Mise en pratique de nos réflexions de simples citoyens

16/01/2006 | 7 commentaires

« Quel sera le deve­nir de ces débats ? Quelle ambi­tion avons-nous (avez-vous Étienne) pour les résul­tats du tra­vail d’É­tienne et de nos débats ? » demande Nanouche sur le forum (pre­miers posts du blog repro­duits dans le forum : com­men­taire n° 11). Je lui réponds ici, dans mon jour­nal, parce que ça devrait inté­res­ser aus­si ceux qui n’ont pas le temps de suivre toutes les conver­sa­tions du blog.

Chère Nanouche :o)

La ques­tion de la mise en pra­tique de nos idées est effec­ti­ve­ment essen­tielle et dif­fi­cile, mais elle n’est pas insoluble.

La dif­fi­cul­té vient évi­dem­ment de ce que toutes les com­mandes sont aux mains des pro­fes­sion­nels de la poli­tique et qu’ils ne vont pas se lais­ser faire : c’est pré­ci­sé­ment à la fois le pro­blème et l’obs­tacle à la solu­tion du problème.

Heu­reu­se­ment, nos parents ont déjà fran­chi deux pre­mières « marches » vers la démo­cra­tie : la liber­té d’ex­pres­sion et le suf­frage uni­ver­sel. Ces pre­mières étapes per­mettent d’a­van­cer ensuite vers une meilleure démo­cra­tie, mais seule­ment si les citoyens se servent de leurs outils.

On peut noter que ces « pre­mières marches » sont toutes les deux mises à mal en ce moment par ceux qu’elles gênent (aidés en cela par notre propre négligence) :

• La liber­té d’ex­pres­sion est très limi­tée sur les thèmes dont je parle : com­bien de débats contra­dic­toires à la télé­vi­sion sur le contrôle des pou­voirs et sur la res­pon­sa­bi­li­té des élus, aux heures de grande écoute, depuis 20 ans ?

Est-ce qu’on nous pré­sente sou­vent les enjeux du vote blanc, du man­dat impé­ra­tif et du réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive citoyenne ?

Et sur­tout à qui donne-t-on la parole si on évoque ces ques­tions ? Aux hommes poli­tiques de métier, ou à leurs amis proches des médias, qui évitent, bien enten­du, d’é­vo­quer hon­nê­te­ment, face à de solides contra­dic­teurs et avec le temps néces­saire, les prin­cipes que je défends ici.

• Le suf­frage uni­ver­sel, de son côté, est lui aus­si tru­qué, de façon à ce que nous ne puis­sions élire que des « notables » sélec­tion­nés par les appa­reils par­ti­sans, sans aucun moyen de s’en débar­ras­ser : si on les désa­voue en éli­sant leurs adver­saires, on les voit réap­pa­raître dès le scru­tin suivant.

C’est un peu comme si la pire sanc­tion qu’on puisse leur infli­ger était le mi-temps : une légis­la­ture pour ceux de « la droite », puis une légis­la­ture pour ceux de « la gauche » (avec des guille­mets), etc. Nous n’a­vons aucun moyen de dire « ça suf­fit, par­tez tous, et renou­ve­lons la classe poli­tique » (vote blanc), ni aucun moyen de chas­ser un éven­tuel affreux (RIC révocatoire).

Mais nous avons quand même l’In­ter­net et les « petits » can­di­dats à la pré­si­den­tielle. C’est une fra­gile oppor­tu­ni­té. Si on devient nom­breux, on peut trans­for­mer cette fra­gile oppor­tu­ni­té en muta­tion démo­cra­tique, en progrès.

Si nous sommes mille aujourd’­hui et que cha­cun d’entre nous arrive à convaincre cinq per­sonnes, d’a­bord du rôle cen­tral de la Consti­tu­tion dans notre vie quo­ti­dienne, du lien direct entre les poli­tiques réprou­vées, la pré­ca­ri­té qui se géné­ra­lise, et l’in­ter­dic­tion de résis­ter direc­te­ment écrite dans nos propres ins­ti­tu­tions, si nous sommes capables aus­si d’ex­pli­quer à ces 5 per­sonnes l’im­por­tance d’ex­pli­quer à leur tour les prin­cipes pro­tec­teurs cachés et refu­sés, on sera vite cinq mille. Et si on conti­nue tous, sans se décou­ra­ger, on peut deve­nir assez forts.

Concrè­te­ment, donc : pour que ce plan ait une chance de fonc­tion­ner, il faut que nos idées soient simples et puissantes.

