Chers amis,
J’ai besoin de votre esprit critique.
En marge de ma bagarre pour faire valoir que, pour bâtir une juste démocratie, « ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir », (nous devrions rendre parfaitement distincts et incompatibles le pouvoir constituant et les pouvoirs constitués), je cherche à vérifier (avec vous, si vous le voulez bien) une thèse économique, plutôt mal vue par la pensée unique du moment, et pourtant fort séduisante pour nous tous :
Ce ne serait pas, comme on nous le serine tous les jours, le coût du travail (des actifs) qui est trop important pour que le moteur économique tourne correctement, ni la rigidité des employés devant la nécessaire flexibilité, mais bien le coût de l’actionnariat (des oisifs) qui serait confiscatoire : l’inquiétante panne économique que nous vivons depuis plus de vingt ans serait due à un assèchement des richesses par des « parasites », exactement comme à l’époque de Keynes qui avait déjà bien identifié le poison mortel de la rente au centre de son
analyse en préconisant finalement d’ »euthanasier le rentier ».
Pour étayer cette thèse, je cherche les chiffres exacts de la ponction exercée chaque année sur la richesse nationale au profit des actionnaires.
J’ai trouvé sur le site de l’INSEE un tableau que j’ai peur de mal utiliser et je vous
sollicite pour me corriger si je me trompe :
1 Lien (conseil : utilisez plutôt clic droit, Ouvrir dans une nouvelle fenêtre) :
title=« http://www.insee.fr/fr/indicateur/cnat_annu/base_2000/cnat_annu_2000.htm »>TEE INSEE
2 cliquer sur Tableau économique d’ensemble (TEE), lien en bas à gauche,
3 puis, sur la ligne 4.30, « Comptes courants… », choisir l’année 2004 (car on n’a pas encore les chiffres d’ensemble pour 2005),
Le tableau s’appelle « Tableau Économique d’Ensemble : comptes courants de l’année 2004 base 2000 ».
Il y a là beaucoup de chiffres, mais justement : seuls quelques chiffres sont importants et vous allez voir que vous allez comprendre parce que vous êtes tous directement et personnellement concernés.
• D’abord, est-il correct de considérer que la
référence des richesses à distribuer (à répartir entre le facteur
travail et le facteur capital qui ont tous deux contribué à la
créer) se trouve à l’intersection de la ligne 14 nommée « B1 /PIB Valeur
ajoutée brute », et des colonnes D et E « Sociétés
financières » (les banques, etc.) et « Sociétés non
financières » ?
Si vous êtes d’accord, on pourrait mettre en jaune les cellules D14 et E14 :
828,5 + 67,2 = soit 895,7 milliards d’euros de valeur ajoutée
(VA) pour la France en 2004.
• Ensuite, est-ce qu’il est juste de lire ces chiffres en disant que la part de VA affectée aux salaires en 2004 est sur la ligne 19 intitulée « D1 Rémunération des salariés » ?
Encore un peu de jaune sur D19 et E19 ?
539,2 + 40,5 = soit 579,7 milliards d’euros de salaires versés en 2004 (prélevés sur la VA) .
• Enfin, est-ce qu’on peut dire que le prélèvement des actionnaires sur cette richesse est sur la ligne 35 intitulée « D42 Revenus distribués des sociétés » ?
Si cela vous semble correct, on mettrait en jaune les cellules D35 et E35 :
145,7 + 31.8 = soit 177,6 milliards d’euros de dividendes versés en 2004 (prélevés sur la VA).
Si ces coups de projecteur jaune sont pertinents, ce grand tableau de chiffres imbuvables gagne en lisibilité et devient une clef importante pour comprendre, non ?

• En pourcentage, en 2004 :
la part des salaires serait donc de 64,72 % (579,7 / 895,7)
et celle des actionnaires serait de 19,82 % (177,6 / 895,7)
Est-ce que ce sont ces pourcentages qui se sont déplacés de 10 points depuis vingt ans ? (On lit souvent que 10 points de richesse ont été perdus pour les salaires en vingt ans, et 10 gagnés par les actionnaires.)
Pour le vérifier, j’ai fait les mêmes calculs avec les chiffres de 1993 (chiffres les plus anciens disponibles sur la page de l’INSEE ci-dessus), et j’ai trouvé deux pourcentages étonnants : 65,16% pour les salaires (en 93), soit sensiblement le même qu’aujourd’hui, et 11,43% pour les dividendes (70 Mds sur 600 de VA en 1993), soit une augmentation de 74% en 10 ans. Si ce n’est pas sur les salaires, sur quel(s) poste(s) les dividendes ont-ils été conquis en 10 ans ? Sur les impôts ?
Et est-ce que vous savez où trouver les chiffres d’il y a vingt ans, pour observer ce prétendu déplacement dans la répartition des richesses entre les actifs et les oisifs ?
De mon côté, j’ai trouvé ce passionnant graphique, publié par l’OCDE (qui n’est pas vraiment une officine révolutionnaire) :
src=« https://old.chouard.org/Europe/Profits_mini » v_shapes=« _x0000_i1027 »>
(Pour agrandir le graphique, cliquez ici.)
(conseil : utilisez plutôt clic droit, Ouvrir dans une nouvelle fenêtre)
src=« https://old.chouard.org/Europe/Profits_mini » v_shapes=« _x0000_i1027 »>
(Pour agrandir le graphique, cliquez ici.)
(conseil : utilisez plutôt clic droit, Ouvrir dans une nouvelle fenêtre)
J’observe ici deux phénomènes qui passionneront tout le monde, y compris les damnés de la terre non formés à l’économie :
• Les profits augmentent depuis trente ans, mais l’investissement baisse sur la même période !
Ce qui tord le cou à un gros mensonge « gros profits=gros investissements=enrichissement de tous ».
• La courbe du chômage évolue depuis trente ans exactement comme celle des profits non investis (distribués), ce qui accuse les profiteurs à qui sert directement le chômage de masse.
En tout cas, 180 milliards d’euros par an de richesses siphonnées (20%… un cinquième de la richesse créée !) (passez-moi les décimales), ça représente combien de SMIC annuels ?
Le coût d’un SMIC annuel tout compris (sans réduction de charges) avoisine les 22 000 € par an, n’est-ce pas ?
Le paiement de la rente aux actionnaires nous coûterait donc chaque année plus de 8 millions de SMIC annuels !
Chers amis, est-ce que j’ai commis une erreur quelque part ?
Est-il farfelu de rapprocher ce chiffre de celui des chômeurs, officiels et officieux ?
Est-ce que tout cet argent ne manque pas aux grandes entreprises, très simplement, pour investir et pour embaucher ?
Est-ce que ces 180 milliards par an ne leur font pas défaut pour payer convenablement (au lieu d’étrangler par les prix) les PME qui sont leurs fournisseurs ? La pénurie de richesse qui naît de cette incroyable ponction ne se propage-t-elle pas dans toute l’économie jusqu’aux plus petites PME en rendant tous les acteurs pingres parce qu’appauvris ?
Je pense, par exemple, à l’étranglement des PME par la grande distribution, sociétés cotées en
bourse et extrêmement profitables, mais pour qui ?
Est-ce qu’on ne se moque pas de nous quand on prétend combattre le chômage avec de la précarisation des salariés, des aides aux entreprises, de la « flexibilité » des salariés, des diminutions des impôts des plus
riches, des efforts des salariés dans tous les sens pour se serrer la ceinture depuis des décennies, alors qu’un véritable racket s’enracine et s’amplifie impunément de l’autre côté des (soi-disant) « facteurs de production », le « facteur » qui décide, pas celui qui travaille ?
Est-ce que vous avez entendu parler du NAIRU
(Non-Accelerating-Inflation Rate of Unemployment : « taux de chômage non accélérateur de l’inflation »), et qu’est-ce que vous en pensez ?
(Voyez
title=« http://web.upmf-grenoble.fr/espace-europe/publication/cah_e_e/9/eisner.pdf »>http://web.upmf-grenoble.fr/espace-europe/publication/cah_e_e/9/eisner.pdf et
http://lenairu.blogspot.com/)
Est-ce qu’on peut accepter un cynisme pareil ? (un taux de chômage minimum pour protéger le tas d’or des rentiers du danger de l’inflation !)
Vous sentez probablement comme moi qu’il est tentant de se déplacer alors sur des considérations
juridiques, totalement intriquées avec les données économiques :
Qui décide de cette répartition de la valeur ajoutée ? De quel droit ?
Les dirigeants des entreprises cotées ? Par qui sont payés ces dirigeants ? Qui contrôle leur rémunération ? Les actionnaires ? Tiens, tiens…
Y a‑t-il un lien entre le niveau de rémunération des dirigeants et leurs choix de répartition des richesses ?
Qui vote aux assemblées d’actionnaires ? Y a‑t-il des salariés représentés dans ces assemblées où se décide (confirme) la répartition des richesses créées par tous ? Tiens… Et pourquoi pas ?
Pour créer des richesses, il faut deux facteurs de production : le travail et le capital. Comment se fait-il qu’un seul facteur, le capital, dispose de 100% du pouvoir ? Qui a écrit ce droit-là ?
Quel pourrait être, quel devrait être, le rôle du droit pour permettre enfin une certaine démocratie dans l’entreprise et, plus largement, dans toute la société tant les choix évoqués ont de répercussions sur la vie de tous les hommes ?
Où sont les verrous qui interdisent aux citoyens de reprendre la barre sur les sujets qui leur paraissent essentiels et sur lesquels leurs « représentants » déméritent gravement ? Quelle est la réalité que nous avons su donner, aujourd’hui, au précieux droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ? Qui
écrit les Constitutions ? Qui devrait écrire la Constitution ?
Est-ce que vous trouvez aberrante l’idée d’imposer un droit de vote des salariés, aux côtés des actionnaires et à part égale, dans ces assemblées générales où des décisions essentielles (pour toute la Cité) sont prises (ou validées) ?
Est-ce qu’on peut attendre de la loi qu’elle limite le droit à distribuer des dividendes ?
Selon quelle référence, quelle quotité ?
Est-ce qu’il est souhaitable d’interdire de payer les dirigeants en actions ?
Est-ce qu’on peut imposer une limite à l’amplitude de l’échelle des salaires dans une entreprise ? Un revenu maximum
?
Est-ce qu’on peut revenir à un mode de financement classique des entreprises (par prêts bancaires et la liberté après remboursement, plutôt que l’impôt à vie que sont les dividendes), moins dangereux que la Bourse Casino ? Est-ce
qu’on peut se débarrasser carrément des Bourses ?
Comment décontaminer tous ceux qu’on a déjà empoisonnés en les payant avec de gros paquets d’actions ?
Est-ce qu’on peut sortir du piège qui a consisté à embarquer de nombreux retraités qui sont bien obligés aujourd’hui de vivre avec cette technique de financement « casino roulette black jack » que, souvent, ils n’ont pas choisie ? Est-il concevable de revenir du mode de financement des retraites par fonds de pension à un financement par répartition ?
Bon, je pose trop de questions, pardon.
Surtout, que pensez-vous des chiffres que j’ai relevés sur le TEE de l’INSEE ?
Est-ce comme ça que vous les lisez de votre côté aussi ?
C’est bien 180 milliards ?
Remarques : j’ai vérifié auprès de l’INSEE, on ne peut pas invalider ce chiffre en précisant qu’une (parfois large) partie de la VA de ces entreprises cotées est créée à l’étranger : cet argument ne vaut rien car les chiffres de l’INSEE en question ont déjà été corrigés des opérations réalisées à l’étranger (les chiffres de l’activité dans le ‘reste du monde’ sont isolés dans une colonne à part).
De toutes façons, la richesse créée à l’étranger, si elle peut, malgré cette externalité de la source, profiter aux actionnaires, elle pourrait tout aussi bien profiter aux salariés, ou à la recherche, ou aux fournisseurs, non ?
J’ai également consulté quelques éminents économistes qui valident ma lecture des chiffres de l’INSEE.
Rejoignez le débat qui est lancé sur cette question de la démocratie dans l’entreprise imposée par une Constitution citoyenne, pour éradiquer le chômage, sur ces discussions de mon forum :
• « Limiter le droit de propriété avec un droit des salariés sur l’entreprise où ils travaillent »
https://old.chouard.org/forum/viewtopic.php?id=25
• « Rendre certains services publics indépendants du pouvoir exécutif » (les médias, les instituts de sondage et ceux de
statistiques, notamment) :
https://old.chouard.org/forum/viewtopic.php?id=45
J’ai hâte de vous lire :o)

Etienne,
Je valide la lecture de tous ces chiffres, pour le peu que j’en ai lu… c’est ainsi que j’aurais fait si j’avais cherché à le faire.…
…mais… je voulais juste te dire que tu vires à l’extrême-gauche avec de tels propos. De la démocratie dans l’entreprise… et pourquoi pas un référendum révocatoire ?… (ironie)
Plus sérieusement, si l’entreprise est effectivement une des rares structures totalitaire de nos sociétés « démocratiques », j’ignore selon quels principes nous pourrions remettre en cause le postulat : « c’est celui qui met la mise initiale qui récupère le jackpot ». J’entends « principe consensuel ».
De la démocratie en entreprise : The Take
Le film à voir absolument pour se sortir la tête des a priori !
Et parce que l’exemple argentin est parlant et mérite d’être connu : « dans le village mondialisé, l’Argentine est déjà arrivée là où vont tous les autres pays ! »
Bon sang… J’ai lu les commentaires sur AgoraVox. Je viens de comprendre à nouveau pourquoi je n’aime pas l’endroit. Comme Bellaciao, on y trouve les mêmes… mais dans l’autre sens.
La télé fait des ravages, les dogmes encore plus.
Et tu prends le temps de leur répondre.
Toi, te faire accuser de marxiste. C’est épatant. J’ai presque envie d’en rire. Si ce n’était pas un signe criant de pauvreté intellectuelle de la part des contradicteurs.
Ce que je ne comprends pas, pour revenir dans le sujet, presque, c’est comment il est possible d’écarter avec autant de mépris tout ce qui a fait le coeur des politiques des trente glorieuses, c’est-à-dire le « keynésianisme ». On pourra toujours relire la crise de 1929, accuser les états d’avoir déclenché les deux premières guerres mondiales, et que sais-je encore… mais sur la base de quels arguments peut-on à ce point dénigrer le keynésianisme ?
Pour l’anecdote : à l’époque où j’étais à la fac, c’était clairement parce que le keynésianisme, ce n’était pas assez de micro-économie mathématique… ça ne faisait pas de beaux mémoires, ni de belles thèses. Une thèse avec un modèle mathématique, des courbes partout, voire même un programme informatique qui tentait de faire évoluer le système, c’était génial… pour les profs. Et puis surtout, ce n’était pas dans l’air du temps, le keynésianisme. J’ai eu la chance de pouvoir étudier Kaldor à l’époque. C’était autrement plus intéressant que toutes ces théories sur les anticipations permettant de légitimer le fait que les états agiront toujours mal… tout en oubliant que les multi-nationales sont aussi grosses que des Etats (parfois plus), et qu’aucune théorie économique ne semble s’intéresser à leur caractère profondément nocif pour le plus grand nombre. Pire, l’existence de ces multinationales va à l’encontre des différentes théories sur l’équilibre général, et la concurrence pure et parfaite… théories fondant tout nos constructions de marchés libéralisés à travers le monde.
J’approuve 100000 fois ta volonté d’en revenir à des principes, en commençant par notre démocratie. Le reste devrait mécaniquement suivre… en théorie. Quoique parfois, un bordel sans nom, ça rassure… par rapport à un totalitarisme larvé, comme peut l’être la dictature de la majorité (cf. ce qui se passe aux US ces dernières années).
Je suis en train de ranger mes vieux bouquins d’éco… ce n’est pas très récent, mais à l’époque, j’avais été impressionné :
- « Economie & instabilité » Nicholas Kaldor, un des derniers keynésiens.
Autre genre, autre sujet… mais tout de même…
- « Donnant-donnant », théorie du comportement coopératif, de Robert Axelrod, livre amusant démontrant que quoiqu’il arrive, le seul comportement gagnant, à la fin, c’est « donnant-donnant ».
Je sais que tu as des milliers d’autres choses à lire… mais c’est juste par plaisir de partager les références ;-)))
Bonsoir
J’ai juste 2 choses à dire ce soir :
Dans le débat sur le partage de la valeur ajoutée, il ne faut pas oublier que le taux de l’impôt sur les sociétés jusque 1985 était de 50%, il est passé pprogressivement en quelques années à 33,33%. Il me semble qu’il faut prendre cela en compte si l’on fait une comparaison sur 20 ans.
La question est donc de savoir si cette économie d’impôts a été utilisée pour réaliser des investissements positifs, augmenter les salaires ou les dividendes des actionnaires.
Par ailleurs, il existe des idées pour créer un système économique qui nous sorte de l’idéologie néolibérale et qui ne nous ramène pas aux erreurs du marxisme. Je ne sais si elles sont valables, je peux citer le mouvement écosociétal, que l’on trouve sur internet et aussi le site de Benoit Borrits ( avec google faire démocratie économique). J’ai acheté son livre, ai à peine commencé à le lire. Je cite ces références pour éventuellement approfondir le débat, et demander à Fred, Etienne ou d’autres ce qu’ils en pensent.
Cordialement à tous
Surtout, que pensez-vous des chiffres que j’ai relevés sur le TEE de l’INSEE ?
Je pense que vous sous-évaluez le montant de la valeur ajoutée brute et que vous sur-évaluez la part des salaires dans la répartition de cette richesse produite, parce que vous négligez de prendre en compte une bonne partie de la richesse produite en France.
Pourquoi ne pas se référer au tableau 1 202 (cliquer ici) ?
Dans ce tableau la VAB pour 2004 s’élève à 1478,2 milliards d’euro. La part des salaires est de 58,04%.
L’inconvénient de ce tableau est que, pas plus que celui auquel vous vous référez, il ne prend en compte la part du travail (et celle du capital) dans les revenus mixtes.
Cependant, il permet de constater l’évolution, dans le temps, de la part de la rémunération du capital.
L’ancienne version des données de l’INSEE (malheureusement plus accessible), permettait de suivre cette évolution depuis 1978. il est surprenant qu’il ne soit pas possible de “raccorder” les 2 tableaux mais, quoi qu’il en soit :
Le plus grand écart se trouve entre les années1982 et 2002. entre ces deux années la part du capital est passée de 23,51% à 31,09% soit 7,58 points d’augmentation.
Cela ne fait pas les 10% généralement cités (à tort à mon sens) sur cette période, mais cela représente tout de même 106,7 milliards sur l’exercice 2002.
Merci à tous pour ces infos.
Pardon de ne pas être plus là : vous avez compris que ça barde sur agoravox et que ça me prend pas mal de temps…
Je viens de répondre à ‘gem’ qui prétendait (à tort, finalement) que j’avais commis une erreur de lecture du TEE.
Ma réponse est là : « Scoop : même gem peut dire des bêtises grosses comme lui ;o) »
Je crois que cette approche de l’imposture néolibérale par le volume du racket des rentiers en valeur absolue sera une arme de plus pour aider les gens normaux à entrer en résistance. Ces chiffres sont astronomiques…
Merci Jean pour l’adresse du tableau. Mais il manque les dividendes, non ?
Bonne nuit :o)
Bonsoir à tous
Juste pour indiquer à Jean et Etienne qu’il existe sur le site de l’insee les tableaux 3101, 3102, 3103, 3201, 3202, 3203 qui donnent le détail de la répartition de la valeur ajoutée pour chaque catégorie, à savoir :
- Les sociétés non financières
– Les sociétés financières
– Les entreprises individuelles non financières
etcc..
Je suis allé faire une excursion sur agoravox !
Après lecture de quelques posts, une envie irrepressible de me « tirer de là » m’a prise !
je ne sais pas exactement pourquoi…mais je creuse le sujet 😉
« Merci Jean pour l’adresse du tableau. Mais il manque les dividendes, non ? »
Effectivement !
Les dividendes n’apparaissent pas séparément, ils sont, évidemment, inclus dans l’excédent brut d’exploitation.
Est-ce important ?
Je peux me tromper mais, il me semble que nous sommes face à deux problèmes :
1/ Le partage (entre travail et capital) de la richesse produite.
2/ Ce que chacun fait de sa part (consommation ou investissement). Encore que, concernant l’investissement, il me semble plus important de savoir où il est fait que d’en connaître le montant.
Je dirais donc que l’important est de savoir où est investie la part de richesse ne servant pas à la consommation.
Est-il réellement profitable pour l’économie française que Renault, par exemple, investisse en Roumanie pour fabriquer des voitures qui seront vendues en France ?
Je m’en tenais donc à l’examen de l’évolution du partage de la richesse produite en France.
Cordialement.
Il manque une analyse aussi à réaliser sur la répartition de cette valeur ajoutée par tête de pipe.
Sur AgoraVox, Adolphos n’arrête pas de dire que les salaires représentent des montants fabuleux par rapport aux dividendes, mais jamais on ne parle de répartitions individuelles de ces montants. 30 milliards de dividendes à répartir entre 1000 actionnaires, ça n’a pas la même signification que 300 milliards à répartir entre 10 millions de salariés (chiffres bidons, mais c’est pour illustrer mon début de raisonnement).
Un élément qui m’a tjs choqué, c’est le PNB par Habitant. Constater qu’aux US, il est plus élevé qu’en France, alors que les pauvres, là bas, se comptent en dizaines de millions, parait-il, ça m’a toujours fait penser que ce critère n’était pas valable et qu’il masquait de nombreuses disparités. En statistiques, pour rendre mieux compte de l’ensemble, on pratique la méthode des quantiles… on vire les deux quantiles extrêmes, c’est à dire les 5% les moins élevés de l’échantillon, et les 5% les plus élevés. En gros, ça vire les SDF et les milliardaires, pour le cas qui nous occupe, et c’est supposé donner une meilleure idée de la richesse globale. Je ne connais pas de stats de ce genre pour le PNB/tête… pourtant, ça serait surement intéressant, pour pouvoir réaliser des comparaisons plus parlantes.
ce qui est déterminant c’est la question :
« quelle est la motivation unique qui détermine la marche d’une économie entre les mains exclusives de l’infime minorité qui touche les fameux dividendes « ?
Des humains qui ont une telle « pensée unique », obsessionnelle, et qui tiennent les rennes, ne peuvent que nous mener à la catastrophe annoncée :
le pire a déjà eu lieu (« le capitalime porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage »), mais désormais, la « modernité » va en sortir un encore plus gros !
Bonjour Étienne,
Vous sollicitez nos avis sur un sujet particulièrement complexe que les spécialistes semblent prendre plaisir à compliquer à loisir lorsqu’ils l’expliquent. Comme dirait Colluche : « quand ils ont fini de répondre, tu comprends plus ta question ! »
Plutôt qu’un avis non qualifié, je préfèrerais formuler des questions certainement simplistes.
Et, j’en ai des paquets à poser,… de questions !!!
1/ Quelles richesses produites ?
Si on examine les différents tableaux disponibles sur le site de l’INSEE on constate pour 2004 :
(voir Tableau 1203) que les richesses sont produites par différents (5) secteurs institutionnels.
-* Sociétés non financières : 837,9
-* Sociétés financières : 71,5
-* Administrations publiques : 265,8
-* Ménages : 296,6
-* Instit. ss but lucr. au service des ménages : 17,6
Total : 1489,3
Cette colonne (2004) devrait normalement se retrouver à la ligne (14) B1/PIB du tableau que vous utilisez.
Première remarque : ce qui est gênant c’est que sur deux tableaux de l’INSEE traitant de la même chose et, sur la même base, les chiffres sont différents aussi bien au total que pour chacun des secteurs.
Or, j’aime bien pouvoir croiser les données pour vérifier qu’elles sont fiables (c’est une des premières règles de comptabilité).
Mais, bon ! Admettons que le tableau T_430_04 n’a pas été mis à jour.
2/ Quelles richesses à distribuer ?
On doit, normalement retrouver la même somme que celles des richesses produites.
Et, effectivement, :
(voir tableau 1202) la VAB à partager est bien de 1489,3 milliards d’euros.
Là ! ça colle !
1489,3 milliards de richesses produites et 1489,3 milliards de richesses à distribuer.
Questions
Ne voyez surtout pas d’intentions polémiques !
Ce sont les questions que je me pose réellement.
1/ Pourquoi ne considérer que le partage de 895,7 milliards d’euros sur 1489,3 milliards d’euros de richesses produites en France en 2004 ?
2/ Pourquoi ne considérer que 579,7 milliards d’euros de rémunération des salariés sur 865,4 ?
3/ Pourquoi ne considérer que les dividendes versés aux seuls actionnaires des sociétés financières et non financières soit 177,6 milliards d’euros sur 458,8 milliards d’excédent brut ?
Et, dans ce cas, à qui considère-t-on que sont distribués les 381,2 milliards restants ?
même s’ils sont investis, ne viennent-ils pas augmenter la capitalisation des actionnaires ?
4/ Dans le cas où ces 381,2 milliards d’excédents seraient investis, est-il obligatoire qu’ils soient investis en France pour être pris en comptes comme investissement ?
Même dans le cas d’une entreprise multinationale ayant son siège en France ?
Dans ce cas (investissement hors de France), ce prélèvement ne manquerait-il pas autant à l’activité française que s’il avait servi à distribuer des dividendes ?
5/ D’autre part, les dividendes peuvent servir à l’investissement, de même que les salaires, doit-on distinguer dans ces deux catégories ce qui sert à la consommation et ce qui sert à l’investissement ?
bonjour,
j’ai regardé le TEE de 1995 , celui de 2003 puis celui de 2004.
en 1995 , la rémunération des salariés représentait 63 % de la VA brute
en 2003 et 2004 elle représente 65 %
pour l’EBE ( les dividendes font partie de l’EBE ) :
1995 : 32% ; 2003 : 31,4%, 2004 : 30 %
si l’on s’intéresse aux revenus distribués des sociétés, l’augmentation est importante en milliards d’euros : de 58 mds en 1995 à 99,3 mds en 2003
ces Rev. distribués ont augmenté de 71 % en valeur absolue pendant que la rémunération des salariés prenait plus 35 % ( mais réserve :la masse de départ n’est pas la même )
le plus remarquable est l’évolution très récente en 2004 : puisque les rev. distribués des sociétés passent à 145 mds soit 46 mds d’euros en une année
la répartition salariés /EBE n’a quasiment pas changé , la rémunération des salariés reste aux deux tiers !
ce qui à changé est l’utilisation de l’EBE
à mon sens ‚on ne peut pas dire :« tout pour les profits , rien pour les salaires » mais plutôt « tout pour les profits et moins pour l’investissement ! »
de plus ces profits mirobolants concerne les très grandes entreprises qui réalisent ces résultats essentiellement à l’étranger ‚rien à voir avec le tissu industriel français majoritairement composé de PME qui , elles , souffrent !
il faudrait donc identifier qui sont ces actionnaires qui perçoivent ces profits ?
de plus où sont réinvestis les profits ?
il faut savoir également que de 1995 à 2003 les impôts sur revenu et patrimoine sont passés de 99,5 mds d’euros à 173 mds d’euros soit + 73 %
les cotisations sociales : + 20 %
les prestations sociales : + 32 %
en conclusion, la répartition de la VA n’a pas été tant défavorable que cela aux salaires qui restent aux deux tiers
le pb est : que faire pour encourager l’investissement dans un environnement mondialisé avec des actionnaires de toutes nationalités cherchant d’abord le résultat à court terme ?
PS : tous les chiffres que j’ai cité proviennent de l’INSEE des fameux TEE utilisés par Etienne
enfin autre question :
ces profits distribués ‚( que ce soit aux riches actionnaires ou aux six millions de petits actionnaires français qui ont quelques actions de grandes entreprises ), à quoi sont ils utilisés ?
ils reviennent dans le circuit économique, pour partie dans le secteur du luxe
ces profits réinjectés sous diverses formes ne font – ils pas vivre des ménages ?
un des intervenants a t ‑il la réponse sur l’utilisation de cet argent ?
sur qui perçoit et combien ?
existent t – ils des études sur ce point ?
Etienne, tu écris :« Le paiement de la rente aux actionnaires nous coûterait donc chaque année plus de 8 millions de SMIC annuels ! »
« 180 milliards d’euros par an de richesses siphonnées »
ces milliards sont bien utilisés et cette utilisation fait bien vivre des salariés d’autres entreprises, les dividendes distribués ne sortent pas de l’économie pour être thésaurisés dans des bas de laine ? ils sont au minimum épargnés et l’épargne est utile à l’économie.….
tout cela pour dire que ce n’est pas aussi tranché que l’affirmation « l’un au détriment de l’autre »…la nuance , l’approfondissement serait bien utile
cordialement
Entièrement d’accord avec vous pour dire que les dividendes sont compris dans l’EBE.
En revanche, lorsque vous dites :
»« j’ai regardé le TEE de 1995 , celui de 2003 puis celui de 2004.
en 1995 , la rémunération des salariés représentait 63 % de la VA brute
en 2003 et 2004 elle représente 65 %
pour l’EBE ( les dividendes font partie de l’EBE ) :
1995 : 32% ; 2003 : 31,4%, 2004 : 30 %« »
Êtes-vous certain d’avoir bien regardé ?
En 95 la rémunération des salariés s’élevait à 619,2 milliards d’euro soit 57,95% de 1068,5 milliards d’euro (VAB de l’année), en 2004 elle s’élevait à 865,4 milliards soit 58,11% de 1489,3 milliards et, en 2003 à 837,5 milliards soit 58,37% de 1434,8 milliards.
Quand à l’EBE les chiffres de l’INSEE donnent :
1995 : 321,9 milliards soit 30,12%.
2003 : 439,8 soit 30,65%.
2004 : 558,8 soit 30,81%.
__En fait pour voir l’évolution il est nécessaire de considérer une période plus longue ;
en 1982 l’EBE ne se montait qu’à 22,80% de la VAB (116,7 milliards sur 512,1 milliards d’euro).
Sur cette période, 1982–2005, l’EBE a gagné 8,01 point de VAB !__
j’ai regardé les chiffres mais seulement pour les sociétés non financières pour coller à l’exemple de Etienne en 2004 ( remuné.des salariés 639,2 et revenus distribués 146,7 : il est possible d’y rajouter les sociétés financières mais pour les colonnes s13/14/15,il n’y a pas de revenus distribués des sociétés : c’est ce point qui est intéressant plus que l’EBE si j’ai bien compris le texte écrit par Etienne)
avez vous le lien pour le TEE de 1982 ?
depuis les années 1980.. ‚le financement de l’économie est désintermédié, les entreprises ont recours au marché de la bourse …les gvts ont encouragé les achats d’actions, ont privatisé etcc
cordialement
revenons sur le TEE 2004 n’y aurait il pas une erreur ? ( ou quelque chose m’échapperait il ? ) :
prenons la colonne stés non financières :
VA brute = 828,5
dont rémunérations des salariés 639,2 ( reste 189,3 ), dont impôts sur la production 44,4 ( reste alors 144,9 ), réaffectons les subventions + 10, 3 ( reste 155,2 !)
pourquoi le TEE donne t il 255,2 pour l’EBE ?
d’ou viennent
ces 100 ?
merci d’avance !
j’ai besoin de lunettes c’est 539, 2, je cours chez l’ophtalmo !
Cher Jean,
vous dites :
On peut imaginer que les salariés ne se consoleront pas de leurs souffrances en sachant que ceux qui ont pris l’argent le réinjectent finalement un jour dans le circuit…
Ils auraient autant aimé réinjecter eux-mêmes ces richesses dans le circuit…
On ne peut pas raisonner uniquement en grandes masses, comme si le choix des portefeuilles intermédiaires était indifférent…
:o)
Par ailleurs, bien malin qui dira ce que les actionnaires font de leurs dividendes… Est-ce que quelqu’un surveille et comptabilise ça ? Je ne le pense pas.
Les courbes divergentes des profits (qui montent depuis 30 ans) et des investissements (qui baissent sur la même période) confirment bien qu’il n’y a pas du tout de lien automatique entre les profits et l’investissement : il peut fort bien y avoir confiscation au passage…
Amicalement.
Étienne.
Bonsoir Étienne,
Je crains de m’être mal exprimé.
En tout cas, vous m’avez mal compris !
Je voulais seulement remarquer
1/ que le problème de l’investissement était distinct de celui du partage de la richesse produite. (le partage /ce que chacun fait de sa part)
2/ que l’investissement n’était profitable à l’économie française qu’à la condition qu’il s’effectue en France (où est investie la part de richesse).
OK Jean, c’est vrai, mais quel rapport avec ma question de départ ? Quelle est, d’après vous, l’ampleur de la ponction des dividendes sur la VA ? Et quelle est la force d’explication qu’on peut tirer de cette mesure pour comprendre le chômage de masse ?
Par ailleurs, vous vous demandez pourquoi ne retenir que les sociétés (financières et non financières) dans mon calcul.
Il m’a semblé logique d’exprimer le volume des dividendes distribués par rapport aux richesses distribuables.
J’appelle « ponction » ces distributions parce qu’un groupe d’acteurs décide seul de son montant, de façon léonine, à mon sens.
Il me semble qu’exprimer cette ponction en proportion de toute la VA du pays, en englobant des sommes (considérables) sur lesquelles aucun dividende ne peut être prélevé, revient à sous-estimer (artificiellement) la part du lion (là où il peut sévir).
Cela vous paraît-il pertinent ?
Merci à tous pour vos précieuses réflexions, et pardon de pas être plus disert, je suis désespérément débordé (je suis en train de dévorer deux livres dont il faut absolument que je vous parle bientôt ;o)
Amicalement.
Étienne.
Bonjour Étienne,
Vous demandez :
« quelle est la force d’explication qu’on peut tirer de cette mesure pour comprendre le chômage de masse ? »
Je ne sais pas si cette force est bien grande ?!
Bien sûr, il n’est pas question de nier qu’un rapport existe.
Mais, la relation chômage de masse/ponction des dividendes n’est certainement pas univoque. Je doute même qu’elle soit prépondérante.
Je pencherais plutôt pour dire que la cause principale du chômage de masse réside dans une phrase que l’on retrouve aux détours (à de nombreux détours) de tous les traités européens encore en vigueur : « un marché ouvert où la concurrence est libre et non faussée. »
Bon !
C’est pas clair !
On va tenter de l’être plus. Cela aura au moins le mérite de préciser ce qui est un peu confus dans mon esprit.
I/ Le partage de la VAB.
Chaque année, une certaine richesse est produite en France.
Cette richesse produite annuellement (peu importe par quel secteur institutionnel), augmentée ou diminuée des subventions ou des impôts sur la production, est partagée entre la rémunération du capital et celle du travail.
Tout ce qui ne va pas à la rémunération du travail va à celle du capital et, réciproquement. (Ou bien, quelle est la troisième catégorie bénéficiaire du partage ?)
Le cas des revenus mixtes (artisans, professions libérales, travailleurs indépendants,…) est particulier puisque, la part du travail est indissociable de celle du capital (possesseur du capital et travailleur ne faisant qu’un).
Mais, pour tous les autres cas, l’EBE, dans sa totalité, représente la rémunération du capital :
– Soit en dividende,
– Soit en accumulation de capital.
Pour moi, les deux constituent la rente.
Il se trouve que, ces dernières années cette rémunération du capital (toute l’EBE, pas seulement les dividendes !) a, fortement augmenté et, évidemment, la rémunération du travail a diminué en parallèle.
Vous dites que : « exprimer cette ponction en proportion de toute la VA du pays, en englobant des sommes (considérables) sur lesquelles aucun dividende ne peut être prélevé, revient à sous-estimer (artificiellement) la part du lion ».
Je n’en suis pas persuadé.
Pour 2004 par exemple :
Avec votre calcul la rente représente 30,6% de la VAB des sociétés financières et non financières.
Avec mon calcul (tout l’EBE représente la rente) la rente représente 30,81% de la VAB.
Et, si on exclut les revenus mixtes qui ne participent pas au partage, la rente représente 33,11% de la VAB diminuée des revenus mixtes !
De plus, d’utiliser cette donnée me permet d’avoir accès à des séries plus longues.
Ainsi, la rente (l’EBE) est passée de 22,80% de la VAB en 1982 à 30,81% de la VAB en 2004. Soit 8,01 points de VAB de gains supplémentaires !
Et, ces 8,01 points se rapportent à 1489,3 milliards d’euro !
Ce qui représente 119,3 milliards de gains supplémentaires, pour le capital, en 2004.
119,3 milliards d’euro qui ne cotiseront pas (en dehors de la CSG et du RDS) aux divers régimes de protection sociale !
Et, même si on ne considère que la VAB diminuée des revenus mixtes, la rente est passée de 25,80% de cette VAB en 1982 à 33,11% en 2004. (ce qui peut s’expliquer par la diminution (salarisation ?) des revenus mixtes dans la VAB).
II/ L’investissement :
L’ investissement permet de maintenir la compétitivité de l’appareil de production.
De tout l’appareil de production ! en France ou, à l’étranger.
Donc, l’investissement, en France, permet de maintenir la compétitivité de l’appareil de production français.
L’investissement génère de l’activité économique.
Il génère cette activité dans le pays où sont achetés les outils de production.
Donc, l’investissement, français, génère de l’activité économique en France.
On le voit, l’effet de l’investissement dépend donc du lieu où il se fait et, de la nature de cet investissement mais, il dépeint, également de ces sources.
Sources :
L’investissement peut provenir :
- De France ou de l’étranger
Dans le cas où l’investissement est d’origine étrangère et qu’il est fait en France avec du matériel français c’est, évidemment, tout bénéfice.
S’il est fait à l’étranger avec des matériels étranger et de l’argent français, l’avantage ne me paraît plus aussi évident !
- De revenus du capital ou de revenus du travail.
Des revenus du travail :
Certains salaires sont suffisamment importants pour permettre de gros investissements.
Mais, même les revenus moyens ou petits participent à l’investissement par le biais des ZINZINs !
De la rémunération du capital :
Soit par réinvestissement des dividendes ; les gros rentiers ne pouvant pas consommer toute leur rente (et comme il est dans leur nature de vouloir toujours plus !…)
Soit directement, par auto financement, dans ce cas, la part des dividendes diminue mais, la valeur de l’entreprise augmente et l’EBE reste le même.
III/ Influence de la part des dividendes :
On le voit, les dividendes sont :
– Soit investis et, ils est important de savoir où.
– Soit consommés, ce qui est le cas pour une grande partie de ceux perçus par les fonds de pension et, là encore, ils est important de savoir où ? Puisque, c’est là où ils seront consommés qu’ils stimuleront l’économie.
