de l’élévation du niveau des mers pro­vo­quée par la fonte des gla­ciers et de la ban­quise durant ce siècle.

    http://​contrein​fo​.info/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​1​119

    Et cela juste après le som­met de Bruxelles qui a relan­cé l’union vers un trai­té bien décrit :

    Trai­té Sim­pli­fié – Faillite de l’Eu­rope sans Charte des Droits fon­da­men­taux et sociaux
    Par­le­ment Euro­péen, Strasbourg

    Le Trai­té Sim­pli­fié s’ap­pel­le­ra « Trai­té sur le fonc­tion­ne­ment de l’Union ».

    .….….…

    Tho­mas Rudolf   24 juin 2007  à   10:02

    http://​www​.reno​vez​main​te​nant67​.eu/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​0​7​/​0​6​/​2​4​/​2​8​7​-​t​r​a​i​t​e​-​s​i​m​p​l​i​f​i​e​-​f​a​i​l​l​i​t​e​-​d​e​-​l​-​e​u​r​o​p​e​-​s​a​n​s​-​c​h​a​r​t​e​-​d​e​s​-​d​r​o​i​t​s​-​f​o​n​d​a​m​e​n​t​a​u​x​-​e​t​-​s​o​c​i​aux

    On ne peut que s’interroger sur l’obstination des chefs d’État à ne pas men­tion­ner une seule fois les mots « envi­ron­ne­ment »,« réchauf­fe­ment » ou  » chan­ge­ment cli­ma­tique » dans tous les pro­jets pas­sés (TCE), pré­sents et futurs ?

    Réponse
  70. Étienne

    « Avec le trai­té modi­fi­ca­tif, les chefs d’É­tat vio­lentent leurs peuples »

    Une pre­mière réac­tion, à chaud, pour Marian​ne2007​.info, sur la feuille de route don­née à la CIG par le Conseil européen : 

    http://​www​.marian​ne2007​.info/​E​t​i​e​n​n​e​-​C​h​o​u​a​r​d​-​A​v​e​c​-​l​e​-​t​r​a​i​t​e​-​m​o​d​i​f​i​c​a​t​i​f​,​-​l​e​s​-​c​h​e​f​s​-​d​-​e​t​a​t​-​v​i​o​l​e​n​t​e​n​t​-​l​e​u​r​s​-​p​e​u​p​l​e​s​-​_​a​1​6​2​5​.​h​t​m​l​?​P​H​P​S​E​S​S​I​D​=​a​b​a​7​c​2​2​3​8​c​e​1​a​0​3​1​c​1​b​b​6​a​6​4​9​3​e​3​4​0fc


    « J’a­na­lyse cette démarche auto­ri­taire des exé­cu­tifs contre leur propre peuple comme une reprise du viol poli­tique qui dure depuis cin­quante ans — et qui n’a été inter­rom­pu que par les cris de la vic­time le 29 mai 2005, le temps qu’on lui remette rapi­de­ment son bâillon.

    [C’est plus com­mode comme ça, c’est sûr, avec un bâillon. 
    C’est vrai, met­tez-vous un peu à la place du vio­leur au lieu de râler : pour lui, c’est une magni­fique « sor­tie de crise »… Quel homme !
    Quoi, il est pas beau, ce bâillon ? C’est un vieux bâillon, solide, que por­tait déjà nos parents, alors il faut res­pec­ter la tra­di­tion, hein ? Allez, retourne jouer et n’aie pas peur : tes repré­sen­tants veillent sur tes intérêts…]

    (…)

    En réa­li­té, ce texte est un dan­ger pour ce qu’il dit, mais aus­si pour ce qu’il ne dit pas : 
    • il ne per­met tou­jours pas le contrôle des pou­voirs (per­sonne n’est res­pon­sable de ses actes dans les ins­ti­tu­tions européennes) ; 
    • l’exé­cu­tif béné­fi­cie tou­jours de la même confu­sion des pou­voirs sur des sujets cachés (sous le nom trom­peur d’« actes non légis­la­tifs » et de « pro­cé­dures légis­la­tives spé­ciales », art. I‑34 et I‑35 du TCE) ; 
    • il laisse per­du­rer l’ex­tra­va­gante dépen­dance des juges euro­péens envers les exé­cu­tifs qui les nomment (art. I‑29.2),
    • et n’or­ga­nise pas l’in­dé­pen­dance des médias ; 
    • la Banque cen­trale y a tou­jours une mis­sion chô­ma­gène favo­rable aux ren­tiers (I‑30.3) ;
    • les citoyens y sont tou­jours aus­si impuis­sants contre les abus de pouvoir ; 
    • etc. 

    Ce pro­ces­sus est un coup d’É­tat
    En fait, le plus impor­tant dans cette affaire est soi­gneu­se­ment élu­dé dans les débats par les poli­ti­ciens de métier, vous le consta­te­rez : les hommes ont inven­té le concept de Consti­tu­tion non pas pour orga­ni­ser les pou­voirs (qui sont bien capables de s’or­ga­ni­ser tout seuls) mais pour affai­blir les pou­voirs, pour les divi­ser, pour les contrô­ler. Ceci est essen­tiel. Donc, de la même façon que ce n’est pas l’é­ti­quette « Consti­tu­tion » qui est dan­ge­reuse pour les citoyens, ce n’est pas l’ab­sence d’é­ti­quette « Consti­tu­tion » qui peut nous ras­su­rer : ces ins­ti­tu­tions, par les pou­voirs qu’elles mettent en place, sont une Consti­tu­tion par nature et elles sont, par là même, dan­ge­reuses pour tous ceux qui vont obéir à ces pou­voirs ; et nous sommes bien fous de lais­ser les exé­cu­tifs écrire eux-mêmes les limites et les contrôles de leurs propres pouvoirs. 

    En pro­cla­mant que leur texte « n’est plus une consti­tu­tion », les auteurs sont dou­ble­ment en situa­tion d’a­bus de pou­voir carac­té­ri­sé : il ne leur appar­tient pas d’é­crire ce texte — la Confé­rence Inter Gou­ver­ne­men­tale (CIG) est pro­fon­dé­ment illé­gi­time dans ce rôle consti­tuant — et il ne leur appar­tient pas davan­tage de le requa­li­fier. Ce pro­ces­sus mal­hon­nête est un coup d’É­tat de nos propres exé­cu­tifs contre les prin­cipes de base de la démocratie. »

    Réponse
  71. guilloualain

    Il est urgent bien sûr, que le peuple reprenne la parole dans cette affaire !

    La péti­tion pro­po­sée par Jacques Roman ce 26 Juin est claire : plus elle sera signée plus nous aurons de chances de retrou­ver une cer­taine « digni­té de citoyens » !

    Réponse
  72. André

    Bon­jour

    Briè­ve­ment, je vais tra­vailler, la péti­tion est néces­saire, où la trou­ver ? Ne peut-on la mettre en ligne sur ton site Étienne ? Je suis prêt à en faire la publicité.

    Ami­ca­le­ment

    André

    Réponse
  73. Étienne

    Mer­ci André,

    on pour­rait effec­ti­ve­ment la pro­po­ser ici, mais cela demande d’ins­tal­ler un module qu’il faut d’a­bord choi­sir… et je ne connais pas l’offre en matière de logi­ciels de sui­vi de péti­tion. Si vous avez une idée, je peux ins­tal­ler ça la nuit pro­chaine ;o)

    Autre­ment, il y a aus­si des sites spé­cia­li­sés qui hébergent dif­fé­rentes pétitions.

    Jacques a pro­po­sé un nou­veau texte, inté­res­sant, sur le forum. On peut se don­ner quelques jours pour bien dis­cu­ter le texte (car il sera trop tard pour le chan­ger quand les gens auront com­men­cé à signer).

    Je file visi­ter mes étu­diants en stage ;o)

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  74. Jean-Michel FAYARD

    « Donc, de la même façon que ce n’est pas l’é­ti­quette « Consti­tu­tion » qui est dan­ge­reuse pour les citoyens, ce n’est pas l’ab­sence d’é­ti­quette « Consti­tu­tion » qui peut nous rassurer »

    C’est par­fai­te­ment vrai, mais hélas, Etienne, Etienne, pour­quoi dis-tu cela seule­ment maintenant ?

