Manifeste pour la vraie démocratie (André Tolmère)

10/06/2006 | 89 commentaires

Pierre, que je n’ai jamais ren­con­tré, écrit sous le pseu­do d’André Tol­mère et il a du mal à trou­ver un édi­teur. Je ne com­prends pas cette situa­tion car je trouve son livre ori­gi­nal, impor­tant et déton­nant : il m’a remué en pro­fon­deur et ce séisme inté­rieur m’a conduit à lire bien d’autres livres impor­tants consa­crés, eux aus­si, à ce choix déci­sif (ou équi­libre) entre élec­tion et tirage au sort (Ber­nard Manin, Phi­lippe Braud, Mogens H. Han­sen, Pierre Rosan­val­lon…).

Écrit au vitriol dans un style vif et rapide, soli­de­ment argu­men­té (sa biblio­gra­phie est pas­sion­nante), illus­tré d’exemples concrets, astu­cieux, c’est un outil poli­tique écrit par un simple citoyen, c’est cap­ti­vant, on se sent direc­te­ment concer­né à toutes les pages, on parle de choses essentielles.

Je suis sûr que des édi­teurs mili­tants comme Rai­sons d’a­gir, Agone, La Décou­verte ou L’É­clat (en lyber, gra­tuit sur le net et payant sur papier) seraient inté­res­sés s’ils connais­saient son exis­tence. Fayard ou Albin Michel pour­raient éga­le­ment publier ce livre de résis­tance, il me semble. Si l’un d’entre vous connaît quel­qu’un chez ces édi­teurs, il fau­drait leur signa­ler ce manus­crit décapant.

Dépi­té par le silence des édi­teurs, Pierre me per­met de publier son livre. C’est une chance pour nous tous. Impri­mez ce texte, mes amis, (j’ai réglé la mise en page pour per­mettre le rec­to ver­so), et lisez-le, c’est un docu­ment consi­dé­rable. Vous y pas­se­rez une après-midi ou deux qui, direc­te­ment ou indi­rec­te­ment, peuvent chan­ger votre vie.

Vous pou­vez télé­char­ger cet éton­nant mani­feste : en cli­quant ICI…

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Étienne

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89 Commentaires

  1. alain guillou

    lu le début…

    suis ren­du au mou­ton de¨Panurge…

    Dieu que c’est bon !

    (mais il faut sub­ver­tir les par­tis poli­tiques, en y inter­ve­nant, selon ses choix d’i­dées, sans y recher­cher autre chose que la simple cama­ra­de­rie agis­sante : tout ce qui est sug­gé­ré est vrai, à ceci près qu’il faut fuir les amal­games et les juge­ments sans ana­lyse concrète de cas concrets, sinon on peut faire le pro­cès de ses propres parents et les égorger).

    Bien sûr, je lirai tout ce texte, et je te crois, Étienne quand tu dis qu’il serait bon de le faire lire plus largement.

    Réponse
  2. Fred., de L.

    Avec ce que les annexes contiennent, ça ne m’é­tonne pas for­cé­ment qu’il ait du mal à trou­ver un éditeur :
    – Théo­rie du com­plot à pro­pos du 9/11… est-ce bien rai­son­nable de nier « l’évidence » ?
    – Refus du droit à l’au­to­dé­fense de la grande démo­cra­tie Israé­lienne face aux meutes isla­mi­santes pales­ti­niennes. Est-ce bien rai­son­nable cette haine de lui-même que l’au­teur déve­loppe de la sorte ? Sha­ron est un homme de paix, pour­quoi vou­loir faire son pro­cès alors qu’en plus, le pauvre homme est dans un lit d’hôpital.

    Voi­là. Je trouve que tout cela manque sin­gu­liè­re­ment de sérieux et d’é­qui­libre et qu’en consé­quence, il aura en effet bien du mal à trou­ver un éditeur…

    Nan mais vou­loir publier un livre quand on est anti­sé­mite et para­noiaque affa­bu­la­teur, est-ce bien raisonnable ?

    (boite à rires)

    Réponse
  3. Étienne

    À Fred de L.

    Heu… moi, j’ai lu le texte avant les annexes, ce qui doit conduire à les lire d’un autre oeil, non ?

    :o)

    Réponse
  4. Fred., de L.

    Bon­jour Etienne,

    J’é­tais pro­fon­dem­ment iro­nique en écri­vant tout ce que j’ai écrit. 🙂 Ce n’é­tait pas assez clair ?

    Mais un peu sérieux tout de même. Il va à l’en­contre de nom­breux dogmes dans son livre… et quoi qu’on dise de nos socié­tés « libé­rales » et « modernes », les dogmes sont tou­jours aus­si puis­sants, même dans l’édition.

    Réponse
  5. Y. Mousseau

    Mani­fes­te­ment, nous ne sommes pas en vraie « démo-cra­tie ». Qui gou­verne ? J’ai ma petite idée : l’argent.

    Ceci dit, j’ai trou­vé ici tel­le­ment d’i­dées inté­res­santes que ma réac­tion sera volon­tai­re­ment syn­thé­tique, pour vous épar­gner des longueurs :

    - démo­cra­tie = pou­voir du peuple, de tout le peuple dans sa diver­si­té : oui. Mon pro­blème : la posi­tion des experts, car il ne faut pas nier que les réa­li­tés sont com­plexes. Je pense que seuls les repré­sen­tants du peuple doivent déci­der, mais ils doivent s’in­for­mer auprès des diverses familles d’ex­perts et de contre-experts. On devrait aus­si les juger la-des­sus. Je réclame par­fois « une démo­cra­tie éclairée ».

    - tirage au sort plu­tôt qu’é­lec­tions. Cette idée m’est très sou­vent venue (il y a bien dési­gna­tion par tirage au sort des jurys d’As­sises de nos jours). Effec­ti­ve­ment il faut oser le deman­der d’au­tant que la science des sta­tis­tiques a pro­gres­sé depuis Solon ; on sait dire ce qu’il fau­drait faire pour être réel­le­ment repré­sen­ta­tif. Et le prin­cipe du vote a été suf­fi­sam­ment étu­dié pour que ses limites soient connues ( mais jamais mises en avant ! )

    - j’ai vu le terme « ingé­nieur en démo­cra­tie »… Pour ma part, j’ai com­men­cé à récla­mer la créa­tion d’un  » Com­mis­sa­riat aux Sciences Sociales » ( comme il y eut le Com­mis­sa­riat à l’E­ner­gie Ato­mique) ou l’on trou­ve­rait des socio­logues, des méde­cins, des ingé­nieurs, des his­to­riens .… et éven­tuel­le­ment quelques éco­no­mistes… Com­ment ne pas s’é­ton­ner des prouesses tech­no­lo­giques en sciences phy­siques, chi­miques ou bio­lo­giques et de la pau­vre­té affli­geante des sciences sociales ( dont l’é­co­no­mie qui n’en est qu’un chapitre)

    - écart consi­dé­rable entre les reve­nus. J’ai lu une allu­sion à un « reve­nu maxi­mal  » . Bra­vo ; c’est du bon sens. C’est la seconde fois que je retrouve cette idée dans mes lec­tures. La pre­mière fois, c’é­tait, il y a une dizaine d’an­nés sous la plume d’ Alain Caillé.

    - la « rente » , les « ren­tiers » et ce qu’en dit Keynes… Effec­ti­ve­ment, je pense que c’est très pro­ba­ble­ment là la source de tous nos maux. Pour­tant, « faire tra­vailler son argent » , on nous le demande tous les jours et même les meilleurs le croient ; ils essayent seule­ment de le faire éthi­que­ment ( ? ). Vous le savez bien, pour pro­duire de la richesse, il faut deux fac­teurs : le tra­vail et le capi­tal ( et l’on se cha­maille sur la part de l’un et de l’autre). Eh bien, moi, je pense que la richesse ne vient que de l’ac­ti­vi­té humaine, c’est à dire du tra­vail . Il faut du tra­vail effi­cace et donc des outils ( ou des machines). Mais pour­q­quoi veut-on abso­lu­ment que les outils n’ap­par­tiennent pas à ceux que les manient ? Intoxi­ca­tion sécu­laire comme le capitalisme.

    - On en arrive au droit, plus pré­ci­sé­ment au droit de pro­prié­té qui, comme cha­cun sait, est sacré. Sacré peut-être, mais serait-il sans limites ? Eton­nez-vous que l’on retourne vers des situa­tiuons de qua­si-esclave, comme jadis au nom du droit de propriété !

    - et pour finir, mon idée pre­mière : l’argent . La mon­naie ins­tru­ment de paci­fi­ca­tion des échanges , certes, mais aus­si ins­tru­ment d’ex­ploi­ta­tion des uns par les autres. Orga­ni­sa­tion de la rare­té pour prê­ter et per­ce­voir des inté­rêts. « Pri­vi­lège ban­caire » de créa­tion moné­taire, pri­vi­lège évo­qué uni­que­ment à la sau­vette dans quelques cours uni­ver­si­taires qui trouvent la chose bien natu­relle. Savez-vous de quoi nait l’argent, où il pousse et ce qu’il faut pour qu’il lève ? Il nait de rien, rem­plit votre compte en banque à condi­tion que vous vous enga­giez à le rem­bour­ser et – c’est là l’as­tuce – a payer des inté­rêts pour son usage. Cela com­mence à se savoir, mais c’est com­pli­qué à sai­sir car le sys­tème ne tient que parce qu’il com­plexi­fié pour ne pas être connu. Même ceux qui le mettent en oeuvre ne se rendent pas compte la plu­part du temps de sa nature pré­da­trice. Alors qu’une socié­té démo­cra­tique ne man­que­rait pas de créer, de rien aus­si, mais gra­tui­te­ment tout l’argent qu’il lui faut pour faci­li­ter ses échanges. La rente vous dis-je. Autre­ment dit : les inté­rêts et divi­dendes payés par tous à quelques-uns. Sujet, s’il vous plait, à ne pas lais­ser aux mains des éco­no­mistes quelque soit leur bord. Il y a quelques années, je n’y connais­sais rien. C’est dif­fi­cile mais les décou­vertes valent le détour.

    Réponse
  6. scam

    L’au­teur se situe à gauche et veut ras­sem­bler tous les alter, pré­caires, verts déçus etc.

    Il sou­haite pri­vi­lé­gier le tirage au sort, sys­tème catas­tro­phique s’il en est.

    Il cri­tique amè­re­ment et ses pro­pos favo­risent un amal­game scan­da­leux, il tente de jeter le dis­cré­dit sur les « poli­ti­ciens » mais il oublie le tra­vail réa­li­sé par nos prédécesseurs.

    Son ouvrage est trop tran­ché et invite à la méfiance, la même méfiance qu’il affiche pour ceux qui sont au pouvoir.

    Pas très serein, ce bou­quin, et sur­tout man­quant cruel­le­ment de réa­lisme, avoir des idées d’é­ga­li­té, de jus­tice est une chose mais les appli­quer est une autre difficulté.

    Qu’il passe à l’ac­tion, ce cher auteur, et nous montre concrè­te­ment ce que vau­drait son sys­tème, en pra­tique vu le carac­tère tota­li­ta­riste de la dénon­cia­tion, je crains le pire.

    Réponse
  7. André

    Bon­soir

    Je crois que pour faire pro­gres­ser la démo­cra­tie, il faut voir les dif­fé­rentes formes qu’elle peut prendre, et aus­si se baser sur les choses exis­tantes, essayer de les pro­mou­voir. Je pense que amé­lio­rer ou res­tau­rer (pour moi, il s’a­git plu­tôt de res­tau­ra­tion) passe par l’ap­pli­ca­tion de mesures prag­ma­tiques autant que législatives.

    La démo­cra­tie a deux composantes :
    – La démo­cra­tie représentative
    – La démo­cra­tie participative.

    Pour ce qui concerne la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive, de nom­breux juristes émi­ne­ment com­pé­tents ont des idées, je crois que la consti­tu­tion de la 5ème répu­blique était appro­priée à quel­qu’un comme de Gaulle que l’on n’é­tait pas obli­gé d’ap­pré­cier mais qui res­pec­tait l’es­prit de cette consti­tu­tion (cf. refe­ren­dum sur la régio­na­li­sa­tion qui a entraî­né son départ)
    Mais n’est pas de Gaulle qui veut, donc là, il va fal­loir pas­ser à une 6ème répu­blique, et avoir un par­le­ment plus repré­sen­ta­tif du pays.

    La démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive est un sujet qui semble tabou, puisque pour l’ins­tant les can­di­dats poten­tiels de 2007 n’en parlent pas, c’é­tait pour­tant une pro­messe des can­di­dats Mit­ter­rand et Chi­rac à une cer­taine époque.

    Pour­tant l’in­tro­duc­tion de refe­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire a été pos­sible ailleurs. On peut ima­gi­ner de l’in­tro­duire à l’é­che­lon local et dépar­te­men­tal puis pro­gres­si­ve­ment à l’é­che­lon natio­nal. Il convient bien sûr d’in­tro­duire cela dans nos habi­tudes démocratiques.

    Les médias ont un rôle à jouer dans ce domaine : ne peut-on ima­gi­ner que les deux chaines publiques aient un cré­neau horaire res­tant à défi­nir pour pré­sen­ter des alter­na­tives, des pro­po­si­tions de pro­jets à sou­mettre à refe­ren­dum, des débats pour­raient être organisés.

    Il est par exemple scan­da­leux que sur des pro­blèmes de déve­lop­pe­ment durables ou envi­ron­ne­men­taux majeurs (nucléaire, OGM) aucune infor­ma­tion ne soit diri­gée vers le public et aucun débat ne soit organisé.

    J’es­sai­rai de reve­nir avec des sug­ges­tions plus pré­cises pro­chai­ne­ment. Je pense sin­cè­re­ment que nous devons nous appro­prier ce débat.

    Je n’ai pas abor­dé le pro­blème de la démo­cra­tie éco­no­mique, le sujet doit aus­si être abor­dé. Mais il est bien plus com­plexe à régler.

    Cor­dia­le­ment à tous.

    Réponse
  8. Étienne

    Bon­jour André,

    Pour info, le sujet du RIP est en débat sur le forum, dans la discussion :
    « Les citoyens devraient pou­voir déclen­cher eux-mêmes des réfé­ren­dums décisionnels »

    Le sujet de la par­ti­ci­pa­tion des citoyens n’est pas un tabou : il est occul­té (ce qui est dif­fé­rent) par ceux que j’ap­pelle les « cra­to­crates », que je tiens pour des voleurs de pou­voir et qui ne veulent pas en lâcher une miette.

    Mais tout cela est lar­ge­ment de notre faute puisque, non seule­ment nous les lais­sons faire, mais en plus nous rééli­sons nous-mêmes les cra­to­crates chaque fois qu’on pour­rait les écarter…

    Donc, c’est bien fait pour nous.

    Comme vous dites, nous devrions nous appro­prier ce débat :o)

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​pe/

    Réponse
  9. André

    Bon­soir à tous

    Je prends la liber­té d’u­ti­li­ser votre blog, Étienne, pour pro­tes­ter contre la ten­ta­tive de cen­sure de France inter, à savoir dépla­cer l’é­mis­sion de Daniel Mer­met « Là bas si j’y suis » de 17 h à 15h. On dira qu’elle n’est pas sup­pri­mée… oui, mais l’au­dience à 15h est deux fois moindre quà 17h, et le cri­tère de sur­vie des émis­sions est l’au­dience, alors…

    Il faut éga­le­ment savoir que cette émis­sion, enga­gée il est vrai, a vu son audience aug­men­ter. France Inter est une radio publique donc finan­cée aus­si bien par les audi­teurs de Mer­met que ceux de Pao­li. Toutes les émis­sions ont droit de cité dans une socié­té démo­cra­tique et pluraliste.

    On peut ne pas être d’ac­cord avec tous les sujets trai­tés par cette émis­sion, mais c’est la seule émis­sion qui contra­rie la pen­sée unique.

    Pour ceux qui le sou­haitent, il est pos­sible d’al­ler sur le site de là-bas si j’y suis et de signer la péti­tion en ligne : cli­quez ici pour lire la péti­tion.

    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  10. Étienne

    Vous faites bien, André : je bous moi-même tous les jours de cette nou­velle affaire, et j’en­rage contre les mal­fai­sants que nous lais­sons nous voler et nous muse­ler sans rien faire.

    Mais c’est bien de notre faute, nous qui sommes si veules, atten­dant lâche­ment que d’autres se battent pour nous : nous avons exac­te­ment ce que nous méri­tons.

    On est sou­vent direc­te­ment res­pon­sable de son propre mal­heur, et c’est par­ti­cu­liè­re­ment vrai en ce moment.

    Ces jours-ci, j’ai envie de prendre la Mai­son de Radio-France comme nos aïeux ont pris la Bas­tille… et de jeter dehors tous ces direc­teurs de chaînes, média­crates sans légi­ti­mi­té, voleurs de pou­voir média­tique, qui pour­raient s’es­ti­mer heu­reux qu’on les ren­voie chez eux sans plan­ter leur tête au bout d’une pique…

    Va-t-on lais­ser tuer « Là-bas si j’y suis » sans se révol­ter ardemment ?

    J’ai la haine contre les cra­to­crates, « de gauche » comme « de droite », plus mal­hon­nêtes les uns que les autres, contre les média­crates qui les pro­tègent, et contre les pro­prio­crates qui nous vampirisent.

    La réflexion cen­trale d’Étienne de la Boé­tie me hante et m’a­nime : « soyez réso­lus de ne ser­vir plus et vous voi­là libres ».

    Que devra donc faire le Tiers état pour reprendre la parole qu’on lui vole sans ver­gogne ? Le léga­lisme recule en moi et, à la place, résonne l’article 35 de la Décla­ra­tion des Droits de l’Homme et du Citoyen, celle de 1793 :

    « Quand le gou­ver­ne­ment viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque por­tion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indis­pen­sable des devoirs. »

    Com­ment res­ter calme sous une pluie quo­ti­dienne d’iniquités ?

    Réponse
  11. Vladimir

    Bon­jour à tous,

    mer­ci d’a­voir mis en ligne le manifeste.

    Je par­tage l’en­semble des pro­po­si­tions et des analyses.

    Je déplore que la majo­ri­té d’entre nous, après le peu de cas que les poli­tiques ont fait des résul­tats du réfé­ren­dum, n’aient pas pris conscience que l’oc­ci­dent entier n’est qu’une totale Oli­gar­chie, dont l’am­bi­tion ultime n’est pas le bon­heur des peuples mais leur esclavage.

    Par­tant de là, seule la pra­tique de la déso­béis­sance col­lec­tive peut com­men­cer à construire, pas à pas, cette nou­velle demo­cra­tie. Il n’y a plus rien à attendre des pro­chaines échéances élec­to­rales qui ne sont ins­tau­rées que pour nous faire patien­ter, leur fonc­tion de tri­bune me paraît aujourd’­hui bien faible, quoique pas négli­geable si elle s’ap­puie sur toutes les révoltes et sur­tout si elle arrive à sus­ci­ter les lieux de débats qui se libèrent de l’emprise des pré­ocu­pa­tions poli­ti­ciennes et confortent les citoyens dans leur droit à ne plus subir.

    À quand une “tra­duc­tion” du mani­feste dans la langue des cités, ce lan­gage d’un nou­veau genre ? (ver­na­cu­laire ou vernacul’r.. Pour­quoi pas si l’espace est limi­té..?) On aurait là une indi­ca­tion sur la palette des nuances que nos “djeunes” expriment quand ils s’expriment

    Ver­na­cu­laire selon Wiki­pe­dia : “Le mot ver­na­cu­laire vient du latin et signi­fie « rela­tif aux esclaves nés dans la maison ».”

    Réponse
  12. TuYolPol

    OK pour prendre la mai­son de Radio France. Je me vois très bien avec un porte-voix, ameu­ter les pas­sants et don­ner une bonne fes­sée à JP Clu­zel par exemple. En effet, « Com­ment res­ter calme sous une pluie quo­ti­dienne d’iniquités » ? Mais Étienne, tu sublimes tout cela dans tes nuits stu­dieuses et ton achar­ne­ment, il faut dire que bien­tôt 1,2 mil­lion de visi­teurs donnent de la valeur à ce travail.

    Pour ma part, je sais que tout cela fini­ra mal. Le sen­ti­ment, le fee­ling, les dis­cus­sions avec les gens. Je trouve bizarre que tous les gens avec qui je dis­cute aient au moins d’é­normes doutes sur la via­bi­li­té du sys­tème, et que ce sys­tème per­dure quand-même. La seule expli­ca­tion, c’est la décré­di­bi­li­sa­tion de toute alter­na­tive, la napal­mi­sa­tion de la mémoire citoyenne. On marche, rési­gné, sur une pas­se­relle pour­rie, on le sait, on ne veut pas voir les che­mins de traverse.

    C’est comme les auto­routes, tu sais, quand on rate toutes les sor­ties parce qu’on va trop vite. Mais il y a quel­que­chose de nou­veau et de remar­quable, c’est la mon­tée du dégoût. J’en suis sûr, il monte len­te­ment mais sûre­ment. Je le sens. Par exemple, cette his­toire de bous­cu­ler pour fra­gi­li­ser Là-bas si j’y suis, c’est encore une goutte d’eau, une de taille, encore un cran dans le dégoût.

    Il y a disons vingt ou trente ans, enfin jus­qu’aux années 80, il y avait encore un reste d’op­ti­misme, un sen­ti­ment que glo­ba­le­ment les choses allaient pro­gres­ser, dans l’é­lan de l’hu­ma­nisme conju­gué aux sciences et à la conso­li­da­tion de la démo­cra­tie. Et puis je réa­lise, depuis quelques temps, que c’est un énorme désen­chan­te­ment qui domine. Le sen­ti­ment de dan­ger, de dété­rio­ra­tion, de menace, de régres­sion, de prix trop lourd à payer pour tout ce toc, cette pol­lu­tion, la perte de ce qu’on aime, des pay­sages, de l’art de vivre.

    Je ne parle pas d’ob­jec­ti­vi­té, mais de sen­ti­ment. C’est impor­tant, c’est la cou­leur de notre quotidien.

    Cha­cun ses enne­mis, mais pour moi, c’est la nou­velle féo­da­li­té dés­in­car­née et délo­ca­li­sée, indus­trielle et finan­cière, l’é­chelle inhu­maine, et la trom­pe­rie sur tout. L’é­norme trom­pe­rie, le racket phi­lo­so­phique, le vol de ces mots : démo­cra­tie, liber­té, échange, communication.