Leur influence est plus importante en fonction du lieu où ils sont utilisés que par la part d’EBE qu’ils représentent.
IV/ Influence de l’EBE :
Si nous considérons, maintenant, l’influence de l’EBE sur le chômage de masse.
Le capital a intérêt à investir là où sa rémunération, tout compris, dividendes et accroissement du capital (EBE) est la plus élevée.
Peu lui importe le partage entre dividendes et auto-investissement, seul le total l’intéresse.
C’est-à-dire que, dans la mesure où il peut ensuite vendre sa production où il y a encore du pouvoir d’achat, il va investir où la main d’œuvre est le meilleur marché. Peu lui importe l’activité économique de tel ou tel pays.
Dans l’optique d’un « marché ouvert où la concurrence est libre et non faussée » c’est donc l’EBE qui importe.
Pour illustrer ce propos :
Je me suis amusé, il y a quelques temps, à examiner les échanges entre l’Europe des 15 et la Chine.
Dans ces échanges, nous (l’Europe des 15) étions déficitaires de 24 milliards d’euro.
Déficit, j’en conviens, tout à fait raisonnable !
Mais !
Puisque nous parlons de chômage, l’euro ne paraît pas être un instrument de mesure adéquat.
Si on traduit ces échanges en heures de travail (au coût moyen de l’heure dans les deux zones) on arrive à un déficit de près de 200 millions d’années/homme de travail.
En temps de travail, pour parler comme l’INSEE, nos échanges avec la Chine sont déficitaires de 200 millions d’emplois équivalents temps plein !
Bonjour Étienne,
Les courbes divergentes des profits (qui montent depuis 30 ans) et des investissements (qui baissent sur la même période) confirment bien qu’il n’y a pas du tout de lien automatique entre les profits et l’investissement : il peut fort bien y avoir confiscation au passage…
Il y a deux phénomènes concomitants, ils sont certainement liés par une relation.
Mais, l’un découle-t-il de l’autre et, lequel découle de l’autre ?
Quel est le primum movis ?
On peut même affirmer qu’avec la montée du chômage durant la même période, il y a trois phénomènes reliés par une relation de cause à effet.
Peut-on écarter l’hypothèse que ces trois phénomènes découlent, tous, d’un quatrième phénomène non envisagé ici ?
D’une manière plus générale, lorsque plusieurs phénomènes sont concomitants, peut-on écarter la possibilité que tous ces phénomènes découlent, en réalité, d’un autre phénomène que l’on ignore ou, que l’on n’a pas envisagé ?
Au cours de ces trente dernières années un autre phénomène s’est développé : la mondialisation de l’économie.
Avec cette mondialisation il est possible de vendre n’importe où, ce qu’on a produit où l’on veut. C’est-à-dire où c’est le plus avantageux.
Avec cette mondialisation, on est donc parvenu à mettre en concurrence “libre et non faussée” les travailleurs du monde entier. Et, avec l’accroissement de la productivité, la main d’œuvre mondiale est surabondante, l’offre de main d’œuvre est supérieure à la demande ; les donneurs d’ordres sont donc en position de force.
Ces donneurs d’ordres peuvent donc exiger toujours plus pour toujours moins. Et, ils ne s’en privent pas.
De quand peut-on dater la montée en puissance de la mondialisation de l’économie ? De la libre circulation des biens et des services ?
Personnellement, je me souviens de l’époque où BOUSSAC (en revanche je ne me souviens plus de l’orthographe de son nom) se désolait d’avoir à fermer ses usines de textiles en France, parce qu’il était concurrencé par les textiles Indiens ou Sud Africains.
Il omettait seulement de préciser qu’il était, également, propriétaire de ces usines Indiennes ou Sud Africaines ! Et, qu’il était, pour lui, nettement plus rentable de vendre, en France, des cotonnades produites en Inde que, les mêmes produites en France !
Ne pourrait-on examiner l’hypothèse selon laquelle à l’origine de la hausse des profits et de la baisse des investissement se trouve cette possibilité de mettre en concurrence les travailleurs du monde entier sans qu’ils aient, par ailleurs, la possibilité de s’organiser mondialement ?
Les travailleurs du monde entier sont en concurrence : illustration : les salariés français sont passés aux trente cinq heures
la France, un pays sous le joug du libéralisme ? Je ne crois pas.
la France , un pays qui étouffe sous une masse de lois inutiles, un pays qui ne fait que râler, enfin aux yeux de nous autres étrangers qui vous observons vous débattre sur des questions sans importance alors que votre économie n’est pas si perdante que vous le dites dans la mondialisation : vous pouvez comparer les Investissements directs croisés, vous serez surpris.
Bonsoir (excusez le langage approximatif).
Trés intéressante, votre lecture de chiffres et les questions « y afférente ». Elle me servira pour certains argumentaires.
Je fais une initiation en droit des affaires depuis peu, à un niveau modeste. Et moi qui ai été toujours salariée, j’ai appris que ce qui importe dans la création d’une société commerciale, c’est la création d’une activité quotidienne et la volonté de réaliser des profits et non de vivre de son activité comme pour le statut des artisans.
Suivant la forme des sociétés commerciales, les apports sont indissociables des biens personnels ou au contraire les pertes limitées à l’apport initial. Suivant certains modèles de sociétés encore, les titres sont strictement encadrés par les statuts ou au contraire libres d’échange et de négociation.
Pour ce qui concerne l’entrée en bourse de certains titres, je ne me suis pas encore penchée sur la question.
Pour changer la donne de ce modèle économique des entreprises et répondre à votre question de la place de l’intérêt des salariés qui a mes yeux est pertinente, il faudrait pouvoir concevoir une autre logique juridique sur le statut des sociétés et des entrepreneurs. Faire avancer la doctrine, cela ne paraît pas facile tant le droit commercial touche un domaine vaste du droit des contrats (fournisseurs, clients, salariés…), de la consommation,.…
Par ailleurs, trop peu de salariés connaissent le fonctionnement juridique réel des sociétés, et les idées reposent souvent sur l’arbitraire de ce que l’on méconnaît .
J’essaye d’imaginer, une fois la connaissance un peu plus large, ce que doit pouvoir être le but poursuivi de la création d’une société à partir du moment où elle engage un contrat entre un entrepreneur et un salarié, pour que l’activité existe. (L’activité entraine elle même d’autres actes juridiques encadrés.)
L’un comme l’autre, entrepreneur et salarié, se doivent de respecter le droit national qui leur donne existence et statut et forme leur contrat. Le droit reconnaît l’entrepreneur et lui donne des droits et obligations, de même pour le salarié. Tous deux sont des citoyens de la nation qui leur donne état civil et statut au RSC pour les entrepreneurs. Leur intérêt doit-il être distingué ou au contraire convergent-ils ? Je trouve la question difficile. C’est la question du droit patrimonial je crois. Y aurait il avantage à des intérêts plus équilibrés et commun ? Cela pourrait-il se retranscrire dans le droit ? Il faudrait tout changer pour ce faire, il me semble.
Chacun participe de l’économie nationale, qui a du sens à être si l’on veut croire encore à l’existence démocratique d’un État de droit. (À mes yeux le droit international du commerce permet trop d’ atteintes dans le champs du droit national, qui de laisser des sociétés s’intaller et déroger à leurs obligations dans des zones de non droit, par exemple).
Peut-on imaginer, si un entrepreneur prend le risque de créer une société et d’apporter des fonds propres, qu’une fois l’activité lancée et sa part recouvrée, ce qui vient par la suite ne soit que la juste redistribution de la richesse créée par l’ensemble des acteurs de l’entreprise ?
Nul salarié ne dispose du droit de déterminer la politique de pérénité ou non de l’entreprise avec laquelle il est lié par contrat. Les salariés ne peuvent faire pression que pour améliorer leurs conditions de travail par des grèves, mais rarement pour influer avec raison sur le devenir de l’entreprise, sauf à être actionnaires. Ils n’ont pas accès aux chiffres, ni aux assemblées, ni aux décisions. Un entrepreneur peut être incompétent et se servir allègrement et servir ses actionnaires, mettre en péril la société par mauvaise gestion, ainsi que le contrat qui le lie au salarié. Mais le droit lui permet de tirer avantage de ses dividendes (c’est le principe), sans qu’il soit par ailleurs obligé de penser une trésorerie en cas de coup dur par exemple (ce qui explique certains licenciements dans les petites entreprises). Pour atténuer la faute de l’entrepreneur, le redressement ou la liquidation judiciaire, qui ne profite pas aux salariés.
Il y a des entrepreneurs irresponsables qui préfèrent contourner leur obligations ou les méconnaître sous des prétextes personnels qui marchent souvent trés bien devant la crédulité des salariés.
Je pense qu’il faudrait former les salariés à connaître leurs droits et devoirs, car si l’on faisait respecter à minima ce qui est exigé par la loi dans le fonctionnement des entreprises, les entrepreneurs ne feraient pas forcément la pluie et le beau temps. Mais voilà, il faut le reconnaître, il y a bien des salariés véritablement trop peu cultivés et d’autres que cela arrange de ne pas faire l’effort de s’approprier ces savoirs essentiels ne serait-ce que pour les faire évoluer quand les employeurs de leur côté font aussi la même chose. Ce sont des arrangements tacites, et quand la crise est là, on se rappelle que le droit existe.
Tout cela pour dire, dans la perspective de faire avancer les réflexions sur le sujet de la voie au chapitre des salariés, encore faudrait-il que nous ne soyons pas ignorants du fonctionnement de nos propres entreprises, ni des règles économiques qui les obligent. Cela demande quand même un bon niveau de connaissance pour penser autrement ces règles (d’ou le besoin d’une bonne instruction).
Quant à la valeur ajoutée, je suis entièrement d’accord pour qu’elle soit mieux redistribuée.
À mon niveau, je n’ai pas une once de solution à apporter, sauf envisager de bloquer une part des dividendes pour trésorerie, pour les réinvestir automatiquement dans l’activité ou dans les salaires et créations d’emplois. Ou bien faire des seuil revus à la baisse de distribution d’intérêts sur les actions cotées. Éliminer l’actionariat serait révolutionnaire, car il faudrait réécrire le droit des sociétés. L’idée n’est pas déplaisante, il faut bien commencer par quelque chose. Mais là, je vais faire hurler les entrepreneurs et les actionnaires, petits comme gros.
Luc,
Ben oui !
Au même titre que les autres pays.
Il ne s’agit pas, ici, d’une croyance mais d’un constat.
Il me semble !
Mais je suis prêt à changer d’avis si on me démontre le contraire.
Exact !
Et, à raison de 35 heures par semaine, ils ont tout de même produit une VAB en augmentation.
Seulement, ils n’en ont pas bénéficié comme ils l’auraient dû, puisque le partage de la Valeur Ajouté Brute montre que c’est la part du capital qui a augmenté.
Par ailleurs, je ne vois pas ce que le fait que la France « étouffe sous une masse de lois inutiles » et soit toujours en train de râler a à voir avec le présent sujet.
Cordialement.
Bonsoir
Les français sont des râleurs, qui passent leurs temps à discuter de choses peu importantes, et qui n’ont pas à se plaindre du libéralisme, puisque nous ne serions pas perdants.
Je voudrais d’abord faire remarquer que la France est toujours la 4ème puissance économique du monde, qu’elle a plusieurs siècles de développement derrière elle ; il paraît logique qu’elle garde un avantage initial, dû au développement économique, au savoir-faire de ses salariés, de ses chercheurs, etc. Cela ne change rien au problème mondial posé par la mondialisation néolibérale qui est incapable de régler les problèmes posés à l’humanité.
Je voudrais également faire remarquer que lors de la lutte contre le CPE la pluspart des syndicats européens soutenaient les manifestants français, il ne faut pas confondre l’opinion de la presse et des journaux économiques inféodés aux multinationales et celle des citoyens. La réalité est plus contrastée.
Les salariés des autres pays ont très bien compris que la remise en cause du code du travail en France faisait partie d’une statégie d’ensemble européenne basée sur le dogme libéral. Là non plus, nous n’étions pas le mouton noir!!
Ensuite, je veux bien admettre, que entre tous les pays des différences culturelles subsistent, qu’il convient de ne pas les négliger si l’on veut construire une europe des citoyens.
Le dernier courriel pose les bonnes questions, le sujet mérite des développements très approfondis.
La première difficulté résulte de la diversité des entreprises. De par ma profession, je suis amené à visiter des PME, les dirigeants sont les actionnaires principaux de ces sociétés : souvent les dirigeants sont amenés à hypothéquer leurs biens pour obtenir des crédits bancaires pour mener des projets de développement toujours risqués au départ. Parfois, vous avez d’anciens salariés qui reprennent des entreprises en faillite et qui relançent un outil de production. La distinction capital/travail est moins évidente à déterminer que pour les multinationales où les actionnaires n’ont jamais visité les entreprises dont elles sont propriétaires.
La solution passe certainement, en dehors de l’information et d’une formation économique de base des salariés, par la réforme du droit commercial. Plusieurs options sont possibles, on pourrait augmenter les pouvoirs du comité d’entreprise ou faire rentrer des représentants de salariés au conseil d’administration. Il paraît possible que les salariés aient leurs mots à dire en cas d’OPA.
Mais, compte tenu de l’hétérogénéité des sociétés, rénover le droit commercial paraît difficile, et cela ne peut se faire qu’au niveau européen. Il faut aussi admettre que les SCOOP n’ont pas bien marché. Si l’on veut créer une nouvelle société de producteurs ( cf. site de Benoît Borrits ) il faut tirer les leçons de ces échecs pour évoluer vers la « démocratie économique ». Un grand chantier est devant nous. L’imagination est aussi nécessaire que la compétence technique.
Cordialement à tous.
Suite à la lecture d’André, une réflexion me vient.
Toute la difficulté tient au fait du droit de propriété des entrepreneurs, qui comme il a été dit, possèdent des parts importantes et déterminantes sans rien connaître de l’entreprise elle même ni des conséquences de leurs choix stratégiques en terme de dégâts collatéraux dus aux restructurations ou délocalisations, et donc du chômage.
A‑t-il déjà été pensé un calcul permettant de faire la part exacte de richesse produite par le corps salarial et envisagé d’en faire la propriété exclusive de celui-ci, comme par exemple ce qui détermine un apport en industrie dans certaines sociétés ? (brevets, carnet d’adresse, savoirs-faire, etc.) En déterminant la propriété de cet apport aux travailleurs, que l’on pourrait nommer singulièrement en droit, n’y a‑t-il pas moyen de leur rendre ainsi les moyens de faire pression sur les décisions économiques de leurs entreprises ? Qu’est-ce que cela amène en terme de conséquences ?
A‑t-il été calculé aussi ce que rapporte une restructuration en terme de bénéfice pour une économie nationale en lui soustrayant le coût du chômage et des allocations conjointes, les coûts de santé liés, et les subventions publiques quand elles ont été données. Les restructurations profitent aux actionnaires, les délocalisations aussi, et ils déterminent par le biais de leurs administrateurs des contrats absolument scandaleux pour le dirigeants (appelés parachutes), quand par ailleurs ils baissent les coût des revenus de facteur (salaire). Mais l’État, donc nous, les citoyens, travailleurs et contribuables, nos institutions publiques (les hopitaux, les écoles,la justice,…) recevons-nous suffisamment au regard de la perte subie ?
Ces capitaux sont ils objectivement la propriété des actionnaires ? Je n’en suis pas du tout convaincue.
Bonjour,
Je suis Max, membre du CA d’Attac Marseille (Cf. « Santé à vendre » sur Radio GALÈRE, 88.4Mz, tous les mardis à 8 heures et 13 h 30).
Voici quelques éléments relatifs à l’évolution de la répartition de la valeur ajoutée depuis 20 ans.
Il y a bien sûr les rapports sur le sujet (Disponibles sur le site de la documentation française :
L’architecture des prélèvements en France :
état des lieux et voies de réforme
Rapport François Bourguignon, Dominique Bureau
Partage de la valeur ajoutée
Rapport de M. Patrick Artus et Daniel Cohen
Commentaires Robert Boyer et Jean-Philippe Cotis. Annexes préparées par
Gilbert Cette et la Direction de la Prévision
Il y a aussi le rapport Malinvaud.
Vous y trouverez tous les graphiques explicitant le rapport VA affectée aux salaires / Somme totale de la VA produite (PIB).
Entre début des années 80 et le milieu des années 90 la part des salaires perd 10 % de PIB (150 milliards d’euros).
Poterba (1997, cité dans le rapport Bourguignon) montre par exemple que la VA orientée vers le travail (salaire + salaire différé) passe de 72 % en 1981 (Cf 71 % en 1966, puis autour de 68 % dans les années 70) à 60 % en 1995, après une chute brutale à partir de 1986 (68%), 1988 (64 %), 1990 (62 %).
Je vous livre la suite des réflexions que m’a inspiré cet état de fait.
(Cf États Généraux de la Santé et de l’Assurance Maladie, Marseille, 2 avril 2005)
Ma question est de connaître la raison pour laquelle la population n’est pas très mobilisée à propos de la libéralisation du secteur sanitaire comme un marché de services comme les autres avec la rupture d’un droit à la protection de la santé énoncé en 1943 par le Conseil national de la Résistance, inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946.
Cette rupture idéologique, mais aussi très concrète va pourtant se traduire dans le financement. Pourquoi les gens ne réagissent pas ? Parce qu’il croient que l’on n’y peut rien parce qu’il y a « le déficit ». C’est une sorte de fatalité.
Je vous signale au passage que les résistants qui ont vécu cette époque, je pense en particulier à Raymond Aubrac, Commissaire de la République à Marseille entre 1945 et 1947, nous disent très clairement qu’il ne comprennent pas que l’on a pu le faire en 1945 et qu’on ne pourrait pas le faire aujourd’hui alors que nous n’avons jamais été aussi riches.
Je vais vous parler du financement, et je voudrais vous expliquer, dans la mission d’éducation populaire de l’association ATTAC, que ce déficit est fabriqué, non pas parce qu’on dépenserait trop, – à vrai dire, il y a des façons beaucoup plus stupides de dépenser l’argent des français que de les soigner -, mais parce qu’on retire des ressources par des exonérations massives de cotisations sociales dans le cadre d’une stratégie de faire de l’Europe le territoire le plus compétitif au Monde.
En réalité : abaisser les niveaux de rémunération – les salaires – et le salaire différé, c’est-à-dire les cotisations sociales. On a réduit les cotisations sociales, qui vont à la sécurité sociale, ce qui lui a enlevé des ressources pour les remplacer en partie par quelques taxes. Mais les taxes vous savez, chaque année on les vote, et on peut les enlever à tout moment ce qui fragilise les ressources financières qui sont dédiées pour nous protéger.
Je concluerai en vous disant que l’on peut évidemment faire autrement. On peut rêver d’une prise à charge à 100 % de nos soins. Et on a largement les moyens de le faire. La preuve ? Vous connaissez l’Alsace Moselle ? Il y a une prise en charge à 100 % avec une cotisation de 1,65 % de cotisation supplémentaire, et je ne crois pas qu’il y ait beaucoup plus de délocalisations en Alsace Moselle que sur tout le reste du territoire.
Il faut prendre conscience que l’on nous présente les choses de manière tronquée, biaisée, et je crois que nous serons alors dans une disposition d’esprit pour dire : mais alors si il est possible, ce système on y tient !
Le constat de départ c’est qu’on veut nous faire peur, on veut nous faire croire que ce n’est pas viable. Vous vous souvenez ? Le ministre Philippe Douste Blazy sur France 2 : « 23 000 euros par minute de déficit ». Ce n’est pas nouveau.
Tous les conservateurs depuis 40 ans ont indiqué que la sécu c’etait la ruine. Michelin, en 1930 parlait de la loi « folle », la loi sur les assurances sociales, qui va faire le chômage. En 1969, Pompidou qui disait : « j’ai calculé avec mon ordinateur. Si toutes les dépenses augmentent au rythme des dépenses de la sécurité sociale, dans 19 ans elle aura consommé toutes les richesses du pays ». Et puis, avec Philippe Douste Blazy le même discours pour nous faire penser que ce n’est pas viable que la collectivité prenne en charge nos soins.
Alors, c’est vrai. Les dépenses augmentent. Nous vieillissons. Ce n’est pas nouveau d’ailleurs. Pour ceux qui ont un peu de mémoire, on a construit un appareil hospitalier moderne. En 1945, c’était pas brillant la situation. On était nettement en retard par rapport aux États Unis et à l’Angleterre. Alors, on a financé l’appareil hospitalier et aujourd’hui on arrive à 10–12 % de la richesse nationale. Autour de 150 milliards d’euros, et c’est très bien ainsi. Il n’y a pas de complexe à avoir.
À moins que l’un d’entre vous dise : « il ne faut pas que l’on soigne les gens ». Nous pourrons en discuter dans le débat. Et puis je vais vous dire. On n’est pas si atypique que cela. Tous les pays industrialisés dépensent à peu près 10 % du PIB. Ceux qui dépensent le plus sont les systèmes privatisés, comme aux États Unis où la dépense de soins atteint 13–14 % du PIB. La France est dans la moyenne. Avec l’Allemagne, ou l’Italie. Et les pays dans lequels la dépense est la plus faible sont les pays dans lesquels le système est totalement public, comme en Angleterre. Ce qui nous invite à penser que, évidemment, la sécu à 100 %, c’est la manière la plus économique.
Alors, pourquoi les gens du gouvernement s’affolent ? Ils disent : « les dépenses de santé augmentent plus vite que la richesse du pays ». En bas, vous avez la croissance de la richesse du pays (5 % dans les années 60, 2 à 2,5 % aujourd’hui). Et puis la croissance des dépenses de santé qui est toujours au dessus. Mais on a de meilleurs hôpitaux, on a de meilleurs médicaments. Parce que quand on s’enrichit, figurez-vous, on dépense plus d’argent pour se soigner. On aime bien se soigner. Et ça, c’est un luxe que l’on peut se payer.
On nous dit « le déficit… ». En dessous de zéro. Il y a manière de présenter les comptes. Ce qu’on ne dit pas, c’est que la proportion de ce manque de ressource par rapport au budget total, cela représente moins de 3 % des dépenses totales. Vous avez déjà entendu parler du déficit du Budget de l’État dans des termes aussi alarmistes ? Et pourtant, c’est 18 % des dépenses totales, chaque année, et cela fait des années que cela dure.
Et la dette cumulée par l’État, c’est 116 % de la richesse produite par le pays.
Alors que pour la sécurité sociale, la dette, tout cumulé, depuis le début des année 90, c’est 8 % des dépenses. Voyez, il y a déjà matière à relativiser sérieusement l’ampleur du problème financier. Cela a toujours été vrai. L’État a toujours été impécunieux.
Cet alarmisme s’est concrétisé toujours par des lois, par des plans de redressement de la sécu. D’ailleurs, quand on entend parler de la sécurité sociale dans les media, c’est toujours pour parler du dernier plan de redressement qui va réduire la prise en charge.
On se flatte d’avoir la santé la meilleure du monde. On a la plus mauvaise prise en charge par la sécurité sociale de tous les pays industrialisés. Parce qu’à force de réduire, avec la réforme Douste Blazy, on passe de 70 % de prise en charge à 65 % dans le meilleur des cas, à 50 40 ou même 30 selon le parcours dans le système de soins. On a perdu beaucoup de plumes à cette occasion. Je vous ai fait l’historique de tous les plans de redressement de la sécurité sociale. Pour ceux qui ont un peu de mémoire. On baisse le remboursement des médicaments, on bloque le budget des hôpitaux, on exclut du remboursement certains médicaments. Parfois on cherche de nouvelles ressources, comme des sparadraps. Je vous passe le détail. Cela conduit à fermer des lits d’hôpitaux, à organiser des pénuries de médecins libéraux par le numerus clausus. Et à réduire le taux de remboursement de sorte que notre prise en charge est aujourd’hui très mauvaise.
J’ai tendance à dire que l’État organise de déficit financier de la sécurité sociale, dans le cadre d’une stratégie qui a été écrite par Jacques DELORS dans son livre Blanc pour la compétitivité en Europe : l’objectif est de réduire le coût du travail.
Et on a commencé les exonérations. Les exonérations ont déplacé les emplois. Elles n’en ont jamais créé. À mon sens. Mon épouse est expert-comptable et confirme cette idée là. En bas, la part ouvrière des cotisations sociales. En haut, la réduction rapide de la part patronale.
34 mesures d’exonérations pour 20 milliards d’euros chaque année. La sécurité sociale n’est pas remboursée de ces sommes là et cela provoque son déficit financier.
Selon des sources très officielles, on atteint 20 milliards d’euros par an, alors que dans les années 90, on était à 2 milliards d’euros par an. Cela s’est multiplié par 10. Voilà comment on prive de ressources la sécurité sociale.
Il y a aussi un certain nombre de sommes qui devraient revenir à la sécurité sociale mais qui n’y reviennent pas. Je pense à la taxe sur les tabacs, les alcools, les contrats d’assurance automobile. Et puis des prestations que l’on verse au nom de l’État qui ne sont pas intégralement remboursées ou avec retard. Cela a été chiffré par un grand responsable syndical : 32 000 euros par minute.
Quand on prend la part de la masse salariale dans la production de richesse, on se rend compte que la répartition à changé. Entre 1980 et 2002, on a perdu plus de 10 % de points de PIB, soit environ 150 milliards d’euros, qui allaient précédemment vers les salariés et qui vont aujourd’hui vers les profits… Dans une bonne analyse marxiste, ce qui ne va pas vers le travail va vers le capital. Comme on a enlevé des ressources à la sécurité sociale, on a fait des sparadraps et des bricolages pour essayer malgré tout un minimum d’équilibre financier.
Et puis il y a la gestion de la dette que l’on a cotée en bourse. Afin qu’elle n’apparaisse pas dans le critères de Maastricht. C’est très dangereux, les taxes pour financer la sécu, parce que ce n’est pas du salaire différé. Ce ne sont pas des ressources fiscales dédiées.
Voyez que les cotisations sociales représentaient 85 % des ressources de la sécurité sociale en 1985 et n’en représentent aujourd’hui que les 2⁄3. La montée en charge de la CSG remplace les cotisations patronales.
Et puis une série de fonds. Le FOREC. Il y a eu un conflits très durs entre Gilles Johannet et Martine Aubry, parce que celui-ci ne voulait absolument pas prendre en charge la facture des exonérations liées aux 35 heures.
Cette insuffisance de ressources ainsi organisée sur une longue durée s’est accumulée dans une dette qui se monte aujourd’hui à 30 milliards d’euros qui n’est pas quelque chose de très important compte tenu des masses financières.
On a coté tout cela en bourse afin de faire disparaître des comptes de la sécu et des critères de Maastricht et ce sont des retraités américains ou japonais qui achètent des obligations garanties par l’État français que nous leur remboursons avec la CRDS.
La solution qui nous est proposée aujourd’hui, quand on nous explique que ce n’est plus possible, que cela n’est pas viable, c’est de supprimer la sécurité sociale, comme cela il n’y a plus de déficit de la sécurité sociale.
Et bien sûr, des groupes de pressions sont très intéressés par la disparition de la sécurité sociale. Vous savez, quand on est assureur, l’assurance santé est un marché très grand, très intéressant, mais voyez-vous, le métier de l’assurance privée n’est pas du tout le même que le métier de la sécurité sociale : la sécurité sociale répartit le risque de manière solidaire tandis que l’assurance privée sélectionne les bons risques et rejette les mauvais.
Ce n’est pas du tout la même chose. Ce n’est pas le même modèle de société. Évidemment, le système libéral est aussi globalement plus coûteux. On peut rêver du luxe d’avoir une prise en charge de nos soins à 100 % , parce qu’on le souhaite, parce que c’est un risque social, parce que c’est notre vision de la société. Et il y a un modèle en Alsace, modèle qui nous montre qu’il n’y a rien de catastrophique à consacrer des moyens à nous soigner ».
PAR AILLEURS, au-delà du constat et de la critique, que proposer d’autre que l’utopie ?
Propositions relatives au financement de la protection sociale
Postulat n°1 : La question du financement de la sécurité sociale est un problème d’insuffisance de ressources socialisées qui lui sont affectées.
Sommes-nous vraiment satisfaits de la manière que nous avons de nous soigner ?
Est-il souhaitable que l’on se retire de l’activité économique au plus tôt, si possible ?
Être solidaire, c’est vraiment seulement payer une allocation misérable aux miséreux ?
L’argent est-il la seule, la vraie réponse à tous les risques sociaux pris en charge par la protection sociale ?
Je crois, quant à moi, que le système de soins génère une partie non négligeable des pathologies qu’il est sensé soigner, que c’est une honte de voir une génération jouer à la croisière qui s’amuse quand les jeunes vivent un héritage douloureux dans l’indifférence.
La vraie responsabilité se mesure à ce que l’on transmet à ceux qui nous suivent.
Postulat n°2 : Le problème fondamental est un problème de répartition des richesses.
Faut–il penser comme tout le monde que le PIB ne fait que croître ?
Que cela signifie que nos sociétés n’ont jamais été aussi prospères ?
Qu’il en ira ainsi tout naturellement demain ?
Oui, pourquoi ne pas le penser ?
C’est rassurant et conduit à une solution simple : il n’y a qu’à augmenter la part des salaires dans la richesse produite.
Mais les faits son têtus : au cours des 20 dernières années la part de la masse salariale française n’a-t-elle pas reculé de 8 à 10 points de PIB, soit 120 à 150 Mds par an, c’est-à-dire l’équivalent de toutes les dépenses de santé, plus de 10 fois le déficit ?
Et personne ne se demande pourquoi on observe une variation d’une aussi grande ampleur de la part du travail dans la valeur ajoutée.
Il n’y a qu’à rémunérer le travail au même niveau qu’avant et puis c’est tout. Il n’y a qu’à créer un impôt, ou augmenter une cotisation.
Faut-il ou non modifier le mode de calcul des cotisations sociales sur le plan de leur assiette et de leur taux ? Faut-il ou non fiscaliser en partie, voire en totalité, le financement de la protection sociale ?
Ces questions sont posées comme si là se situait le problème de fond. Pas un mot sur le fait que l’Europe se désindustrialise, y compris dans les secteurs de haute technologie, tandis que l’on remplace ces emplois qualifiés et stables par une économie de service qui recouvre des secteurs riches en main d’œuvre peu qualifiée, tels que le tourisme, la restauration, les services de proximité ou l’habitat.
Postulat n°3 : Si d’aventure, le problème était lié à l’effondrement d’un modèle productif, ce serait bien la faute des autres, les méchants capitalistes.
Il s’agit de savoir comment peser sur le rapport de forces capital/travail, c’est-à-dire, d’une manière ou d’une autre, comment arracher un peu plus de valeur produite par le travail au capital qui se l’approprie
Faut-il regarder avec indifférence les fermetures et les délocalisations ?
Penser que ces décisions sont simplement injustes ?
Que nous n’y pouvons rien ?
Qu’ils n’ont qu’à ne plus prendre toutes ces mauvaises décisions ?
Que tout cela est dû au fait que l’on fait trop de concessions au Kapital ?
Le travail qualifié d’industriels, de financiers, d’ingénieurs, accompagne la localisation du capital. Il n’est pas contraire à l’intérêt des travailleurs salariés mais complémentaire, nécessaire. Or, la délocalisation observée depuis quelques années vers le Royaume-Uni n’est pas étrangère à des taux moyens d’imposition trop élevés. S’agit–il de personnes très qualifiées, travaillant dans des secteurs à haute valeur ajoutée et pouvant orienter d’une manière ou d’une autre les décisions de localisation de leur entreprise ? Quelques cas illustrent de façon symptomatique cette situation (GEMPLUS, qui a déplacé son siège au Luxembourg et chacun craint une délocalisation des activités de production).
Même si une telle situation ne concerne probablement qu’une toute petite minorité de personnes, elle conduit à éloigner du territoire français les détenteurs de capitaux les plus susceptibles de créer l’activité par leurs investissements.
Nos grilles de lecture demeurent-elles pertinentes ?
La première est une foi dans le progrès économique accéléré fin qui s’est engagé en France depuis les années 1830–1840. Se peut-il que nous vivions un déclin et ses conséquences économiques et sociales ? La démographie, la dégradation rapide de notre environnement, la financiarisation à court terme de tous les choix collectifs conduisent à le penser.
La seconde est un attachement à notre cher Karl Marx, qui conduit à regarder les riches et les puissants de ce monde avec hostilité et croire dans une possible révolution communiste dans laquelle « nous travaillerions pour d’autres valeurs, d’autres finalités que celle du profit ».
L’idée que « seul le travail produit de la valeur qui est ensuite répartie sous forme de revenus ou prestations monétaires ; le capital n’en produisant pas » est une belle et vieille idée qui valorise l’ouvrier.
La conséquence logique est la défense du salaire différé : ainsi, la branche ‘Accidents du travail’, la branche ‘Famille’ (Supplément familial) , la branche ‘Maladie’ et la branche ‘Vieillesse’ de la sécurité sociale étaient encore, il y a quelques années, entièrement financées par les cotisations sur les salaires.
Par suite, les prestations sociales constituent un salaire différé. Les salariés sont très nombreux, plus que jamais. Beaucoup d’actifs demeurent cependant non occupés et doivent bénéficier de prestations.
Pour financer ces prestations, les prélèvements effectués par la sécurité sociale ne font pas que financer un salaire différé à l’ouvrier, comme c’était le cas au début du siècle : elles participent à la politique de distribution des revenus, favoriser les transferts intertemporels de consommation et permettre le partage des risques sociaux entre salariés et non salariés.
Ainsi, les prélèvements obligatoires répondent actuellement pour moitié à la fonction d’assurance et pour moitié au financement des opérations des administrations publiques centrales ou locales, y compris la redistribution dont elles peuvent être responsables.
Des problématiques nouvelles sont apparues et récemment reconnues : le risque social du gérant d’entreprise, la situation des jeunes exclus n’ayant jamais travaillé, la prise en charge de la santé des immigrants.
La question de l’impact des prélèvements sur l’économie et la société ne peut être écartée d’un tel débat. La CSG, réduit sans les supprimer les distorsions sur l’emploi du facteur travail en les déplaçant du travail vers le capital. Elle est instituée d’abord dans le but de ne pas décourager pas la demande d’emploi peu qualifié. L’allégement des cotisations patronales sur les bas salaires répond à cet objectif.
Enfin, et pour ce faire, il nous manque une théorie économique alternative à l’économie néo-libérale et plus élaborée que le modèle du Kapital. L’approche en termes de régulation de Robert Boyer est à revisiter.
Sa caractéristique était de prendre en compte et de s’appuyer prioritairement sur des faits économiques et historiques (Institutions et faits sociaux et économiques). L’utilité d’une réflexion de ce niveau serait de nous permettre d’appréhender les réalités, tout en poursuivant des valeurs de solidarité, de respect des hommes, des cultures et de l’environnement qui caractérisent, je crois, le mouvement altermondialiste.
Quelques faits à prendre en compte
La productivité du travail évolue. Un ouvrier travaillant dans une usine d’aluminium produit des dizaines de tonnes par semaines (à 2500 dollars la tonne). Un employé qui rend des services au domicile d’une personne âgée produit une valeur ajoutée nettement inférieure.
Il y a un lien entre fiscalité et emploi. Le fait de subventionner le travail peu qualifié conduit à renchérir son coût. Les employeurs évitent d’embaucher. On a observé la substitution très rapide de nombreux emplois par des machines dans de nombreux secteurs : Industrie (Automobile, ..), Commerce (à quand le supermarché sans caissières), Distribution (banques, carburants, loisirs, hôtellerie-restauration, .), et mêmes les services de protection sociale (Sésam vitale ! ).
Par ailleurs, toutes les industries consommant beaucoup de main d’œuvre – à quelques rares exceptions près (Abbattoirs) – se délocalisent (Cuir, textile, mais aussi composants électroniques, et aujourd’hui services informatiques, etc.).
Enfin, on observe aussi le fait – connu et dénoncé par l’opinion publique – que certaines allocations provoquent des attitudes de désimplication vis-à-vis de la société et du travail. Ces problèmes d’incitations conduisent à souligner l’enjeu que représentent des frontières lisibles entre fiscalité et sécurité sociale.
Il est difficile de faire payer les plus riches dans la mondialisation. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé : » Si l’on répartit le prélèvement fiscalo-social en trois groupes : prélèvements pesant sur la consommation, prélèvements sur le travail, prélèvements sur le capital, l’évolution récente en Europe se caractérise par une uniformisation des taxes sur la consommation qui, tendanciellement, sont stables, et une augmentation des prélèvements sur le travail, qui a accompagné le développement des fonctions d’assurance. Par rapport à cette référence, le niveau élevé des prélèvements en France se traduit par des taux plus élevés de taxation du travail et du capital. Pour le travail, l’écart serait de l’ordre de deux points. Pour le capital, il atteindrait dix points » .
Ainsi, les niveaux de cotisations patronales dans le financement de la Sécurité sociale, donnent l’impression que seuls les plus riches et les entreprises supportent l’impôt, ce qui est en réalité très rare. Les charges sur les entreprises sont en effet répercutées. L’agent économique qui assume finalement la charge de l’impôt n’est pas nécessairement celui qui l’acquitte.
Les entreprises répercutent en effet la fiscalité indirecte à laquelle elles sont soumises sur les consommateurs et, lorsqu’elles le peuvent, la fiscalité touchant les facteurs de production (travail et capital) qu’elles utilisent. Ainsi, en aucune façon, il n’est justifié de penser que l’on « décharge le patronat de la nécessité de payer du salaire socialisé, et renvoie cette responsabilité à la collectivité par le biais de l’impôt ». L’impôt comme la cotisation sont de toute façon payés par la collectivité par le biais de l’augmentation des prix relatifs.
Enfin, compte tenu du nombre d’actifs occupés toujours plus faible, au regard du papy boom, peut-on financer la redistribution et les dépenses publiques sans y impliquer l’ensemble de la population à l’exception des plus pauvres ?
Le mode de production a évolué de manière très importante ces dernières décennies.
Je rejoins l’idée que « la production de valeur qui ne sont pas une œuvre individuelle mais collective ».
Ainsi donc, il faut aussi un investisseur pour qu’existe une industrie, des emplois, des salaires et des cotisations sociales… Et parfois, les investissements nécessaires sont importants.
Les finalités de la sécurité sociale ont évolué. La fracture sociale est une réalité. la proportion de foyers fiscaux imposables est passée de plus de 63 % en 1981 à 49 % en 1996. Parallèlement le nombre de précaires, de pauvres et d’exclus a explosé, et les inégalités avec les très riches s’accroissent. Dans ce contexte, le système des assurances sociales a considérablement évolué dans son financement et ses finalités.
