Choix difficile

8/01/2006 | 9 commentaires

Ce site espère réveiller ceux qui dorment encore :o)

Pour qu’un mes­sage inter­pelle pro­fon­dé­ment des per­sonnes désha­bi­tuées depuis long­temps à ima­gi­ner leur futur à tra­vers l’ac­tion poli­tique, il faut que le mes­sage soit à la fois simple, fort et irréfutable.

Nous devrions donc choi­sir ensemble les prin­cipes que nous trou­vons les plus impor­tants, et affi­ner notre argu­men­ta­tion sur­tout sur eux, pour les rendre incontestables.

Je vais en ajou­ter pro­gres­si­ve­ment à cette liste, mais vous pou­vez pro­tes­ter, soit parce que vous trou­vez qu’il en manque, soit parce que vous ne le trou­vez pas si impor­tants que ça :o)

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Étienne

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9 Commentaires

  1. arzi

    […] « Choi­sir ensemble les prin­cipes » [ET LES QUESTIONS], que nous trou­vons les plus important[e]s, par exemple : 

    - Exi­ger la « Véri­té’ des Coûts », ques­tion trans­ver­sale et dé-ci-si-ve ! Inutile de vou­loir le « Déve­lop­pe­ment Durable », ou « récon­ci­lier Éco­lo­gie et Éco­no­mie », si on tolère des cal­culs de coûts qui per­mettent de « pri­va­ti­ser les pro­fits et socia­li­ser les pertes » !

    Les exemples sont légion ! (Trans­port rou­tier, Énergie…)

    - S’o­bli­ger à pen­ser : « quel pre­mier pas dans la bonne direction ? »

    L’ap­proche « Bonnes pra­tiques + Gestes à évi­ter » serait une facon de res­ter dans le concret, de mon­trer que des pré­fé­rences (ou des aver­sions) col­lec­tives, cela peut contri­buer tout-de-sui-te à… chan­ger le monde ! 

    A+ RZ

    Réponse
  2. Batswann

    Arzi, même si je suis d’ac­cord avec vous sur le fait qu’il serait pré­fé­rable d’a­voir une approche « bonne pra­tique », la prise en compte des coûts peut être faite si on y intègre le coût envi­ron­ne­men­tal. Il est vrai que c’est dif­fi­cile à faire mais cela per­met­trait de remettre en bonne place le fer­rou­tage par exemple.

    Réponse
  3. Étienne

    Tout cela est bien vrai : en ne mon­trant pas clai­re­ment tous les coûts réels de nos modes de vie, on inter­dit la prise de conscience col­lec­tive qu’il faut (peut-être) chan­ger de mode de vie pour que la vie puisse perdurer.

    Mais… Pour res­ter dans le fil de ce blog qui est de réflé­chir pré­ci­sé­ment aux INSTITUTIONS déter­mi­nantes de notre vie quo­ti­dienne, on pour­rait ‘réorien­ter’ cette ques­tion : quelle règle ins­ti­tu­tion­nelle pour­rait impo­ser (ou favo­ri­ser) cette prise en compte, cet affi­chage public, de tous les coûts ? 

    Je rap­pelle qu’une Consti­tu­tion, parce qu’elle devra être lue et com­prise par tous, doit être courte et lisible. Idéa­le­ment, elle devrait régler *sim­ple­ment* nos pro­blèmes fon­da­men­taux avec les pou­voirs. Donc, essayons de ne rédi­ger aucune règle ins­ti­tu­tion­nelle com­plexe (ou discutable).

    Peut-être aus­si que ce point (impor­tant) peut être assu­mé par le légis­la­teur ordi­naire. Est-il néces­saire que notre Consti­tu­tion impose une norme suprême à tous les acteurs sur ce sujet-là ? 

    Si on n’ar­rive pas à ‘réorien­ter’ la ques­tion, ce serait bien de la lais­ser de côté, comme les sujets, même inté­res­sants, qui s’é­loi­gne­raient trop d’une réflexion *ins­ti­tu­tion­nelle*. Par­don de faire ain­si un peu (gen­ti­ment) la police, hum…

    :o)

    Étienne.