    Réponse
  13. Agnès MOUSSION

    Mais que veut dire ce mot démo­cra­tie ? Je suis cho­quée, déçue, j’ai l’im­pres­sion de me heur­ter à des murs. Dégoût ? oui, devant la façon dont on uti­lise ce mot « démo­cra­tie » pour ins­tau­rer presque tota­le­ment des « dic­ta­tures » éco­no­miques et idéo­lo­giques. J’ai 48 ans. Peut-être que le fonc­tion­ne­ment des états et des pou­voirs ont tou­jours été les mêmes et que j’é­tais dans une douce rêve­rie qui m’empêchait de voir la réa­li­té ? En tous cas, la chute est bru­tale et je me sens tota­le­ment impuis­sante. Je ne sais pas où et com­ment agir ?

    Et même si je sais qu’il y a des choses bien plus graves que la sup­pres­sion des émis­sions de france inter, moi c’est Cha­ri­va­ri qui va me man­quer terriblement.

    On nous prend pour des mou­tons stu­pides mais c’est vrai­ment ce que j’ai l’im­pres­sion d’être : une mou­tonne stupide.

    Réponse
  14. Étienne

    Chère Agnès, chers vous tous,

    Il faut que nous écri­vions nous-mêmes notre Constitution.

    C’est un pas­sage obli­gé pour incar­ner enfin hon­nê­te­ment le droit des peuples à dis­po­ser d’eux-mêmes.

    Il faut le faire sans pré­ten­tion car ce sera peut-être une autre Consti­tu­tion que la nôtre qui sera élue fina­le­ment, mais il faut que des pro­jets hon­nêtes (non par­le­men­taires, non minis­té­riels, non judi­ciaires) prennent corps pour rendre cré­dible, pal­pable, concrète, non uto­pique, notre reven­di­ca­tion cardinale.

    Il faut écrire au moins les articles les plus impor­tants, et ça, ce n’est pas inac­ces­sible. Essayez :o)

    Au plai­sir de vous lire, encore et encore.

    Étienne.

    Réponse
  15. Flying_MogWai

    En route pour la vraie démo­cra­tie ! Les deux der­niers siècles ont été les pires de l’hu­ma­ni­té, en guerres, en bar­ba­rie, en injus­tices, en into­lé­rance. Ce monde fini­ra avec la fin de l’or noir, mais il nous faut pré­pa­rer dès main­te­nant la tran­si­tion, ou un nou­veau moyen-âge nous attend ! Éga­li­té, soli­da­ri­té, et seule­ment alors nous pour­rons avoir la vraie liberté !

    Réponse
  16. Ricouti

    le « tirage au sort » dans votre billet m’a rap­pe­lé un vieux livre de SF que j’ai lu il y a bien long­temps : Le sceptre du hasard.

    Cela se passe à une époque future où les hommes vivent en « sto­chas­to­cra­tie » (cad que le chef suprême est tiré au sort).

    Réponse
  17. jmfayard

    Étienne ! Étienne !

    Tu as rajou­té dans tes liens :

    « On connaît main­te­nant les noms des traîtres…

    « 22 euro­dé­pu­tés du Par­ti socialiste,
    4 des Verts, 7 de l’UDF et 16 de l’UMP
    rejettent le résul­tat du référendum » :

    http://​bel​la​ciao​.org/​f​r​/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​2​9​897

    Au nom de quelle légi­ti­mi­té votent-ils ainsi ?
    Exemple aca­dé­mique d’abus de pouvoir…
    Mais nous les lais­sons faire sans réagir…
    C’est donc bien fait pour nous. » 

    Il faut que tu saches que tu répands là un canu­lar putas­sier inven­té par un euro­dé­pu­té d’ex­trême-droite membre du groupe « Indé­pen­dance et démo­cra­tie » (c’est-à-dire les euro­phobes, isla­mo­phobes, racistes et anti­sé­mites) qui a réus­si de manière habile à maquiller un SCUD sou­ve­rai­niste contre l’i­déal d’une Europe démo­cra­tique (dire qu’on est condam­né à l’é­ter­ni­té à la clause de révi­sion à double una­ni­mi­té qui grave dans le marbre les dis­po­si­tions de Maas­tricht-Nice) en une défense du NON du 29 mai (nul­le­ment mena­cé) par un Par­le­ment euro­péen avec ses pou­voirs mira­bo­lants que tu sais n’a pas vrai­ment les moyens de modi­fier la consti­tu­tion fran­caise pour rati­fier tout seul dans son coin ou pour lever une armée afin de faire res­pec­ter un soi-disant ulti­ma­tum adres­sé à la France pour qu’elle adopte le TCE sans aucun-chan­ge­ment en 2007 (véri­dique, il y a ceci dans l’article).

    Ce n’est pas de ta faute, c’est Bel­la­Ciao qui en pre­mier s’est fait avoir (c’est humain) puis ont refu­sé de le recon­naître ensuite en cen­su­rant mes expli­ca­tions, outrés qu’ils étaient de croire s’être fait accu­ser de « rouge-brun », alors que le carac­tère « brun » était l’ex­clu­si­vi­té du rédac­teur ini­tial MPF du faux scoop.

    Lis sans arrière-pen­sée les jus­ti­fi­ca­tions de ces deux euro­dé­pu­tés (Alain Lipietz, Benoit Hamon), l’un favo­rable au TCE, l’autre oppo­sant ardent au TCE, qui expliquent pour­quoi ils assument de ne pas avoir voté un amen­de­ment de l’ex­trême-droite avec un sous-enten­du sou­ve­rai­niste lar­ge­ment ensuite expli­ci­té dans l’ar­ticle déli­rant qu’il en a tiré.

    L’ex­pli­ca­tion de Benoit Hamon
    L’ex­pli­ca­tion d’A­lain Lipietz

    Réponse
  18. Étienne

    OK JM, je vais lire ça.

    De ton côté, vou­drais-tu lire ce papier de Raoul Marc Jen­nar sur le même sujet et me dire ce que tu en penses ?

    Le par­le­ment euro­péen, le droit et la démocratie

    On en reparle demain car tout ça est long à lire et j’ai mille choses à faire, sur tous les fronts ;o)

    Étienne.

    Réponse
  19. jmfayard

    Le papier de Raoul-Marc Jennar ?
    Comme d’ha­bi­tude, je le trouve plein de faits et très contes­tables sur l’in­ter­pré­ta­tion glo­bale qui en ressort.

    Jen­nar s’abs­tient par exemple de te pré­ve­nir que le PS et les verts ont sou­te­nu un amen­de­ment alter­na­tif à celui de l’ex­trême-droite disant :

    le par­le­ment euro­péen « invite le Conseil euro­péen à recon­naître que la Consti­tu­tion de 2004 ne peut entrer en vigueur sans modi­fi­ca­tion ». (amen­de­ment 4)

    N’est-ce pas, sous une for­mu­la­tion sus­cep­tible d’être approu­vée par des dépu­tés des pays favo­rable au OUI, une façon de tirer les lecons du vote du 29 mai et 1er juin ? Si.

    Donc, tu vois, ce n’est pas parce qu’on ne vote pas un amen­de­ment disant « le par­le­ment res­pecte le vote des fran­cais et des néer­lan­dais » (sous-enten­du : et de eux seule­ment) qu’on serait d’ac­cord avec son inverse abso­lu : « le par­le­ment euro­péent se fout comme de sa pre­mière che­mise du vote des Fran­cais et des Néerlandais ».

    Et Jen­nar ment par ommis­sion ou par igno­rance quand il écrit : 
    Peut-être objec­te­ront-ils que cet amen­de­ment a été dépo­sé par un élu du par­ti de Phi­lippe De Vil­liers et qu’ils ne pou­vaient pas le sou­te­nir pour cette rai­son ? Mais rien ne les empê­chaient de dépo­ser leur propre amen­de­ment expri­mant avec leurs propres mots un conte­nu identique.

    C’est le cas.

    Le pro­blème de cette rumeur est à la fois simple et sub­til. Comme tu le sais aus­si bien que moi, il y a pour le futur une ligne de démar­ca­tion fon­da­men­tale entre le NON sou­ve­rai­niste (on en res­te­rait prin­ci­pa­le­ment à des col­la­bo­ra­tions entre États et gou­ver­ne­ment) et le NON favo­rable à une relance démo­cra­tique de l’U­nion euro­péenne. Toute l’as­tuce du NON sou­ve­rai­niste consiste à essayer d’en­traî­ner le NON euro­phile sur son ter­rain en jouant sur l’af­fect d’une remise en cause du NON com­mun du 29 mai.

    Aus­si quand Raoul-Marc Jen­nar fait un rap­pel juri­dique sur la règle de l’u­na­ni­mi­té, il faut bien distinguer :

    • En ce qui concerne le TCE et ses pré­dé­ces­seurs, Jen­nar fait une par­faite démons­tra­tion de ce qu’il est sou­mis à la règle de l’u­na­ni­mi­té pour la rati­fi­ca­tion et donc fina­le­ment qu’il n’y a abso­lu­ment rien à craindre de ce côté-là. Mais croit-on les euro­par­le­men­taires assez bêtes pour igno­rer cela ?
    • en ce qui concerne l’a­ve­nir, en ce qui concerne la consti­tu­tion qu’on essaye de construire toi et moi cha­cun de son côté, c’est une toute autre affaire. L’a­men­de­ment du MPF visait en réa­li­té à sous-entendre que toute remise en cause de l’u­na­ni­mi­té de rati­fi­ca­tion serait une injure faite à la démo­cra­tie, ce qui est un point de vue sou­ve­rai­niste parce qu’ils n’en­tendent le concept de démo­cra­tie qu’à l’é­chelle nationale.

    Tu es en désac­cord total avec eux quand tu écris dans le point 3 de ton fameux essai :

    3. Une Consti­tu­tion est révi­sable : ce texte-là est ver­rouillé par une exi­gence de double unanimité.

    C’est donc bien l’une de nos prin­ci­pales reven­di­ca­tions de faire sau­ter la rati­fi­ca­tion à l’u­na­ni­mi­té la pro­chaine fois. Mon idée à moi est de redon­ner la parole à tout le monde, d’or­ga­ni­ser un réfé­ren­dum pan-euro­péen qui serait adop­té si disons 20 pays sur 25 et 60% des euro­péens votent OUI.
    La deuxième par­tie de cet article décrit com­ment pour­rait avoir lieu ce référendum.

    Réponse
  20. alain guillou

    Le diable, ce n’est pas le sou­ve­rai­nisme, c’est la xéno­pho­bie et la peste brune.

    Dia­bo­li­ser ceux qui ont voté NON par sou­ci de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire et dans l’es­prit de la Charte des droits fon­da­men­taux de l’O­NU, laquelle pose la sou­ve­rai­ne­té natio­nale comme droit inalié­nable, c’est malsain.

    Faire le pro­cès que vous faites à Raoul Marc Jen­nar en amal­ga­mant les sou­ve­rai­nistes aux fas­cistes, c’est malsain !

    Il doit y avoir un clair débat, et chaque nation euro­péenne doit se mettre au clair d’a­bord avec sa « conscience natio­nale », en répon­dant devant son peuple:à la ques­tion posée :

    -« A‑t-on res­pec­té la sou­ve­rai­ne­té du peuple dans notre propre pro­cé­dure consti­tuante nationale ? »

    C’est pour­quoi, si on rêve d’une Europe vrai­ment démo­cra­tique, il faut d’a­bord se don­ner une consti­tu­tion hon­nête dans son propre pays, et ce que l’on aura su faire « chez soi », on sera peut-être capable de le faire plus lar­ge­ment, « dans le quartier « :

    Élire une consti­tuante indé­pen­dante des pou­voirs consti­tués [-> dépu­tés consti­tuants impé­ra­ti­ve­ment décla­rés inéli­gibles aux fonc­tions dont ils écrivent les règles et les limites dans la Constitution].

    Ce sont les pou­voirs consti­tués qui veulent évi­ter ce règle­ment de compte avec leurs peuples mécontents !

    Mais effec­ti­ve­ment, plus on retar­de­ra cet assai­nis­se­ment des « démo­cra­ties » en europe, plus les natio­na­lismes, xéno­pho­bies et autres hor­reurs men­tales s’exaspèreront !

    Ce sont donc les cra­to­crates qui font le jeu des fachos !

    Réponse
  21. Étienne

    JM,

    J’a­vance dans la lec­ture de tout ça, mais c’est long.

    Je vais publier (sur ma page ‘Liens’) les adresses de toutes ces réac­tions pour que cha­cun ait de quoi juger au mieux.

    Je signale les réac­tions sur Bel­la­ciao où j’ai trou­vé cette inté­res­sante remarque de Copas :

    «- le PS, pour l’essentiel, s’est mis en situa­tion de se faire don­ner des leçons de démo­cra­tie par les sou­ve­rai­nistes et l’extrême droite, ce qui indique puis­sam­ment dans quelle situa­tion ils se sont mis.

    - le PS ne se serait pas retrou­vé dans un tel piège s’il avait pris la tête clai­re­ment d’un amen­de­ment le 14 Juin deman­dant expli­ci­te­ment que les votes des popu­la­tions des Pays-Bas et de la France soient res­pec­tés et clai­re­ment res­pec­tés , qu’aucun contour­ne­ment de cette déci­sion ne serait admis­sible. Pour dire plus clai­re­ment, cela eut été aux repré­sen­tants fran­çais, dont ceux se récla­mant de la gauche au pre­mier chef, de por­ter un tel amen­de­ment sans lais­ser au MPF l’occasion de le faire.
    En lais­sant faire cela, en s’abstenant sur un texte peu admis­sible ils (les par­le­men­taires de gauche confon­tés à cette ques­tion) ont accré­di­té l’idée ter­rible que les sou­ve­rai­nistes se trou­vaient plus en défense de la démo­cra­tie qu’eux. »

    C’est bien vu, non ?

    À +

    Réponse
  22. Fred., de L.

    J’a­jou­te­rai à la suite d’E­tienne qu’il a été noté par d’autres que tout cela ce serait beau­coup mieux dérou­lé si le vote du 14 juin avait été plus « transparent ».

    Tous, à la suite des pre­miers articles, nous avons cher­ché des sources pou­vant infirmer/confirmer… parce que c’é­tait Bel­la­cio, parce que c’é­tait un dépu­té de droite, parce que tout de même, com­ment croire que des gens aus­si biens pou­vaient de la sorte mépri­ser le résul­tat d’un référendum…

    Oui, si tout cela avait été plus trans­pa­rent, il n’y aurait pas eu autant de réac­tions « à tort et à travers ».

    Main­te­nant, accu­ser ces uns et ces autres de « men­songes » et faire comme Lipietz et tous les cou­vrir des invec­tices imbé­ciles du genre « sta­li­niens » ou « rouges-bruns » et que sais-je encore, ce n’est pas rele­ver le débat… Et c’est au contraire accré­di­ter le fait que cer­tains ont été pris la main dans l’sac, qu’ils se sentent mor­veux, qu’ils n’ont plus que l’in­vec­tive à la bouche pour jus­ti­fier leurs cal­culs de démo­crates-bou­ti­quiers… Ca fait pire qu’à la mater­nelle… « on vote par pour ce truc parce que c’est machin qui l’a pré­sen­té… mais l’autre truc là, on vote pour parce que c’est bidule et que bidule, il est gentil… ».

    Je vais ter­mi­ner sur une note iro­nique… quand donc les ouiistes par­vien­dront-ils à dépas­ser le 29 mai ? Parce que pour le moment, je les trouve sacré­ment revan­chards… voire aigris.

    Réponse
  23. jacques

    Pour l’ins­tant, ce sont les nonistes qui sont aigris et revan­chards, rien n’a chan­gé à la suite de leur vote.

    Pour les ouiistes, c’est le sta­tut quo, ils res­pectent le non mais attendent que les oppo­sants au TCe pro­posent un nou­veau texte avec les ouiistes, ensuite vien­dra une nou­velle consultation.

    Ceux qui patinent ce sont les nonistes : rien à l’ho­ri­zon cher monsieur.

    Je suis dans les ouiiistes et j’at­tends avec impa­tience de me repro­non­cer sur une nou­velle pro­po­si­tion. Alors, au tra­vail au lieu de vous invec­ti­ver et de vous racon­ter des histoires !

    Réponse
  24. Étienne

    Voyons, Jacques : ce sont les ouiistes qui sont au pou­voir, pas les nonistes, n’est-ce pas ? D’où vien­drait que les nonistes pour­raient chan­ger quoi que ce soit, aujourd’­hui, dans la tour­nure des choses ? Assu­ré­ment, volon­tai­re­ment ou pas, vous vous trom­pez de res­pon­sables :o)

    C’est bien l’i­nac­ti­vi­té des hommes actuel­le­ment au pou­voir (tous ouiistes, ne l’oubliez pas) qui laissent pour­rir la situa­tion sans tirer aucune consé­quence hon­nête du vote néga­tif des Fran­çais (ils n’ont même pas abro­gé la révi­sion de la Consti­tu­tion fran­çaise qui ren­dait pos­sible le TCE, ce qui est bien le signe qu’ils y croient encore, niant la por­tée de notre vote mas­sif), c’est bien leur inac­ti­vi­té, donc, et pas la nôtre, qui nous prive TOUS de pro­jet alter­na­tif loyal.

    Qu’at­ten­dez-vous des nonistes, Jacques, si vous êtes de bonne foi, en sachant qu’ils n’ont aucun pou­voir (sauf celui qu’ils ont eu, un jour, presque par erreur, de dire non à des repré­sen­tants en situa­tion d’a­bus de pou­voir mani­feste depuis 50 ans) ?

    Venez donc, Jacques, puisque vous êtes impa­tient de pro­jets alter­na­tifs inté­res­sants, nous aider sur le forum à mettre au clair les ins­ti­tu­tions dont nous avons TOUS besoin, quel que soit notre bord poli­tique, pour nous pro­té­ger contre les abus de pouvoir.

    Je suis sûr que nos rêves peuvent faire un bout de route ensemble dès que vous aurez décou­vert l’aspect posi­tif, simple, uni­ver­sel et non dan­ge­reux, de nos reven­di­ca­tions constituantes.

    Au plai­sir de lire votre posi­tive contri­bu­tion :o)

    Étienne.

    Réponse
  25. jacques

    voyons Etienne, si vous êtes dans l’op­po­si­tion ‚il faut essayer de convaincre le peuple de vous faire accé­der au pou­voir sur un pro­gramme global

    le non au TCE est ponc­tuel, si vous l’in­ter­pré­tez comme une remise en cause des majo­ri­tés actuelles , pré­sen­tez votre propre pro­grammme avec vos amis et vous pour­rez vous exprimer

    ce ne sont pas les ouiistes qui vous empêchent mais VOUS MËME qui ne par­ve­nez pas au pou­voir pour chan­ger les choses

    savez vous que beau­coup de mili­tants ont voté NON sim­ple­ment pour dire non à Chi­rac car ils esti­maient avoir été tra­hi par celui ci après le vote de 2002 ?

    reve­nez sur terre, et frot­tez vous aux vrais pro­blèmes en com­bat­tant pour la démo­cra­tie hors de votre fau­teuil .…ce qui vous incite trop à reje­ter la res­pon­sa­bi­li­té sur les soi ‑disant voleurs de pouvoirs

    dénon­cer ne fait pas agir, agir c’est prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés, gou­ver­ner c’est se frot­ter aux réa­li­tés , l’a­vez vous déja fait ?

    avez vous déja géré une muni­ci­pa­li­té ? une région ?

    j’en doute

    pen­dant que vous dis­cu­taillez, d’autres mouillent leur che­mise , agissent et oeuvrent pour le bien public dans un monde bien ingrat

    Réponse
  26. Étienne

    Jacques,

    Admet­tons que je dis­cu­taille… pen­dant que vous ergo­tez, et venez me piquer, comme la mouche du coche… :o)

    Je passe mes jours et mes nuits à détailler les rouages d’une authen­tique démo­cra­tie avec de réels contre-pou­voirs (et pas des simu­lacres), parce que ça me paraît être un com­bat prio­ri­taire sur tous les autres, condi­tion­nant les chances de tous les autres. On peut aus­si appe­ler ça « mouiller sa che­mise » comme vous dites, il me semble, si on est de bonne foi : il faut de tout pour faire un monde, n’est-ce pas ?

    Et je suis sûr qu’on peut être utile sans être can­di­dat à rien. Je me méfie du pou­voir comme d’une mala­die capable de me chan­ger pro­fon­dé­ment, exac­te­ment comme une drogue. Je n’ai pas envie d’at­tra­per cette maladie.

    Et vous, que faites-vous qui soit si utile pour sor­tir de notre impuis­sance citoyenne ? :o)

    Réponse
  27. jmfayard

    @Fred de L.

    Le sou­ve­rai­nisme n’est pas le diable mais il est ana­chro­nique à l’é­poque ou la sou­ve­rai­ne­té natio­nale est ren­due caduque dans nombre de domaines par la mon­dia­li­sa­tion (envi­ron­ne­ment, ter­ro­risme, traf­fics humains, …) et sur­tout il est l’en­ne­mi juré de la démo­cra­ti­sa­tion de l’Eu­rope que vise Étienne Chouard.

    Et pas de mater­nelle ici.
    L’a­men­de­ment n’é­tait pas à voter, non seule­ment parce qu’il était pré­sen­té par les sou­ve­rai­nistes mais aus­si parce que sur le fond, et par un hazard étrange, il était sou­ve­rai­niste. Si vous n’a­viez pas com­pris ceci en lisant leur sub­til amen­de­ment, lisez l’ar­ticle déli­rant qu’en tire Bau­doin et vous com­pren­drez mieux.

    Je suis déso­lé. Soit vous êtes d’ac­cord avec Étienne quand il écrit Une Consti­tu­tion est révi­sable : ce texte-là est ver­rouillé par une exi­gence de double una­ni­mi­té, soit vous geu­lez au déni de démo­cra­tie comme le font Copas, Bau­doin, Jen­nar en disant que l’u­na­ni­mi­té doit res­ter la règle.

    Mais vous ne pou­vez pas jouer sur les deux tableaux en même temps

    Encore une fois, pour bien mon­trer l’ab­sur­di­té de l’in­ter­pré­ta­tion du vote par Bou­duin : par­mi les euro­dé­pu­tés fran­cais dont il fait le pro­cès figurent nombre de non­nistes : Benoit Hamon ancien des MJS qui écrit un démen­ti, Per­venche Ber­bès proche de Fabius qui écrit le démen­ti du groupe socia­liste, … Et donc ces gens qui se sont enga­gés pour le NON auraient, une fois le triomphe obte­nu, rejet­té le résul­tat du réfé­ren­dum et pié­ti­né la démo­cra­tie qui leur donne rai­son ? Vous êtes un sur­réa­liste à la Mélen­chon ou quoi ?

