Commentaire :
Un SMIC annuel coûte environ 22 000 € par an à l’employeur, charges comprises (8 €/h x 156 h/mois x 12 mois/an x 1,45).
Avec 30 milliards d’euros, on pourrait payer 1,3 millions de SMIC pendant un an… et on ne parle ici que des dividendes de quarante entreprises…
Quand va-t-on réaliser l’incroyable ponction sur les richesses qu’imposent les rentiers à toute la société et en tirer les conséquences d’ordre public ?
Est-il farfelu de voir une relation directe entre, d’un côté, cette confiscation massive des richesses créées et, de l’autre, la « pauvreté » relative des entreprises qui n’ont plus de quoi embaucher, plus de quoi payer correctement leurs fournisseurs qui eux-mêmes doivent étrangler leurs propres salariés pour survivre, plus de quoi améliorer les salaires, les conditions de travail, etc. ?
Pourquoi ceux qui travaillent doivent-ils se laisser racketter par ceux qui ne font rien d’autre que regarder grossir leur tas d’or par le seul mérite d’être riches ?
Après une vie de réflexion, Keynes résumait l’essentiel de l’essentiel : « il faut euthanasier le rentier ».

30 milliards d’euros c’est aussi le quart du budget de l’éducation, ou du rendement de la TVA. C’est le triple du trou de la sécu. C’est 600 euros par habitant (un vrai impôt).
Il y a un autre 30 milliards d’euros que j’aime bien : c’est le chiffre d’affaires du secteur publicitaire (que nous payons tous dans nos achats).
Il ne faut pas confondre l’actionnaire et le rentier : certains actionnaires le sont, mais le vrai métier d’actionnaire, c’est la prise de pouvoir. L’enjeu, c’est le pouvoir.
Un jour, le corps social s’est débarrassé du système féodal, puis de la monarchie. Encore un petit effort, et le capitalisme aura du mal à cacher ce qu’il est réellement.
J’oubliais : 30 milliards d’euros, c’est 600 euros par habitant, mais par actif, deux fois plus ! C’est à dire en moyenne un smic mensuel. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’on bosse un mois sur douze pour nos seigneurs, si vous l’avez pensé c’est très mal ! De toute façon, avec tout ce qu’on gaspille, on peut se permettre de jeter notre temps au Caca-Rente !
« Les actionnaires des entreprises du CAC 40 »
Ça fait combien d’actionnaires en gros ?
Il faut savoir (chiffre à vérifier, entendu à la radio) que 60% du PIB en France tourne autour des marchés publics…
Donc de nos impôts…
Pourquoi ne pourrait-on pas instaurer sur les dépenses publiques un minima d’investissement dans le tissus économique local.
Exe : Les marchés de restauration collective : cantines scolaires, hôpitaux publics … une cantine payée par les mairies est certes « plus chère » mais peut faire travailler les fournisseurs du coin (boulangers, maraîchers, bouchers…) et offrir des emplois stables…
Quand on voit les efforts réalisés par notre gouvernement pour faire démanteler le Clémenceau loiiiiin de chez nous… je crois que ce n’est pas demain que la préférence nationale va resurgir.
Dès qu’on parle d’une telle possibilité, « on » parle de contradiction avec l’idéal européen (libéralisation obligée), et « on » dit que c’est nul et que c’est bêtement faire preuve de patriotisme, valeur ringarde et dangereuse, un peu comme le populisme. Après toutes ces critiques, j’vois pas comment on pourrait encore oser dire que les dépenses publiques devraient être réalisées en priorité auprès de sociétés proches de chez nous faisant travailler des gens proches de chez nous.
C’est étonnant comme le débat « national » est finalement au ras des paquerettes.
Désolés mes amis, mais vous ne prenez en ligne que les bénéfices des entreprises du CAC 40, sans prendre en considération la prise de valeur des actions du CAC 40, ce qui représente des sommes considérablement plus importantes (dans les 170 milliards d’euros), même si on prend en considération les prélevements que prennent les impôts à la revente de ces titres.
Une des façons de remercier les actionnaires, c’est également de faire monter la valeur de leurs porte-feuilles. C’est d’ailleurs un moyen beaucoup plus « liquide » de prendre « ses » bénéfices pour les actionnaires que d’attendre un dividende annuel.
Le regard sur les seuls bénéfices est maintenant largement insuffisant pour apprécier la progression des revenus liés aux entreprises du CAC 40.
La fluidité de ces valeurs, le fait que les groupes du CAC 40 soient pour l’essentiel des groupes financiers et industriels géants internationaux rend extrêmement difficile un contrôle des gains réellement opérés par ceux-ci (ce qui rajoute des « choses » aux bénéfices et à la prise de valeurs des actions).
D’ailleurs, au-delà de la parole officielle et judiciaire, tracer tout ce qui se passe dans un groupe mondial n’est pas affaire publique, du moins cette transparence est affaire à venir, si on le veut bien.
L’affaiblissement du lien au territoire des grands groupes (c’est également le cas ailleurs) rend également plus aisé et moins difficile moralement des habitudes d’exfiltration des gains opérés (relisons le TCE sur la « liberté » de circulation des capitaux entre l’UE et le reste du monde.….).
La mondialisation des grands groupes (dont ceux du CAC 40 ou d’autres grandes bourses) sans la contrepartie d’une régulation de même échelle, de contrôle par la voie d’impôts à même échelle, accentue les inégalités des revenus partout dans le monde .