    Réponse
  4. Samuel

    Un prin­cipe pre­mier pour une pro­blé­ma­tique consti­tuante [Samuel – 1].

    [Samuel – 1a] 
    ‘Rôle de la Constitution’
    « La Consti­tu­tion qui devra être éla­bo­rée par l’As­sem­blée Consti­tuante » répond à la défi­ni­tion don­née par l’ar­ticle 16 de la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 ». (1)

    D’a­près l’ar­ticle pré­cé­dent [Samuel – 1a], on obtient déjà trois autres consi­dé­ra­tions majeures (qui peuvent alors se regrou­per dans le même article) :

    [Samuel – 1b]
    « Le carac­tère de l’É­tat euro­péen auquel ren­voie la Consti­tu­tion pro­po­sée entend que l’É­tat euro­péen est garant, à son niveau (2), de la Liber­té, de l’É­ga­li­té, et des droits natu­rels et impres­crip­tibles de tous les citoyens euro­péens réunis son cette même Constitution. 
    Sauf dans le cas où une consul­ta­tion popu­laire préa­lable per­met­trait d’a­dop­ter une nou­velle Charte des droits fon­de­men­taux, la défi­ni­tion des droits « natu­rels et impres­crip­tibles » est celle qui est défi­nie par l’ar­ticle 2 de la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789. » (3)

    [Samuel – 1c]
    ‘Fron­tières géo­gra­phiques et poli­tiques et éco­no­miques de l’État européen’
    « Aucune nation membre de l’UE actuelle ne sera sup­po­sée recon­naître la Consti­tu­tion pro­po­sée si elle n’a pas rati­fié elle-même, par voie popu­laire, la Consti­tu­tion, ou n’est pas en mesure de main­te­nir celle-ci.
    Les nations sou­hai­tant rejoindre l’Europe démo­cra­tique devront rati­fier la Consti­tu­tion par voie popu­laire. Si ces nations rele­vaient déjà d’un État démo­cra­tique, elles devront repor­ter à l’État démo­cra­tique euro­péen la charge de se por­ter garant du droit ; pour les pre­mières nations fon­da­trices de cet État, le vote popu­laire por­te­ra sur :
    – l’ordre de mis­sion sou­mis à l’Assemblée Consti­tuante, dans lequel devra être défi­ni la liste exclu­sive des pou­voirs à dis­tri­buer et sépa­rer, des domaines d’application de la loi, et des droits fon­da­men­taux. [je ne détaille pas – d’autres sont mieux pla­cés, et pour com­men­cer, Étienne, c’est son créneau…]
    – la vali­da­tion de la liste des sta­tuts des membres décla­rés admis ou exclus de l’Assemblée consti­tuante, et des dis­tinc­tions éven­tuelles de sta­tut entre les dif­fé­rents membres de l’Assemblée constituante.
    – La par­ti­ci­pa­tion à l’élection des listes de can­di­dats à l’Assemblée constituante. »

    [Samuel – 1d]
    ‘Fron­tières éco­no­miques de l’État euro­péen régi par la Constitution’.
    « L’Europe démo­cra­tique étant, pour tous ses citoyens, le garant du droit, de la liber­té, de l’égalité, il sera impo­sé par la Consti­tu­tion que le domaine d’action des pou­voirs éco­no­miques de tous les res­sor­tis­sants euro­péens est limi­té au domaine dans lequel le pou­voir poli­tique de l’Etat euro­péen est à même d’exercer son contrôle. De même, il sera inter­dit par la Consti­tu­tion à tout citoyen euro­péen ou per­sonne morale euro­péenne conçue comme grou­pe­ment d’intérêts éco­no­miques de citoyens euro­péens, d’appartenir à toute per­sonne morale, conçue comme enti­té éco­no­mique incluant des inté­rêts d’individus non citoyens euro­péens, qui n’obéirait pas au droit de l’État démo­cra­tique européen. »

    Inutile de dire que le 1d (qui n’a rien d’anti libé­ral, au pas­sage – qu’on me contre­dise…) va en faire rigo­ler ou hur­ler quelques uns…