Il s’a­git prio­ri­tai­re­ment de dépas­ser le fac­tice cli­vage « droite »-« gauche » et de mon­trer que l’en­jeu est de pro­té­ger les citoyens, les vrais humains plu­tôt que les per­sonnes morales, concrè­te­ment et honnêtement.

Or, quand on se penche sur la situa­tion ins­ti­tu­tion­nelle fran­çaise et euro­péenne pour com­prendre et mon­trer où se perd le pou­voir, ce n’est pas simple d’emblée :o)

D’où l’im­por­tance de notre débat actuel pour affû­ter nos argu­ments et nous frot­ter à une vraie contra­dic­tion, de façon à pro­gres­ser et rendre nos idées, si pos­sible, claires et irréfutables.

Sur les 50 prin­cipes que j’ai décrits dans « Les grands prin­cipes » et que j’ai résu­més dans la feuille Evaluation_projet_constitution.xls, il fau­drait que nous en choi­sis­sions 10 ou 15 seule­ment, uni­ver­sel­le­ment accep­tables et convaincants.

C’est dans cet esprit que nous devrions débattre :

1‑Quels prin­cipes garde-t-on et quels prin­cipes laisse-t-on à l’é­cart des dis­cus­sions à venir, pour être consen­suels et déci­sifs auprès du plus grand nombre ?

2-Et d’autre part, sur ces prin­cipes aux­quels tout le monde devrait tenir comme à la pru­nelle de ses yeux, quelles sont les attaques qui seront pro­ba­ble­ment for­mu­lées et com­ment peut-on répli­quer aux objec­tions, sim­ple­ment mais fortement ?

Si tout se passe bien, dans quelques mois, on aura défi­ni une dizaine de prin­cipes incon­tes­tables consti­tuant une exi­gence citoyenne solen­nelle, un groupe de reven­di­ca­tions fondamentales.

Et si on s’est bien réveillés entre nous, si on réus­sit à en réveiller beau­coup d’autres, et mieux : à faire de ces réveillés des réveilleurs… mieux encore : des réveilleurs de réveilleurs… on peut deve­nir très nom­breux (il fau­drait que nous soyons des mil­lions :o)

Tous ces citoyens enfin debout fini­raient par signer une péti­tion consti­tuante géante qui pour­rait for­mer un cadre de tra­vail pour une Assem­blée Consti­tuante élue (par exemple).

Je suis sûr que nous avons des hommes poli­tiques hon­nêtes et dévoués au ser­vice public, capables d’ac­cep­ter ces exi­gences citoyennes de contrôle per­ma­nent des pou­voirs (même si c’est trop dif­fi­cile pour eux d’i­ma­gi­ner ces contrôles et de les pro­po­ser eux-mêmes), et de relayer ces exi­gences en déclen­chant eux-mêmes ce pro­gramme consti­tuant qui devrait se dérou­ler ensuite sans eux.

On a besoin d’eux, mais pas au moment de fixer les limites de leur pouvoir.

Bien sûr, je connais la fable de « Per­rette, sur sa tête ayant un pot au lait… » et je sais bien qu’il est facile de bâtir des « châ­teaux en Espagne », mais bon, je décris ici une issue que je crois pos­sible, tout en sachant bien que, pour l’ins­tant, tout le monde dort et que les ber­ceuse télé­vi­suelles, spor­tives et publi­ci­taires tournent à fond.

Ce qui est sûr, c’est que la rési­gna­tion ne change jamais rien : c’est notre volon­té qui est capable de chan­ger la vie, rien d’autre.

Donc, on peut essayer, cha­cun à sa mesure et avec ses forces à lui, de pous­ser tous dans cette direc­tion-là , et on ver­ra bien si on est assez forts pour éloi­gner les voleurs de pou­voir :o)

Je vais tâcher, désor­mais, de « faire comme tout le monde » et de décou­per les articles de mon jour­nal en « billets » comme celui-ci. Ce sera plus rapide à ouvrir ;o) Vous me direz si c’est mieux :o)

Cet article est repro­duit dans le jour­nal com­plet, tou­jours dis­po­nible pour une impres­sion aisée : http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​J​o​u​r​n​a​l​.​pdf.

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Étienne

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7 Commentaires

  1. Merome

    Je confirme que c’est mieux en blog. Au moins la dis­cus­sion publique autour du sujet est possible.

    Je suis per­son­nel­le­ment convain­cu que l’in­ter­net peut nous aider à mener à bien un tel pro­jet. Nous sommes tout proches, avec un peu de volon­té, on peut tout ren­ver­ser, tout remettre dans le bon sens !