    Autre chose :

    Bel­la­Ciao argue pour sa défense de ce que soi-disant le pro­ces­sus ne serait pas trans­pa­rent. J’ai écrit un mes­sage sur leur forum ou je me conten­tais de dire com­ment le site du par­le­ment euro­péen fonc­tion­nait et ou trou­ver l’in­for­ma­tion qu’ils dési­raient (bizar­re­ment on trou­vait faci­le­ment toute l’in­for­ma­tion néces­saire). Ce post a été censuré.

    Si il y a quel­qu’un qui ne fait pas son tra­vail, c’est la presse fran­caise pas le par­le­ment euro­péen. On a vu la meme chose sur les bre­vets logi­ciels, igno­rés com­plè­te­ment par nos médias fran­chouillards alors que les alle­mands en ont parlé.

    Autre chose encore :
    Il y a des maga­zines web plus fiables que le site du Mou­ve­ment pour la France (« Obser­va­toire de l’Eu­rope ») pour pal­lier aux carences de la presse francaise.

    Ain­si, moi, j’ai sui­vi dès le début la ten­ta­tive du par­le­ment euro­péen pour trou­ver un plan B (c’est à peu près le seul qui l’ai fait) sur mon site favo­ri (« euros du vil­lage »), le fameux pro­ces­sus Duff-Vog­gen­hu­ber. Je peux donc vous expli­quez de quoi il s’a­git si vous avez deux secondes :

    %%

    Le pro­jet de rap­port ini­tial des euro­dé­pu­tés Andrew Duff et Johannes Vog­gen­hu­ber, avait les ambi­tions suivantes :

    • La période de réflexion déci­dée par le Conseil euro­péen en juin 2005 doit per­mettre de dis­tin­guer les dis­po­si­tions qui, dans le trai­té consti­tu­tion­nel, font consen­sus, de celles qui prêtent à contro­verse et ont été au cœur des cam­pagnes référendaires.
    • Cette période de réflexion doit débou­cher sur la convo­ca­tion d’une nou­velle Conven­tion char­gée de retra­vailler sur ces points de désac­cord, le résul­tat final devant être sou­mis à un vote consul­ta­tif dans toute l’UE en même temps que les pro­chaines élec­tions euro­péennes en 2009.

    http://​www​.euros​du​village​.com/​a​r​c​h​i​v​e​/​2​0​0​6​/​0​1​/​2​6​/​c​o​n​s​t​i​t​u​t​i​o​n​-​e​u​r​o​p​e​e​n​n​e​-​l​e​-​p​e​t​i​t​-​g​u​i​d​e​-​d​e​-​l​a​-​r​e​l​a​n​c​e​-​t​r​o​i​s​i​e​.​h​tml

    %%

    Voi­là, c’est cela (une contri­bu­tion pour construire un plan B) qui a été maquillé par le MPF en un pro­cès sta­li­nien contre les par­le­men­taires européens

    Non vrai­ment, pas glo­rieux de la part de Bel­la­Ciao. Je dirais que c’est l’é­qui­valent pour les médias du web gau­chiste de l’af­faire du soi-disant anti­sé­mi­tisme d’Hu­go Cha­vez pour Libération.

    Réponse
  28. jacques

    j’ai exer­cé plu­sieurs man­dats locaux sans avoir attra­pé la mala­die du pou­voir et je peux vous cer­ti­fier que en dehors de l’ac­tion , vous aurez peu de chance de chan­ger les choses

    vous mouillez, sans doute, votre che­mise, mais sans vous être frot­té aux réa­li­tés , vous pas­se­rez à côté à coup sûr

    il n’est pos­sible de prendre toute la dimen­sion d’un pro­blème qu’en ayant eu l’oc­ca­sion de s’y frot­ter réellement

    ce serait donc inté­res­sant que vous vous lan­ciez dans l’a­ven­ture pour véri­fier la jus­tesse de votre approche…courage Etienne

    Réponse
  29. wil

    Bon­jour Etienne„
    Juste pour vous dire que vous feriez mieux de ne pas gas­piller vos ecrits sur Bel­la­ciao sur­tout si vous vou­lez par­ler de démo­cra­tie et de censure.
    Sur Bel­la­ciao tout ce qui fache est cen­su­ré pour res­ter dans la pen­sée unique et evi­ter tout débat contradictoire.
    Je pense que vous devez d’ailleurs vous en doutez,non ?

    Cor­dia­le­ment

    Wil

    Réponse
  30. Fred., de L.

    Bon­soir Etienne,

    Machin­Chose, sur Ago­ra­Vox a détaillé ses reproches suite à mes pro­vo­ca­tions. Je n’ai pas le temps de tout lire… mais si tu sou­hai­tais savoir pour­quoi ils te traitent de « men­teur », tu auras peut-être un bout de réponse.

    Réponse
  31. Étienne

    Mer­ci vm,

    C’est un très bon texte, effec­ti­ve­ment. Je l’ai relayé sur ma page ‘Liens et documents’.

    Réponse
  32. Étienne

    Fred,

    Je crois que « machin­chose » devient fou… fou de haine… c’est incompréhensible.

    Enfin bon, j’ai répon­du à Nico­las Cadène, lon­gue­ment comme un signe de res­pect pour une pen­sée que je ne contre­dis pas à la légère. J’es­père qu’il se sera pas trop pol­lué par le cou­ra­geux « machinchose ».

    C’est là : Quels sont les blogs poli­tiques les plus influents ?

    J’ai aus­si répon­du à Thier­ry Crou­zet, et à quelques uns de ses lec­teurs, sur ses deux billets :

    • De la démo­cra­tie Internet

    et

    • La consti­tu­tion d’Etienne Chouard

    Tous ces échanges ne sont pas confor­tables du tout, et il est de plus en plus dur d’y trou­ver de quoi pro­gres­ser : l’in­sulte bâclée et sté­rile se répand comme une gan­grène, par une espèce de cercle vicieux que rien ne modère. Je me sens assez seul là-bas ; je ne vais pas y res­ter, je crois. Bilan plu­tôt miti­gé sur Ago­ra­vox, pour l’instant.

    Mais sur­tout je n’a­vance plus du tout sur le fond de mes recherches… 

    C’est fou le mal qu’un vrai troll peut faire à un débat. Ça tue le débat, simplement.

    Trop facile… Il suf­fit de vomir un peu de bile hai­neuse un peu par­tout… ça salit tout… sans effort… 

    Trop facile.

    Com­ment faire ? et quelles leçons tirer pour tous les débats, en géné­ral ? Moi, là, je nage un peu… Faut que je m’éloigne.

    Il se dit aus­si des choses inté­res­santes sur le Big bang blog, à pro­pos de la sup­pres­sion de l’é­mis­sion « Le pre­mier pou­voir » sur France Culture : « France Culture, la fin du « Pre­mier pou­voir ».

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  33. philippe magdelenat

    bon­soir Etienne ,

    je repasse sur ton site même si tu n’a­vais pas trop appré­cié mes inter­ven­tions sur le forum (que j’a­vais délè­té peut être te sou­viens tu ?)

    je constate que cer­tains te disent ver­te­ment que tu t’embourbes en t’é­loi­gnant de l’es­sen­tiel :  » l’é­cri­ture concrète  » d’ar­ticles pou­vant ser­vir de base à dis­cus­sion et amendements

    les échanges sur les grands prin­cipes ont déja eu lieu depuis des siècles , sur le forum vous vous faites plai­sir incons­ciem­ment mais vous n’ap­por­tez rien.….

    ta démarche ne faci­lite pas la par­ti­ci­pa­tion des citoyens , com­plexi­fiant le pro­ces­sus constituant

    pour­quoi ne demandes tu pas : quel rôle vou­lez vous confier au Par­le­ment ? qui le contrôle ? com­ment sont élus les dépu­tés ? peux t‑on les des­ti­tuer ? pro­por­tion­nelle ou non ?
    durée des man­dats ? com­bien de man­dats dans une vie ? com­ment est déci­dée la rému­né­ra­tion des élus ?

    les juges peuvent ils être élus ?

    as – tu besoin d’u­ti­li­ser des termes comme « félons » ou « voleurs » qui donnent un ton spé­cial à ta démarche ?

    as – tu besoin de répondre aux pro­vo­ca­tions qui semblent bali­ser ta vie sur ce forum et sur ceux que tu cites

    ta fatigue pro­vient de ton éparpillement

    si je peux te don­ner un conseil de col­lègue, change ta péda­go­gie, ne perd pas de temps inutile à entre­te­nir des que­relles qui naissent en par­tie du voca­bu­laire que tu utilises

    bonnes vacances

    phi­lippe

    des points concrets Etienne , des points concrets

    Réponse
  34. Étienne

    Mer­ci Phil, je vais tâcher de digé­rer ces conseils apai­sants et constructifs.

    Tu sais, les ques­tions que tu sug­gères à rai­son sont autant de fils de dscus­sions qui existent déjà sur le forum.

    Mais c’est vrai qu’il fau­drait sans doute pro­po­ser un point d’en­trée plus simple et plus court, je com­prends ça, mais c’est dif­fi­cile… Un peu la qua­dra­ture du cercle, pour moi.

    Je vais essayer de me reti­rer un peu pour écrire au moins quelques articles concrets, et commentés…

    Au plai­sir de te lire à nou­veau :o)

    Réponse
  35. Fred., de L.

    Bon­jour Etienne,

    Je sou­ris, et sur­tout je com­pa­tis, à lire l’é­tat de détresse dans lequel les « trolls » bêtes et méchants te mettent.

    Conti­nue à être comme tu es. C’est net­te­ment plus agréable que les « Machin­Choses » et consorts.

    Fré­dé­ric

    Réponse
  36. sam17

    JMfayard, je proteste.

    Le désor­mais fameux vote du 14 juin, et les mes­sages de démen­tis, c’est une chose, mais ce que vous dites est autre chose. Et vu la teneur du démen­ti des socia­listes euro­péens, cela n’a rien à voir. Vous les feriez men­tir, quoi.

    Vous faites un amal­game gra­ve­ment abu­sif dans votre mes­sage 20, et autant le dire tout net, vous trai­tez Etienne, et moi-même, de sou­ve­rai­nistes. Disons que ça ne me dérange pas : vu ain­si, ça réha­bi­lite le terme…

    S’a­gis­sant du TCE, c’est un trai­té. « en droit inter­na­tio­nal des pays, quel que soit leur nombre, ne peuvent impo­ser un trai­té à un pays qui l’a reje­té » – Hubert Védrine, Le Monde 9 juin 2005.

    Donc tant qu’il s’a­git d’un trai­té consti­tu­tion­nel, signé par les repré­sen­tants de nations sou­ve­raines, non élus pour ce faire mais pour incar­ner une auto­ri­té éma­nant de la nation qui les a élus, il n’y a sous aucun pré­texte à déro­ger à la règle de base des trai­tés : l’u­na­ni­mi­té et l’a­dop­tion par chaque contrac­tant sui­vant les pro­to­coles en vigueur dans son Etat.

    Par­ler de « point de vue sou­ve­rai­niste » est vrai, mais cela ne consti­tue aucu­ne­ment une cri­tique néga­tive. Autre­ment dit, expri­mé comme vous le faites, c’est mal­ve­nu, et ne donne pas un gage de sérieux.

    Quand vous dites « ils n’en­tendent le concept de démo­cra­tie qu’à l’é­chelle natio­nale » : sans rap­pe­ler que pour Etienne ou moi même la DDHC de 1789 reste une réfé­rence (la sou­ve­rai­ne­té émane de la nation), votre contra­dic­tion note une absur­di­té : il n’y a pas à faire d’a­mal­game direct entre démo­cra­tie, consti­tu­tion et état de droit, mais même, qu’on prenne le droit des trai­tés ou des consti­tu­tions, vous allez contre le bon sens.

    Vous avez déjà voté la Direc­tion de l’O­NU, (de l’OMC…) vous ? Vous avez signé un contrat avec des élus fran­çais pour trans­fé­rer eux-mêmes la sou­ve­rai­ne­té natio­nale ? Que disait le contrat qu’on a signé en notre nom ? Vous connais­sez la règle en France en la matière ? Elle est claire : c’est le référendum.

    Le pro­blème, ce qui vous dis­cré­dite assez fran­che­ment, c’est que vous trai­tez de sou­ve­rai­nistes… des gens qui refusent qu’on viole un contrat (garan­tis­sant la souveraineté).

    On a signé un contrat en 2004, pro­té­geant jus­te­ment la sou­ve­rai­ne­té… et vous écri­vez « (l’ex­trême droite ou je ne sais qui laisse entendre ou dit ou crache que) toute remise en cause de l’u­na­ni­mi­té de rati­fi­ca­tion serait une injure faite à la démo­cra­tie, ce qui est un point de vue souverainiste »… ??

    L’a­men­de­ment en ques­tion rap­pe­lait une règle évi­dente. Qu’il y ait eu besoin de le dépo­ser est éton­nant (moins quand on voit que celui des socia­listes était bien plus sioux : « le Conseil euro­péen à recon­naître que la Consti­tu­tion de 2004 ne peut entrer en vigueur sans modi­fi­ca­tion ») ; quant au score qu’il aurait obte­nu (plus de 70% de rejet), lui aus­si est-il un canu­lar ? Je sup­pose qu’en bon démo­crate vous n’ap­pré­ciez guerre la soli­da­ri­té de par­tis allant contre l’in­té­rêt géné­ral. Je cite encore le démen­ti du PS… « Le prin­cipe de pré­cau­tion qui devrait gui­der nos cama­rades dans l’approche d’informations issues du Mou­ve­ment pour la France de M de Vil­liers n’a vrai­sem­bla­ble­ment pas été appli­qué. C’est dommage. »)
    Ce sera d’ailleurs mes deux seuls « com­men­taires » pour le moment sur l’af­faire du 14 juin.

    Je ne connais pas votre pro­jet, mais celui lan­cé par Etienne, auquel je contri­bue beau­coup, je doute fort qu’il s’a­gisse d’un trai­té. En d’autres termes, on ne deman­de­ra que l’a­vis des peuples, du moins cer­tai­ne­ment pas un trans­fert de sou­ve­rai­ne­té déci­dé par leurs repré­sen­tants non élus par eux pour ce faire, et uni­que­ment pour cela, au prix d’une inéli­gi­bi­li­té à vie.

    Ce que vous lais­sez entendre d’un point com­mun est com­plè­te­ment faux, et mani­fes­te­ment vous avez conti­nué dans l’a­mal­game du trai­té : Etienne, comme moi et d’autres, a clai­re­ment refu­sé l’i­dée qu’un peuple soit for­cé d’être sou­mis à une consti­tu­tion qu’il a rejeté.
    Dans votre exemple, il y aurait donc 20 Etats-nations unis sous la nou­velle consti­tu­tion, et 5 autres qui en seraient indé­pen­dants. Quant au quo­ta de vote, il n’y a pas à fixer « 60% » des euro­péens », ni même 80, mais « 50% + une voix dans cha­cun des Etats nou­vel­le­ment unis ».

    Dites donc, ça manque de sérieux pour qui pré­pare une consti­tu­tion. Pour un tel lais­ser aller sur ce qui consti­tue l’un des cri­tères les plus essen­tiels, je pré­fère autant signer celle que nos élus pro­posent. Autant dire, arrê­ter de gigoter.
    Je m’en sou­vien­drai le jour ou elle me par­vient pour signa­ture. Et par­don­nez moi si je trouve là une bonne excuse pour vous pri­ver de mon aide, et m’é­par­gner des temps libres.

    Réponse
  37. Eric de rouen

    Bon­jour,

    Moi aus­si, mes mes­sages ont été reti­rés à de mul­tiples reprises sur Bel­la­ciao. J’en ai éga­le­ment vu dis­pa­raître quan­ti­té d’autres qui n’é­taient pas de moi. Pour­tant, en de rares occa­sions seule­ment, il sagis­sait de  » trolls de droite  » bêtes et méchants, d’in­sultes ou de racisme, etc. qui aurait jus­ti­fié une telle cen­sure. Au contraire, la plu­part étaient doc­te­ment argu­men­tés et leurs auteurs don­naient l’im­pres­sion d’être de bons sym­pa­ti­sants de gauche.

    Fina­le­ment, je me suis las­sé. Quel intê­ret de pos­ter des mes­sages si on ne vous auto­rise pas d’a­voir un avis autre que celui du modé­ra­teur ? D’au­tant qu’ils ont trou­vé la parade, puisque doré­na­vant, les com­men­taires sont hhmmm…  » modé­rés  » en amont.

    Inutile non plus de leur deman­der des expli­qua­tions par mail. Non seule­ment, ils n’en four­nissent pas (j’en ai eu une seule fois), mais en prime c’est un ban par IP qui vous pend au nez si vous insistez.

    Bref, je trouve moi aus­si, dom­mage qu’É­tienne com­pro­mette ses écrits sur un site qui use et abuse autant de la cen­sure. Tiens d’ailleurs, pour­quoi ne pose­rait-il pas ses condi­tions ? À savoir pas de cen­sure, ou du moins la trans­pa­rence des actes de modé­ra­tion sur ses sujets ?

    Éric de Rouen

    Réponse
  38. JP__

    forums bel­la­ciao « modé­rés en amont. »

    exact, les articles sur la guerre au liban sont tous modé­rés a priori

    et ils ont bien raison 🙂

    Réponse
  39. Kane

    Je ne trouve pas que ce soit une bonne chose que la modé­ra­tion. Le prin­cipe d’un blog reste que son auteur poste son opi­nion, et que les lec­teurs peuvent y réagir.

    Les blogs cen­su­rés ou sans com­men­taires n’ont aucun intéret .

    Et je dis ça mal­gré le fait que cer­tains des com­men­taires de mes lec­teurs me hérissent le poil.

    Nico, http://​nico​poi​.over​-blog​.com

    Réponse
  40. sam17

    « Lois odieuses » – Lois absentes.

    (1÷3) – Limites à la dic­ta­ture de la majorité

    En réponse à Citrouille – hier (volet « chô­mage, dividendes, … »)

    « Vous par­lez de temps en temps du « refe­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire. » De mon humble point de vue, c’est un pro­jet qui me semble dan­ge­reux. Pour­quoi ? Par exemple, je suis contre la peine de mort. Or, une majo­ri­té de Fran­çais est en faveur la peine de mort. Il suf­fi­rait qu’un groupe d’ex­trême droite avec une cam­pagne médiatique… »

    La dic­ta­ture de la majo­ri­té ne doit s’ap­pli­quer que là où elle est indis­pen­sable. La loi doit s’en tenir à inter­dire ce qui fait que les liber­tés des uns nuisent à celles des autres.

    À l’instant t, on peut déduire ce cadre de la Charte. L’a­vor­te­ment ou l’ho­mo­sexua­li­té, par exemple, n’ont pas à être posés dans le débat public en termes de « POUR ou CONTRE » : ce sont des ques­tions per­son­nelles, des liber­tés des uns qui ne nuisent pas à celles d’autres et qui n’im­pliquent par ailleurs aucun devoir contrai­gnant pour les autres. (Pour le droit à l’avortement, il ne s’a­git pas d’im­po­ser à tout méde­cin de rem­plir ce « devoir », qui ne vaut que pour qui se le donne à lui-même.) 

    Une ques­tion que vous sou­le­vez est donc déjà celle du trans­fert d’une simple loi (1981) sur la peine de mort dans la Charte elle-même. Cet acquis est fra­gile s’il en reste au niveau de la loi. Si la garan­tie de ce droit fon­da­men­tal pour l’un ne nuit pas aux droits des autres, cet acquis devrait être figé dans la Charte.

    Le RIC n’apporte aucun dan­ger sup­plé­men­taire, alors : le Conseil consti­tu­tion­nel ne peut pas accep­ter une pro­po­si­tion de loi si elle va à l’en­contre d’un droit fon­da­men­tal déjà recon­nu. Que l’initiative vienne du peuple, des dépu­tés ou du gou­ver­ne­ment, elle passe la pro­cé­dure de contrôle. Et le groupe qui émet une pro­po­si­tion « odieuse » peut aus­si bien appar­te­nir à l’Assemblée ou au gou­ver­ne­ment. (Le dys­fonc­tion­ne­ment qu’on a vu pour le CNE, on l’a déjà vu, et s’il y a des pro­blèmes de pro­tec­tion occulte mutuelle entre un Pré­sident Roi et le CC, nous par­lons là du pré­sent, et ce sont des leçons à tirer.)

    Mais si ces « droits objec­tifs », au sens où leur garan­tie pour les uns ne réduit pas les droits des autres, manquent dans la Charte en vigueur ? (Par exemple, la légis­la­tion de Malte sur l’a­vor­te­ment aurait été res­pec­tée par le TCE.)

    Une autre ques­tion que vous sou­le­vez est celle d’une carence de moyens ins­ti­tu­tion­nels pour l’expression d’une pro­tes­ta­tion légi­time. Et la pleine recon­nais­sance du vote de pro­tes­ta­tion (vote blanc) et son sens, donc ses effets, manque, entre autres.

    Quand une ques­tion est sou­mise au vote (réfé­ren­dum), il est indis­pen­sable qu’un vote blanc même mino­ri­taire impose par la suite un débat public incluant une cri­tique de la pro­blé­ma­tique sou­mise. De sorte que l’é­ven­tuelle injus­tice puisse être répa­rée, par la voix du vote éga­le­ment. Si une « loi odieuse » venait à être appli­quée dans un État où elle est conforme à la Charte en vigueur, il est pos­sible ain­si de récla­mer sa sup­pres­sion, et de faire naître par là une reven­di­ca­tion de modi­fi­ca­tion de la Charte elle-même.

    Pour rendre sys­té­ma­tique cette « pro­tes­ta­tion légi­time », pas besoin d’at­tendre que la loi soit votée. Sitôt que la pro­po­si­tion de loi est intro­duite dans le débat public, cette remise en ques­tion de la pro­blé­ma­tique devrait être ren­due sys­té­ma­tique. Et c’est là que le bas blesse : aucun média ou presque n’as­sume ce devoir, aucun n’é­tant contraint de le faire.

    (À suivre).

    Réponse
  41. sam17

    « Lois odieuses » – Lois absentes (2÷3)

    Cen­sure (struc­tu­relle) à la cri­tique des pro­blé­ma­tiques trai­tées dans le débat public.