    (1) « Toute socié­té dans laquelle la garan­tie des droits n’est pas assu­rée ni la sépa­ra­tion des pou­voirs déter­mi­née, n’a point de Constitution. »

    (2) D’a­près le point 1a, l’Eu­rope ne peut avoir de Consti­tu­tion si elle laisse aux États membres la charge de se por­ter garants des droits fon­da­men­taux de ses citoyens.
    Notons que le contre-rap­port, joint en fin du docu­ment offi­ciel de remise du « Trai­té Consti­tu­tion­nel euro­péen » rédi­gé par la Conven­tion euro­péenne, et éta­bli par un groupe de membres de la Conven­tion (res­sor­tis­sants de divers pays) décla­rant ne pas cau­tion­ner le texte pro­duit, ain­si que dénon­cer la vio­la­tion des règles démo­cra­tiques qui aurait carac­té­ri­sé la phase d’élaboration du docu­ment, pres­crit jus­te­ment que l’Europe des Démo­cra­ties ne doit pas avoir de Consti­tu­tion. Cette recom­man­da­tion est cohé­rente (consi­dé­rant l’article 16 de la Décla­ra­tion des droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789) avec la déci­sion prise par la gou­ver­nance euro­péenne avant le début des tra­vaux de la Conven­tion : l’option d’un État fédé­ral euro­péen avait été reje­tée au pro­fit d’une confé­dé­ra­tion d’États démo­cra­tiques indépendants. 
    On note­ra enfin que :
    – cette déci­sion préa­lable a été prise sans consul­ta­tion populaire.
    – très peu de citoyens, même après le 29 mai 2005 (s’agissant des fran­çais, mais éga­le­ment de la majo­ri­té des EM (cf. point sui­vant) étaient (sont encore à ce jour) conscients que l’option d’un État fédé­ral était d’ores et déjà exclue dans la pro­blé­ma­tique sou­mise à la Convention.
    – le son­dage com­man­di­té par la Com­mis­sion euro­péenne elle-même, effec­tué en juin et octobre 2003, pour éva­luer la per­cep­tion qu’a­vaient les euro­péens de l’exis­tence et des tra­vaux de la Conven­tion, indi­quait une réponse lar­ge­ment favo­rable de la majo­ri­té des nations membres, à la ques­tion « sou­hai­tez-vous que l’Europe se dote d’une Consti­tu­tion », et que nulle part dans l’énoncé, ni dans le ques­tion­naire com­plet, n’était por­tée de remarque concer­nant la défi­ni­tion du terme Consti­tu­tion, ni sur le fait que l’Europe telle qu’elle serait pro­po­sée ne serait pas un Etat, mais une alliance poli­tique de nature ori­gi­nale entre États démo­cra­tiques indépendants.
    (On pour­ra pro­po­ser ici, par exemple, de com­men­ter l’op­tion « Etat fédéral »).

    (3) « […] Ces droits sont la liber­té, la pro­prié­té, la sûre­té et la résis­tance à l’oppression. »
    😉

    Réponse
  5. Samuel

    La Consti­tu­tion de la Ve Répu­blique fran­çaise auto­rise-t-elle une « Consti­tu­tion euro­péenne » au sens propre, et avec elle, le trans­fert de sou­ve­rai­ne­té à un État démo­cra­tique européen ?
    Com­ment la Consti­tu­tion fran­çaise s’ac­co­mo­de­rait-elle de la nais­sance d’une véri­table Consti­tu­tion européenne ?

    Les fran­çais peuvent-ils conser­ver leur Consti­tu­tion et adop­ter éga­le­ment une véri­table « Consti­tu­tion euro­péenne » ? (1)

    On peut dénon­cer le fait que les Euro­péens n’ont pas été consul­tés en pre­mier acte – avant réunion de la Conven­tion – pour prendre une déci­sion essen­tielle, en répon­dant à une ques­tion du type : « vou­lez-vous que l’Eu­rope soit :
    – un État démo­cra­tique (fédé­ral) ?
    – une Europe des Démo­cra­ties (2), union d’É­tats indé­pen­dants, et qui demeurent à leur niveau, et pour leurs citoyens, garants de l’É­ga­li­té et des droits fondementaux.

