Il faut écouter les auditions des acquittés d’Outreau

10/02/2006 | 24 commentaires

Tous les soirs, au lieu de perdre mon temps à regar­der les jeux du cirque à la télé, j’é­coute sur Inter­net le témoi­gnage d’un acquit­té, d’un avo­cat, d’un juge ou d’un pro­cu­reur, je prends la mesure des gouffres d’in­jus­tices que nos ins­ti­tu­tions per­mettent depuis long­temps, et je prends conscience de ma part de res­pon­sa­bi­li­té à être res­té aus­si long­temps indif­fé­rent, moi aussi.

Je vous invite donc à par­ta­ger ça, on ne perd pas son temps : http://​www​.public​se​nat​.fr/​d​o​s​s​i​e​r​s​/​d​o​s​s​i​e​r​.​a​s​p​?​d​o​s​s​i​e​r​=32

C’est La Bruyère qui disait : « La condam­na­tion d’un inno­cent est l’af­faire de tous les hon­nêtes gens ».

Ceux qui contestent l’as­pect spec­ta­cu­laire de la média­ti­sa­tion n’ont pas com­pris (ou ne veulent pas accep­ter) qu’elle est une réelle oppor­tu­ni­té pour la démo­cra­tie par l’é­man­ci­pa­tion des citoyens d’un sys­tème encore trop oppressif.

Il est impor­tant que les citoyens com­prennent les rouages de leur sys­tème judi­ciaire pour per­ce­voir les enjeux et se for­ger une opi­nion éclai­rée : nous avons là une oppor­tu­ni­té péda­go­gique inouïe.

Ces jours-ci, nos par­le­men­taires jouent un rôle immense.

Je lisais « Éloge de la bar­ba­rie judi­ciaire », de Thier­ry Lévy (Odile Jacob, oct. 2004, 187 p.), avant que ne s’ef­fondre le jeune juge, et je décou­vrais déjà les vices majeurs de nos ins­ti­tu­tions judi­ciaires que ce grand avo­cat, avec d’autres, pointe depuis long­temps. Résumé :

« Audience jouée d’a­vance, poids du dos­sier, garde à vue ren­for­cée, enquête viciée par la garde à vue, experts et témoins sous influence, enquê­teurs inves­tis des pou­voirs du juge : le pro­cès pénal n’est pas équi­table. On fabrique l’er­reur sous les yeux d’une défense entravée.

Aujourd’­hui, l’ins­ti­tu­tion judi­ciaire s’est trou­vée un nou­veau maître, plus aveugle, plus mena­çant encore que l’É­tat auto­ri­taire. Le plai­gnant aux mille récri­mi­na­tions, ido­lâ­tré, trans­fi­gu­ré en sainte victime.

Le duel des âges bar­bares, arbi­tré entre égaux par un juge indé­pen­dant et selon des règles accep­tées, res­pec­tait bien davan­tage les acteurs du procès.

Ce n’est pas l’es­prit d’hu­ma­ni­té qui l’a ban­ni de nos lois. C’est l’ar­ro­gante pré­ten­tion du prince à impo­ser à ses sujets la véri­té qu’il croyait déte­nir. Et nous n’en sommes pas sortis. »

Plan du livre « Éloge de la bar­ba­rie judi­ciaire » :

Cha­pitre 1 – Les jeux sont faits
Faux débat
L’au­dience réelle n’est pas l’au­dience idéale
Le dos­sier l’é­crase de tout son poids
Illu­sion de l’ex­per­tise
La comé­die du pro­cès
Et les témoins ?
Un théâtre de la cruau­té
Garde à vue
Pas de droits pour les méchants
À quoi sert la défense ?

Cha­pitre 2 – Qui sont les bar­bares ?
Place à la ven­geance
Jus­tice et véri­té
Vers la jus­tice d’É­tat
Les quatre piliers de l’en­quête
L’ex­clu­sion pro­gres­sive de la défense
La fausse indé­pen­dance de la jus­tice
Com­ment on fabrique l’er­reur
Une véri­té auto­ri­sée
Que faire ?

Cha­pitre 3 – Sacrées vic­times
Nais­sance de la vic­ti­mo­lo­gie
Le culte de la vic­time
Dérive
Quand la vic­time rem­place le sou­ve­rain
Dans l’ombre du psy­chiatre
Plaignez-vous !

