Quand je pense que Nicolas Sarkozy, ce soi-disant « représentant » des Français, en plus de détruire le droit du travail (avec un CNE qui deviendrait la règle générale, à vie), promet, pour sauver l’Europe, de nous imposer la partie 1 du TCE par voie parlementaire — sans référendum ! — s’il est élu Président, au motif que ce serait une partie faisant consensus, je fais des bonds au plafond :
La partie 1 du TCE est la plus dangereuse de toutes :
- c’est la partie 1 qui programme (l’irresponsabilité de tous les acteurs politiques (aucun mécanisme de destitution du Parlement, du Conseil des Ministres, du Conseil européen, de la Banque centrale, etc.),
- c’est la partie 1 qui scelle l’impuissance des citoyens pour décider de leur sort ou contrôler leurs élus,
- c’est la partie 1 qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes avec son misérable droit de pétition (1−47−4),
- c’est la partie 1 qui prévoit la dépendance des juges européens (hyper puissants) envers les exécutifs qui les nomment et qu’ils auront pourtant à juger (1−29−2),
- c’est la partie 1 qui fait de notre Parlement national un assemblée sans pouvoirs (1−33),
- c’est la partie 1 qui nous impose l’indépendance de la Banque centrale et nous prive du droit de battre monnaie au profit des voleurs, des faux monnayeurs que sont les banquiers privés (1−30−3),
- etc. etc. etc.
Je m’étrangle de tant de félonie impunie.
C’est la partie 1 du TCE qui scelle l’assassinat de la démocratie au profit des banquiers.
Consensus ? Tu parles… Menteur !

Ouf ! Enfin, je commençais à désespérer d’entendre une voix discordante dans ce concert assourdissant de louanges pour cette huitième merveille du monde qu’est le traité constitutionnel.
C’est quoi ce hold-up sur la démocratie ? Dans quel monde vivons nous où les dirigeants de pays soit-disant démocratiques ‑le nôtre inclus- cherchent à imposer un texte aussi liberticide malgré les votes négatifs de deux peuples ?
À propos de notre prétendue démocratie et de l’expression de la volonté générale, je vous conseille de lire le texte suivant :
« Les partis politiques contre la volonté générale : Rousseau relu et explicité par l’excellente Simone Weil »
J’ai dactylographié pour vous un extrait du petit livre passionnant « Note sur la suppression des partis politiques », de Simone Weil (1909−1943) (éditions Climats, 2006, 80 p).
C’est là : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=2370#p2370.
J’ai fait des bonds , moi aussi, quand j’ai pris connaissance de la position de José Bové , qui s’il était président , confierait en 2008 aux parlementaires européens de rédiger une nouvelle constitution européenne !
Pas question de faire confiance à des assemblées mal élues qui essaient déjà de nous « refourguer » la directive Bolkestein, ni à un « président se croyant le « De Gaulle de l’extrême gauche », comme l’y encourage Michel Onfray dans le Nouvel Obs…(quelle logique « constitutionnelle » !)
vous avez déja assez fait de mal avec votre « non » alors sortez en et proposez une sortie digne.…
quelle tristesse de perdre son temps ainsi en tergiversations .…et surtout vous feriez mieux d’apprendre aux citoyens tout ce que l’europe apporte au monde et à tous
pfff
Il me semble que ceux qui ont fait le plus mal sont ceux qui ont orienté l’Europe dans la direction où le non devenait préférable au oui.
Un exemple de sortie digne pourrait être une Europe démocratique… Et les citoyens qui sont assez grands pour voir ce que l’Europe leur apporte ou leur prend y gagneraient certainement plus qu’avec le traité qu’on cherche à tous prix à nous faire avaler.
« Nous », dans notre diversité, nous proposons une sortie digne du « NON » :
car le NON , majoritaire à 55% (… et encore, parceque la campagne et le débat ont été courts, et dominés par des médias ouistes !), il est l’expression d’une forte attente européenne qu’il serait lâche de laisser entre les « savoirs faire politiques des extrêmes » :
55% des français ne sont pas le rassemblement des extrêmes !
En Europe, le mécontentement produit par l’ultralibéralisme extrême au pouvoir est récupéré par la « rage brune qui avance à pas de loup »…
Comme vous le dites, il est temps d’en sortir, de ce sinistre processus !
La France peut être le pays d’origine d’un « processus constituant », à condition que ses citoyens continuent à se parler et à réfléchir dans le respect de leur diversité républicaine, sans ostracisme, ni « contre les appareils », ni « contre les groupuscules », ni « contre les intellectuels », bref :sans ces « à priori » démagogiques éloignant de la réflexion réellement importante : quels contenus politiques face aux urgences régionales, nationales, continentales et planétaires, et avec quels « principes universels » de nature à rapprocher les peuples de cette « logique de paix » dont tout nous écarte aujourd’hui ?etc…(pardon pour cette « longueur »).
Le débat sur le TCE a été salutaire, car enfin les français ont parlé politique sans céder aux petites phrases irresponsables ni aux clivages « politiciens » :
C’est du fond du problème qu’il a été question, et alors, un large « consensus » contre la logique ultralibérale gravée de bout en bout du TCE , est nettement ressorti de ce « sondage démocratique » !
Il faut continuer à faire sortir les citoyens de leur paresse politique, les inviter à s’exprimer et à être fiers de leurs revendications , même quand elles ne plaisent pas aux gouvernants ultra-libéraux.
Le processus constituant revendiqué par le peuple européen en gestation n’a rien à voir avec les dogmes qui hantent les cerveaux des maîtres actuels de « l’europe en panne de vérité » !
Etienne, quand tu désignes uniquement Sarko, tu fais du sectarisme. Royal et Bayrou aussi veulent nous imposer le TCE par voie parlementaire. Et c’est un scandale ! Mais si tu ne vises qu’un des candidats en passant sous silence les hypocrisies de ses adversaires sur le sujet (ils ont exactement la même idée en tête et ne s’en cachent pas…), tu perds brutalement toute crédibilité. Ici, on veut d’une Eurpe démocratique ou faire de l’anti-sarko primaire ?
Avant d’avoir une Europe citoyenne il faut construire la France citoyenne.
Actuellement tout les partis appellent à voter pour un système qui représente moins de la moitié des citoyens dans les assemblées (assemblée ouiouiste et assemblée des retraités apparichiks).
Le vote blanc, c’est le refus des candidats ; l’abstention citoyenne, c’est le refus du système. Un changement de constitution est nécessaire pour marquer une rupture entre tous ces pros de la politique et leur carriérisme pas très net.
Une assemblée géographique et sociologique (sexes et professions) proposant des textes de loi à un président et son gouvernement, élus par listes panachables issues des partis, chargés de les appliquer.
Un contrôle a posteriori par des citoyens (assistés d’experts de leur choix), tirés au sort, chargés de contrôler les résultats et de les rendre publics, avec le pouvoir de retirer leur mandat à ceux qui ont échoué ou truqué l’application des lois. Cela pourrait être un début de discussion, puis peut-être transposer à l’échelle européenne avec quelques modifications.
Chère Melanie Zetaufrais :o)
Je ne vise qu’un candidat ICI, dans ce billet, effectivement, puisqu’il est le seul à proclamer (honnêtement) sa pensée scandaleuse ; mais je regrette un peu partout sur ce site d’avoir à choisir entre trois ouiistes et je passe mon temps à conchier les institutions qui me livrent ainsi, pieds et poings liés, à des partis dont les rouages internes sont fort peu démocratiques et dont les chefs sont fort peu respectueux de la volonté générale.
J’aurais ainsi perdu d’un coup toute crédibilité ? Diable ! Mon conseil : ne pas se tromper d’ennemi et garder le goût de la nuance :o)
Amicalement.
Étienne.
Bonjour Etienne, bonjour tout-le-monde !
Je crois que j’ai trouvé du grain à moudre pour votre excellent blog : l’émission de Daniel Mermet (diffusée le 31 01 2007), au cours de laquelle Frédéric Lordon (économiste partisan du non en 2005) a présenté ce qu’il appelle le S.L.A.M. (« Shareholder Limited Authorized Margin, donc en bon français, ça serait Marge Actionnariale Limite Autorisée », extrait du compte rendu disponible sur http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1097, daté du 7 février 2007), c’est-à-dire un projet de limitation des (mé-)faits et gestes de la toute puissante finance mondialisée, pour mettre un terme aux ravages qu’elle produit dans nos petites vies de citoyens ordinaires, pacifiques et aspirant à la fraternité, entre autres.
Je vous en livre simplement deux extraits, pour mieux vous inciter à vous rendre sur ce site :
Extrait 1 : « Je rappelle en passant, tout de même, parce que c’est une ironie mais tragique et douloureuse, que le projet de constitution européenne se proposait ni plus ni moins que d’inscrire le principe de la liberté de mouvement des capitaux dans le titre 2, c’est-à-dire, la charte des droits fondamentaux… »
Extrait 2 : « Donc il y a beaucoup de patrons qui seraient prêts à, me semble-t-il, accueillir assez favorablement — certes ils ne le diraient pas à très grand bruit — mais à accueillir assez favorablement un dispositif qui viendrait mettre des bâtons dans les roues et mettre le holà aux exigences sans limite de la finance. Donc je pense que c’est une solution qui mérite d’être étudiée. Je n’ai pas la prétention de soutenir que c’est un projet clé en mains absolument ficelé, terminé, achevé sans discussions possibles, immune à toute objection, mais j’aimerais en faire le point de départ d’un programme de travail collectif. Ce serait extrêmement suffisant de ma part de prétendre qu’à moi tout seul j’ai fini par trouver la solution et que plus aucun problème ne se pose. Par contre ce que je sais, c’est que si on s’y met à plusieurs, et même avec un plusieurs assez nombreux, et en convoquant toute une série de compétences… Il doit bien s’en trouver chez les juristes, notamment, et chez les fiscalistes qui sont au premier chef intéressés par cette proposition. Finalement, j’en ai fait l’analyse, pour ainsi dire, économique, micro- et macroéconomique, mais il y a des boulons fiscaux et juridiques à bien visser. Je pense que en en faisant un programme de travail collectif, on devrait pouvoir arriver à quelque chose qui mérite le coup d’œil. »
bonsoir
il y a bien de l’anti Sarkosysme primaire ICI notamment
« Quand je pense que Nicolas Sarkozy, ce soi-disant « représentant » des Français, en plus de détruire le droit du travail »
le gouvernement actuel n’a pas détruit le code du travail et ce que propose Sarkosy ‚un contrat unique axé sur la protection de l’individu et non plus sur la protection de l’emploi paraît être une bonne mesure…
oui vous n’êtes pas crédible votre site se veut au dessus de la mêlée sans doute et cela se sent un peu trop .….
2 ans après le non au TCE, vous n’avez toujours rien à proposer ?
Bonjour Stéphane,
Je ne suis ni sarkosyste, ni anti sarkosyste : je juge chaque idée librement et certains projets de Nicolas Sarkozy sont, à l’évidence, tout juste dignes d’un tyran.
• Le projet de nous imposer la partie 1 du TCE par un vote parlementaire, alors qu’on vient expressément de le refuser par référendum, est une félonie, une trahison, qui permet évidemment de remettre en cause le mot de « représentant ». Si un élu (n’importe lequel des trois ouiistes en présence) nous imposait finalement le TCE de cette manière, ce serait une juste cause d’insurrection.
• Par ailleurs, quand NS défend le CNE, c’est-à-dire le droit de licencier à tout moment sans être obligé de motiver la décision, il met le licenciement hors de portée du droit et ouvre grand la porte à l’arbitraire dans l’entreprise : sans motivation obligatoire, aucune contestation n’est plus recevable et le droit n’a plus de prise. Voilà pourquoi je parle de destruction du droit du travail car, si le licenciement est absolument libre, toutes les pressions occultes deviennent possibles en amont et les autres règles protectrices du droit du travail sont comme vidées de leur force.
Ça fait vingt ans que le patronat (au début, le MEDEF s’appelait le CNPF) demande et obtient de diminuer toujours plus les limites au droit de licenciement en prétendant que « ça va donner de la fluidité au marché du travail et faciliter les embauches ». Et ça fait vingt ans que le chômage augmente ! Combien d’années faudra-t-il pour admettre que c’était une
arnaqueerreur ? Comme argumentmensongererroné, on ne fait pas mieux…Êtes-vous donc masochiste, si vous êtes salarié, c’est-à-dire subordonné, pour ainsi laisser détruire tous les maigres remparts contre l’arbitraire patronal qu’ont durement gagnés nos parents, au prix parfois de leur sang ? À propos, voyez l’excellent documentaire « Histoire du salariat », sans rater l’époque 2, que je viens de signaler sur ma page ’Liens et documents utiles’, ça vous passionnera sans doute.
Si les salariés élisent finalement Nicolas Sarkozy avec un programme pareil (CNE + TCE), on pourra dire ensuite : « bien fait pour eux, ils l’ont voulu, ils l’ont eu : quand ils vont commencer à bien dérouiller avec la politique MEDEF-UNICE et le rendement du CAC 40 comme seule boussole, les salariés précarisés et librement pressurés ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes. »
Quant à ce que je propose, d’une façon plus constructive qu’une critique, vous trouverez des idées un peu partout sur ce site, du forum au wiki, pour construire nous-mêmes les outils institutionnels nous permettant de résister aux abus de pouvoir (de gauche comme de droite), outils que ne nous donneront jamais spontanément les partis et leurs élus.
Amicalement.
Étienne.
Il y a deux ans, les 55% de Français qui ont rejeté le TCE venaient de tous les bords politiques et c’est justement parce que des gens comme toi, Etienne, ont su dépasser les clivages traditionnels droite-gauche sur cette question que le Non l’a emporté.
Si, à présent, tu retombes dans ce clivage et si tu mélanges politique intérieure et politique européenne, l’Europe démocratique, à laquelle nous aspirons tous, est mal barrée. S’il faut cracher sur Sarko et encenser un(e) autre candidat(e) à la présidentielle pour défendre l’idée d’une autre Europe, il est évident que les pro-Sarko se détourneront du combat européen.
Et s’ils sont perdus à notre cause, c’est l’Europe démocratique qui est perdue.
Il est dommage que les candidats principaux défendent tous (plus ou moins ouvertement) le TCE. Il est clair que tous trois essaieront de nous refourguer le texte (après quelques modifications mineures hypocrites) par voie parlementaire ou en organisant des referendum jusqu’à ce que les Français votent dans le sens désiré (méthode classique dans l’UE). Il nous faudra continuer le combat, c’st évident.
Si tu commence à diviser les partisans d’une autre Europe sur des points de politique intérieure, tu porteras la responsabilité de la défaite de notre combat européen et de ses conséquences qui, nous le savons tous, seront très graves.
Aux présidentielles, tu voteras pour le candidat de ton choix et je t’encourage à critiquer les candidats qui te déplaisent avec tes amis ou sur un autre blog.
Mais je t’en conjure : n’aborde pas les questions intérieures sur ton blog européen si tu ne veux pas rabaisser le combat pour une Europe démocratqie à une vulgaire prise de becs entre la gauche et la droite. L’Europe mérite mieux, non ?
Et surtout, si tu commences à tout mélanger, les défenseurs d’une autre Europe auront l’impression de jouer contre leur camp politique en te suivant et/ou de défendre le camp adverse…Et du coup, ils ne te suivront plus.
Ce serait pire que dommage.
Ce serait une catastrophe et j’ai le sens de la nuance en l’affirmant. Tu ne mesures peut-être pas les conséquences de la dérive de ton combat. Moi, si…
Amicalement quand même…
Melanie
Chère Mélanie :o)
OK pour le risque de dérive, admettons. En cas de dérive regrettable constatée, on peut quand même rabaisser la dérive (objet mal nommé puisque cette planche lutte justement contre la dérive) et utiliser la barre pour reprendre le cap, n’est-ce pas ? Toute dérive n’est pas définitivement catastrophique :o)
Difficile de détacher l’enjeu institutionnel des projets de nos candidats, quand même : s’ils promettent de nous imposer par vote parlementaire ce que les citoyens ont refusé par référendum, je ne regarderai pas ailleurs en m’interdisant de donner mon avis là-dessus : cette tendance à la tyrannie des élus (de gauche à droite en passant par le centre) confirme ce que je dénonce depuis deux ans et un tel comportement (imposer un « traité constitutionnel » sans référendum) justifierait carrément une insurrection.
Désolé, mais je crois bien (je suis en train de m’apercevoir) que cet abus de pouvoir est inscrit dans le génome des partis politiques et qu’aucun homme de parti ne nous sortira jamais de ce piège, de cette prison politique bâtie contre nous par ce qu’on peut analyser comme de véritables parasites.
Voilà pourquoi je considère José Bové, malgré ses défauts (qui n’a pas de défauts ?), comme une vraie chance (fragile) de donner vie à ce que j’appelle le plan C : une Constitution d’origine Citoyenne, qui nous protège TOUS contre les abus de pouvoir, qu’ils viennent de droite comme de gauche.
Je sens bien que José est trop à gauche pour permettre un rassemblement de toute la France, y compris à droite, mais je n’ai personne d’autre, pour le moment, pour espérer faire avancer cette idée que je considère majeure pour la survie de l’espèce : ce n’est pas aux hommes au pouvoir à écrire eux-mêmes les limites de leur propre pouvoir, ce n’est pas aux parlementaires, aux ministres ni aux juges à écrire ou modifier la Constitution.
Je dis que ce que les trois ouiistes, placés en tête par les médias contrôlés par les banquiers, avouent nous interdire, directement ou indirectement, José PEUT le permettre. Je ne suis pas sûr qu’il le fera, et je m’éloignerai s’il trahit lui aussi, mais je cherche une voie concrète et crédible pour faire avancer mon idée centrale.
De là à me dire « tu porteras la responsabilité de la défaite de notre combat européen et de ses conséquences », c’est un peu facile (quelle est ta propre responsabilité ? chacun la sienne, non ?) et cela me donne un pouvoir que je n’ai pas : je fais au mieux comme je le sens, mais il ne faut pas oublier que je ne suis rien.
:o)
Amicalement.
Étienne.
Tu n’es pas rien.
Tu es – en tout cas, tu étais et je te supplie de continuer à l’être – le rassembleur, celui derrière qui tous ceux, de droite comme de gauche, qui veulent une Europe démocratique peuvent se rassembler pour se faire entendre. Le 29 mai 2005, nous avions gagné parce que personne, aucun parti, n’avait pu te récupérer. Tu défendais haut et fort une Europe démocratique ET RIEN D’AUTRE. C’était ta force. Et 55 % des Français t’ont entendu, ont partagé ton espérance et l’ont concrétisée.
Malheureusement, si nous avons remporté une bataille, la guerre n’est pas finie (je prends des accents gaulliens, tout à coup). Nous savons qu’après les élection, quel(le) que soit l’heureux(se) élu(e), il ou elle va nous ressortir le TCE.
Comme toi, je me battrai pour déclencher une insurrection si Sarko, Royal ou Bayrou ou qui que ce soit nous imposent le TCE sans referendum. Et nous pouvons réussir car – tous les sondages le prouvent – les Français sont plus nombreux encore qu’il y a deux ans à en voir les dangers. Mais pour l’emporter, la condition sine qua non est d’être unis et pour l’être, il faut continuer à se battre pour une Europe démocratique à laquelle nous somme nombreux à aspirer ET POUR RIEN D’AUTRE. Il faut dépasser les partis politiques, les sensibilités droite ou gauche, les programmes partisans pour orienter tous les esprits, toutes les forces, tous les citoyens de bonne volonté vers un objectif commun et un seul : le choix d’une Europe démocratique. Nous sommes majoritaires dans ce pays à la vouloir et nous pouvons l’imposer même si les medias et les hommes politiques au pouvoir sont contre nous. A condition de ne pas être divisés. Et nous le serons si tu exprimes des préférences pour un homme politique ou un autre alors que son combat dépasse largement l’Europe démocratique pour laquelle NOUS nous battons.