    Je m’es­time comme fai­sant par­tie de la caté­go­rie « réveilleur », en tout cas, je m’y emploie à tra­vers mon blog. La posi­tion n’est pas tou­jours confor­table parce qu’elle res­semble à celle du « don­neur de leçon ». Et comme il est dif­fi­cile de mon­trer l’exemple quand le sys­tème ne le per­met pas, cela res­semble vite à de la pro­pa­gande qui est assez mal vécue par les lec­teurs et contre productive…

    Réponse
  2. wikiconstitution : on passe à la vitesse supérieure ?

    Salut Etienne,

    j’ai­me­rais don­ner un coup de fouet au pro­jet « wikiconstitution ».

    Ce serait un désastre si le NON du 29 mai ne débou­chait sur rien, cet échec vien­drait se super­po­ser à l’é­chec de ceux qui espé­raient amé­lio­rer les choses en com­men­çant par engran­ger les avan­cées du TCE sur ses pré­dé­ces­seurs, la somme de ces deux échecs serait gra­vis­sime pour le pro­jet euro­péen. Comme tu es l’un des seuls à te bou­ger par­mi les anciens non­nistes soi-disant (pour cer­tains d’entre eux) pro-euro­péens, je compte sur toi pour conti­nuer à te bou­ger et compte sur moi pour te motiver 😉

    La wiki­cons­ti­tu­tion est poten­tiel­le­ment une bonne idée, la ques­tion est : com­ment on s’y prend ?

    En tant que wiki­pé­diste, je suis per­sua­dé qu’on ne s’en sor­ti­ra pas en lais­sant n’im­porte qui cor­ri­ger libre­ment ce que les pré­dé­ces­seurs ont écrit… Cette inha­bi­tuelle liber­té est bien trop brouillonne. Il faut plus de structure.

    Je pro­pose une métho­do­lo­gie qui per­mette d’a­van­cer (pas à pas) :

    - il me semble impos­sible de faire table rase du pas­sé, ou de lais­ser n’im­porte qui n’im­porte quand réécrire et effa­cer com­plè­te­ment ou déna­tu­rer ce que ses pré­dé­ces­seurs se sont don­né la peine d’écrire.

    • Aus­si, je compte reco­pier dans la par­tie « une consti­tu­tion euro­péenne » le texte issu de la conven­tion pour l’a­ve­nir de l’Europe, 

    • j’ai bien dit le texte issu de la Conven­tion pour l’a­ve­nir de l’Eu­rope, et non pas celui sur lequel on a voté qui a été cas­tré par les gou­ver­ne­ments et leurs diplo­mates sur plu­sieurs points déci­sifs par la confé­rence inter­gou­ver­ne­men­tale qui a sui­vi la clô­ture des tra­vaux de la Convention

    • sui­vant ton prin­cipe : ce n’est pas aux hommes du pou­voir d’é­crire les règles. En Europe, ce sont les GOUVERNEMENTS et per­sonne d’autre qui tenait ce pou­voir jus­qu’en l’an 2000 et les mémo­rables négo­cia­tions sur le trai­té de Nice qui ont prou­vé avec clar­té que cette méthode là ne mar­chait tout sim­ple­ment plus, donc la conven­tion était un pro­grès notable

    • donc l’i­dée est que les citoyens (c’est-à-dire : nous) reprennent les tra­vaux de la conven­tion là où elle les a arrê­té, et l’a­mendent pro­gres­si­ve­ment, et que nous tra­vaillons un peu comme eux (mal­heu­reu­se­ment, uni­que­ment avec des inter­nautes fran­co­phones, ce qui n’est qu’une frac­tion des citoyens euro­péens, mais il faut bien com­men­cer quelquepart 🙁

    • pour ce faire, je mets en place avec un peu de wiki­ma­gie (je connais très bien Media­wi­ki) un sys­tème qui per­met de pro­po­ser, dis­cu­ter, refor­mu­ler, voter sur des amen­de­ments sur la base du texte de la Conven­tion. Il n’y aura pas de règle cou­pe­ret qui dise « plus de 57.15% : l’a­men­de­ment est adop­té », car les votants ne seront aucu­ne­ment repré­sen­ta­tifs ne serait-ce que des fran­co­phones, mais au moins on pour­rait voir quels amen­de­ments se dégagent, ce qui pour­rait per­mettre de voir si les reven­di­ca­tions sont iden­ti­fiables et convergentes.

    • après, il « suf­fi­ra » de tes­ter le sys­tème et s’il est satis­fai­sant, on pour­ra rameu­ter du monde sans craindre le chaos.

    Est-ce que ça te va ? Comme c’est beau­coup de tra­vail, je ne vou­drais pas faire ça pour rien.

    Jmfayard

    PS : si tu pou­vais me pré­ve­nir par email de ta réponse, ce serait sympa.

