2A2f Les votes blancs doivent être décomptés et suivis d’effet

8/01/2006 | 15 commentaires

Pour l’ins­tant, le vote blanc est comp­ta­bi­li­sé avec les votes nuls, les erreurs (!), ce qui revient à refu­ser aux citoyens le droit de dire « Aucun de ces can­di­dats ne me plaît » : les citoyens n’ont que le droit de choi­sir celui qu’ils trouvent le moins mauvais…

Tenir pour nuls les votes blancs sert à pro­té­ger le clan des poli­ti­ciens pro­fes­sion­nels, en inter­di­sant de les contes­ter en bloc, mais c’est une vio­lence grave contre le droit de vote.

Le vote blanc doit retrou­ver son sens poli­tique fort.

Le vote blanc dit « pro­po­sez-moi autre chose » et doit abso­lu­ment être pris en compte sous peine de déni de démo­cra­tie : quand aucun can­di­dat n’a mon aval, il est impor­tant que je puisse le dire et que ma voix soit enten­due et respectée.

Si une majo­ri­té de votes blancs est consta­tée, il faut que tous les can­di­dats soient inva­li­dés et qu’on recom­mence l’é­lec­tion avec d’autres candidats.

Pour un argu­men­taire sur ce point, lire : Grands prin­cipes d’une bonne Consti­tu­tion et notam­ment le point 2A2f.

Syn­thèse des argu­ments échangés :

(que je devrais nor­ma­le­ment tenir à jour en fonc­tion de nos échanges, on peut rêver :o)
Vous pou­vez sans doute m’ai­der en me pro­po­sant une nou­velle syn­thèse de temps en temps.
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15 Commentaires

  1. Onema

    Quelle idée sédui­sannte, mais n’y a‑t-il pas de risque d’é­pui­ser très rapi­de­ment les can­di­dats com­pé­tents et de se retrou­ver avec des néophytes ?

    Mais peut-être que cette idée pour­rait ne s’ap­pli­quer qu’à cer­taines élec­tions (Assem­blées) et pas à d’autres (Pré­si­den­tielle).

    Réponse
  2. Jacques

    Bon­jour,
    Le vote blanc doit en effet être revalorisé.
    Il a aus­si un rôle à jouer si on applique un autre prin­cipe qu’une per­sonne = une voix.
    Par exemple, si on dis­pose de 2 bul­le­tins, un pour dire ce que l’on veut, et un autre pour dire ce que l’on ne veut pas (je suis favo­rable à ce sys­tème élec­to­ral), le vote blanc doit bien sûr être clai­re­ment décomp­té dans ce cas aus­si (pour dire que per­sonne ne me plaît, et éven­tuel­lemnt faire refaire l’é­lec­tion, ou dire que per­sonne ne me déplaît et ne pas géné­rer de vote ‘contre’).

    Réponse
  3. Steeve

    Oui à la recon­nais­sance offi­cielle du vote blanc et au déve­lop­pe­ment du sys­tème de vote par procuration.

    Mais qui a un corol­laire indis­pen­sable : l’O­BLI­GA­TION ins­crite dans la loi d’al­ler voter, ce qui sup­pose d’ins­tau­rer une sanc­tion (à défi­nir) en cas d’ab­sence citoyenne aux ren­dez-vous électoraux.

    Réponse
  4. guillou alain

    À pro­pos de « vote blanc » et de « tirage au sort », me reviennent quelques sou­ve­nirs de lecture :

    « La logique du vivant » par un émi­nent bio­lo­giste (Monod ?)

    « La nou­velle grille » par H LABORIT (chez O.Jacob)

    « Com­plexi­té et émer­gence des sys­tèmes non linéaires » (L.Sève, La Dispute)

    La place du hasard, son éven­tuelle uti­li­té, et le temps du choix que s’ac­corde la nature, avec des « plages de silence ».

    Ici je pense qu’il est utile de don­ner au « vote blanc » une consé­quence : consti­tuer la « chambre tirée au sort ».