Nous sommes tous concer­nés, ça n’ar­rive pas qu’aux autres, vrai­ment : il faut prendre le temps d’é­cou­ter inté­gra­le­ment les témoi­gnages de l’af­faire d’Ou­treau, c’est édifiant.

Il fau­dra sans doute inté­grer un cer­tain nombre de ces réflexions dans notre Consti­tu­tion citoyenne.

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Étienne

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24 Commentaires

  1. framboise

    Bon­soir,
    Ce qui me gêne dans cette com­mis­sion par­le­men­taire, c’est le côté télé­réa­li­té et pro­cès d’un juge.
    Je pense que cet homme paye pour un sys­tème judi­ciaire de plus en plus défaillant par manque de moyens (ou volon­té de le main­te­nir ainsi).
    Je crois que c’est le pré­fet qui nomme le juge pour un tel ou tel dos­sier. La non expé­rience de cet homme aurait dû l’interpeler.
    Cette affaire est arri­vée en même temps que l’af­faire Dutrou, lar­ge­ment média­ti­sée et aus­si « amal­ga­mée » par des médias dont mal­heu­reu­se­ment main­te­nant la réa­li­té de l’in­for­ma­tion n’a plus aucun poids par rap­port au besoin de faire le « scoop ».
    À aucun moment je ne veux mini­mi­ser l’a­tro­ci­té de ce qu’ont vécu les « blan­chis », mais j’ai peur que le pou­voir ne se serve de ce « pro­cès » pour rema­nier la jus­tice à la sauce euro­péenne, celle de la constitution.
    Les juges sont mena­cés de disparition.
    Il fau­drait revoir beau­coup de choses : déjà le fait qu’un juge dit indé­pen­dant des pou­voirs soit nom­mé par le pré­fet qui, lui, est nom­mé par le pré­sident de la république !
    Un huis clos aurait été, je pense, plus approprié.
    Mer­ci pour ces quelques minutes.
    À bientôt.

    Réponse
  2. Laure

    Bon­soir,

    J’é­cou­tais il y a quelques jours Badin­ter qui par­lait d’une loi qu’il avait fait voter pour se pré­mu­nir, entre autre, contre ce type de dérives. Elle pré­co­ni­sait qu’un juge d’ins­truc­tion ne devait JAMAIS se retrou­ver seul face à un cas « diff­cile », ils devaient être 3 !

    Bien enten­du, la loi a été votée, et jamais appli­quée, par manque de moyens, semble t‑il.

    Il serait peut-être aus­si inté­res­sant de réflé­chir au fait que le juge d’ins­truc­tion ins­truit à charge et à décharge, ce qui me paraît être déjà une porte ouverte à l’er­reur, voire à la dérive.

    Dans cer­tains cas, l’af­faire d’Ou­treau en est la preuve, il parait dif­fi­cile, voire impos­sible de gar­der sa neu­tra­li­té, com­ment donc ins­truire serei­ne­ment et en toute impar­tia­li­té à charge ET à décharge ?

    Laure

    Réponse
  3. betty

    Bon­soir !

    C’est avec inté­rêt que j’ai sui­vi l’af­faire d’Ou­treau car je tra­vaille dans la jus­tice et ai donc une vision interne de cette ins­ti­tu­tion. Le pro­blème se situe à de nom­breux niveaux :
    – le recru­te­ment des magis­trats : seul est pris en compte le bagage intel­lec­tuel du can­di­dat, jamais aucun contrôle de l’ap­ti­tude psy­cho­lo­gique. Ain­si par­mi les magis­trats qui réel­le­ment prennent à coeur leur tâche (et j’en ai ren­con­tré beau­coup), un cer­tain nombre se servent de cette fonc­tion pour assou­vir un sen­ti­ment de pou­voir, ou encore de supé­rio­ri­té. Il serait, à mon sens, impor­tant de mettre en place un recru­te­ment non plus basé uni­que­ment sur les connais­sances intel­lec­tuelles, mais sur­tout sur les apti­tudes humaines et psychologique.

    - L’in­dé­pen­dance des magis­trats est de plus en plus bafouée, alors qu’elle est garante de leur liber­té par rap­port à l’ins­ti­tu­tion politique.

