« Quel sera le devenir de ces débats ? Quelle ambition avons-nous (avez-vous Étienne) pour les résultats du travail d’Étienne et de nos débats ? » demande Nanouche sur le forum (premiers posts du blog reproduits dans le forum : commentaire n° 11). Je lui réponds ici, dans mon journal, parce que ça devrait intéresser aussi ceux qui n’ont pas le temps de suivre toutes les conversations du blog.
Chère Nanouche :o)
La question de la mise en pratique de nos idées est effectivement essentielle et difficile, mais elle n’est pas insoluble.
La difficulté vient évidemment de ce que toutes les commandes sont aux mains des professionnels de la politique et qu’ils ne vont pas se laisser faire : c’est précisément à la fois le problème et l’obstacle à la solution du problème.
Heureusement, nos parents ont déjà franchi deux premières « marches » vers la démocratie : la liberté d’expression et le suffrage universel. Ces premières étapes permettent d’avancer ensuite vers une meilleure démocratie, mais seulement si les citoyens se servent de leurs outils.
On peut noter que ces « premières marches » sont toutes les deux mises à mal en ce moment par ceux qu’elles gênent (aidés en cela par notre propre négligence) :
• La liberté d’expression est très limitée sur les thèmes dont je parle : combien de débats contradictoires à la télévision sur le contrôle des pouvoirs et sur la responsabilité des élus, aux heures de grande écoute, depuis 20 ans ?
Est-ce qu’on nous présente souvent les enjeux du vote blanc, du mandat impératif et du référendum d’initiative citoyenne ?
Et surtout à qui donne-t-on la parole si on évoque ces questions ? Aux hommes politiques de métier, ou à leurs amis proches des médias, qui évitent, bien entendu, d’évoquer honnêtement, face à de solides contradicteurs et avec le temps nécessaire, les principes que je défends ici.
• Le suffrage universel, de son côté, est lui aussi truqué, de façon à ce que nous ne puissions élire que des « notables » sélectionnés par les appareils partisans, sans aucun moyen de s’en débarrasser : si on les désavoue en élisant leurs adversaires, on les voit réapparaître dès le scrutin suivant.
C’est un peu comme si la pire sanction qu’on puisse leur infliger était le mi-temps : une législature pour ceux de « la droite », puis une législature pour ceux de « la gauche » (avec des guillemets), etc. Nous n’avons aucun moyen de dire « ça suffit, partez tous, et renouvelons la classe politique » (vote blanc), ni aucun moyen de chasser un éventuel affreux (RIC révocatoire).
Mais nous avons quand même l’Internet et les « petits » candidats à la présidentielle. C’est une fragile opportunité. Si on devient nombreux, on peut transformer cette fragile opportunité en mutation démocratique, en progrès.
Si nous sommes mille aujourd’hui et que chacun d’entre nous arrive à convaincre cinq personnes, d’abord du rôle central de la Constitution dans notre vie quotidienne, du lien direct entre les politiques réprouvées, la précarité qui se généralise, et l’interdiction de résister directement écrite dans nos propres institutions, si nous sommes capables aussi d’expliquer à ces 5 personnes l’importance d’expliquer à leur tour les principes protecteurs cachés et refusés, on sera vite cinq mille. Et si on continue tous, sans se décourager, on peut devenir assez forts.
Concrètement, donc : pour que ce plan ait une chance de fonctionner, il faut que nos idées soient simples et puissantes.
Il s’agit prioritairement de dépasser le factice clivage « droite »-« gauche » et de montrer que l’enjeu est de protéger les citoyens, les vrais humains plutôt que les personnes morales, concrètement et honnêtement.
Or, quand on se penche sur la situation institutionnelle française et européenne pour comprendre et montrer où se perd le pouvoir, ce n’est pas simple d’emblée :o)
D’où l’importance de notre débat actuel pour affûter nos arguments et nous frotter à une vraie contradiction, de façon à progresser et rendre nos idées, si possible, claires et irréfutables.