    On peut dénon­cer aus­si le manque de trans­pa­rence qui fait que peu d’Eu­ro­péens étaient conscients, avant le 29 mai (voire le sont encore) que l’op­tion d’une Europe fédé­rale était déjà enter­rée, alors que la majo­ri­té des euro­péens « acceptent l’i­dée d’une Consti­tu­tion pour l’u­nion euro­péenne », sans inflexion par­ti­cu­lière du sens du terme « Consti­tu­tion » dans la ques­tion. (3)

    Cepen­dant, chose plus dou­lou­reuse encore, on peut se deman­der si la Consti­tu­tion fran­çaise n’in­ter­dit pas la « Consti­tu­tion euro­péenne », au sens propre, qui entend le trans­fert de sou­ve­rai­ne­té à un État démo­cra­tique européen.

    Article 11 de la Consti­tu­tion de la Ve Répu­blique : « Le Pré­sident de la Répu­blique, sur pro­po­si­tion de Gou­ver­ne­ment pen­dant la durée des ses­sions ou sur pro­po­si­tion conjointe des deux assem­blées, publiées au Jour­nal Offi­ciel, peut sou­mettre au réfé­ren­dum tout pro­jet de loi por­tant sur l’or­ga­ni­sa­tion des pou­voirs publics, com­por­tant appro­ba­tion d’un accord de Com­mu­nau­té ou ten­dant à auto­ri­ser la rati­fi­ca­tion d’un trai­té qui, sans être contraire à la Consti­tu­tion, aurait des inci­dences sur le fonc­tion­ne­ment des institutions ».

    La réponse semble déjà don­née : cette « orga­ni­sa­tion euro­péenne des pou­voirs publics », cette « appro­ba­ton d’un accord de Com­mu­nau­té », ce « trai­té » euro­péen à rati­fier, peut-il s’a­gir d’une « Consti­tu­tion euro­péenne », alors qu’il est expli­ci­te­ment écrit que la Consti­tu­tion fran­çaise doit être respectée. 

    Dire que les accords euro­péens ne doivent pas « être contraires à la Consti­tu­tion fran­çaise », ne sous entend-t-il pas déjà qu’il ne sau­rait y avoir de trans­fert à un « État Europe » de la charge d’être garant, à son niveau, des droits fon­de­men­taux, de l’É­ga­li­té, de la sépa­ra­tion de pou­voirs ? Peut-on avoir deux Consti­tu­tions simul­ta­né­ment, l’une fran­çaise et l’autre, Européenne ?

    Il est pré­vu qu’il y ait « des inci­dences sur le fonc­tion­ne­ment des ins­ti­tu­tions », ce qui sup­pose donc la néces­si­té d’un réamé­na­ge­ment de la Consti­tu­tion fran­çaise pour que celle-ci puisse être main­te­nue par les citoyens et les élus français.

    Étienne, ou quel­qu’un d’autre, y com­pre­nez-vous quelque chose ? Mer­ci d’avance.

    (1) Ques­tions à prendre dans le sens de la défi­ni­tion du terme « Consti­tu­tion », don­née en fili­grane par la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 (cf. Pré­am­bule, article 16, et article 3 pour le sens de la « sou­ve­rai­ne­té », liée à la nation).

    (2) Voir notam­ment le contre rap­port offi­ciel joint (4 denières pages) au rap­port final de remise du T« C« E par la Conven­tion (cité par Étienne) : contre rap­port offi­ciel.

    (3) Voir notam­ment p40 du son­dage com­man­di­té par la Com­mis­sion euro­péenne elle-même, effec­tué en juin et octobre 2003, visant à éva­luer la per­cep­tion qu’a­vaient les Euro­péens des tra­vaux – déjà en cours – de la Conven­tion : son­dage.

    Réponse
  6. Samuel

    L’ÉTAT Euro­péen est-il hors sujet ?
    Oui, de l’a­vis de nos dirigeants.