Les prélèvements effectués par le système de sécurité sociale correspondent à trois grandes fonctions : financer les dépenses publiques générales, rendre plus équitable la distribution des revenus (redistribuer), favoriser enfin les transferts intertemporels de consommation et permettre le partage des risques sociaux (assurer) et stabiliser l’activité des différents secteurs de l’économie.
• le système assure une fonction de redistribution ;
• le système finance des dépenses publiques générales (hôpitaux) ;
• le système assure une fonction d’assurance ;
• le système assure une fonction de stabilisation de l’activité économique.
De fait, la Sécurité sociale s’est transformée en boîte de redistribution de la richesse. Et dieu sait si cette fonction est nécessaire à l’heure où les inégalités n’ont jamais été aussi grandes (et ce n’est que le début).
Ne pas briser le lien organique qui unit la cotisation au salaire, au motif qu’elle doit demeurer une part constituante de la rémunération car elle est une conquête sociale, est dépassé, à l’époque où de nombreuses usines fonctionnent avec très peu de salariés et beaucoup de bénéficiaires de prestations n’ont pas d’emploi.
Au sein de l’Union européenne, les cotisations sociales représentent le plus souvent le moyen privilégié de financement de la protection sociale. Pour la moitié des pays, elles représentent plus des deux tiers des recettes. Seuls le Danemark et les pays anglo-saxons (Irlande et Royaume-Uni et très récemment l’Italie) accordent une place prépondérante aux ressources d’origine fiscale. Toutefois, l’évolution des structures de financement tend à accroître le poids de ces ressources au détriment de celles provenant des cotisations, notamment celles versées par les employeurs.
L’évolution française, caractérisée par la montée en régime de la CSG, avec notamment le transfert en janvier 1998 des cotisations maladie des salariés, et le développement des allégements de charges pour les employeurs s’inscrit dans ce courant général.
La Contribution Sociale Généralisée
La CSG est un impôt affecté à des dépenses sociales non contributives, ou associées à un risque non directement lié à l’activité salariée concernant toute la population (CNAF, FSV, assurance-maladie).
Depuis sa création en 1991, la CSG a pris de l’ampleur. Représentant 30 milliards en 1991 (taux de 1,1 %), son produit s’élevait à 98 milliards en 1996 (taux de 2,4 %). Son ordre de grandeur a changé avec le relèvement de son taux en 1997 et 1998 et l’élargissement de son assiette.
La CSG s’inscrit dans la logique d’un prélèvement universel, assis dès le premier franc sur tous les types de revenus, donc d’assiette plus large que l’IR. Comme celui-ci, elle est assise sur les revenus d’activité et de remplacement ainsi que sur les revenus du patrimoine et des placements. La différence porte essentiellement sur certains revenus du capital, exonérés d’IR mais non de CSG depuis 1997 (PEP, PEL, intérêts d’obligations soumis à prélèvement libératoire, assurance-vie, …), ainsi que sur les gains des jeux.
L’assiette de la CSG est également plus large que l’IR en ce qui concerne les salaires : sous réserve d’un seuil minimum de revenus, les revenus d’activité (après abattement de 5 % pour frais professionnels) et de remplacement sont imposables au premier franc à la CSG alors que le calcul de l’IR à partir du revenu disponible brut doit tenir compte de multiples facteurs qui contribuent à l’étroitesse de l’assiette finale : abattements, quotient familial, décote, … et qui entraînent l’exonération d’environ la moitié des foyers fiscaux.
L’enjeu des différentes modalités possibles de réforme des cotisations sociales employeurs a été approfondi par Edmond Malinvaud. Il conduit à la conclusion que tout mode de financement a finalement pour effet de faire payer à terme par le travail le coût de la protection sociale.
En ce qui concerne la fonction de stabilisation de l’activité economique, les travaux de l’INSEE, de la Direction de la Prévision et de la DARES, confirment à cet égard que les allégements de cotisations sociales sur les bas salaires ont eu un effet significatif sur la demande de travail faiblement qualifié.
Les propositions existantes pour financer la protection sociale :
Il y a au moins un point sur lequel nombreux tomberont d’accord : compte tenu des perspectives démographiques, il est nécessaire, si nous souhaitons conserver l’essentiel de notre modèle de société, de consacrer davantage de ressources aux caisses d’assurances sociales.
Certains ont misé sur la politique de l’emploi. la méthode consiste à pérenniser les allègements de cotisations sociales sur les bas salaires et pour réserver les baisses de TVA à des allègements ciblés sur les secteurs à forte intensité de main d’œuvre où la demande est très sensible aux prix. Une baisse de la TVA engendre alors une baisse du prix qui augmente la demande pour les biens ou services concernés et accroît l’emploi. Elle est d’autant plus efficace qu’elle conduit en outre, comme dans le secteur des services de proximité, à substituer de véritables emplois au travail au noir.
D’autres préconisent un prélèvement visant à responsabiliser les entreprises. Une modulation des taux en fonction de critères sociaux comme la qualité de l’emploi ou sa pérennité, a été proposée par l’économiste Edmond Malinvaud. L’objectif d’un cotisation d’un niveau variable – comme cela est pratiqué dans le cas de l’assurance ATMP est de dissuader les pratiques socialement néfastes. Edmond Malinvaud a proposé de responsabiliser les entreprises aux conséquences de leur comportement en matière d’embauches et de licenciements en faisant varier les cotisations chômage (Experience rating).
D’autres ont préconisé un élargissement de l’assiette des cotisations sociales à l’ensemble de la valeur ajoutée, l’objectif étant de faire contribuer les entreprises très capitalistiques, c’est-à-dire utilisant beaucoup d’équipements, relativement à la main d’œuvre (énergie, pétrochimie, sidérurgie, industrie lourde).
Je suis personnellement contre cette idée, dans la mesure où c’est l’industrie qui, d’une part, fournit aujourd’hui les emplois de meilleure qualité et, d’autre part, peut encore être délocalisée si les prélèvements augmentent encore.
Inversement, des activités à faible valeur ajoutée, telles que la grande distribution pourraient aisément contribuer au financement des prestations sociales, d’autant que ces dernières, dans une logique fordiste, se retrouvent de toute façon dans les caisses de grands distributeurs.
Pourtant, il faut bien reconnaître que la proposition ne manque pas d’arguments.
- Les taux de taxation de la consommation sont assez voisins les uns des autres au sein de la Communauté alors que la taxation du travail et du capital est, en France, nettement supérieure à la moyenne ;
- La TVA frappe les produits importés comme les produits nationaux, au contraire de taxes sur les facteurs de production entrant dans la production nationale ;
- La TVA est assise sur la consommation des résidents comme sur celle des non résidents, et permet ainsi de faire participer ces derniers au financement des biens publics qu’ils consomment sur le territoire national ; cet aspect est non négligeable pour un pays d’accueil touristique comme la France.
Un transfert à peu près uniforme aux ménages, par exemple une hausse des allocations familiales et/ou leur extension au premier enfant, financé par un impôt proportionnel de type TVA pouvait avoir un rôle redistributif majeur. Pourquoi, dans ces conditions, ne pas considérer la fiscalité indirecte, ou les charges sociales qui financent effectivement la politique familiale, comme partie intégrante du système redistributif ?
Il est enfin possible d’appliquer la CSG à tout type de revenu (participation, intéressement, stocks-options qui n’y sont pas soumis, et revenus financiers qui y sont peu soumis), la rendre de nouveau non déductible du revenu imposable, et, mieux, l’intégrer à l’IR.
D’autres revenus (Dons et legs de patrimoine, Taxes sur les successions) pourraient enfin être affectés automatiquement par la Loi à la solidarité nationale.
Certains s’opposent par principe à la fiscalisation du financement de la protection sociale
La question se pose depuis que la CSG a pris une part croissante du financement de l’assurance maladie. Depuis 1990 où elle avait un taux de 1,1% à aujourd’hui où son taux atteint 7,5%, elle a fini par couvrir environ un tiers de celui-ci par basculement progressif des cotisations sociales dites salariales sur la CSG.
À son origine, ses créateurs lui avaient donné comme objectif d’élargir le financement de l’assurance maladie à tous les revenus, salariaux ou non, perçus par les ménages. Une première contribution des revenus du capital était donc inaugurée, qui apparaissait comme un progrès puisque la CSG était non déductible du revenu imposable au titre de l’impôt progressif. Une petite dose de progressivité était introduite à l’intérieur d’un impôt proportionnel.
Au fil des années, les gouvernements ont peu à peu augmenté le taux de la CSG en instaurant la déductibilité presque totale. La CSG est donc de plus en plus un impôt foncièrement injuste et le résultat est aggravé par le fait que 85% de la CSG sont payés par les revenus salariaux qui ne représentent que moins de 60% de la valeur ajoutée. »
Observons que notre protection sociale est déjà largement financée par l’État. Cela ne va pas sans difficultés, sachant que l’État impécunieux est un très mauvais débiteur, qui paie tardivement ou pas du tout ses dettes vis-à-vis de la sécurité sociale.
Au-delà de la question de l’organisation institutionnelle, plus ou moins étatisée, c’est la question de l’indépendance de la sécurité sociale vis à vis du politique qui est en question.
Dès 1945, la sécurité sociale est une affaire d’État, tout autant qu’une affaire réservée aux seuls salariés. C’est ainsi que le plan français de sécurité sociale avait définit le système, « visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ».
De fait, la Constitution, dans son préambule de 1948, affirme : « La Nation garantit à tous, notamment à la mère, à l’enfant, aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et le loisir. »
Le Conseil constitutionnel a réaffirmé le droit à la protection de la santé dans sa décision relative à la Loi de Financement de la Sécurité Sociale du 12 décembre 2002.
Ainsi, l’État, les collectivités et les régimes obligatoires et complémentaires d’assurance sociale contribuent à garantir les individus, quelles que soient leurs ressources, contre un certain nombre de risques, parce que la société leur attache une importance particulière.
De surcroît, les mécanismes d’assistance procurent une sécurité à l’individu qui, du fait de la réalisation de certains risques, ne peut disposer de tels moyens : l’État doit intervenir.
J’adhère à cette idée que « la santé est un droit universel de la naissance à la mort qui dépasse les frontières du salariat et qu’il n’est donc pas illogique d’en concevoir un financement dépassant le cadre de la masse salariale, car ce n’est pas le canal du prélèvement qui fait la socialisation de la richesse, mais le prélèvement lui-même : ainsi, l’éducation payée par l’impôt n’est pas moins socialisée que la santé payée par la cotisation. L’important est que l’impôt soit juste, c’est-à-dire progressif, et non pas proportionnel comme la CSG et la TVA. »
VOILÀ.
Un message un peu long…
Une suggestion : pourrions nous poursuivre le débat en direct sur les ondes ? Je rêve d’une émission politique sur Radio GALÈRE : il suffit de demander un créneau au Conseil d’administration, et en avant la discussion.
Si vous êtes intéressé : [email protected]
Max
Jean G ,
les salariés , en bénéficiant des 35 heures ont obtenu une part de la valeur ajoutée
le partage ne se fait pas qu’en valeur monétaire
le partage entre salaire et profit doit aussi être apprécié à la lumière de la diminution de la durée du travail
les salariés ont aussi beaucoup gagné ces dernières années
La France serait un pays libéral ? ( sous le joug du libéralisme ).
Très sérieusement, l’interventionnisme économique de l’Etat français n’est plus à démontrer et c’est peut être ce que voulais écrire Luc, non ?
Essayer de développer la démocratie économique comme le propose André aurait le mérite de permettre une analyse du système, les actionnaires se mettant à la place des salariés et les salariés à la place des actionnaires, chacune des parties pourraient prendre conscience qu’il faut sortir d’une vision » de position » pour aller vers une approche globale ?
bonjour à toutes et tous,
ce débat sur la partage de la valeur ajoutée est très interessant.Eudiant,je vous poste un lien avec lequel j’ai travaillé ce thème :
http://perso.wanadoo.fr/bac-es/economiesp02.html
le partage de la valeur ajoutée est loin d’être binaire , les enjeux sont multiples et j’ai remarqué que derrière les chiffres se cachent des réalités fort complexes .
Le lien vous aidera peut être, il illustre clairement la relation profit/investissement/demande
Je suis d’accord avec Linette pour rappeler que le partage de la VA se fait aussi par la réduction de la durée du travail
bonne suite.…
Bonsoir Max,
Je suis d’accord avec le fond de votre message.
Mais, de grâce !
Lorsque vous utilisez des données chiffrées, assurez vous qu’elles soient exactes.
« Quand on prend la part de la masse salariale dans la production de richesse, on se rend compte que la répartition à changé. Entre 1980 et 2002, on a perdu plus de 10 % de points de PIB, soit environ 150 milliards d’euros, qui allaient précédemment vers les salariés et qui vont aujourd’hui vers les profits, dans une bonne analyse marxiste, ce qui ne va pas vers le travail va vers le capital. »
Les salaires n’ont jamais perdu, quoi qu’en dise Michel Husson, 10 points de PIB entre 1980 et 2002 ! pas même 10 points de VAB.
Si on en croit le tableau 1202 de l’INSEE (cliquez ici pour voir le tableau) :
Le pourcentage de la VAB maximum atteint par les salaires (toutes cotisations comprises) a été de 63,27% en 1981 (282,1 milliards d’euro sur 445,8 milliards de VAB),
En 2002 les salaires (cotisations patronales comprises) atteignaient 58,44% de la VAB (813,8 milliards sur 1392,6 milliards de VAB).
La perte n’a donc été “que” de 4,83 points de VAB (pas de PIB !) ce qui représente tout de même 67,3 milliards d’euro.
Pour le financement des organisme sociaux, il faut également tenir compte de la perte des revenus mixtes.
Et, de ce fait, il faut regarder combien a gagné la rémunération du capital qui est passée de 22,74% de la VAB en 1980 à 30,32% de la VAB en 2002. soit une augmentation de 7,58 points gagnés sur les salaires et sur les revenus mixtes.
C’est à dire 105,6 milliards d’euro.
C’est énorme !
Il est inutile d’en rajouter.
Linette,
Vous dites :
»« les salariés , en bénéficiant des 35 heures ont obtenu une part de la valeur ajoutée
le partage ne se fait pas qu’en valeur monétaire » »
Pour le partage en général, vous avez raison !
Mais pour le partage de la valeur ajoutée (valeur uniquement monétaire), vous avez mille fois tort !
Je vous prie de m’excuser :
- après 5 mois de contribution au forum, je viens d’apprendre par Etienne que le blog n’était pas fermé…
- ignare mais résolu que je suis, j’ai aussi ouvert, sur la partie forum, un volet « Principes constitutionnels relatifs à l’activité économique ».
Qui s’ajoute au volet « propriété » ouvert par Etienne.
Inutile de dire que l’entreprise est difficile, sinon périlleuse, mais que je crois qu’elle est essentielle.
Bienvenue à tous, là-bas.
Je n’ai pas fini de lire cette page. Très interressante, bien qu’elle ait sans doute autant de difficulté qu’ailleurs à isoler des principes constitutionnels. Ne croyez pas que j’entende par là qu’il soit vain ou futile de parler et de débattre d’applications concrêtes, avec souvent force détails, pour avoir l’espoir d’extraire des principes simples établissant le droit fondamental… mais aussi (j’insiste, sur ce sujet, car n’est-ce pas sur cette manière de garantir les applications du droit que le bât blesse ?) les règles définissant les pouvoirs publics.
salut Sam et Citrouille, Alain ,
je suppose que vous êtes les Sam et Citrouille et Alain dont l’on peut suivre les explications sur le forum auquel je n’ai pas accès ?
Si c’est le cas,à propos de la presse, je partage l’analyse de Citrouille qui s’exprime dans un langage clair et m’insurge contre le ton « pompeux » (terme utilisé par Citrouille) de Sam, signe de tous les dangers pour les citoyens.
Il faut arrêter de prendre les gens de haut et de proposer de tout régenter car vous vous rapprocherez du totalitarisme qui a déja frappé et frappe encore ce pauvre monde et cela sans même vous en apercevoir.
Nous pouvons changer les pratiques mais la démocratie est en route depuis longtemps (du moins en France et aux alentours) et ne vous a pas attendus, simplement chaque jour essayons d’en gommer les imperfections liées à la pratique (ce que semble proposer l’auteur du site).
Le choc frontal entre libéraux (qui n’est pas un mot affreux) et interventionnistes (qui ont aussi leurs raisons valables) aboutit à chaque fois à du mépris même si dans l’apparence une courtoisie de façade est de mise.
Gommer l’hypocrisie et accepter de partager les valeurs pour fonder des socles communs (un peu comme le faisait le TCE par rapport à Maastricht) n’est pas à la portée de tout le monde et je souhaite que vous sortiez de vos trous à taupe…
Il faut dire que nous avons été trahis par le parti socialiste depuis 1983 et aujourd’hui, pour l’honneteté, c’est le pire des mouvements existant en France : les autres partis de l’extrême droite à la droite et à l’extrême gauche sont lisibles et fidèles à leur positionnement (quoi qu’on en dise, la droite actuelle a appliqué le programme prévu).
Le socialisme à la Française à rendu malade les institutions, la société, à trompé le peuple avec des beaux mots, entretenant des espoirs irréalisables : regardez la foire d’empoigne autour de Ségolène Royal, une énarque manipulatrice qui ose prétendre incarner le renouveau, mais qui peut le croire hormis les endoctrinés ?
J’ai voté pour les socialistes une fois, je ne le referai pas, surtout s’ils continuent à s’exprimer comme les Sam et Alain en maniant la langue « pompeuse » ou le dénigrement aveugle et partisan.
Un coup de gueule et vive la démocratie et la tolérance.
Bonjour Jacky,
Je ne sais pas pourquoi vous n’arrivez pas à vous inscrire sur le forum, il y a des inscriptions assez souvent et ça a l’air de fonctionner : écrivez-moi ([email protected]), on pourra peut-être débloquer ça ensemble.
• Je partage totalement votre sévérité contre le PS français dont les indécentes et profondes trahisons pendant des décennies expliquent largement le profond dégoût des gens contre leurs soi-disant « représentants », politiciens de métier servant trop souvent leurs intérêts personnels avant de servir l’intérêt général.
Nous avons besoin de partis, OK, nous avons besoin de déléguer des pouvoirs à des représentants, OK, mais rien ne nous oblige à leur déléguer aveuglément tous les pouvoirs en leur laissant écrire toutes les règles, y compris les limites de leurs propres pouvoirs (la Constitution), n’est-ce pas Jacky, rien ne nous oblige à cet abandon total et sans contrôle. Qu’en pensez-vous ?
Que les politiciens de métier prétendent qu’il est indispensable de leur laisser absolument tous les pouvoirs sans contrôle entre deux élections, y compris le pouvoir d’écrire eux-même la Constitution, comme s’ils étaient les seuls à pouvoir le faire correctement, on peut les comprendre : c’est au moins logique… la logique de celui qui défend ses intérêts personnels.
Mais ce que je comprends mal, parce que ça me semble illogique, je trouve ça suicidaire, c’est qu’un citoyen lambda, une humain très exposé aux abus de pouvoirs, défende lui aussi mordicus ses représentants pour qu’ils aient absolument tous les pouvoirs sans contrôle, comme si l’élection avait fait d’eux des saints, la vertu incarnée…
Ça, ça me dépasse un peu (je ne dis pas que vous avez dit ça, Jacky, mais ce que vous dites m’y fait penser). Il me semble qu’on devrait être des millions et des millions à réclamer fortement d’écrire nous-mêmes la Constitution pour nous protéger, NOUS TOUS, des abus de pouvoirs de ceux à qui on va confier le pouvoir…
• Je comprends vos regrets d’avoir vu une majorité renoncer (à cause du reste) aux valeurs affichées dans le TCE qui étaient effectivement séduisantes et évidemment consensuelles, et j’ai l’impression que vous recherchez, au fond, la même chose que ceux qui ont peur des institutions de l’UE et refusent le TCE mais pas l’Europe. Constatant la ressemblance de nos objectifs, j’espère que nous saurons réfléchir ensemble pour bâtir un projet alternatif.
• Je m’étonne que vous trouviez qu’un simple « ton pompeux » soit un « signe de tous les dangers », vous y allez peut-être un peu fort, non ?
Vous savez, n’ayant rigoureusement aucun pouvoir, nous ne risquons pas de « régenter » quoi que ce soit, ni d’instaurer un quelconque « totalitarisme », n’est-ce pas ? Il est sans doute excessif de diaboliser une simple conversation citoyenne cherchant les améliorations institutionnelles qui nous permettraient de nous affranchir de cette aristocratie des élus que chacun peut constater partout.
Si vous avez l’impression que nous prenons les gens « de haut », c’est sans doute un malentendu car notre démarche est la plus simple qui soit : on réfléchit entre citoyen de base, exposés aux pouvoirs et refusant d’y être aveuglément soumis… cherchant donc à rétablir un réel contrôle des pouvoirs et une authentique responsabilité des acteurs politiques. Peuvent nous rejoindre tous ceux qui trouvent ce travail prometteur et veulent construire quelque chose ensemble. Tout ça est très ouvert, et très simple.
Et si de nouveaux venus nous proposent des formulations plus simples, plus accessibles, plus compréhensibles par tous dès le premier abord, moins pompeuses, prenant moins les gens de haut, ce sera vraiment une très bonne chose.
• Je me sens vraiment « libéral » (au sens des Lumières) mais profondément anti-« néolibéral » (selon moi, le libéralisme sans aucune régulation est un excès fou qui nous ramènera vite à la jungle et à la guerre), ce qui fait une immense différence, et je pense que la plupart de ceux qui protestent contre le « libéralisme » (sans préciser néo) le font souvent par commodité de langage mais visent en fait les excès actuels du libéralisme : c’est vrai qu’il faudrait préciser chaque fois « néolibéralisme », de façon à préserver le beau mot « libéralisme ».
Au plaisir de vous lire.
Étienne.
À Jacky,
« je partage l’analyse de Citrouille qui s’exprime dans un langage clair et m’insurge contre le ton « pompeux » (terme utilisé par Citrouille) de Sam, signe de tous les dangers pour les citoyens. »
Citrouille n’a fait aucune analyse. Juste un parfait condensé de manifeste du laisser-fairisme.
Je vous invite également à me signaler ce qui, dans votre message, s’apparente à une « analyse ». Je ne suis parvenu à en trouver aucune.
Le langage de M. le Pen aussi est parfaitement clair.
Vous me parlez de totalitarisme. Ce qui m’interpelle : voilà deux bons mois que je me cultive (comme je peux, moi le pompeux) à ce sujet. On peut en discuter un moment.
Envoyez moi une analyse, et je m’engage à prendre tout le temps que je trouverai pour vous répondre.
Dans ce même message, « analyse » dont vous dites que vous la partagez entièrement,
Citrouille a écrit, texto, qu’il trouvait bon que le capitalisme financier s’émancipe des nations…
À un pareil niveau de grossièreté de qui se dit démocrate (je vous ai dit « manifeste du laisser-fairisme, je pèse mes mots »), que voulez-vous que je réponde ?
Un pareil aveu devrait se passer de commentaires. Le jugement de chacun suffit.
Vous concluez sur « vive la démocratie et la tolérance », c’est très beau.
Lisez donc la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Cela évite de raconter des énormités en se disant démocrate.
Pour commencer, tout pouvoir émane de la nation, en démocratie.
Je dis ça pour Citrouille, qui m’a envoyé moins de leçons de démocratie, mais cette énormité.
J’ai l’honneur de dire à Citrouille que sa tirade, combinée à son attitude suffisante et confiante (voilà qui est constructif, sur un forum dont l’objet, clairement affiché, l’a pourtant attiré je suppose) vis à vis des médias laissés en pâture aux pouvoirs économiques… reprend exactement la déclaration de David Rockefeller… que vous pouvez consulter aisément… même sur le forum d’Etienne, où je l’ai postée.
Je ne peux m’empêcher de la reproduire ici, tant elle est belle (ça épargne à mon interlocuteur de prendre la peine d’aller suivre le lien que je lui indiquerais sinon – pardon, vous savez, moi l’ « interventionniste », je « régente ») :
« Nous sommes reconnaissants envers le Washington Post, le New York Times, Time Magazine et d’autres grands journaux, leurs directeurs ayant participé à nos rencontres et ayant respecté la promesse de discrétion pendant près de 40 ans. Il nous aurait été impossible de développer notre Plan pour le Monde toutes ces années durant si les projecteurs avaient été braqués sur nos activités. Le Monde est maintenant plus sophistiqué et plus préparé à accepter un Gouvernement Mondial. La Souveraineté SupraNationale d’une Elite intellectuelle et de banquiers est sûrement préférable au principe d’Autodétermination Nationale des peuples, pratiquée tout au long de ces derniers siècles ». (David Rockefeller, discours à la Commission Trilatérale, 1991).
Maurice Allais, libéral et Prix Nobel d’économie, assimile le laisser-fairisme… au stalinisme. Je vous prie.
M. Allais dont Citrouille m’a dit qu’il me parlerait. J’attends encore.
Et vous venez, sans analyse, pour un premier échange, me causer de totalitarisme et de soutien de l’ « analyse » de Citrouille ?
Je pense que je perds mon temps, avec mes discours « pompeux », à expliquer à un soit-disant « libéral » qui tient bien plus du « néo-libéral » (en atteste le sobriquet d’ « interventionniste » que vous attribuez à qui n’est pas libéral… dites donc, mon coco..) que les pouvoirs économiques concentrés sont le pouvoir politique par défaut… en l’absence de pouvoirs politiques.
Moi, je suis libéral, et de gauche. Quant à la star Ségolène, je ne ne me sens pas concerné : s’il fallait que j’assume toutes les conneries des gens de mon parti (le PS)… il faudrait déjà que je vous cause de Pascal Lamy, qui se fait inviter au Bilderberg… Vous avez raison, Jacky le « totalitarisme a déja frappé et frappe encore ce pauvre monde et cela sans même vous en apercevoir. »
Pardonnez moi si je ne vous demande pas si vous ne voyez rien venir…
Je crois savoir que le sous titre du forum d’Étienne Chouard, qui en est aussi la problématique principale, est : « ce n’est pas aux hommes du pouvoir d’écrire eux-mêmes les règles du pouvoir ».
La démocratie, c’est la diversité, mais rien de moins naturel.
Si vous pensez que le laisser-fairisme, qu’il soit politique ou économique, fait partie de la problématique proposée, je crains sincèrement que vous fassiez fausse route. C’est mon avis. Définitif. Après, demandez aux autres ce qu’ils en pensent.
La commission trilatérale que vous citez existe-t-elle vraiment, et peut-on trouver ses parutions en ligne ?
Votre extrait de discours, ça fait un peu critique du capitalisme par théoriciens du complot.
Bonjour,
On trouve des infos intéressantes et des liens utiles sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_Trilat%C3%A9rale
On peut aussi lire cet article intéressant d’Olivier Boiral, dans Le Monde diplomatique de novembre 2003 : « Pouvoirs opaques de la Trilatérale ».
Voir des complots partout est sans doute un symptôme de paranoïa, tout le monde en conviendra.
Mais d’un autre côté, se débarrasser commodément de la résistance citoyenne à une oligarchie aussi puissante que discrète (et fort peu démocratique) par la simple invocation de « la théorie du complot », sans autre « argument » que cette simple accusation, facile et creuse, me semble être une objection au moins « fragile » et relever, pour le coup, de… (Quel est le contraire de la paranoïa ? Un mot pour exprimer une confiance aveugle, un peu béate, comme si nos élus et nos chefs étaient tous des saints qui savent mieux que nous dans quelle direction nous devons tous aller, comment dire ça ? « Tout va très bien, Madame la Marquise » ?)… Aidez-moi à trouver un mot, voulez-vous ?
:o)
Amicalement.
Étienne.
Bonjour Doimart,
On peut difficilement me dire que, moi-même, je parle de complots. Je ne pense pas que vous sous-entendiez cela, mais il vaut mieux préciser.
Je vais m’expliquer, car cette histoire est un peu déstabilisante. Vous verrez qu’il suffit d’en causer sans arrière-pensée, intention, ou a priori idéologique (pour peu qu’on soit démocrate), pour soi-même avoir l’air de causer de complot…
- Les termes de la citation ne sont pas de moi. Mais de Rockefeller ou d’un usurpateur, diffamateur.
- Rien ne me permet d’affirmer que c’est une information vraie. La citation supposée n’est recoupée, à ma connaissance, que sur divers sites Internet, bien qu’il « semble » qu’un des auteurs qui la reprend soit journaliste (sur Oulala, si je me souviens bien).
- Si la citation n’est pas une invention, je crois que vous dites comme moi que ça fait étrangement « complot » (mondial en l’occurrence). Mais ce sont les termes de l’auteur cité, alors. Je n’ai pas eu quoi que ce soit à interpréter, ils parlent d’eux-mêmes.
- Les termes de la citation indiquent aussi que les membres de ce ‘club’ seraient tenus au secret (du moins, jusqu’en 2001). Or, celui qui aurait rapporté celle-ci :
- soit il l’a inventée et je ne peux même pas confirmer que cette règle du secret est (fut) réelle ;
- soit il a failli a son ‘devoir’, car il était tenu au secret, et alors Rockefeller devrait sans doute nier qu’il ait tenu de tels propos…
- … ou bien non, justement ne rien dire…
- Je n’ai entendu aucune information de procès pour fausse information, ou diffamation, intenté pour l’emploi de cette citation supposée.
- j’irai jusqu’à dire qu’à la place de l’auteur, je n’en ferais rien… On a assez écrit à son sujet pour que la chose paraisse tout à fait tangible, et je doute qu’il recherche une large publicité.
- La Trilatérale a même son site.
http://www.trilateral.org/ … cela ne prouve pas qu’elle rende publics les débats tenus en son sein.
En reprenant cette citation supposée, j’ai considéré que ce flou et ces ‘renvois circulaires’ dans le raisonnement sur la véracité de l’info apparaissaient d’eux-mêmes dans les propos supposés être cités. Mais voilà déjà plusieurs fois qu’en retour, on me dit que je cause de complot. Qui parle de complot ? …
Bref, je ne peux pas vous renseigner. D’autres le feront sans doute mieux que moi.
Cette fois-ci, vraie ou pas, je reprenais cette citation pour l’apposer à des propos vrais, eux, librement tenus par Citrouille sur le forum. Je trouvais la correspondance frappante.
Et le procédé qui consiste à apposer deux vérités ou une vérité et un jugement dogmatique qui ne font pas une analyse ou un argument, c’est justement ce que je lui reprochais par ailleurs. Parce qu’il est souvent puissant pour éveiller les idées, mais au premier degré, je le trouve peu louable Un peu désemparé, j’ai juste voulu l’interpeller en reprenant cette approche. Comme j’ai d’ordinaire un discours « pompeux », d’après Citrouille, je me suis dit qu’il apprécierait.
Je rappelle la citation complète (de Citrouille) qui m’a collé à mon siège, outre : « Je ne vois pas en quoi c’est mal que le capitalisme financier s’affranchisse des nations ; les nations étant une construction bourgeoise comme le disait justement Marx » ; j’ajoute cette dernière en date, reçue dans ma réponse : « Pourquoi l’information marchande serait moins fiable : la qualité a un prix. »
J’ajoute enfin cette remarque, toujours dans la réponse reçue de Citrouille (pour une fois très bien étayée) d’une personne dont je croyais qu’elle m’avait fait aussi le coup de me dire que moi je parle de complot : « si Rockefeller croyait avoir le NYT (New York Times) à sa botte, ben, c’est un poil raté » … Désolé Citrouille, relisez la citation supposée, Rockefeller n’y dit rien de cela. Je ne vois pas ce qui vous autorise ce raccourci.
« Un peu de rationalité », comme vous dites.
Disons.… crédulité ou mieux, ingénuité 🙂
Bonsoir François,
on peut lire des choses de vous, quelque part ? Histoire de savoir à qui nous avons à faire, au travers de ce qu’il propose, analyse, argumente, … Bref, des choses qui permettent de débattre.
En principe, mieux vaut ne rien répondre à ce genre de message, à moins que vous ayez vous aussi donné de quoi répondre au préalable, mais peut-être ne saviez-vous pas. C’est pourquoi je vous réponds, par une question.
Sam,
Il me semble que François proposait quelques antonymes à « paranoïaque », en réponse à la fin de mon message (39).
:o)
Étienne,
comme François écrivait sur cette page pour la première fois (il me semble), et qu’il n’a pas précisé à qui il s’adressait, chacun peut prendre sa « réponse » pour lui…
Alors c’est un peu choquant au premier abord.
Maintenant, avec ton interprétation, ça me semble tout à fait vraissemblable (et je viens de voir que son message a été posté seulement 10 minutes après le mien – mais j’avais répondu indépendament de l’hypothèse qu’il puisse me répondre à moi).
Pardon pour cette incrédulité…
à Sam et à Etienne,
Excusez-moi pour ce malentendu. Je répondais en effet à la question d’Etienne (« Aidez-moi à trouver un mot, voulez-vous ? » message 39)en oubliant que les fils de discussion ne sont pas hiérarchisés, ce qui aurait placé ma réponse immédiatemment après la question d’Etienne et aurait levé toute ambiguïté. (Un peu longue cette phrase!)
Voilà… 🙂
à Max,
Je parcourais (en survol) ce qui avait été échangé sur le sujet, quand je suis tombé sur votre conclusion :
Je présente toutes mes excuses par avance aux contributions faites dans ce blog pour cette digression, mais je ne peux accepter comme forcément juste un impôt progressif.
À quel titre ?
À titre compensatoire pour dégréver l’impôt des revenus les plus faibles et gréver celui des plus élevés ?
Il s’ajit de compenser une injustice de répartition des revenus par une surtaxation des plus riches. Mais on ne compense pas une injustice par une autre injustice. Les injustices s’ajoutent. Elles ne se soustraient pas.
Aussi généreuse que puisse paraître cette l’idée originelle, elle est porteuse de vices :
1- Elle donne à l’impôt une dimension de sanction. Cette dimension de pénalité est attestée par une interview récente de Marie-George Buffet sur France Inter qui déclarait .
2- Elle légitimise une opposition organique entre petits et gros revenus. Il est logique que ceux qui se sentent agressés (verbalement et financièrement) se protègent ou contre-attaquent.
3- Elle renforce la disparité des revenus. Il ne faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages… Et il ne faut pas prendre les gros revenus pour des idiots. Ils reverront leurs salaires bruts à la hausse afin de compenser les prélèvements fiscaux.
(J’ai eu l’occasion de candidater à un poste à l’étranger, pour lequel le salaire annuel se négociait en terme de revenu net de charges et d’impôts. C’est à dire après comparaison des prélèvements sociaux, des impôts sur le revenus, des impôts locaux, de la taxe audiovisuelle et de la TVA, entre la France et le pays de destination).
4- Elle culpabilise ceux qui ne paient pas d’impôts (IRPP). Avouer que l’on ne paie pas d’impôts, c’est afficher sa condition de faible revenu. Ce n’est pas déshonnorant en soit, mais ce peut être plus mal vécu qu’on le pense. Cela crée une catégorie de qui ajoute aux difficultés matérielles.
5- Par effet de balance cela conforte la bonne conscience des plus hauts revenus vis à vis de la disparité des revenus bruts, puisque ce sont eux qui supportent tout le poids de l’impôt.
6- Elle conduit à des situations foncièrement injustes de par le mode de calcul de l’assiette de l’impôt.
Trois exemples :
Je pourrais citer d’autres exemples. Ils ont tous en commun de toucher des cas particuliers, des minorités. Mais la démocratie qui est appelée dans ces colonnes ne se doit-elle pas justement de prendre en compte l’existance de ces minorités ?
Concernant la progressivité de l’impot en France, une remarque intéressante sur le site d’Attac :
« La progressivité trouve son fondement, confirmé dans la jurisprudence du Conseil constitutionnel, dans l’article 13 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « Une contribution commune (…) également répartie entre tous les citoyens en raison de leurs facultés ». »
Est-ce que ce sont vraiment « les plus hauts revenus » qui financent majoritairement l’impot, ou bien les classes moyennes et les hauts revenus ? Ou trouver les chiffres
Sam, j’aime bien votre réponse qui est simple et mesurée…effectivement, il est bien difficile de prouver la réalité des paroles attribués à ce monsieur. Autant s’abstenir alors, pour des raisons de crédibilité.
Quant à Citrouille, s’il est « libéral », que pense t‑il donc du développement outrancier du capitalisme financier au détriment de l’économie réelle, ce qui a priori traduit plutôt un dysfonctionnement de la régulation marchande (selon la théorie néoclassique je crois) qu’une avancée économique.
tjrs sur l’impot progressif, une source plus officielle (et très respectable)
sur vie-publique.fr « Le Conseil constitutionnel a reconnu en 1993 la valeur constitutionnelle du principe de progressivité pour l’impôt sur le revenu. Il l’a relié aux principes d’égalité devant l’impôt et d’imposition à raison des facultés contributives, énoncés dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 »
Si c’est le Conseil constitutionnel qui le dit…
Bonsoir a tous,
Bigre ca brise dur sur le blog, on se lache un peu plus que sur le forum visiblement.
Merci a Jacky pour ses commentaires. J’avoue etre d’accord avec vous. Je ne suis pas un revolutionnaire, je crois que le systeme actuel, aussi mediocre soit-il, peut-etre ameliore sans passer par le grand chambardement.
Etienne,
Moi aussi je suis pour une societe « responsable » que ceux qui sont au pouvoir doivent rendre des comptes devant les citoyens. Pour vous occuper ce week-end sur ce sujet je vous invite a lire (dsl, c’est en anglais mais ca vaut le detour) la contribution d’Andrew Tompkins qui propose l’envoie d’une nouvelle Convention plus democratique que la precedente :
http://euobserver.com/7/22158
Au fait, c’est sur un medium prive.
Sam17,
Je passe sur mon absence de capacite analytique, c’est gentil et j’apprecie a sa juste mesure le compliment ;). Et oui, vous pouvez etre pompeux, moi aussi, je suis le premier a le reconnaitre.
Sur nation/capitalisme : prenez un contre exemple : Chavez-le-heros-du-Monde-Diplo vient de depenser au minimum 1 milliard de dollars pour des canons. Magnifique. Alors qu’un max de venezueliens vivent sous le seuil de pauvrete. Voyez ou vous mene la logique d’une economie controlee par les Etats.