Sur les 50 principes que j’ai décrits dans « Les grands principes » et que j’ai résumés dans la feuille Evaluation_projet_constitution.xls, il faudrait que nous en choisissions 10 ou 15 seulement, universellement acceptables et convaincants.
C’est dans cet esprit que nous devrions débattre :
1‑Quels principes garde-t-on et quels principes laisse-t-on à l’écart des discussions à venir, pour être consensuels et décisifs auprès du plus grand nombre ?
2-Et d’autre part, sur ces principes auxquels tout le monde devrait tenir comme à la prunelle de ses yeux, quelles sont les attaques qui seront probablement formulées et comment peut-on répliquer aux objections, simplement mais fortement ?
Si tout se passe bien, dans quelques mois, on aura défini une dizaine de principes incontestables constituant une exigence citoyenne solennelle, un groupe de revendications fondamentales.
Et si on s’est bien réveillés entre nous, si on réussit à en réveiller beaucoup d’autres, et mieux : à faire de ces réveillés des réveilleurs… mieux encore : des réveilleurs de réveilleurs… on peut devenir très nombreux (il faudrait que nous soyons des millions :o)
Tous ces citoyens enfin debout finiraient par signer une pétition constituante géante qui pourrait former un cadre de travail pour une Assemblée Constituante élue (par exemple).
Je suis sûr que nous avons des hommes politiques honnêtes et dévoués au service public, capables d’accepter ces exigences citoyennes de contrôle permanent des pouvoirs (même si c’est trop difficile pour eux d’imaginer ces contrôles et de les proposer eux-mêmes), et de relayer ces exigences en déclenchant eux-mêmes ce programme constituant qui devrait se dérouler ensuite sans eux.
On a besoin d’eux, mais pas au moment de fixer les limites de leur pouvoir.
Bien sûr, je connais la fable de « Perrette, sur sa tête ayant un pot au lait… » et je sais bien qu’il est facile de bâtir des « châteaux en Espagne », mais bon, je décris ici une issue que je crois possible, tout en sachant bien que, pour l’instant, tout le monde dort et que les berceuse télévisuelles, sportives et publicitaires tournent à fond.
Ce qui est sûr, c’est que la résignation ne change jamais rien : c’est notre volonté qui est capable de changer la vie, rien d’autre.
Donc, on peut essayer, chacun à sa mesure et avec ses forces à lui, de pousser tous dans cette direction-là , et on verra bien si on est assez forts pour éloigner les voleurs de pouvoir :o)
Je vais tâcher, désormais, de « faire comme tout le monde » et de découper les articles de mon journal en « billets » comme celui-ci. Ce sera plus rapide à ouvrir ;o) Vous me direz si c’est mieux :o)
Cet article est reproduit dans le journal complet, toujours disponible pour une impression aisée : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Journal.pdf.

Je confirme que c’est mieux en blog. Au moins la discussion publique autour du sujet est possible.
Je suis personnellement convaincu que l’internet peut nous aider à mener à bien un tel projet. Nous sommes tout proches, avec un peu de volonté, on peut tout renverser, tout remettre dans le bon sens !
Je m’estime comme faisant partie de la catégorie « réveilleur », en tout cas, je m’y emploie à travers mon blog. La position n’est pas toujours confortable parce qu’elle ressemble à celle du « donneur de leçon ». Et comme il est difficile de montrer l’exemple quand le système ne le permet pas, cela ressemble vite à de la propagande qui est assez mal vécue par les lecteurs et contre productive…
Salut Etienne,
j’aimerais donner un coup de fouet au projet « wikiconstitution ».
Ce serait un désastre si le NON du 29 mai ne débouchait sur rien, cet échec viendrait se superposer à l’échec de ceux qui espéraient améliorer les choses en commençant par engranger les avancées du TCE sur ses prédécesseurs, la somme de ces deux échecs serait gravissime pour le projet européen. Comme tu es l’un des seuls à te bouger parmi les anciens nonnistes soi-disant (pour certains d’entre eux) pro-européens, je compte sur toi pour continuer à te bouger et compte sur moi pour te motiver 😉
La wikiconstitution est potentiellement une bonne idée, la question est : comment on s’y prend ?