    Ce fameux « sénat » qui ferait pen­dant à « l’as­sem­blée élue », serait d’au­tant plus nom­breux que le pour­cen­tage de votes blancs aurait été important.

    La consé­quence, « impré­vi­sible » par défi­ni­tion, n’en serait pas moins « déter­mi­née » par « la volon­té populaire ».

    C’est ain­si recon­naître que l’on peut être « acteur de son des­tin  » sans pré­tendre à l’illu­soire pré­dic­ti­bi­li­té de celui-ci.

    Aucun sys­tème ne per­met­tant de décré­ter « la fin de l’his­toire », cela ne chan­ge­rait pas, mais au moins les citoyens auraient la satis­fac­tion » d’y avoir été pour quelque chose », et ce sen­ti­ment est celui de la digni­té humaine, laquelle a quelques « chances » d’a­voir des « consé­quences heureuses ».

    Réponse
  5. Jacques Roman

    D’ac­cord pour comp­ta­bi­li­ser le vote blanc (que je rebap­ti­se­rais « vote néga­tif ») dans cer­taines condi­tions (à étu­dier de près, évidemment).

    Je crois aus­si que dans l’hy­po­thèse de la comp­ta­bi­li­sa­tion des votes néga­tifs le vote devrait deve­nir obligatoire.

    Jacques Roman

    Réponse
  6. guillou alain

    Pour moi, le vote blanc n’est pas négatif :

    il y a ceux qui croient, ceux qui ne croient pas , et ceux qui trouvent la ques­tion de croire ou de ne pas croire com­plè­te­ment « à côté de la plaque ».

    Autre­ment dit, sur deux ou plu­sieurs « pro­po­si­tions », il peut se trou­ver assez de monde pour juger que ce sont des réponses à une ques­tion mal posée, ce qui signi­fie qu’il existe un besoin de poser autre­ment les problème :

    les citoyens ne sont pas des éco­liers qui doivent répondre à des maîtres, ils sont des adultes qui peuvent trou­ver que la socié­té ne se pose pas les bonnes questions :

    leur seul moyen d’a­ler­ter leurs conci­toyens, c’est le vote blanc, et si non, vive « la déso­béïs­sance civile » !

    Ain­si, la ques­tion qui se pose à la France après les 6 pre­mières années du 3ème mil­lé­naire est-elle vrai­ment de savoir quel can­di­dat choi­sir comme pré­sident des men­teurs que les fran­çais s’ac­cusent mutuel­le­ment d’être ?

    Il me semble que la réponse par un bul­le­tin blanc s’impose…

    (Si je suis hors-sujet, vous pou­vez m’ar­rê­ter, au moins sur ce forum, mais si « l’offre poli­tique  » faite aux citoyens répond com­plè­te­ment à côté de leurs luttes, de leurs attentes et de leurs préoccupations… ?)

    Réponse
  7. Jacques Roman

    Dans la pers­pec­tive d’A­lain Guillou, en effet, « vote néga­tif » ne convient pas. De plus, ça ferait pen­ser à des votes « Non ». Je retire donc ma sug­ges­tion, faite à la légère.

    Il me semble cepen­dant que « vote blanc » ne devrait pas conve­nir davan­tage à Alain Guillou. Il fau­drait trou­ver un autre nom, sur­tout si l’on arrive à don­ner une fonc­tion posi­tive à cette forme de vote.

    Le « vote blanc » porte soit sur des can­di­dats, soit sur des pro­po­si­tions (consti­tu­tion­nelles, législatives…).

    Dans le pre­mier cas (pro­po­si­tions), le moyen le plus simple de « fonc­tion­na­li­ser » le vote blanc, s’il est majo­ri­taire, serait d’o­bli­ger à repré­sen­ter la pro­po­si­tion (modi­fiée ou non) dans un cer­tain délai. Si le vote blanc (seul ou comp­ta­bi­li­sé avec les « Non ») l’emportait la seconde fois, la pro­po­si­tion serait consi­dé­rée comme rejetée.

