2E Les médias d’information doivent être libres, politiquement et économiquement

15/01/2006 | 53 commentaires

En France, nous avons des médias natio­naux, ce qui nous per­met de savoir quel est l’é­tat de l’o­pi­nion, ce qui nous per­met de ral­lier cette opi­nion ou de cher­cher à la modifier.

En Europe, pour faire émer­ger une opi­nion euro­péenne, il nous faut des médias euro­péens, tra­duits dans toutes les langues, un peu comme Arte (la télé­vi­sion fran­co-alle­mande), ce qui impose qu’ils soient finan­cés par l’U­nion : une télé­vi­sion euro­péenne, un jour­nal euro­péen, une radio euro­péenne et un site Inter­net euro­péen, avec forums, son­dages, mai­ling lists…

En France comme en Europe, il faut consi­dé­rer ces outils média­tiques comme des ins­ti­tu­tions qui nous pro­tègent. En effet, sans nos médias, nous sommes divi­sés, donc affaiblis. 

En lais­sant ache­ter et vendre nos médias comme des mar­chan­dises, nous les expo­sons à l’ac­cu­mu­la­tion, à la concen­tra­tion et, pro­gres­si­ve­ment, à la confis­ca­tion par les plus riches.

La « liber­té » actuelle des jour­na­listes qui sont sala­riés d’en­tre­prises pri­vées, dont l’in­té­rêt pri­vé passe évi­dem­ment avant l’in­té­rêt géné­ral, est une mys­ti­fi­ca­tion, une liber­té de façade évi­dem­ment entra­vée par le lien de subordination.

Ce n’est sûre­ment pas au mar­ché d’or­ga­ni­ser ces médias poli­ti­que­ment for­ma­teurs, c’est à l’É­tat de le faire et à lui seul.

Mais le dan­ger de la télé ou de la radio d’É­tat est qu’elle peut deve­nir un outil de pro­pa­gande si c’est l’exé­cu­tif la contrôle. OK, on sait ça. Connais­sant ce risque, on peut s’en pro­té­ger en évi­tant à la fois la pro­pa­gande patro­nale et la pro­pa­gande d’É­tat : la Consti­tu­tion devrait pré­voir des médias d’É­tat, finan­cés par l’É­tat mais fer­me­ment pro­té­gés contre la cen­sure d’État.

Un CSM, Conseil Supé­rieur des Médias, organe indé­pen­dant mais lui-même contrô­lé (par le Par­le­ment ?), devrait être doté de pou­voirs impor­tants. Son rôle serait de garan­tir la liber­té d’ex­pres­sion et la plu­ra­li­té des médias : c’est lui qui devrait veiller pour évi­ter la concen­tra­tion des médias dans les mains d’un petit nombre d’or­ga­ni­sa­tions pri­vées. C’est aus­si le CSM qui pour­rait garan­tir qu’au­cune entre­prise d’ar­me­ment n’a de par­ti­ci­pa­tion signi­fi­ca­tive dans un grand média (dan­ger immense et évident pour la paix).

En fait, on devrait pro­ba­ble­ment inter­dire à toute entre­prise de contrô­ler un grand média d’in­for­ma­tion : les citoyens, pour se pro­té­ger contre les mani­pu­la­tions, devraient mettre leurs médias hors marché.

De plus, l’in­dé­pen­dance finan­cière de tous les médias par rap­port à la publi­ci­té devrait être garan­tie par l’É­tat : nous, citoyens conscients de l’im­por­tance de l’en­jeu au niveau de l’in­for­ma­tion, au moins aus­si stra­té­gique que la san­té, devrions prendre en charge, avec nos impôts, les frais que les médias ne peuvent pas assu­mer avec le prix de vente au numé­ro. Par rap­port au bud­get de l’É­tat, c’est une goutte d’eau, et en revanche, l’en­jeu est vital, pour la démo­cra­tie et pour évi­ter la guerre.

Cette prise en charge publique par­tielle per­met­trait d’in­ter­dire la publi­ci­té et de libé­rer ain­si les médias de la tenaille de l’audimat.

Par ailleurs, l’É­tat devrait se por­ter garant du plu­ra­lisme et de l’ou­ver­ture des médias à tous les citoyens parce que per­sonne d’autre ne peut le faire à sa place. La Consti­tu­tion devrait impo­ser que soit réser­vée gra­tui­te­ment aux asso­cia­tions de citoyens :

  • soit une part de la grille de chaque média, (bonne formule),
  • soit une part des espaces, fré­quences hert­ziennes et canaux satellitaires…

Lire la suite de cet argu­men­taire sur ce point à : Grands prin­cipes d’une bonne Consti­tu­tion, point IIE.

Syn­thèse des argu­ments échangés :

(que je devrais nor­ma­le­ment tenir à jour en fonc­tion de nos échanges, on peut rêver :o)
Vous pou­vez sans doute m’ai­der en me pro­po­sant une nou­velle syn­thèse de temps en temps.
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Étienne

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53 Commentaires

  1. Jacques Roman

    D’ac­cord que les médias consti­tuent un qua­trième pou­voir qu’il faut orga­ni­ser un peu sur le modèle du pou­voir judi­ciaire, en fai­sant atten­tion à lais­ser sa part à l’i­ni­tia­tive citoyenne individuelle.

    Je crois néan­moins que l’In­ter­net modi­fie consi­dé­ra­ble­ment les don­nées du pro­blème, dans le bon sens.

    Jacques Roman, coor­don­na­teur pro­vi­soire CIPUNCE

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  2. François

    Si l’in­ter­net modi­fie la situa­tion, ce média per­met hélas des formes de cen­sure, en témoigne les der­nier évè­ne­ments concer­nant la cen­sure exer­cée par MSN et Yahoo qui sup­priment des mes­sages de cer­tains inter­nautes notam­ment en chine pour ne pas contra­rier le pouvoir…
    La vigi­lance est plus que jamais néces­saire sur ce média comme sur les autres
    La mai­trise démo­cra­tique des outils de com­mu­ni­ca­tion sur l’in­ter­net s’impose !

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  3. karine

    Le vrai pro­blème est que les jour­na­listes sont très liés aux hommes poli­tiques. Ils font les mêmes études, s’in­té­ressent aux mêmes domaines, ont besoin les uns des autres, sont copains (quand ils ne se marient pas ensemble).
    Sous De Gaulle, la cen­sure était claire et il n’hé­si­tait pas à télé­pho­ner à un jour­na­liste pour le prier de ne pas abor­der telle ou telle ques­tion. Aujourd’­hui, c’est plus sub­til : les jour­na­listes s’au­to­cen­surent. Com­ment faire autre­ment ? Quand A. Sin­clair inter­vie­wait Fabius à pro­pos de l’af­faire du sang conta­mi­né, elle l’in­ter­ro­geait avec sérieux, c’est une pro­fes­sion­nelle. Mais elle s’est inter­dit de lui poser cer­taines ques­tions. Ils ont fait Sc Pô ensemble,ils sont amis !
    Aucun homme poli­tique aujourd’­hui n’o­se­rait deman­der à un jour­na­liste de taire tel ou tel sujet ou aspect d’une ques­tion. Mais fina­le­ment, la cen­sure est pire. Quand elle était claire, les infor­ma­tions cir­cu­laient sous le man­teau. Main­te­nant, elle est tuée dans l’oeuf.

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  4. guillou alain

    Main­te­nir un jour­nal d’o­pi­nion non conforme à l’i­déo­lo­gie domi­nante est une épreuve ren­due de plus en plus dif­fi­cile par l’hy­po­crite biais des coûts et du marché :

    La guerre des finan­ce­ments par la pub est une « guerre froide » que le moins riche est sûr de perdre, même si son tirage aug­mente, même si ses lec­teurs sont « accros » et le sou­tiennent par des sous­crip­tions, et même s’ils consti­tuent des asso­cia­tions ami­cales de lec­teurs pour cela :

    L’ordre en place fait défer­ler ses « chars » : la presse « gra­tuite », dont le rôle est de tuer l’ennemi : 

    le plu­ra­lisme de la presse d’opinion…

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  5. danyblog

    Il faut véri­ta­ble­ment orga­ni­ser une gué­rilla média­tique en pilon­nant tout les médias bien pen­sants de mails contra­dic­toires et argumentés.

    Tous au cla­vier et résis­tons en envoyant des contre-pro­po­si­tions et en étant très sévères à l’en­contre des jou­na­listes de déférence.

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  6. Merome

    Je vous invite à consul­ter le blog de Jean Michel Apha­tie : blog​.rtl​.fr/​r​t​l​-​a​p​h​a​tie
    Il a la bon­té de répondre régu­liè­re­ment quand on l’in­ter­pelle direc­te­ment dans un com­men­taire. J’ai ten­té de lui faire com­prendre qu’il devait invi­ter des gens avec des idées *vrai­ment* dif­fé­rentes (Comme Étienne Chouard, par exemple!), mais il a répon­du que ce type d’i­dées n’é­tait pas assez repré­sen­ta­tif de la popu­la­tion fran­çaise. Bref, il ignore par­fai­te­ment le résul­tat du réfé­ren­dum, ou l’in­ter­prète de tra­vers… Ce matin, on a eu droit à Gis­card comme invité :

    Si nous post­ons régu­liè­re­ment sur son blog des com­men­taires bien sen­tis, il va peut-être com­prendre que nous sommes nombreux.

    J’ai aus­si réus­si à atti­rer l’at­ten­tion de Domi­nique Strauss Kahn lui-même, via les com­men­taires de son blog : dsk​.type​pad​.com/

    Toute l’his­toire ici : merome​.net/​d​o​t​c​l​e​a​r​/​i​n​dex…

    Faites des blogs, com­men­tez, par­ti­ci­pez aux forums, il en res­te­ra tou­jours quelque chose…

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  7. thom

    « J’ai ten­té de lui faire com­prendre qu’il devait invi­ter des gens avec des idées *vrai­ment* dif­fé­rentes (Comme Étienne Chouard, par exemple!) »

    les idées de Étienne ne sont pas vrai­ment dif­fé­rentes, elles existent depuis des lustres sauf que Étienne est en dehors du pouvoir.….

    À mon sens, le pou­voir du blog est limi­té, si tu veux réel­le­ment essayer de chan­ger les choses, il faut fon­der un mou­ve­ment actif, il faut AGIR et c’est seule­ment à l’é­preuve de l’ac­tion que tu sau­ras ce que valent tes prin­cipes et tes idées (pro­blème de l’ap­pli­ca­bi­li­té au concret ).