Tu penses que Bové est une solution. D’autres croient que Le Pen ou de Villiers, qui après tout rejettent aussi depuis le départ le TCE, sont une autre solution. Tu vois bien que ce sont des impasses. Aucun ne peut rassembler le pays pour une Europe démocratique. Pas seulement parce que leurs idées sont trop extrêmes, trop ancrées à gauche ou à droite, et qu’ils ne représenteront jamais qu’une minorité. Mais surtout, parce qu’ils défendent tout un projet de société. Leurs programmes ne se résument pas à une Europe démocratique mais à beaucoup d’autres considérations sur lesquelles le pays est divisé. Or, pour l’emporter, l’important est d’être unis donc de défendre l’Europe démocratique et RIEN QU’ELLE.
Certes, Bové promet d’écrire une constitution d’origine citoyenne. Cela ne l’engage pas à grand-chose. Il sait qu’il ne sera pas élu. Il n’aura donc pas l’occasion de trahir ses électeurs. Il ne fera rien avancer du tout et ne nous protégera de rien. Au contraire.
En juin prochain, on aura un autre Président, une autre Assemblée Nationale. Et le sujet du TCE, que la plupart des candidats évitent soigneusement d’aborder, rejaillira. Si tu as pris parti pour Bové , ceux qui ont voté pour un autre te classeront comme « partisan de Bové » et tu auras perdu toute crédibilité à leurs yeux pour les représenter, toute possibilité de faire entendre ceux qui défendent l’idée d’une Europe démocratique MAIS qui ne se reconnaissent pas en Bové. Si encore ils ne défendaient que cette seule idée. Mais non. Et moi, par exemple, je ne fais confiance à Bové pour rien, sur aucun plan (pour des raisons que je t’expliquerais ailleurs si tu veux mais, fondamentalement, on s’en fout, ce n’est pas l’objet du débat) et donc pas pour défendre l’Europe démocratique pour laquelle je me bats. Je ne suivrai jamais un type comme Bové. Alors que je te fais confiance à TOI. Et je ne suis pas la seule.
J’ai l’impression que tu dérives parce que tu cherches à tout prix à trouver quelqu’un qui rédigera une constitution européenne citoyenne. Ce n’est pourtant pas l’urgence du moment. Nous aurons la possibilité d’imposer aux hommes politiques au pouvoir (quels qu’ils soient et seront) la rédaction d’une constitution qui respecte les fondements démocratiques si et seulement si nous sommes et restons unis sur cette idée, si notre volonté est farouche et inébranlable, s’ils comprennent que nous ne cèderons pas, quelle que soit la couleur politique du Président et de l’Assemblée Nationale. C’est la seule urgence.
Il faudra du temps, c’est clair, tenir bon. La guerre ne fait que commencer et ce sera une guerre d’usure.
Mais si notre désir d’une Europe démocratique est impératif, s’il dépasse les clivages droite/gauche, s’il persiste avec les années, si une majorité de Français de toutes les sensibilités politiques se retrouve dans cette idée et reste unie sur ce seul objectif, nous l’imposerons, n’en doute pas.
En mai 2005, j’ai convaincu des amis de droite et de gauche à voter Non en me basant sur tes arguments, en les encourageant à venir sur ton blog.
Si à présent, tu t’allies à Bové (ou à n’importe quel homme ou parti politique) pour défendre l’Europe démocratique, seuls les 5% de Français qui partagent ses idées se battront contre le TCE. Quel gâchis !
Je t’en supplie, ne réduis pas NOTRE combat pour une Europe démocratique qui est juste et dépasse de très loin les enjeux de politique intérieure à une lutte partisane qui ne mobilisera personne. L’enjeu est trop grave.
Amicalement
Tu me demandes quelle est ma responsabilité dans cette affaire. J’y ai réfléchi. Elle est peut-être là, je le dis en toute humilité : t’exhorter à recentrer le débat sur l’essentiel, sans te laisser récupérer, pour t’empêcher d’aller dans le mur. Si j’échoue, l’Europe démocratique que nous défendons est foutue.
Il faut nous battre pour défendre l’idée d’une Europe démocratique ET RIEN D’AUTRE. Nous voulons que tous les preneurs de décisions en Europe soient des hommes et des femmes ELUS, qu’ils aient des comptes à rendre aux peuples et qu’ils puissent être évincés de la scène tous les 5 ans si les politiques menées se révèlent mauvaises.
C’est un fondement démocratique et je n’imagine personne être contre.
Si la constitution européenne respecte ce principe démocratique de base, on adhère. Sinon, on la rejette et on continue le combat. Point barre. Elle peut faire dix lignes.
Une fois qu’elle sera adoptée, il sera toujours temps tous les 5 ans de discuter des politiques à mener à l’intérieur de l’UE.
Si nous nous battons derrière toi sur cette seule idée, l’adhésion du pays sera totale et il sera facile de résister malgré la pression des medias et des responsables politiques, malgré les années, parce que c’est le minimum que des citoyens sont en droit d’exiger.
Si tu défends sur ce blog l’Europe démocratique, tu représenteras une écrasante majorité, les gens se reconnaîtront en toi et se battront à tes côtés. Et nous l’emporterons, je n’en doute pas un instant.
Mais si maintenant, tu te bats pour faire adopter une constitution démocratique ET telle ou telle politique, c’est mort.
Si les gens ont l’impression que pour défendre une Europe démocratique, il faut du coup adhérer aux combats de Bové ou de Tartempion , rejeter Sarko ou Machin, être pour ou contre telle ou telle politique, si ton blog devient un fourre-tout, ils se diviseront, bien évidemment. Tu ne seras plus le porte-parole de l’Europe démocratique mais d’un parti ou d’un mouvement et on se mettra à discuter de points mineurs, personne ne sera d’accord, notre combat partira en couilles et les tenants du Oui au TCE auront gagné. Si nous nous divisons, ils nous imposeront leur dictature technocratique.
Pour rester unis, condition sine qua non pour être victorieux, il faut se battre sur des principes auxquels tout le monde ne peut qu’adhérer et exclure tous les points qui risquent de provoquer des divergences.
Et tout le monde souhaite une Europe démocratique où les pouvoirs sont confiés à des élus et non à des technocrates qui savent mieux que nous ce qui est bien pour nous et que personne ne peut arrêter.
J’espère arriver à te convaincre. Il y a deux ans, tout le monde s’est retrouvé dans tes propos parce que tu étais hors partis. Tu ne faisais que dénoncer le TCE, le danger qu’il représentait pour la démocratie. Nous sommes tous viscéralement attachés à la démocratie et, quelle que soit notre sensibilité politique, nous t’avons suivi en masse. Pour l’emporter vraiment, pour mettre définitivement au tapis le TCE et cette Europe technocratique qu’on veut nous imposer, il faut l’adhésion de tous et donc continuer à se battre sur la seule idée d’une Europe démocratique.
Ce que tu as provoqué il y a deux ans, c’est une prise de conscience majeure au sein de l’Europe : le désir d’une Europe démocratiquee, un soulèvement pour la défendre. C’est énorme et c’est en cela que tu n’es pas rien. Si tu veux lier d’autres causes à ce combat essentiel, l’Europe démocratique est condamnée avant même d’exister.
Amicalement
Mélanie Zetaufrais,
Vous écrivez : « Le 29 mai 2005, nous avions gagné parce que personne, aucun parti, n’avait pu te récupérer. Tu défendais haut et fort une Europe démocratique ET RIEN D’AUTRE. C’était ta force. Et 55 % des Français t’ont entendu, ont partagé ton espérance et l’ont concrétisée.(…)
C’est, à mon avis, prêter une trop grande influence à Étienne, bien que la sienne fut loin d’être négligable, j’aurais du mal à dire le contraire étant une des « influencées. »
Il ne faut pas ignorer, dans les 55%, la proportion de ceux qui n’ont pas voté NON sur les bases défendues par Étienne, loin de là.
Vous écrivez : « Malheureusement, si nous avons remporté une bataille, la guerre n’est pas finie (je prends des accents gaulliens, tout à coup). Nous savons qu’après les élection, quel(le) que soit l’heureux(se) élu(e), il ou elle va nous ressortir le TCE. »(…)
Justement, j’ai bien l’intention personnellement de ne pas commencer à porter ou conforter une nouvelle fois au pouvoir ceux qui nous disent dès aujourd’hui, dans leur projet de gouvernement, qu’ils envisagent de nous le ressortir le TCE. Ça serait quand même quelque peu dépasser l’entendement d’être la première à les aider à mettre à exécution ce que je désapprouve.
Vous écrivez :« Il faut nous battre pour défendre l’idée d’une Europe démocratique ET RIEN D’AUTRE. Nous voulons que tous les preneurs de décisions en Europe soient des hommes et des femmes ÉLUS, qu’ils aient des comptes à rendre aux peuples et qu’ils puissent être évincés de la scène tous les 5 ans si les politiques menées se révèlent mauvaises. C’est un fondement démocratique et je n’imagine personne être contre. »(…)
« Et tout le monde souhaite une Europe démocratique où les pouvoirs sont confiés à des élus et non à des technocrates qui savent mieux que nous ce qui est bien pour nous et que personne ne peut arrêter. »(…)
Si c’était vrai, nous ne serions peut-être pas sur ce forum.
Car ou tout le monde, comme vous dites, souhaite une Europe démocratique, et on se demande bien pourquoi nous nous retrouvons justement dans une Europe qui ne l’est pas, et qui plus est, a failli l’être encore moins, si tant est qu’il y ait des degrés.
Ou tout le monde ne le souhaite pas, et il s’agit de comprendre quelles sont les forces qui justement agissent comme un obstacle à cette volonté de démocratie, quels sont ces intérêts qui sont bien défendus quelque part, par des individus, des organisations, et les dénoncer.
Vous dites : « Comme toi, je me battrai pour déclencher une insurrection si Sarko, Royal ou Bayrou ou qui que ce soit nous imposent le TCE sans referendum. »(…)
Vous êtes bien optimiste, de penser, après n’avoir rien fait pour empêcher ces gens-là d’être confortés dans leur position, que ceux-ci ne vont pas continuer, par des moyens plus ou moins subtils, à rendre encore plus difficile l’opposition à ce pour quoi ils auront été mandatés.
Très cordialement
Sur la même longueur d’onde que j‑jour, c’est à Étienne de le clarifier, mais je pense que depuis le référendum sur le TCE, le débat qu’Étienne essaye de porter s’est déplacé et est désormais plus vaste que la seule constitution européenne.
En effet, si on en est arrivé à la situation actuelle, c’est aussi à cause de la constitution française et notre système politique actuel.
Si nous n’essayons pas de faire porter notre voix/vote à chaque fois que le système nous le permet (malheureusement, seulement à chaque élection), rien ne sert de se battre…
À vrai dire, je préférais voter pour Étienne directement que pour José Bové.
Je ne peux me résoudre à voter pour Sarko et Ségolène, vu qu’ils ne promettent aucun vrai changement sur la question de fond qu’Étienne soulève. Je suis bien conscient que tous les autres candidats n’ont quasiment aucune chance de passer au 2ème tour.
Étienne, avant de se prononcer déjà pour un candidat (comme José Bové), pourrait-on ensemble (sur la base des infos de ce site) proposer un questionnaire à tous les candidats sur leur opinions et ce qu’ils comptent faire sur les sujets qui nous sont essentiel (constitution, RIP, avenir du TCE, …) ?
Chère Mélanie,
Tu es gentille avec moi (trop ?), mais remarque que tu fais de moi une icône, figée, et que ça ressemble, sans que tu l’aies voulu, sans doute, à une prison intellectuelle, une belle photo à garder intacte à la place d’un film à écrire.
Or, je suis un électron libre, très en profondeur, et je le resterai sans doute, malgré les amicales pressions comme la tienne ; ça fait partie du bonhomme, pardonne-moi :o)
Ceci dit, je comprends ta crainte, qui est aussi la mienne, et j’essaie d’éviter ces obstacles, comme je peux.
Si tu y prêtes attention, tu verras que, — même si tu peux aussi les classer dans la rubrique « politique intérieure » qui te paraît ici hors sujet —, tous les liens et documents que je signale, tous les textes que je relaie, tous les actes que je loue et tous ceux que je dénonce, toutes ces infos que je retiens dans l’actualité du monde 1) sont d’origines variées (de gauche à droite) et 2) sont toujours liées à mon idée force, centrale, qui est devenue ma thèse à moi : ce qui fait que les hommes ont à subir des abus de pouvoir tient aux auteurs des règles censées limiter les pouvoirs : si ces auteurs sont juges et parties (ce qui a toujours été le cas, à ma connaissance, jusqu’ici), c’est cuit : les citoyens sont alors jetés dans une sorte de prison politique qui ne dit pas son nom et on est passé du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » au « droit des élus à disposer des peuples ».
Je cherche dans les histoires humaines, passées et présentes, ce qui peut me confirmer dans mon intuition et, si je trouve une contradiction forte, je vérifie qu’elle est vraiment forte avant d’infléchir ma thèse…
Ce que je peux dire, c’est que la Constitution à laquelle je travaille servira à tous les niveaux, national ou international, et protègera autant les citoyens de gauche, que ceux du centre ou que ceux de droite contre TOUS les abus de pouvoirs.
Tu sembles ne plus penser qu’à l’Europe, mais moi, je cherche encore le bon niveau pour protéger les hommes contre leurs représentants politiques, que je découvre depuis deux ans comme extrêmement dangereux.
Et je ne suis pas sûr que l’Europe soit le meilleur cadre pour atteindre cet objectif d’émancipation, tant que nous sommes muselés au niveau national.
Autrement dit, dans l’ordre, je trouve plus facile de reprendre le contrôle des pouvoirs en France, alors que reprendre le contrôle des pouvoirs dans l’Union européenne me paraît aujourd’hui hors de portée, tant le système est bien en place, totalement verrouillé (et pourri).
Je ne « m’allie » pas à Bové (même si j’aime bien l’homme que je découvre petit à petit : voir ce bon article sur Agoravox : « José Bové, non-violence et résistance », http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=19016) : je crois qu’il peut nous aider à nous émanciper des partis ; alors, je lui parle pour qu’il comprenne à la fois cette aspiration à une Constitution honnête et le seul moyen d’y parvenir : une Assemblée Constituante tirée au sort et surtout pas élue.
Il n’y avait pas pensé avant (presque personne n’y avait pensé sérieusement, apparemment) et il faut laisser un peu de temps aux graines pour germer :o)
Et puis tu sais, ceux qui me réduiront plus tard à un partisan de untel ou de tel autre auront surtout envie de me réduire à une étiquette comme ils font avec tout le monde pour éviter d’argumenter librement et honnêtement. Mais doit-on se renier et se taire pour ne pas donner d’armes aux hommes de mauvaise foi qui trouvent de toutes façons des armes partout, bonnes ou mauvaises ?
Je crois te comprendre, mais tu me demandes trop quand tu exiges que je reste seul et que je n’échange pas avec un homme libre et connu qui pourrait nous aider concrètement à progresser.
De toutes façons, je te dois un chaud merci pour ton analyse utile et bienveillante.
Amicalement.
Étienne.
Cher (chère ?) cooli,
Est-ce que le tableau de comparaison des projets constituants des candidats à l’élection présidentielle de 2007 en France (version RTF ou version XLS) que je propose sur la page d’accueil du site ne ferait pas une bonne base pour créer le questionnaire dont tu parles ?
Mais j’ai un problème : je suis complètement débordé et la barque menace naufrage :o) Il faut m’aider :o)
Amicalement.
Étienne.
je partage l’avis de Mélanie sur le fait de se référer à mr Bové.
La constitution de 1958 permet une stabilité mais laisse de côté des millions de citoyens non représentés à l’AN
la suppression de l’article 49–3 n’y changera rien
que proposez vous pour que tout citoyen se reconnaisse dans l’assemblée ?
S’il y avait à choisir un élément à mettre en avant pour que tout citoyen se reconnaisse dans l’assemblée, ce serait selon moi le référendum d’initiative populaire.
D’une part cela permettrait de motiver nos représentants à l’Assemblée nationale pour qu’ils ne se retrouvent pas doublés voire désavoués par leurs électeurs, d’autre part, cela éviterait que les conflits ne se règlent dans la rue (cf l’exemple du CPE ou de l’école libre).
En ce qui concerne le choix de José Bové par Etienne, je reste sceptique. Quoiqu’on pense du personnage de José Bové, il n’a aucune chance de passer et ses promesses resteront donc lettre morte. L’idée de pousser tous les candidats à se prononcer sur les fondamentaux de la démocratie comme l’a fait Nicolas Hulot pour l’écologie me paraît plus efficace. Je doute que nous ayons le même support médiatique que lui toutefois… 😉
C’est pourquoi il faut agir de manière à frapper les esprits d’une phrase ou deux pour faire passer le message. Nous pourrions effectivement utiliser le questionnaire d’Etienne mais en le remaniant un peu pour le rendre plus sexy auprès des médias. Je verrais bien un système établissant une note globale de démocratie pour chaque candidat en fonction de ses réponses. Ca parlerait facilement aux médias et permettrait de faire un peu de bruit sur des questions plus importantes que la taille de Sarkozy face à Bush ou les néologismes de Ségolène.
Bonsoir Philippe :o)
Vous me demandez : « que proposez-vous pour que tout citoyen se reconnaisse dans l’assemblée ? »
Je commence à penser que l’élection porte dans son génome le choix aristocratique, la formation d’une caste politicienne qui nous prend la parole et le pouvoir sans nous les rendre jamais, la corruption des élus via la campagne électorale financée par des philanthropes qui exigent des retours d’ascenseurs entre deux élections, le règne des partis (et de leurs chefs) seuls capables de gagner une campagne électorale, etc. fatalement l’éloignement des élus du peuple qu’ils représentent et, finalement, la déception / frustration des citoyens déconfits.
Je vous laisse lire « Le criminel, c’est l’électeur », ça remue : http://raforum.info/article.php3?id_article=3947.
Pourtant, le plus grand nombre n’est sûrement pas prêt à renoncer à ce « pouvoir », tout creux qu’il ait été rendu, que donne le suffrage universel même aux plus pauvres.
Aussi, je trouve très séduisante l’idée d’un système à deux chambres dont l’une est élue (sur un programme), exactement comme l’Assemblée nationale actuelle, discute et écrit les lois, et l’autre est tirée au sort, parmi les citoyens volontaires, procédé de désignation qui laisse leur chance aux hommes libres (de tout engagement partisan) de participer librement à la vie de la cité, sans considération de richesse, d’âge, de sexe, de religion, de race, de discipline de parti, etc.
Cette Chambre des Citoyens nous ressemblerait (par la loi des grands nombres) et elle nous représenterait en acceptant (ou pas !) les lois écrites par l’AN : pour devenir applicable, une loi devrait d’abord être lue et comprise par la Chambre des Citoyens et acceptée par elle. Donc, seules passeraient les lois 1) lisibles et 2) évidemment conformes à l’intérêt général.
Les tirés au sort pourraient continuer à travailler et siéger à temps partiel (au rythme de leur choix), leur mandat serait court (2 ans) et un statut protègerait leur retour à la vie normale.