    Dans la série des ques­tions fâcheuses, que je ne vois pas com­ment décou­pler des « grands prin­cipes », je reprends ici mon mes­sage précédent.

    dont je conseille vive­ment la lec­ture inté­grale (je me contente d’en don­ner quelques rares extraits) :

    « … il est vrai que l’a­ve­nir de l’Eu­rope sou­lève des ques­tions légi­times. L’Eu­rope ne risque-t-elle pas de se défaire si elle s’é­lar­git jus­qu’aux fron­tières de son continent ?
    Com­ment l’ou­vrir à la mon­dia­li­sa­tion sans diluer son iden­ti­té ? Pour réfor­mer ses ins­ti­tu­tions, doit-elle estom­per le rôle des Nations ? Com­ment faire pour que les citoyens de l’U­nion s’ap­pro­prient l’Europe ?

    Atten­tifs à ces inter­ro­ga­tions, les Chefs d’É­tat et de Gou­ver­ne­ment, réunis l’an pas­sé à Nice, ont déci­dé d’en­ga­ger une réflexion en pro­fon­deur sur l’a­ve­nir de l’U­nion élar­gie. Les citoyens euro­péens sont invi­tés à y par­ti­ci­per. Nous avons déci­dé d’ou­vrir ce débat en France. »
    (cha­cun peut consta­ter qu’il a été sol­li­ci­té pour répondre… on va encore nous dire que les citoyens se désimpliquent…)

    « L’Eu­rope refuse de dis­so­cier la pros­pé­ri­té éco­no­mique du pro­grès social. C’est ain­si qu’elle a pu se rele­ver des guerres qui l’ont ravagée. »

    « De même, les Euro­péens ont besoin, pour garan­tir l’é­ga­li­té des citoyens, leur soli­da­ri­té et l’in­té­rêt géné­ral, de ser­vices publics forts et effi­caces. Je suis favo­rable à une direc­tive euro­péenne qui défi­ni­rait un cadre juri­dique per­met­tant de conso­li­der, sous la res­pon­sa­bi­li­té des États, le rôle des ser­vices publics en Europe. »

    « Ain­si, je fais mienne la belle idée de  » fédé­ra­tion d’Etats-nations « .

     » Fédé­ra­tion  » : voi­là un mot qui pré­sente les appa­rences de la sim­pli­ci­té et les attraits de la cohé­rence, mais qui recèle en réa­li­té une diver­si­té de sens. Pour cer­tains, ce terme signi­fie un exé­cu­tif euro­péen qui tire­rait sa légi­ti­mi­té du seul Par­le­ment euro­péen. Cet exé­cu­tif aurait le mono­pole de la diplo­ma­tie et de la défense. Dans ce nou­vel ensemble, les États actuels auraient le sta­tut des Län­der alle­mands ou des États fédé­rés américains.
    La France, comme d’ailleurs d’autres nations euro­péennes, ne sau­rait accep­ter un tel sta­tut ni cette concep­tion de la  » fédé­ra­tion « . »

    (C’est qui, « La France » ? Quand les citoyens fran­çais ont-ils expri­mé leur avis ?)

    « Si, en revanche, on entend par  » fédé­ra­tion  » une démarche pro­gres­sive et maî­tri­sée de par­tage ou de trans­fert de com­pé­tences au niveau de l’U­nion, alors on se réfère à la  » fédé­ra­tion d’É­tats-nations « , selon la for­mule for­gée par Jacques DELORS. C’est là une notion à laquelle je sous­cris plei­ne­ment. D’un point de vue juri­dique, elle peut sem­bler ambi­guë. Mais je la juge poli­ti­que­ment per­ti­nente, car l’Eu­rope est une construc­tion poli­tique ori­gi­nale, mêlant de façon indis­so­ciable en un pré­ci­pi­té sin­gu­lier deux élé­ments dif­fé­rents : l’i­déal fédé­ra­tif et la réa­li­té des États-nations européens.
    (…)