Et oui, j’ai la grossierete de croire que l’economie doit s’affranchir des Etats, que lorsque les resources ne sont pas monopolisees par les Etats il y a moins de chances d’assister a des conflits entre ces Etats pour l’optention de ces resources.
Encore une fois je persiste dans mon odieuse grossierete, la nation n’est q’une construction ideologique. Parler du « peuple souverain » est une escroquerie intellectuelle : les femmes, elles etaient vachement souveraine, les curetons et tous ceux qui n’etaient pas d’accord ont vu cette souverainete leur etre imposees.
Sur Rocky, on tourne un peu en rond. C’est dans votre citation :
« Il nous aurait été impossible de développer notre Plan pour le Monde toutes ces années durant si les projecteurs avaient été braqués sur nos activités. »
Cela veut dire que Rocky croyait avoir le NYT et les autres a sa botte. Qu’il pouvait imposer ses censures, etc… Et bien evidemment le NYT n’est pas a la botte de la Trilateral Commission, ni de Pascal Lamy, ni de Bildelberg. Il suffit de le lire pour voir que c’est un journal independant qui tient cette independance de ses lecteurs (vous les oubliez un peu dans vos debats en passant.) Comme je l’ai ecrit, Rocky prend ses fantasmes de controle du monde pour des realites. Il n’y a pas une opinion unique dans le monde, on trouve encore des opinions differentes. Meme dans le NYT, meme dans le Washington Post, meme dans Time Magazine ou Rocky en a pris plein la figure. Quant au Gouvernement Mondial, il y a encore du travail.
À Marc Gaubert,
au final, vraie, fausse, truquée ou pas, j’ai choisi de mettre cette citation parce qu’elle me paraisser paraphraser merveilleusement un duo de phrases déposées librement par Citrouille sur le forum (volet « médias »).
« Je ne vois pas en quoi c’est mal que le capitalisme financier s’affranchisse des nations » (n°1672)
« Pourquoi l’information ne serait pas une marchandise ? » (n°1663)
J’ai été surpris de voir que ces positions puissent être défendues par un citoyen, librement, dans le contexte de ce forum (où la position laisser-fairiste, si elle a le mérite de réveiller un peu les débats, permet difficilement le débat constructif), un citoyen qui, à l’en croire, fut photo-reporter et altermondialiste.
J’ai trouvé que le mode d’intervention de Citrouille était lui-même particulier, très incisif et sans doute assez (sainement) provocateur, mais assez difficile à tenir.
La phrase d’origine de Citrouille, complète, était : « Je ne vois pas en quoi c’est mal que le capitalisme financier s’affranchisse des nations ; les nations etant une construction bourgeoise comme le disait justement Marx ». Je vous laisse savourer l’a propos de cette apposition.
Quant à la seconde phrase, j’ai eu ensuite « Pourquoi l’information marchande serait moins fiable : la qualité a un prix » (n°1793)
J’ai donc pensé que le mode de ma réponse était plus approprié que celui que j’emploie d’ordinaire, la pompeuse argumentation.
À Citrouille,
Encore une fois (cf. ma réponse du volet « médias », n°1809), à supposer que la déclaration de « Rocky » soit vraie, je ne vois du tout ce qui vous fait dire qu’il entend et qu’il ait entendu depuis 40 ans (lui, ou les deux associations qu’on a évoquées) mettre le NYT et autres à sa botte.
Je refuse ce raccourci, simpliste. Ce serait rentrer dans la thorie du complot, pour le coup.
J’ai proposé des explications plus tangibles, je crois : au sujet des débats dits secrets, le simple silence des participants des associations (non pas celui de leurs salariés, qui serait nécessairement obtenu par des moyens crasseux et susceptibles de faire du bruit tôt ou tard) ; pour le reste, les simples lois du marché appliquées à la presse comme moyens bien plus discrets, insidieux, et très efficaces, pour canaliser l’information en général, et éviter que les gens aient conscience de l’émancipation du capitalisme financier des nations.
Au présent, il est tard pour s’opposer à ce qui est déjà arrivé, et d’ailleurs, dans cette citation supposée, on nous dit que maintenant les peuples sont « prets » (ils savent, et ont peut parler des institutions financières et de leur aspect très antidémocratique, justement en blablatant pour dire qu’il serait bon de les rendre plus démocratiques).
« (…) j’ai la grossièreté de croire que l’économie doit s’affranchir des Etats, que lorsque les ressources ne sont pas monopolisées par les Etats il y a moins de chances d’assister a des conflits entre ces Etats pour l’obtention de ces ressources.
Encore une fois je persiste dans mon odieuse grossièreté, la nation n’est q’une construction idéologique. Parler du « peuple souverain » est une escroquerie intellectuelle (…) »
« Le qualificatif de souverain appliqué au peuples est une tragique plaisanterie » (Mussolini).
Vive la saine provoc’… Ne dites pas que je me « lâche » sur le blog plus qu’ailleurs, je me contente d’apprendre à communiquer par petites phrases teintées de dogmatisme, conçues pour faire réagir (efficacement ?).
Ce n’est pas moi qui vous contredirait sur les ravages qu’ont causé les capitalismes d’Etat, et leurs instruments majeurs que sont les guerres, les nationalismes, la colonisation, …
Mais, je vous l’ai écrit (volet « économie »), ce n’est pas parce que le capitalisme financier s’émancipe des nations qu’il détruit les nations. Vous pouvez apposer deux vérités, elles ne font pas nécessairement un argument valable.
La compétition entre nations est plus que jamais la base du discours capitaliste. On appelle ça la guerre économique.
« La guerre, c’est quand des pauvres qui ne se connaissent pas s’entretuent parce que des riches qui se connaissent ne parviennent pas à s’entendre… »
La guerre économique, c’est pareil, sauf que les gens se tuent non pas physiquement, mais voient détruire tout sens humain à leur activité économique, sont embarqués dans une vaste entreprise folle, destructrice, dans laquelle l’individu n’a pas de valeur (la chair à canons laisse place à la chair à produits) et que les décideurs sont dans une logique de compétition où il serait vain d’attendre qu’ils cherchent à s’entendre.
La règle ultralibérale, quand tu t’appelles « entreprise », c’est que si t’es pas n°1 tu crèves, tôt ou tard – tu pratiques toi même une statégie de très court terme, qui te condamne, pour butter l’autre avant qu’il ne le fasse (ce ne sont pas les discours politiques ou les journaux qui m’ont appris ça, c’est le milieu dans lequel je travaille. Et quels que soient les penchants politiques des cadres, ils s’entendent pour dire que cette logique est complètement, de plus en plus folle. D’un point de vue de libéral, même, c’est désastreux, ça produit des monopoles, ça condamne les petits, ça engraisse non pas des « entrepreneurs », des patrons, mais des rentiers, et ça fait une logique dans laquelle le travail n’a pas de valeur autre que marchande.)
La guerre économique, ce sont des riches rentiers qui s’enrichissent tant en occident qu’en Chine ou en Afrique, sur le dos de pauvres travailleurs atomisés, et qu’on vous unit sous la baguette de chefs en les opposant à d’autres pauvres travailleurs « d’en face ».
« L’abstraction du capital », l’émancipation du capitalisme financier des Etats-nations, cela n’a pas tué les nations, cela n’a fait qu’accroître la logique de compétition internationale autant qu’accroître la stupidité de cette logique.
Par contre, cela a accru très nettement l’impuissance des pouvoirs publics – seuls pouvoirs légitimes de la nation, seuls pouvoirs supposés devoir rendre des comptes au peuple et agir dans le sens de l’intérêt général – face aux pouvoirs économiques.
C’est bien cela qui nous concerne ici : à quoi bon s’évertuer à faire en sorte que les pouvoirs publics se démocratisent, que les élus rendent plus de comptes et soient plus privés de chèques en blancs, si les représentants des peuples n’ont aucun pouvoir par rapport aux pouvoirs privés ?
Il n’y a pas de constitution lorsque les véritables dirigeants ne sont pas des élus du peuple. La base de la constitution, c’est la légitimité des pouvoirs publics, des représentants d’un peuple uni sous un régime défini, approuvé, et non pas un mode de régime laissé au libre arbitre de ceux qui gouvernent. Le fait que les pouvoirs publics (the Authorites) sont définis.
DDHC de 1789, article 3 : « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » DDHC de 1789, article 16 : « Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. »
Pourquoi d’ailleurs venir causer de constitution si vous souhaitez « la mort » des nations ?
Plus exactement, si vous vous contentez de poser cela, sans nous dire ce qui, après les nations, pourrait former le cadre de la souveraineté, de l’état de droit et de la légitimité des pouvoirs publics ?
Où situez vous, pour l’avenir, à quelle échelle, ce cadre de la légitimité de la représentation ?
Encore une fois, même si le moyen utilisé surprend un peu (…) vous soulevez un sujet très important. Je vais finir par apprécier vos méthodes…
Je crois qu’il existe une manière de résoudre ce dilemme nation comme cadre des pouvoirs légitimes / nationalisme comme outil essentiel du capitalisme. C’est la « thèse » centrale que j’ai dessiné sur le volet « Principes constitutionnels relatifs à l’activité économiques ». Cela s’appelle instaurer les conditions d’un commerce équitable généralisé. C’est rendre au politique son pouvoir, sa primeur, c’est refonder la nation tout en combattant justement l’une des bases de la guerre économique. Et de la guerre tout court.
C’est recréer des conditions pour un libéralisme humain et viable, tout en combattant le fléau néolibéral.
Prenez le temps de lire… c’est intéressant, je crois (…), en plus d’être pompeux.
À Citrouille
« Pourquoi l’information marchande serait moins fiable : la qualité a un prix »
Vous pouvez bien le dire, mais pour autant votre affirmation ne devient pas réelle. Voila un raccourci rapide : pourquoi ce serait le marché (ou un prix plus élevé ?) qui garantirait la qualité du « bien » information ? Si tous les media avaient un accès égal et non discriminatoire au marché, peut être, et encore on peut en discuter. Mais dans la réalité, le « marché » des « fournisseurs d’information » est formé d’une petite quantité d’acteurs géants qui se le partagent : il n’est pas du tout évident que ce soit la qualité que sanctionne le marché. Difficile de fonder la « preuve » ‑de ce que vous dites- sur une meilleure qualité de l’information anglosaxonne (qui bénéficierait d’un marché plus concurrentiel), car les journalismes en France et en GB n’ont pas l’air vraiment comparables, si l’on s’en tient à J Quatremer qui parlait de journalisme d’opinion vs journalisme d’investigation. Ces traditions différentes expliquant peut être les disparités dans la qualité (et non le degré de concurrence).
Pour en revenir à l’information marchande, dans le réel, le marché sanctionne certes la qualité, mais aussi la plus grande visibilité d’un bien par rapport aux autres, et certaines croyances des acteurs.
Par exemple, un grand groupe, ayant un libre accès aux canaux de distribution, lance un journal spécialisé dans l’immobilier, et asseoit sa position sur le marché par un investissement massif dans une campagne de publicité.
-Ce journal devient bcp plus visible, beaucoup plus évident, parmi les lecteurs potentiels, que les autres.
-Outre la visibilité, il bénéficie aussi d’une sorte de « prime de qualité », de garantie, conférée par une espèce de croyance : si l’investissement éco dans ce journal, par ses fondateurs, est si important, c’est bien qu’il est sérieux, et peut être même meilleur que les autres, car les investisseurs ont des comportements rationnels et éclairés avec leur propre argent. L’ampleur du financement mis en œuvre joue ici comme un signal sur la qualité.
-Enfin, une bonne partie des lecteurs concernés ne va pas chercher le « meilleur » journal sur l’immobilier, (manque de temps, d’attention etc.) en cherchant et comparant tous les journaux existants, et se contentera de choisir le journal qui lui semble le plus correct, compte tenu de ce qu’il sait et des journaux effectivement à disposition dans les kiosques.
Tout simplement par manque d’information sur les journaux eux-mêmes, on imagine facilement que le lecteur moyen, en général mal informé, prendra le journal le plus visible, le plus accessible, et plus volontiers celui dont on a abondamment vanté les mérites.
(Ce qui marche pour 1 journal marche aussi pour 5⁄6 journaux) Bref, on peut tenir des tas de raisonnements…Le pluralisme et la qualité, oui. Le marché et la qualité, pas toujours, voire…
Bonjour a tous,
Marc,
On ne peut avoir d’economie « reelle » sans capitalisme financier. Il faut bien lever des investissements si on veut creer des usines, batir des hopitaux etc… Si on arrive a creer de la richesse sans avoir a faire les 3⁄8, si cette richesse est taxee, regulee (Commission Europeenne par ex) ca ne me choque pas plus que cela.
Sam17,
Sans rire vous auriez pu trouve mieux que Mussolini a m’envoyer a la figure. De quel Mussolini parlez-vous ? Musso coco, Musso liberal, Musso facho ? Mussolini a ecrit tout et son contraire. Pas une reference pour moi.
Je n’ose croire que vous essayez de m’assimiler au fascisme. Autant le dire tout de suite, la derniere fois que j’ai participe a un debat sur le fascisme, ca a ete saignant :
http://www.bigbangblog.net/article.php3?id_article=410#forum25803
J’avoue avoir du mal avec votre interface : un coup ici, un coup dans le forum. Ca me fait penser au livre de cuisine de Ginette Mathiot ou il faut lire toutes les recettes pour pouvoir en faire une. Du coup, je vous renvoie a ma reponse 1818 :
http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=1812#p1812
Vous vous interrogez plus haut sur mes motivations. Yep, ancien altermondialiste, photographe (attention, je n’ai jamais ete dans l’aristocratie des reporters, j’etais pigiste photographe dans un canard de province le week-end et ca payait tout juste mes etudes)en plus je vote PS. Simplement, lorsque vous allez presenter votre « constitution citoyenne », euh ben vous allez recevoir qques critiques je suppose alors je vous aide un peu pour preparer les choses a l’avance.
« La compétition entre nations est plus que jamais la base du discours capitaliste. On appelle ça la guerre économique. » Z’avez-vu ca ou ? Le capitalisme n’a pas de nation.
« La chair à canons laisse place à la chair à produits »
Euh, c’est quand meme un progres par rapport a Verdun non ?
La règle ultralibérale, quand tu t’appelles « entreprise », c’est que si t’es pas n°1 tu crèves, tôt ou tard »
Yep, c’est pourquoi je suis pour que la Commission Europeenne ait plus de pouvoir pour lutter contre les situations de monopole. Au fait, vous ne m’avez jamais repondu la dessus : si vous etes contre les monopoles, que pensez vous de la situation de la distribution de la presse qui est controlee par un monopole (NMPP) et qui axphysie la presse francaise dans son ensemble par son corporatisme.
Pipopipo,
« pourquoi ce serait le marché (ou un prix plus élevé ?) »
C’est tres simple, si tous les gens qui sont interesses par l’info serieuse achetent le Financial Times et sont prets a payer 1,5 euro (le plus cher des quotidiens britannique), c’est qu’il y a une raison et c’est la qualite de l’info.
Je trouve que dans nos discussions, on oublie un peu trop le lecteur ou le consommateur d’information c’est pourquoi, j’apprecie votre contribution.
C’est une question de cout/benefice. J’achete un journal car je pense qu’il va me donner un benefice (satisfaction), si le journal ne me donne pas ce benefice (di-satisfaction) et donc je ne vais pas le racheter. L’independence, le pluralisme vient des lecteurs.
« Si tous les media avaient un accès égal et non discriminatoire au marché, peut être, et encore on peut en discuter. »
Pardonnez-moi, mais la c’est vraiment dangereux. Si tous les medias devaient avoir un acces egal au « marche de l’information » euh, on se retrouve dans une situation du monopole de l’information avec tous les dangers que cela presente.
Je suis d’accord avec vous : la presse anglophone et pas seulement anglosaxonne est de bien meilleure qualite que la presse francaise. La formation des journalistes est pourrie en France, les journalistes sont donc extrement mediocres.
Pouvez-vous me donner le lien sur Quatremer, je suis toujours curieux de le lire ?
Je ne suis pas convaincu par votre exemple de journal immobilier. Pour la plupart d’entre nous, acheter ou vendre son logement est une affaire relativement serieuse (tellement serieuse que cela ne m’est jamais arrive). Du coup, pour l’immobilier, une investigation s’impose et si une revue ne repond pas aux attentes du consommateur aussi visible soit-elle, il va en chercher une autre.
Par contre, je peux etre d’accord avec vous sur un magazine de voyage ou de cuisine par exemple. Mais encore une fois, les amateurs de cuisine (comme moi) savent bien quels sont les magazines a acheter et ceux a rejeter.
Et bon dimanche a tous.
À Citrouille,
« La compétition entre nations est plus que jamais la base du discours capitaliste. On appelle ça la guerre économique. » Z’avez-vu ca ou ? Le capitalisme n’a pas de nation.
Pour instrumentaliser un phénomène existant, et bien ancré, le mieux est de se situer au dessus, et de gagner à tous les coups… qu’on divise ou qu’on unisse (surtout contre un ennemi affiché comme commun).
Voilà deux exemples pour vous faire relire ce que vous avez écrit, et ne pas me faire dire ce que je n’ai pas dit.
Dans un même pays, historiquement sinon encore significativement, on met les entreprises en concurrence.
Je commente : « le capitalisme financier n’a pas d’entreprise ». C’est vrai. Et alors ?
C’est même bien le problème : celui qui joue avec l’outil n’a pas à craindre de le casser ni d’en faire un monstre. ce qui lui vaut le qualificatif de « financier » est que le rentier n’a plus aucun lien de solidarité avec l’entrepreneur, le « créateur de travail » et le « producteur de biens ». L’actionnaire est un truc abstrait, sans patrie, et sans devoir lié au travail. Un libéral devrait s’inquiéter de cela. D’autant que le libéralisme classique n’a intégré aucune forme d’actionnariat abstrait, ni dans les nations (Bourse) ni au plan transnational (libre circulation des capitaux – transnationale, c’est un pléonasme).
Pour rappel, l’économie virtuelle (volume des transferts sur les divers marchés de changes) vaut entre 35 et 60 fois l’économie réelle (commerce des biens, services et matières premières).
Chez Carrefour (moi aussi j’ai donné dans les petits boulots) on met les individus en compétition les uns contre les autres sans aucune manière pour s’en cacher. Bref, on fait plus franchement ce qu’on fait ailleurs.
Je commente : « le capitalisme financier ne connaît pas d’individus (juste un coût des ressources humaines) ». C’est vrai. C’est bien le problème.
Je viens de vous l’écrire : ce n’est pas parce que le capitalisme (devenant financier) s’émancipe des nations qu’il détruit les nations.
Et le capitalisme n’a pas créé le nationalisme (c’est évident), mais il l’a très bien instrumentalisé. Et continue de le faire.
Vous avez la manie de construire de faux arguments en apposant deux propositions, souvent justes par ailleurs…
Et de me faire dire ce que je n’ai pas dit.
Comme vous avez fait parler Marx en suggérant de détruire les nations, une création bourgeoise… donc de restaurer un féodalisme, et une atomisation des individus, incapables de contrôler les dirigeants (rassurez-vous, c’est déjà ce qui s’est instauré).
« Diviser pour mieux régner »… : nations, entreprises, groupes, individus… combats de coqs ou de Pokemons… tout est bon à prendre. Pourvu que ça génère de la croissance, bâtir et détruire c’est toujours travailler, la seule chose qui compte, c’est le taux de profit.
Puisqu’on y est, ce qui compte (dans l’économie), ce sont les individus, vous le dites vous mêmes (volet « économie » – déploration du fait que les alters ne songeraient qu’au groupes et non aux individus – passons, il y a de tous sous le label « alter »).
Vu de l’individu, l’entreprise est un concept idéologique, une invention, une vue de l’esprit, au moins autant que la nation. Je dis « au moins », parce que la nation c’est le siège du pouvoir légitime en démocratie ; l’entreprise, c’est une structure totalitaire (Chomsky).
Nation ou entreprise, elle n’a de sens que si justement elle crée des intérêts communs, de la solidarité…
Donc au présent, l’entreprise n’en a plus aucun, de sens, sauf dans quelques professions libérales… Des esclavagistes rentiers qui se fichent de la survie d’une boîte, de la pérennité de ses métiers, sans parler du bien être des employés, et où tout le monde est mis en concurrence, c’est comme une nation qui de la lutte des classes passe à la lutte des places… elle perd tout son intérêt…
Quand DSK, par exemple, assimile directement une boîte du CAC40 à la France, à ses salariés, et ne dit jamais quel pourcentage des actions sont détenus par des retraités américains, je dit : « il faut arrêter de se foutre du monde, c’est quoi « l’entreprise », dans un raisonnement qui saute par dessus les nations, les individus, les conflits d’intérêt travail / capital / Etat ? alors que toutes ces barrières au postulat de la solidarité sont et restent évidentes ? »
Vous, le spécialiste de Marx, vous n’ignorez pas que l’assimilation, dans le discours politique dominant, de l’intérêt de quelques puissants et de l’intérêt commun, c’est la marque de la domination d’une idéologie.
Ça, c’est pour parler de la nation, et d’une idéologie qui, sous couvert de libéralisme, entend détruire l’État redistributeur, régulateur, et tout lien de solidarité entre les individus.
« La chair à canons laisse place à la chair à produits » Euh, c’est quand même un progrès par rapport a Verdun non ? »
Je réveillerais bien un feu poilu pour lui demander son avis sur les collusions modernes des patrons de presse et de l’armement, quand ce ne sont pas les mêmes personnes. Dassault, Lagardère, … si vous balancez si vite Bourdieu par dessus bord, je peux vous causer Halimi, Carles, Moore… je suis sûr que ça vous aimerez, parce que vous pourrez continuer ce jeu d’échanges de « grossièretés dogmatiques » que je n’ai pas demandé à entamer.
Et la guerre, c’est en Europe qu’on l’a fait disparaître à peu près, et jusqu’à nouvel ordre. Pas dans les États où l’on a restauré le colonialisme. Vous avez des amis Africains, Sud-Américains ?
Oui, pardon de sauter ainsi du blog au forum. Mais votre manière de dire « vous », c’est gênant. Ici, il y a des gens qui ne débattent pas sur le forum. Vous, vous en êtes membre.
« Simplement, lorsque vous allez présenter votre « constitution citoyenne », euh ben vous allez recevoir qques critiques je suppose alors je vous aide un peu pour préparer les choses a l’avance. »
Tout est dans le « votre ». C’est qui « vous » ? Dites « nous ».
Les critiques, on en aura, beaucoup. La question est de distinguer le cadre du débat.
Les critiques de gens qui s’acharnent à focaliser sur les symptômes et à prendre les maladies pour des phénomènes impossibles à combattre, à parler de politique quand il s’agit de parler d’institutions, on en aura sans doute beaucoup.
Ce qui serait encore plus constructif, une fois que vous remplacerez le « votre » par « notre », c’est que vous nous parliez un peu institutions, entre deux « aides ». Sur le forum, vous aviez écrit « si un jour vous imposez (votre constitution »), pas « le jour où vous proposez votre « constitution citoyenne » ». Merci pour « nous », quel crédit, quelle foi ! Si on se disait « nous » ? 😉
Citrouille,
Je suis perplexe sur votre réponse. Mais bon…
« C’est très simple, si tous les gens qui sont intéressés par l’info sérieuse achètent le Financial Times et sont prêts à payer 1,5 euro (le plus cher des quotidiens britannique), c’est qu’il y a une raison et c’est la qualité de l’info. »
Pour vous, le prix et le niveau de la demande reflètent la qualité, ce qui n’est pas si évident.
Exemple sur un journal français, le monde (exemple qui a un peu vieilli), plus cher de quelques centimes que ses concurrents : la décision d’achat d’une partie au moins des lecteurs prend en compte
– le peu de journaux sur le même créneau.
– surtout le fait que ce soit un journal de référence, un point de repère en matière d’opinion, (un peu moins maintenant), une lecture presque obligée. Quand vous passez un concours public, vous l’achetez en général etc.
En bref, certains l’achètent parce qu’il faut l’acheter, non pas pour la qualité de l’info, ou la satisfaction immédiate qu’ils en tirent. C’est une forme de mimétisme. Et cela se comprend au delà du sérieux ou non du journal dont il n’est pas ici question – je reconnais tout à fait la qualité du Monde, même si je préfère le Figaro. Alors oui, c’est un journal sérieux, mais est-ce le (ou l’un des 2⁄3) plus sérieux en matière d’opinion. Le niveau de ses ventes reflète une rente de situation indéniable, et un certain conformisme et mimétisme des lecteurs.
J’ai pris l’exemple du Monde car je ne connais pas le Financial Times ; je suppose que c’est un journal spécialisé (contrairement au Monde), traitant de questions financières intéressant les investisseurs, et qu’il est reconnu comme un des experts en la matière. Est-ce que les gens l’achètent parce qu’il est un des meilleurs du marché, fournissant l’info la plus fiable possible, ou bien parce que les lecteurs, qui ne disposent pas d’une information totale et non biaisée, et vu le peu de concurrents sur le créneau, font confiance à celui qu’ils pensent être un des experts sur la question ? Au fait, y a‑t-il beaucoup de journaux financiers en GB ?
« C’est une question de cout/benefice. J’achete un journal car je pense qu’il va me donner un benefice (satisfaction), si le journal ne me donne pas ce benefice (di-satisfaction) et donc je ne vais pas le racheter. »
- (si on rattache cette phrase à celle qui la précède dans votre réponse ) visiblement la qualité de l’info, c’est la satisfaction du consommateur pour vous. Ce n’est pas parce que le journal vous donne satisfaction qu’il est de qualité.
-quel est le degré de satisfaction obtenue ? peut être ce journal vous donne-t-il un bon niveau de satisfaction, et vous vous en contentez tout simplement parce qu’il n’y a pas tant d’autres choix possibles.
« Si tous les medias devaient avoir un acces egal au « marche de l’information » euh, on se retrouve dans une situation du monopole de l’information avec tous les dangers que cela presente. »
J’ai dû mal m’exprimer, ou vous vous moquez de moi. ou je ne vous comprends pas. Alors, je précise : je faisais référence à un marché sans barrières à l’entrée, permettant à tous les acteurs le désirant d’y participer, bref une situation opposée à celle du monopole… accès égal pour « égalité des conditions de départ »
« Je suis d’accord avec vous : la presse anglophone et pas seulement anglosaxonne est de bien meilleure qualite que la presse francaise »
j’attirais votre attention sur la difficulté à comparer les types de journalismes, et à justifier cette comparaison, vu qu’ils ne sont pas de même nature… croyant à tort que l’on ne comparait que ce qui était comparable… pour Quatremer, je ne retrouve plus le lien.
« Pour la plupart d’entre nous, acheter ou vendre son logement est une affaire relativement serieuse (tellement serieuse que cela ne m’est jamais arrive). Du coup, pour l’immobilier, une investigation s’impose et si une revue ne repond pas aux attentes du consommateur aussi visible soit-elle, il va en chercher une autre. »
La revue peut tres bien répondre partiellement à ses attentes, et il s’en contentera peut-être, pour plusieurs raisons : son choix n’est pas forcément si large, le marché n’est pas totalement transparent (les kiosques en distribuent pas tous les journaux), la visibilité du magazine peut être de nature à le rassurer. Le lecteur est certainement plus enclin à s’investir pour l’immobilier que pour les voyages, n’empêche qu’il a des contraintes, que son temps et son attention sont limités, il peut être pressé d’acheter un logement etc. Il peu très bien se satisfaire d’un journal qui bénéficie d’une bonne publicité, et qui globalement lui paraîtra correct.
Si j’achète un journal immobilier, c’est parce que je pense que c’est une référence. Maintenant, ma mauvaise connaissance du marché de l’immobilier m’empêche d’évaluer réellement la qualité du journal, que j’achète justement pour m’informer sur le marché de l’immobilier… Tout au plus, je saurais si c’est un journal plutôt bon, plutôt mauvais. Il n’empêche que cela peut me satisfaire.
Tout ca pour dire je crois que le prix ne reflète pas que la qualité, et que « le marché ya pas mieux » c’est aussi bête que « l’Etat ya pas pas mieux », en fait même j’ai un peu oublié le point de départ, parce que vous embrouillez un peu les choses à répondre par des affirmations péremptoires…
Aussi, lu plus haut, « croire que l’economie doit s’affranchir des Etats »
Ok, vous êtes libéral, on a bien compris, mais je pense quand même que vous ne devriez pas voter PS, mais plutot UMP.
« égalité des conditions de départ » et non des positions. peut on corriger ses fautes sur le blog ?
Correction des messages par leur auteur
Désolé, pipopipo : techniquement, je ne sais pas vous offrir cette possibilité qui me semble pourtant importante et qui fait, à mon sens, une des forces du forum (PunBB) sur le blog (DotClear).
S’il est techniquement possible de rendre éditables les messages d’un blog DotClear (il faut me dire comment), je le ferai.
Pour l’instant, c’est moi qui relis et qui corrige les coquilles (celles que je vois, et j’en rate car je suis obligé de faire très vite).
J’ai remplacé le mot que vous avez pointé. Si vous avez une correction à faire, écrivez-moi, simplement… :o)
Amicalement.
Étienne.
Bonjour Etienne, merci pour vos corrections.
Bonjour a tous et merci a Alain, Sam17 et Pipopipo pour l’interet porte a mes modestes contributions. Une grosse semaine m’attend, pas sur d’avoir le temps de repondre dans le court terme a tous mais je vais faire de mon mieux.
Au cas ou vous auriez loupe cet article d’ »Opinion » sur la decroissance dans Le Monde, ca vaut le detour, assez d’accord avec la these, un peu moins sur le style et sur la phrase finale (un poil gratuite et vraiment trop facile):
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1–0@2–3232,36–799562,0.html
[Ajout d’Étienne : autre lien, pour les non abonnés au Monde : L’obscure lubie des objecteurs de croissance. (J’espère que c’est bien l’article dont parle Citrouille.)]
Merci Citrouille, pour votre calme imperturbable et pour votre contradiction souvent stimulante :o)
J’ai une demande à vous faire, au libéral que vous êtes (libéral mais pas néolibéral, si j’ai bien compris), pour resserrer notre échange sur notre thème principal : qu’est-ce que vous pensez du sujet de ce site : « pour s’affranchir enfin de la plupart des abus de pouvoirs, il faut séparer rigoureusement le pouvoir constituant des pouvoirs constitués : ce n’est pas aux parlementaires, aux ministres ou aux juges d’écrire la Constitution, sinon ils trichent en s’écrivant des institutions « sur mesure ». » ?
Et les principes que je détaille dans le forum vous paraissent-ils pouvoir faire consensus, à travers les divers courants politiques, au-dessus des courants politiques ? Et sinon, qu’est-ce qu’il faut aménager pour arriver à ce consensus ?
Je voudrais aussi savoir si, pour vous, la liberté est à ce point importante qu’elle devrait n’avoir rigoureusement aucune limite. Que pensez-vous de ma thèse selon laquelle cette liberté totale que réclament les plus forts nous conduit tous, en fait, à la jungle où règne simplement la loi du plus fort ? Est-ce que la jungle vous convient comme cadre pour l’humanité contemporaine ?
L’État (avec sa Constitution) ne doit-il servir qu’aux plus forts, avec un droit qui pérennise leur domination et maintient les faibles aliénés, sans moyen honnête de résister ? Je n’ai pas besoin de caricaturer, c’est le cas, simplement : il n’y a, pour nous tous, aucun moyen juridique de résister, entre deux élections, à ce que nous pourrions considérer comme un grave abus de pouvoir. Je me trompe peut-être : si vous connaissez un tel moyen, un seul, dites-le moi, je vous en prie.
Je suis sûr que vous ne vous reconnaissez pas dans le portrait d’un ultralibéral, mais alors, comment, d’après vous, concilier la liberté (évidemment souhaitable, autant que possible) et la dignité (le bonheur ? le non écrasement, au moins ?) des moins forts ? Qu’est-ce qui vous a conduit à abandonner vos idées « alter » d’autrefois ?
Y a‑t-il entre nous des malentendus ? (sans doute… :o)
J’ai hâte de lire vos idées, vos propositions surtout, sur le plan institutionnel.
Je sais que je vais progresser en frottant mes neurones aux vôtres ;o)
Amicalement.
Étienne.
J’ai lu dans l’article conseillé par Citrouille :
« Les « décroissants » se proclament humanistes, mais ils ne croient pas en l’homme. Leur pessimisme leur fait dire que l’humanité ne sera pas assez inventive pour trouver des énergies de substitution au pétrole ni assez raisonnable pour éviter un désastre écologique. Mais ils laissent à son sort le milliard d’êtres humains qui vit avec moins de 1 dollar par jour. »
Pourtant, il me semble bien que les mêmes qui préconisent la décroissance réclament aussi la taxe Tobin qui suffirait à nourrir, éduquer et soigner tous les gueux de la terre (selon l’Unesco, il suffirait de 60 ou 80 milliards de dollars par an, de mémoire), et ce sont les mêmes qui réclament aussi la suppression de la dette injuste qui maintient les PSD sous le joug des banques.
Faire passer leur combat pour « une lubie de gosses de riches parfaitement égoïstes » est à la fois insultant et peu crédible.
Ceux qui abandonnent les pauvres ne sont pas ceux pointés par cet article.
Je n’ai pas aimé ce papier, peu argumenté et surtout inutilement méprisant, alors que le problème de la répartition des richesses paraît au moins aussi important que celui de l’augmentation de ces richesses :
En effet, à quoi bon augmenter indéfiniment les richesses créées si elles partent quasiment toutes dans les poches de ceux dont les besoins principaux sont satisfaits depuis longtemps et si elles sont systématiquement détournées des poches des gueux ?
Bonjour
Le monde, qui se fait de plus en plus le porte parole de la pensée unique néolibérale que l’on veut inculquer aux peuples de la même façon que la pensée marxiste dans l’ex URSS ferait bien aussi de s’intéresser aux résultats des théories libérales pour le développement des PED.
En effet, selon la religion néolibérale, le problème des PED viendrait d’un manque d’épargne et de la fermeture de leurs marchés aux multinationales. Après 25 ans de plans d’ajustements structurels imposés par la banque mondiale et le FMI pour rembourser une dette souvent inique, on se rend compte qu’une minorité de la population a profité de la mondialisation, et dans cette minorité se trouvent souvent des dictateurs. Est-il normal que la dette à rembourser par le Zaire soit inférieure à la fortune des descendants de la famille de l’ex dictateur Mobutu qui a pillé le pays ?
Par ailleurs, les exigences de l’OMC de la banque mondiale du FMI en matière de privatisation des services publics de base (santé, éducation, transports, etc.) ont contribué fortement à priver les plus pauvres de biens publics mondiaux nécessaires à la résorption de cette pauvreté de masse.
Les moyens financiers existent pour résorber cette pauvreté. Il faut savoir que nous sommes en retard en ce qui concerne l’objectif du programme des nations unies de réduction de moitié de la pauvreté en 2015, que pour certains pays d’Afrique nous assistons même à une régression.
Les pays riches devaient verser une aide correspondant à 0,70% du PIB à ce fonds des Nations Unies, certains pays ne versent pas ce montant prévu, ainsi les USA en sont à 0,37% (montant inférieur à ce qui est dépensé pour la guerre d’Irak ).
Alors, il y a beaucoup à dire sur le thème de la décroissance, mais il faut être de mauvaise foi pour prétendre que ceux qui veulent un autre monde se moquent de cette situation, alors que le libéralisme qui devait être la panacée a échoué. Sinon, pourquoi un programme des Nations Unies pour le développement, s’il suffisait de laisser faire la loi du marché ?
Autre petite remarque, j’ai vu également une critique contre CHAVEZ qui veut acheter des armes, je ne connais pas tous les aspects de sa politique, mais il faut être objectif et rappeler certaines choses.
N’est-il pas constamment menacé par un grand pays ? N’y a‑t-il pas déjà eu, dans ce grand pays démocratique, des campagnes télévisuelles d’un célèbre télévangéliste réclamant l’assassinat de CHAVEZ ? Il faut rappeler qu’il a été élu démocratiquement. L’amérique latine a le souvenir des dictateurs PINOCHET et VIDELA soutenus par les libéraux de tous poils qui n’ont pas de leçons de démocratie à donner.
Ce qui gêne le capitalisme mondial, c’est que CHAVEZ a l’ambition de s’émanciper des USA, des multinationales, a le projet de créer une banque des pays du Sud pour concurrencer la banque mondiale.
Des renseignements sur la dette sont disponibles sur le site du comité pour l’annulation de la dette .
http://www.cadtm.org/sommaire.php3
Cordialement.
Bonjour a tous,
Bon j’ai un peu de pain sur la planche,
Sam17,
Il y a beaucoup, beaucoup de choses dans votre message. Ca part un peu dans tous les sens et pardonnez-moi a l’avance de sauter directement sur Pierre Carles (on se retrouvera sans doute sur la guerre eco une autre fois). Je ne donne aucune legitimite a un apologiste des crimes gauchistes. Pour un exemple croustillant parmi beaucoup d’autres :
« Récemment, à ViIvoorde, aucun ouvrier licencié n’a jugé utile de faire subir à Louis Schweitzer, l’actuel PDG de Renault, le sort de son prédécesseur, George Besse. Les traditions se perdent. »
http://www.homme-moderne.org/images/films/pcarles/entrev/matin99.html
Halimi, pas mal, rien contre, je me souviens que je flambais au lycee en le citant.
Yep, j’ai des amis africains, sud-americains (beaucoup du Nord aussi) pas mal de Roumains et de Turcs, de Chinois aussi qui – au passage – sont assez pour que leurs pays creent de la richesse et aneantissent ainsi la pauvrete. Quand on leur parle de la decroissance, ils disent « c’est bien un privilege de riches que d’avoir des opinions pareilles », serieux, c’est pas moi qui l’ai dit. Je m’egare, je m’egare, mais grace a la fin du communisme dans le monde et grace a la mondialisation des echanges et donc de la creation d’un monde plus interdependant les conflits reculent. Les avancées sont nettes en termes de diplomatie de la paix, de démocratie et de justice internationale. Je vous renvoie au rapport du Human Security Center de l’université de British Columbia de Vancouver qui note une réduction drastique du nombre de conflits depuis la fin de la guerre froide, et du nombre de morts par conflit au cours de la même période.
Ce n’est pas « ma » Constitution, c’est la votre, vous avez suffisement d’abnegation pour la defendre sans moi. Je ne suis d’accord avec aucun des articles proposes, je ne vais pas me forcer. Je viens pour debattre. Si ca vous embete que j’aille sur le forum, je peux me contenter de rester sur le blog.