    - Les tâches des magis­trats deviennent pour cer­tains de plus en plus admi­ni­nis­tra­tives (ges­tion des tri­bu­naux, du bud­get, du per­son­nel.…) et les empêchent maté­riel­le­ment de se consa­crer à leur voca­tion pre­mière qui est de rendre la justice.

    - Le manque de temps : j’en ai vu qui pas­saient leurs week ends et une par­tie de leur vacances à rédi­ger des juge­ments (bon­jour la sérénité!).

    Voi­là les points qui me viennent à l’es­prit ce soir. La liste n’est mal­heu­reu­se­ment pas exhaus­tive et il y a du tra­vail (manque de fonc­tion­naires dans cer­tains greffes, néces­si­té d’une restruc­tu­ra­tion, de dépous­sié­rer les pro­cé­dures, .…)! Mais fran­che­ment, je me demande si la volon­té de faire évo­luer les choses dans le bon sens est réel­le­ment au ren­dez-vous lorsque je vois les mesures mises en place. Au lieu d’al­lé­ger et de sim­pli­fier les pro­cé­dures on les com­plique et les alour­dit… Bref il y aurait beau­coup de choses à dire. Pour ter­mi­ner je dirais que les volon­tés sont là : j’ai la chance de cotoyer un cer­tain nombre de col­lègues et de magis­trats qui réel­le­ment ont le sens du ser­vice public. Nous avons une tâche à accom­plir, celle de ser­vir les jus­ti­ciables dans la mesure de nos moyens.

    Réponse
  4. Stéfounet

    Bon­jour,

    Très inté­res­sant ce que vous dites Betty.

    Je me per­mets de faire la réflexion suivante :

    Réflexion/Hypothèse :

    Je me demande si l’ob­jec­tif caché de nos poli­ti­ciens (encore plus avide de pou­voir) ne serait pas jus­te­ment d’af­fai­blir une ins­ti­tu­tion qui jusque-là leur échappe de par sa trop grande indé­pen­dance : la justice.
    Par quel moyen ? en ne lui don­nant jus­te­ment pas tous les moyens néces­saires pour bien fonc­tion­ner… En rele­vant même, appuyant les failles… voire même : en don­nant un coup de pouce aux scan­dales et en invi­tant sour­noi­se­ment des médias « télé-réa­li­té » pour bien mettre tout le public à dos, ou dans la poche… (public qui face à son télé­vi­seur peut avoir l’illu­sion de pou­voir faire sa propre jus­tice.…. Ten­dance à un retour au lyn­chage public ?)… ou bien pour faire pen­cher une opi­nion publique dans un SENS précis ?
    Com­bien de fois n’a-t-on pas vu Sar­ko­zy venir à la charge en vou­lant pas­ser outre la jus­tice avec l’ar­ro­gance qui le caractérise ?

    Fin de réflexion.…

    Mer­ci de votre attention

    Sté­fou­net

    Réponse
  5. tchoo

    Nos poli­ti­ciens vou­draient affai­blir la jus­tice : mais c’est déjà fait, en fer­mant le robi­net des crédits.
    La trans­mis­sion télé­vi­suelle des audi­tions de la com­mis­sion est pour moi un plus, à condi­tion d’en suivre un maxi­mum. Par exemple, l’au­di­tion télé­vi­sée du juge Bur­gaud est un com­plé­ment à celles des jugés mais encore plus éclai­rante après avoir vu celle du pro­cu­reur de la répu­blique le len­de­main. La posi­tion du juge était pathé­tique dans sa ten­ta­tive de jus­ti­fier son tra­vail, mais l’au­di­tion du pro­cu­reur le len­de­main a mis en lumière tout le cynisme qu’il a eu à lais­ser ce pauvre humain s’empêtrer dans un dos­sier mani­fes­te­ment trop lourd pour lui. Une par­tie des membres de la com­mis­sion sou­haite aujourd’­hui réen­tendre les enquê­teurs, j’es­père que ces audi­tions là seront aus­si télé­vi­sées, les citoyens que nous sommes ont tout à y gagner.
    Ceci dit, pour évi­ter toute dérive média­tique, ces audi­tions devraient être limi­tées à la chaine par­le­men­taire (qui devrait être une chaine hert­zienne, donc visible par tous).
    Der­nier point qui milite en faveur de la retrans­mis­sion télé­vi­suelle des ces débats : les com­men­taires, ici ou là, des jour­na­listes sur l’au­di­tion du juge reflètent rare­ment ce que j’ai pu voir et entendre de mes propres yeux.
    Dans le cas contraire, il aurait fal­lu que je me contente de ces com­men­taires, plus ou moins biaisés…