    Quant DSK te répond pour recon­naître qu’il ne faut pas s’en­tre­te­nir qu’à la crois­sance (et je te rejoins la des­sus), il est déma­gogue (d’ailleurs, il t’in­vite à le rejoindre) : il est éco­no­miste et il connaît très bien cette reven­di­ca­tion qui existe depuis fort longtemps.

    « Il ignore par­fai­te­ment le résul­tat du référendum ».

    Le non ? Qu’ a‑t-il chan­gé ? Crois-tu que ceux qui ont voté « non » (comme le « oui ») ont pro­duit un vote très réflèchi ?

    Crois-tu que deux mois de débat intense suf­fisent à éclai­rer le peuple sur les enjeux de l’UE quand la mani­pu­la­tion est l’ins­tru­ment de l’ex­pli­ca­tion (des deux côtés) ?

    Quand les réponses appor­tées sont inap­pli­cables ou inadap­tées aux réalités ?

    Quand le TCE s’ap­pelle Consti­tu­tion et n’en est pas une ?

    Quand cer­tains disent qu’il n’y a pas d’a­van­cées sociales alors qu’il y en a ?

    Quand d’autres n’offent que des avan­cées sym­bo­liques pour un par­le­ment muse­lé en réalité ?

    Pour­quoi ne pas créer un mou­ve­ment actif et nou­veau accep­tant des êtres de tout horizon ?

    Réponse
  8. Merome

    Thom : les idées d’É­tienne sont dif­fé­rentes de celles qu’on entend à la radio. C’est ce que je vou­lais dire. Je sais qu’elles ne sont pas neuves. 
    Je ne me fais pas d’illu­sion non plus sur le com­men­taire de DSK, mais grâce aux blogs (le sien, le mien), j’ai pu atti­rer son atten­tion. Ce que jamais je n’au­rais pu faire dans d’autres contextes.
    Agir dans un mou­ve­ment, je ne suis pas sûr de le sou­hai­ter. J’ai peur de m’y com­pro­mettre. L’in­ter­net donne la pos­si­bi­li­té d’a­voir tous une voix indi­vi­duelle qui compte pour de vrai. Quel­qu’un qui a suf­fi­sam­ment de talent, comme Étienne, peut par la simple publi­ca­tion de ses idées faire avan­cer les choses. S’il était pas­sé par un « mou­ve­ment », une asso­cia­tion quel­conque contre le TCE ou pour une meilleure démo­cra­tie, il n’au­rait pas eu plus de poids (à mon avis moins), et il aurait sur­tout dû se ran­ger à l’a­vis du groupe, et par­fois aller mani­fes­ter en trai­nant les pieds…

    L’in­ter­net per­met tech­ni­que­ment de s’af­fran­chir de la notion de « groupe de pres­sion » orga­ni­sé. C’est ain­si que Mozilla par­vient à dif­fu­ser Fire­fox, c’est comme ça que Wiki­pé­dia devient une source d’in­for­ma­tion neutre et intéressante. 

    Réponse
  9. thom

    Mérome,

    « J’ai peur de m’y compromettre. »

    Mais c’est jus­te­ment ce que tu dois com­prendre, tu es en dehors de l’ac­tion, tu ne prends pas de risques… Si tous les citoyens font comme toi .……

    Ceux qui agissent doivent com­po­ser et sur­tout prennent conscience des réalités.

    Quand tu dis « se ran­ger à l’a­vis du groupe », c’est jus­te­ment le prin­cipe de la démo­cra­tie, il faut quand même bien que cela fonc­tionne… et de toute façon tu peux très bien gar­der ta posi­tion et te déta­cher de la syn­thèse lorsque cela touche des prin­cipes ex. Mon­te­bourg au PS.

    Un conseil : si tu as des idées, si tu veux faire bou­ger : AGIT.

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  10. guillou alain

    Je pense que l’é­mer­gence des blogs fait par­tie d’un phé­no­mène nou­veau plus ample et plus « innat­ten­du » encore :

    Le NON au TCE fut por­teur de « non-dits » accu­mu­lés depuis plu­sieurs années par les citoyens de « la vieille Europe ».

    L’emprise du pou­voir média­tique et de la « PUB », a satu­ré l’es­pace dis­po­nible au « DROIT D’EXPRESSION ».

    En France, en tous cas, je le crois, « le peuple de gauche » et « le peuple de droite » ne se recon­naissent pas dans « la gauche », ni dans « la droite », ni dans « le centre », ni dans « les extrêmes ».

    80% des fran­çais ne se sen­ti­raient pas « pro­prié­taires » de la poli­tique, et cela est grave pour la « res publi­ca » (ce chiffre n’en­gage que moi…).

    En tous cas, il y a comme une « schi­zo­phré­nie » de la socié­té, où, selon tous les son­dages (qui n’en­gagent que les ins­ti­tuts), 60 à 66% des fran­çais déplo­re­raient les consé­quences du capi­ta­lisme et rejet­te­raient ses dogmes idéo­lo­giques tels qu’ils sont aujourd’­hui résu­més par l’expression.

    « Une concur­rence libre et non faussée »…

    Je rap­pelle cela sim­ple­ment pour sug­gé­rer que les citoyens en ont marre d’être tan­tôt convo­qués pour encen­ser ce sys­tème mal aimé, tan­tôt rac­co­lés par ceux que les médias domi­nants pré­sentent comme les « forces de satan » :

    Si je conteste, je suis un « com­mu­niste », et si je suis un com­mu­niste, je mérite de subir un « régime totalitaire ».

    Les gens ne veulent pas demeu­rer pri­son­niers des idéo­lo­gies de la « guerre froide » :

    voi­là ce qui émerge, à mon avis.

    Réponse
  11. karine

    Ce qui me gêne, c’est l’é­ten­due du débat : au départ, ce blog concer­nait le trai­té de la consti­tu­tion euro­péenne. Et les atteintes à la démo­cra­tie. Et les pro­pos d’E­tienne Chouard étaient ori­gi­naux, per­ti­nents et passionnants. 
    Mais main­te­nant, on est à remettre en cause la pro­prié­té pri­vée… Quelle déception !
    En mai der­nier, l’in­fluence d’E­tienne sur mon vote a été déter­mi­nante. Il m’a convain­cue de voter contre le TCE (et je ne le regrette pas). Mais si, à pré­sent, il dérive vers la cri­tique du capi­ta­lisme, j’adhère moins. 
    J’ai l’im­pres­sion de retom­ber dans un débat poli­tique clas­sique, droite-gauche. Il me suf­fit d’al­lu­mer la radio ou la TV ou d’ou­vrir mon jour­nal pour avoir le même avec les mêmes argu­ments mille fois raba­chés et qui ne me semblent pas convaincants. 

    Réponse
  12. Fred. de L.

    Il y a donc un média de masse où il est pos­sible de débattre de la supré­ma­tie de la pro­prié­té sur les autres droits ? Je ne l’a­vais pas vu. Peut-être pou­vez-vous me l’in­di­quer ? TF1 sans doute ? Leurs débats de socié­té sont connus pour être gau­chi­sants en effet. L’autre jour d’ailleurs, en regar­dant la Star’Ac’, je me suis sur­pris à être éton­né de décou­vrir que Nikos tenait des pro­pos anarchistes…

    Ceci dit, je com­prends votre dégoût pour toutes ces idées qui rendent d’un coup ques­tion­nables nos confor­tables vies de rentiers.

    Réponse
  13. Fred. de L.

    Réponse moins cynique : 
    L’ob­jet n’est pas tel­le­ment de remettre en cause le droit de pro­prié­té en tant que tel et de prô­ner la col­lec­ti­vi­sa­tion. Je crois que l’ob­jet du pré­sent débat est plu­tôt de remettre en cause la pré­séance du droit de pro­prié­té sur les autres droits, et donc de revoir les prio­ri­tés entre ces droits.

    Si ce débat vous semble inepte, c’est à mon avis votre droit. Mais de là à com­plé­ter votre réponse d’une remarque aus­si sor­dide que « c’est le genre de thème poli­ti­card qu’on voit à la télé tous les jours », je trouve que c’est inuti­le­ment mépri­sant, et sur­tout par­fai­te­ment faux.

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  14. Elgnon

    Je suis aus­si convain­cu des pos­si­bi­li­tés d’in­ter­net mais il ne faut jamais oublier que moins de 50% des fran­çais y ont accès (à l’é­chelle mon­diale, je n’ose y penser…) :
    http://​www​.inega​lites​.fr/​a​r​t​i​cle...

    Ca sup­pose aus­si un mini­mum d’au­to­no­mie intel­lec­tuelle (lec­ture, syn­thèse, curiosité…).

    Réponse
  15. karine

    Mais croyez-vous que remettre en cause la pré­séance du droit de la pro­prié­té sur les autres droits fait avan­cer le débat sur la démocratie ? 
    À mon avis, il s’a­git d’un autre débat et, si sur ce blog, on remet tout en ques­tion, on se per­dra et n’ar­ri­ve­ra à rien.

    Réponse
  16. guillou alain

    Bien sûr, le débat sur une Consti­tu­tion amène au débat sur une constituante,
    et même si nous avons pris l’ha­bi­tude d’a­voir un flic dans la tête, il peut nous arri­ver d’a­voir des sur­sauts « politicards »…

    Moi, ce qui m’a fait m’in­vi­ter sur le forum d’E­tienne, c’est sa question :

    « Notre rêve… ser­vi­rait-il à son contraire ? » (on peut lire sa véri­table phrase sur l’ac­cueil du site)

    Je peux « avoir ma reli­gion « , et ne pas la renier, tout en res­pec­tant la « laïcité ».

    Je peux être anti ceci ou pro cela, sans me renier, tout en réflé­chis­sant sur la neu­tra­li­té néces­saire d’une Constitution.

    Pour res­ter neutre face à ce que repré­sentent les formes mon­dia­li­sées de « la pro­prié­té », il faut pou­voir pen­ser leurs limi­ta­tions par des lois qui pro­tègent aus­si d’autres « droits fondamentaux ».

    Si Karine pense que mes pro­pos sont hors sujet, qu’ad­vien­drait-il d’un forum qui serait le club fer­mé de quelques per­sonnes pré­ten­dant ne se poser que des ques­tions qu’on ne pose « nulle part ailleurs » ?

    D’ailleurs, je vais désor­mais aller voir ailleurs, en atten­dant que ce forum décante, car il est vrai qu’il ne faut pas mono­po­li­ser le débat.

    À plus tard, chers amis.