Pipopipo,
« Pour vous, le prix et le niveau de la demande reflètent la qualité, ce qui n’est pas si évident. »
Du tout, la qualite vend. C’est un fait. Si le Monde permet a des etudiants de passer des concours et que L’Union de Reims ne le permet pas, c’est que Le Monde offre une plus value quelque part par rapport au quotidien marnais. Le FT est un bien plus qu’un journal specialise et je doute que l’on puisse reussir un concours pour rentrer au ministere des affaires etrangeres en France sans le lire (si ce n’est pas le cas, ca montre a quel point la France est a la masse.) En effet, le FT est le quotidien de reference de l’actualite de l’Union Europeenne, il est lu dans toutes les ambassades du monde entier la qualite des analyses sur ce sujet. De plus c’est un quotidien generaliste, avec des tres bons journalistes culturels, sportifs et economiques (perso j’utilise les pages du milieu pour les epluchures de mes patates.) Donc ok, vous marquez un point, on achete Le Monde ou Le FT pour des raisons pas toujours rationelles. N’empeche, au bout du compte, si le journal ne remplit pas son contrat (satisfaire le consomateur) ce dernier va arreter de l’acheter.
Je ne sais pas s’il existe beaucoup de journaux financers au RU. Le FT a une position dominante sur le sujet, mais la finance est tres bien traitee dans la plupart des quotidiens « serieux » : Times, Guardian, Independent… Bien mieux que dans les quotidiens generalistes que francais en tous les cas.
« Ce n’est pas parce que le journal vous donne satisfaction qu’il est de qualité. »
Pour moi, si.
« peut être ce journal vous donne-t-il un bon niveau de satisfaction, et vous vous en contentez tout simplement parce qu’il n’y a pas tant d’autres choix possibles. »
Il existe beaucoup de choix et je ne me contente pas de la lecture que d’un quotidien.
Ok, on s’est mal compris sur le monopole.
Merci pour vos genereux conseils de vote mais je refuse de voter pour un parti qui parle de « patriotisme economique. » L’UMP n’est pas un parti liberal, c’est un parti etatiste et neo-gaulliste (ok, je me repete).
Etienne,
Merci pour vos remarques.
Qu’est-ce que je pense de « pour s’affranchir enfin de la plupart des abus de pouvoirs, il faut séparer rigoureusement le pouvoir constituant des pouvoirs constitués : ce n’est pas aux parlementaires, aux ministres ou aux juges d’écrire la Constitution, sinon ils trichent en s’écrivant des institutions « sur mesure ». » ?
Je ne suis pas contre le fait que des « non-elus » soient integres a processus de reforme constitutionel. Simplement eliminer « les elus » de ce processus, c’est peu dommage car c’est se priver de l’experience, de l’expertise, de ceux qui ont eu le privilege d’avoir ete elus, d’avoir represente une circonscription et d’avoir travaille pour l’interet commun. Apres tout, les elus sont des citoyens comme les autres. Je suppose que vous partez de l’hypothese que « le pouvoir corrompt. » Certes, mais il existe des alternatives moins radicales que celles que vous pronez et plus realisables, je pense en particulier au fonctionnement des democraties scandinaves.
« Et les principes que je détaille dans le forum vous paraissent-ils pouvoir faire consensus, à travers les divers courants politiques, au-dessus des courants politiques ? Et sinon, qu’est-ce qu’il faut aménager pour arriver à ce consensus ? »
Euh, c’est plus votre objectif qu’un consensus. Un consensus, c’est l’aboutissement de negociations (marchandages), il faut echanger, lacher du lest et faire des concessions etc… Je pense qu’il y a du travail.
Je ne suis pas pour la liberte totale, je suis pour le developement economique via une concurence liberalisee tout en etant dans des cadres juridiques clairs et regulee par des organismes independents. Je suis contre la creation de monopoles qui devraient etre empeches par des organisations comme la Commission Europeenne.
« Il n’y a, pour nous tous, aucun moyen juridique de résister, entre deux élections, à ce que nous pourrions considérer comme un grave abus de pouvoir. Je me trompe peut-être : si vous connaissez un tel moyen, un seul, dites-le moi, je vous en prie. »
Je ne sais pas (en fait je ne sais pas de quel abus de pouvoir vous parlez). Peut-etre qu’avec la mise en place des « class action » offrira la possibilite a des citoyens a de defendre certains interets ?
Ce qui m’a conduit a abandonner les « alter » ? En premier le manque de democratie, l’impossibilite de debattre, la fascination pour Castro, la xenophobie anti-americaine, le dogmatisme ideologique, la haine des riches (bon je ne suis pas devenu riche, mais la haine de ceux qui reussissent.) Les greves stupides : je me souviens avoir fait greve a la fac contre « la privatisation de le l’Universite » en fait c’etait juste la reforme Licence Maitrise Doctorat. Et puis le fait de voyager, j’ai pris une belle claque en 2001 lorsque j’ai fait mon annee Erasmus en Irlande. Je ne suis jamais rentre en France. Beaucoup de choses ne « calaient » pas avec le discours alter : le systeme de sante britannique et irlandais sont tres modernes et tres efficaces, la pauvrete recule, le chomage est inexistant, les facs sont tres bonnes contrairement a la miserable fac ou je suis alle en France, un sentiment d’etre dans une societe qui offre un avenir a la jeunesse contrairement a la France ou je ne voyais que comme avenir que de postuler que pour un hypothetique emploi-jeune.
La recherche du bonheur pour les moins forts, vaste challenge. Je ne pense pas que ce « bonheur » puisse etre atteint en limitant les travailleurs les moins qualifies a travailler 35h et donc d’avoir une limite maximale de leurs salaires. Je pense par exemple que laisser les gens travailler plus de 35H qu’ils puissent augmenter leur pouvoir d’achat, ce ne serait deja pas si mal. Ah, oui, le fait de bosser a l’usine, au cote des travailleurs, ca a ete ma premiere claque et mes premiers desanchentements. J’en parle sur un fil du forum mais je ne le retrouve pas.
Ok, l’article du Monde n’est pas le plus efficace pour contrer les arguments de la decroissance. Toujours est-il que, oui, on ne peut reduire la pauvrete ou le chomage d’un pays si sa croissance eco est negative.
André,
« Le monde, qui se fait de plus en plus le porte parole de la pensée unique néolibérale que l’on veut inculquer aux peuples de la même façon que la pensée marxiste dans l’ex URSS ferait bien aussi de s’intéresser aux résultats des théories libérales pour le développement des PED. »
En effet le journal de la religion neoliberale a publie hier un article de Hubert Reeves, moine bien connu de la pensee uber-unique de l’ultraneoliberalisme :
lemonde.fr/web/article/0,1–0@2–3232,36–800106,0.html
Ca s’appelle le debat. Debat qui n’existe ni sur Attac (pas de forum), ni sur Acrimed (pas de forum), ni sur Bellaciao (censure), ni sur le Grand Soir (censure), etc…
« Autre petite remarque, j’ai vu également une critique contre CHAVEZ qui veut acheter des armes »
Pardonnez moi d’avoir attaque votre heros anti-imperialiste. J’ai la naivete de croire que le nationalisme militariste est une ideologie dangereuse. La gauche francaise est sacrement mal barree si elle prend pour idole des types comme Chavez.
« N’y a‑t-il pas déjà eu, dans ce grand pays démocratique, des campagnes télévisuelles d’un célèbre télévangéliste réclamant l’assassinat de CHAVEZ ? »
N’y a‑t-il pas un type qui s’appelle Chavez et qui serre la pince a des telemolahs en Iran qui appellent tous les jours a la destruction d’Israel et des Etats-Unis ?
http://citrouille-citrouille.blogspot.com/2006/07/chavez-pas-tout-compris.html
Au passage, curieux de voir comment nos elites altermondiales et hagiographes castristes (Cassen, Ramonet) vont interpreter l’institutionalisation de la monarchie dans le paradis cubain.
Etienne,
Merci pour la mise en page.
Bonjour
On a le droit de changer d’opinions, de considérer que le libéralisme à l’anglo saxon est le meilleur monde, que la France est un pays misérable à côté de ce monde merveilleux.
Mais, il ne faut pas prendre les gens pour des gogos, quand on est contre le nationalisme militaire, on doit condamner logiquement l’occupation de l’Irak, et il faut répondre à la question, quel est le pays qui investit le plus au niveau militaire ? Et n’en déplaise aux libéraux CHAVEZ a été élu démocratiquement, et prétendre qu’il représente une menace pour les USA frise le ridicule, quand on voit la disproportion des forces armées entre les 2 pays… A moins de croire à la fable de la menace irakienne pour les USA.
Tout les gens de bonne foi savent que les USA sont intervenus en Irak pour des raisons économiques et pas pour libérer le peuple irakien. C’est bien gentil de parler d’aveuglements des autres, il faut parfois prendre de la hauteur soi-même et ne pas mélanger le régime castriste, la problématique de la décroissance, le mouvement altermondialiste qui est bien postérieur à Fidel Castro.
Bonjour Citrouille,
« Je pense par exemple que laisser les gens travailler plus de 35H … J’en parle sur un fil du forum mais je ne le retrouve pas. »
Volet « Principes constitutionnels relatifs à l’activité économique ».
Sur la financiarisation de l’économie, j’ai trouvé une émission de radio très intéressante, « Des sous et des hommes » et un site qui archive chaque numéro : http://dsedh.free.fr/index1024.htm
Pour qui n’a pas trop besoin d’être rassuré, ça aide à redescendre…
Bonjour Andre,
J’etais contre la guerre en Irak. Au passage, je me souviens de banderoles charmantes (USA = SS) par de creatifs anti-imperialistes.
Ai-je pretendu que Chavez etait une menace pour les Etats-Unis ? Nan, donc pas la peine de parler choucroute (Irak) histoire de noyer le poisson : Chavez est un militariste et un nationaliste il vient de depenser au bas mot au moins un milliard de dollars en canons alors qu’un max de Venezueliens sont sous le seuil de pauvrete ce qui montre une vision tres personelle de la repertation des richesses.
Sam17,
Merci pour le lien.
Et j’oubliais, l’Irlande n’est pas un pays anglo-saxon.
Bonjour citrouille
Je suis allé sur votre blog, ai lu l’article sur CHAVEZ qui appelle les remarques suivantes :
– C’est bien gentil de critiquer l’achat d’armement de Venezuela, mais pourquoi ce seul pays, quelle étrange coincidence
– Comme vous ne donnez pas une information impartiale, je vais la compléter. Le Venezuela fait partie de l’axe du mal selon les critères de Bush, les menaces sur la souverraineté de ce pays sont à peine voilées. D’ailleurs, des manoeuves aéronavales américaines ont eu lieu il y a quelques semaines à proximité des côtes de ce pays. Si ce n’est pas de l’intimidation.
Je ne suis pas pour la course à l’armement, mais peut-être n’y aurait-il pas eu ces acquisitions s’il n’y avait pas cette menace ?
En plus en vertu de quel principe le Venezuela ne pourrait pas avoir de force de défense ?
En réalité CHAVEZ menace le leader ship des états unis en Amérique latine, c’est pourquoi il est attaqué à travers les médias et blogs libéraux dont le vôtre.
J’ajouterai que des élections auront lieu bientôt dans ce pays, considérant que le peuple est souverain, nous verrons s’il est réélu ou pas.
Pour ce qui me concerne, je suis citoyen du monde, je n’ai pas d’idole et ne crois pas en l’homme providentiel, je ne suis inféodé à aucun courant politique ou philosophie ( libéral ou autre), je me sens simplement concerné par les problèmes du monde.
Pour l’Irlande, je n’ignore pas la culture celtique d’origine, mais mon fils revient de Dublin, il a constaté que tous les gens parlent Anglais entre eux et pas gaélique. De plus ce pays doit son développement pour partie à sa pratique de la langue anglaise et aux relations commerciales avec les USA.%%
Considérer que l’irlande est incorporée dans le monde anglo-saxon ne me paraît pas infondé.
Bonjour citrouille
Je suis allé sur votre blog, ai lu l’article sur CHAVEZ qui appelle les remarques suivantes :
– C’est bien gentil de critiquer l’achat d’armement de Venezuela, mais pourquoi ce seul pays, quelle étrange coincidence
– Comme vous ne donnez pas une information impartiale, je vais la compléter. Le Venezuela fait partie de l’axe du mal selon les critères de Bush, les menaces sur la souverraineté de ce pays sont à peine voilées. D’ailleurs, des manoeuves aéronavales américaines ont eu lieu il y a quelques semaines à proximité des côtes de ce pays. Si ce n’est pas de l’intimidation.
Je ne suis pas pour la course à l’armement, mais peut-être n’y aurait-il pas eu ces acquisitions s’il n’y avait pas cette menace ?
En plus en vertu de quel principe le Venezuela ne pourrait pas avoir de force de défense ?
En réalité CHAVEZ menace le leader ship des états unis en Amérique latine, c’est pourquoi il est attaqué à travers les médias et blogs libéraux dont le vôtre.
J’ajouterai que des élections auront lieu bientôt dans ce pays, considérant que le peuple est souverain, nous verrons s’il est réélu ou pas.
Pour ce qui me concerne, je suis citoyen du monde, je n’ai pas d’idole et ne crois pas en l’homme providentiel, je ne suis inféodé à aucun courant politique ou philosophie ( libéral ou autre), je me sens simplement concerné par les problèmes du monde.
Pour l’Irlande, je n’ignore pas la culture celtique d’origine, mais mon fils revient de Dublin, il a constaté que tous les gens parlent Anglais entre eux et pas gaélique. De plus ce pays doit son développement pour partie à sa pratique de la langue anglaise et aux relations commerciales avec les USA.%%
Considérer que l’irlande est incorporée dans le monde anglo-saxon ne me paraît pas infondé.
Bonjour Andre,
« pourquoi ce seul pays, quelle étrange coincidence »
Pourquoi pas ? Chavez est-il innATTACable ? C’est interdit de critiquer ce type ?
Et que dites-vous de cette hypothese ? Chavez est visiblement un dingo des armes. Chavez fait tout pour avoir des mauvaises relations avec les Etats-Unis pour pouvoir assumer ses fantasmes : faire joujou avec ses canons, militariser la societe venezuelienne,etc… Creer une menace pour asservir la population, c’est comme dans « 1984 » non ?
Sur ce pays, je vous invite a lire le rapport de Reporter Sans Frontiere
Je ne defends pas les interets des Etats-Unis, je ne sais pas ce qui vous faire dire cela. Je n’ai aucune sympathie pour l’administration Bush. Ce dernier deteste les liberaux par ailleurs. Je pourfends simplement une partie de la gauche francaise (dont nos elites altermondiales) qui prend pour hero un populiste nationaliste et militariste.
Je ne vous conseille pas de dire a des Irlandais qu’ils sont des anglo-saxons, adjectif considere comme raciste et bigot dans ce pays. C’est donc naturellement vu comme une insulte en Irlande. Comme me le disait une copine recemment, c’est aussi idiot que de parler des Allemands comme etant des Aryens. Parler anglais ne donne pas l’appartenance a la race des Angles et des Saxons ainsi qu’a la religion Protestante (WASP), cela montre simplement l’appartenance au monde anglophone. D’apres mes amis Americains, c’est aussi une insulte pour de nombreux citoyens des Etats-Unis.
Ps, le Venezuela n’appartient pas a l’axe du Mal de Bush. Si vous vous reportez au discours de Bush du 29 Janvier 2002, il n’y avait que trois pays : Iran, Irak et la Coree du Nord.
Si vous vous referez au discours de John Bolton du 6 May 2002 « Derriere l’axe du Mal » il s’agit de la Lybie, de la Syrie et de Cuba.
Si vous vous referez a la def « Outposts of Tyranny » du 18 janvier 2005 de Dr Rice : il s’agit de « l’Axe du Mal » originel + Cuba, Bielorussie, Zimbabwe et le Burma.
Si vous parlez des « Etats-Voyoux » de Clinton (plus tard rebaptises comme les « Etats qui inquietent » – states of concern) il s’agissait de l’Afghanistan, de l’Irak, de l’Iran, de la Coree du Nord et de la Lybie.
Je vous invite a verifier vos sources, le Venezuela n’est sur aucune des ces listes.
Sam17,
Je viens d’aller faire un tour sur « des sous et des hommes »
et les femmes c’est en option ?Euh, franchement quand on lit les retranscriptions, faudra plus m’accuser de poser des questions « orientes », car dans cette categorie, Fourier, decroche le ponpon.
Bonsoir Citrouille
Bien évidemment, vous critiquez qui vous voulez sur votre blog et ailleurs. Mais je maintiens mon propos à savoir qu’il ne faut pas avoir les yeux rivés toujours dans la même direction.
Si vous critiquez la militarisation du Venezuela faites en autant de bien d’autres pays, et vous aurez du pain sur la planche.
J’imagine dans cette hypothèse voir bientôt sur votre blog des études sur l’armement de l’Inde, de la Chine, du Pakistan où d’autres pays. Dans l’hypothèse inverse, on comprendra que le tort de Chavez n’est pas de s’armer mais d’être en opposition avec les USA.
Je vais vous proposer une autre hypothèse :
Bush est quelqu’un de dangereux, c’est un guerrier, il a le goût de l’aventure militaire, il parle d’axe du mal, dieu avec nous (Gott mit uns), celà rappelle quelque chose… Celà inquiéte des pays proches qui ne partagent pas ses valeurs et se croient obligés de s’armer.
Vous allez dire c’est une hypothèse, prouvez le, je ne peux pas. Mais vous non plus, vous ne pouvez prouver l’hypothèse du dingo des armes. Mais l’indice est de mon côté, car jusque maintenant le Venezuela n’a attaqué personne.
J’ajouterai que reporters sans frontières est financé par le gouvernement des USA, ce fait a été reconnu en mars 2005 lors d’une entrevue au nouvel observateurque, son objectivité a déjà été mise en cause. La partialité peut venir de tous côtés.
Je note avec étonnement que vous considérez que Bush n’aime pas les libéraux. Le fait que les Etats Unis ménent une politique libérale est reconnu par les gens de tout bord politique, tous les libéraux rencontrés jusque maintenant vantent le libéralisme américain, alors doit-on en déduire que vous considérez que cette politique n’est pas assez libérale ? Ce qui est votre droit.
André, il paraîtrait que l’UE est devenue plus plus néo-libérale que les USA.
La BCE a pour rôle unique de lutter contre l’inflation. La BC des Etats-unis travaille aussi pour la croissance. Si j’ai bien compris Des sous et des hommes (…) la première assure les rentes tout en bridant les salaires, la seconde est nettement plus keynésienne dans ses politiques.
Maintenant dans un système ou la finance n’a plus de lien réel avec l’entreprise, de l’absurdité des nouvelles de guerre économique aux guerres absurdes dont les nouvelles inondent les médias, .… on s’habitue.
Mais il y a encore des gens, beaucoup trop il faut croire, qui s’imaginent que les USA appliquent chez eux les recettes qu’ils vendent aux uns et imposent aux autres.
Il faudrait qu’ils voient aussi que Bush ne fait pas la politique, donc l’économie (tiens, Wall Mart se fait jeter d’Allemagne… faut-il s’étonner ? Se rassurer un peu, déjà…) : Bush se fout bien des affaires, il gère les siennes, c’est déjà pas mal pour un récidiviste de la faillite. Et puis, vous savez, il est adventiste, il attend juste le retour de JC.
Que Bush n’aime pas les libéraux, je conçois, les laisser fairistes, fidèles promoteurs aveugles de mouvements ultra-conservateurs, beaucoup moins.
Le terme « décroissance » s’applique t’il à la croissance elle-meme ou à son taux ? Au hasard, je pencherais plutot pour le taux, le rythme : ralentissment coordonné des taux de croissance. J’ai effectivement du mal à croire qu’une théorie appelle à une croissance négative : n’est-ce pas là encore un des innombrables (et archi faux) raccourcis bien commodes de Citrouille ?
Andre :
Bush deteste les liberaux. Bush sur Kerry :
« Let me see where to start here. First, the National Journal named Senator Kennedy the most liberal senator of all. And that’s saying something in that bunch. You might say that took a lot of hard work. » Si vous voulez une traduction, suffit de demander.
Il n’y a que des Francais pour voir en Bush un liberal.
Au passage, le liberalisme est une ideologie de gauche.
et ca m’arrache les doigts de donner un lien sur ces totalitaristes de chez Bellaciao.Reporter Sans Frontieres fait donc partie du complot bushiste sanguinaire. Okaaay, cela veut dire que les faits rapportes sont faux ? Bien sur bien sur.
Sam17,
Cela devrait etre illegal d’etre prostestant ?
Vive la tolerance.
Chemisedoree,
« Les partisans de la décroissance soutiennent que pour être durable, le développement humain devra au contraire pouvoir se passer d’une croissance économique globale et perpétuelle »
Ce n’est pas moi qui le dit. Si mes raccourcis sont archi-faux, donnez des liens pour me contredire au lieu de faire dans l’attaque gratuite et non argumentee.
Chers amis,
ne ratez pas le document étonnant de clairvoyance (écrit il y a douze ans !) que j’ai signalé ce matin sur ma page »« Liens et documents utiles« »… : il s’intitule :
« Maastricht : s’est-on trompé d’Europe ? »
par André Grjebine
dans Les Cahiers du CERI (n° 3 – 1992).
Vous y trouverez des passages passionnants sur le chômage et l’inflation « gérés » par l’Union européenne.
Amicalement.
Étienne.
PS : j’ai commencé à écrire des parties de Constitution (c’est vraiment intéressant), mais je galère avec la mise en place d’une section Wiki adaptée à notre objectif. Si quelqu’un parmi vous connait bien ce domaine, un coup de main serait le bienvenue :o)
PPS : je suis allé voler à Saint-André aujourd’hui… Merci au soleil, aux jolis nuages, à l’air pur et à toutes ces montagnes que j’aime tant :o)
Citrouille, oui vous faites(parfois)des raccourcis faux sur l’Etat, la nation, l’économie, comme tout le monde, mais comme vous provoquez, c’est énervant. Je vous réponds de façon un peu plus argumentée lorsque j’aurai trouvé plus d’infos sur la décroissance, idée qui a l’air intéressante – sur Wikipedia,le principe me parait très flou, comme la phrase que vous citez.
Chemisedoree,
Ne vous meprenez pas, je ne provoque intentionnelement personne. Je ne veux que provoquer le debat.
Vous pouvez trouver des textes
du gouroude Serge Latouche en ligne sur le site de l’Institut (autoproclame) d’Etudes Economiques et Sociales pour la Decroissance Durable.Vous pouvez penser ce que vous voulez, mais je trouve ce genre de phrase de Latouche d’un racisme revoltant :
« il est encore possible de trouver chez les vieillards du tiers-monde des « experts » en reproduction durable. Les artisans et les paysans qui ont conservé une large part de l’héritage des manières ancestrales de faire et de penser vivent le plus souvent en harmonie avec leur environnement. »
Que les pauvres du tiers-monde restent pauvre. Magnifique.
Citrouille,
jusqu’à nouvel ordre, j’éviterai de vous répondre : vous passez votre temps à interpréter de manière grossièrement décalée ce qu’on vous écrit, vous jouez à je ne sais quoi de pas drôle et de toujours volontairement hors sujet, cela ne permet aucun débat, ça ne fait que détruire. Votre esprit de contradiction relève de l’art pour l’art.
J’ai été protestant, j’ai de la famille protestante, je ne vois pas ce que j’ai dit de mal intentionné à leur égard. Je suis profondément laïc. J’ai signifié que je n’admets pas qu’un dirigeant de très haute responsabilité fasse passer sa foi, ses convictions millénaristes (j’ai écrit « adventiste », pas « protestant » – cela signifie une communauté de gens qui sont convaincus que JC revient bientôt, et à ce titre, que comme le dit la Bible, nos petites histoires d’hommes n’ont pas d’importance) avant le reste, contre le reste, les choses temporelles. Vous me parlez de « tolérance »… je ne vais pas vous faire un cours de laïcité. Quand bien même ce serait utile, ça ne ferait que me valoir une ânerie supposée provocatrice, pondue en 30 secondes. Ça ira comme ça.
Ma conception de la tolérance m’invite à réprimander publiquement les trolls, ceux qui sapent le boulot des autres, ceux qui s’évertuent à débattre et à construire.
J’ai le plus profond mépris pour les quelques rares individus qui détruisent avec joie le travail difficile de ceux qui essayent de changer les choses. Donc je ne vais pas vous faire ainsi qu’aux autres l’insulte de vous envoyer des risettes, sous prétexte de politesse ou de je ne sais quelle conception de la « tolérance » à la noix.
Je ne vois pas pourquoi vous auriez le privilège de jouer un petit jeu lorsque tous les autres s’évertuent à débattre de manière constructive. Mais ce à quoi vous jouez n’est même pas ce que vous dites (pour avoir une légitimité à « provoquer le débat », encore faut-il le faire avancer, et d’autres le font, eux, de temps en temps, tout en contribuant par ailleurs), ce qui me fiche d’autant plus en rogne et fait que, désormais, j’éviterai de perdre mon temps.
Vous prétendez nous simuler un test de contradictions de certaine populace-pas-au-fait face aux propositions émises ici : c’est tout à fait illusoire, au point que je doute nettement que vous y croyez vous même. Les niaiseries d’un J.P. Gaillard ou d’une C. Chazal donnent plus de répondant.
Vous ne représentez personne avec votre attitude : toutes les semaines je cause avec des gens qui ne consacrent aucun temps aux affaires publiques, vaguement de gauche comme de droite, je peux certifier que, pas plus que ceux qui y consacrent beaucoup de temps, ils ne se comportent avec tant de naïveté supposée et de suffisance vis-à-vis des pouvoirs établis. Les gens ne sont pas la caricature stupide qu’en fait la presse. Mais il paraît que vous croyez aux lois du marché, et à l’intérêt qu’il y aurait à les laisser gouverner les affaires humaines (contrairement à 95% des gens, politisés ou pas…)
Notre système économique : mon ex-patron lui-même, sympathisant Démocratie Libérale, très connaisseur et amoureux des USA, tout comme un éminent libéral tel Stieglitz ou Allais, autrement dit un tas de gens qui ne sont ni fumistes ni gauchistes, dit qu’il est extrêmement urgent de changer de système et il qualifie le nôtre d’inhumain et voué à détruire l’humanité, aussi clairement que n’importe quel gauchiste.
Comme avec la question des médias, votre simulation de débat ne fait que reprendre l’attitude des faiseurs d’idéologie (dominante, donc néo libérale), c’est-à-dire celle des rares personnes (0,5% de la population peut-être) qui, tirant vraiment leur épingle du jeu d’une part, et vivant isolé de la multitude, par divers écrans sociaux interposés, peuvent prendre leur cas et leur satisfaction pour une généralité.
Que croyez vous servir à ce jeu en matière de construction de Constitution nouvelle ? Renseignez-vous : de tous temps, l’idéologie dominante n’a jamais signifié idéologie faisant l’adhésion d’une majorité (ou même d’une part significative) de la population. Elle signifie système de pensée au service des puissants, lorsqu’une classe particulière domine le système. Autrement dit, elle est la marque de la mise au pas de la démocratie, du politique, par une caste de seigneurs de l’économie. Consciemment ou non, là n’est pas la question.
Je n’ai jamais, (jamais, pas « rarement ») entendu personne, excepté par la voie de salariés surpayés des médias eux-mêmes, parler comme vous le faites des médias de marché : vous ne représentez personne avec vos simulations de contradiction supposées.
Que vous ayez « été alter », je n’y crois pas du tout : rien de ce que vous écrivez (ici ou sur votre blog désert par l’affluence comme par les idées) ne le laisse croire, encore moins votre attitude : un alter est déjà quelqu’un qui se retrousse les manches et cherche à bâtir des alternatives. Vous ne faites que railler les opposants divers, et surtout les mouvements qui paraissent le plus « dernier cri »… Ah ça, ça en jette, de dire « j’ai été alter, j’en suis revenu »… Encore une fois, vous êtes parfaitement à « l’avant-garde » : je n’ai jamais entendu personne d’autre dire (prétendre) cela. Avez-vous peur à ce point d’être taxé de ringard pour lancer de pareilles sornettes ? Mais vos opinions personnelles m’importent peu, ce qui m’importe est ce que vous proposez au débat.
Si la caricature de simulation que vous proposez vise à opposer aux arguments et idées avancées ici, non pas la réaction projetée de petites gens bien réelles, mais celle de leur image médiatique supposée, vous jouez un jeu non pas inutile mais tout à fait dégueulasse, et je ne vous félicite pas.
@ Sam17,
Ok salut.
Sam17,
Fausse alerte ! Allez, un dernier message pour la route (et je vais même y mettre des accents).
« J’ai signifié que je n’admets pas qu’un dirigeant de très haute responsabilité fasse passer sa foi »
Votre remarque est tout à fait significative du complexe de supériorité française : comment justifiez-vous l’universalisme laïc. Vous « n’admettez pas » ? Bush a été réélu démocratiquement, vous en faites quoi de la démocratie ? Le monde n’est pas la France. S’il vous reste des vacances, vous pouvez toujours réécrire la Constitution des Etats-Unis.
« j’ai écrit « adventiste », pas « protestant » »
??? L’adventisme est une foi protestante. L’Église Reformée de France n’a pas le monopole du protestantisme dans le monde. Et puis, merci de m’apprendre que Bush était adventiste. Je croyais qu’il était membre de l’Église Méthodiste Unie (qui fait partie du Conseil Œcuménique des Églises, tout comme l’Église Réformée de France). Au sujet de Bush, je vous invite à lire ce fascinant article de la presse capitaliste (Washington Post)
Alors comme ça je suis un troll. Perso, je trouve ça un peu faible comme moyen pour me décrédibiliser. Je croyais qu’un troll était quelqu’un qui insulte. Prouvez-moi que je me suis abaissé à ce genre de pratique. Je provoque ? Nan, je questionne les arguments sans preuves, le charabia qu’est l’alternovlangue, et j’ai essayé de mon côté de donner des liens pour contribuer à mes modestes argumentations.
« J’ai le plus profond mépris pour les quelques rares individus qui détruisent avec joie le travail difficile de ceux qui essayent de changer les choses. »
Encore une fois, vous me prêtez beaucoup trop de pouvoir.
« Vous ne représentez personne avec votre attitude »
Qui représentez-vous ? En quoi votre légitimité serait supérieure à la mienne ?
« contrairement à 95% des gens, politisés ou pas… »
Elles sortent d’où les stats ?
« Notre système économique : mon ex-patron lui-même, sympathisant Démocratie Libérale, très connaisseur et amoureux des USA, tout comme un éminent libéral tel Stieglitz ou Allais, autrement dit un tas de gens qui ne sont ni fumistes ni gauchistes, dit qu’il est extrêmement urgent de changer de système et il qualifie le nôtre d’inhumain et voué à détruire l’humanité, aussi clairement que n’importe quel gauchiste. »
Bon ben si vous prenez votre ex-patron pour référence, libre à vous.
« Comme avec la question des médias, votre simulation de débat ne fait que reprendre l’attitude des faiseurs d’idéologie (dominante, donc néo libérale), c’est-à-dire celle des rares personnes (0,5% de la population peut-être) qui, tirant vraiment leur épingle du jeu d’une part, et vivant isolé de la multitude, par divers écrans sociaux interposés, peuvent prendre leur cas et leur satisfaction pour une généralité. »
Vous perdez – un poil – votre sang-froid. Que savez-vous de mon isolement de la multitude ?
Je n’ai jamais, (jamais, pas « rarement ») entendu personne, excepté par la voie de salariés surpayés des médias eux-mêmes, parler comme vous le faites des médias de marché : vous ne représentez personne avec vos simulations de contradiction supposées.
Cela montre que « la mise au pas de la démocratie, du politique, par une caste de seigneurs de l’économie » par l’über-ultra-néo libéralisme n’a pas complètement réussi.
Que vous ayez « été alter », je n’y crois pas du tout : rien de ce que vous écrivez (ici ou sur votre blog désert par l’affluence comme par les idées) ne le laisse croire, encore moins votre attitude : un alter est déjà quelqu’un qui se retrousse les manches et cherche à bâtir des alternatives. Vous ne faites que railler les opposants divers, et surtout les mouvements qui paraissent le plus « dernier cri »… Ah ça, ça en jette, de dire « j’ai été alter, j’en suis revenu »… Encore une fois, vous êtes parfaitement à « l’avant-garde » : je n’ai jamais entendu personne d’autre dire (prétendre) cela. Avez-vous peur à ce point d’être taxé de ringard pour lancer de pareilles sornettes ? Mais vos opinions personnelles m’importent peu, ce qui m’importe est ce que vous proposez au débat.
Euh, faut que je vous envoie ma collection d’autocollants « le monde n’est pas une marchandise », ma pile de « Monde Diplomatique », mes fausses fripes, pour que vous me croyez ?
vous jouez un jeu non pas inutile mais tout à fait dégueulasse, et je ne vous félicite pas.
Comme dirait Jean Seberg lors de la dernière scène de « À Bout de Souffle » : « Dégueulasse, ça veut dire quoi dégueulasse ? »
Les insultes m’indiffèrent. Vous pouvez continuer, ça ne me fait rien. Juste un peu faible comme capacité argumentative, nan ?
Aujourd’hui, c’est la deuxième journée d’août où nous avons du soleil et rien ne va venir me gâcher ma bonne humeur de pouvoir enfin regarder les collines de Belfast de mon bureau.
Bonjour à tous les vaillants contributeurs,
j’ai lu dans un post écrit par Sam :
« Un revenu minimum garanti, un revenu maximum imposé.… »
Pour le revenu maximum, quelqu’un peut il avancer les motifs ?
Cette exigence, si vous l’inscrivez dans la Constitution, risque d’en surprendre plus d’un !
S’agit-il d’enfermer l’éventail des revenus dans un carcan prévu par les textes ?
À moins que Sam n’ait voulu écrire un revenu imposé intégralement.…
Sur le revenu maximal (1÷4).
Bonjour Philippe,
question importante que vous soulevez. Je vais prendre un peu le temps.
Ni l’initiative ni la formule de cette exigence ne sont de moi. Je vous réponds d’abord quant à l’initiative, sur le principe qui sous-tend la mesure proposée, puis je le ferai pour la formule.
L’initiative n’est pas nouvelle, le principe existait déjà, indirectement, avant les années 1970. Donc n’allons pas supposer que l’idée qui sous-tend cette mesure est arbitraire, ou révolutionnaire.
Appliquer un impôt progressif correctement ajusté, dans un système économique conservatif (*), revient à fixer un plafonnement du revenu maximal. Sauf que ce revenu n’est pas fixé de manière nominale (ou relativement au revenu minimal ou au revenu moyen, par exemple) mais par l’asymptote : les revenus sont effectivement imposés à hauteur de plus en plus proche de 100% quand vous augmentez la tranche.
(*) Soit le cadre du modèle libéral classique. Un système socio-économique non distordu, disons en première approche confiné dans l’Etat-nation. Un système sans chômage structurel notamment, où l’ont peut considérer directement que les salaires font les achats et les profits font les investissements, tôt ou tard productifs. Plus largement, on peut considérer un système sans « libre circulation des capitaux », c’est-à-dire où les seuls échanges internationaux de capitaux sont gérés par les Etats. Ce qui était valable au XIXe siècle. Jusque dans les années 1970, la circulation des capitaux était fortement réglementée, empêchant la spéculation massive des acteurs privés, la limitant aux Etats et à l’activité marchande, bref, à ce qu’on entend par l’ancien système impérialiste et colonial. Dit sous une autre approche et implication, la meilleure manière de contourner les outils démocratiques que sont le droit de surveillance (de contrôle) par la communauté (la nation), d’une part, et d’autre part la redistribution justifiée par le fait que la main invisible génère des inégalités, est précisément d’aller piller ailleurs, hors de la sphère de la nation, de son contrôle et de son système redistributeur, les capitaux et les biens qu’on réinjecte dans le système intérieur. La différence, c’est qu’avant il fallait magouiller avec les dirigeants politiques pour le faire, à présent c’est libre et c’est la norme…
Au présent, le libéralisme classique ne fonctionne plus pour un tas de raisons diverses, qu’on ne va pas énumérer ici, mais disons déjà que la grande limite naturelle historique au mode capitaliste, qui veut que des salariés sous payés ou les chômeurs sont des consommateurs privés de pouvoir d’achat, n’existe plus dans un système de mondialisation anarchique, pas plus le fait qu’une part essentielle de l’investissement est productive.
Bref, ce n’est pas que le principe manquait et qu’il s’agit de l’inventer, mais bien plus qu’il manque désormais, ou tend à disparaître (les USA l’ont en partie écarté voire inversé depuis un moment, en imposant au contraire certaines formes de revenus – ce qui est placé en retraites, je crois – au-dessous d’un plafond et pas du tout au-delà). Et si l’impôt progressif est combattu par ceux qui ont un intérêt personnel à le voir supprimé, c’est sans doute parce qu’il manque les moyens de le rendre efficient, sans parler des moyens de le faire appliquer. Car en tout état de cause, les bases qui, un temps, permettaient grosso modo d’atteindre l’objectif même dont vous dites qu’exposé brutalement dans une constitution, il en choquerait plus d’un, ne fonctionnent plus du tout. (Ajoutons au passage que l’absurde TVA élevée distord déjà royalement l’équilibre.) Donc la situation est doublement injuste : la méthode qui existait ne remplit plus l’objectif initial ; la méthode étant restée, elle génère diverses distorsions par ailleurs. En pareil contexte, c’est évidemment le rapport de force qui prime, et la tentative de jeter le bébé avec l’eau du bain.
Depuis longtemps, on a établi le fondement de l’impôt progressif, c’est-à-dire plus que proportionnel.
L’idée essentielle n’est pas uniquement de remplir un des principes élémentaires de la démocratie qu’est la contribution équitable (donc pas égale) au financement des pouvoirs publics et divers services publics (qui existent bien sûr dans un système libéral), mais aussi de considérer que celui qui a plus est, de ce fait, en position de tirer à lui plus de bénéfices.