Le tirage au sort est à la fois égalitaire (équitable) et incorruptible. Quant au risque de désigner des incompétents, on ne désigne pas des citoyens isolés mais des groupes : le risque de désigner un grand nombre d’affreux ou d’incompétents est largement théorique. Des mécanismes de révocation interne à une très forte majorité permettent à l’assemblée de récuser un tiré au sort manifestement inapte ou dangereux.
Comme le souligne Montesquieu, c’est la combinaison entre le volontariat et le contrôle sévère des représentants tirés au sort (par d’autres jurys, eux aussi tirés au sort), qui fait que les volontaires sont peu nombreux et bien motivés et que le tirage au sort est alors beaucoup moins dangereux qu’il n’y paraît au premier abord, beaucoup moins dangereux pour nous tous, comparativement, que le système actuel de l’élection sans aucun contrôle des élus entre deux élections et sans possibilité de choisir nous-mêmes les candidats.
Amicalement.
Étienne.
Bonjour a tous !
Le travail et débat sur un plan C pour une meilleure constitution et démocratie est déjà bien avancé grace au site d’Etienne.
La deuxième étape importante et même urgente, c’est de le faire entendre, de le médiatiser, de le porter sur la place publique.
Une bonne idée/proposition est inutile si elle n’est pas connu par le grand nombre afin de faire pression sur les futurs politiciens au pouvoir.
Le message/cri d’alarme d’Etienne sur le TCE a eu un impact par l’intermédiaire d’internet, des chaines d’email, …
Quelles stratégie pour influencer l’élection présidentielle (au moins le débat et programme des candidats principaux) ?
Quelques idées qui me passent par la tete :
– une lettre claire et directe a tous les candidats leur demandant leur avis/programme sur nos questions clefs (pourquoi pas ne pas la faire signer par tous les personnes qui se sentent concerner par le recul démocratique?)
– une page internet, évaluant, de manière claire et frappante, tous les candidats sur ces questions (un bon support a distribuer/ communiquer par email/blog pour informer, convaincre, réveiller amis, famille et autres sur ce débat).
Amicalement de Taiwan,
Olivier/cooli.
Etienne,
merci pour les liens que je vais m’empresser de lire
en ce qui concerne l’assemblée des citoyens tirée au sort, elle étudierait les textes votés par l’assemblée élue.…et devrait les accepter pour qu’ils soient promulgués !
mais étant composée de réprésentant tirés au sort , ne risque t il pas d’y avoir des problèmes d’instabilité étant donné qu’il sera difficile de trouver une majorité.…les accords se faisant texte par texte .….
prévois tu une sorte de CMP (commission mixte paritaire ) comme dans la constitution de 1958 pour sortir des impasses qui seront sans doute très fréquentes ?
bien cordialement
Bonjour,
Concernant la désignation par tirage au sort, j’ai un doute sur l’incorruptibilité présupposée des désignés.
Ne pensez-vous pas qu’il serait toujours largement possible à des groupes de pression
puissants et sans scrupules de noyauter
les personnes tirées au sort pour les « téléguider » ?
Très cordialement.
J‑Jour
Quand j’affirme que « tout le monde souhaite une Europe démocratique », j’exclus évidemment de ce « tout le monde » la minorité qui détient le pouvoir en Europe actuellement les Trichet et Cie qui mènent des politiques absurdes et les technocrates qui imposent aux peuples des décisions catastrophiques sans avoir été mandatés par les citoyens pour le faire. Je parlais bien sûr des peuples. Mais vous avez raison, les évidences, il vaut mieux les rappeler pour éviter les malentendus.
Pour ma part, je pense que l’Europe n’est pas démocratique – alors que la plupart des pays qui la composent le sont – à cause de l’histoire de sa construction.
Si ces fondateurs caressaient dès le départ l’espoir d’une Europe politique (qu’ils n’imaginaient sans doute pas autrement que démocratique), de fait, les premiers traités européens concernaient principalement des accord commerciaux et industriels. Personne n’avait l’idée d’organiser des élections pour signer des accords sur des rapprochements de branches, de secteurs industriels. C’était assez technique et on avait surtout besoin de juristes, de spécialistes.
Puis on a mis sur pieds la première politique européenne d’envergure : la Politique Agricole Commune. Et là encore, les problèmes soulevés étaient très techniques (comment harmoniser les prix agricoles européens alors que les monnaies étaient nationales et se dévaluaient ou s’appréciaient régulièrement les unes par rapport aux autres ? D’où les Montants Compensatoires, etc…).
Par la suite, petit à petit, on a libéré les échanges des biens, des capitaux et des hommes. Et pour les simplifier, on a fait le choix d’une monnaie commune et donc d’une politique monétaire commune.
Et là le danger de la dictature technocratique au sein de l’Europe est apparu. Il était peut-être logique au départ de ne pas demander l’avis des peuples pour signer des accords commerciaux ou industriels et pour trouver le moyen d’harmoniser les prix agricoles mais une politique monétaire, quelle qu’elle soit, a des conséquences sur les taux d’intérêt, par exemple, donc sur les possibilités d’investissements, d’acquisition de logements ou même de consommation. Et donc sur la vie des gens.
Et à partir de ce moment-là, confier cette politique à des technocrates non élus n’est plus tolérable.
Et maintenant, on arrive à l’étape fondamentale d’une Europe politique.
La tentation est grande pour les technocrates qui ont organisé l’Europe de continuer à avancer comme ils l’ont toujours fait, au mieux selon leurs seuls critères, et sans demander l’avis des peuples. Et lorsqu’on lit le texte du TCE, on se rend compte qu’il est très technique et ressemble plus à un contrat industriel qu’à un traité politique.
Mais bref, l’histoire de l’Union Européenne explique pourquoi on en est là.
Et pourquoi si on ne fait rien, on va se retrouver dans une dictature technocratique dans laquelle nous n’auront qu’un droit : celui de nous taire.
J’ai la certitude que défendre l’idée simple forte, juste et légitime d’une Europe démocratique composée d’élus ne peut que soulever les peuples – français et européens – parce que tous aspirent à la démocratie, se sont battus pour l’obtenir, l’ont obtenue et ne se laisseront pas spolier de ce droit fondamental à disposer d’eux-mêmes. A condition que quelqu’un leur fasse prendre conscience du danger, leur montre le chemin et les entraîne.
Mais si seuls des extrêmes dénoncent la situation, c’est foutu.
Et après avoir lu la réponse d’Etienne à mes messages d’hier, non seulement je suis loin d’être optimiste sur le sujet mais mon pessimisme est total. Pour tout vous dire, je suis accablée.
Cordialement
Etienne,
Je suis profondément déçue.
Comme je l’avais craint en revenant la semaine dernière sur ce blog, l’Europe démocratique n’est plus ta priorité. A présent, tu t’intéresses principalement à l’étude des origines des abus de pouvoirs dans l’espoir de parvenir à les limiter voire à les supprimer.
C’est ton droit et bien évidemment, je respecte ta liberté et ton choix.
Mais l’Europe démocratique est morte. Cela me fait mal au cœur de l’écrire mais pas besoin d’être medium pour le voir.
Dans six mois, quand le nouveau président nous ressortira le TCE, les 55 % de Français qui avaient rejeté le TCE il y a 2 ans – et beaucoup d’autres – vont se reconnecter en masse sur ton blog pour reprendre le combat.
Ils vont rapidement se rendre compte que pour toi, l’Europe démocratique est passée au deuxième plan. Première claque….
Et que ton blog est devenu une tribune politique partisane où des multiples sujets non européens – qui auront été abordés pendant la campagne présidentielle et législative (et dont ils seront saturés jusqu’à la nausée) – tiennent la place centrale. Deuxième claque…
Et que tu as été récupéré par un homme qui, le jour même où il a annoncé sa candidature à la Présidentielle, avait déclaré qu’il demanderait à ses électeurs de voter Royal au 2ème tour, Royal qui s’est prononcée depuis le début en faveur du TCE et qui a la ferme intention de nous l’imposer si elle est élue. Troisième claque.
Déboussolée, cette majorité de Français va chercher un autre point de rassemblement pour continuer la lutte contre le TCE. Et va s’apercevoir que sur cette question pourtant cruciale pour tous les citoyens, seuls les extrêmes occupent le terrain, des extrêmes dans lesquels la plupart d’entre eux ne se reconnaissent pas. Quatrième claque.
On peut imaginer qu’un autre homme hors partis reprenne le flambeau. Mais qui ? Et qui croira, à présent, qu’il ne sera pas lui aussi rapidement récupéré par un des partis extrêmistes ou qu’il n’opère pas déjà pour leur compte ? Chat échaudé craint l’eau froide et ce nouvel homme, s’il apparaît, aura bien du mal à être crédible et plus encore à s’imposer.
En face, le camp des défenseurs du TCE nous brandira en rangs serrés ses arguments :
- Il n’y a toujours pas de plan B.
- Chirac et Raffarin n’étant plus au pouvoir, il n’y a plus de raison d’exprimer un vote contestataire.
- On a déplacé trois virgules dans le texte original pour que chacun puisse sauver la face.
- Peut-on continuer à refuser la main tendue de nos partenaires européens qui sont nos amis, nos frères, et qui veulent bâtir avec nous une Union Européenne forte qui nous permettra de relever les défis économiques et politiques du 21ème siècle ?
- L’Europe du TCE est la seule Europe possible. Tout autre projet est utopique, irréalisable et extrême.
Dans ce contexte, le nouveau Chef de l’Etat aura un boulevard qu’il n’osait espérer. Il va se dépêcher de soumettre le TCE, modifié sur des points mineurs pour faire bonne figure, au Parlement.
Avec une revendication simple, forte, légitime et juste comme le souhait d’une Europe démocratique où les preneurs de décisions sont des élus, on pouvait soulever le pays, rallier à notre cause la majorité des peuples européens et mettre au tapis la dictature technocratique européenne. On l’aurait emporté. Tous les peuples aspirent à la démocratie.
Mais si le message initial est brouillé par des considérations partisanes et extrêmes, s’il s’agit à présent de défendre aussi le programme de Bové, de briser les industriels et les banquiers, de changer la société, etc… toute tentative d’insurrection devient risible. Seuls les partis d’extrême-gauche et d’extrême-droite défileront dans la rue, confortant l’opinion dans l’idée qu’une Europe démocratique est un projet d’extrêmes. Génial.
La nouvelles Assemblée Nationale adoptera le TCE avec une écrasante majorité.
Pire. Si un referendum est organisé, seuls les extrêmes défendront le Non. Les électeurs qui ne se reconnaissent ni dans l’extrême-droite ni dans l’extrême-gauche (et ils sont majoritaires dans ce pays) et qui n’auront plus personne d’autre pour se faire entendre se laisseront convaincre que l’Europe du TCE est la seule possible. Il n’y aura plus personne de crédible à leurs yeux pour prétendre le contraire. Formidable.
L’Europe démocratique sera envoyée à la poubelle comme un pétard mouillé.
Bon. Il ne me reste plus qu’à tirer ma révérence. Je n’ai plus rien à faire sur ce blog. Bové n’est pas ma tasse de thé. Si l’envie me prenait de cracher sur Sarko, il existe plein de blogs et de forums très animés sur lesquels je peux aller me défouler. Quant au nouveau sujet de ta réflexion, il est passionnant (je le dis avec sincérité) et m’aurait passionnée si tu le traitais avec objectivité. Mais en parcourant ton journal, je me rends compte que tu as déjà désigné les responsables/coupables et que tes recherches visent principalement à te conforter dans cette opinion et tes a priori. Du coup, je l’avoue, te lire m’intéresse beaucoup moins. Tu vois, je ne suis pas gentille, juste sincère … et catastrophée.
Pardonne-moi, Etienne, mais je me sens trahie.
Qu’elle était belle notre révolution !
Qu’elle était belle notre Europe démocratique !
Chère Mélanie,
Je crois que tu attends de moi l’impossible. Comment veux-tu que je reste toute ma vie sur une seule et même idée simple, même excellente, sans réagir quotidiennement aux multiples abus de pouvoirs (qui confirment l’idée en question ou la font évoluer) et sans connecter toutes ces idées entre elles pour mieux articuler ma thèse centrale ?
En plus, pardonne-moi, mais la façon dont tu présentes l’idée simple qui est, à tes yeux, la plus importante ne correspond pas tout à fait à ma propre vision de ce qui est le plus important : tu souhaites « une Europe démocratique où les preneurs de décisions sont tous des élus » et tu voudrais t’en tenir là.
Mais ça ne suffit pas du tout : à l’évidence, les élus peuvent être (parfois) des menteurs et des voleurs. Ce qui compte, c’est le contrôle des pouvoirs, un vrai contrôle, de tous les pouvoirs, à tout moment et à tout propos, et ces contrôles ne peuvent en aucun cas être institués (pour nous protéger des abus) si ceux qui écrivent les règles supérieures, — la Constitution —, sont ceux-là mêmes qui vont prendre ensuite le pouvoir (ou leurs amis).
La stricte séparation du pouvoir constituant des pouvoirs constitués me paraît donc une bien meilleure garantie de démocratie véritable, aussi bien en France qu’en Europe (ou ailleurs), et ça, je l’ai découvert progressivement pendant ces deux dernières années : au début, je croyais qu’il suffisait de rendre les élus constituants inéligibles aux fonctions qu’ils instituent eux-mêmes pour nous garantir qu’ils n’écrivent pas des règles pour eux-mêmes.
Mais j’ai réalisé depuis qu’une assemblée constituante élue va forcément être composée de membres choisis par les partis (via les commissions d’investiture avant la campagne électorale) et que, même inéligibles, ce seront sans doute des complices (donc des hommes de pouvoir, en situation de conflit d’intérêt dans le processus constituant) et rien ne pourra donc changer avec une assemblée constituante élue : les citoyens resteront politiquement impuissants, pour les mêmes raisons qu’actuellement.
Non, la seule façon de nous protéger des manœuvres des hommes de pouvoir (manœuvres pour le garder et ne jamais nous le rendre), c’est de désigner l’assemblée constituante par tirage au sort.
Ceci vaut pour la France et, Mélanie, cela vaut pour l’Europe. Je n’ai pas l’impression de m’être éloigné de ton objectif fondamental, au contraire : il me semble qu’on se bagarre toujours tous les deux pour la même chose. Mais il y a peut-être une étape de ma réflexion que tu n’as pas suivie et qui t’a donné l’impression que je m’éloignais. Il n’en est rien.
On ne pourra jamais construire un Europe vraiment démocratique, c’est-à-dire qui nous respecte tous, nous autres les personnes physiques, si on ne surveille pas de près le processus constituant et si on n’interdit pas rigoureusement, par une technique ou par une autre, aux hommes de pouvoir (et à leurs amis !) d’écrire eux-mêmes la Constitution.
Donc (à mon avis), la seule revendication de l’élection de tous les décideurs ne suffit pas du tout à parler de démocratie, ni en France, ni en Europe ; on serait même tenté de dire « au contraire », tant l’élection emporte avec elle, presque mécaniquement, un long cortège de turpitudes et d’effets pervers pour les électeurs, toujours roulés dans la farine.
Je ne défends pas le programme de Bové, je défends l’homme Bové qui me semble être le seul, parce qu’il est libre de tout parti, à être capable de déclencher le processus constituant que je crois nécessaire, ce n’est pas pareil. Je préfèrerais que José s’en tienne à ce programme constituant vraiment démocratique, original et révolutionnaire en soi, car une politique de gauche s’ensuivrait probablement, tout naturellement, par l’effet du grand nombre de simples citoyens ayant enfin repris le pouvoir. Mais ce n’est pas moi qui écris son programme, évidemment, il faut bien « faire avec ».
Quant aux banquiers, j’en parle parce que je réalise à tout propos que ce sont des parasites dangereux qui sont les pires adversaires de la démocratie, depuis longtemps, partout dans le monde, ils ne s’en cachent même plus et le déclarent publiquement. L’Union européenne est pour eux un outil, bâti pour des personnes « morales » contre les personnes physiques. Je peux me tromper, mais ça ne devrait pas faire de moi un traître…
Et « l’objectivité » que tu me demandes, je ne la comprends pas : quand les candidats à l’élection présidentielle annoncent carrément qu’ils vont nous imposer la partie 1 du TCE par voie parlementaire ou nous tordre le bras avec un nouveau référendum, je devrais ne rien dire parce que ce serait prendre position dans la politique intérieure ? Et tu me reproches d’avoir, moi, « déjà désigné » les coupables ? Mais c’est parfaitement contradictoire, Mélanie : tu me demandes de rendre les armes devant ceux qu’il faut condamner, ceux qui écrivent depuis des décennies toutes ces institutions iniques, sans nous, et même bientôt contre nous…
Je ne comprends pas ta logique. Comment vas-tu faire la belle Europe démocratique si tu laisses tes prochains gouvernants enterrer à tout jamais (il faudra une triple unanimité des 27 pays pour réviser le TCE, souviens-toi) ladite démocratie, sans te demander ton avis ?
Désolé de ne pas comprendre.
Amicalement.
Étienne.
La démocratie, c’est la dictature de la majorité (qui vote).
J’ai parcouru vos écrits mais n’ai pas rencontré de polémiques autour de l’idée de démocratie, hormis pour insinuer qu’il ne faut rien y rendre obligatoire (le vote par ex). Pourtant on sait qu’en science et en art la démocratie ne fonctionne pas. Que penser des résultats des élections récentes dans plusieurs pays européens ou les extrémistes (droite, gauche et autres) toujours plus mobilisés obtiennent des scores dévastateurs sur des programmes aberrants et souvent égocentriques (FN ou CPNT).
Que vaut une démocratie avec ou sans referendums lorsque les consultations appellent des réponses ouiistes ou nonistes, blanc ou noir, pour des résultats alternants sur des nuances de gris (gauche caviar, droite homard, parti républicain ou démocrate…) ?
Comment un citoyen peut-il s’intéresser à des questions telles que : faut-il plus de flics ou d’éducateurs contre la violence télévisuelle ? Préférez-vous Cécilia ou Francois ? Les multinationales ont-elles le droit de délocaliser pour exploiter dans des pays désespérés sans code du travail afin de satisfaire leurs actionnaires (lire « No logo » de Naomi Klein) ? Les actionnaires de Total et leurs complices arrivent-ils à dormir les yeux ouverts ? Ce florilège limité pour illustrer la vacuité ou la complexité des questions auxquelles tout citoyen devrait pouvoir réagir et dans le même temps qu’un minimum de bon sens suffit pour économiser un maximum de temps et d’énergie. Mais Mr MEDEF a‑t-il le même bon sens que Mr dupont ? (répondez par oui ou m…)
Par ailleurs, l’expérience de la télé, en termes de démocratie (choix des programmes) a des leçons à nous donner. Regardée en France plus de 3h par jour en moyenne (à vérifier), la petite lucarne, privée ou publique, fait ses meilleurs scores sur des programmes la plupart du temps lamentables (voir la place des programmes éducatifs, des documentaires, des débats de fond, et comparer avec les Star’Ac, les Druckers et surtout l’évolution des émissions politiques où les journalistes à la botte (lire « les nouveaux chiens de garde » de Serge Halimi) sont remplacés par des vrais gens formatés et téléguidés).
Je souhaite qu’Internet par sa richesse puisse prendre de plus en plus de place dans l’éducation populaire et le débat démocratique, mais j’y crois peu, chacun s’informant aux sources qui lui plaisent. Quand à la manière d’inciter les gens à réfléchir et agir dans l’intérêt collectif, ça semble aussi difficile que d’inventer le mouvement perpétuel.