Par ailleurs, dans l’UE, la possibilité d’un dumping fiscal est un gros moteur d’inégalités (le siège d’Arcelor.….).
Ces défis, au-delà des postures morales qu’on peut avoir (et que je connais également), nécessitent un tout autre regard sur les moyens, pour une collectivité donnée, de récupérer un impôt légitime.
Et là, je donne ma langue au chat.
Copas
l’ONU devrait devenir le contre-pouvoir mondial à opposer au super-pouvoir des firmes transnationales.
l’OMC devrait être mise sous le contrôle de l’ONU et sous le regard vigilant des ONG.
Une constitution mondiale devrait être construite par les citoyens du monde pour garantir des « droits du citoyen de cette planète » à tout être humain.
La Banque mondiale serait soumise au contrôle citoyen via des organismes ONUSIENS, et ses choix de gestion discutés au grand jour.
Le FMI devrait être soustrait à l’hégémonie capitaliste et obéir à des critères ONUSIENS pour éradiquer la misère, le surrendettement et favoriser les coopérations internationales équitables, le fameux « codéveloppement », qui pour l’instant n’est encore qu’un est un beau mot nouveau, pour ceux qui méprisent le genre humain, mais qui déjà signifie une autre façon d’envisager la « globalisation », pour les « altermondialistes » et autres « grains de sable » du système actuel…
La planète, si c’est « un village », il faut la gérer aussi démocratiquement qu’un village.
…Dommage pour le cac 40 : il arrive avec les autres manifestations du « marché financier » , exactement au rendez-vous du non-sens planétaire.
Pourtant c’était « un jeu nécessaire », je vous assure !
Il fallait bien que les plus chanceux s’enrichissent pour qu’on y arrive enfin, à cet état « supérieur » du monde !
Bonjour Olga
Je vous retrouve avec plaisir sur le blog. Et pas seulement parce que nous partageons pas mal d’idées communes.
Je ne peux qu’être d’accord avec votre vision. Je voudrais ajouter 2 ou 3 petites choses :
Pour remplir les objectifs du millénaire, à savoir éradiquer de moitié la pauvreté d’ici 2015, une contribution de 100 milliards de dollars par an versée par la communauté internationale était jugée nécessaire. Or nous n’en sommes qu’à un peu plus de 60 !!
Selon l’association » tax justice network » qui lutte contre les paradis fiscaux, le montant des actifs déposés dans ces centres offshore serait de 5000 milliards de dollars, évidemment ce n’est qu’une approximation, mais quand même.
Une fiscalité mondiale doit faire contre poids à la mondialisation néolibérale. Personne n’ignore que les multinationales profitent de leur poids, de leur influence, pour imposer des conditions fiscales et sociales très favorables à leurs établissements dans les pays en voie de développement. Des taxes globales apparaissent nécessaires, d’autant plus qu’une harmonisation fiscale planétaire n’est pas pour demain !
Cordialement
À defaut d’une ONU levant un impôt (nous n’y sommes pas encore), on pourrait déjà demander à ce que les dirigeants de la BCE et les négociateurs à l’OMC de l’UE soient élus au suffrage universel par les Européens car ces gens ont un pouvoir énorme, bien plus que bien des élus directs…
Donc je serai pour l’élection des
Cop.
Je viens d’apprendre la fusion de SUEZ et de GAZ DE FRANCE.
Cela signifie, à n’en pas douter une cession prochaine des parts de l’État dans Gaz de France, on va encore vendre des bijoux de famille !! Gaz de France fait partie d’un secteur stratégique pour l’État, M. de Villepin où en êtes-vous avec le patriotisme économique ??
Par ailleurs, cela laisse entrevoir des profits boursiers importants pour les acquéreurs d’actions de ce futur groupe intégré. Et bien sûr, dans cette histoire la création d’emplois sera aux abonnés absents !! Au contraire des rapprochements de sociétés amènent souvent des dégraissages.
L’accumulation d’actions est le nouveau veau d’or de l’humanité, malheureusement ces périodes d’idolatrie pour de la richesse qui ne repose que sur la spéculation est le signe avant coureur d’une grave crise, que j’espère non violente.
La France exporte deux choses
- les jeunes diplômés, qui vont en Angleterre.
- les riches qui vont en Suisse, en Belgique ou ailleurs.
Bientôt, on aura le PIB de la Roumanie.
Il faut que la France soit attractive pour les cerveaux et les capitaux. Avec vos réflexions purement théoriques, elle l’est de moins en moins.
David,
Pouvez-vous m’indiquer sur quelles études vous vous basez pour indiquer que les jeunes diplômés français vont en Grande-Bretagne ?
À part les chiffres mensongers fournis par le Figaro et repris sans vérification par une série de propagandistes, indiquant que 300 000 Français travaillaient à Londres alors que les chiffres disponibles réels indiquent que 212 000 Français résident sur l’ensemble du territoire britannique (résident ! et sur l’ensemble de la Grande-Bretagne ! ).
Voir cet excellent blog :
http://ceteris-paribus.blogspot.com/2006/03/ils-partirent-cinq-cents.html
Par exemple, d’après vous, quel est le pays qui attire le plus de jeunes étrangers diplômés entre la Grande-Bretagne et la France ?
Ce serait un bon élément pour évaluer si la France attire plus ou moins de gens qualifiés que la Grande-Bretagne par exemple.
Également, pouvez-vous m’indiquer si les travailleurs français sont + ou – productifs (richesses produites comparées aux salaires, charges comprises) que les autres grands pays « riches » (par exemple en comparant avec la Grande-Bretagne) ?