    En 2005, nous t’a­vions dit de prendre garde par rap­port à cette illu­sion du grand soir consti­tu­tion­nel. Nous t’a­vions dit que le TCE ne venait qu’a­men­der Maas­tricht et Nice qui pos­sé­daient eux aus­si des dis­po­si­tions qui fixent com­ment se votent les lois (« direc­tives ») et orientent par un pré­am­bule leurs inten­tions : ces « méta-règles » for­maient bien par nature une consti­tu­tion. Et donc le TCE ne venait que les amen­der dans un sens aus­si pro­gres­siste que pos­sible même si moins que souhaitable.

    Notre argu­men­taire a été 100 fois, 1000 fois tour­né en ridi­cule. « Tel article est un scan­dale qui va déclen­cher inces­sa­ment une catas­trophe ! » enten­dions-nous. « Mais il existe depuis 1957, et comme il est déjà ava­li­sé, qu’on vote OUI ou qu’on vote NON il res­te­ra en vigueur ! » répon­dions-nous accu­lés par la vio­lence de cette charge péremp­toire. Mais on nous clouait le bec avec cet argu­ment d’au­to­ri­té : « Ah mais non, c’est pas du tout pareil, avant ce n’é­tait qu’un trai­té, c’est beau­coup plus grave désor­mais, car il a désor­mais une nature « consti­tu­tion­nelle », ça change tout, main­te­nant il est « gra­vé dans le marbre », et pata­ti et pata­ta ». Déses­pé­rés de faire com­prendre à nos contra­dic­teurs que nous n’é­tions pas leurs enne­mis, nous insis­tions par­fois : « Mais enfin, vous pas­sez à côté de l’en­jeu du vote ! Est-ce que vous auriez refu­sé de voter l’a­bo­li­tion de la peine de mort parce que cet amen­de­ment au code civil lais­sait inchan­gé de nom­breuses dis­po­si­tions effec­ti­ve­ment scan­da­leuses pré­sentes ailleurs dans le code civil ? »

    Rien à faire, 100 fois, 1000 fois, cette erreur s’est gra­vée dans l’esprit.

    Aujourd’­hui je pense qu’il est trop tard pour remon­ter la pente, le roué Sar­ko­zy va pro­fi­ter à plein de cette idée fausse répé­tée ad eter­nam. L’in­croyable pou­voir sym­bo­lique des mots qui hier a fusillé le TCE va aujourd’­hui se retour­ner contre la contes­ta­tion à sa consti­tu­tion au rabais. Et ce n’est pas qu’une pré­dic­tion. Déjà, j’ai lu sur de nom­breux forums des « non »-istes irré­duc­tibles lâcher un démo­bi­li­sant « enfin bon, ce n’est qu’un trai­té, donc c’est moins grave ».

    Réponse
  75. AJH

    Pour info…

    Laurent Fabius
    LE MONDE | 27.06.07 | 10h01

    Vous aviez défen­du le non à la Consti­tu­tion euro­péenne au sein du PS. Que pen­sez-vous du trai­té « simplifié » ?

    Le nou­veau trai­té dit sim­pli­fié est en réa­li­té com­pli­qué. Il serait plus juste de l’ap­pe­ler « trai­té cor­ri­gé ». Là où, en cas de non fran­çais, on nous mena­çait d’un enli­se­ment pen­dant au moins trente ans, il était donc pos­sible d’ap­por­ter des modi­fi­ca­tions en quelques semaines ! Ce texte reprend plu­sieurs avan­cées ins­ti­tu­tion­nelles comme la pré­si­dence stable de l’U­nion, mais il ne consti­tu­tion­na­lise plus des poli­tiques euro­péennes inadap­tées et du même coup, la lourde par­tie III, comme nous l’a­vions sou­hai­té, disparaît.

    Le résul­tat reste cepen­dant insuf­fi­sant, par exemple pour ce qui concerne les ser­vices publics, le volet social ou encore l’ac­cès aux coopé­ra­tions ren­for­cées entre Etats membres. Il n’y a rien de nou­veau sur l’har­mo­ni­sa­tion fis­cale et la Banque cen­trale euro­péenne, alors que ce sont des ques­tions essen­tielles. Les déro­ga­tions consen­ties aux Bri­tan­niques sont multiples.

    Sur­tout, il faut que l’Eu­rope se décide enfin à finan­cer les dépenses d’a­ve­nir, qu’elle adopte des poli­tiques effi­caces pour l’en­vi­ron­ne­ment, l’éner­gie, le com­merce, et qu’elle porte une vraie ambi­tion sociale : nous n’a­vons aucune assu­rance sur tous ces points, ni aucun enga­ge­ment de rendez-vous.

    Approu­ve­rez-vous ce trai­té quand il sera sou­mis aux parlementaires ?

    Il faut attendre les résul­tats de la confé­rence inter­gou­ver­ne­men­tale pour voir exac­te­ment quel texte en sor­ti­ra. En tout cas, il est clair que le non a déjà été utile, puis­qu’il a per­mis de cor­ri­ger cer­tains aspects du trai­té initial.

    Réponse
  76. AJH

    @JMF

    Le « OUI » nous aurait fait approu­ver ceci « Il est inter­dit à la BCE et aux banques cen­trales des États membres, ci-après dénom­mées « banques cen­trales natio­nales » d’accorder des décou­verts ou tout autre type de cré­dit aux ins­ti­tu­tions ou organes de la Com­mu­nau­té, aux admi­nis­tra­tions cen­trales, aux auto­ri­tés régio­nales ou locales, aux autres auto­ri­tés publiques, aux autres orga­nismes ou entre­prises publiques des États membres ; l’acquisition directe des ins­tru­ments de leur dette, auprès d’eux, par la BCE ou les banques cen­trales natio­nales, est éga­le­ment interdite. »

    … alors que 10 ans nous avaient per­mis de voir que c’est une pro­fonde arnaque … fal­lait-il donc enté­ri­ner cet article 104..??

    Réponse
  77. leplanB

    Les prin­ci­paux points du pro­jet de trai­té simplifié :

    Charte des droits fondamentaux
    Le trai­té confé­re­ra une valeur juri­di­que­ment contrai­gnante à la charte des droits fon­da­men­taux de l’UE, sauf au Royaume-Uni.

    Les Par­le­ments natio­naux dis­po­se­ront d’un méca­nisme d’a­lerte pré­coce ren­for­cé pour contes­ter des pro­jets de légis­la­tion euro­péenne. La Com­mis­sion devra réexa­mi­ner tout pro­jet contes­té par un tiers des voix attri­buées aux Par­le­ments nationaux.

    La majo­ri­té qua­li­fiée devien­dra la règle pour 51 domaines sup­plé­men­taires, dont la coopé­ra­tion judi­ciaire et poli­cière, l’é­du­ca­tion ou la poli­tique économique

    cela devrait vous plaire

    Réponse
  78. André

    Bon­soir

    La dif­fi­cul­té est de trou­ver un texte consen­suel, aus­si serons nous obli­gés d’être assez généraliste.
    Je sug­gère tout de même l’i­dée que la charte des droits fon­da­men­taux ne doit nul­le­ment être infé­rieure aux chartes les plus évo­luées et se rap­pro­cher de la charte des nations unies de 1946 qui garde toute sa valeur.
    Il faut inclure un para­graphe sur les biens publics mon­diaux et sur le droit des états de déter­mi­ner le péri­mètre de leurs ser­vices publics dans des domaines fon­da­men­taux (édu­ca­tion, san­té, eau, éner­gie, etc.)

    Ensuite, pour le fonc­tion­ne­ment de l’UE, il faut récla­mer 2 choses :
    La poli­tique de la BCE doit être sou­mise au contrôle des états membres.
    La com­mis­sion ne doit plus avoir le mono­pole pour la pro­po­si­tion des lois
    C’est sans doute insuf­fi­sant, mais ne vaut-il pas mieux se can­ton­ner à des choses pré­cises et com­pré­hen­sibles par le plus grand nombre ? Je mets cette idée au débat.
    Cordialement
    André

    Réponse
  79. Adrien C

    Je pense qu’il faut – en prio­ri­té abso­lue (mais pas exclu­sive) – (ré)insister sur le dan­ger por­té à la « démo­cra­tie » par l’é­la­bo­ra­tion de ce traité.

    Il est fon­da­men­tal de sen­si­bi­li­ser nos conci­toyens fran­çais et euro­péens au carac­tére anti­dé­mo­cra­tique de l’U­nion euro­péenne telle qu’elle est orga­ni­sée aujourd’hui.