Il faut en tous cas essayer, chercher, car si l’humanité est désespérante dans sa globalité, elle sait être réjouissante parfois dans sa variété. Méfions-nous donc de l’uniformité et envisageons d’autres mondes possibles, même si c’est moins confortable et facile, Mélanie.
Gilles B
Cher Etienne,
Je suis d’accord avec vous, la démocratie telle qu’elle fonctionne en France est loin d’être parfaite et chercher à l’améliorer est indispensable.
Mais, et je rejoins là Mélanie, pour instaurer une autre démocratie, il faut une évolution des mentalités et donc… du temps.
Or, le TCE sera redébattu en 2008.
Une démocratie classique, avec des élus, serait certes imparfaite mais elle susciterait une large adhésion populaire en Europe et elle est donc réalisable.
Une démocratie comme vous la voyez, idéale, risque d’être mal interprétée au départ. Elle est trop révolutionnaire pour obtenir l’adhésion d’une majorité.
En se battant pour un idéal impossible à atteindre pour le moment ne risque-t-on pas de perdre définitivement la possibilité d’introduire des principes démocratiques en Europe ? Le TCE serait alors adopté et pour l’éternité.
Le mieux est souvent l’ennemi du bien.
Cordialement,
Pierre
@Étienne Chouard
« PARIS (Reuters) – Ségolène Royal souhaite que la troisième partie du traité constitutionnel européen, rejeté par les Français en mai 2005, soit remplacée par un « protocole traitant des politiques nouvelles, du progrès social, des services publics et de l’environnement ».
« Les parties un et deux, sur les institutions et la Charte des droits fondamentaux, n’ont pas fait vraiment débat en France. Il faudra revoir la partie trois », explique la candidate présidentielle socialiste dans un entretien au quotidien Le Monde daté du 6 mars. »
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14–0,39–29996910@7–37,0.html
J’ai décidément l’impression que vous devriez expliquer certaines choses à Ségolène Royal, Étienne.
Cher Etienne,
Bravo pour ton blog qui a malheureusement le désagrément d’être très brouillon et difficilement compréhensible, dommage…
Tu t’interroges au sujet du RIC et tu ne sembles pas comprendre pourquoi les gens de « gauche » ou « d’extrême gauche » ainsi que les syndicalistes (j’ajouterai les associations) ne prônent pas le RIC.
La réponse est évidente ; ils n’y ont AUCUN intérêt personnel, pardi !
José Bové, que tu sembles mettre au dessus de tout soupçon en est l’exemple le plus frappant.
Bové n’a aucun intérêt à détruire son fond de commerce…
Pas plus d’ailleurs que de nombreux autres politiques, syndicalistes ou associations.
Le pouvoir, toujours le pouvoir, la soif de pouvoir personnel, tel est leur leitmotiv commun.
L’établissement du RIC tel que le décrit fort bien notre ami Yvan Bachaud
(http://yvanbachaud2007.info/) sur son site, résonance des idées de JJ Rousseau, en accordant le pouvoir de décision au peuple, à l’instar d’autres pays, ramènerait les fonctions de ces meneurs vedettes à des initiateurs d’idées, sans plus. Le star-système est l’ami de la politique pseudo démocratique.
À la fin du siècle des lumières, les français avaient le choix entre deux systèmes pour combattre la royauté.
La démocratie représentative, celle des riches banquiers et francs-maçons naissants prônée entre autres par Voltaire et la démocratie directe, celle du peuple prôné par Rousseau.
On connaît la suite… et les dictateurs de tous poils qui se sont succédés ; depuis Bonaparte jusqu’à De Gaulle et sa fumeuse constitution anti-démocratique élaborée par son mentor Michel Debré, professeur de droit constitutionnel.
Debré dont on subit encore aujourd’hui les exactions par l’intermédiaire de son fils Jean-Louis, expert en magouillages constitutionnels que Chirac a comme par hasard nommé à la tête du Conseil Cons.
(La clique gaullienne, continuant le travail de sape de Bonaparte, a d’ailleurs établi les grands principes du droit dans de nombreux pays anciennes colonies françaises, avec leurs mêmes travers anti-démocratiques et dictatoriaux)
Il faut donc se réapproprier notre démocratie et l’étape du RIC est indispensable.
L’écriture d’une nouvelle constitution visant notamment une réelle séparation des pouvoirs est une autre étape indispensable.
Cette séparation des pouvoirs, inscrite à l’article 16 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen est bafouée depuis 1793.
Elle est primordiale et les trois pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire devront être directement contrôlés par le peuple souverain.
La justice, très souvent abominable, ne devra plus être au service des partis politiques et/ou de l’exécutif.
De même, on ne devra plus entendre dans les médias un facho sarko nabot déclarer, sans que personne n’y trouve rien à redire « Je vais faire voter telle ou telle loi !!! »
Depuis quand l’exécutif vote-t-il les lois ?
D’ailleurs, à ce sujet, il sera bon de ne pas refaire les mêmes erreurs que nos voisins suisses que l’on cite volontiers lorsqu’on parle de RIC.
Chez eux les partis politiques ont réussi depuis longtemps le tour de force de ressurgir au travers même du RIC.
Par exemple, les juges sont élus, certes, mais pas par la population, mais par les partis !
Ce qui fait que la justice est aussi pourrie en Suisse qu’en France…
À bientôt.
Quant au TCE, la proposition scélérate de Royale ne me surprend aucunement.
Après Sarko qui veut le faire passer en force par l’intermédiaire du parlement, Royale, dans la lignée des jospinistes et autres voleurs de pouvoir spécialisés, n’est pas une inconnue.
Avec un TCE voté en force, violant la démocratie, les partis politiques entendent bien exister jusqu’à.… la disparition de l’homme sur terre !
En effet, sans revenir sur les nombreux aspects scélérats de ce TCE, il en est un qui n’est jamais quasi indiqué ;
Le pouvoir exorbitant des juges européens qui dans ce cas seraient au service des partis (des pays) et dont la responsabilité civile et pénale serait inexistante, y compris même lorsqu’ils seraient à la retraite ! (impossibilité de les poursuivre y compris en cas de faute grave)
Si cela n’est pas de la dictature…
Peu de personnes connaissent la loi n 95–125 du 8 février 1995, article 55, et la loi organique n. 2001–539 du 25 juin 2001, articles 27–1 et 27–11.
La première, votée sous Chirac 1er est une première injure aux justiciables puisqu’en modifant l’article 6.1 du Code de procédure pénale qui consiste en un contrôle du bien fondé des poursuites pénales dirigées contre les magistrats pour des faits, prétendument commis dans l’ exercice de leurs fonctions.
Or cet article conduit à la déresponsabilisation totale desdits magistrats qui détournent la loi à leur profit. On a vu, dans l’affaire d’Outreau comment ils ont procédé.
La seconde loi, votée sous gouvernement Jospin est encore plus félone car elle prive le justiciable de tout recours juridique ultime si tel est le bon vouloir de la Cour de cassation qui peut déclarer, sans aucune motivation, un pourvoi non admis.
Autrement dit, pour expliciter cette affaire aux non-juristes, le citoyen qui conteste un jugement (par exemple qui met en cause l’ordre établi ou un adversaire politique ou tout simplement qui n’accepte pas la décision d’une cour d’appel) verra son recours bloqué au plus haut niveau sans même qu’on lui motive ce rejet de pourvoi. La CEDH (cour européenne des droits de l’homme), appuiera ce rejet sans plus de détails.
Ainsi on comprend mieux pourquoi les partis politiques importants de ce pays ont tout intérêt à s’entendre pour faire passer en force le TCE, fût-ce au risque d’une révolte populaire que Sarko ou Le pen s’empresseraient de réprimer dans le sang.
« Méfiez-vous de la partie 1 du TCE : c’est la pire ! »
Ma première chronique audio (10 Mo en mp3) sur Radio Grenouille :
http://www.grenouille888.org/dyn/IMG/mp3/21_03_07_chro1chouard.mp3
Bonjour
Maintenant que les choses vont devenir de plus en plus claires en ce qui concerne la position de Nicolas Sarkozy concernant son projet de mini traité, je pense que c’est vers l’analyse de la partie 1 (et les propositions françaises ainsi que celles – qui ne vont pas manquer – de la part des autres pays européens) que nous devrions nous tourner … au point que la page d’accueil de ton site, Étienne, devrait peut-être ouvrir sur ce débat ?
Amicalement
AJH
France et Espagne relancent le projet de traité européen
Par Pierre Haski (Rue89) 18H59 16/06/2007
http://www.rue89.com/2007/06/16/initiative-surprise-franco-espagnole-pour-un-traite-europeen
texte du projet :
http://www.europarl.europa.eu/charter/pdf/text_fr.pdf
Salut Étienne,
Jean Quatremer tire le bilan dans un « Rebonds » de l’activisme « non »-iste.
C’est intitulé : « L’Europe des chefs d’État »
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Le « traité simplifié » de Sarkozy n’est pas différent de la défunte Constitution européenne.
Par JEAN QUATREMER
Ce qui va suivre va fortement déplaire aux plus farouches tenants du non. Disons-le tout net : le « traité simplifié » que le chef de l’État français appelle de ses vœux et qu’il espère voir adopter par le Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement qui se tient jeudi et vendredi n’est rien d’autre que la défunte « Constitution » présentée avec un autre habillage. Dit autrement, le futur texte n’en aura pas le titre, il n’en aura pas l’apparence, mais il aura le même contenu, à quelques éléments près.
Ainsi, en élisant Nicolas Sarkozy à la présidence de la République avec 53 % des voix puis en lui donnant une large majorité à l’Assemblée nationale, les Français ont effacé dans un même mouvement leur rejet du traité constitutionnel européen, pourtant exprimé à près de 55 % lors du référendum du 29 mai 2005. Car Sarkozy n’a pas pris les Français par surprise. Durant toute sa campagne, et notamment lors de son discours prononcé à Bruxelles le 8 septembre 2006, il a très précisément expliqué ce qu’il ferait s’il était élu. Il a donc une légitimité démocratique forte pour mener son projet à bien.
Son but est de reprendre l’ensemble des « novations juridiques » contenues dans le projet signé à Rome en octobre 2004, c’est-à-dire les réformes institutionnelles, et laisser tout ce qui pourrait faire penser à une Constitution comme le préambule ou les « symboles de l’Union ». Parmi les éléments qui resteront, on peut citer notamment : le président permanent du Conseil européen, l’extension des pouvoirs du Parlement européen, la composition restreinte de la commission, le nouveau mode de décision au sein du Conseil des ministres, la personnalité juridique de l’Union, le caractère obligatoire de la charte des droits fondamentaux ou encore l’extension du vote à la majorité qualifiée.
De fait, toutes ces innovations n’ont pas été contestées durant la campagne référendaire : l’essentiel des critiques — sur la « dérive libérale » en particulier — portait sur les traités existants (la fameuse troisième partie), qui n’étaient en réalité que repris et codifiés dans le projet de Constitution afin de rendre l’ensemble du droit européen plus lisible et cohérent.
Le rejet de la Constitution ne pouvait donc rien changer à la réalité européenne (il aurait fallu voter la sortie de l’Union, ce que personne ne propose), mais il l’a privé de toutes les réformes améliorant le droit existant. Afin de ne pas effaroucher les Français, cette codification sera aussi abandonnée. Sarkozy a réussi à convaincre les dix-huit pays ayant déjà ratifié le traité constitutionnel (et les quatre autres qui étaient prêts à le faire) de se rallier à sa proposition, la « substance » du traité constitutionnel étant préservée et donc le vote de leurs citoyens ou de leur Parlement, respecté. Si les pays eurosceptiques que sont la Pologne, la République tchèque et la Grande-Bretagne acceptent la manœuvre, l’Union aura finalement réussi à adopter des réformes institutionnelles censées lui permettre de mieux fonctionner. Elle refermera ainsi un chapitre ouvert en 1990 avec la perspective de l’élargissement à l’est à la suite de l’effondrement du communisme.
Néanmoins, la crise déclenchée par le double non franco-néerlandais laissera des traces profondes. Loin d’avoir été un « choc salutaire », le non a surtout convaincu les gouvernements que les citoyens n’étaient pas capables de comprendre le grand œuvre lancé en 1950 et qu’ils étaient prêts à tout jeter par-dessus bord pour manifester leur mauvaise humeur. Les élites ont, en un mot, décidé de reprendre les rênes.
Ainsi, ce n’est pas un hasard si l’Union a renoué avec ses pires travers : diplomatie secrète, négociations au finish, marchandages inavouables, compromis obscurs. Alors que les gouvernements espèrent parvenir à un accord politique portant sur 90 % à 95 % du futur « traité simplifié », seul un petit cénacle de dirigeants européens connaît l’état des négociations en cours. Les citoyens, eux, devront attendre la fin du conseil pour en découvrir le résultat. L’exercice de démocratie et de transparence sans précédent qui a accompagné la rédaction de la Constitution n’est pas près de se répéter. Rappelons qu’en 2002 et 2003, pour mettre fin au règne de la diplomatie secrète, une convention majoritairement composée d’élus nationaux et européens (désignés par leurs Assemblées respectives) avait été chargée de rédiger, en public, le nouveau traité. Les États, qui s’étaient ensuite réunis, ne l’avaient modifié qu’à la marge.
Cette fois-ci, rien de tel. Sarkozy, qui en septembre 2006 avait souhaité après l’adoption du « traité simplifié » qu’une nouvelle convention se réunisse pour remettre à plat l’ensemble des politiques européennes (la partie III), a depuis laissé tomber cette idée, sachant qu’au terme d’un tel exercice un nouveau référendum serait nécessaire. C’est le second effet du vote du 29 mai 2005. La démocratie directe, du moins en France, a sans doute son avenir derrière elle. Surtout en matière européenne. Désormais, les États membres veulent qu’un gouvernement soit capable d’assumer sa signature et puisse garantir que son accord ne sera pas ensuite invalidé par son peuple. Et cela, seule la voie parlementaire le garantit. À vingt-sept pays et bientôt à trente, on peut comprendre que l’on se méfie des procédures référendaires, qui autorisent tous les populismes. Il faut se rappeler que la campagne de 2005 a essentiellement porté sur la dénonciation du « libéralisme », supposé consubstantiel à la construction communautaire, et que les mêmes Français, qui ont pourtant voté non à la Constitution, ont porté à la tête de l’État un président qui n’est ni socialiste ni adversaire de l’économie de marché. Comprenne qui pourra.
Là aussi les citoyens français ne peuvent pas se plaindre : seul parmi tous les candidats, Nicolas Sarkozy a fermement écarté l’idée d’un second référendum, arguant justement que l’Europe ne se relèverait pas d’un nouvel échec. Certains affirment que la négociation par les seuls diplomates, suivie d’une ratification parlementaire, va concourir à éloigner davantage les peuples de l’Europe. On peut sérieusement en douter.
Le oui au référendum sur le traité de Maastricht en septembre 1992 les a‑t-il rapprochés de l’Europe ? Évidemment pas. L’adhésion à un projet n’est pas suscitée par un ensemble de règles de fonctionnement, un « règlement intérieur », si l’on veut, mais par ses réalisations concrètes, par les réponses qu’il apporte aux attentes des citoyens. C’est cela, le défi que doivent relever les gouvernements qui siègent au conseil des ministres européens, le Parlement européen, directement élu par les peuples, et la Commission.
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses
[Commentaire d’Étienne Chouard : le mépris des peuples suinte partout dans ces propos, c’est triste. On a bien fait de les arrêter quand on le pouvait, en 2005, et le fait qu’ils recommencent maintenant à nous violer ne montre pas qu’on a eu tort de leur résister. Contre les abus de pouvoirs, le combat continue.]
Tu nous démontres donc :
1. Que les élites ont décidé de diriger sans nous.
Corollaire : on ne nous demandera plus notre avis.
2. Qu’il en est autrement des choix politiques quand ils sont proposés un par un, que quand on vote pour un package.
3. Que le refus des Français est bien entendu passé à la trappe et que le traité va quand même se faire.
4. Que la réflexion politique et l’information citoyenne sont toujours considérées comme « populisme » et « mauvaise humeur ».
En gros, tu confirmes tout ce que les personnes qui ont voté non — non pas les non-istes — ont toujours pensé. Pas la peine, donc, de dire : vous n’allez pas aimer, parce que si on apprécie, au moins avec notre non, on te force à reprendre ces 4 points, même si tu crois qu’en faisant ce texte alambiqué, tu peux nous convaincre. En effet, tu admets avec nous que la démocratie est morte depuis un bout de temps. Et que ça s’empire. Au moins, de forcer ce constat nous amènera peut-être à réfléchir sur ce qu’il faudrait faire, pendant que les élites continuent de mener la danse.
Jean Quatremer n’accepte pas forcément la contradiction dans les commentaires de son blog.
Au moins, il reste cohérent.
À Antoine :
Pas du tout, ça ne prouve que le misérable échec du « non »-isme.
Erreur de diagnostic d’abord — tous azimuths, contradictoire, confus, faux.
Erreur de stratégie politique ensuite — n’a débouché sur rien, échec sur toute la ligne, l’histoire a tranché.
Ce n’est pas une question du peuple contre les élites, c’est le même peuple qui s’est planté une fois en votant NON et qui s’est planté une seconde fois en élisant Sarkozy, ce qui au niveau européen signifie : a rejeté le TCE au profit d’un status-quo bien moins favorable puis a approuvé quelquechose qu’ on ne connaît pas encore mais qui sera quelque part entre le status-quo actuel et le TCE. Au mieux : un peu moins bien que le TCE. Au pire : à peine mieux que le status-quo.
La troisième fois sera peut-être la bonne…
Une partie du biais réside là :
« n’a débouché sur rien ! »
Mais on est pris en otage coco. De nombreuses initiatives pour lancer des projets de constitution alternatives, par exemple, ce n’est pas rien.
Mais nous n’avons pas la parole ! On est cantonné au rôle débile de contradicteur parce que, dans cette société, nous sommes privés de l’initiative.
Si les « représentants » étaient honnêtes, à defaut de nous donner la parole (faut pas rêver), ils auraient pris en compte le non, entendu les critiques et proposé AUTRE CHOSE.
Mais non, les plans sont dans les cartons et il est hors de question de revenir dessus. Dès lors, refuser n’est qu’une affaire de principe. Et c’est déjà ce que je déclarais lors de la campagne du non. Même si, objectivement, nous savions que la situation ne pouvait pas s’arranger, nous n’étions pas d’accord.
Le non signifiait pour moi : faites-le puisque c’est votre seule option, mais pas en mon nom. Nous avons rejeté l’Europe telle qu’elle se faisait et, dès lors, elle est illégitime. D’un point de vue démocratique. L’élection de Bush junior n’y change rien. Cela ne l’empêchera pas de continuer puisqu’elle est décidée ainsi par l’élite, mais le peuple l’a refusée, et croyez-moi : il y eu un gros travail d’information et de compréhension citoyenne pour arriver à ce résultat, pas de populisme.
Maintenant, bien sûr que le statut quo est « pire », mais qui en est responsable ? A‑t-on voté pour le statut quo ? Non, nous avons demandé une autre Europe. On nous répond : c’est pas possible. Dont acte. Nous ne participons pas de la même « démocratie ». Que chacun dirige chez soi, et mes poules vivront tranquilles.