    Géné­ra­le­ment, les pro­blé­ma­tiques posées dans le débat public devraient per­mettre sans trop de mal, avec un peu d’es­prit cri­tique et de bonne foi, d’en venir à abor­der la per­ti­nence de la pro­blé­ma­tique elle-même. Mais cette cri­tique poten­tielle est à peine effectuée. 

    Sans doute, la paro­die de cri­tique qui est don­née a‑t-elle pour fonc­tion essen­tielle d’évacuer toute cri­tique réelle, et de mul­ti­plier l’éner­gie de cha­cun dans une voie qui ne fait que contri­buer à aggra­ver un méca­nisme infer­nal. Et même, l’exas­pé­ra­tion que la situa­tion entre­tient chez l’au­di­teur (spec­ta­teur) de ces débats a aus­si une fonc­tion essen­tielle dans l’en­tre­tien du mécanisme.

    En somme, l’op­tion du « vote blanc » n’existe pas face à des débats « publics » offi­ciels tour­nant autour des briques de l’économie, des guerres d’élus et des pions de médias, où le citoyen est absent, et où son image dis­tor­due ne sert qu’à don­ner un motif à un jeu de divi­sion qui engraisse les pro­prié­taires de médias, fait l’autorité de « sau­cio­logues » insen­sés, détruit tous sens à la lutte poli­tique et encou­rage et condamne les hommes poli­tiques à se livrer à ce jeu de des­truc­tion per­ma­nente. Nulle part ne sub­siste pour le citoyen écar­té et ins­tru­men­ta­li­sé le pou­voir de dire que la ques­tion : ne devait pas être posée ain­si ; ne devrait pas l’être par l’ins­tance qui l’a posée et s’est octroyé ce droit, et jus­qu’à celui de pré­sen­ter comme nor­mal le fait qu’elle conduise les débats, orga­nise les consul­ta­tions, et ait même l’ex­clu­si­vi­té dans la sou­mis­sion des propositions.

    Il y a détour­ne­ment fla­grant des débats, qui au lieu de virer à l’interrogatoire d’élus par une mise en scène des ques­tions popu­laires, virent à l’inverse en un inter­ro­ga­toire du peuple par des ques­tions qui n’ont d’intérêt que pour les pou­voirs réels, les parts d’audimat et pour la concur­rence pure des partis.

    Les sup­po­sées ques­tions popu­laires, même lorsqu’elles pro­viennent de son­dages, ne sont que des réponses à ces der­niers, choi­sies par­mi un panel pré­pa­ré, les ques­tions sous-jacentes étant posées par les mêmes qui com­man­ditent le son­dage, et les syn­thèses des réponses comme leurs inter­pré­ta­tions étant réa­li­sées par les mêmes. 

    La ques­tion, absente, des OGM, fait un cas d’é­cole : des ques­tions ultra répan­dues dans la popu­la­tion et hau­te­ment légi­times et pré­oc­cu­pantes, sont com­plè­te­ment cen­su­rées, pri­vées de sphère publique (du moins ce qui la rem­place). Les pro­blé­ma­tiques des dan­gers pour la san­té et l’en­vi­ron­ne­ment existent-t-elles ? « Offi­ciel­le­ment » ? Non, rien. Au regard des pré­oc­cu­pa­tions la qua­si tota­li­té des citoyens ? Très fortement.

    Seconde caté­go­rie de cen­sure « par le plein » : cas type, le pro­jet de TCE. Un détour­ne­ment du débat et son ins­tru­men­ta­li­sa­tion, l’impossibilité de répondre hors de la pro­blé­ma­tique impo­sée et du panel de réponses pré­pa­rées, qui excluait tout trai­te­ment ques­tions telles que : une Consti­tuante, un retrait uni­la­té­ral des Trai­tés. Pour­tant, pour peu qu’on prenne un peu de temps à tra­duire, ces deux voies ren­voient direc­te­ment à des aspi­ra­tions d’une large majo­ri­té. Ces ques­tions n’ont pas eu, n’ont pas, d’exis­tence officielle. 

    Quant à vous, consom­ma­teur, vous êtres ren­voyé alter­na­ti­ve­ment à toutes ces options archi connues vous caté­go­ri­ser comme veau : tu es contre l’Europe/ tu veux gar­der Maas­tricht-Nice ; tu aimes l’Europe, marre des sou­ve­rai­nistes, des cor­po­ra­tistes,.. ; tu rejoins les mêmes caté­go­ries en te fai­sant attri­buer un sou­tien fort à un par­ti ou un clan de par­ti, par­mi toutes les caté­go­ries cari­ca­tu­rées, lier à des enjeux dans les­quels per­sonne à peu près dans le peuple n’a d’intérêt ; tu est de la cha­pelle sup­po­sée immense des punis­seurs de Chi­rac et autres défen­seurs d’improbables enjeux natio­naux (entendre, de par­tis – cf. les caté­go­ries citées pré­cé­dem­ment) ; tu es un veau sur toute la ligne : tu ne crois en rien, mais tu beugles fort, et tu consommes vite et « bien » ; abré­geons, la liste est très exten­sible mais les tra­jets mènent tous aux mêmes cases, le temps de tra­jet per­met­tant, outre un dres­sage infi­ni des cer­veaux, qui ne fait qu’attendre celui qui résiste, de vendre d’énormes temps d’antenne, donc les bulles de coca.

    L’idée d’un vote blanc, d’ailleurs, a même eu quelques échos dans les médias, mais on ne s’y est sur­tout pas achar­né à la dis­cré­di­ter : ç’aurait été lui don­ner corps, du sens. On n’y a tout sim­ple­ment asso­cié aucun avis, sinon celui d’éternels « indé­cis », et zou, tu retrouves une des étiquettes. 

    Il y aurait une révo­lu­tion, du neuf, un truc hors du média­ti­que­ment pos­sible, elle n’existerait pas. Pas du moins avant que le mar­ché se soit consti­tué, donc qu’une vague cou­ver­ture soit juteuse, … et ramène ça dans les cases autorisées.

    Cette situa­tion peut ame­ner toute per­sonne cri­tique à se deman­der si nous ne sommes pas entrés dans une machine effroyable. « Toute per­sonne cri­tique… », quelle que soit sa cha­pelle…. si elle en a une, d’ailleurs… ce point n’est pas ano­din du tout. Car ce qui est frap­pant c’est que nous sommes depuis déjà pas mal d’an­nées dans une par­faite « socié­té de masses », d’in­di­vi­dus ato­mi­sés et de classes dis­pa­rues, où la concur­rence entre par­tis n’a plus aucun rap­port avec des inté­rêts de classes. Or, le dis­cours offi­ciel, lui, ne cesse de ren­for­cer une idée qui ali­mente ce jeu de marion­nettes. Quand les masses se sentent inves­ties de poli­tique… en masse et que les par­tis n’ont plus d’autorité, et ali­mentent eux-mêmes un jeu ou la force est une fin et un moyen, ça vous fait un bon ter­reau tota­li­taire. Faut voir si la force n’est pas deve­nue toute entière celle du mar­ché. Depuis un paquet d’années, il y a un par­ti étrange qui s’est déve­lop­pé comme ça, et qui a finit par rameu­ter déjà une très large majo­ri­té des vieux rou­tards… dans le par­ti unique. Qu’est-ce qui pour­rait ame­ner tant de gens, qu’ils soient brailleurs indi­vi­dua­listes incultes ou poli­ti­ciens, à se conver­tir mas­si­ve­ment à cette espèce de foi bizarre, dénuée d’idéal (de socié­té), qu’est l’idéologie néo­li­bé­rale ? Cha­cun devrait savoir que dans ce genre de régime, si l’Etat domine tout et tous, c’est que l’Etat n’est pas celui qu’on croit.

    (À suivre).

    Réponse
  42. sam17

    « Lois odieuses » – Lois absentes.

    (3÷3) – Une struc­ture illi­sible, des enjeux où l’humain est absent

    3) Un mode de déci­sions à rebours de la juris­pru­dence populaire

    Sur le sujet des OGM, s’ajoutant à la lec­ture faite plus haut, on peut rap­pe­ler briè­ve­ment une double situa­tion scan­da­leuse. La remarque vaut sur­tout parce que cette situa­tion tend à se généraliser :

    a) Ren­ver­se­ment du prin­cipe de précaution :

    Au plan ins­ti­tu­tion­nel, la hié­rar­chie des « com­pé­tences » actuelle crée une pre­mière forme de vide juri­dique qui contraint de fait « l’ac­cu­sa­tion » à appor­ter les preuves que les OGM (notam­ment la culture mas­sive en plain air) doivent être trai­tés sur un cir­cuit de « concur­rence non faus­sée » sépa­ré de leurs « équi­va­lents » non modifiés.

    Cela fonc­tionne en par­tie au regard de cer­tains cri­tères, mais on observe que ceux-ci sont eux-mêmes pure­ment éco­no­miques : par exemple, les grands inté­rêts finan­ciers et com­mer­ciaux de l’oc­ci­dent sou­haitent pro­fi­ter du sta­tut bio de pro­duits indiens, afri­cains, paral­lè­le­ment à des coûts de main d’œuvre très bas. La conta­gion natu­relle par les OGM étant désor­mais prou­vée, cela ayant conduit à fixer des normes en pour­cen­tages de conta­gion sur une popu­la­tion natu­relle de plantes, tout indus­triel sait que les pro­duits bio convoi­tés pour­raient perdre leur sta­tut à moyen terme.

    Iro­nie du mar­ché… les mêmes inté­rêts aveugles (néo­li­bé­raux, sortes de cumu­lards capi­ta­listes, anti-libé­raux, anti-démo­crates et anti-conser­va­teurs) qui ont nié le risque au départ, pour leur inté­rêts, sont par­fois ceux qui recon­naissent à pré­sent le phé­no­mène, dans leurs inté­rêts déjà obser­vés… et même poten­tiels : au delà du « révi­sion­nisme » oppor­tun, le même prin­cipe de pré­cau­tion qu’ils refusent à l’ins­tant t dans un sens, face aux ins­ti­tu­tions (et sans doute en orien­tant déci­sions des pou­voirs publics et forme des ins­ti­tu­tions) est celui qu’ils emploient dans l’autre (dans le cercle de leur direc­toire, tant offi­ciel qu’oc­culte, disons privé)…

    Mais s’a­gis­sant des preuves devant être appor­tées par « l’ac­cu­sa­tion », celles-ci portent jus­te­ment sur des argu­ments liés à la pro­tec­tion des droits fon­da­men­taux. Or, elles sont impos­sibles à appor­ter rigou­reu­se­ment, du moins à moyen terme. Et pour résu­mer, elles arrivent tou­jours avec quelques wagons de retard.

    b) Les fac­teurs cultu­rels dis­pa­raissent des plans, mais aus­si du pro­ces­sus de décision :

    Dans l’exemple d’une véri­table « confé­rence de citoyen », on observe assez bien com­ment se fonde la « juris­pru­dence citoyenne », lors­qu’elle est confron­tée à un argu­men­taire intor­dable, tant au plan scien­ti­fique que dans ses rap­ports avec les droits fon­da­men­taux, autant qu’au regard de fac­teurs rele­vant de l’instinct ani­mal, de l’espèce humaine, ou de fac­teurs cultu­rels. Dans des situa­tions où au final, la seule chose tan­gible dans le rap­port de forces, pour tout un cha­cun (y com­pris toutes les par­ties en pré­sences), est l’existence du rap­port de forces lui-même réduit à un simple conflit d’in­té­rêts privés.

    Au plan scien­ti­fique, il est bien évident que « la défense », même si c’est avec plu­sieurs wagons d’avance, ne peut pas plus prou­ver elle-même, ce qui lève­rait en par­tie le blo­cage du prin­cipe de pré­cau­tion. Et d’ailleurs, il est for­te­ment pro­bable que pre­nant une lon­gueur d’avance, une per­sonne étant par­tie d’intérêts finan­ciers, indus­triels ou com­mer­ciaux, n’en fera pas béné­fi­cier les autres par­ties (qu’elle soient ses concur­rents ou des civils défen­dant l’intérêt géné­ral ou le leur) : les seules excep­tions tan­gibles consis­te­raient d’ailleurs sans doute en une forme illé­gale d’entente indus­trielle ou de délit d’initié ris­quant fort d’être condam­née à moyen terme.

    La ques­tion du rap­port avec les droits fon­da­men­taux ren­voie direc­te­ment au prin­cipe de pré­cau­tion lui-même, et à son inver­sion, comme on l’a vu. Res­tent donc les seuls fac­teurs rele­vant de l’instinct ani­mal, de l’espèce humaine ou de la culture.

    Pour les deux pre­miers fac­teurs, natu­rels, si la sub­jec­ti­vi­té des indus­triels, finan­ciers et com­mer­ciaux, en tant qu’individus, vaut celle des autres, alors ça ne nous fait guère avan­cer : leur avis, leur vote, vaut celui d’un autre citoyen. Plus encore, si le contexte « citoyen », recon­naît le fac­teur édu­ca­tif, là, cet avis ou ce vote vaut exac­te­ment comme l’avis de la mamie qui n’a jamais été à l’école et n’a jamais vu un cen­ti­mètre car­ré d’asphalte ou de béton. (*)

    Il nous res­te­rait donc le seul fac­teur cultu­rel pour juger. Nous ne par­lons plus là en termes de « défense des droits fon­da­men­taux », mais sui­vant les seules concep­tions cultu­relles de l’éthique.

    Or, je doute qu’il existe encore un régime natio­nal sou­ve­rain, qui soit par ailleurs vague­ment démocratique…
    Donc un cadre pour une éven­tuelle juris­pru­dence stable et répan­due, qui tienne compte des valeurs cultu­relles du peuple, de ce qui est bon pour lui… d’après lui.
    Celui qui consi­dère la chose futile ne mesure pas comme cette notion de confor­mi­té à la culture popu­laire est non seule­ment par­fai­te­ment légi­time en démo­cra­tie, mais en fait l’un des pre­miers fon­de­ments. L’é­clai­rage du peuple n’y change rien (il ne fait que situer la socié­té dans son temps) : qu’il soit éle­vé ou pas, le peuple sait ce qui est bon et pru­dent pour lui. Qui d’autre le sau­rait à sa place ?

    Ain­si, dans ces condi­tions de déci­sions pri­vées de tout élé­ment objec­tif per­met­tant le juge­ment sur une base d’ar­gu­men­ta­tion ration­nelle hon­nête, si je consi­dère une confé­rence de citoyens avec toutes les par­ties repré­sen­tées, une voie pour tous, et si je pose que le fac­teur des ins­tincts natu­rels donne le même résul­tat pour chacun :

    • la « juris­pru­dence du tri­bu­nal popu­laire » com­bine : prin­cipe de pré­cau­tion et valeurs culturelles :
    • la machine néo­li­bé­rale ignore les deux, et inverse ain­si les priorités.

    Qui dit qu’il faut se déci­der, et vite… sinon celui qui a le pou­voir de prendre une déci­sion, le vide juri­dique par­fait devant lui, et au-delà même, le pou­voir d’a­voir « rai­son » contre (de) la majorité ?

    (*) Mais encore, dans le doute, j’ai des rai­sons à avan­cer pour sou­te­nir a prio­ri l’avis de cette petite dame. La pre­mière rai­son, qui n’est pas la plus ration­nelle, vaut presque démons­tra­tion pour la grande majo­ri­té des gens, et je dirais dans une démo­cra­tie qui ne marche pas sur la tête ou sur son trompe-l’oeil (si res­pon­sa­bi­li­té, éga­li­té, et atteinte grave à inté­rêt géné­ral il y a, dans une démo­cra­tie sans pou­voirs éman­ci­pés du contrôle de la nation, ça devrait valoir inéli­gi­bi­li­té, pri­va­tion du droit de vote, et acces­soi­re­ment pri­son ; si irres­pon­sa­bi­li­té avé­rée voire répé­tée il y a, ça devrait valoir inéli­gi­bi­li­té au moins, à tout poste public ou radia­tion dans sa branche pri­vée.) Elle consiste à faire valoir le retour d’expérience, et à dire que les per­sonnes visées n’ont eu de cesse que de mon­trer de grandes facul­tés de nui­sance, d’une part dans les faits obser­vés, d’autre part dans le com­por­te­ment même qu’ils pro­posent ou sou­tiennent pour la déci­sion (cf. pre­mier point), lequel s’appelle « dan­ge­reuse irres­pon­sa­bi­li­té », en fran­çais cou­rant, et se tra­duit assu­ré­ment sans ambi­guï­té en pyg­mée ancien…
    Donc il serait déjà tout à fait inutile de pour­suivre. Mais nous ne sommes pas ici pour mener un com­bat poli­tique, mais pour essayer de déga­ger avec force des fon­de­ments pour le renou­veau démocratique.
    Pour intro­duire ma deuxième rai­son, sim­ple­ment ces inter­ro­ga­tions : après tout, ces « fumeurs de cigare » eux aus­si sont sup­po­sés avoir un ins­tinct de conser­va­tion de l’espèce ? Quand les ama­teurs de Havanes ont quit­té le Tita­nic en sachant qu’ils lais­saient périr des gueux, ils savaient au moins que d’autres étaient bien vivants sur la rive. (Leurs familles, entre autres, mais ça n’est pas la ques­tion.) Quel genre de type, atteint de quel trouble men­tal ter­rible, est prêt, même pour se pro­cu­rer tout pou­voir (et même bon­heur) à court terme, à prendre consciem­ment le risque de bou­siller l’espèce humaine ? C’est bien ce qui se passe, pour un déci­deur de Mon­san­to n’ayant lui même per­sonne pour le com­man­der, non ? Alors, oui, je pour­suis donc cette recherche d’explication, parce qu’on n’a rare­ment réso­lu un pro­blème sans le com­prendre (et que par ailleurs on n’a pas le choix) : même pour les sys­tèmes tota­li­taires… (régimes ou sectes), il s’agissait d’heureux concours de cir­cons­tances. Et moi, je ne crois pas au bon Dieu.

    Réponse
  43. Citrouille

    Bon­jour Sam17,

    J’ad­mire votre capa­cite a ecrire des pages et des pages, mais – par­don­nez ma fran­chise – pour faire court, ca part dans tous les sens, vous faites des pirouettes, vous bot­tez en touche…et vous ne repon­dez pas a la question.

    « Pas de RIC juste sans pleine recon­nais­sance du sens du vote blanc. »

    On cause RIC, vous repon­dez vote blanc. Vous bot­tez en touche.

    « L’a­vor­te­ment ou l’ho­mo­sexua­li­té, etc… »

    Votre inter­pre­ta­tion est evi­dem­ment sub­jec­tive. Com­ment allez-vous jus­ti­fier votre inter­pre­ta­tion alors qu’un max de citoyens ne sont pas d’ac­cord avec vous (je tiens a pre­ci­ser que j’ai des pre­fe­rences simi­laires que vous sur l’avortement.)

    « il est tou­jours pos­sible ensuite de récla­mer sa sup­pres­sion (au motif d’in­gé­rence de la dic­ta­ture de la majo­ri­té, que j’ai évoqué) »

    Par­don­nez ma fran­chise, mais c’est une escro­que­rie pirouette. Si toutes les lois qui ne vous ne vous plaisent pas peuvent etre abro­gees, vive la demo­cra­tie. Ce que vous vou­lez c’est la dic­ta­ture de votre mino­rite sur la majorite.

    « Spé­cu­ler sur cette base est encore bien plus mal par­ti que s’en­nuyer à répondre à Citrouille quand il dit que les Maliens sont contre les OGM parce qu’ils ne peuvent pas s’en­ri­chir en les écou­lant en Europe… »

    Si vous repon­diez a la ques­tion au lieu de faire de la langue de bois bot­ter en touche. Et puis pour voir, chiche, les maliens sont des etre ratio­nels : ils savent tres bien que les OGMs se vendent mal en Europe. A la place des Maliens, je ten­te­rais de res­se­rer les liens entre le Mali et la Chine. En effet, la Chine (mer­ci le libe­ra­limse) est le meilleur par­te­naire pos­sible pour les pays afri­cains aujourd’­hui. Pas un hasard si les echanges entre l’A­frique et la Chine ont atteint un record de 40 Mil­liard US$ (NYT,dans Le Monde 26 Aout).

    J’ai par­fois du mal a vous suivre : qui sont les « fumeurs de cigare ? » Fidel et Raul Cas­tro ? Ramo­net ? Il n’y a que dans les cari­ca­tures d’un autre age (genre les cryp­to-mar­xistes comme Ser­guei du Monde) qui montrent encore les patrons avec des cigares.

    Réponse
  44. Etienne

    Citrouille,

    Si j’ai bien com­pris, vous refu­sez le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire parce que vous avez peur que la peine de mort soit réta­blie, que l’a­vor­te­ment soit inter­dit, que les étran­gers ou les homo­sexuels soient mal­trai­tés, etc. et que vous, vous tenez à ces règles essentielles.

    Je vais com­men­cer par me faire l’avocat du diable : est-ce bien démo­cra­tique d’in­ter­dire le RIC sous pré­texte qu’il don­ne­rait à la majo­ri­té la pos­si­bi­li­té de déci­der autre chose que ce que vous, vous trou­vez bon ?

    De quel droit dites-vous, fina­le­ment : « je sais mieux que la majo­ri­té ce qui est bon pour elle » ?

    Ceci dit, j’ai le même pro­blème que vous puisque j’ai les mêmes options (appa­rem­ment) sur ces sujets de socié­té (même si je les consi­dère comme tota­le­ment mar­gi­naux par rap­port au vrai grand scan­dale qu’est la misère au milieu de l’a­bon­dance), mais moi, je règle ce pro­blème autre­ment que vous, autre­ment qu’en renon­çant car­ré­ment au très pré­cieux RIC :

    Est-ce que ce n’est pas une bonne idée, est-ce qu’il ne suf­fit pas, d’in­ter­dire au RIC d’at­ten­ter aux droits fon­da­men­taux que pro­tègent la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen et autres décla­ra­tions solen­nelles (à déter­mi­ner ensemble) ?

    On aurait alors tous les avan­tages : on évi­te­rait qu’une majo­ri­té (de citoyens ou de dépu­tés !) vote des règles gra­ve­ment régres­sives, mais on accè­de­rait enfin, ENFIN !, à cet outil élé­men­taire du droit des peuples à dis­po­ser d’eux-mêmes qu’est le RIP, réfé­ren­dum d’initiative populaire.

    Qu’en pen­sez-vous, Citrouille ?