    Si nous vou­lons aller vers une telle fédé­ra­tion, il nous faut cla­ri­fier les com­pé­tences res­pec­tives de l’U­nion et des États. Il faut le faire selon le prin­cipe de la sub­si­dia­ri­té.
    Cela doit être l’oc­ca­sion de sim­pli­fier des trai­tés qui sont deve­nus indé­chif­frables au fil des négo­cia­tions suc­ces­sives et au gré de l’empilement des poli­tiques communes. »

    • On peut ajou­ter le mes­sage don­né dans son livre « Le monde comme je le vois » :

    en intro­duc­tion,

    « Il n’est plus temps de se deman­der si le réfé­ren­dum était le moyen le plus adé­quat pour exa­mi­ner un trai­té inter­na­tio­nal de 450 articles (qui n’a de consti­tu­tion­nel que le nom) et si le Par­le­ment, dans la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive, n’est pas fait, jus­te­ment, pour ana­ly­ser ce type de texte, long, tech­nique et sou­vent rébarbatif. »

    Et plus concrè­te­ment, pour la ques­tion que je pose,

    « … disons-le haut et clair, la construc­tion euro­péenne n’ef­face pas l’É­tat-nation, qui n’est pas une figure poli­tique obso­lète. Le sen­ti­ment d’ap­par­te­nir à une com­mu­nau­té humaine, l’exi­gence d’une vie démo­cra­tique, le désir d’af­fir­mer une volon­té poli­tique col­lec­tive ne pour­raient être satis­faits par la seule Union euro­péenne. L’É­tat-nation offre encore un cadre indis­pen­sable au dépas­se­ment des cor­po­ra­tismes, des com­mu­nau­ta­rismes et des réseaux d’intérêts.
    L’U­nion euro­péenne peut ouvrir un champ nou­veau au déploie­ment des États-nations, sans se sub­sti­tuer à eux.
    Il ne s’a­git pas seule­ment d’une ques­tion de répar­ti­tion de com­pé­tences entre les États et l’U­nion. Il s’a­git de la défi­ni­tion même du sens et de l’é­qui­libre de la construc­tion euro­péenne. L’U­nion peut rece­voir plus de com­pé­tence et être ren­for­cée en tant qu’en­semble si c’est néces­saire pour mieux affron­ter les pro­blèmes du monde. Il n’empêche qu’il n’y a pas un peuple, mais des peuples euro­péens. L’U­nion res­te­ra une asso­cia­tion volon­taire de nations, une fédé­ra­tion d’E­tats-nations, pour reprendre la for­mule de Jacques Delors. Elle ne sera pas une seule nation, ni un seul État, fût-il fédé­ral. Une par­tie de la gauche du non semble d’ailleurs ne pas l’a­voir com­pris, puis­qu’elle milite, de façon assez illu­soire, pour une Assem­blée consti­tuante euro­péenne en fai­sant l’im­passe sur les réa­li­tés natio­nales. »

    « Une par­tie de la gauche du non »… cer­tains d’entre nous, par exemple ?

    Quelle « impasse sur les réa­li­tés nationales » ?

    Moi j’ai été clair (et il me semble que la posi­tion d’É­tienne va dans ce sens) : je veux une vraie Consti­tu­tion. Donc, concrè­te­ment : soit une Europe fédé­rale, soit une réafir­ma­tion de l’É­tat nation (fran­çais, nous concer­nant) en une rup­ture, ou en recul, avec la logique de pour­suite de l’ac­quis com­mu­nau­taire de l’u­nion éco­no­mique Europe, qui se tra­duit par un trans­fert de sou­ve­rai­ne­té, et donc un affai­blis­se­ment des Etats-nations au sens démo­cra­tique, sans pour autant per­mettre la fon­da­tion d’un État démo­cra­tique européen.

    Réponse
  7. Jérome

    « soit une Europe fédérale »

    Aller vers l’UE sup­pose du temps de la méthode (d’ou l’im­por­tance de la com­mis­sion, des conseils, des réfé­ren­dums successifs…).

    C’est seule­ment lorsque l’UE sera fédé­rale que le par­le­ment pour­ra déte­nir les pou­voirs les plus importants.