Et quand je parcours votre texte pour appuyer ce que dis, je tombe sur ceci : « L’exercice de démocratie et de transparence sans précédent qui a accompagné la rédaction de la Constitution n’est pas près de se répéter. » Plus besoin d’aller chercher ailleurs. Jamais je n’ai participé à l’élaboration de ce texte. VGE n’est pas venu diner chez moi pour me demander mon avis.
La démocratie, elle était pour moi dans les associations de quartier où des volontaires allaient près des gens pour leur faire comprendre le texte et donner la parole aux « ignorants ».
Vous avez le point de vue de quelqu’un qui participe (très légèrement, sans doute). Vous ne comprenez pas que, pour l’immense majorité de la population, l’adhésion ne s’est faite que par médias interposés, nous ne sommes pas sollicités.
JMF,
Quand vous parlez du « misérable échec du nonisme », c’est de l’imprécation, pas une démonstration.
Politiquement, à la faveur de la construction européenne, on se fait violer depuis 50 ans. Ça se démontre : les textes que nos « représentants » nous imposent par traité depuis 1957 sont un abus de pouvoir caractérisé : sans consulter les peuples concernés, ils mettent en place des institutions où les citoyens ne comptent pour rien et où les exécutifs concentrent les pouvoirs et s’affranchissent de tout contrôle ; c’est la négation même de la démocratie.
La seule fois où on nous a demandé notre avis (après en avoir débattu comme il faut), on a dit clairement « Non, pas ça !! ».
Et pourtant, la réaction de ceux qui ont le pouvoir (vous seriez gentil, JM, de vous rappeler que les nonistes n’ont pas de pouvoir, ce qui interdit de leur coller des responsabilités imaginaires) est de recommencer à nous violer, comme avant… Où est l’erreur ? Où est la défaite ? Avait-on pour autant tort de protester quand on a eu exceptionnellement la parole ?
La victime d’un viol répétitif qui s’est révoltée une fois, quand elle a pu le faire, est-elle responsable quand le viol recommence ? Allons, voyons…
Votre « raisonnement » défie la logique. Ça vous arrangerait bien que tout soit de la faute des nonistes, n’est-ce pas ? Mais vous n’avez répondu à aucun de leurs arguments sur le fond (confusion des pouvoirs, irresponsabilité politique des acteurs, impuissance des citoyens, dépendance des juges envers l’exécutif, « lois sans parlement » dissimulées dans le texte, etc.) et vous prenez comme argument que le viol a repris pour dire qu’on avait tort de de rebeller ?
Votre colère ne suffit pas à vous donner raison.
Amicalement.
Étienne.
à Antoine
La grave erreur est de penser que seul l’exercice du droit de véto permet de construire quelque chose.
L’échec du « non »-isme ne se situe pas tellement lors de la période fin 2004–29 mai 2005. En soi, je n’ai rien contre ce qu’une ébauche particulière de solution soit rejetée. La constitution Sarkozy, je la rejeterais moi-même probablement (à voir quand on aura le texte) si c’était en mon pouvoir.
Je ne suis pas un frustré du 29 mai 2005, je suis un frustré de tous les jours qui ont suivi ensuite. Lors desquels il ne s’est rien passé précisément. La cause de cet échec vient de l’erreur de diagnostic (maintenant on me parle de « viol répétitif » : chacun jugera) : le NON mélait les critiques les plus légitimes aux revendications les plus maximalistes et aux mensonges les plus grossiers, il mélait les illusions du « yaka » au défaitisme du « on ne peut rien faire parce que l’Elite est contre nous » sans trouver le juste milieu de la volonté, il mélait les plus pro-européens aux plus anti-européens aux aspirations contraires. Rien de constructif et de réaliste ne pouvait et ne peut émerger de ce maelstrom. Il fallait faire le tri. Ca n’a pas été fait.
L’échec du « non »-isme se situe pour l’autre moitié en amont de la campagne référendaire : où étiez-vous entre 2000 et 2004 lorsque la Convention pour l’avenir de l’Europe avait pour la première fois soulevé le couvercle de plomb des négociations entre chefs de gouvernements et leurs sherpas ? Vous personellement nulle part bien entendu et c’est bien normal. Mais une association comme ATTAC, c’était dans ses cordes, c’était son rôle, c’était son devoir. Elle ne l’a pas fait et c’est plus qu’une erreur, c’est une faute.
La conséquence logique est qu’aujourd’hui les sherpas ont repris la main. Vous prétendiez faire l’europe des peuples ; par vos erreurs, vous avez en fait redonné la main à « L’Europe des chefs d’État ».
@JMF
Vous écrivez » entre 2000 et 2004 lorsque la Convention pour l’avenir de l’Europe avait pour la première fois soulevé le couvercle de plomb des négociations entre chefs de gouvernements et leurs sherpas ? »
.…mais la « société civile » a t‑elle été invitée par VGE à donner son avis lors des discussions … jamais à cette période, je n’ai trouvé d’informations fiables sur ce que serait le projet présenté par cette Convention pour le moins opaque.
Nous avons été mis devant le fait accompli… fallait-il comme en Espagne , accepter de voter sur un texte dont eux, lors de leur référendum, n’avaient même pas en main la partie III .?
Nous aurons un Traité, oui, sans doute , ce qui (bien que pas fameux) sera toujours moins pire qu’une constitution…
Et si ce Traité fait fi du « NON » populaire français et néerlandais (sans compter de ceux qui n’ayant pas été consultés auraient eux aussi voté non s’ils l’avaient été), nous nous battrons sans doute à nouveau.
Jmf,
vous dites : « La grave erreur est de penser que seul l’exercice du droit de véto permet de construire quelque chose. »
C’est vous, et vous seul, qui affirmez que nous pensons cela : je n’ai jamais — pas une seule fois — entendu un partisan du Non prétendre qu’on construisait quoi que ce soit en votant Non : pour nous tous, il y avait le feu à la maison, on nous volait la démocratie — avec le culot de nous demander notre accord — et il fallait urgemment nous mettre en travers, aussi dérisoires que soient nos volontés (puisque nous sommes tous, depuis longtemps, politiquement muselés).
Cette histoire de « grave erreur » d’avoir prétendu — ou même cru — construire quelque chose en votant Non est un mauvais procès — un procès d’intention — qui invente de toutes pièces nos intentions.
Parlons plutôt du fond, Jean-Michel, si vous voulez bien, point par point, et rassurez-nous donc, si c’est en votre pouvoir, sur le texte lui-même et pas sur les belles promesses de ceux qui parient que nous allons les croire sans contrôler méticuleusement leurs projets.
Amicalement.
Étienne.
« … Mais la « société civile » a‑t-elle été invitée par VGE à donner son avis lors des discussions… Jamais à cette période, je n’ai trouvé d’informations fiables sur ce que serait le projet présenté par cette Convention pour le moins opaque. »
Parfaitement ! Certains ont même joué un grand rôle dans les négociations, la Confédération Européenne des Syndicats, notamment.
« Nous avons été mis devant le fait accompli… Fallait-il, comme en Espagne, accepter de voter sur un texte dont eux, lors de leur référendum, n’avaient même pas en main la partie III ? »
Et alors ? Ils avaient néanmoins en main 95% des modifications apportées par le TCE ! Même si, je vous le concède, il y avait quelques bonnes choses dans les modifications apportées à la partie III par le TCE.
Nous aurons un Traité, oui, sans doute, ce qui (bien que pas fameux) sera toujours moins pire qu’une constitution…
Ah ah, Sarkozy doit bien se marrer de voir qu’il a pu vous rouler dans la farine tel un joueur de Karaté qui se sert de la force même de son adversaire pour mieux le violemment terrasser à terre. Vous faites une fixette sur le mot constitution, refusant de voir que Maastricht-Nice servait déjà de constitution à l’Europe ? Très bien, on va appeler ça « Traité » ! Ça ne change absolument rien à l’affaire, sauf que votre fixette elle-même lui facilite la tâche. « Mais non Madame Royal, je ne serai pas celui qui fera revoter les Français sur une constitution qu’ils ont déjà rejetée. Moi, je propose un simple Traité, et pour ça pas besoin de référendum ! », a‑t-il osé lors du débat d’entre deux tours. C’est complètement bidon, mais grâce à vous, ça paraît vrai !
Bonsoir,
Pour défendre quand même JMF,
« on se fait violer depuis 50 ans »… Ha… le sens de l’exagération.
« Votre « raisonnement » défie la logique. Ça vous arrangerait bien que tout soit de la faute des nonistes, n’est-ce pas ? »
Tout n’est pas de la faute des nonistes, mais ils y sont pour quelque chose ! D’autant que, comme avec le mot « viol » répété plusieurs fois ici, vous avez exagéré et fait peur aux gens, mais c’est du passé.
C’est toujours très facile de casser la baraque ; la construire, nous attendons encore et, heureusement, Sarkosy prend ses responsabilités.
Les NONISTES ont VIOLÉ les Européens en jouant les ÉGOÏSTES.
Lucien,
Que peuvent construire ceux qui, précisément, n’ont pas le pouvoir ? Le reproche que vous faites aux résistants nonistes est fondamentalement incohérent.
Mais puisque vous êtes en forme, démontrez-nous donc cette exagération que vous dénoncez ; montrez-nous donc qu’il n’y a pas de raison d’avoir peur — je ne demande qu’à être rassuré, moi —, mais pas par de simples incantations : je vérifierai vos affirmations :o)
Et quand vous dites : « Les NONISTES ont VIOLÉ les Européens en jouant les ÉGOÏSTES »… êtes-vous sérieux ?
à Étienne
Je fais partie de la minorité anti-sarkozyste et, à l’intérieur de celle-ci, de la minorité pro-TCE, donc encore plus résistant que vous 😉
Cher Jean-Michel
Vous seriez donc un « résistant » accompagné — on peut le rappeler pour mémoire — par 90% des éditorialistes des grands médias, 95 % des parlementaires nationaux et européens, 100% des technocrates européens, 100% des ministres et des chefs d’État, etc. Quelle indépendance d’esprit et quel courage, effectivement ;o)
J’insiste : vous ne semblez pas inquiet des institutions européennes, et je m’étonne : quelles sont les données que j’ignore qui arrivent ainsi à vous rassurer, compte tenu de tous les dangers que j’ai rappelés plus haut ?
à Étienne
Forcer 100% des chefs d’État à accepter le TCE n’est pas une honte, c’est une prouesse et une nécessité absolue dès lors qu’on ne veut pas seulement élaborer de belles théories (pardonnez ma modestie, mais passer après « Vers la paix perpétuelle » d’Emmanuel Kant et « les États-Unis d’Europe » de Victor Hugo, je ne le sens pas…), mais aussi pouvoir agir dans le réel. Votre plan B devra impérativement passer par là, cela va sans dire.
[23 juin‑0 h 50. Jean-Michel, je vous réponds au coeur de votre texte, pour ne pas multiplier les citations et rester près de vous.
Pourriez-vous admettre que construire une démocratie n’est pas à la portée des chefs d’État mais relève forcément des peuples eux-mêmes ; peuples qui décident, directement, d’instituer des pouvoirs et d’en garder le contrôle ?
Comprenez-moi : le « TC« E est, en soi, simplement par la méthode utilisée, un considérable abus de pouvoir : on n’impose pas des institutions par voie de traité ; ce n’est pas aux hommes au pouvoir de définir eux-mêmes les limites de leur propres pouvoirs. Dites-vous le contraire, Jean-Michel ? Je ne comprends pas ce qui vous conduit à cette servitude volontaire, à cette résignation à ne plus jamais avoir voix au chapitre. Ne voyez-vous pas que les chefs d’État, en protégeant les États (plutôt que les peuples), protègent… les chefs d’État ? ÉC]
Dans le cas du TCE, ça n’a d’ailleurs pas été une mince affaire. Conseil de Salonique à l’été 2003. Quinze gouvernements de droite libérale et souverainiste et réactionnaire se mobilisent (à raison) sous la conduite de l’Espagne et la Pologne au cri de « Nice ou la Mort ! ». Blocage confirmé au Conseil européen de Rome (Déc 2003). Le salut est venu du grand peuple espagnol qui blessé dans sa dignité par les mensonges Aznar sur les attentats de Madrid vire sans ménagement l’un des deux bastions de la réaction, laissant l’autre (la Pologne) isolée. Ce n’est que bien tardivement que l’extrême-gauche française supposée pro-européenne et le Danemark (scrutin qui, quant à lui, était clairement libéral, souverainiste et xénophobe) ont donné avec retard satisfaction aux coalisés de Salonique.
[L’histoire détaillée de ces grenouillages politiciens, — grenouillages difficiles parce que c’est un panier de crabes évidemment trop nombreux —, manoeuvres loin des peuples concernés, ne me rassure pas une seconde : je vous rappelle que je suis attentif aux abus de pouvoirs (aussi bien en France qu’en Europe !) et aux mécanismes que les institutions prévoient précisément pour interdire ces abus et même nous permettre d’y résister, le cas échéant.
En étant vous-même si peu attentif au contrôle des pouvoirs, cher Jean-Michel, vous m’entraînez avec vous dans votre servitude volontaire. Vous voyez ce que je veux dire ? J’essaie de vous comprendre, mais entendez-moi aussi, de votre côté. ÉC]
—
Sur vos cinq points, je remarque quelques-unes de vos erreurs classiques. Considérer les membres du Conseil comme de l’exécutif (puisque « des ministres ») alors que l’exécutif, c’est la Commission européenne (aka : le Gouvernement européen si on veut parler clairement) et que les membres du Conseil, ce sont les représentants des états fédérés qui co-participent à l’élaboration des lois comme dans tout système politique fédéral (ainsi les présidents des régions allemandes siègent au Bundesrat où ils co-légifèrent sous proposition du gouvernement fédéral (leur commission européenne) en parallèle avec le Bundestag (leur parlement européen)).
[Vous considérez comme « une erreur » ce qui me paraît « une évidence ». Il faudrait que nous prenions le temps de développer un peu nos idées respectives, ne pensez-vous pas ?
J’ai peut-être tort, Jean-Michel, mais alors vous me le démontrerez sans peine et je me rallierai à votre point de vue, content d’avoir progressé grâce à vous. Mais il faut me le démontrer.
Le simple fait que des Ministres et des Présidents, formant une assemblée en se réunissant de temps en temps, se proclament eux-mêmes « Organe législatif » me paraît un subterfuge évident, un supercherie tellement énorme que je m’étonne que vous tombiez dans le panneau. Je vous rappelle que les hommes ont un problème avec le pouvoir exécutif depuis des millénaires : toujours, toujours !, ce pouvoir s’autonomise progressivement et abuse. Par quel miracle de gentillesse moderne nos ministres feraient-ils exception à cette éternelle observation, Jean-Michel ? Ce n’est pas de la paranoïa, quand même, je ne sais pas ce qu’il vous faut pour démontrer ce que je dis — des milliers d’années d’abus de pouvoir ne vous suffisent donc pas à vous méfier ?
Alors ces beaux Ministres et Présidents, ceux qui ont écrit eux-mêmes ce « TC« E qui leur colle l’étiquette « co-législateurs », ces maîtres des administrations et des forces armées au niveau national, — ceux-là mêmes que Montesquieu et tant d’autres appelaient à affaiblir en soulignant qu’il fallait absolument les priver du droit d’écrire les lois (la confusion des pouvoirs étant la source pure de la tyrannie la plus certaine)—, quand ces beaux Ministres viennent écrire les lois au niveau européen, — alors que 80% des normes contraignantes qui s’imposent à nous dans toute leur rigueur sont déjà produites au niveau européen et transposées ensuite automatiquement en droit national, SANS DÉBAT—, ces ministres reviennent ensuite dans leur pays appliquer les lois qu’ils ont eux-mêmes écrites, Jean-Michel !
Comment ne voyez-vous pas cette supercherie ? Et le fait que cette imposture existe dans d’autres fédérations ne me rassure absolument pas : un excès n’en justifie pas un autre. Je raisonne en termes de contrôle des pouvoirs et je vois bien qu’en Allemagne ou aux États-unis, l’abus de pouvoir impuni est partout, comme chez nous. ÉC]
Irresponsabilité de tous les acteurs politiques (à part la Commission qui sert de fusible politique, et encore : très théorique, aux 2⁄3) : c’est assez drôle. Le Gouvernement européen peut être renversé, cela vous semble presque rien. Mieux : cela vous semble très théorique pourtant c’est arrivé assez récemment (petit scandale mineur avec Édith Cresson, toute la commission a démissionné) alors que ma mémoire est impuissante à me souvenir d’un exemple de censure du gouvernement qui ait — ne serait-ce que l’espoir — réussi. Le parlement européen ? Pas dissolvable tout comme le Congrès américain, les USA ne sont pourtant pas une dictature. Les chefs d’État et les gouvernemts ? Bien sûr qu’ils sont responsables : dans leurs pays respectifs — sauf en France évidemment. Faudrait-il qu’ils le soient au niveau européen ? C’est ça, j’imagine bien les réactions positives en France à l’annonce de la décision : « la commission de Bruxelles vient de décider de démettre le président français de ses fonctions ». J’imagine bien combien on se pâmerait devant tant de démocratie.
[Vous savez bien que, pour en arriver là — la (presque) censure de la Commision Santer—, il a fallu que les « responsables » soient pris la main dans la caisse en train de piquer du pognon… Rigoureusement rien à voir, donc, avec la sanctionnabilité POLITIQUE que je réclame et qui, dans le « TC« E, je le répète, est largement théorique, d’une part, et, d’autre part laisse impunis les vrais maîtres du pouvoir (ministres et présidents).
Je vois bien que les chefs d’État, en protégeant les États au détriment de leurs peuples, protègent surtout et très prioritairement… les chefs d’État. Des hommes vraiment soucieux de l’intérêt général laisseraient le pouvoir européen à de nouveaux responsables, au-dessus des autres et sous contrôle citoyen, mais ce serait alors perdre leur pouvoir de chef d’État. L’Europe politique ne se fera JAMAIS tant que ce sont les chefs d’État qui la construiront : ils ont un intérêt personnel à ce qu’elle ne se fasse pas, pour que leur pouvoir personnel perdure.
Le seul processus qui pourra faire naître une vraie « Fédération des États-Unis d’Europe », avec des pouvoirs puissants mais sous contrôle, ce sera un processus qui vient des peuples, directement. ÉC]
Plus largement, il n’est pas possible de vous répondre avant que vous n’ayez décidé quelle Europe vous désirez (en tâchant de prendre en compte les aspirations d’une majorité des 450 millions d’autres Européens). Ce qui est très différent d’aligner les critiques comme vous savez très bien le faire parce que de nombreuses critiques sont contradictoires. On peut par exemple réclamer que la codécision s’applique partout, l’unanimité nulle part, que le Parlement européen ait encore plus de pouvoir que dans le TCE sur le modèle du Bundestag, que les pouvoirs européens soient séparés, … Mais alors, on est dans une démarche fédéraliste. Et on ne pourra plus hurler que « l’Europe nous impose patati patata alors qu’on l’a pas voulu », que le principe de souveraineté nationale est très largement rogné, que c’est un scandale que le droit européen prime sur le droit national, que les juges sont très puissants, .… parce que là, on rentre dans une démarche inter-gouvernementaliste (ou souverainiste) qui est respectable, mais totalement incompatible avec la perspective d’une démocratie supranationale.