    Réponse
  17. karine

    Il ne s’a­git pas de poser des ques­tions qu’on ne pose nulle part ailleurs, de se retrou­ver entre hap­py few excluant les autres. Mais il fau­drait, à mon avis, débattre sur la démo­cra­tie qui est mena­cée au lieu de remettre en cause le droit à la pro­prié­té qui me semble hors sujet.

    Réponse
  18. guillou alain

    Ce qui est hors sujet, en effet c’est de déci­der à la place des citoyens et à l’a­vance, dans une Consti­tu­tion, quelles formes ils choi­si­ront pour concré­ti­ser le res­pect des droits de l’homme, par exemple :

    Si l’un des droits est contra­dic­toire avec d’autres, il n’est pas ques­tion de le sup­pri­mer, mais il faut pré­voir « la place de chaque droit » :

    Cela sup­pose des « limitations ».

    Or, le droit de pro­prié­té est « TABOU » : il ne fau­drait donc pas y tou­cher, à prio­ri et défi­ni­ti­ve­ment, tan­dis que le droit à l’eau potable, lui, …

    Je ne vous ferai pas l’in­sulte d’insister !

    Ce qui est fort de café, à pro­pos de « Consti­tu­tion », c’est de décré­ter que les citoyens n’ont pas le droit d’être assez « irréa­listes », pour remettre en cause un sys­tème éco­no­mique, car la « réus­site » éco­no­mique d’un entre­pre­neur est défi­nie de façon uni­la­té­rale comme l’ac­crois­se­ment de sa pro­prié­té, et s’il ne peut « réus­sir  » ici, il a le droit de délocaliser :

    Rien ne dit que tous les peuples n’ont pas le droit, aujourd’­hui ou plus tard, de chan­ger d’a­vis là-dessus :

    Il faut donc qu’une « Consti­tu­tion  » digne de ce nom évite de tran­cher cette ques­tion à prio­ri à la place des citoyens :

    Ce qui semble peu cré­dible pour « la pauvre France », peut deve­nir le sujet numé­ro 1 de pré­oc­cu­pa­tion de tous les peuples de la planète :

    Le pre­mier esclave qui a pen­sé s’af­fran­chir n’é­tait pas de ce « réa­lisme » conser­va­teur là !

    Au contraire, une Consti­tu­tion doit ouvrir des pos­sibles, sur­tout quand on pré­tend mon­dia­li­ser « les droits de l’homme ».

    Si j’ai voté NON le 29 mai, c’est parce que le pro­jet de TCE pré­ju­geait et déci­dait pour les peuples euro­péns de figer ce choix que l’His­toire n’a pas fini d’at­tendre de nous.

    Est-ce « poli­ti­card » que de vou­loir gar­der dans une Consti­tu­tion le droit à « la poli­tique  » d’in­ter­ve­nir sur « l’économie » ?

    Réponse
  19. guillou alain

    Excu­sez-moi, j’insiste !

    Et si j’in­siste, cou­rant de forums en forums pour cela, c’est que je suis jus­te­ment sur la lan­cée du 29 mai, en colère contre la conni­vence des médias domi­nants, qui orga­nisent un véri­table béton­nage pour mettre cette ques­tion « irra­diante » dans un sar­ko­phage néoconservateur :

    C’est vrai, la direc­tive Bol­ke­stein le confirme, nous sommes dans un sys­tème dont pro­fitent ceux qui jouent avec les inéga­li­tés sala­riales pour « réussir ».

    Mais le cou­vercle sur la mar­mite, il est de moins en moins « réa­liste » de s’y fier : la véri­té fuit de par­tout, et cela c’est la « réus­site » de la pen­sée libre.

    Réponse
  20. Merome

    Thom : je vois dans les der­niers com­men­taires l’illus­tra­tion de ma crainte. Nous sommes tous à peu près d’ac­cord sur les pro­pos d’É­tienne Chouard, ce qui nous fait tous venir ici. Dès que l’on s’é­carte du sujet, qu’on élar­git le débat au droit de pro­prié­té par exemple, l’u­nion éclate. Cela n’a rien de grave ici : cha­cun avance ses argu­ments, fait le tri et se fait une opi­nion PERSONNELLE. Et non pas une opi­nion COMMUNE. Bref, dans l’ac­tion, si nous étions tous membres d’un quel­conque groupe asso­cia­tif, poli­tique … Nous aurions le plus grand mal à nous coordonner.

    Oui, on peut trou­ver les pro­pos d’É­tienne Chouard inté­res­sants, et voter à droite, ou à gauche. On peut sou­hai­ter ardam­ment le RIC, mais défendre aus­si le droit de pro­prié­té. La droite, la gauche, et plus géné­ra­le­ment n’im­porte quel groupe poli­tique n’a plus de sens ni d’in­té­rêt aujourd’­hui. On n’a plus besoin de repré­sen­tant, plus besoin d’adhé­rer à un par­ti, ce sont les idées qui nous inté­ressent. A nous de faire notre mar­ché à droite ou à gauche ou les deux, et de nous faire notre opi­nion personnelle.

    D’où l’i­dée de voter pour des idées et non plus pour des hommes. Voter pour un homme (ou une femme), c’est déjà faire un com­pro­mis dan­ge­reux, c’est prendre un risque.

    Réponse
  21. jérome

    « le NON au TCE fut por­teur de « non-dits » accu­mu­lés depuis plu­sieurs années par les citoyens de « la vieille Europe ».

    Vous sur­es­ti­mez le « non » au TCE, un non, reflet de posi­tion­ne­ments variés et contra­dic­toires, un « non  » sou­vent glis­sé dans l’urne pour des rai­sons qui n’a­vaient rien à voir avec le TCE.

    Réponse
  22. Elgnon

    …« Vous sur­es­ti­mez le « non » au TCE »…

    Et si, au contraire des « élites » domi­nantes, on fai­sait confiance aux gens en les inci­tant à se tirer vers le haut et à argu­men­ter, affi­ner leurs posi­tions à par­tir de ce NON hété­ro­clite ?… Pour le res­ser­vir à 82% la pro­chaine fois et façon­ner un outillage citoyen à notre mesure !

    Réponse
  23. Étienne

    Jérôme,
    Que pou­vons-nous savoir, les uns et les autres, des RAISONS qui ont déter­mi­né les électeurs ?
    Est-ce que pré­tendre connaître ces rai­sons (pour les autres), ce n’est pas, méca­ni­que­ment, for­cé­ment, faire un pro­cès d’intention ?
    Or faire un pro­cès d’in­ten­tion, c’est tuer le débat, il me semble : quand je dis « Jérôme dit cela, mais il ne le pense pas, il pense sûre­ment ça et ça », je dis­qua­li­fie son dis­cours, mais à bon compte, c’est trop facile et c’est fina­le­ment bien peu convain­cant pour les lec­teurs de bonne foi.
    Autant les acteurs poli­tiques ont des INTÉRÊTS PERSONNELS qui per­mettent de devi­ner des rai­sons inavouées pour com­prendre leurs choix, autant c’est beau­coup plus hasar­deux et dou­teux à pro­pos des élec­teurs. Entre nous, nous devrions faire le pari de la bonne foi pour per­mettre un débat qui dure et pour vrai­ment progresser.
    Faire comme si le NON était dis­qua­li­fié par la diver­si­té de ses moti­va­tions (et ain­si lais­ser entendre que le OUI n’é­tait pas lui-même aus­si varié et dis­cu­table), ce n’est pas assez res­pec­tueux pour que nous nous rap­pro­chions : peut-être que vous avez rai­son Jérôme, je le dis et j’y crois vrai­ment, mais peut-être aus­si que vous avez tort, et peut-être avons-nous tous un peu rai­son et un peu tort (c’est le plus pro­bable à mon avis), mais de toutes façons, nous ne pour­rons tous pro­gres­ser qu’en écou­tant bien, hon­nê­te­ment, les idées et les peurs des autres.
    Il fau­drait qu’on arrive à se par­ler sans s’ac­cu­ser d’être d’ex­trême gauche (sou­rire) ou de cacher ‘volon­tai­re­ment’ un élé­ment déterminant.
    Je suis sûr que vous n’ai­me­riez pas qu’on vous traite de par­ti­san d’ex­trême droite, vous auriez rai­son, et il faut qu’on fasse tous atten­tion à ne pas s’in­ju­rier, même involontairement.
    Par­don d’être ain­si un peu mora­li­sa­teur, je ne veux don­ner aucune leçon, mais je sens que le débat peut être ren­du impos­sible pour une simple inat­ten­tion, alors qu’il est impor­tant que des gens d’a­vis très oppo­sés puissent confron­ter (cal­me­ment) leurs argu­ments pour mettre en évi­dence la meilleure posi­tion com­mune (puisque la Consti­tu­tion s’im­po­se­ra fina­le­ment à tous).
    Mer­ci de votre patience et de votre bienveillance.
    Étienne.

    Réponse
  24. jérome

    Étienne,

    Je ne dis­qua­li­fie pas le « non », j’af­firme qu’il est le reflet de posi­tions très variées et contradictoires.

    Cha­cun pou­vait dire « non » je res­pecte cette position.

    Mais ce « non » ne pro­pose rien de cohé­rent comme alter­na­tive puisque si une frac­tion du « non » pro­pose quelque chose (comme vous par exemple), il sera sou­vent aux anti­podes d’une autre frac­tion du « non ».

    Vous par­lez de posi­tion com­mune, mais c’est essen­tiel­le­ment ce que n’ont pas com­pris les oppo­sants au texte proposé.

    Le débat sur la lai­ci­té en France ou en UE en à été l’illustration.

    Pour ce qui est des extrêmes (gauche ou droite), je les range dans le même panier

    Réponse
  25. jérome

    « Est-ce que pré­tendre connaître ces rai­sons (pour les autres), ce n’est pas, méca­ni­que­ment, for­cé­ment, faire un pro­cès d’intention ? »

    Je suis très sur­pris par votre question.

    Connaître les rai­sons du vote « non » per­met de com­prendre ce « non » et cer­tai­ne­ment pas de faire un pro­cès d’intention.

    S’op­po­ser est construc­tif et recon­naître un argu­ment rele­vant de l’ex­trême gauche ou de l’i­déo­lo­gie me paraît essen­tiel pour démas­quer ceux qui se pré­tendent indé­pen­dants d’es­prit pour en réa­li­té faire de la propagande.

    Je le dis sin­cè­re­ment le « non » a été moti­vé par une mul­ti­tude de posi­tions sou­vent contra­dic­toires et sur­tout par une lec­ture diri­gée et relayée par les médias qui l’ont beau­coup ser­vi (même si par­mi les jour­na­listes beau­coup pen­chaient pour le oui, par pro­fes­sion­na­lisme ils ont bien relayé le non).