    Ce n’est pas une ques­tion de gauche ou de droite, d’être pro-sou­ve­rai­niste ou bien pro-com­mu­niste, d’être libé­ral ou d’être socia­liste, c’est une ques­tion qui dépasse tous nos cli­vages réfé­ren­tiels poli­tiques, et c’est sans doute aus­si para­doxa­le­ment pour cela qu’on ne la per­çoit pas ou pas faci­le­ment… même (et sur­tout) si l’on a étu­dié à l’u­ni­ver­si­té le fonc­tion­ne­ment des ins­ti­tu­tions euro­péennes. Il paraît fou de pen­ser que tant d’é­tu­diants apprennent le fonc­tion­ne­ment des ins­ti­tu­tions très com­plexes de l’UE (et je fus des leurs) mais qu’il ne vienne à qua­si­ment aucun l’i­dée de pen­sée que leur fonc­tion­ne­ment n’as­sure pas une sépa­ra­tion des pou­voirs effec­tives. Il est vrai que peu de livres de droit euro­péen ne traitent de la question.

    Il fau­drait par­ve­nir à sus­ci­ter un/des débats, et des réflexions chez nos conci­toyens telles que :

    Notre rêve euro­péen n’est-il pas construit au détri­ment des peuples, titu­laires de la souveraineté ?

    Atten­du que le trai­té pré­pa­ré par les gou­ver­ne­ments des pays de l’UE com­porte des dis­po­si­tions de valeur « consti­tu­tion­nelles » voire pro­cla­mées supra­cons­ti­tu­tio­nelles, ont-ils la légi­ti­mi­té de faire ce que seule­ment le(s) peuple(s) a/ont la légi­ti­mi­té de faire ? ( et que les peuples consul­tés ont dit « non ».)

    Avec du bon sens, et les ensei­gne­ments de Mon­tes­quieu à l’ap­pui (Rous­seau est à uti­li­ser avec plus de modé­ra­tion), on peut faci­le­ment prou­ver – comme Etienne n’a ces­sé de nous en convaincre ici- que les ins­ti­tu­tions euro­péennes ne garan­tissent pas contre l’ar­bi­traire, et ce fai­sant, ne sont pas l’i­mage que nous nous fai­sons de la démocratie.

    Por­ter ce mes­sage, et par­ve­nir à le dif­fu­ser lar­ge­ment, serait excellent !

    Réponse
  80. Vladimir

    Je suis deso­lé d’in­sis­ter pour ten­ter d’ex­pli­quer que le pro­jet d’un nou­veau trai­té n’est qu’un camou­flage de la fuite en avant néces­saire du système :

    La déré­gu­la­tion finan­cière, depuis les années 70, a créé une indus­trie finan­cière mon­diale (FED, BCE, banques mul­ti­na­tio­nales) dont l’usage immo­dé­ré du cré­dit a abou­ti à l’existence d’une masse de capi­taux spé­cu­la­tifs dont le mon­tant actuel est de 750 000 mil­liards de $, concen­trée en grande par­tie dans les pro­duits dérivés.

    Cette masse gigan­tesque en mou­ve­ment per­ma­nent est l’objet de l’attention per­ma­nente des États et ins­tances inter­na­tio­nales G8, CE ‚etc. qui savent l’insécurité et les incer­ti­tudes de cette acti­vi­té, dont les pro­fits sont le moteur de la croissance.

    Depuis des décen­nies le contrôle et l’encadrement de cette horde sau­vage mon­diale s’ef­fec­tue à tra­vers la créa­tion le contrôle et l’éclatement de bulles spé­cu­la­tives de toutes sortes.

    La conjonc­ture actuelle voit l’effondrement, en par­tie hors contrôle, des bulles immo­bi­lières et finan­cières des heldge funds et la néces­saire créa­tion d’une nou­velle bulle, celle des per­mis de pol­luer de CO2.

    L’objet réel des grandes der­nières réunions concer­ta­tions du G8, comme du som­met de Bruxelles, est la mise en place de cette nou­velle bulle spé­cu­la­tive de rem­pla­ce­ment avant l’effondrement deja pré­vu des autres bulles.

    La poli­tique réelle au ser­vice de cette indus­trie finan­cière est camou­flée par l’exhortation du néces­saire com­bat contre le chan­ge­ment cli­ma­tique atten­du par toute la planète.

    Nous sommes dans cette contra­dic­tion et dans cette parodie.

    Réponse
  81. Étienne

    « Union euro­péenne : les Fran­çais veulent un référendum »

    C’est un son­dage impor­tant publié par Le Pari­sien le 30 juin,
    et — c’est éton­nant — ça n’a inté­res­sé per­sonne dans le PAF (pay­sage audio­vi­suel français), 
    aucun jour­nal, aucune télé n’a repris cette infor­ma­tion… Non, vrai­ment, ce n’est pas impor­tant… :o)

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​m​u​l​t​i​m​e​d​i​a​/​2​0​0​7​0​6​3​0​S​o​n​d​a​g​e​_​L​e​s​_​F​r​a​n​c​a​i​s​_​v​e​u​l​e​n​t​_​u​n​_​r​e​f​e​r​e​n​d​u​m​.​jpg.

    La ques­tion :

    « Vous savez que le pré­sident de la Répu­blique, Nico­las Sar­ko­zy, avait indi­qué qu’il sou­hai­tait que le trai­té euro­péen sim­pli­fié soit sou­mis au vote des dépu­tés et des séna­teurs réunis en Congrès plu­tôt que par réfé­ren­dum auprès des Fran­çais. Quelle serait votre pré­fé­rence ? »

    Les réponses :

     

    Ensemble des
    Français

    Fran­çais
    qui ont voté OUI
    le 29 mai 2005

    Fran­çais
    qui ont voté NON
    le 29 mai 2005

    Que le trai­té euro­péen sim­pli­fié soit sou­mis à un
    référendum

    57%

    43%

    76%

    Que le trai­té euro­péen sim­pli­fié soit sou­mis au vote
    des dépu­tés et des séna­teurs réunis en Congrès

    34%

    50%

    21%

    Son­dage exclu­sif CSA pour « Le
    Pari­sien » et « Aujourd’hui en France », réa­li­sé par
    télé­phone les 27 et 28 juin 2007.
     Échan­tillon repré­sen­ta­tif de 1004
    per­sonne de 18 ans et plus. Méthode des quotas.

     

    Les com­men­taires du journal : 

    Réfé­ren­dum ou Congrès ? Inter­ro­gés par le CSA pour « Le Pari­sien » et « Aujourd’hui en France », les Fran­çais sont caté­go­riques : 57% d’entre eux réclament un réfé­ren­dum. Une semaine après le som­met de Bruxelles, ils disent non à la pro­cé­dure envi­sa­gée par Nico­las Sar­ko­zy pour la rati­fi­ca­tion du mini-trai­té euro­péen des­ti­né à rem­pla­cer le pro­jet de Consti­tu­tion reje­té par la France et les Pays-Bas. L’opposition est sur­tout nette chez les élec­teurs qui ont voté non au réfé­ren­dum du 29 mai 2005 ; 76% d’entre eux veulent de nou­veau don­ner leur avis. 

    Ce sont les élec­teurs de moins de trente ans (65%), les employés (69%) et ouvriers (62%), les étu­diants (67%) qui sont les plus nom­breux à vou­loir un réfé­ren­dum, de même que les élec­teurs d’extrême gauche (80%), de gauche (76%) et proches du Front natio­nal (62%).

    Mal­gré cette réserve d’importance, 54% se déclarent satis­faites de l’action de Nico­las Sar­ko­zy. Le nou­veau trai­té, après dis­cus­sion entre les 27 pays de l’Union euro­péenne, devrait nor­ma­le­ment être rati­fié par l’Assemblée natio­nale et le Sénat réunis en Congrès, début 2008. 
    B.H.

    Réponse
  82. Vladimir

    Le son­dage du Pari­sien confirme celui du Finan­cial Times :

    Trai­té sim­pli­fié : les Euro­péens sou­haitent un référendum

    NOU​VE​LOBS​.COM | 18.06.2007 | 10:21

    Selon un son­dage, une forte majo­ri­té de Bri­tan­niques, Fran­çais, Alle­mands, Ita­liens et Espa­gnols sou­haitent un réfé­ren­dum sur le trai­té sim­pli­fié de l’U­nion européenne.