Depuis quand ? L’évolution ?
Pouvez-vous m’indiquer si la France est attractive ou pas pour les capitaux étangers ? Et son classement comparé aux autres grands États « riches » ?
Et depuis combien de temps ?
Ces questions aideraient à avancer dans la compréhension d’un état des lieux et les dérives auquelles il convient de porter remède.
Je vous concède qu’un certain nombre de personnes, enrichies par ce pays, ne se sentent plus tenues d’aucune responsabilité par rapport au territoire, au point de pratiquer ce que ne peuvent faire les citoyens ordinaires, c’est-à-dire frauder très largement, légalement et illégalement au besoin, pour exfiltrer des richesses produites, d’une façon abusive.
Et là, c’est vrai, c’est un problème réel de délinquance nécessitant la coopération des peuples afin d’y mettre bon ordre, et non de s’engager dans un dumping fiscal destructeur qui consisterait à exonérer de plus en plus de l’impôt les plus riches et de ne pas les pousser à un partage plus équitable des richesses produites.
Copas
Pour les expatriations, c’est du vécu.
Prenez l’air du temps à la sortie des grandes écoles : vous saurez que les jeunes des promos récentes gagnent plus en Angleterre qu’en France, et ont surtout des possibilités d’évolution plus rapides.
Prenez l’air à la sortie des laboratoires de recherche français : vous saurez que les jeunes docteurs partent en Angleterre ou aux États-Unis, et qu’en France il n’y a pas de travail pour eux.
Prenez l’air à l’ANPE, vous saurez que la taux de chômage des jeunes de moins de 26 ans est de 25 %.
Prenez l’air à la sortie de l’APEC (ou l’anpe-cadres), vous saurez que les diplômes ne protègent pas du chômage, dans tous les domaines.
Bonne promenade, discutez avec les gens qui sont sur le marché du travail, vous verrez, c’est très enrichissant.
Vous ne répondez à aucune question précise .
(Je vous indiquerai que, par ailleurs, les choix faits de ne pas favoriser la recherche en France ont été pris par ceux-là mêmes qui sont au pouvoir, de gauche ou de droite, depuis 20 ans en France, et ceux-là sont précisement à l’inverse des propos tenus ici).
Pour ce qui est du taux de chômage des jeunes en France, pouvez-vous m’indiquer le taux d’emploi réel des jeunes en Grande-Bretagne et en France ?
Quel est le pays qui attire le plus de jeunes étrangers diplômés entre la Grande-Bretagne et la France ?
Pouvez-vous m’indiquer si les travailleurs français sont + ou – productifs (richesses produites comparées aux salaires, charges comprises) que les autres grands pays « riches » (par exemple en comparant avec la Grande-Bretagne) ? Depuis quand ? L’évolution ?
Pouvez-vous m’indiquer si la France est attractive ou pas pour les capitaux étangers ? Et son classement comparé aux autres grands États « riches » ? Et depuis combien de temps ?
J’ai donc répété ces questions à notre ami impressionniste qui parle d’avenir roumain à la France.
Ces questions retracent les supports réels des arguments des uns et des autres.
Et il est important d’y répondre pour aborder les solutions aux problèmes réels qui affleurent dans la société.
Contrairement à ce que pense notre ami, dont je ne discute pas l’origine ni la situation, considérant que les hommes ont souvent le choix entre un destin guidé par un sens d’humanité et la pesanteur d’intérêts, égoïstes ou pas, par la naissance, ou par les vicissitudes de la vie, mon itinéraire m’a conduit des chaînes de production aux bureaux, croisé un grand nombre d’entreprises, avoir connu le chômage le plus dur (celui de l’époque où on pouvait se retrouver sans rien) et d’avoir le privilège plus ou moins ambigu de voir de la fenêtre de mon bureau une des plus forte concentrations de richesses au monde.
L’air du temps, monsieur, se construit dans le travail et l’observation minutieuse des faits,
rajouté à cela un doute méthodique sur les sources pour essayer d’y voir plus clair, un peu de passion et on arrive quelque part.
Prenez le temps d’aller chercher auprès des grandes institutions internationales et nationales les éléments de comparaison objectifs sur la situation d’un pays.
Il est paradoxal par ailleurs de reprocher aux Français ce que des politiques libérales ont causé (le chômage de masse, l’étranglement de la recherche symbolisé par les paroles stupides d’un ex ministre de l’économie qui indiquait qu’on n’avait pas besoin de recherche et que si on avait besoin de technologies novatrices, il suffisait de faire son marché aux USA, la stagnation des revenus du travail) et de prôner pour résoudre cette question de licencier plus aisément …
Ce qui ne créera pratiquement pas d’emplois mais mettra à mal un des moteurs profonds de la qualité des salariés de ce pays : le sens de l’honneur, la volonté d’avancer et de résoudre les problèmes, une formidable capacité de créer des richesses même envers et contre des encadrements parfois déficients et de grands patrons souvent irresponsables.
La France vit une grande crise, mais celle-ci n’est pas nationale et elle traverse l’ensemble des grandes sociétés riches, elle est essentiellement due à une petite nomenklatura bourgeoise terriblement avide et égoïste qui ne se sent plus redevable des territoires qui l’ont nourrie, des sociétés qui lui ont permit sa richesse.
C’est un véritable problème qu’affrontent nos sociétés démocratiques.
Il y a ceux qui se couchent devant ce problème et abdiquent tout esprit démocratique, toute souveraineté sur le devenir économique d’une société, et ceux qui essayent d’y faire face.