    Réponse
  45. sam17

    « « L’a­vor­te­ment ou l’ho­mo­sexua­li­té, etc… »
    Votre inter­pré­ta­tion est évi­dem­ment sub­jec­tive. Com­ment allez-vous jus­ti­fier votre inter­pré­ta­tion alors qu’un max de citoyens ne sont pas d’ac­cord avec vous ? »

    En fai­sant une démons­tra­tion ration­nelle, ou en essayant, pour­quoi croyez-vous que je vous ponds des romans ? – 😉 – :

    1) « La dic­ta­ture de la majo­ri­té ne doit s’ap­pli­quer que là où elle est indis­pen­sable. La loi doit s’en tenir à inter­dire ce qui fait que les liber­tés des uns nuisent à celles des autres. »

    2) « ce sont des ques­tions per­son­nelles, des liber­tés des uns qui ne nuisent pas à celles d’autres et qui n’im­pliquent par ailleurs aucun devoir pour les autres. »

    Je ne vois pas d’es­cro­que­rie (pirouette, ne chi­ca­nons pas sur les manières).

    « Si toutes les lois qui ne vous ne vous plaisent pas peuvent être abro­gées, vive la démo­cra­tie. Ce que vous vou­lez c’est la dic­ta­ture de votre mino­ri­té sur la majorité. »

    1) Voir pre­mière réponse. Ce qui nous fait un mau­vais pro­cès – pas dis­cret d’ailleurs – (pour emploi d’ar­gu­ment subjectif).

    2) C’est vous qui sor­tez du cha­peau que la majo­ri­té des Fran­çais, à l’ins­tant t, est pour la peine de mort. Sinon, vu votre maî­trise de l’in­fo, vous m’au­riez sor­ti une référence.

    3) De tous temps, la majo­ri­té a eu tort sur bien des choses, si on la regarde en se pla­çant un siècle plus tard. Donc employer l’ar­gu­ment ne vaut pas démons­tra­tion, et dans le contexte, puisque vous m’at­tri­buez des dési­rs per­son­nels : je ne fais pas dans la lutte poli­tique, je cherche des bases pour les futures institutions.

    Ce qui nous fait deux argu­ments – à vous – qui sont subjectifs.

    Sans ran­cune. Je conçois qu’on s’y perd dans mes romans… Vous, équi­li­brez donc un peu : appliquez-vous.

    Pour les maliens et les OGM, vous vous enfon­cez, on dirait exac­te­ment l’ar­gu­men­taire d’un tech­no­crate qui leur vend tout prêts les rares argu­ments posi­tifs de l’af­faire, qui par ailleurs sont faux, mais lui ne peut pas le savoir : il est enfer­mé dans sa machine. J’ai d’ailleurs pris soin d’ex­pli­quer (volet 3/3) les rai­sons objec­tives qui font que dans le doute com­plet (c.à.d. absence totale d’ar­gu­men­taire ration­nel), on peut sou­te­nir sans hési­ter « la mamy pyg­mée » (en l’oc­cur­rence, les maliens, qui sont des êtres ration­nels, eux, oui, à l’in­verse des tech­no­crates sus­dits, qui sont dan­ge­reu­se­ment fanatisés.)

    Le cigare était évi­dem­ment pour faire court, et cari­ca­tu­ral (dire pré­ci­sé­ment que ces mes­sieurs sont mes enne­mis, point – même ça je l’ai démon­tré…). Et bien sûr, le cli­ché est vrai­ment ana­chro­nique : Moni­ka aus­si fume le cigare… Ramo­net, Igna­cio, vous vou­lez dire ? Je ne savais pas. Mer­ci pour l’in­fo, une fois de plus.

    Réponse
  46. sam17

    À Étienne et à Citrouille :

    Il me semble qu’il y a un faux problème.

    Le RIC n’apporte aucun dan­ger sup­plé­men­taire par rap­port au mode clas­sique d’é­la­bo­ra­tion des lois, pour ce qui est de ris­quer d’a­dop­ter des lois non conformes aux droits fondamentaux.

    Le Conseil consti­tu­tion­nel peut ne pas accep­ter une pro­po­si­tion de loi, dans ce cas. Elle n’est même pas sou­mise au vote, donc.

    Que l’initiative vienne du peuple, des dépu­tés ou du gou­ver­ne­ment, elle passe la pro­cé­dure de contrôle. Quelle est la dif­fé­rence alors ?

    Et le groupe qui émet une pro­po­si­tion de loi inac­cep­table peut aus­si bien appar­te­nir à l’Assemblée. Ou au gou­ver­ne­ment… comme pour le CNE (que le CC a lais­sé pas­sé – mais bon, on ne parle pas de dys­fonc­tion­ne­ments actuels, juste du futur.)

    Le Sénat a fait un rap­port sur le RIC en Ita­lie, en Suisse et en Cali­for­nie (http://​www​.senat​.fr/​l​c​/​l​c​1​1​0​/​l​c​1​1​0​_​m​o​n​o​.​h​tml). Cette inquié­tude éven­tuelle, évi­dem­ment, n’y figure pas.

    Réponse
  47. Citrouille

    Bon­jour Etienne et Sam17,

    Etienne,

    « Je vais com­men­cer par me faire l’avocat du diable : est-ce bien démo­cra­tique d’in­ter­dire le RIC sous pré­texte qu’il don­ne­rait à la majo­ri­té la pos­si­bi­li­té de déci­der autre chose que ce que vous, vous trou­vez bon ?
    De quel droit dites-vous, fina­le­ment : « je sais mieux que la majo­ri­té ce qui est bon pour elle » ? »

    J’aime me faire l’a­vo­cat du diable moi aussi ;).

    Je n’ai pas la pre­ten­tion d’a­voir une super­io­rite morale sur ceux qui sont en faveur de la peine de mort ou contre l’a­vor­te­ment. Je remarque sim­ple­ment que votre pro­po­si­tion pour­rait etre uti­li­see par des groupes extre­mistes avec des conse­quences que vous et moi ne vou­drions pas.

    Pour repondre a votre ques­tion. Non ce n’est pas demo­cra­tique. Mais la demo­cra­tie, ca fonc­tionne grace a la sta­bi­lite (la qua­trieme Repu­blique n’e­tait pas la plus effi­cace). Ces groupes extre­mistes existent et oui, ils peuvent « blo­quer » une demo­cra­tie. Et puis, ils n’ont meme pas besoin d’etre extre­mistes. Ima­gi­nez qu’un de ces refe­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire ait un resul­tat de 51% (ce qui arrive de temps a autres dans les refe­ren­dums), et bien le camps des « per­dants » pour­rait deman­der un autre refe­ren­dum sur une ques­tion voi­sine et grace a une cam­pagne dif­fe­rente qui aurait tire les lecons de la defaite pour­rait gagner ce nou­veau refe­ren­dum. Les ins­ti­tu­tions seraient alors para­ly­sees, aucun chan­ge­ment ne serait pos­sible ou alors que temporaires.

    On pour­rait tres bien avoir un nou­veau Pou­jade qui va decla­rer « les syn­di­cats ne servent a rien…supprimons-les. » Et bien, ça peut marcher.

    « Est-ce que ce n’est pas une bonne idée, est-ce qu’il ne suf­fit pas, d’in­ter­dire au RIC d’at­ten­ter aux droits fon­da­men­taux que pro­tègent la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen et autres décla­ra­tions solen­nelles (à déter­mi­ner ensemble) ? »

    Peut-etre seule­ment, comme je ten­tais de le dire a Sam17 plus haut, cette decla­ra­tion de droits fon­da­men­taux ne fait pas l’u­na­ni­mite. De plus meme sous cette charte, on peut tou­jours trou­ver des fai­blesses qui vont etre exploi­tees (crea­tion de milice d’au­to-defense ? Est-ce que c’est en contra­dic­tion avec la charte?). Du coup, je pour­rais vous ren­voyer le « De quel droit dites-vous, fina­le­ment : « je sais mieux que la majo­ri­té ce qui est bon pour elle » ? » : si la majo­rite est contre la Charte, pour­quoi n’au­rait-elle pas le droit de la changer ? 

    Sam17,

    Feli­ci­ta­tion pour votre reponse. Sur la peine de mort, ok, der­nier son­dage IFOP 1998 54% contre la peine de mort, 46% contre, bon je ne sais pas com­bien de votes blancs… 😉 Disons plu­tot que les Fran­cais sont poten­tiel­le­ment pour la peine de mort (je serais curieux de savoir le resul­tat du meme son­dage pen­dant l’af­faire Dutroux).

    Faut que je vous laisse, je conti­nue… demain.

    Réponse
  48. Étienne

    Citrouille,

    Le pro­nos­tic catas­to­phiste que vous faites du RIC : extrê­misme, confu­sion, contra­dic­tions, para­ly­sie… pour­rait tout aus­si bien s’ap­pli­quer à un pro­jet de Par­le­ment plu­ra­liste, or les faits ne cor­res­pondent pas à cette cari­ca­ture et les hommes sont plus cen­sés que ce que vous avez l’air de croire.

    Il y a de nom­breux pays où existe déjà le RIC (vrai­ment, Citrouille, ce n’est pas une théo­rie, il y a des faits), et depuis fort long­temps, et ça marche très bien, sans qu’on observe toutes ces hor­reurs qu’on nous agite devant les yeux comme un épou­van­tail bien com­mode pour nous refu­ser le plus élé­men­taire des droits.

    Il n’y a pas d’hon­nête démo­cra­tie sans réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive populaire.

    Réponse
  49. sam17

    RIC et majo­ri­té : il y a envi­ron autant de Fran­çais qui sont pour l’ins­tau­ra­tion du RIC que de Fran­çais favo­rables à un mora­toire sus­pen­dant l’au­to­ri­sa­tion des cultures d’OGM en plain air : # 80% donc.

    C’é­tait pour faire la dis­tinc­tion entre l’adhé­sion à la méthode et la ques­tion de l’adhé­sion aux pro­po­si­tions de lois appor­tées par RIC : je crois qu’on s’é­gare un peu.

    « On pour­rait très bien avoir un nou­veau Pou­jade qui va décla­rer « les syn­di­cats ne servent a rien…supprimons-les. » Et bien, ça peut marcher. »

    Il va fal­loir qu’il s’ac­croche, je veux dire qu’il prenne le pou­voir, déjà, et qu’il ins­taure une dic­ta­ture, sans doute :

    DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME
    ONU – 10 Décembre 1948 – Article 23, para­graphe 4 : « Toute per­sonne a le droit de fon­der avec d’autres des syn­di­cats et de s’af­fi­lier à des syn­di­cats pour la défense de ses intérêts. »

    Je vous épargne direc­te­ment les diverses autres Chartes qui pro­clament ce droit, pour pas­ser au plus haut stan­dard en vigueur, en France.

    Pré­am­bule de 1946, article 8 : « Tout tra­vailleur par­ti­cipe, par l’in­ter­mé­diaire de ses délé­gués, à la déter­mi­na­tion col­lec­tive des condi­tions de tra­vail ain­si qu’à la ges­tion des entreprises. »

    Celui-là, on le doit à de Gaulle. C’est d’ailleurs une des choses de plus belles qu’il nous ait léguées. En par­lant du Général :

    « Mais la démo­cra­tie, ca fonc­tionne grâce a la sta­bi­li­té (la qua­trième Répu­blique n’e­tait pas la plus efficace). »

    De Gaulle vous aurait col­lé une bonne note, lui qui nous a col­lé une consti­tu­tion si monarchique.

    La sta­bi­li­té de quoi ? Du pou­voir, de la pro­tec­tion des droits fon­da­men­taux, du bien-être de la popu­la­tion,… de la démocratie ?

    À en croire le bou­quin qui fait motif d’in­tro­duc­tion de ce volet, de Gaulle a confon­du sta­bi­li­té du pou­voir et sta­bi­li­té de la démo­cra­tie. Qui elle, jus­te­ment, réclame une capa­ci­té de remise en cause impor­tante. Les inté­rêts du pou­voir pour soi, on s’en fiche, l’im­por­tant c’est qu’il reste l’es­clave du peuple ou ne s’é­carte pas trop de cette condi­tion, tout en l’ai­dant à main­te­nir sa consti­tu­tion, bien sûr.

    « J’aime me faire l’a­vo­cat du diable moi aussi ;). »

    Sans blague. J’au­rais même juré que c’é­tait votre seule et unique ligne de conduite. Ce qui dépasse de loin celle que vous avez annon­cée vous-même. Déci­dé­ment, je crains que vous confon­diez les lois et la Charte…

    Réponse
  50. Étienne

    Citrouille,

    La sta­bi­li­té ne me plaît pas en soi.

    Par exemple, je n’ai que faire d’une monar­chie ou d’une oli­gar­chie stable. Vous de même, sans doute, non ?

    Je pré­fère assu­ré­ment une démo­cra­tie « instable ».

    Le pro­grès naît plus sou­vent dans le désordre que dans l’ordre.

    Jus­ti­fier la monar­chie répu­bli­caine durable (« stable ») impo­sée en 1958, en temps de guerre, avec cette ritour­nelle de l’ins­ta­bi­li­té de la IVe, c’est un pur sophisme. L’ins­ta­bi­li­té gou­ver­ne­men­tale de la IVe tenait beau­coup plus au mode de scru­tin (inté­gra­le­ment pro­por­tion­nel) qu’à autre chose. Pour régler ce pro­blème d’ins­ta­bi­li­té, il suf­fi­sait de chan­ger le seul mode de scru­tin, pas tout le reste. Pas besoin de nous col­ler un roi répu­bli­cain, aus­si puis­sant qu’ir­res­pon­sable, pour si peu et pour si longtemps. 

    L’ins­ta­bi­li­té de la IVe est mon­tée en épingle par cer­tains car elle consti­tue un bien com­mode pré­texte pour légi­ti­mer un impor­tant recul de la démo­cra­tie, haïe par d’au­cuns qui ne peuvent pas l’a­vouer mais qui tra­vaillent objec­ti­ve­ment à sa perte.

    Réponse
  51. Citrouille

    Bon­jour a tous,

    Desole pour le delais pour vous repondre (la ren­tree, la ren­tree… ok, ok, c’est une excuse bidon)

    Alors, voi­la un exemple, ce n’est pas de la poli­tique fic­tion, c’est tres reel. Comme vous le savez, Hugo Cha­vez a l’in­ten­tion de deve­nir El Pre­sident a vie.
    Ce que je pense de Cha­vez est hors-sujet mais vous voyez ou je veux en venir car on assiste bien a la ten­ta­tive de mise en place d’une « monar­chie ou d’une oli­gar­chie stable » pour reprendre les termes du post pre­cedent d’E­tienne via un refe­ren­dum (Cha­vez a une majo­rite der­riere lui, il y a des chances que cela passe). Voir la tres bonne dis­cus­sion sur le blog de Jean Qua­tre­mer. Qu’en pensez-vous ?

    A mon humble avis, on peut arri­ver au meme resul­tat avec le RIC : il n’est pas impos­sible que le tres anti-libe­ral Nico­las Sar­ko­zy arrive au pou­voir lors des pro­chaines elec­tions pre­si­den­tielles. Ima­gi­nez alors qu’un groupe de citoyens fasse cam­pagne avec le slo­gan « Sar­ko­zy, c’est pour la vie » (en plus ca rime), ima­gi­nez l’horreur.

    Réponse
  52. Etienne

    Citrouille,

    Vous dites : « Hugo Cha­vez a l’in­ten­tion de deve­nir El Pre­sident a vie ».

    Que savez-vous de l’in­ten­tion d’un autre que vous-même ? Il me semble qu’une telle affir­ma­tion n’est qu’un pro­cès d’in­ten­tion.

    Exa­mi­nez les faits et consta­tez vous-même les condi­tions du renou­vel­le­ment de man­dat envi­sa­gé par celui que vous nous pré­sen­tez comme un dictateur :

    Moi, je trouve que le RIC révo­ca­toire qu’il a eu, lui, le cou­rage poli­tique d’é­crire noir sur blanc dans la Consti­tu­tion de son pays (1) est une condi­tion néces­saire et suf­fi­sante pour rendre le renou­vel­le­ment des man­dats non haïs­sable, (à condi­tion que chaque renou­vel­le­ment soit l’ob­jet d’une élec­tion hon­nête, bien sûr, ce qui a tou­jours été le cas sous Cha­vez, je crois).

    Ce qui rend détes­table le renou­vel­le­ment indé­fi­ni des man­dats, à mon sens, c’est de n’avoir aucun moyen de révo­quer les élus accro­chés à leur poste entre deux élec­tions. Dès lors que ce moyen existe, on peut admettre qu’un can­di­dat se repré­sente autant de fois qu’il le sou­haite, non ? C’est une conver­sa­tion que nous avons en ce moment sur le forum : 3A2b Les man­dat devraient être non renou­ve­lables (ou peu)

    Ce que vous pré­sen­tez comme « une volon­té de deve­nir pré­sident à vie » n’est donc pas une réa­li­té, je crois, je la vois comme une défor­ma­tion de la réa­li­té. Ça me semble ten­dan­cieux et ça m’étonne de vous. Ce doit être le jour­nal que vous lisez qui vous intoxique un peu ;o)

    Je vous conseille de jeter un œil aux articles 71, 73 et 74 de la Consti­tu­tion du Vene­zue­la : ils manquent à nos propres Consti­tu­tions, fran­çaise et euro­péenne, sous des pré­textes fal­la­cieux. Et si c’est ce que vous appe­lez une dic­ta­ture, j’en veux bien chez moi.

    Ces articles sont des faits. Les inten­tions de Cha­vez sont plu­tôt des phan­tasmes, non ?

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne

    (1) Voir la Consti­tu­tion du Vene­zue­la :

    Article 72. Toutes les charges et magis­tra­tures de l’é­lec­tion popu­laire sont révocables.
    Pas­sée la moi­tié de la période à laquelle a été élu, le ou la fonc­tion­naire, un nombre qui ne
    peut être infé­rieur à vingt pour cent des élec­teurs ou élec­trices inscrit(e)s dans la
    cir­cons­crip­tion cor­res­pon­dante pour­ra sol­li­ci­ter la convo­ca­tion d’un réfé­ren­dum pour
    révo­quer son man­dat. Quand le nombre d’é­lec­teurs ou d’électrices, égal ou supé­rieur, à
    vingt cinq pour cent des élec­teurs ou élec­trices inscrit(e)s aura voté la révo­ca­tion, on
    consi­dère le man­dant révo­qué. On pro­cé­de­ra immé­dia­te­ment à cou­vrir la vacance du poste
    confor­mé­ment aux dis­po­si­tions de la pré­sente Consti­tu­tion et la loi.

    La révo­ca­tion du man­dat pour les membres du corps se réa­li­se­ra en confor­mi­té avec la loi.
    Durant la période de son man­dat, le ou la fonc­tion­naire ne peut subir plus d’une sollicitation
    de révo­ca­tion de son mandat.

    Réponse
  53. Citrouille

    Etienne,

    Pouce, j’ai pas dit que le Vene­zue­la etait une dictature.

    Je ne fais pas un proces d’in­ten­tion a Chavez.
    Je regarde moi aus­si les faits :

    « En 2010, je convo­que­rai moi-même un réfé­ren­dum pour deman­der au peuple s’il est d’accord pour que je conti­nue à être pré­sident, a décla­ré M. Cha­vez : si la majo­ri­té répond non, je par­ti­rai, mais si elle répond oui, il fau­dra modi­fier la Consti­tu­tion pour que la réélec­tion puisse être indé­fi­nie. Le peuple dira ! »

    Voi­la, c’e­tait un copier-col­ler de Bel­la­ciao qui copiait-col­lait lui meme Le Monde (mar­rant au pas­sage de voir qu’il n’y a pas de com­men­taires sur la page de Bel­la­ciao, les web­mas­ters de ce site confir­mant leurs talents de censeurs).

    C’est sur tous les telex du monde, meme pas besoin de se faire intoxi­quer par les traitres sociaux demo­crates du Nou­vel Obs.

    La Consti­tu­tion va etre revi­see, les articles que vous me pre­sentes vont donc pas­ser a la moulinette.

    Bien a vous

    Réponse
  54. Étienne

    Cher Citrouille,

    Je relis le texte ori­gi­nal que vous citez et je vois le contrôle direct des citoyens à toutes les étapes à venir. (Je rap­pelle que, sur le pro­jet de TCE, on n’a même pas consul­té les alle­mands, comme dans 15 des 25 pays concer­nés. Je rap­pelle aus­si que, dans les ins­ti­tu­tions de l’UE, il n’existe rigou­reu­se­ment AUCUN moyen pour les citoyens de s’opposer à un abus de pou­voir, fut-il carac­té­ri­sé et odieux, entre deux élec­tions. Où sont les dic­ta­tures qui ne disent pas leur nom ? Moi, j’en devine sans avoir besoin de tra­ver­ser l’Atlantique.)

    J’ai moins peur des futures révi­sions que pro­po­se­ra un homme ayant déjà mon­tré concrè­te­ment et réel­le­ment qu’il était capable d’écrire des articles tels que les 71 à 74, que des révi­sions pro­po­sées par des hommes qui n’ont pas vou­lu faire mieux que l’humiliant « droit de péti­tion » offert dans le TCE par les cra­to­crates euro­péens du haut de leur unac­coun­ta­bi­li­ty (irres­pon­sa­bi­li­té).

    Si vous n’ap­pli­quez pas « deux poids deux mesures », je suis sûr que vous sau­rez dénon­cer, avec moi, les mul­tiples aspects anti­dé­mo­cra­tiques des ins­ti­tu­tions euro­péennes (actuelles et futures : pro­gram­mées à la fois dans le TCE et dans ce qu’on nous pré­pare en guise d’« évo­lu­tion »), comme vous savez dénon­cer les risques les plus infimes de dérive anti­dé­mo­cra­tique au Venezuela.

    Par exemple, la presque tota­li­té des moyens de com­mu­ni­ca­tion de masse au Vene­zue­la sont aux mains des plus riches et de l’opposition à Cha­vez. Pre­nez-vous ce fait comme un signe de dic­ta­ture en marche ?

    Dic­ta­ture de Cha­vez ? :o)

    En revanche, en France, la presse et la télé­vi­sion passent pro­gres­si­ve­ment aux mains des indus­triels et des ban­quiers (là aus­si) sous l’œil com­plice des pou­voirs publics avec les­quels le concu­bi­nage n’est même plus mas­qué (ils s’embrassent tous et s’invitent aux mariages somp­tueux de leurs enfants…), et cette fois sans le moindre contre-pou­voir ins­ti­tu­tion­nel entre deux élec­tions… Signe inquié­tant pour la démo­cra­tie ? Moi, je trouve ça beau­coup plus inquié­tant que ce que fait Cha­vez pour se don­ner les moyens de conti­nuer à chan­ger la vie, si on veut bien de lui.