    Réponse
  6. Betty

    Infor­ma­tion, je dis d’ac­cord ! Mais encore faut-il que les per­sonnes soient aptes à com­prendre réel­le­ment le contexte, les règles, dis­tin­guer ce qui relève des lois et ce qui relève de l’i­ni­tia­tive de juge, de sa personnalité.….
    Depuis cette dif­fu­sion du pro­cès d’Ou­treau, nous avons eu plu­sieurs cas de per­sonnes ayant affaire à la jus­tice qui « surfent » sur la vague « Outreau » pour cri­ti­quer en ques­tion des déci­sions (pas toutes mau­vaises !!!) prises par le tribunal.

    Réponse
  7. tchoo

    Refu­ser de dif­fu­ser une infor­ma­tion sous pré­texte que ceux qui la reçoivent ne sont pas aptes à la com­prendre, relève de l’arrogance.
    Et si cer­tains pro­fitent de la vague comme vous l’ap­pe­lez, vous sau­rez bien, étant dans le bon droit, remettre ces citoyens « pécheurs » face à la réalité !

    Réponse
  8. ecoute

    La jus­tice est une ins­ti­tu­tion qui sert à défendre l’être humain contre d’autres humains qui ne res­pectent pas des règles de vie en com­mu­nau­té. Pla­cer le juge comme le juge Bur­gaud dans une situa­tion qui lui donne tout pou­voir, c’est le pla­cer au-des­sus des autres et c’est là que naît le ver­tige de la toute puis­sance pour des hommes qui ne vivent l’ex­pé­rience humaine que sur cette posi­tion « d’intouchable ».

    On voit, lors de son audi­tion, que le juge Bur­gaud est un han­di­ca­pé de la rela­tion. Il est impos­sible dans ce cas de per­ce­voir ce qu’il y a au-delà des appa­rences, c’est-à-dire ce que l’on res­sent en tant qu’être humain face à d’autres êtres humains. 

    Si la jus­tice se fonde uni­que­ment sur des textes, alors il n’y aura jamais de jus­tice. Il est impos­sible de conti­nuer à lais­ser des gens se pla­cer au-des­sus des autres sim­ple­ment parce qu’ils ont un QI excep­tion­nel. Les plus grands fous sont bien sou­vent des gens très intel­li­gents. Être juge à ce niveau, quelque part c’est se prendre pour Dieu et ça c’est com­plè­te­ment fou.
    J’es­père que cela est à peu près clair pour ceux qui liront. Ce que je veux dire c’est que la jus­tice doit être repen­sée jusque dans ses fon­de­ments, nous sommes encore à l’âge de pierre sur ce domaine : pri­sons qui forment des délin­quants, qui tuent des inno­cents comme des cou­pables qui se suicident.
    Seuls des sages seraient à même de prendre du recul pour « juger », voir, com­prendre et prendre les bonnes décisions.

    Réponse
  9. François

    Bon­jour,

    J’ai sui­vi l’in­té­gra­li­té de l’au­di­tion du Juge (7h) et de celle du Pro­cu­reur (6h30).
    J’ai pu voir de très larges résu­més des audi­tions des acquit­tés, le tout sur La Chaîne Par­le­men­taire (qui devrait être hert­zienne, soit dit en passant).

    J’ai été stu­pé­fait par :

    - L’at­ti­tude géné­rale du Juge qui, aux dires des acqui­tés, n’a­vait rien à voir avec le com­por­te­ment qu’ils connaissaient.

    - Les pro­pos du Pro­cu­reur avouant à demi-mot qu’il s’a­gis­sait avant tout d’un dos­sier « papier », le pro­cu­reur ren­con­trant les acqui­tés (les gens qu’il accuse au nom du peuple fran­çais) pour la pre­mière fois le jour de l’au­dience, là où tout s’est écrou­lé en quelques secondes…

    Cette affaire aura peut être le mérite de repo­ser le pro­blème de la déten­tion pré­ven­tive, qui semble être deve­nu la règle alors même qu’elle devrait être l’exception.