    Réponse
  26. jérome

    Étienne ,

    Vous avez beau­coup oeu­vré pour dyna­mi­ser le « non » au TCE en remet­tant en cause le sys­tème et je constate que votre approche ne varie pas, même dans des domaines pré­cis comme l’in­for­ma­tique pour lequel vous écrivez :

    « Il est urgent de BLOQUER LA DÉRIVE de l’en­sei­gne­ment de l’informatique »

    Alors, ou tout va mal, très mal, ou vous sur­di­men­sion­nez les pro­blèmes et avez un besoin incom­men­su­rable de vous valo­ri­ser à tout remettre en cause (sou­rire).

    Réponse
  27. Étienne

    Jérôme,

    Viser l’homme, c’est renon­cer au débat d’idées.

    C’est le degré zéro de l’argumentation.

    J’ai réflé­chi, débat­tu et écrit pen­dant des mil­liers d’heures sur l’en­sei­gne­ment de la Bureau­tique en France qui est effec­ti­ve­ment mal­trai­té. Que savez-vous de la ques­tion ? Vou­lez-vous que j’ouvre un billet sur le sujet ?

    S’il vous plaît, évi­tez les pro­cès d’in­ten­tion et les accu­sa­tions d’ar­rières pen­sées, ce n’est pas bon pour l’é­change, c’est agres­sif et pas constructif.

    Mer­ci d’avance.

    Réponse
  28. jérome

    « Viser l’homme, c’est renon­cer au débat d’idées. »

    Oh ! Je ne vise pas l’homme, mais une atti­tude très répan­due et assez française.

    Si vous avez écrit, débat­tu des mil­liers d’heures sur l’en­sei­gne­ment de la bureau­tique, celui-ci a‑t-il beau­coup évo­lué grâce à votre investissement ?

    Si vous débat­tez, écri­vez des mil­liers d’heures sur les ins­ti­tu­tions, vont-elles évo­luer vers plus de démo­cra­tie pour autant ?

    Depuis des siècles, les citoyens ont réflé­chi et, sur ce forum, nous répè­tons ce que d’autres ont dit depuis longtemps !

    Pour­quoi croyez-vous qu’il y a encore à dire ?

    Les idées paraissent belles tant qu’elles n’ont pas été appli­quées, c’est lors de la mise en oeuvre de celles-ci que l’on s’a­per­çoit réel­le­ment des difficultés.

    Nos ins­ti­tu­tions connaissent des déra­pages, mais elles ne fonc­tionnent pas si mal que les inter­lo­cu­te­rus veulent bien le dire.

    Ceux qui changent les choses mouillent la che­mise et ne res­tent pas assis à critiquer.

    Les dis­cus­sions entre­prises ici ne concernent que les inter­nautes et laissent de côté une écra­sante majo­ri­té de citoyens.

    Réponse
  29. Jérome

    Pour finir, Étienne, je ne vais pas t’im­por­tu­ner plus long­temps (ouf, dit Étienne lol ), ce que je trouve dom­mage dans votre com­bat tient à deux constats :

    * D’une part, vous faites preuve d’a­lar­misme et vous exa­gé­rez le soi-disant état de déla­bre­ment de nos institutions.

    * D’autre part, comme pour le TCE, je remarque que l’i­déo­lo­gie et notam­ment celle qui nous vient de l’Est (brrrr) guide un bon nombre de nos conci­toyens constestataires.

    Je vous sou­haite donc une bonne conti­nua­tion et sur­tout un beau pro­jet plus beau que le TCE.….

    Réponse
  30. Fred. de L.

    Jérôme,

    Vous êtes cari­ca­tu­ral et insul­tant, et fina­le­ment hors sujet.

    Cari­ca­tu­ral et insul­tant : la façon d’é­va­cuer tout débat par une réfé­rence au grand Est est nulle. Par­fai­te­ment nulle.

    Hors sujet  : que vous esti­miez que nos ins­ti­tu­tions vont bien, c’est votre opi­nion (j’ai bien écrit opi­nion, avec tout ce que cela peut avoir de mépri­sant). C’est aus­si votre droit, d’a­voir une telle opi­nion (de bistrot).

    Mais c’est faire bien peu de cas de votre intel­li­gence que de croire qu’en éta­lant votre mépris de la sorte pour tout ce qui res­semble à de la réflexion « gau­chiste », vous convain­criez qui que ce soit que l’en­semble de ce débat est inutile.

    Et pour finir… Vous racon­tez tout et son contraire… Vous com­men­cez par admettre qu’É­tienne a agi en faveur du Non avec effi­ca­ci­té… Puis, voyant qu’il vous répon­dait sans brosse à reluire, vous finis­sez par lui assé­ner les pon­cifs sur l’huile de coude et les mains dans le cam­bouis, en esti­mant que tous ces débats et toutes ses ges­ti­cu­la­tions étaient vaines et ne rele­vaient fina­le­ment que d’or­gueil mal placé…

    Non, vrai­ment, ce n’est pas très cor­dial tout cela.

    Réponse
  31. michel974

    Le débat n’est-il pas le contrôle des médias d’in­for­ma­tion par la Constitution ?

    Mon avis ?
    Lais­sons à la Consti­tu­tion son rôle de pro­tec­tion des citoyens et le contrôle des ins­ti­tu­tions qu’elle met en place pour le représenter.
    Pour­quoi lui confé­rer (à la Consti­tu­tion) un droit de regard et de contrôle sur un pan tel­le­ment vaste de l’é­co­no­mie, mou­vant et en per­ma­nent déve­lop­pe­ment  ? Com­ment défi­nir un média d’in­for­ma­tion (le dico, c’est un média d’in­fos, comme les news de l’équipe.fr) ? La loi doit suf­fire pour cela.
    Je suis néan­moins par­ti­san d’un ren­for­ce­ment de l’es­prit cri­tique des audi­toires vis-à-vis des médias afin que ceux-ci évo­luent vers plus de qualité.

    Réponse
  32. jérome

    Fred :
    «  ‘avoir une telle opi­nion (de bistrot). »

    C’est vous qui par­lez de mépris ?

    Il n’y a pas de contra­dic­tion (et je ne recherche pas la brosse à reluire, mais si vous l’évoquez.
    Essayez de com­prendre avant de réagir :
    Étienne a agi avec effi­ca­ci­té puis­qu« il a lar­ge­ment aidé le « non ».

    Ce qui ne signi­fie pas que cela débou­che­ra sur du concret !

    Réponse
  33. jérome

    « Hors sujet  : que vous esti­miez que nos ins­ti­tu­tions vont bien, c’est votre opinion. »

    C’est bien ce que je veux affir­mer et je ne suis pas Hors sujet :

    Les ins­ti­tu­tions vont mieux (pas bien dans l’ab­so­lu, c’est amé­lio­rable), l’é­ga­li­té a pro­gres­sé (remon­tez donc depuis deux cents ans… C’est évident, et même au bis­trot ils le savent et rai­sonnent aus­si bien que vous : le peuple est aus­si au bistrot) ;

    Vou­lez vous que je vous cite la liber­té syn­di­cale, de la presse, le droit de grève, le droit de vote des femmes, la recon­nais­sance des homo­sexuels, le droit d’a­sile, la liber­té d’as­so­cia­tion… et j’en passe… À part cela, ça ne va pas mieux ?

    Et c’est le sys­tème démo­cra­tique tel qu’il existe qui a per­mis toutes ces avan­cées formidables.

    Alors Mr Fred de L.,revenez sur terre deux minutes car le mépris, c’est vous qui en faites preuve, sur­tout vis à vis des poli­tiques qui, glo­ba­le­ment, exercent un tra­vail dif­fi­cile et le font plu­tôt bien mal­gré le minage dû aux idéo­lo­gies extrêmes, cf. le non au TCE qui a empê­ché des avan­cées incroyables… tant pis pour nous !

    Réponse
  34. Fred. de L.

    Je retiens donc que la liber­té syn­di­cale est en pro­grès, que celle de la presse aus­si, et que le droit de grève l’est aus­si plus qu’a­vant. Il faut en fait, j’i­ma­gine, défi­nir le « avant ». Si on com­pare à 200 ans en arrière, il se peut que vous ayez rai­son, Jérome. Si l’on s’en tient à notre temps his­to­rique à nous, c’est-à-dire une petite géné­ra­tion, je crois que vous vous mon­trez exa­gé­ré­ment opti­miste, voire mani­fes­te­ment dans l’er­reur d’appréciation…

    Et dire que le TCE pro­po­sait des avan­cées incroyables, c’est en fait car­ré­ment se foutre de la gueule du monde. Mais j’i­ma­gine que, là encore, cela dépend du point de vue dans lequel on se place.

    Réponse
  35. Corentin

    Bon­jour,

    Pour répondre à Michel, oui le débat est bien le contrôle des médias !

    Le pou­voir des médias est recon­nu par tous, il me semble. Il me semble aujourd’­hui néces­saire que la consi­tu­tion le recon­naisse également.

    Par prin­cipe, un pou­voir s’ap­pli­quant à l’en­semble de la socié­té doit être déte­nu par l’en­semble de la socié­té. Autre­ment dit, les médias ne doivent en aucun être déte­nu par une caté­go­rie de citoyens.

    Par­tant de ce constat, il faut donc défi­nir dans la consti­tu­tion des règles garan­tis­sant leur indé­pen­dance. Il me semble assez simple en pre­mier lieu d’in­ter­dire à une per­sonne, phy­sique ou morale, de déte­nir plu­sieurs médias.
    À inter­dire éga­le­ment : le cumul de la direc­tion d’un média avec toutes autres entre­prises et avec cer­taines fonc­tions (élus, hauts fonctionnaires).
    Mais ce ne sera pas suf­fi­sant si le conte­nu des médias reste influen­cé par les annonceurs.

    Ma deuxième mesure serait donc d’in­ter­dire le finan­ce­ment des médias par la publi­ci­té. La solu­tion d’É­tienne pour finan­cer les médias par la col­lec­ti­vi­té et par la vente des sup­ports me semble la meilleure. De plus, on peut s’in­ter­ro­ger sur l’u­ti­li­té de la publi­ci­té en géné­ral pour la socié­té. Elle consti­tue en effet un média sur­re­pré­sen­tant les grandes entre­prises, leurs inté­rêt et leurs idées.