Mais notre ami n’a toujours pas fait l’effort de chercher des éléments autres que polémiques sur l’état réel d’une société sur les points précis qui sous-tendent son raisonnement.
Dommage.
Prenez l’air à l’ANPE, vous saurez que la taux de chômage des jeunes de moins de 26 ans est de 25 %.
De ceux qui ne suivent pas d’études.…
Pas pareil.…
Grave quand même…
Mais je ne vois pas, en aidant à licencier plus aisément, ce que ça apportera.
Le raisonnement prônant des facilités de licenciements s’est toujours échoué sur la réalité en France :
Pas plus d’emplois mais des conditions dégradées pour les salariés en butte à plus de précarité.
Il est déjà très aisé de licencier en France…
Mais plus loin sur votre raisonnement, vous mettez le doigt sur des problèmes qui touchent tous les États riches mais qui ont une consonance particulière en France du fait de l’histoire et de la place de ce pays dans le monde.
Il vous vient d’emblée, dans le raisonnement, que si ça ne va pas, c’est que, forcément, la responsabilité vient de ceux qui, justement, n’ont jamais été à la tête des lieux de pouvoir…
Il ne vous viendrait jamais à l’idée, par hasard, de voir une quelconque responsabilité, avec les mesures à prendre pour y remédier, de ceux qui dirigent les principales sources de richesses et de pouvoirs ?
Il ne vous viendrait pas à l’idée qu’il y a une singulière façon de penser qui consiste toujours à cajoler actionnaires et employeurs, directions de grandes entreprises et toujours, d’un autre côté, d’appeler à « cogner » les producteurs de richesses (en leur demandant de travailler plus, pour moins, d’être plus incertains de l’avenir, etc.) ?…
Le sujet de la liste a commencé par une énumération des ressources somptuaires dont bénéficiaient les actionnaires des grandes entreprises du CAC 40, qui se portent excellemment bien (en prise de valeur des actions qu’ils possèdent comme en bénéfices nets).
Tout cela alors que la société des travailleurs et de la majorité sociale européenne (et non la seule France, regardez la croissance de la zone Euro) se languit dans le marasme.
Mais apparemment, ceci n’appelle pas commentaire pour vous, c’est la part du lion.
Dommage.
Dommage cet aveuglement qui ne voit pas les tensions qui parcourent tous les États riches dans le monde.
Jusqu’à la petite Slovénie qui marchait très bien économiquement et sur laquelle sont tombées recemment des mesures anti-travailleurs et ultra-libérales, sucitant désapprobation de 80% de ses citoyens et rebellion avec un mouvement de protestation jamais vu dans cette jeune république.
tous les commentateurs du cpe semblent penser
que ce sont les entreprises du cac40 qui font
l’emploi en france.
revisez vos statistiques : ce sont les pme de
moins de 50 salariés qui font la majorité de
l’emploi. C’est à elles qu’est destiné le cpe, elle qui n’ont pas de grands services juridiques derrière elles et hésitent a embaucher car leurs marges de manoeuvres sont
limitées.
les entreprises du cac n’ont pas besoin du cpe, elle ont déjà l’habitude d’utiliser le cdd et l’interim.
Le démarrage de cette file n’avait pas pour sujet le CPE, mais plutôt le problème des grandes entreprises en France du CAC 40 et + (disons les 150 à 200 premières qui posent problème à mon sens) qui réussissent à pomper une grande partie des richesses produites de ce pays.
Y compris au détriment de plus petites entreprises (les PME sont le point faible en France comparé à d’autres États) .
Mais elles utiliseront à plein, dans les cas qui les intéressent, le nouveau CPE, rien ne leur interdit, comme effectivement elles ont les moyens financiers et juridiques d’avoir une approche fine des contrats les mieux adaptés suivant leurs besoins.
Sur la question de l’emploi, je reste extremement dubitatif sur les avantages supposés du CPE pour les PME.
En un mot, comme en 10, je n’y crois pas.
Les seules démonstrations construites en ce sens ont conduit à un très faible impact, à considerer en relation avec l’impact extrêmement nocif de la précarité accentuée et l’humiliation suplémentaire assénée sur les jeunes .
Ce n’est pas ça qui va fabriquer de la demande, ce n’est pas ça qui va favoriser un meilleur partage des richesses (un des gros problèmes de la France est son incapacité au partage), toutes choses indispensables pour que les PME tournent, vendent et embauchent.
En revenant au coeur du sujet, les grandes entreprises internationales, nous avons un véritable problème d’autonomisation, par rapport aux territoires producteurs de richesses, des actionariats de celles-ci.
Le pompage des richesses produites dans le monde par ces grands groupes est extrêmement important, certains de ces groupes ont l’équivalent du PNB de plusieurs États réunis.
Mais bien au-delà, ces grands groupes, par leur puissance, ploient les territoires et les peuples, sur toute la planète, à des organisations de la société qui leur sont favorables, se payent les politiques et médias à cette fin, et déstabilisent des États entiers.
Sans, qu’en face, il y ait des instances de régulation controlées par la souveraineté populaire, qui endiguent cette sur-puissance.
Les « alter-mondialistes », à leur façon, sont un de ces contre-pouvoirs, qui essayent d’endiguer les comportements trop délinquants de ces forces planétaires.
Mais cela semble considérablement insuffisant.