[Vous faites comme si je n’étais jamais dans une démarche constructive ; je vous rappelle que nous écrivons une Constitution, rien que ça :o) Le fait que cet effort personnel important ne change rien (pour l’instant) n’est pas de ma faute et n’a pas à être porté à mon débit, ne soyez pas injuste. Je suis un simple citoyen sans pouvoir ; il est extravagant de m’imputer la responsabilité des actes d’autrui. ÉC]
Un simple exemple : une partie des « non »-istes s’était prononcé pour une assemblée constituante. Idée généreuse même si stratégiquement désastreuse puisque, concrètement, ça a permis d’enterrer la Convention pour l’avenir de l’Europe au profit des diplomates « sherpas » des chefs d’États. Mais sur le fond je suis pour. Sauf que, très vite après le 29 mai, on a vu certains des souverainistes du NON comme Raoul Marc Jennar ou Bernard Cassen tout faire pour enterrer cette idée.
[La Convention Giscard n’avait rien à voir avec une Assemblée Constituante digne de ce nom. Encore une supercherie dont les voleurs de pouvoir ont le secret pour garder le pouvoir, drapés dans leur vertu rhétorique et médiatisée. Un processus constituant honnête, Jean-Michel, doit désigner une Assemblée dont les membres n’écrivent pas des règles pour eux-mêmes : ni Parlementaires, ni Ministres, ni Présidents, ni Juges, ni candidats au pouvoir, ni hommes de partis (futurs hommes de pouvoir).
De plus, ces hommes désintéressés (sur le point de la Constitution ; pas désintéressés en général) devraient à l’évidence être inéligibles aux fonctions qu’ils ont eux-mêmes instituées, toujours pour la même raison de bon sens : les citoyens soucieux de leur liberté ne devraient pas laisser les hommes au pouvoir écrire eux-mêmes les limites de leurs propres pouvoirs. Ce principe que je défends bec et ongles est profondément LIBÉRAL, au sens noble et beau du terme ;o)
Ceux qui se respectent finissent toujours par s’entendre, non ? ÉC]
Dernière minute : le nouveau traité européen
Le projet secret de nouveau traité
(extrait du site de Jean-Luc Mélanchon, Pour la République Sociale, PRS)
http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=2503#p2503
Hi, hi, tellement secret que je vous ai donné plus haut le lien où on pouvait le consulter 😉 En français en plus !
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/06/aujourdhui-cest.html
Quant à la règle bien établie : les discussions sur l’avenir de l’Europe relèvent du secret de la diplomatie intergouvernementale, jamais de la démocratie du débat citoyen, c’est bien ce que je disais : Mélenchon & Cie ont — croyant bien faire — tué la Convention au bénéfice des sherpas.
« Le projet secret de nouveau traité »
Ce projet n’est pas du tout secret, arrêtez votre théorie du complot.
« Exagération ? Prouvez-le au lieu de l’affirmer. »
C’est maladif, chez vous, de répéter sans cesse et d’alarmer les gens ?
Pour l’heure, vous n’avez rien construit de cohérent. Si vous n’avez pas la parole, c’est aussi parce que vous n’êtes pas convaincant, ni assez remuant. Les français ont dit « non » parce qu’ils ont eu peur notamment du plombier polonais, une vraie arnaque de la part des nonistes.
Et citer Mélanchon comme référence, vous ne manquez pas d’air.
Je n’ai pas à vous prouver, cela a été dit et redit par de nombreux analystes et vos argumentations ne tiennent pas la route (vous n’avez rien démontré, vos contradicteurs en eu marre de s’opposer à vous car vous restez là, comme un bloc, un peu comme Besancenot ou les communistes), vos analyses jouent sur les peurs, elles détournent le sens des termes… Merci, tout le monde n’est pas dupe de votre commerce : voici vos termes :
Ces mots traduisent bien votre état d’esprit.
Non, tout n’est pas tel que vous le décrivez, vous propagez une angoisse malsaine.
C’est à peine si vous avez compris l’esprit de l’UE et je pèse mes mots.
Quand je lis ce que vous écrivez plus haut à JMF : « quelles sont les données que j’ignore qui arrivent ainsi à vous rassurer, compte tenu de tous les dangers que j’ai rappelés plus haut ? », y pointe une ironie de mauvais goût qui traduit votre « supposée » grande assurance sur cette question accompagnée de condescendance.
Ben dites donc, pas décu du voyage.
Lucien,
Chacun pourra juger sur pièce : apparemment verrouillé intellectuellement sur d’interminables procès d’intention, vous restez (pour l’instant) au degré zéro de l’argumentation.
Tant que vous ne développerez pas d’argument de fond, sur le texte lui-même, le débat ne pourra pas commencer réellement. Je répète que je suis sûr, pourtant, malgré les apparences, que vous avez quelques arguments sur le fond. Je voudrais juste les lire au lieu de retrouver ces inutiles accusations, un peu obsessionnelles.
ÉC
PS : je ne fais pas de Monsieur Mélanchon une « référence », comme vous dites : je signale simplement un de ses messages, et il n’est pas sans intérêt, je trouve, car s’il n’est plus secret, c’est depuis peu de temps et grâce à Internet, non ? (On en parlait depuis des semaines sans jamais publier un projet précis, il me semble, ce qui interdisait commodément toute critique sérieuse.) Merci à JM pour le lien en français ;o)
J’ai du mal à vous suivre :
« d’interminables procès d’intention »
« inutiles accusations, un peu obsessionnelles »
Toutes ces expressions supposeraient une répétition d’interventions, me confondez-vous avec un autre ?
Pour le caractère secret du projet : Sarkosy avait dévoilé les grandes lignes depuis longtemps les français ont voté en connaissance de cause.
Pour le degré zéro, vous ne pensez quand même pas que je vais reprendre avec vous ce que d’autres ont échangé depuis fort longtemps sans que vous bougiez d’un iota (apparemment).
Le non n’a pas été une victoire, loin de là, et vous en portez une petite part de responsabilité, pas moi.
Lire aussi :
« Les nouveaux traités que l’on vous cache. Votre destin est SOUS EMBARGO »
par Jean-Yves Crevel : http://www.decapactu.com/spip/article.php3?id_article=378
avec le projet en français.
Alors, Jean-Michel et Lucien, quelle est votre interprétation personnelle de l’expression « sous embargo », puisque vous semblez prétendre qu’il n’y a ici aucun secret, que nous sommes ici paranoïaques, que tout est clair depuis longtemps, que tout ce processus est transparent, que tous les détails qui permettent de juger sur pièce sont connus de tous depuis des mois, que les peuples sont, comme d’habitude, étroitement associés au destin qu’on leur réserve ?
Un texte essentiel, mais « sous embargo », publié depuis hier sur Internet seulement… Allez, JM et Lucien, rassurez-nous.
Le fait d’invoquer commodément « la théorie du complot » pour tout argument, ainsi que le fait Lucien, comme une dispense (ou un blâme) de réfléchir, ne suffit évidemment pas à nous dissuader de constater les manipulations du pouvoir pour s’autonomiser chaque jour un peu plus (tout en prétendant sans vergogne construire la démocratie : plus c’est gros, plus ça marche).
Seuls les petits secrets ont besoin d’être cachés : les plus gros sont protégés par l’incrédulité publique.
L’esclave dit toujours oui.
M. Lucien,
Sarkosy a toujours « dévoilé de grandes lignes » durant sa campagne électorale, mais s’il semble plus doué encore que son menteur de prédecesseur qui a gagné ses galons avec « la fracture sociale », il se trouve qu’on a assisté déjà à un virage à 180 degrés et sur les chapeaux de roue :
il n’est plus question de s’attaquer à l’absolutisme de la BCE, il n’est plus question de remettre en cause l’effet pervers d’un « euro fort » sur notre compétitivité, et il n’est plus question, en fait, que de continuer… sans autre « rupture » que celles dont se montrent capables les vrais dirigeants du pays que sont Madame Parisot et sa courroie de transmission présidentielle : rien ne change de ce qui est « essentiel » dans cette « rupture annoncée ».
Le train-train des parachutes dorés illumine le ciel des promesses éternelles !
… Excusez-moi, il y a de plus en plus de gens qui se mettent à « parler comme… des communistes », tellement que, bientôt, il n’y aura même plus besoin de le faire remarquer.
Dès la rentrée, paraît-il, nos chères têtes blondes entendront leurs instits leur lire une lettre de coco : quelle rupture !
… Et pourquoi pas la dernière phrase du Christ ?
Le peuple crédule pourra dire à Sarko : « Seigneur, pourquoi m’as-tu abandonné » ?
Cher Jean-Michel,
J’ai répondu directement dans le texte (en vert) à votre message du vendredi 22 juin à 1 h 31 du matin.
Merci pour votre patience :o)
De la discussion jaillit la lumière.
Amicalement.
Étienne.
« Échec des négociations à l’OMC ! »
par Raoul Marc Jennar :
http://urfig.org/141.%20Echec%20des%20negociations%20a%20l’OMC,%20JdM,%2026%20juin%202007.doc
La liberté est fille de la vigilance.
La vigilance ne se délègue pas.
Alain
À Lucien et JMF
Bien sûr, 18 pays avaient voté pour le OUI au TCE (parlements ou peuple)… Mais, même si la France et les Pays-bas avaient eux aussi accepté cette fausse Constitution qui mélange des pays avec des monnaies, des règles sociales, juridiques et fiscales (etc.) différentes, pensez-vous, oui pensez vous sérieusement que le Royaume Uni aurait voté OUI au TCE ?
Ce TCE était mort et enterré à sa naissance… et je suis fier d’être parmi ceux qui ont fait prendre conscience de son inviabilité. Ceci ne m’empêche pas d’être Européen, mais une Europe à « 2 » vitesse où l’on retrouve d’un côté — la véritable Europe — ceux qui acceptent des règles communes monnaie, règles sociales, fiscales, juridiques équivalentes) afin que les « avantages comparatifs » ne soient pas du côté du moins-disant et que nous puissions participer à une évolution de la civilisation au sein de ce groupe, par un libéralisme bien compris et une concurrence qui suive les mêmes règles pour tous ; et puis le second cercle avec ceux qui veulent des accords privilégés.
Le mini Traité ne réglera aucun des problèmes, sauf peut être la capacité, par l’extension du champ de la majorité qualifiée, des capacités de fonctionnement de l’UE…
Mais au moins, nous gardons un peu de notre pouvoir de décision en tant qu’État et j’attends que Sarko mette sur la table (une chose à la fois a‑t-il dit) le fonctionnement de la BCE…
Petite remarque : L’UMP n’a pas la majorité suffisante à elle seule pour faire passer une réforme de la constitution. Il lui manque 23 députés ou sénateurs selon le décompte du monde qui s’est enfin décidé à en parler (Mélanchon avait commencé à évoquer la question dès dimanche dernier et le blog de Jean Quatremer en avait largement débattu depuis).
Si le traité impose des changements constitutionnels, l’opposition aura donc son mot à dire sur la ratification. Le PS comme le MoDem ont proposé lors de la campagne présidentielle à ce qu’il y ait un référendum pour la validation du remplaçant du TCE. On va voir ce qu’ils vont faire maintenant qu’ils ont effectivement le pouvoir de l’imposer.
Alors, Jean-Michel et Lucien, quelle est votre interprétation personnelle de l’expression « sous embargo », puisque vous semblez prétendre qu’il n’y a ici aucun secret, que nous sommes ici paranoïaques, que tout est clair depuis longtemps, que tout ce processus est transparent, que tous les détails qui permettent de juger sur pièce sont connus de tous depuis des mois, que les peuples sont, comme d’habitude, étroitement associés au destin qu’on leur réserve ?
Mais je vous l’ai donné au moins 4 fois déjà mon interprétation personelle !
Le mode normal de négociation des traités (de tous les traités), c’est comme l’écrit plus haut Jean Quatremer : diplomatie secrète, négociations au finish, marchandages inavouables, compromis obscurs. Alors que les gouvernements espèrent parvenir à un accord politique portant sur 90 % à 95 % du futur « traité simplifié », seul un petit cénacle de dirigeants européens connaît l’état des négociations en cours. Les citoyens, eux, devront attendre la fin du conseil pour en découvrir le résultat. C’est celle là notamment qui avait accouché d’un désastre au traité de Nice.
Le mode de négociation qui permettait à la démocratie de prendre le pas sur la diplomtie, et aux parlementaires d’influer sur les gouvernements, transparent et possible dans le monde réel, c’était la Convention pour l’avenir de l’Europe
Comme certains ont tapés comme des sourds sur la seconde solution, c’est la première qui reprend ses droits. D’où le « sous embargo ».
Étienne : une question simple.
Le système allemand (Bundestag, Bundesrat, Gouvernement fédéral) vous paraît-il anti-démocratique ?
Jean-Michel : une réponse simple.
Oui.
Le système allemand est profondément anti-démocratique, comme l’est le système français, et même, à certains égards, plus encore que le nôtre car ce qui focalise votre attention est important, certes, mais cela n’est, pour moi, pas du tout l’essentiel. Vous allez me comprendre.
Un peuple qui s’est fait voler non seulement le droit d’initiative politique (le référendum d’initiative populaire), mais même carrément le droit de s’exprimer directement sur tout sujet (le référendum, qui est interdit en Allemagne) est un peuple soumis, domestiqué, asservi et pas un peuple émancipé.
Comme en France, ce n’est pas une tyrannie, bien sûr, mais ce n’est absolument pas une démocratie ; c’est une aristocratie. Le mécanisme de l’élection —via la campagne électorale financièrement inaccessible — a permis aux très riches, progressivement, d’acheter le pouvoir politique. Plus précisément, c’est donc une ploutocratie, le gouvernement des riches.
Les cris d’orfraie des « représentants » élus qui protestent de leur dévouement et de leurs bonnes intentions ne sont que des leurres.
Démo cratie = le peuple au pouvoir. Pour répondre à votre question, il faut, selon moi, s’en tenir à la réalité du droit : la démocratie se lit dans le texte supérieur (la constitution) qui fixe les limites des organes du pouvoir et les possibilités réelles offertes au peuple à la fois de s’exprimer quand il le souhaite et de résister quand il le juge nécessaire.
Tout le reste est secondaire.
Amicalement.
Étienne.
à Etienne
Voilà le texte final de la « Constitution moins »
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/conclusions.pdf
Présentation de Jean Quatremer
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/06/une-constitutio.html
« il n’est plus question de s’attaquer à l’absolutisme de la BCE, il n’est plus question de remettre en cause l’effet pervers d’un « euro fort » sur notre compétitivité »
ceci est faux
ce sera entrepris, Sarkosy et les autres s’occupent d’améliorer le focntionnement institutionnel , pour la suite vous verrez .…
pour l’instant il tient ses promesses, c’est déja pas mal…et son ouverture n’est pas un affichage comme le prétendent les gens de gauche .…les kouchner, hirch, Amara et autres sont face à leur responsabilité , sarkosy leur donnera des moyens, nous verrons ce qu’ils sont capables de faire en étant pas enfermer dans une idéologie de gauche pleine d’interdits.…
A méditer :
» les grands diseurs ne sont pas les grands faiseurs »
à JM Fayard,
Le mode de négociation qui aurait permis à la démocratie de prendre le pas sur la diplomatie aurait été une assemblée élue, pas une constituante choisie de manière plus ou moins transparente tenant plus ou moins compte des demandes des citoyens.
Laurent
ou encore :
« vous devez etre le changement que vous voulez voir dans le monde » gandhi
à Laurent_k :
Vous n’êtes pas obligé d’être d’accord avec moi, mais au moins essayez de penser en niveaux de gris. Ce que je m’acharne à essayer de faire comprendre, c’est que si vous arrivez à rendre majoritaire l’idée d’un parlement européen constitutant, j’en suis de tout coeur, mais en attendant, rejeter la Convention, c’était confier l’avenir au tête à tête déprimant qui a eu lieu entre Sarkozy, Merkel, les horribles jumeaux polonais et le libéral-souverainiste Tony Blair.
Après Bruxelles, un début de constat :
La crise climatique : en avant toute.
Date de publication : 26/06/2007
http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=4139
Cet article informe de la visite de Barroso aux glaciers Islandais en train de fondre à vitesse accélérée.
Terre : péril imminent
21 juin 2007
Six scientifiques appartenant à des institutions américaines prestigieuses ont publié ce qui constitue une mise en garde sans ambiguité adressée au monde : la civilisation elle-même est menacée par le réchauffement climatique.
Ils critiquent également le Groupe Intergouvernemental pour l’Étude du Changement Climatique de l’ONU, lui reprochant de sous-estimer l’ampleur de l’élévation du niveau des mers provoquée par la fonte des glaciers et de la banquise durant ce siècle.
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1119
Et cela juste après le sommet de Bruxelles qui a relancé l’union vers un traité bien décrit :
Traité Simplifié – Faillite de l’Europe sans Charte des Droits fondamentaux et sociaux
Parlement Européen, Strasbourg
Le Traité Simplifié s’appellera « Traité sur le fonctionnement de l’Union ».
.….….…
Thomas Rudolf 24 juin 2007 à 10:02
http://www.renovezmaintenant67.eu/index.php?2007/06/24/287-traite-simplifie-faillite-de-l-europe-sans-charte-des-droits-fondamentaux-et-sociaux
On ne peut que s’interroger sur l’obstination des chefs d’État à ne pas mentionner une seule fois les mots « environnement »,« réchauffement » ou » changement climatique » dans tous les projets passés (TCE), présents et futurs ?
« Avec le traité modificatif, les chefs d’État violentent leurs peuples »
Une première réaction, à chaud, pour Marianne2007.info, sur la feuille de route donnée à la CIG par le Conseil européen :
http://www.marianne2007.info/Etienne-Chouard-Avec-le-traite-modificatif,-les-chefs-d-etat-violentent-leurs-peuples-_a1625.html?PHPSESSID=aba7c2238ce1a031c1bb6a6493e340fc
Il est urgent bien sûr, que le peuple reprenne la parole dans cette affaire !
La pétition proposée par Jacques Roman ce 26 Juin est claire : plus elle sera signée plus nous aurons de chances de retrouver une certaine « dignité de citoyens » !
Bonjour
Brièvement, je vais travailler, la pétition est nécessaire, où la trouver ? Ne peut-on la mettre en ligne sur ton site Étienne ? Je suis prêt à en faire la publicité.
Amicalement
André
Merci André,
on pourrait effectivement la proposer ici, mais cela demande d’installer un module qu’il faut d’abord choisir… et je ne connais pas l’offre en matière de logiciels de suivi de pétition. Si vous avez une idée, je peux installer ça la nuit prochaine ;o)
Autrement, il y a aussi des sites spécialisés qui hébergent différentes pétitions.
Jacques a proposé un nouveau texte, intéressant, sur le forum. On peut se donner quelques jours pour bien discuter le texte (car il sera trop tard pour le changer quand les gens auront commencé à signer).
Je file visiter mes étudiants en stage ;o)
Amicalement.
Étienne.
« Donc, de la même façon que ce n’est pas l’étiquette « Constitution » qui est dangereuse pour les citoyens, ce n’est pas l’absence d’étiquette « Constitution » qui peut nous rassurer »
C’est parfaitement vrai, mais hélas, Etienne, Etienne, pourquoi dis-tu cela seulement maintenant ?
En 2005, nous t’avions dit de prendre garde par rapport à cette illusion du grand soir constitutionnel. Nous t’avions dit que le TCE ne venait qu’amender Maastricht et Nice qui possédaient eux aussi des dispositions qui fixent comment se votent les lois (« directives ») et orientent par un préambule leurs intentions : ces « méta-règles » formaient bien par nature une constitution. Et donc le TCE ne venait que les amender dans un sens aussi progressiste que possible même si moins que souhaitable.