En tant que wikipédiste, je suis persuadé qu’on ne s’en sortira pas en laissant n’importe qui corriger librement ce que les prédécesseurs ont écrit… Cette inhabituelle liberté est bien trop brouillonne. Il faut plus de structure.
Je propose une méthodologie qui permette d’avancer (pas à pas) :
- il me semble impossible de faire table rase du passé, ou de laisser n’importe qui n’importe quand réécrire et effacer complètement ou dénaturer ce que ses prédécesseurs se sont donné la peine d’écrire.
• Aussi, je compte recopier dans la partie « une constitution européenne » le texte issu de la convention pour l’avenir de l’Europe,
• j’ai bien dit le texte issu de la Convention pour l’avenir de l’Europe, et non pas celui sur lequel on a voté qui a été castré par les gouvernements et leurs diplomates sur plusieurs points décisifs par la conférence intergouvernementale qui a suivi la clôture des travaux de la Convention
• suivant ton principe : ce n’est pas aux hommes du pouvoir d’écrire les règles. En Europe, ce sont les GOUVERNEMENTS et personne d’autre qui tenait ce pouvoir jusqu’en l’an 2000 et les mémorables négociations sur le traité de Nice qui ont prouvé avec clarté que cette méthode là ne marchait tout simplement plus, donc la convention était un progrès notable
• donc l’idée est que les citoyens (c’est-à-dire : nous) reprennent les travaux de la convention là où elle les a arrêté, et l’amendent progressivement, et que nous travaillons un peu comme eux (malheureusement, uniquement avec des internautes francophones, ce qui n’est qu’une fraction des citoyens européens, mais il faut bien commencer quelquepart 🙁
• pour ce faire, je mets en place avec un peu de wikimagie (je connais très bien Mediawiki) un système qui permet de proposer, discuter, reformuler, voter sur des amendements sur la base du texte de la Convention. Il n’y aura pas de règle couperet qui dise « plus de 57.15% : l’amendement est adopté », car les votants ne seront aucunement représentatifs ne serait-ce que des francophones, mais au moins on pourrait voir quels amendements se dégagent, ce qui pourrait permettre de voir si les revendications sont identifiables et convergentes.
• après, il « suffira » de tester le système et s’il est satisfaisant, on pourra rameuter du monde sans craindre le chaos.
Est-ce que ça te va ? Comme c’est beaucoup de travail, je ne voudrais pas faire ça pour rien.
Jmfayard
PS : si tu pouvais me prévenir par email de ta réponse, ce serait sympa.
Salut JM,
Je n’aime pas le fouet (enfin, je suppose ;o), mais je te remercie pour ton énergie créatrice.
Ça me va tout à fait, ton idée, bien sûr, (puisque le wiki est largement ouvert par définition), si on laisse aussi se développer, par ailleurs, un projet qui, lui, reprenne tout à zéro si on peut (plus simplement, brièvement, en protégeant les hommes plutôt que les États ou les grandes compagnies, et en tenant nos représentants sous une surveillance étroite, par exemple).
J’ai un peu peur quand même du volume de ce que tu vas copier coller : le TCE faisait presque 500 pages A4 : tu vas me saturer ma base SQL… ;o) et on va se tartiner du boulot pour 10 ans, non ? (Je ne me souviens plus de la longueur du premier texte, mais c’était déjà très long, non ?)
(2 sept) J’ai trouvé l’original du traité proposé par la Convention en juillet 2003 : il fait 263 pages… Il vaut mieux ne pas le recopier intégralement ici, on va se noyer, JM, non ?
Mais ton idée de reprendre le texte avant charcutage gouvernemental est séduisante, même si je n’oublie pas que la Convention Giscard sur l’avenir de l’Europe ne comprenait quasiment que des parlementaires (qui sont, de mon point de vue, exactement aussi dangereux que des ministres, pour nous, dans ce rôle de constituants) et que son principal animateur louchait lui-même sur la Présidence de l’Europe…
Mais bon, on peut probablement corriger les plus gros défauts et éviter ainsi de tout recommencer à zéro.