    Trou­vez-vous nor­male notre impuis­sance poli­tique entre deux élec­tions ? Les can­di­dats deviennent-ils des saints, pour vous, dès qu’on les a élus ?

    Et dans ce cas, puisque Cha­vez a été élu 9 fois, à des scores écra­sants mal­gré les cam­pagnes média­tiques mas­sives contre lui, appe­lant par­fois à le tuer… ne béné­fi­cie-t-il pas, pour vous, du même cré­dit, de cette aura du fait de ces élec­tions répé­tées et enthousiastes ?

    Avez-vous remar­qué qu’il s’occupe du plus grand nombre au lieu de ne s’occuper que des plus riches ? Ce n’est pas banal, ça, sur la pla­nète terre. Ça ne vous inter­pelle pas au moment de le sus­pec­ter de lor­gner le pou­voir à vie ?

    Quelle est votre lec­ture comparée ?

    Avez-vous les mêmes exi­gences pour tous les pays ?

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    PS : avez-vous enten­du aujourd’hui les deux entre­tiens (pas­sion­nants) du très libé­ral (mais pas ultra­li­bé­ral) Sti­glitz (voir ma page ‘Liens et docu­ments’) ? Je serais curieux de savoir ce que vous pen­sez de sa puis­sante démons­tra­tion des méfaits gra­vis­simes des fana­tiques du mar­ché (avez-vous lu ses deux pré­cé­dents livres ?)

    PPS : avez-vous lu, sur­tout, l’ex­cel­lente réplique de Romain Migus et que j’a­vais relayée sur ma page ‘Liens’ : je trouve cet article fort inté­res­sant. Qu’en pen­sez-vous ? Il est noti­fié en tête de l’ar­ticle que vous nous indi­quez et tous les com­men­taires sont là-bas :o)

    Réponse
  55. Gauchecaviar

    Les limites du tirage au sort :

    1) La dési­gna­tion de repré­sen­tants du peuple par tirage au sort ne s’ac­com­pagne pas méca­ni­que­ment, comme notre mode d’é­lec­tions, de débats d’i­dées.

    En effet, même si la qua­li­té des débats n’est pas tou­jours au ren­dez-vous (!), dans notre mode repré­sen­ta­tif, la dési­gna­tion des can­di­dats s’ac­com­pagne obli­ga­toi­re­ment d’une lutte idéo­lo­gique et pro­gram­ma­tique, pour don­ner des rai­sons à l’é­lec­teur d’of­frir son suf­frage à l’un plu­tôt qu’à l’autre.

    Dans le cadre d’une dési­gna­tion par tirage au sort, à quoi ser­vi­rait-il d’or­ga­ni­ser une cam­pagne poli­tique, des débats, des confron­ta­tions d’idées ?

    La réflexion poli­tique n’en serait-elle pas fran­che­ment appauvrie ?

    2)De quelle légi­ti­mi­té un repré­sen­tant dési­gné par tirage au sort pour­rait-il se reven­di­quer en cas de remise en cause de sa politique ?
    N’est-il pas plus dif­fi­cile de sus­ci­ter l’adhé­sion si on est en charge par hasard ?

    Réponse
  56. Étienne

    Bon­jour Gau­che­ca­viar :o)

    Je crois (ami­ca­le­ment) que vous vous trom­pez : c’est pré­ci­sé­ment l’é­lec­tion qui nous prive du vrai débat, celui entre les citoyens, entre les élec­tions ; ces élec­tions qui nous dépouillent, de fait, de l’i­ni­tia­tive poli­tique en l’a­ban­don­nant à des « chefs ». Par le méca­nisme de l’é­lec­tion, le citoyen est rava­lé au rang de simple élec­teur, et on peut consi­dé­rer cela comme une régres­sion par rap­port à une autre vision de la par­ti­ci­pa­tion poli­tique. C’est une vieille his­toire : Rous­seau le déplo­rait déjà fort bien.

    Le tirage au sort, au lieu de dési­gner des chefs, désigne des porte-parole, de façon éga­li­taire et incor­rup­tible : il place l’é­ga­li­té et l’hon­nê­te­té avant la com­pé­tence dans la hié­rar­chie des valeurs des repré­sen­tants et c’est un vrai choix de socié­té qui, pour l’ins­tant a été tran­ché par… les élus….

    Je ne sais pas si, aujourd’­hui, les hommes modernes chan­ge­raient de cap si on les inter­ro­geait direc­te­ment sur ce choix de socié­té déci­sif (com­ment désigne-t-on nos repré­sen­tants et en conser­vant quels pou­voirs pour nous ?), mais je suis sûr que nous devrions au moins en débattre enfin publi­que­ment et nous poser à nous-mêmes cette ques­tion déci­sive, au lieu de la lais­ser tran­cher par les élus et les can­di­dats au pou­voir, qui sont évi­dem­ment juges et par­ties en la matière.

    Le tirage au sort laisse intact le pou­voir des citoyens de par­ler et de déci­der, entre deux dési­gna­tions : les Athé­niens pro­té­geaient jalou­se­ment, pré­ci­sé­ment comme le fon­de­ment majeur le plus impor­tant de la démo­cra­tie, cette abso­lue et égale liber­té de parole à l’as­sem­blée, ce vrai pou­voir per­ma­nent qu’ils conser­vaient à tout moment, et ils sou­met­taient leurs repré­sen­tants (tirés au sort ou élus) à de redou­tables contrôles, pen­dant les man­dats et au terme des mandats.

    Contrai­re­ment à ce que vous sem­blez craindre, aucun peuple sur terre n’a autant par­lé, débat­tu, et fina­le­ment déci­dé lui-même de sa propre des­ti­née que le peuple athé­nien qui a dési­gné au sort ses prin­ci­paux repré­sen­tants pen­dant deux siècles (une paille). 

    Je crois donc que, si votre sou­ci de débat public per­ma­nent et riche est par­fai­te­ment légi­time, et je le par­tage infi­ni­ment, votre concep­tion com­pa­rée de l’é­lec­tion et du tirage au sort est alté­rée par le peu d’ex­pli­ca­tions que l’é­cole et les médias nous dis­pensent depuis notre enfance sur le tirage au sort, ce qui l’a plon­gé dans l’ou­bli (oubli qui en arrange bien cer­tains, cela va sans dire).

    Je vous recom­mande cha­leu­reu­se­ment, fra­ter­nel­le­ment, la lec­ture d’un petit livre immense : « Prin­cipes du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif » de Ber­nard Manin (Champs Flam­ma­rion) : c’est le meilleur (mais pas le seul qui soit excellent), le plus syn­thé­tique que je connaisse, pour com­prendre le fond des enjeux, des pra­tiques connues et des immenses avan­tages du tirage au sort. Si vous trou­vez une seule page ennuyeuse dans les cin­quantes pre­mières pages, je vous le rem­bourse, pro­mis :o) C’est un chef-d’oeuvre, intel­li­gent et modé­ré, qui jette une lumière crue sur des enjeux majeurs et oubliés : chaque para­graphe est impor­tant, 0% de matières grasses, un livre essen­tiel, prio­ri­taire pour réflé­chir à l’or­ga­ni­sa­tion des pou­voirs dans la Cité.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  57. sam

    Gau­che­ca­viar,

    1) J’a­vais pro­po­sé (sur le forum) d’employer le tirage au sort comme pre­mière étape du pro­ces­sus élec­tif, finis­sant par une cam­pagne et une élec­tion, dans les cas où on pro­cède aujourd’­hui au suf­frage uni­ver­sel direct.

    Ce qui me dérange le plus, au pré­sent, c’est que dans ces élec­tions, le panel des can­di­dats est déjà le pro­duit d’un pro­ces­sus de sélec­tion qui ne laisse mon­ter que cer­tains, géné­ra­le­ment – c.à.d. outre les petits out­si­ders – des vieux rou­tards de la poli­tique pro­fes­sion­nelle (des per­vers nar­cis­siques, men­teurs et mani­pu­la­teurs mala­difs, à coup sûr, comme l’ex­plique si bien André Tolmère).

    On a en plus, pour la pré­si­den­tielle, un par­rai­nage d’é­lus, et non pas de citoyens. Marat disait jus­te­ment : ne votez pas pour ceux qui vont à la pêche aux voix (ces gens qui tapinent et sont prêts à vendre n’im­porte quoi de clien­té­liste ou d’i­déa­liste), pro­po­sez vous-mêmes vos can­di­dats. Des gens que vous jugez pas mani­pu­la­teurs, conscien­cieux, … Les gens dignes de confiance ne tapinent pas pour avoir le pou­voir, ils s’at­tirent la recon­nais­sance sans aller la cher­cher, elle n’est que le fruit de leurs œuvres.

    Ima­gi­nez que :
    – chaque citoyen pro­pose lui-même un can­di­dat (ou quelques can­di­dats avec une note) de son choix, par­mi ses connais­sances ou d’autres citoyens, quels qu’ils soient. Libre à ceux-là d’ac­cep­ter ensuite.
    – qu’on fasse le décompte, et qu’on ne retienne par exemple que les 10% les plus plébiscités.
    – qu’en­suite, on fasse un tirage au sort ne rete­nant de ceux là que quinze per­sonnes pour un poste à pourvoir.
    – qu’on orga­nise la campagne.
    – que pour cette cam­pagne, on per­mette à des confé­rences de citoyens (eux-mêmes tirés au sort par­mi des volon­taires plé­bis­ci­tés direc­te­ment par des citoyens) de se dérou­ler en public, en leur ouvrant les médias, de mener les débats, et d’in­ter­ro­ger les can­di­dats. Bien sûr, si ce sont les mêmes édi­to­ria­listes pro­fes­sion­nels qui mènent leurs inter­ro­ga­toires, « les luttes idéo­lo­giques et pro­gram­ma­tiques » vont se réduire au car­can de l’i­déo­lo­gie qui règne et à son pro­gramme imposé…
    – qu’au final, on pro­cède à l’é­lec­tion (dans laquelle on recon­naît aus­si le vote blanc, et lui donne pou­voir d’an­nu­la­tion s’il fait une majo­ri­té rela­tive, par exemple.)

    On dira que c’est un peu long, coû­teux et fas­ti­dieux. Nos shows de cam­pagne et les tapages des « (poli­to­logues de) médias en cam­pagne », ne sont-ils pas éga­le­ment longs (la cam­pagne 2007 est déjà par­tie), coû­teux (inutile d’ar­gu­men­ter) et fas­ti­dieux (tout ça pour ça ? …) sans pour autant per­mettre de vrais débats, n’oc­cul­tant pas les ques­tions fâcheuses (pour le sys­tème, et non pas juste pro­duc­tives pour la concur­rence des pou­lains), qui ne réduisent pas les citoyens au rang de consom­ma­teurs ? Des orgies de son­dages anar­chi­que­ment com­man­dés par les mêmes poseurs (sélec­tion­neurs) de ques­tions pro­fes­sion­nels (auto­ri­sés), qui ges­tion­na­risent les poli­tiques et dis­cré­ditent les ins­ti­tuts de sta­tis­tique en les pros­ti­tuant dans ces shows (ce ne sont pas les son­dages qui mentent, les son­dages répondent juste aux ques­tions aux­quelles on leur demande de répondre)… 

    Non, c’est l’in­verse : ce serait même moins long, moins coû­teux et moins fas­ti­dieux. Dépouiller les vœux des citoyens dans la pre­mière étape de ma pro­po­si­tion, c’est à peine plus com­pli­qué, à notre époque, que ce qu’on fait déjà. Se pas­ser d’une Ockrent, d’un El-Kab­bach et autres Michel Dru­cker dans le « ser­vice public » pour cou­vrir les cam­pagnes, … Mam­mon, quel gain de fric ! (Quant aux publi­ci­taires, de toutes manières ils cherchent à tout prix des débou­chés pour pla­cer leurs sale­tés, et bien sûr, s’ils pou­vaient fuir ces débou­chés là, le citoyen consom­ma­teur y gagne­rait retour sur le prix des mar­chan­dises…) Non, j’ai beau cher­cher, il n’y a rien à perdre et tout à gagner…

    2) Chi­rac, par exemple, a fait 12% des ins­crits au pre­mier tour 2002. Et encore, il y a là dedans plein de « vote utile », et il était issu de ce sys­tème de pré­sé­lec­tion qui éli­mine les petits (voyez ce qui se passe cette fois (encore) au PS et, pire encore à l’UMP).

    Dans les années 1970, d’a­près Raoul Marc Jen­nar, une enquête fut menée sur le plé­bis­cit des dépu­tés d’une part, et leur tra­vail accom­pli, d’autre part. C’est affli­geant : ceux qui avaient le plus tra­vaillé, ques­tion­né, … était au bas du tableau des noms que les Fran­çais connaissaient.

    Au-delà de ce para­doxe, une thèse, « la machine à perdre » ou quelque chose comme ça, dont on a par­lé il y a 20 ans au moins, je crois, expli­quait bien com­ment même les per­dants de la der­nière ligne droite y ont aus­si un grand inté­rêt : se rendre célèbre et assu­rer sa place en tête de l’op­po­si­tion, c’est très confor­table (et vous êtes sûr de trou­ver un poste dans ce sys­tème de stars cumu­lardes). Sur­tout dans un cli­mat où la même idéo­lo­gie règne, et ou les pro­blé­ma­tiques sont déses­pé­ré­ment les mêmes entre les (faces appa­rentes des) deux grands partis.

    En France, le Pré­sident de la Répu­blique, qui a plein de pou­voir non contrô­lés, est irres­pon­sable car son sta­tut le veut, est même inter­dit à l’As­sem­blée natio­nale, bref, n’a de compte à rendre à per­sonne, a jus­te­ment cette seule « légi­ti­mi­té » (à 12% d’adhé­sion entre la peste et le cho­lé­ra…) à faire valoir tan­dis qu’il renie ses pro­messes à tour de bras (le RIC était la 2e prio­ri­té de Chi­rac), ins­talle ses chefs à la tête de dizaines d’or­ga­nismes « publics », joue les par­le­men­taires euro­péens qui acceptent toutes les direc­tives de la Com­mis­sion, et dans sa chasse gar­dée mili­taire secrète et ses accords de « pro­tec­tion » africains.

    Au-delà des argu­ments que j’a­vance (rap­pelle), Mon­te­bourg a lui-même bien mon­tré que pour le luxe d’é­lire un tel Pré­sident, on s’offre à coup sûr un type qui s’est lié les mains par des accords occultes, ren­vois d’as­cen­seur et autres flo­pées de gens auto­ri­sés dis­po­sés à ne pas poser de ques­tions qui fâchent.

    De toutes manières, les plus dan­ge­reux / puis­sants du sys­tème ne sont pas « légi­times » : des conseillers pré­si­den­tiels, des conseillers en com­mu­ni­ca­tion, et des hauts fonc­tion­naires, au mieux au pire… Des type hors de contrôle, en place quels que soient les évé­ne­ments élec­to­raux, et pos­sé­dant un pou­voir immense…

    Tout cela rela­ti­vise net­te­ment la légitimité.

    Non, faites le bilan, et vous voyez que la « légi­ti­mi­té » est très appa­rente. D’ailleurs, en temps réel, Chi­rac a réus­si à res­ter en place en étant pas­sé sous la barre des « 12% d’o­pi­nion favo­rable », après un 29 mai 2005 (en France, si le déclen­che­ment du réfé­ren­dum est le pri­vi­lège du Pré­sident, c’est parce que dans la concep­tion gaul­lienne, il s’a­git jus­te­ment d’une ques­tion de confiance) où le « signal fort » envoyé aux fran­çais fut un nième bras d’hon­neur consis­tant à col­ler comme 1er ministre un nième autiste… jamais élu nulle part. Sauf dans je ne sais quels CA de grandes entre­prises (c’é­tait le CV de Raf­fa­rin, en tous cas).

    Allez, en réa­li­té, la « légi­ti­mi­té » dont se pré­valent les stars de l’a­rène, c’est la « com­pé­tence ». Alors que le pou­voir cor­rompt, com­bien sont-ils à avan­cer les années de pou­voir comme un argu­ment de vente élec­to­ral ? (Dans le seul autre grand régime pré­si­den­tiel, aux USA, ils vont jus­qu’à se pré­va­loir de leur foi (un évan­gé­liste, par défi­ni­tion, doit faire éta­lage de celle-ci) — Ker­ry s’en est pris plein la figure sur ce cré­neau. La foi est encore plus dure à cri­ti­quer (et à contrô­ler) que la « compétence »…)

    Je crois qu’en entête d’un autre volet, on a un pro­pos de Rosan­val­lon qui nous dit que ce qui compte le plus en démo­cra­tie n’est pas la com­pé­tence poli­tique, mais l’ef­fi­cience des contrôles.

    Com­bien s’a­charnent sur le pro­blème de la sta­bi­li­té du poste au lieu de s’in­té­res­ser à celle de la démo­cra­tie ? Qui elle, est un pro­blème essen­tiel, et néces­site jus­te­me­ment une constante remise en ques­tion des méca­nismes du pou­voir, des contrôles réels des élus et une réelle menace pour eux d’être démis. Ces deux approches sont anta­go­nistes, et il n’y a pas ni à occul­ter cela, ni à ter­gi­ver­ser pour savoir quelle est la priorité.

    Il vau­drait jus­te­ment mieux avoir des élus pour les­quels la « légi­ti­mi­té » ne soit pas un argu­ment contre les voies du contrôle, mais qui découle de ce contrôle.
    Et c’est jus­te­ment parce que les stars n’ont pas à faire valoir de qua­li­tés qui les sortent de la condi­tion d’é­ga­li­té qu’ils devraient par­ta­ger avec nous tous qu’ils peuvent si aisé­ment se débar­ras­ser des gêneurs en les fai­sant pas­ser pour des popu­listes (incom­pé­tents qui pro­posent des choses qu’ils ne peuvent pas donner).

    Réponse
  58. maïté

    Bon­soir à tous (où sont les femmes ? )

    En tant que citoyenne, les argu­ments de Gau­che­ca­viar me paraissent plus convain­cant que ceux de Etienne et Sam.

    Tirer au sort nos diri­geantes et diri­geants sup­po­se­rait que les désigné(es) acceptent. Je crois alors que nous nous retrou­ve­rions dans la même situa­tion qu’a­vec les élus, sauf à rendre obli­ga­toire la charge, mais se pose le pro­blème de la com­pé­tence : croyez-vous que des citoyens tirés du sort puissent admi­nis­trer le pays ?

    N’êtes-vous pas en train de pro­je­ter vos propres préoccupations ?

    N’êtes-vous pas vous-même de bonne instruction ?

    Sam,

    vous citez Mon­te­bourg posi­ti­ve­ment et par ailleurs vous évo­quez ceux qui tapinent, je vous trouve bien naïf.…

    Le tirage au sort ser­vi­rait donc à don­ner du pou­voir à certain(es) et peu importe la compétence.…

    alors que nous avons des femmes et des hommes moti­vés par la vie poli­tique, le tirage au sort les empê­che­raient de réa­li­ser leur pas­sion : amé­lio­rer la vie des citoyens

    Les affaires publiques ne peuvent être confiées à n’im­porte qui au sort : cela relève soit du popu­lisme soit d’une mécon­nais­sance des capa­ci­tés du citoyen moyen !

    Il faut évi­ter de se don­ner bonne conscience en flat­tant le peuple, celui-ci sait recon­naître la compétence.

    Je vous pro­pose de main­te­nir le régime d’é­lec­tion en cours et de venir vous-même vous frot­ter aux réa­li­tés poli­tiques pour véri­fier si vous mai­tri­sez tous les tenants et les abou­tis­sants ou si vous êtes sur un nuage dont tout le monde se fiche.….

    Je pré­fère voter pour des femmes et des hommes que j’ai déjà vus à l’oeuvre, qui ont réus­si ou qui sou­haitent réus­sir de belles choses, que de don­ner pou­voir à n’im­porte qui !

    Bon­soir.

    Réponse
  59. Étienne

    Bon­soir Maïté,

    Vous faites donc par­tie, appa­rem­ment, des 30% des Fran­çais qui croient encore que la gauche ou la droite mérite leur confiance pour gou­ver­ner le pays (voir l’en­quête du Baro­mètre Poli­tique Fran­çais (2006−2007), CEVIPOF, Minis­tère de l’Intérieur (IFOP), p. 27).

    Les 70 % res­tant semblent ne plus croire en cette orga­ni­sa­tion qui a votre préférence.

    Que pro­po­sez-vous pour refon­der la légi­ti­mi­té, la cré­di­bi­li­té, des hommes qui accèdent aux fonc­tions de représentation ?

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    PS : Voir l’ar­ticle d’É­ric HALPHEN et Séve­rine TESSIER dans Libé­ra­tion de vendredi : 
    « La perte de confiance des citoyens envers les élus mine la démo­cra­tie. Des mesures s’im­posent. Cor­rup­tion contre nation. »

    Réponse
  60. Maïté

    bon­jour,

    Le son­dage qui vous sert de réponse ne porte pas sur le sys­tème de l’é­lec­tion mais sur la confiance ou non dans la gauche ou la droite, c’est-à-dire sur un choix bipo­laire très tran­ché, la réponse des fran­çais peut être inter­pré­tée tout à fait dif­fé­rem­ment de vous .

    Vous tirez la cou­ver­ture pour vous jus­ti­fier, vous savez bien que l’on fait dire ce que l’on veut aux sondages.

    Une autre par­tie du son­dage pré­cise qu’une majo­ri­té de per­sonnes ne s’in­té­resse pas à la poli­tique : 12 % seule­ment s’y inté­ressent BEAUCOUP.

    Vous repré­sen­tez une mino­ri­té d’in­tel­lec­tuels, vous vous faites plai­sir, vous refaites le monde et vous pen­ser chan­ger ce monde avec le tirage au sort ?

    Vous vou­lez orga­ni­ser le désordre per­ma­nent ? le contraire de l’ordre juste de Mme Royal et Mr Sarkosy ?

    Mon­sieur Chouard, la grande majo­ri­té du per­son­nel poli­tique est digne de confiance, rem­pla­cer les élus par des « tirés au sort  » ne chan­ge­ra rien ce sera bien pire, vous don­ne­rez du pou­voir à des gens pris au hasard.… vous don­ne­rez prise aux par­ti­cu­la­rismes, aux com­mu­nau­ta­rismes, aux vues étroites et inté­res­sées… une catastrophe.