Il faut réfléchir à mieux, ou complémentaire du moins, sous peine d’aboutir à un recul net et violent de la démocratie dans le monde, qui se retrouverait acculée à se concentrer sur les inaugurations, les chrysanthèmes et les commémorations.
Bonjour Mimi :o)
Vous avez raison d’insister sur ce point essentiel, mais nos points de vue peuvent sans doute se rapprocher :
Est-ce que la plupart des PME n’ont pas absolument besoin des commandes des grandes entreprises pour vivre ?
Est-ce que les PME ne sont pas étranglées, par exemple, par la grande distribution (entreprises cotées au CAC 40) pour assurer leur propre activité ?
Est-ce que les PME ne sont pas mises sous une pression insupportable par leurs propres grands clients (cotés en bourse et d’ailleurs eux-mêmes mis en coupe réglée par les cupides) ?
Est-ce que l’extravagante ponction sur les richesses au niveau des très grosses structures au profit et sur ordre des oisifs (actionnaires, pas forcément conscients, mais pas irresponsables pour autant) ne se répercute pas sur toute notre économie en créant de la rareté par siphonage des ressources, de la pénurie sur tous les chapitres, rareté et pénurie qui se communiqueraient d’une entreprise à l’autre le plus naturellement du monde (faute d’argent, on tire sur les prix, on tire sur les salaires, on tire sur l’emploi…) ?
Et si on arrive encore une fois, sur l’injonction quotidienne des « experts » de la pensée unique (bien payés pour ça, on peut les comprendre), à rétablir une forte croissance (plus de richesses créées, donc), mais si la répartition reste toujours aussi injuste, si les nouvelles richesses sont toujours confisquées par les mêmes, si la répartition est toujours décidée par les mêmes qui profitent de leurs propres décisions au détriment de tous les autres (encore une affaire de « juges et parties », forcément malhonnêtes et dangereux, en matière économique comme en matière politique), règlera-t-on jamais avec la croissance le vrai grand problème de fond ?
Le vrai grand problème de fond étant : QUI décide comment répartir les richesses créées par les entreprises ? Avec quelle légitimité ? Sous quel contrôle citoyen ?
La démocratie dans l’entreprise est inextricablement liée à la démocratie dans la Cité.
Les voleurs de pouvoir, les cratocrates, s’appuient sur les mêmes rouages pour se mettre à l’abri des contrôles, dans l’entreprise et dans l’État : regardez bien QUI ÉCRIT LE DROIT. QUI écrit les règles du pouvoir ?
Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes dépend de la réponse à cette question cardinale.
Les patrons des (plus petites) PME sont souvent des esclaves, comme les autres, vous avez raison de le rappeler, et il ne faut pas se tromper d’ennemi.
Mais les conséquences sur les PME du pillage des grandes entreprises par la bourse-casino, repaire de voleurs dont les effets mortifères ont déjà été éprouvés et détestés en 1929 et ensuite, me paraissent incontestables.
Pas plus que la croissance, ce n’est pas la flexibilité ou la précarité dont les hommes ont besoin, c’est simplement d’argent, pour nous payer les uns les autres avec la juste part des richesses que nous avons créées par notre travail.
Le vrai problème des sociétés polluées par la religion néolibérale et ses gourous, c’est la paupérisation, beaucoup plus que la précarisation.
Il faut prioritairement nous débarrasser de nos parasites.
Et c’est tout le corps social qui pourra enfin guérir.
Les citoyens ont tous un intérêt personnel, direct et majeur, à imposer un financement sain des entreprises : supprimer la bourse, limiter en tout cas la proportion des dividendes prélevés sur la valeur ajoutée et limiter les salaires des grands patrons à un multiple raisonnable du salaire médian de leur entreprise pour éviter la collusion scandaleuse entre actionnaires et patrons sur le dos des salariés (avec la complicité
passiveactive des politiciens et des médias).Cette hygiène du financement des entreprises devrait être imposée de très haut, dans notre Constitution.
Mais il faudra sans doute que cette Constitution soit d’origine citoyenne car il y a trop longtemps que notre personnel politique, jamais exposé à la précarité, lui, fricote et copule avec les milieux d’affaires : on dirait que les élus ne sont plus capables de prendre des décisions qui privilégieraient les personnes physiques au détriment des personnes morales (et de leurs chefs).
Le CADTM demande un impôt exceptionnel sur la fortune cumulée des 793 milliardaires distingués par Forbes
à lire à :
http://www.cadtm.org/article.php3?id_article=1779
Afin d’éviter de trop focaliser sur les entreprises du CAC 40 et d’élargir un peu le champ, je me fais l’écho de ces informations communiquées par Jacky Fayolle (IRES) à François Ruffin, dans le Là-bas si j’y suis du 15 novembre 2005 (intitulé Actionnaire : l’ennemi du salarié ?) : http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=782.
Selon Jacky Fayolle, un montant compris entre 100 et 150 MILLARDS D’EUROS ont été PRÉLEVÉS DES SALAIRES et REDIRIGÉS VERS LES ACTIONNAIRES, TOUS LES ANS DEPUIS 20 ANS.
Comment ? Par la désindexation des salaires sur l’inflation (les prix ont augmenté plus vite que les salaires), elle-même rendue possible par la pérennité du chômage de masse.
Ces 100 à 150 MILLIARDS D’EUROS PAR AN représentent environ 10% du PIB français ; une autre manière de dire la même chose : 10% des richesses produites en France sont passés du travail au capital, depuis 20 ans.
À méditer et faire savoir au plus grand nombre !