    Réponse
  3. OK pour reprendre le texte des conventionnels, entre autres

    Salut JM,

    Je n’aime pas le fouet (enfin, je sup­pose ;o), mais je te remer­cie pour ton éner­gie créatrice.

    Ça me va tout à fait, ton idée, bien sûr, (puisque le wiki est lar­ge­ment ouvert par défi­ni­tion), si on laisse aus­si se déve­lop­per, par ailleurs, un pro­jet qui, lui, reprenne tout à zéro si on peut (plus sim­ple­ment, briè­ve­ment, en pro­té­geant les hommes plu­tôt que les États ou les grandes com­pa­gnies, et en tenant nos repré­sen­tants sous une sur­veillance étroite, par exemple).

    J’ai un peu peur quand même du volume de ce que tu vas copier col­ler : le TCE fai­sait presque 500 pages A4 : tu vas me satu­rer ma base SQL… ;o) et on va se tar­ti­ner du bou­lot pour 10 ans, non ? (Je ne me sou­viens plus de la lon­gueur du pre­mier texte, mais c’était déjà très long, non ?) 

    (2 sept) J’ai trou­vé l’o­ri­gi­nal du trai­té pro­po­sé par la Conven­tion en juillet 2003 : il fait 263 pages… Il vaut mieux ne pas le reco­pier inté­gra­le­ment ici, on va se noyer, JM, non ?

    Mais ton idée de reprendre le texte avant char­cu­tage gou­ver­ne­men­tal est sédui­sante, même si je n’oublie pas que la Conven­tion Gis­card sur l’a­ve­nir de l’Eu­rope ne com­pre­nait qua­si­ment que des par­le­men­taires (qui sont, de mon point de vue, exac­te­ment aus­si dan­ge­reux que des ministres, pour nous, dans ce rôle de consti­tuants) et que son prin­ci­pal ani­ma­teur lou­chait lui-même sur la Pré­si­dence de l’Europe…

    Mais bon, on peut pro­ba­ble­ment cor­ri­ger les plus gros défauts et évi­ter ain­si de tout recom­men­cer à zéro.

    Je ne sais pas à quels outils de dis­cus­sion tu penses, mais ce serait bien qu’on ne recom­mence pas sur le wiki tous les débats qu’on a déjà eus sur le forum : autant que pos­sible, il fau­drait créer des pas­se­relles et cau­ser plu­tôt sur le forum, non ?

    Il fau­drait donc cou­per la par­tie wiki­cons­ti­tu­tion euro­péenne en deux :

    1) amé­lio­ra­tion du pro­jet de la Convention,

    2) pro­jet nouveau.

    Je pen­sais jus­te­ment, ce matin, faire ça avec la Consti­tu­tion de 1958 : pré­voir une page qui reprenne car­ré­ment tout le texte de 1958 (pas très long) et on bar­re­rait ce qui est vrai­ment mau­vais (les pou­voirs exor­bi­tants du Pré­sident, la sou­mis­sion du Par­le­ment, les lois orga­niques, les ordon­nances, etc.) qu’on lais­se­rait bar­ré à l’écran pour bien voir ce qu’on ne veut pas, on ajou­te­rait ce qui manque en bleu (vote blanc, RIC, non cumul, contrôle des médias, pro­tec­tion des ser­vices publics, réfé­ren­dum obli­ga­toire pour toute révi­sion ou toute modi­fi­ca­tion des modes de scru­tins, un vrai pou­voir puis­sant (d’in­ves­ti­ga­tion et d’in­jonc­tion) à la Cour des comptes, un Sénat élu à la pro­por­tion­nelle ou tiré au sort, etc.), et on cor­ri­ge­rait ce qui doit être modi­fié ou refor­mu­lé en rouge.

    Alors, on cou­pe­rait aus­si la par­tie wiki­cons­ti­tu­tion natio­nale en deux :

    1) amé­lio­ra­tion de la Consti­tu­tion de 1958,

    2) pro­jet nouveau.

    L’avantage des cor­rec­tions effec­tuées sur les anciens pro­jets, c’est qu’on peut espé­rer aller plus vite (en n’ayant pas tout à réécrire). L’inconvénient, c’est qu’on aura sans doute par­fois du mal à pré­ser­ver la cohé­rence de l’ensemble, il fau­dra y faire attention.

    On s’était dit, aus­si, que ce serait bien que cha­cun, sur sa page per­son­nelle du wiki (celle qui porte le titre de notre nom ou pseu­do), garde la trace des articles qu’il pré­fère lui, sa Consti­tu­tion idéale à lui en quelque sorte, que tout le monde pour­rait aller lire pour trou­ver des idées (mais sans la lui chan­ger :o)

    De mon côté, je suis en train d’en pré­pa­rer une que je com­men­ce­rai par mettre là, sur la page qui cor­res­pond à mon nom.