Je ne sais pas à quels outils de discussion tu penses, mais ce serait bien qu’on ne recommence pas sur le wiki tous les débats qu’on a déjà eus sur le forum : autant que possible, il faudrait créer des passerelles et causer plutôt sur le forum, non ?
Il faudrait donc couper la partie wikiconstitution européenne en deux :
1) amélioration du projet de la Convention,
2) projet nouveau.
Je pensais justement, ce matin, faire ça avec la Constitution de 1958 : prévoir une page qui reprenne carrément tout le texte de 1958 (pas très long) et on barrerait ce qui est vraiment mauvais (les pouvoirs exorbitants du Président, la soumission du Parlement, les lois organiques, les ordonnances, etc.) qu’on laisserait barré à l’écran pour bien voir ce qu’on ne veut pas, on ajouterait ce qui manque en bleu (vote blanc, RIC, non cumul, contrôle des médias, protection des services publics, référendum obligatoire pour toute révision ou toute modification des modes de scrutins, un vrai pouvoir puissant (d’investigation et d’injonction) à la Cour des comptes, un Sénat élu à la proportionnelle ou tiré au sort, etc.), et on corrigerait ce qui doit être modifié ou reformulé en rouge.
Alors, on couperait aussi la partie wikiconstitution nationale en deux :
1) amélioration de la Constitution de 1958,
2) projet nouveau.
L’avantage des corrections effectuées sur les anciens projets, c’est qu’on peut espérer aller plus vite (en n’ayant pas tout à réécrire). L’inconvénient, c’est qu’on aura sans doute parfois du mal à préserver la cohérence de l’ensemble, il faudra y faire attention.
On s’était dit, aussi, que ce serait bien que chacun, sur sa page personnelle du wiki (celle qui porte le titre de notre nom ou pseudo), garde la trace des articles qu’il préfère lui, sa Constitution idéale à lui en quelque sorte, que tout le monde pourrait aller lire pour trouver des idées (mais sans la lui changer :o)
De mon côté, je suis en train d’en préparer une que je commencerai par mettre là, sur la page qui correspond à mon nom.
C’est jouable, comme autodiscipline et enrichissement mutuel, non ?
J’ai hâte de voir ce que donnent tes talents de magicien wiki ;o)
Amicalement.
Étienne.
ça y est, j’ai créé les sous-parties (pour partir de notre Constitution nationale, d’une part, et pour partir du texte de la Convention Giscard, d’autre part) dans le wiki…
Fatigué…
Bonne nuit :o)
JM,
Il est tard, mais je pense encore à quelque chose :
pour partir du TCE, il faut asolument utiliser le travail considérable de Jacques Roman, le projet CIPUNCE, Convention internet pour une nouvelle constitution européenne.
Ce serait dommage de tout recommencer à zéro, non ?
D’accord pour entreprendre ici un projet sur la base que vous proposez, JMFayard, du moment qu’on cloisonne bien les différents projets.
Oui, ce serait bien de reprendre tout le travail de Jacques Roman – même s’il est peut-être parti d’un stade plus « avancé » du TCE. Cela fait déjà deux coordinateurs, s’ils s’entendent, pour mener cette partie de projet. J’ajouterai que Jacques Roman aurait sans doute besoin d’un coup de main actif sur son propre site, et l’un des meilleurs moyens d’atteindre l’efficacité dont vous parlez, JMFayard, me semble être de travailler dans ce cadre ; à côté de cela, à première vue, Étienne me semble déjà bien saturé de travail, et je ne trouve pas évident d’accueillir sur son site plusieurs projets en même temps. Mais ça le regarde.
Bien sûr, la cohabitation de projets permet des échanges fructueux. Elle permet aussi à un projet se voulant très exigeant et pas destiné sans doute à aboutir directement dans un large débat public et dans les urnes européennes, de trouver des contradictions qui l’aideront. Mais il faut fixer une mesure, car l’auberge espagnole conduira assurément à étouffer toute réelle idée avant-gardiste. Par ailleurs, je n’ai pas besoin de rappeler qu’Étienne mène en parallèle une approche pédagogique, qui permet une vaste discussion des problèmes constitutionnels, indépendamment de la poursuite d’un projet politique.