    Cepen­dant, il me semble que les médias doivent conti­nuer d’être diri­gés par des pro­fes­sion­nels indé­pen­dants qui n’au­ront de comptes à rendre qu’à leurs lec­teurs et à leurs collaborateurs.

    Réponse
  36. Samuel

    À Jérome, deux choses pour vous prier aima­ble­ment mais fer­me­ment de ne plus per­tur­ber le débat avec des inter­ven­tions ici hors sujet :

    1. Ce BLOG a été fon­dé par Étienne après le 29 mai, dans le but pré­cis d’é­la­bo­rer un pro­jet de CONSTITUTION, non pas de conti­nuer à dis­cu­ter (il y a assez d’en­droits pour le faire) du pro­jet déjà reje­té le 29 mai par les fran­çais. Le pro­jet que NOUS avons reje­té (1) ne pro­po­sait PAS une Consti­tu­tion au sens propre du terme (2), et il appa­raît non seule­ment que ceci va à l’en­contre de la volon­té de majo­ri­té popu­laire euro­péenne (3) mais que c’est bien ce que lui reprochent les indi­vi­dus qui sou­haitent contri­buer au pro­jet lan­cé par Étienne. 

    En s’u­nis­sant, ils recon­naissent être DÉJÀ, dans le contexte de la construc­tion euro­péenne lan­cée depuis 1945, dépour­vus de ce fon­de­ment démo­cra­tique spé­ci­fique et essen­tiel, tant au niveau euro­péen (2) ou même mon­dial (ce qui serait sans doute un idéal) qu’au niveau de la nation, du fait d’un trans­fert de pou­voirs à l’u­nion éco­no­mique euro­péenne, qui dépos­sède les nations de leur sou­ve­rai­ne­té et com­pro­met la capa­ci­té des États membres à res­ter garant du droit pour les nations qu’ils repré­sentent (4), sans qu’un État démo­cra­tique euro­péen digne de ce nom ne soit fon­dé. Comme l’a pré­ci­sé Étienne, il ne s’a­git pas néces­sai­re­ment de pro­po­ser ici une CONSTITUTION pour l’Eu­rope, mais de défi­nir une consti­tu­tion pour un État démo­cra­tique pou­vant être recon­nu comme tel, dans le contexte présent.

    Les atti­tudes « oui-ouistes », telles l’en­tre­tien du pos­tu­lat d’une entente entre citoyens et diri­geants s’a­gis­sant de défi­nir le rôle d’une Consti­tu­tion moderne, la suf­fi­sance vis-à-vis de l’é­tat des ins­ti­tu­tions actuelles, en nombre et en nature, le conten­te­ment d’  »avan­cées signi­fi­ca­tives » par rap­port à des simples trai­tés, ne font ici que divi­ser et per­tur­ber ceux qui n’ont PLUS l’in­ten­tion de s’en tenir à répondre, dans un débat de sourds né d’un pro­blème mal posé, à des ques­tions impo­sées d’en haut par une classe poli­tique et média­tique en place, classe déjà recon­nue impuis­sante et réduite à une action « prag­ma­tique » parce qu’es­clave des pou­voirs éco­no­miques (et à ce titre, inapte à pro­po­ser elle-même une défi­ni­tion satis­fai­sante des institutions). 

    Il importe jus­te­ment de décrire ici ces pou­voirs éco­no­miques, au sens large et dans le contexte moderne, pour pou­voir pro­po­ser des moyens de les sépa­rer, et de pré­mu­nir la scène poli­tique comme la Presse et les médias plus géné­ra­le­ment, ajou­tant au besoin de nou­velles caté­go­ries d’ins­ti­tu­tions à défi­nir et à mettre en place.

    2. Cette page est consa­crée à la défi­ni­tion des pou­voirs et conflits de pou­voirs sur le péri­mètre « médias ». L’in­té­rêt qu’il y a à se pen­cher sur ce péri­mètre est recon­nu et expri­mé avec insis­tance par nombre de citoyens à la pen­sée suf­fi­sam­ment tour­née vers les enjeux de la socié­té actuelle.
    En une phrase, et sans trop réduire l’en­jeu du débat sur cette page, il s’a­gi­rait de don­ner un écho à la sen­tence de Pierre Bour­dieu  : « Il faut lut­ter contre l’Au­di­mat au nom de la Démo­cra­tie ».

    D’a­près le cadre posé par le res­pon­sable de ce BLOG, les citoyens qui viennent dis­cu­ter ici recon­naissent le sec­teur des médias comme un sec­teur met­tant en jeu une NOUVELLE caté­go­rie d’ins­ti­tu­tion. Cette caté­go­rie, qui n’é­tait pas prise en compte dans le T« C« E, il est vital de la défi­nir, et j’a­jou­te­rais, même si c’est à titre per­son­nel, qu’il est vain d’at­tendre que sa créa­tion soit reven­di­quée par les res­pon­sables poli­tiques les plus rom­pus à la ges­tion des affaires publiques, et de ce fait, eux-mêmes les plus esclaves de la pres­sion tyran­nique de l’Audimat.

    (1) De deux choses l’une :

    • soit vous recon­nais­sez que le réfé­ren­dum du 29 mai était démo­cra­ti­que­ment admis­sible, et avez la cor­rec­tion de ne pas faire ici la pro­mo­tion a pos­te­rio­ri d’un pro­jet déjà rejeté ;
    • soit vous recon­nais­sez que ce réfé­ren­dum posait lui-même pro­blème, et avez alors la cor­rec­tion de recon­naître que les peuples euro­péens devaient être consul­tés en pre­mier acte (avant dési­gna­tion de la Conven­tion et défi­ni­tion de la pro­blé­ma­tique consti­tu­tion­nelle), sans quoi vous admet­tez déjà impli­ci­te­ment que le texte pro­po­sé n’é­tait pas une Consti­tu­tion. Si l’é­la­bo­ra­tion par voie popu­laire d’une véri­table Consti­tu­tion ne vous inté­resse pas, mer­ci de lais­ser tra­vailler ceux qui y accordent assez d’im­por­tance pour y consa­crer, depuis des mois, par­fois plu­sieurs heures quo­ti­diennes de leur temps libre.

    (2) Au sens de la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789. L’Eu­rope actuelle ne peut être recon­nue comme une nation, ce qui entend que l’au­to­ri­té ne peut éma­ner qu’au niveau des nations membres, qui res­tent sou­ve­raines (cf. article 3)  ; l’Eu­rope pro­po­sée à ce jour (sans l’a­vis des peuples, voire contrai­re­ment à l’a­vis de la majo­ri­té des euro­péens, qui sou­haitent une véri­table Consti­tu­tion euro­péenne – cf. (3) -) n’est pas un État, mais une alliance de nature juri­dique ori­gi­nale entre États, et ne peut à ce titre avoir de Consti­tu­tion (article 16 – cf. aus­si la recom­man­da­tion faite en conclu­sion du contre-rap­port joint en fin du docu­ment offi­ciel de remise des tra­vaux de la Convention).

    (3) Voir notam­ment p40 du bilan du son­dage com­man­di­té par la Com­mis­sion euro­péenne, effec­tué en juin et octobre 2003, et visant à éva­luer la per­cep­tion qu’a­vaient les euro­péens des tra­vaux – déjà en cours – de la Convention.

    (4) Au sens de la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 (notam­ment le Pré­am­bule et l’ar­ticle 16) une Consti­tu­tion est natu­rel­le­ment péris­sable  : elle n’est pas sim­ple­ment un texte, adop­té à une date don­née par une nation, mais la « Consti­tu­tion de la nation » implique la capa­ci­té de ses citoyens et de ses élus à main­te­nir ses fon­de­ments et à reven­di­quer ceux-ci au tra­vers de pro­pos simples.

    Réponse
  37. Samuel

    À Karine,
    en réponse à votre mes­sage du lun­di 16 jan­vier 2006, 19:14 :

    On ne peut pas abor­der la ques­tion en consi­dé­rant comme une fata­li­té le fait que les jour­na­listes ayant le plus voix au cha­pitre sont ceux qui sont le plus en col­lu­sion avec les pou­voirs poli­tiques, et/ou ceux qui furent aupa­ra­vant leurs col­lègues de pro­mo, ou leurs com­pa­gnons de jeu des beaux quartiers.

    Ce phé­no­mène de col­lu­sion entre cadres des grands médias et res­pon­sables poli­tiques n’est pas indé­pen­dant de la logique de concen­tra­tion média­tique, et c’est bien cette logique qu’il s’a­git – ENTRE AUTRES (1) – d’a­na­ly­ser pour pou­voir pro­po­ser des mesures en termes d’ins­ti­tu­tions nouvelles.

    À l’ins­tar des mana­gers de l’in­dus­trie moderne, les jour­na­listes des grands médias, concen­trés dans les mains de quelques uns, sont sou­mis – par un cadre struc­tu­rel com­bi­nant pré­ca­ri­sa­tion des sala­riés de presse et main­tien d’un faible nombre de postes à hauts reve­nus – à une sélec­tion nette, liée à leur adhé­sion à cer­taine idéo­lo­gie domi­nante, disons à ten­dance néo libé­rale (2). Idéo­lo­gie que portent lar­ge­ment les Lagar­dère, Bouygues, Das­sault (qui n’a pas de scru­pules à par­ler de sa concep­tion du « bon jour­na­liste, bien que cette concep­tion soit for­te­ment révé­ren­cieuse vis-à-vis des grands pou­voirs éco­no­miques, et très éloi­gnée de la déon­to­lo­gie du métier)…, idéo­lo­gie dans laquelle l’É­co­no­mie per­son­ni­fiée enten­drait appli­quer ses règles (3).

    (1) Si les tra­vaux de S. Hali­mi notam­ment (il vient de publier une nou­velle ver­sion de son livre « Les nou­veaux chiens de garde » – 6 euros seule­ment) sont pré­cieux, il faut veiller à ne pas foca­li­ser uni­que­ment sur le pou­voir qu’ont les médias sur le public, mais pen­ser éga­le­ment à pro­té­ger les médias d’un pou­voir tyran­nique asso­cié au public, dans une logique mar­chande de la culture. La « dic­ta­ture du public » qui, d’a­près Bour­dieu, tyra­nise les médias, implique un pro­blème plus vaste que la seule logique de concen­tra­tion indus­trielle. C’est glo­ba­le­ment la livrai­son des médias aux lois du mar­ché qui pose pro­blème (même si, hors des lois de l’é­co­no­mie d’autres pro­blèmes, plus natu­rels, se posent). La notion pro­po­sée par Bour­dieu est for­te­ment liée à l’i­mage qu’ont les acteurs cultu­rels du pou­voir éco­no­mique du public (Audi­mat), et c’est cette image, tyran­nique pour les acteurs cultu­rels, qui conduit à l’au­to­cen­sure et à l’u­ni­for­mi­sa­tion de la pensée.