« Par la désindexation des salaires sur l’inflation (les prix ont augmenté plus vite que les salaires), elle-même rendue possible par la pérennité du chômage de masse. »
Pouvez-vous prouver ce que vous avancez ?
« 10% des richesses produites en France sont passés du travail au capital, depuis 20 ans. »
Vous présentez les choses à votre façon, soit, mais elles mériteraient plus d’explications car elles me semblent tout à fait caricaturales… Mais si cela vous rassure…
Le capital réunit ses stratèges dans l’ombre, et il y prend ses décisions comme un « soviet suprême ».
Davos , inaccessible, n’est pourtant que la vitrine médiatique des décisions déjà prises en plus haut lieu par une poignée de « penseurs du fric », qui fonctionnent comme des ordinateurs auxquels une seule question est posée :
comment accroître le rendement financier de tout ce qui bouge sur et autour de cette planète ?
… Question traduite à Davos par une prétention hypocrite à « répondre aux aspirations des gens à la connaissance des autres et à l’échange des cultures »…
C’est en fait une grande entreprise de nivellement par le bas, destructrice de l’esprit critique, de la créativité, et conservatrice d’un rapport de forces dont la « signature génétique » est l’esclavagisme :
Rien d’étonnant si l’on examine l’acte de naissance du capital dominant !
« C’est en fait une grande entreprise de nivellement par le bas, destructrice de l’esprit critique… »
je suis assez d’accord avec vous sur les dangers de la culture du capital , elle produit les effets que vous signalez comme son excès inverse la culture collectiviste
j’ai appris quelques infos sur votre site
toutefois , je trouve que vous utilisez un vocabulaire agressif qui démontre une certaine intolérance :
pour preuve :« sociétés polluées par la religion néolibérale »
« nous débarrasser de nos parasites »
« supprimer la bourse » ( ce n’est pas la bourse qui est en cause mais les abus..)
« sur le dos des salariés (avec la complicité passive active des politiciens et des médias). »
je ne tire que quelques mots parmi une multitude.…ce type de vocabulaire est dangeureux et incite à l’autoristarisme, à la casse…
je suis décu ( mdr ) car vous énoncez de bons principes mais le vocabulaire trahit une position assez totalitaire
Bonjour Julien (billets 21 et 24).
Davantage que prouver, je peux constater ce que j’explique dans le billet 20, simplement en lisant ma fiche de paie, comme la plupart des salariés (je suis salarié du secteur privé, mais la transposition de ce constat au fiches de paie des salariés du secteur public n’est sans doute pas difficile !) de la planète.
Plutôt que vous fournir des preuves de ce que je relayais dans ce billet, je peux vous inviter à consulter le lien http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=782 où vous trouverez l’émission de Daniel Mermet dans laquelle Jacky Fayolle, directeur de l’IRES (Institut de Recherches Économiques et Sociales, http://www.ires-fr.org), donnait ces informations.
Enfin, je tiens à préciser que je partage votre avis (billet 24), selon lequel le registre caricatural, voire haineux, dans lequel certains contributeurs de ce blog ont choisi de s’exprimer, manque de pertinence, même si vos réserves me paraissent elles-mêmes excessives.
merci pour le lien fraisier !
à propos de l’excès de mes réverses ‚j’ai souvent remarqué que la certitude idéologique menait à de mauvais chemin
cf l’histoire
et derrière des mots se cachent des ambitions, des dangers
Bonsoir
Je prends un livre d’économie DPCEF 2 collection DUNOD 4° Édition :
page 53 : » si l’on observe une part prépondérante des revenus salariaux dans la valeur ajoutée, celle-ci diminue depuis le début des années 80 en raison des politiques de modération salariales suivies pour lutter contre l’inflation. La forte progression des revenus de la propriété s’explique par la rémunération plus intéressante du capital. »
Par contre, l’écart indiqué est plus faible :
1980 : 61%
2000 : 57%
Mais il ne faut pas oublier que parmi les rémunérations des salariés, celles des patrons du cac 40 et mêmes de plus petites entreprises augmentent d’année en année plus que la majorité des salariés.
Que l’on soit pour ou contre l’idéologie libérale, il faut reconnaître que pour elle le salariat est toujours la variable d’ajustement!!! La politique de modération salariale a été préconisée, il y a peu par la très libérale commission européenne, qui suggère une baisse de 3% des salaires pour augmenter le PIB des pays de la CE (au moyen d’exportations évidemment).
Cordialement
Bonsoir André,
Merci de ces précisions, qui m’amènent à poser au moins deux questions :
- est-ce que la diminution de la part des revenus salariaux dans la valeur ajoutée s’est poursuivie entre 2000 et 2005 (Jacky Fayolle s’exprimait en novembre 2005), pour atteindre environ 51% en 2005 ?
– si tel n’était pas le cas, d’où vient le décalage entre la valeur indiquée par Jacky Fayolle et celle de l’ouvrage que vous citez (si votre supposition à propos des salaires des patrons des grandes entreprises n’était pas avérée) ?
Cordialement.
André a écrit :
@@Je prends un livre d’économie DPCEF 2 collection DUNOD 4° Édition :
page 53 : » si l’on observe une part prépondérante des revenus salariaux dans la valeur ajoutée, celle-ci diminue depuis le début des années 80 en raison des politiques de modération salariales suivies pour lutter contre l’inflation. La forte progression des revenus de la propriété s’explique par la rémunération plus intéressante du capital. »
Par contre, l’écart indiqué est plus faible :
1980 : 61%
2000 : 57%@@
Ces chiffres correspondent à ceux de l’INSEE (60,71% en 1980 et 56,61% en 2000) 4,1 points.