    C’est jouable, comme auto­dis­ci­pline et enri­chis­se­ment mutuel, non ?

    J’ai hâte de voir ce que donnent tes talents de magi­cien wiki ;o)

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  4. Étienne

    ça y est, j’ai créé les sous-par­ties (pour par­tir de notre Consti­tu­tion natio­nale, d’une part, et pour par­tir du texte de la Conven­tion Gis­card, d’autre part) dans le wiki…

    Fati­gué…

    Bonne nuit :o)

    Réponse
  5. sam17

    D’ac­cord pour entre­prendre ici un pro­jet sur la base que vous pro­po­sez, JMFayard, du moment qu’on cloi­sonne bien les dif­fé­rents pro­jets.

    Oui, ce serait bien de reprendre tout le tra­vail de Jacques Roman – même s’il est peut-être par­ti d’un stade plus « avan­cé » du TCE. Cela fait déjà deux coor­di­na­teurs, s’ils s’en­tendent, pour mener cette par­tie de pro­jet. J’a­jou­te­rai que Jacques Roman aurait sans doute besoin d’un coup de main actif sur son propre site, et l’un des meilleurs moyens d’at­teindre l’ef­fi­ca­ci­té dont vous par­lez, JMFayard, me semble être de tra­vailler dans ce cadre ; à côté de cela, à pre­mière vue, Étienne me semble déjà bien satu­ré de tra­vail, et je ne trouve pas évident d’ac­cueillir sur son site plu­sieurs pro­jets en même temps. Mais ça le regarde.

    Bien sûr, la coha­bi­ta­tion de pro­jets per­met des échanges fruc­tueux. Elle per­met aus­si à un pro­jet se vou­lant très exi­geant et pas des­ti­né sans doute à abou­tir direc­te­ment dans un large débat public et dans les urnes euro­péennes, de trou­ver des contra­dic­tions qui l’ai­de­ront. Mais il faut fixer une mesure, car l’au­berge espa­gnole condui­ra assu­ré­ment à étouf­fer toute réelle idée avant-gar­diste. Par ailleurs, je n’ai pas besoin de rap­pe­ler qu’É­tienne mène en paral­lèle une approche péda­go­gique, qui per­met une vaste dis­cus­sion des pro­blèmes consti­tu­tion­nels, indé­pen­dam­ment de la pour­suite d’un pro­jet politique. 

    Bref, la recherche et l’en­sei­gne­ment côte à côte, c’est essen­tiel ; la col­la­bo­ra­tion mesu­rée, ponc­tuelle, d’é­quipes de recherche, aus­si (on fait des congrès, pour cela, mais nul n’est tenu de prendre l’a­vis des autres pour des ordres d’o­rien­ta­tion de ses recherches) ; la coopé­ra­tion de com­pé­tences trans­ver­sales, éga­le­ment ; mais on n’a jamais vu une équipe appor­ter un réel pro­grès après s’en être remise en per­ma­nence à l’a­vis de la majo­ri­té, que ce soit dans la sphère publique, dans la com­mu­nau­té des scien­ti­fique au sens large, ou même dans son propre domaine de recherche voire dans sa voie de recherche, sur laquelle diverses équipes travaillent.

    Et puis je crains que, régu­liè­re­ment, les gens soient ame­nés à pas­ser « du coq à l’âne », sur­tout ceux qui débarquent ici, et que ça n’aide pas à cloi­son­ner les pro­jets. C’est avant tout ce qui me rebute. Car en tout état de cause, il me semble évident que les cri­tères de déci­sion sur l’or­ga­ni­sa­tion de ce site doivent consi­dé­rer en pre­mier lieu les condi­tions assu­rant la sur­vie du pro­jet lan­cé et mené par Étienne.

    Dans le cadre de ce pro­jet, c’est à lui de défi­nir ce qui est négo­ciable ou non, et per­sonne n’est tenu de s’y ral­lier, pour peu qu’il accepte de ne pas faire d’in­gé­rence là où il contre­vien­drait aux règles. En par­ti­cu­lier, une règle d’or est de s’affranchir d’une pro­blé­ma­tique de « trai­té consti­tu­tion­nel » que l’esprit même de ce pro­jet rejette : « ce n’est pas aux hommes du pou­voir d’é­crire les règles du pou­voir ».