    Il faut aus­si se sou­ve­nir que le juge Bur­gaud a eu une pro­mo­tion avant que le scan­dale n’é­clate (il a été nom­mé Sub­sti­tut du Pro­cu­reur de la Cour d’ap­pel de Paris), pour sa remar­quable conduite de l’af­faire Outreau.

    C’est-à-dire que ce juge répon­dait par­fai­te­ment à ce qu’on atten­dait de lui, et c’est cela que je trouve le plus grave. Car cela signi­fie que c’est l’en­semble du sys­tème qui est perverti.

    Je rejoins aus­si les autres inter­ve­nants au sujet de la « sélec­tion » des magistrats.
    Un pilote de ligne (qui a la vie des gens entre ses mains) est sou­mis à des tas de tests psy­cho-tech­niques avant de deve­nir pilote. Il est sur­pre­nant de consta­ter que ce n’est visi­ble­ment pas le cas pour les juges.

    Je m’é­tonne qu’à part chez les avo­cats, per­sonne ne s’in­surge, au sein de la « chan­cel­le­rie » de l’é­tat de notre justice.

    Sur le fait de savoir si les débats doivent être publics ou non, je rap­pelle que chaque audi­tion­né peut deman­der le huis-clos (ce qu’ont fait les enquê­teurs, je crois).

    Enfin, les par­le­men­taires ne devraient pas oublier qu’ils votent des lois, que le juge Bur­gaud et ses com­pères : le Pro­cu­reur et le Juge des liber­tés, semblent avoir appli­quées à la lettre. Ain­si, j’ai appris que le Juge des liber­tés, char­gé de sta­tuer notam­ment sur la déten­tion pré­ven­tive des accu­sés, ne devait pas abor­der le fond du sujet (il n’a pas le droit), mais uni­que­ment des sujets corol­laires du type « trouble à l’ordre public », « risque de com­mu­ni­ca­tion avec des témoins », etc. mais on n’a­borde pas les charges qui pèsent contre cette per­sonne… On croit rêver !!!

    Il y a tant de choses à dire…

    Cor­dia­le­ment,

    Fran­çois

    Réponse
  10. G.

    Bien sûr la média­ti­sa­tion de cette enquête par­le­men­taire peut faire débat, bien sûr la publi­ci­té des audiences et leur retrans­mis­sion télé­vi­sée (sur des chaînes hert­ziennes !) com­porte des risques, bien sûr l’immixtion du pou­voir légis­la­tif au sein du pou­voir judi­ciaire pose des ques­tions de prin­cipe, bien sûr les par­le­men­taires naviguent un peu à vue dans ce contexte tota­le­ment inédit,

    mais, pour une fois, il n’y a pas dans cette affaire à rou­gir de nos parlementaires !
    Et c’est l’un des mérites de cette com­mis­sion d’enquête que de rap­pe­ler que oui, il y a des dépu­tés qui contrôlent, réflé­chissent, débattent, s’interrogent, décident, pro­posent… bref font leur « bou­lot » de par­le­men­taires… loin (ou, ne soyons pas sim­plistes : à côté) des bien connues « petites phrases ».

    L’explosion de l’audience de la chaîne par­le­men­taire, même si elle s’avérait éphé­mère, aura au moins mon­tré les élus au tra­vail, là où l’on ne connaît que la triste théâ­tra­li­té des ques­tions au gou­ver­ne­ment sur la 3 chaque semaine…

    Reste à trans­for­mer l’essai. C’est-à-dire sor­tir de cette affaire d’Outreau par le haut. Mais aus­si, au-delà, en pro­fi­ter pour enfin don­ner au Par­le­ment et à nos élus, les pou­voirs et la légi­ti­mi­té qui leur manquent depuis trop longtemps.

    Pro­lon­ger le débat :
    http://​c6r​-paris​.blog​.lemonde​.fr/​c​6​r​p​a​r​is/

    Réponse
  11. tchoo

    Je vous recom­mande l’au­di­tion de Me POUILLE-DELDICQUE avo­cate de Myriam Badaoui, elle est aus­si impor­tante que celle du juge, pour ce que l’on y entend et peut-être pour ce que l’on n’y entend pas !