    Il semble que le pou­voir que vous donne inter­net (eh oui !) vous fasse croire à d’autres formes de pou­voirs, d’organisation…

    Je suis néan­moins conster­née par l’ab­sence de femmes sur ce forum, les hommes conti­nuent à jouer les Dieux puis­sants, à refaire le monde sans nous.

    Réponse
  61. André

    Bon­jour Maité,

    Vous indi­quez à la fin de votre mail que peu de femmes viennent sur le site d’E­tienne Chouard, mais vous même êtes une femme et vous vous expri­mez librement !

    Jus­qu’à preuve du contraire, les femmes ne sont pas exclues de ce blog ! Si vous allez dans les conseils com­mu­naux et les orga­ni­sa­tions poli­tiques, vous consta­te­rez que la pari­té est rare­ment atteinte, alors sauf preuve à appor­ter, invo­quer un machisme sur ce blog appa­raît non fondé.

    Libre à vous de pen­ser que mme ROYAL et M. SARKOZY repré­sentent l’ordre juste, cela ne vous auto­rise pas à qua­li­fier ceux qui veulent un chan­ge­ment de nos modes démo­cra­tiques de par­ti­sans du désordre.

    Je par­tage néan­moins votre scep­ti­cisme sur les élus tirés au sort, je suis davan­tage favo­rable à une par­ti­ci­pa­tion plus active des citoyens à tous les niveaux de la vie démo­cra­tique et des entre­prises (démo­cra­tie économique).

    Mais que dites vous alors de Ségo­lène ROYAL(représentant un ordre juste) qui veut créer des jurys popu­laires tirés au sort pour por­ter un juge­ment sur l’ac­tion des élus ?

    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  62. sam

    Bon­jour Maïté,

    Je suis sur­pris de voir comme on peut cari­ca­tu­rer une pro­po­si­tion. Pas éton­nant que mes argu­ments soient peu convain­cants si on les déforme et les réduit ain­si, en tout cas je n’y croi­rais pas moi-même et je me trai­te­rais volon­tiers de popu­liste…

    1) « Les affaires publiques ne peuvent être confiées à n’im­porte qui au sort : cela relève soit du popu­lisme soit d’une mécon­nais­sance des capa­ci­tés du citoyen moyen ! »

    2) « le peuple (…) sait recon­naître la com­pé­tence. »

    3) « Tirer au sort nos diri­geantes et diri­geants sup­po­se­rait que les désigné(es) acceptent. Je crois alors que nous nous retrou­ve­rions dans la même situa­tion qu’a­vec les élus … »

    Mais nous sommes bien d’accord, Maï­té… Et ma pro­po­si­tion com­po­site vise à résoudre à la fois ces diverses ques­tions essen­tielles. Car vous savez les poser, même s’il est dom­mage que vous ne lisiez pas atten­ti­ve­ment les pro­po­si­tions qui sortent d’une grille de lec­ture binaire dont on peut croire que vous la pro­je­tez sur les autres.

    1) Une paren­thèse : l’ac­tuel Pré­sident du Bré­sil est ouvrier « de for­ma­tion ». Com­ment se serait-il retrou­vé là dans un sys­tème qui ne sélec­tionne que des énarques, ou même, un qui ne demande leur avis aux citoyens qu’au der­nier niveau de la sélec­tion (j’y reviens) ? Celui des USA a béné­fi­cié de bonnes études grâce à la for­tune de ses parents, voire aus­si de son nom (une fois admis, les diplômes il faut les avoir, et c’est un mys­tère pour moi qu’il les ait eus), mais cet inca­pable n’a jamais su que cou­ler les boîtes qu’on lui a mises entre les mains : ça, c’est un bon point pour un chef de fond de pen­sion (…) mais pour un poli­tique, j’en doute. Je note au pas­sage qu’il n’y a guère qu’en France qu’on prend inva­ria­ble­ment des gens qui ne sont ni des uni­ver­si­taires ni des gens issus du monde de l’en­tre­prise : les nôtres ont aus­si de grandes lacunes.

    Je ne parle pas de tirer « n’im­porte qui au sort » : dans le pas­sage de mon mes­sage qu’É­tienne a sur­li­gné en jaune, je propose :

    • en pre­mière étape, que « chaque citoyen pro­pose lui-même un can­di­dat (ou quelques can­di­dats avec une note) de son choix, par­mi ses connais­sances ou d’autres citoyens, quels qu’ils soient. »
    • un tirage au sort par­mi les plus plé­bis­ci­tés seule­ment, et qui ne sert qu’à évi­ter de se trou­ver avec des mil­liers de can­di­dats à l’é­lec­tion finale.
    • un tirage au sort qui n’en­lève pas la pos­si­bi­li­té de finir par une élec­tion, donc à nou­veau un choix.

    2) Sans aller néces­sai­re­ment pro­po­ser un Chi­rac ou un DSK, iriez vous plé­bis­ci­ter n’im­porte qui ? Moi pas. Je suis comme tout le monde, je suis entou­ré d’un grand nombre de « citoyens moyens » à qui je ne délè­gue­rais pas des tâches récla­mant des connais­sances et la capa­ci­té d’en acqué­rir vite, de l’ou­ver­ture d’es­prit, de l’es­prit cri­tique, des capa­ci­tés de ges­tion, de négociation, …

    Par contre, dans tous ces « citoyens moyens », si je ne recon­nais pas fré­quem­ment des capa­ci­tés brillantes, je recon­nais sou­vent celle d’a­voir du flair pour détec­ter les beaux par­leurs et les types dont l’i­dée du pou­voir fait briller les yeux et oublier les réa­li­tés. Si je prends quelques uns des diri­geants et cadres de ma boîte, je vois que nous sommes une bonne majo­ri­té à pen­ser que ces types aiment jouer les caïds, bras­ser des gros chiffres et gérer des trou­peaux sans jamais leur deman­der leur avis. Sans par­ler de la rému­né­ra­tion qui va avec le poste et ces preuves de « moti­va­tion » (pas de réus­site). Un peu ce qu’une grande majo­ri­té pense des types qu’elle a élus, parce qu’il n’y en avait pas d’autres de pro­po­sés, ou qu’il fal­lait voter utile, cha­cun se fai­sant le même rai­son­ne­ment utile…

    C’est étrange, parce que dans ce cas, contrai­re­ment à l’exemple des cadres de ma boîte, on a bien une élec­tion, et une légi­ti­mi­té qui repose sur un « libre » choix.

    D’ailleurs, la capa­ci­té de ces « citoyens moyens » à voter, au final, vous ne la remet­tez pas en cause. Dans ma pro­po­si­tion, qui com­mence pour­tant par un plé­bis­cit et finit bien par une élec­tion, vous n’a­vez rete­nu que l’i­dée d’un strict tirage au sort par­mi n’im­porte qui.

    Mais cela vous ras­sure à ce point qu’on leur mâche tant le choix, au gens ? Comme on accepte les résul­tats des son­dages ou le pro­duit des lois de l’au­di­mat en repo­sant sur le libre juge­ment des citoyens, mais on laisse de côté le fait que le choix des ques­tions soit tou­jours hors de leur por­tée ? Moi, pas du tout.

    Je pré­fè­re­rais jus­te­ment qu’on laisse le « plé­bis­cit du bon sens » se faire au pre­mier stade ET au der­nier, et non pas « entre la peste et le cho­lé­ra », et même que la cam­pagne pré­cé­dent l’é­lec­tion finale ne soit pas orches­trée par un panel réduit de gens en place depuis des lustres dans les médias, qui bien qu’ils ne soient élus ni par le peuple ni par leurs pairs (chose grave dans la pro­fes­sion des jour­na­listes), ont le pri­vi­lège de mener les débats et de com­man­di­ter les son­dages d’o­pi­nion (de choi­sir les ques­tion, donc), ce pour­quoi je pro­pose aus­si que le droit de cou­vrir les cam­pagnes et de poser les ques­tions soit décer­né par un sys­tème simi­laire de plé­bis­cit direct sui­vi d’un tirage au sort par­mi les citoyens les plus soutenus.

    Là encore, le tirage au sort semble assez acces­soire. Mais pour moi, ce n’est pas si acces­soire, j’y reviens à la fin de mon message.

    3) En prin­cipe (dans des condi­tions idéales de démo­cra­tie directe, qu’on n’a pas) il ne fau­drait pas que ce soient des volon­taires, justement.

    Dans les jurys dési­gnés pour les pro­cès, on ne leur demande pas leur avis, et pour se déro­ber à ce qui est un devoir, il faut des rai­sons solides. Mais un jury d’as­sises n’est pas sélec­tion­né pour ses com­pé­tences, il ne gère pas une poli­tique, il ne fait pas la loi lui-même, et il ni ne mène pas les inter­ro­ga­toires. On ne lui demande que d’é­cou­ter les argu­ments et de tran­cher en fai­sant mar­cher son bon sens, et son « âme et conscience ».

    Si reprendre direc­te­ment l’exemple des Athé­niens, qui consi­dé­raient comme un droit mais aus­si un devoir le fait de « ser­vir », a un côté « popu­liste » bien réel, cela tient au fait que la taille de la cité et le nombre d’im­bri­ca­tions des pro­blèmes ont consi­dé­ra­ble­ment aug­men­té, nous ne sommes plus dans des condi­tions per­met­tant la démo­cra­tie directe. En démo­cra­tie directe, le pro­blème de la « com­pé­tence » ne se pose­rait pas, car il serait facile de contrô­ler les élus et de les démettre au besoin.

    J’ai écrit : « Libre à ceux-là (ceux qui sont plé­bis­ci­tés) d’ac­cep­ter ensuite. »

    Plus concrè­te­ment, l’im­por­tant est que le plé­bis­cit soit direct : pas par la voie d’é­lus en place (maires) ni sur­tout par­mi un panel très réduits de can­di­dats déjà pré­sé­lec­tion­nés sans recou­rir à l’a­vis des citoyens. Pour­quoi envi­ron 50 000 mili­tants de l’UMP qui ont choi­si de sou­te­nir Chi­rac en 2002 ont-ils un pou­voir de sélec­tion immen­sé­ment plus impor­tant que 50 000 citoyens plé­bis­ci­tant un uni­ver­si­taire, un ouvrier, un patron de PME ou un élu local qui à leurs yeux auraient fait leurs preuves à leur poste, mon­tré une grande culture géné­rale / ouver­ture d’esprit et sens cri­tique, et une bonne capa­ci­té de négo­cia­tion ?

    La dif­fé­rence est qu’au­jourd’­hui le choix des pre­miers impose à 50% de chances le futur Pré­sident, celui des seconds n’a même pas d’existence offi­cielle. La « pas­sion » est-elle dif­fé­rente ? Non, il y a que la pre­mière met en branle la machine à voter, pas l’autre.

    Et le coup de dire que la poli­tique est un métier à part ne tient pas : les cadres, par défi­ni­tion, sont des gens qui font preuve de leur capa­ci­té à apprendre vite et à s’a­dap­ter quel que soit le domaine de ges­tion ; sou­ve­nez vous de Lul­la ou de Bush, qui ne sortent ni l’un ni l’autre de l’ENA.

    Donc on peut accep­ter l’i­dée que les can­di­dats soient volon­taires (moti­vés), mais qui sait aujourd’­hui qui est volon­taire, à part la ving­taine, et encore, qui jouit d’une publi­ci­té dans le débat public et médiatique ?

    La « com­pé­tence » poli­tique est un prin­cipe anta­go­niste avec celui d’é­ga­li­té, qui réduit les citoyens au simple rang d’é­lec­teurs. Ce n’est pas un argu­ment jus­ti­fiable en soi (il y a beau­coup d’a­ris­to­crates qui se disent ou se croient démo­crates). Mais s’il faut nous y résoudre, car la démo­cra­tie directe est impos­sible même au niveau dépar­te­men­tal, alors il ne fau­drait pas (plus) que l’on soit for­cé de juger de cette com­pé­tence a pos­te­rio­ri dans un panel de can­di­dats déjà pré­sé­lec­tion­né par un groupe lui-même non élu par l’en­semble des citoyens, mais que l’on puisse au contraire en juger en pre­mière étape. Cela change tout.

    À ce niveau aus­si, nous sommes dans un sys­tème qui impose les ques­tions, donc sug­gère lar­ge­ment les réponses. C’est un prin­cipe faus­se­ment démo­cra­tique, simi­laire au fait de réduire la volon­té du plus grand nombre au pro­duit des son­dages ou à celui des lois de l’au­di­mat, c’est-à-dire à une somme de réponses faites à des ques­tions choi­sies et impo­sées par une caste d’in­tou­chables.

    Si on lit atten­ti­ve­ment ma pro­po­si­tion, on me dira peut-être : pour­quoi inter­ca­ler un tirage au sort vu comme il paraît acces­soire dans le mode de sélec­tion glo­bal ? Au lieu de tirer au sort une dizaine de can­di­dats par­mi les 2% les plus plé­bis­ci­tés, on pour­rait aus­si bien sélec­tion­ner direc­te­ment les 10 per­sonnes les plus plébiscitées.

    Mon idée est double :

    • pre­miè­re­ment, il s’a­git de recréer les condi­tions de l’é­ga­li­té réelle des citoyens et de leurs élus. Pas sim­ple­ment par prin­cipe, mais parce que c’est jus­te­ment quand des élus peuvent se pré­va­loir d’une condi­tion « supé­rieure » aux autres qu’ils peuvent se déro­ber aux contrôles, aux jus­ti­fi­ca­tions, et à une réelle capa­ci­té de révo­ca­tion par les citoyens. Cela les force à légi­ti­mer leur auto­ri­té par une réelle capa­ci­té à don­ner du sens à ce qu’ils font ;

    • deuxiè­me­ment, il s’a­git de dis­sua­der en bonne part les mani­gances et les flots de pro­messes popu­listes que ne man­que­ront pas de faire les pro­fes­sion­nels de la pêche aux voix. Si une star déjà éta­blie pos­sède les moyens de s’at­ti­rer un fan club, ne serait-ce parce qu’elle a une for­tune per­son­nelle ou un nom, des entrées dans les clubs des ges­tion­naires de la parole publique et auprès des grands finan­ciers, des moyens de faire mar­cher le clien­té­lisme, … elle aura toutes les chances d’ar­ri­ver dans les plus plé­bis­ci­tés. C’est bien ce qui se passe en par­ti­cu­lier aux USA, mais aus­si dans d’autres pays. Plus exac­te­ment, plus on lève­ra la barre, plus elle, et pas les autres, se don­ne­ra les moyens de suivre. Or, si en tout état de cause on ne sélec­tionne par tirage au sort qu’une per­sonne sur 5, 10, 20…, elle perd cette assu­rance d’a­voir des moyens de s’as­su­rer à coup sûr sa place pour l’é­lec­tion finale.

    Je reprends ici l’i­dée des Athé­niens, qui fai­saient par­fois suivre les élec­tions d’un tirage au sort, l’é­lec­tion gar­dant d’a­bord 5 per­sonnes, et le tirage au sort sélec­tion­nant le gagnant.

    Dans cette phase de tirage au sort, j’ai pro­po­sé qu’on tire au sort par­mi les 10% des per­sonnes les plus plé­bis­ci­tées. On peut dire : pas­sez à 2% si vous vou­lez, his­toire d’être plus sûrs que ces « can­di­dats » ont vrai­ment le sou­tien de beau­coup de citoyens, mais pour­quoi ? Vous le dites vous mêmes :

    • « le peuple (…) sait recon­naître la com­pé­tence » (l’es­sen­tiel est de savoir quand il peut répondre aux ques­tions, et s’il peut les poser à temps).
    • « la grande majo­ri­té du per­son­nel poli­tique est digne de confiance, rem­pla­cer les élus par des « tirés au sort  » ne chan­ge­ra rien (…)  » : vous avez rai­son, le dévoie­ment du rôle tient plus à l’im­puis­sance des élus qu’à leur propre volon­té. Mais je suis par­fai­te­ment convain­cu que cette impuis­sance découle elle-même d’une perte de légi­ti­mi­té et sur­tout, de contrôle (pre­nez les hauts fonc­tion­naires : puis­qu’ils ne sont pas élus mais dési­gnés par des élus, pour­quoi ces der­niers ne sont-ils pas garant de leur action, et même, capables de la contrô­ler ?) et que si des élus peuvent s’oc­croyer le droit de recon­naître ou de créer eux-mêmes, sans appui des peuples, des pou­voirs supé­rieurs (OMC, AGCS, Com­mis­sion euro­péenne avant Maas­tricht, …) sans même exi­ger une trans­pa­rence et des condi­tions de débat public, c’est parce qu’à la longue, l’im­puis­sance se com­pense tou­jours par la force (ils veulent bien faire, si on veut, n’empêche qu’ils ont irré­mé­dia­ble­ment affai­bli la démo­cra­tie, et par­tant de là, celle-ci ne fait que plon­ger). Vous ajou­tez « (…)ce sera bien pire, vous don­ne­rez du pou­voir à des gens pris au hasard », mais là, vous sor­tez com­plè­te­ment de ma pro­po­si­tion pour retom­ber dans un cliché.

    Excu­sez moi si c’est encore long, mais c’est un peu déso­lant de voir comme on peut com­prendre de tra­vers des pro­pos et cata­lo­guer une pro­po­si­tion. Alors cette fois, j’es­père avoir été plus clair.

    Réponse
  63. Étienne

    Le tirage au sort est éga­li­taire (démo­cra­tique) et incor­rup­tible.

    :o)

    Et le choix de dési­gner nos repré­sen­tants par l’é­lec­tion ou par le tirage au sort res­semble bien à un choix de socié­té. En for­çant un peu le trait, un choix entre des humains poli­ti­que­ment pas­sifs réduits, de fait et de force, au rang de simples élec­teurs qui dési­gnent leurs chefs, ou des humains poli­ti­que­ment actifs éle­vés au rang de citoyens par­ti­ci­pant beau­coup aux débats et dési­gnant leurs porte-parole.

    Or ce choix-là, il a été fait il y a deux cents ans, au moment d’af­fran­chir de l’an­cien régime une popu­la­tion sou­vent inculte, et ce sont des élus (ou des futurs élus) qui l’ont fait… On aura du mal à me faire croire que cette cir­cons­tance n’a pas comp­té dans la décision.

    C’est Madi­son qui a théo­ri­sé le renon­ce­ment à la démo­cra­tie pour les États-Unis et c’est Sieyès qui l’a théo­ri­sé pour la France : pour des rai­sons dif­fé­rentes (pas for­cé­ment mau­vaises à l’é­poque), ils ont tous les deux opté pour « le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif » plu­tôt que pour la démo­cra­tie. (Il faut lire Ber­nard Manin et ses des­crip­tions des méta­mor­phoses incroyables (de vrais contre­sens) subies par le mot démo­cra­tie, c’est intéressant.)

    Aujourd’­hui, il me semble qu’on pour­rait nous ques­tion­ner (enfin !) direc­te­ment sur ce choix majeur de socié­té : com­ment désigne-t-on nos repré­sen­tants et quel pou­voir conser­vons-nous à tout moment, à notre propre ini­tia­tive, sur les poli­tiques menées en notre nom ?

    Ce choix serait sans doute aujourd’­hui éclai­ré d’un nou­veau jour, d’a­bord par le niveau géné­ral d’é­du­ca­tion et de pra­tique poli­tique (qui s’est éle­vé depuis 1789) et éga­le­ment par ce qu’est deve­nue, concrè­te­ment (pas en rêve), la pra­tique dévoyée de l’é­lec­tion et des cam­pagnes électorales…

    Peut-être que nous choi­si­rions de conti­nuer à élire nos repré­sen­tants (et à nous taire entre deux élec­tions), peut-être qu’on pré­fè­re­rait le tirage au sort géné­ra­li­sé au maxi­mum, peut-être qu’on adop­te­rait un sys­tème mixte qui pren­drait des avan­tages aux deux… 
    Mais au moment de faire des choix de socié­té, on pour­rait nous deman­der notre avis, non ?

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    PS : Maï­té, vous dites : « Je suis néan­moins conster­née par l’ab­sence de femmes sur ce forum, les hommes conti­nuent à jouer les Dieux puis­sants, à refaire le monde sans nous. » En aucun cas je ne sau­rais être tenu pour res­pon­sable de l’at­ti­tude des autres, n’est-ce pas ? À l’é­vi­dence, je n’in­ter­dis à per­sonne de me rejoindre ici (petit blog où, au risque de vous déce­voir, nous n’a­vons AUCUN pou­voir), et le fait que les femmes soient géné­ra­le­ment moins nom­breuses à « faire de la poli­tique » que les hommes n’est évi­dem­ment pas de ma faute : ne me ren­dez pas res­pon­sable de tout et n’im­porte quoi, s’il vous plaît, y com­pris de vos craintes intimes : je ne me sens pas plus « dieu » que vous, je m’oc­cupe de mes affaires, comme les autres, rien d’ex­tra­or­di­naire, ne nous dia­bo­li­sons pas les uns les autres. Ceci dit, mer­ci d’être là : pro­gres­sons ensemble et tâchons de rap­pro­cher nos points de vue, autant que pos­sible, car nous avons sans doute tous un peu rai­son. :o)

    Réponse
  64. Maïté

    Bon­soir Étienne,
    je veux vous rassurer :
    Que ce soit vous ou André, vous avez inter­pré­té mes pro­pos sans aucun rap­port avec ce que j’o­sais dire :

    André , je ne « taxe » pas ce forum de machisme, Étienne, je ne vous tiens res­pon­sable de rien.

    Je déplore sim­ple­ment l’ab­sence des femmes là où elles devraient jouer un rôle.

    La réforme des ins­ti­tu­tions pour­rait être utile si elle apporte une plus grande impli­ca­tion, par­ti­ci­pa­tion des femmes.

    Bien que ce qui compte n’est pas le sexe mais les idées défen­dues, le pro­gramme pro­po­sé… nous en avons une illus­tra­tion média­tique avec Ségo­lène Royal qui ral­lie autour d’elle tous les arri­vistes, même ceux qui ont naguère défen­du des idées de jus­tice sociale pour plaire.….

    À bien­tôt.

    Réponse
  65. André

    Mai­té

    C’est très bien qu’en tant que femme vous veniez de temps en temps sur ce blog, je ne doute pas que les femmes puissent avoir des idées sur tous les sujets poli­tiques, et peut-être une vision dif­fé­rente sur cer­tains thèmes.

    Si cer­taines de vos amies sont interessées,indiquez leur le blog, ça ne peut qu’en­ri­chir les débats.

    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  66. Madeleine

    Made­leine sou­tient les pro­pos de Maïté.
    Étienne et André qui connaissent Made­leine comprendront.