    Je refuse l’i­dée que les pro­blé­ma­tiques sui­vies par la Conven­tion, et même celles sou­mises à elle au départ (à Laen­nec, ou en amont – l’Eu­rope poli­tique est une idée qui n’ap­par­tient pas à Mon­net, à Gis­card, à Delors ou à Cohn-Ben­dit, mais aux Euro­péens, dont aucun de ceux-là ne connaissent encore les doléances, per­sonne ne leur ayant jamais posé la ques­tion clai­re­ment et offi­ciel­le­ment) soient impo­sées a prio­ri dans le cadre de ce pro­jet. Qui a nom­mé la Conven­tion ? Qui en a fixé la mis­sion ? Quand a‑t-on orga­ni­sé un réfé­ren­dum paneu­ro­péen avant d’élaborer un conte­nu ? Où est le cahier de doléances ? 

    Faut-il être déses­pé­ré d’une réelle voie d’alternative démo­cra­tique pour accep­ter – par faci­li­té évi­dente, en l’ab­sence de cahier de doléances éma­nant des nations – une base qui déjà prive tout espoir de réel chan­ge­ment ? Cha­cun est libre de suivre une stra­té­gie, et je conçois tout à fait qu’on puisse pri­vi­lé­gier « l’ef­fi­ca­ci­té », à savoir la pro­ba­bi­li­té de voir son pro­jet tra­duit à moyen terme en réelle alter­na­tive poli­tique, quitte à réité­rer la même erreur que l’on repro­duit historiquement.

    Je conçois aus­si qu’É­tienne, pour ce qui est de son pro­jet, ne négo­cie pas sur un prin­cipe dont il a fait le sous-titre de son forum. Me concer­nant, les mil­liers d’heures que je prends comme vous pour contri­buer à éla­bo­rer une consti­tu­tion, j’ai choi­si libre­ment de les consa­crer au pro­jet d’É­tienne, sans doute au détri­ment de l’ef­fi­ca­ci­té poli­tique à court terme. J’en suis conscient, et je refuse d’être pri­vé de la base même de ce qui sus­cite tant de mon investissement.

    Il faut bien resi­tuer les choses, concer­nant le pro­jet lan­cé par Étienne, sur le plan du com­pro­mis entre « effi­ca­ci­té poli­tique » et exi­gence démocratique.

    Je dirais que le but n’est pas tant d’écrire une consti­tu­tion des­ti­née avec une pro­ba­bi­li­té signi­fi­ca­tive à être sou­mise à un réfé­ren­dum paneu­ro­péen – après une mira­cu­leuse publi­ci­té qui lui serait offerte dans les débats média­tiques, un cadre où à ce jour, la seule idée d’une Assem­blée Consti­tuante n’a trou­vé aucune place, aus­si évi­dente et légi­time soit-elle. 

    Il s’a­git bien plu­tôt de don­ner un exemple de ce que pour­rait-être une Consti­tu­tion réel­le­ment nova­trice, et de comp­ter sur cette qua­li­té, plu­tôt que sur un carac­tère réso­lu­ment « rai­son­nable », pour faire par­ler peu à peu de cet exemple dans le débat public, pour acqué­rir patiem­ment l’adhé­sion, et pous­ser len­te­ment l’appel de la future Consti­tuante euro­péenne (fran­çaise), en lui fixant la barre haute en matière d’exigences démo­cra­tiques – Consti­tuante que pré­fè­re­ront alors appe­ler les élus en place plu­tôt que pro­po­ser direc­te­ment un pro­jet qui les ampute, pour les prin­ci­paux inté­res­sés, d’une part énorme de leur pou­voir actuel­le­ment bien trop impor­tant et trop peu contrôlé.

    Appro­fon­dir avant d’élargir, et ne pas négo­cier sur ce qui n’est pas négo­ciable, voi­là comme je vois la règle de sur­vie pre­mière d’un tel pro­jet. Plu­tôt viser après-demain, et gar­der son âme, que de s’im­po­ser une condi­tion d’ef­fi­ca­ci­té qui du même coup détourne la « thèse » de départ. Dans un pareil cadre, il vaut mieux s’entendre à 50 sur des bases révo­lu­tion­naires, et par­ve­nir à écrire un pro­jet qui soit à la fois cohé­rent et ambi­tieux, que jouer d’emblée à l’auberge espa­gnole : dans le pre­mier cas, les chances sont minimes ; dans le second, elles sont nulles, au regard du res­pect des prin­cipes pre­miers, ini­tiaux, du contrat.

    Le prin­cipe de départ du pro­jet d’É­tienne exclut donc qu’on y implante la pro­blé­ma­tique du « Trai­té consti­tu­tion­nel » (oxy­more, com­bi­nai­son de mots contraires, qui révèle un grave abus de pouvoir).