    Dans le second cas (élec­tion), on pour­rait tirer par­mi les citoyens ins­crits sur les listes et qui se sont por­tés volon­taires per­ma­nents le nombre d’é­lus cor­res­pon­dant au nombre de votes blancs. L’in­di­ca­tion du volon­ta­riat figu­re­rait sur les les listes élec­to­rales (l’é­lec­teur pour­rait la faire sup­pri­mer à tout moment). Le volon­ta­riat pour­rait être assor­ti de condi­tions sup­plé­men­taires (avoir exer­cé des fonc­tions élec­tives ou des fonc­tions dans une asso­cia­tion, par exemple). 

    (Par­don si une pro­po­si­tion de ce genre a déjà été faite ici : je n’ai pas encore vu tous les mes­sages). JR

    Réponse
  8. Étienne

    C’est une bonne idée de cher­cher un autre nom, plus évo­ca­teur, pour le vote « blanc ». 

    En effet, c’est peut-être en par­tie à cause de son nom (qui n’ex­prime pas bien son propre sens poli­tique) que le vote « blanc » n’est pas défen­du « bec et ongles » par les citoyens (contre les poli­ti­ciens de métier qui leur refusent, depuis tou­jours et très dis­crè­te­ment, ce pou­voir impor­tant, pou­voir d’im­po­ser un renou­vel­le­ment radi­cal des can­di­dats ou des ques­tions sou­mis au suffrage).

    Alors, quel autre nom ? 

    Il fau­drait que, de ce nou­veau nom, res­sorte bien l’i­dée de vote PROTESTATAIRE : 

    • « Aucun can­di­dat en pré­sence ne me convient » dans une élection, 
    ou bien 
    • « La ques­tion elle-même ne me convient pas » dans un référendum.

    Le vote blanc, c’est aus­si la LIBERTÉ de *ne pas se lais­ser enfer­mer* (par ceux qui sont à l’in­tia­tive du scru­tin) dans un choix de can­di­dats mal sélec­tion­nés ou dans une ques­tion mal posée.

    Cher­chons ensemble un autre nom pour le stra­té­gique vote « blanc », si vous le vou­lez bien.

    Étienne.

    Réponse
  9. tchoo

    Recon­nais­sance du vote blanc : oui, oui et oui.
    Et ce fai­sant, j’ai dans l’i­dée que le taux d’abs­ten­tion pour­rait dimi­nuer sensiblement.
    Le mot blanc me convient, car très imagé.

    (2)(Jacques): pour expri­mer que l’un ou l’autre can­di­dat me convient, ou les deux réponses à la ques­tion : en corol­laire au bul­le­tin blanc, au bul­le­tin uni­no­mi­nal, il nous faut aus­si le bul­le­tin « bi-nominal ».

    Réponse
  10. Jacques Roman

    En fait, c’est « vote noir » que ça aurait dû s’ap­pe­ler, pas « vote blanc ».

    On pour­rait pen­ser à « vote d’ex­clu­sion », « vote de rejet », ou « vote récu­sa­toire », auquel je pense à l’ins­tant. JR

    Réponse
  11. Jacques Roman

    Bul­le­tin « binominal »

    Tchoo (9),

    Je crois que ce serait aller trop loin, obs­cur­cir la signi­fi­ca­tion du scru­tin et créer des risques d’er­reur de vote non négli­geables. Le citoyen devrait être en mesure d’ex­pri­mer une pré­fé­rence. Récu­ser en bloc, c’est une déci­sion claire, mais dire « faites comme vous vou­lez » ou « mettez‑y qui vous vou­lez », est-ce que ça vaut le déplacement ?