Mais ce qui est peut-être plus intéressant, sur le même tableau, c’est la part de l’excédent brut d’exploitation : 23,73% en 1980 et 31,27% en 2000 soit 7,54 points de gains.
Bonsoir
L’excédent brut d’exploitation correspond en gros à la valeur ajoutée de laquelle on a extrait la masse salariale (salaires bruts + cotisations sociales).
L’excédent brut d’exploitation est ensuite réparti :
– entre l’état par le biais de l’impôt sur les sociétés
– les prêteurs à qui l’on rembourse les intérêts
– les actionnaires à qui l’on verse des dividendes
Le solde constitue l’épargne de la société, qui est investie ou pas dans l’acquisition d’immobilisations (formation brute de capital fixe). Après imputation de ces investissements sur l’epargne, la société se trouve en capacité(+) ou besoin de financement(-).
Les statistiques de l’insee sont claires et des explications sur les termes techniques sont données. Sauf preuve du contraire à apporter, je les considère fiable.
Si la discussion doit se poursuivre sur ce thème, il peut-être utile de se baser sur ces chiffres, le tableau 3.101 compte des sociétés non financières(S11) reprend ces données pour la période 1993 à 2004.
Cordialement
Bonsoir André,
Ne considérer que les comptes des sociétés non financières présente l’inconvénient d’écarter de notre champ de réflexion le partage de 659,7 milliards d’€ de VAB (sur 1478,2) en 2004.
Pourquoi ne pas considérer le partage de l’ensemble de la valeur ajoutée ?
Bonsoir Jean
Oui, tu as raison, il faut prendre aussi les sociétés financières pour apprécier le partage de la valeur ajoutée. J’ai tiré sur le site de l’INSEE le tableau 3.201 compte des sociétés financières S12, et je n’ai pas les chiffres que tu indiques pour 2004. Peux tu m’éclaircir ce point ?
Cordialement
André,
Il s’agit du tableau 1.202 sur : http://www.insee.fr/fr/indicateur/cnat_annu/base_2000/principaux_resultats/htm/t_1202.htm
Malheureusement, l’INSEE ayant changé de base de données, les séries longues depuis 1978 ne sont plus accessibles.
J’avais téléchargé le tableau, si ça t’intéresse…
Il existe en version exel :
http://www.insee.fr/fr/indicateur/cnat_annu/base_2000/principaux_resultats/xls/t_1202.xls
« Bernard Tapie ou l’abaissement de l’État »
un excellent papier de François Bayrou dans Le Monde du 25 juillet 2008 :
http://lemonde.fr/politique/article/2008/07/25/francois-bayrou-repond-a-bernard-tapie_1076999_823448.html
Après la décision du tribunal arbitral donnant raison à Bernard Tapie contre l’État, François Bayrou a dénoncé « la collusion entre Nicolas Sarkozy et Bernard Tapie ». Interrogé dans Le Monde du 22 juillet, Bernard Tapie avait rétorqué : « Bayrou, la seule chose qu’il sait faire, c’est répéter qu’il est un martyr, que les médias et les puissances d’argent ne l’aiment pas, que tout le monde est à mettre dans le même sac et qu’il se battra seul contre tous. C’est la même posture populiste que Le Pen, sans les idées. Du Le Pen propre ».
« Les insultes proférées par M. Tapie à mon encontre (on comprend bien pourquoi) ne changeront rien aux dix affirmations suivantes, qui permettront à chacun de se faire une opinion.
1) Si M. Tapie a gain de cause, c’est le contribuable qui va payer. Le CDR (consortium de réalisation), structure destinée à liquider les actifs douteux du Crédit lyonnais, dont la quasi-totalité des activités ont cessé au 31 décembre 2006, n’a aucune autonomie financière. Son financement est assuré par l’EPFR (établissement public de financement et de restructuration), alimenté par les crédits budgétaires de l’État, donc par le contribuable.
2) Il n’y a pas eu de décision de justice. C’est une décision politique. La procédure d’arbitrage est une procédure privée destinée au monde des affaires. Qand les intérêts de l’État et du contribuable sont en jeu, c’est un principe absolu du droit que l’arbitrage est interdit ; seules les juridictions instaurées par la loi sont compétentes.
4) Dans la vente d’Adidas, M. Tapie n’a pas été perdant, il a été gagnant. D’ailleurs, c’est lui-même qui a fixé le prix de vente. Adidas a été acheté en 1990 avec un prêt à court terme de 1,6milliard de francs, à échéance en 1992. A cette date, l’entreprise mal gérée est en situation dramatique. Ne pouvant assurer son échéance, M. Tapie, ancien et bientôt nouveau ministre de la ville, décide alors de la vendre. Il cherche à en obtenir 2 milliards de francs mais l’acheteur (Pentland), découvrant l’étendue des dégâts, retire son offre. C’est alors que M. Tapie donne mandat à la banque de vendre l’entreprise, pour une somme d’un peu plus de 2 milliards de francs qu’il a lui-même fixée. Opération qui lui rapportera au total, si l’on en croit une expertise et une ordonnance judiciaire de l’époque, la somme de 200 millions de francs.