    Ensuite, il exige une inéli­gi­bi­li­té à vie à tout poste public pour les constituants.

    Que ceux qui veulent tran­si­ger sur ces condi­tions le fassent et mènent leur pro­jet libre­ment, ici ou ailleurs, sans impo­ser aux autres, à savoir au pro­jet d’É­tienne, qui reste le coeur de ce site, ce détour­ne­ment du contrat de départ, contrat expli­cite pour qui lit le sous-titre du forum.

    Voi­là, si ce site est conduit à accueillir des pro­jets qui ne jouent pas dans la même caté­go­rie, et s’ap­puient sur deux concep­tions anta­go­nistes dans le com­pro­mis entre « effi­ca­ci­té poli­tique » à court terme et niveau d’exi­gence démo­cra­tique, j’exige que la cloi­son soit bien enten­due et res­pec­tée. C’est une chose que je n’en­tends pas négo­cier. Bien sûr, cette condi­tion n’en­gage que ma par­ti­ci­pa­tion à l’a­ve­nir. Et quand j’i­rai trou­ver un autre pro­jet de cette nature, s’il existe, je retom­be­rai sur des inter­ve­nants qui ont du mal à s’en tenir (sinon à com­prendre d’eux-mêmes) à un contrat pour­tant clair : la fuite n’est pas une solu­tion, la solu­tion c’est de rendre plus clair encore le contrat.

    Bien sûr, je n’é­cris pas cela sans avoir échan­gé avec Étienne et m’être assu­ré de la réa­li­té de ses exi­gences concer­nant le res­pect du prin­cipe n°1, et des deux corol­laires que je viens de rap­pe­ler. Je sup­pose, per­sonne, sachant qu’elle dis­pose de bien d’autres endroits pour débattre, construire, et de la pos­si­bi­li­té de mon­ter son propre pro­jet, n’a l’in­ten­tion de détour­ner un pro­jet qui ne lui appar­tient que s’il en accepte les condi­tions non négociables.

    Réponse
  6. zolotareff

    DES INSULTES À LA RAISON ?

    Oui, j’achète moins cher des jouets, des habits fabri­qués en Chine. Oui, les patrons ne donnent pas de tra­vail à des fran­çais et délo­ca­lisent leur fabri­ca­tion. Non, je ne vois pas en quoi ma posi­tion n’est pas citoyenne : je n’ai pas assez d’argent pour ache­ter français.

    Les ins­ti­tu­tions : police, jus­tice, ensei­gne­ment, sont en contact avec les usa­gers et des admi­nis­tra­tifs les gèrent pour quel résul­tat ? 1 000 000 fonc­tion­naires dans l’éducation natio­nale pour 13 000 000 mil­lions d’enseignés soit un fonc­tion­naire pour 13 élèves !

    Gros­siè­re­ment, les charges diverses (assu­rance chô­mage, retraite, CSG, impôts) sur les salaires se chiffrent à 80 % du salaire net. Votre patron dis­pose de 1000 euros. Allez-vous faire des heures sup­plé­men­taire ? De ces 1000 euros, il vous reste en reve­nu net 555,55 euros. Vous dis­po­sez donc de 555 euros pour payer un sala­rié qui dis­po­se­ra en net de 308 euros !
    Faites vos comptes et vous irez à la bri­co­le­rie du coin : il vaut mieux faire du jar­di­nage, de la pein­ture, de la plom­be­rie, de l’électricité, etc. que des heures supplémentaires.
    Faites vos comptes et vous vous occu­pe­rez vous-même de vos enfants.

    Des jeunes fran­çais ont été dans la rue pour lut­ter contre le CPE. Bra­vo mais pour­quoi devraient ils être embau­chés quelques mois après ?

    Le même euro per­met à l’Allemagne des excé­dents de sa balance com­mer­ciale et à la France des défi­cits records de sa balance com­mer­ciale. Conclu­sions : nos poli­ti­ciens accusent la banque cen­trale européenne !

    Le véri­table échec du plan­ning fami­lial : l’avortement : Com­ment convaincre les femmes qui avortent que la peine de mort est inter­dite en France. Mais rap­pe­lons qu’au moyen âge une femme n’avait pas d’âme ni aujourd’hui de logique. Com­ment peut-on être contre la peine de mort et pour l’avortement ?