    Réponse
  12. Valérie

    « Reste à trans­for­mer l’essai. C’est-à-dire sor­tir de cette affaire d’Outreau par le haut. Mais aus­si, au-delà, en pro­fi­ter pour enfin don­ner au Par­le­ment et à nos élus, les pou­voirs et la légi­ti­mi­té qui leur manquent depuis trop longtemps »

    Uti­li­ser Outreau pour faire de la pub à votre mou­ve­ment, et van­ter les mérites des par­le­men­taires, ça ne me parait pas très cor­rect. Ils n’ont pas, sur cette ques­tion, mon­tré de de cou­rage poli­tique par­ti­cu­lier, puis­qu’ils inter­viennent, indi­vi­duel­le­ment comme collectivement,après la bataille – sur­tout que le juge est déjà acca­blé de par­tout – Et meme si les dis­cours et com­porm­tents appa­rents de ce juge Bur­gaud sont détestables.
    la 6ième répu­blique n’est pas une solu­tion à tout.

    Réponse
  13. tusty

    Bon­jour,
    Je suis actuel­le­ment à la recherche de gens de bonne volon­té qui auraient envie de créer avec moi un groupe de tra­vail sur les affaires de fausse pédo­phi­lie. Il ne s’a­gi­ra pas d’une asso­cia­tion décla­rée en Pré­fec­ture mais juste d’un groupe infor­mel où cha­cun tra­vaille­ra à son rythme, en fonc­tion de ses dis­po­ni­bi­li­tés et de ses compétences.
    Que vous soyez un « ancien » d’une fausse affaire de pédo­phi­lie ou non, vous êtes le (la) bienvenu(e).
    Mer­ci de me contac­ter à mon mail :
    [email protected]

    Réponse
  14. G.

    (Réponse à Valérie)

    On peut bien sûr cri­ti­quer le Par­le­ment. Et d’ailleurs ni moi-même ni le mou­ve­ment auquel j’ap­par­tiens (la C6R) ne se privent de le faire. Mais jus­te­ment, il me semble que, pour une fois, cette com­mis­sion d’en­quête peut faire oeuvre utile.

    D’une part en osant – je l’es­père (atten­dons le rap­port final pour en juger..) – pro­po­ser des réformes de la jus­tice que beau­coup de gou­ver­ne­ments pré­cé­dents ont refu­sées ou repor­tées. D’autre part en mon­trant que nos repré­sen­tants sont légi­times à inter­ve­nir sur tous sujets d’ac­tua­li­té (certes après la bataille, je vous l’ac­corde bien volon­tier). Cela peut sur­prendre mais beau­coup de citoyens découvrent actuel­le­ment, plus de 45 ans après le début de la Ve Répu­blique, que nos élus peuvent être autre chose qu’une simple chambre d’en­re­gis­tre­ment.

    Et c’est bien pour cela que je fai­sais le lien avec la Conven­tion pour la 6e Répu­blique (en fai­sant de la « pub », comme vous dites, pour le blog de la C6R-Paris). Non parce qu’un chan­ge­ment de régime résou­drait tout (voir la petite fiche sui­vante http://​www​.c6r​.org/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​614). Mais parce que si l’on veut plus de démo­cra­tie et plus de par­ti­ci­pa­tion citoyenne, il faut néces­sai­re­ment un Par­le­ment aux pou­voirs ren­for­cés (et des par­le­men­taires pour les exercer…).

    Réponse
  15. gustave

    « Ain­si, j’ai appris que le Juge des liber­tés, char­gé de sta­tuer notam­ment sur la déten­tion pré­ven­tive des accu­sés, ne devait pas abor­der le fond du sujet ».

    Mer­ci à la réforme socia­liste qui a créé le JLD ( une des causes du déra­page d’Ou­treau) alors qu’il aurait fal­lu mettre plus de moyens pour les juges d’instruction.

    Quant à la per­sonne qui s’é­tonne que l’ins­truc­tion est à charge et à décharge, je ne com­prends rien à ce qu’elle indique, c’est jus­te­ment une garan­tie du « poursuivi ».

    Réponse
  16. marin

    On pour­rait dire qu’on a la jus­tice de la socié­té qu’on mérite :

    Impos­sible de sépa­rer la « PRESSION IDÉOLOGIQUE » des dys­fonc­tion­ne­ments de nos administrations.

    ins­tru­men­ta­li­sée, pas seule­ment à OUTREAU, mais aus­si à MARSEILLE, où un TGI a jugé illé­gale une grève sous pré­texte que ses moti­va­tions étaient plus poli­tiques qu’économiques…

    (On assiste à une péna­li­sa­tion du syn­di­ca­lisme, à prio­ri fautif.)