5) L’État va prendre à sa charge les dettes de M. Tapie. Contrairement à ce qui est répété en boucle, l’État ne va rien récupérer de ses créances. C’est lui qui va payer pour les dettes du groupe Tapie, totalement extérieures à l’affaire Adidas, et qui n’ont jamais été honorées. En particulier, le groupe de M.Tapie a depuis des années des millions de dettes fiscales et sociales vis-à-vis de l’État et de l’Urssaf. « Qui paye ses dettes s’enrichit. » Ici, c’est l’État qui paye les dettes de M. Tapie et celui-ci qui s’enrichit.
6) 285 millions d’euros, c’est l’équivalent de la totalité des salaires annuels des 11000 postes d’enseignants supprimés cette année. C’est une somme tellement astronomique que le citoyen ne peut pas s’en faire une idée. Traduite en salaires d’enseignant, c’est plus de 11000 postes à l’année. Si on y adjoint les intérêts, on atteint 400millions, cela représente une somme suffisante pour effacer l’essentiel du déficit des hôpitaux publics du pays.
7) 45 millions pour « préjudice moral », c’est une insulte. A l’intérieur de cette addition, les 45 millions d’euros pour « préjudice moral » (le mot ne manque pas de sel) sont une insulte pour le citoyen. Quelques comparaisons pour en prendre la mesure : cette somme est l’équivalent de 4000 années de travail au smic. Et l’indemnité moyenne pour une veuve après la mort d’un conjoint victime de l’amiante est de 45000euros, soit mille fois moins.
8) Tout était fait pour que l’affaire passe inaperçue. La décision d’arbitrage, dont le principe avait été décidé en catimini, largement orientée à l’avance par des montants d’indemnisation définis noir sur blanc, a été annoncée à un moment bien choisi : le vendredi soir ouvrant le week-end du 14 juillet à 17h30, pour que toutes les procédures soient entérinées avant le 15 août.
9) Pendant ce temps, on pressure les pauvres gens jusqu’au dernier centime. On va supprimer les allocations aux chômeurs qui refuseront un emploi trop éloigné de chez eux ou sous-payé. Je connais une jeune femme qui a été contrainte de rembourser une année de RMI parce qu’elle avait fait quelques heures de ménage sans les déclarer. Les faibles sont sans défense, mais le pouvoir enrichit avec complaisance ses affidés.
10) Le problème, ce n’est pas M. Tapie, c’est l’État et ceux qui sont à sa tête. Il y a toujours eu, il y aura toujours, des aventuriers qui se jouent des banques, du fisc, de la loi. Mais en principe l’État est là pour faire respecter les règles de droit et l’argent public. Ici, au contraire par le fait du prince, parce qu’il s’agit de soutiens ou de complices dans un certain nombre d’opérations politiques, passées, présentes ou à venir, l’État protège et enrichit ceux qui se moquent de sa loi. Le message est clair : sous ce régime, « qui n’est pas avec moi est contre moi », et qui est avec moi est protégé et peut sabler le champagne. L’affaire Tapie donne la mesure de l’abaissement de l’État. »
« Vandale chez les Wendel
Le fric-frac, c’est chic (1÷5) Le feuilleton de l’argent »
par Thomas Lemahieu dans L’Humanité :
http://www.humanite.fr/2008–07-28_Politique_Vandale-chez-les-Wendel
On retrouve là, aujourd’hui, parmi nous, contre nous, les mœurs du Comité des forges et les Barons voleurs décrites par Annie Lacroix-Riz. C’est révoltant.
Mais notre apathie est bien la cause première de tous nos maux, bien plus que le cynisme des cupides :
Celui qui voit un problème et qui ne fait rien fait partie du problème.
Bonjour Etienne
Juste pour te signaler au cas où tu ne le saurais pas qu’il y a sur Bellaciao un article et une vidéo sur les débats au parlement européen mis en ligne par un dénomme nazérien, où l’on voit des députés courageux demander tout simplement le respect de la démocratie.
N’étant pas aussi doué que toi en informatique je ne peux te transmettre cette vidéo, que peut-être tu peux mettre sur ton site.
Celà me conforte dans l’opinion que cette Europe est illégitime à défaut d’être illégale, que le vote blanc ou nul massif est la seule solution (j’admets que cette opinion soit discutable)
Pour le reste, je pense que vu les pressions qui seront exercées sur les irlandais, les citoyens et associations diverses européennes doivent se manifester et apporter leur soutien aux irlandais.
Ne poourrait-on créer un site où une pétition européenne serait mise en ligne relayée par divers mouvements qui joueraient collectifs ( qui ne tireraient pas la couverture à eux, s’il vous plaît!)réclamant le respect du vote irlandais et une vraie démocratie européenne (constitution élaborée par une véritable assemblée constituante, etc…)
Par ailleurs, je crois que sur cette question de la démocratie, il faudra des actions symboliques, à savoir une manifestation européenne à Strasbourg avec remise d’une pétition, qui pourrait inclure un remerciement aux députés qui se battent pour la démocratie.
Que peux t‑on faire ? Qu’en pensez vous tous ?
Cordialement à tous.
Cet abandon du peuple irlandais à leur sort par tous après leur vote du 12 juin me tracasse particulièrement moi aussi. Je suis en fase d’écrire une lettre assez volumineuse à Étienne ou j’aborde le sujet, mais puisque je ne suis pas le seul à y penser…
Le site g est toujours la et il ne demande qu’à être mis en service de cette cause au lieu de la paralisie qu’il subit aujourd’hui.
J’ai le contact avec le responsable de ce site et je pourrais le contacter.
g = http://irish-friends-vote-no-for-me.org
et j’ai du mal à en faire un lien actif. Faites un copier coller s.v.p. 😉