Bref, la recherche et l’enseignement côte à côte, c’est essentiel ; la collaboration mesurée, ponctuelle, d’équipes de recherche, aussi (on fait des congrès, pour cela, mais nul n’est tenu de prendre l’avis des autres pour des ordres d’orientation de ses recherches) ; la coopération de compétences transversales, également ; mais on n’a jamais vu une équipe apporter un réel progrès après s’en être remise en permanence à l’avis de la majorité, que ce soit dans la sphère publique, dans la communauté des scientifique au sens large, ou même dans son propre domaine de recherche voire dans sa voie de recherche, sur laquelle diverses équipes travaillent.
Et puis je crains que, régulièrement, les gens soient amenés à passer « du coq à l’âne », surtout ceux qui débarquent ici, et que ça n’aide pas à cloisonner les projets. C’est avant tout ce qui me rebute. Car en tout état de cause, il me semble évident que les critères de décision sur l’organisation de ce site doivent considérer en premier lieu les conditions assurant la survie du projet lancé et mené par Étienne.
Dans le cadre de ce projet, c’est à lui de définir ce qui est négociable ou non, et personne n’est tenu de s’y rallier, pour peu qu’il accepte de ne pas faire d’ingérence là où il contreviendrait aux règles. En particulier, une règle d’or est de s’affranchir d’une problématique de « traité constitutionnel » que l’esprit même de ce projet rejette : « ce n’est pas aux hommes du pouvoir d’écrire les règles du pouvoir ».
Je refuse l’idée que les problématiques suivies par la Convention, et même celles soumises à elle au départ (à Laennec, ou en amont – l’Europe politique est une idée qui n’appartient pas à Monnet, à Giscard, à Delors ou à Cohn-Bendit, mais aux Européens, dont aucun de ceux-là ne connaissent encore les doléances, personne ne leur ayant jamais posé la question clairement et officiellement) soient imposées a priori dans le cadre de ce projet. Qui a nommé la Convention ? Qui en a fixé la mission ? Quand a‑t-on organisé un référendum paneuropéen avant d’élaborer un contenu ? Où est le cahier de doléances ?
Faut-il être désespéré d’une réelle voie d’alternative démocratique pour accepter – par facilité évidente, en l’absence de cahier de doléances émanant des nations – une base qui déjà prive tout espoir de réel changement ? Chacun est libre de suivre une stratégie, et je conçois tout à fait qu’on puisse privilégier « l’efficacité », à savoir la probabilité de voir son projet traduit à moyen terme en réelle alternative politique, quitte à réitérer la même erreur que l’on reproduit historiquement.
Je conçois aussi qu’Étienne, pour ce qui est de son projet, ne négocie pas sur un principe dont il a fait le sous-titre de son forum. Me concernant, les milliers d’heures que je prends comme vous pour contribuer à élaborer une constitution, j’ai choisi librement de les consacrer au projet d’Étienne, sans doute au détriment de l’efficacité politique à court terme. J’en suis conscient, et je refuse d’être privé de la base même de ce qui suscite tant de mon investissement.
Il faut bien resituer les choses, concernant le projet lancé par Étienne, sur le plan du compromis entre « efficacité politique » et exigence démocratique.
Je dirais que le but n’est pas tant d’écrire une constitution destinée avec une probabilité significative à être soumise à un référendum paneuropéen – après une miraculeuse publicité qui lui serait offerte dans les débats médiatiques, un cadre où à ce jour, la seule idée d’une Assemblée Constituante n’a trouvé aucune place, aussi évidente et légitime soit-elle.
Il s’agit bien plutôt de donner un exemple de ce que pourrait-être une Constitution réellement novatrice, et de compter sur cette qualité, plutôt que sur un caractère résolument « raisonnable », pour faire parler peu à peu de cet exemple dans le débat public, pour acquérir patiemment l’adhésion, et pousser lentement l’appel de la future Constituante européenne (française), en lui fixant la barre haute en matière d’exigences démocratiques – Constituante que préfèreront alors appeler les élus en place plutôt que proposer directement un projet qui les ampute, pour les principaux intéressés, d’une part énorme de leur pouvoir actuellement bien trop important et trop peu contrôlé.