    3 000 tor­tu­rés ou dis­pa­rus durant le régime de Pinochet.
    30 000 tor­tu­rés ou dis­pa­rus durant le régime mili­taire argentin.
    3 000 000 tor­tu­rés ou dis­pa­rus durant le régime com­mu­niste de POLPOT au Cambodge
    6 000 000 tor­tu­rés ou dis­pa­rus durant la révo­lu­tion cultu­relle vou­lue par MAO TSE TOUNG
    Ne vou­lant pas être accu­sé de racisme, ne par­lons pas des mas­sacres d’africains par des africains.
    Seul le régime de PINOCHET sou­lève ou a sou­le­vé l’indignation des gau­chistes, anar­chistes et autres sec­taires. Explication ?

    Sur la torture
    L’église catho­lique a tor­tu­ré au nom de la reli­gion et de la rai­son d’état.
    Le par­ti socia­liste a tor­tu­ré en Algérie.
    Le nazisme a tor­tu­ré durant la guerre de 1940.
    Béria et le NKVD ont tor­tu­ré en Union sovié­tique au nom du communisme.
    Depuis plu­sieurs siècles, les athées tor­turent plus que toutes les reli­gions réunies !
    Pour quelle rai­son les ratio­na­listes fran­çais ne parlent-ils que de l’inquisition ?

    La reli­gion catho­lique s’est intro­duite dans l’empire romain par des esclaves conver­tis au pre­mier et second siècle après Jésus-Christ. La reli­gion musul­mane s’est intro­duite en Afrique du Nord par les armes au hui­tième et neu­vième siècle. Les nord-afri­cains sont des chré­tiens battus.

    John­ny HALIDAY s’en va en Suisse pour des rai­sons fis­cales. Des cen­taines de diplô­més fran­çais partent à l’étranger pour des rai­sons pro­fes­sion­nelles ou fis­cales. Des cen­taines d’africains et en par­ti­cu­liers de méde­cins afri­cains viennent en France pour des rai­sons pro­fes­sion­nelles ou fis­cales. Pour quelle rai­son les socia­listes fran­çais parlent de John­ny HALIDAY et non des méde­cins afri­cains qui s’expatrient ?!
    La Suisse est un pays où la com­pé­tence d’un pro­fes­sion­nel est récom­pen­sée et non sur­taxé. La France, au nom du ser­vice public (de la san­té), trans­forme l’Afrique en désert médical.

    Pour quelle rai­son de si nom­breuses habi­ta­tions sont à l’abandon dans nos cam­pagnes avec de si nom­breux sans domi­cile fixe à PARIS ? Est-ce le rôle des pro­prié­taires fon­ciers de don­ner du tra­vail sur l’ensemble du ter­ri­toire fran­çais ? Plus les pro­prié­taires seront taxés, plus ils inves­ti­ront en assu­rance vie ou en fond de pla­ce­ment inter­na­tio­naux, et plus les pro­blèmes de loge­ment s’aggraveront. Avons-nous oublié les effets de la loi de 1948 ?
    Devant son ordi­na­teur, tout pla­ce­ment d’argent non dépen­sé se réduit à : ou prendre une assu­rance vie pour favo­ri­ser ses enfants, ou prendre des parts d’une socié­té immo­bi­lière, ou prendre des parts d’une socié­té inves­tis­sant en actions fran­çaises ou en actions étrangères.

    L’argumentaire sui­vant est-il com­pré­hen­sible ? La France a 3 000 000 000 d’euros de dettes ; cet argent a été dépen­sé tout par­ti­cu­liè­re­ment en émo­lu­ments de fonc­tion­naires, en avan­tages sociaux et en sub­ven­tions diverses. La poli­tique offi­cielle n’était pas d’économiser mais de dépen­ser (de pré­fé­rence l’argent de ses enfants) pour créer de l’emploi.

    Les nomi­na­tions en 1973 à l’Université de …… en Mathé­ma­tiques sous la pré­si­dence de Mon­sieur XXX nor­ma­lien (aujourd’hui à la retraite) :
    Ques­tion du nor­ma­lien : lequel des can­di­dats coû­te­ra le plus cher à l’État (c’est-à-dire béné­fi­ciant de plus d’avantages sociaux) ?
    Réponse des ensei­gnants cher­cheurs de l’époque : Mon­sieur YYY
    Conclu­sion : Mon­sieur YYY est embauché.
    Mai 1968 est oublié : aucun pré­sident de com­mis­sion de spé­cia­listes n’a le cynisme de don­ner les rai­sons cachées des embauches, la pra­tique a chan­gé, les cri­tères deve­nant l’appartenance syndicale.

    L’Université est trop sou­vent la culture de l’incompétence. Com­ment obte­nir des cri­tères d’efficacité.
    Des cher­cheurs qui cherchent, on en trouve.

    Des cher­cheurs qui trouvent, on en cherche »

    Leo­nid ZOLOTAREFF
    Vaca­taire de l’Université Française

    Réponse

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