    Une forte majo­ri­té d’ha­bi­tants en Espagne, Alle­magne, Grande-Bre­tagne, Ita­lie et France sou­haite un réfé­ren­dum sur le trai­té sim­pli­fié de l’U­nion euro­péenne, selon un son­dage publié lun­di 18 juin par le Finan­cial Times. 75% des Espa­gnols, 71% des Alle­mands, 69% des Bri­tan­niques, 68% des Ita­liens et 64% des Fran­çais estiment que le nou­veau trai­té exa­mi­né lors du pro­chain som­met euro­péen doit être sou­mis au vote popu­laire, indique le son­dage, réa­li­sé par l’ins­ti­tut Har­ris Inter­ac­tive pour le quo­ti­dien éco­no­mique bri­tan­nique.

    En revanche, les per­sonnes inter­ro­gées sont hos­tiles à l’i­dée d’a­voir un pré­sident de l’U­nion euro­péenne « à plein temps » à la place d’une pré­si­dence tour­nante de six mois, comme c’est le cas actuel­le­ment. Seuls 46% des Euro­péens en moyenne y sont favo­rables, dont 14% en Grande-Bre­tagne et 54% en Espagne.

    La pro­po­si­tion d’un ministre des Affaires étran­gères de l’UE est mieux accueillie, avec 77% d’a­vis favorables.

    Contre l’en­trée de la Turquie

    Un élar­gis­se­ment de l’U­nion euro­péenne n’est pas encou­ra­gé par les per­sonnes son­dées. Ain­si l’adhé­sion de la Tur­quie à l’U­nion est reje­tée par 71% des Fran­çais et 66% des Allemands. 

    Pour réa­li­ser son son­dage, Har­ris Inter­ac­tive a inter­ro­gé 1.025 Bri­tan­niques, 1.014 Alle­mands, 1.012 Fran­çais, 1.090 Ita­liens et 1.010 Espa­gnols via Inter­net entre le 31 mai et le 12 juin.

    http://​temps​reel​.nou​ve​lobs​.com/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​/​e​u​r​o​p​e​/​2​0​0​7​0​6​1​8​.​O​B​S​2​3​6​8​/​t​r​a​i​t​e​_​s​i​m​p​l​i​f​i​e​_​_​l​e​s​_​e​u​r​o​p​e​e​n​s​s​o​u​h​a​i​t​e​n​t​_​u​n​_​r​e​f​e​r​e​n​d​u​m​.​h​tml  

    Réponse
  83. Laurent_K

    Pour l’a­voir, ce réfé­ren­dum, il faut faire pres­sion sur les dépu­tés pour qu’ils n’ap­prouvent pas le trai­té. Le PS et le MoDem ont le nombre de voix néces­saires pour blo­quer le pas­sage au Congrès et obli­ger à un référendum.

    Mais le plus impor­tant, c’est de for­cer à la démo­cra­ti­sa­tion de l’Eu­rope. Sinon, le seul recours sera le rejet de l’Eu­rope et ça, ça ne serait pas bon. Et là, j’ai un peu l’im­pres­sion que nos « repré­sen­tants » font la sourde oreille…

    Réponse
  84. Vladimir

    Bon­jour,
    il ne faut rien attendre des dépu­tés, il ne faut comp­ter que sur nous-mêmes.

    Une ini­tia­tive interressante :

    Expé­ri­men­ter un forum de rue hebdomadaire :
    Bilan pro­vi­soire du pre­mier forum anti-Sar­ko­zy de Nantes

    dimanche 8 juillet 2007, par Luc Douillard.

    À la suite du forum heb­do­ma­daire anti-Sar­ko­zy de Nantes, une publi­ca­tion, la revue natio­nale du Scalp « No pasa­ran », « soli­daires, éga­li­taires, liber­taires » (http://​nopa​sa​ran​.samiz​dat​.net) nous a aima­ble­ment deman­dé un bilan pro­vi­soire de cette ini­tia­tive ori­gi­nale et unique en France. Ce bilan vient de paraître sur deux pages illus­trées dans le n°60 de juillet-août 2007 de « No pasa­ran ». (Il est éga­le­ment ques­tion que cet article paraisse pro­chai­ne­ment dans la revue natio­nale « Eman­ci­pa­tion inter­syn­di­cale et péda­go­gique », ex- « Ecole Émancipée »).

    Bien enten­du, ceci n’est qu’un bref bilan à chaud, relu par quelques un-e‑s, et for­cé­ment sub­jec­tif. Il est cri­ti­quable et doit être enri­chi par vos avis ou vos sou­ve­nirs vécus. À vos plumes !

    On peut écrire à :
    [email protected]

    http://​www​.alter​monde​-levil​lage​.com/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​1​0​806

    Réponse
  85. lucien

    Bon­jour ,

    Pour­quoi n’é­cri­vez vous pas à Sar­ko­sy pour lui deman­der de par­ti­ci­per à la com­mis­sion de réforme des institutions ?

    Mon­sieur Chouard pour­rait très bien appor­ter les idées qu’il défend ici, 

    et Sar­ko­sy devrait accepter.

    S’il refuse, faites paraître une lettre publiquement.

    Le moment est un moment clé si vous vou­lez vrai­ment chan­ger les institutions.

    Réponse
  86. Vladimir

    L’é­tat d’es­prit réel des dépu­tés vu par l’un d’eux :

    Pour une France libre
    par Nico­las Dupont-Aignan, jeu­di 5 juillet 2007 à 15:45 :: Réflexion :: #163 :: rss

    « Je sors de l’Assemblée Natio­nale au terme du débat sur les consé­quences du som­met de Bruxelles des 21 et 22 juin derniers.

    Dans un hémi­cycle qua­si­ment désert, nous avons enten­du le Ministre des Affaires Etran­gères rendre compte du som­met et se féli­ci­ter de l’accord soi disant his­to­rique qui remet la consti­tu­tion euro­péenne en selle reje­tée par les Fran­çais en mai 2005.

    Sa sin­cé­ri­té et sa désin­vol­ture sau­taient aux yeux. » (…)

    Lire la suite : http://​www​.nda2007​.fr/​b​l​o​g​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​2​0​0​7​/​0​7​/​0​5​/​1​6​3​-​p​o​u​r​-​u​n​e​-​f​r​a​n​c​e​-​l​i​bre

    Réponse
  87. Étienne

    « Je veux que tout nou­veau trai­té euro­péen soit sou­mis à un Referendum »

    http://​x09​.eu/fr

    Une péti­tion euro­péenne, simple et forte. 
    Faites pas­ser :o)

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  88. Étienne

    « Le « Trai­té sim­pli­fié » est prêt ! »

    Les infos de Jean Qua­tre­mer, et des com­men­taires attris­tants, sou­vent beau­coup moins calmes et argu­men­tés que ceux de Jean :

    http://​bruxelles​.blogs​.libe​ra​tion​.fr/​c​o​u​l​i​s​s​e​s​/​2​0​0​7​/​1​0​/​l​e​-​t​r​a​i​t​-​s​i​m​p​l​i​.​h​tml

    Après mon pre­mier com­men­taire hier, un échange, plu­tôt apai­sé pour le moment, a com­men­cé avec Jean Qua­tre­mer : je viens de pas­ser une nuit (10 h) à lui pré­pa­rer une réponse point par point.

    J’espère que nous allons pro­gres­ser et nous enri­chir mutuellement.

    Le débat ouiistes vs nonistes n’a encore jamais eu vrai­ment lieu, j’ai l’impression : ça a tou­jours été jusqu’ici un dia­logue de sourd(s ?).

    Il y a long­temps que je me disais qu’il est impor­tant d’al­ler s’ex­pli­quer chez les ouiistes eux-mêmes (je ne confonds pas les élec­teurs et les can­di­dats) et de tâcher de se com­prendre mutuel­le­ment, au lieu de se battre (sous l’oeil gogue­nard des mul­ti­na­tio­nales et des banques qui adorent le spec­tacle des gueux qui s’en­tre­dé­chirent sans voir l’essentiel).

    C’est dif­fi­cile de ne pas être aus­si agres­sif que ce qu’on trou­ve­rait juste et natu­rel. Pour­tant, c’est une condi­tion sine qua non du débat.