Approfondir avant d’élargir, et ne pas négocier sur ce qui n’est pas négociable, voilà comme je vois la règle de survie première d’un tel projet. Plutôt viser après-demain, et garder son âme, que de s’imposer une condition d’efficacité qui du même coup détourne la « thèse » de départ. Dans un pareil cadre, il vaut mieux s’entendre à 50 sur des bases révolutionnaires, et parvenir à écrire un projet qui soit à la fois cohérent et ambitieux, que jouer d’emblée à l’auberge espagnole : dans le premier cas, les chances sont minimes ; dans le second, elles sont nulles, au regard du respect des principes premiers, initiaux, du contrat.
Le principe de départ du projet d’Étienne exclut donc qu’on y implante la problématique du « Traité constitutionnel » (oxymore, combinaison de mots contraires, qui révèle un grave abus de pouvoir).
Ensuite, il exige une inéligibilité à vie à tout poste public pour les constituants.
Que ceux qui veulent transiger sur ces conditions le fassent et mènent leur projet librement, ici ou ailleurs, sans imposer aux autres, à savoir au projet d’Étienne, qui reste le coeur de ce site, ce détournement du contrat de départ, contrat explicite pour qui lit le sous-titre du forum.
Voilà, si ce site est conduit à accueillir des projets qui ne jouent pas dans la même catégorie, et s’appuient sur deux conceptions antagonistes dans le compromis entre « efficacité politique » à court terme et niveau d’exigence démocratique, j’exige que la cloison soit bien entendue et respectée. C’est une chose que je n’entends pas négocier. Bien sûr, cette condition n’engage que ma participation à l’avenir. Et quand j’irai trouver un autre projet de cette nature, s’il existe, je retomberai sur des intervenants qui ont du mal à s’en tenir (sinon à comprendre d’eux-mêmes) à un contrat pourtant clair : la fuite n’est pas une solution, la solution c’est de rendre plus clair encore le contrat.
Bien sûr, je n’écris pas cela sans avoir échangé avec Étienne et m’être assuré de la réalité de ses exigences concernant le respect du principe n°1, et des deux corollaires que je viens de rappeler. Je suppose, personne, sachant qu’elle dispose de bien d’autres endroits pour débattre, construire, et de la possibilité de monter son propre projet, n’a l’intention de détourner un projet qui ne lui appartient que s’il en accepte les conditions non négociables.
DES INSULTES À LA RAISON ?
Oui, j’achète moins cher des jouets, des habits fabriqués en Chine. Oui, les patrons ne donnent pas de travail à des français et délocalisent leur fabrication. Non, je ne vois pas en quoi ma position n’est pas citoyenne : je n’ai pas assez d’argent pour acheter français.
Les institutions : police, justice, enseignement, sont en contact avec les usagers et des administratifs les gèrent pour quel résultat ? 1 000 000 fonctionnaires dans l’éducation nationale pour 13 000 000 millions d’enseignés soit un fonctionnaire pour 13 élèves !
Grossièrement, les charges diverses (assurance chômage, retraite, CSG, impôts) sur les salaires se chiffrent à 80 % du salaire net. Votre patron dispose de 1000 euros. Allez-vous faire des heures supplémentaire ? De ces 1000 euros, il vous reste en revenu net 555,55 euros. Vous disposez donc de 555 euros pour payer un salarié qui disposera en net de 308 euros !
Faites vos comptes et vous irez à la bricolerie du coin : il vaut mieux faire du jardinage, de la peinture, de la plomberie, de l’électricité, etc. que des heures supplémentaires.
Faites vos comptes et vous vous occuperez vous-même de vos enfants.
Des jeunes français ont été dans la rue pour lutter contre le CPE. Bravo mais pourquoi devraient ils être embauchés quelques mois après ?
Le même euro permet à l’Allemagne des excédents de sa balance commerciale et à la France des déficits records de sa balance commerciale. Conclusions : nos politiciens accusent la banque centrale européenne !