Notre argumentaire a été 100 fois, 1000 fois tourné en ridicule. « Tel article est un scandale qui va déclencher incessament une catastrophe ! » entendions-nous. « Mais il existe depuis 1957, et comme il est déjà avalisé, qu’on vote OUI ou qu’on vote NON il restera en vigueur ! » répondions-nous acculés par la violence de cette charge péremptoire. Mais on nous clouait le bec avec cet argument d’autorité : « Ah mais non, c’est pas du tout pareil, avant ce n’était qu’un traité, c’est beaucoup plus grave désormais, car il a désormais une nature « constitutionnelle », ça change tout, maintenant il est « gravé dans le marbre », et patati et patata ». Désespérés de faire comprendre à nos contradicteurs que nous n’étions pas leurs ennemis, nous insistions parfois : « Mais enfin, vous passez à côté de l’enjeu du vote ! Est-ce que vous auriez refusé de voter l’abolition de la peine de mort parce que cet amendement au code civil laissait inchangé de nombreuses dispositions effectivement scandaleuses présentes ailleurs dans le code civil ? »
Rien à faire, 100 fois, 1000 fois, cette erreur s’est gravée dans l’esprit.
Aujourd’hui je pense qu’il est trop tard pour remonter la pente, le roué Sarkozy va profiter à plein de cette idée fausse répétée ad eternam. L’incroyable pouvoir symbolique des mots qui hier a fusillé le TCE va aujourd’hui se retourner contre la contestation à sa constitution au rabais. Et ce n’est pas qu’une prédiction. Déjà, j’ai lu sur de nombreux forums des « non »-istes irréductibles lâcher un démobilisant « enfin bon, ce n’est qu’un traité, donc c’est moins grave ».
Pour info…
Laurent Fabius
LE MONDE | 27.06.07 | 10h01
Vous aviez défendu le non à la Constitution européenne au sein du PS. Que pensez-vous du traité « simplifié » ?
Le nouveau traité dit simplifié est en réalité compliqué. Il serait plus juste de l’appeler « traité corrigé ». Là où, en cas de non français, on nous menaçait d’un enlisement pendant au moins trente ans, il était donc possible d’apporter des modifications en quelques semaines ! Ce texte reprend plusieurs avancées institutionnelles comme la présidence stable de l’Union, mais il ne constitutionnalise plus des politiques européennes inadaptées et du même coup, la lourde partie III, comme nous l’avions souhaité, disparaît.
Le résultat reste cependant insuffisant, par exemple pour ce qui concerne les services publics, le volet social ou encore l’accès aux coopérations renforcées entre Etats membres. Il n’y a rien de nouveau sur l’harmonisation fiscale et la Banque centrale européenne, alors que ce sont des questions essentielles. Les dérogations consenties aux Britanniques sont multiples.
Surtout, il faut que l’Europe se décide enfin à financer les dépenses d’avenir, qu’elle adopte des politiques efficaces pour l’environnement, l’énergie, le commerce, et qu’elle porte une vraie ambition sociale : nous n’avons aucune assurance sur tous ces points, ni aucun engagement de rendez-vous.
Approuverez-vous ce traité quand il sera soumis aux parlementaires ?
Il faut attendre les résultats de la conférence intergouvernementale pour voir exactement quel texte en sortira. En tout cas, il est clair que le non a déjà été utile, puisqu’il a permis de corriger certains aspects du traité initial.
@JMF
Le « OUI » nous aurait fait approuver ceci « Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales » d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publiques des États membres ; l’acquisition directe des instruments de leur dette, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, est également interdite. »
… alors que 10 ans nous avaient permis de voir que c’est une profonde arnaque … fallait-il donc entériner cet article 104..??
Les principaux points du projet de traité simplifié :
Charte des droits fondamentaux
Le traité conférera une valeur juridiquement contraignante à la charte des droits fondamentaux de l’UE, sauf au Royaume-Uni.
Les Parlements nationaux disposeront d’un mécanisme d’alerte précoce renforcé pour contester des projets de législation européenne. La Commission devra réexaminer tout projet contesté par un tiers des voix attribuées aux Parlements nationaux.
La majorité qualifiée deviendra la règle pour 51 domaines supplémentaires, dont la coopération judiciaire et policière, l’éducation ou la politique économique
cela devrait vous plaire
Bonsoir
La difficulté est de trouver un texte consensuel, aussi serons nous obligés d’être assez généraliste.
Je suggère tout de même l’idée que la charte des droits fondamentaux ne doit nullement être inférieure aux chartes les plus évoluées et se rapprocher de la charte des nations unies de 1946 qui garde toute sa valeur.
Il faut inclure un paragraphe sur les biens publics mondiaux et sur le droit des états de déterminer le périmètre de leurs services publics dans des domaines fondamentaux (éducation, santé, eau, énergie, etc.)
Ensuite, pour le fonctionnement de l’UE, il faut réclamer 2 choses :
La politique de la BCE doit être soumise au contrôle des états membres.
La commission ne doit plus avoir le monopole pour la proposition des lois
C’est sans doute insuffisant, mais ne vaut-il pas mieux se cantonner à des choses précises et compréhensibles par le plus grand nombre ? Je mets cette idée au débat.
Cordialement
André
Je pense qu’il faut – en priorité absolue (mais pas exclusive) – (ré)insister sur le danger porté à la « démocratie » par l’élaboration de ce traité.
Il est fondamental de sensibiliser nos concitoyens français et européens au caractére antidémocratique de l’Union européenne telle qu’elle est organisée aujourd’hui.
Ce n’est pas une question de gauche ou de droite, d’être pro-souverainiste ou bien pro-communiste, d’être libéral ou d’être socialiste, c’est une question qui dépasse tous nos clivages référentiels politiques, et c’est sans doute aussi paradoxalement pour cela qu’on ne la perçoit pas ou pas facilement… même (et surtout) si l’on a étudié à l’université le fonctionnement des institutions européennes. Il paraît fou de penser que tant d’étudiants apprennent le fonctionnement des institutions très complexes de l’UE (et je fus des leurs) mais qu’il ne vienne à quasiment aucun l’idée de pensée que leur fonctionnement n’assure pas une séparation des pouvoirs effectives. Il est vrai que peu de livres de droit européen ne traitent de la question.
Il faudrait parvenir à susciter un/des débats, et des réflexions chez nos concitoyens telles que :
Notre rêve européen n’est-il pas construit au détriment des peuples, titulaires de la souveraineté ?
Attendu que le traité préparé par les gouvernements des pays de l’UE comporte des dispositions de valeur « constitutionnelles » voire proclamées supraconstitutionelles, ont-ils la légitimité de faire ce que seulement le(s) peuple(s) a/ont la légitimité de faire ? ( et que les peuples consultés ont dit « non ».)
Avec du bon sens, et les enseignements de Montesquieu à l’appui (Rousseau est à utiliser avec plus de modération), on peut facilement prouver – comme Etienne n’a cessé de nous en convaincre ici- que les institutions européennes ne garantissent pas contre l’arbitraire, et ce faisant, ne sont pas l’image que nous nous faisons de la démocratie.
Porter ce message, et parvenir à le diffuser largement, serait excellent !
Je suis desolé d’insister pour tenter d’expliquer que le projet d’un nouveau traité n’est qu’un camouflage de la fuite en avant nécessaire du système :
La dérégulation financière, depuis les années 70, a créé une industrie financière mondiale (FED, BCE, banques multinationales) dont l’usage immodéré du crédit a abouti à l’existence d’une masse de capitaux spéculatifs dont le montant actuel est de 750 000 milliards de $, concentrée en grande partie dans les produits dérivés.
Cette masse gigantesque en mouvement permanent est l’objet de l’attention permanente des États et instances internationales G8, CE ‚etc. qui savent l’insécurité et les incertitudes de cette activité, dont les profits sont le moteur de la croissance.
Depuis des décennies le contrôle et l’encadrement de cette horde sauvage mondiale s’effectue à travers la création le contrôle et l’éclatement de bulles spéculatives de toutes sortes.
La conjoncture actuelle voit l’effondrement, en partie hors contrôle, des bulles immobilières et financières des heldge funds et la nécessaire création d’une nouvelle bulle, celle des permis de polluer de CO2.
L’objet réel des grandes dernières réunions concertations du G8, comme du sommet de Bruxelles, est la mise en place de cette nouvelle bulle spéculative de remplacement avant l’effondrement deja prévu des autres bulles.
La politique réelle au service de cette industrie financière est camouflée par l’exhortation du nécessaire combat contre le changement climatique attendu par toute la planète.
Nous sommes dans cette contradiction et dans cette parodie.
« Union européenne : les Français veulent un référendum »
C’est un sondage important publié par Le Parisien le 30 juin,
et — c’est étonnant — ça n’a intéressé personne dans le PAF (paysage audiovisuel français),
aucun journal, aucune télé n’a repris cette information… Non, vraiment, ce n’est pas important… :o)
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/multimedia/20070630Sondage_Les_Francais_veulent_un_referendum.jpg.
La question :
« Vous savez que le président de la République, Nicolas Sarkozy, avait indiqué qu’il souhaitait que le traité européen simplifié soit soumis au vote des députés et des sénateurs réunis en Congrès plutôt que par référendum auprès des Français. Quelle serait votre préférence ? »
Les réponses :
Ensemble des
Français
Français
qui ont voté OUI
le 29 mai 2005
Français
qui ont voté NON
le 29 mai 2005
Que le traité européen simplifié soit soumis à un
référendum
57%
43%
76%
Que le traité européen simplifié soit soumis au vote
des députés et des sénateurs réunis en Congrès
34%
50%
21%
Sondage exclusif CSA pour « Le
Parisien » et « Aujourd’hui en France », réalisé par
téléphone les 27 et 28 juin 2007.
Échantillon représentatif de 1004
personne de 18 ans et plus. Méthode des quotas.
Les commentaires du journal :
Référendum ou Congrès ? Interrogés par le CSA pour « Le Parisien » et « Aujourd’hui en France », les Français sont catégoriques : 57% d’entre eux réclament un référendum. Une semaine après le sommet de Bruxelles, ils disent non à la procédure envisagée par Nicolas Sarkozy pour la ratification du mini-traité européen destiné à remplacer le projet de Constitution rejeté par la France et les Pays-Bas. L’opposition est surtout nette chez les électeurs qui ont voté non au référendum du 29 mai 2005 ; 76% d’entre eux veulent de nouveau donner leur avis.
Ce sont les électeurs de moins de trente ans (65%), les employés (69%) et ouvriers (62%), les étudiants (67%) qui sont les plus nombreux à vouloir un référendum, de même que les électeurs d’extrême gauche (80%), de gauche (76%) et proches du Front national (62%).
Malgré cette réserve d’importance, 54% se déclarent satisfaites de l’action de Nicolas Sarkozy. Le nouveau traité, après discussion entre les 27 pays de l’Union européenne, devrait normalement être ratifié par l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès, début 2008.
B.H.
Le sondage du Parisien confirme celui du Financial Times :
Pour l’avoir, ce référendum, il faut faire pression sur les députés pour qu’ils n’approuvent pas le traité. Le PS et le MoDem ont le nombre de voix nécessaires pour bloquer le passage au Congrès et obliger à un référendum.
Mais le plus important, c’est de forcer à la démocratisation de l’Europe. Sinon, le seul recours sera le rejet de l’Europe et ça, ça ne serait pas bon. Et là, j’ai un peu l’impression que nos « représentants » font la sourde oreille…
Bonjour,
il ne faut rien attendre des députés, il ne faut compter que sur nous-mêmes.
Une initiative interressante :
Expérimenter un forum de rue hebdomadaire :
Bilan provisoire du premier forum anti-Sarkozy de Nantes
dimanche 8 juillet 2007, par Luc Douillard.
À la suite du forum hebdomadaire anti-Sarkozy de Nantes, une publication, la revue nationale du Scalp « No pasaran », « solidaires, égalitaires, libertaires » (http://nopasaran.samizdat.net) nous a aimablement demandé un bilan provisoire de cette initiative originale et unique en France. Ce bilan vient de paraître sur deux pages illustrées dans le n°60 de juillet-août 2007 de « No pasaran ». (Il est également question que cet article paraisse prochainement dans la revue nationale « Emancipation intersyndicale et pédagogique », ex- « Ecole Émancipée »).
Bien entendu, ceci n’est qu’un bref bilan à chaud, relu par quelques un-e‑s, et forcément subjectif. Il est critiquable et doit être enrichi par vos avis ou vos souvenirs vécus. À vos plumes !
On peut écrire à :
[email protected]
http://www.altermonde-levillage.com/spip.php?article10806
Bonjour ,
Pourquoi n’écrivez vous pas à Sarkosy pour lui demander de participer à la commission de réforme des institutions ?
Monsieur Chouard pourrait très bien apporter les idées qu’il défend ici,
et Sarkosy devrait accepter.
S’il refuse, faites paraître une lettre publiquement.
Le moment est un moment clé si vous voulez vraiment changer les institutions.
L’état d’esprit réel des députés vu par l’un d’eux :
Lire la suite : http://www.nda2007.fr/blog/index.php/2007/07/05/163-pour-une-france-libre
« Je veux que tout nouveau traité européen soit soumis à un Referendum »
http://x09.eu/fr
Une pétition européenne, simple et forte.
Faites passer :o)
Amicalement.
Étienne.
« Les Britanniques exigent un référendum »
http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=327
« Le « Traité simplifié » est prêt ! »
Les infos de Jean Quatremer, et des commentaires attristants, souvent beaucoup moins calmes et argumentés que ceux de Jean :
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/10/le-trait-simpli.html
Après mon premier commentaire hier, un échange, plutôt apaisé pour le moment, a commencé avec Jean Quatremer : je viens de passer une nuit (10 h) à lui préparer une réponse point par point.
J’espère que nous allons progresser et nous enrichir mutuellement.
Le débat ouiistes vs nonistes n’a encore jamais eu vraiment lieu, j’ai l’impression : ça a toujours été jusqu’ici un dialogue de sourd(s ?).
Il y a longtemps que je me disais qu’il est important d’aller s’expliquer chez les ouiistes eux-mêmes (je ne confonds pas les électeurs et les candidats) et de tâcher de se comprendre mutuellement, au lieu de se battre (sous l’oeil goguenard des multinationales et des banques qui adorent le spectacle des gueux qui s’entredéchirent sans voir l’essentiel).
C’est difficile de ne pas être aussi agressif que ce qu’on trouverait juste et naturel. Pourtant, c’est une condition sine qua non du débat.
On verra ce que ça donnera. Ils ont peut-être des arguments nouveau de nature à nous faire évoluer.
voici le « traité simplifié » »
Quatremer, sur le blog Les Coulisses de
Bruxelles :
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/10/et-voici-le-tra.html
« La
présidence portugaise a rendu public, cet après-midi, le « traité
modificatif »
avec son préambule,
ses protocoles
et, enfin, ses déclarations.
Vous pouvez les télécharger sous format .pdf à partir de ce blog. J’y
reviens dès que j’ai eu le temps de m’y plonger. Le prochain
rendez-vous est fixé aux 18 et 19 octobre, date du Conseil européen des
chefs d’Etat et de gouvernement au cours duquel l’ensemble de ces
textes doit être adopté. Des surprises ne sont pas à exclure, notamment
du côté de la Pologne… »
Bonjour Etienne
On voit bien que Quatremer, accusant les « nonistes » d’être sectaires, ne permettra pas au débat d’avancer sur son blog. Je pense qu’il vaut mieux user ses forces à débattre avec ceux qui hésitent, plutôt qu’avec ce mec buté..
A+
Faute à savoir comment rejoindre ceux qui hésitent pour leur parler, je trouve que étaler notre opinion sur un blog même ouiiste, quand celui-ci à l’honnêteté ou même le respect pour la déontologie journalistique suffisante de ne pas nous censurer carrément, à une certaine utilité. Ceux qui hésitent ont malheureusement plus de probabilités d’aboutir dans leur recherches sur des sites favorables au OUI, ne serait-ce que parce que la myriade de sites institutionnels le sont tous, que sur les sites nonistes souvent particuliers et pauvrement reliées, et donc difficiles à trouver sauf par pure chance.
Voyez donc le fantastique outil qu’est http://www.touteleurope.fr/fileadmin/CIE/06-observatoire/toile/cartosept07/pop_cartographie.html
que j’ai trouvé dans un billet de Jean Quatremer. Je ne sais pas combien de sites nonistes on peut trouver dans ce véritable univers, mais même celui d’Étienne est plus caché qu’une aiguille entre la paille…
Alors, si on doit se réplier de forme endogame sur nous-mêmes, c’est perdu d’avance…
Je vois d’ailleurs que le site touteleurope.fr à une origine institutionnelle… et je trouve scandaleux que tout l’effort qu’Étienne a fait pendant ces années soit minimisé en prenant comme page de base http://etienne.chouard.free.fr, où il n’y a qu’une brève introduction de son travail, au lieu de la page http://etienne.chouard.free.fr/Europe qui lui donnerait son juste rang dans cet univers.
Est-ce une erreur, ou trichent-ils en savant ?
Qu’est-ce que nous pouvons faire pour corriger cela ?
Bonjour Étienne,
Je t’adresse un texte PDF s’intitulant « La société de défiance » :
http://www.cepremap.ens.fr/depot/opus/OPUS9.pdf
Le document est très long mais bien structuré et permet une utilisation partielle.
Bonne lecture.
pm
Et pour détendre un peu… Les 30 raisons pour lesquelles les anglais ne nous aiment pas et vont gagner samedi 🙁
(Excuse-moi pour le hors sujet)(surtout les n° 2÷5÷14÷19 et 21).
http://www.telegraph.co.uk/portal/main.jhtml?xml=/portal/2007/10/12/nosplit/ftfrench112.xml
Bonjour,
Richesses et limites d’un début de débat européen (en l’absence des Français, des Italiens, des Belges, etc. ?) :
Compte rendu du Congrès
« Inconditionnel et assurant l’existence : le revenu garanti comme droit de l’homme. »
Bâle (Suisse), 5–7 octobre 2007 à l’université de Bâle, Petersplatz
http://revenu.garanti.free.fr/congres-Bale-revenu-garanti.html
Bonsoir Étienne ,
Une petite contribution :
À signaler : deux articles par Claude Blumann, professeur de droit européen à Assas :
* « La relance de l’Europe : le traité simplifié » dans la semaine juridique du 11 juillet 2007 n ° 28 p.3 à 5.
* « Le juge national, gardien menotté de la protection juridictionnelle effective en droit communautaire » dans la semaine juridique du 25 juillet 2007 n°30 p. 13 à 22.
Bonne lecture.
Bien cordialement.
Philippe
Merci Philippe.
Auriez-vous des liens (pour lire tout ça sur le net) ?
De mon côté, je vous signale :
• « Haute trahison »
par Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public :
http://www.marianne2.fr/Haute-trahison_a78911.html
• « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le traité « simplifié »… »
http://www.traite-simplifie.org/
Un nouveau site dédié au traité simplifié.