    On ver­ra ce que ça don­ne­ra. Ils ont peut-être des argu­ments nou­veau de nature à nous faire évoluer.

    Réponse
  89. Étienne

     « Et
    voi­ci le « trai­té sim­pli­fié » »
    par Jean
    Qua­tre­mer
    , sur le blog Les Cou­lisses de
    Bruxelles
     :

    http://​bruxelles​.blogs​.libe​ra​tion​.fr/​c​o​u​l​i​s​s​e​s​/​2​0​0​7​/​1​0​/​e​t​-​v​o​i​c​i​-​l​e​-​t​r​a​.​h​tml

    « La
    pré­si­dence por­tu­gaise a ren­du public, cet après-midi, le
    « trai­té
    modificatif »

    avec son
    pré­am­bule,
    ses
    pro­to­coles
    et, enfin, ses
    décla­ra­tions.
    Vous pou­vez les télé­char­ger sous for­mat .pdf à par­tir de ce blog. J’y
    reviens dès que j’ai eu le temps de m’y plon­ger. Le prochain
    ren­dez-vous est fixé aux 18 et 19 octobre, date du Conseil euro­péen des
    chefs d’E­tat et de gou­ver­ne­ment au cours duquel l’en­semble de ces
    textes doit être adop­té. Des sur­prises ne sont pas à exclure, notamment
    du côté de la Pologne… »

     

    Réponse
  90. AJH

    Bon­jour Etienne

    On voit bien que Qua­tre­mer, accu­sant les « nonistes » d’être sec­taires, ne per­met­tra pas au débat d’a­van­cer sur son blog. Je pense qu’il vaut mieux user ses forces à débattre avec ceux qui hésitent, plu­tôt qu’a­vec ce mec buté..

    A+

    Réponse
  91. NingúnOtro

    Faute à savoir com­ment rejoindre ceux qui hésitent pour leur par­ler, je trouve que éta­ler notre opi­nion sur un blog même ouiiste, quand celui-ci à l’hon­nê­te­té ou même le res­pect pour la déon­to­lo­gie jour­na­lis­tique suf­fi­sante de ne pas nous cen­su­rer car­ré­ment, à une cer­taine uti­li­té. Ceux qui hésitent ont mal­heu­reu­se­ment plus de pro­ba­bi­li­tés d’a­bou­tir dans leur recherches sur des sites favo­rables au OUI, ne serait-ce que parce que la myriade de sites ins­ti­tu­tion­nels le sont tous, que sur les sites nonistes sou­vent par­ti­cu­liers et pau­vre­ment reliées, et donc dif­fi­ciles à trou­ver sauf par pure chance.

    Voyez donc le fan­tas­tique outil qu’est http://​www​.tou​te​leu​rope​.fr/​f​i​l​e​a​d​m​i​n​/​C​I​E​/​0​6​-​o​b​s​e​r​v​a​t​o​i​r​e​/​t​o​i​l​e​/​c​a​r​t​o​s​e​p​t​0​7​/​p​o​p​_​c​a​r​t​o​g​r​a​p​h​i​e​.​h​tml

    que j’ai trou­vé dans un billet de Jean Qua­tre­mer. Je ne sais pas com­bien de sites nonistes on peut trou­ver dans ce véri­table uni­vers, mais même celui d’É­tienne est plus caché qu’une aiguille entre la paille…

    Alors, si on doit se réplier de forme endo­game sur nous-mêmes, c’est per­du d’avance…

    Réponse
  92. NingúnOtro

    Je vois d’ailleurs que le site tou​te​leu​rope​.fr à une ori­gine ins­ti­tu­tion­nelle… et je trouve scan­da­leux que tout l’ef­fort qu’É­tienne a fait pen­dant ces années soit mini­mi­sé en pre­nant comme page de base http://​etienne​.chouard​.free​.fr, où il n’y a qu’une brève intro­duc­tion de son tra­vail, au lieu de la page http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​ope qui lui don­ne­rait son juste rang dans cet univers.

    Est-ce une erreur, ou trichent-ils en savant ?

    Qu’est-ce que nous pou­vons faire pour cor­ri­ger cela ?

    Réponse
  93. philippe magdelenat
  94. Vladimir

    Bon­jour,

    Richesses et limites d’un début de débat euro­péen (en l’absence des Fran­çais, des Ita­liens, des Belges, etc. ?) :

    Compte ren­du du Congrès

    « Incon­di­tion­nel et assu­rant l’existence : le reve­nu garan­ti comme droit de l’homme. »

    Bâle (Suisse), 5–7 octobre 2007 à l’université de Bâle, Petersplatz

    http://​reve​nu​.garan​ti​.free​.fr/​c​o​n​g​r​e​s​-​B​a​l​e​-​r​e​v​e​n​u​-​g​a​r​a​n​t​i​.​h​tml

    Réponse
  95. philippe magdelenat

    Bon­soir Étienne ,

    Une petite contribution :

    À signa­ler : deux articles par Claude Blu­mann, pro­fes­seur de droit euro­péen à Assas :

    * « La relance de l’Eu­rope : le trai­té sim­pli­fié » dans la semaine juri­dique du 11 juillet 2007 n ° 28 p.3 à 5.

    * « Le juge natio­nal, gar­dien menot­té de la pro­tec­tion juri­dic­tion­nelle effec­tive en droit com­mu­nau­taire » dans la semaine juri­dique du 25 juillet 2007 n°30 p. 13 à 22.

    Bonne lec­ture.

    Bien cor­dia­le­ment.

    Phi­lippe

    Réponse
  96. Étienne

    Mer­ci Philippe.

    Auriez-vous des liens (pour lire tout ça sur le net) ?

    De mon côté, je vous signale :

    • « Haute trahison »
    par Anne-Marie Le Pou­rhiet, pro­fes­seur de droit public :
    http://​www​.marian​ne2​.fr/​H​a​u​t​e​-​t​r​a​h​i​s​o​n​_​a​7​8​9​1​1​.​h​tml

    • « Tout ce que vous avez tou­jours vou­lu savoir sur le trai­té « simplifié »… »
    http://​www​.traite​-sim​pli​fie​.org/
    Un nou­veau site dédié au trai­té simplifié.

    • « L’audition de Phi­lippe de Vil­liers devant le Comi­té de réflexion et de pro­po­si­tion
    sur la modernisation
    et le rééqui­li­brage des ins­ti­tu­tions de la Vème Répu­blique (CRPMRIR) »

    http://​www​.lcpan​.fr/​c​r​p​m​r​i​r​/​d​e​v​i​l​l​i​e​r​s​/​d​e​v​i​l​l​i​e​r​s​.​a​s​p​?​t​c​=​d​e​m​a​r​r​age

    C’est une très inté­res­sante passe d’arme entre un poli­ti­cien de métier ayant des choses impor­tantes à dire contre la pen­sée unique (l’or­tho­doxie, la doc­trine, les pseu­dos véri­tés éta­blies), mais com­mo­dé­ment dia­bo­li­sé par l’étiquette « sou­ve­rai­niste » (aus­si som­maire qu’injurieusement uti­li­sée) et un groupe d’interlocuteurs polis jusqu’à l’obséquiosité, mais mani­fes­te­ment tous anti­sou­ve­rai­nistes, eux, c’est-à-dire d’accord pour aban­don­ner la sou­ve­rai­ne­té natio­nale (comme si elle leur appar­te­nait) à l’UE sans plus jamais consul­ter direc­te­ment le peuple qu’ils sont pour­tant cen­sés défendre, et sur­tout en situa­tion d’abus de pou­voir carac­té­ri­sé puisqu’ils réflé­chissent eux-mêmes, pour la plu­part d’entre eux, aux limites de leurs propres pou­voirs (leur pro­fonde illé­gi­ti­mi­té n’étant évi­dem­ment pas por­tée au débat) : Phi­lippe de Vil­liers connaît très bien son dos­sier euro­péen, il défend bien le refus des Fran­çais, et le mépris du réfé­ren­dum affi­ché par nos pré­ten­dus « repré­sen­tants » est bien révé­la­teur de leur petite ver­tu. ÉC.