    La jus­tice est en accu­sa­tion, mais les médias aus­si, et fina­le­ment on découvre , même si l’on refu­sait de l’ad­mettre, le « règne d’une idéo­lo­gie domi­nante », et qui domine par tous les moyens, avec une force bien supé­rieure à ce qui est « avoué » :

    Aujourd’­hui, les médias font leur « méa culpa », on a « HONTE DE SA CARTE DE PRESSE »…

    Le pro­blème, c’est que la langue fran­çaise voit ses mots gri­gno­tés dans leur sens même :

    Aujourd’­hui, un pre­mier ministre qui a fait pas­ser une « loi » au « 49⁄3 » abuse sou­dain des mots « négo­cia­tions », etc. et sou­dain, on découvre que « les par­te­naires sociaux » sont en réa­li­té d’un coté des méchants syn­di­cats de sala­riés », et de l’autre, un MEDEF qui rédige direc­te­ment les textes de loi casse-gueule pour la République !

    L’in­sé­cu­ri­té n’est pas que sécu­ri­taire, elle est sociale, poli­tique, cultu­relle, et linguistique :

    « Il faut par­ler » ne signi­fie plus « il faut qu’on se parle », mais « s’a­vouer cou­pable a prio­ri, cou­pable de ne plus être un employé loyal plus long­temps que pen­dant deux ans à l’essai »

    Cela donne une idée de la pré­ca­ri­té de toutes choses désor­mais : et ça glisse, attention !

    Réponse
  17. Michel J

    Il est dit plus haut que les pilotes de ligne passent des tests psy­cho­tech­niques avant de com­men­cer leur entrai­ne­ment, ce qui est vrai.

    « Seul maître à bord après Dieu » selon l’ex­pres­sion consa­crée, ses déci­sions en vol ne peuvent étre contes­tées par aucun orga­nisme au sol (Consi­gna­taire de la car­gai­son, il a même le droit de lar­guer tout ou par­tie de celle-ci… si si, c’est écrit dans la Conven­tion de Chi­ca­go !!!). Ain­si, per­sonne ne peut l’empêcher de se poser sur l’aé­ro­drome de son choix ou de refu­ser de prendre à son bord toute per­sonne sus­pecte à ses yeux ou de refu­ser de décol­ler avec un appa­reil dont il sus­pecte le bon état.…… sauf.…. sauf à en rendre compte ensuite aux organismes,administrations,… et employeurs. Et là, bien sûr, il doit moti­ver ses déci­sions et en répondre car il est civi­le­ment et péna­le­ment (sur ses biens propres )de celles-ci.

    Pour­quoi ce prin­cipe ne serait-il pas appli­qué à la magis­tra­ture qui s’est tant indi­gnée de cette com­mis­sion parlementaire ?

    Pour­quoi les plus hauts magis­trats se sont-ils éle­vés contre la com­pa­ru­tion d’autres magis­trats devant cette commission ?

    Pour­quoi est-il néces­saire de rap­pel­ler le secret pro­fes­sio­nel à un magis­trat avant sa com­pa­ru­tion ? Exis­te­rait-il des lois secrètes ?

    Pour­quoi, du haut de leur pié­des­tal, refusent-ils de rendre des comptes à une com­mis­sion qui repré­sente ceux au nom des­quels ils rendent la justice ?

    .…Mais je ne suis qu’un pauvre pékin.… qui, mal­gré tout, paie pas mal d’im­pôts pour la justice.

    Colére mise à part, j’ai hau­te­ment appré­cié les pres­ta­tions des avo­cats et des magis­trats qui sont de redou­tables débat­teurs, en par­ti­cu­lier du pro­cu­reur Lesigne dont on n’a pas pu tirer autre chose que « séman­tique inap­pro­priée » pour qua­li­fier toutes les erreurs et fautes com­mises dans cette affaire.

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  18. la pie

    TOUS COMPLICES !!!

    Après le scan­dale d’Ou­treau démon­trant la bar­ba­rie de gens aus­si com­pé­tents que BURGAUD, TOUS les poli­tiques savent que cette machine ter­ro­riste a fabri­qué d’autres vic­times qui crou­pissent dans les camps d’in­ter­ne­ment de la répu­blique ou qui, sor­tis de leur concen­tra­tion, sont cas­sées, bri­sées, humi­liées, mar­gi­na­li­sées à jamais !!!