    Réponse
  67. Candide2

    Tout cela est fort inté­res­sant, mais vous ne trou­vez pas que ça manque d’une synthèse ?

    Pour reve­nir sur le tirage au sort, il me semble bien qu’il devrait être limi­té à des dis­po­si­tifs de contrôle a pos­te­rio­ri (si le mot « jury » fait trop pen­ser au tri­bu­nal), pour d’é­vi­dentes rai­sons de savoir-faire et d’ex­pé­rience. Nous ne sommes pas tous des athé­niens mas­cu­lins et aris­to­crates rom­pus au débat public. Et je suis pour ma part bien trop can­dide pour m’i­ma­gi­ner affron­ter la dupli­ci­té d’un ministre alle­mand ou anglais (ou autre), il faut pour cela un solide entraî­ne­ment, confir­mé pen­dant des années de cam­pagne, de croche-pieds dans les esca­liers et de coups de jar­nac divers et variés 😉

    Réponse
  68. Candide2

    Oups… déso­lé… je viens juste de m’a­per­ce­voir qu’il y avait déjà un « Can­dide » sur la par­tie « membre » de ce blog… Si vous vou­lez bien, je serai donc Candide2

    Réponse
  69. alain de nantes

    Je suis pour le tirage au sort, comme je suis pour la gra­tui­té, comme je suis pour l’é­ga­li­té, et j’ap­pré­cie que sur ce site Etienne défende cette « idée pure »…

    J’ap­pré­cie que des contra­dic­teurs le conduident à en faire un point nodal de sa démarche poli­tique inédite…

    Mais je par­tage aus­si beau­coup des « sou­cis » de ces contra­dic­teurs, car , comme Etienne semble le recon­naître, la ver­tu du tirage au sort est liée à la veru du peuple, laquelle est tout de même liée à son « éducation »…

    Pour moi la marche vers ma chère Ega­li­té est jalon­née de luttes incon­tour­nables à dif­fé­rents niveaux : … le jour où le tirage au sort sera pos­sible comme mode exclu­sif de « repré­sen­ta­tion », ce sera « la fin de la poli­tique », et comme Lénine le pré­ten­dait : « la ges­tion de la nation sera à la por­tée d’une ^maî­tresse de mai­son modeste ».…

    Je pense qu’il nous fau­drait pen­ser la marche vers ce « pos­sible » dés aujourd’­hui en accep­tant de bous­cu­ler la fausse démo­cra­tie enra­ci­née dans ses abus et ses dis­tor­sions tra­di­tion­nelles, en s’op­po­sant au culte de la « sta­bi­li­té » comme si cette der­nière était une fin suf­fi­sante, et en déve­lop­pant l’ex­pé­ri­men­ta­tion pro­gres­sive d’un tirage au sort com­plé­men­taire d’autres expé­riences « dyna­miques » à faire.

    Réponse
  70. alain de nantes

    La notion de com­plé­men­ta­ri­té, celle de dyna­mique, et la reven­di­ca­tion d’ex­pé­ri­men­ter plu­tot que de « péren­ni­ser », je pense qu’elles sont dans la démarche consti­tu­tion­nelle de ce site qui reven­dique que la Consti­tu­tion ne soit pas écrite par les hommes de pou­voir pour une foule de bonnes rai­sons, mais aus­si pour ce que je crois être la meilleure des raisons :

    Les hommes de pou­voir se pré­valent de leur « expé­rience acquise » pour refou­ler les assaillants, c’est-à-dire « le peuple », ce der­nier se mani­fes­tant tan­tôt dans la reven­di­ca­tion fémi­niste, tan­tôt dans celle d’une classe sociale ostra­ci­sée, tan­tôt plus mas­si­ve­ment dans une mou­vance « alter­mon­dia­liste », dans un mou­ve­ment assaillant, jeune, « inex­pé­ri­men­té », mais ima­gi­na­tif et, bien plus que les « vieilles élites ins­tal­lées de pères en filles »…

    Je pense qu’il faut asso­cier le suf­frage uni­ver­sel à la pro­por­tion­nelle, et la recon­nais­sance du vote blanc par un quo­ta pro­por­tion­nel de repré­sen­tants tirés au sort.

    En tous cas, il faut faire fonc­tion­ner la nou­veau­té de telle sorte qu’elle favo­rise l’in­té­rêt poli­tique donc l’in­ter­ven­tion poli­tique de tous, avec au bout l’ac­cès à des res­pon­sa­bi­li­tés et des pou­voirs réels :

    Le « droit du cer­veau » de chaque citoyen est d’exer­cer une « puis­sance » (trans­for­ma­trice) sur le monde « éta­bli » qui pré­tend au contraire le rame­ner à l’é­tat de bétail.

    Réponse
  71. Étienne

    « La grève des électeurs »

    Un article à l’acide sul­fu­rique d’Octave Mir­beau, dans Le Figa­ro du 28 novembre 1888 :

    http://​mar​gi​nales​.free​.fr/​G​r​e​v​e​d​e​s​E​l​e​c​t​e​u​r​s​.​h​tml

    D’abord déses­pé­rant… mais fina­le­ment stimulant…

    En effet, Gus­tave Mir­beau est cer­tain que l’ar­naque est iné­luc­table, géné­tique, pro­gram­mée… alors que je suis sûr qu’elle tient aux scribes, aux auteurs des règles : à la fois juges et par­ties, ces auteurs se façonnent depuis tou­jours des ins­ti­tu­tions sur mesure, et le fait qu’ils le font depuis des siècles peut faire croire que c’est inévitable.

    Mais si, pen­dant des siècles, on a sim­ple­ment raté, pas vu, la cause déci­sive, la rai­son majeure, alors l’ar­naque n’est peut-être pas du tout fatale (puis­qu’on n’a jamais essayé ce qui chan­ge­rait tout : s’as­su­rer l’im­par­tia­li­té rigou­reuse des consti­tuants). Moi, je trouve que c’est tel­le­ment plau­sible que ça vaut le coup d’es­sayer. Et puis­qu’on peut enfin se par­ler libre­ment (sur le net), on devrait en pro­fi­ter pour écrire nous-mêmes ces ins­ti­tu­tions hon­nêtes, qui res­pectent vrai­ment les peuples.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  72. bong

    Bon­jour

    Afin d’a­voir des repères sur la démo­cra­tie directe ou par­ti­ci­pa­tive, voi­là un site qui en dit long sur ce que l’on peut faire et ce que l’on nous empêche de faire :

    http://​unhu​mai​nu​ne​voix​.com

    Mer­ci de faire pas­ser l’info.
    On va gagner.
    Cordialement.

    Réponse
  73. andre tolmere

    Mou­ve­ment des Citoyens pour la Vraie Démo­cra­tie (M.C.V.D.)

    Appel aux citoyennes et aux citoyens encore capables de voir la véri­té en face

    Si vous pen­sez sérieu­se­ment qu’un indi­vi­du comme vous, avec sa per­son­na­li­té, son carac­tère, ses qua­li­tés et ses défauts, ses poten­tia­li­tés, ses idées, son ori­gi­na­li­té… peut s’ex­pri­mer plei­ne­ment avec un bul­le­tin de vote, c’est-à-dire un car­ré de papier même pas bon pour se tor­cher le cul, alors vous allez voter comme un bon citoyen-mou­ton, juste bon à assu­rer l’en­grais­se­ment de quelques loup-garous professionnels.

    La vraie démo­cra­tie ce n’est pas cela !

    La vraie démo­cra­tie a pour prin­cipe pre­mier l’é­ga­li­té poli­tique entre les citoyens.

    Elle décrète impérativement : 

    Un citoyen = un citoyen !La fausse démo­cra­tie a sub­sti­tué à cette évi­dence un faux principe : 
    un citoyen = un bul­le­tin de vote, un bout de papier !

    Donc, vous ne valez pas plus qu’un bout de papier : vous ne valez rien !

    C’est la plus incroyable escro­que­rie poli­tique de tous les temps, avec l’in­ven­tion de la monar­chie de droit « divin » ! L’é­lu de Dieu, le roi, est deve­nu le pré­sident de la répu­blique, élu du peuple « sou­ve­rain » avec le sou­tien des « barons », élus de seconde zone dans leurs « fiefs ». Drôle de « répu­blique ». Vous auriez sûre­ment des quan­ti­tés de choses à dire, mais la fausse démo­cra­tie a trou­vé le moyen radi­cal de vous clouer le bec en vous lais­sant géné­reu­se­ment vous « expri­mer » une fois tous les cinq ans avec un bout de papier imbé­cile et silen­cieux. Pour elle, la liber­té d’ex­pres­sion n’est bonne qu’a­vec un peuple baillon­né et muet.

    Les citoyens-mou­tons n’ont pas le droit de se plaindre de la démo­cra­tie des cocus. Ils n’ont que ce qu’ils méritent : la raie-publique des enculés.
    Si vous ne vou­lez pas vous faire mettre une énième fois de plus, NE VOTEZ PAS.
    Il y va de votre dignité.

    Mais alors que faire ?

    Jus­te­ment la solu­tion existe. Elle a été inven­tée avec la vraie démo­cra­tie par les Grecs d’A­thènes, il y a 2500 ans et soi­gneu­se­ment dis­si­mu­lée dans les oubliettes de la mémoire col­lec­tive par les escrocs de la poli­tique poli­ti­cienne, qui sont des per­vers pro­fes­sion­nels (60 000 euros par mois pour un cer­tain couple qui n’aime pas les riches).

    « La loi est l’ex­pres­sion de la volon­té géné­rale. TOUS LES CITOYENS ont le droit de concou­rir, PERSONNELLEMENT ou par leurs repré­sen­tants, à sa for­ma­tion » (article 6 de la Décla­ra­tion des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789).

    On ne vous a jamais deman­dé votre avis sur quelque loi que ce soit. Nor­mal : votre avis ne vaut rien, pas plus que la valeur d’un bout de papier, d’un bul­le­tin de vote !
    Vous n’êtes qu’un bout de papier qui ne peut rien dire, sans aucune valeur.

    Allez-vous conti­nuer à bais­ser la culotte et à voter pour des gens sans foi ni loi qui vous trompent, vous mentent, vous mènent en bateau, dans le seul but d’as­sou­vir leur nar­cis­sisme, de satis­faire leurs ambi­tions de pou­voir et leurs egos surdimensionnés ?

    Réponse
  74. Étienne

    « Les dépu­tés doivent-ils être tirés au sort ? »

    Je suis invi­té la semaine pro­chaine par Bru­no Masure sur La chaîne par­le­men­taire (émis­sion Imper­ti­nences) pour débattre avec un conti­tu­tion­na­liste de ce sujet qui me tient à cœur (autant à pro­pos du pou­voir consti­tuant que des pou­voirs consti­tués).

    J’espère qu’on pour­ra se poser la ques­tion : QUI a la légi­ti­mi­té pour faire ce choix de socié­té majeur qu’est le mode de dési­gna­tion de nos repré­sen­tants : nos élus eux-mêmes ou nous-mêmes ?

    Réponse
  75. Étienne

    Débat sur LCP : Les dépu­tés doivent-ils être tirés au sort ?
    Redif­fu­sions de l’émission Imper­ti­nences (sur La Chaîne Par­le­men­taire)

    Pour ceux que le tirage au sort des dépu­tés inté­resse, le débat enre­gis­tré mar­di est redif­fu­sé sur LCP pen­dant quelques jours.

    Je n’ai pas eu le temps de dire la moi­tié du quart de l’es­sen­tiel, —½ h c’est beau­coup trop court—, mais ça devrait vous inté­res­ser quand même car la dési­gna­tion des repré­sen­tants est une moda­li­té juri­dique car­di­nale de la démo­cra­tie et pour­tant (incroya­ble­ment) tenue à l’é­cart du débat public.

    Pour expli­quer ce silence, on peut com­prendre que, si les jour­na­listes ne consultent que les seuls élus sur cette ques­tion, ces gens-là vont natu­rel­le­ment pré­fé­rer l’é­lec­tion et fuir ce débat comme la peste, mais ce choix de l’é­lec­tion (fait sans nous, par des élus, depuis la Révo­lu­tion fran­çaise) cor­res­pond-il vrai­ment, avec le recul de deux cents ans d’ex­pé­rience, à l’in­té­rêt général ?

    Pre­mière dif­fu­sion : same­di 19 mai 18h35.

    Redif­fu­sions pré­vues (sauf erreur de ma part) :
    Dimanche 20 mai 01h45
    Dimanche 20 mai 06h30
    Dimanche 20 mai 15h00
    Mer­cre­di 23 mai 00h15
    Mer­cre­di 23 mai 20h00
    Ven­dre­di 25 mai 01h45
    Ven­dre­di 25 mai 16h00
    Same­di 26 mai 04h00

    Lien vidéo n°1 : ÉTIENNE CHOUARD 1⁄2 – LE TIRAGE AU SORT DES DÉPUTÉS – LCP

    Lien vidéo n°2 : ÉTIENNE CHOUARD 2/2 – LE TIRAGE AU SORT DES DÉPUTÉS – LCP

    Réponse
  76. Edouard Laugthon

    Rebon­jour,

    Vous vous réfé­rez fré­quem­ment à la démo­cra­tie Athé­nienne qui, vous le savez sans doute, excluait femmes et esclaves (ceux-ci étant bien plus nom­breux que les citoyens).

    Je vous pro­pose ce site, som­maire mais intéressant :

    http://www.e‑olympos.com/democratie.htm

    Ami­ca­le­ment

    Edouard

    Réponse
  77. elvire

    Aujourd’­hui, en 2013, une petite citoyenne vous écrit du futur (l’ar­ticle en haut de page débute en 2006!);) 

    En 2008 il y eut une crise finan­cière mon­diale qui rui­na l’Is­lande entre autres. 
    Les citoyens islan­dais « grâce à ça » ont su réin­ven­ter une forme démo­cra­tique (par tirage au sort aus­si) pour un temps… 

    Pas grand inté­rêt média­tique pour eux ! 

    Vous, ici, les Étienne et les autres, vous finis­sez aus­si par deve­nir une « élite comme les autres », on dirait. 🙁 

    Où sont les grands pro­jets à part sur le papier ou les blogs ? 
    Qui va mon­ter « aux bar­ri­cades » cette fois pour redon­ner vie/espoir/confiance ?
    Qui fera le « Inside Job » et cou­pe­ra la branche sur laquelle il s’assied ? 
    Beau­coup de paroles, du lob­byisme et autres « think tanks », certes, certes et après ? 
    Qui sau­ra sor­tir « la masse » du para­doxe décrit par « Tolmère » ?

    Réponse
  78. elvire

    Entre temps, j’ai lu ou sur­vo­lé les notes et com­men­taires ci-des­sus (depuis 2006!). 
    Beau­coup de dis­cus­sions à cou­per les che­veux en 4 pen­dant que la mar­mite déborde (certes des débats aus­si « publics », etc.)! 

    C’est bizarre pour moi, mais bien fran­çais je crois ! (j’ai long­temps vécu à l’é­tran­ger ou on parle moins, ce qui ne veut pas dire que cela est mieux !). 

    La « nou­velle géné­ra­tion 21e siècle » ne se pose plus ce genre de pro­blé­ma­tique à mon sens, en tout cas pas en ces termes (je n’ai pas de sta­tis­tiques, sorry!). 

    Ils/elles sont arri­vé-e‑s dans un monde « impi­toyable » où le « marche ou crève » règne offi­ciel­le­ment donc c’est une norme (quand on nait dedans, c’est d’a­bord nor­mal, cf. matra­quage média­tique, etc.) et s’ils-elles n’ont pas béné­fi­cié d’un héri­tage (savoirs, situa­tions paren­tales bien pla­cées et autres richesses), ils sont assez mal bar­rés aujourd’­hui pour rêver quoique ce soit (un autre monde pos­sible en gros!). 

    Alors effec­ti­ve­ment com­ment deman­der à des citoyens angois­sés, stres­sés, refou­lant leur colère/frustration comme ils peuvent (ou pas!) de vou­loir chan­ger les choses (s’ils ne sont pas déjà lobo­to­mi­sés par les médias et/ou « sau­vés » par les aides/subventions en tout genre de l’Etat)? 

    La peur para­lyse l’ac­tion (révo­lu­tion­naire) et/ ou fait faire n’im­porte quoi. 
    Quelle tran­si­tion pos­sible avec ça ? 
    Les gens sont occu­pés à sur­vivre, pas le temps pour autre chose, c’est vou­lu comme ça par « le pou­voir d’en haut », c’est évident, mais com­ment en sortir ?

    Cyni­que­ment je pen­sais qu’il fal­lait attendre (résis­tance pas­sive), lais­ser faire le temps, en gros disons que la géné­ra­tion des années 50–60, cette géné­ra­tion qui a pro­fi­té de « tout » sans « payer » (c’est l’i­mage média­tiques des 30 glo­rieuses où le consu­mé­risme « bon enfant » était la joie et la clé du bon­heur « pour tous »), donc que cette géné­ra­tion passe au 4e âge, voire décède (ou bien que le sys­tème implose tel­le­ment « mal » que tout dis­pa­rait…?) pour que sur­gisse de nou­veau de la colère agis­sante au lieu de la sou­mis­sion « à bon compte ». 

    Certes une tran­si­tion poli­tique non-vio­lente serait bien­ve­nue, mais sin­cè­re­ment, je ne vois pas comment!? 

    Si quel­qu’un a des pro­po­si­tions concrètes pour vrai­ment impul­ser un vrai chan­ge­ment (Genre Gand­hi avec l’in­dé­pen­dance de l’Inde!), j’écoute ! 

    Moi, en vrai, je n’y crois pas (cela me désole d’é­crire cela, mais c’est la vérité).

    PS : Je ne suis pas aus­si lettrée/éduquée/ réflé­chie que bien des com­men­ta­teurs ici, mais voi­là ma preuve d’é­ga­li­té à moi : j’é­cris quand même quelque chose ! 

    Donc c’est « ici Elvire, de la France d’en bas ! » 

    Je vous salue !

    Réponse
  79. Matt

    @Elvire

    Il me semble que le mou­ve­ment des coli­bris a su mettre un gros mou­ve­ment en route.

    La par­tie démo­cra­tie sera lan­cée en 2014. 
    D’i­ci là, le livre d’Étienne aura circulé.….

    Réponse
  80. Hugues

    @Elvire

    Tu as bien rai­son d’é­crire, et je t’en­cou­rage de tout mon coeur à conti­nuer, c’est un bon exer­cice pour faire sor­tir plein de choses de nous-mêmes, pour ma part je par­viens mieux à expri­mer cer­taines choses par écrit.

    Je sou­haite répondre aus­si à ton Post-Scrip­tum avec les mots qu’Étienne m’a­vait écrits lorsque je lui disait que je me sen­tais inca­pable d’é­crire un article de consti­tu­tion, que je ne devais pas me défi­ler et que le fait d’être igno­rant du jar­gon juri­dique que j’i­ma­gi­nais indis­pen­sable à l’exer­cice, que c’est jus­te­ment un exer­cice de maître igno­rant, pas un tra­vail de spé­cia­liste, que des « à‑peu-pristes » ayant des connais­sances peu pré­cises mais dans de nom­breux domaines comme toi et moi doivent y participer.

    Je ne pré­tends pas aujourd’­hui en être deve­nu plus capable qu’­hier, en ce sens que per­sonne ne peut réus­sir ce tra­vail indi­vi­duel­le­ment, il faut se re-grou­per, et donc selon moi tu dois conti­nuer à écrire, débattre et nous faire par­ta­ger tes pensées.

    @Matt

    Je crois moi aus­si que quelque chose d’é­norme est en train d’é­mer­ger et mon espoir se raf­fer­mit plus à chaque jour passé.

    Réponse
  81. elvire

    Je vous remer­cie, Matt et Hugues ! Oui, Coli­bris, j’en ai enten­du par­lé sur le net et j’aime beau­coup Pierre Rabhi, mal­gré le « si peu » que je sais – je vais me ren­sei­gner un peu plus pour éclai­rer ma chandelle !
    J’a­voue que je fais par­tie de celles et ceux qui sur­vivent, assez engour­dis, et ne consacrent que très peu de temps à « autre chose ». Par exemple, je me sou­viens avoir enten­du une inter­view d’E­tienne Chouard très pas­sion­nante et très convain­cante, (radio, 2011 je crois); j’a­vais été for­te­ment impres­sion­née : sur le coup je serais de suite pas­sée à l’ac­tion ! et puis, le quo­ti­dien « aidant », ce fut repous­sé aux calendes grecques.
    La semaine der­nière, le maire du vil­lage m’a pro­po­sé de figu­rer sur sa liste élec­to­rale pour 2014. Je ne sais pour­quoi, si ce n’est que je suis une « uto­piste rebelle » en minia­ture (ici faire une mai­son en paille et terre, c’est déjà être rebelle!) et que cela semble lui conve­nir pour sa liste qu’il tente peut-être de « rajeu­nir »?!(il est offi­ciel­le­ment com­mu­niste)… Je ne sais pas encore trop bien pour­quoi et à quoi ça sert, mais bon, j’ai dit oui. En tant qu’ar­tiste j’ai tou­jours une grande méfiance vis à vis de la politique/ du poli­tique, mais bon, un vil­lage, ça reste dans des pro­por­tions humaines…?! (wha­te­ver that means!!)
    Je cite @Hugues pour finir avec son
    « Je crois moi aus­si que quelque chose d’é­norme est en train d’é­mer­ger et mon espoir se raf­fer­mit plus à chaque jour passé. »
    Mer­ci d’a­voir écrit cela, ton élan est com­mu­ni­ca­tif ! C’est bien d’es­poir dont il s’a­git ici !

    Réponse
  82. Lény

    Effectivement,manifeste éton­nant ‚éton­nam­ment mal­hon­nête et approxi­ma­tif dès qu il évoque les ques­tions de domi­na­tion mas­cu­line et de féminisme.
    Un « simple » petite remarque en passant…

    Réponse
  83. Marie

    Fran­che­ment, je crois que ce der­nier poste est l’oeuvre de troll, et qu’il mérite bien d’être noir­ci pour bien mar­quer la dif­fé­rence et ain­si mon­trer ce boy­cott volon­taire d’un si beau site, deve­nu une menace au nou­vel ordre mondial
    Car non content de spa­mer, ils postent, (ces trolls) de longs textes inutiles
    alors si on ne cen­sure pas, je crois qu’on peut mettre bien en évi­dence la gri­saille du troll avec la cla­re­té des autres posteurs…c’est juste une suggestion 😉

    Réponse
  84. Étienne
  85. Marie

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