Dans un système libéral qui fonctionne, c’est parfaitement légitime puisque les rentes, plus encore les rentes à taux de profit élevé, portent toujours sur des tranches de revenu dépassant celles qui couvrent les besoins. Lire à ce sujet la parabole du casino, sur le Journal d’Étienne, qui aborde ce principe mis en évidence par d’Alembert voilà plus de deux siècles. Il montre que si vous avez plus d’argent que les autres, et vous placez sur un marché parfait, alors en passant votre temps à spéculer intelligemment, suivant une règle élémentaire (qui consiste bien sûr à ne mettre en jeu qu’une part de ses avoirs excluant une part de sécurité dominante, seulement certain excédent, et ce dans une proportion constante) vous gagnez à tous les coups, et même si le rendement élevé espéré implique plus de risque, ce risque associé finit lui par disparaître tôt ou tard, à tel ou tel tour de mise (le tout est justement d’être toujours dans la capacité de pouvoir continuer à jouer). À ce moment précis, vous saluez la table de jeu et allez piller d’autre tables…
Donc, le principe du plafonnement total des revenus, sinon la manière de l’appliquer, est bon et même indispensable, puisqu’en absence d’outils redistributeurs appropriés, même dans un système conservatif, les hauts revenus ne peuvent que croître, les très hauts revenus encore plus, et l’ensemble des inégalités exploser par le haut. (J’ai laissé de côté l’augmentation des inégalités par le bas.)
C’est donc non pas le « motif » du principe, qui est nouveau, mais bien l’approche (la fixation directe d’un revenu maximal) qui est brutale. Je vous réponds sur l’approche dans un message suivant.
Sur le revenu maximal (2÷4).
Passons donc à l’approche. En l’état, ça me semble plutôt mal posé, mais je conçois bien qu’on en soit réduit à formuler ainsi les choses. Gageons qu’on puisse faire mieux.
Déjà, dans la plupart des pays, la richesse moyenne réelle a quasiment décuplé en quelques décennies (avant de rebaisser ensuite), soit la longévité d’une constitution, mettons. Donc fixer le chiffre dans la constitution est absurde. En fait, je suppose que personne ne parle de procéder ainsi : il s’agirait d’y inscrire le principe, pas de chiffre nominal. Mais il s’agit alors de situer au plus haut niveau juridique possible des principes pour garantir que la loi qui actualise le chiffre n’est pas laissée entièrement à l’avis de la majorité en place. Par exemple, le revenu minimal est lui déjà introduit indirectement par la constitution, et sa valeur est fixée par la loi, mais ce revenu ne doit pas diminuer dans le temps. Ça fixe une garantie évidente. La constitution du Venezuela stipule que la durée du travail (sous-entendu, pris par catégorie) ne peut que diminuer dans le temps. C’est un excellent principe, je trouve, qui contraint notamment le système à respecter une logique de solidarité intergénérationnelle. Passons.
Si on choisissait d’indexer le plafond de revenus sur l’inflation et qu’on écrivait que ce plafond de revenu réel ne peut pas augmenter dans le temps, seulement diminuer, cela pose-t-il un problème majeur d’un strict point de vue technique (laissons un temps de côté les mille arguments type « fuite des capitaux » – de fait jusqu’à nouvel ordre, les entraves à la libre circulation des capitaux ne peuvent, elles, augmenter dans le temps…) ? On peut aussi imaginer de fixer un ratio rapporté au revenu minimal garanti. Et décréter que ce ratio lui-même ne peut que diminuer sur le terme, donc imposer une mesure de réduction progressive des inégalités.
Mais dans le contexte présent, ces « approches revenus » semblent poser de multiples problèmes pour ce qui est de réguler les inégalités. Par exemple : les entreprises du CAC40 étant possédées à plus de 50% par des étrangers (surtout concentrés dans quelques gros fonds et grandes fortunes personnelles) ne payant qu’une petite part de leurs impôts cumulés en France, et ne mettant en jeu que peu de travailleurs français (et de moins en moins), je ne vois pas en quoi se focaliser sur les revenus des français et sur l’imposition par l’Etat français régule les inégalités mises en jeu par ces entreprises « françaises », et c’est introduire d’énormes distorsions autour d’elles.
Or, dans le système conservatif sur lequel je me basais, vous remarquerez que l’imposition équitable a, outre le double effet de réguler les inégalités dans la nation et de permettre un financement équitable des services publics, celui de réguler indirectement les inégalités dans l’entreprise (écarts de salaires comme écarts salaires / profits étant contraints par les écarts d’imposition directe des individus : c’est la base du raisonnement que j’ai tenu pour imaginer les bases d’un système (libéral) équitable).
Les bouleversements apportés par la mondialisation ultralibérale font que Chirac reprend l’idée de changer radicalement l’assiette des prélèvements et d’imposer par la consommation (quel que soit le pays producteur) et non plus par le travail (des Français). C’est une approche, mais parcellaire, surtout vu de l’éxtérieur : aucune garantie que les travailleurs et les investisseurs dont les produits viennent sur nos marchés soient imposés, eux, de manière cohérente et équitable ailleurs. Et qui ne nous aide pas à rendre applicable un principe dont je viens de rappeler qu’il existait auparavant (au contraire ?)
On voit bien que le système libéral ne fonctionne plus du tout dans le contexte de la mondialisation anarchique. Avec une spéculation massive, généralisé, sans lien ni avec le travail, ni avec les intérêts des entreprises, ni avec aucune patrie, la sienne ou les autres, et d’ailleurs dans l’anonymat ; à l’autre bout de la chaîne, un management toujours plus inhumain, absurde, aveugle et à très court terme ; les monopoles et oligopoles n’arrêtent pas de se créer, l’information se fait très inégalement, les pouvoirs publics des Etats sont tenus à l’écart, le FMI / l’OMC sont bouffés par un dogme et des intérêts économiques privés qui leur font provoquer des crises économiques, sociales et politiques odieuses, les inégalités explosent dans tous les pays ou presque, la pauvreté augmentant (aux USA pour commencer), sauf dans quelques Etats en transition (où la libéralisation des marchés de capitaux et les privatisations sont lentes et graduées) ou, plus rare encore, en boom industriel (Irlande) où les investissements productifs arrivent. Il y a plein de paramètres à reposer (rien que celui, essentiel, des taux de change fluctuant sur les monnaies). C’est délicat, et ça demande par ailleurs de l’imagination.
Dans l’attente (le rêve) de mettre en place les institutions qui fonctionnent, on peut prendre le problème par l’autre bout, par l’approche qu’on discute : la mise en place de « boucliers », de droits ou devoirs individuels, de « garantie de résultats » dont on exige l’observation, sans aller chercher le détail de ce qui y mène.
Prenons un exemple. Dans tous les pays en crise où le FMI intervient, il impose des « conditions » pour accorder ses prêts et donner des bonnes notes qui conditionnent généralement (sauf pour les quelques pays qui peuvent l’envoyer bouler lui, ses prescriptions et ses notes) les comportements des investisseurs privés, donc la récession, le surendettement de l’Etat, l’effondrement de l’industrie et des banques, des vies, de vies futures, et la stabilité politique.
Parmi ces conditions, il y a toujours la modification des Chartes de la finance ou de la constitution pour rendre indépendante la BC et réduire ses missions à la lutte contre l’inflation (*). C’est une règle que les magnats de la finance américains préconisent partout, invariablement avec le contexte économique, social et politique du pays (ils l’ont imposé en Europe) mais que les américains se gardent bien d’appliquer chez eux, elle est catastrophique et odieusement tendancieuse. Et le FMI demande généralement des mesures plus flagrantes, telles la suppression de la gratuité de l’école primaire… au nom de la « récupération des coûts ».
Pour cause, on sait ce que coûte l’enseignement général à l’Etat… dans un calcul de pure macroéconomie et à court terme — à long terme et au global chacun sait qu’il rapporte bien plus qu’il ne coûte, y compris aux entreprises (et pour la stabilité politique du pays), ce pourquoi on y tient, les américains aussi, on en fait un service public, et on serait outré de voir proposé chez soi ce que nos magnats de la finance imposent à ceux… qui ne peuvent plus rien refuser.
Car c’est bien le coeur du problème : si des dirigeants sont amenés à céder à tout, que faut-il par avance garantir que, même s’ils le souhaitent, ils ne pourront pas céder ? À quoi donc sert une Charte des droits fondamentaux, surtout si la constitution ne détaille pas comment les faire respecter ? En prenant des mesures directement contraires (mais tout est souvent dans la perception de ce « directement » – c’est le cas avec la privatisation de la santé et bientôt de l’éducation, et il semble que comme avec les OGM, c’est à l’accusation d’apporter les preuves…) les dirigeants concernés sauraient qu’au delà de la catastrophe sociale et économique, leur propres intérêts privés seraient mis en dangers, leurs têtes coupées, au moins au figuré.
(*) Même si souvent il n’y a même pas d’inflation. Mais justement. C’est le principe de la prophétie auto réalisatrice. Celle qu’on a vu à l’oeuvre en Asie en 1997. Les mécanismes de l’offre et de la demande, on sait ça, accomplissent bien des prophéties des investisseurs institutionnels. Ce pouvoir énorme et quasi « magique », c’est le côté totalitaire le plus flagrant du système néolibéral. Et le plus terrifiant dans son cas, c’est que ce sont les lois du marché elles-mêmes qui, érigées en prémisses de l’idéologie, donnent aux puissants de l’économie ce pouvoir typique du dirigeant totalitaire. C’est un thème très important, que je vous épargne de dévopper ici…
Après ce petit détour toujours profitable (…), je rappele que les statuts de la BC ne figurent pas dans notre constitution : qui s’étonne que toutes ces restructurations des institutions financières appliquées d’en haut, à coups de traités, se soient faites si aisément ?
(À suivre).
Sur le revenu maximal (3÷4).
Voilà, avec les droits de l’Homme et du Citoyen, déjà on donne le résultat de ce qu’on veut voir garanti pour chacun, et c’est au système de composer avec. Bien sûr, le mieux, c’est quand on élabore les outils institutionnels associés, et je ne crois pas que sinon la garantie soit bien nette.
Le revenu minimal garanti peut bien sûr s’exprimer comme un droit fondamental. Or, un problème avec le revenu maximal est qu’il s’agit non pas d’un droit individuel, mais d’une interprétation particulière du droit collectif. Donc, le fixer directement comme tel n’est peut-être pas aisé. Mais après tout, la constitution pose aussi des principes d’interdiction : elle interdit les monopoles, et en fait des services publics de fait (Préambule de 1946, article 9 – ce qui n’empêche pas les AREVA – manque d’outils institutionnels réellement adatés ? – et autres quasi monopoles, même sur l’eau, les routes ou les oligopoles énormes sur l’édition et la presse… là c’est un manque de définition claire des droits fondamentaux, et autres interdictions relatives à la concentration des médias – Citrouille sait l’attachement des américains à ce principe de base – qui se pose déjà.)
Mais édicter la règle disant que les ressortissants sont soumis à la mise à contribution équitable au financement des services publics, c’est non seulement possible, mais c’est ce qui existe déjà, depuis des lustres. Bien avant le principe de l’impôt progressif. Si cette méthode d’application du premier principe ne marche pas, changeons-là. Pourvu qu’on fasse appliquer le principe numéro un.
Prenons deux odieux évènements datant de 1997, en France.
- Vous connaissez peut-être les « valeurs contribuables » (rien que le nom m’amuse : ce sont des boîtes privées dont les revenus des actionnaires sont… garantis par les contribuables, d’où le nom…) : l’assureur GAN se fait ainsi « aider » par l’État de 23,7 milliards (de FF)… pour améliorer son titre de 51% ! Là, on situe vaguement une défaillance grave au principe de l’imposition équitable. On peut déjà se demander comment il est possible que le conseil constitutionnel puisse laisser passer des lois instaurant de pareils régimes. Passé un niveau de cynisme, ça devient dûr à suivre. Mais c’est un peu compliqué, comme « montage » (de voir tout ce qui est en jeu). Prenons plus simple ;
- F. Pinault emprunte à taux réduit 140 millions, ce qui l’exonère précisément d’ISF… pour acheter des actions de ses propres sociétés, qui rapportent gros au même moment. Je ne connais pas les règles de l’époque permettant d’imposer les revenus en actions… mais à première vue, je me dis déjà qu’un type qui monte une opération pareille le fait parce que ça augmente ses bénéfices personnels.
Non, il y a vraiment un truc qui cloche. Et sans aller multiplier les exemples, de toutes manières, il y a un moyen très simple de dire que les méthodes indirectes mises en place à la fois pour créer un plafonnement de revenus, une redistribution (et une contribution équitable au financement des services publics) ne fonctionnent plus du tout : les inégalités explosent en France (bien qu’en partie par le bas), mais, plus fiable encore, les plus riches Français ne cessent de s’enrichir.
De mémoire, dans les années 1990, le ratio entre revenu moyens des grands patrons et celui des ouvriers est passé de 47 pour 1 à 195 pour 1. Et nous ne parlons là que de salaires. Au présent, après que les deux derniers gouvernements de droite ex-mêmes aient été forcés de commencer à réglementer le régime des stock-options, ce sont des élus eux-mêmes (sociaux-démocrates, mais on a entendu des éminents UMP aussi) qui parlent d’instaurer un plafond de revenus… Donc, Philippe, il semblerait que le principe, bien qu’il soit brutal dans l’approche, ne soit pas si à même de choquer les gens.
Puisque le système d’imposition ne permet plus d’atteindre cet objectif qui devrait déjà l’être, puisque embrouillés dans les mille ficelles de l’économie et des distorsions de pouvoir publics nées de la mondialisation, d’institution financières mondiales, et de l’ignoble Europe technocratique, plus personne ne sait par quel bout prendre la chose pour imposer plus finement le résultat qui devrait être garanti, on est bien tenté de vouloir écrire directement quel résultat doit être observé.
J’admets que c’est une sorte de constat d’échec intellectuel, sans parler d’éventuelles injustices, que de devoir court circuiter le système tout bonnement parce qu’on ne le comprend plus. Car je ne vois personne expliquer comment y parvenir de manière plus fine, plus rigoureuse. Alors en attendant qu’on y parvienne, parce qu’il faudra bien, il y a la bonne vieille méthode du bouclier : on impose le résultat, et on impose à tous ceux qui agissent dans leurs libertés qu’on ne sait pas comment réglementer pour qu’ils n’en abusent pas, de s’aligner quoi qu’il en soit. Mais je crois que la culture politique, en démocratie, évolue aussi justement en devant s’adapter aux règles, et que l’instauration d’un nouvel objectif forme un socle peut-être indispensable, en tous cas très utile, pour donner des lignes de pensée et d’action pratique.
Bref, je soutiens l’idée qui sous-tend la proposition, et qui s’appuie sur des principes démocratiques tout à fait établis, mais je ne me satisfais pas de l’approche qui consisterait à imposer directement la formule ainsi, je la prends faute de mieux. Ça n’empêche pas de réfléchir, par ailleurs. Au contraire (et pardon si j’ai été très locace, mais ce genre de questions qui interpelle, fait réfléchir sur les tenants et les aboutissants, débattre, et c’est bien ce qui nous fait avancer – j’ai parlé du fait qu’une idée m’était venue, et que j’y avais travaillé).
(À suivre).
Sur le revenu maximal (4÷4).
Après la « méthode droit-de‑l’hommiste », si je puis m’exprimer ainsi (c’est moche), on peu essayer de rentrer au mieux dans les mécanismes pour reprendre l’application du principe poursuivi. Qui consiste d’une part, à réguler les inégalités, et d’autre part, à assurer effectivement une contribution équitable au financement des services publics. On peut toujours essayer d’imaginer des voies nouvelles, et je me suis donné cette peine (ce plaisir).
En tâchant d’intégrer de multiples aspects de l’économie réelle, contemporaine, on peut partir de l’idée d’une politique d’incitation et de responsabilisation (au plan individuel), de garantie de lisibilité de l’activité économique par l’État (chose qui manque cruellement au présent) et « de l’exemple » (au plan inter-États – n’oublions pas que si l’UE a vocation à piloter la mondialisation, c’est qu’aux aspirations de renouveau démocratique de ses peuples s’ajoute le fait qu’elle est de loin la première entité économique du monde).
J’ai proposé une approche qui me semble assez fonctionnelle, innovante, applicable à la mondialisation tout en ne reposant que sur les pouvoirs publics à l’échelle de l’État. Ce système générerait non pas de ces distorsions « anarchiques » liées à l’intervention des États dans l’économie (chose à laquelle répugnent non seulement les odieux mais aussi les bon libéraux), mais au contraire, permettrait d’améliorer aussi de ce point de vue la lisibilité de l’économie, puisque la nature et le volume des interventions seraient nettement prévisibles, tout en responsabilisant inéluctablement les investisseurs qui se verraient enfin liés de nouveau au travail, aux intérêts de l’entreprise, à l’écologie… on peut prendre ça pour une mise à jour (urgente) du système libéral.
Par ailleurs, ce système serait extrêmement utile pour assurer un renouveau démocratique, puisqu’il repose sur tous les acteurs humains de la démocratie (« partenaires sociaux », Parlement, organe institutionnel garantissant le contrôle et la communication des informations économiques et conseillant le Parlement, gouvernement – majorité en place -, actionnaires, patrons, salariés, syndicats), puisqu’il redonne un pouvoir au politique, comme une lisibilité à l’activité économique à l’échelle de la nation, sans du tout s’opposer à la mondialisation des échanges.
Un système permettant de généraliser le commerce équitable, et qui garantisse la continuité avec le système anarchique actuel : pas de barrières macroscopiques aux échanges de biens et de services, pas même d’interdiction de la libre circulation des capitaux, notions de règles de concurrence (certes améliorées, mais la continuité existe), prévisibilité de l’intervention de l’État, …
Il s’agirait de prendre en compte pour l’établissement du niveau d’imposition des entreprises (au sens large, j’ai parlé d’inclure d’autres pénalités ou incitations, notamment par le biais d’un plafonnement des volumes de publicité diffusés sur le territoire, restant proportionnel au CA mais étant associé aux comportements de l’entreprise, en l’occurence située en bout de chaîne, et de ses fournisseurs), outre les facteurs écologiques liés à l’activité, l’ensemble des inégalités individuelles mises en jeu par l’entreprise : écart type des salaires ; disparité de rémunération du capital – non productif – et du travail.
Cela se ferait pour toute entreprise, nationale, étrangère ou transnationale, dont l’activité mettrait en jeu les Européens, ne serait-ce qu’au titre de consommateurs, entreprise qui serait tenue, elle et toute la chaîne clients-fournisseurs, de rendre lisibles l’ensemble des informations demandées (l’État / l’Europe ne peut y forcer des entreprises étrangères, mais elle peut conditionner l’accès à son marché intérieur au respect de ce principe élémentaire de garantie de la lisibilité d’une économie autour des individus et non des seules personnes morales).
Les mesures se feraient entreprise par entreprise (il ne s’agit pas d’opposer brutalement les pays dont les moyennes nationales de niveau de vie différent beaucoup, mais d’encourager dans tous les pays les entreprises les plus égalitaires et de pénaliser les plus inégalitaires).
La circulation des informations permettant une mesure effective serait assurée par divers biais, par toute personne librement, notamment par les syndicats et associations, et centralisées par un nouvel organe institutionnel indépendant des exécutifs comme des industriels (principe démocratique élémentaire qu’on entend par ailleurs ici appliquer aux médias de presse). Les niveaux d’imposition et autres mesures de pénalisation / incitation fiscales étant fixées par le Parlement (par la majorité en place), sur avis de cet organe.
J’ai déjà parlé de cette idée, et notamment de la base de lisibilité de l’information qu’elle suppose / implique, mais je souligne qu’elle pourrait permettre (outre une régulation bien plus effective des inégalités et une contribution plus équitable et plus tangible au financement des services publics – si on l’appose à la proposition reprise par Chirac, par exemple) d’instaurer une base pour appliquer une règle plus directement associée à l’idée du plafonnement de revenus dont nous venons de parler. Bien qu’a priori, avec un pareil système, il suffise de s’en tenir à (revenir à) un impôt progressif simple, et portant essentiellement sur les salaires.
Bonjour Sam ,
« De mémoire, dans les années 1990, le ratio entre revenu moyens des grands patrons et celui des ouvriers est passé de 47 pour 1 à 195 pour 1. Et nous ne parlons là que de salaires. »
Si vous ne parlez que de salaire (en droit : contrepartie du travail fourni, le ratio que vous citez n’est peut être pas le bon : « revenu » étant bien plus large !
Essayez de retrouver la source, si vous avez le temps.
Pour le reste, votre exposé est intéressant, même s’il comprend de nombreux détours…
« il y a la bonne vieille méthode du bouclier : on impose le résultat ».
Vous dites : « on impose le résultat » : qui est « on » ?
Êtes-vous certain que les citoyens partagent votre approche ? Vous proposez d’imposer avant même tout échange constructif sur le sujet.
« mais je ne me satisfais pas de l’approche qui consisterait à imposer directement la formule ainsi, je la prends faute de mieux. »
Imposer faute de mieux, vous trouverez toujours des citoyens qui vous diront : « ne pas imposer faute de mieux ! »
Vous traitez très largement de l’économie (rôle du FMI, commerce équitable, le change, l’inflation), pourtant une Constitution (la critique à souvent été faite pour le TCE) ne traite pas de cet aspect.
Le texte que vous écrirez avec vos amis devra être simple, lisible par tous, sans ambiguité (la constitution n’a pas pour rôle de préciser de manière détaillée les principes) :
Pouvez-vous formuler très concisément (en deux lignes) les principes que vous énoncez sur les revenus (minimum (déja fait) et maximum ?
Les citoyens auront à se prononcer sur une phrase claire non susceptible de multiples interprétations comme pour le TCE.
Je crains beaucoup toutes les formulations qui imposent (de style très interventionniste : plus il existe de règles, plus les textes dérivés sont nombreux , plus la jurisprudence est dense et moins les citoyens ont confiance).
En France, l’impôt progressif que vous commentez longuement joue grandement son rôle, toutefois il existe de nombreuses façons d’y échapper : faisons disparaître certaines de ces exceptions (attention : elles sont souvent justifiées : il suffit de lire les guides fiscaux : elles récompensent la prise de risque, par exemple).
Plus vous bridez le système (au-delà d’un certain seuil), plus vous encouragez la fraude et découragez l’initiative.. En tenez-vous compte ?
Pour finir, Sam, avec la DDH de 1789, le préambule de 1946, n’est-il pas préférable de conserver le corps de la Constitution de 1958, en l’amendant pour rendre aux citoyens un plus grand contrôle ?
Pour l’Europe, une Constitution peut-elle être écrite par des Français uniquement pour être ensuite proposée aux autres membres de l’UE ? Ne faut-il pas dès maintenant élargir la base ?
Il faut, dès le début, échanger, discuter avec les autres pays membres car, si chaque entité arrive avec son texte, des idées et des a priori bloqueront le travail.
Une Constitution européenne s’écrit à l’échelle européenne avec une assemblée constituante européenne, elle ne s’écrit pas dans son coin, aussi motivés que soient les citoyens qui s’y attachent.
Pour la Constitution française, pourquoi n’organisez-vous pas des États Généraux ? Restreindre l’écriture aux membres de votre groupe lui enlève toute légitimité ! non ?
Bon courage.
Rebonjour Sam ,
à propos des inégalités, les études tendent à montrer que depuis 1950, elles ont diminué.
Faut-il s’en prendre aux inégalités de manière absolue ou bien regarder si le niveau de vie moyen, si la situation des ouvriers et des employés s’est améliorée ?
Les riches sont de plus en plus riches mais les ouvriers et les employés vivent bien mieux…
Dans votre analyse, revenu maximum et lutte contre les inégalités semblent liés ?
Avez-vous lu Rawl sur le sujet des inégalités justes ? très très intéressant…
Au plaisir de vous relire, je passe quasiment une fois par mois…
Bonsoir Philippe,
Sur l’évolution du ratio entre revenu moyens des grands patrons et celui des ouvriers :
« Essayez de retrouver la source, si vous avez le temps. »
« Propriété et mondialisation » (Serge Mahé). Entre nous, instructif et plein de renseignements précis mais souvent trop dogmatique version tribord toute.
Si je retrouve la page, je confirmerai.
« le ratio que vous citez n’est peut être pas le bon : « revenu » étant bien plus large ! »
Je disais la même chose : « dans le contexte présent, ces « approches revenus » semblent poser de multiples problèmes pour ce qui est de réguler les inégalités. »
Et vous dites vous même que j’ai parlé « largement » d’économie.
Mon volet 4 conclut d’ailleurs sur une proposition de voie de réduction des inégalités qui s’écarte nettement de cette approche dépassée.
Oui, pour répondre à une autre question, ce qui me semble pertinent en ce qui concerne le sujet abordé par nous est effectivement qu’il y ait réduction des inégalités. Fixer un nominal pour le plafond des revenus me semble peu pertinent, et même pour le minimum : je n’entends pas imposer à une tribu primitive vivant en paix et en harmonie avec la nature une croissance matérielle jugée « standard » par un blanc-bec comme moi, plus simplement, je n’entends pas condamner la France à s’engager sur une croissance matérielle toujours croissante ou même égale (quelle idée).
En parlant d’ « imposer », vous me parlez de notre démarche ici, à moi (et vous alors ?) et « mes amis » (??) comme on tire sur une ambulance, non ? Je ne vois pas ce qu’on peut faire de mal, et même on ne risque ni d’écraser un piéton, ni d’imposer des soins au muet. Peut-être que si vous aviez compris la démarche du projet, vous ne diriez pas « vous », mais « nous ». Comme à Citrouille, je ne vous cache pas que ce n’est pas réglo. Il y a d’ailleurs un tas d’endroits pour taper sur le père Chouard, Citrouille saura peut-être vous renseigner, il est calé sur les médias.
Vous parlez d’organiser des États Généraux Européens. Superbe idée : faites donc, je vous rejoins volontiers quitte à dormir 4 heures par nuit au lieu de 5…
Encourager la fraude ne vient pas tant de la quantité de règles, mais : soit du fait qu’elles sont inadaptées (injustes ou désuètes) – décourager l’initiative, de même – ; soit parce qu’on n’établit pas ou pas bien les pouvoirs publics, lesquels traduisent des missions de l’État claires, associées clairement à des droits et devoirs clairs ; soit parce qu’on sépare mal et contrôle mal ces pouvoirs. À première vue, plus il y a de règles, plus il faut de postes publics (et de règles de contrôle et de séparations de pouvoirs) pour assurer leur respect.
Si vous relisez mon message 4/4, vous verrez que je parle du problème d’un « mauvais interventionnisme », que j’appelle « anarchique », et que je distingue les « odieux » et les bon libéraux, parmi lesquels des acteurs économiques qui ont besoin de lire et de calculer l’activité qui les concerne (évaluer les risques, fixer les prix, négocier les salaires, …) Généralement, avant même la deuxième sommation …, je ne réponds pas à quiconque emploie le terme « interventionnisme » sans s’expliquer, le traduire, le mettre en contexte, …, ce genre de maniement sans pincettes peut-être très destructif dans un débat, sans rien apporter.
Ayant sous-entendu une première sommation, me voilà contraint de m’expliquer, d’où un second message.
Un système d’imposition équitable, intelligent (et bien sûr adapté aux différents types de revenus) devrait permettre de suivre plusieurs objectifs en même temps :
1) une contribution équitable au financement des services publics (lesquels servent à tous niveaux à faire respecter les droits fondamentaux, pour tous – ils sont nombreux : les dernières avancées, sur l’éducation, la santé et l’environnement ont beaucoup d’implications, et bien que certains datent, on a bien traîné sur la traductions en mission de l’État et tout ce qui s’en suit.) ;
2) Découlant de 1) : un revenu minimal de subsistance (parmi ces multiples droits fondamentaux, les standards en place depuis au moins 50 ans fixent cette garantie).
3) Réguler les inégalités individuelles (les empêcher d’augmenter et les stabiliser, pas les réduire à 0 – quoiqu’on puisse imaginer un État collectiviste constitutionnel, je ne crois pas qu’on ait encore essayé…)
4) Découlant de 3), 2) étant par ailleurs fixé, et en vertu de la règle de d’Alembert (cf. volet 1⁄4 de mon message précédent) dans une démocratie libérale (au sens large), une limitation des inégalités implique nécessairement, directement ou indirectement un plafonnement des revenus.
5) Définir en quoi une personne est liée à l’État, relativement à ce système d’imposition : en tant que ressortissant (suivant ses divers types de revenus) ; en tant que travailleur non ressortissant impliqué dans la production d’un produit vendu en France, dans le commerce de ce produit, dans la publicité diffusée pour ce produit, actionnaire d’un producteur étranger, d’un sous-traitant étranger d’une transnationale payant n d’impôts à l’État français sous diverses formes, employant m travailleurs français pour p salaire moyen, q écart type de salaire, r ratio salaires / dividendes… ; un retraité ou actif étranger ayant x part dans le fond y qui détient z % de … émettant aa tonnes de CO2 dont ab % de taxe polueur-payeur sont échangés avec l’entreprise i payant j euros d’impôt à l’État français et employant k…
Dans ces conditions, trouvons donc toute bonne mesure pour ne pas décourager les initiatives…
Mais cela suppose déjà un certain nombre de règles élémentaires dans un système libéral : responsabiliser, inciter, garantir une information juste, plurielle et transversale. Il y a bien des progrès à faire.
Vous dites que je traite largement d’économie mais que la Constitution est simple. Oui. Quel rapport ? Quand on voit qu’il a fallu deux ans de débats de dizaines de personnes pour pondre une Constitution après la Révolution… Vous confondez la méthode et le résultat ?
Chômage, dividendes… TCE et autres saletés injustes et incompréhensibles
Donc, Philippe, je vous devais quelques explications. Ca tombe bien, parce que ce sera plus encore que le sujet précédent cadré sur l’intitulé de ce volet, et je me paye le luxe d’introduire en finissant de vous répondre. N’allez pas croire que je rigole ou que je joue à la Citrouille, c’est tout à fait sérieux et réfléchi. Je préfère préciser.
Si je puis me permettre, vous enfoncez une porte ouverte en rappelant que le TCE permettait de multiples interprétations (en quoi cela me concerne-t-il, ce projet à la noix est enterré, non ?) Ce torchon atteint presque la Bible dans sa longueur, son caractère imbitable et propre à susciter toute interprétation et son contraire. Et après 2 ans de débats de sourds, je suppose que quiconque a un peu d’esprit critique est amené à cette conclusion : un problème mal posé engendre un débat de sourds sans fin. Question bête, réponse bêtes, comme on dit. Voilà pourquoi ici on s’arroge le droit de reposer les questions (sachant que par ailleurs, on ne les impose à personne).
Le TCE est un bréviaire néolibéral : dans ce régime, les seules règles qui doivent être simples, claires, ce sont les lois du marché, qui ne fonctionnent justement que pour qui a le pouvoir de réaliser ses prophéties, qui sont également des désirs et des ordres.
Le corollaire de cette simplicité extrême conférée à l’application des désirs des puissants (très simples, eux, dans leur nature sinon dans leur volume) est très précisément ce qui nous complique la vie ici : avoir généré tout un tas d’outils qui accessoirement empêchent toute lisibilité aux gueux (je ne dis pas que la politique a jamais été simple, je dis qu’on n’a jamais renversé un totalitarisme consciemment – juste en profitant d’un concours de circonstance qui en a supprimé les leviers essentiels ‑parce qu’on n’a jamais réussi à le cerner comme tel, et qu’on n’a pu que s’évertuer vainement à se débattre dans un système encore bien plus complexe qu’un système normal, par exemple une saleté de dictature à la papa…)
Aux riches un marché infiniment clair, lisible, bref, efficace (traduisez : où l’on gagne à tous les coups en externalisant tous les coûts) et les milliards de dividendes ; aux pauvres un système infiniment complexe, illisible, bref, inefficace, et les milliards d’embûches.
La limpidité d’une taxe Tobin, tant dans sa légitimité que dans son efficacité, n’a d’égale que l’immense difficulté qu’il y a à la rendre accessible aux gueux, tant dans les faits que dans les explications. Alors qu’une taxe sur les billets d’avions ou autre recette à la Chirac (récupérée d’ailleurs) telle que celle que j’ai citée précédemment, est aussi peu tangible dans un sens que dans un autre.
Vous venez d’apposer mes longues explications sur un système dont je n’ai pas choisi l’affreuse complexité à la simplicité requise pour une constitution, dans le résultat écrit (c’est drôle d’entendre ça d’un intervenant qui dit « vous » : je connais ça par coeur, voilà 6 mois que je sévis ici, sur le seul forum…), alors je vous envoie cette observation, assez appropriée à votre remarque.
Je trouve d’ailleurs qu’il est parfaitement obscène d’aller rejeter la responsabilité de l’illisibilité et de l’inefficacité précisément sur les gens dénués de pouvoir.
(Je suppose que vous aussi, bien sûr, et je n’en veux à personne ou à peu près, c’est-à-dire à personne qui fasse la lecture que je donne ici.)
Chacun sait ou devrait savoir que dans un système totalitaire, les lois n’en sont pas, elles sont précisément la seule volonté des rares qui ont le pouvoir de les faire appliquer sur commande, et que ces mêmes accusent toujours l’ennemi désigné (celui qui sert sur l’instant) des crimes qu’ils s’apprêtent justement à commettre. Au présent, l’ennemi désigné alterne entre une poignée de paramètres, toujours les mêmes, généralement des produits de la création directe ou indirecte des odieux eux-mêmes :
Et la rhétorique néolibérale peut très aisément leur attribuer la faute, un collégien comprendrait pourvu qu’il s’y penche, comme ces millions de crétins matures qui eux essayent de comprendre (on comprendra)…
C’est d’ailleurs ainsi qu’ils se reconnaissent entre eux, ces odieux, à cette faculté de se vanter de leurs crimes toujours perpétrés sur des masses anonymes tout en rejetant la faute très pertinemment sur les cibles sus-désignées, et d’être par ailleurs parmi les rares capables de voir accomplies leurs prédictions. Par exemple, si vous avez dans votre CV une quinzaine de vantardises faites à la Tribune, que vous avez généré 1000 chômeurs ou plus d’un coup et dépiauté 5–6 boîtes en un an pièce, vous êtes généralement nommé à la tête d’une grosse firme : c’est évident, vous allez forcément rapporter énormément aux gros actionnaires de celle-ci, qui s’en iront juste à temps pour choisir eux-mêmes que la boîte est foutue, plus exactement quand l’action doit commencer à plonger, rejoignant la réalité qu’elle couvre sur votre commande (de vente). L’étape d’après, vous recevez votre invite au Bilderberg.
Bonsoir Sam ,
« En parlant d’ »imposer », vous me parlez de notre démarche ici, à moi (et vous alors ?) et « mes amis » (??) comme on tire sur une ambulance, non ? »
Vous ne m’avez pas compris : je citais votre groupe (Étienne, vous, et tous les habitués) qui commence à écrire des passages : aussi je vous demandais si vous aviez une ébauche des lignes concernant le revenu maximum.
Votre investissement est remarquable, même s’il est dommage que vous n’ayez pas trouvé une solution pour attirer et faire participer activement une grande variété de citoyens européens.
Vous essayez d’écrire une constitution, mais une constitution ne peut être l’oeuvre de quelques individus, aussi passionnés et doués soient ils… Aussi, j’insiste sur la méthode.
Loin de moi l’idée de tirer sur l’ambulance ou de taper sur le père Chouard, formule utilisée par vous que je ne comprends pas ramenée à mes propos ci dessus…
Vous écrivez de très longs posts (je vous l’ai déjà signalé il y a quelque temps), pourriez-vous synthétiser ce flot de remarques et d’idées, pour le bien de la communauté ?
La longueur des posts (comme la longueur d’un TCE) peut décourager le lecteur, le citoyen :… Voyez-vous, lorsque j’ai présenté le TCE à mes étudiants, pour pouvoir débattre et faciliter l’expression de tous, il a fallu synthétiser et trouver une formulation fidèle et exploitable. C’est dans le même esprit que je sollicitais de votre part un essai d’écriture clair et court sur les revenus minimum et maximum.
Trop de développement unilatéral nuit à la compréhension et à l’adhésion, trop d’ésotérisme décourage le plus grand nombre…
La DDH de 1789 est un exemple de bon texte, une bonne base pour expliquer, construire autour du sens des mots.
Si quelque chose de riche doit sortir de votre travail avec Étienne, ce ne sera pas par la prolixité…
Croyez bien que je suis impressionné par votre détermination et votre engagement, j’espère que vous apporterez quelque chose de riche.
Pour ma part, je ne suis pas « à fond dedans », mais je m’intéresse à votre démarche comme à d’autres en espérant lire un jour quelque chose de « nouveau »…
Pour finir, puisque vous êtes au fait de l’économie, que pensez-vous de la baisse actuelle du chômage en France qui se confirme depuis de nombreux mois ?
Au plaisir de vous lire.
Sam ,
« L’État fixe et tient à jour un revenu minimum et un revenu maximum. »
Soumettez cette phrase au débat national et européen, aux différents citoyens s’intéressant ou non à la politique et au droit, puis faites la synthèse des interprétations que vous recueillerez.
Ainsi, vous saurez si cette phrase peut être retenue ou doit être réécrite afin d’obtenir l’adhésion du plus grand nombre sans équivoque, dans la clarté.
Le début de la phrase me fait peur : l’État fixe… ouh la la, que de mauvais souvenirs…
Bonjour Philippe,
je vois que je vous ai aidé à mentir : ça fait au moins trois fois dans le mois que vous passez ici. 😉
Vous avez raison sur le problème des longueurs qui découragent, etc. (je me permets de dire que certaines interventions faites avec à la fois bien peu d’investissement et une réelle pertinence dans les questions soulevées, poussent les mêmes qui s’évertuent aussi à répondre, à assumer les longueurs, et les heures pour restreindre et mettre en forme parfois les longueurs encore plus longues d’un premier jet).
Sérieusement, vous avez abordé le TCE avec vos étudiants ? C’est une belle démarche (j’espère qu’ils vous augmenteront à l’EN) mais vous n’avez peur de rien… C’est un coup à devenir dingue. 😉
« « L’État fixe et tient à jour un revenu minimum et un revenu maximum. » »
Sur « l’Etat fixe… », quels sont vos mauvais souvenirs ? Vous avez l’air d’insinuer qu’il s’agit de choses importantes, pourquoi ne pas nous en faire profiter un peu ici ?
La formule « l’Etat fixe un revenu maximal », sans autre précision sur le qui-quoi-comment, n’a pas de sens stable, sauf dans un Etat totalitaire, voire une simple dictature, ou la loi ne se fonde pas sur le droit, mais sur la force, et donc où « l’Etat » peut se rapporter à une seule entité organique – c’est respectivement la force pure (« volonté » de la machine) ou l’arbitraire à la papa (la volonté du chef, suivant des objectifs qui s’expriment dans une perspective politique utilitaire).