    Mais voi­la, tous les POLITIQUES s’en foutent !! Pen­sez donc, qq mil­liers de per­sonnes, soit moins de 1 % dans les sondages !!!

    Or, ces vic­times des des­cen­dants de la police du Vel d’hiv ou des gar­diens du Stru­hof, —eh oui, ils sont tou­jours là !!!—, sont des vic­times de castes d’aya­tol­las intou­chables, mais consti­tuent des dom­mages « co laté­raux » appré­ciés par les poli­ti­cards « bien pen­sant », car ils consti­tuent pour eux un rem­part contre LE PEN !

    Tout poli­tique qui sait et connaît les tor­tures infli­gées et qui ne fait rien DOIT ÊTRE POURSUIVI pour NON ASSISTANCE à PERSONNE EN DANGER ! non pas par des théatres de tra­ve­los en robe noire mais par le tri­bu­nal suprême de l’ être humain !

    Par leur inac­tion cou­pable, tous ces gens sont COMPLICES des exac­tions de cri­mi­nels en robes noires, nan­tis d’un blanc seing de tor­tures et qui usent et abusent des lettres de cachet, ver­sion « trouble à l’ordre public » !!!!

    Fran­cais, refu­sez vos votes à ces com­plices de la bar­ba­rie car N’OUBLIEZ PAS QU’UN JOUR, CE SERA VOTRE TOUR !!!!!!!

    Madame Royal, qu’a­vez-vous fait pour rendre la véri­té et la digni­té aux vic­times de la machine poli­cière- juri­dique ‑ter­ro­riste qui a oeu­vré à Outreau ? RIEN !!!! Je vous refuse le droit de vous pré­sen­ter aux fonc­tions pré­si­den­tielles car, en tant que com­plice par inac­tion, vous aurez à répondre de votre « col­la­bo­ra­tion » devant des tri­bu­naux supra nationaux !!!!!!!

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  19. pamellou62

    Bon­jour,
    je suis secré­taire du comi­té de sou­tien Franck Caba­ret qui a pra­ti­que­ment la même ver­sion Outreau 2.
    J’ai­me­rais être en contact avec les per­sonnes qui ont créé l’as­so­cia­tion afin de faire entendre notre histoire.
    Nous sommes actuel­lemnt en ter­rain pour avoir des per­sonnes, des télé­vi­sions, etc. 
    Notre his­toire fait scan­dale ici. Mer­ci de me contac­ter par mail : [email protected]

    Réponse
  20. jkl

    bon­jour ‚moi aus­si éga­le­ment vic­times de dérives graves de la jus­tice avec preuves a l apuie d un outreau 2 ‚sur du n importe quoi ou des familles y sont confron­tés sens le savoir,des enfants sont pla­cés par­ceque des juje font leurs loie et y sont au dessus,j aime­rais ren­tré en contact avec l asso­cia­tion ‚et y dire les dérives comise par la jus­tice tous les jours,[email protected]

    Réponse
  21. ponchant

    Une péti­tion contre cer­taines pro­po­si­tions de la com­mis­sion Vari­nard est mise en route depuis la deuxième quin­zaine du mois de janvier.

    Adresse :

    http://​quel​fu​tur​pour​les​jeu​nes​de​lin​quants​.fr

    À ce jour, c’est plus de 10 100 signa­tures qui sont enre­gis­trées dans cette péti­tion. Mer­ci pour celles et ceux qui iront sur ce site d’y ajou­ter leur signatures.

    Réponse
  22. Banban

    Bon­soir

    Site qui à l’air intéressant.

    Mais dieux que la mise en page, la police et les cou­leurs uti­li­sées donnent envie de vomir.

    Un petit coup de pouce par un desi­gner de site com­pé­tent ne serait pas de trop pour mettre en valeur ce site.

    Salu­ta­tions

    Nota : le capt­cha anti-spam ne vaut pas mieux : je n’ai pas arri­vé à le lire ni à la pre­mière ni à la seconde fois.
    Du coup, j’ai cli­qué sur « envoyé » sans rem­plir l’an­ti spam afin d’a­voir un nou­veau code, plus lisible.
    Bref, y’a du taf dans la boutique.
    Je repasse dans 6 mois
    MDR

    Réponse

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