    (2) Je n’ai pas par­lé de « libé­rale ». Bien qu’é­tant de gauche, je recon­nais le modèle libé­ral comme celui qui est reven­di­qué par un large consen­sus popu­laire. Je ne suis pas a prio­ri libé­ral, mais à l’ins­tar de nom­breux alter­mon­dia­listes notam­ment, je me suis appro­prié le modèle, au nom du consen­sus, afin de voir sur­tout ce qui fait qu’il n’est pas appli­cable – et est dévoyé – dans le contexte présent.
    Je dis­tingue bien les notions de modèle (libé­ral), de cadre struc­tu­rel (ultra libé­ra­lisme, ou Éco­no­mie éman­ci­pée du pou­voir poli­tique des États) et l’i­déo­lo­gie (néo libé­ra­lisme), au sens propre du terme, qui n’est pas à prendre comme un cou­rant poli­tique au sens conven­tion­nel, ni sur­tout comme cou­rant mar­gi­nal, mais comme la ratio­na­li­té éco­no­mique domi­nante, pré­gnante notam­ment dans le dis­cours « prag­ma­tique » des élus des par­tis « de gou­ver­ne­ment » (dyna­mique social-libé­rale, annon­cée depuis Maas­tricht comme la mau­vaise « 3e voix » dans laquelle s’en­gouf­fre­raient les poli­tiques du centre).
    Je consi­dère par ailleurs que l’op­po­si­tion pro / anti libé­rale ne peut plus être assi­mi­lée, depuis bien long­temps, du moins depuis 1991, pour l’Eu­rope de la paix, à une oppo­si­tion droite / gauche.
    Enfin, je suis dis­po­sé à répondre à vos ques­tion­ne­ments concer­nant ce que vous per­ce­vez, dans le pro­jet pro­po­sé par Étienne, comme une remise en cause du droit fon­de­men­tal de la pro­prié­té pri­vé. Il me semble que les sources de mal­en­ten­dus sont mul­tiples, et que les lever demande de bien dis­tin­guer, et ce dans le contexte pré­sent : libé­ra­lisme, ultra libé­ra­lisme, néo libé­ra­lisme, droite…

    (3) L’É­co­no­mie fait le Tra­vail  ; le mar­ché fait la culture,…  ; l’es­prit ges­tion­naire s’é­tend à toute la sphère publique, tan­dis que les idées géné­rales (et les élites cultu­relles, les « vraies ») en sont main­te­nues éloi­gnées  ; les citoyens sont assi­mi­lés sys­té­ma­ti­que­ment à des consom­ma­teurs avides, à des action­naires immo­raux, déli­bé­ré­ment abs­traits, apa­trides et dés­im­pli­qués des inté­rêts de l’en­tre­prise, à des citoyens « pres­sés » qui enten­draient exi­ger des actions tou­jours plus rapides des diri­geants,… et main­te­nant reven­di­quer eux-mêmes un allè­ge­ment du poids de l’É­tat au nom de la guerre économique.
    Cette guerre éco­no­mique devrait pour­tant sous-entendre à un quel­conque niveau, un patrio­tisme éco­no­mique, mais celui-ci n’est jamais expli­ci­té, « jus­te­ment ». La néga­tion de ce para­doxe encou­rage la dis­so­lu­tion de l’É­tat en même temps qu’elle entre­tien la ratio­na­li­té jus­ti­fiant l’in­té­rêt des puis­sants, soit de ceux qui pro­fitent le plus du pri­mat de l’é­co­no­mie mon­dia­li­sée sur le pou­voir poli­tique des États, à savoir ceux qui béné­fi­cient de l’ac­crois­se­ment des inéga­li­tés au sein de chaque nation.

    Réponse
  38. Jérome

    « Et dire que le TCE pro­po­sait des avan­cées incroyables, c’est en fait car­ré­ment se foutre de la gueule du monde »

    Pour l’UE et l’en­semble de ses citoyens  ! OUI, des avan­cées que vous avez inter­dites en lisant les textes idéologiquement.

    Il ne s’a­git pas de regar­der à courte vue, mais d’é­va­luer les pro­grès de l’his­toire sur une longue durée, il faut du temps, et le temps nous a appor­té des droits, des garan­ties, le TCe en appor­tait d’autres que vous avez reje­tés par manque de luci­di­té Mr Fred de L.
    Vous pen­sez avoir bien agi ?
    L’his­toire nous le dira !
    Irons-nous vers un autre trai­té ? À 25  ? Un trai­té sous l’im­pul­sion des français ?
    Vous rêvez et le mieux est l’en­ne­mi du bien dans le cas présent.
    Mais per­sonne n’a vou­lu l’en­tendre, les oeillières c’est ter­rible lol

    C’est vrai que j’en veux à ceux qui, comme vous, ont mani­pu­lé les citoyens.

    Réponse
  39. Fred. de L.

    Et voi­là le comble du mépris : nous (les nonistes) avons été manipulés.

    Je serais chez moi, j’au­rais aban­don­né le « par­lé bien »…

    Les dif­fé­rents trai­tés euro­péens des 50 der­nières années ont appor­té une mise en concur­rence de nos situa­tions éco­no­miques natio­nales avec les dif­fé­rents moins-disants mon­diaux. Les seuls orga­nismes sur-pro­té­gés et qui ont le droit de l’être encore sont les ins­ti­tu­tions finan­cières. Le reste doit être sou­mis à la concur­rence. ÇA, c’est de l’i­déo­lo­gie. Et ÇA, ça figure dès les pre­miers articles du TCE, et par­tout dans tout le texte.

    Mais nous ne refe­rons pas le débat… et ce n’est pas en conti­nuant à affir­mer vos trucs en les sau­pou­drant de mépris autain que vous convain­crez. Mais ça, je l’ai déjà dit. Aus­si, voi­là, je me tais.

    Réponse
  40. jérome

    « Les dif­fé­rents trai­tés euro­péens des 50 der­nières années ont appor­té une mise en concur­rence de nos situa­tions éco­no­miques natio­nales avec les dif­fé­rents moins-disants mondiaux. »

    Depuis que la France a adhé­ré à l’UE, elle réa­lise l’es­sen­tiel de ses échanges avec ses par­te­naires euro­péens (imp/exp), elle y a bcp gagné.
    Ce ne sont pas les trai­tés qui mettent en concur­rence avec les soi disants moins mondiaux.

    « Les seuls orga­nismes sur-pro­té­gés et qui ont le droit de l’être encore sont les ins­ti­tu­tions finan­cières. Le reste doit être sou­mis à la concurrence »

    La concur­rence n’est pas for­ce­ment une mau­vaise règle !
    Ensuite, la finance est sou­mise à la concurrence.
    l’UE fait aus­si du protectionnisme.

    Les nonistes, pour grand nombre, ont été mani­pu­lés, je l’af­firme, mani­pu­lés par des lec­tures fausses et indignes… Par les son­dages qui sor­taient tous les deux jours…

    N’ou­blions pas le détour­ne­ment d’in­té­rêt (allez voter contre Chi­rac…), et Le Pen / le Vil­liers qui patau­gaient en pleine gloire… (nous Fran­çais et vas ‑y donc), et Besan­ce­not contre le grand capital.

    l’UE, ce n’est pas la construc­tion d’un monde autour d’é­goïsmes, de racisme, l’UE est une construc­tion de la paix, de l’a­mi­tié entre les peuples, de l’aide aux amis de l’EST pour se déve­lop­per plus vite, une pro­tec­tion de nos femmes et de nos enfants

    La réfé­rence aux moins disants pour la France, allez donc en par­ler au tiers monde, aux citoyens de l’EST qui auraient bcp gagné à un oui !

    Le mépris n’est pas là ou vous croyez Mr Fred L.

    L’UE ne se contruit pas à par­tir du modèle fran­çais, mais ensemble à 25, c’est jus­te­ment un moyen d’en­le­ver la poutre dans l’oeil de cer­tains fran­çais qui pour­raient ain­si évo­luer, n’est ce pas !

    Réponse
  41. michel974

    J’en­tends les argu­ments de Coren­tin et de Samuel. Mais n’en­trons-nous pas dans une vision res­tric­tive des liber­tés individuelles ?
    Où finit la Consti­tu­tion qui régit les grands prin­cipes, et où com­mence la loi, orien­tée par les poli­tiques choi­sies par le peuple sou­ve­rain, de manière cyclique et en fonc­tion de ces aspi­ra­tions du moment ?
    Quelle sera la lec­ture d’une Consti­tu­tion qui érige en prin­cipe « le contrôle des médias » dans une socié­té où l’i­dée même du média évo­lue en per­ma­nence  ? Un média n’est-il pas, par défi­ni­tion, une source d’in­for­ma­tion  ? Par infor­ma­tion, devons nous entendre uni­que­ment la notion poli­tique  ? La poli­tique n’est-elle pas dans la culture, le tou­risme, le sport, en plus de la finance, de l’é­co­no­mie, la jus­tice… etc. ?
    Devons-nous réécrire une autre Consti­tu­tion tout aus­si illi­sible que celle reje­tée en mai der­nier, qui mélan­ge­ra grands prin­cipes er réglementations ?

    Réponse
  42. Laurent_K

    Effec­ti­ve­ment, il y a un risque de réa­li­ser un texte illi­sible à force de vou­loir tout pré­voir. Je crois me sou­ve­nir qu’É­tienne avait par­lé de faire un texte court.

    Néan­moins, les médias (« le qua­trième pou­voir ») jouent un rôle majeur dans la façon dont les élec­teurs orientent leurs choix. Si les médias perdent toute indé­pen­dance sur une ques­tion (par exemple le choix de la poli­tique éco­no­mique…), un pro­blème grave de liber­té d’ex­pres­sion effec­tive se pose.

    Vu les risques pos­sibles pour la démo­cra­tie, je pense que la ques­tion de l’in­dé­pen­dance des médias doit donc bel et bien être abor­dée dans la Consti­tu­tion, mais uni­que­ment sous forme de prin­cipes géné­raux. Par exemple  : « les médias doivent reflé­ter la diver­si­té des opi­nions de la popu­la­tion. Toute ten­ta­tive de s’op­po­ser à l’ex­pres­sion de cette diver­si­té est contraire à la consti­tu­tion ». Je suis conscient des limites d’un tel article dont les moda­li­tés d’ap­pli­ca­tion seront du res­sort de lois et pour­ront donc être chan­gées par une majo­ri­té ou une autre, mais si nous allons plus dans le détail, nous fini­rons par défi­nir dans cette Consti­tu­tion des choses aus­si essen­tielles que la date des récoltes du maïs trans­gé­nique en Pata­go­nie du sud-est ou le taux de glu­cose dans la patée pour chats.