Donc la formule ainsi posée :
- n’a, je crois, pas lieu d’être débattue sur cette base. Donc non, je ne soumettrais pas la proposition moyenne en l’état moi-même, et si par malheur quelqu’un la posait telle quelle dans le débat public, ce serait à coup sûr plein de malentendus qui vont émerger, et j’aurais le devoir de contriibuer à une campagne acharnée pour le vote blanc : question bête, réponses bêtes. Bref, il faut fixer des conventions déjà sur les termes ;
- doit nécessairement être complétée par des garanties sur le mode de mise en application future, dans un régime constitutionnel. Je ne dis pas directement que le principe ne pourrait pas être écrit tel quel dans la constitution (les constitutions, je pense à celle du Venezuela qui en a trop dans le genre, je pense, ont parfois de ces formules « L’Etat assure, garantit, encourage, … ») mais je dis que sans aucun doute il faut des compléments, qui traduisent des conventions (dans la constitution Venezuela, il existe certains modes prédéfinis pour faire en sorte que par exemple l’Etat garantisse une protection de la culture, considérée comme bien public essentiel – notament une indépendance des universités, avec je crois un mode de désignation des cadres par reconnaissance mutuelle des pairs (universitaires) – chose qu’il faudrait exploiter notamment pour certains médias de presse désirant bénéficier d’un statut public qui les protègerait des pouvoirs économiques, au sens large, moyenant engagement au respect de la Charte de Munich (droits et devoirs élémentaires de la profession journalistique, articulée autour du devoir d’informer) dont la reconnaissance serait par ailleurs proclamée dans la constitution) ;
Le principe nous ramène déjà à ces deux aspects de la question :
- c’est qui l’Etat ? Je veux dire, par qui et comment serait « fixé » ce revenu ; à quel niveau juridique ; comment la formule prendrait elle corps ? comment les institutions se répartiraient éventuellement ce travail de mettre en pratique le principe.
- est-il pertinent de fixer brutalement une valeur nominale (quelle qu’elle soit) à ce revenu maximal ? J’ai commencé ma réponse en disant clairement non. (Ce qui ensuite m’a valu des développements dont j’admets qu’ils puissent distraire, mais j’ai fait au mieux).
@ Sam17,
« En parlant d’ « imposer », vous me parlez de notre démarche ici, à moi (et vous alors ?) et « mes amis » (??) comme on tire sur une ambulance, non ? Je ne vois pas ce qu’on peut faire de mal, et même on ne risque ni d’écraser un piéton, ni d’imposer des soins au muet. Peut-être que si vous aviez compris la démarche du projet, vous ne diriez pas « vous », mais « nous ». Comme à Citrouille, je ne vous cache pas que ce n’est pas réglo. Il y a d’ailleurs un tas d’endroits pour taper sur le père Chouard, Citrouille saura peut-être vous renseigner, il est calé sur les médias. »
Puisque vous continuez a me citer, j’ai la faiblesse de croire que je ne suis pas completement ostracise sur ce site. Affirmer que tous ceux qui ont atterri sur ce site (pour ma part via le BBB) doivent referer a ce projet comme etant « le notre » et pas le « votre » meme si on n’est en rien d’accord avec ledit projet est une escroquerie qui ferait passer ATTAC pour une organisation democratique. Vous ne me representez pas et l’affirmer est un abus de pouvoir de votre part.
Je ne suis pas venu ici pour taper sur Etienne, ni sur vous ni sur les quelques autres avec qui j’ai engage un debat sur le blog ou le forum. Je suis venu pour questioner Votre projet. A Vous de le defendre.
Bonjour Citrouille,
Il y peu, je vous demandais : « Connaissez-vous un seul moyen pour les citoyens, aussi bien en France qu’en Europe, pour résister aux abus de pouvoirs ? »
Vous m’avez répondu : « Je ne sais pas (en fait je ne sais pas de quel abus de pouvoir vous parlez). »
Je suis sûr que vous êtes de bonne foi et je vais choisir quelques exemples que je trouve emblématiques :
• L’Union européenne impose de force les OGM en plein champ, sans débat ni consultation populaire, alors qu’une majorité d’européens craignent et refusent apparemment cette innovation sans en reconnaître la nécessité (en tout cas, aucun référendum n’a permis de compter les partisans ni les adversaires).
Cette politique européenne semble plus inspirée par l’intérêt privé de quelques grands groupes influents que par l’intérêt général.
Une véritable démocratie, selon moi, devrait plutôt mettre en scène les conflits pour faire toute la lumière sur tous les aspects d’une problématique : elle donnerait publiquement la parole à toutes les parties prenantes et laisserait un groupe de citoyens, correctement informés par ce débat contradictoire et public, donner son avis avant de décider : cela s’appelle des conférences de citoyens et on devrait, à mon sens, en mettre en place sur TOUS les grands débats de société.
Autant nous avons besoin de représentants pour prendre les décisions ordinaires, autant, sur les sujets de société, ceux qui engagent le pays pour des décennies, bien au-delà du mandat des élus, nos représentants devraient s’effacer et rendre le débat et la décision aux citoyens eux-mêmes. Ce serait leur honneur de nous représenter et de nous servir au lieu de nous diriger et de se servir de nous.
Voyez cette passionnante conférence de citoyens sur les OGM qui a eu lieu au Mali, c’est édifiant :
• Autre exemple, en France : un Premier Ministre jamais élu, sans débat, sans consultation publique, pendant les vacances scolaires et par ordonnances impose au pays un contrat de travail appelé « contrat nouvelle embauche » (CNE) où la « période d’essai » est fixée à deux ans pendant lesquels le licenciement n’a pas à être motivé, ce qui est contraire aux conventions de l’OIT qui imposent expressément (même libéral, on peut comprendre pourquoi, non ?) que tout licenciement doit être motivé, de façon à donner aux salariés des recours contre les excès de pouvoir (pas de motif, pas de recours, c’est Germinal).
Certains parlent de coup de force, je parle d’abus de pouvoir.
• Je pourrais aussi parler des parlementaires qui s’auto-amnistient.
• On peut aussi penser à cette décision des parlementaires qui décident eux-mêmes d’allonger d’un an le mandat des maires (alors que presque tous les députés sont eux-mêmes des maires !). Faut-il faire un schéma pour montrer le conflit d’intérêt et l’abus de pouvoir ?
• Quand le roi républicain Chirac blanchit arbitrairement son ami Drut, comme Louis XIV signait des lettres de cachet pour jeter n’importe qui en prison, ce n’est pas de l’abus de pouvoir ?
Le libéral que vous êtes couvre-t-il ces pratiques ? Je suis sûr que non.
N’avez-vous pas envie, vous-même, de résister quand nos propres « représentants » oublient l’intérêt général pour servir des intérêts privés ?
Citrouille, je vous pose à nouveau ma question :
J’aimerais connaître votre sentiment sur ces lacunes institutionnelles qui fondent notre impuissance politique entre deux élections.
Amicalement.
Étienne.
Ah, bon, je croyais que vous veniez causer, Citrouille.
Ne mettons pas la charrue avant les boeufs.
Vous savez sans doute qu’aucun projet de recherche n’aboutit jamais si l’équipe qui bosse sur une même voie de recherche demande à chaque moment à tout le monde, au dehors, s’il croit au projet, en lui donnant le moyen d’arrêter la voie entammée parce qu’il n’y croit pas.
Même entre équipes distinctes (« concurrentes », si vous préférez) d’un même sujet de recherche ça foire…
S’en remettre ainsi à la communauté des spécialistes d’une même matière (sachant qu’un projet de recherche nécessite déjà une collaboration de divers types de spécialistes – transversalité, comme on dit), c’est mort d’avance. Songez à Newton, comme il aurait empêché tout Einstein (surtout vu le grade royal qu’il avait, au sens propre et au sens de la reconnaissance des pairs). Pardon pour la caricature, au moins je suis sûr que chacun saisira l’exemple. (Il y a des millions d’exemples, bien sûr. Dans les années 1990, il y même un prix Nobel qui a été décerné à un type qui bosse dans un domaine « moisi » de la chimie… le bougre avait fait une avancée incroyable vers la fusion nucléaire, tout simplement en utilisant la vulgaire électrolyse de matériaux on ne peut moins nobles. Personne ne pouvait s’imaginer, vu la mode sur la taille des montages et autres machines, dans cette voie de recherche.)
Quant à ratisser encore plus large dans le droit de veto ou de jouer les trouble fête… (je ne me prends pas pour un spécialiste, je sais juste le nombre de milliers d’heures que j’ai enquillées, après le boulot.)
Bref, ne confondons pas prendre des avis de partout, avec s’arrêter à cause de ces avis. Et j’ai assez à faire avec ceux qui disent « nous », eux.
Quand à répondre inutilement, pourquoi perdrais-je mon temps ? Vous avez l’air de me demander des explications, et même des réponses. C’est évident que je ne vous dois rien. Surtout le peu d’effort que vous y mettez : vous le dites vous-même, vous vous situez comme un étranger. Soit. Il fait beau chez vous ? Répondez à la question !
Autrement dit, je vous lirai volontiers, je lis un peu de partout et de tout. Par exemple, Montebourg est instructif, bien qu’il vaille mieux s’en servir pour avis que lui laisser (lui comme tout élu déjà bien en place) le loisir de poser les questions auquel on se contentera de répondre (je parle du vote réel).
D’ailleurs, on trouve aussi pas mal de choses pour suggérer des bonnes idées dans le sens opposé : Machiavel, Arendt, hier je me suis même fait le plaisir (horreur) de me taper les « Protocoles »… brr.
Bref, on « défendra » (« je défendrai ») le projet quand le résulat sera là. Je vous contacterai alors, promis : j’ai votre mail, sur le forum.
(PS : si tous les gens dont je parle venaient me répondre… je n’en finirais pas. Excusez, j’arrête. D’ailleurs, sur la fin, je parlais de (ne pas) « jouer à la citrouille » (le C majuscule était une erreur involontaire), rien à voir avec le pseudo, encore moins la personne qui fait l’internaute. Juste la méthode. On apprend.)
Bondieuseries publiques, voyeurismes privées et autres pertes de temps juteuses.
Au fait, Citrouille : pas mal l’article sur W. Bush. Quoique il ne nous apprennent fichtrement rien (vu la longueur…) Si ce n’est que les américains, du moins leurs grands médias, en tous cas ce journaliste, en fait tout une histoire… pour ne pas dire sur le fait que ça nous préoccupe nous-mêmes, pour aller chercher (lire) un truc pareil.
Quand je dis qu’il est adventiste, le jeune papa Bush, ce n’est pas d’après les spéculations que je lis, mais d’après ce qu’il se contente de dire, et accessoirement, d’après la manière dont il accomplit des plans comme par hasard communs avec ceux des juifs fanatiques.
Entendons-nous bien : je parle de soutien pas discret et sans faille au régime guerrier israélien, et de plans aussi écrits et officiels que formulés sur le ton d’un QG en pleine guerre ou en voie de l’être (bref, où les individus, bien-être ou autres tracasseries de souveraineté nationales n’existent pas, sauf sous le statut implicite de pions et toutim), quand à l’Irak, la Syrie et autre, pas des histoires à dormir debout des « Protocoles des sages de Sion » (bréviaire du soi-disant complot mondial judéo-machinchose, pour qui se demanderait), par ailleurs aussi bien ficelés dans le titille-frisson que du Harry Potter – le faussaire a du même prendre son pied en déclenchant avec une inconscience quasi-parfaite un processus qui doit faire bientôt ses 100 millions de morts, ce mec vaut potentiellement presque Einstein ou M. Curie, voire plus : dans sa passe décisive à Hitler, Staline, autres 10–15 candidats au poste recencés, et sans parler des suivants, qu’on attend, il refilé bien plus que cette saleté de théorie du complot qu’il n’a même pas inventé, mais surtout de parfaites recettes d’un totalitarisme tout à fait efficace, chapeau – Orwell, côté romance, a dû apprécier. Hitler n’a rien inventé, à peine. Juste croire à ces merdes et, en soi, attendre 1929 ou équivalent, et ça roule presque tout seul.
« Adventiste » voulant dire textuellement qu’il attend le retour du petit Jésus, et que cette foi prime sur le reste.
Bref : « adventiste » = « born-again » (« né-de-nouveau »), pas la peine de chicaner.
Après, qu’il soit passé plutôt presbytchose ou congrétruc en se marriant, qu’il ait eu la révélation plutôt par le père Graham (le même odieux gourou charismatique, donc archi millionaire en dollars, qui présida à mon baptème dans un POPB en transe et plein à craquer – j’étais un pauvre môme de 8 ans… les salauds) ou un autre… qu’il en dise le moins possible quand c’est pas indispensable comme tout politique qui ratisse large…
Ce qu’il dit suffit : c’est un born-again qui s’assume (et que j’emm..de parce qu’il a un grand pouvoir politique, ou pour être précis, c’est une marionnette très haut placée).
Après, au dessus dans la catégorie des dangeraux emmerdeurs publics, il y a « born-again » et fier de l’être, et qui n’admet pas que les autres ne le soient pas. Je n’ai pas écrit « évangélique » (catégorie d’adventistes) parce qu’au fanatisme born-again, il n’ajoute pas le prosélytisme, devoir incontourable de l’évangélo (ce que rappelle l’article, et visiblement, question qui perturbe tant ce journaliste qui n’a que ça à foutre, et bien des amerlos, vu que ça vend, pour qu’il en ponde une pareille tartine dans un pareil journal).
Pardon, vous autres, pour le hors sujet… je m’en allais. 😉
Bonsoir,
« Connaissez-vous un seul moyen pour les citoyens, aussi bien en France qu’en Europe, pour résister aux abus de pouvoirs ? »
Le droit de manifestation (ex. le CPE), le droit de grève, la mobilisation etc.……
Ces droits sont prévus par des textes.
Si à chaque fois que la droite est au pouvoir, la gauche rameute ses troupes dans la rue pour faire échouer les réformes , il n’y a plus de démocratie possible.
Votre problème est que vous n’acceptez pas le fonctionnement normal et l’alternative du pouvoir ; dès que vous n’êtes pas d’accord, vous démolissez.…
Vous critiquez les élus, vous vous en méfiez, mais vous êtes en dehors du système, vous n’en savez rien, c’est triste de tenir une position aussi radicale…
Vous n’êtes pas un vrai démocrate, chez vous veille le pire des autoritarismes : ces messieurs (où sont les femmes ? ) sont persuadés de leur bon sens.…
Continuez à remuer Citrouille, sans avoir suivi vos échanges, il est aisé de comprendre le parti pris de ce blog.
Bonjour
Comme le dit justement Étienne, nous souffrons d’un manque cruel de démocratie, l’exemple des OGM le montre clairement. On ne peut ignorer que des pays font mieux que nous dans ce domaine : moratoire de 5 ans en Suisse ; en Autriche, la majorité des gens s’est opposée aux OGM, et le gouvernement en a tenu compte, contre l’avis de la commission de Bruxelles !!
Par ailleurs, tout le monde sait que les principales organisations internationales (OMC, FMI, Banque mondiale, commission de Bruxelles) ne sont pas élues démocratiquement et ne représentent que les intérêts des multinationales et, derrière elles, les intérêts des quelques dizaines de milliers de grandes familles qui dirigent le monde.
Par ailleurs les exclus de toute part, les chômeurs, eux, n’ont pas les moyens d’avoir leurs services de lobbying auprès de ces organismes.
Rien que cette situation crée une inégalité flagrante supplémentaire !
En plus, ces institutions non élues estiment n’avoir de compte à rendre à personne, même en cas d’échecs.
Parlons de la Banque Mondiale et de son rôle dans les divers pays d’Afrique en Argentine, en Indonésie (soutien à une politique criminelle de déportation d’une partie de la population)
Mais arrêtez d’attaquer, vous Citrouille et les autres intégristes libéraux, les autres organisations et citoyens sur la démocratie, puisque l’objectif est de substituer à la démocratie des citoyens un pouvoir détenu pâr les puissants et défendu par les réglements de ces institutions que je viens de citer. Vouloir remplacer la démocratie par une sorte de corporate gouvernance mondiale dirigées par des clubs de pensées qui ne défendent que des intérêts privés est une conception totalitaire.
Quant à critiquer ceux qui veulent changer le monde, je pense qu’ils n’ont pas à vous demander votre avis pour essayer de créer quelque chose, que ce soit sur le site d’Étienne, à ATTAC ou ailleurs.
De toute façon, pour les libéraux, il existe une seule solution à tout problème : pas d’impôt, pas de solidarité (à remplacer par la charité des fondations, la privatisation de tout service public, sans demander l’avis des populations concernées.
Alors Citrouille, restez avec les intégristes libéraux, mais ne parlez surtout pas de démocratie.
André
Bonjour Étienne et Sam17,
Étienne,
« L’Union européenne impose de force les OGM en plein champ, sans débat ni consultation populaire, alors qu’une majorité d’européens craignent et refusent apparemment cette innovation sans en reconnaître la nécessité (en tout cas, aucun référendum n’a permis de compter les partisans ni les adversaires). »
Je ne suis pas un specialiste des OGMs, mais je remarque que l’UE vient d’imposer des restrictions sur les importations du riz americains car certaines varietes contiendraient des OGMs. Quelquepart, le consommateur y a gagne. Le consommateur de l’Union Europeenne gagne aussi en ayant le choix d’acheter ou non des produits contenant des OGMs, ces derniers devant avoir un etiquetage rigoureux.
Sur le Mali et d’une maniere generale, pourquoi des pays en voie de developement refusent les OGMs ? Car ils ne peuvent pas les vendre sur le marche de l’UE. Quelque part la loi du marche regule en faveur de la qualite.
Je ne suis pas non plus un specialiste du droit de l’Union Europeenne, mais il me semble que dans le processus legislatif, il arrive au Parlement Europeen de voter. Cette assemblee est elue a la proportionnelle (pas partout, mais en France en tous les cas) et quelque part les peuples de l’UE sont representes.
Je suis en faveur de la democratie representative. Pourquoi ? Car, malgre ses defauts, elle assure une certaine stabilite. Vous parlez de temps en temps du « referendum d’initiative populaire. » De mon humble point de vue, c’est un projet qui me semble dangereux. Pourquoi ? Par exemple, je suis contre la peine de mort. Or, une majorite de Francais est en faveur la peine de mort. Il suffirait qu’un groupe d’extreme droite avec une campagne mediatique bien ficellee (ils violent et tuent des enfants et touchent des assedics etc, etc… un peu comme les campagnes du SUN au RU) pour arriver a un referendum en faveur du retour de la peine de mort.
« Une véritable démocratie, selon moi, devrait plutôt mettre en scène les conflits pour faire toute la lumière sur tous les aspects d’une problématique : elle donnerait publiquement la parole à toutes les parties prenantes et laisserait un groupe de citoyens, correctement informés par ce débat contradictoire et public, donner son avis avant de décider : cela s’appelle des conférences de citoyens et on devrait, à mon sens, en mettre en place sur TOUS les grands débats de société. »
Des conferences citoyennes ont ete organisees lors de la Convention sur le Futur de l’Europe (une des lubies de Giscard), ca a ete un bide total, seuls les stagiaires (et futurs fonctionnaires) des differentes administrations de l’UE y ayant participe. Je ne dis pas que c’est une mauvaise idee d’avoir des conferences citoyennes. Debattre, ecouter est une tres bonne chose. Je me pose tout de meme la question de la representativite de ces assemblees. Alors si on tire au sort, bon tout le monde n’a pas le niveau (et moi le premier) pour avoir un avis sur, par exemple et au hasard, NATURA 2000. Si on invite, on va se retrouver avec des groupes de pressions, ultra-specialisees. Ca ne me choque pas, c’est deja le cas au sein du PE par exemple. Ayant quelques connaissances parmi des assistants parlementaires du PE, je sais que certains groupes de pressions (Greenpeace, et WWF pour ne pas les citer) servent la soupe toute chaude aux parlementaires europeens (ils recoivent des e‑mails avec ce qu’ils doivent voter, les argumentaires, etc…) Mais cet exercice est regule.
Assez d’accord avec vous sur de Villepin et sur le CNE/CPE (a un moment j’ai cru comprendre que de Villepin etait pret a negocier la clause de licenciement, mais c’etait trop tard, il s’y est pris comme un pied.) Alors ok avec vous, un PM devrait etre un elu.
« Je pourrais aussi parler des parlementaires qui s’auto-amnistient. »
C’est vrai, d’un autre cote, on ne peut pas dire que « l’episode Guy Drut » ait renforce la cohesion de la majorite actuelle.
» * Quel moyen institutionnel ont les citoyens, entre deux élections, pour résister à des mesures qu’ils estiment mauvaises (le problème n’étant pas ici, vous en conviendrez, de savoir s’ils ont raison ou pas de les trouver mauvaises). »
Je ne suis pas un specialiste, mais il me semble que la « class action » est une idee qui doit etre soutenue. Des citoyens comme vous et moi pourront porter plainte contre l’Etat si on estime que qu’une decision nous porte prejudice. Bon, il existait quelquechose dans le TCE qui s’appelait (de memoire) « la petition d’initiative populaire) ou si 1 million de citoyens de l’UE apportaient une petition a la Commission, cette derniere devait la prendre en compte (les modalites etaient vagues, mais il semble que la Commission n’aurait pas pu prendre le risque d’ignorer cette petition). Ben voila, des citoyens auraient pu demander « que la culture, imporation de produits contenant des OGMs sur le sol de l’UE », cela aurait mis une belle pression sur la Commission. En attendant, je dois me tuer les yeux pour lire la composition de ce que j’achete pour etre sur que les produits que j’achete ne contiennent pas d’OGMs.
Sam17,
Content de vous retrouver. Ok, le temps me manque mais qques remarques (sur votre deuxieme post). C’est ironique votre critique du journaliste qui ecrit long ? 😉
Il y a malentendu. L’adventisme est une Église a part entiere (L’Église adventiste du septième jour dans son nom entier) et je croyais que vous referiez a cette Eglise. Je ne suis pas convaincu que Bush soit adventiste dans le sens que vous le decrivez. ok, faut que j’vous laisse, a demain.
Renvois.
Citrouille j’ai la berlue où vous êtes entrain de débattre ?
Entre « nous », je veux dire… Bien évidemment, on peut dire « nous » sans dire « amen » aux propositions d’Étienne, les preuves abondent sur le forum, où la question du « nous » / « vous » est réglée d’emblée.
Comme dans votre dernier message, vous levez surtout des (bonnes) questions dont les réponses, développées, nous écarteraient du sujet, je vous réponds sur volet « Manifeste pour la vraie démocratie ».
Allez, libérons l’antenne : que Bush Jr aille périr en enfer s’il y croit (*)… on a du boulot : on va pas continuer à s’appliquer librement les chaînes que ce genre d’allumés rêvent justement de nous voir nous mettre, nous poussant habilement à le faire (c.à.d. s’auto-assaillir de questions stupides et conçues pour détourner l’esprit des seuls sujets qui vaillent la peine d’être abordés, à savoir ceux qui relèvent d’enjeux temporels). Ce serait le comble.
(*) J’oubliais, le passage le plus drôle de l’article : la candeur de la réponse (supposée) de Bush à l’un des distributeurs de « recettes magiques pour sauver son âme »… Savez s’ils payent bien les scénaristes, aux Guignols ? On m’a dit que c’était de plus en plus, nul, soyons libéraux : profitons du créneau pour faire une bonne action en même temps qu’une petite affaire… – et puis, y a pas de plagiat de l’article qui tienne, la scène est visiblement passée dans le domaine… public. 🙂
@ tous,
Je viens de relire mon billet, dsl pour ma grammaire aleatoire.
@ Andre,
« Alors Citrouille, restez avec les intégristes libéraux, mais ne parlez surtout pas de démocratie. »
Le fait que vous voulez m’interdire de parole sur la democratie montre une vision de la democratie tres personelle et qui n’engage que vous.
@ Octave,
Merci pour vos remarques. Et oui Etienne, le droit de manifestation existe encore, comme celui de greve. Si le Gouvernement a laisse tomber le CPE, c’etait a la suite d’un mouvement syndicaliste (enfin presque, l’UNEF n’etant pas un syndicat.)
Citrouille, Octave,
Mais qui êtes-vous donc, vous qui vous contentez, et qui voudriez que nous nous contentions, en guise de protection institutionnelle contre les abus de pouvoir, de la grève et de la manifestation de rue ?!
C’est tout ce que vous nous laissez ? Vous êtes trop aimables.
Je vous trouve régressifs.
Toujours plus pour les riches en liberté, toujours moins pour ces salauds de pauvres, ces paresseux qui toujours manifestent et font la grève au lieu de bosser docilement pour enrichir les riches.
Vous trouvez donc que les syndicats sont un moyen trop puissant de résister à l’arbitraire ? Mais qui est dogmatique dans cette discussion ? À quoi servent les syndicats en France ? À rien, eux qui ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. S’ils servaient à quelque chose, on le verrait ; or, on régresse tous les jours sur tous les plans. On peut déjà être virés sans avoir à donner de motif du jour au lendemain. C’est un progrès, ça ? Le prétendre, c’est prendre les gens pour des imbéciles.
Ce qu’on a, ce que vous avez Citrouille, notre protection contre les affreux, on le doit à nos parents, (vous prenez des congés payés, Citrouille ? Et vous, Octave, qui conchiez les luttes sociales, vous prenez vos congés payés, ou vous y renoncez ?) et tout ce qu’on est capable de faire, nous, leurs enfants trop gâtés, c’est de devenir « libéraux » (quelle arnaque ce mot, quelle imposture : le diable qui se baptise dieu) et de laisser lamentablement perdre tout ce que nos parents ont gagné dans la souffrance de leurs luttes sociales.
Vous ressemblez aux fidèles d’une religion libéraliste (trop libérale, c’est ça le mot qui vous va bien : libéraliste) où je ne vois pas une seule réflexion crédible pour éliminer la misère, une sorte de secte (bien fermée aux manants) laissez-fairiste qui se contente d’afficher une commode moyenne statistique qui monte et qui sert à gommer masquer les inégalités et la précarisation des gueux.
On est bientôt tous morts si on laisse organiser la société par les néolibéraux qui nous ont déjà fait massacrer par millions : je leur impute au moins la deuxième guerre mondiale, via la crise de 1929, faillite du casino ultralibéral de l’époque qui a littéralement affamé les allemands. Les rancoeurs qu’ils laissent croître en répétant, comme Louis XVI, que tout va bien, ces rancoeurs-là finiront dans le sang quand les gueux n’auront plus rien à perdre et seront déterminés à se débarrasser de leurs parasites et à pendre les grands patrons avec les tripes des gros actionnaires.
Je préfère anticiper et éviter cette haine en répartissant équitablement et raisonnablement les richesses, par l’autorité de l’État, en acceptant que de fortes mais raisonnables inégalités motivent les plus méritants, plutôt que de m’en remettre suicidairement à la « main invisible » (c’est le mot) des plus forts qui nous conduisent tous au pugilat par leur cupidité sans limite.
Excusez-moi ce coup de colère, je n’en peux plus des mensonges « libéraux » auxquels je ne crois plus, après vingt ans de régression sociale au lieu des progrès promis.
André Bellon, dans son bon article « Votez bien, ils feront le reste », nous rappellait l’an passé l’opposition farouche de Mendès-France au libéralisme, bien repéré par nos parents, juste après la guerre, comme LA cause des malheurs du monde :
« (…) Les « pères fondateurs » de l’Europe, tout particulièrement Jean Monnet, ne cachaient pas leurs réticences à l’égard de la souveraineté populaire, leur conception technocratique et économiquement libérale de la politique. Traumatisés par la seconde guerre mondiale, puis par la guerre froide, peu de responsables ont su faire l’analyse des risques que leur projet européen faisait peser sur la démocratie. Pierre Mendès France fut de ceux-là.
Prenant, le 18 janvier 1957, position à l’Assemblée nationale contre le traité de Rome, il déclarait : « Le projet du marché commun tel qu’il nous est présenté est basé sur le libéralisme classique du XXe siècle selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, elle recourt soit à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique au sens le plus large du mot, nationale et internationale. » (…)
(Le Monde diplomatique de juillet 2005, page 6).
Citrouille, Octave, je ne me contente pas du tout du droit de grève et de celui de manifester dans la rue (qui n’emporte évidemment aucune obligation pour les gouvernants de céder au désordre, on le comprend et on le constate de plus en plus) comme moyen pour le peuple d’exprimer un désaccord profond avec ses élus entre deux élections, et je cherche, au-delà de ma situation personnelle confortable, au-delà de mon égoïsme naturel, je cherche à formaliser des règles nouvelles pour exprimer un droit plus respectueux des humains.
Je vous invite à réécouter l’excellent travail d’explication de Pierre Rosanvallon sur le nécessaire pouvoir de surveillance, de notation et de sanction, en plus de l’élection !, pour caractériser une authentique démocratie.
Voir ici le récapitulatif des premières leçons, passionnantes.
Ce que Rosanvallon ressort à la lumière, pour nous qui ne l’avons jamais appris à l’école, ce sont les luttes millénaires, les siècles de penseurs politiques de tous les âges qui, tous, ont réfléchi aux moyens institutionnels de retenir les tyrans. Tous ont démontré que les élections ne sauraient suffire, à l’évidence.
Et vous, vous repoussez avec mépris, d’un revers de la main, toutes ces luttes comme si nous devions nous contenter des élections et de quelques manifestations de mauvaise humeur pour nous défendre, comme si au lieu d’être des citoyens, nous n’étions plus que des électeurs.
Je ne sais pas d’où vous vient cette servitude volontaire car je ne vous connais pas, (vous êtes probablement du bon côté du manche, comme on dit, vous nous le direz peut-être), mais on n’est pas obligé de partager ce goût.
Amicalement.
Étienne.
Bonjour,
Le sujet qui a retenu mon attention était « Chômage, Dividendes et Constitution », avec un ciblage plus particulier sur les deux premiers termes.
Je me suis livré à une petite étude sur la façon dont le travail est perçu au travers des livres de comptes. Aspect purement technique en apparence, et pourtant…
Mais il me semble que le débat se soit déplacé hors de ce champ, pour me trouver de fait hors sujet…
Peut-être pourriez-vous m’orienter vers un autre item ?
En outre, il y a peut-être un problème technique pour insérer des tableaux au sein d’un commentaire, comme celui-ci.
Cordialement
Bonjour Georges,
N’hésitez pas à revenir sur le sujet original du billet, malgré nos digressions… :o)
Je ne sais pas comment insérer des tableaux ici, à partir de la fenêtre de saisie, mais si vous m’envoyez les tableaux par mail, en me disant où les placer dans votre commentaire, je le ferai avec plaisir (je ne l’ai jamais fait dans la partie blog (DotClear), mais ce doit être plus facile pour moi, avec les possibilités de l’administrateur. On montrera les tableaux sous forme d’image si c’est trop compliqué en texte).
Au plaisir de lire vos observations.
Étienne ([email protected])
Afin de mieux comprendre les politiques économiques des entreprises, il peut être intéressant de s’immerger quelques instant dans leur langage (et ainsi faire sien un proverbe chinois qui dit que pour connaître son ennemi, il faut marcher avec ses chaussures).
Quels sont les fondements de leur langage ?
Le tronc commun, l’alphabet, de toute analyse économique se trouve dans le plan comptable, à partir desquels se construisent les documents de synthèse que sont le BILAN, le COMPTE DE RÉSULTAT et autres comptes intermédiaires de gestion.
Il faut bien avoir à l’esprit que les décideurs ne disposent pas d’autres briques pour construire leur analyse et en déduire leurs conclusions. En conséquence, ce qui n’est pas pris en compte par le plan comptable ne peut pas être pris en considération.
Pour ce voyage initiatique, envisageons de nous pencher sur le traitement comptable des principaux postes de coûts d’une entreprise :
– le cas d’achats de biens d’investissement
– le cas d’achats de marchandises (stockables)
– le cas d’achats de consommables.
Afin de garder notre attention sur les différences de traitement de ces différentes dépenses, nous ferons abstraction des modalité de paiement et des comptes qui y sont attachés.
Ainsi nous négligerons volontairement toute notion de dette ou de créance, afin de ne pas brouiller la lecture des documents de synthèse, aussi importants que soient ces postes pour l’analyse de la santé d’une entreprise donnée, cela n’est pas dans le propos abordé ici.
1 – Achats de biens corporels
• Écritures comptables des achats de biens d’investissement :
On voit que pour ce type d’achat, l’analyste dispose de trois éléments d’appréciation, dont :
– 2 dans les Actifs Immobilisés, en haut de Bilan, ce qui permet d’apprécier la valeur d’une entreprise (scoring bancaire – valeur de cession – ratios de dynamisme…) ;
– 1 en poste de Charge d’Exploitation dans le Compte de Résultat.
• Écritures comptables des achats de marchandises :
Dans le cas de marchandises stockables, nous avons encore trois enregistrements, toutefois leur répartition est différente :
– 1 en Actif Circulant, en haut de Bilan, ce qui permet également d’apprécier différemment la valeur d’une entreprise ;
– 2 en poste de Charges d’Exploitation du du CdR
• Écritures comptables des achats de consommables :
Pour ce dernier cas, on remarque immédiatement qu’il n’existe aucun enregistrement au niveau du Bilan. Cet achat n’est reporté qu’en Charge d’Exploitation du CdR, dans une rubrique « Autres ».
Conclusion partielle
On voit donc qu’à ces trois types d’achats matériels correspondent trois traitements spécifiques, suivant la contribution de chacun à la valorisation de l’entreprise.
Valorisation structurelle pour les biens d’investissement et conjoncturelle pour les biens stockés, tandis que les consommables ne lui apportent aucune valeur, et ne font que peser sur son résultat.
2 – Le personnel
Après le traitement des objets, il est intéressant de comprendre comment s’analyse la contribution du personnel.
• Écritures comptables de personnel :
Dans le cas du personnel, nous notons :
– aucune inscription au Bilan ;
– 2 en poste de Charge d’Exploitation du CdR.
Conclusion générale
En faisant le rapprochement du traitement comptable du personnel avec celui des biens et marchandises, il est révélateur de constater la similitude qui existe avec les consommables.
Il n’y a aucune appréciation en contre-partie du salaire. Il n’y a aucune appréciation de la compétence, de la formation, de l’expérience des personnels, de leurs savoir-faire, de leur créativité, de leur adaptabilité, de leur réactivité…
Ainsi un robot d’une chaîne de peinture dans l’industrie automobile est-il mieux considéré par les gestionnaires qu’un maître chaudronnier…
Pire, contrairement aux différentes fournitures et consommables qui sont comptabilisés ensembles dans une même rubrique « autres achats » du CdR, les comptes de personnel sont inscrits deux fois : dans la rubrique « salaires » et dans la rubrique « charges sociales », dans une forme d’insistance de son aspect coûteux.
Aussi peut-il être tentant de faire deux fois des économies en réduisant les effectifs…
Commentaires :
Si les bons outils font les bons ouvriers, l’absence d’outil comptable adapté ne peut pas conduire à de bonnes analyses économiques et politiques.
Peut-on reprocher au capitalisme d’avoir développé des outils exclusivement tournés vers les valeurs monétaires ?
N’y a‑t-il pas un véritable enjeu social et économique (politique) à corriger cette carence ?
Si les éléments comptables faisaient apparaître clairement la perte en capital humain de tel ou tel plan de licenciement ou de mise à la retraite anticipée, la gestion des entreprises et des États ne s’en trouveraient-elles pas modifiée ?
On peut établir un certain parallèle sur la vision a priori négative de l’impact humain sur l’activité éconmique et sociale au travers de l’actualité récente : accident ferroviaire à la frontière luxembourgeoise et de métro à Rome. En effet, les premières conclusions des enquêteurs font état d’erreurs humaines…
En contre-partie, on ne parle jamais des apports humains à la bonne conduite des projets.
Cette considérations sembles réservée à des hommes d’exception (Mozart ; Léonard de Vinci…), mais en dehors de toute valorisation économique au sein d’une entreprise.
Face à la platitude du débat électoral actuel, n’y a‑t-il pas une nouvelle utopie à défendre et à faire mûrir ?
Je serais heureux de recevoir vos avis.
Cordialement.
GM
Merci Georges, pour cette intéressante observation. C’est plausible.
On peut quand même se demander quelle est la cause et quel est l’effet : est-ce, comme votre optimisme vous le suggère, parce que la compta ne compte pas la valeur des salariés au bilan que les gestionnaires comptent pour rien les salariés au moment d’évaluer l’entreprise, ou bien est-ce parce qu’ils ont toujours négligé les salariés qu’ils ont traduit en comptabilité ce mépris originel ?
Votre réflexion par les outils de gestion me fait penser au livre extraordinaire de Vincent de Gaulejac que je lis en ce moment (entre autres) et qui s’intitule :
« La société malade de la gestion : idéologie gestionnaire, pouvoir managérial et harcèlement social » (Seuil, 2005).
Ce livre est tout à fait exceptionnel, à chaque paragraphe j’ai envie de le retranscrire ici… c’est d’une intelligence rare et d’une clarté étonnante : à lire absolument.
Je vous copie ici la quatrième de couverture qui est un bon résumé (mais il faut lire ce livre, ne vous contentez pas du résumé, c’est passionnant) :
Sous une apparence pragmatique, la gestion constitue une idéologie qui légitime la guerre économique et l’obsession du rendement financier. Les » gestionnaires » installent en fait un nouveau pouvoir managérial. Il s’agit moins d’un pouvoir autoritaire et hiérarchique que d’une incitation à l’investissement illimité de soi dans le travail pour tenter de satisfaire ses penchants narcissiques et ses besoins de reconnaissance. Il s’agit d’instiller dans les esprits une représentation du monde et de la personne humaine, en sorte que la seule voie de réalisation de soi consiste à se jeter à corps perdu dans la » lutte des places » et la course à la productivité.
Or, pour comme pour mieux assurer son emprise, cette logique déborde hors du champ de l’entreprise et colonise toute la société. Aujourd’hui, tout se gère, les villes, les administrations, les institutions, mais également la famille, les relations amoureuses, la sexualité… Le Moi de chaque individu est devenu un capital qu’il doit faire fructifier.
Mais cette culture de la haute performance et le climat de compétition généralisée mettent le monde sous pression. Le harcèlement se banalise, entraînant l’épuisement professionnel, le stress et la souffrance au travail. La société n’est plus qu’un marché, un champ de bataille insensé où le remède proposé aux méfaits de la guerre économique consiste toujours à durcir la lutte. Face à ces transformations, la politique, à son tour contaminée par le » réalisme gestionnaire « , semble impuissante à dessiner les contours d’une société harmonieuse, soucieuse du bien commun.