Le véritable échec du planning familial : l’avortement : Comment convaincre les femmes qui avortent que la peine de mort est interdite en France. Mais rappelons qu’au moyen âge une femme n’avait pas d’âme ni aujourd’hui de logique. Comment peut-on être contre la peine de mort et pour l’avortement ?
3 000 torturés ou disparus durant le régime de Pinochet.
30 000 torturés ou disparus durant le régime militaire argentin.
3 000 000 torturés ou disparus durant le régime communiste de POLPOT au Cambodge
6 000 000 torturés ou disparus durant la révolution culturelle voulue par MAO TSE TOUNG
Ne voulant pas être accusé de racisme, ne parlons pas des massacres d’africains par des africains.
Seul le régime de PINOCHET soulève ou a soulevé l’indignation des gauchistes, anarchistes et autres sectaires. Explication ?
Sur la torture
L’église catholique a torturé au nom de la religion et de la raison d’état.
Le parti socialiste a torturé en Algérie.
Le nazisme a torturé durant la guerre de 1940.
Béria et le NKVD ont torturé en Union soviétique au nom du communisme.
Depuis plusieurs siècles, les athées torturent plus que toutes les religions réunies !
Pour quelle raison les rationalistes français ne parlent-ils que de l’inquisition ?
La religion catholique s’est introduite dans l’empire romain par des esclaves convertis au premier et second siècle après Jésus-Christ. La religion musulmane s’est introduite en Afrique du Nord par les armes au huitième et neuvième siècle. Les nord-africains sont des chrétiens battus.
Johnny HALIDAY s’en va en Suisse pour des raisons fiscales. Des centaines de diplômés français partent à l’étranger pour des raisons professionnelles ou fiscales. Des centaines d’africains et en particuliers de médecins africains viennent en France pour des raisons professionnelles ou fiscales. Pour quelle raison les socialistes français parlent de Johnny HALIDAY et non des médecins africains qui s’expatrient ?!
La Suisse est un pays où la compétence d’un professionnel est récompensée et non surtaxé. La France, au nom du service public (de la santé), transforme l’Afrique en désert médical.
Pour quelle raison de si nombreuses habitations sont à l’abandon dans nos campagnes avec de si nombreux sans domicile fixe à PARIS ? Est-ce le rôle des propriétaires fonciers de donner du travail sur l’ensemble du territoire français ? Plus les propriétaires seront taxés, plus ils investiront en assurance vie ou en fond de placement internationaux, et plus les problèmes de logement s’aggraveront. Avons-nous oublié les effets de la loi de 1948 ?
Devant son ordinateur, tout placement d’argent non dépensé se réduit à : ou prendre une assurance vie pour favoriser ses enfants, ou prendre des parts d’une société immobilière, ou prendre des parts d’une société investissant en actions françaises ou en actions étrangères.
L’argumentaire suivant est-il compréhensible ? La France a 3 000 000 000 d’euros de dettes ; cet argent a été dépensé tout particulièrement en émoluments de fonctionnaires, en avantages sociaux et en subventions diverses. La politique officielle n’était pas d’économiser mais de dépenser (de préférence l’argent de ses enfants) pour créer de l’emploi.
Les nominations en 1973 à l’Université de …… en Mathématiques sous la présidence de Monsieur XXX normalien (aujourd’hui à la retraite) :
Question du normalien : lequel des candidats coûtera le plus cher à l’État (c’est-à-dire bénéficiant de plus d’avantages sociaux) ?
Réponse des enseignants chercheurs de l’époque : Monsieur YYY
Conclusion : Monsieur YYY est embauché.
Mai 1968 est oublié : aucun président de commission de spécialistes n’a le cynisme de donner les raisons cachées des embauches, la pratique a changé, les critères devenant l’appartenance syndicale.
L’Université est trop souvent la culture de l’incompétence. Comment obtenir des critères d’efficacité.
Des chercheurs qui cherchent, on en trouve.
Des chercheurs qui trouvent, on en cherche »
Leonid ZOLOTAREFF
Vacataire de l’Université Française