    Le TCE per­met­tait une avan­cée vers cette Europe fédé­rale mais n’é­tait pas une consti­tu­tion fédérale.
    Pour l’ins­tant, il s’a­git de cimen­ter des accords à 25 ans, de piliers en piliers, sur tous les thèmes.
    L’eu­ro à été un de ces piliers.
    Le mini­mum social (il n’y avait rien avant) était le début d’un autre pilier.
    etc. Jus­qu’à l’UE fédérale.

    Réponse
  8. Samuel

    À Jérôme,

    « C’est seule­ment lorsque l’UE sera fédé­rale que le par­le­ment pour­ra déte­nir les pou­voirs les plus importants ».

    Le pro­blème que je sou­lève est jus­te­ment que l’É­tat fédé­ral euro­péen n’est pas, et ne sera pas, jus­qu’à nou­vel ordre, une pers­pec­tive. Cette pers­pec­tive est d’ores et déjà exclue :

    • de l’a­vis né des négo­cia­tions entre les repré­sen­tants des dif­fé­rents EM
    • sans notre avis (pas de consul­ta­tion des peuples, alors qu’un réfé­ren­dum sur la ques­tion serait démo­cra­tique dans un double sens : pour l’ac­ces­si­bi­li­té de la ques­tion ; pour le carac­tère essen­tiel de celle-ci, et donc l’as­pect déter­mi­nant de la réponse des peuples euro­péens, même si c’est jus­te­ment pour voir qu’ils sont divi­sés sur cette ques­tion fondementale)
    • en appa­rente contra­dic­tion avec le fait que les euro­péens, majo­ri­tai­re­ment, « acceptent l’i­dée d’une Consti­tu­tion (sans sous-titre dans la ques­tion) pour l’U­nion euro­péenne – cf. note (3) de mon mes­sage n5.
    • sans doute même, en ver­tu de la Consti­tu­tion fran­çaise (cf. mon mes­sage n5 sur ce volet).

    Si la ques­tion que je sou­lève n’est pas à sa place dans les « grands prin­cipes », c’est peut-être parce qu’elle se situe encore un cran au dessus.

    Je ne fait que poser la ques­tion, sans tran­cher pour tout le monde.
    Mais si vous me repre­nez déjà sur le bien fon­dé et la per­ti­nence de la ques­tion, Jérôme, expli­quez-vous un peu plus posé­ment, et en employant des argu­ments pas trop approxi­ma­tifs. Je fais des erreurs et des à‑peu-près, comme tout le monde, mais comme tout le monde, j’aime qu’on me les signale à juste titre.

    Par ailleurs, je vous l’ai écrit ce jour  : mer­ci de ne pas mélan­ger le débat qui est mené ici et la pro­mo­tion d’un pro­jet déjà reje­té, pro­jet qui ne concer­nait ni Consti­tu­tion ni fon­da­tion d’un État démo­cra­tique euro­péen. J’ai reje­té ce pro­jet jus­te­ment parce que je veux une Consti­tu­tion. Essayez de faire la part des choses SVP, ça per­met­tra d’é­vi­ter de pour­suivre un débat de sourds qui nous a assez monopolisés.

    M. Gis­card d’Es­taing est fran­çais, et il savait per­ti­nem­ment ce qu’il fai­sait en employant le terme « Consti­tu­tion ». Rien n’empêchait la Com­mis­sion de reti­rer ce seul terme pro­blé­ma­tique. D’ailleurs, vous pour­rez consta­ter vous-mêmes (cf. note (2) de mon mes­sage n5) que la conclu­sion don­née par un groupe « dis­si­dent » de membres de la Conven­tion a été :
    « L’Eu­rope des Démo­cra­ties ne doit pas avoir de Constitution ».
    Ce que je qua­li­fie­rais de conclu­sion conforme à la pro­blé­ma­tique sou­mise à la Convention.

    Enten­dons nous sur les termes, et on avan­ce­ra peut-être enfin.

    Slts.

    Réponse
  9. jasmin

    « Ce site espère réveiller ceux qui dorment encore ».

    Non, non.
    Ce site tient tou­jours éveillés ceux qui ne sont pas encore tout à fait endormis.
    Mer­ci à ceux qui l’animent.

    Réponse

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