    JR

    Réponse
  12. Batswann

    Pour Jacques et Tchoo.
    Bonjour,
    La pos­si­bi­li­té de mettre plu­sieurs bul­le­tins dans la même enve­loppe est déjà une hypo­thèse étu­diée par ailleurs, comme du reste le « vote à points » expri­mé ici ou là. Pour ceux qui ne connaissent pas, le pre­mier per­met de glis­ser deux noms lors d’une élec­tion et de voter en quelque sorte avec sa tête et avec son coeur. Pour info, un essai a été fait lors de l’é­lec­tion pré­si­den­tielle de 2002, dans sur un arron­dis­se­ment pari­sien je crois, avec un résul­tat qui don­nait au second tour Jos­pin et Bayrou.
    Pour le second il s’a­git de dire « vous avez le droit à un nombre de points que vous dis­tri­buez aux can­di­dats comme bon vous semble ». Par exemple, si vous avez 6 points à dis­tri­buer, vous pou­vez, à loi­sir, tout don­ner à un can­di­dat, ou en don­ner 4 à l’un et 2 à l’autre, ou 1 à six can­di­dats différents…
    Deux modes qui me semblent intéressants.

    Réponse
  13. Jacques Roman

    Bon­jour Bats­wann (12),

    Le « vote à points » est à mon avis beau­coup plus inté­res­sant que le vote mul­til­bul­le­tin : tout le monde est allé à l’é­cole et sait com­ment manoeuvre une nota­tion sur 10 ou sur 20.

    En plus, le zéro tien­drait tout sim­ple­ment la place du vote blanc (récu­sa­toire). L’ab­sence de nota­tion signi­fie­rait l’abstention.

    Je sup­pose qu’il devrait s’a­gir d’un vote élec­tro­nique – autre­ment, le dépouille­ment et le vote lui-même risquent de don­ner lieu à pas mal d’er­reurs. JR

    Réponse
  14. Damien

    Bon­jour à tous,

    Je suis tota­le­ment pour cette idée de recon­nais­sance du vote blanc. J’ai tou­jours été très cho­qué par l’a­mal­game vote blanc=vote nul.

    Le nom de vote blanc me convient per­son­nel­le­ment. Gar­der ce nom per­met de gar­der une cer­taine cohé­rence entre les dif­fé­rentes per­sonnes qui demandent sa recon­nais­sance (par­ti blanc, union pour la démo­cra­tie directe…)

    Je suis éga­le­ment d’ac­cord avec le fait que 50% de votes blancs devraient annu­ler l’é­lec­tion. J’es­père que les par­tis au pou­voir réagi­raient avant ce seuil fati­dique (on peut tou­jours rêver, sinon je ne serais pas sur ce site…) Quoi­qu’il en soit, je pense qu’il fau­drait régle­men­ter dans la Consti­tu­tion la façon de refaire l’é­lec­tion, il ne s’a­git pas qu’on nous res­serve à chaque fois des « clones » des can­di­dats pré­cé­dents et que les élec­tions soient annu­lées 3 fois de suite (là je pense à une élec­tion présidentielle)…

    La por­tion de vote « sanc­tion » serait plus claire si ce vote était recon­nu et évi­te­rait que des hommes poli­tiques pensent que leurs idées plaisent aux fran­çais alors qu’il s’a­git juste d’un vote de dépit…

    Réponse
  15. Étienne

    5 février : je ferme les com­men­taires sur ce fil de dis­cus­sion car j’ai créé un vrai ‘forum’ pour mieux pré­sen­ter et struc­tu­rer nos échanges.

    Le pré­sent fil se pour­suit sur le forum à http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​f​o​r​u​m​/​v​i​e​w​t​o​p​i​c​.​p​h​p​?​i​d​=17.

    Je vous invite à vous ins­crire à ce nou­veau forum (c’est facile) et à copier/coller, les mes­sages que vous esti­mez les plus inté­res­sants, voire tous bien sûr, depuis ce blog jus­qu’au nou­veau forum. Le plus simple pour aller vite, c’est d’ou­vrir deux fenêtres, une sur le blog, l’autre sur le forum, et copier/coller d’une fenêtre à l’autre.

    Je vous demande bien par­don pour la gêne que je vous cause ain­si, mais je suis sûr que vous pré­fé­re­rez ce nou­vel outil de débat.

    Écri­vez-moi si vous avez du mal, je vous aide­rai :o)

    Au plai­sir de vous lire à nou­veau très bien­tôt :o)

    Réponse

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