    Qu’en pen­sez-vous  ?

    Réponse
  43. Étienne

    Chers amis,

    Ne renon­cez pas trop vite à réflé­chir sur un point à par­tir de la seule crainte que l’en­semble devient trop com­pli­qué : déter­mi­nez d’a­bord les prin­cipes vrai­ment essen­tiels, ceux que nous devons défi­nir nous-mêmes parce que nos repré­sen­tants ne le feront pas : il faut obser­ver les sujets sur les­quels la loi a échoué, les points sur les­quels les par­le­men­taires n’ont pas été capables de nous défendre et où il faut que les repré­sen­tés imposent eux-mêmes leurs volon­tés à leurs propres représentants.

    Il faut aus­si que ce soit des prin­cipes accep­tables par tous les citoyens du monde, au moins tous les Euro­péens, puisque ce texte devra sus­ci­ter l’adhé­sion populaire.

    Jérôme, arrê­tez de res­sas­ser qu’on aurait dû dire oui : on a dit non.

    Il faut pré­pa­rer la suite, on vou­drait ici réflé­chir nous-mêmes à ce que doivent être nos ins­ti­tu­tions, selon le droit des peuples à dis­po­ser d’eux-mêmes. 

    Allez Jérôme, ça va bien se pas­ser :o)

    (N’y a‑t-il pas d’ac­cents à Jérôme ?)

    Réponse
  44. jérome

    Étienne,
    Non pas d’ac­cent sur le « o ».

    Pré­pa­rez bien la suite , don­nez vous à fond, j’ai hâte de voir le résultat !

    Pour le « non », il n’y a que deux pays sur 15, pour l’ins­tant le « oui » l’emporte, ne l’ou­bliez pas.

    Atten­dons les 10 autres pays pour voir.

    Réponse
  45. Jacques Roman

    Trois pays, pas deux !

    Pas deux pays, Jérome : trois pays ont dit non. Le Royaume-Uni, par l’in­ter­mé­diaire du renar­deux M. Blair, a de fait reje­té le TCE en déci­dant de ne pas tenir le réfé­ren­dum annon­cé « puisque le Non fran­çais excluait la pos­si­bi­li­té de son entrée en vigueur » : les résul­tats auraient pro­ba­ble­ment été plus néga­tifs au Royaume-Uni qu’en France ou aux Pays-Bas.

    Sup­po­sons que les 22 autres membres rati­fient le trai­té : ils pour­ront tou­jours « se sai­sir de la ques­tion » novembre pro­chain (Décla­ra­tion 30 du TCE). Pen­sez-vous qu’ils déci­de­ront d’ap­pli­quer le TCE sans la France, le Royaume-Uni et les Pays ‑Bas ?

    D’ailleurs, il n’y a pas 24 heures que l’Al­le­magne vient de se décla­rer prête à négo­cier un trai­té raccourci.

    Len­te­ment mais sûre­ment nous appro­chons de la vérité.

    De toute façon, pour son entrée en vigueur, le TCE envi­sa­geait l’u­na­ni­mi­té, pas la majo­ri­té (voir article IV-447–2).

    Cor­dia­le­ment. JR

    Réponse
  46. Jérome,

    « Plus néga­tifs au Royaume-Uni qu’en France ou aux Pays-Bas. »

    Certes, et les moti­va­tions des anglais auraient été très loin des moti­va­tions fran­çaises de gauche et très proches de ceux des P.

    Ce qui montre l’in­co­hé­rence du « non ».

    Réponse
  47. Étienne

    Jérome,

    Vous dites : « Pour le « non », il n’y a que deux pays sur 15, pour l’ins­tant le « oui » l’emporte, ne l’ou­bliez pas ».

    Ne faites pas comme si les par­le­men­taires avaient le droit de trans­mettre (défi­ni­ti­ve­ment) la sou­ve­rai­ne­té qu’on leur délègue (tem­po­rai­re­ment) : leur voix en la matière ne vaut RIEN.

    En matière de trans­fert de sou­ve­rai­ne­té, je consi­dère l’ac­tion poli­tique des par­le­men­taires natio­naux comme une for­fai­ture, une tra­hi­son.

    Les par­le­men­taires qui construisent l’Eu­rope sans les peuples font comme des loca­taires qui ven­draient la mai­son louée, sans rien dire au propriétaire.

    Alors Jérome, si vous êtes un démo­crate, les mots ont un sens : comp­tez donc plu­tôt LES PEUPLES qui se sont expri­més : com­bien de oui, com­bien de non ?

    Et n’ou­bliez pas de comp­ter aus­si les scan­dales des pays où les repré­sen­tants n’i­ma­ginent même pas de consul­ter direc­te­ment leur peuple sur un sujet aus­si capi­tal que la trans­mis­sion de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire et où on pré­tend pour­tant, sans rire, être en « démocratie ».

    Sans comp­ter que, si l’on exi­geait au départ l’u­na­ni­mi­té (ce qui est sou­vent la règle pour se marier, admet­tez-le ;o), il est fon­ciè­re­ment mal­hon­nête, après avoir échoué, d’in­vo­quer subi­te­ment les règles de la majo­ri­té.

    Vous vous auto­pro­cla­mez, dans cha­cun de vos mes­sages, le « porte-parole de ceux qui ont voté non », vous qui avez sans doute voté oui, pour nous expli­quer, avec un aplomb amu­sant, leurs (nos) « mau­vaises rai­sons » qui rendent bien sûr leur (notre) vote nul… Quelle est donc votre légi­ti­mi­té à affir­mer que vos oppo­sants ont voté pour de mau­vaises rai­sons. Ces pro­cès d’in­ten­tion, tou­jours eux, sont vrai­ment pénibles, on n’avance pas.

    Réponse
  48. Guillaume

    Bon­jour,

    Je me suis un peu per­du dans la lec­ture des mul­tiples com­men­taires de cette note et risque donc de reve­nir sur un sujet déjà abor­dé, je m’en excuse le cas échéant.

    Il me semble que votre démarche de réflexion sur les médias oublie de faire la dis­tinc­tion entre la pro­duc­tion de conte­nu et la dif­fu­sion de ces contenus.

    Vou­loir uni­fier ces deux pro­blé­ma­tiques sous le terme géné­rique de médias, parce qu’au­jourd’­hui ceux qui pos­sèdent les médias sont aus­si ceux qui pro­duisent les conte­nus, c’est oublier que Das­sault ne pos­sède pas d’im­pri­me­rie, que TF1 ne pos­sède pas de fré­quence hert­zienne (c’est une pro­prié­té de l’É­tat) et RTL pas de por­tion de la bande FM.

    Autant vou­loir régu­ler la pro­duc­tion de conte­nu me paraît dan­ge­reux, autant pro­po­ser des mesures pour démo­cra­ti­ser (dans le sens d’au­to­ri­ser un contrôle citoyen) les moyens de dif­fu­sion me paraîit être un che­min à explorer.

    Pour en repar­ler j’espère,
    Guillaume

    Réponse
  49. jérome

    « je consi­dère l’ac­tion poli­tique des par­le­men­taires natio­naux comme une for­fai­ture, une trahison. »

    Ce pas­sage à le mérite de situer votre position !

    « des loca­taires qui ven­draient la mai­son louée »

    Sauf que les loca­taires paient un loyer, j’ai du mal à com­prendre votre ana­lo­gie qui ne tient pas debout.

    « Quelle est donc votre légi­ti­mi­té à affir­mer que vos oppo­sants ont voté pour de mau­vaises raisons. »

    Les argu­ments du « non » sont connus, il est donc pos­sible de les dis­cu­ter (seraint-t-ils à l’a­bri des critiques ?).

    Le « non » repose sur des argu­ments tel­le­ment variés, et sur­tout sou­vent contra­dic­toires, qu’il est nor­mal d’é­vo­quer son incohérence.

    Enre le « non » libé­ral et le non de gauche, puis le « non » sou­ve­rai­niste, quel amal­game dans la tête des électeurs.

    « je ne veux pas du TCE , il est trop libé­ral , je ne veux pas du TCE , il est trop social

    etc. Il faut vous rendre compte, Mr Étienne.

    Quant au trans­fert de sou­ve­rai­ne­té (par­tiel), le peuple l’a voté à Maas­tricht, c’est le peuple qui l’a pro­non­cé, pas les parlementaires.

    De plus, si le sys­tème repré­sen­ta­tif ne vous convient pas, vous le rem­pla­cez par quel système ?

    Le man­dat impé­ra­tif ? Des mini réfé­ren­dums sur tout ?

    Dans ce cas, vous n’êtes pas au bout de vos sur­prises, sur­tout à l’ère de la mani­pu­la­tion média­tique et technologique.

    Réponse
  50. jérome

    Étienne,
     » si vous êtes un démocrate » :
    Être pour le régime repré­sen­ta­tif est il équi­valent à « ne pas être démocrate » ?

    Lorsque le par­le­ment se pro­nonce, il le fait au nom de la Nation tout entière.

    Le dépu­té n’a­git pas au nom de ses propres élec­teurs, mais au nom de la Nation, il est le repré­sen­tant de cette Nation.

    Ce qui repré­sente des garan­ties : lisez Rousseau.

    Réponse
  51. michel974

    Il fau­drait créer un thème sur les der­nières euro­péennes, ça fait fait un peu brou­ha­ba au milieu du débat.

    Sur le contrôle des médias, une idée :
    Éta­blir un code de déon­to­lo­gie et un ordre pro­fes­sion­nel ayant voca­tion à auto­ri­sa­tion d’exer­cice et contrôle du bon exer­cice de la pro­fes­sion (comme les méde­cins, phar­ma­ciens, experts-comp­tables… etc). Ce code de déon­to­lo­gie cou­vri­rait tant la pra­tique pro­fes­sion­nelle que l’en­vi­ron­ne­ment juri­dique des socié­tés de presse.
    Ain­si, toute créa­tion d’en­tre­prise de presse, toute opé­ra­tion de trans­fert de parts sociales, ne pour­rait se faire que sous l’é­gide dudit conseil, res­pec­tant lui-même le code de déontologie.
    À chaque conseil régio­nal pour­rait être adjoint une ‘cel­lule de l’u­sa­ger’ com­po­sée de per­sonnes de la socié­té publique.
    Qu’en pen­sez vous ?