• « L’audition de Philippe de Villiers devant le Comité de réflexion et de proposition
sur la modernisation
et le rééquilibrage des institutions de la Vème République (CRPMRIR) »
http://www.lcpan.fr/crpmrir/devilliers/devilliers.asp?tc=demarrage
C’est une très intéressante passe d’arme entre un politicien de métier ayant des choses importantes à dire contre la pensée unique (l’orthodoxie, la doctrine, les pseudos vérités établies), mais commodément diabolisé par l’étiquette « souverainiste » (aussi sommaire qu’injurieusement utilisée) et un groupe d’interlocuteurs polis jusqu’à l’obséquiosité, mais manifestement tous antisouverainistes, eux, c’est-à-dire d’accord pour abandonner la souveraineté nationale (comme si elle leur appartenait) à l’UE sans plus jamais consulter directement le peuple qu’ils sont pourtant censés défendre, et surtout en situation d’abus de pouvoir caractérisé puisqu’ils réfléchissent eux-mêmes, pour la plupart d’entre eux, aux limites de leurs propres pouvoirs (leur profonde illégitimité n’étant évidemment pas portée au débat) : Philippe de Villiers connaît très bien son dossier européen, il défend bien le refus des Français, et le mépris du référendum affiché par nos prétendus « représentants » est bien révélateur de leur petite vertu. ÉC.
• « Traité modificatif européen : vers un totalitarisme de marché ? »
par Samuel Schweikert – ingénieur,
Robert Joumard – directeur de recherche,
Jean-François Escuit – ingénieur, retraité,
Henri Paraton – cadre de direction, retraité
et Michel Christian – professeur :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/Traite_totalitaire_11octobre2007.pdf
• Résumé en deux pages (6 septembre 2007) :
« Le traité du mépris »
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/Analyse_resumee_Traite_modificatif_par_Robert_Joumard_6_sept_2007.pdf
Amicalement.
Étienne
« Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le traité « simplifié »… »
http://www.traite-simplifie.org/
Ça commence bien, rien que le nom du site est un mensonge que personne en deça de la sarkozie n’a repris à son compte. Un coup d’oeil au contenu va-t-il nous confirmer… Ah oui, poubelle !
C’est une très intéressante passe d’arme entre un politicien de métier ayant des choses importantes à dire contre la pensée unique (l'orthodoxie, la doctrine, les pseudos vérités établies), mais commodément diabolisé par l’étiquette "souverainiste" (aussi sommaire qu’injurieusement utilisée) et un groupe d’interlocuteurs polis jusqu’à l’obséquiosité, mais manifestement tous antisouverainistes, eux, c'est-à-dire d’accord pour abandonner la souveraineté nationale (comme si elle leur appartenait) à l’UE sans plus jamais consulter directement le peuple qu’ils sont pourtant censés défendre, et surtout en situation d’abus de pouvoir caractérisé puisqu’ils réfléchissent eux-mêmes, pour la plupart d’entre eux, aux limites de leurs propres pouvoirs (leur profonde illégitimité n’étant évidemment pas portée au débat) : Philippe de Villiers connaît très bien son dossier européen, il défend bien le refus des Français, et le mépris du référendum affiché par nos prétendus "représentants" est bien révélateur de leur petite vertu.Alors ça y est, au terme de votre long et sinueux parcours idéologique, vous avez fini par virer souverainiste ? Dommage.
Et bon voyage à la droite de la droite ! Comme manuel de voyage, je ne saurais trop vous recommander la lecture du livre mis en url dans mon login, de manière à éliminer tout risque de répéter des erreurs historiques commises par certains intellectuels du siècle dernier qui, venus d’horizons divers, mais unis dans une commune défiance envers leurs « prétendus représentants » ont fait rimer ensemble social et national, national et social, comme deux spirales s’entretenant l’une et l’autre dans un cercle vicieux menant à l’abîme.
Ben, le problème c’est que nos représentants font beaucoup pour que quiconque essaye de réfléchir par soit-même se méfie.
Si nos représentants sont des gens bien intentionnés, la façon dont ce traité doit être ratifié est au mieux maladroite, au pire suspecte. A l’exception d’un seul pays (qui y est obligé), tous les autres cherchent à éviter le référendum comme la peste. Soit le traité est bon pour le pays et il faut en convaincre les citoyens pour qu’ils l’approuvent par référendum, soit il est mauvais et il faut le refuser.
Et je parle bien de référendums. Que le rejet du traité soit aussi le fait d’extrêmistes ne change en effet rien au fait que le précédent traité a été rejeté très clairement par une majorité des Français et une majorité encore plus nette de Hollandais alors que leurs représentations nationales avaient largement approuvé le traité constitutionnel. Elles n’ont plus la légitimité pour représenter leurs peuples sur le sujet quoiqu’elles prétendent (sauf peut-être en Espagne et au Luxembourg mais je ne vois pas pourquoi nous devrions les priver de ce choix).
Bonsoir Etienne,
désolé , ces articles ne sont pas mis gratuitement en ligne.
J’habiterais dans votre région, j’irais, volontiers, assister aux conférences que vous proposez à l’université populaire.
Cette année , je travaille avec des étudiants Qataris et dans un autre cours je retrouve régulièrement une étudiante bulgare, ce qui me ramène aux problèmes européens et à l’hétérogénéité des points de vue qui prévalent selon le pays dans lequel on se trouve.
Les Bulgares, par exemple, nous envient nos libertés que vous défendez avec tant de pugnacité .
Bien cordialement.
Philippe
Jean-Michel
J’ai pris bonne note de ce livre « Ni droite, ni gauche : l’idéologie fasciste en France » de Zeev Sternhell, que vous me conseillez de lire pour comprendre où je vais sans le savoir, et je dois dire que j’ignore tout de ce cheminement intellectuel mystérieux que vous détectez en moi.
J’observe que, pour me disqualifier rapidement, on me traite (parfois) alternativement de trotskyste et de fasciste (et d’autres noms d’oiseau contradictoires), mais que JAMAIS, dans ce cas, mes arguments sur le fond ne sont réfutés correctement…
On dirait qu’ici, c’est la référence louangeuse à une intervention de Philippe de Villiers qui a déclenché votre dégoût ; cette réaction épidermique me fait penser à l’anathème que jetaient les prêtres — du temps de leur puissance — sur les infidèles qualifiés d’hérétiques pour les jeter dans les flammes sans autre forme de procès : chacun était sommé de détester les hérétiques sans réfléchir, surtout sans réfléchir.
Pardonnez-moi, Jean-Michel, mais je tiens à réfléchir, cas par cas, et votre accusation de dérive fasciste, pour avoir trouvé bonne une intervention d’un homme quel qu’il soit, me semble à la fois légèrement excessive et possiblement fantaisiste. En tout cas, elle ne me dissuade nullement de continuer à écouter tout le monde, absolument tout le monde, librement. Oui, c’est ça : librement.
En admettant qu’il existe de purs affreux (ce que je crois fort rare), si écouter un affreux — et surtout trouver bonne une de ses idées — fait de vous un affreux, on est dans une prison de la pensée, JM, avec une censure, un dogme, des blasphèmes… Êtes-vous volontaire, JM, pour exercer la police de la pensée ?
Le monde n’étant pas noir ou blanc, ni partagé entre les anges d’un côté et les salauds de l’autre, je m’attends sincèrement à voir surgir une bonne idée même chez ceux que je peux considérer le plus souvent comme des affreux.
J’observe aussi que le qualificatif de « souverainiste » semble être pour vous la pire des déchéances, une honte : j’en déduis (finement) que vous êtes anti-souverainiste. J’ai pourtant du mal à croire cela. Il faut décidément que j’arrive à mieux cerner ce que signifient — pour vous au moins — les mots fasciste et souverainiste, parce que, là, je suis un peu perdu.
Tout absorbé par mes lectures des auteurs des Lumières et suivants (Hobbes, Rousseau, Paine, Montesquieu, Constant, Tocqueville, Castoriadis, Orwell, Weil….), je nage dans les louanges tressés à la souveraineté du peuple, celle qui nous libère tous, enfin !, de l’absolutisme et de l’arbitraire d’une caste… Alors, j’ai un peu du mal à embrayer sur votre dégoût du souverainisme.
Tout cela n’est sans doute, comme c’est souvent le cas, qu’un malentendu :o)
Amicalement.
Étienne.
J’observe aussi que le qualificatif de « souverainiste » semble être pour vous la pire des déchéances, une honte : j’en déduis (finement) que vous êtes anti-souverainiste.Anti-souverainiste moi ? Effectivement, ce que je recherche c’est l’émancipation de la multitude des êtres humains. La souveraineté de l’État-Nation ? Rien à foutre.
Jean-Michel,
C’était bien un malentendu, il me semble :
« Souverainiste » ne dit pas fatalement inconditionnel de la « souveraineté de l’État Nation » ;
« Souverainiste » pourrait tout aussi bien dire défenseur de la « souveraineté de l’Union européenne » [et pardonnez-moi de ne pas faire de grande diférence conceptuelle à partir de cette simple différence d’échelle : pour moi, le projet d’État européen (ou de Fédération d’États) est sensiblement aussi « nationaliste » que le projet d’État français ou allemand : on change un peu d’échelle, voilà tout, mais on y défend toujours prioritairement ses proches et on se prépare à la bagarre contre d’autres étrangers, les Chinois et les Indiens en l’occurrence auxquels il serait urgent de « faire pièce », comme nous l’ont rabaché les partisans du Oui avec insistance pendant des mois] ;
Il pourrait surtout, dans mon esprit au moins, désigner les défenseurs de la « souveraineté du peuple » (ce qui correspond davantage, en première approximation, à l’émancipation du plus grand nombre que nous partageons apparemment tous les deux comme un objectif supérieur et prioritaire).
Je ne vois donc pas du tout l’intérêt qu’il y a à salir ce mot « souverainiste » alors qu’on en a besoin pour décrire un projet à la fois humaniste et prudent.
Prudent à l’encontre des abus de pouvoir de l’État, précisément ; ce qui explique ma méfiance envers ces institutions européennes dont j’ai découvert il y a trois ans qu’elles ne nous laissent objectivement AUCUN moyen de résister à un éventuel abus de pouvoir entre deux élections, ce qui, me semble-t-il, n’est pas le meilleur chemin pour « l’émancipation de la multitude des êtres humains » que vous chérissez comme moi.
Amicalement.
Étienne.
Raoul Marc Jennar vient de nous écrire, ce 19 octobre 20007 :
« Bonjour,
Ainsi donc, ils sont passés à l’acte ! Ils ont osé n’apporter à la nécessaire réforme des institutions européennes que ce qui était prévu dans le TCE.
Absence d’exigence démocratique, absence d’exigence sociale, absence d’exigence écologique.
Ces chefs d’Etat et de gouvernements que les médias nous présentent comme des « gens responsables » sont en fait les pires des irresponsables : ils construisent une Europe de plus en plus détestable.
Une bataille est engagée. Il faut combattre ce minable traité modificatif qui ne modifie en fait rien d’essentiel. Il n’est pas trop tard. Il n’est pas encore ratifié.
Je serai en France de décembre à février (peut-être mars). Je suis prêt à m’engager comme je l’ai fait en 2004–2005. Déjà, des conférences sont prévues à Bruxelles, Liège, Marseille, Aix en Provence, Clermont-Ferrand, dans les Alpes Maritimes.
Compte-tenu de mes nouvelles responsabilités et du temps que je dois leur réserver, je dois m’organiser pour que mes déplacements se fassent de telle sorte que je n’aille qu’une fois dans le même coin de France. Ainsi, par exemple, j’irai à Aix, Marseille et dans les Alpes Maritimes dans le même déplacement.
Que pouvons-nous espérer ?
Il n’y aura pas de référendum. Ne nous faisons pas d’illusion. Ce qui ne signifie pas qu’il ne faille pas le réclamer. Un million de citoyennes et de citoyens réclamant un référendum, cela ne pourrait passer inaperçu. Et cela contribuerait à produire ce qu’il faut, à mes yeux, rechercher : une formidable pression sur le PS. En effet, et je reprends ici un passage d’un récent article de Michel Soudais dans Politis :
« La majorité UMP-Nouveau Centre, même avec l’appoint des élus du MoDem, n’a pas la majorité requise pour ratifier le traité modificatif par la voie parlementaire. Ce traité modifiant l’organisation des pouvoirs de l’Union européenne, il nécessite une révision de l’article 88–1 de la Constitution de la Ve République. Celui-ci prévoit que la France « peut participer à l’Union européenne dans les conditions prévues par le traité établissant une constitution pour l’Europe signé le 29 octobre 2004 ». Cette référence étant caduque, il faut lui en substituer une nouvelle. « Or, pour cela, il faut un vote ratifié par une majorité des 3⁄5 du Parlement » (l’Assemblée nationale et le Sénat réuni en congrès), notait non sans malice Jean-Luc Mélenchon, au soir du second tour des législatives. Pour avoir cette majorité, il eût fallu que la gauche ait moins de 190 députés. Elle en a obtenu plus de 200.
La gauche est donc en mesure d’empêcher Nicolas Sarkozy de réaliser son coup de force. Du moins sur le papier. Car, en dépit des engagements du projet socialiste et du Pacte présidentiel, dont tous se réclamaient, contre aussi la synthèse du congrès du Mans, approuvée de tous, plusieurs élus socialistes ont déjà fait part de leur intention d’approuver le traité modificatif, avant même d’en connaître la teneur exacte. »
Selon moi, c’est la stratégie qu’il faut adopter : mettre la gauche dite de gouvernement devant ses responsabilités. Exercer sur le PS la pression maximale en suscitant un puissant mouvement d’opinion contre ce traité modificatif. Du même coup, on aidera à ce que la gauche redevienne la gauche. Un peu.
C’est une bataille que nous pouvons gagner.
J’ai écrit « Quelle Europe après le non ? » comme un outil militant. Ce n’est pas un traité de science politique. C’est une réflexion et une analyse pour faire, utilement je crois, campagne pour une autre Europe. Merci de diffuser l’annonce de sa sortie mercredi prochain..
Bien cordialement,
Raoul »
« LA
CHAÎNE DU RÉFÉRENDUM »
Une initiative
du site Le
vrai débat, http://www.levraidebat.com
:
« Vous
êtes déjà très nombreux à vous être lancés dans la CHAÎNE DU RÉFÉRENDUM
appelant à ce que le peuple garde sa liberté et puisse décider de ce
qu’il fait avec ce nouveau traité européen…
RENFORCEZ
LA CHAÎNE DU RÉFÉRENDUM EN DIFFUSANT CES LIENS :
En version Powerpoint
: http://test.antemia.eu/html/16/File/referendum.pps/referendum.pps
En version PDF
: http://test.antemia.eu/html/16/File/referendum.pdf
A priori, les choses étaient réglées par le vote de 2005. Non, c’est non, pas de traité.
Sarkozy veut tout de même un nouveau traité. Et il se trouve en plus
qu’il n’est pas si nouveau que ça, puisqu’il reprend mot pour mot celui
rejeté en 2005. Face à cette violence considérable faite à la
démocratie, sans doute la pire depuis 1940, nous ne pouvons que nous
mobiliser pour qu’au moins le peuple puisse avoir la parole.
Faites
vivre la CHAÎNE DU RÉFÉRENDUM en envoyant les liens ci-dessus à vos
connaissances, ou en envoyant directement les fichiers qui sont
téléchargeables.
Mobilisons-nous pour faire plier cet abus de pouvoir inique ! »
Depuis 2 ans, Etienne, tu t’es désintéressé de l’Europe, préférant – et c’est ton droit – te consacrer à l’étude des abus de pouvoirs.
Je t’avais supplié il y a quelques mois de ne pas renoncer à ton combat pour une Europe démocratique (voir plus haut, en février 2007).
En vain.
Aujourd’hui, comme je l’avais prédit, le TCE est passé en beauté à Lisbonne avec de petites modifications mineures pour faire style.
Bravo.
Tu peux continuer à dénoncer les abus de pouvoir, le manque de démocratie dans ce pays, appeler à un referendum citoyen, mettre Jose Bové sur le sujet (chance : il n’a pas été envoyé en prison finalement et est donc disponible pour toutes les causes perdues d’avance), tu peux hurler au scandale.
Cela ne servira à rien, ne changera rien. Tu n’as plus aucune crédibilité pour personne.
Au lieu de concentrer tes forces et de focaliser nos énergies sur LE point essentiel qu’était l’exigence d’une europe démocratique, tu as éparpillé les sujets de réflexion et ton blog est devenu un fourre-tout incompréhensible, une tribune à la gloire de Bové et anti-Sarko.
Et ce qui s’est passé à Lisbonne est le résultat logique de ton évolution depuis deux ans.
Tu nous as trahis.
J’espère que tes études sur les abus de pouvoirs avancent bien…qu’au moins, il y en ait un qui n’ait pas tout perdu.
Je suis écoeurée.
Mélanie
On ne peut pas isoler les abus de pouvoir et le manque de démocratie en France du problème de l’Europe … tout est lié.
Et Etienne, que je croise souvent, fait ce qu’il peut, comme beaucoup d’entre nous… mais que faire devant l’apathie de la majorité de la population et de la volonté des politiques d’occulter le débat ?
Je vous trouve bien injuste Mélanie…
« Le mouvement des masses n’est produit ni par le pouvoir , ni par l’activité intellectuelle , ni par l’union de l’un et de l’autre , comme le pensent les historiens, mais par l’activité de tous ceux qui prennent part aux événements , et qui se groupent de telle façon que ceux qui agissent le plus directement sont les moins responsables , et réciproquement. »
.….….….….….….….….….…..
» Il est fort malaisé de fixer les limites du domaine de la liberté et de la necessité , et c’est le problème essentiel de la psychologie que de fixer cette limite . Mais si on observe les cas où apparaissent notre plus grande liberté et notre plus grande dépendance , il n’est pas possible de ne pas voir que plus notre activité est abstraite , plus elle est libre ; inversement , plus notre activité est liée à autrui , moins elle est libre . »
TOLSTOÎ Guerre et paix .
…Mais je demande à Etienne de continuer à ouvrir son blog !
Bonjour,
Je rentre d’un séminaire de travail de trois jours, loin de tout et sans connexion internet.
Et je retrouve Mélanie :o)
Mélanie dit que dénoncer la cause universelle (et méconnue) de tous les abus de pouvoir (laisser écrire la Constitution par les élus, les gouvernants et les juges eux-mêmes), c’est se désintéresser de l’exemple spécifique de l’Union européenne.
Mélanie semble certaine que si j’étais resté concentré sur l’exemple européen, sans me laisser distraire par les vilenies des acteurs français, mon action aurait changé la face du monde et la bande malhonnête « NS + députés ouiistes de tous bords » n’aurait pas osé nous violer comme elle le fait aujourd’hui (Mélanie nous l’avait bien dit, nous étions bien prévenus).
Mélanie rappelle que, c’est vrai, j’ai cru quelques semaines dans une perspective nouvelle avec José Bové, homme libre de tout parti, mais elle oublie de rappeler que j’ai rapidement constaté — tristement — que Bové ne changerait rien à l’essentiel — cette fois au moins — (puisqu’il reste sur l’idée d’une assemblée constituante élue, c’est-à-dire dont les membres sont forcément en conflit d’intérêts et intéressés personnellement à l’impuissance politique des citoyens). C’est commode pour Mélanie, sans doute, de ressasser cette erreur de quelques semaines pour me discréditer sans trop d’efforts.
Mélanie affirme sans rire : « ce qui s’est passé à Lisbonne est le résultat logique de ton évolution depuis deux ans. Tu nous as trahis. »…
Le sens du discernement de Mélanie laisse rêveur :o)
Il y a un proverbe provençal qui dit :
« Fais du bien à Bertrand.… i’te le rend en caguant… »
(L’accent doit être un peu chantant.)
C’est vrai que l’ingratitude crasse est assez répandue et assez mystérieuse.
Probablement est-ce plus facile et tout aussi défoulant de taper sur les gentils que sur les méchants…
:o)
Merci à tous pour votre passionnante participation, ici et sur le forum.
Étienne.