    • « Trai­té modi­fi­ca­tif euro­péen : vers un tota­li­ta­risme de marché ? »
    par Samuel Schwei­kert – ingénieur, 
    Robert Jou­mard – direc­teur de recherche, 
    Jean-Fran­çois Escuit – ingé­nieur, retraité, 
    Hen­ri Para­ton – cadre de direc­tion, retraité 
    et Michel Chris­tian – professeur :
    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​m​e​s​s​a​g​e​s​_​r​e​c​u​s​/​T​r​a​i​t​e​_​t​o​t​a​l​i​t​a​i​r​e​_​1​1​o​c​t​o​b​r​e​2​0​0​7​.​pdf

    • Résu­mé en deux pages (6 sep­tembre 2007) :

    « Le trai­té du mépris »
    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​m​e​s​s​a​g​e​s​_​r​e​c​u​s​/​A​n​a​l​y​s​e​_​r​e​s​u​m​e​e​_​T​r​a​i​t​e​_​m​o​d​i​f​i​c​a​t​i​f​_​p​a​r​_​R​o​b​e​r​t​_​J​o​u​m​a​r​d​_​6​_​s​e​p​t​_​2​0​0​7​.​pdf

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne

    Réponse
  97. jmfayard

    « Tout ce que vous avez tou­jours vou­lu savoir sur le trai­té « simplifié »… »
    http://​www​.traite​-sim​pli​fie​.org/

    Ça com­mence bien, rien que le nom du site est un men­songe que per­sonne en deça de la sar­ko­zie n’a repris à son compte. Un coup d’oeil au conte­nu va-t-il nous confir­mer… Ah oui, poubelle !

    C’est une très intéressante passe d’arme entre un politicien de métier ayant des choses importantes à dire contre la pensée unique (l'orthodoxie, la doctrine, les pseudos vérités établies), mais commodément diabolisé par l’étiquette "souverainiste" (aussi sommaire qu’injurieusement utilisée) et un groupe d’interlocuteurs polis jusqu’à l’obséquiosité, mais manifestement tous antisouverainistes, eux, c'est-à-dire d’accord pour abandonner la souveraineté nationale (comme si elle leur appartenait) à l’UE sans plus jamais consulter directement le peuple qu’ils sont pourtant censés défendre, et surtout en situation d’abus de pouvoir caractérisé puisqu’ils réfléchissent eux-mêmes, pour la plupart d’entre eux, aux limites de leurs propres pouvoirs (leur profonde illégitimité n’étant évidemment pas portée au débat) : Philippe de Villiers connaît très bien son dossier européen, il défend bien le refus des Français, et le mépris du référendum affiché par nos prétendus "représentants" est bien révélateur de leur petite vertu.

    Alors ça y est, au terme de votre long et sinueux par­cours idéo­lo­gique, vous avez fini par virer sou­ve­rai­niste ? Dommage.

    Et bon voyage à la droite de la droite ! Comme manuel de voyage, je ne sau­rais trop vous recom­man­der la lec­ture du livre mis en url dans mon login, de manière à éli­mi­ner tout risque de répé­ter des erreurs his­to­riques com­mises par cer­tains intel­lec­tuels du siècle der­nier qui, venus d’ho­ri­zons divers, mais unis dans une com­mune défiance envers leurs « pré­ten­dus repré­sen­tants » ont fait rimer ensemble social et natio­nal, natio­nal et social, comme deux spi­rales s’en­tre­te­nant l’une et l’autre dans un cercle vicieux menant à l’abîme.

    Réponse
  98. Laurent_K

    Ben, le pro­blème c’est que nos repré­sen­tants font beau­coup pour que qui­conque essaye de réflé­chir par soit-même se méfie.

    Si nos repré­sen­tants sont des gens bien inten­tion­nés, la façon dont ce trai­té doit être rati­fié est au mieux mal­adroite, au pire sus­pecte. A l’ex­cep­tion d’un seul pays (qui y est obli­gé), tous les autres cherchent à évi­ter le réfé­ren­dum comme la peste. Soit le trai­té est bon pour le pays et il faut en convaincre les citoyens pour qu’ils l’ap­prouvent par réfé­ren­dum, soit il est mau­vais et il faut le refuser.

    Et je parle bien de réfé­ren­dums. Que le rejet du trai­té soit aus­si le fait d’ex­trê­mistes ne change en effet rien au fait que le pré­cé­dent trai­té a été reje­té très clai­re­ment par une majo­ri­té des Fran­çais et une majo­ri­té encore plus nette de Hol­lan­dais alors que leurs repré­sen­ta­tions natio­nales avaient lar­ge­ment approu­vé le trai­té consti­tu­tion­nel. Elles n’ont plus la légi­ti­mi­té pour repré­sen­ter leurs peuples sur le sujet quoi­qu’elles pré­tendent (sauf peut-être en Espagne et au Luxem­bourg mais je ne vois pas pour­quoi nous devrions les pri­ver de ce choix).

    Réponse
  99. philippe magdelenat

    Bon­soir Etienne,

    déso­lé , ces articles ne sont pas mis gra­tui­te­ment en ligne.

    J’ha­bi­te­rais dans votre région, j’i­rais, volon­tiers, assis­ter aux confé­rences que vous pro­po­sez à l’u­ni­ver­si­té populaire.

    Cette année , je tra­vaille avec des étu­diants Qata­ris et dans un autre cours je retrouve régu­liè­re­ment une étu­diante bul­gare, ce qui me ramène aux pro­blèmes euro­péens et à l’hé­té­ro­gé­néi­té des points de vue qui pré­valent selon le pays dans lequel on se trouve.

    Les Bul­gares, par exemple, nous envient nos liber­tés que vous défen­dez avec tant de pugnacité .

    Bien cor­dia­le­ment.

    Phi­lippe

    Réponse
  100. Étienne

    Jean-Michel

    J’ai pris bonne note de ce livre « Ni droite, ni gauche : l’i­déo­lo­gie fas­ciste en France » de Zeev Stern­hell, que vous me conseillez de lire pour com­prendre où je vais sans le savoir, et je dois dire que j’i­gnore tout de ce che­mi­ne­ment intel­lec­tuel mys­té­rieux que vous détec­tez en moi. 

    J’ob­serve que, pour me dis­qua­li­fier rapi­de­ment, on me traite (par­fois) alter­na­ti­ve­ment de trots­kyste et de fas­ciste (et d’autres noms d’oiseau contra­dic­toires), mais que JAMAIS, dans ce cas, mes argu­ments sur le fond ne sont réfu­tés correctement…

    On dirait qu’ici, c’est la réfé­rence louan­geuse à une inter­ven­tion de Phi­lippe de Vil­liers qui a déclen­ché votre dégoût ; cette réac­tion épi­der­mique me fait pen­ser à l’anathème que jetaient les prêtres — du temps de leur puis­sance — sur les infi­dèles qua­li­fiés d’hérétiques pour les jeter dans les flammes sans autre forme de pro­cès : cha­cun était som­mé de détes­ter les héré­tiques sans réflé­chir, sur­tout sans réfléchir.

    Par­don­nez-moi, Jean-Michel, mais je tiens à réflé­chir, cas par cas, et votre accu­sa­tion de dérive fas­ciste, pour avoir trou­vé bonne une inter­ven­tion d’un homme quel qu’il soit, me semble à la fois légè­re­ment exces­sive et pos­si­ble­ment fan­tai­siste. En tout cas, elle ne me dis­suade nul­le­ment de conti­nuer à écou­ter tout le monde, abso­lu­ment tout le monde, libre­ment. Oui, c’est ça : librement.

    En admet­tant qu’il existe de purs affreux (ce que je crois fort rare), si écou­ter un affreux — et sur­tout trou­ver bonne une de ses idées — fait de vous un affreux, on est dans une pri­son de la pen­sée, JM, avec une cen­sure, un dogme, des blas­phèmes… Êtes-vous volon­taire, JM, pour exer­cer la police de la pensée ? 

    Le monde n’étant pas noir ou blanc, ni par­ta­gé entre les anges d’un côté et les salauds de l’autre, je m’attends sin­cè­re­ment à voir sur­gir une bonne idée même chez ceux que je peux consi­dé­rer le plus sou­vent comme des affreux.

    J’observe aus­si que le qua­li­fi­ca­tif de « sou­ve­rai­niste » semble être pour vous la pire des déchéances, une honte : j’en déduis (fine­ment) que vous êtes anti-sou­ve­rai­niste. J’ai pour­tant du mal à croire cela. Il faut déci­dé­ment que j’arrive à mieux cer­ner ce que signi­fient — pour vous au moins — les mots fas­ciste et sou­ve­rai­niste, parce que, là, je suis un peu perdu.