Peut-on néanmoins échapper à l’épidémie ? Peut-on repenser la gestion comme l’instrument d’organisation et de construction d’un monde commun où le lien importe plus que le bien ? C’est en tout cas la piste qu’ouvre ici le diagnostic du sociologue clinicien.
Vincent de Gaulejac est directeur du Laboratoire de changement social et professeur de sociologie à l’université Paris-VII. Auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont Le Coût de l’excellence (Seuil, avec Nicole Aubert), La Lutte des places, Les Sources de la honte. IL préside le Comité de recherche de sociologie clinique à l’Association internationale de sociologie.
Bonne nuit :o)
Étienne.
Merci Étienne de lancer le débat.
Votre question est intéressante et j’y reviendrai plus tard avec plaisir.
Dans un premier temps je voudrais préciser l’angle sous lequel j’ai placé mon intervention, éloigné de toute idéologie.
Je partage avec vous le constat du poids énorme des concepts de gestion sur notre quotidien. C’est pourquoi il m’a semblé utile de regarder comment les décideurs percevaient la vie de l’entreprise. Qu’ils soient chefs d’entreprise, analystes financiers, responsables du trésor ou ministre de l’économie, ils puisent leurs informations « objectives » (dans le sens mathématique du terme) à partir des écritures comptables. C’est un fait. Et, à ce niveau, peu importe l’historique du plan comptable. Il me semble intéressant de constater la nécessité de faire évoluer la structure des outils comptables si l’on veut espérer un jour remettre la dimension humaine au centre de la vision économique.
Aurait-on connu la vision monde héliocentrique de Galilée (les planètes tournant autour du soleil), s’il n’avait d’abord construit une lunette astronomique ?
Je veux dire par là qu’avoir un bon outil d’observation me semble une aide précieuse à l’avancée d’une nouvelle vision du monde.
Ne rêvons pas, tous les problèmes humains ne seront pas résolus par cette seule évolution comptable, mais sera de nature à faciliter des prises de conscience.
Mais revenons à votre double question :
1 – La causalité est-elle dans le sens Bilan -> Non prise en compte de la valeur de travail ?
Que cette causalité prévale ou non, elle existe.
Je m’explique. La réponse à cette hypothèse peut-être VRAI ou FAUX.
Si c’est VRAI, on en revient à mon développement.
Si le réponse en FAUX (cela revient à prendre pour vrai votre seconde proposition), il persiste que l’absence de prise en compte comptable et d’inscription au bilan de la contre-partie des salaires induit à renforcer l’ignorance (voire à la justifier) des apports humains dans la vie économique.
Dans le premier cas, il est d’un intérêt commun de faire évoluer la vision comptable du travail. Dans le second, c’est seulement l’intérêt des salariés…
2 – La causalité n’est-elle pas plutôt dans la non prise en compte de la valeur du travail ?
Je ne suis pas historien, je n’ai donc pas prétention à répandre des certitudes, mais plus modestement à envisager les raisons plausibles de cette carence.
Je pense que l’on peut situer les premières écritures comptables avec l’origine de l’écriture et des civilisations organisées. La préoccupation du moment était centrée sur l’appréciation des stocks de blé (et autres) dans les greniers pour faire face aux périodes de disette. On peut raisonnablement penser que, par ailleurs, le salaire était proportionné à la production (salaire à la tâche). Il y avait donc une correspondance plus ou moins tacite entre travail et production. Je veux dire par-là que la seule source de production étant humaine, on pouvait se contenter d’un enregistrement comptable simple.
Les choses se compliquent avec l’apparition du machinisme, il y a environ deux siècles. La machine permet de décupler la production. Elle devient donc un outil indispensable et valorise les entreprises qui en possèdent.
Nous sommes alors dans une économie de pénurie. La production prime sur la valeur de travail.
Nous avons été au summum de cette logique avec Taylor.
Depuis, la productivité a fait de tels progrès que nous sommes placés (en occident) dans une économie de pléthore. C’est-à-dire que nous ne pouvons pas absorber tout ce que nous produisons… Les valeurs économiques Homme/Machine sont inversés. Pourtant nous utilisons des outils comptables et des méthodes de gestion issus de l’époque précédente.
Notre environnement a changé, salariés comme entrepreneurs doivent s’adapter… les outils de gestion aussi.
Cordialement.
GM
bonjour,
en lien avec votre débat ;
Le revenu garanti peut constituer une « libération du travail » comparable à l’abolition de l’esclavage. Cependant, pour assurer effectivement une production alternative, il ne faut pas seulement s’occuper des revenus, mais aussi de la production elle-même, des moyens monétaires et des circuits marchands. Revenu garanti, coopératives municipales et monnaies locales se révèlent indissociables pour construire un nouveau système de production, sur d’autres rapports sociaux que le salariat, à l’ère du travail immatériel.
« Revenu garanti, coopératives municipales et monnaies locales », par Jean Zin.
Bonjour,
Il faut absolument écouter une émission passionnante sur le choix mondial des normes comptables internationales ; c’était hier samedi, sur France Culture, l’émission « Le bien commun » à 11 h, présenté par Antoine Garapon : le titre en était :
« Le monde capitaliste aura-t-il sa glasnost ? Les normes comptables internationales. ».
Les deux invités, Nicolas Véron et Bernard Collasse, sont très intéressants : malgré l’aridité prévisible du sujet, ils montrent de façon très vivante et alerte que l’enjeu des choix exprimés à travers la comptabilité est essentiel, que ces choix traduisent bien l’état d’un rapport de forces, et que tout le monde est concerné, et que c’est donc un enjeu public majeur…
Pourtant, l’Union européenne, impuissante à créer sa propre norme, a cédé sa souveraineté à une entreprise de droit privé que personne ne contrôle plus, pas même les États-Unis (qui nous en veulent d’avoir rendu si puissante une entreprise sans aucune légitimité politique), et qui doit affronter de graves difficultés financières. Il est urgent que l’UE établisse un contrôle des décisions prises par l’IASB.
Le monde de la finance est en train, mondialement, de se rendre totalement indépendant des politiques publiques.
Émission éclairante, à écouter, il me semble.
La réflexion de Georges me rappelle également un article excellent de Jacques Richard dans le Diplo de novembre 2005 (je l’avais commenté à l’époque dans ma page ‘Liens’), intitulé :
« L’Union européenne mise aux normes américaines : une comptabilité sur mesure pour les actionnaires ».
À lire attentivement, à mon avis.
Amicalement.
Étienne.
Les salaires sont des flux et ne peuvent donc apparaître qu’au Compte de Résultat (qui retrace « le film » des créations de richesses de l’année).
C’est vrai qu’il manque la valeur des salariés, prise comme un « stock » (valeur distincte de la valeur de leur travail), dans les comptes de l’entreprise, mais les salariés ne sont pas la propriété des entreprises… Comment, donc, faire apparaître la valeur des salariés au Bilan (bilan qui est « une photo » de la richesse de l’entreprise en fin d’exercice) si l’entreprise n’en est pas propriétaire ?
Bonsoir,
merci GM d’avoir lancé ce sujet essentiel.
Un « bilan » fait une soustraction entre des crédits et des débits. Donc pour que le « poste » travail soit porté sur un « bilan », il faudrait compter non pas seulement ce que coûtent les salaires (dont les « salaires différés » que sont les cotisations sociales) mais également ce que vaut le travail fourni.
Nous sommes d’accord, je pense, pour parler du fait qu’une grille de lecture destinée à l’usage des décideurs conditionnent leur comportement, et ce qui relève pour eux ou non du « domaine des possibles ». Mais il faut commencer par cette réflexion pour cadrer le problème de ce que nous pouvons poser, nous, librement.
Bien sûr, si on suppose qu’on pouvait chiffrer la valeur du travail de manière juste, on verrait apparaître au bilan (en positif) du « poste travail » d’une entreprise qui fait des bénéfices une partie substantielle des bénéfices globaux. Et si on estime que l’investissement moyen (qu’on aurait en aplanissant tous les risques privés) devrait rapporter mettons 3% et pas plus, comme un compte bancaire, on verrait alors apparaître en chiffres le problème éventuel d’un pillage par les actionnaires. Tout cela est schématique, mais je vois que les investissements productifs ne sont déjà pas exclu de « votre comptabilité ».
A ce stade, j’en suis à évaluer la valeur du travail par la soustraction… d’un revenu du capital que je suppose devoir être fixé. Seulement, si l’entreprise a mal évalué la demande, mal fixé ses prix, ou pour bien d’autres raisons, il se peut que l’entreprise se trouve déficitaire. Il serait alors aberrant de continuer à extraire un revenu positif et donné pour le capital, en faisant de la valeur du travail… un « facteur d’ajustement structurel »…
Mais à supposer maintenant qu’on pose une proportionnalité de la valeur du travail et des revenus des actionnaires, il reste que pour une entreprise déficitaire le travail vaut encore moins que rien… ce qui serait tout aussi aberrant.
Passons sur ces éléments d’introduction. Il me semble utile de rappeler deux choses.
- la légitimité de la rente tient au fait que l’investissement s’accompagne d’un risque. Au présent, on ne compte plus les situations (de chantage) où les revenus des actionnaires sont garantis supérieurs à un seuil fixé (lui même augmente chaque année) alors que d’une manière ou d’une autre, c’est le travail qui subit les coûts associés aux risques : situation globale qui est pire qu’un gel des salaires depuis dix ans ; suppressions ou non renouvellement sans baisse de charge ; un stress au travail qui coûterait à l’Etat deux fois le trou de la sécu ; l’Etat français accorde 20 millions d’euros par ans en déductions de cotisation sociales, …
- dans le modèle libéral classique, la valeur du travail n’est pas fixée, mais elle est implicitement liée à sa rémunération. Et ce sont les salariés (puis les syndicats) qui le négocient : c’est un rapport de forces qui le fixe. D’ailleurs, derrière la courbe de Philips, le plancher de chômage de Friedman ou le NAIRU, il y a bien cette idée essentielle dans une lecture libérale que le salaire se négocie toujours. Si la valeur du travail est déterminée par celle que lui attribue le premier intéressé, on peut déjà poser qu’en première approche, ce qu’il y a à mettre dans la colonne crédit est égal à ce qu’on porte en débits. Pondéré sans doute par le fait que le manager qui défend l’intérêt des actionnaires tendra à en diminuer la valeur pour reporter l’écart sur les dividendes.
Un professeur d’économie m’a enseigné (par son livre) que chaque « acteur économique » est largement conditionné structurellement (par ses intérêts, qui déterminent aussi le contenu de sa grille de lecture) à avoir une lecture plutôt libérale, marxiste, ou keynésienne des faits, suivant qu’il est respectivement patron, ouvrier ou Ministre de l’économie et des finances.
Un « détail » : je souligne que le rentier (actionnaire désimpliqué, spéculateur sans visage) n’est pas dans la liste, et que le Ministre de l’économie et des finances dont il s’agit avait sans doute encore la main sur la planche à billets…
Nous voyons là une manière de souligner le danger colossal de la prédominance d’une idéologie de rentier, et d’un système qui « force » les différents acteurs à devenir peu à peu également « friedmanien »…
Je ne sais pas si c’est une bonne chose que les « différents acteurs » aient une grille de lecture parcellaire, et que cela même entende la nécessité d’un rapport de forces et de sa mise en scène. A première vue, c’est ainsi que la démocratie se fait… pour peu que les rapports de forces (les conflits) soient mis en scène dans le débat public, et non pas occultés.
On peut dire qu’un grand risque se produit lorsque l’on en vient à ne plus admettre que ce rapport de forces dans la négociation des salaires est une chose tout à fait essentielle, qu’il faut respecter, et… rendre possible. Quand Hayeck « prescrivit » qu’il faut en finir avec le pouvoir des syndicats, je crains que l’idéologue n’ait fait une sorte de prophétie autoréalisatrice, si on compte que ce sont les bouleversements structurels – la compta, comme les décideurs politiques et les IFI, fait partie des structures – qui se sont chargées d’appliquer « l’ordre ».)
Il semble presque anodin aujourd’hui de dire que les syndicats ont été rendus structurellement impuissants : quand les donneurs d’ordre concentrent quasiment toute la production des « fournisseurs » et sont dirigés eux mêmes par des actionnaires implacables et invisibles, il n’est pas étonnant que les salariés des petites entreprises désertent des syndicats qui ne peuvent plus rien pour eux ou presque (dans « le diviser pour mieux régner », la division se fait déjà dans la mise en concurrence farouche des fournisseurs) et que les syndicats soient nettement impuissants eux-mêmes dans les grandes entreprises, face au chantage à l’action qui plonge quand un grand actionnaire met les siennes en vente.
(Il faudrait vraiment, déjà, que les syndicats et chacun cessent de continuer à parler de « patronat »).
Sans vouloir résumer le livre de Vincent de Gaullejac (qu’il faut lire), on y comprend notamment une chose, à part le rappel que je viens de faire, évoqué presque aussi brièvement : l’idéologie (le discours) managérial(e) (qui fut et est développée en premier lieu aux Etat-unis, cela ne surprendra personne) a pour rôle essentiel de faire paraître normale une situation où la volonté des actionnaires désimpliqués (et des managers qui l’appliquent) est la seule qui existe dans la gestion des « ressources humaines ». Le rapport de forces avec les salariés n’y existe pas, pas plus que les contraintes incompatibles que peuvent subir les exécutants face à la grille QCDP comme aux réalités de leurs tâches.
En passant, il n’est pas inutile de souligner un point comptable : lorsqu’une activité est « externalisée » (passée en sous-traitance), le bilan comptable n’inclut jamais les « ressources » (notamment humaines) nécessaires à assurer l’interface. Nous avons là un bel exemple de « compression » du travail (qui doit bien être fait, lui, mais avec moins de moyens – la pérennisation des métiers dans les activités « délocalisées » mais devant être suivies par le donneur d’ordre est un aspect) qui se traduit sur la feuille de compte des décideurs, au moment de décider, par une rentabilité apparente surestimée.
Pour rappel, article 8 du Préambule de 1946, intégré à l’actuelle constitution française :
« Tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises. »
Suite à une petite conversation avec Etienne, il me semble qu’il faut préciser quel est le type de bilan dont on parle :
- si, comme c’est le cas dans le message de GM, on a dans la colonne « débit » de l’entreprise un total de salaires (et cotisations sociales patronales) versés sur une durée donnée (un an, par exemple), alors ce qu’on pourrait mettre en face, dans la colonne « crédit », c’est le « produit de la force de travail » des salariés sur cette durée (année) ;
- on peut aussi parler, comme dit Etienne, de la « valeur des salariés », valeur intrinsèque indépendante du travail effectivement produit et de la durée du compte. Mais alors, à supposer qu’on puisse l’évaluer : d’une, on ne peut pas la mettre dans le même tableau (ce ne serait pas une « grandeur homogène ») ; de deux, il n’y a pas non plus à la mettre au bilan des actifs de l’entreprise, car les salariés ne sont pas sa propriété, seul le produit (marchand, voire aussi comportemental) de leur travail l’est, et celui-ci le devient car il est vendu par le salarié à l’entreprise, contre salaire (marxistes comme libéraux dignes de ce nom me semblent d’accord sur ce point, et même si les marxistes iront déplorer cet état de fait, le salariat, s’il y a salariat, tel est le deal.)
Mais la notion dont parle Etienne, qu’est la « valeur du salarié », renvoie à un autre problème comptable : lorqu’une entreprise se déclare non rentable, déficitaire, et met la clef sous la porte, ou fait le même raisonnement pour une des ses activités particulières, pour la fermer, pour l’externaliser ou pour la délocaliser, alors si on s’arrête à ce bilan comptable et qu’on suppose que les décideurs s’en contentent volontiers, elle décide indépendamment du nombre et de la valeur des emplois concernés par la restructuration (la liquidation). Le « darwinisme économique » est un postulat qui se discute, dans le contrat social, et rien ne force l’Etat à accepter cela comme une fatalité.
Même les libéraux classiques admettent qu’un service utile à la société doive subsister comme service public s’il n’est pas rentable pour un ou plusieurs investisseur(s) (plutôt d’ailleurs que se faire subventionner en restant dans le circuit du marché, pour cause de distorsion de concurrence). Mais dans ces « dérogations libérales », seuls des produits sont pris en compte (même si c’est indirectement l’intérêt des humains qui est en jeu), pas l’intérêt des humains de garder leur travail s’il leur convient (travail qui d’ialleurs est souvent utile, et même rentable… les résults d’une mauvaise gestion… centralisée sont souvent indépendants du travail fourni par la majorité des salariés), et pour qui le travail représente bien plus que le salaire qu’ils en tirent. (1)
Ainsi, si de manière privée, l’entreprise ne doit pas porter la « valeur des salariés », qu’elle ne possède pas, comme actifs, au moment où une décision globale de restructuration ou de liquidation est prise par « l’entreprise » (cf. article 8 du Préambule de 1946), je pense qu’une autre forme de comptabilité sur les « actifs » de l’entreprise doit être prise en compte pour la décision, laquelle entreprise n’est alors plus prise comme la même notion que celle qu’on considère lorsqu’on parle par exemple de ses actifs (vendables), mais prise en partie comme somme d’intérêts particuliers des travailleurs. (2)
Sans perdre de vue l’essentiel, j’ajouterai que lorsqu’une entreprise est liquidée ou restructurée, ses actifs que sont par exemple la propriété de locaux devraient (suivant les cas) être considérés comme propriété plus ou moins importante des salariés eux-mêmes. Nous n’en sommes décidément pas là : au présent, des entreprises qui rachètent d’autres entreprises ont pris l’habitude de reporter sur ces dernières les dettes qu’elles ont contractées pour l’acheter…
(1) Extrait de l’œuvre d’Hannah Arendt, Le système totalitaire, p 306 éd. Le Seuil, 2002 :
« Dans un monde où les valeurs majeures sont dictées par le travail, … où toutes les activités humaines ont été transformées en travail, seul demeure le pur effort du travail, autrement dit l’effort pour se maintenir en vie, et le rapport au monde comme création humaine est brisé. L’homme isolé qui a perdu sa place dans le domaine politique de l’action est tout autant exclu du monde des choses, s’il n’est plus reconnu comme homo faber, mais seulement comme un animal laborans, dont le nécessaire « métabolisme naturel » n’est un sujet de préoccupation pour personne. Alors l’isolement devient désolation. … Une tyrannie sur les « travailleurs », comme par exemple le pouvoir sur les esclaves dans l’Antiquité … tendrait à être totalitaire. »
(2) Une remarque encore pour Etienne : si tu parles des disparités entre salariés de même expérience, diplôme, poste, au plan de l’effort qu’ils donnent, de leurs compétences réelles déployées, … tu parles déjà nécessairement du produit de leur travail, et non pas de « valeur intrinsèque des salariés » : des compétences non déployées et des efforts non manifestés ne valent rien, en tout cas pour l’entreprise. Dans tous les cas, ce qui appartient à l’entreprise et peut fgurer dans ses divers bilans comptables n’est que le produit d’un travail effectivement fourni… et vendu à elle (donc le salaire reste l’indicateur de cette valeur).
Bonjour
J’ai lu rapidement ce long débat et sans vouloir m’y immiscer (pas assez de disponibilités, hélas), je voudrais vous présenter l’idée développée sur http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=EMS-4p concernant « l’introduction d’un espace économique nouveau, (complémentaire à l’espace économique existant) que nous appelons « EMS » (Entreprise à Mandat Sociétal). Son originalité ? Sa vocation n’est pas la recherche du profit financier mais celle du « bénéfice sociétal
La vocation de l’EMS : résoudre, indifféremment de leur coût, les problèmes humains et écologiques que la seule logique capitaliste libérale est incapable de traiter, et orienter les modes de production et de vie vers un modèle soutenable au niveau planétaire. »
Ce que nous avons appelé EMS ne serait-il pas la 3° voie que nous recherchons tous et qui permettrait de sortir de ce débat concernant la « présentation comptable » ?
Sociétalement
AJH
Bonjour à tous,
Je suis agréablement surpris de vos contributions, à la fois variées et intéressantes.
Je ne pourrai pas réagir à toutes, faute de temps et de limite de mes compétences.
Par plusieurs fois il a été fait la remarque que les salariés ne sont pas la propriété de l’entreprise, ce qui légitimerait qu’ils n,‘apparaissent pas au bilan…
C’est exact et justifierait qu’on ne puisse pas porter le montant global des salaires au bilan.
Et pas tout à fait vrai. Le contrat de travail subordonne le salarié à l’entreprise. Si on considère les clauses de non concurrence, on voit que ce lien peut perdurer alors même que le salarié n’est plus membre de l’entreprise…
En outre, figurent au bilan non seulement les éléments structurels dont l’entreprise est propriétaires, mais aussi des éléments dont elle peut jouir sur la durée sans en être propriétaire, des brevets, des emprunts à long terme, des comptes courants d’associés (quasi fonds propres)…
Techniquement, je ne vois pas d’interdiction de valoriser le capital humain de l’entreprise et de l’inscrire en haut de bilan.
Mais il y a une autre façon d’entendre vos remarques : suivant quelle légitimité l’entreprise valoriserait-elle son bilan « humain » ?
La question reste ouverte. J’ai lancé ce débat pour approfondir ma réflexion. Mais on peut émettre quelques pistes à creuser. Comme je l’ai dit plus haut, il existe un lien entre l’entreprise et le salarié qui a un sens économique (et comptable) : c’est le contrat de travail. Ce lien n’a pas la même valeur suivant la nature de ce contrat. On ne saurait valoriser à la même hauteur les compétences d’un salarié suivant que sa contribution au développement de l’entreprise est pérennisée au travers d’un contrat à durée indéterminée, d’un contrat de chantier ou d’un CNE.
Juste pour illustrer mon propos, admettons que l’on prenne le salaire brut (SB) comme élément de référence pour inscription au bilan. On pourrait imaginer de pondérer cet élément d’un coefficient représentatif du lien pérennisant la collaboration du salarié à l’entreprise :
Ainsi ou aurait une certaine représentation de la consistance de la cohésion sociale de l’entreprise.
D’autres éléments sont à prendre en compte, à mon avis. Comme le souligne Sam17, les compétences intrinsèques des hommes (et bien sûr des femmes) sont rarement exploités (au sens noble). Ainsi la formation continue, dans les grandes entreprises, représenterait moins de 5 minutes par jour et par salarié, si elle était uniformément répartie. Soit moins qu’une pause café. L’effort de l’entreprise à former son personnel, à le maintenir à un niveau de qualification élevé, pourrait entrer dans la base de valorisation du capital humain de l’entreprise.
L’intervention d’ AJ Holbecq me fait penser à une émission que j’ai entendue sur France Inter, avant les vacances, sur le PID (Produit Intérieur Doux). Il existe un site, mais je n’ai pas l’adresse sous la main. L’objectif, au niveau national, est de faire prendre en compte des valeurs sociétales dans les richesses d’un pays (la protection sociale, la richesse associative, la douceur de vivre…).
Pourquoi ne pas intégrer de telles valeurs dans au bilan de l’entreprise. La présence d’une crèche au sein d’une entreprise est un plus pour la vie de l’entreprise Les DRH savent faire valoir un tel argument pour recruter des jeunes actifs.
Mais à travers cet élément d’appréciation, c’est le climat social, sa cohésion, qui apporte un bonus ou un malus, à l’Actif de l’entreprise.
Est-ce idiot ?
Je suis obligé d’en rester là ce soir. Je tâcherai de compléter mes propos plus rapidement que je ne l’ai fait ici.
Désolé Vladimir, je n’ai pas bien saisi la notion de production alternative. Peux-tu développer ?
L’émission « Le bien commun » est-elle hebdomadaire ? Je ne pourrai pas écouter samedi, je suis pris le matin. La semaine suivante peut-être.
Amicalement.
GM
« Fichu préambule de 1946… »
« brûlot. Lecture hautement recommandée. »
http://www.lesechos.fr/info/analyses/4507976.htm
Proposition personnelle :
Un principe général simple et robuste, pour refonder la fiscalité et rétablir un protectionnisme sur la base d’un objectif de commerce équitable.
Je la livre ici avec très peu de commentaires, j’en aurais trop à faire. J’espère que la discussion en apportera.
Pondérer l’ensemble de la fiscalité sur les entreprises en proportion des inégalités individuelles qu’elles mettent en jeu.
1) Les impôts appliqués à toute entreprise sont proportionnés à deux mesures d’inégalités individuelles de rémunération mises en jeu par l’entreprise :
– (a) la dispersion des rémunérations horaires individuelles brutes du travail ;
– (b) la proportion des bénéfices versée en dividendes.
2) La pondération fiscale s’applique :
– à toute entreprise, nationale, étrangère ou transnationale mettant en jeu les ressortissants de l’État, même au titre de simples consommateurs ;
– à l’ensemble des impôts de toute nature, directs ou indirects, couvrant toute l’assiette fiscale définie pour chaque entreprise.
3) Si l’entreprise concernée par l’impôt achète les services, de nature quelconque, d’une autre entreprise, les mesures d’inégalités individuelles (a) et (b) sont effectuées pour tous ses fournisseurs :
– elles sont relevées séparément pour chacune de ces entreprises ;
– les valeurs (a) et (b) retenues pour la pondération fiscale de l’entreprise imposée effectivement sont obtenues en moyennant respectivement les contributions des mesures (a) et (b) caractérisant chacune de ces entreprises, rapportées à la proportion du chiffre d’affaires réalisé par la sous-traitance concernée à chaque échelon.
L’accès des produits d’une entreprise au marché intérieur est conditionné par la transparence sur les informations requises pour les mesures d’inégalités concernées, le cas échéant pour l’ensemble des entreprises sous-traitantes, quel que soit l’échelon de la chaîne client final – fournisseurs.
4) Le calcul des mesures d’inégalités individuelles (a) et (b) est réalisé par un nouvel organe institutionnel de contrôle de l’information économique, statutairement indépendant.
Les informations lui sont apportées par la contribution des syndicats (y compris étrangers) et par toute personne librement.
5) Le niveau final de la pondération fiscale est fixé par le Parlement, par le biais de deux facteurs (x) et (y) appliqués respectivement sur les deux mesures (a) et (b).
La pondération fiscale effectivement appliquée à toute entreprise, quelle que soit sa domiciliation, sa taille et son domaine d’activité. vaut : f = a x + b y
Notes :
Cette proposition a une dimension constitutionnelle. Elle vise en particulier une application à l’échelle de l’UE.
L’impôt est ainsi refondé intégralement sur les individus, ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être.
L’extension hors des frontières des mesures d’inégalités concernées est indispensable, faute de quoi la mesure serait évidemment perverse. Mais une fois posé comme cela, on pourrait attendre de ce principe de réelles vertus mondialistes (pas besoin d’en passer par là pour poser que, sans une telle transparence, l’invocation du commerce équitable ne vaut rien.)
Quant à la transparence sur les flux de capitaux, on notera qu’elle n’est pas exigée ici. Le principe repose sur la responsabilisation des divers acteurs de l’entreprise, qui n’est pas vaine, puisque cette mesure fiscale protège les entreprises du chantage actionarial et du dumping fiscal, qui ne tient pas si, justement, on sait toucher les capitaux et décourager d’en jouer autant ceux qui entrent que ceux qui sortent.
Sur la mesure (a) :
– dispersion : plus précisément : l’écart-type des revenus rapporté à la moyenne ;
– elle inclut les divers types de rémunération effectives du travail. Éventuellement par octroi d’actions, non pas par versement de dividendes sur des actions déjà possédées par le salarié : ces dividendes ne sont pas une rémunération du travail, et elles entrent dans le calcul de la seconde catégorie, (b).
Le Parlement reste le décideur du volume de l’impôt, et de la proportion de l’impôt qui est prélevé sur les entreprises (au sens large). Mais, quelle que soit la majorité parlementaire :
– tous les types d’impôts appliqués aux entreprises restent proportionnels aux inégalités individuelles concernées ;
– les poids (x) et (y) fixés par le Parlement sont identiques pour toute entreprise.
FAQ (1)
Sur ma proposition de pondération fiscale, j’ai reçu par voix privée plusieurs remarques, auxquelles je réponds ici.
« Comment percevoir cet impôt sur des entreprises étrangères ? Elles ne déclarent pas de bénéfices en France. »
On ne percevra pas d’impôt sur les entreprises étrangères. De quel droit le ferait-on ? Ou alors c’est une barrière douanière, un impôt sur leurs produits. Si on réinstaure des barrières douanières, alors elles seront pondérées aussi, mais je ne prédéfinis nulle part l’assiette fiscale. Je me contente de poser que tous les impôts sur les entreprises sont pondérés sur la base du même critère.
Je ne crée aucun impôt nouveau, je m’en tiens à pondérer les impôts existants. Ne sont donc concernés que les « unités économiques » que l’Etat est en droit d’imposer (dans le contexte où ça s’applique). Et parmi ces unités « ressortissantes », mon idée ne concerne que les entreprises.
« Il faudrait un système économique et statistique fermé pour appliquer cela. »
Non, cela n’exige pas un système confiné au sein d’un Etat, ni au sens des échanges économiques ni au sens de la transparence statistique garantie de droit.
C’est d’ailleurs justement pour un contexte mondialisé que j’ai imaginé cette proposition. Je ferais observer que dans un système économique confiné à l’échelle de l’Etat, l’impôt individuel suffit à pénaliser les inégalités individuelles à toute échelle (dans tout échantillon statistique), donc notamment au sein d’une entreprise. Ce qui ne marche plus, dans le contexte actuel, justement car il est impossible de toucher par la fiscalité certains des acteurs de l’entreprise. D’où une situation de chantage financier permanent, sur fond de dumping social.
On ne taxe pas les actionnaires (directement) par le biais de cette mesure, mais pourtant on les atteint indirectement. Là aussi, rien n’empêche de les taxer par ailleurs, mais ce sera indépendant de cette mesure ; et ce sera un impôt individuel, non pas sur les entreprises, pour les « ressortissants » (personnes morales ou physiques).
Il s’agira justement de taxer les bénéfices des actionnaires ressortissants (de taxer tout dividende comme un revenu – impôt progressif). Car sinon, il vont aller investir essentiellement ailleurs, avec ce que je propose de mettre en place. Il me faut donc ajouter cette proposition, c’est au présent, la seule qu’il me semble indispensable d’apposer.
Quant aux actionnaires étrangers, ils seraient touchés essentiellement par le fait que les entreprises de chez nous ne leur verseront pas assez de dividendes à leur goût, vu ce qu’ils trouveront ailleurs. Donc soit ils s’en contenteront, soit ils iront uniquement investir ailleurs (ça ne tiendra pas longtemps). Et c’est tant mieux. Un Etat n’a jamais besoin d’attirer des capitaux, c’est une denrée artificielle qu’il peut aussi bien créer lui même. Tant qu’elle a des bras, des matières premières et de l’énergie, son économie ne peut pas être paralysée par un manque de capitaux, le capital ne pèse que suivant le régime qui le rémunère. Un Etat a tout intérêt à se priver (progressivement) des capitaux les plus exigeants en matière de profit, et cela favorise en retour toute nation qui profiterait de cette réforme faite dans un espace comme l’UE, vu son poids économique et son niveau de développement. Pour cela, il faut et il suffit de couper court à ce qui impose le chantage financier et le dumping social.
Notons que nulle part, dans cette idée, on ne s’oppose à la libre circulation des capitaux, pas plus qu’à l’AGCS (puisqu’on on n’établit aucune discrimination en fonction du pays, du type de service ou de production concerné, ni même de limite à la libéralisation). Ce principe situe ailleurs des facteurs susceptibles d’enclencher une boucle vertueuse.
Sur la question de la transparence statistique, ensuite : elle amène vers un point fondamental, que je reprends plus longuement, dans un autre message.
FAQ (2)
« Comment exiger des entreprises étrangères la transparence comptable spécifiquement requise (les deux données concernées, a et b – voir énoncé de la proposition, ci-dessus) ? »
Il faut savoir ce qu’on entend par « exiger », voir comment on peut « contraindre » en pratique « les entreprises » non ressortissantes à fournir les informations exigées, et ne pas réduire cette contrainte au droit, mais tenir compte d’un rapport de forces économiques et sociales, agissant à divers niveaux. Il faut se projeter dans le contexte qu’apporterait cette mesure et examiner le nouvel équilibre des rapports de force.
L’Etat n’a ni le pouvoir ni la légitimité pour imposer aux entreprises étrangères, en tant que personnes morales, de lui fournir les informations demandées. Mais il n’est pas forcé non plus à commercer avec elles s’il jugent qu’elles ne sont pas conformes à son droit. Quand on pose des règles sanitaires, on n’impose pas aux étrangers de les appliquer, mais les y force en conditionnant l’importation de leurs produits à des garanties, et pour commencer, à des mesures, des certifications. Là, c’est pareil.
Par ailleurs, je n’ai pas écrit que l’Etat s’en remettrait à la voix officielle de « l’entreprise » (étrangère), en tant que personne morale, mais qu’il s’appuiera sur une information fournie librement (spontanément) par des individus, et des syndicats.
Il ne s’agit pas de ne s’en remettre à une seule poignée de décideurs, à la seule voix officielle de la personne morale (juridique) qu’est l’entreprise, et à la seule entreprise directement touchée par l’impôt. Il s’agit de compter sur tous les acteurs de l’entreprise, dans toute la chaîne client-fournisseurs, et sur des volontés et des voix spontanées, qu’on permettra d’être intéressées individuellement à contribuer, dans une « entreprise » dont les forces antagonistes trouvent toutes des appuis réels.
A chacun des membres de l’entreprise touchée par l’impôt, et aux syndicats en particulier, de contribuer à exiger que les inégalités pénalisées soient le plus faibles possible, de faire qu’un équilibre se trouve, et qu’on traite avec les sous-traitants les plus équitables, donc de payer un peu plus cher (?) un service qui leur permettra de payer moins d’impôts, de n’aller sous-traiter à l’étranger que pour des raisons qui ne tiennent pas au dumping social, de ne se plier aux exigences des actionnaires que modérément, puisqu’on permet à une force antagoniste de se constituer comme protectrice de la santé économique de l’entreprise.
__
Ce qui fait que les syndicats, les salariés ne peuvent plus se battre ? Le duo : dumping social (et fiscal, écologique,…) / ce chantage actionnarial (et financier, banquier). Or la mesure permet précisément de pénaliser ces éléments, et instaure par là un équilibre.__ Si « l’entreprise » fait front, donc s’il s’établit un vrai « dialogue social » (et une vraie part de cogestion dans les décisions touchant tant la politique salariale que les choix de sous-traitance, de distribution des tâches, de regroupement / séparations d’activités, …) elle se voit récompensée sur le plan fiscal et sa santé à moyen terme est ainsi déterminée par un équilibre entre le poids de l’impôt, l’attraction de capitaux, la motivation des salariés, …
Note : à la limite, si les gens investissent sans demander aucun bénéfice (par passion ; apport privé et spontané à un service d’intérêt général, …) et si tous les salaires sont égaux, l’entreprise « libertaire » paye 0 d’impôt, sous toutes ses formes. Mais il y aura plein de secteurs où cette limite ne sera pas envisageable : soit, il s’agira de trouver le compromis, mais un compromis alors négocié par toutes les parties.
Evidemment, il y aura des contradictions sur les données fournies, concernant les deux mesures d’inégalités exigées. Mais même en dernier recours, si l’état des comptes requis est l’objet de controverses, on peut imaginer d’aller jusqu’à exiger une « mission d’enquête », posant que si elle est rejetée, les produits, services, de l’entreprises étrangères ne sont pas revendables en France (Europe). Ce qui veut dire que l’entreprise cliente, « ressortissante », ne peut plus travailler avec ce sous-traitant : elle peut le faire, mais elle ne pourra pas vendre ses produits, elle payera des amendes prohibitives, … Tant le client que le fournisseur auront intérêt à se débrouiller. Et c’est pourquoi les pouvoirs publics de l’Etat ne seront pas souvent forcés d’aller jusqu’à des extrémités. Rien qu’au niveau officiel (instances dirigeantes) des entreprises, il y aura donc nécessité de s’entendre, mais ce n’est là qu’un des éléments du processus, qui servira à donner des moyens de communication et qui seul permettra d’imposer une convergence entre les données des divers interlocuteurs, mais les principales forces ne se situent pas là.
Il faut voir que tant dans les entreprises clientes frappées par certains types d’impôts pondérés que dans chez leurs fournisseurs de l’étranger, une multitude de gens sera disposée à communiquer, voire à dénoncer les fausses informations données par les instances dirigeantes de l’entreprise, … Ce seront les plus défavorisés, et donc les plus à même de profiter d’un système favorisant le commerce équitable. A tous niveau, on trouvera ainsi des volontés et des forces individuelles et collectives, et c’est essentiellement sur elles qu’on comptera. Puisque leur pouvoir d’achat, leur pouvoir gestionnaire de salarié, de parole, de négociation seront en jeu.… de même que les vivres de l’entreprise (ses débouchés commerciaux). Et cela encouragera une collaboration syndicale internationale, facteur essentiel de lutte sociale – dans l’entreprise – pour l’avenir.
« La contribution des syndicats étrangers me semble difficile. »
Si on parle d’exiger des communications officielles, je reprécise que ce n’est pas du tout ce qui est recquis. Un syndicat reste d’ailleurs un contre pouvoir, et un porte parole, et c’est justement sa fonction dont j’use . Et que je prétends même renforcer, refonder : si on parle de rapport de force inégal dans une mondialisation sans frein, en jugeant de la difficulté, c’est raisonner en statique, et la mesure permet précisément d’apporter l’équilibre nécessaire. La contribution des syndicats (y compris étrangers) sera favorisée parce que la mesure donnera un débouché à leur parole et à leur poids dans les négociations à tous niveaux géographiques, parce qu’en définitive on tape au portefeuille celui qui est sensible à cet aspect, en le forçant à considérer, dans son intérêt aussi, cette part du rapport de forces.
Prenons un Etat où les sydicats sont interdits, de fait ou de droit, il y a deux manières de voir les choses : en statique, ses entreprises ne feront sans doute presque plus d’affaires avec l’Europe ; en dynamique, la mesure que l’UE aura instaurée va donner un réel encouragement, dans ce pays, tant au développement du syndicalisme qu’à celui des autres bases de la protection sociale. Puisque l’UE se protègerait du dumping social, cette logique ne payerait plus avec l’UE, qui a un poids économique majeur.
« Oh les belles courbes… »
http://www.intox2007.info/index.php?post/2008/07/14/Oh-les-belles-courbes