    Réponse
  52. Copas

    Bon, libre aux quelques par­ti­sans du OUI de conti­nuer de mettre en cause un ver­dict popu­laire pré­cis et indis­cu­table, d’en nier la vali­di­té au motif qu’eux-mêmes en esti­me­raient les rai­sons sous-jacentes floues (on se demande d’ailleurs pour­quoi ils ne remettent pas en cause sys­té­ma­ti­que­ment toutes les élec­tions et encore + celles qui sont plus impré­cises car indi­rectes, en éli­sant des représentants…).

    Cela me peine pro­fon­de­ment, la furie anti-démo­cra­tique de quelques ouistes en France.

    Sur les Médias :

    Je pense qu’il nous faut dis­tin­guer trois catégories :

    1) Ceux qui relèvent de conces­sions du domaine public, télés ou radios clas­siques, espaces limi­tés dans leurs débits et qui néces­sitent donc de ne pas ser­vir de canaux de pro­pa­gande uni-polaires ou pos­ses­sions d’in­té­rêts privés.

    Il n’y aurait pas de limite de lar­geur pour ces canaux (tout le monde pou­vant alors faire une radio ou une télé), qu’il n’y aurait pas lieu de légi­fé­rer par­ti­cu­liè­re­ment sur la ques­tion du par­tage des contenus.
    Ceux-là doivent pou­voir être mis en cause quand ils ne res­pectent pas, en uti­li­sant l’es­pace public (les ondes), les opi­nions des autres, en fai­sant en sorte d’en inter­dire de fait l’expression.
    Ain­si, ces der­niers mois, il est frap­pant de consta­ter qu’une série de débats poli­ti­co-eco­no­miques, trai­tant de ques­tions euro­péennes, ont réuni d’é­cra­santes majo­ri­tés d’in­vi­tés et de pré­sen­ta­teurs pous­sant des idéo­lo­gies favo­rables à ce qui fut l’es­sence du TCE (dis­cours per­ma­nents contre les droits sociaux, contre les ser­vices publics, déva­lua­tions des prin­cipes démo­cra­tiques, etc), par­fois au tra­vers de dis­cours haineux.
    Les expres­sions majo­ri­taires sur ces ques­tions ont été tues et censurées.
    C’est bien donc de cela qu’il faut traî­ter, des médias de conces­sions d’État.
    L’É­tat, sur ces ques­tions de délé­ga­tion d’es­pace public, doit per­mettre et obli­ger (quand celles-ci ne sont pas res­pec­tées) à la diver­si­té des expres­sions cultu­relles et poli­tiques. Nous sommes infi­ni­ment loin du compte actuellement.
    Nous avons vu, sur ces médias, au tra­vers de la cam­pagne du TCE, com­bien il ne suf­fi­sait pas d’a­voir une ins­tance char­gée de contro­ler l’é­qui­té des expres­sions quand cette ins­tance était déjà convain­cue qu’il était juste et nor­mal d’in­tro­duire une inéga­li­té entre les citoyens.
    On ne peut tour­ner autour de la ques­tion des ins­tances de véri­fi­ca­tion et de pou­voir pour réta­blir, en force si néces­saire, l’é­ga­li­té de trai­te­ment des opi­nions des citoyens, de la même façon que la démo­cra­tie est contrainte de dis­po­ser en per­ma­nence d’un glaive pour com­battre ceux qui l’at­taquent concrètement.

    Je sou­hai­te­rais, sur cette ques­tion, qu’on réflé­chisse sur ces médias de conces­sion d’es­pace public pour trou­ver des moyens res­pec­tueux des diver­si­tés cultu­relles et poli­tiques, sans que ces moyens conduisent à un suc­cé­da­né d’ORTF sous contrôle exclu­sif du pou­voir poli­tique majo­ri­taire à ce moment.

    D’emblée il me semble mal adap­té que des inté­rêts pri­vés puis­sants (donc non régis par des fonc­tio­ne­ments démo­cra­tiques) pos­sèdent quelque chose qui res­sort de l’es­pace public.

    2) Les médias néces­si­tant des moyens finan­ciers non négli­geables pour exis­ter, comme les jour­naux, revues, heb­dos ou quotidiens.

    Tout le monde ou presque qui a abor­dé, même de loin, la ques­tion de pou­voir créer un jour­nal, une revue, un men­suel, etc, sait com­bien la puis­sance finan­cière sur ces ter­rains fait toute la dif­fé­rence pour survivre.
    Bien des jour­naux, obli­gés de pas­ser sous des fourches cau­dines d’ac­tion­naires pri­vés puis­sants, y ont per­du leur indé­pen­dance (voire leur hon­neur). La ques­tion de la presse est pour­tant essen­tielle encore dans nos socié­tés car s’y exprime là une par­tie de la chair de la démo­cra­tie. Sans débats d’i­dées, pas de véri­table démo­cra­tie. Et pour l’ins­tant, la presse demeure en grande par­tie un de ces canaux essen­tiels d’é­change d’idées.
    Pour­tant on a vu, ces der­nières dizaines d’an­nées se réduire consi­dé­ra­ble­ment la diver­si­té des opi­nions expri­mées (la plu­part du temps pas par cen­sures directes mais par le fait que ceux qui pos­sèdent les jour­naux ont « leur » idéo­lo­gie particulière);
    Il faut donc consi­dé­rer que l’É­tat doit avoir obli­ga­tion de faire en sorte que les expres­sions les plus diverses puissent s’ex­pri­mer à éga­li­té et en liber­té. Ça inclut donc de mettre à dis­po­si­tion des res­sources finan­cières à cette fin.

    3) les Médias qui ne néces­sitent pas de capi­taux consi­dé­rables (comme le net). Dans cette der­nière caté­go­rie, en deve­nir le média prin­ci­pal dans le monde, l’É­tat doit avoir une tout autre logique, qui est de mettre à dis­po­si­tion des moyens, des tuyaux les plus gros pos­sibles, gra­tuits, par­tout (jus­qu’aux coins les plus recu­lés), ce qui implique de déve­lop­per ses propres solu­tions (Wimax gra­tuit et public par­tout, WIFI gra­tuit et par­tout, câbles , etc), d’ai­der les citoyens à se doter de ce nou­veau moyen de com­mu­ni­ca­tion (maté­riel­le­ment et en termes d’apprentissage)…

    L’é­tat, sur la ques­tion du net, doit se posi­tion­ner donc sur trois créneaux :
    * Four­nir les tuyaux les plus gros pos­sibles, par­tout et gra­tui­te­ment, obli­ga­tion de moyens donc (sur la lan­cée, c’est bien la gra­tui­té du télé­phone, mobile ou fixe, qui sera éga­le­ment enclen­chée, c’est bien éga­le­ment des télés et radios, ou mixs de tout cela, sites télés, radios et sites inter­nets clas­siques, à très faibles coûts qui se mul­ti­pli­ront à une échelle incroyable,…).
    * Pro­té­ger les liber­tés sur le net (inter­dic­tions bru­tales des espion­nages pri­vés, des sys­tèmes d’es­pion­nages, des DRM de toutes sortes, enca­dre­ments judi­caires très stricts des espion­nages publics, garan­ties larges des liber­tés d’ex­pres­sion, liber­tés com­plètes des pro­grammes ser­vant à l’é­change comme les pro­grammes peer to peer, etc.).
    * Favo­ri­ser la créa­tion sur le net, par les appren­tis­sages des citoyens (et dans les éta­blis­se­ments sco­laires) à la maî­trise des outils du net, des outils de créa­tion sur le net. Aides aux créa­teurs d’ou­tils de par­tage. Pro­gramme de la décen­nie en faveur de recherches sur des sys­tèmes de tra­duc­tion uni­ver­sels gra­tuits afin que les fron­tières de la langue tom­bant, l’é­change des savoirs, l’é­change entre les per­sonnes, fasse un bond gigan­tesque en avant, qui s’abs­traie (un prof cor­ri­ge­ra la conju­gai­son.…) des obs­tacles de la langue.

    Le coût de tout cela ? Moins impor­tant que la rede­vance télé.

    Une der­nière chose :
    Nulle part ailleurs, sur aucun autre média, ne peut exis­ter un débat tel que celui mené ici. Sans le net, ce type de débat aurait été for­ce­ment médié, pris en charge par des inter­mé­diaires qui auraient néces­sai­re­ment confis­qué une par­tie du sens et de l’ex­pres­sion (et sans for­cé­ment avec volon­té en ce sens).
    La ques­tion donc des médias clas­siques ne se pose plus exac­te­ment comme avant.
    Aider à la mon­tée en puis­sance du net (dans les sens que j’ai pro­po­sé) per­met de dépas­ser en par­tie le dilemme posé par la par­tia­li­té et la sur­puis­sance des médias unipolaires.

    La ques­tion euro­péenne, en ce sens et sur la ques­tion du net, n’im­plique pas d’ou­tils, sites euro­péens cen­tra­li­sés, au contraire (sauf pour ce qui est des outils de déci­sion), il n’y a pas rai­son de cen­tra­li­ser là, mais de per­mettre l’ac­cès à tous…

    Ah, mon Étienne, si ce site là avait un sys­tème puis­sant et effi­cace de tra­duc­tion auto­ma­tique en 25 langues !

    Ami­tiés à tous.…

    Réponse
  53. Étienne

    5 février : je ferme les com­men­taires sur ce fil de dis­cus­sion car j’ai créé un vrai ‘forum’ pour mieux pré­sen­ter et struc­tu­rer nos échanges.

    Le pré­sent fil se pour­suit sur le forum à http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​f​o​r​u​m​/​v​i​e​w​t​o​p​i​c​.​p​h​p​?​i​d​=19.

    Je vous invite à vous ins­crire à ce nou­veau forum (c’est facile) et à copier/coller, les mes­sages que vous esti­mez les plus inté­res­sants, voire tous bien sûr, depuis ce blog jus­qu’au nou­veau forum. Le plus simple pour aller vite, c’est d’ou­vrir deux fenêtres, une sur le blog, l’autre sur le forum, et copier/coller d’une fenêtre à l’autre.

    Je vous demande bien par­don pour la gêne que je vous cause ain­si, mais je suis sûr que vous pré­fé­re­rez ce nou­vel outil de débat.

    Écri­vez-moi si vous avez du mal, je vous aide­rai :o)

    Au plai­sir de vous lire à nou­veau très bien­tôt :o)

    Réponse

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