    Tout absor­bé par mes lec­tures des auteurs des Lumières et sui­vants (Hobbes, Rous­seau, Paine, Mon­tes­quieu, Constant, Toc­que­ville, Cas­to­ria­dis, Orwell, Weil….), je nage dans les louanges tres­sés à la sou­ve­rai­ne­té du peuple, celle qui nous libère tous, enfin !, de l’absolutisme et de l’arbitraire d’une caste… Alors, j’ai un peu du mal à embrayer sur votre dégoût du souverainisme. 

    Tout cela n’est sans doute, comme c’est sou­vent le cas, qu’un mal­en­ten­du :o)

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  101. Jean-Michel FAYARD

    J’observe aussi que le qualificatif de « souverainiste » semble être pour vous la pire des déchéances, une honte : j’en déduis (finement) que vous êtes anti-souverainiste.

    Anti-sou­ve­rai­niste moi ? Effec­ti­ve­ment, ce que je recherche c’est l’é­man­ci­pa­tion de la mul­ti­tude des êtres humains. La sou­ve­rai­ne­té de l’É­tat-Nation ? Rien à foutre.

    Réponse
  102. Étienne

    Jean-Michel,

    C’é­tait bien un mal­en­ten­du, il me semble : 

    « Sou­ve­rai­niste » ne dit pas fata­le­ment incon­di­tion­nel de la « sou­ve­rai­ne­té de l’É­tat Nation » ;

    « Sou­ve­rai­niste » pour­rait tout aus­si bien dire défen­seur de la « sou­ve­rai­ne­té de l’U­nion euro­péenne » [et par­don­nez-moi de ne pas faire de grande difé­rence concep­tuelle à par­tir de cette simple dif­fé­rence d’é­chelle : pour moi, le pro­jet d’É­tat euro­péen (ou de Fédé­ra­tion d’É­tats) est sen­si­ble­ment aus­si « natio­na­liste » que le pro­jet d’É­tat fran­çais ou alle­mand : on change un peu d’é­chelle, voi­là tout, mais on y défend tou­jours prio­ri­tai­re­ment ses proches et on se pré­pare à la bagarre contre d’autres étran­gers, les Chi­nois et les Indiens en l’oc­cur­rence aux­quels il serait urgent de « faire pièce », comme nous l’ont raba­ché les par­ti­sans du Oui avec insis­tance pen­dant des mois] ;

    Il pour­rait sur­tout, dans mon esprit au moins, dési­gner les défen­seurs de la « sou­ve­rai­ne­té du peuple » (ce qui cor­res­pond davan­tage, en pre­mière approxi­ma­tion, à l’é­man­ci­pa­tion du plus grand nombre que nous par­ta­geons appa­rem­ment tous les deux comme un objec­tif supé­rieur et prioritaire).

    Je ne vois donc pas du tout l’in­té­rêt qu’il y a à salir ce mot « sou­ve­rai­niste » alors qu’on en a besoin pour décrire un pro­jet à la fois huma­niste et prudent.

    Pru­dent à l’en­contre des abus de pou­voir de l’É­tat, pré­ci­sé­ment ; ce qui explique ma méfiance envers ces ins­ti­tu­tions euro­péennes dont j’ai décou­vert il y a trois ans qu’elles ne nous laissent objec­ti­ve­ment AUCUN moyen de résis­ter à un éven­tuel abus de pou­voir entre deux élec­tions, ce qui, me semble-t-il, n’est pas le meilleur che­min pour « l’é­man­ci­pa­tion de la mul­ti­tude des êtres humains » que vous ché­ris­sez comme moi.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  103. Étienne

    Raoul Marc Jen­nar vient de nous écrire, ce 19 octobre 20007 :

    « Bon­jour,

    Ain­si donc, ils sont pas­sés à l’acte ! Ils ont osé n’apporter à la néces­saire réforme des ins­ti­tu­tions euro­péennes que ce qui était pré­vu dans le TCE.

    Absence d’exigence démo­cra­tique, absence d’exigence sociale, absence d’exigence écologique.

    Ces chefs d’Etat et de gou­ver­ne­ments que les médias nous pré­sentent comme des « gens res­pon­sables » sont en fait les pires des irres­pon­sables : ils construisent une Europe de plus en plus détestable.

    Une bataille est enga­gée. Il faut com­battre ce minable trai­té modi­fi­ca­tif qui ne modi­fie en fait rien d’essentiel. Il n’est pas trop tard. Il n’est pas encore ratifié.

    Je serai en France de décembre à février (peut-être mars). Je suis prêt à m’engager comme je l’ai fait en 2004–2005. Déjà, des confé­rences sont pré­vues à Bruxelles, Liège, Mar­seille, Aix en Pro­vence, Cler­mont-Fer­rand, dans les Alpes Maritimes.

    Compte-tenu de mes nou­velles res­pon­sa­bi­li­tés et du temps que je dois leur réser­ver, je dois m’organiser pour que mes dépla­ce­ments se fassent de telle sorte que je n’aille qu’une fois dans le même coin de France. Ain­si, par exemple, j’irai à Aix, Mar­seille et dans les Alpes Mari­times dans le même déplacement.

    Que pou­vons-nous espérer ?

    Il n’y aura pas de réfé­ren­dum. Ne nous fai­sons pas d’illusion. Ce qui ne signi­fie pas qu’il ne faille pas le récla­mer. Un mil­lion de citoyennes et de citoyens récla­mant un réfé­ren­dum, cela ne pour­rait pas­ser inaper­çu. Et cela contri­bue­rait à pro­duire ce qu’il faut, à mes yeux, recher­cher : une for­mi­dable pres­sion sur le PS. En effet, et je reprends ici un pas­sage d’un récent article de Michel Sou­dais dans Politis :

    « La majo­ri­té UMP-Nou­veau Centre, même avec l’appoint des élus du MoDem, n’a pas la majo­ri­té requise pour rati­fier le trai­té modi­fi­ca­tif par la voie par­le­men­taire. Ce trai­té modi­fiant l’organisation des pou­voirs de l’Union euro­péenne, il néces­site une révi­sion de l’article 88–1 de la Consti­tu­tion de la Ve Répu­blique. Celui-ci pré­voit que la France « peut par­ti­ci­per à l’Union euro­péenne dans les condi­tions pré­vues par le trai­té éta­blis­sant une consti­tu­tion pour l’Europe signé le 29 octobre 2004 ». Cette réfé­rence étant caduque, il faut lui en sub­sti­tuer une nou­velle. « Or, pour cela, il faut un vote rati­fié par une majo­ri­té des 3⁄5 du Par­le­ment » (l’Assemblée natio­nale et le Sénat réuni en congrès), notait non sans malice Jean-Luc Mélen­chon, au soir du second tour des légis­la­tives. Pour avoir cette majo­ri­té, il eût fal­lu que la gauche ait moins de 190 dépu­tés. Elle en a obte­nu plus de 200.

    La gauche est donc en mesure d’empêcher Nico­las Sar­ko­zy de réa­li­ser son coup de force. Du moins sur le papier. Car, en dépit des enga­ge­ments du pro­jet socia­liste et du Pacte pré­si­den­tiel, dont tous se récla­maient, contre aus­si la syn­thèse du congrès du Mans, approu­vée de tous, plu­sieurs élus socia­listes ont déjà fait part de leur inten­tion d’approuver le trai­té modi­fi­ca­tif, avant même d’en connaître la teneur exacte. »

    Selon moi, c’est la stra­té­gie qu’il faut adop­ter : mettre la gauche dite de gou­ver­ne­ment devant ses res­pon­sa­bi­li­tés. Exer­cer sur le PS la pres­sion maxi­male en sus­ci­tant un puis­sant mou­ve­ment d’opinion contre ce trai­té modi­fi­ca­tif. Du même coup, on aide­ra à ce que la gauche rede­vienne la gauche. Un peu.

    C’est une bataille que nous pou­vons gagner.

    J’ai écrit « Quelle Europe après le non ? » comme un outil mili­tant. Ce n’est pas un trai­té de science poli­tique. C’est une réflexion et une ana­lyse pour faire, uti­le­ment je crois, cam­pagne pour une autre Europe. Mer­ci de dif­fu­ser l’annonce de sa sor­tie mer­cre­di prochain..

    Bien cor­dia­le­ment,

    Raoul »

    Réponse
  104. Étienne

     

    « LA
    CHAÎNE DU RÉFÉRENDUM »

    Une ini­tia­tive
    du site Le
    vrai débat
    , http://​www​.levrai​de​bat​.com
     :

     

     
    « Vous
    êtes déjà très nom­breux à vous être lan­cés dans la CHAÎNE DU RÉFÉRENDUM
    appe­lant à ce que le peuple garde sa liber­té et puisse déci­der de ce
    qu’il fait avec ce nou­veau trai­té européen…

     

    RENFORCEZ
    LA CHAÎNE DU RÉFÉRENDUM EN DIFFUSANT CES LIENS :


    En ver­sion Power­point
     :
    http://​test​.ante​mia​.eu/​h​t​m​l​/​1​6​/​F​i​l​e​/​r​e​f​e​r​e​n​d​u​m​.​p​p​s​/​r​e​f​e​r​e​n​d​u​m​.​pps


    En ver­sion PDF
    :
    http://​test​.ante​mia​.eu/​h​t​m​l​/​1​6​/​F​i​l​e​/​r​e​f​e​r​e​n​d​u​m​.​pdf


    A prio­ri, les choses étaient réglées par le vote de 2005. Non, c’est non, pas de traité.

    Sar­ko­zy veut tout de même un nou­veau trai­té. Et il se trouve en plus
    qu’il n’est pas si nou­veau que ça, puis­qu’il reprend mot pour mot celui
    reje­té en 2005. Face à cette vio­lence consi­dé­rable faite à la
    démo­cra­tie, sans doute la pire depuis 1940, nous ne pou­vons que nous
    mobi­li­ser pour qu’au moins le peuple puisse avoir la parole.


    Faites
    vivre la CHAÎNE DU RÉFÉRENDUM en envoyant les liens ci-des­sus à vos
    connais­sances, ou en envoyant direc­te­ment les fichiers qui sont
    télé­char­geables.


    Mobi­li­sons-nous pour faire plier cet abus de pou­voir inique ! »

     

     

    Réponse
  105. Melanie Zetaufrais

    Depuis 2 ans, Etienne, tu t’es dés­in­té­res­sé de l’Eu­rope, pré­fé­rant – et c’est ton droit – te consa­crer à l’é­tude des abus de pouvoirs.

    Je t’a­vais sup­plié il y a quelques mois de ne pas renon­cer à ton com­bat pour une Europe démo­cra­tique (voir plus haut, en février 2007).

    En vain.

    Aujourd’­hui, comme je l’a­vais pré­dit, le TCE est pas­sé en beau­té à Lis­bonne avec de petites modi­fi­ca­tions mineures pour faire style.

    Bra­vo.

    Tu peux conti­nuer à dénon­cer les abus de pou­voir, le manque de démo­cra­tie dans ce pays, appe­ler à un refe­ren­dum citoyen, mettre Jose Bové sur le sujet (chance : il n’a pas été envoyé en pri­son fina­le­ment et est donc dis­po­nible pour toutes les causes per­dues d’a­vance), tu peux hur­ler au scandale.

    Cela ne ser­vi­ra à rien, ne chan­ge­ra rien. Tu n’as plus aucune cré­di­bi­li­té pour personne.

    Au lieu de concen­trer tes forces et de foca­li­ser nos éner­gies sur LE point essen­tiel qu’é­tait l’exi­gence d’une europe démo­cra­tique, tu as épar­pillé les sujets de réflexion et ton blog est deve­nu un fourre-tout incom­pré­hen­sible, une tri­bune à la gloire de Bové et anti-Sarko. 

    Et ce qui s’est pas­sé à Lis­bonne est le résul­tat logique de ton évo­lu­tion depuis deux ans.

    Tu nous as trahis.

    J’es­père que tes études sur les abus de pou­voirs avancent bien…qu’au moins, il y en ait un qui n’ait pas tout perdu.

    Je suis écoeurée.

    Réponse
  106. AJH

    Méla­nie

    On ne peut pas iso­ler les abus de pou­voir et le manque de démo­cra­tie en France du pro­blème de l’Eu­rope … tout est lié.

    Et Etienne, que je croise sou­vent, fait ce qu’il peut, comme beau­coup d’entre nous… mais que faire devant l’a­pa­thie de la majo­ri­té de la popu­la­tion et de la volon­té des poli­tiques d’oc­cul­ter le débat ?

    Je vous trouve bien injuste Mélanie…

    Réponse
  107. juan nessy

    « Le mou­ve­ment des masses n’est pro­duit ni par le pou­voir , ni par l’ac­ti­vi­té intel­lec­tuelle , ni par l’u­nion de l’un et de l’autre , comme le pensent les his­to­riens, mais par l’ac­ti­vi­té de tous ceux qui prennent part aux évé­ne­ments , et qui se groupent de telle façon que ceux qui agissent le plus direc­te­ment sont les moins res­pon­sables , et réciproquement. »

    .….….….….….….….….….…..

     » Il est fort mal­ai­sé de fixer les limites du domaine de la liber­té et de la neces­si­té , et c’est le pro­blème essen­tiel de la psy­cho­lo­gie que de fixer cette limite . Mais si on observe les cas où appa­raissent notre plus grande liber­té et notre plus grande dépen­dance , il n’est pas pos­sible de ne pas voir que plus notre acti­vi­té est abs­traite , plus elle est libre ; inver­se­ment , plus notre acti­vi­té est liée à autrui , moins elle est libre . »

    TOLSTOÎ Guerre et paix .

    …Mais je demande à Etienne de conti­nuer à ouvrir son blog !

    Réponse
  108. Étienne

    Bon­jour,

    Je rentre d’un sémi­naire de tra­vail de trois jours, loin de tout et sans connexion internet.

    Et je retrouve Méla­nie :o)

    Méla­nie dit que dénon­cer la cause uni­ver­selle (et mécon­nue) de tous les abus de pou­voir (lais­ser écrire la Consti­tu­tion par les élus, les gou­ver­nants et les juges eux-mêmes), c’est se dés­in­té­res­ser de l’exemple spé­ci­fique de l’U­nion européenne.

    Méla­nie semble cer­taine que si j’é­tais res­té concen­tré sur l’exemple euro­péen, sans me lais­ser dis­traire par les vile­nies des acteurs fran­çais, mon action aurait chan­gé la face du monde et la bande mal­hon­nête « NS + dépu­tés ouiistes de tous bords » n’au­rait pas osé nous vio­ler comme elle le fait aujourd’­hui (Méla­nie nous l’a­vait bien dit, nous étions bien prévenus).

    Méla­nie rap­pelle que, c’est vrai, j’ai cru quelques semaines dans une pers­pec­tive nou­velle avec José Bové, homme libre de tout par­ti, mais elle oublie de rap­pe­ler que j’ai rapi­de­ment consta­té — tris­te­ment — que Bové ne chan­ge­rait rien à l’es­sen­tiel — cette fois au moins — (puis­qu’il reste sur l’i­dée d’une assem­blée consti­tuante élue, c’est-à-dire dont les membres sont for­cé­ment en conflit d’in­té­rêts et inté­res­sés per­son­nel­le­ment à l’im­puis­sance poli­tique des citoyens). C’est com­mode pour Méla­nie, sans doute, de res­sas­ser cette erreur de quelques semaines pour me dis­cré­di­ter sans trop d’efforts.

    Méla­nie affirme sans rire : « ce qui s’est pas­sé à Lis­bonne est le résul­tat logique de ton évo­lu­tion depuis deux ans. Tu nous as tra­his. »…

    Le sens du dis­cer­ne­ment de Méla­nie laisse rêveur :o)

    Il y a un pro­verbe pro­ven­çal qui dit :

    « Fais du bien à Ber­trand.… i’te le rend en caguant… »
    (L’ac­cent doit être un peu chantant.)

    C’est vrai que l’in­gra­ti­tude crasse est assez répan­due et assez mystérieuse.

    Pro­ba­ble­ment est-ce plus facile et tout aus­si défou­lant de taper sur les gen­tils que sur les méchants…

    :o)

    Mer­ci à tous pour votre pas­sion­nante par­ti­ci­pa­tion, ici et sur le forum.

    Étienne.

    Réponse

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